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 Let's try this way ▬ Kurtis Hawkins

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MessageSujet: Let's try this way ▬ Kurtis Hawkins Jeu 10 Nov - 20:43




Let's try this way ft. Kurtis
   

Ce sont comme des souvenirs vivants, comme si chaque image s'était dotée d'une âme pour survivre dans des chaos construits à force de solitude, à force de douleur, de maux trop lourds à porter, trop tortionnaires pour l'esprit qui faiblit et se brise ; petit à petit, libérant le Loup, desserrant les liens, les chaînes jusqu'alors solides. Non, tout s'effondre quand les notes s'élèvent, quand elles viennent prendre absolument toute la pièce, tout l'appartement si ce n'est pas plus, envolées vers une fenêtre entrouverte, probablement cassée par ses mains au cours d'un passé instable, d'une nuit trop flou. Il en oublie le jour qui se lève, ce nouvel aube qui pointe au-delà des noirceurs qu'il s'installe bêtement puisque incapable de la sortir de sa tête, incapable de l'évincer de sa vie, des notes qu'il continue de se faire suivre presque automatiquement. Tout ce qu'il vient jouer lui rappelle ces mêmes longues nuits, pourtant bien plus heureuses, bien moins horribles. Tout rappelle à sa mémoire tenace qu'elle a été là, qu'elle y sera aussi longtemps qu'il vivra parce qu'elle a été la seule à voir, à accepter, la seule à savoir qu'un monstre pouvait avoir un cœur ; aussi noir puisse-t-il être. Il en avait posséder un, de même qu'une humanité, une part de bonté dissoute, noyée dans des eaux troubles et amères, des eaux au goût amer gagné au sang versé. Et fermer les yeux n'aura pas sauvé sa conscience de ces souvenirs, de sa voix, de ce rire qui hante ses songes jusqu'à ses rêves. Ça revient, plus fort encore, plus prenant. Ça vient faire battre son cœur de manière incontrôlé, ça vient offrir quelques larmes à ses joues qu'il ne sent même pas, éperdu lui-même dans un monde qu'il s'était construit, un univers au sein duquel elle s'était faite reine sans qu'il n'est à proclamer quoi que ce soit ; encore aujourd'hui. Pourtant, la bataille en son for intérieur fait rage. Parce qu'il lui faut avancer, parce qu'il lui faut vivre et non attendre un glas qu'il a cru trop souvent entendre jusqu'à son départ des contrées grisâtres bétonnées, jusqu'au début de cette cavale au cours de laquelle mourir ne lui semble même pas mérité. Il a une pénitence à poursuivre, une peine à endurer. Elijah s'est faite cette promesse, il s'est fait à l'idée qu'il tiendrait parole : ne pas oublier, ne rien perdre de la souffrance qu'il a pu lui infliger, qu'il lui insuffle probablement même encore et se l'offrir, aussi longtemps qu'il serait capable de respirer, aussi longtemps qu'il serait capable de tenir debout quand elle, autrefois, s'effondrait sous ses yeux à bout de force, à bout de souffle, blessée par sa faute. Et ses gestes se font plus durs, plus rapides. Et les images, elles, s'invitent, forcent et s'ancrent. Elles bousculent et tapent, encore et encore, jusqu'à percevoir cette faille trop taillée, mise à vif à force de résistance. Ça brûle et lance, ça tord et creuse jusqu'à ce soupir qui s'extirpe douloureusement de sa gorge et qui le ramène à la réalité des faits, à cet instant précis d'une matinée déjà entamée. Elijah revient d'entre les morts, ou presque.

Ses prunelles commencent à s'habituer à cette clarté tandis que ce qu'il tient entre ses doigts se consument à chaque baiser qu'offre ses lèvres. Quelques secondes de détente prétendue, quelques minutes de silence avant de s'autoriser à retrouver pleinement ce monde extérieur, toute cette étendue de poussière qui, finalement, n'arrête jamais d'essayer de se faire entendre. Il s'est fermé à ce point, s'est tapis dans les ombres de quelques murs offerts par une compassion qu'il ne mérite pourtant pas. Mais il n'a rien dit, il s'est tu comme souvent, comme toujours finalement. Parce qu'il est fait de cela, de silence et d'observation, Elijah n'est qu'un animal qui s'adapte et se tait, qui ne grogne que lorsque l'air commence à manquer, que lorsque l'on se risque trop près de l'enclos. Elijah s'est tu dès lors son cœur perdu, sa stabilité fichue. Ça, encore aujourd'hui malgré les efforts à fournir, cette nécessité à se faire entendre pour ce qu'il exerce, une place loin du sang, loin de ce qu'il aimait à porter si souvent, loin de ses habitudes new-yorkaises. Tout est devenu serein, presque irréaliste pour le mercenaire, pour le quadragénaire qui peine à revenir complètement au moment même, pourtant aidé par l'énorme chien qui, enfin, se décide à venir jusqu'à sa hauteur, à poser son museau contre son avant-bras comme désireux d'offrir une aide, un repère auquel s'accrocher pour se dire qu'il est grand temps d'en finir avec ses songes, avec les limbes d'un subconscient qui ne dira plus rien ; jusqu'à la prochaine fois, jusqu'à cette future chute, cet abandon de soi quasi sûr. Alors il revient, entièrement, il retrouve tout ce qu'il s'était forcé de ne pas entendre, de ne pas voir. Il retrouve ces ombres lancinantes qui dansent, chaque jour, chaque nuit, contre le mur auquel il fait face, affalé dans son fauteuil, autel à la mémoire d'une âme qu'il n'a que trop chérie, qu'il n'a que trop aimée avant de ne lui donner que le pire de sa personne, avant que ses démons ne la rattrape elle, faiblesse de l'Homme qu'il a pu être. Et il en baisse la tête, soupir un court instant tandis que Judas essaie de rattraper cette tristesse en relevant la tête comme dans l'espoir que les prunelles de Haynes ne s'attarde sur lui ; ce qu'il fait enfin, une main venant se perdre dans les poids de son dos. Un réconfort de taille pour le barbu qui se calme, instinct psychologique mais indispensable pour celui qui croit avoir tout perdu si ce n'est ces maux promis jusqu'à son dernier souffle. Un maigre sourire s'installe contre ses traits, un élan de courage parvenant à le hisser sur ses jambes, à lui faire retrouver toute sa hauteur tandis qu'il gagne l'entrée et le manteau qui l'y attend. « Faut qu'on aille chercher des clopes, Judas. » Souffle-t-il en allant pour l'attacher et rejoindre la brise légère qui vient caresser ces deux-là, une douceur pour ce nouveau jour de novembre, pour cet énième jour passé loin de ce qui aurait dû être sien, de ce qui aurait dû être son avenir, ces moments plutôt que ceux-ci. Il secoue rapidement la tête, s'offrant son dernier bâton de nicotine pour la route, balayant sa rue du regard, s'attardant rapidement sur une silhouette courbée vers ce qu'il aime à admirer ; quand ça fonctionne. Un nouveau rire, caché au fond de sa gorge tandis qu'il reprend la route, déterminé à les avoir, ces cigarettes.

Il lui aura fallu à peu près dix minutes pour trouver ce qu'il cherchait, pour faire cet aller-retour qui, finalement, lui servira de sortie quotidienne. Il ne travaille pas aujourd’hui, n'en a pas réellement la force de toute manière. Son téléphone éteint, une voix tue si l'on se présente à sa porte. Il n'a pas l'intention de faire quoi que ce soit, n'a pas l'intention de se fatiguer en sachant que sa consommation excessive et son manque de sommeil parviennent aisément à l'épuiser sans qu'il n'ait osé plus d'une vingtaine de pas. Il sait son état critique, il sait le pittoresque de son mode de vie et en sourit presque bêtement tandis qu'il rejoint le quartier dans lequel il vit depuis son arrivé ici, quartier plutôt calme mais paradoxalement animé. Tout dépend l’œil qu'on choisit de poser dessus, le regard qu'on adopte envers la population qui y réside, toutes ces âmes oubliées, perdues dans des tranchées salles et grisées, salies par le temps et les années. Il y retrouve un petit monde délaissé, une partie de lui restée à New-York, ce même fantôme qu'il aimait à être et qu'il redevient ; bien que loin de l'être totalement cette fois. Parce qu'on le sort de ses ombres pour une raison qu'il ignore et il veut croire en ces mensonges, il veut croire en des dires dénués de sens, en des croyances qu'on veut projeter comme pour finalement changer la bête, en faire ce qu'on croit qu'il peut être. Un soupir, un regard au loin avant d'arriver au bas de son immeuble, les prunelles allant et venant pour finalement se poser, une nouvelle fois, sur le jeune homme qui tente encore vainement de faire démarrer le bolide qu'il possède. Et Elijah s'arrête un court instant, s'adossant au mur pour le regarder faire, Judas venant l'imiter puisque peut enclin à se risquer près des deux chiens qui se tiennent près de celui qu'il guette, un rictus de collé à ses lèvres qui accueillent plus d'une bouffée de toxines dont il se fout toujours royalement. Il hésite à y aller, cherche d'abord à déterminer le problème auquel il pourrait avoir à faire ; parce qu'il sait qu'il pourrait y passer des heures comme quelques minutes et y perdre plus qu'il n'a à offrir n'est pas réellement son but aujourd'hui, pas alors qu'il pourrait aller se perdre dans les ténèbres de son chez-lui, dans ces eaux troubles qu'offrent chacune des bouteilles qu'il se met de côté, bêtement mais nécessairement, au moins pour l'esprit qui réside un peu plus haut et qui ne parvient plus à faire face au manque qui s'est immiscé jusqu'à son cœur, cette douleur vive qui n'en décroit pas au fur et à mesure que les jours s'écoulent et passent, sans un mot, sans une nouvelle, sans même un signe... comme il l'avait finalement voulu en quittant tout ce qui faisait qu'il tenait, qu'il vivait aussi ; surtout. Et c'est en sentant toute cette mémoire se réveiller qu'il choisit de se redresser, de quitter sa place pour aller se hisser à auteur de celui qu'il regardait jusqu'alors, suivi de son chien peu confiant quant à ceux qui lui font face mais auxquels Elijah ne fait même pas attention, impressionné mais loin d'en être effrayé. « Aller, Judas, viens. » Laisse-t-il entendre tandis qu'il choisit la témérité pour parvenir jusqu'au gosse. « Ça fait combien de temps que tu es là-dessus ? » Demande-t-il le plus naturellement du monde, ses yeux clairs et fatigués venant croiser son regard, d'une neutralité déconcertante mais loin de se faire durs, loin du marbre dont elles peuvent être dotées dans d'autres circonstances. Non, tout change, finalement. Légèrement.

