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 Du rêve à quelle réalité ? | Eärel

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MessageSujet: Du rêve à quelle réalité ? | Eärel   Lun 9 Juil - 11:19

Spoiler:
 


Le gamin dort...

Ce n'est pas encore le cauchemar, mais la période de rêve enchantée, libre. Par exemple voler comme un oiseau et se poser sur une colonne de pierre du Grand Canyon, tout en haut. Le vent et le soleil et l'horizon immense qui recouvrent tout.

Un paysage vaste de pierres rougies dans un ciel bleu miroitant la lumière. Un paysage immense, paisible, rassurant et magnifique
, qui semble un écho à la vie d'avant, quand lui, sa mère et sa grande-sœur vivaient dans un campement hippie itinérant dans le désert, les gens un peu farfelus avec leurs conceptions d'amérindiens un peu, parlaient de la nature. Il y a même dans ce rêve une nichée d'aiglons sur lesquels veiller, ainsi qu'un arbre qui offre son ombre bienveillante.

Tyrone ignore alors qui il est et où il se trouve. Le temps est suspendu. Il pourrait dormir dans la rue sur un carton, se blottir sur une plage de Chicago, être hébergé dans une tente, s'être laissé aller hélas dans la bibliothèque, gésir sur un quelconque paillasson, ou se retrouver soudain dans une maison chez un particulier ou dans un véhicule. Ou bien il se serait évanoui. Il aurait ou non avec lui son vieux sac de sport avec ses affaires miteuses mais généralement propres.

Il est dans la félicité, il nage en somme dans un bonheur primitif et enchanteur. Mais un changement de bruit ou d'atmosphère ou encore de couleur ou de tonalité semble vouloir lui dire de se réveiller. Il ressent cette modification comme celle du rêve pour le moment : le bruit que font le vent ou l'horizon, un autre aigle ou les feuilles de l'arbre, ou encore le paysage qui penche, ou bien des herbes ou des nuages qui tirent les cheveux.

Mais toujours cet enchantement de lumière en lui et autour de lui, qu'il ne veut pas quitter.


Tyrone ne sait pas si son sommeil est naturel ou non, ni même qu'il est en train de s'éveiller et encore moins pourquoi.

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Children who live on the streets are called “Dirty kids”. [...] In the United States estimates range as high as 2.8 million youth being categorized as homeless each year. [...] Of all the homeless individuals in the United States, over 40 percent are under the age of 17. (Huffingtonpost)


Dernière édition par Tyrone Quimzee le Sam 14 Juil - 7:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Du rêve à quelle réalité ? | Eärel   Jeu 12 Juil - 21:31



Du rêve à quelle réalité ?



C'est difficile, il me l'avait l'autre jour à la Maureen's Tavern, ce lieu où il ne venait jamais mais où pourtant je l'avais croisé. Les études en médecine ce n'est pas simple du tout, je l'ai appris à mes dépens, et pour le moment, je n'arrive pas à m'arrêter d'en prendre, même si j'ai réduis les doses. Bon d'accord, c'est infime mais je suis sur la voie de la rédemption. Bon d'accord, j'essaye de me dire que je vais vers le bon, mais je me leurre, je ne l'accepte pas vraiment. Qu'est ce que je dois faire ? Est ce qu'un jour cela va me tuer ? Je n'en sais rien, mais ce soir, ça n'allait pas, alors j'ai fumé, j'ai pris une pilule de DUST, et je suis partie de me promener dans les rues de la ville pour m'aérer l'esprit, à moitié défoncée. Je ne sais même pas si j'arriverais à reconnaître quelqu'un si jamais je croisais des têtes connues, c'est ça qui est le plus fou, le plus dingue même. En vérité, je suis là physiquement, je vogue dans la ville, j'ère comme une âme en peine qui ne sait pas où elle va. Je me dis qu'il y a pire que moi dans cette ville, je me dis que ma situation pourrait être pire, mais je me voile tellement la face, et je n'en ai même pas véritablement conscience, car je continue à me faire du mal, toujours, trop. Je ne sais pas où je vais mais le mur se rapproche de moi chaque jour un peu plus. J'essaye, mais je n'y arrive, c'est un échec total, il m'en faut toujours plus, toujours trop, parce que normalement, je m'étais jurée de tout arrêter. Mais je peux pas, ma volonté est devenue trop faible par rapport à mes envies, mes besoins que je me suis créés. Alors, je marche, comme si marcher dans cette ville polluée allait réussir à m'aérer l'esprit suffisamment pour que je retrouve la raison et que j'arrête de fumer de l'herbe et que je ne prenne plus de la DUST. Mais c'est comme ça, je suis partie, je ne sais pas depuis combien de temps, je ne sais même pas où je suis en ville lorsque soudain, je trébuche au sol, sur quelques choses. Mais en vérité, je suis encore tellement défoncée que ce n'est pas sur quelques choses que j'ai trébuchée, mais sur quelqu'un. Un corps, qui est là, sur mon chemin, voilà sur quoi j'ai trébuché. Je suis partie en début de soirée, et à présent nous sommes en pleine nuit, mais avec les lumières artificielles, je m'en rends pas compte. J'ai trébuché et j'arrive plus à me relever, je sais pas quoi faire, j'ai l'impression d'être prise dans une prison de verre, quelques choses dans ce genre là. Surtout qu'en trébuchant sur la personne, j'ai dû la réveiller, mais je saurais même pas quoi dire. Il ne reste plus qu'à espérer qu'il ne me fasse pas de mal, car sinon, je risque gros.


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MessageSujet: Re: Du rêve à quelle réalité ? | Eärel   Sam 14 Juil - 1:02

LA PETITE RUELLE AUX CHATS ET AUX SOURIS

Flash back. Faute de connaître la ville, l'adolescent avait atterri n'importe où dans West Side. Mais vraiment n'importe où, je vous le promets. Et plus précisément dans le quartier de Wicker Park qui, selon Wikipedia, appartient encore à ce secteur ouest. Cette ruelle ténébreuse n'était certes pas l'endroit le plus sûr ni le plus accueillant. En plus, le petit lampadaire du coin était défectueux…

La nuit, dans ces ténèbres mal percées par quelques lointains et faibles éclairages, on dirait vraiment une ruelle assassine. (Le jour évidemment, c'est un peu moins angoissant, quoique déjà retiré : )

(l'endroit où est venu dormir Tyrone)

Il n'y avait même pas le silence : à quelques maisons de là, des gens fêtaient un anniversaire ou quelque chose comme ça, avec de la musique et des conversations joyeuses devant durer des heures. Pas génial pour dormir ainsi quand on se sent aussi perdu. Mais Tyrone en avait plein les pattes et il avait bien trop sommeil pour avoir quelque envie d'aller plus loin.

Les souris gambadaient, le long des murs et des buissons, à la recherche de poubelles trop pleines. Des chats pourtant tentaient de les attraper. (Ouf ce n'étaient ni des rats, ni des coyotes, ni des ratons-laveurs, au moins, qui hantaient ces parages.) On entendait d'ailleurs les deux matous du coin s'insulter en se crachant dessus, se contentant de rares esbroufes mutuelles mais assez bouffonnes, un peu comme des voisins fâchés ridiculement pittoresques.

Mais bon, le petit gars, lui, sur l'herbe rase mais sèche, où, pour autant qu'il y vît, il n'y avait pas trop de saleté, il avait disposé son vieux sac de sport et un carré de tissus pour se coucher sur celui-ci en chien de fusil. Un autre carré de tissus tout noir pour se couvrir lui-même entièrement, pour pas qu'on voie qu'il était aussi jeune à dormir là comme ça…

Par chance, il ne plut pas cette nuit. Mais la fête traîna en longueur, de même que tout le long dialogue des chats crachants l'un à l'adresse de l'autre d'une manière toujours aussi bouffonne… Mais Tyrone s'était enfin endormi avec le plus fort en gueule des deux matous lové dans son giron. L'adolescent dormit alors bien plus profondément que la précédente nuit sous un pont du chemin de fer (sur les cartons avec une douzaine d'autres jeunes dévorés comme lui par des nuées de moustiques).


