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 your choice is not mine - Justin

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MessageSujet: your choice is not mine - Justin   Mer 9 Mai - 0:04

your choice is not mine
EXORDIUM.
Front dans une main, le regard dépité, mes yeux font des aller-retours entre les factures de l’hôpital, celle de ma première et dernière séance avec la psychiatre, les frais de scolarités, l’électricité, l’eau et le loyer. Elles sont toutes là, posées devant moi et la prostitution commence à devenir une option à envisager. Je suis tellement blasée que c’est à peine si je ressens toujours cette boule d’angoisse au creux du bide, celle qui ne me quittait plus depuis ma TS, celle qui s’est amplifiée d’un coup d’un seul lorsque Maeve m’a plaquée.
Aujourd’hui, je contemple simplement les dégâts, les conséquences de mes actes mais aussi une partie des problèmes que je ne pouvais plus assumer, qui m’ont poussé à prendre la sortie au plus vite. Et aujourd’hui, j’ai l’impression que rien ne va vraiment mieux qu’il y a un mois et demi. Je mentirais si je disais que je n’ai jamais repensé à recommencer. J’imagine que le point positif dans tout ça est que je ne suis pas passé à l’acte pour la deuxième fois.
 
La rupture avec Maeve a été à la fois étrange et douloureuse. La voir partir m’a foutu un coup, m’a faite flipper parce malgré tout ce qui a pu se passer, elle reste pour moi quelqu’un d’important. Mais d’un autre côté, j’ai fini par me dire que ça n’était peut-être pas plus mal comme ça, ne serait-ce que pour elle. Elle ne mérite pas tout ça, encore moins ce que je lui ai fais mais j’crois qu’à défaut de réussir à remonter la pente comme beaucoup réussisse à faire, mes actes en fin d’année m’ont au moins permise de me foutre quelques vérités en face, en pleine gueule. Et les mots de mon frère raisonnent encore… Ce con n’a peut-être pas tort. Une coloc’ serait peut-être une bonne idée pour :
1 – M’aider financièrement.
2 – Quitter cet appartement de merde qui porte bien trop de stigmates qui m’empêchent de réellement avancer.
3 – Recommencer une nouvelle vie.
 
Je pousse un soupire, rassemble les factures pour les balancer dans la même pochette de couleur. Un vert pâle. Tellement pas représentatif de l’état d’urgence financier dans laquelle je me trouve.
Je jette tout ça dans le tiroir d’un meuble, histoire d’imager le déni dans laquelle je préfère me fourrer plutôt que de faire face à cette putain de réalité que j’ai cherché à fuir. Parfois, plus les semaines avancent, plus j’me dis que ma solution aussi extrême et radicale soit-elle, était peut-être la meilleure.
Mais ça, c’est avant que j’me rappelle Milo, mon frère, Leo, Ayleen, Daya… Et Maeve, même si aujourd’hui, j’ai détruit absolument toute chance de pouvoir rester ne serait-ce qu’amie avec elle. Et si aujourd’hui je le prends avec plus de recul, c’était pas tellement le cas le soir où elle est partie.
 
Je jette un œil à l’heure qu’affiche ma boxe qui ne me sert plus à grand-chose puisque plus internet. Facture impayée. Je file sous la douche, me glisse dans un tee-shirt et un hoodie « WonderWomen » que mon frère m’a offert pour Noël, comme un message selon lui. Je sèche rapidement mes cheveux et me glisse dans un gros manteau, mes grosses chaussures et quitte cet appartement qui, sans même m’en rendre compte, m’étouffe.
Métro jusqu’à Downton, boule quies dans les oreilles pour essayer de pas trop péter les plombs avec les bruits ambiants du métro, couplé avec les cachets et j’arrive à destination sans trop de mal, gueule emmitouflée dans mon écharpe parce qu’il caille avec leurs moins mille degrés et quand je me pointe devant l’immeuble où vit Justin, je ronchonne parce que j’avais oublié que ce con vivait au dernier étage sans ascenseur.
‘Chier.
 
Je tape le code et commence à grimper les étages. C’est pas que j’suis pas sportive mais depuis mon arrêt, on peut dire que j’me suis empâté même si j’suis aussi épaisse qu’un cure-dent. La forme physique, c’est pas trop ça et j’ai l’impression de peser deux fois mon poids alors que j’suis même pas arrivé à la moitié du parcours.
Et quand j’arrive à sa porte, c’est mains sur les genoux que je reprends mon souffle. Un peu de sport m’ferait peut-être pas de mal…
Je toc suffisamment fort pour qu’il puisse m’entendre.
 
- Rappel moi de faire une soirée chez moi la prochaine fois. J’en peux plus de tes escaliers.
 
En guise de bonjour lorsqu’il m’ouvre, tout sourire. J’ai rarement vu Justin ne pas afficher cet air joyeux. Je viens lui glisser un bisou sur la joue, entre chez lui et vient déposer sur la table basse de son salon mon sac à dos.
 
- J’ai ramené des bières et de quoi grignoter.
 
Il a insisté pour qu’on passe la soirée ensemble, parce que ça faisait longtemps et honnêtement, j’suis pas mécontente de passer un moment avec lui, ici. Ça me change de l’ambiance morne de l’appart’, de mes idées à ruminer. Psychologique ou non, j’ai l’impression de me sentir déjà mieux à l’idée de passer plusieurs heures en sa compagnie pour regarder des merdes à la télé, des films, raconter des conneries.
 
- Ca va ? Je me défait de mon gros manteau, crevant de chaud après avoir fait le parcours du combattant. Tu vas commander les pizzas et infliger au livreur tes escaliers de l’enfer ou t’as pris en surgelé ?

