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Lloyd Hatfield


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quartier : un appartement dans le Loop, Downtown, sur le même pallier que celui de sa mère, atteinte d'agoraphobie sévère et cloitrée depuis des années maintenant
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MessageSujet: new friendship smells like coffee    new friendship smells like coffee  EmptyMar 25 Déc - 9:30

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Eleesha & Lloyd

Il soutient le regard du médecin qui a terminé de l’examiner et rempli un peu de paperasse pour le libérer. Lloyd s’en tire bien. Il a été placé un petit moment sous oxygène, va avoir droit à quelques jours de repos et peu quitter le C.M.C. dès qu’il aura signé sa décharge.
« Vous êtes paré Monsieur Hatfield » lui lance finalement le médecin, avant de lui serrer la main et de s’éloigner déjà. Entre les fusillades de la veille et l’incendie qui a fait de nombreux blessés – et au moins deux morts, pas vrai ? – le personnel soignant n’est pas prêt d’avoir droit au repos dont lui-même va bénéficier… Ils sont sur le pied de guerre et ont tous l’air mortifiés, épuisés, blasés. Lloyd repense à la fusillade qui a éclaté au sein même de l’hôpital il y a plusieurs mois de cela et, si lui est en mesure d’y penser alors qu’il ne l’a pas vécue, il se doute que c’est le cas des médecins, infirmiers et autres employés ici…
Il se demande quand lui et les habitants de Chicago auront droit à un véritable répit. La réponse est évidente : jamais. Ça n’arrivera jamais.

Quelques coups sont frappés contre la porte ouverte de la salle d’examen où il a été installé. Ils auraient pu le traiter dans un couloir (comme c’est le cas de certains patients qu’il a croisé en chemin) mais son statut de pompier lui vaut quelques privilèges auquel il ne peut pas se soustraire. Il lève les yeux et remarque Eleesha qui l’a attendu à l’extérieur, poliment. Il lui adresse un sourire, saute à bas de la table d’examen (qui sera vite utilisée de nouveau) et la rejoint en attrapant sa veste.
« J’ai terminé » devance-t-il toute éventuelle question, avant d’agiter le petit feuillet que le médecin lui a remis devant les yeux de sa camarade. Tout comme lui, elle porte encore les stigmates des récents évènements. Des yeux cernés, les traits tendus, les yeux rougis par les fumées, la peau et les cheveux poussiéreux et puis… Il y a l’odeur bien sûr.
« Toujours partante pour un café ? » s’assure Lloyd en enfilant la veste que son supérieur lui a déposée quelques heures plus tôt, après qu’il en ait eu terminé avec la gestion de l’incendie. C’est à ce moment qui lui a glissé que lui et la recrue Lewis avaient terminé leur service et qu’il modifierait leur planning pour qu’ils aient droit à deux jours plein de repos.  
Il n’en voudra pas à Eleesha si elle refuse de l’accompagner prendre un café. Après tout, ils viennent de vivre une garde difficile, qui a fait suite à une soirée on en peut plus mouvementée aux abords du Maureen’s Tavern… Sans compter les trois heures passées au C.M.C., à attendre d’être pris en charge. Il est tôt maintenant et elle préfèrera peut-être profiter des dernières heures de la nuit pour se reposer.  
Mais elle accepte son offre.

Lloyd lui répond par un simple sourire, puis passe un rapide main dans son dos afin de l’orienter vers la bonne direction à prendre pour rejoindre la cafétéria de l’hôpital. Il plaisante sur le fait qu’il va faire les choses bien et que… « comme tu as été particulièrement sage et poli avec le gentil docteur, je t’offre un café qui ne sort pas d’une machine gérée par des Oompa Loompas. On peut pas faire confiance à ces gars-là de toute façon » plaisante Lloyd qui est possiblement plus euphorique qu’il ne le devrait à cause de l’oxygène pure qu’il a reçue pendant un moment… « Et comme je suis vraiment un gars bien, je t’offre la petite viennoiserie qui va avec ! »
Quelques instants plus tard, ils arrivent aux abords de la cafétéria et sont contraints de faire la queue. Il y a pas mal de monde. Des familles des blessés principalement et peu de personnel soignant. Eux sont occupés à trimer à l’étage.
« J’ai eu des nouvelles de Tito au fait. J’sais pas si…ça t’intéresse. Tu ne l’as pas connu très longtemps, il partait quand tu arrivais. »
Elle lui fait savoir que si, ça l’intéresse, et du coup il lui parle de l’opération qu’il a subie et s’est bien déroulée. Il lui confie que ce n’est pas la première fois que son ami est blessé à la jambe et qu’il doit être maudit ou quelque chose comme ça. Mais ça ne le fait pas tellement rire finalement…
Leur tour vient finalement et ils se servent avant de se dégoter un bout de table dans un coin de la grande salle. Lloyd découvre son gobelet pour lui permettre de refroidir un peu, y ajoute du sucre et touille.
« C’était une sacré intervention hein ? » demande-t-il simplement, lui offrant l’opportunité d’en parler plus amplement si elle le désir. Car s’il n’en est pas à son coup d’essai, Eleesha n’est pas à la caserne depuis si longtemps que ça et elle est peut-être plus secouée qu’elle ne le laisse paraître…  


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Eleesha A. Lewis



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MessageSujet: Re: new friendship smells like coffee    new friendship smells like coffee  EmptyMar 8 Jan - 10:57

Assise dans le couloir, la tête appuyée contre le mur, Eleesha fixe le plafond, laissant ses pensées vagabonder en désordre pour la première fois de la journée. Elle est perdue, ne sait plus trop quelle heure il est, elle se recalera au moment de se coucher, elle a fini par prendre cette habitude à force de travailler à la caserne. De toute façon, Lloyd et elle ont écopé de deux jours de repos supplémentaires. La pompier avait d’abord pensé à protester, pas seulement par principe mais parce que son ambition, son besoin d’être un excellent pompier est toujours là, niché au fond d’elle. Mais elle s’est contentée d’hocher la tête et d’accepter. Parce qu’assise dans ce couloir elle entend ses muscles crier, elle sent la lassitude s’emparer d’elle. Tout s’est enchaîné si vite, entre la fusillade et l’incendie, elle a l’impression d’être dans un mauvais film où les catastrophes s’enchaînent. Elle est épuisée, elle a l’impression d’avoir fait une garde deux fois plus longues qu’à l’accoutumée ce qui n’est pas complètement faux. Elle a besoin d’un peu de repos aussi et sait qu’elle sera observée pour voir si psychologiquement elle tient le coup. Et elle tiendra, elle s’en fait la promesse.

D’un geste lent, Eleesha finit par se lever de sa chaise pour aller toquer à la porte derrière laquelle Lloyd a disparu pour être examiné. Elle aussi a eu droit à sa petite inspection et elle va bien même si on lui a clairement dit de se reposer. La jeune femme pousse donc la porte et croise le regard de son collègue, qui, sans qu’elle n’ait besoin d’ouvrir la bouche, lui confirme qu’il a terminé son inspection et saute de la table d’examen. Il a encore de l’énergie visiblement, c’est bon signe ! Et il n’a pas oublié le café. Eleesha hoche la tête.

« Oh que oui, il me faut de la caféine sinon je n’aurai même pas la force d’atteindre mon appartement. »

Eleesha affiche un petit sourire avant de s’engager dans les couloirs aux côtés de Lloyd. Ils sont tous les deux salis par l’incendie pourtant leur présence ne choque personne, on les laisse déambuler comme si cet hôpital était aussi un peu le leur. En même temps, la pompier s’y sent à l’aise et n’hésite pas à rire un bon coup en écoutant Lloyd partir dans ses délires de petits lutins.

« T’es sûr que tu n’as pas dépassé la dose d’oxygène ? »

Elle sourit doucement mais apprécie l’initiative, s’asseoir à la cafétaria et prendre le temps de grignoter quelque chose avec son café, c’était plus agréable que de le boire à la sauvette dans les couloirs. Les deux collègues arrivent finalement à destination et s’engagent dans la file. Les mains dans les poches, Eleesha ne s’impatiente pas, elle a tellement l’habitude de faire la queue ici qu’elle n’y prête plus attention. Son collègue lui parle alors d’Hernandez, ancien secouriste qui se trouvait avec eux lors de la fusillade de la veille. La jeune femme lui confirme qu’avoir des nouvelles l’intéresse. Non, elle ne connait pas le bonhomme personnellement mais il faisait partie de la caserne et surtout, elle était sur cette terrasse avec eux alors forcément, elle n’est pas détachée de tout ça. Elle l’écoute attentivement, hochant la tête. La malédiction de la blessure…
Eleesha attrape un croissant et un grand café noir. Elle a besoin de savourer sa boisson. Elle attrape son gobelet et sa viennoiserie et suit Lloyd jusqu’à un coin de table dans la salle. Elle se laisse tomber sur sa chaise en poussant un léger soupir. Ses mains s’enroulent autour de son gobelet, y puisant la chaleur. Comme si elle n’avait pas eu assez chaud dans cette église…

« Dire qu’avant ça, je trouvais la journée presque trop calme… »

Eleesha afficha alors une légère grimace. Une vieille superstition la poussait à s’en vouloir d’avoir pensé cette journée comme trop calme. Comme si elle en était venue à provoquer tout ça… Idiot. Eleesha soupira de nouveau avant de relever le regard vers son collègue.

