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 human being | maxime

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MessageSujet: Re: human being | maxime   Dim 9 Sep - 16:08



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« Matthew… » Ça devient de suite une autre mélodie à ses oreilles ces syllabes-là à partir du moment où elle les prononce. Il croit délirer, tout lui semble simplement trop léger. C'est si aisé de songer, de ressentir ; si aisé de se dire qu'il pourrait y céder. Et il aimerait, pouvoir pleinement s'en bercer. Dieu que Matthew pourrait, en cet instant précis, largement craquer. Et pourtant, il s'abstient du moindre mot, de la moindre remarque, il s'abstient d'énoncer le fond de ses pensées, là, rien qu'à l'évocation de son prénom murmuré. « C’est juste… Je ne veux pas qu’on me mente. Je ne veux pas découvrir, sur le fait, quelque chose d’aussi important. Je ne veux plus être trompée, Matthew, ça m’a brisé le cœur une fois et je ne voudrais pas que cela recommence maintenant. Pas avec toi. Alors… » Il a le cœur qui semble s'emballer, quelque-chose de nouveau pour celui qui a déjà peiné à se redresser. C'est prenant et gênant, c'est prenant et inconscient. Ça frappe contre sa cage thoracique, ça vient raviver cette impression que tout pourrait avoir un sens si elle entendait, si elle pouvait entendre la moindre de ses pensées, tous ces mots non prononcés, toutes ces sensations arrachées. Il aimerait qu'elle puisse voir. Il faudrait qu'elle voit. Elle, juste Elle par sa présence dans son enfer personnel. Et il ose perdre son regard vers elle, rien qu'une seconde, une brève seconde avant qu'elle n'en détourne le sien. Un soupire, bref mais bien présent, l'azur brisé de ses yeux qui s'abaissent en même temps. Il aurait dû jouer l'honnêteté, ça dès le départ au lieu de bêtement s'en passer. Ridicule et loin des conventions, loin de tout ce qui faisait jusqu'alors sa raison. « Dis-moi tout. Dis-moi tout et je te pardonne sans l’ombre d’une hésitation. » Condition posée, la Belle en vient à se confier. Elle fait savoir ce qu'elle en vient à penser, ce qui pourrait finalement tout réparer, cette brèche creusée par son incapacité à savoir correctement penser. Il s'essaie à imaginer ce qu'il pourrait dire, faire valoir. Il essaie de s'y faire, là, plongé dans le noir. Mais rien, rien ne lui vient encore ; pas même malgré sa volonté à y songer bien fort. Alors il s'en redresse, le bouclé, venant s'asseoir du mieux qu'il peut au beau milieu du lit, délaissant le confort des jambes de la Belle présente ici. Parce qu'il a à faire, à réfléchir. Songer à quoi dire pour s'éviter le pire. Il craint, pour la première fois depuis longtemps, qu'elle ne lui échappe finalement. C'est compliqué à expliquer, compliqué pour lui de se dire qu'il aimerait qu'elle demeure, elle, la seule femme parvenant à se frayer un chemin jusqu'à son cœur, jusqu'à la liste de ses frayeurs. C'est un maigre rire qui en vient à franchir la barrière de ses lèvres, quelque-chose d'à la fois ironique et triste. Il a les mains qui se perdent sur ses traits, les yeux qui s'en ferment comme s'il en venait à prier. Et les tremblements qui reprennent, cette sensation désagréable à défaut d'être douloureuse qui le gangrène.