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MessageSujet: Re: your choice is not mine - Justin   Jeu 10 Mai - 19:59

~Samedi 27 janvier – Début de soirée ~

« Non m’man, j’t’ai déjà dit que j’pouvais pas rester ce soir, y’a Taylor qui vient. »

Cela fait maintenant une dizaine de minutes que Justin se tient sur le pas de la porte de ses parents. Il est venu déjeuner avec la famille. Kathleen était là pour l’occasion, Ryan a fait l’honneur de sa présence même si sa conversation était franchement limitée et qu’il semblait ne vouloir profiter que du repas. Justin n’avait pas cherché à creuser le sujet, préférant profiter de l’ambiance familiale. Son père et sa mère étaient heureux d’avoir trois de leurs enfants à table et firent de leur mieux pour éviter les sujets tendancieux. Le repas fut délicieux et après un énième café, l’aîné du jour avait fini par déclarer qu’il devait y aller. Souvent il passait toute la journée chez ses parents, restant jusqu’au dîner et rentrant que pour dormir. Mais pas ce soir. Il avait tanné Taylor pour qu’elle vienne passer la soirée chez lui. Avec tout ce qu’il s’était passé, il avait envie de passer du temps avec son amie, qu’ils se retrouvent comme avant. Comme pour se rassurer, se prouver que tout ne s’était pas effondré. Et puis, Justin avait promis à Milo depuis le jour où il avait appris pour la tentative de suicide qu’il ferait tout pour lui redonner le sourire, lui redonner goût à la vie. Une soirée pizzas et conneries à la télé, c’était sans doute le mieux pour ça. Il ne lâcherait donc pas l’affaire même face à l’insistance de sa mère. Et finalement, après de longues minutes, elle finit par l’embrasser sur la joue, glisser dans son sac à dos des parts de tartes pour le soir et lui demander de prendre bien soin de Taylor. Comme toujours.

Justin avait pédalé rapidement pour retrouver son petit appartement au centre. Il voulait prévoir un peu de temps avant l’arrivée de son amie pour ranger son tout petit appartement et faire un peu de ménage. Nettoyer, ranger, c’était son boulot et forcément, quand il rentrait, il n’avait pas toujours le courage de faire la même chose dans son domicile… Il se donna cependant un coup de pied au cul ce soir là et une demie heure, tout était nickel. En même temps, entre son unique pièce qui servait de salon, de chambre et de cuisine et sa salle de bain, ça allait assez vite. Justin fit son lit, plaça un plaid dessus pour qu’il serve officiellement de canapé ce soir-là. Il avait aussi réparé depuis le passage de Milo le tabouret qu’il avait fracassé sous le coup de la rage. Il avait aussi récupéré une petite table basse pliante qu’il pouvait cacher sous son lit pour gagner de la place. Il l’avait finalement sortie et placée entre le lit et la télé.

La fin d’après-midi, Justin l’avait passé à regarder la télé. Il fut tiré de sa contemplation d’un match de basket quand il entendit toquer à la porter. Il se redressa d’un bon et alla ouvrir la porte pour laisser entrer Taylor essoufflée. Justin afficha un large sourire en la voyant, passa son bras autour de son cou et lui déposa un bisou volontairement appuyé sur la joue.

« C’pour éliminer la pizza par avance ! »

Justin laissa Taylor entrer dans son tout petit appartement. Elle posa son sac sur la table basse et il afficha un grand sourire en entendant le mot bière. Il attrapa ensuite le manteau de son amie et le posa sur un des tabourets du bar qui faisait la séparation entre la partie kitchenette et la partie salon/chambre. Il invita ensuite Taylor d’un signe de la main à s’asseoir sur son lit/canapé.

« Il va monter les escaliers de l’enfer pour t’apporter une pizza avec double dose de fromage et double dose de bacon… Tu acceptes que j’le torture pour ça ? »

Justin afficha alors un grand sourire amusé à Taylor. Il savait qu’elle ne pouvait résister à une telle pizza, là était tout l’intérêt de son plan machiavélique. Le jeune homme s’approcha alors du sac de Taylor qu’il se permit d’ouvrir avec l’accord visuel de son amie. Il plaça les bières au frigo, en sortant deux qui se trouvaient déjà dans le sien, les posa sur la table et les ouvrit avant de se laisser tomber et de s’asseoir à côté de son amie. Le technicien de surface attrapa finalement sa bière, en tendit une à Taylor et, toujours tout sourire l’invita à trinquer.

« A ta présence ici, j’suis content que t’ais bravé les escaliers de l’enfer pour moi ! »

Et c’était sincère. Justin était toujours heureux de voir Taylor. Il le sentait, chaque fois qu’elle était là, sa bonne humeur habituelle se modifiait légèrement, apportant une nouvelle note plus douce, presque plus intense aussi…

« T’as l’bonjour de ma mère qui m’a filé de la tarte pour ce soir et qui m’a pas laissé partir avant qu’j’ai juré d’être sympa avec toi. Comme si j’étais méchant d’habitude ! »

Justin afficha alors un air faussement angélique. Oui bon ok, il lui arrivait parfois de taquiner un peu la demoiselle… Oui et quand Milo s’y mettait, c’était encore pire. Mais c’était en toute amitié bien sûr !
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MessageSujet: Re: your choice is not mine - Justin   Mar 29 Mai - 23:34

What your government
EXORDIUM.
- C’pour éliminer la pizza par avance !
- Dis que j’suis un gros tas, ça ira plus vite !


Un gros tas de 40 kilos tout mouiller, c’est pas moi qui irai défoncé sa porte. J’suis plutôt le genre à m’envoler dans un tourbillon disgracieux lorsqu’il y a une tempête.
Je suis son invitation et vient m’affaler au fond de son canapé, pas mécontente de pouvoir enfin me poser même si en réalité je ne fais que ça depuis plusieurs jours, plusieurs semaines… Comme un gros déchet que j’ai été et que je suis encore un peu. C’est bien, j’arrive ici avec mes sourires, mon air habituellement grincheux, arrivant presque avec brio de leur foutre de la poudre aux yeux pour les rassurer. La réalité c’est que j’commence à peine à combler le vide que j’ai visiblement moi-même creuser. Je culpabilise d’en avoir fait baver à Maeve, d’en être arriver là mais parmi tout ça, j’me dis que c’est pour un meilleur, pour elle comme pour moi. Je ne suis personne pour juger pour elle, mais de mon côté je pense avoir clairement besoin de repartir de zéro. Sur d’autres bases. Même si je suis certaine que peu comprendrait ce choix qu’ils jugeraient probablement d’égoïste.

