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 human being | maxime

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MessageSujet: human being | maxime   Mar 19 Juin - 11:43



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EXORDIUM.
Le sol se dérobe encore sous ses pieds et l'instabilité le gagne. Plus rien, plus rien ne semble pouvoir tenir depuis des semaines. Une éternité, oui, une éternité dans sa tête malmenée. Il essaie de les faire taire, de détruite ces idées et tout ce qu'elles s'essaient à faire. Mais c'est tenace et la tornade persiste, gagne en ampleur. Il ne comprend pas, n'est pas à même d'y faire face. Matthew ne s'était pas attendu à ça. Et ça prend au cœur, ça hante ses songes, l'image même de ce sourire qui s'imprime, qui ronge, qui se placarde dans chaque recoin de son âme. Un soupire, les tremblements qui n'en peuvent plus de s'intensifier. Désagréable plus que douloureux. Bordel, c'est quoi la douleur ? Parce qu'il veut avoir mal, donner une raison à ce processus enclenché, à toutes ces conséquences qui continuent de s'accumuler. Rien qu'un verre. Un verre. Mais rien, rien ne vient se perdre à sa vue abîmée. Rien, pas même une cigarette. Il lui avait dit d'en ramener. Un gémissement plaintif tandis qu'il peine à se relever, abandonnant rapidement l'idée. Cloué, paralysé. Et les ombres d'au-dehors persistent à danser. Il s'en souvient, maintenant, de ce qui l'a poussé à se tourmenter. Il est des battements qui ne sont pas pour lui, un intérêt qui se soit développé pour une toute autre vie. C'est nouveau, prenant, envoûtant, déroutant pour celui qui pensait tout maîtriser, et complètement. Il ne contrôle plus rien, prit de court. Il ne contrôle plus rien depuis qu'il s'est approché, depuis qu'elle s'est en lui insufflée. Et, paradoxalement, c'est sur cette présence même qu'il se concentre, sur cette simple idée, le faciès d'une femme qu'il n'aurait pu faire qu'admirer. Mais il y a plus que ça, plus que ça. Comment dit-on déjà ? Flirter. Ils ont flirté jusqu'à ce qu'il ne termine par s'y habituer. Lui. La machine, la pierre au-dessus du cœur. Le mécanisme n'est pas si inhumain, façade bien élevée désormais effritée. Et cette idée de vouloir bien faire. De tout reprendre. De tout recommencer. Voyez où ça le mène finalement, il l'admet désormais volontiers ; il n'était qu'un drogué. Avide d'un peu plus de sensations face à la défaillance des siennes. Et maintenant qu'il doit s'élever, les abysses lui paraissent si profondes. Il en ferme les yeux, Matthew. Il en ferme les yeux, luttant pour contenir les spasmes de ses mains, de son corps tout entier. Il lutte jusqu'à s'en effondrer, dans un profond sommeil s'enterrer. Des heures et des heures à n'avoir en compagnie que cet innommable néant. En vérité bien reposant. Il pourrait s'y faire, s'y habituer, il aurait voulu continuer à s'y reposer. Mais il y a ce sourire, cette voix. Il a ce tout qui s'est installé dans sa misérable, pathétique petite vie. Et il croit l'entendre, il croit percevoir son regard derrière tout ce noir. Un sursaut et ce tremblement qui le reprend jusqu'à n'offrir que des frissons à sa peau.

« Les enfants du Jazz de F. Scott Fitzgerald. » Le manteau ôté, un baiser délicatement déposé, le livre à ses côtés apposés. Il n'a d'attention que pour celle qui, depuis, demeure alitée. S'il savait su, s'il avait su que les choses ne seraient pas de celles qu'il s'imaginait. Un bref sourire tandis qu'il remonte un peu plus la couette, s'emparant de l'une de ses mains comme dans l'espoir d'apporter un peu plus de chaleur. Il a vu que ça se faisait, il a choisi d'essayer ; faire des efforts comme pour lui prouver qu'il n'est pas si aliéné. Si elle savait. « Première édition, je l'ai retrouvée dans ma bibliothèque. » En cherchant quelques cachets oubliés ; des mots qu'il garde pour lui, cet ignoble petit secret. « Autant de chapitres que tu le souhaites. Sinon, j'ai ramené ce bijou que tu aimes tant. » Et la main qui ramène l'étui de son Stradivarius sur la literie. Il esquisse un sourire, sait le mal que ça peut lui faire tout comme le bien qu'il parvient à faire prôner sur ses souvenirs amers. « Mais avant tout, je veux savoir comment tu vas. » Le tout qui se dépose un peu plus loin, et l'attention qui lui revient pleinement. Il s'y perd, s'y concentre. Il vient délaisser ses propres envies pour s'inquiéter de sa vie, de son ennui. Il n'est plus vraiment le même, le sent chaque jour un peu plus. C'est source de malaise pour celui a toujours su où aller. Là, plus rien n'est sûr. Plus rien ne l'est vraiment si ce n'est sa présence entre ces murs. Lui qui n'avait personne. Lui qui n'avait rien. Rien si ce n'est son âme, son savoir, sa persévérance. Lui qui, ici, découvre le monde comme il l'a toujours été, loin de cet univers décalé, loin de tout ce qu'il intériorisait. Et le sursaut, brutal. Le sursaut qui rappelle l'esprit à la réalité, qui rappelle l'homme de son sommeil. Il geint, Matthew. Il s'essaie à ouvrir les yeux, à quitter le néant, la chambre de la Belle qui s'éloigne, qui lui échappe alors qu'il tend la main, il ne fait même plus que ça. Lui qui aurait pu s'en défaire ne peut que prétendre le contraire. Il veut y reste, à cet instant si plein d'une déconcertante facilité. « Maxime ? » L'azur qui peine à voir, l'azur qui pâlit au fur et à mesure qu'il lutte. Triste ombre de lui-même.            

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MessageSujet: Re: human being | maxime   Mer 20 Juin - 13:15

HUMAN BEING

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« Ça va, ça va, Violet, laisse-moi, je me débrouille.
— Mais non, enfin, vous ne pouvez pas déjà quitter le lit.
— Ça fait trois semaines que je suis plantée là-dedans, c’est assez ! Aide-moi au lieu de me regarder comme ça, donne-moi ma canne. »

Je me redresse avec une grimace et un gémissement, les bandages autour de mes côtes toujours bien calés. Je dois une fière chandelle à Honeycutt qui s’est occupée de moi avec la patience que je n’ai pas, à ma sœur qui a passé pas mal de temps à me veiller pendant cette convalescence pénible et à Matthew, qui est venu me lire des morceaux et m’en jouer d’autres. Il a été présent et je me suis découverte volontiers une certaine appréciation pour sa compagnie. Si je me laisse aller à ses petits tours de charme ? Parfaitement, et j’en suis contente, je me sens enveloppée d’une attention que je n’avais pas eu depuis que j’ai découvert mon mari dans les bras d’une autre. Ce n’est pas Addison qui me pousserait à faire le contraire, elle qui essaie toujours de me pousser dans les bras d’Andrew (ce qui serait contraire à la nature même de notre relation, ah étrange idée) ne m’empêche pas de me lover plutôt dans ceux du lieutenant du police — tant qu’elle sait tous les détails de notre relation. Nous en discutons souvent, d’abord parce que cet homme est tout particulier et aussi parce que je me suis découverte des passions particulières. Il n’est plus rare de voir trainer dans la maison un magazine sur des pratiques particulières du domaine des choses qui se passent la nuit. Je lui confie ma frustration ou les petites choses qui me font sourire, garde néanmoins une part de mystère. Je pensais qu’après la saint-valentin à moitié catastrophique que nous avons passé, il s’en irait, mais non. Le lieutenant de police est resté et a pris du temps pour moi. Je dois dire que c’est agréable, et je sens grandir en moi des sentiments neufs, chauds, agréables, avec presque l’impression d’être adolescente et de découvrir les premiers émois amoureux. Cela me convient, je ne lutte pas contre ce qui arrive. Pourquoi le ferais-je ? L’autre bonne nouvelle étant que mon divorce arrive enfin à sa fin maintenant que j’ai changé d’avocat (pour une avocate apparemment féroce que ma sœur m’a conseillée) et qui a réussi à prouver que Bobby n’avait rien à faire dans l’exécution de ma musique et, par conséquent, qu’il n’a aucun droit quant aux bénéfices retirés. J’ai vu la colère sur son visage, l‘exaspération et la frustration mais peu m’importe. Ma musique, que j’ai perdue certes, mais ce que j’ai créé est à moi et à personne d’autre. Ce sont mes compositions et j’aurais préféré mourir plutôt qu’il récupère ne serait-ce qu’un centime du travail que j’ai fourni. Je n’ai pas d’enfants, ce sont mes créations, ce que j’ai de plus cher maintenant qu’il m’est impossible de les jouer. Je veux au moins qu’elles m’appartiennent pleinement.

Enfin, cette fois, je réussis à me lever pour une des premières fois depuis que je suis alitée, avec l’aide précieuse de ma gouvernante.

« Voilà, merci bien, j’en avais marre.
— Je vais devoir refaire vos bandages miss maxime, que comptez-vous faire aujourd’hui ?
— Je compte rendre visite à mon ami.
— Hm… Mr Goodwin c’est cela, Miss ? La gouvernante sourit avec ce petit air malin qu’elle arbore parfois et je lève les yeux au ciel.
— Est-ce que je t’embête avec Simon ? Alors range-donc ce petit sourire !
— Très bien, très bien. Elle accepte mais ne le fait pas pour autant. Je me contente de soupirer et de me diriger vers la salle de bain pour me préparer.
— Prévenez-moi pour les bandages.
— Oui, maman. »

ø

Dans la voiture de notre chauffeur, je regarde à nouveau mon téléphone portable. D’abord pour envoyer un message à Addison et la prévenir que je suis sortie et ensuite pour constater l’absence de quelconque nouvelle de Matthew. Ses venues régulières se sont interrompues abruptement et je n’ai plus de nouvelles. Et comme je déteste ne pas savoir, j’y vais moi-même. Pourquoi, d’un coup, disparaître ? A-t-il eu ce qu’il voulait, un aperçu du quotidien et de la maison de Maxime Adler pour s’enfuir ensuite ? Une multitude de questions m’assaillent en réalité depuis quelques jours mais je compte bien répondre à mes questions par moi-même si personne ne veut me donner de réponses. Je fais sonner une fois de plus le combiné mais je tombe à nouveau sur le répondeur de mon ami. Cela me frustre, et m’énerve, mais je décide de ne pas aller trop vite sur les conclusions avant d’avoir découvert la vérité.

