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 where do we go

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MessageSujet: where do we go Lun 2 Avr - 10:10

where do we go from here
Sebastian & Nora
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Elle est assaillie par une foule de sentiments contradictoires. Habituellement, son humeur est plutôt linéaire, elle est capable de faire la part des choses et de ne pas laisser le vase déborder, mais les circonstances font que c’est un peu plus compliqué aujourd’hui. Nora a l’impression d’être en tête d’affiche d’un mauvais polard… Elle s’apprête à approcher un criminel reconnu pour…pour quoi au juste ? Le mettre en garde ? Lui laisser une chance de faire amende honorable ? Oui, c’est à peu près cela. Elle veut lui faire une fleur, lui offrir une porte de sortie à lui et sa femme, qui a récemment donné naissance à leur second enfant. Un second enfant qui devient sera finalement unique puisque le frère ainé d’Abigail, James, est décédé il y a un peu plus d’un an maintenant… La famille de Sebastian a déjà éclatée une fois et elle espère qu’il saura s’en souvenir et accepter son offre pour éviter de voir la chose se reproduire.
Elle aurait également pu s’intéresser à d’autres familles du club, dans des situations précaires, mais les O’Malley lui ont semblé être un choix plus judicieux.
James Manning a écopé de six années de prison pour le club, sans jamais faillir ou accepter le moindre deal. Sa femme s’est coupée du club pendant cette période, d’après les rumeurs circulants à la brigade, mais le couple a l’air plus soudé que jamais et Natalia Manning a été aperçue à plusieurs reprises aux soirées des Kings, ce qui veut dire qu’elle s’est réconciliée avec eux et avec le mode de vie de son époux. Elle n’est plus une candidate idéale.
La fille de Gabriel McKinney est vraisemblablement malade et la promesse d’une greffe rapide pour elle en échange d’information a été envisagée mais cette magouille ne lui plait pas beaucoup. Et puis il n’y a pas assez de garantie. Et si la fille décédait pendant l’opération ? Si la greffe ne prenait pas ? Trop d’inconnues dans cette équation pour avoir une marge de main d’œuvre et négocier avec le Vice Président du gang.
Elle a épluché un tas de dossiers, à commencer par celui des recrues les plus récentes. Kurtis Hawkins : plusieurs fois blessés à cause du club et avec un frère autrefois dans les forces de l’ordre… Mais cet élément ne joue pas en leur faveur puisque le coursier les rend responsable du piétinement de cette affaire aujourd’hui encore non élucidée. Nora s’est demandée si enquêter là-dessus et obtenir des réponses pourrait également lui obtenir la coopération du Kings, mais elle est pressée par le temps.
Cillian Walsh : ancien pompier, avec un parent ayant appartenu au club. C’est une piste qu’elle aimerait creuser, il est arrivé en final, mais…
Mais Cillian ne lui a pas sauvé la vie, comme Sebastian O’Malley l’a fait il y a de cela des années. Voilà pourquoi c’est à proximité du logement du Sergent d’Arme des Kings of Speed qu’elle se tient et pas devant le lieu d’habitation de Walsh. Mais si ses négociations échouent, peut-être qu’elle essaiera d’approcher l’ancien pompier devenu hors-la-loi.