- Il va monter les escaliers de l’enfer pour t’apporter une pizza avec double dose de fromage et double dose de bacon… Tu acceptes que j’le torture pour ça ?
- T’as toujours su me parler ! J’lui laisserai quand même un pourboire pour rehausser mon karma.

Double dose de bacon et de fromage, il a visé pile dans ce que je suis capable d’avaler présentement. Rien que d’y penser, je me rends compte à quel point je crève presque de faim. Je lui lance un regard pour lui dire qu’il peut se servir dans mon sac et nous ramener les bières que j’ai ramener pour compléter cette petite soirée bien tranquille qui nous attends. Justin me rejoint, me tend ma bière et je le remercie d’un signe de tête, trinquant avec un sourire satisfait.

- A ta présence ici, j’suis content que t’ais bravé les escaliers de l’enfer pour moi !
- Pour la pizza Justin. Pour toi je monte en haut de l’empire state building !

Je ricane puisque ce que je dis n’est pas faux, même si c’est une image. Il fait partie de mes meilleurs amis d’enfance même si je suis encore plus proche de Milo. Justin reste une personne en qui je tiens, en qui je fais entièrement confiance. Nous n’avons jamais parlé de ce qu’il s’est passé mais je sais qu’il a dû m’en vouloir, que comme les autres, il a dû morfler de ce que j’ai fait. J’ai toujours cette pointe de culpabilité quand je le regarde.

- T’as l’bonjour de ma mère qui m’a filé de la tarte pour ce soir et qui m’a pas laissé partir avant qu’j’ai juré d’être sympa avec toi. Comme si j’étais méchant d’habitude !

- C’est parce que tu joues les durs devant elle. Si elle te voyait dans ton p’tit cocon à prendre soin de moi comme tu le fais, elle verrait le cœur d’artichaud que t’as !

Je le taquine, le pousse légèrement pour le faire chier et bois une première gorgée. La vérité c’est que j’me sens mal parce qu’il s’il y a une personne qui a fait du mal à l’autre ici, c’est moi. Mais je balaie ces mauvais nuages noirs de l’esprit, le noie dans une deuxième gorgée de bière et mon regard glisse vers la télévision que je ne regarde pas vraiment.

- Ca fait un moment que j’ai pas vu ta mère, tu lui passeras le bonjour et tu la remerciera pour la tarte. J’essaierai de passer les voir bientôt.

Une promesse que je vais tenter de tenir.
Je me tourne face à la télé et cette fois mon attention se concentre sur les images que font défilés les informations, ou plutôt une sorte de reportage sur notre très cher Trump. Son passé, ses choix en tant que président, ses dernières conneries et décisions qu’il a pu prendre… Bref. Certainement un beau tableau à vomir que nous peigne cette chaine d’informations.

- Ah bah tiens, quand on parle de bouffe. Y en a un qui a clairement abusé sur la carotte.

Son teint est devenu un troll, une blague commune. Je n’sais pas si c’est son maquilleur ou sa maquilleuse sous sa demande qui exagère cette couleur orangée ou si tout simplement le mec abuse des UV. Ca ne m’étonnerait pas ceci dit.

- Un peu comme celle qu’il nous met.

Un peu de mépris dans la voix, beaucoup même. Un dégoût profond. Quand j’entends les conneries qu’il peut nous sortir, les lois qu’il peut nous pondre… franchement ça m’fait flipper.

- D’ailleurs, j’espère que t’as fais ton devoir de citoyen en allant voter sinon j’te fouette et je bouffe ta pizza.


Même si ça n’a rien changé, même si cet enculé de raciste, homophobe et misogyne est quand même passé, j’ai au moins le réconfort de me dire que mon meilleur ami à tenter de lutter contre cette raclure.
Son choix est pour moi une évidence que je ne remet pas un seul instant en question.



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MessageSujet: Re: your choice is not mine - Justin   Jeu 31 Mai - 21:46

A la voir comme ça, à l’entendre balancer des vannes à l’ancienne, Justin avait presque l’impression qu’il ne s’était rien passé ces derniers mois. Comme si leurs vies avaient continué leurs cours sans aucun accroc, sans aucune souffrance. Alors que la réalité était tout autre. Alors que Taylor avait souffert au point qu’elle avait tenté de mettre fin à ses jours. Et pourtant elle parlait de son karma avec légèreté, de gravie l’Empire State pour lui… Le technicien de surface se mit à rire de bon cœur. Il aimait la voir ainsi et elle le faisait sincèrement rire. Cette soirée s’annonçait parfaite, exactement ce qu’il avait envisagé, exactement ce qu’il fallait pour se sentir bien. Justin avait donc ouvert les premières bières et se tenait à côté de Taylor et s’apprêtait à prendre sa première gorgée. Mais la jeune femme le traita de petit cœur d’artichaud. Enfin, un truc dans ce goût-là. Alors, forcément, Justin lui donna un léger coup d’épaule, affichant une petite moue. Il reprit cependant son sérieux lorsque son amie évoqua le fait d’aller voir les parents Flanagan bientôt. Laissant couler un peu de bière dans sa gorge, Justin hocha la tête.