ÉVEIL PROGRESSIVEMENT BRUTAL

Et Tyrone a d'abord songé, dans son sommeil, sans réfléchir : *Encore la teuf et cet anniv' ou j'sais pas quoi, d'où sans doute un fêtard qui se perdait par ici…

Il a aussi songé… : *Encore des souris ou des chats, c'est ça, les animaux n'arrêtent pas de trotter ou de bondir ou de détaler comme des fous. Un vrai cartoon toute la sainte nuit. Les bestioles peuvent parfois ressembler à des pas, ou même à une chaussure. Eh oh les Garfield & Squeak / Snowbell & Stuart / Tom & Jerry / Titi & Gros Minet, là, oh, vous êtes gentils…

Il a songé aussi : *Mais si vous n'êtes pas les bestioles des cartoons, hein, il faudra bien que je me réveille, pourtant, pas vrai ?…

Il a soudain ressenti violemment : *Hein quoi ? Hein ? On me tombe dessus ? ALEEERTE !!!

Oui c'était un humain, quelqu'un qui lui tombait quasiment dessus, *un agresseur, c'était certain ! Décharge d'adrénaline (en écho au passé). Une bouffée de terreur qui envahit. Le gamin se débat et bondit soudain dans un cri. Le cœur bat la chamade. *Sont-ce des codétenus ? Des sectateurs ? L'oncle bourré ? Est-ce la visite d'un de ces sans-abris déments ou bien voleurs ? Les « robocops » ? Combien sont-ils ? Armés ? Est-ce qu'on veut me chouraver mon sac ? Vais-je pouvoir hurler au secours ? Vont-ils tirer ?? ?????? Or n'a-t-il pas lui-même éventuellement effrayé aussi cette personne en sursautant comme un dingue ?

En un instant, le gamin tout tremblant s'est mis debout, dans l'angle de la palissade et du buisson. Tellement il tremble d'effroi, il fait vibrer aussi la haie. Une vague de sueur inonde Tyrone. Il est exagérément épouvanté, mais il ne faut tout de même pas se laisser aller, hein, il ne faut pas se laisser aller, mais maîtriser ses réactions physiologiques, si vous voyez ce que je veux dire. Et malgré cette peur irrationnelle, il sent ses propres yeux glacés des cernes noirs de toutes ces nuits de sommeil perturbés ou impossible. L'épuisement a déclenché une vraie panique.

On est toujours dans cette fichue petite ruelle du quartier de Wicker Park, la ruelle où la musique de tout à l'heure a bien diminué mais se poursuit. Mais dans cette pénombre très obscure, on ne distingue que de sombres silhouettes pleines de mystère.

Il est debout sur l'herbe, juste à côté de la personne qui l'a donc réveillé. Elle semble (?), quant à elle, par terre, à essayer (?) de fouiller quelque chose. Ou peut-être de se relever (?). On la dirait (?) à quatre pattes sur le sac de Tyrone.


UN RÉSIDENT TENTE D'OBSERVER LA SCÈNE

Un petit propriétaire des alentours se contente d'observer discrètement de derrière ses rideau l'origine du cri d'effroi de Tyrone. Ce résident caresse son arme. Il pense :

**Mmm. Encore des sans-abris drogués, non ? Dommage que le lampadaire soit grillé on n'y voit rien ! Mais que l'un d'eux essaie de franchir seulement la palissade, on sera alors en légitime défense !


PASSER L'EFFROI, COMPRENDRE

L'adolescent regarde donc cette ombre importune qui, manifestement, a du mal à de remettre debout. À contre-jour des éclairages, il n'entrevoit vraiment qu'une silhouette fine et féminine, de longs cheveux propres (?) agités par l'effort que fait cette personne à de dépêtrer (?) du sac de sport. Ce serait une nuit d'été d'ailleurs très agréable, si la scène n'avait rien d'étrange ni de sinistre.

On dirait… oui, une femme correctement vêtue, dans les usages ordinaires d'une nuit d'été. Plutôt une jeune ou bien éventuellement une vieille. Elle ne serait pas des fois pétée ? On ne peut pas en jurer, tant qu'elle n'est pas debout, mais elle pourrait avoir peut-être (?) des gestes trop relâchés, trop imprécis, comme si le corps lui divaguait peu ou prou (?). Tentait-elle de voler Tyrone ? Il essaie de se rassurer, et il ressent la contrariété de s'être éveillé dans un sursaut de peur. D'être épuisé. Et d'avoir cette personne peut-être à « gérer » à présent et dont les intentions peuvent prêter à la confusion.

Il pense : *Non la bouffonne ! Elle s'rait pas pétée par hasard ? Elle m'a fait peur !!! Pas moyen de dormir jamais ? Et m… ! J'suis trop nerveux ! Faut que j'me calme !

*Et si jamais c'est une droguée, elle ne va pas des fois essayer de gerber ou bien de pisser sur mes affaires ? Ou carrément se vautrer sur mon sac pour dormir dessus ?

Il a la dalle aussi. *Elle aurait pas un truc à manger ou bien sac à main ou bien un portefeuille ?

Il reprend ses esprits.

*Cette jeune femme est du quartier ? Sinon ça voudrait dire qu'elle erre éventuellement. Elle pourrait alors s'attirer des ennuis ou des présences menaçantes, comme le gamin les craints aussi pour lui-même. Dans le doute, il regarde bien d'un côté et de l'autre de la ruelle pour être certain qu'il n'y a pas des tiers dont la présence les menacerait… On n'y voit pas grand-chose, mais, à première vue, il n'y a personne d'autre. On n'entend rien d'autre non plus. Donc les petites rues désertes, a priori, n'ont pas remarqué cette jeune femme venir apparemment seule jusqu'ici.

*Bon, la bouffonne, elle fout quoi sur mon sac ?


(Bruits de bouteille en plastique écrasées.)


ÉBAUCHER UN DIALOGUE

Encore un peu tremblant, il dit, d'une voix juvénile, à cette jeune femme :

- Eh là, qu'est-ce qu' y a ? qu'est-c' qu' vous cherchez ?

Avec cette intonation qui dit la surprise, l'inquiétude, la fatigue, sans agressivité, d'un simple gamin sans-abris qui doit se frotter les yeux, renoncer à toute sa frayeur. Oui, il commence enfin à passer un peu le premier moment de contrariété et de paranoïa, alors il se demande à qui il a affaire comme ça. Si cette femme ne sent pas l'alcool, alors elle a peut-être pu prendre de la drogue ou bien avoir été frappée. Tyrone n'aime pas trop les cinglés ni les voleurs ni les histoires, mais bon, et si jamais elle lui rappelait sa mère ou sa grande sœur ? Ou si jamais il avait de l'humanité ? Dans la honte qu'il a de lui-même, le gamin se juge inférieur y compris aux fous et aux drogués, mais il sait bien que leur présence peut devenir un poids. Pourtant, il n'a aucune raison d'être agressif, et puis il se sent toujours aussi seul, car rien ne semble jamais pouvoir combler ce vide absolu qui l'étreint.

Comme Tyrone avait crié d'être soudain réveillé, il craint qu'on le chasse bientôt de la ruelle. Les sans-abris, par leur simple présence déjà, dérangent les gens. Aussi il s'exprime à voix basse :

Tyrone (chuchotant et tendant sa main à l'adresse de la jeune femme) : - Eh, ça va M'dame ? J'peux vous être utile ? Vous aider à vous r'lever ? Ou p't êt' à vous asseoir à not' « bar » un instant ?

Et puis il pense :

*Allons bon, est-ce qu'il va falloir entendre des mots décousus, la faire asseoir sur le carré de tissus, ou encore la raccompagner ? J'vais p't êt' pas dormir de sitôt ! Pourtant, misère des misères, qui serais-je pour lui en vouloir ?

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MessageSujet: Re: Du rêve à quelle réalité ? | Eärel   Lun 16 Juil - 21:32



Du rêve à quelle réalité ?



