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Kean Devaney


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MessageSujet: (FLASHBACK) The axe forgets but the tree remembers. [Euros]   (FLASHBACK) The axe forgets but the tree remembers. [Euros] EmptyMer 5 Sep - 18:46

The axe forgets but the tree remembers.



March, 2018

La cigarette s’écrase au sol, la fumée est soufflée et Kean jette un regard circulaire avant de s’approcher de l’immeuble dans lequel il pénètre avec une certaine nonchalance, comme s’il vivait ici en fait. Il se faufile, se fond dans le décor. C’est qu’il se dirige en direction de l’appartement comme s’il avait l’habitude d’y venir souvent. Il faut dire qu’il est déjà venu, faire de la reconnaissance. C’est qu’il n’est pas stupide Kean, et encore moins imprudent. Avant de la coincer ici, de la mettre devant le fait accompli, il a fait ce qu’il avait à faire : des recherches. Il est sorti de prison depuis quoi, deux semaines ? Oui à peine et pourtant, c’est une des premières choses qu’il a faite : se renseigner sur Euros, voir un peu quelles étaient ses habitudes, où elle habitait, ces petites choses qui ont permis à Kean de se faire une idée de comment venir la trouver. Où. Quand. Comment. Il est donc là, alors qu'elle devrait rentrer chez elle d'ici une heure tout au plus. Tout est millimétré. Prévu. Préparé. Tout comme il a préparé de quoi pénétrer à l'intérieur de son appartement en toute illégalité. Le voilà qui arrive devant la porte du dit appartement et là encore un regard circulaire, oreille tendue, pour s'assurer que personne ne vient. Puis les outils sont sortis, la serrure assez rapidement ouverte et il pénètre à l'intérieur. Il n'oublie pas de refermer derrière lui. Non, rien n'est laissé au hasard. Les mains gantées lui évitent que la moindre empreinte lui appartenant ne soit posée ça et là. La lumière n'est pas allumée, c'est d'une lampe torche qu'il se contente : si l'appartement est allumé et visible de l'extérieur, Euros sur son retour comprendra que quelque chose cloche, que quelqu'un est là. Et il veut la surprendre, pas se retrouver de nouveau derrière les barreaux parce qu'elle aura appelé du renfort. Alors oui, il se faufile à l'intérieur de l'appartement, guidé uniquement par sa petite lampe torche. Sa mâchoire se crispe, ses muscles se tendent quand il voit l'allure du loft. Elle a bien remonté la pente, pour sûr. S'il fouille ? Bien entendu. Mais bien vite il se rend compte que s'il y a quoi que ce soit de compromettant, ce n'est pas ici qu'il le trouvera ou alors, si c'est ici, c'est foutrement bien planqué. Alors il finit un peu bredouille Kean sur ce coup-là. Pas même un papier qui en vaille la peine à se mettre sous la dent.

Et ça le fait enrager Kean.

Le téléphone vibre dans la poche intérieure de sa veste en cuir et il s'en saisit pour voir que c'est Trinity qui l'appelle. Il hésite puis décide de répondre pour éviter qu'elle insiste.

« Oui ?
- Est-ce que tu rentres pour dîner ? »

Parce que parfois il est là, parfois il n'est pas là. Avant son incarcération, il mettait un point d'honneur à être présent à tous les dîners à la maison, il ne les manquait que quand il n'avait vraiment pas le choix. Mais depuis sa sortie c'est différent. Pour le moment, il a trop de choses à régler à l'extérieur, et ce qu'il est en train de faire fait partie de ces choses qu'il a à régler. Alors Trinity appelle, comme à chaque fois qu'il n'est pas encore rentré à cette heure-ci.

« Je ne pense pas non. »

Il est tendu Kean. Très tendu. Et c'est simplement le fait de se trouver dans l'appartement d'Euros en ayant sa femme au téléphone qui le met dans cet état. Il est dans l'appartement de celle qui a été sa maîtresse avant qu'il ne finisse en taule, celle dont sa femme ne veut rien connaître mais dont elle veut entendre parler si... Non, pas de si.

« D'accord. Fais attention à toi. »

Car elle a conscience Trinity que, peu importe ce qu'il est en train de faire, ce n'est pas sans risque.

« A tout à l'heure. Je t'aime. »

Et il le pense quand il le dit. Il le pense vraiment. L'amour n'a jamais été le problème, l'amour n'a jamais manqué dans son couple, ni même le plaisir trouvé entre les cuisses de sa femme. Et ça ne l'a pas empêché d'aller voir ailleurs non mais Euros avait ce quelque chose de si différent, de si grisant, de si délicieux... Il balaye la pensée d'un bref mouvement de la tête avant de raccrocher. Son attention est toute reportée à l'intérieur de l'appartement alors qu'il range le téléphone. Un bref coup d'oeil à sa montre éclairée par la lampe torche et puisqu'il a encore du temps devant lui, il retourne sur ses pas pour rouvrir un meuble qui recèle des bouteilles d'alcool qui ont tout de suite attiré son attention. Parce qu'il a conscience que ce qui s'y trouve est de l'excellente qualité et il n'a aucun remord, Kean, à se servir. Il a bien conscience de ce qui peut payer ce genre de bouteilles alors non, aucun remord. Pas alors qu'il a pourri en prison pendant onze ans : il la mérite cette bouteille. Il la mérite et il s'en saisit, récupère un verre et va s'installer sur le canapé. Le verre est rapidement rempli du liquide ambré dont l'odeur chatouille très agréablement les narines de l'irlandais et le goût, quand le liquide se faufile dans sa gorge est aussi agréable que l'est l'odeur. Ce whisky est tout bonnement divin. Les jambes sont croisées, la lampe torche éteinte et il reste ainsi. Assis. Dans le noir. Se remplissant un second verre quand le premier est vide. Il attend.