« Ça va te paraître idiot mais je crois que ce que je crains le plus c’est le journal de demain. Ils vont mettre les portraits des victimes c’est certain. »

Eleesha baissa alors le regard vers son gobelet et fit tourner le café à l’intérieur pour le refroidir un peu. Elle le savait, les gens qu’ils n’avaient pas pu sortir de là resteraient ancrés dans sa mémoire. Sauf que jusque-là, ils étaient encore un peu flous, ils n’étaient que des figures perdues dans la fumée. Mais comment les affronter une fois qu’ils auront un visage ? Une histoire ?


« Ermitage obligatoire pendant une semaine. Je ne vois que ça. »


Eleesha plaisantait bien sûr. Humour noir, ça avait toujours été sa spécialité mais elle se retenait en général, sachant bien que ça ne marchait pas sur tout le monde. Mais là, elle avait besoin d’évacuer un peu la pression et quelque chose lui disait que Lloyd comprendrait.
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MessageSujet: Re: new friendship smells like coffee    new friendship smells like coffee  EmptyDim 17 Fév - 8:08

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Eleesha & Lloyd

« Dire qu’avant ça, je trouvais la journée presque trop calme… »
Lloyd se permet un sourire alors que son interlocutrice grimace un peu. A la caserne, il est formellement interdit de formuler ce genre de remarque, par pure superstition. Ça revient selon beaucoup (Lloyd inclus) à convoquer le mal, à faire venir les emmerdements…et aucun d’eux n’a généralement besoin de cela. Combien de fois a-t-il vécu l’expérience ? Combien de fois un crétin de bleu en mal d’adrénaline s’est-il mis à soupirer et se plaindre de ne rien avoir à faire, quelques instants seulement avant que l’alarme ne se déclenche pour les envoyer sur des interventions forcément compliquées ? C’est arrivé sept fois en près de quinze ans de carrière. Lloyd a compté.
« Ouais, tu sais ce qu’on dit ? Fais attention à ce que tu souhaite parce que tu pourrais bien l’obtenir » commente-t-il simplement, avant qu’Eleesha ne reprenne la parole, soulevant un point qui lui glace le sang…
Effectivement, c’est ce qui va se passer. Demain, à la une des journaux locaux et sur les chaines télévisées, ils devront supporter le regard des victimes de l’incendie, de ces gens qu’ils ont lamentablement échoués à protéger et sauver. Ils seront condamnés à les voir partout, souriants à pleines dents parce que ce sont ces photos-là que leurs familles choisiront de transmettre… Des photos les présentant sous leur meilleur jour, plein de vie…
Lloyd déglutit. Ce n’est pas la première fois qu’il doit faire face à cela malheureusement et ce ne sera certainement pas la dernière. Mais même s’il a plus d’expérience qu’Eleesha en la matière, ça ne rend pas les choses plus faciles. Au contraire…au fur et à mesure, la liste de ses échecs s’allonge et le poids sur ses épaules, sur sa conscience, s’alourdit…
« Ermitage obligatoire pendant une semaine. Je ne vois que ça » tente de plaisanter la jeune femme, sentant l’atmosphère se faire lui aussi plus pesant.
« Et alcool a profusion » surenchérit-il, faisant mine de porter un toast avec sa tasse de café fumante. Il la repose sans en boire pour éviter de se brûler la langue puis pousse un petit soupir avant de retrouver son sérieux. « Soit dit en passant…c’est à peu près la pire idée à avoir dans ces circonstances. Désolée recrue Lewis, mais c’est un zéro pointé pour vous ! »
Il se redresse un peu contre le dossier de sa chaise et s’accoude à la table, croisant ses mains devant son menton, se donnant des airs de professeur.      
« Tu vas avoir envie de t’isoler et de te couper du monde. Et à un certain niveau c’est une bonne chose parce que ça t’évitera peut-être de devenir obsédée par tout ça et de passer ton temps sur les réseaux sociaux à lire les commentaires des biens pensants qui n’ont pas vécus ce qu’on a vécu... Au début de ma carrière j’essayais de me renseigner sur les victimes. Facebook et tous ces trucs n’existaient pas encore bien sûr… Ou peut-être que si mais c’est pas mon truc. Enfin bref, je me renseignais, je fouinais, je me faisais du mal… C’était ma punition pour avoir échoué à les sauver, je devais savoir quels rêves d’avenir j’avais brisé, combien de personnes étaient impactées par mon erreur et à quelle échelle… Je suis même allé présenter des excuses à la famille d’un garçon que j’avais échoué à réanimer après une noyade dans mes premières années de service. Je me suis fait traiter de tous les noms, le père a failli me cogner, ils parlaient de déposer une plainte contre moi. A croire que c’était moi qui avais maintenu la tête de ce pauvre gosse sous l’eau alors qu’il ne s’agissait que d’un stupide accident domestique… » Aujourd’hui, des années plus tard, il est encore capable de revoir le visage des membres de cette famille et de se souvenir du prénom du gamin. « Ce que je veux dire, c’est que ça n’a rien apporté à personne, au contraire » reprend Lloyd en poussant un petit soupir, passant une main dans sa nuque avant de venir refermer les deux autour de sa tasse. « Mais je suppose qu’on passe tous par là. Peut-être qu’il le faut, pour réaliser qu’on n’a finalement rien à se reprocher. Faut se brûler pour être certain que le feu est chaud comme on nous le répète depuis l’enfance. »
Et il image ses propos en avalant une gorgée de son café. Très chaud, mais pas aussi brûlant qu’il se le figurait.
« Tout ça pour dire que se couper de certaines choses est plutôt sain dans ces périodes là, mais rester entourer est encore plus malin. Si t’as une passion pour la pêche ou la randonnées, c’est le moment de te mettre au vert, de te recentrer sur toi-même, mais faut pas hésiter à rester en contact avec les tiens… Je sais que c’est dur à entendre, et ça va sonner comme…une tentative de se dédouaner mais : ce n’est ni ta faute, ni la mienne, ni la leur... Si l’incendie est criminel, alors ce sera la faute des connards qui ont allumés la mèche. Un point c’est tout » lâche le pompier, une lueur rancunière dans le regard, un soupçon de haine dans le ton.
Sa phrase se ponctue d’une petite quinte de toux. Malgré l’oxygène, il a encore la gorge irritée et son petit discours paternaliste n'a pas aidé.    



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Eleesha A. Lewis



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MessageSujet: Re: new friendship smells like coffee    new friendship smells like coffee  EmptyMer 20 Fév - 13:51

Ne jamais souhaiter que la journée s’accélère. Eleesha avait compris ce principe dès son arrivée à la caserne, ses collègues lui ayant bien fait comprendre qu’il ne fallait jamais, ô grand jamais penser une chose pareille au risque qu’un malheur leur tombe sur le coin de la tête. Elle avait appliqué, soigneusement, ne montrant jamais son envie d’action. Pourtant, le simple fait d’avoir pensé que la journée était calme lui apparaissait soudainement comme une faute professionnelle. Elle hocha doucement la tête aux propos de Lloyd. Oui, elle n’était pas du genre à croire aux vœux et à toutes ces conneries là mais pour le coup, la superstition des pompiers n’était pas absurde. Elle saurait désormais que même penser peut-être dangereux. Elle changerait là-dessus après ce terrible incendie et ce ne serait sans doute pas la seule chose qui allait changer en elle. On ne sort jamais de ça indemne, ils le savaient tous.

Mais il y a aussi ceux qui ne sont pas sortis tout court de cet endroit. Eleesha comme Lloyd savent ce qui attendait la caserne dès le lendemain. Des visages, des noms, des familles et des histoires. Tout ce qu’il faut pour humaniser ces victimes, pour ne pas en faire que de simples chiffres. Un geste en partie louable mais terriblement douloureux pour eux. Pour ceux qui se sont battus contre la fatalité. Eleesha sait que ce sera difficile pour elle, elle le ressent déjà au fond de ses entrailles. Alors elle tente de plaisanter pour se défaire un peu de ce lourd manteau qui pèse déjà sur ses épaules. Hatfield la suite, parlant d’alcool et levant sa tasse de café. Un sourire aux lèvres, elle l’imite et vient doucement faire cogner sa tasse contre la sienne avant de la reposer devant elle. Le pompier en face d’elle enchaîne cependant rapidement et Eleesha se redresse, un sourire aux lèvres. Oups, c’est l’heure de la réprimande.

« On voit bien que mon apprentissage n’est pas terminé. J’écoute ! »

Elle plaisante mais elle sait que cela ne va pas durer. Elle le voit dans le regard de Lloyd et sans doute que c’est déjà visible dans ses traits à elle. Parce qu’ils ont beau se débattre avec tout ça, c’est encore bien là. C’est encore leur réalité. Lloyd reprend la parole et Eleesha l’écoute religieusement. Elle n’a jamais été de ceux à qui on dit quoi faire, comment se comporter. Esprit libre, forte tête, elle avait toujours cette tendance à s’opposer à ce qu’on lui conseillait par principe. Cette fois pour autant elle écoute chaque mot prononcé par son collègue parce qu’elle sait qu’elle en a besoin. Alors qu’il décrit cette pulsion, ce besoin d’en savoir plus sur les victimes, elle ressent une forme de culpabilité. Elle ne l’a pas encore fait, ils sortent tout juste de l’intervention pourtant elle sent bien qu’elle l’aurait sans doute fait. Qu’elle était toute proche de glisser là-dedans. Les coudes sur la table, Eleesha se penche légèrement en avant, malgré elle, alors qu’Hatfield lui livre sa propre expérience. Une intervention qui le hante encore. Il y a de la pudeur chez les pompiers et c’est une chose que la jeune femme respecte énormément. Pourtant, elle a bien compris que ce que racontait Lloyd n’était pas un cas isolé. S’ils n’ont pas tous réagi de la même manière, ils ont tous une intervention comme celle-ci en mémoire, une qu’ils ne pourront jamais oublier.

