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 Un café sans sucre [Ronnie]

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MessageSujet: Un café sans sucre [Ronnie]   Mar 2 Oct - 11:17

~Mercredi 7 mars 2018 – Dans l’après-midi~

D’un mouvement rapide et précis, Eleesha lance son écharpe par-dessus son épaule pour mieux entourer son cou avec. Avec le mois de mars, l’espoir de la fin de l’hiver arrive mais autant dire qu’il n’est pas encore tout à fait matérialisé. Si le grand froid connu en janvier s’est apaisé, on est loin de pouvoir se promener en T-shirt. La jeune femme attache alors soigneusement son manteau, glisse un bonnet couleur prune, assorti à son écharpe sur sa tête, domptant ainsi sa crinière et sort du bâtiment. Le froid la saisit automatiquement et pourtant, elle prend le temps de respirer à plein poumons. Si l’hôpital a pendant longtemps été son domaine et qu’elle ne ressent aucune aversion pour ce dernier, il est vrai que l’odeur qui y règne est particulière. Tellement aseptisée qu’elle en devient suspicieuse. Eleesha fait quelques pas sur le trottoir, mains dans les poches, et elle respire simplement.

Profitant de cette journée de repos, la pompier avait décidé de se rendre à l’hôpital pour revoir certains de ses anciens collègues. Il était compliqué de conjuguer leurs jours de repos et d’un commun accord, ils avaient donc décidé qu’elle pourrait venir les voir sur une de leur pause déjeuner. C’était donc ce qu’elle avait fait. Elle avait retrouvé la salle de repos et cette petite famille qu’elle s’était formée là-bas. Désormais, elle s’en formait une autre à la caserne mais ne comptait pas oublier ceux qui avaient compté pour elle dans ce lieu.

Le repas avait été ponctué de récits sur les prises en charge de victimes d’Eleesha, sur les dernières anecdotes à l’hôpital. Beaucoup de légèreté et de rires. Les soignants avaient eux aussi besoin d’évacuer et de dédramatiser leur quotidien. Toutes les bonnes choses ayant cependant une fin, Eleesha avait dû laisser ses collègues retourner à leurs postes. Ils ne pouvaient pas se permettre de prolonger indéfiniment leur pause, ils devaient retourner travailler. Ce fut donc sur des promesses de refaire cela bientôt qu’Eleesha avait quitté les infirmiers et revêtu sa tenue pour affronter les rues encore froides de Chicago.

Renouant en quelques sortes avec ses anciennes habitudes, Eleesha prit la direction d’une petite roulotte à laquelle elle avait coutume de prendre son café quand elle travaillait encore à l’hôpital. Avec un sourire, elle commanda un grand café noir et attendit patiemment d’être servie. Son regard se perdait dans la ville, observant les gens qui marchaient d’un pas précipité, incapables apparemment de prendre le temps de lever le nez. En même temps, on ne pouvait pas non plus dire que la jeune femme était la reine des oisives et savait parfaitement prendre son temps… Son café prêt, elle régla, avec le sourire et s’éloigna de quelques pas, prenant le temps de tenir le gobelet chaud entre ses doigts.

Et tout se passa vite, trop pour qu’Eleesha ait le temps de tout comprendre. Elle sentit d’abord un choc violent sur son épaule, ce qui faillit lui faire renverser son café. Elle protesta sèchement et tourna la tête vers le responsable… Qui était en train de courir avec son téléphone à la main. Alors ça…. Le sang d’Eleesha ne fit qu’un tour. Elle abandonna son gobelet de café sur le bord du trottoir et se mit à courir après le voler tout en criant pour alerter les passants qui, pour la plupart, ne semblaient pas faire grand cas d’elle. Mais il était hors de question que la pompier se laisse faire aussi facilement, profitant de son état de forme, elle courait avec rage et était déjà presque à son niveau. Une idée stupide lui traversa alors l’esprit : sauter sur l’homme pour l’arrêter. Et c’était bien ce qu’elle s’apprêtait à faire…
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MessageSujet: Re: Un café sans sucre [Ronnie]   Dim 7 Oct - 16:15