Il l'attend.



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Euros O'More


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MessageSujet: Re: (FLASHBACK) The axe forgets but the tree remembers. [Euros]   (FLASHBACK) The axe forgets but the tree remembers. [Euros] EmptySam 13 Oct - 23:00

The axe forgets but the tree remembers
Euros & Kean

Celui-là seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir” Ch. Baudelaire.

« Il va finir par venir tu le sais ça ? » Elle lui sourit. Isaiah ne fait que lui dire, que l'avertir. Mais Euros sait déjà très exactement à quoi s'en tenir. Elle s'en doute du moins, se fait une vague idée bien loin de tout véritablement mesurer. Elle lui sourit. Au milieu des hommes qui braillent fort dans leurs habits noirs ; au milieu du bois verni et sale du grand bar, elle lui sourit. Robe blanche droite comme un fourreau de douceur à l'arrivée de l'été, elle est un agneau tendre dans un groupe de hyènes. Une vérité dans un paquet de mensonge ; ou l'inverse. A force on ne sait plus vraiment avec elle. « Tu veux qu'il fasse quoi ? Qu'il me tue ? » Elle rit. Désormais elle rit d'ironie. Soupire discret d'entre ses lèvres pincées, elle se gausse avec une juste fausseté du futur danger. « Je n'avais pas le choix ; je l'ai dis et répété sans arrêt. Sans moi il y a un manque à gagner pour vous. Je sais que je ne représente qu'un infime pourcentage du business tout entier mais je suis relativement porteuse dans votre marché. Ce n'est pas dans son intérêt de mener une vendetta pour quelques années qui ont été bénéfiques au plus grand nombre n'est ce pas ? » Aussi adorable qu'intolérable, la femme fait face au chef des Black Crows qui esquisse un rictus à mi-chemin entre les opposés qu'elle lui inspire. « Et c'est quelque chose que tu lui as dit et répété évidemment Isaiah. » Le whiskey qu'il tient entre ses doigts coule une énième fois. La fumée s'élève des clopes allumées et bientôt la main féminine l'arrête. Euros avorte le coulis brun qu'il se sert pour l'inviter, ou plutôt le forcer à répondre. « J'ai pas eu l'temps de voir avec lui encore. On a fait c'qu'il fallait pour sa femme et ses gosses comme on l'a fait pour tous les gars qui y sont passés mais j'sais juste que ça va pas lui suffire. On a eu beau discuter quand il était là bas, il est encore bloqué sur c'qui s'est passé. » Les agréables petites lèvres ne font que s'étirer sous le ravissement feint et sans fin qu'elle porte à l'égard de la situation. « Et tu n'as pas l'intention d'intervenir si il est décidé à aller trop loin ? » L'homme hausse les épaules. Il fait rouler les plis de sa chemise par dessus les muscles secs de ses bras accoudés contre le comptoir. « C'est pas vraiment mon problème ma jolie. » Il sort un long cigare de sa poche, s’affaire à en couper le bout à l'aide d'un accessoire d'or à la lame aiguisée. Une allumette craque, son quasi imperceptible dans le brouhaha ambiant du Maureen's Tavern. « Il va se dire que c'est c'qu'il doit faire, il va essayer et puis se raviser. Il a encore sa femme et ses marmots qui l'ont attendu, c'est suffisant pour pas retourner au trou une seconde fois crois moi. Il va se raisonner tout seul ; tu devrais juste faire gaffe avant qu'il le fasse c'est tout. J'ai une machine à faire tourner, si tu m'fournis pas j'vais d'voir attendre un moment avant d'retrouver de quoi carburer et j'ai clairement pas l'temps pour ça. » Là, il se retourne, se décale volontairement d'un tabouret avant de liquider un autre verre. Des flics sont entrés derrière eux. C'est soir de match il paraît. « J'ai 80 kilos qui peuvent sortir d'ici mercredi prochain. Cocaïne, pure, saisie par mes amis de la douane dans un conteneur qui n'a, bien sur, pas été déclaré, ni réclamé. » Elle lui tourne le dos, fait un signe de tête et lève sa boisson en direction de ses collègues sans arrêter la conversation. « 930 si j'me fis au prix du marché. » Évidemment, ici, derrière les 900 se trouvent trois autres zéros. « Tu m'fais économiser que 300 environs ma belle, va falloir arrondir ton prix. » Il se lève, commence à s'éloigner de là où elle se trouve pour serrer la main à trois habitués non loin de là. Et puis il revient brièvement sur ses pas pour l'écouter. « J'ai 3 équipes à payer pour que le conteneur te soit livré en même temps que tes importations. Je baisse à 900 c'est tout. Tu rappellera quand tu seras intéressé. »