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« My mercy prevailed over my wrath. »
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MessageSujet: Re: Let's try this way ▬ Kurtis Hawkins Sam 12 Nov - 19:50





let's try this way
# elijah
# kurtis

« Putain d’bordel de connerie d’merde à la con ! » enrage Kurtis.
A l’autre bout du fil, il entend Meghan glousser moqueusement. Lui, ça ne l’amuse pas du tout. Ca fait déjà deux fois qu’il tente de faire démarrer la vieille Ford de son père, sans y parvenir. Le moteur proteste et ce n’est pas la première fois que ça arrive. Pas la dernière non plus, c’est certain. La vérité, c’est que sa bonne vielle bagnole est en train de rendre l’âme… Il s’en doute depuis un moment et James le lui a récemment confirmé, en lui disant qu’il allait vraiment falloir qu’il s’en débarrasse avant qu’elle ne lui explose à la tronche. Mais Kurtis est buté. Kurtis n’a pas envie d’écouter tous ces connards qui lui disent quoi faire. Kurtis n’est surtout pas prêt à lâcher prise et à renoncer au dernier bien dont il ait hérité de son paternel. Enfin il y a la baraque, juste derrière lui, mais c’est pas pareil. Son père n’a jamais foutu un pied dans cette maison qu’il a payé avec l’argent de l’héritage, alors qu’il utilisait cette foutue vieille bagnole tous les jours.
Chaque fois qu’il pense à son père, Kurt le voit en train de bidouiller la Ford. Il a un tas de souvenir liés à elle… Son père était supposé à lui apprendre à l’entretenir durant l’été de ses seize ans, mais il est mort juste avant et voilà. Kurt a pris la caisse, mais sans son mode d’emploi, et il n’y connait pratiquement rien en mécanique.
« Fait chier. » « Débarrasse-toi de cet engin de la mort, Kurt » le sermonne Meghan. Kurt fusille le téléphone posé sur le siège passager du regard puis pousse un soupir, essayant de se calmer, ses deux mains cramponnées au volant. « J’vais t’en payer une de bagnole moi ! » « Non ! » « C’que tu peux être borné » s’agace sa sœur qui a apparemment abandonné sa pose de vernis pour se rapprocher du combiné. « Ce n’est qu’une voiture, Kurtis, d’accord ? je sais que tu y tiens. On y tient tous ! Mais tu sais à quoi on tient encore plus ? A toi, gros béta ! Combien de fois est-ce qu’elle t’a lâché au beau milieu de la circulation ? Tu peux toujours pas passer la seconde et t’as des soucis de freins ! » « Non, c’pas vrai » ment-il effrontément. « Si c’est vrai, espèce de troll. Cette voiture devient dangereuse. Plus dangereuse encore que ta moto. Pourtant j’sais que tu joues les roi d’la voltige sur ce machin » tique sa jumelle avant de pousser un soupir et de se répéter, prenant un ton un peu plus doux. « Ce n’est qu’une voiture, Kurtis. P’pa voudrait pas qu’il t’arrive quelque chose. Il aimait cette voiture mais il t’aimait encore plus. »
Kurt détourne le regard, mal à l’aise. Il n’aime pas quand sa soeur parle de son père. Il n’aime pas quand elle évoque la relation qu’ils avaient tous les deux. Pour la simple et bonne raison que Kurt n’a jamais été certain que son père l’ait réellement aimé. Ils n’avaient rien en commun, aucun sujet de conversation. Ils passaient le plus clair de leur temps à se disputer et d’ailleurs, son père a eu son attaque pendant qu’ils se prenaient la tête.
« Kurt ? Tu boudes ? » « Non. » « Si, tu boudes » soupire sa sœur, depuis l’Etat voisin où elle assure un shooting photo pour une marque de lingerie. « Non ! J’te rappelle. » « Kurtis, att… »

Trop tard, il a raccroché. Il ravale un énième juron. Kurtis essaie surtout de ravaler la culpabilité qui vient de remonter à la surface avant qu’elle cherche à l’engloutir. Ca arrive un peu trop souvent ces derniers temps et il en a assez. Il a envie d’avancer. Il a envie que les choses se passent bien pour une fois et Mia lui a dit que s’il était négatif, il allait au contraire attirer les emmerdements. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que, récemment : il a eu son lots d’emmerdements…
« Allez ma belle. Tu peux y arriver. Je sais que tu vas y arriver » se reprend-t-il, caressant le volant avant d’approcher sa main de la clé de contact.
Il prend une grande inspiration, le pied sur la pédale d’embrayage et, convaincu que cette fois, ça va fonctionner, fait tourner la clé. Et ça ne marche pas. Bien sûr.
« Putain de MERDE ! » hurle-t-il en donnant un grand coup sur le volant, déclenchant le klaxon de la Ford. Enfin il se serait déclenché s’il fonctionnait encore, mais ce n’est pas le cas. Sa sœur, sa mère, Mia, James et tous les autres ont raison : cette voiture va finir par le tuer…
Alarmés par sa colère, ses deux chiens, jusque là sagement posés à l’arrière se redressent. Stram, la femelle, se met à aboyer et Kurtis lui ordonne de se recoucher. Furieux, il s’acharne ensuite sur la poignée de sa portière pour l’ouvrir et n’y parvient qu’au troisième essaie. Cette saloperie se grippe tout le temps. Plus rien ne fonctionne convenablement de toute manière. Plus frustré qu’il y a une seconde encore, il s’approche du capot pour le soulever et jeter un œil au moteur. Pourquoi ? Aucune idée parce qu’il n’y connaît foutrement rien en mécanique ! Mais tant pis, il le fait quand même, se maudissant et maudissant la terre entière. Son père surtout, qui est mort avant de lui avoir appris quoi que ce soit d’utile.

Le Prospect est encore en train de se perdre dans la contemplation du moteur lorsqu’un homme l’approche.
« Ça fait combien de temps que tu es là-dessus ? »
Kurtis se tourne vers le type et le dévisage un moment. Barbe, cheveux sales et mal entretenus, des traits tirés par la fatigue, un regard éteint… Le type est un peu flippant. Il en impose en tout cas. Pourtant, il a l’air d’avoir la peau sur les os et de flotter dans ses fringues… N’empêche que Kurtis se met immédiatement sur la défensive. Il se raidit un peu et se déporte subtilement sur la gauche pour s’éloigner du mec et éviter de lui tourner le dos. Et puis y a le chien. Un gros molosse qui a cependant une bonne bouille.
« Pas longtemps » répond-t-il en reportant une seconde son attention sur le moteur de la Ford. « Vous y connaissez que’que chose en bagnole ? » demande-t-il, supposant toutefois que si le type s’est ramené jusque là pour lui poser cette question, c’est sans doute que oui… « Il est à vous ? » ajoute Kurt en désignant le chien qui s’est sagement assis aux côtés de son maitre.
Il sait que c’est une question débile et dont la réponse, là encore est évidente, mais il s’en fiche. Il a la tête ailleurs de toute manière. Il pense tout de même à jeter un œil dans l’habitacle pour s’assurer que ses deux molosses à lui sont toujours installés sur leur banquette. On ne sait jamais…  




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Sick of those wounds that never heal

Yeah, I've been dancing with the devil, I love that he pretends to care
Oh, all the time that I have wasted, chasing rabbits down a hole when I was born to be the tortoise
I was born to walk alone




Dernière édition par Kurtis Hawkins le Dim 20 Nov - 11:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Let's try this way ▬ Kurtis Hawkins Mer 16 Nov - 21:38