« J’espère que je saurais écouter les conseils de mes aînés plutôt que de vouloir vérifier par moi-même… »

Un mince sourire étire les lèvres d’Eleesha. Il n’a rien de joyeux il est simplement… Circonstanciel. Elle espère qu’elle pourra suivre le conseil de Lloyd, qu’elle saura enregistrer sa mise en garde et qu’elle gardera ses distances avec les familles des victimes. Pourtant, elle ne peut s’empêcher de comprendre ce qui a poussé son collègue à agir ainsi. Elle n’a aucun mal à se mettre à sa place, à se figurer ce qui a pu passer dans son esprit en cet instant. Parce qu’ils ont beau être tous différents, le métier et les expériences qu’ils traversent les font se ressembler.
Eleesha soulève sa tasse qu’elle porte à ses lèvres alors que ses yeux ne décollent pas du visage de Lloyd. Elle boit ses paroles tout autant que son café. Elle sent ses yeux la piquer légèrement sans qu’elle ne puisse expliquer pourquoi. Parce que la manière qu’il a de la conseiller, de la soutenir à sa façon la touche profondément. Peut-être aussi parce qu’elle avait besoin d’entendre de la bouche de quelqu’un qu’elle n’était pas responsable des victimes. Cela ne voulait pas dire qu’elle était encore prête à l’accepter mais l’entendre avait toujours une signification particulière. Elle repose sa tasse, glissant ses mains autour alors qu’elle regarde soucieuse Lloyd qui se remet à tousser. Elle l’observe sans pour autant faire de commentaire, attendant simplement que sa toux se calme et qu’il puisse respirer de nouveau plus posément.

« Je crois qu’au-delà de la culpabilité que je peux ressentir, c’est aussi ce que je pourrais trouver dans le regard des autres qui m’effraie. Parfois ils ne veulent rien dire, ils ne veulent surtout pas faire de tord mais un regard suffit. »

Eleesha hausse les épaules dans un geste faussement détaché. Voilà pourquoi une part d’elle a envie de s’enfermer dans son appartement pour ne plus en sortir pendant de longues journées. Parce qu’elle ne veut pas que ceux qui savent affichent cet air de culpabilité partagée. Comme s’ils pouvaient comprendre. Comme s’ils se sentaient obligé de ressentir un peu de culpabilité de connaître quelqu’un qui aurait pu faire plus… Ou pas.

« Je pense que je vais opter pour la randonnée. De toute façon, je n’ai pas grand monde ici. »

Eleesha ne dit pas cela pour être plainte, ça n’a jamais été sa façon de faire. C’est un constat, voilà tout. Elle appellera sans doute son frère en rentrant chez elle parce qu’il saura l’écouter sans la juger, la comprendre, peut-être même qu’il restera un moment silencieux au téléphone avec elle. Pour lui donner l’impression qu’il était juste là. Elle appellerait ses parents aussi, ils seront affolés et fiers à la fois. Et après ? Après elle se rappellera que Chicago lui paraît parfois terriblement austère.

« C’est quoi ta passion secrète ? »


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Lloyd Hatfield


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MessageSujet: Re: new friendship smells like coffee    new friendship smells like coffee  EmptyDim 3 Mar - 11:33

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Eleesha & Lloyd

« J’espère que je saurais écouter les conseils de mes aînés plutôt que de vouloir vérifier par moi-même… »
Lloyd répond à son sourire par un autre, patient, bienveillant. Il sait qu’un jour, Eleesha se sentira trop concerné par un cas. Peut-être pas celui-ci, peut-être pas le suivant mais un jour, ça arrivera forcément. Ça leur arrive à tous, parfois plusieurs fois... Elle tombera sur une victime à laquelle elle s’identifiera ou qu’elle associera à un proche disparu et ce sera plus fort qu’elle. Il espère que ce jour-là, elle tiendra le choc, qu’elle saura faire face, se blinder et demander de l’aide si elle n’y parvient pas.
Certains ne l’ont pas fait. Ceux-là ont généralement leur portrait accroché dans les couloirs de la caserne ou ont pris congé, dans le meilleur des cas…
Il laisse à son discours le temps de s’imprégner dans l’esprit de la jeune femme, n’ajoutant rien, lui laissant l’opportunité de rebondir si elle le souhaite. De toute façon, ça gorge est un peu trop irritée pour qu’il reprenne directement la parole.

Eleesha s’en charge après quelques secondes d’un silence apaisant, lui faisant part de sa crainte du regard des autres suite aux évènements tragiques qu’ils viennent d’affronter.
« Je pense que je vais opter pour la randonnée. De toute façon, je n’ai pas grand monde ici. »
« Non, tu as raison. Tu n’as qu’une petite douzaine d’idiots de pompiers prêts à te rattraper en cas de faux pas » lui glisse Lloyd, arborant un ton léger, esquissant même un sourire, alors que son regard azuré, braqué sur elle demeure on ne peut plus sérieux. Il finit par lui adresser un clin d’œil complice.
Il veut que sa camarade comprenne qu’elle n’est pas seule. Certes, elle n’a peut-être pas noué une forte amitié avec qui que ce soit à la caserne, mais chacune des recrus qu’elle croise en passant sa porte sont passés par là où elle passe. Chacun serait prêt à donner sa vie pour la sauver si la situation l’exigeait, comme ils savent à présent qu’Eleesha serait capable de faire la même chose pour eux. Lloyd en tout cas ne peut plus en douter après ce soir. Eleesha est un bon élément, prometteur, droite dans ses bottes avec suffisamment de caractère pour tenir tête aux imbéciles qui se risqueraient à lui marcher sur les pieds…  
« Penses-y le jour où tu penses être seule » conclut le grand blond en avalant une gorgée de sa boisson.

Leur conversation finit par s’orienter vers un sujet un peu plus léger, ce qui n’est pas pour déplaire à Lloyd. Il retrouve son sourire alors qu’elle vient de lui demander quelle est sa passion secrète.
« Ne le répète à personne mais…j’adore le tricot, le point de croix et tous ces trucs ! » lui répond-t-il, avant de secouer la tête de gauche à droite. « Non, j’plaisante. Je suis incapable de faire un point sur des chaussettes. Et puis qu’est-ce que tu crois ? Je suis père célibataire d’une gosse de deux ans quand je ne brave pas les dangers de Chicago ! J’ai pas le temps d’avoir des passions » se reprend-t-il, amusé. « Enfin sauf si tu comptes la chance de faire pipi tout seul ou de pouvoir manger un snickers entier en douce comme des passions... J’avoue que ce sont des activités que je savoure tout particulièrement ! »  
Nouvelle petite quinte et nouvelle gorgée de café.
« Et toi alors ? Qu’est-ce que tu aimes faire quand tu n’es pas en première ligne ? »
Parce qu’il faut être passionné par le métier qu’ils font pour pouvoir l’exercer. Il sait que c’est le cas de la jeune femme, il l’a vue à l’œuvre plus d’une fois et n’a entendu que de bons échos sur elle de la part de son lieutenant, Josef.


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Eleesha A. Lewis



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MessageSujet: Re: new friendship smells like coffee    new friendship smells like coffee  EmptyLun 4 Mar - 16:42

Le non résonne aux oreilles d’Eleesha et l’espace d’un millième de secondes, elle fronce les sourcils et lance un regard rempli de surprises à Lloyd. Comment peut-il la contredire sur ce sujet ? Puis, il complète et la jeune femme esquisse un sourire. Il met du temps à s’installer, il s’étire doucement sur ses lèvres et elle baisse le regard vers sa tasse. La caserne est en train de devenir sa deuxième maison, elle ne s’en rend pas vraiment compte pourtant, quand son collègue le dit, ça paraît évident. Elle y passe un temps fou et si elle n’est pas de celles qui parlent tout le temps, qui racontent des blagues à tout va, elle ne s’y sent jamais en trop. Elle s’y sent à sa place, assise à écouter ou en pleine opération, agissant de concert avec ses collègues. Ce n’est pas un changement radical dans sa vie, c’est quelque chose de plus discret, qui se fait petit à petit. Elle n’avait pas encore pris le temps d’y réfléchir, de constater mais elle sait qu’au fond, être avec ses collègues à la caserne c’est pour elle une manière de se vider la tête et pas seulement parce que le boulot est très prenant bien que cela joue évidemment.