Sur ce, sans joie, sans compassion et sans aucun sentiment qui pourrait poindre à l'égard de cet échange et de son interlocuteur, Euros avance ses fines jambes afin de quitter le taudis irlandais. Il se fait tard déjà et la nuit a pointé depuis un bon moment le bout sombre de son nez. D'un pas vif la femme regagne sa berline de location et rejoint rapidement la teneur plus somptueuse des quartiers qui abritent son loft. Dans le hall de la résidence, tout est calme. Le gardien a déserté la réception et le sol lustré réverbère les spots des issues de secours. Elle entre. L’ascenseur bringuebale silencieusement dans les étages avant de l’amener à son point de grâce et de culminance. Clés dans la serrure, elle tourne, ouvre, avance et s'attarde un instant dans la pénombre. Plus loin, le terrarium abritant le serpent rare vient de s'allumer. Il empli soudain la pièce d'une lueur rouge. Étrange. Au loin, une ombre tremble, oscille et fait tinter un verre contre le bois noir de la table basse. Le cœur accroché, l'arrogance en masque de beauté, Euros inspire profondément pour se redonner contenance et décide volontairement de se contenter du mystère qu'offre la pâle lumière primaire. « Bonsoir Kean. » Le néon grésille, dégage sa chaleur sur le reptile comme sur l'homme qui gagne en hauteur à sa rencontre. « Je dois t'avouer que je suis surprise. J'avais pensé que tu mourrais d'envie de me retrouver immédiatement à ta sortie. » Quelques mètres les séparent, exultent la menace, le danger. La séduction. L'iris des yeux se donne un parcours sensible, ostensiblement visible. Euros détaille tous les traits masculins auparavant conquis. Il se tient droit, rêche, sévère, ouvert à toutes les colères, à tous les fracas, à toutes les palabres même les plus douces et amères. « Le temps semble avoir été plus que bénéfique sur toi. » Plus que quelques centimètres désormais, elle s'approche, en a le courage, se souvenant du fait qu'il est bien incapable de la tuer. En théorie. Son bras frêle amorce de dessiner le buste, le torse et les courbures soignées par les années. Il le fait, distant, sans toucher. La brune fait face à un animal indompté, qui grogne en silence et qu'elle a bien envie de caresser. Du bout des doigts, une mèche qu'il a le long de son front est remise en place. La sorcière qui l'a certainement tant hanté s'en remet qu'à un sort, un geste. Léger.
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MessageSujet: Re: (FLASHBACK) The axe forgets but the tree remembers. [Euros]   (FLASHBACK) The axe forgets but the tree remembers. [Euros] EmptyMar 16 Oct - 9:24

The axe forgets but the tree remembers.


Bruit de clés dans la serrure et la main se resserre autour du verre qu'il cesse pendant un instant de porter à ses lèvres. Juste un bref instant puisque bientôt, le verre vient rencontrer les lèvres de l'irlandais et il termine d'en vider le contenu alors que la silhouette apparaît dans la pénombre. Il la devine plus qu'il ne la voit véritablement mais cela suffit. Oui, cela suffit à faire naître des émotions assez contradictoires et chaotiques dans le cœur de l'irlandais. La colère arrive en premier bien entendu. Cette colère sourde et si puissante qui alimente ses veines depuis des années et des années et des années. La rancoeur aussi, vive et tranchante puisqu'il lui en veut. Il lui en veut tellement... Mais le désir également, celui qu'elle a su faire naître en lui alors qu'il n'avait jamais regardé une autre femme que son épouse. Ce désir qui dans le fond ne l'a jamais quitté, même entre les quatre murs de sa cellule glaciale. Soudain une lumière s'allume. Rien de bien aveuglant, au contraire, une lumière sombre, une lumière rougeâtre, une lumière qui est presque comme un signe du Seigneur lui-même  : une lumière qui reflète bien ce que Kean ressent en cet instant. Et il la voit mieux, elle. Elle qui est là, arrogante dans son attitude. Si arrogante. Kean repose le verre sur la table basse. «  Bonsoir Kean.  » qu'elle lance finalement le plus naturellement et le plus simplement du monde. Comme si elle n'avait strictement rien à se reprocher. Comme si elle n'était pas la responsable des onze années que Kean a passées derrière les barreaux. Il se redresse, les muscles tendus. Extrêmement tendus. La lumière vacille un peu mais le néon ne s'éteint pas. Kean et Euros sont baignés de cette lumière qui dans le fond leur va si bien, à tous les deux. Les poings serrés, le visage fermé, et les yeux plus noirs qu'ils ne l'ont jamais été, Kean s'avance vers Euros. Doucement. Il ne dit rien, sa mâchoire est pour le moment bien trop crispée pour cela. Il n'a cependant pas besoin de briser le silence puisque c'est Euros qui s'en charge en osant parler de «  sa sortie  ». En osant parler de ce qu'il pouvait mourir d'envie de faire. Elle n'a pas idée. Non, elle n'a pas idée à quel point le serpent de la vengeance est déjà tout enroulé autour du corps de Kean jusqu'à lui rendre l'existence presque impossible. Non, il n'est pas venue la trouver. «  J'avais autre chose à faire.  » qu'il parvient finalement à siffler entre ses dents serrées en s'arrêtant dans son avancée. Craint-il sa propre attitude s'il venait à trop s'approcher d'elle  ? Il sait qu'il ne peut pas grand chose contre elle. Il sait que lui faire du mal c'est se mettre en danger. Et comme il enrage d'être à ce point-là bloqué mais, bloqué ou pas, oui, il craint ses propres gestes.

Il craint ce qu'il pourrait se passer si la colère l'emportait sur tout le reste avec Euros à portée de main.

«  Le temps semble avoir été plus que bénéfique pour toi.  » qu'elle ajoute finalement en se rapprochant de l'homme qui lui ne bouge plus d'un centimètre, plus tendu encore que quelques secondes auparavant. Elle ose... Oui, elle fait preuve d'une telle audace que cela fait davantage monter la colère encore. Elle lève le bras, le torse de Kean se soulève alors qu'il prend une profonde inspiration. Pour tenter de se contrôler  ? Oui. Mais pour contrôler quoi  ? Sa colère  ? Le désir  ? Les deux vraisemblablement. Les deux. Ses lèvres s'entrouvrent juste assez pour laisser échapper l'air jusque-là situé dans ses poumons. Il essaye de garder son calme. Il essaye véritablement. Et c'est fort difficile avec ce geste d'Euros car, bien qu'elle ne le touche pas, il y a dans son geste une telle sensualité que Kean en ressent quelques frissons sur la nuque. Elle a ce pouvoir sur lui. C'est totalement fou, mais elle a ce pouvoir sur lui. Et elle ose encore plus Euros. Elle ose quand elle vient, du bout des doigts, remettre en place une mèche qu'il a sur le front. Si le bref toucher l'électrise, il est en même temps en proie à un soudain élan de colère. Alors sa main, ferme bien que tremblante se referme sur le poignet d'Euros. Et il serre Kean. Il serre. Sans doute un peu trop mais elle ne bouge pas. Elle ne cille pas.