« Attendez, je vous aide.
— Merci Charles. » Mon chauffeur ouvre la porte, récupère ma canne et m’aide à me lever pour m’extraire de la voiture. J’arrive devant la porte et lui demande de m’attendre ici, ou en tout cas d’être prêt à me récupérer si besoin puis je saisis le crochet sur la porte pour le taper contre le bois. Ce n’est pas Matthew qui m’ouvre au bout de plusieurs tentatives mais une jeune femme, brune. Si d’abord je me sens piquée par un élan de jalousie et vais pour lui demander ce qu’elle fiche dans l’appartement de celui que j’espère être un amant plus qu’un ami… je me rappelle qu’il vit en colocation.

« Hm, oui ? Elle mange une pomme, est en débardeur et short, plus grande que moi. Elle arbore un air détaché, des cheveux défaits et en bataille. Visiblement je l’ai interrompue d’une activité très sportive.
— Je cherche Matthew.
— Il est là, ouais, c’est de la part de qui ?
— Je suis Maxime Adler. Sa…
— Ah c’est vous, hm, okk ! Entrez. Je l’observe, étonnée, alors que sa méfiance semble s’éloigner d’un battement de cil et qu’elle se décale du pas de porte. Bien. Elle ferme la porte dans mon dos et remonte les escaliers sans plus de politesses.
— Matthew, ta dame est là ! Elle crie dans l’escalier et je pousse un soupir contenu. Il a pas quitté sa chambre, je vous laisse voir. » Et voilà, c’est tout, je la vois disparaître dans les escaliers alors que je suis encore en bas. C’est vrai, j’avais oublié, qu’il y avait pas mal d’escaliers et c’est franchement pas pratique pour moi. Mais comme je suis déterminée, j’y vais, lentement, m’arrête toutes les trois-quatre marches pour souffler un bon coup ou grogner dans ma barbe. Lorsque j’arrive, la blonde est affalée dans le canapé, la jambe qui pend au-delà de l’accoudoir et bouge dans le vide. Elle a le regard concentré entre l’écran de son téléphone et la télé qui diffuse un programme obscur. Je ne connais rien à ça mais de toutes façons ne m’en occupe pas alors que j’avance dans le couloir et viens taper la porte doucement.

« Matthew ? » Je n’entends rien, rien du tout que des petits bruits étranges. Je jette un œil dans mon dos, la jeune femme est partie du salon, le silence se fait dans l’appartement. Alors je décide d’entrer sans plus de cérémonie.

La pièce dans laquelle je mets les pieds et la canne est plongée dans une obscurité lourde, la lumière des volets laisse apparaître la poussière et j’ai besoin de quelques secondes pour m’accoutumer aux ténèbres. Au départ, je ne discerne rien que des masses vagues, ses meubles, son lit très brièvement. Je chuchote. « Matthew, est-ce que ça va ? » Cela commence à m’inquiéter mais je ne recule pas, au contraire, fait doucement claquer ma canne puis mes chaussures exceptionnellement plates sur le parquet sombre et avance dans la pièce, regarde autour de moi alors que le monde s’éclaircit. Je ferme la porte dans mon dos et découvre enfin mon amant replié sur lui-même. Un gémissement glisse de ses lèvres et cette fois je suis vraiment inquiète. Je m’approche doucement de la forme recroquevillée sur le lit, tâche de faire le focus comme je peux.

« Maxime ? »

Je me défais de mon manteau et de mon sac que je dépose au sol et réduis encore un peu la distance entre lui et moi.

« Oui, c’est moi, Matthew, que t’arrive-t-il ? » Je m’efforce de plier mon corps fragile pour me poser sur le lit et tend une main fraîche et défaite de son tissu habituel vers lui que je dépose sur sa joue. Je débarrasse son visage ciselé des mèches rebelles et constate les tremblements, le sursaut qui le prend à mon toucher pourtant léger, de l’autre main je récupère la sienne tendue. Je suis confuse, troublée, incapable de saisir quel mal le prend à cet instant. Je n’ai l’impression qu’il comprenne tout à fait que je sois là, je n’ai aucune idée de ce qui est train de se jouer sous mes yeux.

« Je suis là. » Mes lèvres forment un sourire dans l’obscurité alors que mes doigts cicatrisés glissent sur sa peau, sur la barbe naissante, inhabituelle chez lui.


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MessageSujet: Re: human being | maxime   Mer 20 Juin - 16:25



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Il a sa voix qui se balade dans sa tête, cette supplication qui persiste à retentir. Il faudrait qu'il revienne, qu'il s'élève. Il faudrait qu'il prenne le dessus, lui qui s'en est toujours sorti. Et il tremble, un peu plus encore, sursaute quand il croit la ressentir si proche de lui. Si proche. Alors il est là, le lien qui s’établit, matérialisé en des battements acharnés, en une volonté de se trouver encore et encore à ses côtés. Elle lui donne l'impression d'être meilleur, un peu plus fort. C'est ce qu'il s'imagine, ce qu'il essaie de faire valoir dans sa tête alors que les insectes de son manque continuent leur avancé jusqu'à son esprit fatigué, jusqu'à sa vue abîmée ; les paupières encore plus ou moins fermées. Il essaie, il essaie de s'en remettre, de s'en relever. Mais rien, rien si ce n'est ce néant des plus envoûtants. Il a envie de craquer, d'assouvir cette soif de perdition contrôlée. Mais pour elle, pour elle il se doit d'arrêter, sa vie ne se résume plus qu'à ses propres volontés. Et tandis qu'il sent son corps davantage se crisper, la sueur une nouvelle fois lui monter, il l'entend. Un peu plus distinctement. Sa voix est claire, aussi douce qu'il ne l'imaginait jusqu'alors. Parce qu'elle est là. Bien-sûr qu'elle est là. « Je suis là. » Un frisson et un soupire. Un soupire parce qu'il sentirait presque son cœur s'en apaiser, les tremblements s'en calmer. Illusion qu'elle vient faire naître, état psychologique qu'elle apaise plus que le corps qui se malmène. Le contact, la chaleur, tout s'explique, et le raisonnement se fait dans sa tête malgré la tempête, malgré les insectes. Parce qu'ils courent, parce qu'ils hantent, grouillent en lui comme dans l'espoir de le faire céder. Dieu qu'il aurait aimé céder si Maxime n'était pas venue lui rappeler ce qui l'a conduit à tout stopper. Il prend sur lui pour ouvrir les yeux, constater ce maigre sourire qui se dessine sur ses lèvres. Si elle savait ; mais elle ne sait pas. Petit secret qu'il n'a fait que taire, taire et taire durant des années ; un autre de plus que son insensibilité à la douleur. Les muscles qui se contractent, l'homme qui s'essaie à bouger, à se tourner, à lui faire face. Le masque néanmoins ne tient pas, le masque ne le peut pas. La douleur ne vient pas mais le tout reste désagréable. Et sa main contre sa joue, sa main qui – en un frisson – lui apporte un peu de fraîcheur dans l'enfer qu'il s'essaie à braver. Pour la première fois depuis des années et des années, voilà cette espèce de culpabilité qui pointe le bout de son nez.

Il a la main qui vient trouver la sienne, qui lutte contre ses propres tremblements comme dans l'espoir d'apaiser les traits inquiétés de celle venue le trouver. Il aurait fallu qu'elle ne vienne pas, il aurait fallu qu'elle ne voit pas. Il en ferme même les yeux, prenant sur lui pour tout contrôler, ravaler cette salive qui s'impose à l'idée même d'un fond de verre, d'un cachet ; n'importe lequel. N'importe lequel. Il n'a pas le droit de lui imposer ça. Stupide, trop stupide. Défait des réalités, il comprend enfin l'enjeu de ces vérités : il est un monde au-delà de son palace mental. Et il ressent. Il ressent et ça l'effraie. Caring is not a advantage. « Tu ne devrais pas être là. Tu ne devrais pas... » C'est ce qu'il vient faire entendre, ce qu'il veut qu'elle entende malgré la manière dont il enserre sa main contre la sienne. Il veut qu'elle reste, mais il souhaite qu'elle parte. Il n'a pas conscience des jours qui se sont écoulés, n'a plus la même notion du temps que le reste des autres. Il est loin d'imaginer que bien des jours ont défilé, que les heures ont couru comme elles l'ont toujours fait. Une éternité qu'il se tient ici, à errer dans des ténèbres jusqu'alors – en lui – bien enterrées. Mais l'idée, l'idée s'ose en infime partie en lui. Il va pour s'en redresser, prenant soin de ne pas déposer son regard sur le sol de la chambre. Pas encore, pas en sachant ce qu'il a cru y voir. Et il sait, pourtant. Il sait que tout n'est que dans sa tête. Il le sait sûrement mieux que personne. Pourtant. Il a la main qui cherche le verre qu'il se souvient avoir déposé, l'eau qui semblait y rester. Il cherche, n'y parvient pas, allant pour chercher plus loin avant que les spasmes ne lui reprennent. Un fracas de verre au sol et le corps de Matthew qui réagit par un sursaut. Un soupire et les paupières qui de nouveau se ferment. Il a le manque de sommeil qui lui revient, le manque de tout si ce n'est de celle qui se trouve à ses côtés et qu'il aurait voulu épargner des « maux » qui sont actuellement les siens. « Désolé, c'est pathétique. »            

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MessageSujet: Re: human being | maxime   Mer 20 Juin - 19:25

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« Tu ne devrais pas être là. Tu ne devrais pas... »

Je fronce les sourcils, serre sa main dans la mienne alors qu’il s’y raccroche. Je ne comprends pas mais dans tous les cas je ne compte pas partir, puisque visiblement il ne va pas bien. Mes yeux s’accoutument petit à petit et je constate les traits tirés de son visage. Est-ce de la peur ou de la douleur, ou les deux ? Je ne saurais vraiment dire, en tout cas il est brûlant, mal en point, tremblant. Voilà pourquoi il n’est pas venu depuis un moment j’imagine, surement cloitré dans sa chambre sur ce lit… mais pour quelles raisons précisément je n’en ai aucune idée. Je ne sais ce qui le plonge dans un tel état mais ça m’inquiète. D’ailleurs, il essaie de bouger, essaie de se redresser pour attraper quelque chose sur la commode qui finit par tomber par terre. Un verre d’eau j’imagine, j’essaie de l’en empêcher mais ce qui semble le torturer l’empêche d’aller plus loin dans son entreprise avant moi et il se recroqueville à nouveau. Je repousse à nouveau les mèches de son visage dans un geste tendre, le pousse à ne pas s’agiter alors que je me rapproche encore un peu, penchée sur lui. C’est étrange toutes ces manies que je me redécouvre, soudainement calme, tranquille, persuadée de pouvoir lui apporter un peu de répit.