« Ça leur f’rait super plaisir de te voir. Bon, j’te préviens ma mère se sentira obligée de t’faire à manger et t’offrir tout ce qu’elle a dans l’frigo mais bon… Tu la connais ! »

Justin afficha cette fois un sourire tendre qu’il était incapable de réprimer. C’était toujours comme ça lorsqu’il parlait de sa mère. Il avait pour elle une affection sans borne même si bien sûr, il avait coutume de rechigner quand elle se comportait de manière un peu trop protectrice avec lui. M’enfin, il était certain qu’elle serait ravie de voir débarquer Taylor. Ce serait une bouffée d’amour pour les deux sans doute. Du moins, c’était ainsi qu’il voyait les choses.
Justin s’était finalement levé, après une gorgée de bière, pour aller mettre quelques cacahuètes dans un pot et les déposer sur la petite table. A ce moment, Taylor attira son attention sur la télé. Donald Trump était apparu à l’écran et son amie venait de faire une blague sur son teint. Il fallait bien avouer que celui-ci n’avait pas l’air naturel et, tout en se rasseyant, il adressa un sourire à son amie, attrapant sa bière qu’il avait laissée sur place. Sauf qu’elle enchaîna. Justin resta silencieux mais il fronça légèrement les sourcils, laissant glisser une poignée de cacahuètes dans sa bouche. Il sentit que la dernière cacahuète avait du mal à passer.

« Ouais, j’ai été voter. »

Le regard de Justin se perd devant lui alors qu’il boit une nouvelle gorgée de bière. Il sent le terrain glissant, il sait très bien ce qui va se passer. Il sait aussi qu’il est trop tard. Il aurait pu éluder la question, mentir éhontément mais en réalité, face à Taylor, il en était totalement incapable. Tout le trahissait, son regard fuyant, cette façon de boire de petites gorgées rapidement…

« Mais j’vois pas pourquoi j’aurais dû voter pour une meuf corrompue qui croit qu’elle a tous les droits parce qu’elle a un nom connu. »

C’était sorti tout seul. Justin se sentait pris au piège et il n’avait rien trouvé de mieux à faire que de répondre de manière presque agressive. Il s’était tout de suite placé sur la défense, cherchant à faire comprendre son point de vue même s’il savait que ça n’allait pas passer. Son estomac était noué. Oui, il avait voté Trump en toute conscience mais il savait que Taylor ne partageait pas ses opinions. Toussotant légèrement, il tourna alors la tête vers son amie et tenta d’afficher un sourire décontracté.

« Mais on s’en fout hein, on va pas s’gâcher la soirée en parlant politique ! »

Sauf que le sourire de Justin était légèrement plus crispé que ce qu’il n’aurait voulu et qu’une petite voix dans sa tête lui disait que Taylor risquait fort de ne pas lâcher l’affaire aussi facilement. Cette soirée avait pourtant si bien commencé…
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MessageSujet: Re: your choice is not mine - Justin   Dim 24 Juin - 18:52

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Pas étonnant que ça leur fasse plaisir, ses parents ont le cœur sur la main. Je sais qu’ils n’ont pas trop les moyens mais que ça n’empêche jamais sa mère de vouloir recevoir de manière convenable en faisant à bouffer pour 15.
On est assis comme deux larves sur le canapé, les yeux rivés sur l’écran TV, bière à la main. Je me sentirais presque détendu, presque sereine. J’ai l’impression que ça fait une éternité que je ne me suis pas accordé un moment de ce genre depuis que Maeve et moi avons rompu. Je serre les dents, prend une gorgée de bière, essayant de chasser les souvenirs de cette rupture douloureuse malgré tout par ces simples gestes. Mon intention se concentre sur Justin, ce que je viens de lui dire et sur cet enculé qui défile comme un coq à l’écran.

- Ouais, j’ai été voter.
- Brave garçon.

J’le charrie, souris, nouvelle gorgée. Je devrais peut-être ralentir sur la consommation, n’en ayant plus l’habitude, bien que je n’étais pas une consommateur régulière de base. Mais avec… tout ça… bref. Rien à foutre. J’fais ce que je veux.

- Mais j’vois pas pourquoi j’aurais dû voter pour une meuf corrompue qui croit qu’elle a tous les droits parce qu’elle a un nom connu.

Mon ventre se crispe et mon cœur accélère la cadence en un claquement de doigts, comme si l’on m’avait donné un coup de jus droit dans la poitrine. Je manque de me foutre de la bière partout par surprise alors que j’abaisse mon bras pour me tourner vers lui, subitement, comme si j’étais pas certaine d’avoir vraiment compris ce que mon propre ami venait de me sortir.
J’aurai presque pu croire qu’il est entrain de me mener en bateau s’il ne m’avait pas sortie sur un ton agressif, presque sur la défensive. Sans compter son expression de mépris. Le pire étant que ce con se tourne vers moi, sourire aux lèvres.

- Mais on s’en fout hein, on va pas s’gâcher la soirée en parlant politique !
- Arrête moi ça tout de suite.

Mon ton claque aussi sec. Je n’suis certainement pas réputé pour un calme olympien, pour une maitrise de soi exemplaire. J’ai déjà le feu au ventre qui se répand dans mes veines comme un putain de poison. Le fait que l’on puisse voter pour ce fils de chien me parait déjà inconcevable, le fait qu’il soit actuellement président est pour moi irréaliste… mais que l’un de mes meilleurs et plus proches amis d’enfance ait pu voter pour lui en toute connaissance de cause me fout hors de moi autant que cela me blesse. Je pourrais lui lister un million de point pour justifier ma réaction mais la première chose qui me démange c’est de lui en coller une en pleine gueule de colère. Pourtant, je retiens mon geste, mes doigts se crispant sur ma bière et de l’autre sur un coussin.

- T’es entrain d’me dire que tu as voté pour cet enculé de raciste ? Que t’as voté pour un mec qui raconte fièrement qu’il attrape les nanas par la chatte et que celles qui veulent avortés doivent être sévèrement puni ?

J’enrage, furieusement. Jonglant entre la déception et la colère noire de voir que cet abruti a pu faire une chose pareille. Certes, c’est pas son vote qui aurait changé la face du monde mais bordel de merde, rien que le geste, rien que l’IDEE qu’il ait pu avoir envie d’aller voter Trump me donne littéralement la gerbe. Je lui fais face sans me démonter, plante un regard furieux dans le sien attendant que ce con réagisse.

- Putain mais c’est quoi ton problème Justin ! C’est quoi la prochaine nouvelle ! Que t’es pour l’expulsion et l’extermination des Méxicains et Musulmans ?! Que tu veux qu’on le jette tous en plein océan Atlantique ? Bordel !