«  J'ai eu onze ans pour ne m'occuper que de moi.  » qu'il termine par dire dans un souffle vibrant de colère aussi certainement que la poigne autour du poignet d'Euros se fait de plus en plus ferme. «  J'imagine que je dois te remercier pour ça  ?  » qu'il ajoute en se rapprochant un peu d'elle. Et qu'il est dangereux de se rapprocher autant. Qu'il est dangereux... Comme il voudrait la briser tout comme il voudrait encore la posséder et cela le met davantage en colère. «  Merci.  » qu'il crache presque à la figure de la femme. Et il devrait lâcher son poignet à présent mais ne le fait pas. La poigne reste ferme, un brin violente et il abaisse finalement le bras d'Euros. Et il penche doucement son visage vers le sien, le souffle un peu plus rapide, son cœur s'accélérant tant par la colère que par ce qu'une telle proximité fait naître au plus profond de son corps. «  Et toi, tu devrais remercier les miens, ce que ta vie représente pour leurs affaires...  » Un silence. C'est le serpent de la vengeance qui prend la parole. «  Tu serais déjà morte sinon.  »

Mais est-ce vrai  ? Si elle n'avait pas ce poids dans les affaires des Blacks Crows, irait-il jusqu'à la tuer  ? Rien n'est moins sûr. Non, rien n'est moins sûr.

Parce qu'il n'a toujours pas lâché son poignet.



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MessageSujet: Re: (FLASHBACK) The axe forgets but the tree remembers. [Euros]   (FLASHBACK) The axe forgets but the tree remembers. [Euros] EmptyDim 27 Jan - 2:36

The axe forgets but the tree remembers
Euros & Kean

Celui-là seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir” Ch. Baudelaire.

Il est à quelques centimètre seulement. Il est à quelques millimètres tout au plus du frémissement léger du décolleté français, de la noirceur translucide de la dentelle travaillée. Il est là. Là, éloigné de seulement un pas. La surprise vient de passer. Elle a eu le temps de s’estomper, de s’écouler difficilement au travers des veines serrées. La bouche entre-ouverte s’est refermée. La peur qu’on en vienne à atteindre l’intégrité de l’être s’est dissipée. Doucement, Euros reprend contenance. Une certaine assurance. Doucement, le corps athlétique se tend, s’étire pour mieux appâter, pour mieux provoquer. La féline nargue la proie plus grosse qu’elle dans la lueur rougeâtre autour de laquelle danse le serpent voyeur. C’est ce qu’elle sait faire de mieux, provoquer. Attiser. C’est ce qu’elle a toujours su faire avec lui. Et ce qui lui a le plus manqué le concernant alors elle ne tarde pas. Elle commence. Elle réussit. Le son du trépas claque dans les gestes, dans la voix, dans le courroux vengeur qu’elle vient de, d’une phrase seulement, faire détonner. Kean explose d’un coup, une traînée de poudre noire dans ses mots. Le nuage électrique qu’elle entrevoit dans la pénombre tempête et fait sonner l’espoir qu’il possède concernant l’approche de son glas. Explicite dans les termes, allant jusqu’à l’emprisonnement douloureux d’un maigre bras quasi osseux, il ressasse les dernières années qui viennent de trop vite passer selon elle. Un postillon ruisselle sur la gorge blanche, la rage mousseuse d’entre les dents masculines menacent et se raisonnent soi-disant à ne pas tuer. La tuer. Le mensonge est à peine convainquant et son manque d’authenticité suffit à la perfide sylphide. Les pupilles dilatées par le noir, la douleur qu’il lui inflige active les plus primaires mécanismes. Euros serre la mâchoire, secoue son épaule et tente de ramener avec force son membre qu’il dérobe à elle. Elle tente vainement de le libérer de l’épaisse tenaille qu’il fabrique avec ses doigts et sa paume brûlante de haine. L’échec cuisant, faible femme devant la bête fulminante, malgré l’angoisse palpable sous la jugulaire que sa gorge dessine, un immense sourire illumine le visage de porcelaine. L’éclat des lèvres plus carmin que le reste de la peau se soutient, fière dans la lumière opaque de sang. « Oh non. » La voix sensuelle et mordante tend un bâton de métal à l’orage tonitruant. Elle sort à découvert, attend que la foudre ne s’abatte un peu plus sur elle et lui crame l’échine. « Non non. Non Kean. Bien sûr que non. D’autres ont géré ce business et ce bien avant moi. Et d’autres le feront encore après. Je n’suis qu’un pion tu le sais bien. Si je suis encore en vie c’est uniquement parce que TU le désires mon cher. C’est uniquement selon ton bon vouloir, et tes occasions d’y remédier ne manqueront pas j’en suis certaine. Tu sauras les saisir. Je le sais. » Elle s’est rapprochée. Volontairement. Elle a son torse tout contre elle à présent et la prise qu’il ferme autour de son poignet se défait presque immédiatement. Presque insultant de s’avouer si rapidement vaincu, il la lâche et s’éloigne d’elle. Comme une porteuse de peste, comme une lépreuse, comme le fer qui brûle l’épiderme d’un morceau de chaire mise à nue.
Ils s’écartent. Le silence s’installe. Euros se détourne et va à la rencontre d’une lumière bien plus franche. Le salon du loft s’illumine d’une couleur antithétique à sa personnalité ; d’une couleur chaude en somme. Pas un mot n’est décoché, pas un regard ne lui est accordé le temps de, négligemment, extirper un rongeur d’une boite de plastique posée là sur la table basse. Par la queue coincée entre deux ongles bordeaux, une souris sort, se débat, agite ses ridicules petites pattes dans les airs jusqu’à ce qu’elles trouvent la stabilité des copeaux de bois situés au fond du terrarium. « Ah Kean. Kean. » Le serpent fait rouler ses écailles les unes sur les autres de sorte à avancer. Pas une feuille n’est poussée, pas une gamelle d’eau n’est bousculée. Dans un coin, retranché, le dîner passe ses griffes minuscules le long de son museau idiot pour faire sa toilette avant d’être dégusté. « Prétendre que tu ne m’as pas manqué serait mentir. » Le parcours sensible de l’iris de la femme se fait le long de la vitre. Derrière, la mâchoire du reptile se désarticule. Lentement, les dents pointues avancent et reculent pour gober l’animal qu’elle vient de déposer. « Tu m’as manqué en quelque sorte. Si je peux me permettre évidemment. C’est une façon de parler. J’ai souvent pensé à toi en résumé, je me suis inquiétée. Sincèrement. » La souris cherche à s’enfuir lorsqu’elle sent le danger. Elle gratte les coins, le verre transparent. Elle tremble. Et puis elle meurt. Euros la regarde agoniser, détachée mais pas absente. Juste lointaine. Une goutte de sang perle sur le côté de la gueule verdâtre que l’œil quitte pour l’ex taulard qui observe aussi dégoutté qu’intrigué. « Un verre ? J’ai bien meilleur que ce que tu m’as dérobé là. » Elle se tient souple, le sourire toujours accrochée à sa bouche narquoise. Elle avance, lui passe devant pour atteindre le bar. Elle reste ouverte à n’importe quels autres de ses fracas, n’importe quelle autre colère, n’importe quelle autre réponse violente de sa part. « J’ai de très bons crus qui raviront ton palais ; loin de moi l’idée de critiquer ce que sert le Maureen’s mais il faut reconnaître que Niallan n’a pas ton gout pour la qualité. » Elle sort une bouteille de rouge tandis qu’elle lui accorde toute son attention. Froid, sous la réserve et la hargne, il regarde autour de lui. Il s’attarde sur l’immense cadre qui surplombe la pièce. Eamonn et elle en tenue de soirée. Un portrait en pied. En noir et blanc pour le côté solennel évidemment. « Mon frère jumeau. Je t’en avais déjà parlé. Eamonn. Légiste au CMC. Tu risques de souvent le croiser…Isaiah l’a enrôlé en tant que membre du Clan il y a quelques années. » Elle se dirige vers la cuisine, allume une bougie au passage sur la longue table de nacre du salon. « Souhaites-tu dîner avec moi Kean ? En souvenir du bon vieux temps. »
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MessageSujet: Re: (FLASHBACK) The axe forgets but the tree remembers. [Euros]   (FLASHBACK) The axe forgets but the tree remembers. [Euros] EmptyDim 17 Mar - 9:07