« Je n’oublierai pas. »

Eleesha sourit en réponse à Lloyd, plus franchement cette fois avant de cacher son visage derrière sa tasse de café, un réflexe de pudeur qu’on ne lui enlèvera pas. Les conversations à cœur ouvert, ce n’est pas réellement son truc mais ces quelques mots échangés avec Lloyd lui font un bien fou. Parce qu’elle le sait, cette intervention va encore peser longtemps sur elle, sur ses nuits et ses réveils. Alors les quelques mots d’un collègue plus expérimenté ne sont pas inutiles, bien au contraire. Ils sont salvateurs. Eleesha ne se gêne pour autant pas pour changer légèrement de sujet. Parce que c’est aussi ce qui rend ces mots si précieux, leur rareté. Lloyd attrape la conversation au vol et commence par parler de tricot. Vraiment ? Eleesha arque un sourcil avant de se mettre à rire franchement alors que son collègue lui explique que tout ça était faux.

« Pourtant, je t’imaginais bien avec des petites lunettes sur le bout du nez, concentré sur tes aiguilles. »

On pouvait même dire que cela lui rajoutait un certain charme ! Lloyd enchaîna en évoquant les quelques petits plaisirs qu’il pouvait avoir en tant que père célibataire. Eleesha rit de nouveau avant de se mettre à tousser à son tour. Elle avala une gorgée de café pour calmer le grattement dans sa gorge.

« Ça ne doit pas être facile tous les jours de trouver ton équilibre. »

Eleesha retrouve son sérieux. Elle n’ose pas imaginer ce que c’est que de jongler entre un métier pareil et une petite fille à élever seule. Il doit falloir une sacrée dose de courage. Elle sait que Lloyd n’en manque pas, elle l’a vu en opération, elle travaille avec lui dans un métier où le courage est essentiel à la survie. Mais c’est différent quand il s’agit de la famille. La jeune pompier hausse les épaules quand Lloyd lui demande à son tour de parler de ses passions. Il risque d’être déçu ! Une main glisse dans sa nuque, vers le haut de son épaule droite qu’elle masse distraitement.

« Le temps libre que j’ai, je le passe dans des associations. J’aide des familles à monter des dossiers dans des cas de violences racistes. Souvent des violences policières. »

Eleesha hausse les épaules. Elle sait qu’elle s’est enfermée dans ces associations pour éviter de penser. Elle sait que faire ça, c’est se donner l’impression de pouvoir changer ce qui est arrivé à son frère, se donner l’impression que ça pourrait ne plus jamais arriver… Elle sait aussi que ce n’est pas la meilleure façon de se reposer et qu’un jour peut-être, son corps finira par lui dire stop. Mais elle tient le choc, elle est forte. Et elle a besoin de faire des choses utiles, l’oisiveté n’a jamais été son truc.


« J’aime bien les sports de combat aussi, ça c’est le fait d’avoir grandi avec deux grands-frères. »


Elle sourit avec tendresse. Deux. Oui deux. Devon ne devait pas être effacé.
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Lloyd Hatfield


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MessageSujet: Re: new friendship smells like coffee    new friendship smells like coffee  EmptySam 9 Mar - 16:30

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Eleesha & Lloyd

« Ça ne doit pas être facile tous les jours de trouver ton équilibre. »
Il laisse échapper une petite exclamation mi-amusée, mi-désillussionnée, et son sourire s’efface doucement de ses traits, alors qu’il médite un instant sur cette réflexion de son interlocutrice. Effectivement, trouver son équilibre n’est pas simple tous les jours. Durant un temps, il pensait l’avoir fait, être parvenu à quelque chose de plutôt stable, et puis une fois de plus, le sol s’est dérobé sous ses pieds… Il y a eu Lou, il y a eu le retour de Skylar dans son existence, la dégénérescence de sa mère dont il n’a encore soufflé mot à personne et maintenant, cette fusillade…
Lloyd n’a pas encore pris le temps de se poser pour y songer. Il a préféré laisser tout ça de côté, se concentrer sur son travail pour se changer les idées, pour éviter d’avoir à réfléchir à tout ça. Tito blessé. Jo traumatisée par la mort de son amie, enceinte, Skylar blessée au bras, ses collègues exposés au danger, des victimes par dizaine, Merrin qui aurait pu devenir orpheline…
Et malgré tout ça, il a renfilé son uniforme et pris el risque de pénétrer dans un bâtiment en proie aux flammes. Il s’est jeté dans la gueule du loup en espérant en ressortir vivant. Il a gagné son pari mais il s’en était fallut de peu… De trop peu peut-être…
Combien de temps encore allait-il jouer avec sa vie ? Avec l’avenir de sa petite fille ?
S’il venait à mourir demain, qui la prendrait en charge ? Sa grand-mère ? Impossible. Skylar ? Cette idée ne lui plait pas le moins du monde… Pourtant elle reste sa génitrice et un juge n’hésiterait sans doute pas une seule seconde à lui confier la garde de la petite…
Il va falloir qu’il prenne des mesures sérieuses. Il va falloir qu’il parle à Sky…

Lloyd préfère changer de sujet. Enfin pas tout à fait. Il se contente de renvoyer la balle à Eleesha qui commence par hausser une épaule avant de la menacer distraitement en lui répondant. Elle lui explique qu’elle utilise son temps libre pour se rendre utile auprès d’associations. Le pompier laisse échapper un simple « Oh ? » agréablement surpris, intéressé, et porte sa tasse à ses lèvres pendant qu’elle enchaine.
La suite manque de lui faire avaler sa boisson de travers. Il repose la tasse, tousse dans son poing, espérant que son interlocutrice s’imagine que c’est encore la fumée avalée qui l’indispose.
La vérité c’est qu’en tant qu’homme blanc, issu d’un milieu plutôt privilégier, et portant un uniforme : il se sent un peu visé… Enfin concerné plutôt, l’autre terme étant un peu trop fort sans doute. Dans le cadre de son travail, il a plus d’une fois été pris entre deux feux, accusé de faire preuve de racisme ou témoin d’actions plus que discutables de la part de ses collègues, qu’ils soient pompiers ou policiers. Jusque là, il est toujours passé rapidement à autre chose, ne s’est jamais vraiment posé plus de questions que cela à ce propos.
Ce n’est évidemment pas le cas d’Eleesha, il peut comprendre pourquoi.
Le sujet le met très vite mal à l’aise. Il a beau estimer qu’il n’est pas raciste, il sait qu’il a de nombreuses fois émis des jugements hâtifs sur le terrain. Le simple fait de se demander s’il ne va pas passer pour un raciste en changeant de trottoir par hasard au moment où une personne noire arrive en face est certainement limite, non ?
Il ignore si Eleesha perçoit sa gêne ou si elle enchaine naturellement, mais c’est en tout cas ce qu’elle fait.
« J’aime bien les sports de combat aussi, ça c’est le fait d’avoir grandi avec deux grands-frères. »
A en croire le sourire tendre qui vient s’accrocher à ses lèvres, le grand blond en déduit qu’elle n’a pas fait attention à sa réaction. Il en profite pour rebondir sur ce deuxième sujet plutôt que sur le premier…
« Effectivement, ça fait sens » lui glisse-t-il. « Je fais de la boxe depuis…treize ans maintenant je crois ? » réfléchit Lloyd en essayant de faire un calcule rapide. « J’ai un peu moins le temps de m’y consacrer mais ça défoule, c’est certain. Faudrait qu’on passe sur le ring toi et moi, un de ces quatre ! »
Il avale une gorgée de café avant de reprendre la parole.
« Alors comme ça tu as deux frangins… Et qu’est-ce qu’ils pensent du choix de carrière de leur sœur ? »


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Eleesha A. Lewis



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MessageSujet: Re: new friendship smells like coffee    new friendship smells like coffee  EmptyLun 11 Mar - 11:19

Eleesha avait vu l’ombre passer sur le visage de son collègue alors qu’ils évoquaient le difficile équilibre à trouver entre la vie personnelle et le travail. Être père célibataire ne devait certainement pas être simple… L’espace d’un instant, Eleesha se demanda si elle n’avait pas fait une connerie en prononçant ce simple commentaire. Elle ne connaissait pas les détails de la vie de Lloyd mais avait compris certaines choses la veille. Notamment qu’il y avait un lien entre lui et Skylar, cette nana qui lui laissait disons… Un souvenir amer. Mais ça non plus, elle n’avait clairement pas envie d’en parler avec lui, non, la honte que lui avait fait ressentir cette fille était déjà suffisamment intense pour qu’elle n’en rajoute pas une couche en en parlant avec un collègue. Surtout si celui-ci avait un passé avec elle. Eleesha chassa ces idées de la tête d’un léger mouvement et visiblement, ça convenait aussi au pompier en face d’elle qui venait de continuer la conversation, passant tout ça sous silence. Très bien. Que chacun respecte l’espace de l’autre, c’était important. Et puis, après tout, ils ne se connaissaient encore que peu, il serait idiot de précipiter les choses…

Eleesha avait donc répondu en toute honnêteté à la question de Lloyd sur l’occupation de son temps libre. A aucun moment elle n’avait envisagé que cela puisse lui poser un souci ou l’interpeller de quelque manière que ce soit. Eleesha savait qu’il fallait se méfier, elle savait que chez les pompiers comme dans la police, certains vivaient encore avec des idées du siècle dernier. Naïvement sans doute, elle ne s’était pas posé la question sur sa caserne et ses collègues. Aussi, quand Lloyd se mit à tousser, elle attribua ça à la fumée et se contenta de glisser un regard inquiet sur lui, attendant qu’il reprenne son souffle. Ils auraient tous deux besoin de repos et Eleesha espérait qu’une seule chose, que la fatigue, l’épuisement s’emparent d’elle quand elle rentrerait, l’empêchant ainsi de penser. Lloyd finit par reprendre son souffle et réagit quand Eleesha évoqua son attrait pour les sports de combat. Elle afficha un large sourire alors qu’il déclara faire de la boxe depuis plus de 13 ans et qu’il lui proposait d’aller sur le ring.