« Désolé, c'est pathétique.
— Mais non, voyons… reste là, je vais aller te chercher un peu d’eau, ok ? Bouge pas. » Je serre sa main une seconde avant de la lâcher et de m’éloigner, récupère ma canne, me redresse lentement et trouve mon chemin jusque-là cuisine. Je fouille, trouve un verre que je rince par précaution, le remplis d’eau et refais le chemin inverse. Je passe par la salle de bain, récupère un gant que j’humidifie également, fais à peu près comme chez moi mais c’est pas comme si la situation ne l’exigeait pas puis reviens, enfin, la main libre chargée, dans la chambre. Je dépose le tout pour me débarrasser de ma canne et revenir m’asseoir au bord du lit, me rapproche de lui et viens d’abord l’aider à se redresser.

« Doucement, doucement,… Je me penche en grimaçant pour récupérer le verre d’eau et le glisse dans ses mains que je guide à ses lèvres. Je peux bien faire ça. C’est ce qui se fait lorsque l’on se lie à quelqu’un et participer à cela ne m’effraie pas. Tiens, bois un peu d’eau. » Je me retourne, récupère le gant mouillé d’eau froide et le laisse boire tranquillement ce qu’il peut puis récupère le contenant que je redépose à sa place initiale. Je l’observe là, gémissant, tordu dans une douleur que je comprends pas, dont je ne connais pas l’origine et je sens que cela me déplait, me fait mal aussi un peu. A-t-il seulement mal d’ailleurs, étant donné son insensibilité pathologique ? Fait-il l’expérience de ce qu’il n’a jamais ressenti ? Un tas de questions et aucunes réponses, je ne peux néanmoins pas le forcer à me parler, pas alors qu’il est en proie à ce… quelque chose dont je ne saisis pas le sens. Je l’observe dans l’obscurité caché, lui redonne la main qu’il a tendue et serrée quelques minutes plus tôt, achevant de me convaincre de rester. De l’autre, je glisse doucement le tissu imbibé sur son front, cherche à le défaire de ses tremblements, éteindre la température.

« Tu ne venais plus, je me suis inquiétée… Que t’arrive-t-il ? » Je m’efforce de lui adresser ce mince sourire pour parer les traits barrés par l’inquiétude. Je ne suis pas en colère, en tout cas plus maintenant.



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MessageSujet: Re: human being | maxime   Ven 29 Juin - 0:11



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Il y a ce contact qui vient se perdre le long de son front, la tendresse d'une caresse méconnue depuis trop longtemps. Tellement longtemps. Il a le néant qui s'épaissit et les abysses qui se creusent, il a cette sensation que tout son être s'endort, se noie dans des eaux bien troubles. Et lui, lui n'en ressent que ce manque infâme qui ne parvient qu'à creuser. Rien qu'à creuser. Il voudrait souffrir, comprendre, ressentir les maux comme pour les apprendre. Les envisager, parvenir à se les approprier. Mais rien. Rien ne vient rendre possible ce souhait, rien ne vient l'exaucer. Et comme il le dit, tout cela ne lui paraît que pathétique. Il s'y sent tellement. « Mais non, voyons… reste là, je vais aller te chercher un peu d’eau, ok ? Bouge pas. » Il n'en dit rien, acquiesçant simplement, fermant les yeux, quittant les choses qui – plus bas – n'en finissent plus de grouiller. Il lui faut se concentrer, se souvenir que tout n'est que pensée déformée quand elle en vient à le quitter, dans son obscurité le laisser. Un soupire et le cœur qui s'emballe pour cette raison qu'il ignorera jusqu'à la fin de sa vie. La douleur présente mais loin d'être ressentie, maltraitant son corps qui – quant à lui – malgré ses songes, réagit. Et il a la sensation qu'une éternité s'est écoulée, que tant de temps à passer quand elle revient à ses côtés, quand elle vient l'aider à tant bien que mal se redresser. Il a les muscles fatigués, crispés, d'une dureté qu'il n'avait pas imaginé. Non, tout est lourd, tout est épuisant. « Doucement, doucement,… » Et la voix qui rappelle, qui ramène à ses esprits un peu de réalité ; cette dose qui commençait à manquer, Matthew à cheval entre les deux mondes. Le sien, le leur, celui des autres. Trois mondes finalement. Trois mondes tellement semblables et finalement différents. « Tiens, bois un peu d’eau. » Le verre qu'elle mène à ses lèvres a l'effet d'un coup de vent approprié. Ça vient rendre les choses un peu plus claires, un peu plus nettes. Le tout lui revient, petit à petit, pour une durée qu'il espère pas aussi écourtée qu'elle ne l'avait été lors de ses premières heures d'essai. Une gorgée, puis deux, et les muscles qui se remettent à tirer. Il a l'impression qu'on lui arrache chaque partie de son être, chaque membre, chaque organe qui puisse lui faire ressentir un léger tord. Rien qu'une gêne, une simple gêne qui écrase la majeure partie de sa personne. Il aimerait comprendre. Seulement comprendre. Il n'est de désarroi qu'en ce qu'il ne comprend pas, ce qu'il ne perçoit pas. Ce qu'il ne ressent pas. Matthew ne ressent rien en ressentant tout. Paradoxe que seul sa matière grise défait par sa défaillance. Et la main féminine, l'humidité fraîche qui s'appose sur son front parviennent à le ramener, à peine conscience dans cette partie-là de toute réalité. « Tu ne venais plus, je me suis inquiétée… Que t’arrive-t-il ? »

C'est l'azur de ses prunelles qui vient trouver ce maigre sourire, ce rictus à peine visible de tailler le long de ses lèvres. Il aimerait lui épargner les questions qu'il sait en train de s'accumuler dans sa tête. Si elle savait, si elle savait qu'il n'est nulle inquiétude à avoir parce qu'il est le seul fautif. Le seul et unique. Rien n'est venu le blesser, rien n'est venu l'abattre dans un moment d'égarement comme ceux auquel il s'est habitué. Rien, rien si ce n'est des pensées qu'il pensait ne jamais pouvoir ressentir, des sentiments qu'il pensait ne jamais pouvoir abriter. Ils sont là, relevés, revenus à la surface de son océan déchaîné. Il l'a fait parce qu'il a jugé bon d'arrêter. « Le manque ; une pause, un tressaillement dans le fond de sa gorge tandis qu'il ose jeter un coup d’œil à celle qui s'est déplacée par inquiétude, par réelle volonté de le trouver. Lui mentir ne serait que lui manquer de respect. Le manque d'alcool et de cachets en tout genre. » Il avoue, se confesse. Il vient faire savoir les vices qui l'habitaient, toute cette déchéance qu'il savait si aisément cacher. Matthew n'a jamais été parfait. Jamais. « Je tenais à ne pas t'imposer ça. Une pause et sa main qui enserre un peu la sienne, réflexe qu'il ne contrôle pas, comme la plupart de ceux qu'il obtient à son égard lorsqu'il ose suivre ses pas, ce chemin menant – possiblement – à ses bras. J'ai voulu être celui que j'avais laissé en pensant que les choses seraient plus aisées. » Il parle bien pour un homme qui sombre mais il tient à son image, à ce qu'il pourrait inscrire dans sa tête, le long de sa rétine. Et pourtant, pourtant il sait que les mots déjà énoncés pourraient tellement en changer. « Navré de ne pas avoir été des plus honnêtes. »            

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MessageSujet: Re: human being | maxime   Lun 2 Juil - 17:29

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« Le manque. »

Je fronce les sourcils, pas bien sure de comprendre ce qu’il me dit entre deux soupirs, entre deux secousses d’un corps qui me paraît malmené. Peut-être est-il juste malade, en tout cas c’était ma principale théorie en le voyant dans ce lit. Toutes les autres théories construites par la colère et la frustration de ne plus avoir de nouvelles ont disparues. Maintenant, je suis simplement inquiète et confuse sur le pourquoi du comment. Je continue tranquillement de passer le tissu humide sur son visage fiévreux, ne cherche pas à le brusquer mais si je peux apporter de l’aide à l’homme qui s’attire mes attentions, je le fais. C’est pourquoi je ne le brusque pas dans ses réponses alors que ses premiers mots n’arrangent rien à ma perplexité. Le manque, mais de quoi ? Je ne suis pas sure de vouloir entendre ou comprendre ce qu’il se dit… y’a-t-il quelque chose d’essentiel que j’ai loupé de lire dans son comportement, quelque chose de caché ? Me suis-je voilée la face, vais-je être déçue une fois encore ? Je me sens contrariée sans pour autant faillir à lui présenter un sourire rassurant. Je lui laisse le bénéfice du doute, le temps de s’expliquer, de m’expliquer à moi. Je n’ai jamais su vraiment mettre de mots sur notre relation, un vrai terme, quelque chose que le reste du monde estime certainement dans la norme. Par nos natures même nous ne nous y intégrons pas. Et nous faisons en sorte de ne pas rentrer dans ces cases, c’est l’une des choses qui fait que l’on s’entend bien j’imagine.

« Le manque d'alcool et de cachets en tout genre. »

La surprise marque mes traits, je la sens déformer mon sourire, c’est une douche froide. Il me fait un aveu conséquent, et je dois dire que je ne sais pas quoi dire à cet instant précis alors que mes gestes se suspendent dans l’air, incapable de mettre le doigt sur le sentiment qui me bouscule le plus à cet instant précis ? Contrariété ou colère ? Tristesse, inquiétude, trahison ? Je ne sais pas. Je récupère le tissu humide pour recouvrir ses doigts qui enserrent ma main gauche, sans gant.