ft. Eleesha
Un café sans sucre.
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« T'as intérêt à rester manger ce soir en contre-partie, Ronnie, je te préviens ! » Un sourire, il acquiesce simplement, venant enlacer Joan après d'offrir une caresse à Emy qui se fait sage, sur son nouveau panier, là où tout un confort pour elle s'est installé. « Ça marche, on fait comme ça alors. A ce soir ! » C'est le souci des hôpitaux, ils n'acceptent pas forcément la présence des bêtes dans leurs locaux ; et Emy, malgré tout, n'échappe pas à cette règle. Gustave bien loin de sa force d'antan mérite tout de même une visite, rien qu'une de temps en temps, histoire de lui rappeler qu'il ne l'oublie pas, Ronnie, dans toute sa petite vie mouvementée. Ce n'est qu'une fois dans la voiture qu'il envoie un message à Eleesha, la proposition d'une petite virée pour aller voir cet ami en commun. En attendant une réponse, il s'offre un détour par la librairie, toujours fermée, la grille baissée. Ça lui fait un peu mal au cœur de voir cet endroit dépourvu de vie, dépourvu des âmes qui aimaient à s'y arrêter. Mais les temps changent et rien ne dure vraiment indéfiniment. C'est ce qu'il se dit, ce qu'il a toujours su néanmoins, même malgré sa volonté à se défaire de cette idée depuis que Rose s'est plus ou moins installée avec lui et sa chienne aujourd'hui, pour l'occasion, confiée. Et dans son ascension vers le sud, il les repère, les deux masses mouvementées qui courent sur le trottoir. L'une familière, l'autre défaite de ses souvenirs, inconnue pour le tatoué. Il s'arrête un peu plus loin, prenant de l'avance, parvenant à se hisser jusqu'à hauteur de l'homme en premier pour finalement de plein fouet le heurter. Le choc est rude, brutal. Ça vient le sonner un peu avant qu'il ne parvienne à se redresser, venant surplomber la masse encore à terre de celui que son amie poursuivait. Le regard qui se relève sur la jeune femme qu'il comptait bientôt visiter, au moins lui faire savoir qu'il s'était risqué jusqu'au chevet de Gustave sans son aide. Le hasard fait bien les choses, ou presque en tout cas. « Tu partais où comme ça mon connard ? » La question qui se pose tandis qu'il s'abaisse à sa hauteur, osant un autre coup par pur plaisir, rien que pour le fun. « Il t'a prit quelque-chose ? » Et si la réponse lui vient rapidement, il voit le téléphone par terre qui ressemble à ce dont il se souvient de celui de la jeune femme. L'appareil qui se récupère, qui rejoint les mains de sa propriétaire avant que l'autre ne profite de cette inattention pour s'enfuir. Ronnie ose s'en relever mais abandonne l'idée de le suivre finalement, s'en retournant vers Eleesha à bout de souffle. « Ça va t'as rien ? » Il la guette, prend le temps de s'assurer qu'il n'a pas essayé de l’abîmer en plus de ça. Par les temps qui courent, les gens s'en prennent aux autres pour des raisons de plus en plus stupides.

Dans la foulée, Ronnie laisse entendre aux quelques passants s'étant arrêtés que le spectacle est terminé, que plus rien n'est à mater. Ça l'agace cette mentalité, celle de s'intéresser à ce qui se passe qu'une fois le souci réglé. « Je comprends mieux pourquoi j'avais pas de réponses à mes messages tiens ! Moi qui pensait que tu t'étais ravisé sur mon compte. » Un petit rire franc qui vient clôturer l'idée qu'il s'était fait, celle qu'il confie sans vraiment y songer, conscient qu'elle n'ignore pas qu'il sache ce qu'elle pourrait penser. Ils en ont déjà parlé et Ronnie à la conscience de se dire, tout de même, qu'il peut être lourd. Peu sont ceux qui parviennent à le supporter. « Il t'a rien prit d'autre cet enculé ? » La question se pose finalement tandis qu'il l'invite à avancer, vers sa voiture se diriger. « Tu vois, il y avait un million de chance pour que je te croise et c'est arrivé. J'suis ton putain d'ange gardien maintenant. »