L’inspectrice jette un coup d’œil à la pile de dossiers posés sur le siège passager, tapotant nerveusement sur son volant. Elle attrape le café qu’elle s’est acheté ce matin et en avale une gorgée. Il a nettement refroidi. Il faut dire qu’elle est en planque depuis près d’une heure maintenant, espérant voir apparaître le propriétaire de la coquette maison près de laquelle elle s’est garée. Nora le remet en place dans le porte gobelet de la voiture banalisée qu’elle a empruntée pour ne pas utiliser son véhicule personnel et l’attente reprend.
Elle se demande pour la centième fois de quelle manière Sebastian va la recevoir. Se souviendra-t-il seulement d’elle et de la dette qu’elle a envers lui ? Une dette qu’elle compte justement éponger en l’approchant, en lui offrant une carte Joker… Mais la prendra-t-il ? D’après toutes les observations faites dernièrement, l’homme semble être sur la corde raide, à cran… Il a toujours eu une attitude un peu…disons particulière mais depuis décembre, il semble plus imprévisible. Du moins, ce sont les données que les hommes chargés d’espionner le club et ses membres lui ont transmises. Elle va pouvoir éprouver ces théories en personne aujourd’hui.
Elle se sent un peu coupable de ne pas avoir fait part de son plan à sa partenaire, Daya, mais pour l’inclure et lui expliquer les raisons de son choix, il aurait fallut qu’elle se confesse… Il aurait fallut qu’elle lui raconte de quelle manière elle avait choisi de laisser un homme dangereux dans la nature au lieu de le faire arrêter, parce qu’il lui avait sauvé la vie en la conduisant à l’hôpital quand ses amis avaient eux, pris la fuite, l’abandonnant à une mort certaine. Nora n’est pas fière d’elle-même. C’est le point noir de sa carrière jusque là sans fausse note et elle n’est pas encore prête à s’exposer à la critique. Pas encore.

Elle capte du mouvement tout à coup. Elle retient son souffle alors que la porte du garage des O’Malley s’ouvre et que le moteur d’une cylindré vrombit soudainement et vient briser le calme rébarbatif du quartier résidentiel. Il est là. A quelques mètres d’elle, installé sur sa moto qu’il vient de démarrer. Il sort son engin du garage avec la force de l’habitude et s’engage sur la route sans prendre la peine de vérifier qu’aucune voiture ne va venir le gêner. Un bon point pour Nora. Elle s’est garée suffisamment loin pour ne pas être repérée mais on n’est jamais trop prudente…
Sebastian ne l’a pas vu et roule maintenant à bonne allure, s’éloignant de son domicile. Nora met le contact elle-même et le laisse la distancer un peu. Elle espère qu’il empruntera un itinéraire qui lui permettra de l’arrêter, sans quoi, elle devra encore faire le pied de grue un moment, et attendre le bon moment.
Heureusement pour l’inspectrice, elle n’a pas besoin d’attendre trop longtemps pour avoir son ouverture. Ils se retrouvent sur une portion de route pratiquement déserte et, prenant une grande inspiration, elle accélère pour arriver à hauteur du motard, plaçant son gyrophare sur le toit et l’activant pour faire signe à O’Malley de se ranger. Elle croise les doigts pour qu’il ne décide pas de lui tenir tête, et son souhait est exaucé.
Elle le voit acquiescer et aller se ranger sur le bas-côté en attendant qu’elle vienne le cueillir. Nora se gare devant sa moto, de manière à ne pas lui faciliter la tache s’il choisit de redémarrer en trombe. Elle jette un coup d’œil à son arme avant de sortir de son véhicule, se demandant si elle ne devrait pas donner sa position au central, juste au cas où… Finalement, elle choisit de s’accorder une seconde pour le faire. Encore une fois : on n’est jamais trop prudente.
Le Sergent des KOS a pris son mal en patiente et coupé le moteur de sa moto en l’attendant, sa béquille installée. Nora sort de sa voiture et vient à sa rencontre, essayant de dissimuler sa gêne et son appréhension, espérant y parvenir.
« Monsieur O’Malley » le salue-t-elle en s’arrêtant à quelques pas de lui, gardant ses bras ballants et, de ce fait, prêts à dégainer… « Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, je suis… »
Mais il l’interrompt. Il se souvient.    

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MessageSujet: Re: where do we go Ven 6 Avr - 21:19



where do we go ; nora
EXORDIUM.