The axe forgets but the tree remembers.


Ferait-il en sorte de se venger ? Lui ferait-il du mal ? La laisserait-il se décomposer six pieds sous terre ? Il voudrait. Il voudrait vouloir en fait. Une part de lui veut lui faire payer, lui faire regretter au point de la voir le supplier d'arrêter de lui faire mal. Tellement de mal... Il veut voir ses larmes. Il veut la voir ramper. Et plus encore mais pas seulement. Il y a toujours cette tempête en lui qui s'éveille quand Euros est proche, même après des années sans s'être touchés, en s'étant simplement vus. Elle éveille cette chose en lui, au-delà de la bête enragée imbibée de la folie de la vengeance, bien au-delà. Et comme il lui est difficile, à Kean, de rester maître de lui-même et de ne pas faire taire Euros, peu importe la manière, quand elle ose sourire, quand elle ose prononcer les mots qui ne sont certes que vérité et c'est bien pour cela que ça ne fait que davantage bouillonner son sang dans ses veines d'irlandais. Réalise-t-elle véritablement tout ce qu'elle fait naître ? Réalise-t-elle vraiment à quel point elle est danger avec lui si près d'elle ? Oui, elle le sait, elle s'en délecte même, parfaitement consciente qu'il ne manquera pas d'occasion de se venger d'elle. La saisira-t-il véritablement comme Euros le pense ? Il ne peut le deviner à l'avance, il ne pourra que choisir le moment venu. Et nul doute qu'elle ne lui rendra pas les choses faciles, preuve en est la façon dont elle se rapproche de lui malgré la menace, malgré la colère qui se dégage de chaque pore de la peau de l'irlandais. Alors il lâche et recule. Bien sûr qu'il s'éloigne. Il ne la craint pas, elle. Il craint ses propres réactions, sa propre faiblesse face à la brune qui est la seule à réussir à le mettre dans cet état malgré la haine viscérale. Il prend donc ses distances, boule de frustration qu'il est de vouloir lui faire du mal autant qu'il veut encore après tout ce temps la posséder. Encore oui.