« Avec plaisir ! Promis, je ferais attention à ne pas y aller trop fort. »

Eleesha se mit alors à rire doucement. En réalité, elle n’avait aucune idée du niveau de Lloyd et ne serait pas étonnée qu’il soit meilleur qu’elle. Mais ça faisait aussi partie de son ADN, cette envie de challenge, cette manière de provoquer un peu. Un truc qu’elle avait appris au contact de Devon et de Chris. Devon… La pompier baissa la tête alors que Lloyd lui demandait ce que ses frères pensaient de son choix de métier. Elle fixa sa tasse quelques secondes alors qu’une boule semblait s’être formée dans sa gorge. Pas maintenant. Elle savait que les émotions de la journée étaient en train d’user ses nerfs mais non, elle refusait de craquer maintenant. Eleesha prit alors une grande inspiration et releva la tête. Un sourire triste ornait son visage.

« Devon n’a pas eu le temps de me voir devenir pompier. »

Toujours utiliser son prénom. C’était idiot en un sens puisque Lloyd n’avait jamais entendu parler de lui auparavant, ce prénom n’évoquerait rien pour lui. Mais c’était pour elle que c’était important. Parce qu’elle se battait au quotidien pour que son frère ne soit pas qu’un chiffre, qu’un fait divers. Alors, elle s’appliquait elle aussi à toujours le singulariser, lui rendre son identité et faire que sa mémoire demeure intacte.

« Et Chris, lui, il est super fier. Je crois que ça lui donne l’impression d’avoir bien réussi son boulot de grand-frère. »

Cette fois, Eleesha se mit à rire doucement ce qui lui fit le plus grand bien. Elle savait que Devon aurait réagi comme Chris. Que lui aussi aurait été fier de voir sa petite sœur enfiler cette tenue et partir à l’assaut des flammes. Comme un bonhomme. Ils adoraient cette expression.


« Mes parents eux, je crois, auraient préféré que je reste infirmière mais ils se gardent bien de le dire. »


Nouveau rire amusé du côté d’Eleesha. Elle voyait clair dans le jeu de ses parents mais les remerciait chaque jour pour leur pudeur. Ils lui faisaient confiance et respectaient ses choix malgré la peur qui les dévorait. Elle s’en voulait parfois de leur faire subir ça mais elle en avait besoin, elle le savait, impossible de faire autrement.

« Dans ta famille, ils ont réagi comment quand tu as décidé de devenir pompier ? »
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MessageSujet: Re: new friendship smells like coffee    new friendship smells like coffee  EmptyMer 13 Mar - 16:51

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Eleesha & Lloyd

Lloyd répond à la bravade de la jeune femme par un clin d’œil complice. Il ignore de quoi elle est capable, mais si elle est aussi à l’aise sur un ring que sur le terrain : il a du souci à se faire, à n’en pas douter ! Eleesha a la gniak et ça se sent. Il est en tout cas déjà curieux de mettre cette proposition - loin d’avoir été faite en l’air – en pratique… Il envisage déjà de lui soumettre l’idée de le rejoindre à la salle de sport dès qu’il aura récupéré. Pas trop tôt non plus, histoire d’avoir une excuse au cas où elle le mette un peu trop facilement au tapis, égo de mâle oblige.
Souhaitant continuer sur cette note plus légère et personnelle, Lloyd la questionne sur l’opinion qu’on les deux frères dont elle vient de parler de son choix de carrière. Malheureusement, comme ça lui arrive fréquemment, le pompier vient sans le savoir de mettre les deux pieds dans un plat bien épicé… D’après la tournure de la phrase de la jeune femme, il devine aisément que Devon est décédé.  
Il perd son sourire et arbore une mine grave de circonstances, ne pouvant s’empêcher de songer à son propre frère, décédé il y a de cela des années. Kevin non plus n’a jamais eu l’occasion de le voir enfiler un uniforme. Pourtant il aurait adoré ça… Lloyd ne compte plus le nombre de fois où il a été contraint de se coltiner Kev des après-midi entières pour qu’il traine à la caserne où avait exercé leur grand-père. Une véritable corvée pour le crétin adolescent qu’il était à l’époque.
Aujourd’hui, il paierait cher pour pouvoir passer ne serait-ce que dix minutes en compagnie de son cadet, pour revoir ses yeux si particuliers se mettre à briller d’exaltation face à tous ces camions rouges alignés…  

« Et Chris, lui, il est super fier. Je crois que ça lui donne l’impression d’avoir bien réussi son boulot de grand-frère. »  
« Je vois » lui sourit-il en retour, chassant le souvenir de son frère de son esprit pour se recentrer sur cet échange.
« Mes parents eux, je crois, auraient préféré que je reste infirmière mais ils se gardent bien de le dire. »
Lloyd ne peut pas les en blâmer. Leur choix de carrière, bien qu’inspirant le respect pour beaucoup, inspire également le plus souvent la crainte aux proches… Et encore, la plupart du temps, ils n’ont même pas idée d’à quel point ils sont vulnérables, exposés à la dure loi de la nature… Eleesha évitera certainement de leur raconter précisément à quel point elle est passée proche d’une fin certaine… S’ils avaient trainés ne serait-ce qu’une minute supplémentaire dans l’église pour secourir les derniers citoyens présents : leurs noms apparaitraient eux aussi sur la liste des victimes publiée demain…
Lloyd aussi se gardera bien de dire quoi que ce soit à ce sujet à sa mère.
« Dans ta famille, ils ont réagi comment quand tu as décidé de devenir pompier ? »
« Ils ont été surpris. Pas dans le sens où… En fait, mon arrière-grand-père et mon grand-père étaient pompiers. Mon père a rompu la tradition et l’envie de porter l’uniforme m’a passé à l’adolescence. J’étais un sacré petit con à cette période » grimace Lloyd en y repensant, comme à chaque fois, avec un peu de honte et beaucoup de regrets. « Je crachais sur toute forme d’autorité, j’étais un rebelle des bacs à sables et j’ai tourné le dos à pratiquement toutes les valeurs familiales ! Mon père me voyait déjà finir mes jours en prison et ma mère avec une seringue dans un bras… Et puis mon frère est mort lui aussi » se confie le trentenaire, croisant le regard d’Eleesha. "On est dans le même foutu bateau de merde toi et moi" semble dire ce regard. Enfin pas tout à fait sans doute… Parce que contrairement à lui, elle n’est peut-être pas responsable de la disparition de son frère. « J’étais supposé le surveiller et j’ai été négligent, comme à chaque fois parce que ça m’emmerdait d’avoir à m’occuper d’un gosse de neuf ans handicapé. Il s’est fait renverser alors qu’il essayait de me suivre en vélo. Un accident stupide qui m’a remis un peu de plomb dans la tête. Et puis il y a eu le 11 septembre et comme beaucoup d’entre nous, dès le lendemain, je me dirigeais vers un centre pour remplir de la paperasse et lancer les démarches pour enfiler l’uniforme. Bref, du coup tout le monde pensait que je tournerai mal et finalement, j’ai redressé le tir. Un peu trop tard malheureusement… Mon père a jamais…vraiment montré qu’il était fier ou quoi que ce soit. Je pense que jusqu’à sa mort il m’a vu comme un espèce d’extraterrestre » plaisante-t-il, un peu cynique. « On s’est jamais vraiment compris. On était toujours en décalage… Quant à ma mère… Elle a déjà perdu un fils alors tu imagines qu’elle n’est pas ravie de mon choix de carrière. Mais elle doit faire avec… »
Et elle fait avec en restant enfermée chez elle, le ventre en permanence noué par la peur. Elle n’a pas mis les pieds hors de son appartement depuis des années. Lloyd sait qu’il aurait pu l’aider en arrêtant de mettre sa vie en péril à chaque garde mais maintenant, il aime trop son job pour en changer. Il a essayé et ça n’a pas fonctionné… Il s’en veut mais n’est pas capable de renoncer à tout ça par amour pour elle.
Ou pour Merrin.
« Je savais pas pour ton frère en tout cas… » ce qui est sans doute normal car au moment de son arrivée, il était endeuillé par le décès de Lou et n’a pas vraiment pris le temps depuis d’apprendre à la connaître. « C’est arrivé comment ? …T’es pas obligée d’en parler si… »
Mais elle l’interrompt.    



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Eleesha A. Lewis



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MessageSujet: Re: new friendship smells like coffee    new friendship smells like coffee  EmptyMar 19 Mar - 11:07

Eleesha sait que l’évocation de Devon peut très vite rompre l’ambiance détendue et amener un voile sur la conversation. Alors elle essaye de montrer à Lloyd qu’elle sait faire face, qu’elle peut en parler sans s’effondrer. C’est sans doute pour elle aussi qu’elle le fait, pour se rappeler qu’elle est forte, que la mort de son frère restera toujours une terrible injustice mais qu’elle a l’énergie pour avancer, pour construire sa vie et rétablir la justice. Pourtant, elle n’a pas manqué l’ombre qui est passée sur le visage de son collègue. Il reste cependant discret, ne fait pas de commentaire et Eleesha peut alors enchaîner, le questionnant à son tour sur son choix de carrière. Elle ouvre de grands yeux alors qu’il évoque ses aïeux pompiers. Une histoire de famille, intéressant !