« Est-ce qu'il y a vraiment énormément à dire ? » La question se pose plus pour lui-même que la jeune femme dont la présence commençait à l'apaiser ; avant qu'elle ne vienne tout réanimer, cette crainte de la voir se retirer. Dieu que ça brûle, envoûtement néfaste pour l'esprit qui s'était habitué au néant. Maxime en est tout le contraire, une trop vive et magnifique lumière. Et ça le travaille, plus qu'il ne l'aurait pensé, la simple idée qu'elle puisse s'en aller commence à simplement le ronger. « Je... ; une légère pause, les prunelles qui se portent sur le plafond un peu jauni par la cigarette, sur ces ombres qu'il contemple depuis déjà le début de ses congés. Je n'ai pas pour habitude de parler. En effet. Pas de cette manière-là, en tout cas. » Il commence à se confier, sent sa langue se délier. Matthew en demeure tout de même hésitant, à moitié plongé dans ses songes et dans cette dure réalité. Il lui faut tout admettre, chaque secret, jusqu'au dernier. « Ça fait des années, tout ça. Des années que j'en suis là, à essayer. Essayer de me défaire de... de... ; et là, il lui faut admettre que quelque-chose est en train de se passer. Quelque-chose en lui est en phase de changer. De tout ça, je crois. J'ai la sensation, souvent, que rien n'est réel. Tout ça là, toi, cette ambiance, cette situation, ça n'existe pas. C'est dans ma tête. J'ai peur que ça le soit. Et je sais pas... je sais pas si je préférai parce que personne, jusqu'alors, n'a jamais vraiment comprit. Personne peut comprendre. Je pense que personne ne peut comprendre, que personne ne peut entendre. Je ne sais plus vraiment ce que je dois faire, je l'admets. Je ne sais plus... » Il ne s'en retient pas vraiment, des années passées à s'exécuter sans jamais posséder l'occasion de parler. Parler, se confier. Perdre cette solitude qu'il s'était attribué. Mais ses doutes ne sont pas ce qu'elle a demandé. Aussi, il soupire, bravant la honte, l'appréhension. Il soupire avec l'espoir que son honnêteté n'ira pas la faire fuir. « J'ai falsifié mes dossiers médicaux pour cette place de lieutenant, j'ai faussé quelques rapports pour obtenir bien des faveurs qui me sont finalement tombées dessus. Je ne fais plus partie du bon côté de la barrière, Maxime, depuis trop longtemps malgré tous mes efforts, malgré tout mon travail. Et je suis désolé d'avoir prétendu que tout pourrait être aussi simple qu'on l'imagine. Je n'aspirais pas à de fausses idées, ni même à quoi que ce soit... avant cette véritable peur de te voir désormais franchir cette porte ; une maigre rire, quelque-chose de triste et ironique à la fois, quelque-chose de honteux et de moqueur envers sa propre personne, son propre cœur. Regarde-moi, effrayé... » La honte au creux de la gorge et l'impression que tout son palace s'est effondré.                

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MessageSujet: Re: human being | maxime   Ven 21 Sep - 20:01

HUMAN BEING

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J’attends, simplement, lui laisse le choix. Peut-être qu’il ne voudra pas se confier, peut-être qu’il décidera de m’éloigner. C’est un moment que je lui laisse, que je lui accorde, une décision qu’il doit prendre par lui-même. J’estime être en droit d’avoir des réponses, je veux pouvoir être à pour lui mais il doit me laisser voir ce qu’il affronte pour le faire. S’il me refuse l’accès, je ne sais pas si je partirais, je ne sais pas si je ne le pardonnerais pas quand même, par un excès de faiblesse et d’affection, j’imagine. Je ne sais pas, et je déteste ne pas savoir ; c’est la raison première pour laquelle je suis ici et me retrouve face à lui.

Il s’installe au milieu du lit, semble peiner à chaque geste. Je le laisse en paix, ne lui impose pas mon toucher, je sais qu’il n’apprécie pas le contact ou en tout cas qu’il n’a pas appris à l’apprécier, je sais plein de choses de lui, du fait qu’il est bien particulier, que son esprit ne fonctionne pas comme celui des autres, comme le mien. C’est son assurance, son intelligence, son tranchant qui m’a plu, dès le début. C’est sa franchise, la vérité qui sort de ses lèvres, sans détours, sans se soucier des conventions. Alors j’espère qu’il va continuer dans cette lignée finalement, ne pas me mentir à moi, celle qui pourrait comprendre, celle qui a entendu dans les notes composées. Celle qui se laisse bien trop facilement aller aux mélodies.

« Est-ce qu'il y a vraiment énormément à dire ? »

Je ne réplique rien, je le laisse. Ce n’est pas à moi de répondre à cette question. Je me contente de l’observer, de laisser trainer mon regard sur lui, je croise les bras autour de mes côtes bandées pour que tout puisse se ressouder tranquillement, comme un geste de protection. Il peut avoir tout le temps qu’il veut pour s’exprimer, je ne le brusquerais pas. J’ai envie qu’il cède à ma condition, non pas par curiosité, mais pour que nous soyons à plat, pour que je puisse lui pardonner comme prévu et promis et que nous puissions passer à autre chose : son rétablissement. Continuer, faire progresser notre relation peu importe le stade où elle en est et ce que c’est.