La lumière soudain lui fait plisser les yeux, le temps que ses pupilles s'habituent à la nouvelle luminosité puis les mouvements d'Euros attirent l'attention de Kean qui glisse doucement ce regard toujours aussi fulminant vers elle. Elle qui tient entre ses doigts un rongeur qui, Kean le comprend bien vite, va servir de repas au serpent qui n'attend que cela dans son terrarium. Le regard de l'homme est fixé sur la scène, sur ce rongeur qui ne se doute pas un seul instant qu'il est sur le point d'être dévoré, comme elle pourrait le dévorer, lui, si elle le pouvait. Il ne peut s'empêcher de songer à cette comparaison Kean. Après tout, il a déjà été sa proie, sa victime, quand elle l'a fait tomber alors qu'il n'aurait pas dû tomber. Elle n'a cependant pas réussi à le dévorer en entier, à le faire disparaître. Est-ce qu'elle le regrette ? Elle affirme pourtant qu'il lui a manqué mais il a du mal à croire en ses mots. Les prunelles bleu azur fixe le terrarium alors que le serpent s'approche dangereusement du rongeur, alors que l'autre serpent présent dans la pièce parle plus avant sur ce « manque » qu'elle vient de mentionner et dont Kean est très dubitatif. Bien plus encore, si bien qu'un sourcil se arque, quand elle affirme s'être inquiétée pour lui. Il ne parvient pas à y croire non. N'est-il pas rien pour elle ? Il a pourtant bien cette impression, de n'être qu'un pion comme elle-même affirme en être un. Il a été le sien mais se refuse à l'être de nouveau. Le regard de l'homme se détourne de la scène à la fois intrigante et écoeurante qui se déroule dans le terrarium pour reporter toute son attention sur Euros quand elle lui propose un verre, affirmant avoir meilleur que ce qu'il a pris de lui-même. Et elle sourit encore et toujours, de ce sourire qui donne envie à Kean de lui faire du mal comme... Il balaye la pensée d'un bref mouvement de la tête alors qu'Euros s'approche pour finalement le dépasser et s'approcher du bar. Il l'observe du coin de l'oeil, méfiant, les poings encore serrés, la mâchoire encore crispée. Et c'est finalement un bref rire amer qui s'échappe des lèvres de l'irlandais quand Euros mentionne Niallan.

« Ouais... » qu'il siffle entre ses dents, plus enragé encore parce qu'elle vient de parler de lui, de celui qui a pris sa place pendant son absence, de celui qui est, aux yeux de Kean, illégitime à la tête du bar. Quand il le gérait, c'était différent. Tout était différent et maintenant... A cause d'elle... Elle dont il se détourne parce qu'il craint l'explosion Kean, il craint de perdre pieds et de lui faire du mal. Il en est capable et en cet instant, il en a réellement envie. Alors oui, il se détourne, observe autour de lui jusqu'à ce qu'un cadre attire son attention. Il s'approche, observe les deux silhouettes : il la reconnaît, elle, mais qui est l'autre homme ? Les entrailles se tordent un peu, jalousie instantanée et déplacée. La voix d'Euros s'élève finalement pour raconter, expliquer. Son frère jumeau qu'elle dit pourtant... Pourtant il y a quelque chose dans la façon dont ils sont proches sur la photo qui dérange Kean. Dans sa tête. Ce n'est que dans sa tête. Une tête qu'il tourne vivement de nouveau en direction d'Euros quand elle explique qu'Eamonn, son frère donc, a été enrôlé chez les Crows il y a quelques années. Quelques années... Des années pendant lesquelles il n'était pas là. A cause d'elle. Elle qui l'invite à dîner, comme ça, comme si... Comme si elle ne l'a ait pas envoyé au taule. Comme s'il n'était pas coupable de cette trahison.

« En souvenir du bon vieux temps... » qu'il répète dans un murmure, le ton froid, glacial. A l'instar des prunelles qui se fixent sur la brune alors qu'il s'approche doucement mais pas moins menaçant. « Non, je ne veux pas dîner avec toi. » qu'il affirme, faisant craquer sa mâchoire au passage alors qu'il contourne la table et diminue dangereusement la distance entre lui et Euros. « Je veux que tu me rendes les années que tu m'as volé en m'envoyant en taule Euros. » Il ne s'arrête que lorsqu'il est arrivé à hauteur d'Euros, la toisant de toute sa hauteur et de toute sa haine. Car en cet instant, malgré le désir, il ne subsiste plus que cela. Les mots d'Euros ont eu raison du reste. « Je veux que tu perdes autant que j'ai perdu. C'est ça que je veux. » Un silence. Il approche son visage du sien, sa main venant glisser doucement autour de sa gorge. Il ne serre pas, non, mais il vient la poser là. Avertissement. « Je veux que tu payes... » qu'il murmure tout proche d'elle.

Et comme il le pense en cet instant. Comme il voudrait pouvoir lui faire mal... Il pourrait. Il pourrait serrer la gorge, chercher sa vengeance, l'avoir même cette vengeance. Ils sont seuls et... Pourtant il ne serre toujours pas. Bloqué. Par le reste. Bloqué.



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MessageSujet: Re: (FLASHBACK) The axe forgets but the tree remembers. [Euros]   (FLASHBACK) The axe forgets but the tree remembers. [Euros] EmptyVen 19 Avr - 3:28

The axe forgets but the tree remembers
Euros & Kean

Celui-là seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir” Ch. Baudelaire.