« Je tenais à ne pas t'imposer ça. » Évidemment, je suis en désaccord avec les mots qui suivent mais je retiens pour l’instant le fond de ma pensée. Tant que je n’aurais pas décidé d’un fil rouge, tant que je n’aurais pas démêler ce qui se déroule dans ma tête. « J'ai voulu être celui que j'avais laissé en pensant que les choses seraient plus aisées. » Je retiens un soupir. Me mentir pour garder les apparences telles qu’elles sont, moi qui déteste ce jeu de masque. Il le sait. Mes mâchoires se serrent dans l’ombre, sous le rideau de mes cheveux détachés, ondulés. Je continue de me taire pour l’instant. Il n’est certainement pas nécessaire de lui hurler dessus à cet instant précis. Je me sens déçue, malaisée, quelque part, aussi bien par lui que par moi-même de ne pas avoir vu les signes. Me suis-je aveuglée, trop égoïste, trop attentive à ses flatteries, son intelligence, cette facilité à se démarquer du reste du monde que je juge trop inintéressant ? Je n’ai aucune idée de la conduite à adopter. Néanmoins, quelque chose me retiens ici c’est indéniable, sinon j’aurais pris mes gants et ma canne et je serais déjà dans la voiture avec mon chauffeur.

« Navré de ne pas avoir été des plus honnêtes. » Je serre sa main dans la mienne, modèle un petit sourire sur mes lèvres, tâche de rester le plus calme possible pour l’instant.

« Tu aurais du m’en parler Matthew, plus tôt. Je ne suis ni agressive, ni méprisante. Je m’efforce d’avoir un ton neutre, quoi qu’un peu rassurant. Tu aurais du… ne pas me cacher cela. Je…ne sais honnêtement pas quoi penser. Mais pour l’instant, il faut te remettre, si nous voulons une réelle discussion. Je reviens. Je reprends le tissu, me redresse avec toute ma lenteur habituelle et fais un retour dans la salle de bain pour rafraichir le gant trempé. Je pousse un long soupir, laisse relâcher la tension dans mes épaules alors que je n’ai plus de mots pour décrire l’état émotionnel dans lequel je suis. À un autre moment de ma vie je serais peut-être déjà partie de là, mais au lieu de prendre mes jambes à mon cou, je reviens dans la chambre en faisant le moins de bruit possible et reviens me poser à ses côtés, sans faillir à ma tâche, reviens appliquer le tissu sur son front. J’imagine que là est ma preuve de mon envie de rester à ses côtés, malgré la nouvelle qu’il m’a livrée. Est-ce que tu as « mal » ? Qu’est-ce que tu ressens ? Et y’a-t-il quelques chose que je puisse faire pour apaiser tes maux ? N’importe quoi, dis moi, je ne sais quoi faire. »

 

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MessageSujet: Re: human being | maxime   Jeu 12 Juil - 22:24



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Il a le cœur qui bat vite, peut-être trop vite. Parce qu'il le sent frapper contre sa poitrine, parce qu'il sent cette force sortie de nul part se retourner contre lui. C'est l'absence de tout, le retour brusque à cette réalité qu'il n'appréhende pas totalement. Il est loin d'imaginer, loin de percevoir cette moue un peu triste qui s'est installé sur les traits de la Belle. Non, il n'y a que cette gêne, que cette sensation que rien ne pourrait l'aider à se lever. « Tu aurais du m’en parler Matthew, plus tôt. Une pause, et ce sourire ironique qui prend place le long de ses propres lèvres tandis que sa main cherche à garder la sienne ; comme par peur qu'elle ne lui échappe désormais. Il a ses réactions psychologiques mais son corps vient aisément le trahir, cette accroche qu'il essaie de faire perdurer témoignant de cette envie qu'il peut avoir qu'elle veuille rester. Rester malgré cette vérité, là, à ses côtés. Tu aurais du… ne pas me cacher cela. Je… ne sais honnêtement pas quoi penser. Mais pour l’instant, il faut te remettre, si nous voulons une réelle discussion. Je reviens. Et s'il s'était attendu à tout, ce n'était pas à ce coup qu'il croit prendre en plein thorax. C'est nouveau, trop surprenant pour qu'il ne puisse l'apprécier. C'est désagréable pour ne pas dire douloureux, puisque ce terme ne convient pas forcément au mieux. Et avant qu'il ne puisse lui faire entendre qu'elle doit rester, ne pas le quitter, la Belle se lève dans la foulée. Brisé le maigre lien qui tenait encore, matérialisé en l'enlacement de leurs doigts. Un soupire de sa part, une volonté de faire cesser les tremblements qui ne semblent pas se lasser. Il a le cœur lourd, pour la première fois depuis sa triste vie. Parce qu'il sait cette nouvelle un peu délicate, parce qu'il sait que le moment n'est pas des plus adéquates. Il a été stupide de ne rien dire, d'attendre que ne s'installe avec aisance le pire. Pensée qui traverse son esprit avant qu'elle ne lui revienne, quelques secondes, quelques minutes ensuite. La notion du temps fatigué, l'impression que le monde s'est complètement arrêté. Une douce fraîcheur vient retrouver son front, les traits abîmés de son faciès tailladé par la gêne qu'il s'est infligée. Est-ce que tu as « mal » ? Qu’est-ce que tu ressens ? Et y’a-t-il quelque chose que je puisse faire pour apaiser tes maux ? N’importe quoi, dis moi, je ne sais quoi faire. » Il réprime un maigre sourire à sa première question mais l'inquiétude qu'elle trahie vient lui retourner un peu plus le' ventre. Il aurait aimé lui épargner cet état, toute cette bataille intérieure pleine d'hostilités. Parce qu'il sait que le plus dur est encore à passer, il sait qu'il est encore bien des heures à surpasser. Il a la gorge serrée, les yeux qui se ferment par prévention des nausées. Et les mots qui peinent à remonter, à trouver un sens qui soit adapté. Il est dans le pire des apparats, en train d'admettre qu'il ne manquait à sa force que la chaleur même de ses bras, lui qui s'était persuadé pouvoir s'élever sans cela.

« Non, rien. Une pause, la voix qui semble se tordre entre ses lèvres. Il a ce sursaut, cette cambrure qui s'impose à lui parce qu'il en ressent comment ses muscles se crispent sans pouvoir y mettre le moindre ressenti psychologique. C'est frustrant, tellement dérangeant. Et dans l'impression que les choses ne pourront pas s'arranger, il prend conscience des mots qu'il vient injustement de balancer, cette réponse des plus froides qui puissent exister. Rien si ce n'est être là. » Vérité qu'il ne dissimule pas, à quoi bon désormais. Il sait que bien des choses sont à mettre à plat, qu'ils n'y échapperont pas. Ils ont parcouru bien trop de chemins pour ne pas se risquer sur cette voie. « Je ne sais pas ce que je ressens. » Ce sont les mots qu'il se risque à prononcer après s'être plus ou moins redressé, après avoir fait le pas que de se concentrer sur sa présence et cette volonté qu'elle tient encore de rester. Matthew fait de son mieux pour tenir cette allure qui lui manque, cette posture qu'il aimait à faire valoir à ses côtés, là dans l'espoir de pouvoir – qui sait – davantage la charmer. Car c'est ce qu'il a fait, aussi simple que ça puisse lui paraître, aussi bas que ça lui soit paru durant des années sans s'imaginer que de telles idées puissent envahir sa tête. « Je ne sais pas trop comment je suis censé me sentir. Je ne sais pas, Maxime. » Et c'est bien une première, une première que vient trahir son regard légèrement brillant. Il a cette lueur de peur qui s'installe le long de ses traits, qui vient s'ancrer sur son misérable portrait. Et derrière cette crainte qui se laisse de plus en plus paraître, il en revient à sa main qui tient encore le gant contre son front. Il appose la sienne, caresser du bout des doigts la peau de la jeune brune jusqu'à en fermer les paupières, se concentrer sur sa présence plus que sur la manière dont ses muscles sont sollicités sans qu'il ne puisse rien y faire.             

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MessageSujet: Re: human being | maxime   Mer 8 Aoû - 21:46

HUMAN BEING

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Il ne m’est honnêtement pas aisé de rester là sans bouger. Je ne suis pas quelqu’un de statique et l’annonce que Matthew vient de me faire me donne l’envie de faire les cent pas, et de réfléchir plus longuement. C’est ce que je me dis alors que je replie le tissu humide entre mes mains découvertes, le dépose sur la peau chaude. J’essaie comme je peux de ne pas me laisser ronger par cette sorte… d’excitation toute malsaine en soi, qui ne me laisse pas de repos, la tourmente d’une multitude de questions, d’images qui se repassent au creux de mon esprit. J’ai surement plein de choses à lui dire mais n’ai pas le temps pour l’instant même de penser à une formulation, de découvrir simplement quels sont mes sentiments par rapport à cette annonce. Je me contente de l’observer, d’attendre ses réponses, de me laisser porter par cette inquiétude que je ne pensais pas retrouver de sitôt après ma séparation avec Bobby. Nous ne sommes pas encore divorcés, mais nous ne vivons plus ensemble depuis un certain temps et le mal qu’il m’a fait m’a marquée si bien que je m’étais empêchée de me rendre sur les terrains vers lesquels Matthew m’emmène sans trop de heurts. J’attendais de ma part plus de résistance, plus de froideur, de la distance. Mais finalement, me voilà pour une fois à mettre de côté cette espèce de bataille intestine pour me concentrer sur son rétablissement. Il est rare que je laisse passer la compréhension et la raison au profit du moment, du sentiment. Avancer sur un terrain que je ne comprends pas n’est pas mon habitude, mais je fais une exception pour lui.

« Non, rien. Il sursaute et je reste interdite face à la froideur nouvelle qui s’échappe de ses lèvres. Je n’émets pas un son malgré la vexation qui fait tumulte sous ma peau, retient l’arc sourcilière de se contracter. Et puis : Rien si ce n'est être là. » Et mon visage s’apaise, évidemment. Je laisse échapper un soupir, reprend mon geste jusque-là figé en glissant le tissu sur le contour de son visage. L’agacement s’efface presque instantanément, je passe d’une émotion à l’autre, suis engagée dans une montagne russe et je ne sais pas si cela me plait ou me déplait.