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MessageSujet: Re: your choice is not mine - Justin   Lun 25 Juin - 11:34

C’était sûr. Justin le savait depuis le début. Ce sujet ne devait jamais arriver sur le tapis entre lui et ses amis et certainement pas avec Taylor. Elle ne pouvait pas comprendre sa façon de penser, la manière qu’il avait d’envisager les choses. Non clairement, elle ne pouvait pas comprendre mais ce n’était pas grave. Il n’avait pas envie qu’elle le fasse, il ne voulait juste pas que ce sujet arrive un jour entre eux. Parce qu’au fond, il n’avait qu’une seule et unique crainte : qu’elle claque la porte et refuse tout bonnement de le voir. Il savait que sur un terrain aussi glissant que celui-ci leur amitié pouvait prendre un certain choc. Rien que d’y penser, il sentait son estomac se retourner. Non, il ne voulait pas perdre Taylor comme ça, c’était trop con. Pas après tout ce qu’il s’était passé, pas après l’horreur qu’elle avait traversée. Alors qu’elle remontait la pente, qu’ils pouvaient s’offrir une soirée à l’ancienne, autour d’une pizza… Alors Justin avait tenté de rattraper le coup dans un dernier élan. Son espoir que cela fonctionne était presque inexistant mais une part de lui avait envie d’y croire. D’espérer que tout n’était pas fichu entre lui et celle qu’il considérait sans nul doute comme une de ses meilleurs amis. Mais la voix de Taylor claque dans l’air, violente. Arrêter ça tout de suite ? Justin boit une gorgée de bière et pose la bouteille devant lui. Elle est folle de rage, il le voit dans son attitude, dans ses mains crispées, dans son regard qu’il n’a jamais vu aussi assassin ou du moins, jamais contre lui. Dans un premier temps, le jeune homme baisse la tête, fixant le lit, comme un enfant pris en faute. Il a la gorge nouée à l’idée de ce qui va suivre.

Les premiers mots de Taylor tombent et Justin voit son espoir de rattraper la situation tomber. Il lève lentement les yeux vers son amie et se confronte à un mur. Elle crache son venir, elle crache la haine qu’elle a pour leur président. Il ne partage pas les points qu’elle soulève, son mépris pour les femmes, ses positions sur l’avortement. Mais à ses yeux, ce n’était pas important sur le coup. Non, il y avait d’autres sujets… Il ouvre la bouche pour répondre quelque chose mais Taylor ne lui en laisse pas le temps. Il a l’impression qu’à chaque mot qu’elle prononce elle s’emporte un peu plus. Et malgré son envie de ne pas ruiner leur amitié, de calmer le jeu, Justin sent la colère monter en lui. Un truc sourd qui le prend aux tripes. Un truc dont il n’a pas l’habitude. Mais entendre la haine de Taylor, dirigée vers lui, ça le rend fou.

« Bah vas-y, dis que j’suis un putain de néo-nazi puisque ça te brûle les lèvres. »

Justin a lâché ces mots, ils ont glissé entre ses dents serrées. Il n’a pas encore élevé le ton, non, son ton était sifflant, glacial. Son regard se pose alors sur Taylor. Il la fixe avec intensité. Qu’elle le dise après tout, si c’est ce qu’elle pense. Qu’elle lui crache à la gueule tout le mépris qu’elle a pour lui, après tout, elle ne serait pas la première et il le sait très bien. Justin se lève, il sent la colère monter trop vite, trop forte, il fait quelques pas dans le minuscule appartement avant de se tourner vers Taylor.

« Parce que bien sûr tout est aussi simple que ça. Y’a les méchants un peu cons d’un côté et les brillants esprits qui vont changer notre monde de l’autre. Bah oui ! Désolé de te décevoir Taylor, tu sais, moi j’fais partie des débiles. Tu sais, j’suis ton con de pote illettré qui gagne sa vie en faisant la bonniche et qui f’ra sans doute rien d’autre de sa vie. »

Justin crache sa colère avec une vigueur qu’il n’aurait lui-même jamais envisagée. Ça le brûle de l’intérieur, ça lui fait terriblement mal. Et pourtant, il sent qu’il n’exprime que la vérité. Oui, il est l’idiot de service des bas quartiers, quelque part, comment pourrait-il le nier ?

« Cette connasse faisait la sauveuse pour derrière aller faire les yeux doux aux riches, aux mecs de la finance et j’aurais dû voter pour elle ? Elle est responsable de Benghazi putain ! J’suis désolé hein, mais j’ai pas envie d’un autre 11 septembre moi, si cette conne peut pas assurer la sécurité d’une ambassade comment pourrait-elle assurer la sécurité de tout un pays ? Hein ? Je t’écoute ? »

Justin serre les poings. Il avait envie de frapper, de cogner, de détruire. Il ne touchera jamais à Taylor, il le sait. Mais sa colère est forte et il sait qu’il pourrait lui faire peur à perdre ses nerfs. Parce que ça n’arrive jamais. Parce qu’il sourit toujours.

« Et ouais, puisqu’tu veux tout savoir, j’ai pas envie d’être envahi par des connards d’islamistes qui voilent les femmes et essayent de nous imposer leur culture de merdre à coup d’attentats. »

Son regard croise celui de Taylor. Il voit ce qu’il y a dans ses yeux. Et ce n’est plus de la colère qui l’entoure. Ça le prend à la gorge. Il se détourne. Oui, il lui tourne le dos, les poings serrés. Il sent la fracture qui s’élargit sous leurs pieds et ça le terrifie.
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MessageSujet: Re: your choice is not mine - Justin   Mar 10 Juil - 0:12

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La politique est le genre de sujet qu’il faut TOUJOURS évité aux repas de famille, entre potes, partout ailleurs. C’est le genre de truc qui brise des liens, des idéaux et tout un tas d’autre chose. Mais surtout, ça brise les miches. Et les miens, le sont bien trop pour laisser passer ce qu’il vient de dire. J’pars au quart de tour, sans surprise et l’allume direct avec une petite piqûre de rappel pour lui remettre dans la gueule qu’il a aidé à ce que ce fils de chien de raciste, homophobe et misogyne soit au pouvoir.
Putain de merde.