Il a la douleur au bord des lèvres, l'impression que son cœur pourrait imploser ; là, contre sa cage thoracique complètement exploser. Et c'est presque ce qu'il attendrait, derrière ses airs de glace, derrière cette pseudo remontée qu'il aime à servir pour rassurer. Rassurer parce qu'il ne peut pas tout perdre, pas tant qu'il sera conscient, pas tant qu'il pourrait devoir le vivre. Il n'est pas à même de supporter plus, plus que ce qu'ils ont déjà eu à essuyer. Un soupire, les nausées qui se ravalent, le noir qu'il condamne. Rien qu'une heure, une seule petite heure. Parce qu'il a à faire, parce qu'ils ont à faire. Tous. Tous comme toujours. Il n'a pas à rester de côté, pas à donner l'illusion d'abandonnée. Thomas le lui a rappelé, Gabriel s'en est très bien chargé. Un soupire alors, un énième parmi tant d'autres tandis qu'il enfile son t-shirt, son cuir, ce maigre accoutrement pour le froid qui l'attend. Car, au-delà de la fenêtre se trahie déjà les quelques brides froides d'un hiver tenace, de celles qui parviennent à glacer jusqu'au sang le plus chaud. Pourtant, pourtant il se fout de tout. Un regard, à peine posé. Il s'éloigne du séjour déserté, des murs isolés. Sebastian fuit l'ambiance noire et froide de cette grande maison. Il fuit le retour de sa femme, son regard inquiet et paradoxalement lassé posé sur ses traits. Il fuit le fond pour parcourir un peu ses ténèbres, il fuit parce qu'il doit fuir, donner l'impression de s'en sortir. Une seconde, deux, plusieurs avant que le ronronnement de sa nouvelle bécane ne retentisse. Il n'entend plus Caleb, il n'entend plus les cris de ses frères, le fracas des os qui rejoignent le sol et sa pâleur amère. Il n'entend plus son cœur battre, sa rage combattre. Non, seulement le ronronnement d'un moteur qu'il n'apprivoise pas encore. Alors ils vont faire connaissance, parcourir quelques routes ensembles jusqu'à pouvoir s'apprécier et y prétendre. C'est sa quête de cette journée, la première avant celle auxquelles il se doit de s'adonner. Sebastian démarre, Sebastian s'en part. Rejoignant les rues éternelles de Chicago, Chicago et tous ses fardeaux, toutes les horreurs qu'elle cache dans son dos. Il la passe, la dépasse. Il franchie son cœur jusqu'à ce que les teintes rougeâtres puis bleutées n'attirent l’œil. Bien un temps s'est écoulé depuis qu'ils ne se sont pas approchés. Un temps qui semble avoir duré une éternité. Où étaient-ils, ces connards, quand leur président et ami se fait déchiqueter ? Il ravale sa rancœur, ce grondement de tonnerre qu'il sent résonner en lui. Non, valait-il mieux qu'ils ne soient pas là. Valait-il mieux que cette situation ne suive pas ce chemin-là, que cette douloureuse perte ne rejoigne pas ces bras. Il lui faut alors quelques secondes à peine pour se décider à ralentir, sur le côté s'arrêter, le moteur qu'il vient faire taire comme à l'accoutumer. Il n'en relève pas encore le regard, Sebastian contemple seulement les alentours et les fruits de ce hasard. Parce que la silhouette qui s'avance n'a rien de sûre, parce que la silhouette qui s'avance est tout sauf pressée d'à lui se confronter. C'est ce qui l'amène à pleinement s'y concentrer, détaillant des traits qu'il ne pensait pas pouvoir de nouveau croiser. Pas aussi simplement, pas aussi instinctivement. Parce qu'en vérité, ce n'est pas le moment. « Monsieur O’Malley. Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, je suis… »