Let's try this way ft. Kurtis
   

Il perd l'azur de ses prunelles sur le moteur qu'on essaie de torturer, qu'on essaie de faire fonctionner sans pour autant en comprendre les problèmes. C'est ce qu'il devine au regard du jeune homme qu'il vient de rejoindre, c'est ce qu'il décèle derrière la méfiance dont il vient user à l'égard du mercenaire, ou plutôt ancien, malgré cette légère sympathie dont il fait preuve ; loin d'être comme il l'imagine dans sa tête. Il n'a rien de sympathique, rien qui puisse mettre en confiance, rien qui puisse donner l'envie de s'en approcher. Ce dont il se fout, plus qu'il n'aurait pu l'imaginer, plus qu'il n'y paraît en tout cas tandis qu'il continue simplement de détailler ce qui se trouve devant lui, il balaie simplement d'un rapide coup d’œil suite à sa question, se perdant quelques secondes dans les souvenirs que ça vient faire remonter à sa conscience. Et il l'entend, son pote, rire comme un idiot quand ils se risquaient à bidouiller sa voiture ou les motos que l'autre pouvait collectionner. Finalement, oui, il lui manque bien plus que le cœur dont il s'était épris comme un con, il lui manque bien plus que cette femme qui, aussi loin qu'elle puisse être, parvient encore à le réduire en cendres ; malgré elle, d'ailleurs, parce qu'aucune faute n'est autre que la sienne, ayant suivi lâcheté plutôt que raison. Non, en effet, bien des choses commencent à lui manquer et il commence à en prendre conscience, il commence à s'en rendre compte doucement, davantage là alors qu'il essaie de faire taire toutes ces images qui s'invitent comme pour le faire regretter ; ou couler plus encore. Mais cette étincelle de force qui subsiste au fond de lui parvient à briser ce torrent soudain et le ramène à la réalité des choses, là où l'instant présent persiste à s'écouler comme si de rien n'était, comme si rien, jamais, ne pouvait avoir d'importance si ce n'est ces secondes qui vont, encore et encore, sans cesse. Il choisit alors de les suivre, sachant ces regrets comme n'étant pas les bienvenues, pas dans son cas. Alors, il soupire et se rapproche un peu plus, Judas allant pour le suivre bien que plus timidement, toujours caché derrière les jambes du quadragénaire sans que celui-ci ne comprenne vraiment pourquoi, d'ailleurs. « Pas longtemps » La voix du gamin lui vient alors, répondant à sa précédente question tandis qu'il s'est éloigné, toisant sa personne comme pour essayer de deviner ce qu'il veut. Il en sourit presque, stupidement, avant de reporter son attention sur le joyau éteint qu'il a rejoint. Il ne veut rien. Rien qu'offrir un peu d'aide, pour une fois, tant qu'il est d'humeur à en donner.

« Vous y connaissez que’que chose en bagnole ? » Il se retient un commentaire, une phrase qui se bloque dans sa gorge et qui le tente, plus qu'il n'aurait pu y penser aux premiers abords. Alors il se contente d'un signe de tête, d'un rapide rictus tandis qu'il continue de regarder, de fouiner des yeux ce qui pourrait clocher sans pour autant encore y toucher puisqu'on ne l'y a pas invité. Elijah impose une frontière respectueuse, bien loin de celles que les gens puissent mettre normalement mais tout de même, il s'y risque, sachant sa place comme fragile dans les environs. Parce qu'il suffirait que d'un sursaut de souvenir de la part des médias pour que sa tête ne soit plus si méconnue que ça et il veut éviter de se faire trop voir, au moins le temps que les choses se soient réellement calmer. Alors il ne joue pas aux cons, il évite de se faire trop remarquer si ce n'est par celui qu'il vient aider, s'autorisant un nouveau regard sur lui pour constater que, finalement, il ne craint peut-être rien à ses côtés. Il le connaît, ce genre de blouson, il ne le connaît que trop pour en avoir déjà tué plus d'un et, instinctivement, ses prunelles claires se perdent sur son passé, tatoué le long de ses mains, cette appartenance à la MOB aujourd'hui derrière lui, une place abandonnée ; à contre cœur mais par nécessité envers ses frères. De ce qu'on avait choisi de lui dire, en tout cas. Ça, avant de réajuster son manteau, dissimulant ce qu'il continue de porter depuis le dernier coup donné, son père en ayant hérité. « Il est à vous ? » Il se redresse en constatant qu'il parle de Judas qui s'est installé à ses côtés, de plus en plus sage, veillant sur son maître malgré sa tronche de gentil. Une main se porte sur sa tête tandis qu'il répond, une fois encore, d'un bref son qui se perd aussi rapidement qu'il n'est apparu. Et il comprend l’intérêt qu'il porte à son chien en se souvenant des deux silhouettes situées à l'arrière de la voiture toujours à l'arrêt. Un geste brusque et il sait que ça viendrait se terminer en bain de sang, ou en une situation de ce genre en tout cas. Ce qu'il aimerait éviter, au mieux, ce qu'il vient redouter comme avant, comme lorsque tout pouvait se retourner contre lui. Pourtant, sa raison essaie de lui rappeler qu'ici, aucune embuscade ne l'attend, aucun piège n'est tendu en attendant sa venue. Rien n'est fait contre lui et rien ne pourrait l'être si ce n'est en conséquence à ses actes. Il s'en persuade, déterminé à garder sa sérénité, ou du moins le semblant qu'il expose.

« Tu me laisses y jeter un vrai coup d’œil ou tu préfères que je me tire ? » La question est sincère et tranquille, contrairement à la manière dont les mots pourraient être interprétés. Elijah ne se fait pas menaçant, simplement neutre. Neutre à la même place qu'au début, n'ayant pas cherché à se faire plus proche ou dieu seul sait quelle autre connerie. Non, il reste à sa place et ravale toute la rancœur qu'il aurait pu avoir, autrefois, lorsque les hommes qu'il rencontrait n'étaient pas des siens. Elijah tire un trait sur cette partie de son passé, il choisit de se faire complètement ouvert à l'idée que oui, peut-être, ce gamin-là pourrait avoir besoin d'aide ; comme James en avait eu besoin à son entrée à la MOB. Comme lui en avait eu besoin lorsqu'il s'était retrouvé entravé par ceux pour qui il aurait été prêt à mourir. Mais les faits sont passés, éteint au cœur d'un instant même, oublié. Il doit avancer et digérer le fait qu'il ne soit plus qu'un fantôme, qu'une âme en pleine perdition sans attache et sans plus aucune loyauté à tenir ; davantage son père mort, davantage de ses mains d'ailleurs. « Tu l'as eu où, sans indiscrétion ? » Demande-t-il ensuite, détaillant l’œuvre en très mauvais état, mécaniquement parlant parce qu'il pourrait siffler rien qu'à en voir l'intérieur et la manière dont elle fut entretenue, extérieurement. « Non, parce que, entre nous... Ça m'aurait fait chier de posséder une telle merveille en sachant que je ne peux rien en tirer. » Sur ces mots, il laisse un léger rire franchir ses lèvres avant de se décider à ôter son manteau, sachant qu'il pourrait y rester un petit moment si le plus jeune lui accorde ce droit. Il se fout des vus sur ses tatouages, sur son arme, sur ses cicatrices ou dieu seul sait quoi d'autre. Il se fout de l'image qu'il renverra dans le sens où il ne vient proposer qu'un coup de main, il vient proposer son aide pour satisfaire son temps libre, pour ne pas avoir à rester chez lui avec nulle autre compagnie que cette infâme solitude, que cette habitude désolée de boire et d'attendre. Attendre que les jours ne s'estompent, attendre que rien n'est plus vraiment de sens. Non, ici, il sait que cet instant, aussi petit soit-il, pourrait lui être salvateur. « Désolé d'insister, je ne peux pas rester à rien faire devant ça et je pense qu'il te faut au moins quelqu'un pour t'en occuper et comme, de nous deux, je pense être... celui qui s'en sortira le mieux. Disons qu'il y a moyen que chacun y trouve son compte. Toi, tu repars avec cette femme magnifique, et moi... eh bien, je m'occupe. » Il insiste et se fait convaincant, du moins il essaie, un maigre sourire accroché à ses lèvres qui trahissent le fait que ce simple geste paraît lui coûter bien cher. Il n'est pas habitué à faire bonne apparence, il n'est pas habitué non plus à parler, à jouer les sympathiques quand tout lui dicte que ce monde n'est rien d'autre que merdique.

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MessageSujet: Re: Let's try this way ▬ Kurtis Hawkins Dim 20 Nov - 11:45





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Ram et Gram sont toujours sagement installés à l’arrière de sa Ford. Samwell les a foutument bien dressé tous les deux. Enfin d’après ce qu’en sait le Prospect, il les a surtout confié à un collègue à lui, maitres chiens et le tour a été joué. Ils obéissent au doigt et à l’œil et Kurt n’est pas peu fière d’avoir été capable de reprendre le flambeau suite au décès de son frangin. On l’avait prévenu que les deux molosses auraient tout à fait pu refuser de l’accepter comme leur nouvel Alpha, mais ils ont été ravis de le rencontrer et d’aménager chez lui. Tout le monde a été gagnant dans cette affaire. Ils sont tombés sur un nouveau maitre pas trop con et lui a de la compagnie et un souvenir de son défunt frère…  
Satisfait de voir que ses deux chiens se tiennent tranquilles, le coursier redonne son attention à son interlocuteur qui lui demande de but en blanc s’il préfère qu’il se tire ou qu’il jette un œil sur sa bagnole. Il y a quelques mois à peine, Kurtis se serait certainement braqué face à une formulation de ce genre. Il serait monté sur ses grands chevaux et aurait balancé au type d’aller effectivement voir ailleurs. Mais aujourd’hui, il est Prospect et tout le monde au garage le traite comme une sous merde et chaque phrase qu’ils lui adressent sonne comme un ordre, une menace ou une raillerie. Sauf qu’en l’occurrence, le type n’est pas vraiment en train de le prendre de haut, il a gardé un ton parfaitement neutre et semble vraiment attendre ses ordres à lui.
Kurt jette un coup d’œil au moteur, revient sur le type et lui répond par un haussement d’épaules à interpréter comme un : Vas-y mec, fais-toi plaisir alors.  Il se décale légèrement pour lui laisser le champ libre et lui permettre de travailler sur sa bagnole, espérant que le type arrive à un résultat probant. Parce qu’il n’est toujours pas prêt à faire ses adieux à la Ford de son père. Kurtis ne le sera sans doute jamais d’ailleurs…