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MessageSujet: Re: Un café sans sucre [Ronnie]   Lun 8 Oct - 14:20

Eleesha était sur le point d’effectuer le saut du siècle. Son portable n’avait pas tant de valeur que ça mais l’idée que ce type s’en sorte lui tapait légèrement sur le système. Alors oui, la pompier était prête à bondir histoire de lui faire un placage digne de la ligue de football. Mais à cet instant, une ombre se glissa sur leur route. Solide comme un roc il entra violemment en contact avec le voyou qui termina rapidement sur le sol. La silhouette nouvellement venue se redressa et il ne fallut qu’une demie-seconde à Eleesha pour reconnaître la personne qui venait d’arrêter son voleur.

« Ronnie ? »

Eleesha ne masqua pas sa surprise malgré son souffle court. Ses yeux s’ouvrirent en grand alors qu’elle détaillait la silhouette de son ami qui semblait être en un seul morceau contrairement au voleur. Ce dernier eut droit d’ailleurs à une petite insulte de la part de Ronnie. Pour le coup, Eleesha n’avait clairement pas envie de lui faire la morale. Il lui demanda alors s’il lui avait pris quelque chose et la jeune femme se contenta de désigner du regard son téléphone au sol. Elle reprenait peu à peu son souffle mais avait encore bien du mal à réaliser que Ronnie se trouvait là, en face d’elle et qu’il venait de plaquer au sol le type qui avait décidé de pourrir sa journée. La grande silhouette ramassa alors le téléphone qui revint dans les mains d’Eleesha. Elle le remercia entre deux expirations. Le voleur finit par en profiter pour se faire mal et Ronnie comme la pompier le laissèrent partir sans rien dire. Eleesha hocha la tête alors que Ronnie lui posait une question.

« Non non, ça va. »

Encore étonnée par la tournure des événements, Eleesha baissa instinctivement le regard vers son téléphone. Elle constata alors qu’elle avait un nouveau message, envoyé par Ronnie. Elle releva alors le regard vers le jeune homme, amusée. Tout ça n’avait aucun sens mais alors que les événements reprenaient place dans son esprit, elle se rendait compte que la situation était plutôt cocasse. Ronnie d’ailleurs n’attendit pas plus longtemps pour retrouver le ton léger qui lui allait si bien.

« Non promis, ce n’était pas une excuse pour esquiver tes messages. Et après cette intervention, l’opinion que j’ai de toi va très bien. »

Eleesha esquissa alors un sourire. Elle devait avoir une drôle de tête, les joues toutes rougies, le regard encore rempli de surprise. Ronnie s’approcha alors d’elle et lui proposa de le suivre vers sa voiture. Eleesha accepta sans trop se poser de questions alors que lui voulait s’assurer que le voleur ne lui avait rien pris d’autre. Reprenant ses esprits, Eleesha entreprit de répondre tout en jetant un œil là où elle avait laissé son café. Il n’avait pas fallu longtemps pour qu’il soit renversé et le gobelet piétiné. Dommage…

« Non, il n’avait pris que mon téléphone. »

Eleesha soupire. Elle tenait d’ailleurs toujours son téléphone dans sa main. Elle le glissa finalement dans sa poche avant de rire à la remarque de Ronnie.

« Ah oui ? Un ange gardien carrément ! Fais gaffe, tu sais que je suis le genre de nana qui n’aime pas être surprotégée. Je me défends très bien toute seule. »

Eleesha leva alors le menton, dans un signe volontairement ostentatoire avant de rire de nouveau. Ils arrivèrent alors au niveau de la voiture de Ronnie et la pompier s’adossa contre cette dernière. Si un mince sourire trônait toujours sur son visage, il y avait désormais plus de sérieux sur ses traits, dans son regard.