J'ai trébuché sur ce jeune garçon, j'ai pu l'entendre à son cri de douleur, de terreur peut être, je ne saurais dire, mais c'était un cri d'adolescent, d'une personne comme ou quelques choses dans ce goût là. Je ne sais pas ce qu'il fait là, je ne sais pas ce que je fais là, car je suis à moitié stone, je ne sais pas ce que je fais, pas précisément, et cet obstacle m'a enfermé dans une illusion, celle où je suis prise dans un cube de verre, et d'où je ne peux plus sortir, plus vraiment car ce verre me compresse, je n'arrive pas à me relever, je n'ai même pas réaliser que dans ma vulgaire chute, j'ai embarqué son sac de sport, son seul véritable bien en dehors de ces vêtements. Mais ce n'est pas la première fois que je suis prise dans une prison de verre, et la dernière fois, j'ai pu en sortir, il faut simplement que je m'en souvienne, que je réalise que finalement, je suis tout à fait libre de mes mouvements, que je peux me relever sans l'aide de quiconque, qu'il faut que mon esprit lutte contre ce qui le pollue, ce qui l'embrume de façon total et absolu. Mais je n'y arrive pas, je suis prise comme dans un labyrinthe, alors que pourtant, je sais que ce n'est pas le cas, or je n'arrive pas à lutter de façon efficace, cela ne m'est pas possible car la DUST associée à la marijuana embrume complètement mon esprit, ma raison, mon jugement. Pourtant, j'ai pris cela voilà maintenant des heures, parce que j'ai marché loin de chez moi, et peut être que je serais encore en train de marcher si jamais je n'avais pas buttée contre cet obstacle qui n'est autre qu'un jeune homme peut être tout aussi perdu que moi si ce n'est moins d'ailleurs. C'est un tel paradoxe, mais finalement, je réussis à ouvrir les yeux alors que je l'entends me parler sans distinguer ces premières paroles. Est ce qu'il me parle ? Est ce qu'il me menace. Alors, ouvrant les yeux, je secoue la tête comme pour me dégager de cette prison de verre. Et à défaut de disparaître, elle s'agrandit un peu, nous englobant tous les deux. Il me parle à nouveau, et je réussis à distinguer ce qu'il me demande. Je me rends compte que ce sac se trouve sous mon corps frêle, et qu'il ne m'appartient pas. Et c'est finalement sa dernière phrase, sa dernière demande, sa dernière question qui me fait sortir de ma léthargie. Comme si le mot "bar" avait été un mot magique, faisant sortir mon esprit de sa torpeur, pour revenir à une certaine réalité. Je me frotte les yeux et je me mets en position assise, tendant machinalement le sac à son propriétaire comme si cela allait changer quelques choses à notre situation.

" Excuse moi, je ne voulais pas te réveiller. "

Je devrais lui en dire plus, lui expliquer la situation, le pourquoi du comment j'en suis arrivée ici, mais mon cerveau refuse d'en dire plus alors que je suis assise en mode peace and love, comme la camée que je suis devenue voilà maintenant trop longtemps. Mais il faut que je le réalise, que je le comprenne, que je cours des risques insensés. Qui sait ce qui pourrait m'arriver la prochaine fois ? Mes pas m'ont menés loin de chez moi, sans que je ne m'en rende compte. Et si j'avais traversée une grande artère alors que la circulation était trop dense ? Peut être que je me serais fait renversée, peut être que c'est comme ça que je mérite de finir après tout. Peut être qu'il avait raison, peut être que je ne réussirais jamais à devenir chirurgien, peut être que je suis pas fait pour ça. Si je pouvais me voir dans un miroir, je ne me verrais même pas, je ne pourrais voir que l'épave que je suis devenue, une belle jeune femme qui devient laide, qui devient un grand n'importe quoi, qui va finir par mourir d'une overdose, qui va mourir dans l'indifférence la plus générale, une camée de plus, après tout, qu'est ce qui se souviendra de moi ? Je serais en page 32 du Chicago Times, dans la rubrique nécrologique, à côté des chats et des chiens des plus riches propriétaires. Triste fin. Celle qui t'attends ma chère Eärel, celle que sans doute je mérite finalement. Alors je finis par sortir de ma léthargie et je le regarde, sans un mot, parce que je suis complètement perdue, que je le suis de plus en plus souvent, et qu'un jour, cela finira par me perdre.


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MessageSujet: Re: Du rêve à quelle réalité ? | Eärel   Mer 18 Juil - 11:57

QUÊQU' CHOSE DE LOUCHE

L'adolescent incrédule regarde la jeune femme secouer la tête puis se frotter les yeux et ensuite s'asseoir directement sur la pièce de tissus sur laquelle il était couché auparavant. (Dans le sursaut d'effroi qu'il a eu, l'autre étoffe avait disparu quelque part dans l'obscurité.) La dame en question soulève et tend à Tyrone le sac de celui-ci, et le petit gars, outre la frayeur causée par le comportement de l'inconnue, sent aussitôt que son bagage est à présent mouillé : au moins une des deux bouteilles en plastique qu'il contient est à présent crevée, et l'eau s'écoule dans le sac sur les vêtements et les imprègne, elle coule aussi du sac en fin filets audibles. Mais le gamin n'en dit pas moins tout stupidement :

Tyrone : - Merci.

Il pense : *Tyrone y a une espèce de somnambule à moitié cinglée qui tombe sur toi en pleine nuit, puis qui fait exploser la bouteille d'eau dans ton sac, ensuite sans aucune raison elle te passe ton propre sac, et toi tu la remercie ? Tu serais pas un anormal complet ??

*J'ai sûrement à juger personne, j'ai une vie de m… et des problèmes incoercibles, j'suis qu'une pauv' larve et un p... de vaurien. Mais elle, elle en a un sacré, aussi, problème. J' sais pas vraiment, mais… elle a un truc qui cloche.

*Vu que c'est pas très normal de se balader en pleine nuit pour une femme avec tous ces gangs. Quand même elle doit être plutôt du coin, genre de la fête qui vient de se terminer pas loin… à moins qu'elle ait pris de la drogue ou bien qu'elle soit carrément folle.



PREMIÈRES PAROLES

Eärel : - Excuse moi, je ne voulais pas te réveiller.

Tyrone : - C'est rien c'pas grave…

*Au moins, ça me rassure bien qu'elle sache parler ! Elle peut-être une voix un peu absente, ou qui trahit un genre de démission dans le malheur, ce qui confirmerait tout de même mon impression qu'elle fait peut-être partie comme moi du "mauvais côté" de l'Amérique. Mais, à ce qui me semble, elle a rien d'agressif du tout. Alors qu'est-ce qui lui arrive ? Qu'est-ce qu'elle fiche en pleine nuit à me tomber dessus dans cette ruelle déserte ? P... j'ai trop sommeil et j'ai trop faim !...

*Tyrone, pense pas toujours qu'à toi, imagine si des hommes lui tombent dessus en pleine nuit. Non non faut pas imaginer. OK, Tyrone, tu veux pas te souvenir de tes mois de taule non plus, mais sois un peu un dur quand il le faut, essaie de réfléchir un peu et de te conduire intelligemment, même si t'es décidément qu'un abruti de fatigue comme de naissance...

*Il faudrait au moins que je sache à quoi elle ressemble un peu, cette dame, pour commencer. Si des fois c'est une piquée ou une chtarbée, le genre qui fait bien peur, tu vois. Toute cette obscurité me rassure pas du tout. Et en plus, cette dame est là en train de me regarder sans plus rien ajouter, c'est pas franchement bizarre quand même ? C'est sûrement une paumée !


Tyrone après avoir hésité : - Dis euh… t'es SÛRE qu'ça va ?

*J'ai bien une lampe, des allumettes et un briquet quelque part dans mon sac. Bon voyons au passage les dégâts, tout en gardant un œil rivé sur elle (on sait jamais, que je sois prêt à m'écarter si jamais elle se met à s'agiter soudain de manière incohérente).


INVENTAIRE ET NOUVELLE QUESTION

Il se met un pas encore à l'écart, pose son sac de sport au sol, et s'accroupit auprès pour l'ouvrir et en examiner à tâtons le contenu à la recherche d'un moyen d'éclairage. Pendant ce temps, son attention est maintenue sur la jeune femme à proximité et au comportement un peu bizarre. Il trouve et sort du vieux sac de sport la bouteille qui fuit et la pose de côté, puis en goûte l'eau qui a coulé sur ses mains.