« Tu l'as eu où, sans indiscrétion ? » l’interroge soudain le grand barbu, gardant son regard d’un bleu froid braqué sur le moteur. Cette fois, le Prospect se tait et passe sa main sur son visage, cherchant à savoir s’il doit mentir ou se montrer honnête. Il n’est pas certain d’avoir très envie de parler de son défunt père à cet inconnu. Ca n’aurait sans doute aucune conséquence, le type lui sortirait sans doute juste une phrase toute faite du genre « Désolé pour ton paternel petit », mais… Mais même ça, Kurtis n’est pas certain de vouloir l’entendre. Il n’aime pas évoquer son père, c’est tout. Que ce soit avec des inconnus ou des proches. « Non, parce que, entre nous... Ça m'aurait fait chier de posséder une telle merveille en sachant que je ne peux rien en tirer » ajoute l’inconnu avant qu’il ait pu se décider à lui répondre ou pas.
Là-dessus, il laisse échapper un petit rire. Un rire étrange. Comme rouillé. Ce type a pas l’habitude de rire, en déduit Kurtis en le détaillant une fois encore de haut en bas avec méfiance. Et c’est tant mieux parce que son rire a quelque chose de glaçant…
Et quand le type ôte son manteau, certainement pour se mettre à l’aise et qu’il aperçoit son flingue, Kurt a un nouveau mouvement de recule. Il n’est pas certain que le type le voit faire ; il a l’air absorbé par la contemplation du moteur sur lequel il se penche à nouveau, reprenant la parole. Mais le Prospect n’est pas très attentif. Une dizaine de questions lui passent par la tête. Est-ce qu’il est flic ? Est-ce qu’il est plutôt de l’autre côté de la barrière ? Est-ce qu’il a de bonnes intentions à son égard ? Est-ce qu’il est venu tâter le terrain avec lui ? Est-ce qu’il veut se faire un Prospect ? Est-ce qu’il est au courant pour Halloween ? Est-ce qu’il est le parent d’un des gosses morts durant la soirée qui a viré au carnage et était organisée par ses frères KOS ? Est-ce qu’il sait qui il est ? Foutue médias qui ont fait tourner sa putain de photo sur les réseaux sociaux et à la télé !
Au final, il n'a pas répondu à la question du type mais celui-ci ne s'en est pas formalisé.

« …tu repars avec cette femme magnifique, et moi... eh bien, je m'occupe. »
Le type se retourne vers lui, affichant un sourire qui ne monte pas jusqu’à ses yeux et lui donne un air une fois encore glaçant.  
« Ben… J’sais pas… T'as vraiment rien d’mieux à foutre ? » le relance Kurt qui cherche une excuse pour se défiler à présent. En même temps, il a besoin que sa bagnole démarre… Et puis il sait se défendre. Si jamais le type tente un truc, il saura réagir. Pas vrai ?
Le type hoche la tête à la négative, pour lui signifier qu’il est libre comme l’air.
« Hm… Bon… Ouais alors. OK » capitule Kurtis qui décide de s’imposer quelques règles élémentaires de bon sens : il ne tournera pas le dos au mec, il ne lui permettra pas d’entrée chez lui et… « J’vais juste te d’mander d’planquer un peu mieux ton pétard » reprend-t-il avec un peu plus d’assurance, désignant le flingue du Bon Samaritain (ou pas). « C’une rue plutôt tranquille et j’veux pas d’histoires. J’suis d’jà pas super bien vu avec ma dégaine et mes deux bêtes alors… »
Pas besoin d’aller plus loin, le type a compris. Une fois qu’il a dissimulé son flingue dans sa veste, repliée et déposée à côté de lui, près de son chien, Kurt se sent un peu plus léger. Mais pour terminer de se détendre, il fourre la main dans la poche de son blouson de cuir et en tire son paquet de clope. Il se sert puis tend le paquet vers l’inconnu pour lui en proposer une.
« Kurtis » se présente-t-il « T’as b’soin d’quoi ? J’des outils dans l’coffre. »  


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MessageSujet: Re: Let's try this way ▬ Kurtis Hawkins Mar 22 Nov - 23:07




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Il s'imagine déjà les mains crasseuses, l'esprit prit par telle ou telle chose à entreprendre ; peu importe que le temps que ça pourrait venir lui prendre. Elijah s'en impatienterait presque tandis qu'il garde son regard sur le plus jeune, espérant une réponse positive de sa part ; loin d'imaginer l'image qu'il renvoie et la méfiance qu'il insuffle de par sa manière d'être. Haynes ne pense plus vraiment en vérité, loin des conventions qu'il aurait pu vouloir tenir fut un temps. Il ne se préoccupe que de son état mental, que de cette folie qui prend davantage de terrain dès lors qu'il s'en retourne à sa solitude, à ces ombres qui arpentent chaque recoin de son appartement. Et il sait que la chute est à venir, il sait que pire est encore à prévoir aussi, c'est la raison pour laquelle il a choisi de s'arrêter, d'offrir quelques heures de son temps à une passion silencieuse qui se présente à lui, entre les mains d'une âme qui ne semble pas savoir quoi en faire. C'est comme si tout avait été fait en son honneur, comme s'il aurait dû se trouver là aujourd'hui plutôt qu'au sol, perdu dans les tranchées de son esprit, creusées lorsque la bataille entre le Loup et l'Homme faisait rage. C'est s'occuper la tête, c'est s'offrir la sécurité de ne pas craquer, de ne pas baisser les bras quand tout semble pourtant s'allier contre lui ; surtout ces derniers temps. C'est aussi ça qu'il essaie de fuir, toutes ces images qui restent dans sa tête et hante jusque dans les profondeurs de sa mémoire. Elles restent et rappellent au quadragénaire le monstre qu'il a pu être et qu'il est encore, finalement, l'exemple de son père en étant une preuve irréfutable dorénavant ; pour lui plus que pour les autres qui, encore, l'ignorent. Mais il n'y vient même pas, son regard s'est posé sur toute autre chose, sur un joyau des plus attrayants pour le genre de personnes qu'il puisse être, davantage en sachant le véhicule qu'il possède aussi. Ça explique pourtant il a passé tant de temps à les regarder avant de se hisser à sa hauteur, avant d'entreprendre ses pas dans sa direction avec l'idée claire de la chérir ; bien qu'en sachant qu'il n'en obtiendrait rien par la suite. C'est un service qu'il se rend autant qu'un plaisir, le tout en un qu'on semble déjà lui accepter parce qu'on ne le rejette pas, parce qu'on le fait rester grâce à un silence qui en exprime déjà bien assez pour le mercenaire qui jubile déjà de pouvoir travailler un peu sur cette récente trouvaille, sur ce qu'il n'a de cesse de contempler, la réponse à sa question commençant à tarder.

« Ben… J’sais pas… T'as vraiment rien d’mieux à foutre ? » Un signe de tête aura suffit à faire passer sa réponse à son interlocuteur comme pour lui faire comprendre sa détermination à s'en occuper. Après tout, il avait tout à y gagner, autant qu'Elijah en tout cas et ses arguments avaient été clairs sur cette démonstration. Il ne s'en sortira pas seul, le plus vieux non plus s'il s'enferme chez lui sans un bruit, sans une compagnie à laquelle s'accrocher parce qu'il dépérit, Jessie travaillant, Judas n'étant pas des plus causants. « Hm… Bon… Ouais alors. OK » Et il va déjà pour s’atteler à son occupation improvisée, il va déjà pour prendre place là où il doit se trouver mais il entend à nouveau la voix du gamin s'imposer et pas pour ce qu'elle devrait proposer ; pas encore en tout cas. « J’vais juste te d’mander d’planquer un peu mieux ton pétard. C’une rue plutôt tranquille et j’veux pas d’histoires. J’suis d’jà pas super bien vu avec ma dégaine et mes deux bêtes alors… » Il lui faut un petit temps d'arrêt pour comprendre où il veut en venir avant que le geste du plus jeune se fasse explicite. Il en avait presque oublié sa présence suite à l'invitation pour la voiture et, finalement, quelque chose le paralyse quand il songe à s'en défaire, même de quelques centimètres. C'est se défaire d'une partie de son bras, d'une des nombreuses remparts dressées au cours de sa vie pour le peu de sécurité qu'il détient, pour cette liberté qu'il aime à garder intacte ; ou presque, en tout cas. Mais la raison se fait tenace, son subconscient vient faire preuve d'humanité rien que pour cette fois, lui permettant de hausser les épaules bêtement, décrochant son colt pour le laisser reposer dans sa veste, sachant d'ailleurs les risques qu'il prend à le garder sur lui quand le Loup est sur ses gardes, tapis dans les ombres de son for intérieur. Réflexion qui se coupe lorsqu'un paquet de clopes se glisse sous ses yeux, une offrande qu'il accepte volontiers avant de se risquer à des heures d'entêtements vu le peu qu'il est parvenu à apercevoir. « Kurtis. T’as b’soin d’quoi ? J’des outils dans l’coffre. » C'est en laissant quelques secondes de battements entre la question et sa réponse qu'il parvient à allumer sa cigarette, savourant cette première inspiration comme si elle était la première depuis des mois, dans sa torpeur, le mercenaire en avait presque oublié ses bien-faits, paradoxalement parlant. « Elijah. » Souffle-t-il à son tour, ne donnant rien de plus qu'un geste de tête voulant certainement dire « enchanté », parce qu'il est loin d'être à l'aise avec une quelconque sociabilité ; mais tout à un début, ça également.