« Je comprends mieux, tu as ça dans le sang. »

Le sourire d’Eleesha s’agrandit alors que Lloyd évoque son passé d’adolescent révolté. Au final, elle se rend compte qu’elle n’a pas tant de mal que ça à l’imaginer ainsi. Certes il fait figure d’autorité chez les pompiers et semble suivre les ordres comme tout à chacun mais elle voit cette lueur dans son regard, ce petit air désinvolte. Pourtant, elle n’a pas le temps de trop plaisanter sur ce sujet de rire de la façon qu’il a de présenter les choses. Son frère. Mort. Eleesha s’immobilise et son expression change. Elle le regarde, désolée et intriguée à la fois. Ils n’ont pas la même histoire, chaque deuil est différent et pourtant, lorsque leurs regards se croisent, quelque chose se dit silencieusement. D’une souffrance qu’ils partagent, d’une histoire qu’ils comprennent.
Lloyd reprend le fil de son histoire et Eleesha l’écoute en silence. Elle ne sourit plus, les sourcils légèrement froncés, elle cherche à comprendre le cheminement parcouru par son collègue. Elle n’ose pas imaginer la culpabilité qu’il a pu ressentir, comme ça a dû être violent pour le jeune qu’il était. Il passe cependant rapidement sur ces faits et elle n’insistera pas. Il a livré son histoire et elle n’est pas là pour lui demander d’appuyer sur tel ou tel point. Elle écoute et hoche doucement la tête quand il parle du 11 septembre, de son père, lui aussi décédé et de sa mère.

« Tu as été courageux. »

Eleesha adresse un mince sourire à son collègue. Oui, accepter la mort de son frère et en faire une force, c’est pour elle une forme de courage et d’autant plus dans le cas de Lloyd. Parce que si le seul responsable de la mort du gamin était celui qui l’avait renversé, elle comprenait qu’il avait dû se battre contre d’autres démons, contre le sentiment irrépressible d’être responsable. Quand on croit qu’on aurait pu changer les choses… C’est sans doute ça le pire. Et visiblement, avec ses parents, ce n’était pas simple non plus. Eleesha respectait cette histoire.

Lloyd évoqua alors Devon et Eleesha secoua doucement la tête. Il ne pouvait pas savoir, personne ne savait. Il voulut en savoir plus avant de commencer à se raviser, sans doute gêné de sa propre audace. D’un geste de la main, la jeune pompier lui fit signe de s’arrêter.


« Je n’en ai pas parlé à la caserne parce que je ne voulais pas que l’on me juge en fonction de ça. Mais je refuse que mon frère soit relégué au rang de sujet tabou alors ne t’en fais pas, ta question ne me dérange pas. »


La seule chose qui dérange Eleesha, c’est cette fatigue qui irradie son corps. Elle a appris à parler de Devon, de sa mort avec calme et distance. Mais elle sait qu’elle se trouve dans un moment de faiblesse et elle ne veut surtout pas perdre le contrôle face à Lloyd. Elle prend une profonde inspiration, ce qui la fait légèrement tousser, avant de reprendre la parole.

« Devon a été abattu par un policier. Lors d’un simple contrôle de police, il n’était pas armé, on lui a tiré dans l’abdomen. »

Eleesha laisse son regard glisser vers Lloyd. Elle sait que c’est un sujet délicat. Elle sait que Lloyd a forcément déjà vu cela dans les rues de Chicago tout comme elle sait qu’un jour où l’autre, elle sera appelée sur une intervention qui lui rappellera l’histoire de son frère et qu’elle devra être solide pour faire face. Peut-être que rien que pour ça, ses collègues devraient être au courant mais elle ne peut se résoudre à leur parler de ça. Elle sait ce que ça peut engendrer et elle espère au fond d’elle que la caserne restera toujours un sanctuaire.

« C’était en juillet dernier. C’est ce qui m’a poussé à devenir pompier. »

C’est ce qui fait qu’elle donne tout son temps à aider des familles qui connaissent des injustices semblables. Ce qui fait que malgré tous ses efforts, la police la répugne. Mais ses collègues peuvent-ils comprendre ?
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Lloyd Hatfield


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MessageSujet: Re: new friendship smells like coffee    new friendship smells like coffee  EmptyDim 31 Mar - 11:21

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Eleesha & Lloyd

Courageux ? Lloyd ne l’a jamais vraiment ressenti comme ça. Il se sentait tellement coupable à l’époque de son engagement… A ce moment-là, il se sentait honteux, coupable et son obsession était de tenter de palier à son erreur, d’essayer d’équilibrer la balance, de réparer le mal fait. Il avait tué son frère et il fallait qu’il compense ce fait en faisant son maximum pour faire le bien autour de lui, pour sauver des vies. Mais ça n’avait jamais été suffisant, parce qu’une vie est irremplaçable. En vérité, plus le jeune homme qu’il était alors avait sauvé de vies, plus il s’était senti minable de ne pas avoir été en mesure de sauver celle qui comptait vraiment à ses yeux… Ça n’avait pas ramené Kevin, ça n’avait pas aidé sa mère à se sentir mieux ou amené son père à le traiter avec plus de respect. Un échec cuisant sur toute la ligne…
Lloyd ne se lance cependant pas dans une tirade là-dessus, n’essaie pas de faire disparaître son idée de l’esprit d’Eleesha. Si elle veut le voir de cette façon, c’est son choix. Et puis peut-être qu’elle lui dit ça simplement pour l’apaiser, sans en penser un strict mot. Peu importe de toute manière. Il a appris à vivre avec tout ça depuis le temps.
Le pompier préfère donc revenir sur le sujet de la famille de son interlocutrice qui a apparemment subi un drame similaire au sien. Ou pas…
« Devon a été abattu par un policier. Lors d’un simple contrôle de police, il n’était pas armé, on lui a tiré dans l’abdomen. »
Cette réponse lui glace le sang. Le pompier se demande immédiatement s’il était de service ce jour-là, s’il est intervenu sur cette affaire. Il fouille sa mémoire, essaie de faire remonter le visage de victimes de bavures policières dans son esprit, mais c’est un exercice difficile. Il a vu tellement de choses au cours de sa carrière, tellement de vies fauchées trop tôt, bêtement qu’il lui est difficile de conserver un souvenir impérissable de chacun des citoyens qu’il a tenté de sauver, que ça ait été en vain ou non.
« C’était en juillet dernier. C’est ce qui m’a poussé à devenir pompier. »
Juillet. Il bossait à ce moment-là mais était bouleversé par la disparition d’Emilio, le fils de Tito, tombé au combat à l’autre bout du monde…
« Quel gâchis » s’agace-t-il, les mâchoires crispées.
L’animosité existant entre pompiers et policiers n’est pas qu’une légende et dure depuis aussi loin qu’on puisse s’en souvenir. Ils se cherchent toujours des noises, ont du mal à travailler main dans la main et se mettent parfois des bâtons dans les roues. Problème d’égo ? Possible… En attendant, on entend rarement parler d’un pompiers ayant fait du zèle et abattu qui que ce soit !
Voilà ce qui se passe lorsqu’on confie une arme entre les mains de crétins arrogants, de bleus effrayés et/ou de racistes certains de leur bon droit, se dit-il.
« Je suis désolé c’est…c’est trop stupide » soupire Lloyd en secouant la tête d’un air désabusé. Il ne voit pas trop quoi dire de plus. C’est une mort qui aurait pu être évitée, tout comme celle de Kevin.
S’il n’avait pas cherché à le semer, à le repousser pour passer du bon temps loin de son étouffant petit frère, il serait encore en vie et la sienne serait tout à fait différente, assurément.    
Lloyd s’oblige à s’arracher à ses réflexions pour se recentrer sur son échange avec Eleesha.
« Et…ce n’est pas trop dur d’avoir à bosser avec eux ? » lui demande-t-il, vraiment curieux sur ce point. Il ignore s’il serait capable de collaborer avec les responsables de la mort d’une personne si proche de lui… « Le responsable a payé ou l'affaire a été étouffée ? » la questionne encore le grand blond, ne se souvenant pas d’avoir véritablement suivi cette affaire dans les journaux à l’époque… Il avait d’autres choses en tête à ce moment pour être honnête.


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Eleesha A. Lewis



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MessageSujet: Re: new friendship smells like coffee    new friendship smells like coffee  EmptyDim 31 Mar - 13:29

Les mots sont lâchés. Eleesha refuse que son frère soit un sujet tabou mais elle se rend compte qu’elle attend de manière anxieuse la réaction de son collègue. Que va-t-il penser ? Est-ce que l’image qu’elle s’était fait de lui, honorable et respectueuse allait se fissurer ou venait-elle de se faire un véritable allié dans la caserne ? Elle n’en savait rien et se rendait compte, à la tension qui était peu à peu en train de s’emparer d’elle, que ça avait bien plus d’importance à ses yeux que ce qu’elle aurait pu penser. Cette caserne était en train de devenir une maison et Lloyd faisait partie de ceux qu’elle respectait le plus là-bas. Elle n’avait pas envie de voir cette construction récente s’effondrer comme un château de cartes. Elle n’avait pas envie d’être déçue. Elle voit une certaine crispation dans ses mâchoires, sont visages a l’air tendu face à l’annonce. Eleesha l’a-t-elle mal jugé ? Puis, ce sont des mots lâchés comme dévorés par la tension. Un vrai gâchis oui… La jeune pompier baisse quelques instants le regard. Elle a appris à barricader ses émotions, à ne plus fondre en larmes à chaque fois qu’elle évoque ce drame. La douleur est toujours là, violente et sinueuse. Mais elle sait la garder à l’intérieur, l’empêcher de trop s’épandre, de venir pourrir son quotidien et cette image de maîtrise qu’elle s’applique tant à montrer malgré elle.