*De l'eau pure apparemment, ce serait donc la bouteille d'eau pure qui est crevée. (Je m'en sers pour faire ma toilette le matin.) L'autre bouteille, c'est pour boire : elle contient de l'eau avec des bonbons acidulés dilués dedans pour donner du bon goût. Et où est-ce qu'elle est barrée cette bouteille parfumée de bonbons ?

- Aaaille !!!, *MEERDE !, le c… p… de s…ie, j' me pique sous l'ongle avec mon couteau mmmff !!!… …

*Passons sur la douleur… Et puis au fait, Tyrone, t'es vraiment con ou quoi ?, tu devrais toujours porter ce couteau dans ta chaussette ! OK j'l'y place tout de suite contre ma cheville, on sait jamais…

*Bon, reprenons, la bouteille d'eau sucrée elle est par là, je l'ai, bon elle fuit pas. Encore heureux, y aurait eu de l'eau sucrée sur mes affaires. Je la sors du sac quand même. Hum c'est ce que je pensais, la moitié de mes vêtements est déjà mouillée, et si je les sors pas, ils vont bientôt sentir le moisi, mais je verrai ça ensuite…

*Bon bon, cette dame, ce serait bien qu'on puisse parler un peu ensemble, histoire de voir ce qui lui arrive et ce qui se passe exactement. Je ne suis pas trop rassuré sur sa situation. Elle a pu se disputer avec son « petit ami » (pour ne pas dire son mac) par exemple.


Tyrone, embarrassé, dubitatif, intimidé et un rien maniéré, demande à la jeune femme : - J'veux dire, tu s'rais pas… un peu… comment dire… euh… bizarre, des fois, à te promener toute seule la nuit et à tomber d'un coup, comme ça ? T'aurait pas des fois euh… un p'tit problème ?

Il continue pendant ce temps de fouiller son sac de l'autre main.

*Pfff ! Les allu et la lampe aussi sont toutes trempées. Vite je sors les piles de l'appareil pour les mettre par terre ! Les mouchoirs en papier, mouillés aussi. Le PQ, tout poisseux de flotte, irrécupérable. Les brochures de l'association : des buvards imbibés, OK j'men fous t'façon d' leur prévention. (Hépatite A, maladies en tout genre et j'en passe.) J'vis dans la rue, le reste qu'est-ce j'en ai à f... Et il est où ce p… de briquet ? Je voudrais bien voir si possible à qui j'ai affaire là, juste à côté de moi, et je peux même pas ! Ah zut !…


UNE COLLATION ?

*Bon ben tant pis, en attendant, on va p't être se se désaltérer ?

Tyrone, de manière enjouée et sans agressivité, propose à la jeune femme : - Bon… (soupir) J'te sers euh… du jelli-belli soda ? De la root beer ? Ou mieux ! « le-cock-tail-du-chef » !!?

Il se rapproche de la dame de façon à lui tendre, civilement débouchonnée, la bouteille en plastique contenant de l'eau parfumée aux bonbons acidulés dilués. Il pense :

*Ça pourrait être intéressant d'en savoir un peu plus sur elle, si elle a un chez elle éventuellement, comme ça je pourrais peut-être venir m'y reposer un de ces quatre ?

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MessageSujet: Re: Du rêve à quelle réalité ? | Eärel   Sam 4 Aoû - 15:55



Du rêve à quelle réalité ?



Les choses ne sont pas faciles pour moi, et ce qui arrive ce soir en est la preuve complète, n'est ce pas ? Mais je ne suis que l'ombre de moi-même, loin de celle que j'ai pu être ce soir là, lorsque cette femme s'est incrusté à l'hôpital, ce soir où j'ai réussi à extraire la balle du bras d'Andrew, ce soir où j'ai montré que je pouvais faire front, faire face à la pire des situations qui pouvait arriver. J'avais réussi un premier test, par chance, c'était ce que je me disais, car plus le temps passait, plus j'étais hantée par cet événement là. J'en faisais des cauchemars, quand j'arrivais à faire une nuit de sommeil complète, c'était déjà bien. Pourtant, je m'entêtais à vouloir continuer. Je suis comme ça, je me bats, jusqu'à ce que je ne puisse plus avancer, jusqu'à ce que mes armes soient définitivement perdues, fichues, car usées par moi-même. Mais il y avait encore une once d'espoir. Pas ce soir, pas demain, mais peut être après-demain, je ne saurais dire. Alors je lui rendais son sac, son seul bien que j'avais un peu abîmé sans doute. Enfin, je ne savais même pas si c'était son seul bien, mais peu importe. Je m'excusais de l'avoir sans doute réveillé. Il me dit alors que ce n'est pas grave, ce qui est vrai en soi, mais quand même. Quelle gourde je fais, cela doit se lire sur mon visage, que je suis une camée, une imbécile finie qui sait pas où donner de la tête, mais qui vient de s'asseoir dans ce magnifique salon qui s'offre à elle, une simple étoffe posée distraitement sur le sol qui devait lui servir à lui de salon, ou de couchette, je ne saurais dire. Il me demande si je suis sûre que ça va. Il insiste bien sur le "sûre", et je suis à deux doigts de lui balancer tous les malheurs du monde qui m'accable mais je l'observe lui, malgré l'obscurité. Si c'est un gamin des rues, abandonné de tous, alors je ne peux pas me plaindre de ma situation. Il doit déjà avoir bien assez à supporter, n'est ce pas ? Alors je n'insiste pas.

" Oui, oui, ça va aller, ne t'en fais pas pour moi. "

Alors que pourtant, il pourrait s'en faire, ce serait légitime, mais il ne me connait pas, et je n'ai pas envie de lui en dire plus pour le moment. Je suis comme ça, mais peut être que, si j'arrive à me mettre à l'aise, je lui dirais certaines choses. Peut être qu'il prendra peur, ou qu'il me comprendra, je ne saurais pas dire, mais il ne pourra pas rester insensible à mon cas, du moins je le suppose. Il regarde son sac, il semble en sortir deux bouteilles, puis il crie, enfin il pousse un petit "Aïe" qui me réveille un peu plus de ma léthargie. Qu'est ce qui s'est passé ? Je ne saurais le dire, mais je préfère ne pas lui poser la question. Il revient vers moi, il hésite, il a sans doute peur que je prenne mal ce qu'il va me dire, ou quelques choses comme ça. Et c'est vrai que ses paroles sont assez maladroites. Heureusement qu'il y a la pénombre pour couvrir un peu les traits de mon visage, mais il a malheureusement raison. Je suis quelqu'un de bizarre ce soir. Et c'est tombé sur lui, il n'a pas eu de chance, c'est sur. Mais je n'ose rien lui dire alors qu'il examine toujours le contenu de son sac. Puis finalement, il me propose à boire. J'en souris car il semble avoir pas mal de choses à me proposer même si au fond, je n'en sais rien du tout. C'est peut être une drogue pour m'endormir et me violer. Pourtant, ma garde ne s'élève pas, encore trop amorphe.

" Je vais opter pour le cocktail du chef alors. Au fait, moi, c'est Eärel, enchantée de faire ta connaissance. "

Oui, je n'avais pas eu la présence d'esprit de me présenter pour le moment, mais voilà qui était fait à présent. Il avait un prénom, mon prénom si particulier, qui était à double tranchant. Soit on l'oubliait, soit on le retenait facilement, c'était une des deux choses. Puis finalement, je prenais mon téléphone portable, et j'allumais la lampe torche, histoire qu'on y voit un peu plus clair entre nous deux, comme si je faisais un pas vers lui, pour qu'il m'en dise plus aussi à son sujet, à moins qu'il ne prenne tout simplement peur.


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MessageSujet: Re: Du rêve à quelle réalité ? | Eärel   Dim 12 Aoû - 10:48

La jeune femme rassura donc ainsi l'adolescent: - Oui, oui, ça va aller, ne t'en fais pas pour moi.
Mais elle a répondu après un décalage, ce qui demeure tout de même un peu curieux pour le gamin.
Alors celui-ci lui répond : - Ah bon, au temps pour moi.
Et en réalité il ressent plutôt ceci : *T'es cinglée, mais pas trop, donc OK, je vais faire comme si tout est parfaitement normal. De toutes façon, dans ma situation, je suis pas vraiment à ça près.