« Ramène tout ce que tu as, j'aviserai ensuite j'imagine. » Laisse-t-il entendre avant d'enfin se pencher sur le moteur qu'il détaillait jusqu'alors, fourrant ses mains un peu partout, manquant de s'étouffer à cause de la fumée qui, il le sait pourtant, s'élève jusque dans ses yeux et lui fait perdre toute visibilité, en plus de lui prendre tout le nez également. Il se rattrape en retrouvant toute sa hauteur, en venant la loger dans sa main avant d'examiner une nouvelle fois tout ce à quoi il peut toucher. Mais il n'en sait que trop peu, il lui faut un point sur lequel commencer alors il attend que le gamin soit revenu, il attend que ce renfort ne revienne vers lui pour se poser un instant contre la voiture, profitant d'abord de sa clope au lieu de vouloir tout faire en même temps. « Par où je commence ? » C'est la question qu'il vient lui poser, plus sérieusement que jamais, pas encore conscient qu'il s'exprime très mal. Ça sonne correct dans la tête du quadragénaire, ça lui paraît complètement compréhensible avant qu'il ne croise le regard de celui à qui il s'adresse, terminant son morceau de nicotine pour l'envoyer s'estomper un peu plus loin. « La dernière fois qu'elle a tournée, tu sais pourquoi ça s'est dégradé ? Qu'est-ce que tu as fait avec ? » Les questions se posent sans même se soucier des souvenirs que ça implique, parce qu'il l'ignore et s'implique sûrement trop dans ce passe-temps là. « Non parce que, s'il faut démonter complètement le moteur, je pourrais rien faire pour toi ici. » Laisse-t-il entendre en se redressant, en plongeant presque dans le diamant de ferraille contre lequel il s'était posé jusqu'à ce moment-là. Judas finit d'ailleurs par se coucher comme s'il venait de comprendre qu'ils ne rentreraient pas de sitôt. Ce que Elijah est définitivement en train de se dire alors qu'il y risque enfin ses deux mains pour vérifier que tout est à sa place dans les limbes du cœur de cette auto-ci. « C'est vraiment pour ta dégaine que t'es mal vu par ici? » La question lui échappe, elle devient presque inaudible puisque rongée par l'espace étroit duquel s'élance sa voix mais il espère qu'il ait entendu, il n'en doute même pas en vérité. A la manière dont il avait pu le regarder, il sait que le plus jeune va rester sur ses gardes, guetter le moindre de ses gestes, écouter le moindre son pour être sûr de ne rien risquer. Du moins, il l'imagine, parce qu'il a commencé à se rendre compte de l'impression qu'il pouvait faire lorsqu'il s'était approché de lui, un peu plus tôt. « Non, parce que... je pense que le blouson que tu portes doit y être pour beaucoup aussi. » Un demi-sourire s'inscrit sur ses lèvres bien qu'il ne puisse pas en faire profiter son interlocuteur, pas encore en tout cas. Aussi, il se relève, fouillant un peu dans les outils qu'on lui a apporté. « T'inquiète pas, je connais ça aussi. » Un clin d’œil et un retour à la mécanique, ou plutôt au bilan qu'il est en train d'établir sur ce qui peut être à faire, sur ce qui peut être à changer. « Je peux te demander pourquoi ? » L'indiscrétion, le maître mot pouvant résumer sa vie.

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MessageSujet: Re: Let's try this way ▬ Kurtis Hawkins Jeu 24 Nov - 20:07





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# kurtis
Kurt le regarde se pencher sur le moteur. Il profite que l'autre ait l'esprit accaparé par la Ford pour examiner ses tatouages d'un peu plus près. Il croit deviner une croix, assez travaillée, plutôt jolie. Ça provoque deux sentiments chez le Prospect... D'abord ça lui fait de la peine. Le chagrin le prend aux tripes, à la gorge, au coeur. Parce que Samwell aussi avait une croix tatouée sur l'ensemble de son dos, surmontée d'un Jésus crucifié. Et ce n'était pas le seul song religion qu'il arborait. Il avait également un chapelet sur l'épaule, réalisé par Reese, et une citation sur le coeur, également en rapport avec ses meetings aux AA. Il était mort sobre. Sobre depuis huit mois... Il était mort croyant. Ses tatouages et son amour pour son foutu dieu ne l'avait pas protégé.
Il pourrait du coup associer cette rancoeur à l'homme qui s'improvise garagiste devant chez lui, mais n'en fait rien. Kurtis préfère l'associer à son frangin décédé et choisi plutôt de lui accorder sa confiance et de se détendre un peu. Bien sûr, il ne raisonne pas en ces termes, tout ça se fait à l'instinct, naturellement.
L'homme se redresse, un pli soucieux barrant son front. Est-ce qu'il a trouvé l'origine de sa panne et n'est pas très encouragé ? Ou est-ce qu'il devine qu'il va passer du temps ici parce que, justement, ce n'est pas une évidence. Les questions qui suivent donnent sa réponse au motard. Qu'est-ce qu'il a fait avec ? Qu'est-ce qu'il s'imagine qu'il a fait avec ? Une soirée mousse ?
« Non parce que, s'il faut démonter complètement le moteur, je pourrais rien faire pour toi ici. »
Kurtis jette un œil au chien de Elijah qui s'est installé sur l'herbe, près du chemin cimenté menant à la baraque. Une baraque qui ne paie pas de mine mais qui convient parfaitement au jeune homme. Elle est même le parfait reflet de la personnalité du Prospect. Pas forcément jolie mais avec tout ce qu'il faut à l'intérieur pour vivre sans se prendre la tête, sans fioritures inutile, en bordel, pleine de fissures colmater à la va-vite pour donner l'illusion que tout va bien.
« Ah... T'prends pas la tête avec ça de t'façon. Si y a trop à faire, j'la ramènerai chez mon pote mécano en ville. ´fin i' viendra la prendre j'suppose » rectifie le grand brun, puisque la voiture refuse de démarrer.  Est-ce que James acceptera de se déplacer alors qu'il lui a déjà dit par deux fois de se débarrasser de son tacot ? Ouais. Sans doute que ouais. Après tout, il lui doit bien ça. Kurt l’a aidé à faire disparaître un cadavre il n’y a pas si longtemps après tout…
Le jeune homme fait ensuite un compte rendu de ce que James a déjà effectué comme travaux de rafistolage et le renseigne sur les pièces récemment changées.

« C'est vraiment pour ta dégaine que t'es mal vu par ici ? » l’interroge tout à coup Elijah, alors qu’un silence venait de recommencer à s’imposer.
Un silence qui aurait nettement plus convenu à Kurtis… Il n’aime pas sa question. Il devine ce qui va suivre et, encore une fois, ne se trompe pas : l’homme lui parle de son blouson. Tous les points qu’il avait accumulés jusque là s’effacent alors. Kurt cesse de l’associer à son frangin, cesse de le voir comme un bon samaritain débarqué au bon endroit au bon moment. Le coursier recommence à le voir comme un fouineur, un traitre. Et quand il lui dit qu’il connaît ça, Kurt braque sur lui un regard presque menaçant. Elijah ne le voit pas. Après un rapide clin d’œil, il a remis son nez dans la boîte à outils que le plus jeune lui a rapporté il y a deux minutes.
Une petite voix dans son esprit cherche à le calmer, à le raisonner, à le convaincre que l’homme essaie simplement de faire la conversation, de se montrer agréable. Mais il a parlé de son blouson. Et Kurtis sait qu’il n’est pas supposé parler du club avec qui que ce soit. Surtout pas avec un type aussi louche que Elijah (si tant est que ce soit son vrai nom). Bien sûr, il est précisément en train de faire ce qu’il reproche à ses voisins de faire : il juge le livre à sa couverture, mais… C’est plus fort que lui.
« Je peux te demander pourquoi ? »
« Non. »
Sa réponse est tranchante et ne laisse pas place à la discussion. Elle a l’air d’ébranler l’homme qui s’immobilise et tourne ses yeux d’un bleu métallique dans sa direction. Kurt soutient un moment son regard, essayant de décrypter l’expression de son visage. Est-il simplement vexé par son intonation ou agacé d’avoir été percé à jour ? A-t-il des comptes à quelqu’un ? Mais il n’arrive à rien lire dans ces yeux là.
Et il finit par reprendre la parole pour se justifier et mettre les choses au clair d’emblée.
« On peut causer mécanique, on peut cause d’nos clébards, mais on peut pas causer d’mon blouson ou d'la réputation d'mon club » lui lance-t-il simplement, alourdissant l’air d’un nouveau nuage de fumée, avant de reporter sa clope à ses lèvres. Il atteint alors le filtre et la balance négligemment sur l’herbe humide où elle ne va pas tarder à s’éteindre seule. « Si t’es un d’ces fouilles merde de journalistes à la con et qu’tu viens essayer d’en savoir plus sur c’qui s’est passé dans c’foutu entrepôt, tu peux t’tirer. J’te dirai que dalle. S’t'es vraiment v’nu filer un coup d’main sans arrière pensées, alors continue d’mater l’moteur et j’vais t’chercher une bière pis une gamelle de flotte pour ton molosse. »
Ouais… Juste au cas où ce soit réellement un bon samaritain. Parce que Kurtis a besoin de sa caisse. C’est le seul moyen qu’il a de transporter ses bêtes et, puisqu’il va bientôt devoir s’absenter plusieurs jours pour une course du club, il a besoin de les déposer chez sa mère. Hors de question de la faire se déplacer tous les jours en bus et métro pour venir les sortir et leur filer à bouffer. Hors de question de compter sur ses voisins pour s’en charger… Kurtis a bien deux ou trois potes qui pourraient le faire, mais ça l’emmerde d’être redevable à qui qu’ce soit.
Et n’allez pas croire qu’il va se sentir redevable à Elijah d’avoir réparé sa Ford s’il y parvient. C’est lui qui a proposé, donc il n’aura aucune dette envers lui.
« Deal ? »