Prématurée, l’invitation à diner impacte l’homme mais pas comme escompté. Le calme mal jaugé ne s’installe pas. Il ne fait que flotter, que passer au-dessus du voile noir de la colère prisonnière de l’ex condamné. Singulière, sa haine s’étire, s’étend mais ne s’étiole pas. Derrière le comptoir, Euros continue pourtant de donner, de faire dans la provocation avec son corps, avec son âme aussi. Il y a de la révolution dans ses actes, de la conviction aussi ; celle d’une réussite, quelque part, pour retrouver le lien intact qui l’unissait autrefois au seul être détaché de son sang. Être qu’elle s’amusait parfois à apprécier, repousser, faire souffrir et puis…aimer aussi. Aimer aussi. Elle a de l’impatience, un besoin insurmontable d’agir, de ne laisser au destin qu’une part infime de décision pour apprécier à sa juste valeur l’ambition qu’est la sienne. Le sourire encore accroché à la charogne de ses lèvres téméraires, elle s’affaire à ordonner ses gestes et leur donner l’élan d’une préparation culinaire basique et désinvolte en attendant. En attendant les coups. En attendant qu’il ne parle, qu’il ne se déplace comme il est entrain précisément de le faire. Elle ne l’entend pas. Elle ne l’entend pas mais l’aperçoit du coin de l’œil bouger au loin pour venir, tenir la distance et s’apposer près de là, derrière elle qui ne se retourne volontairement pas. D’instinct, elle ressent le lancinement doux de sa silhouette dans son dos. Le souvenir abrupte de quand il la prenait ainsi après minuit autrefois et qui ne fait qu’accentuer le rictus frémissant de la femme préparée. Dans l’espace clos qu’il ferme avec lenteur, Euros poursuit l’arrogance et feint l’ignorance dans le plus pur souhait d’être violentée. Se sentir en vie ne se refuse pas il parait et tester les limites de l’ennemi est son futur gage essentiel de survie. Dans la marge des raisonnés, la manipulatrice se laisse saisir à la gorge dans un rire à peine étonné. Il sert. Il sert mais pas assez fort pour l’étouffer. Suffisamment pour lui faire mal cependant et enserrer sa voix de cantatrice empoisonnée. Le contact physique ravive les parures dorées des souvenirs d’une passion qu’il n’a pas l’air d’avoir oublié. Il hésite. Ravive peut être à sa mémoire les cris de plaisir, le désir virulent dans la chambre de l’hôtel souillée. Elle plante ses iris d’un bleu azuréen dans les siens gris, gris d’incertitude et de férocité volage. Elle le voit qui hésite face à la tentation obscure de l’étrangler, de la tuer tout comme de… la baiser. Oui la baiser. Elle en est désormais certaine à la manière dont il appuie mais ne force pas. « Que je paie ? Vas-y. » La complexité du jeu qu’elle impose le trouble autant qu’elle l’attire et s’immisce dans son cerveau rendu probablement fou à l’heure qu’il est actuellement. « Fais-moi payer. » L’affront jeté en pâture, unique refuge pour son salut risqué de grande et infinie pourriture, Euros impose avec un certain panache, le glas à la requête en attrapant fébrilement un couteau qu’elle lui tend ; tremblante tout de même par un léger manque d’air et une peur sous-jacente. Le manche est donné, la pointe, elle, est orientée vers l’outrageux décolleté. « Fais le. » Avec grande méthode elle offre sa barbaque en fusion, brûlante d’un désir d’en découdre et froide d’un self contrôle effrayant. Elle a le gaz, il ne convient qu’à lui d’allumer l’étincelle qui pourrait tant lui coûter. Leur coûter. Laissée pour mort, le serpent éventré ne pourrait continuer sa divine ascension vers un pouvoir tant convoité. Assassin colérique, Kean ne pourrait prétendre plus longtemps à sa douce liberté.
Les enjeux sont posés. Ils sont là, ils existent et pourtant aucun des deux ne semblent pleinement les mesurer. A moins que la mascarade ne soit tout simplement encore en train de continuer pour Kean qui maintient la lame au milieu des seins bombés par fierté. « C’est bien ce que j’pensais. » Les mains de l’inspectrice attrapent alors sèchement celle qu'il tenait faiblement enfermé sur la jugulaire féminine. Elles attrapent le pouce et le petit doigt, les tordent violemment de sorte à les briser et le faire lâcher prise même si une telle riposte n’était pas nécessaire à le faire s’éloigner. Elle ne lui laisse pas le temps de s’attarder sur sa peine, qu’elle assène un coup de pied qui pousse violemment l’homme, la montagne de muscles et de mystères qui s’écroule par terre. S’emparant du couteau, elle se jette sur lui, le surplombe, fait entrer en collision les corps athlétiques. Califourchon, position de domination, elle fait aller immédiatement la lame d’abord au-dessus de l’œil droit de l’amant dépassé. Le souffle court par la précédente manœuvre, elle fait aller les mots mesquins et hargneux de vérité dans sa bouche endolorie et sèche. « Qui te dit que j’ai pas payé avant hein ? Qui te dit que j’ai pas eu une vie de merde ? Que j’ai pas payé avant et pendant que tu étais au trou ? Tout ce que j’ai aujourd’hui je le mérite. Je le mérite ! Je me suis battue pour ça. J’ai sauvé ma peau et ni toi ni moi n’avons pu sauver la tienne c’est comme ça et rien n’y fera. » La pointe luisante descend, trace une cavité quasi invisible sur le torse à la respiration vertigineuse. Le haut se déchire. Elle l’arrache et s’amuse à y faire aller le fer froid contre les muscles tendus, crispés par le danger. « Rien. Rien n’y fera. Accepte l’échec Kean. » Elle remonte, lubrique contre son bassin. Elle se sert toujours de l’arme comme d’un porte-parole, comme d’une sécurité pour le soumettre, le faire définitivement plier à sa volonté. Elle lui faiblira le corps et l’âme comme à l’époque où il lui appartenait. « Accepte-le et je te ferais à nouveau gagner. » qu’elle murmure, qu’elle hurle aux portes de sa mâchoire comme une preuve d’amour en forme de morsure qu’elle dessine de ses doigts contre son ventre. Elle taille le début d'un "E" discret au dessus de sa ceinture et le fait saigner avant de le laisser, dans un rire, se détacher, se relever, se venger ou s’échapper.
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MessageSujet: Re: (FLASHBACK) The axe forgets but the tree remembers. [Euros]   (FLASHBACK) The axe forgets but the tree remembers. [Euros] EmptyJeu 23 Mai - 18:34

The axe forgets but the tree remembers.