(J'ai dit que Tyrone ressent les choses, et certes, il traverse des émotions mieux qu'il ne peut penser, puisqu'il manque énormément de sommeil.)

Comme l'y invite le gamin, la jeune femme a choisit une boisson : - Je vais opter pour le cocktail du chef alors.
Aussi il lui dit à son tour : - Ben OK alors le v'là, devine c'que c'est.
Il lui laisse prendre la bouteille en plastique et apprécier éventuellement le mélange d'eau et de bonbons dilués.

La jeune femme dit : - Au fait, moi, c'est Eärel, enchantée de faire ta connaissance.
L'adolescent a trop besoin de s'inventer une autre vie pour tenter d'oublier celle-ci. Alors il ment tout d'abord sur son nom :
Tyrone : - Eh ben moi c'est Dylan, enchanté moi aussi… Euh… Eärel, ce serait pas un prénom elfique ?

Puis, dans l'obscurité, le faux Dylan voit ensuite Eärel sortir un objet indistinct, et soudain la lumière en sort et l'éblouit très fortement. L'adolescent sursaute à la moindre occasion, car la fatigue qui l'étreint depuis des semaines le rend involontairement fébrile, faisant ressembler sa réalité nocturne à une sorte de thriller. Mais il comprend de quoi il s'agit et libère vraiment un rire nerveux. Et c'est alors qu'il entrevoit le visage de la jeune femme. Il constate donc, un peu surpris :

*Elle a bien l'air d'avoir vingt-cinq, trente ans, et ces yeux sont… bizarres, pas seulement parce que les pupilles sont dilatées, leur expression paraît étrange. Elle a vraiment dû prendre une drogue comme je l'ai supposé.

Il tique un peu, en ressentant les choses plus qu'en les analysant : *Ma foi, si c'est une droguée, elle est certainement déjà plus ou moins condamnée à la déchéance, mais bon ça reste un être humain, et qui sait si ça m'arrivera jamais à moi aussi dans ma situation ?

Et il remarque que les vêtements de la jeune femme dénotent encore un niveau social correct, il éprouve alors une sorte de pincement au cœur : *Oh quel dommage, si cette jeune femme est tombée dans la drogue alors que sa situation n'est pas initialement mauvaise !

Où l'on voit que Tyrone possède un certain don inné pour deviner un peu les choses.

L'adolescent lui-même, éclairé par la lampe du téléphone, avait des cernes sous ses grands yeux bleus, il avait l'air pâle, fatigué, éprouvé par une certaine galère, mais son visage demeurait vraiment jeune et en bonne santé, ses traits étaient parfaitement vivants, même si le gamin semblait nerveux. Ses cheveux blonds trop longs et ondulés étaient bien propres malgré tout. Quant à ses vêtements noirs et informes, ils avaient l'air trop grands, c'étaient comme des pièces rapportées masquant entièrement une constitution qui devait être assez fluette. Le sac de sport, de son côté, était extérieurement tout poussiéreux, hors d'âge, et même déchiré.

Et maintenant, avec une idée d'hébergement éventuel derrière la tête, le gamin veut savoir si Eärel vit seule et dans quel quartier.
Le faux Dylan : - Eärel ? Et ta famille euh elle te laisse te promener comme ça toute seule la nuit ?… Tu viens de loin comme ça ?… Au fait, tu sais seulement où est-ce qu'on est ?

Et il demande aussi : - Et, dis-moi, Eärel, t'aurais des jeux sur ton téléphone ?
La voix de cet adolescent trahissait un vif intérêt à l'égard de cet appareil.

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MessageSujet: Re: Du rêve à quelle réalité ? | Eärel   Mer 15 Aoû - 15:41



Du rêve à quelle réalité ?



Oui, je me voile clairement la face, si tout allait bien pour moi, je ne serais pas ici en cet instant, perdue comme cela n'est pas possible. Mais peu à peu, je reprends contenance après avoir errer durant plusieurs heures dans les rues de la ville sans m'en rendre pleinement compte. Et je tombe sur ce jeune homme, cet adolescent même devrais-je dire qui ne semble pas trop s'offusquer de ma présence. Je ne saurais dire si c'est réaliste, ou si je pense cela à tord, mais son autant pour moi, me laisse dubitative. C'est comme ça, je n'y peux rien mais oui, je suis terriblement dubitative vis à vis de cela. Mais je n'ai pas vraiment de moyen d'y échapper. Pour le moment, il faut que je reste la plus logique possible, la plus lucide possible, car c'est cela qui me fait défaut, il faut dire que le mélange marijuana et DUST, n'est pas le meilleur mélange possible à faire. Mais il m'invite à boire un cocktail, je choisis celui du chef et il me l'offre rapidement comme s'il savait que j'allais choisir celui-ci, à moins que les trois choses désignent la même boisson, je ne saurais dire, je ne suis pas en état de pleinement comprendre tout cela. Il me demande alors de deviner ce que c'est même si je n'en suis pas pleinement certaine. Est ce que je saurais deviner de quoi il s'agit ? Je n'en sais rien. En tout cas, je choisis ce moment là pour me présenter, et lui dire que je suis enchantée de faire sa connaissance. Lui, il s'appelle Dylan apparemment, il est aussi enchanté mais se demande l'origine de mon prénom ce qui me fait sourire. Serais-ce un prénom elfique ? Je n'en sais rien du tout, je n'ai jamais demandé à mes parents, le pourquoi du comment, mais il a peut être raison. Devrais-je lui dire que oui pour satisfaire sa curiosité ? Peut être. C'est à ce moment là que je décide de sortir ma lampe torche, enfin mon téléphone portable qui allait faire office de lampe torche afin que nous puissions mieux distinguer nos traits respectifs, sans rester dans la pénombre. C'est alors que je le distingue mieux, et que je le vois me scruter. C'est un adolescent, il doit avoir dans les 15-16 ans peut être moins, je ne saurais dire. Serait-il en fugue ? C'est une possibilité qui m'effleure l'esprit, mais je n'en dis rien. Je le laisse dans sa phase d'observation.

" Faudrait demander à mes parents pour l'origine du prénom, je t'avoue. Moi, il me va bien, personne n'a le même donc, j'ai cette originalité de par mon prénom. "

Et finalement, sans me douter de rien, je trempe les lèvres dans son cocktail, histoire de voir de quoi il en retourne comme pour me dire que ce n'était ni plus ni moins qu'un peu d'eau. Mais il y a un petit goût acidulé en plus que je ne saurais vraiment dire.

" En tout cas, dans ton cocktail, il y a un petit goût acidulé, mais je ne sais pas ce que c'est exactement. Y'a une note de fruits je dirais. "

Un peu d'eau avec du sirop simplement, ou alors avec un peu de jus de fruit, c'est quelques choses dans ce goût là très certainement mais quoi exactement ? Je ne peux pas le lui dire, sans doute qu'il me le dira de lui-même. Et finalement, l'interrogatoire véridique commence. Il me pose pleins de questions, pour des raisons que j'ignore à moitié. Peut être qu'il veut juste faire connaissance, ou alors qu'il veut peut être profiter de moi. Mais je ne suis pas en état de distinguer les intentions qu'il pourrait avoir malheureusement.

" Oui, j'ai le droit de me promener comme bon me semble. Je suis allée un peu plus loin que je ne l'avais prévu à la base, c'est pour ça que je suis là, mais ce n'est pas un problème. "

Oui, c'est un mensonge, enfin en partie. Je peux agir comme je le souhaite, mais pas de cette façon là, c'est un fait reconnu. Pourtant, je suis bien là. Et si je ne réponds pas clairement à sa question, je lui fais bien comprendre que je ne sais pas exactement là où je me trouve. Puis il me demande s'il y a des jeux sur mon téléphone. Il y en a, pas énormément, mais il y en a oui. Sans doute a-t-il envie d'y jouer au vue de comment il a posé la question, mais s'il joue avec mon téléphone, je regarderais l'écran avec lui, je n'ai pas envie qu'il fasse n'importe quoi avec.

