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 drab, like winter | ayleen

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MessageSujet: drab, like winter | ayleen   Dim 1 Avr - 23:35



drab, like winter.
EXORDIUM.
« Je crois que malheureusement, vous ne comprenez pas. Les choses ne fonctionnent pas selon la manière dont vous les imaginez ; un premier refus, clair, concis. Et on l'avait prévenu, on lui avait dit que les choses ne seraient pas aussi simples qu'il ne le pensait. Mais Leo a ce besoin d'être occupé, ce besoin constant de penser. De penser à tout, n'importe quoi, la pluie et le beau temps, même s'il fait froid. Il a ce besoin de voir autre chose, de songer à autre chose que tout ce qui s'est accumulé sur ses épaules, le vide incommensurable et douloureux que cette dernière nouvelle a éveillé. Claudia partie, à jamais, disparue de sa vie. Un haut le cœur s'invite tandis que son attention lui revient, à cet homme dont la hauteur fut retrouvée, sa présence déjà près d'une porte qu'il doit de nouveau passer. Un soupire, un soupire qui s'extirpe d'entre ses lèvres pour se briser contre ce rejet. Ils vous ont forcé à prendre du repos. Je n'aurais pas la prétention de demander pourquoi mais je n'irais pas à l'encontre de cette décision. Profitez-en bonne bon vous semble mais je suis dans l'incapacité d'accéder à ce souhait-là. Si vous voulez bien... » Un bref geste de la main et Leo suit, ne répond rien. Non, il n'en a pas la force, ni même le courage, pensant déjà ressentir le lourd poids de son deuil balancer autour de son cou en un collier retrouvé. Claudia le portait, la dernière fois qu'ils se sont vus, enlacés. Il tique, ravale ses larmes, sert le médaillon contre sa paume comme dans l'espoir que cette infime présence puisse l'aider. En vain, en vain parce qu'elle ne fait que tout agraver ; même malgré l'air frais tout juste retrouvé. Celui qui apaise les cœurs, éclaircie l'âme. Celui qui parvient à faire revenir les esprits bien enfouis. Ou presque tous. Parce qu'il erre, Leo, plongé dans les limbes de souvenirs qui commencent à s'effacer. C'est pour ça qu'il comptait sur cette place, sur ce bénévolat. C'est pour ça qu'il tenait à être là. Ne pas avoir à se souvenir, ne pas avoir à supporter bien pire. Car sa solitude commence à se faire tenace, cette volonté de ne rien dire à Daniel bien coriace. Il n'a pas besoin de ça, il n'a pas besoin de cette perdition, de cette douleur qui prend chaque jour un peu plus de place en son cœur. Et, en vérité, Leo ne souhaite pas encore la partager. Il lui faut passer au-delà du fait qu'il ait été le porteur de cette nouvelle, l'annonciateur de la mort de sa belle. Il déglutit, le blond, sent sa tête commencer à tourner, les nausées remontées. La fatigue n'a pas aidé tout comme sa nutrition laisse à désirer. Leo donne l'impression de s'effacer, lentement, devenant aussi terne que cet hiver présent. Et, dans sa marche encore brève, il prend le risque d'une pause, ralentissant la cadence pour se laisser tomber contre l'un des bancs d'à côté. Les mains qui rejoignent ses traits, qui les cachent des quelques passants un peu plus loin toujours sur l'arrêt. Il ne veut pas voir leur regard se perdre sur lui, il ne veut pas sentir tout le jugement qu'ils pourraient avoir à son encontre en sachant que rien, rien ne pourrait pourtant les en dissuader. Après tout, la seule image qu'il laisse à imaginer n'est nulle autre que celle semblable aux junkies qu'ils n'ont de cesse de voir passer. Leo soupire, Leo retient ses larmes, son envie de vomir ; s'essayant au final à ne pas complètement dépérir.      

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MessageSujet: Re: drab, like winter | ayleen   Dim 12 Aoû - 22:57

Drab, like Winter
Leo & Ayleen

January 2018.