- Bah vas-y, dis que j’suis un putain de néo-nazi puisque ça te brûle les lèvres.

- What the fuck Justin !

J’hallucine. Putain je suis en plein délire !
Il se lève, fou de rage, la pression est montée d’un coup et je ne peux pas l’en blâmer vu ce que je viens de lui balancer à la gueule. Je me redresse à mon tour pour lui faire face et ne le quitte pas une seule seconde du regard. J’ai mal au cœur et surtout, une déception amère me tapisse le fond de la gorge. Je l’aime vraiment, il est l’un de mes plus proches amis et c’est justement pour cet aspect de notre relation que savoir qu’il est pro-Trump me heurte. Clairement.

- Parce que bien sûr tout est aussi simple que ça. Y’a les méchants un peu cons d’un côté et les brillants esprits qui vont changer notre monde de l’autre. Bah oui ! Désolé de te décevoir Taylor, tu sais, moi j’fais partie des débiles. Tu sais, j’suis ton con de pote illettré qui gagne sa vie en faisant la bonniche et qui f’ra sans doute rien d’autre de sa vie.
-M’fais pas dire ce que j’ai pas dit bordel !

Je déteste ça putain, de retourner la situation avec sarcasme, comme s’il était la victime que j’avais salement pointé du doigts, celui qui est le plus débile et qui ne sait pas réfléchir à ses choix. Je ne l’ai jamais considéré comme quelqu’un de stupide et ça n’est pas parce qu’il ne sait pas lire que ça fait de lui le plus con de la planète. Mais là, tout de suite, avec son bullshit j’ai envie de dire qu’il est putain de stupide de jouer à ce jeu-là.
Emprise par la colère, j’ai du mal à capter que l’on est entrain de se disputer. De vraiment se disputer. Lui et moi. Le truc qui n’arrive jamais.

- Cette connasse faisait la sauveuse pour derrière aller faire les yeux doux aux riches, aux mecs de la finance et j’aurais dû voter pour elle ? Elle est responsable de Benghazi putain ! J’suis désolé hein, mais j’ai pas envie d’un autre 11 septembre moi, si cette conne peut pas assurer la sécurité d’une ambassade comment pourrait-elle assurer la sécurité de tout un pays ? Hein ? Je t’écoute ?

Je reste interdite, le regarde droit dans les yeux pour y déceler un infime espoir qui est, je le sais, inexistant. Celui à ce qu’il ne soit pas sérieux, à ce qu’il ne pense pas tout ce qu’il est entrain de balancer là, maintenant. Que certes, Clinton n’est peut-être pas la plus saint, qu’elle n’est pas toute blanche mais qu’en comparaison à celui qui nous gouverne, nous avions au moins une chance d’entrevoir quelque chose de positif… Mais non, Justin est sérieux. Justin ne démord pas. Et ça me donne la gerbe.

- Et ouais, puisqu’tu veux tout savoir, j’ai pas envie d’être envahi par des connards d’islamistes qui voilent les femmes et essayent de nous imposer leur culture de merdre à coup d’attentats.
- T’es vraiment un sale con.

Les mots fusent à la suite des siens, tant ils m’ébranlent, me heurtent.

- Un sale con qui se laisse lessiver le crâne par les médias et qui écoute bien sagement tout ce qu’on montre à l’écran. Que les mecs un peu basanés avec une barbe sont FORCEMENT extrémistes et qu’ils risquent de te faire sauter la gueule dans le prochain métro. Est-ce que tu te rends compte de ce que tu dis Justin ?

Je n’peux pas croire que ça puisse sortir de sa bouche à lui. Merde. J’ai la boule au ventre, le cœur au bord des lèvres et les mains qui tremblent. Je n’crois déjà plus en grand-chose mais là ? Ca me fout un coup. Un violent coup.

- Il n’y a aucun gentil dans l’histoire, AUCUN. Mais à choisir entre la peste et le choléra, excuse-moi de ne pas voter pour un mec qui ne croit pas au réchauffement climatique et qui souhaite autoriser le permis du port d’arme PARTOUT, histoire d’avoir un peu plus de gamins qui viennent flinguer leur camarade d’école sous le coup d’un délire.

Et honnêtement, plus je parle, plus j’ai envie de chialer parce que refoutre ça sur le tapis c’est constaté toutes les horreurs qui nous attendent. J’repense à ses propos sur les mexicains, sur la protection des transgenre qu’il a supprimé dans les écoles, ceux qu’il veut interdire dans l’armée. Je repense à sa façon de contrôler le pays, de provoquer la Corée du Nord jusqu’à ce qu’ils nous explosent la gueule pour de bon.
Sans m’en rendre réellement compte, j’ai les larmes aux yeux. Ça m’rends malade qu’il soit en tête du pays, mais que mon meilleur ami a voté pour lui, encore plus.

- Tu n’veux pas d’un autre 11 septembre mais t’auras bien pire, parce que ce type là nous mène droit vers une troisième guerre mondiale, Justin. Il joue l’enfant gâté avec la Corée comme s’ils étaient sur un tapis en mousse pour savoir qui va exploser la tronche de qui en premier avec un missile nucléaire. Il veut expulser les immigrés alors que la majorité d’entre eux bossent depuis DES ANNEES ici, paient leur putain d’impôts et de taxes et rendent service au pays.

J’pourrais lui en citer des lignes et des lignes de ce qu’il va entreprendre et de ce qu’il a déjà entreprit. Mais surtout, il y a un sujet qui me remue, qui me noue les tripes. Qui me blesse profondément.