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MessageSujet: Re: Let's try this way ▬ Kurtis Hawkins Jeu 1 Déc - 17:31




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C'est prendre le taureau par les cornes, lui imposer une direction à suivre, lui montrer la voie quand ce dernier tente de se démener seul. C'est offrir la possibilité à l'animal de grogner, de montrer les dents autant qu'aurait pu le faire Elijah, et il le sait, au fond de lui, car c'est le genre de questions qu'il a détesté durant bien des années. Mais, aujourd'hui, il se fait taquin, il joue des réactions et jubile devant celles qu'il parvient à avoir, ce regard froid qui vient se poser sur sa personne comme s'il n'était qu'un vulgaire fouineur. C'est en partie le cas mais il persiste à en jouer, à endosser ce masque de mec trop impliqué dans des questions qui ne le regarde pas. Parce qu'il est ainsi, parce qu'il l'a toujours été, parce que – dans le fond – une partie de lui réclame l'adrénaline d'autrefois. Mais tout se perd, tout se tasse et c'est ce pourquoi il n'en fait pas davantage, ce pour quoi il ne continue pas sur sa lancée. Elijah s'arrête, Elijah se freine comme depuis son arrivée en ces terres-ci. Il n'est pas chez lui, il ne le sera jamais alors il parviendra à se taire, à faire profil bas, à retrouver une ombre pas encore opaque mais assez obscure pour parvenir à le dissimuler ; des rappels de conduite ici et là, comme un peu plus tôt, son arme désormais rangée dans sa veste, loin de sa ceinture. Il embête mais se tient à carreaux, continue ce qu'il est venu faire sans essayer de rendre l'atmosphère plus pesante qu'elle ne l'est désormais. Il a touché dans le mile, il le sait, il le voit, il comprend et en sourit à défaut de pouvoir continuer cette lancée sur une pente trop glissante. Parce qu'il reprend la parole, le plus jeune, parce qu'il revient à l'attaque après lui avoir fait comprendre que non, ses questions n'avaient pas lieu d'être et ça l'amène à relever le regard, par simple curiosité. Ça lui permet de voir à qui il peut avoir à faire, ça lui permet d'évaluer à quel point il peut s'être foutu dans la merde comme à son habitude. Et pourtant, il reste sur ce fond positif, il choisit de voir les choses de manière optimiste comme pour ne pas se dire que tout pourrait basculer, encore, en l'espace de quelques secondes. Mais rien de tout ça ne parvient jusqu'à eux, rien de plus que des mots, des mises en garde, des paroles pleines de sens qu'il accepte simplement, comme n'importe qui de censé l'aurait fait ; un pas de plus de franchis dans sa rédemption pourtant plus vaine qu'il ne le croit. « On peut causer mécanique, on peut cause d’nos clébards, mais on peut pas causer d’mon blouson ou d'la réputation d'mon club. » A ça, il hausse simplement les épaules, pas plus intéressé que ça par cette conversation, de toute manière, puisqu'elle ne représente rien de plus qu'un rappel de ce qu'il a dû laisser derrière lui.

Alors, il continue de faire s'évanouir la fumée de ce qu'il tient entre ses lèvres, de ce qui se consume lentement comme sa patience devant un problème qu'il n'arrive pas plus que ça à identifier ; pourtant, il se sait sur la bonne voie, simplement aveugle dans l'espoir de pouvoir y passer plus de temps que nécessaire, égoïstement évidemment. « Si t’es un d’ces fouilles merde de journalistes à la con et qu’tu viens essayer d’en savoir plus sur c’qui s’est passé dans c’foutu entrepôt, tu peux t’tirer. J’te dirai que dalle. S’t'es vraiment v’nu filer un coup d’main sans arrière pensées, alors continue d’mater l’moteur et j’vais t’chercher une bière pis une gamelle de flotte pour ton molosse. » Ça a le mérite d'être clair... et de le faire sourire. Il connaît cette réaction, il ne la connaît que trop et lui rappellerait presque James à l'époque où tout allait pour le mieux, à l'époque où fuir n'était pas envisageable puisque rien, rien ne pouvait l'atteindre. C'est la raison pour laquelle il baisse le regard sans lui faire face, perdu dans des songes qui n'appartiennent qu'à lui, perdu dans un torrent de souvenirs qui, à nouveau, tente de fracasser l'entrée de l'antre qu'est aujourd'hui sa conscience. Ça n'a plus rien d'amusant pour la suite, Elijah s'en blesse lui-même comme un idiot. Alors, il n'insiste réellement pas, se détournant de ce sujet pour parvenir à faire taire les voix qui n'en finissent plus de murmurer dans les limbes de son subconscient, là où tout semble s'effondrer lentement, là où plus rien – bientôt – ne pourra subsister ; bien malgré lui, finalement. D'ailleurs, il essaie de se remettre, il essaie d'en faire abstraction, de toute cette chute, redonnant toute sa concentration au moteur qu'on lui a dit de continuer de mater, cherchant enfin complètement à mettre la main sur ce qui pose problème puisque rester, pour lui, devient finalement embarrassant. Il aurait fallu qu'il ne demande rien, il aurait fallu qu'il ne fasse pas preuve d'autant de sociabilité. Il aurait fallu qu'Elijah ne change rien, qu'il demeure à distance de tout ce qui ne le concerne pas, de tout ce qui pourrait lui rappeler cette vie délaissée pour toute autre chose, pour un monde plus sombre mais davantage plus calme, pour le bon plaisir de ses névroses qui se jouent de ce point-là, qui abuse de ce silence des plus tenaces pour n'instaurer qu'un climat simple de folie à l'égard du quadragénaire rappelé à la raison, quelques secondes, quelques minutes – peut-être – plus tard. « Deal ? » Les prunelles venant retrouver le regard du plus jeune, Haynes lutte à se souvenir de ce qu'il vient de lui dire, de lui lancer de manière on ne peut plus claire mais y parvient après quelques fractions de secondes, encore un peu submergé par les souvenirs qu'a ravivé sa façon de se comporter, de réagir quant à ses taquineries plus tôt, cette même manière de faire qu'un gamin qui, autrefois, lui aura été cher.

Elijah soupire mais s'en remet à la proposition faite, détournant le regard rapidement sur Judas qui n'a l'air d'attendre que ça en plus d'un peu de repos pour le peu de trajet commis jusqu'alors. Alors il accepte, acquiesce simplement avant de se remettre au travail, définitivement sur la bonne voie. Parce qu'il y met toute sa concentration, parce qu'il y met le cœur à l'ouvrage pour parvenir à ses fins, pour réussir ce qu'il avait – quelques temps auparavant – l'habitude de faire en compagnie de son meilleur ami, de ce vieux con sûrement retranché loin de New-York ; il lui souhaite en tout cas, silencieusement mais sincèrement. « Je pense qu'il va y avoir deux à trois trucs à changer mais c'est faisable rapidement. » Laisse-t-il entendre sûrement un quart d'heure plus tard, après s'être défait de toutes ses mauvaises pensées, après avoir profiter d'un calme plat pour parvenir à se contenir quant à tout ce qui continue de se jouer en son for intérieur, cette bataille qui n'en finit pas. Il se redresse enfin, retrouvant toute sa hauteur, essuyant rapidement ses mains contre son jean pour profiter de la bière qu'on lui a rapporté plus tôt, manquant de la terminer dès sa première gorgée tandis qu'il vient s'installer à côté de son chien, sur le rebord du trottoir, abandonnant une main sur la tête de celui-ci en allant jeter un coup d’œil aux deux animaux qui attendent encore sagement à l'arrière de la voiture sur laquelle il vient de bosser. « Tu les a dressés ou ils sont juste aussi cons que le mien ? » Demande-t-il d'un air plus sérieux, fronçant les sourcils en guettant leurs moindres mouvements comme dans l'espoir de parvenir à trouver la réponse seule ; mais à quoi bon poser la question s'il tente de se faire une idée par lui-même. Aussi, il abandonne très rapidement, sachant son savoir sur ces choses-là pas aussi développé qu'il aime à le prétendre. Il avait choisi Judas pour Jade au départ, ça avant de fuir en l'emportant, une présence nécessaire pour parer à la solitude qu'il sait comme collante quand il s'agit de lui. Quant à elle, il a apprit à ne plus s'en faire, persuadé qu'elle saurait se relever, qu'elle saurait se rapprocher des bonnes personnes pour remonter les abysses dans lesquelles il l'a fait tomber, à contre cœur, égoïstement aussi, surtout. « Ne les laisse jamais avec une gonzesse, il termine par devenir comme ça en tout cas. » Il désigne son énorme masse de poils noirs dans un bref geste de tête, un demi-sourire d'accroché à ses lèvres mais se sachant plus instable qu'au court de ses efforts, la fatigue n'aidant en rien le mercenaire à contenir les images dans sa tête. « Si jamais tu commandes les pièces, essaie de trouver quelqu'un qui saura y faire avec ta princesse. Et, si tu connais des gens qui ont besoin de manœuvres, c'est le moment de le dire, ça évitera que je me fasse chier quand j'vais pas bosser. » Car attendre n'arrange en rien ses névroses et jouer non plus, les nerfs abîmés par cette patience qui vient s'user, chaque jour un peu plus. Son violon n’apaisera bientôt plus son âme, pas même les quelques photos qu'il s'est risqué à garder. Il ne lui reste plus que l'occupation pour parer aux ténèbres, l'occupation et cette dernière étincelle de force qui, petit à petit, commence à faiblir.