" Oui, il y a quelques jeux, Angry Birds notamment, ils sont drôles je trouve ces petits oiseaux en colère. "

Et sans doute qu'il y a aussi un jeu de solitaire et deux trois bricoles pré installées auxquelles je n'ai jamais vraiment fait attention.


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MessageSujet: Re: Du rêve à quelle réalité ? | Eärel   Dim 19 Aoû - 22:20

PRÉNOM ELFIQUE

Comme l'adolescent demandait à Eärel l'origine du prénom de celle-ci, elle répondit :

E. : - Faudrait demander à mes parents pour l'origine du prénom, je t'avoue. Moi, il me va bien, personne n'a le même donc, j'ai cette originalité de par mon prénom.

Alors Tyrone enchaîne, d'un ton un peu songeur ou peut-être vaguement indifférent :

T. : - Ouais ouais pas mal ça fait elfique.

Le gamin note dans son esprit que la jeune femme a encore ses parents. Il se rend compte aussi qu'elle n'est pas aussi droguée qu'il l'a tout d'abord supposé, il doute en conséquence qu'elle le soit.


COCKTAIL ACIDULÉ

Quant au breuvage qu'il a proposé, Eärel ne fait qu'y goûter à peine mais veut bien en dire ses impressions :

E. : - En tout cas, dans ton cocktail, il y a un petit goût acidulé, mais je ne sais pas ce que c'est exactement. Y'a une note de fruits je dirais.

T. : - Oui t'as deviné ! Tu passes un peu la bouteille, s'te p' ?

Malgré la manière familière qu'a le gamin de s'exprimer, ses façons ne sont du tout ni brut ni tranchées, elles ont quelque chose de naturellement doux et même de gracieux voire d'enjoué. Il prend patiemment la bouteille pour boire une dizaine de gorgées du breuvage. Et ensuite il reprend :

T. : - C'est des SCC dilués dans de l'eau, des Sweet Candy Company quoi, j'ai pris ceux qui sont le plus acidulés. Et si t'en veux tu te sers !

Il pose la bouteille au sol à portée de leurs mains.


PAS DE PROBLÈME ? OU BIEN…

L'adolescent a interrogé Eärel à propos de la liberté ou non de celle-ci de vaquer la nuit, et la jeune femme a alors répondu :

E. : - Oui, j'ai le droit de me promener comme bon me semble. Je suis allée un peu plus loin que je ne l'avais prévu à la base, c'est pour ça que je suis là, mais ce n'est pas un problème.

À ces paroles en fait un peu évasives, ou peut être dans le ton de celles-ci, le faux Dylan sent chez Eärel une réserve ainsi qu'une semi-conscience tout de même suffisantes pour éviter à la jeune femme d'être manipulée trop facilement. Certes, le gamin a fort envie d'être hébergé ou financé par Eärel, mais il lui semble que ces buts deviennent moins réalistes ou plus difficiles à atteindre qu'il ne les a imaginés de prime abord. De même, il sent obscurément qu'il ne peut pas demander trop de renseignements à Eärel sur elle-même en l'interrogeant de manière trop systématique… Il n'a donc plus qu'à laisser les choses suivre leur cours, afin d'espérer instaurer entre lui et la jeune femme une meilleure confiance, mais cela sera-t-il alors à son avantage ? Comme lui-même a été réveillé en pleine nuit et qu'une part des affaires dans son sac de sport vient d'être trempée, il sent monter en lui une légère contrariété il ne sait pas exactement pourquoi. Pour commencer, il n'ose penser ou exprimer clairement que son étonnement de ce qu'Eärel semble assez consciente pour avoir un discours censé :

T : - T'as l'air de t'exprimer normalement. Pendant un moment j'ai eu peur que tu sois vraiment stone…

Et il est plutôt franc dans sa manière de s'exprimer comme le sont généralement les jeunes gens. Mais sans le dire pour le moment, il se met tout de même déjà à réaliser un peu confusément :

*C'est peut-être pas un problème pour toi, mais tu me réveilles en pleine nuit, et en écrasant mon sac tu trempes mes affaires.


LÀ OÙ ON EST

La jeune femme fait comprendre qu'elle ne sait pas où elle se trouve. Et Tyrone la renseigne un peu rapidement mais en joignant le geste à la parole en désignant vaguement différentes directions respectives autour d'eux :

T. : - Par là, c'est le musée d'histoire, par là c'est Lincoln Park, là le Département du Feu, là la bibliothèque publique, et là le lac Michigan.

Bien que cette réponse soit approximative et laconique, elle situe la présente scène vers le centre de Chicago, légèrement vers le Nord-Ouest. Le ton qu'a l'adolescent de fournir ces indications sommaires indique qu'il éprouve une légère lassitude qu'atténue heureusement sa capacité de compréhension et de sympathie. Mais n'est-ce pas tout simplement qu'il est fatigué non par Eärel mais par les circonstances dans lesquelles il survit ?

Car en même temps, il sent, plus que d'habitude encore, ses yeux comme asséchés ; la nuit lui semble bizarrement âpre ; par moments il a l'impression d'être âgé ; il a déjà faim et même temps un peu envie de vomir… en fait il constate combien il se trouve en ce moment en manque de sommeil… c'est sûr il doit avoir des cernes sous les yeux :

*Et m…, je suis épuisé !, et si je devais être raisonnable, je me soucierai tout de suite de mes affaires mouillées et je me recoucherai dès que possible…


1:57 AM !

L'adolescent, une fois éclairé par la lampe torche du téléphone d'Eärel, a demandé à celle-ci avec envie si elle a des jeux sur son téléphone :

E. : - Oui, il y a quelques jeux, Angry Birds notamment, ils sont drôles je trouve ces petits oiseaux en colère.

T. : (aussitôt enthousiaste et vraiment enjoué) - Ouais, trop frais ces oiseaux de ouf ! Eh j' peux regarder ?

Il s'assoit aussitôt auprès de la jeune femme et attend diligemment qu'elle lui passe l'appareil.

Il est visiblement intéressé, comme magnétiquement captivé par le téléphone. Il y a là cet attrait insensé et sans réserve aucune d'un adolescent vis-à-vis des possibilités d'images en mouvement, d'autant plus immodérément si elle peuvent abolir sur l'instant toute souffrance notamment due à sa présente situation.

La jeune femme laisse le gamin prendre le téléphone. Mais il lui demande de déverrouiller l'appareil (et si Eärel y tient il détournera le visage pour ne pas voir comment elle débloque le téléphone). Le gamin attend poliment qu'Eärel lui passe l'appareil déverrouillé. Mais quand il l'a entre ses mains, il regarde l'heure incrédule (1:57 AM à en croire l'écran), puis la voix modulée et expressive de ce garçon s'exclame tout à coup :

T. : - Eh mais je RÊÊÊVE, il est même pas DEUX HEURES DU MAAAT' ! EÄREEEL ! (Puis i pleurniche presque) D'abord tu écrases mon sac et la bouteille d'eau dedans qui mouille mes affaires, et en plus tu m'réveilles en pleine NUIIIT, j'chuis épuisééé moi !…

Il y a dans ces brèves paroles l'accent de la sincérité, qui laisse avouer la galère dans laquelle évolue réellement le faux Dylan.


ET ON FAIT QUOI ?

Mais celui-ci ne demeure nullement dans la plainte, puisque sitôt après, d'un ton mi blasé mi déçu, il pose à Eärel la question qui tourne déjà dans son esprit depuis une bonne minute :

T. : - Et on fait quoi maintenant ? Si t'es trop stone, on reste ici ; exemple je pourrai dormir de ce côté-là.

Il montre alors en face près du grillage, à trois quatre mètres d'où ils se trouvent, où il pourrait aller dormir, mais c'est un endroit plus exposé au passage.

Le gamin croit alors avoir suggéré subtilement à la jeune femme qu'elle l'invite chez elle si la chose est possible, mais il ne s'attend pas à ce qu'elle le fasse si elle n'est pas dans son état normal.