- Vous avez voté pour un connard qui pense que les personnes comme moi sont répugnants, pervers, qu’on n’a rien à foutre là et que nous sommes une anomalie. J’ai jamais autant flippé d’embrasser une nana dans la rue que depuis qu’il a été élu, j’ai jamais autant flippé me montrer tel que je suis par risque de me faire casser la gueule dans une ruelle parce que je suis homosexuelle. Ah et violer aussi, parce qu’apparemment, dès qu’on a une chatte, on n’a tous les droits d’y foutre sa queue même si on n’en n’a pas envie.

C’est crue, dure, mais je n’en ai rien à foutre. Parce que ça me fout hors de moi, parce que j’ai envie de dégueuler mon dégoût.
Parce que lui, Justin, le gamin si souriant, adorable et tendre, se retrouve d’un coup couvert d’une ombre que j’aurai finalement préféré ignoré jusqu’à la fin.


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MessageSujet: Re: your choice is not mine - Justin   Mer 11 Juil - 10:20

Justin se fige alors qu’une nausée violente l’envahit. Taylor vient de le traiter de sale con et il a l’impression d’avoir reçu un violent coup de poing dans l’estomac. Il tourne le regard vers elle, comme pour se dire que ce n’est qu’une hallucination, qu’elle n’a pas dit ça. Mais si, et elle le répète. Il est déjà arrivé que quelques insultes, quelques mots moins sympas fusent entre eux. Mais toujours sur un ton léger, toujours pour déconner. Mais là, ce n’est pas du tout le cas. Elle a lâché ça avec tellement de naturel et tellement de force que Justin est obligé de se rendre à l’évidence : elle le pense sincèrement. Elle pense sincèrement qu’il n’est qu’un sale con. Et ça fait terriblement mal. Tellement mal que la colère explose littéralement. Qu’il n’arrive plus à rester calme, qu’il n’en a même plus l’envie. Pourquoi se contenir après tout, pourquoi se cacher derrière des apparences puisqu’elle pense ça de lui ?

« Putain mais j’ai jamais dit ça ! Mais t’vois, c’est drôle, on en revient toujours au même point : t’arrives pas à envisager que j’puisse avoir de bonnes raisons d’avoir voté pour lui. Pour toi, j’suis forcément un idiot qui se fait manipuler par les médias. Bah vas y écoute, pense ça, qu’est-ce que tu veux que j’te dise ! »

Ses mots sont amers, ils lui brûlent la gorge, il en a presque envie de chialer tellement il se sent déchiré de l’intérieur. Taylor elle, enchaîne, parlant d’écologie, de port d’armes. Il lève les yeux au ciel et pousse un soupir appuyé, bruyant, insolent aussi. Il n’est pas d’accord mais n’a pas les mots, n’a pas les bonnes phrases pour répondre alors il accentue son agacement. Parce qu’il n’a plus envie d’apaiser la situation, de passer dessus comme s’il ne s’était rien passé, comme s’il n’avait rien entendu. Elle enchaîne, elle parle de la Corée et puis, d’immigration. Justin ne se retient pas cette fois alors que des mots crus lui brûlent les lèvres.

« Bah écoute, t’iras dire ça à tous les mecs de notre quartier qui crèvent la gueule ouverte parce qu’ils trouvent pas de taff hein ! Mais madame est brillante, madame a fait médecine et ne comprend pas ce que NOUS on vit ! »

C’est injuste et au fond de lui, il le sait parfaitement. Taylor n’a jamais pris ses distances avec lui ni avec le quartier, elle ne s’est jamais montrée la poitrine gonflée pour exposer sa réussite aux yeux des autres. Mais il a les nerfs, il est en colère. La misère, il la voit tous les jours. Il a beau vivre dans le centre, son œil est exercé et il sait très bien que son avenir est dans cette tranche là de la population. Alors il n’a plus de place dans sa peine pour accueillir celle des autres. Il se referme. Il pense à ceux qu’il connaît et ferme les yeux sur ceux qui arrivent. Et Taylor éclate à son tour. Il sait que cette fois, on ne parle plus d’idéologie, qu’on aborde un sujet qui tranche le cœur de la jeune femme. Justin n’a jamais eu de problème avec son homosexualité, si au début il était intrigué, surpris, il a bien vite fini par oublier ce qui n’était pour lui qu’un détail.


« Et toi tu fais pas des putains de généralités peut-être ? Mais merde Taylor, tu crois vraiment qu’on vote pour quelqu’un en croyant en tout ce qu’il dit et qu’on est des connards de moutons incapables de réfléchir ? Tu crois vraiment que j’vais me mettre à taper sur des homos ou à violer des meufs ? T’as pas l’impression de généraliser pour que ça soit plus facile pour toi ? »


La voix de Justin tremble. Il ne cri plus, il est dans quelque chose de beaucoup plus froid, il tend un doigt accusateur vers Taylor. Ce doigt aussi tremble.

« C’est ça en fait. C’plus facile pour toi de te dire qu’on est tous des connards ignares que d’essayer UNE SEULE SECONDE de comprendre. Tu t’prétends ouverte, humaniste tout ce qu’tu veux mais putain, dès que ça sort de ton p’tit schéma de pensée bourgeois, là, y’a plus personne ! »

Il est mauvais et il le sait. Mais entendre ça de la bouche de Taylor lui fait tellement mal… Il se rend compte que sa réaction est disproportionnée ou plutôt, il s’en rendra compte plus tard. Il verra comme il a perdu les pédales, comme il devenu froid, méchant, agressif alors qu’il est à des kilomètres de cet être là. Mais c’est parce que c’est elle. C’est parce que le regard qu’elle porte désormais sur lui lui donne envie de vomir. Elle va le mépriser, elle va le haïr et ça lui est complètement insupportable.


« Mais t’inquiète pas ! J’entâcherai plus ton p’tit univers parfait rempli de gens beaux et intelligents avec des belles pensées qui passent partout. J’fermerai ma gueule comme toujours et j’passerai le balai derrière vous. »


Justin fait alors volte-face et donne un coup de pied dans un tabouret qui tombe lourdement au sol. Le dernier survivant, son compère ayant été massacré le jour où Milo lui avait appris que Taylor avait tenté de se foutre en l’air. Justin fixe le tabouret et ne bouge plus. Il a la gorge tellement nouée…
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MessageSujet: Re: your choice is not mine - Justin   Lun 13 Aoû - 10:22

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- Bah écoute, t’iras dire ça à tous les mecs de notre quartier qui crèvent la gueule ouverte parce qu’ils trouvent pas de taff hein ! Mais madame est brillante, madame a fait médecine et ne comprend pas ce que NOUS on vit !