« Merci. »

Eleesha relevé légèrement la tête quand son collègue a repris la parole. Des excuses qui ne valent pas pour lui mais pour ce monde. Elle les accepte et lui sourit comme elle peut. Il a de la compassion, la colère qu’il semble afficher n’est pas contre elle, contre sa communauté. Il ne semble pas penser une seule seconde qu’elle cherche à protéger son frère. Il comprend et Eleesha en ressent un immense soulagement. C’est sans doute autant pour cela que pour les mots qu’il a prononcés qu’elle le remercie.
Puis, c’est un léger rire qu’elle laisse échapper alors qu’il lui demande s’il n’est pas trop difficile pour elle de collaborer avec la police. La grimace qu’elle affiche ne laisse planer aucun doute sur la réponse. Pour elle, chaque fois qu’une voiture de police est présente sur une intervention c’est une épreuve. Elle a appris à ravaler sa rage et aussi, à éviter soigneusement tout contact trop appuyé avec eux… Elle soupire finalement quand il lui demande ce qui est arrivé à l’homme qui avait abattu son frère. Cette fois elle ne sourit plus.

« Rien. Il n’est rien arrivé au responsable et il continue à vivre tranquillement sans que personne ne s’en inquiète. C’est pour ça que je milite. Cette impunité me donne la nausée… »

Eleesha sent ses muscles se crisper. C’est sans doute cette partie de l’affaire qui cristallise le plus sa colère désormais. L’idée qu’aucune justice n’est faite. Que son frère soit encore calomnié par ces policiers qui trouvent toutes sortes de justification pour expliquer qu’on ait pu lui ôter la vie ainsi, de manière aussi sauvage. Devon n’était ni un délinquant, ni un homme dangereux. Il était simplement noir dans une ville où la violence policière était encore monnaie courante des années après les mouvements des droits civiques.

« Tuer des noirs est une activité comme les autres pour eux. »

Eleesha sait que ces mots sont violents. Mais la fatigue, le stress de l’intervention, tout ça ne l’aide pas à être mesurée. Elle espère que Lloyd comprendra. Elle soupire finalement.

« Mais pour répondre à ta question, j’évite de croiser le regard des flics en intervention. Je fais mon boulot et je ne créerai jamais de difficultés à ma brigade mais oui. Parfois, c’est difficile. »

A quoi bon lui mentir de toute façon ? S’il n’avait rien remarqué jusque-là, bien qu’ils ne fassent pas toutes leurs interventions ensemble, c’était sans doute qu’elle parvenait à masquer un minimum son aversion. Alors autant être honnête face à la question qu’il venait de lui poser. Elle avait confiance en lui. Elle se rendait compte que l’intervention dans cette église en feu avait créé quelque chose de plus fort. Elle savait qu’elle pouvait remettre sa vie entre les mains de son collègue et à partir de là, la discussion était bien plus simple.

« Sauf quand il faut leur donner l’ordre de reculer. Là, j’avoue, je jubile. »

Et cette fois, c’est un sourire clairement amusé qui se dessine sur le visage d’Eleesha. Une petite provocation, ça n’a jamais tué personne.

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Lloyd Hatfield


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MessageSujet: Re: new friendship smells like coffee    new friendship smells like coffee  EmptySam 20 Avr - 12:06

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Eleesha & Lloyd

« Rien. »
La réponse d’Eleesha est glaçante, tombe comme un couperet et lui coupe un peu le souffle. Rien… Il n’est rien arrivé à l’homme qui a ouvert le feu sur le frère de la jeune femme qui lui fait face. Il a brutalement pris une vie, détruit en partie celle de tous ses proches et il n’y a eu aucune conséquence… La mort de Devon a certainement été classée comme un stupide accident, une petite bavure, une simple boulette commise par un représentant de l’autorité. C’est à vomir ! Peut-être qu’il s’est senti menacé, que l’attitude du frère de la pompier n’était pas irréprochable - Lloyd n’y était pas et Eleesha non plus - mais de là à ouvrir le feu et à l’abattre ? Il en revient à cette conviction qu’il possède que mettre une arme létale entre les mains du premier venu est une décision irresponsable et dangereuse.
Il n’ose pas imaginer ce que peut ressentir Eleesha, à quel point elle doit se sentir trahie, démunie face à cette situation… Elle lui fait d’ailleurs savoir que cette impunité de laquelle il a bénéficié lui donne la nausée. Lloyd ne peut que partager ce point de vu.
« Tuer des noirs est une activité comme les autres pour eux. »
Cette remarque aussi le glace. Elle est tellement violente, poignante, tellement…véridique malheureusement. Lloyd ne se sent pas à sa place d’essayer de temporiser, de l’apaiser ou d’aller dans son sens. Parce qu’il est blanc et qu’il n’a pas à craindre pour sa vie dès qu’il est sommé de se rabattre en voiture pour un contrôle d’identité.
« Mais pour répondre à ta question, j’évite de croiser le regard des flics en intervention. Je fais mon boulot et je ne créerai jamais de difficultés à ma brigade mais oui. Parfois, c’est difficile. »
Il n’avait jamais vraiment fait attention à tout ça. Maintenant qu’il y repense, il n’a effectivement jamais vu Eleesha se mêler aux autorités, les questionner plus longuement que nécessaire pour recueillir les informations concernant un accident. Il s’est simplement figuré qu’elle ne se sentait pas encore à l’aise ou à sa place de le faire quand des hommes plus gradés/expérimentés qu’elle se tenait à ses côtés. Il a mis ça sur le compte de l’éternelle guéguerre entre combattants du feu et flicaille, sur le fait qu’elle soit une femme dans un milieu d’hommes, une noire dans un monde de blancs.
« Sauf quand il faut leur donner l’ordre de reculer. Là, j’avoue, je jubile. »
« Amen à ça » raille Lloyd en faisant mine de porter un toast. Il avale l’ultime gorgée de la boisson qu’il s’est commandée et la repose sur la table, poussant un soupir désabusé.
« Ça ne doit vraiment pas être simple au quotidien… J’avais aucune idée de ce que tu traversais… »
Il marque une pause avant de reprendre.
« J’veux dire…merde ! Ça force le respect, ton self-control face à tous ces imbéciles à l’égo démesurés qui se pavanent comme des cowboys à la manque ! »
Il ne veut pas qu’elle pense qu’il va la prendre en pitié ou quoi que ce soit de ce genre mais ne sait pas trop comment le formuler. Alors il s’abstient de faire un commentaire à ce propos. Peut-être qu’il tentera de s’avancer avant elle vers des officiers maintenant qu’il est au courant mais il ne changera pas radicalement d’attitude envers elle.
« En tout cas, saches que si un jour il te prenait l’envie de rectifier une ou deux mâchoires : tu aurais du soutien ! Aucun pompier ne manquera jamais une occasion de casser du poulet » sourit-il à son tour. Il se doute bien qu’Eleesha ne s’en prendra jamais gratuitement à un flic en service mais si un jour l’un d’eux dépassait les bornes, lui et le reste de l’équipe seraient là pour la défendre, c’est une certitude.

Son portable vibre. Il consulte l’écran et constate que c’est sa mère qui tente de le joindre. Elle a dû se lever de bonne heure et entendre parler de l’incendie.
« Je ne vais pas tarder à me rentrer » lance-t-il en reposant l’appareil sur la table, sans avoir décroché. « J’ai envie d’aller serrer Merrin dans mes bras et de pioncer pendant deux cents ans » se confie-t-il ouvertement. Il s’apprête à lui proposer de partager un taxi et puis se souvient qu’ils ne viennent pas des mêmes quartiers. Alors il rebondit autrement : « Tu vas rentrer directement chez toi ce soir ? Enfin ce matin » se corrige Lloyd, conscient de l’horaire.