« Je ne sais pas ce que je ressens. » Et nous sommes deux. Mais je ne compte pas, pas alors qu’il se redresse à moitié, ou en tout cas s’efforce, tâche de relever le visage, cette allure qui, je le sais, aime avoir en ma présence. C’est que j’apprécie son honnêteté. Ou tout du moins, je pensais qu’il l’était et je me rends compte que peut-être je ne le connaissais pas tout à fait. Mais c’est trop tard, je suis là et suis même restée. Alors je vais continuer ce que je fais, à savoir cette fois poser une main sur son épaule pour l’obliger sans forcer à garder une posture qui n’en est pas moins digne à mes yeux et certainement plus confortable.

« Je ne sais pas trop comment je suis censé me sentir. Je ne sais pas, Maxime. »

Je le vois bien, sur ses traits, le passage de la… « douleur » ? Si l’on peut dire. Un quelque chose, son visage n’exprime plus la confiance qu’il arbore habituellement. Peut-être a-t-il peur, j’imagine que les sensations qui lui traversent le corps lui sont inconnues. Je me demande ce qu’il faisait, pourquoi il le faisait et pourquoi aujourd’hui il a décidé de mettre un terme à ses addictions. J’ai bien trop de questions. Mais mon regard se relève et je reviens sur l’instant présent alors que sa main se pose sur la mienne et ses doigts glissent sur ma peau brûlée, parcheminée,… laide. Cette rare démonstration de tendresse achève et les traits de son visage marqués achèvent de défaire toute résistance de mon esprit en recherche de réponses, encore sous le choc. Il ferme les yeux, cherche très certainement à s’apaiser.

« Ce n’est pas grave. Ça va aller, d’accord ? Ça va aller. » Je lui adresse un sourire qu’il ne voit peut-être pas, récupère ma main un instant et me défait de mon gilet sans le bousculer. Dans un geste tranquille, je récupère mon sac à main, puis m’avance avec la plus grande douceur pour venir poser mon dos contre la tête de lit, m’installe à ses côtés. Je fais presque comme chez moi, prend un oreiller que je cale entre le bois et mes côtes fragilisées en grimaçant. Je repousse mes cheveux d’un geste, pousse un soupir alors qu’enfin mes efforts sont terminés et lui accorde enfin un regard. Je récupère le tissu que je lui ai laissé, dépose ma main fraîche sur sa joue brûlante et puis m’attaque à lui enlever la couche superficielle qu’il portait, peignoir foncé de trop. Une fois cela fait, je dégage le tissu plus loin et le pousse à venir contre moi sans lui demander vraiment son avis et poser son visage sur mes jambes étendues. Je viens déposer le gant sur son front, laisse un silence léger s’installer me laissant parfaitement entendre les battements rapides de mon cœur. Je laisse vagabonder mes doigts sur la peau de son visage, visiter les boucles de ses cheveux, lui offrir un geste de secours, une sensation plus agréable à laquelle s’accrocher.

De l’autre main, je récupère mon téléphone et presse la touche d’appel rapide. « Charles, vous pouvez rentrer, prenez même votre journée si vous le souhaitez, je reste chez Mr Goodwin. Tout va bien, je vous assure. Pouvez-vous simplement avertir Addison et Violet de ma décision ? … Je vous remercie, Charles. Passez une bonne journée. » Je dépose le téléphone dans mon sac et me laisse replonger dans le silence, dépose l’arrière de mon crâne contre le bois. Ma main droite déjà occupée, je laisse la gauche désormais libre de l’appareil retomber sur son épaule et puis finir par saisir la sienne, que je serre doucement.

« Je vais rester le temps qu’il te faut. Et essayer de te changer les idées. Hm… Je lui jette un regard qu’il ne voit peut-être pas, récupère un morceau de couverture et le recouvre. Ah, je sais. Je reviens rejoindre sa main tremblante et puis me lance. Mon deuxième prénom est le nom scientifique d’une plante parce que ma mère adore les fleurs. Althea, qui est l’Hibiscus. Plante que je n’aime pas. La pivoine en revanche est ma fleure préférée. Je laisse échapper un petit rire. Ma pièce préférée est de Shakespeare, Macbeth, et mon film… je l’avoue, Titanic. Ce n’est pas franchement intellectuel mais c’est un film que j’ai beaucoup regardé avec ma sœur et je chéris plus les souvenirs qui y sont liés que l’œuvre elle-même. Tu vas trouver ça un peu nul. Mes doigts continuent leur course sans faiblir, m’attache à le distraire avec de futiles informations sur le seul sujet que je connais par cœur, moi et… la musique, j’ai commencé très tôt dans mon enfance. C’était la seule chose qui me permettait de m’exprimer et heureusement c’est un art assez luxueux pour qu’il soit loué par mes parents en recherche d’excellence. J’ai appris a parler plusieurs langues d’ailleurs, à cause de ça. Quatre. Je parle notre langue natale, l’italien, le russe et un japonais qui n’est plus si bon qu’à l’époque… Quand tu en as marre, tu as le droit de me dire de me taire. » Le sourire un peu malin qui glisse sur mes lèvres s’entend sur mes derniers mots alors que je laisse retomber mon regard sur ses boucles sombres.


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MessageSujet: Re: human being | maxime   Lun 13 Aoû - 23:10



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« Ce n’est pas grave. Ça va aller, d’accord ? Ça va aller. » Il aimerait y croire, perdre cette sensation de déchirement qu'il n'arrive pas à s'approprier. Dieu qu'il aimerait qu'une possible douleur lui soit à portée, qu'il puisse se retrouver dans cet état pour une raison justifiée. Parce qu'elle ne l'est pas, dans sa tête. Elle ne l'est pas en cet instant à la manière dont rien ne semble avoir de sens. Tout est difforme, prenant, gênant. Gênant, c'est le mot plus que douloureux. Et ça le devient un peu plus encore quand elle se risque à bouger, lentement se mouvoir à ses côtés. Il peine à rajuster sa vision, à perdre ses prunelles sur les gestes qu'elle entreprend jusqu'à comprendre ; comprendre sa démarche, la pose qu'elle commence à prendre. Elle reste, s'ancre contre lui malgré son état, cet aspect lamentable qu'il vient lui servir avec sa stupidité de penser que rien ne pourrait jamais le faire tomber. Foutaises. Aussi, il se laisse faire quand les mains féminines entreprennent de le défaire de son peignoir, de cette couche chaude qu'il ne ressentait presque plus contre sa peau. L'air plus ou moins frais qu'il en ressent parvient à – partiellement – apaiser les esprits du bouclé qui s'étaient animés. Ça vient tout calmer, tout rendre à peu près supportable ; même lorsqu'elle se risque à vouloir le faire bouger, contre ses jambes ramener ses traits torturés. Matthew obéit seulement, sagement, laissant la dame le guider parce qu'il n'est finalement pas en état de se guider seul. C'est un soupire moins déchiré qui s'extirpe de ses lèvres quand elle revient apposer le gant contre son front, quand elle se risque à quelques caresses le long de son faciès exténué. Une légère tendresse qui s'arrête quelques secondes, rapportant l'attention de Matthew sur ce qu'elle parvenait à lui faire plus ou moins oublier avant que sa voix ne revienne défaire le silence, complètement le briser. Elle reste, éloigne son chauffeur. Elle reste parce qu'elle veut rester ; ou peut-être lui fait-il pitié. Serait-ce finalement la naissance d'un possible doute dans l'esprit de celui qui – soit disant – n'en posséderait jamais ? Un sourire ironique se forme à moitié le long de ses lèvres en y songeant. Si elle savait tout ce qu'elle change en lui, tout ce foutoir qu'elle parvient à engendrer dans cette existence jusqu'alors quasi bien rangée. « Je vais rester le temps qu’il te faut. Et essayer de te changer les idées. Hm… Sa main récupérée lui échappe d'ors et déjà, s'animant jusqu'à comprendre pourquoi. La couette remontée, Maxime reprend sa place initiale, celle qu'elle a choisi d'adopter en venant contre lui se poser. Ah, je sais. Mon deuxième prénom est le nom scientifique d’une plante parce que ma mère adore les fleurs. Althea, qui est l’Hibiscus. Plante que je n’aime pas. La pivoine en revanche est ma fleure préférée. » Il se concentre sur les intonations de sa voix, il se concentre sur ce qu'elle vient lui offrir comme information, une perche pour ces prochains jours, ces prochaines semaines à devoir lui demander pardon. Et rien que de s'en souvenir, rien que de devoir imaginer ô combien elle pourra lui en vouloir, Matthew parvient à tout écouter. Tout, sans exception, de son film préféré à la naissance de sa passion pour la musique qu'ils partagent. « ...Quand tu en as marre, tu as le droit de me dire de me taire. »

A ces derniers mots, il imagine le sourire qu'il croit entendre. C'est inexplicable. Derrière ses paupières closes, il croit pouvoir la voir, l'imaginer toute entière au vu des nombreuses fois où il s'était arrêté pour la contempler. Est-ce cela dont Jade et Judith parlaient ? Cette impression particulière de se perdre sur une personne toute autre que sa propre effigie. Il ne fait plus attention aux tremblements, n'a pas forcément toute sa tête. Les nausées ont repris bien que moins denses, moins violentes. En vérité, malgré leur sensation, déjà bien moins présentes. « Dois-je te supplier de ne pas le faire ? Une pause, il ose, s'essaie à tourner ses traits, à venir perdre un regard un peu plus vif vers elle, sur cette présence qui rassure, qui aide, qui relève au moins l'esprit pour lui permettre de ne pas sombrer. L'admettre, d'ailleurs, l'amène à douter de tout ce qui l'avait jusqu'alors toujours maintenu. Ce serait-il trompé sur d'autres choses que la possible présence d'une âme qui puisse enfin l'entendre ? Possible. J'aime à t'entendre. J'aime à en savoir davantage. Je veux en savoir davantage. » Et il se fait sincère derrière la grimace qui s'impose, quelques tiraillements en lui venant de nouveau se manifester, là, au milieu de tous ces insectes qu'il voit grouiller ; fruits d'un délire à surmonter, du manque qui l'amène à délirer. De tout ce qui fait qu'il en revient à elle, nouveau pilier à cette démence qu'il tient à briser ; pour elle, en soit. Pour elle, il en vient à l'admettre, dans les profondeurs de son être, ici-bas. « Tu es magnifique. » Des mots qui lui échappent tandis que l'azur de ses yeux se perd sur elle, sur cette silhouette qu'il distingue déjà bien mieux qu'à son arrivée. Il croit pourtant rêver, la fatigue reprenant ses droits sur sa perception de la réalité. Il est à cheval entre un monde et l'autre, luttant pour rester dans celui où elle se tient. Parce qu'elle est un tout, ici, son unique et dernier lien.              