« Merci pour ce que tu viens de faire. Vraiment. »

Eleesha était une femme fière et indépendante, ce n’était un secret pour personne. Elle avait plutôt tendance à faire les choses par elle-même et n’aimait pas particulièrement qu’on lui impose de l’aide. Mais le geste de Ronnie avait été tout simplement le bienvenu, gentil et désintéressé, elle le savait. Alors oui, il méritait bien un merci, sincère.

« Au fait, pourquoi tu m’avais envoyé un message ? »

Parce qu’avec tout ça, elle n’avait même pas pris le temps de le lire. Et non ce n’était pas une technique pour couper court au passage « remerciements ». Du moins, pas seulement…
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MessageSujet: Re: Un café sans sucre [Ronnie]   Lun 22 Oct - 0:36

ft. Eleesha
Un café sans sucre.
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Un soupire quand elle parvient à lui faire entendre que rien d'autre ne lui manque. Mais l'idée même qu'elle ait pu tant risquer l'énerve plus qu'il ne pourrait le dire. Il a un souci avec l'injustice, l'intolérance et tous ces faits auxquels, finalement, il ne peut rien. C'est son côté trop gentil, la force de cette volonté à vouloir rendre le monde un peu plus meilleur qu'il ne peut l'être en ces temps troublés. Ronnie s'offre un instant pour se calmer, finalement, laissant la course de l'autre homme, malfaiteur, les distancer. Qu'il fuit, peut-être que cette entrevue assez musclée lui passera l'envie de recommencer. « Ah oui ? Un ange gardien carrément ! Fais gaffe, tu sais que je suis le genre de nana qui n’aime pas être surprotégée. Je me défends très bien toute seule. » Il hausse les épaules et lui rend son sourire, passant au-dessus de ces dires. Après tout, sans cela, elle en serait peut-être encore à courir. Ou peut-être qu'elle dit vrai, finalement, c'est une possibilité qu'il n'écarte pas ; Rose lui avait bien sauvé la mise lorsqu'ils s'étaient rencontrés. « Merci pour ce que tu viens de faire. Vraiment. » La main qui se lève pour lui faire entendre que ce n'est rien, qu'en d'autres circonstances, même sans la connaître, il aurait probablement fait de même. Il paraît qu'on ne peut renier sa nature et la sienne, à Ronnie, a toujours été particulièrement généreuse. C'était fait sans attente, sans volonté, seulement instinctif avec la volonté d'aider pour s'assurer que les choses puissent au moins bien se terminer. De cette manière de penser, il avait sauvé Emy et d'autres âmes de ce qu'on aimait à lui raconter ; des compliments qu'on pouvait lui conter, sans qu'il n'en attende spécialement, rares étaient ceux qui gardaient un fond mauvais. « Au fait, pourquoi tu m’avais envoyé un message ? » Il fronce les sourcils sur l'instant, un peu défait de ce qui l'avait mené là dans un premier temps. Il s'offre quelques secondes pour réfléchir, tenter de s'en souvenir ; remettre en place ses idées jusqu'à pouvoir enfin se remémorer où ses premiers actes devaient le guider. Dans une chambre froide, un peu triste et sans âme. Dans des locaux qu'il déteste presque autant que l'homme qu'ils ont laissé filer, presque autant que Taylor en ces temps troublés. Ses traits perdent un peu en couleurs, en jovialité. De son sourire naît une légère grimace assez sincère, trop bien installée. Elle se hisse sur tout son faciès pour ne plus rien laisser, rien si ce n'est une quiétude dont il n'arrive pas à se séparer. Il n'a de cesse d'imaginer que, peut-être, les jours du vieil homme qu'ils ont en commun sont comptés. Gustave, entremetteur de cette toute nouvelle – et encore tremblante – amitié.