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Eleesha A. Lewis



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MessageSujet: Re: new friendship smells like coffee    new friendship smells like coffee  EmptyMar 23 Avr - 10:42

Est-ce la fatigue qui fait tant parler Eleesha ? Est-ce l’épuisement, l’idée d’avoir traversé une terrible épreuve avec son collègue qui l’a fait tant se confier ? Difficile à dire. Jusque-là, elle se refusait à parler de tout ça à la caserne, elle ne voulait pas que le regard de ses collègues change, elle ne voulait pas qu’on la traite différemment ou que son passé amène une zone d’ombre dans son travail. Elle avait besoin de neutralité chez les pompiers, d’un bol d’air, d’un endroit où le poids de son passé ne semblait pas se cacher à chaque coin de rue. Et pourtant, elle ne semble pas regretter de s’être confiée. Non, en cet instant, elle a l’impression qu’un léger poids s’est ôté de ses épaules. Elle n’aurait pas pensé mais Lloyd a accepté chacun de ses mots. Il n’a pas bronché, il n’a pas cherché à lui donner des leçons ou à prendre le pas sur elle. Il a écouté. En tant qu’homme, en tant que blanc, il n’a pas empiété sur sa peine, il a respecté sa parole et c’est un énorme soulagement qu’Eleesha ressent en cet instant. Il la suit même lorsqu’elle tente un peu d’humour au sujet des policiers. Alors elle lui adresse un mince sourire. Mais au fond, elle est reconnaissante de son écoute. Il vient de gravir un nouvel échelon dans la confiance qu’elle souhaitait lui accorder. Entre ça et l’intervention qu’ils venaient de mener ensemble, Lloyd était désormais un collègue avec un statut particulier.

« Je suis la reine de la méditation, faut croire. »

Eleesha afficha de nouveau un sourire. Oui, elle faisait preuve de beaucoup de self-control en intervention face aux policiers. Dans sa vie quotidienne, c’était un peu différent. Elle ne se gênait pas pour les provoquer, aller devant les commissariats pour demander des explications et hurler à l’injustice. Mais elle s’était toujours ordonnée de faire la différence entre sa vie privée et sa vie professionnelle. Elle avait déjà soigné des policiers en tant qu’infirmière, de même que des victimes de leurs sorties fulgurantes. Parfois, elle devait s’isoler pour respirer, pour ne pas vomir. Mais elle faisait son boulot et en tant que pompier, elle continuerait ainsi d’autant qu’elle savait que tout ce qu’elle pouvait faire pouvait retomber sur ses collègues. Mais visiblement, ces derniers ne seraient pas forcément contre une petite confrontation. Cette fois, Eleesha lâcha un léger rire.

« C’est bon à savoir. »

Eleesha termine elle aussi son café. La fatigue se fait sentir, elle espère sincèrement qu’elle arrivera à dormir même si l’heure n’est plus réellement la bonne. Cette discussion l’a détournée de l’intervention mais il est certain que les fantômes des victimes vont revenir. Elle n’y échappera pas. Le téléphone de Lloyd se met alors à vibrer et Eleesha le laisse regarder ça avec pudeur, détournant le regard. Elle ne porte son attention de nouveau sur lui que lorsqu’il reprend la parole.

« Oh je comprends. Je ne sais pas si ta fille te laissera dormir longtemps mais bon… »

Petit sourire. Pas besoin d’être maman pour savoir que les enfants pouvaient parfois être un peu difficiles à gérer. Ils avaient la fâcheuse tendance à déborder d’énergie quand les adultes eux étaient en train de sombrer. Mais Eleesha n’avait aucun mal non plus à imaginer la joie que cette petite fille pouvait apporter à son père. Elle, elle se contenterait d’un câlin avec son oreiller, moins charmant mais tout aussi efficace après une journée comme celle-ci.


« Oui je vais rentrer tout de suite, je tiens plus, j’ai besoin d’une bonne douche et de mon lit. »


Eleesha pousse alors un soupir. Elle imagine déjà le contact de l’eau chaude sur sa peau. Finalement, elle décide de se lever et d’aller jeter son gobelet dans la poubelle. Tout son corps cri pendant ces quelques pas. Le fait de s’asseoir, de se laisser ausculter, de boire ce café… La tension est retombée dans son esprit mais aussi dans son corps. Désormais, tout est douloureux, froid. Chaque pas jusqu’à chez elle va être lourd.

« Et je crois que je vais prendre le taxi, je n’ai vraiment pas la force d’envisager le métro. »

Eleesha bougea alors lentement la tête, sentant toute la tension dans ses épaules et son cou.

« Merci pour ce café. »

Eleesha adressa alors un sourire franc à Lloyd. Elle lui en préparerait un bon à la caserne lors de leur prochaine garde, c’était une promesse.
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MessageSujet: Re: new friendship smells like coffee    new friendship smells like coffee  EmptyDim 5 Mai - 14:42

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Eleesha & Lloyd

Lloyd a du mal à croire que l’un comme l’autre soient encore capable de faire preuve d’humour après la conversation qu’ils viennent d’avoir, l’intervention qu’ils viennent de mener et leur soirée de la veille… Peut-être à cause de la force de l’habitude ? Certainement parce que s’ils ne se laissaient pas un peu aller, ils deviendraient fous… Ils viennent de survivre à une fusillade, un incendie et à tant d’autres épreuves par le passé ! D’autres se seraient possiblement effondrés à leur place mais ils continuent de se battre, jour après jour, nuit après nuit. Lui le fait pour Merrin, pour sa mère, pour s’amender et possiblement pour d’autres raisons encore. Mais qu’en est-il pour sa camarade ? Est-ce que c’est son envie de Justice qui pousse Eleesha à se lever chaque matin ? A-t-elle une autre source de motivation ?
Il l’ignore encore et ne compte pas lui poser la question de but en blanc. Pas aujourd’hui en tout cas. Il va lui laisser un peu de leste pour ce matin et se laisser un temps pour digérer tout ce qu’elle a pu lui apprendre sur elle pendant leur échange.
Il sent qu’ils ont franchis un genre de cap tous les deux. Il lui faisait déjà confiance et trouvait qu’elle était une personne digne d’intérêt, mais il la respecte encore davantage aujourd’hui et est curieux d’en savoir plus sur elle. Il la voit sous un jour encore différent et ce qu’il découvre lui plait, humainement parlant.
Ce qui lui plait surtout, c’est que quelque chose de positif ressorte de cette soirée désastreuse qui aura des conséquences assurément déplaisantes. Lloyd est à présent quasiment certain que, si la pression devient un peu trop forte pour la dernière recrue de la caserne, elle n’hésitera pas longtemps avant de le contacter pour obtenir son aide et un peu de soutien.

En attendant, ils envisagent l’un comme l’autre d’en rester là et de se séparer pour obtenir un peu de repos. Eleesha ne se trompe pas en émettant l’hypothèse qu’il n’obtiendra pas beaucoup de repos à cause de Merrin et il lui répond par un sourire entendu. Mais cette certitude a quelque chose de plus réconfortant que de contraignant. Il a déjà hâte de retrouver sa fille et de la prendre dans ses bras.
Mais avant, il lui faudra prendre une douche et essayer de se débarrasser de l’odeur de fumée entêtante qu’il dégage...
« Oui je vais rentrer tout de suite, je tiens plus, j’ai besoin d’une bonne douche et de mon lit. »
« Amen à ça » lance-t-il en joignant son pouce et on index dans un signe d’approbation.
Il approuve son idée de prendre un taxi et lui fait remarquer qu’il est dommage qu’ils ne puissent pas en partager un. Financièrement, ça aurait assurément été plus simple pour tous deux mais ils vont devoir faire avec.
Eleesha le remercie pour le café qu’ils viennent de partager et qu’il lui a offert.
« Ça m’a fait plaisir » lui assure le pompier qui n’hésite pas longtemps avant d’ouvrir ses bras pour inciter la jeune femme à venir l’étreindre. Ça ne dure pas longtemps mais ça termine joliment cet échange qu’ils ont eu et les a assurément rapproché.
Ils se séparent ensuite et Lloyd la débarrasse de sa tasse terminée pour aller la déposer dans la corbeille la plus proche.

Dans un silence appréciable, ils dirigent leurs pas vers la sortie de la cafétéria. Ils appellent chacun leur taxi et patientent un court moment ensemble sur le parking visiteurs. Le taxi de Lloyd arrive le premier et il quitte la jeune femme sur un simple signe de la main, après lui avoir rappelé de ne pas hésiter à le joindre sur son portable en cas de besoin.
Il s’en sert pour rappeler sa mère et, après l’avoir rassurée sur son état, se laisse aller sur la banquette arrière du taxi. Le chauffeur le secoue gentiment lorsqu’ils arrivent à destination et, après avoir émergé et réglé la course, il se traine jusqu’à son étage et pénètre dans l’appartement de sa mère où Merrin l’attend, déjà levée et visiblement en pleine forme.
« Papa ! J’ai fait un dessin de toi et Monsieur Lapin ! » Elle lui saute dans les bras et Lloyd la hisse tant bien que mal pour venir déposer un baiser sur sa joue. Elle ne pèse pas bien lourd mais il est courbaturé et son poids plume ne donne pas l’impression d’en être un ce matin. « Tu pues ! »
« Je sais ma puce. »
« Faudait que tu prends un bain. »
Il n’a pas le temps de répondre. Sa mère vient l’enlacer, des larmes plein les yeux. Il lui rend son étreinte comme il le peut, maintenant Merrin contre lui de l’autre bras.
« Pourquoi elle pleure Nana ? »
« Pour rien Merrin. T’inquiète pas. »
« C’est parce que tu pues. Quand j’avais vomi hier j’avais pleuré des yeux aussi parce que ça pue » lui explique Merrin qui tente de se dégager de son étreinte.
Il ne prend pas la peine de la corriger sur la chronologie des évènements. Lloyd se contente de déposer un nouveau baiser sur sa joue, puis sur le front de sa mère avant de les serrer toutes deux un peu plus fort conter lui, savourant ce moment, savourant le fait d’être encore capable de le faire, d’être encore en vie ce matin, tout simplement.
 


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