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MessageSujet: Re: human being | maxime   Mer 15 Aoû - 16:56

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Je parle de trucs futiles dont il n’a surement rien à faire, j’ai presque honte du ridicule de ma situation, à parler de moi comme si j’étais encore adolescente, facilement amadouée par la douleur d’un homme que je porte à mon cœur plus fort que ce que je croyais. Je suis prise entre deux feux, honte d’être à découvert de cette manière, au sens propre comme au figuré et pourtant heureuse de pouvoir le faire sans qu’il ne me rejette. Ou bien est-ce le mal qui le ronge qui ronge ses capacités de résistance et peut-être que, dans quelques heures/jours/semaines, lorsque son mal sera passé, il se rendra compte de son erreur. Peut-être que la prise de médicament et d’alcool lui ont obscurcit l’esprit et qu’il ne verra plus en moi qu’une erreur de parcours, la femme qu’il est aisé de s’imaginer : l’héritière à la fois excentrique et dédaigneuse, l’handicapée menteuse, la mijaurée amère. Je ne me l’avouerais qu’à moi mais cela me serre le cœur. Une très large partie de moi doute, espère ne pas m’être trompée en restant là. En lui dévoilant à la fois ce qu’il y a derrière mes manières mondaines et sous mes gants. Je doute qu’il saisisse la difficulté que j’ai à présenter les morceaux de peaux rapiécés que je cache sous des voiles, des foulards, des gants ; d’hiver en été.

Tout cela me dégoûte. J’essaie de ne pas songer à mon aspect dans cette situation critique, par égoïsme je pourrais certainement remettre les multiples couches de tissu. Mais les sensations que je peux percevoir sous mes doigts me sont trop rares. Dans les deux cas, je serais égoïste. Alors je préfère la situation qui nous sied à tous les deux. Exposés mais dans la pénombre. Je crois que je peux comprendre une très légère partie de son trouble alors que je ne ressens plus ni la chaleur ni le froid dans la paume de ma main, plus brûlée que la partie extérieure. Les nerfs attaqués dans les bras, je comprends la sensation de désagréable sans percevoir ce qui l’est. C’est difficile à décrire. Mais je me ravise rapidement sur cette pensée, cette absence de sensation ne correspond qu’à mes bras, je ne pourrais imaginer sur toute la surface du corps.

« Dois-je te supplier de ne pas le faire ? Il essaie de bouger et je m’interromps dans mon geste, lui adresse un sourire avant de resserrer sa main lisse dans la mienne, parcheminée. J'aime à t'entendre. J'aime à en savoir davantage. Je veux en savoir davantage.
— Ne bouge pas voyons, ne force pas le mal. » Il grimace, souffre sans souffrir, impression incompréhensible. Je m’attache à glisser un pouce en rythme sur le dessus de sa main. Il ne m’écoute pas et achève de bouger, je garde mon regard dans le sien, penche la tête sur le côté pour mieux l’observer. Les traits tirés et la fatigue de son visage me déplaisent. Cette allure qu’il arborait sans cesse semble avoir disparu. Il semble exténué et il devrait dormir.

« Tu es magnifique. » C’est un coup au cœur et aux tripes, je l’admets. Je lui souris au creux de la pénombre, sent mes joues rosir ce qui n’est heureusement pas visible à la faible lumière de cette chambre à l’air saturé.
« C’est là que tu délires, Matthew. La fièvre attaque ta raison. » Le sourire reste là, posé sur mes lèvres en revanche je récupère ma main pour la déposer sur sa joue, maintenant que son visage est tourné vers moi. Ma caresse se fait tendre, presque intime, ce dont je n’ai pas l’habitude avec lui. Nos rapports sont distants et je trouve une bouffée d’oxygène au milieu d’une situation anxiogène. Nous ne faisons visiblement rien de normal, se confrontant à des chemins difficiles, rajoutant des pierres sur nos routes. Cela me fait sourire quand même et j’ai envie de lui faire part de mon idée. « Nous ne faisons rien comme tout le monde, n’est-ce pas ? A nouveau, un sourire. J’espère que quand ça ira mieux, tu ne changeras pas d’avis sur ma petite personne. Je crois que j’en serais plus triste que je ne le croyais. » Comme un léger aveu à demi-mot, je m’efforce de lui sourire. « Mais enfin, dors Matthew, arrête de lutter. Je continuerais à te raconter n’importe quoi et je serais là à ton réveil. »

 

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MessageSujet: Re: human being | maxime   Dim 2 Sep - 18:30



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Il voit ce presque sourire se dessiner le long de ses lèvres, il voit l'impact qu'ont ses derniers mots sur ces traits qu'il aime à contempler malgré tout ce qu'elle pourrait avoir à en dire. C'est un fait, il sait à apprécier les belles choses ; celles qui le sont à ses yeux, celles qui lui paraissent si fascinantes qu'elles en sont des plus attrayantes. C'est ce qu'est Maxime pour lui ; une femme si tentante qu'elle en devient obsédante. Il se souvient ses nombreuses écoutes, ces heures à écouter et écouter, encore et encore, jusqu'à apprendre, l'écouter confier les tréfonds de son cœur. La musique, en son âme, n'est nul autre que cela : un moyen de communiquer que beaucoup ont oublié. Il l'a écouté, s'en est éprit dans un élan de stupidité. Chaque chose est en train de changer. « C’est là que tu délires, Matthew. La fièvre attaque ta raison. » Il ose un maigre sourire, quelque-chose qui se perd dans les ombres de la pièce qu'ils animent maladroitement à eux deux. Il se retient de continuer, de faire entendre que malgré son état, sa raison n'est pas impactée. Mais ce serait mentir, en partie. Elle l'est, bien que de très loin de ce côté, il sait ce qu'il dit, ce qu'il ressent quant à cette idée. A ses yeux, elle l'est ; magnifique et l'a toujours été, quoi qu'il ait pu arriver. Maintenant, il se donne le droit de l'affirmer, maintenant qu'il se sent changer, maintenant qu'il croit ressentir tout ce qui s'était éteint par le passé. L'incompréhension flirtant avec la solitude installée. Tout commence à s'estomper, tout, depuis qu'elle s'est imposée à lui, dans ses deux réalités. Aussi, il se contente de cette légère caresse, de cette approche qu'elle vient délaisser contre sa joue de moins en moins colorée. « Nous ne faisons rien comme tout le monde, n’est-ce pas ? Un rire sincère bien que bref s'extirpe d'entre ses lèvres. Il ose baisser le regard, il ose détourner son faciès. S'attendait-elle réellement à de la banalité, là, en se risquant jusqu'à lui et ses différences évidentes. La question s'ose en lui, ancrée dans un recoin de son âme tandis qu'elle y revient, gratifiant la chambre de sa voix dont il se berce avec un bien grand plaisir, soupçon d'apaisement pour les esprits qui se rongent entre eux. J’espère que quand ça ira mieux, tu ne changeras pas d’avis sur ma petite personne. Je crois que j’en serais plus triste que je ne le croyais. » Une révélation à laquelle il ne fait malheureusement pas attention, se contentant d'oser un sourire frêle le long de ses lèvres, Matthew s'étant égaré sur la première partie de sa phrase. Comment pourrait-il changer d'avis en sachant qu'elle est en tout point la seule qui puisse entendre, écouter, apaiser les maux, les émotions, ces sentiments trop récents pour qu'il n'y soit pleinement habitué. « Mais enfin, dors Matthew, arrête de lutter. Je continuerais à te raconter n’importe quoi et je serais là à ton réveil. » Des mots qu'il entend, qu'il écoute mais sur lesquels il ne s'arrête pas.

Parce qu'il s'en redresse un peu mieux encore, Matthew, osant venir rejoindre plus ou moins sa hauteur. C'est prendre son courage à deux mains, s'efforcer de braver ce qu'il vient s'imposer, prouver qu'il peut y arriver, se remettre de ces vices qui l'ont tant rongé par le passé jusqu'à cette soirée des plus pénibles pour l'homme fatigué. Il soupire, fermant les yeux un instant. Il prend sur lui, inspire profondément. « Ce n'est pas de dormir dont j'avais besoin, finalement. » Il tente à retrouver sa prestance, il tente à faire bonne figure. Il aimerait qu'elle ne voit pas, qu'elle ne sache pas. Il aurait fallu qu'elle n'est pas conscience de cette détresse qu'il émane, de cette perdition avec laquelle il flirte depuis si longtemps à l'instar de sa présence. Et maintenant qu'elle est là, il prend conscience de ce qu'il serait prêt à faire pour lui épargner son image actuelle. Il prend conscience de tout ce qu'il pourrait faire, ces choses auxquelles il n'aurait jamais songé avant qu'elle ne vienne rendre son histoire un peu plus colorée. « Mais de toi. » Il ose, fait entendre sa réflexion aussi distinctement qu'elle ne se dessine dans sa tête. C'est un fait, une réalité qu'il choisie de généraliser. Si elle avait été là avant, si ça avait été le cas, peut-être que son état ne serait pas celui-là. Parce qu'elle aurait entendu toute cette solitude dont il se plaignait dans ses compositions. Elle aurait su, elle aurait entendu. Oui, Maxime aurait entendu ; parce qu'ils se sont compris ainsi. Tout n'a commencé que par ces récits qu'ils n'ont jamais dit. Seulement joués, ils n'ont fait que jouer, puis écouter. « Combien de temps m'en voudras-tu de ne pas avoir été honnête avec toi, Maxime ? »               

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MessageSujet: Re: human being | maxime   Jeu 6 Sep - 14:00

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« Ce n'est pas de dormir dont j'avais besoin, finalement. »

Il se redresse et même si j’essaie de l’en dissuader, il n’a pas l’air de vouloir m’écouter. Il s’efforce de retrouver une sorte… d’attitude ? En tout cas de prendre sur lui, de se relever alors qu’il devrait se coucher et dormir. Mes mains n’ont plus d’accroche sur son visage, dans ses cheveux. Sa main m’a lâchée. Je reste prudente, les bras tendus, au cas où son corps basculerait pour lui. Il soupir, je sais qu’il est fatigué et d’ailleurs il prend son temps pour se retrouver, peut-être. Je fronce les sourcils, attend la suite alors que je l’observe. C’est un homme cassé que j’ai sous les yeux, fatigué, abattu. Ça m’attriste, mon cœur se serre à nouveau ; l’espace d’un instant j’avais oublié pourquoi j’étais là et pourquoi il est dans cet état. J’ai toujours tout un tas de questions même si c’est passé au second plan, le premier étant évidemment qu’il se sente bien, ou en tout cas qu’il se rétablisse.