« Ah, oui... Eh bien... ; la main qui vient se perdre sur sa nuque, l'hésitation qui lui revient et l'impression qu'il pourrait déranger à jouer les gamins apeurés. Ronnie perd de ce masque qu'il aime à porter, celui de l'homme que rien ne peut faire tomber. Façade bien dessinée, la réalité a toujours été différente de ce qu'il laisse à penser. Je voulais surtout savoir si ça te tentait qu'on aille voir Gustave ensemble aujourd'hui. Un petit sourire forcé, les joues qui perdent de leur lueur rougeâtre pour se ternir en quelques secondes à peine. Rien que d'imaginer l'endroit froid et sans vie lui arrache une grimace qui s'ancre presque de manière définitive le long de ses traits. Ronnie n'en est plus à la cacher, Eleesha n'en est plus à sa première vision de l'homme un peu fracassé qu'il peut être en réalité. Disons que j'avais la force d'y aller même sans toi mais plus ça va et moins j'ai le courage. Je crois qu'en arrivant là-bas, j'aurais finalement fait demi-tour pour aller chercher Emy et rentrer chez moi. Révélations un peu dures mais réelles. Il n'est pas de ceux dont le courage est tenace, pas de ceux qui parviennent à braver les réticences pour finalement mieux s'en relever. Non, bien loin de là. C'est horrible hein, je dis pas le contraire mais j'ai une peur bleue d'arriver là-bas tout seul comme un con et qu'on vienne me dire genre : bah trop tard, gros, il est mort tout à l'heure ou l'autre jour. » C'est direct mais sincère, sorti des tripes qui continuent encore de trembler un peu rien qu'à y songer. Il l'a imaginé, cet instant. Il l'a imaginé et prie pour ne jamais être présent. « Enfin, c'est comme tu veux. On peut aller faire autre chose si tu préfères maintenant qu'on en est là. »

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MessageSujet: Re: Un café sans sucre [Ronnie]   Lun 22 Oct - 12:56

Pas besoin d’être un fin psychologue pour voir que le sujet du message n’était pas si anodin. Il se passe quelque chose sur le visage de Ronnie qui n’échappe pas à Eleesha, c’est rapide et clair. Son langage corporel change soudainement, il y a du repli mais aussi de la gêne. La belle assurance qu’il affichait après lui être venu en aide semble soudainement s’être envolée. La pompier a déjà une petite idée sur la raison de tout ça mais elle attend, après tout, elle se trompe peut-être complètement, elle ne le connait pas encore assez pour prétendre pouvoir anticiper toutes ses réactions. Il passe une main sur sa nuque, il hésite. Eleesha l’observe, essayant de rendre son regard le moins dur possible. Les mots finissent par sortir, accompagnés d’un sourire peu convaincant. C’était donc ça, Ronnie avait passé une étape et accepté l’idée d’aller voir Gustave. Eleesha de son côté sourit doucement, avec plus de conviction. Elle reste cependant sur le qui-vive, le teint de Ronnie a clairement changé et son passé d’infirmière de même que sa fonction de pompier la poussent à rester sur ses gardes. Manquerait plus que ce grand gaillard face un malaise…

Pourtant, si tout ça semble lui coûter, si les mots semblent douloureux, Ronnie ne s’arrête pas là. Il lui explique, il se confesse. Il était prêt à aller voir son ami mais au fil des minutes son courage se dégonfle. Eleesha reste impassible, elle ne répond pas. Le blâmer serait idiot, il lui avait envoyé un message comme ils avaient tous les deux convenu, il était venu jusque-là, proche de l’hôpital. C’était déjà un pas en avant. Et ce n’était pas le seul. Ronnie ne s’arrête pas là et lui confie le cœur de son angoisse. La peur qu’il soit trop tard. Le langage est cru mais il ne sert sans doute à rien d’être délicat dans ce genre de cas.