« Que je paie ? Vas-y. Fais-moi payer. »

La mâchoire qui se crispe, les sourcils qui se froncent, les lèvres se pincent mais les doigts, eux ne bougent pas. Ils serrent un peu mais pas assez pour l'étrangler. Ils restent posés là contre la gorge, contre cette peau dont il a tant rêvé bien malgré lui Kean. Est-ce qu'elle le sait ? Est-ce qu'elle ce rend du paradoxe qu'elle fait naître en lui ? L'envie de la tuer comme l'envie de plonger en elle ? L'envie d'en finir comme l'envie que cela ne s'arrête jamais ? Parce qu'il est effrayant en fait, de se rendre compte qu'il ne s'est jamais autant senti vivant qu'en cet instant où il est si près d'elle, qu'il pourrait bien s'en prendre à elle s'il le voulait réellement. Tout ce qu'il ressent est... Il vit. Vraiment. Et c'est effrayant oui. Tout aussi effrayant que de réaliser qu'il ne veut pas véritablement la tuer car elle serait déjà morte sinon. Mais est-ce vraiment son affiliation aux Black Crows qui empêche Kean de mener à bien cette vengeance à laquelle il a tant songé durant ces onze années derrière les barreaux ? Non, c'est bien autre chose, une chose qui ne peut que le détruire finalement. Ce désir qu'il ressent pour elle. Et c'est tout autant effrayant que ce désir n'en soit que plus grand quand elle ose Euros, quand elle ose tendre la main pour récupérer ce couteau qu'elle tend à l'irlandais, manche vers lui, lame vers elle, un peu tremblante qu'elle est la vipère. « Fais-le. » qu'elle intime avec un calme à la fois déroutant et envoûtant. Et pendant un instant, il y pense. Véritablement cette fois. Au point que les doigts viennent se refermer autour du manche. Le couteau est là, ce serait particulièrement facile. Il n'aurait qu'un seul geste à faire, bref, rapide, et c'en serait terminé. La vengeance serait accomplie. Elle serait morte et lui... Lui risquerait gros. La prison de nouveau. La perte de ceux qu'il vient à peine de retrouver. La perte de cette vie qu'il souhaite récupérer. Et sa perte. Elle. Morte. Il y a longtemps songé, à ce corps froid, mort sous ses coups à lui mais maintenant qu'il pourrait le faire il ne peut s'y résoudre. Pour la première fois de son existence, il est faible Kean. Face à elle. Faible. C'est une raison de plus pour s'en débarrasser, pour cette menace qu'elle représente encore pour lui mais...

Mais...

Non. Aucun geste de la part de l'irlandais. Mais elle, par contre, elle bouge et bien vite. Il la voit faire au moment où il sent la douleur au niveau de ses doigts qu'elle vient de briser d'un geste sec et précis. Il étouffe un grogement de douleur alors qu'il la lâche, même s'il a déjà connu pire, et là encore Euros est rapide, aussi vive que le serpent qu'elle sait être en fait. Le coup de pied est bien placé, lui coupe le souffle et le fait basculer en arrière alors qu'il perd l'équilibre. Le couteau lui a échappé et s'il parvient à se rattraper pour éviter que son dos ne cogne trop violemment au sol, Euros est très vite sur lui. La vipère se faufile et après s'être emparée du couteau elle vient se placer à califourchon sur lui qui vibre à ce contact malgré le danger qu'Euros représente sur le moment. Oui, tout son être vibre. Il en est figé les bras en crois alors que les mots fusent dans la bouche d'Euros, d'une voix un peu enrouée, conséquence de la façon dont Kean a malgré tout pressé la trachée de la lieutenant de police. Alors qu'elle a la main sur lui, qu'elle pourrait l'égorger si elle le voulait. Les mots ne glissent pas sur lui, au contraire. Il entend. Il écoute. Il comprend. Il ne parvient pas à en pas la haïr pour autant. Il ne parvient pas à faire complètement table rase. Onze années. Onze années de trop derrière les barreaux, peu importe qu'elle ait souffert de son côté. Peu importe. Mais elle est partout Euros. Elle s'impose, use du couteau, déchire le haut de Kean. Elle joue. Elle joue et il est à sa merci. « Accepte l'échec Kean. » A-t-il le choix ? Non. Clairement pas. Certainement pas quand elle remonte contre son bassin de cette façon. Certainement pas quand elle approche autant son visage du sien et que sa respiration à lui ne fait que s'emballer davantage. Certainement pas quand elle murmure des mots tentants, aussi tentants qu'elle l'est, elle. Elle qui entaille la peau de l'irlandais juste au-dessus de sa ceinture et lui qui se crispe sans pour autant bouger. Parce qu'elle pourrait le tuer. Mais elle ne le fait pas non. Elle se détache dans un rire et lui se redresse un peu, les battements cardiaques se calmant doucement maintenant qu'elle n'est plus à son contact. Assis par terre, il jette un coup d'oeil à la plaie fraîchement apparue, vient y glisser ses doigts qui rougissent par le sang. Ce n'est pas profond mais suffisemment pour mériter au moins un pansements si ce n'est même quelques strips.

« Me faire à nouveau gagner... » qu'il souffle tout bas en reprenant les mots de la vipère. Le regard d'acier se relève en direction de la brune alors qu'il se redresse à son tour, la main contre la plaie pour comprimer la faible hémorragie. « Parce que tu crois que je vais attendre ça de toi hm ? Tu crois que je vais pouvoir te refaire confiance ? T'as sauvé ta peau, bien. Tant mieux pour toi. N'attend pas de moi que je te dise que je comprends. » Il marque un silence, jette un regard circulaire et s'approche pour récupérer un torchon qu'il vient placer contre la plaie avant de reporter son regard sur Euros. « Me fais pas croire que t'aurais pas pu parler en ma faveur à l'époque Euros. On m'a chargé. On m'a chargé et j'ai eu la peine maximale. Et tu as choisi de ne pas m'aider mais tu as raison : C'est fait. J'y changerai jamais rien mais je l'aurai toujours en travers de la gorge. » C'est dit. Il soulève le torchon et soupire. « T'étais obligée ? » qu'il demande en relevant un regard exaspéré sur elle. « Tu peux me donner de quoi me rafistoler avant que je rentre chez moi ? » Elle peut au moins faire ça pour lui non ? Oui, au moins faire ça.



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