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MessageSujet: Re: Let's try this way ▬ Kurtis Hawkins Lun 5 Déc - 19:19





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Kurtis n'aime pas tellement le sourire de son vis-à-vis. Il a l'air suffisant, un peu moqueur. Et s'il y a bien une chose que le Prospect ne supporte pas, c'est qu'on se foute de sa gueule... Ce qui n'empêche personne de le faire, au contraire.
MadMax a très vite perçu à quel point il pouvait être susceptible et il n'hésite jamais à en rajouter deux ou trois couches quand il s'agit de l'humilier. Tout y passe, tout est sujet pour lui à le taquiner plus ou moins méchamment : son allure, sa façon de parler ou de se fringuer, ses cheveux, sa manière de se comporter en présence de la gente féminine... Il est plus incisif encore devant ses frères et Kurt doit bien sûr fermer sa bouche. S'il l'ouvre, son mentor ne perd pas une seconde pour le remettre à sa place et lui rappeler son statut de sous merde au sein du club. Pendant un temps, le jeune homme a pensé que c'était justement une invitation à se rebeller, à prouver qu'il était un homme qu'on se devait de respecter mais...en continuant de protester, il n'a fait que s'attirer encore davantage les foudres de Max. Ce dernier ne s'est alors plus contenté de le taquiner plus avant, mais lui a fait physiquement mal et a dépassé les bornes, au point d'obliger ses camarades à intervenir. Alors depuis, Kurtis prend sur lui.
Mais pas avec tout le monde. Il s'écrase devant les membres du club et fait patte blanche face à MadMax, cependant, si quelqu'un de l'extérieur lui cherche des noises ou se moque : il montre les dents. Et inutile donc de préciser qu'il a pas mal de rancoeur à évacuer...
Kurtis se tient donc près à se mesurer au dénommé Elijah. Une part de lui espère ne pas avoir à en arriver là. Parce que ce type l'intrigue mais également parce qu'il a vraiment envie de le voir réparer sa caisse...

Et puis le sourire s'efface peu à peu et son interlocuteur se perd dans ses pensées. Est-ce qu'il réfléchi à la meilleure manière d'aborder ça ? Est-ce qu'il est réellement journaliste et se demande comment poursuivre en conservant la confiance de Kurt ? Il n'a pas la gueule de l'emploi mais il fait toujours se méfier des apparences, le coursier le sait. En même temps, quel genre de journaliste se balade avec un flingue ? Et puis il n'a aucun accent. Peut-être qu'il a été engagé par les serbes pour tromper sa vigilance mais s'il commence à soupçonner tout le monde, il n'a pas fini. Alors il attend simplement. Et quand il en a assez d'attendre, il relance le barbu dans ses rêveries, lui demandant si le deal lui convient ou non.
Pour toute réponse, le mec hoche la tête. Kurt continue de l'observer, soupçonneux, puis il lâche l'affaire et le prévient qu'il revient.
C’est ce qu'il fait, cinq minutes plus tard, après avoir prévenu sa mère qu'il aura du retard. Bien sûr, elle lui a tenu le même discours que Meghan précédemment et l'a invité à se débarrasser de la vieille Ford de son père. Mais au lieu de s'énerver après elle aussi, Kurt s'est contenté de soupirer avec contrariété et lui a promis de commencer à réfléchir sérieusement à cette solution. Il a conscience qu'il devra s'y résigner. Cette bagnole est quasiment aussi vieille que l'aurait été son père aujourd'hui s'il n'avait pas eu son attaque...
Son coup de fil passé donc, le coursier retrouve Elijah dehors. Il dépose la gamelle devant le molosse puis la bière du garagiste amateur à proximité de lui. Sa bière à lui est déjà bien entamée puisqu'il l'a ouverte pendant sa conversation avec sa génitrice. Il envoie quelques SMS à ses frères KOS pour les prévenir de sa situation, un autre à Mia pour prendre de ses nouvelles, et puis s'intéresse vaguement à ce qui se passe sous le capot de sa voiture.
Faire la convers n'ayant jamais vraiment été son fort, Kurtis ne cherche pas à la relancer. Et c'est finalement Elijah qui s'en charge, relevant son nez du moteur capricieux pour lui faire un bilan.
Un bilan qui n'enchante pas Kurt. Il parle sûrement des pièces que James a récemment changées, de manière provisoire. Il l'a bien prévenu que c'était du rafistolage et que ça ne tiendrait pas... Et voilà, ils y sont.
Il soupire. Son soupir est lourd, résigné, agacé.
« Mouais. Laisse tomber alors » marmonne-t-il, défaitiste, alors que son aîné va s'asseoir près de sa bête. « Ça r’commence comme l'aut' fois... J'ai d’jà changé deux, trois pièces vingt fois. »
Un nouveau soupir et puis Kurt se perd dans la contemplation du moteur. Se perd surtout dans ses souvenirs, se laissant gagner par le remord... Sans y penser, il termine sa bière.

« Tu les a dressés ou ils sont juste aussi cons que le mien ? »
Peut-être qu'il change de sujet exprès, pour qu'il pense à autre chose, parce qu'il a remarqué qu'il était chagriné. Ou peut-être que la question le taraude simplement depuis un moment.
« C'mon frangin qui les a dressés » grogne-t-il en jetant un coup d'œil vers ses deux chiens. Gram s'est assoupi mais Ram n'attend qu'un mot de sa part pour venir jouer. Cette vision l'apaise un peu. Mais rien qu'un peu.
« Ne les laisse jamais avec une gonzesse, il termine par devenir comme ça en tout cas. »
Un sourire étire les lèvres du plus jeune des deux hommes. Il pense à Mia et à la manière qu'elle a de gâter ses deux molosses. Il voit tout à fait ce qu'Elijah veut dire.
« J'veille au grain » lui répond le Prospect en fouinant dans les poches de son blouson pour se reprendre une cigarette. « J'vais te l'réveiller ton cabot. Attends. »
Sa clope allumée dans la bouche, il claque des doigts pour attirer l'attention de Ram puis frappe deux fois sur sa cuisse pour l'inciter à le rejoindre. La chienne ne se le fait pas dire deux fois. Elle saute au bas de la Ford et vient rejoindre son maître. Il la laisse approcher et se dresser sur ses pattes arrière, appuyant celle de devant sur son torse pour essayer de lécher son visage. Il la gratifie de quelques caresses entre les oreilles puis lui ordonne de s'asseoir à ses côtés. Elle s'exécute puis jauge son camarade canin, d'abord avec prudence, puis avec envie...
« Il l'a ramassée dans un squat pas trop loin d'ici. Le reste de la portée avait crevé. La mère avait disparu. Y avait que cette gourdasse qui continuait d'se battre pour survivre. Gram, lui » ajoute-t-il en désignant le Amstaf à la robe plus claire, toujours étendu « il participait à des combats d'chiens. C'pour ça qu'il lui manque un bout d'oreille et qu'il boite. Il était dans un sale état quand Sammy l'a trouvé. »
Kurt ne sait pas si ça intéresse le type mais il s'en fout. Il aime bien parler de ses bébés. Il est on ne peut plus fier d'eux.
« Et l'tiens, c'quoi son histoire ? »

Ils en parlent un moment et puis Elijah revient sur le sujet qui les a amenés à se rencontrer. La Ford. L'humeur de Kurtis s'assombri à nouveau.
« Ben on tient un garage » répond le grand brun, sur le ton de l'évidence. « T'es pas d'ici en fait, pas vrai ? T'as pas l'accent d'ici... » réalise Kurtis en soufflant sa fumée, surveillant Ram du regard alors qu'elle tente une approche avec Judas. «Pas mal de mes potes motards bossent dans un garage pas loin de là. Le garage Ossinov. Ça t'dit rien ? Ils embauchent toujours. Ça tourne pas mal là-bas, j’pourrai leur causer d’toi s’tu veux. Parce que du coup, j'envoie déjà tous mes potes qu'ont des soucis avec leurs engins chez eux... »
Et hors de question de faire concurrence à ses propres frères. Même si Elijah commence à lui être plus ou moins sympathique.
« Tu crois qu'ça vaut vraiment l'coup d'les changer encore les pièces ? Tu crois qu'elle pourra encore tenir longtemps ? » finit par demander Kurtis, sans oser croiser le regard de son interlocuteur.
Il se prépare déjà à une réponse négative. Et cette fois, qui sait, peut-être qu'il pourra enfin accepter l'inévitable...
« C'était celle d’mon daron mais il est mort avant d'm'apprendre comment l'entretenir. Et les frangins avaient pas l'temps pour ça alors…ben voilà quoi. »
Pas de temps pour moi surtout...