« On va aller le voir ensemble. »

Oui, elle a bien entendu sa tentative d’ouverture, sa proposition de faire autre chose mais Eleesha fait volontairement la sourde d’oreille. Il a déjà fait tout ce chemin, elle ne va pas l’engueuler, elle ne va pas ruiner ses efforts maintenant. Il est sur la bonne voie et voir quelque chose de bien se produire ne peut que lui procurer un peu de bonheur. Alors elle n’hésite pas, comme si tout cela n’était qu’une évidence, qu’il n’y avait aucune autre possibilité à envisager.

« Je suis contente que tu m’ais envoyé un message pour ça et je vais pas te laisser tomber maintenant, après tout, avec ce qui vient de se passer, je t’en dois une. »

Le ton de voix d’Eleesha s’était alors adouci alors qu’un mince sourire venait orner son visage. Elle l’aurait fait de toute façon, pas besoin de ce sauvetage mais c’était une belle manière de faire croire à Ronnie qu’elle ne faisait que lui rendre la monnaie de sa pièce, qu’il ne lui serait redevable de rien. Elle se décolla alors de la voiture de son camarade et jeta un regard à l’hôpital qui se trouvait juste en face. Franchir ses portes serait sans doute une épreuve pour Ronnie mais elle était persuadée qu’il allait y arriver. Et Gustave en serait heureux, de pouvoir le voir, lui parler.


« Et après on ira boire un café puisque le mien a étrangement disparu dans toute cette pagaille. »


Un nouveau sourire se dessina sur le visage d’Eleesha. Penser à l’après, envisager ce qu’on allait pouvoir faire une fois l’épreuve passée. C’était une technique qu’elle avait souvent employée en tant qu’infirmière avec les patient angoissés ou fatigués. Leur faire penser à ce qui les attendait une fois la piqûre ou l’examen derrière eux. Leur montrer que tout ça n’était que pour le bien, pour qu’ensuite ils se sentent mieux. Si ce n’était pas la santé physique de Ronnie qui était en jeu, Eleesha était persuadée que psychologiquement et moralement, il se sentirait bien mieux après cette visite. Et elle l’accompagnerait sans problème. La jeune femme tendit alors son bras à Ronnie, pour qu’il s’y accroche, pour qu’ils aillent ensemble vers cet hôpital.
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MessageSujet: Re: Un café sans sucre [Ronnie]   Dim 4 Nov - 22:51

ft. Eleesha
Un café sans sucre.
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« On va aller le voir ensemble. » Elle vient clore ses doutes, elle vient décider de ce qu'ils iront faire dans la foulée. Et, silencieusement, Ronnie ne peut nier qu'il en tire un certain soulagement. La culpabilité commence à se faire grande, lourde, imposante quant à son manque de courage pour aller voir ce vieil ami, ce mentor désigné au fil des années, matérialisé en un vieillard malade qui manque très certainement de sa compagnie un peu dérangée. Eleesha lui rend un fier service en acceptant d'être cette compagnie jusqu'en ces lieux désolés, maudits selon lui pour ceux qui peinent à en revenir, ceux qui n'ont pas la chance de dire « je survis ». Non, ils ne font que mourir, en silence, loin de ce qu'avait été leur vie fut un temps. Il s'imagine cela pour Gustave, allongé dans un lit dérangé, mal programmé, qui peut même ne pas fonctionner. Un soupire, la main qui frotte encore sa nuque dans un geste nerveux et un peu défait ; il est ailleurs tout en étant présent. Seule la voix de la jeune femme parvient à raviver ses songes, sa pleine conscience en cet instant. « Je suis contente que tu m’aie envoyé un message pour ça et je vais pas te laisser tomber maintenant, après tout, avec ce qui vient de se passer, je t’en dois une. » Il lève la main comme pour faire entendre que ce n'est rien. Non, ce n'est rien. Elle ne lui doit rien, il n'a fait qu'agir selon son instinct, que suivre les réflexes qui se dictaient avec brutalité en lui dès lors qu'il a comprit. Lui, à ses yeux, Eleesha est déjà une amie. Aussi, il insiste silencieusement pour qu'elle ne cesse de penser cela, allant pour songer à autre chose, lui dire qu'ils pourront toujours se voir une autre fois étant donné la situation mais elle le coupe dans son élan, faire vibrer le ton de sa voix presque immédiatement. « Et après on ira boire un café puisque le mien a étrangement disparu dans toute cette pagaille. » Un maigre sourire, un acquiescement presque imperceptible avant qu'elle ne vienne lui tendre son bras, se faire épaule solide pour le fardeau qu'il se doit d'endurer, la crainte qui l'habite depuis qu'il ne cesse d'y songer. Il a beaucoup à perdre, derrière ces portes. Trop à perdre, en vérité, Gustave a toujours été un véritable pilier pour celui qui peine encore à aller le visiter. Et la revoilà, sa culpabilité chérie, bien ancrée en lui à vouloir l'abaisser plus qu'il ne pourrait l'être au cours de sa vie. Et si, finalement, il était trop tard pour pouvoir racheter l'absence qu'il a fait durer ? Non, il n'ose pas y penser, pas complètement en soit puisque cette simple idée parvient à lui donner le courage nécessaire pour saisir l'opportunité qu'elle lui tend en cet instant. Il lui faut accepter, se donner l'élan nécessaire pour y arriver. Un grand gaillard comme lui, effrayé par quelques couloirs.