« Je n'ai pas pour habitude de parler. En effet. Pas de cette manière-là, en tout cas.
— Je sais. C’est un murmure qui passe mes lèvres simplement, je sais ce que ça lui coûte, ou en tout cas essaie d’imaginer.
— Ça fait des années, tout ça. Des années que j'en suis là, à essayer. Essayer de me défaire de... de… De tout ça, je crois. » Des années. Je retiens toute expression, ne pousse pas un soupire, me contente d’afficher une expression neutre quoi qu’inquiète évidemment. Et je l’écoute avec attention alors qu’il s’exprime finalement plus que ce que je ne l’aurais cru. Il s’épanche et j’imprime les mots, comprend l’effort, me sens soulagée qu’il accepte de répondre à ma requête, de me laisser lui tendre une main. Il fait trainer un peu les choses, peut-être pour prendre du courage avant d’avouer ; il m’exprime ses doutes, sa solitude, je l’entends. Ça me serre le cœur, je l’avoue.

Aussi, il finit par soupirer et je le laisse prendre son temps pour s’exprimer. Finalement, le couperet tombe et j’écoute ses confessions. Ses dossiers falsifiés, des faveurs demandées me dit-il, et j’ai peur de savoir ce qui se cache derrière la belle syntaxe, derrière la belle parole. Je me demande de quoi il s’agit précisément, ma seule certitude étant qu’il ne s’agit pas de quelque chose de récent. Mon regard retombe sur les formes des meubles, les plis des draps que je vois maintenant presque clairement, les pupilles habituées à l’obscurité, je ne l’interromps pas. « Et je suis désolé d'avoir prétendu que tout pourrait être aussi simple qu'on l'imagine. Je n'aspirais pas à de fausses idées, ni même à quoi que ce soit... avant cette véritable peur de te voir désormais franchir cette porte, il laisse échapper un rire, triste, qui me serre le cœur davantage. Regarde-moi, effrayé… »

Les informations récupérées, je me laisse quelques longues secondes pour les processer, les intégrer. Mes yeux remontent le long de sa carrure fatiguée, ses boucles molles, le visage pendu ; il ne me regarde plus depuis un moment. La fierté s’est fait la malle, Matthew ne semble plus être lui-même. Ça me rend triste, inquiète. L’espace d’une seconde l’idée passe, dans ma tête, ça me dit qu’il serait peut-être plus sain pour moi de partir. Ça ne dure qu’une demi-seconde, une idée furtive que je rejette en bloc, je le sens, que la perspective de le laisser là ne me plait pas. D’autant qu’il m’a répondu, a honoré sa part du marché. Je n’ai aucune certitude de ce que nous sommes ou serons peut-être, ou pas, mais si je me focus sur l’immédiat, je ne me vois pas partir, pas passer la porte et réaliser cette peur qu’il connaît là, qu’il me confie. Que je considère comme un aveu à demi-mot, un aperçu de ce qu’il ressent, peut-être, pour moi. Toutes ces hypothèses vont finir par me donner mal à la tête, je n’ai pas envie de jouer aux devinettes. Je n’ai pas non plus envie de me poser mille questions et de chercher à savoir en avance ce qui peut, et va nous arriver. Matthew n’est pas parfait, je ne le suis pas non plus. Voilà qu’il a fait preuve de la plus grande sincérité, qu’il m’avoue enfin ; n’est-ce pas là ce qui devrait me contenter ?

Je finis par bouger, un peu, pas trop, simplement, je lui tends ma paume de main, ouverte. « Je ne partirais pas. » Je l’observe, le corps voûté, il semble perdu. « Je ne sais pas ce que je suis pour toi Matthew, ni pourquoi tu traverses ça, les raisons qui t’ont amenées jusqu’ici. J’ai… mille interrogations, sur les faveurs, le dossier médical, sur tout ça. Je pense que tu sais que je déteste ne pas savoir. Mais pour l’instant… pour l’instant ça ne compte pas, je veux rester là et t’aider. Je fais une pause, pousse un soupire. J’ai entendu tes mélodies, je sais que tu es bon. Je sais. »



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MessageSujet: Re: human being | maxime   Dim 30 Sep - 15:57