EN ATTENDANT, JOUER POUR OUBLIER

Puis il a une grande aisance à commencer à explorer déjà un minimum le répertoire ludique et à manipuler rapidement et comme sans aucun effort ce qui concerne un jeu. Et il ne cache certes rien à Eärel de tout ce qu'il fait. (Ce n'est pas que Tyrone soit un expert du tactile, il n'en a pas eu entre ses mains depuis au moins un an ou deux, et encore ce n'était même pas le sien, mais celui d'un habitant du campement nomade où il vivait avec sa mère et sa sœur, mais il a encore de bon réflexes.) À cette allure, les quelques petits jeux présents dans le téléphone seront vus ou testés en un tournemain. Les sons, les coloris, les mouvements palpitent déjà dans des ballets chatoyants qu'il s'amuse à animer apparemment sans aucune difficulté mais sans passion manifeste non plus.

Étant donné qu'il y a toujours des problèmes auxquels le gamin doit faire face au quotidien, l'âge adulte lui viendra peut-être un peu plus tôt, bien que ce ne soit pas encore le moment. Il essaie encore de s'immerger complètement dans le jeu pour s'en trouver subjugué, aboli, mais il ressent une déception que les choses qu'il doit régler demeurent encore un peu à son esprit. Les pensées de Tyrone vont par nécessité un peu tout de même à ses affaires mouillées et à comment faire pour se rendormir si toutefois la chose est possible et cela le perturbe un peu.

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MessageSujet: Re: Du rêve à quelle réalité ? | Eärel   Ven 24 Aoû - 23:09



Du rêve à quelle réalité ?



Est ce que j'ai vraiment un prénom elfique ? Je me le demande maintenant, à vrai dire, je ne me suis jamais vraiment posée la question, peut être que j'aurais du pour paraître moins bête devant l'adolescent. Mais cela n'a pas grande importance, dans l'instant, je demanderais à mes parents, si j'y pense quand je rentrerais, si j'arrive à rentrer chez moi un jour, car pour le moment je ne sais pas du tout où je me trouve, dans une ruelle, d'accord, mais où exactement dans Chicago, je l'ignore, même si ça ne me fait pas plus peur que ça. J'ai grandi ici, je connais bien la ville quand même. Lui, il semble vaguement persuadé que j'ai un prénom elfique et je ne le contredit pas, surtout qu'il me propose son cocktail. J'en bois une ou deux gorgées, histoire de voir quel goût il y a, parce qu'on ne sait jamais même s'il en boit lui aussi. Peut être qu'il y a quelques choses dedans qui pourrait me faire plus de mal que de bien, mais en vérité, c'est surtout de l'eau avec un petit goût acidulé mais je ne sais pas exactement quoi. Mais j'avais devinée visiblement, y'a un petit goût de bonbons dedans. Il a envie de boire, alors je lui redonne sa bouteille sans rien dire de plus puisqu'il me l'a demandé gentiment, bien que familièrement. J'ai l'impression de déjà être sa pote alors que ce n'est pas encore le cas. Mais bon, je ne suis pas dans une bonne situation pour prendre la poudre d'escampette, là, tout de suite. J'émerge, doucement mais sûrement, mais je reprends pieds plus vite que je ne le pensais avec la réalité. Il reprends tranquillement sa bouteille et en bois un peu, me disant la nature exacte des bonbons, et que si je voulais, je pouvais me servir à ma guise. Je n'ai pas vraiment soif à vrai dire, pas encore, pas pour le moment tout simplement. Mais si jamais une petite soif me prends, je me servirais même si je ne veux pas lui boire toute son eau. Moi, je peux en avoir chez moi sans soucis. Lui, je ne sais pas vraiment, mais je préfère ne pas trop m'imaginer de choses. Puis, pour répondre à son autre question, je reste assez vague. Je peux vaquer à mes occupations comme bon me semble, c'est vrai, mais là, j'ai dépassée les limites de mon périple habituel parce que j'étais grave défoncée même si là, c'est en train de passer. Mais j'ai eu la chance de ne pas rencontrer d'obstacles avant, comme si mon sixième sens avait réussi à me les faire éviter, et là, qu'il se détracte, j'ai trébuché sur ce pauvre garçon. Je l'ai réveillé au milieu de la nuit, enfin, je suppose. Je ne sais pas s'il l'a remarqué d'ailleurs, je sais que je ne dors pas facilement quoiqu'il arrive donc un peu plus un peu moins, ce n'est pas le problème pour moi. Il ne me dit rien à se sujet, constatant que je parlais normalement même s'il avait cru au début que j'étais totalement stone. Il a remarqué mon état et il me le dit sans langue de bois, avec toute la franchise qu'il possède. Cependant, je ne le prends pas mal, il y a peut être une vingtaine de minutes, je ne sais pas si j'aurais réussi à pleinement tenir un discours assez cohérent. Mais je me garde bien de le lui dire, car pour le moment, cette rencontre reste agréable, plus agréable que je n'aurais pu l'imaginer à vrai dire. Il me donne alors quelques indications géographiques. Je sais donc maintenant approximativement où je me situe. Je souris légèrement, je regarderais le nom de la rue, ou sur Google Maps si jamais, je n'arrive pas à mieux me situer évidemment. Je nous éclaire donc avec la lampe torche de mon téléphone et là, tout d'un coup, il semble vouloir jouer avec. Peut être qu'il va vouloir envoyer des sms à je ne sais trop qui ? C'est possible, alors je réponds juste à sa question par rapport aux jeux. Je lui réponds qu'il y a Angry Birds dessus, je n'y joue que très rarement, mais le jeu est bien là sur mon téléphone. Il semble enjoué, heureux de pouvoir jouer au jeu puis il découvre l'heure, qu'il est 2h du matin et là, c'est le drame, sa réaction me surprends, surtout qu'il me dit, je ne sais trop quoi à propos d'une bouteille d'eau et de ses affaires mouillées. Il dit qu'il est épuisé, mais c'est normal s'il dort dans la rue comme ça, encore plus quand des personnes comme moi viennent le troubler dans un sommeil déjà léger. Je sais pas quoi en penser, je vous avoue bien. C'est pas qu'il me fait peur, mais là, je trouve ça bizarre quand même. Il me demande alors ce qu'on fait, il me propose de dormir ici ? Oui, je ne rêve pas, il me le propose réellement, chose que je ne comprends pas. Ce n'est pas parce que je me suis assise ici, que je vais rester le restant de la nuit. Mais je ne sais pas quoi lui répondre, surtout que finalement, il joue avec mon téléphone.

" S'il n'y a que ça, je peux te proposer de laver tes affaires si tu veux. Il y a une laverie automatique ouverte 24h/24 si je visualise bien où est ce qu'on est, ça peut se faire. Pour ta bouteille, je peux t'en acheter une autre à la supérette du coin qui est aussi ouverte toute la nuit. "

Je ne suis pas sûre de moi pour les deux lieux, mais au pire, je peux marcher un peu, il peut même venir avec moi pour être sûr que je ne lui pique pas ses affaires même si je n'en vois pas l'intérêt, je dois l'avouer. Mais peut être que ça lui plaira pas, peut être qu'il veut finalement juste dormir. Dans ce cas, je vais m'en aller, et le laisser se rendormir après qu'il se soit amusé avec mon téléphone. A sa guise, j'ai envie de dire.

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MessageSujet: Re: Du rêve à quelle réalité ? | Eärel   Jeu 30 Aoû - 9:05

Voilà qu'Eärel dit :

E. : - S'il n'y a que ça, je peux te proposer de laver tes affaires si tu veux. Il y a une laverie automatique ouverte 24h/24 si je visualise bien où est ce qu'on est, ça peut se faire. Pour ta bouteille, je peux t'en acheter une autre à la supérette du coin qui est aussi ouverte toute la nuit.

Alors qu'il joue une partie d'Angry Birds, le gamin éprouve des sentiments contradictoires. Il songe entre autres que si jamais la jeune femme repartait seule et trop confiante d'elle-même dans la nuit à travers les ruelles désertes, cela pourrait être pour elle une source de danger. Il se doute qu'il vaudrait bien mieux qu'il accompagne Eärel, même s'il n'est qu'un adolescent.