« Bon, eh bah on fait comme ça alors. » Il se décide, prend sur lui pour risquer sa première idée, celle de marcher dans la direction donnée, franchir les corridors froids et impersonnels dans lesquels sont abandonnés ceux qu'on ose pas aller rejoindre malgré l'urgence, la maladie, les potentiels dangers. Le manque de temps qui gagne en terrain sans qu'on ne puisse pleinement l'imaginer. Il soupire, acquiesce une énième fois ; plus pour lui-même que pour la jeune femme finalement. Et enfin, ses pas se font, son bras croisé à celui de la jeune femme qu'il apprend à connaître autant qu'elle ne se fait déjà importante pour lui ; courageuse âme qui n'a pas idée de l'amitié dans laquelle elle est en train de plonger, Ronnie peut être un calvaire quand il laisse ses vices le diriger. Peut-être qu'un jour, elle aura à l’apercevoir dans cette décadence pour l'instant bien cachée. Ou presque, en tout cas – c'est suffisant pour cette fois. Et dans son avancée, Ronnie s'essaie à penser ; parce qu'en sa crainte ne réside que des sentiments infondés. Sans ces locaux, sa mère biologique ne serait probablement plus là, ou peut-être que si mais pas dans cet état. En cet instant précis, le tout s'emmêle et l'amène à ralentir ; et si les choses se transposaient à nouveau sur le vieillard qu'ils vont voir ? Et si sa venue ici n'avait rien arranger, au contraire, comme pour sa mère ? Il se l'imagine, paralysé sur son lit, ne se souvenant pas forcément de chaque chose vécue ou vue, de chaque personne qu'il avait connu. Un haut-le-cœur l'amène à s'arrêter dans sa course, là, à quelques mètres des portes qu'on fait aller et venir à chaque passage qui se fait. Et lui se tient là, avec Eleesha, en plein milieu du chemin qu'ils ne continuent pas. « Il était comment, la dernière fois que tu l'as vu ? » Il ose, pose la question dans la foulée, braquant son regard un peu paumée sur sa présence qui parvenait jusqu'alors à le rassurer. Il guette ses réactions, sait qu'elle doit très certainement le trouver bizarre mais peu importe, il doit savoir. Il doit savoir que le pire ne s'est pas étendu, que son vécu – à lui – n'est pas forcément une généralité. « J'veux dire, il va bien ? Il est... comme il a toujours été, hm ? »

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MessageSujet: Re: Un café sans sucre [Ronnie]   Mar 6 Nov - 10:42