L'azur de ses prunelles braqué sur elle, il se souvient. Il se souvient de cette fois-là, quand les autres usaient de leurs armes, lui usait de ses bras. « Je sais qui tu es. » Qu'il laisse entendre à son attention avant de s'en défaire, avant d'en revenir au moteur chaud de sa moto au-dessus duquel se balade fébrilement l'une de ses mains. Il s'occupe pour ne pas avoir à plus se souvenir, se souvenir des derniers élans de patriotisme, des derniers élans de bonté que la guerre avait pu pourtant brisés ; cette jeune femme n'est nulle autre que sa dernière rescapée, la dernière âme qu'il ait sauvé avant de pleinement sombrer, avec ce milieu se familiariser. « Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Y'a un soucis ? » C'est tout ce qu'il se contente de faire entendre, tout ce qu'il vient faire dire derrière les quelques questions qui, pourtant, dans sa tête se ravivent. Une espèce d'étincelle d'humanité, quelque-chose qui fut oublié par le passé. C'est nouveau pour l'instant, un sentiment qu'il ne pensait pas pouvoir ravoir avant un très long moment. Mais ça vient, ça frappe, ça sonne à la porte de son âme pour faire valoir ses droits. Des droits sur lesquels il s'est assit en rejoignant les ténèbres de sa nouvelle patrie. Ce qu'il a été un jour n'a plus sa place dans cette vie. Plus maintenant. Et, reportant son regard sur la jeune femme, il s'anime enfin, descendant de son engin, retrouvant toute sa hauteur, fouillant dans les poches de son cuir pour en sortir son porte-feuille ainsi que les papiers de la moto, ses propres papiers, abusant même jusqu'à sortir le certificat de vente de cette bécane offerte par Irene. Parce qu'il lui fallait en changer, parce qu'il ne pouvait plus trouver de sécurité en l'ancienne trop longtemps chevauchée avant qu'elle ne devienne l'aide aux chaînes qui l'ont brisé. Il en baisse un instant la tête, ravale ces images, tout ce qui subsiste en lui depuis qu'ils ont du prendre le pli. « Si tu veux un peu de lecture. Après, si c'est pas pour les papiers... Va falloir être un peu plus explicite, j'ai pas forcement de temps, là. »        

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MessageSujet: Re: where do we go Dim 22 Avr - 9:58

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« Je sais qui tu es. »
Ca a le mérite d’être clair. Nora referme la bouche et dévisage l’homme qui lui fait face. L’homme qui lui a sauvé la vie alors qu’il avait toutes les raisons du monde de l’abandonner à son sort funeste. A l’époque, son visage était moins marqué, plus rond, son regard moins…las ? éteint ?
Nora est bien entendu au courant pour la mort de son fils, James. Découvrir ce fait dans le dossier du membre des Kings of Speed lui a mis un petit coup au cœur, elle doit bien l’admettre. Il s’est choisi une vie dangereuse, mais il ne méritait pas d’endurer une telle souffrance, de subir une telle perte. Personne ne mérite d’avoir à enterrer son enfant… Son épouse non plus ne méritait pas cela, et son fils, innocent, encore moins. L’inspectrice compte le lui faire savoir, lui faire part de ses condoléances et lui exprimer sa sympathie. Mais elle compte aussi – et elle n’en est pas très fière – s’appuyer là-dessus pour tenter de le raisonner, le convaincre de l’aider pour s’aider lui-même. Il a une fille à présent et il doit forcément vouloir la préserver… Du moins Nora compte-t-elle sur ce point.
Elle imagine, que Sebastian O’Malley ne va pas bien réagir, elle s’y est préparée. Mais elle ne renoncera pas pour autant. Il a besoin d’entendre ces choses, de comprendre la portée de ses actions si ce n’est pas encore le cas. Et puisqu’il porte encore le blouson des KOS, travaille pour eux et n’a pas mis sa famille à l’abri : l’inspectrice en déduit qu’il n’a pas encore compris la leçon…
Elle n’ajoute rien pour le moment, se contente de sonder le regard morne, creusé, fatigué, de son interlocuteur. Elle veut lui faire comprendre qu’elle a tout son temps, que rien ne la presse, qu’elle est au pouvoir, en quelque sorte. Elle vient lui rendre service et non pas quémander une faveur. Et de fait, après quelques secondes d’un pesant silence, le motard se manifeste à nouveau.

« Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Y'a un soucis ? »
« Je n’en suis pas encore certaine » lui fait savoir l’afro-américaine en continuant de le fixer, impassible.
Sebastian attend encore quelques secondes et puis capitule. Il se redresse, enjambe sa bécane pour se rapprocher. La jeune femme sent son pouls battre un peu plus fort à ses tempes. Elle surveille ses gestes, prudente. Elle le suit du regard alors qu’il approche sa main de sa poche. Elle-même la rapproche de son arme, conservée dans son étui. Mais le Sergent d’Armes du gang de Chicago n’a vraisemblablement pas de mauvaises intentions à son égard. Il lui présente ses papiers, avant de lui faire savoir qu’il est pressé par le temps.
« Une petite vérif’ ne fait jamais de mal. Je reviens tout de suite. »
Elle compte le faire un peu languir. Elle se saisit de ses papiers et se recule de quelques pas sans le quitter des yeux, avant de finalement lui présenter son dos. Elle appréhende un peu ce qu’il pourrait faire. C’est un genre de test. Un test dangereux… Ils sont seuls sur une portion de route peu fréquentée, qu’il a sans doute empruntée pour être au calme, pour pouvoir pousser un eu son engin et profiter de la route.
S’il le veut, il pourrait l’abattre et balancer son corps dans la ravine. Ni vu, ni connu.
Il ne fait rien de cela. Il patiente pendant qu’elle retourne à son véhicule, effectue un appel radio au central et s’assure que tout est en ordre. Cela fait, elle revient vers le motard, esquissant un sourire en lui tendant ses papiers.
« Tout est en règle. On pourrait croire que vous êtes un citoyen modèle Monsieur O’Malley » lui lance-t-elle avec espièglerie, avant de retrouver peu à peu son sérieux, pendant qu’il range ses affaires à leur place. « Mais si vous le voulez bien, j’aimerai vous retenir quelques instants. Ce ne sera pas long. A moins qu’après avoir entendu ce que j’ai à vous dire, vous désiriez prolonger notre entrevue » sous-entend Nora en plantant son regard dans le sien.

Il lui fait comprendre qu’il est prêt à l’écouter (comprenant qu’il n’a pas franchement le choix) et Nora croise les bras sur sa poitrine, le regard à présent un peu plus fuyant, dirigé sur sa bottine dont elle se sert pour bousculer quelques cailloux à ses pieds.
« Dans un premier temps, j’aimerai… Je pense qu’il est plus que temps que je vous remercie pour ce que vous avez fait pour moi. J’estimai ne pas avoir à le faire, que le fait de ne pas vous avoir fait arrêter à l’époque était déjà en soi une forme de remerciement suffisant mais…maintenant que je vous ai devant moi, je réalise que j’aurai dû le faire. Mieux vaut tard que jamais, non ? » lui glisse l’inspectrice avant de croiser à nouveau son regard, sans pour autant arborer une attitude bravache. « Et en même temps… Etant donné ce qui a suivi pour vous et votre famille…je me dis qu’un moment derrière les barreaux vous aurait peut-être amené à revoir vos priorités. »
Sous-entendu : peut-être que vous auriez renoncé à votre vie de hors-la-loi, que votre famille n’aurait pas vécu une telle tragédie.
Bien sûr, beaucoup de famille n’ayant aucun lien avec les Kings ont été touchées lors de la fusillade de décembre mais…elle espère qu’il ne le relèvera pas.  



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MessageSujet: Re: where do we go Aujourd'hui à 16:53



where do we go ; nora
EXORDIUM.