Jusqu’aujourd’hui je n’avais aucun doute sur notre relation, en tout cas rien de réellement perceptible dans le sens où je me laissais aller au jour le jour, ne réfléchissant pas davantage. Aimant simplement les moments que nous avions. Aujourd’hui, il se passe quelque chose de différent et je ne peux pas prétendre être insensible à tout cela. Je suis un peu en colère d’avoir été trompée, d’avoir été si facilement attrapée. Finalement on ne connaît jamais vraiment personne.

« Mais de toi. »

Néanmoins, je ne peux nier que cela m’attendrit. Je suis peut-être un peu faible, n’ait pas l’envie de me battre ; et voilà que mes joues s’embrasent un peu. J’ai l’impression d‘être adolescente et Addison se moquerait surement de moi à cet instant. C’est osé et c’est fort d’affirmer qu’il avait simplement besoin de moi. Une partie de moi, niaise, veut y croire et je fais attention à ne pas trop la laisser me guider. Je ne laisse pas passer ses mots pour autant, ils sont importants. Nous parlons le même langage, informulé, rendant ainsi les déclarations plus précieuses.

« Combien de temps m'en voudras-tu de ne pas avoir été honnête avec toi, Maxime ? Le cœur se serre, encore un peu. Mes mains retombent sur la couette, je me redresse avec lenteur.
— Matthew… Il me faut réfléchir à ma réponse, reste quelques longues secondes silencieuses, cherche les bons mots. Si je me laisse aller à la faiblesse de cet instant, je n’ai qu’à lui dire qu’il est pardonné. Parce qu’après tout, il ne me doit rien. Je ne sais pas. Je ne saurais dire. Je suis perdue. Je ne sais que penser, la raison n’a plus rien à voir ici. Je pousse un léger soupir, repousse une mèche de cheveux derrière mon oreille et relève la tête. C’est juste… Je ne veux pas qu’on me mente. Je ne veux pas découvrir, sur le fait, quelque chose d’aussi important. Je ne veux plus être trompée, Matthew, ça m’a brisé le cœur une fois et je ne voudrais pas que cela recommence maintenant. Pas avec toi. Alors… Je prends une inspiration, regarde au-dessus de lui un moment avant de tenter le tout pour le tout. Dis-moi tout. Dis-moi tout et je te pardonne sans l’ombre d’une hésitation. »

 

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MessageSujet: Re: human being | maxime   Dim 9 Sep - 16:08



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« Matthew… » Ça devient de suite une autre mélodie à ses oreilles ces syllabes-là à partir du moment où elle les prononce. Il croit délirer, tout lui semble simplement trop léger. C'est si aisé de songer, de ressentir ; si aisé de se dire qu'il pourrait y céder. Et il aimerait, pouvoir pleinement s'en bercer. Dieu que Matthew pourrait, en cet instant précis, largement craquer. Et pourtant, il s'abstient du moindre mot, de la moindre remarque, il s'abstient d'énoncer le fond de ses pensées, là, rien qu'à l'évocation de son prénom murmuré. « C’est juste… Je ne veux pas qu’on me mente. Je ne veux pas découvrir, sur le fait, quelque chose d’aussi important. Je ne veux plus être trompée, Matthew, ça m’a brisé le cœur une fois et je ne voudrais pas que cela recommence maintenant. Pas avec toi. Alors… » Il a le cœur qui semble s'emballer, quelque-chose de nouveau pour celui qui a déjà peiné à se redresser. C'est prenant et gênant, c'est prenant et inconscient. Ça frappe contre sa cage thoracique, ça vient raviver cette impression que tout pourrait avoir un sens si elle entendait, si elle pouvait entendre la moindre de ses pensées, tous ces mots non prononcés, toutes ces sensations arrachées. Il aimerait qu'elle puisse voir. Il faudrait qu'elle voit. Elle, juste Elle par sa présence dans son enfer personnel. Et il ose perdre son regard vers elle, rien qu'une seconde, une brève seconde avant qu'elle n'en détourne le sien. Un soupire, bref mais bien présent, l'azur brisé de ses yeux qui s'abaissent en même temps. Il aurait dû jouer l'honnêteté, ça dès le départ au lieu de bêtement s'en passer. Ridicule et loin des conventions, loin de tout ce qui faisait jusqu'alors sa raison. « Dis-moi tout. Dis-moi tout et je te pardonne sans l’ombre d’une hésitation. » Condition posée, la Belle en vient à se confier. Elle fait savoir ce qu'elle en vient à penser, ce qui pourrait finalement tout réparer, cette brèche creusée par son incapacité à savoir correctement penser. Il s'essaie à imaginer ce qu'il pourrait dire, faire valoir. Il essaie de s'y faire, là, plongé dans le noir. Mais rien, rien ne lui vient encore ; pas même malgré sa volonté à y songer bien fort. Alors il s'en redresse, le bouclé, venant s'asseoir du mieux qu'il peut au beau milieu du lit, délaissant le confort des jambes de la Belle présente ici. Parce qu'il a à faire, à réfléchir. Songer à quoi dire pour s'éviter le pire. Il craint, pour la première fois depuis longtemps, qu'elle ne lui échappe finalement. C'est compliqué à expliquer, compliqué pour lui de se dire qu'il aimerait qu'elle demeure, elle, la seule femme parvenant à se frayer un chemin jusqu'à son cœur, jusqu'à la liste de ses frayeurs. C'est un maigre rire qui en vient à franchir la barrière de ses lèvres, quelque-chose d'à la fois ironique et triste. Il a les mains qui se perdent sur ses traits, les yeux qui s'en ferment comme s'il en venait à prier. Et les tremblements qui reprennent, cette sensation désagréable à défaut d'être douloureuse qui le gangrène.

« Est-ce qu'il y a vraiment énormément à dire ? » La question se pose plus pour lui-même que la jeune femme dont la présence commençait à l'apaiser ; avant qu'elle ne vienne tout réanimer, cette crainte de la voir se retirer. Dieu que ça brûle, envoûtement néfaste pour l'esprit qui s'était habitué au néant. Maxime en est tout le contraire, une trop vive et magnifique lumière. Et ça le travaille, plus qu'il ne l'aurait pensé, la simple idée qu'elle puisse s'en aller commence à simplement le ronger. « Je... ; une légère pause, les prunelles qui se portent sur le plafond un peu jauni par la cigarette, sur ces ombres qu'il contemple depuis déjà le début de ses congés. Je n'ai pas pour habitude de parler. En effet. Pas de cette manière-là, en tout cas. » Il commence à se confier, sent sa langue se délier. Matthew en demeure tout de même hésitant, à moitié plongé dans ses songes et dans cette dure réalité. Il lui faut tout admettre, chaque secret, jusqu'au dernier. « Ça fait des années, tout ça. Des années que j'en suis là, à essayer. Essayer de me défaire de... de... ; et là, il lui faut admettre que quelque-chose est en train de se passer. Quelque-chose en lui est en phase de changer. De tout ça, je crois. J'ai la sensation, souvent, que rien n'est réel. Tout ça là, toi, cette ambiance, cette situation, ça n'existe pas. C'est dans ma tête. J'ai peur que ça le soit. Et je sais pas... je sais pas si je préférai parce que personne, jusqu'alors, n'a jamais vraiment comprit. Personne peut comprendre. Je pense que personne ne peut comprendre, que personne ne peut entendre. Je ne sais plus vraiment ce que je dois faire, je l'admets. Je ne sais plus... » Il ne s'en retient pas vraiment, des années passées à s'exécuter sans jamais posséder l'occasion de parler. Parler, se confier. Perdre cette solitude qu'il s'était attribué. Mais ses doutes ne sont pas ce qu'elle a demandé. Aussi, il soupire, bravant la honte, l'appréhension. Il soupire avec l'espoir que son honnêteté n'ira pas la faire fuir. « J'ai falsifié mes dossiers médicaux pour cette place de lieutenant, j'ai faussé quelques rapports pour obtenir bien des faveurs qui me sont finalement tombées dessus. Je ne fais plus partie du bon côté de la barrière, Maxime, depuis trop longtemps malgré tous mes efforts, malgré tout mon travail. Et je suis désolé d'avoir prétendu que tout pourrait être aussi simple qu'on l'imagine. Je n'aspirais pas à de fausses idées, ni même à quoi que ce soit... avant cette véritable peur de te voir désormais franchir cette porte ; une maigre rire, quelque-chose de triste et ironique à la fois, quelque-chose de honteux et de moqueur envers sa propre personne, son propre cœur. Regarde-moi, effrayé... » La honte au creux de la gorge et l'impression que tout son palace s'est effondré.                

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MessageSujet: Re: human being | maxime   Ven 21 Sep - 20:01

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J’attends, simplement, lui laisse le choix. Peut-être qu’il ne voudra pas se confier, peut-être qu’il décidera de m’éloigner. C’est un moment que je lui laisse, que je lui accorde, une décision qu’il doit prendre par lui-même. J’estime être en droit d’avoir des réponses, je veux pouvoir être à pour lui mais il doit me laisser voir ce qu’il affronte pour le faire. S’il me refuse l’accès, je ne sais pas si je partirais, je ne sais pas si je ne le pardonnerais pas quand même, par un excès de faiblesse et d’affection, j’imagine. Je ne sais pas, et je déteste ne pas savoir ; c’est la raison première pour laquelle je suis ici et me retrouve face à lui.

Il s’installe au milieu du lit, semble peiner à chaque geste. Je le laisse en paix, ne lui impose pas mon toucher, je sais qu’il n’apprécie pas le contact ou en tout cas qu’il n’a pas appris à l’apprécier, je sais plein de choses de lui, du fait qu’il est bien particulier, que son esprit ne fonctionne pas comme celui des autres, comme le mien. C’est son assurance, son intelligence, son tranchant qui m’a plu, dès le début. C’est sa franchise, la vérité qui sort de ses lèvres, sans détours, sans se soucier des conventions. Alors j’espère qu’il va continuer dans cette lignée finalement, ne pas me mentir à moi, celle qui pourrait comprendre, celle qui a entendu dans les notes composées. Celle qui se laisse bien trop facilement aller aux mélodies.