On fait comme ça. Eleesha sourit doucement à Ronnie, contente et fière aussi qu’il ait accepté de la suivre. Elle sait que Gustave sera très heureux de le voir, elle sait que le vieil homme a besoin de la présence de son ami. Il ne le dira pas, pour faire culpabiliser personne, parce qu’il considère qu’à son vieil âge il n’est pas forcément prioritaire. Mais Eleesha a bien compris, à la façon qu’il avait de lui demander des nouvelles de Ronnie qu’il avait envie de le voir, de pouvoir échanger un peu avec lui, de se sortir au moins mentalement de cette chambre d’hôpital. Alors oui, elle est heureuse de voir Ronnie accepter même si elle sent bien que ce grand gaillard manque soudainement d’assurance. Ses sourires sont fébriles, sa carcasse semble soudainement être trop grande, trop imposante pour lui. Pourtant, elle ne le laissera pas sur ce trottoir. Ils vont aller ensemble jusqu’à l’hôpital, cela ne peut pas se passer autrement. Son bras se glisse dans celui de Ronnie et ils avancent ensemble vers l’imposant bâtiment. Eleesha le connait par cœur, il ne lui inspire plus de peurs, plus de craintes. Elle est presque neutre face à lui-même si elle le sait, le jour où un de ses proches sera dans ces lieux, tout sera différent.

Ils avancent, cortège insolite, elle qui soutient cet homme bien plus grand, bien plus costaud qu’elle. Ils y sont presque, les portes se profilent devant eux et pour Eleesha il s’agit désormais d’une évidence, ils vont les passer, tout simplement. Mais la progression n’est pas aussi linéaire et aussi évidente que prévu. Comme si les forces de Ronnie s’amoindrissaient il arrête la marche à quelques mètres seulement de l’hôpital. Eleesha s’immobilise sans se détacher de lui et son regard se pose sur son visage. Il a l’air totalement perdu. Ce regard est beaucoup plus fragile que tous ceux qu’il lui avait adressés jusque-là. Il a peur. Peur de ce qu’il va voir, de ce qu’il va trouver derrière ces portes.

Eleesha se déplace alors pour se placer en face de Ronnie. Elle ne le quitte pas du regard. Son bras a légèrement glissé mais elle le tient toujours de la main. Elle ne le lâchera pas.


« Il est fatigué c’est certain. Mais c’est toujours Gustave. »


Prétendre que l’homme était au sommet de sa forme, qu’il était prêt à courir un marathon serait un horrible mensonge. Gustave était fatigué et affaibli, impossible de mentir là-dessus. Mais il était toujours là, il n’avait pas perdu sa tête. Il pouvait toujours tenir une conversation, sourire et même rire. Il ne s’était pas envolé avec son énergie. Il n’avait pas disparu, il n’avait pas été aspiré par cet hôpital.


« Il est toujours là, il a toute sa tête. »


Autant dire les choses concrètement, autant utiliser les mots qui ont été créés pour désigner les choses. Eleesha a appris, en tant qu’infirmière, que les métaphores, les pincettes sont souvent contre productifs. Les gens ont souvent besoin d’entendre les choses telles qu’elles sont pour comprendre, pour assimiler. Si elle n’était plus infirmière, elle était presque celle de Ronnie en cet instant et celle de Gustave. Elle devait faire le relai, comme elle l’avait toujours fait, s’assurer que le lien entre les deux hommes ne soit pas rompu. Qu’ils ne viennent pas à le regretter par la suite. Ce serait la pire des choses. Qu’il ne pousse jamais ses portes, qu’il se laisse guider par la peur et que Gustave disparaisse loin de lui, sans qu’il n’ait pu lui parler.

« Il t’attend Ronnie. On a juste à franchir ces portes et vous pourrez discuter tous les deux. Il t’attend et vous pourrez parler comme avant. »

Eleesha attend avant d’enclencher le mouvement. Elle ne veut pas trop le brusquer et lui faire peur. Ils sont si près du but, ils ne peuvent pas échouer maintenant.
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Un café sans sucre [Ronnie]
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