La violence de ses mots aurait pu me souffler et me scier complètement. La blessure est là, présente, suffisamment forte pour me coller les larmes mais pas assez pour m’arrêter de gueuler, d’enchainer sur ce que Trump pense des personnes comme moi. De cette minorité que nous sommes. Et je ne mâche pas mes mots, bien au contraire, je les laisse venir comme ils viennent parce que tout comme lui, je suis hors de moi.
Quelle putain de connerie d’avoir fait une remarque sur cet enculé.

- Et toi tu fais pas des putains de généralités peut-être ? Mais merde Taylor, tu crois vraiment qu’on vote pour quelqu’un en croyant en tout ce qu’il dit et qu’on est des connards de moutons incapables de réfléchir ? Tu crois vraiment que j’vais me mettre à taper sur des homos ou à violer des meufs ? T’as pas l’impression de généraliser pour que ça soit plus facile pour toi ?

Il est entrain de tout mélanger, de tout confondre ce que je lui raconte mais j’ai pas le temps de le contredire, de lui dire que c’est pas tellement ce que je suis entrain de lui raconter. Mais que j’essaie plutôt de lui tourner la gueule vers les intentions de Trump, qu’il est exactement le genre de type qui estime que parce que LUI trouve ça normal, alors il fera en sorte que ça soit le cas pour tout le reste du pays.
Justin pointe un doigt accusateur sur moi et quand bien même je suis furax, ça me rend malade de nous voir nous hurler dessus comme des idiots. Et surtout, je ne le reconnais pas lui. Je ne reconnais pas cette haine qui traverse ses traits, ne reconnait pas cette façon qu’il a de hurler, d’être si … mauvais. De porter des coups bas. Venant de moi c’est pas surprenant, au contraire, c’est carrément une marque de fabrique mais Justin, non.

- C’est ça en fait. C’plus facile pour toi de te dire qu’on est tous des connards ignares que d’essayer UNE SEULE SECONDE de comprendre. Tu t’prétends ouverte, humaniste tout ce qu’tu veux mais putain, dès que ça sort de ton p’tit schéma de pensée bourgeois, là, y’a plus personne !Mais t’inquiète pas ! J’entâcherai plus ton p’tit univers parfait rempli de gens beaux et intelligents avec des belles pensées qui passent partout. J’fermerai ma gueule comme toujours et j’passerai le balai derrière vous.

Le tabouret vole et la blessure s’écarte un peu plus chez moi.
J’en reviens pas qu’il ose me dire ça, à moi. Qu’il ose me foutre dans la catégorie des culs dorés quand j’ai trimé comme une putain pour me payer mes études et que si j’étais si bourgeoise comme il me fait si bien comprendre, je n’aurai jamais eu à dealer dans ces rues pourries pour me faire un peu de thune en espérant que les Kings ne se décident pas trop tôt à me trancher la gorge. Et même sans ces détails là, comment est-ce qu’il peut réussir à autant me cracher ces saloperies à la gueule quand j’ai toujours été là avec lui ? J’en ai rien à foutre de sa situation sociale, dans le sens où il pourrait bien être plein au as à vivre sur yatch ou un paumé qui vit dans des foyers qu’il restera toujours le même à mes yeux. J’me suis jamais foutue de sa gueule pour son illettrisme, je lui fais ses impôts et toute sa paperasse à la con. Alors ouais, quand il me balance toutes ces saloperies gratuitement à la gueule, j’ai envie de lui en coller une dans le pif pour qu’il redescende. Mais au lieu de ça, Justin décide de s’éloigner pour donner un coup de pieds rageux dans le tabouret.

J’ai les mains qui tremblent, le cœur qui cogne et je ne le lâche pas du regard. Sidéré de ce type que j’ai face à moi parce que lui là, c’est pas Justin.

- Tu sais tellement pas quoi dire que la seule chose que tu trouves à me balancer à la gueule c’est que je fais partie du club des bourgeois ? Sérieusement Justin ? Mes parents ont pas un rond et j’ai trimé comme une conne pour me payer mes études en médecine, j’me suis endettée sur je ne sais pas combien d’année pour ça !

Histoire de lui rappeler les bases, de remettre les choses à leur place. Que je suis au même niveau que lui finalement, étude de médecine ou non. Et tout ça n’’enlève rien à l’amertume et au fait que je sois blessée par ce qu’il m’a dit.

- T’écoute pas ce que je te dis alors arrête de jouer les victimes putain ! D’où est-ce que je t’ai dis que t’étais comme ça ? J’te fous juste le nez dans la merde dans laquelle ce connard vous nous mettre. Parce que LUI il pense comme ça et parce que c’est le cas, il fera en sorte que TOUT le pays adopte cette façon de faire, merde.

C’est ce qui me fait le plus flipper avec lui. Si ce type a décidé que plus aucun gay ne rentrera dans l’armée, il serait foutu de faire passer une loi pour ça et putain, c’est flippant. Bref, j’ai toujours les nerfs et j’emballe quand je lui parle même si je m’agite moins que tout à l’heure, même si j’gueule moins. Au contraire, ma voix se fait plus basse mais aussi plus sèche. Presque intransigeante.

- J’ai jamais dit que Clinton était toute blanche mais à choisir, oui, excuse moi de porter mon vote sur quelqu’un qui respecte au moins l’humain et qui ne pense pas que le réchauffement climatique est une invention des chinois.

Parce qu’entre la peste et le choléra, il faut malheureusement faire un choix. Bordel.

- Et putain, depuis quand tu deviens un sale con quand on n’est pas d’accord avec toi ?


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