« Est-ce qu'il y a vraiment énormément à dire ? »

Je ne réplique rien, je le laisse. Ce n’est pas à moi de répondre à cette question. Je me contente de l’observer, de laisser trainer mon regard sur lui, je croise les bras autour de mes côtes bandées pour que tout puisse se ressouder tranquillement, comme un geste de protection. Il peut avoir tout le temps qu’il veut pour s’exprimer, je ne le brusquerais pas. J’ai envie qu’il cède à ma condition, non pas par curiosité, mais pour que nous soyons à plat, pour que je puisse lui pardonner comme prévu et promis et que nous puissions passer à autre chose : son rétablissement. Continuer, faire progresser notre relation peu importe le stade où elle en est et ce que c’est.

« Je n'ai pas pour habitude de parler. En effet. Pas de cette manière-là, en tout cas.
— Je sais. C’est un murmure qui passe mes lèvres simplement, je sais ce que ça lui coûte, ou en tout cas essaie d’imaginer.
— Ça fait des années, tout ça. Des années que j'en suis là, à essayer. Essayer de me défaire de... de… De tout ça, je crois. » Des années. Je retiens toute expression, ne pousse pas un soupire, me contente d’afficher une expression neutre quoi qu’inquiète évidemment. Et je l’écoute avec attention alors qu’il s’exprime finalement plus que ce que je ne l’aurais cru. Il s’épanche et j’imprime les mots, comprend l’effort, me sens soulagée qu’il accepte de répondre à ma requête, de me laisser lui tendre une main. Il fait trainer un peu les choses, peut-être pour prendre du courage avant d’avouer ; il m’exprime ses doutes, sa solitude, je l’entends. Ça me serre le cœur, je l’avoue.

Aussi, il finit par soupirer et je le laisse prendre son temps pour s’exprimer. Finalement, le couperet tombe et j’écoute ses confessions. Ses dossiers falsifiés, des faveurs demandées me dit-il, et j’ai peur de savoir ce qui se cache derrière la belle syntaxe, derrière la belle parole. Je me demande de quoi il s’agit précisément, ma seule certitude étant qu’il ne s’agit pas de quelque chose de récent. Mon regard retombe sur les formes des meubles, les plis des draps que je vois maintenant presque clairement, les pupilles habituées à l’obscurité, je ne l’interromps pas. « Et je suis désolé d'avoir prétendu que tout pourrait être aussi simple qu'on l'imagine. Je n'aspirais pas à de fausses idées, ni même à quoi que ce soit... avant cette véritable peur de te voir désormais franchir cette porte, il laisse échapper un rire, triste, qui me serre le cœur davantage. Regarde-moi, effrayé… »

Les informations récupérées, je me laisse quelques longues secondes pour les processer, les intégrer. Mes yeux remontent le long de sa carrure fatiguée, ses boucles molles, le visage pendu ; il ne me regarde plus depuis un moment. La fierté s’est fait la malle, Matthew ne semble plus être lui-même. Ça me rend triste, inquiète. L’espace d’une seconde l’idée passe, dans ma tête, ça me dit qu’il serait peut-être plus sain pour moi de partir. Ça ne dure qu’une demi-seconde, une idée furtive que je rejette en bloc, je le sens, que la perspective de le laisser là ne me plait pas. D’autant qu’il m’a répondu, a honoré sa part du marché. Je n’ai aucune certitude de ce que nous sommes ou serons peut-être, ou pas, mais si je me focus sur l’immédiat, je ne me vois pas partir, pas passer la porte et réaliser cette peur qu’il connaît là, qu’il me confie. Que je considère comme un aveu à demi-mot, un aperçu de ce qu’il ressent, peut-être, pour moi. Toutes ces hypothèses vont finir par me donner mal à la tête, je n’ai pas envie de jouer aux devinettes. Je n’ai pas non plus envie de me poser mille questions et de chercher à savoir en avance ce qui peut, et va nous arriver. Matthew n’est pas parfait, je ne le suis pas non plus. Voilà qu’il a fait preuve de la plus grande sincérité, qu’il m’avoue enfin ; n’est-ce pas là ce qui devrait me contenter ?

Je finis par bouger, un peu, pas trop, simplement, je lui tends ma paume de main, ouverte. « Je ne partirais pas. » Je l’observe, le corps voûté, il semble perdu. « Je ne sais pas ce que je suis pour toi Matthew, ni pourquoi tu traverses ça, les raisons qui t’ont amenées jusqu’ici. J’ai… mille interrogations, sur les faveurs, le dossier médical, sur tout ça. Je pense que tu sais que je déteste ne pas savoir. Mais pour l’instant… pour l’instant ça ne compte pas, je veux rester là et t’aider. Je fais une pause, pousse un soupire. J’ai entendu tes mélodies, je sais que tu es bon. Je sais. »



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MessageSujet: Re: human being | maxime   Dim 30 Sep - 15:57



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Le palpitant qui s'alarme, plus qu'auparavant. Il a l'impression que toutes les remparts de son monde sont en train de s'écrouler, que plus rien ne peut encore subsister dans ce palace qu'est le sien, immatériel et désormais bien irréel. Aucune échappatoire en vue quant à ce qu'il vient de dire, d'énoncer, des mots sortis sans qu'il n'ait vraiment à penser. C'est sortie sans qu'il ne vienne y songer, emprisonné dans cette confiance aveugle qu'elle parvient à instaurer. Il s'est fié à sa tendresse, à cette proximité. Il s'est fié à des sentiments qu'il n'a jamais su contrôler et qui, aujourd'hui, viennent lui rappeler ce qu'est la peur, la crainte, l'horreur sous toutes ses formes. Un soupire, les presque aveux éteints, il s'enivre de la pire des manières du silence qui s'écoule depuis que sa voix s'est évanouie. Plus rien. Plus rien si ce n'est sa respiration, les battements incessants de son cœur en alerte. Davantage quand elle s'anime, osant une main vers lui sur laquelle l'azur clair de ses prunelles se perd. « Je ne partirais pas. » Il tique à ces mots, voit quelques lueurs passer les ombres qui se sont installées ; elle demeure là, malgré tout, à ses côtés. « Je ne sais pas ce que je suis pour toi Matthew, ni pourquoi tu traverses ça, les raisons qui t’ont amenées jusqu’ici. J’ai… mille interrogations, sur les faveurs, le dossier médical, sur tout ça. Je pense que tu sais que je déteste ne pas savoir. Oui, il commence à le comprendre, à l'imaginer et lui, dans toute sa complexité, vient tout de même lui imposer ce qu'elle souhaitait sûrement à éviter. Il est un raté derrière ses allures d'homme bien assuré. Mais pour l’instant… pour l’instant ça ne compte pas, je veux rester là et t’aider. J’ai entendu tes mélodies, je sais que tu es bon. Je sais. » C'est un soupire qui s'extirpe d'entre ses lèvres. Un soupire des plus calmes, des plus avenants, de ceux qui trahissent aisément un quelconque soulagement. Il sent ses poumons retrouver un peu d'air, son cœur s'en calmer de cette même manière. Le paradoxe avec le poids qu'il sent perdurer le long de ses épaules, abstrait, défait, loin de tout ce qu'il avait pu connaître jusqu'alors. Loin de tout ce qu'il s'était imaginé en se perdant dans ce vice trop longtemps apprécié. Il ose, pourtant, il ose un regard vers elle, vers sa présence, vers tout ce qu'elle représente en cet instant pour son monde émietté, léger rayon solaire s'essayant à percer. Un frisson parcours sa colonne vertébrale, un délicieux coup de froid qui ravive les esprits, qui ramène la raison ; en partie. Tout n'est pas encore gagné, et Dieu qu'il faudrait qu'il daigne se reposer. Mais il veut lutter, profiter. Prendre conscience de ce qu'il est parvenu à gagner, ça malgré sa maladresse lors qu'il s'agit de sociabilité. Il n'est pas les autres, ne l'a jamais été, et Maxime s'est risqué jusqu'à lui pour cet aspect-là en particuliers. Ils ont bien des similarités, Matthew se risquerait presque à penser qu'ils se sont trouvés.

« J'essaierai. » D'être bon ; mais la suite ne vient pas, elle comprendra. Après ce qu'il vient d'énoncer, ce qu'il a osé faire entendre, il ne peut rien lui promettre, rien lui louer comme espoir qu'il ne pourrait fonder. Il est encerclé, prit au piège par ses propres erreurs passées. Il a été celui allumant le feu, omettant les étincelles, le retour des flammes lancinantes qui menaçaient devant lui ; jusqu'à le rattraper. Les ailes brûlées, du piédestal tombé. « Je te dirai tout. » Et si les promesses n'étaient pas de mise, celle-ci il l'ose. Il l'ose dans un soupire avant de poser son regard sur elle, l'azur clair et fatigué de ses pupilles encore légèrement dilatées tourné vers celle qui se propose à l'épauler ; ultime soutien dans sa perdition incontrôlée. « Si... ; une pause, l'hésitation dans la voix, l'assurance qui s'essaie à s'installer mais qui peine à retrouver ses marques. C'est nouveau et à la fois ancien, bataille acharnée entre ce qu'il sait possible et ce dont il se souvient, la césure entre les deux mondes qu'il côtoyait brièvement, de deux manières différentes. Si tu restes, tu sauras tout, jusqu'aux erreurs les plus profondes. Si tu restes... je ne veux pas que tu t'enfuies. Je... ne l'accepterai pas, je crois. » Il déglutit, laisse ces mots-là se perdre dans l'espace fermé, obscurci par les rideaux plus que par son état ; quoi que. Puis, finalement, c'est un rire ironique qui franchit la barrière de ses lèvres, quelque-chose de triste, d'un peu surfait. Lassé, ou surprit peut-être. « J'ai l'air ridicule. » Et un sursaut, les changements de température qui rejouent avec son esprit. Il perd de sa tenue retrouvée, retrouvant le confort de son lit en venant s'allonger. Et si ses dernières paroles trahissent facilement son malaise quant à ce qu'il vient à faire entendre, les mots qui remontent le long de sa gorge ne s'en bloquent pas pour autant. « Je voulais essayer de changer tout ça, être quelqu'un de « normal » – mot qu'il mine de ses deux mains – ou presque ; pour toi. »

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