Silence. La branche nue dans l'arbre qui grince. Le vent dans les sacs plastiques vides, dans les poubelles éventrées du parc. Silence. Les gravillons qui se touchent, les cailloux qui s'écaillent et se coincent sous les semelles des bottes foulant le sentier. Silence. La neige qui fond, qui perle, goutte et tombe contre les gouttières métalliques de l’hôpital. Silence. Pour beaucoup ce n'est que du silence. Ce n'est que du rien, que du vide, du calme. Du silence qui, pourtant, pour Ayleen, en cet instant, ressemble à l'apogée d'une symphonie. C’est le précieux raffut de la vie, une mélodie qu'on ne soupçonne pas. Quatre minutes trente-trois de Cage. Une chanson singulière, impossible à reproduire, impossible à retranscrire. Muette, prostrée sur son banc de béton beige et rosé, la spectatrice ramène ses jambes tout contre elle. De ses bras maigres, elle entoure ses genoux osseux. Elle a un peu plus chaud assise comme ça. Ça connecte entre eux les derniers lopins de graisse qui habitent encore sa frêle carcasse. Les fils de sa bouteille s'emmêlent, se perdent dans les gestes désarticulés qu'elle exécute dans un triste regain d'énergie. Son regard terreux, sombre et profond choppe dans son trou tout ce qu’il y a autour, tout ce qu'il peut encore contempler. C'est probablement la dernière fois qu'elle a le droit de sortir. C'est probablement la dernière fois qu'elle a le droit d’observer, de respirer, de s'enivrer de cet air si lourd, si froid, si chargé. Pollué. L’odeur du kérosène brûlé, les bouchons dans les villes, l’hiver et son essence humide qui réside. La fumée des marrons qu’on fait chauffer contre le métal d'un baril, les épis de maïs grillés vendus à la sauvette à la sortie d'une bouche de métro bondé. L'odeur des cheminées qu’on rallume sous le feu d’un bois sec, de mauvaise qualité, les soupes dans les cuisines. Elle s’en imprègne. C’est vraiment la dernière fois.
Emmitouflée dans une parka de couleurs, elle en profite. Elle en profite avant de rentrer, avant que sonne le glas. Le glas du blanc, le glas du vide, du rien. Elle en profite avant la chambre close, avant les draps plastifiés, les masques stérilisés et le portable confisqué. L'absence de senteurs à venir. L'absence d'objets, d'art, de choses personnelles à chérir. Ayleen en profite jusqu'à ce qu'un type à la dégaine aussi sinistre que le temps ne fasse son apparition. Zombie à peine correctement habillé, il se laisse tomber à ses maigres côtés. La tête dans les mains, le soupire tellement fort qu'il en extirpe des volutes de buée, l'homme n'a pas l'air d'aller bien. Elle se décale. Machinalement, même si elle ne remplie qu'un misérable quart du banc, elle se décale un peu plus, quitte à se faire tomber. Elle se décale et le laisse là. Elle le laisse soupirer, laisser couler au sol cet air si désespéré.
« Euh...ça va aller ? Vous devriez mieux vous couvrir vous allez attraper froid comme ça... » Au bout de cinq minutes comme ça, elle finit par tenter une percée. Sa voix faiblarde couvre le silence qu'elle aimait auparavant à écouter. Le gars se relève d'un seul coup, sur elle, il braque ses deux yeux ronds, cernés. « Vous, vous voulez un truc chaud ? »
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I'm drifting through the halls with the sunrise, Climbing up the walls for that flashing light. I'm gonna be free and I'm gonna be fine. Now the sun is up and I'm going blind, Another drink just to pass the time. It's a different kind of danger And the bells are ringing out. Too fast for freedom. Sometimes it all falls down. These chains never leave me. I keep dragging them around...
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MessageSujet: Re: drab, like winter | ayleen   Lun 13 Aoû - 23:59



drab, like winter.
EXORDIUM.
Il a l'impression que les ombres rôdent, que plus rien ne pourrait désormais le blesser. Découvert, à moitié mort. C'est ce qu'il est, avachi sur l'un des bancs qui ornent l'énième enceinte qui vient de le rejeter. Le cœur qui palpite, qui perd cet aspect paisible, cette lenteur des derniers jours depuis l'annonce fatidique d'une perte à laquelle il ne peut échapper. Leo réprime un sanglot, quelque-chose qui se bloque au beau milieu de sa gorge tandis qu'à côté, tout doucement, s'impose une voix inquiétée. Il l'entend, le devine. Il l'entend et peine à s'y perdre, à lui donner l'attention qu'elle mérite. Parce qu'il est loin, Leo, si loin de cette réalité de laquelle on l'a arraché ; tout autant que Claudia qu'il ne reverra jamais. « Euh... ça va aller ? Vous devriez mieux vous couvrir vous allez attraper froid comme ça... » Il entend mais ne répond pas. Il entend, aimerait pouvoir ne pas la laisser en plan mais les mots ne viennent pas. Il a cette haine de bloquer dans la gorge, cette colère qui gronde, mêlée à cette tristesse qui ne décroit pas. Leo lutte contre sa propre personne depuis trop de jours, trop de nuits, trop de semaines au cours desquelles subsistaient à peine l'écho de sa misérable vie. Et dans sa bataille, il prend conscience du temps qui passe, du temps qui continue de s'écouler, dans les limbes de cette existence se perdre sans qu'il ne puisse jamais y revenir. Il le sait, et tente de se le dire avec plus de conviction pour s'animer, répondre aussi, ne pas paraître des plus cinglés. Raté. Alors il se lève, Leo. Il se lève sans vraiment demander son reste, allant pour tourner les talons avant que ses perles claires ne se posent sur elle. « Vous, vous voulez un truc chaud ? »  Elle dont l'écho de la voix lui vient à nouveau, cette candeur qui l'atteint, le touche plus brutalement qu'il ne l'aurait imaginé. Claudia, elle, se serait arrêté et lui aurait sourit. Claudia, elle, se serait assise à ses côtés, tout sourire pour au moins la remercier. La remercier de s'inquiéter, le remercier de faire perdurer en ce monde un peu de bonté. « Pardon... Une voix tremblante, quelque-chose de singulier. Il a le cœur qui vibre, qui tremble. Il a les entrailles qui se ravivent, la froideur de l'hiver qui réintègre son âme. Je... Je venais pour... Une nouvelle pause, de l'hésitation. Pourquoi, finalement, si ce n'est espérer une porte de sortie à son humanité qui cherche à lui faire entendre qu'il n'est en rien responsable de ce qui s'est passé ? Leo balaie cette idée, déterminé à ne plus jamais penser. Dieu qu'il aimerait que ce puisse être une possibilité. En attendant... Un truc chaud ? » Qu'il demande finalement, se tournant enfin pleinement vers elle, l'air un peu plus avenant malgré ses traits fatigués, cette détresse de perceptible sur les trois quarts de son faciès. « Pourquoi pas, oui. Si vous voulez. C'est... gentil. »      

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