Il aimerait aussi pouvoir dire à la jeune femme que ce n'est pas grave si ses affaires à lui sont mouillées, il n'a qu'à les enfiler sur lui malgré la fraîcheur de la nuit, et elles sécheront vite. Et surtout il y a peu de linge sale. Quant à la bouteille d'eau ce n'est vraiment pas grand chose non plus.

Et puis il a sommeil, il devrait plutôt se recoucher par terre dans cette ruelle s'il veut pouvoir supporter la prochaine journée qui sera tout aussi longue et fastidieuse que les jours précédents. Le gamin ne juge donc pas la proposition d'Eärel tellement appropriée.

D'un autre côté, il a très envie de passer toute la nuit à jouer avec le téléphone.

Cependant a-t-il le droit d'oublier ses propres intérêts lorsqu'ils se rappellent à lui de manière aussi lancinante ? N'est-il pas dans le besoin de quelque confort matériel, voire même alimentaire, si ce n'est même simplement humain ?

C'est cette contradiction ces différentes pensées qui le gène, certes sa vie n'est faite que de contradictions entre différents buts souvent inatteignables, mais il n'arrive toujours pas à s'y retrouver.

Il perd aussitôt la partie contre le programme ludique. Il s'avère incapable sur le moment de recommencer une partie.

Ce n'est pas tant que ses affaires soient sales, mais il sent obscurément que peut-être il devrait saisir toute opportunité de pouvoir discuter avec quelqu'un pour peut-être obtenir un peu plus. Et n'a-t-il pas envie de s'en remettre à une personne adulte ? Peut-être que pour une fois il pourrait passer un peu la main à la jeune femme, pour voir comment elle gère les choses ? Il veut croire sans doute assez naïvement que la jeune femme restera assez longtemps en sa compagnie.

Est-ce que le chien errant sait pour quelle raison il suit un passant ? Il y a en Tyrone de ce chien qui espère il ne peut savoir quoi et se trouve démuni face au choix du chemin à prendre. Il ne peut guère maîtriser ni apprécier vraiment les choses. Il est encore bien trop jeune pour cela.

Il n'en oublie certes nullement d'être à l'affût de la moindre occasion d'améliorer sa situation, mais il est momentanément un peu déstabilisé, d'où une certaine franchise chez lui que favorise même sa fatigue. Et comme toujours son sentiment de culpabilité recommence dès lors à le ronger.

Il répond donc à Eärel, mais avant cela il hésite une seconde, il a l'air complètement perdu, cela s'entend dans sa réponse, puis il acquiesce aussitôt de manière plus décidée. Sa voix montre qu'il est vraiment présent à cette conversation :

T. : - Euh… Pourquoi pas… T'inquiète, la bouteille, les affaires, c'pas grave !, c'est juste que je suis fatigué, mais OK, j'te remercie, la laverie et l'épicerie, ça me rendra bien service !… Mais là, euh, tu te sens assez bien ? Eh t'façon, je t'accompagnerai, à deux on risque moins d'être emm…, hein ?

Il rend le téléphone à la jeune femme.

T. : - Dis, tu veux bien essayer de battre mon score ?… Pendant ce temps, je vais… me changer s' tu veux…

Il s'éloigne de quelques pas dans l'obscurité. Il préfère se changer maintenant que l'obscurité le dissimule, en vue d'une prochaine lessive. En vérité, ce gamin s'arrange pour que ses affaires soient assez propres, cette lessive n'est pas essentielle à ce moment-là, mais elle peut être une occasion soit de prolonger cette compagnie avec Eärel, ou peut-être de pouvoir obtenir d'elle quelques aliments à la supérette, comme par exemple d'autres bonbons acidulés de la Sweet Candy Company.

T. : - … à condition que tu regardes pas. Regarde surtout pas. D'accord ?

Le gamin semble désappointé. Il est difficile de décrire à quel point il se sent vulnérable à ce moment. Il guette les alentours en ôtant puis serrant à sa taille son sweat-shirt. Il se barde de protections symboliques bien plus que nécessaires. Il prend de quoi se changer dans son sac, quelques affaires qu'il tord bien pour en extraire l'eau, tout en continuant de surveiller les alentours et la jeune femme. Il trouve même à détourner l'esprit de la jeune femme sur un autre sujet :

T. : - Et tes parents, alors, ils sont comment avec toi ?

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Children who live on the streets are called “Dirty kids”. [...] In the United States estimates range as high as 2.8 million youth being categorized as homeless each year. [...] Of all the homeless individuals in the United States, over 40 percent are under the age of 17. (Huffingtonpost)
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MessageSujet: Re: Du rêve à quelle réalité ? | Eärel   Sam 8 Sep - 23:57



Du rêve à quelle réalité ?



Je lui propose un deal intéressant, enfin, je le trouve sympathique disons. Vu que j'ai sali ses vêtements, vu que j'ai écrasé sa bouteille, je lui propos de faire un peu de lavage, et aussi de lui en acheter une autre pour que ça le fasse pour lui. S'il est dans la rue, il doit avoir besoin de tout ça, je suppose. Mais il est pris dans mon téléphone, il s'amuse avec Angry Birds, je n'ai pas même fait attention au niveau qu'il a essayé, mais il l'a réussi visiblement à en croire les trois étoiles que je vois s'afficher sur l'écran. Peut être qu'il l'a réussi du premier coup, je ne saurais dire, je n'ai pas été assez attentive pour le coup. Il me demande si je me sens assez bien pour agir de la sorte, mais si je ne me sentais pas en état, je ne lui aurais pas proposé d'agir ainsi, ça me parait logique, mais peut être que ça ne l'est pas pour lui au fond. Je ne sais pas comment il fonctionne, différemment de moi de toute évidence, il est un peu dans son monde, comme je suis dans le mien, pourtant, je suis bien dans ma réalité, celle avec les cours de médecine, mais je ne sais pas comment tout cela va se terminer si je continue ainsi. Cela se finira mal de toute évidence, je le sais bien. Pour le moment, je ne suis jamais arrivée défoncée en cours, mais qui sait si cela n'arrivera pas un jour ? Je ne sais pas, je préfère ne pas me l'imaginer, ça me mettra tellement mal à l'aise, de ne pas réussir à aligner trois mots, ou quelques choses dans ce genre là.

" T'en fais pas, je me sens bien, y'a pas de soucis pour ça. "

Il me rend mon téléphone, et me dis de jouer au jeu pour tenter de battre son score pour qu'il en profite pour se changer. Je ne vois pas trop l'intérêt qu'il se change, mais s'il le désire, alors c'est à son bon vouloir. Il me demande de lui accorder un peu de répit, pour qu'il se change, alors je le lui accorde.

" Oui, d'accord. "

Alors je me lance dans une partie, mes doigts glissent sur le téléphone pendant qu'il est en train de se changer. J'explose quelques caisses, et les fameux cochons verts. Je ne sais pas ce que les créateurs ont fumés pour voir des cochons verts, mais après tout pourquoi pas, c'est ce qui a fait une partie du succès du jeu. Puis, il me pose une question, il me parle de mes parents. Comment est ce qu'ils sont avec moi. Cela dépends des jours à vrai dire en ce moment, mais c'est un peu tendu depuis que mon père à découvert que je fumais un peu d'herbe. Il n'a pas apprécié, il pense que c'est juste pour découvrir, il ne sait pas que j'en fume depuis plusieurs mois, régulièrement.

" Cela dépends des jours mais en général, ils sont très protecteurs avec moi. Les tiens sont comment ? ... Yes, j'ai explosé ton score ah ah ! "


Je lui ai retourné la question, pour en savoir plus sur lui, même si au fond, cela n'a pas d'importance. S'il est ici, peut être qu'il n'a plus de parents, peut être qu'il a fugué et que donc il est porté disparu. Je n'en sais trop rien, je ne sais pas s'il voudra me répondre. Et puis c'est un petit cri de victoire qui s'offre à moi en voyant les trois étoiles avec le new high score qui s'affiche sur l'écran. Peut être qu'il voudra tenter de le battre à nouveau, ou pas, je ne saurais dire.


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