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Le palpitant qui s'alarme, plus qu'auparavant. Il a l'impression que toutes les remparts de son monde sont en train de s'écrouler, que plus rien ne peut encore subsister dans ce palace qu'est le sien, immatériel et désormais bien irréel. Aucune échappatoire en vue quant à ce qu'il vient de dire, d'énoncer, des mots sortis sans qu'il n'ait vraiment à penser. C'est sortie sans qu'il ne vienne y songer, emprisonné dans cette confiance aveugle qu'elle parvient à instaurer. Il s'est fié à sa tendresse, à cette proximité. Il s'est fié à des sentiments qu'il n'a jamais su contrôler et qui, aujourd'hui, viennent lui rappeler ce qu'est la peur, la crainte, l'horreur sous toutes ses formes. Un soupire, les presque aveux éteints, il s'enivre de la pire des manières du silence qui s'écoule depuis que sa voix s'est évanouie. Plus rien. Plus rien si ce n'est sa respiration, les battements incessants de son cœur en alerte. Davantage quand elle s'anime, osant une main vers lui sur laquelle l'azur clair de ses prunelles se perd. « Je ne partirais pas. » Il tique à ces mots, voit quelques lueurs passer les ombres qui se sont installées ; elle demeure là, malgré tout, à ses côtés. « Je ne sais pas ce que je suis pour toi Matthew, ni pourquoi tu traverses ça, les raisons qui t’ont amenées jusqu’ici. J’ai… mille interrogations, sur les faveurs, le dossier médical, sur tout ça. Je pense que tu sais que je déteste ne pas savoir. Oui, il commence à le comprendre, à l'imaginer et lui, dans toute sa complexité, vient tout de même lui imposer ce qu'elle souhaitait sûrement à éviter. Il est un raté derrière ses allures d'homme bien assuré. Mais pour l’instant… pour l’instant ça ne compte pas, je veux rester là et t’aider. J’ai entendu tes mélodies, je sais que tu es bon. Je sais. » C'est un soupire qui s'extirpe d'entre ses lèvres. Un soupire des plus calmes, des plus avenants, de ceux qui trahissent aisément un quelconque soulagement. Il sent ses poumons retrouver un peu d'air, son cœur s'en calmer de cette même manière. Le paradoxe avec le poids qu'il sent perdurer le long de ses épaules, abstrait, défait, loin de tout ce qu'il avait pu connaître jusqu'alors. Loin de tout ce qu'il s'était imaginé en se perdant dans ce vice trop longtemps apprécié. Il ose, pourtant, il ose un regard vers elle, vers sa présence, vers tout ce qu'elle représente en cet instant pour son monde émietté, léger rayon solaire s'essayant à percer. Un frisson parcours sa colonne vertébrale, un délicieux coup de froid qui ravive les esprits, qui ramène la raison ; en partie. Tout n'est pas encore gagné, et Dieu qu'il faudrait qu'il daigne se reposer. Mais il veut lutter, profiter. Prendre conscience de ce qu'il est parvenu à gagner, ça malgré sa maladresse lors qu'il s'agit de sociabilité. Il n'est pas les autres, ne l'a jamais été, et Maxime s'est risqué jusqu'à lui pour cet aspect-là en particuliers. Ils ont bien des similarités, Matthew se risquerait presque à penser qu'ils se sont trouvés.

« J'essaierai. » D'être bon ; mais la suite ne vient pas, elle comprendra. Après ce qu'il vient d'énoncer, ce qu'il a osé faire entendre, il ne peut rien lui promettre, rien lui louer comme espoir qu'il ne pourrait fonder. Il est encerclé, prit au piège par ses propres erreurs passées. Il a été celui allumant le feu, omettant les étincelles, le retour des flammes lancinantes qui menaçaient devant lui ; jusqu'à le rattraper. Les ailes brûlées, du piédestal tombé. « Je te dirai tout. » Et si les promesses n'étaient pas de mise, celle-ci il l'ose. Il l'ose dans un soupire avant de poser son regard sur elle, l'azur clair et fatigué de ses pupilles encore légèrement dilatées tourné vers celle qui se propose à l'épauler ; ultime soutien dans sa perdition incontrôlée. « Si... ; une pause, l'hésitation dans la voix, l'assurance qui s'essaie à s'installer mais qui peine à retrouver ses marques. C'est nouveau et à la fois ancien, bataille acharnée entre ce qu'il sait possible et ce dont il se souvient, la césure entre les deux mondes qu'il côtoyait brièvement, de deux manières différentes. Si tu restes, tu sauras tout, jusqu'aux erreurs les plus profondes. Si tu restes... je ne veux pas que tu t'enfuies. Je... ne l'accepterai pas, je crois. » Il déglutit, laisse ces mots-là se perdre dans l'espace fermé, obscurci par les rideaux plus que par son état ; quoi que. Puis, finalement, c'est un rire ironique qui franchit la barrière de ses lèvres, quelque-chose de triste, d'un peu surfait. Lassé, ou surprit peut-être. « J'ai l'air ridicule. » Et un sursaut, les changements de température qui rejouent avec son esprit. Il perd de sa tenue retrouvée, retrouvant le confort de son lit en venant s'allonger. Et si ses dernières paroles trahissent facilement son malaise quant à ce qu'il vient à faire entendre, les mots qui remontent le long de sa gorge ne s'en bloquent pas pour autant. « Je voulais essayer de changer tout ça, être quelqu'un de « normal » – mot qu'il mine de ses deux mains – ou presque ; pour toi. »

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