« Une petite vérif’ ne fait jamais de mal. Je reviens tout de suite. » Il acquiesce, que peut-il faire d'autre en soit. Un soupire, le regard qui se détourne de cette scène pour se perdre un peu plus loin, là où ses prunelles ne voient pourtant pas. C'est seulement prendre sur lui, s'autoriser une légère absence pour ne pas avoir à penser. Parce qu'il ne ferait que cela, le cœur lourd et les poumons encrassés ; Seb est depuis peu tellement abîmé. Quelques secondes, quelques minutes plutôt. Il n'en prend même pas conscience, perdu dans un monde qui n'appartient qu'à lui, rien qu'à lui et ses démons. « Tout est en règle. On pourrait croire que vous êtes un citoyen modèle Monsieur O’Malley. » L'azur de ses prunelles qui retrouve sa silhouette, l'azur de ces dernières qui s'attardent sur la présence qui vient de se rappeler à lui, qui ravive la réalité dans les limbes de son esprit embrumé. Il laisse un maigre rire échapper à ses lèvres, quelque-chose de discret qui brave la frontière de son presque mutisme. « Mais si vous le voulez bien, j’aimerai vous retenir quelques instants. Ce ne sera pas long. A moins qu’après avoir entendu ce que j’ai à vous dire, vous désiriez prolonger notre entrevue. » Et si aucun mot ne l'avait encore tenu jusqu'alors, il accorde un peu d'attention à la jeune femme qui se tient devant lui. Car les mots interpellent, car les mots tiennent. Parce qu'ils viennent s'imposer entre eux deux comme dans l'espoir qu'il ne les relève. Et c'est ce qu'il fait, stupide, fronçant les sourcils en demeurant à sa place ; ne montrant aucun signe de reddition, aucune fuite possible à venir. Rien, rien si ce n'est ce semblant de paralysie alors qu'il attend. « Dans un premier temps, j’aimerai… Je pense qu’il est plus que temps que je vous remercie pour ce que vous avez fait pour moi. J’estimai ne pas avoir à le faire, que le fait de ne pas vous avoir fait arrêter à l’époque était déjà en soi une forme de remerciement suffisant mais… maintenant que je vous ai devant moi, je réalise que j’aurai dû le faire. Mieux vaut tard que jamais, non ? » Un soupire et son regard qui, à lui aussi, se met à fuir. Il n'a pas la force nécessaire pour entendre ses dires, pas en sachant ce qu'ils viennent trahir, ce qu'ils deviennent au fur et à mesure qu'il les sent l'investir. Il avait su la sauver, elle, inconnue blessée quand, dernièrement, il n'a pas su protéger cet homme qui l'avait pousser à s'élever, à se relever de son passé brisé. « Et en même temps… Étant donné ce qui a suivi pour vous et votre famille… je me dis qu’un moment derrière les barreaux vous aurait peut-être amené à revoir vos priorités. » Et son regard s'en relève, son regard revient se perdre sur sa personne tandis qu'il essaie de contenir toutes les émotions qui s'éveillent, celles qui se réveillent d'un trop long sommeil.

« Conneries. » C'est tout ce qu'il vient faire entendre, tout ce qu'il vient faire passer comme message aux mots qu'elle vient d'énoncer. Car le chemin se fait et les images se repassent. Elles sont là, bien ancrées, trop imposées. Elles hantent, rongent, rappellent tout ce qu'il a perdu ce soir, jusqu'aux dernières parcelles de sa foi. « Que vous m'ayez foutu la paix ou non, ma femme et mon fils se seraient trouvés là-bas et ce serait aussi arrivé. » Il crache en énonçant ses mots, trahi une certaine animosité qu'il ne pensait plus vraiment éveillée. Mais si, elle se tient là, coincée entre son chagrin et cette partie de rancœur concernant cette journée-là. « Alors ces conneries-là, je m'en passerai si c'était le point principal de votre petite conversation. » Il trahi sa peine, cette douleur délaissée en lui comme un venin désormais bien installé. Sebastian n'a pas la force de prendre sur lui, de jouer le masque qu'il s'était promit de tenir dès lors qu'il s'était risqué hors de chez lui. Mais personne n'aurait dû l'atteindre, personne n'aurait dû lui barrer la route, s'élever depuis sa solitude et l'enfreindre. Non, il s'était imaginé sa route sans cela. « Pour ce qui est de ce qui s'est passé entre vous et moi, je n'ai fait que ce qui devait être fait à l'époque. J'ai appris avec le temps que certains instincts pouvaient n'être que des erreurs. » Sous-entendus, essaie de me convaincre que c'en était pas une. Des mots qu'il garde pour lui, qu'il tait, tapit dans un recoin de sa tête, là où les muscles de sa gorge n'ont aucun droit. « Néanmoins je l'ai fait et dans d'autres circonstances, je le ferai peut-être encore. Les citoyens modèles ne sont pas forcément ceux que l'on pense. » Qu'il soupire, le regard toujours posé ailleurs depuis qu'il s'est risqué à ses sous-entendus.         

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MessageSujet: Re: where do we go

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