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Dernière édition par Kurtis Hawkins le Dim 18 Déc - 11:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Let's try this way ▬ Kurtis Hawkins Mar 13 Déc - 22:48




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Si parler des chiens les avaient calmer légèrement, il aurait pu parier que l'humeur du gamin n'en serait que plus sombre dès lors que leur principal sujet reviendrait sur le tapis. Mais lui en a besoin, de ce sujet, Elijah fait l'égoïste parce qu'il doit s'occuper à défaut de pourrir, à défaut d'abandonner ; bêtement. Trop stupidement. Il doit trouver un moyen de canaliser ce qui se joue en lui, toute cette folie qui n'en finit plus de frapper, encore et encore, jusqu'à l'en faire saigner. Elijah perd la bataille, Elijah se retrouve au pied du mur avec pour seule arme ses songes, ses pensées, tout ce qui pourrait l'éloigner de cette triste vérité. Alors oui, il revient dessus malgré le regard du plus jeune, malgré ce qu'il en ressent dès lors qu'il se risque sur cette conversation-là. « Ben on tient un garage. » Il en sourit, comme un con, regardant finalement ailleurs, cette vaine lueur installée déjà éteinte. Bien-sûr qu'ils en tiennent un, Elijah n'a rien à foutre ici, Elijah ne sert même probablement à rien et ça, depuis le départ. C'est ce qui l'amuse, finalement, c'est ce qui lui fait prendre conscience de la pénitence qu'il doit encore endurer, subsister dans cette prison invisible imposée par ses propres choix aux côtés d'une solitude qui ne le lâchera pas de sitôt. Parce qu'il s'arrête sur ces dires, parce qu'il n'envisage rien de plus que la conclusion qu'il tire des paroles de Kurtis. Alors il abandonne presque, il rend les armes face à une évidence des plus inesquivables. Elijah n'en a pas finit de souffrir, Elijah n'en a pas finit de se détruire à même le sol, assis, le cul posé sur le parquet de son appartement et le regard braqué sur des traits qu'il ne reverra peut-être jamais. Un nouveau rire, plus dur, plus sourd en vérité. Il est pour lui, pour marquer intérieurement l'absurdité de cette vie, de cet exil qu'il s'est offert. « T'es pas d'ici en fait, pas vrai ? T'as pas l'accent d'ici... » Il répond par un simple geste de la tête, démasqué. S'il savait ce qui l'a mené là, peut-être que ses paroles n'en seraient que plus froides encore ; ou peut-être pas finalement. Peut-être pas vu le peu qu'il a pu lui dire sur sa personne, sur ceux qu'il fréquente, sur la vie qu'il mène ; semblable à la sienne lorsqu'il touchait à peine ses vingt-deux ans. Les temps ont changés, le monde change après tout, mais ce milieu là reste le même, peu importe la cruauté, les horreurs commises, peu importe les pas faits et s'ils ont été de travers ou non. Mais les conclusions hâtives n'ont jamais réellement portées leurs fruits.

« Pas mal de mes potes motards bossent dans un garage pas loin de là. Le garage Ossinov. Ça t'dit rien ? Ils embauchent toujours. Ça tourne pas mal là-bas, j’pourrai leur causer d’toi s’tu veux. Parce que du coup, j'envoie déjà tous mes potes qu'ont des soucis avec leurs engins chez eux... » Il termine sa clope sur ces paroles, sur cette proposition faite et qui vient le faire se sentir con. Parce qu'il est parti loin, parce qu'il baisse les bras beaucoup trop rapidement. Et c'est un fait qui vient se matérialiser en claque avant de s'abattre contre son esprit. Elijah dépérit et pas forcément de la meilleure des manières. Alors il essaie de se reprendre, il cherche cette prestance qui lui est propre pour retrouver cette droiture, cette fierté trop affaissée avant d’acquiescer, de laisser sa voix glisser un « avec plaisir » à son interlocuteur, toujours face à lui. Elijah s'en fait que plus amical, finalement, une manière inconsciente de remercier celui qui permettra peut-être à ses heures libres de trouver un peu de répit parmi les tourments qu'il laisse s'installer en lui, dans un for intérieur déjà ravagé. « Tu crois qu'ça vaut vraiment l'coup d'les changer encore les pièces ? Tu crois qu'elle pourra encore tenir longtemps ? » Aussi, il rappelle son attention sur la voiture qu'il venait de chatouiller, d'étudier jusqu'à son moteur. Elijah va pour lever les yeux mais ne parvient pas à accrocher le regard du jeune homme, venant finalement l'imiter en toisant la carcasse de celle qui se doit encore d'être immobilisée, malgré le quadragénaire qui aurait voulu l'entendre ne serait-ce que ronronner légèrement, rien qu'un instant ; par devoir de mémoire à l'écart des après-midi passés avec Dexter sur cette même activité, bien qu'aussi par passion plus que par manque. « C'était celle d’mon daron mais il est mort avant de m'apprendre comment l'entretenir. Et les frangins avaient pas l'temps pour ça alors…ben voilà quoi. » Une situation qu'il ne connaît que trop pour l'avoir vécu durant quelques années avant que son grand-père ne s'en mêle, avant que tout ne devienne plus simple à vivre ; avant que tout ne change pour lui, en vérité. C'est ce pourquoi il baisse un instant la tête, cherchant une solution, essayant de trouver une issue à l'impasse offerte à sa nouvelle rencontre bien que les moyens ne lui manquent, bien que tout ne lui paraisse non rattrapable. Car ça prendra sûrement du temps, parce qu'il faudra plusieurs heures dessus pour s'assurer que rien ne vienne lui claquer entre les mains. Elijah en soupire, rien qu'une fraction de seconde, contemplant le moteur comme pour chercher les bons mots parce qu'il reste ce qu'il a toujours été, loin d'être doué à l'écart de quiconque se risquant à ses côtés.

« Si tu as la patience pour, elle tiendra. » C'est tout ce qu'il parvient à faire entendre, tout ce qu'il parvient à dire pour donner ne serait-ce qu'un léger espoir au plus jeune. Parce qu'il sait ce que ça fait, parce qu'il connaît la douleur de devoir abandonner une telle merveille ; lui-même n'était pas parvenue à laisser la sienne dans les contrées new-yorkaises, ça sans penser à la valeur sentimentale qu'il donne à sa voiture. Il sait qu'il fera au mieux pour la garder et ça offre à Elijah la possibilité de pouvoir reposer ses mains dessus, peut-être un jour, qui sait. C'est ce qu'il garde en tête, ce qui permet au mercenaire de trouver un semblant de dynamisme même s'il sait que rien n'est vraiment gagné ; autant pour lui que pour l'autre. Parce qu'il se doute qu'il pourrait ne jamais se revoir, parce qu'il sait que leurs chemins ne se croiseront peut-être plus, que sa proposition n'est qu'une politesse vaine parmi tant d'autres. Ce sont des faits qui ne lui échappent pas mais qui permettent un peu de baume sur le trou béant laissé par ses heures de solitude, ça permet aux cicatrices de stagner entre cicatrisation et réouverture. Un léger répit dans les torrents violents de son existence loin de ce qui le maintenait en vie. « Si tes potes t'aident à trouver les pièces et qu'ils sont en mesure de s'en occuper, tu as les moyens de la garder encore assez longtemps ; des paroles qu'il pense, qu'il ne dit pas à la légère. Elijah continue de contempler la voiture tandis que sa voix monopolise l'attention une nouvelle fois, néanmoins dans l’intérêt de son interlocuteur pour cette fois-ci. D'autant qu'elle est bien entretenue, tu en as prit soin en attendant. C'est la première leçon que ton daron t'a apprise. » Un clin d’œil et un sourire poli pour ne pas en faire trop, il sait que ses dires auront peut-être un impact et il le sait très mal placé pour pouvoir parler de ce genre de choses ; davantage en ayant tué son paternel il y a peu déjà. Songe qui l'amène à baisser la tête, plus par inquiétude quant aux conséquences que ce pourrait avoir par chez-lui, là où ses frères se trouvent, plutôt que par gêne. Elijah n'en tire aucun regret, aucune tristesse ; pas en ce qui concerne la personne qui l'a éloigné de tout ce qui lui restait hors ses névroses, le Loup affamé tapis dans ses ombres personnelles, enfermé par ce qu'on essaie de faire de lui, ce que Jessie veut voir et qu'il offre, malgré lui, par besoin de calme, de silence, par besoin de stabilité qu'il ne retrouve pourtant pas. Pas sans Elle. « Et si un jour tu veux pouvoir en découdre par toi-même, ce sera avec plaisir que... enfin tu vois. » Laisse-t-il entendre en balayant du regard une dernière fois ce qui attend sagement sous le capot. Il ne termine pas ses dires, il n'arrive pas à aller jusqu'au bout, trop perdu en terme de discussion, loin des bases de la sociabilité. Il propose simplement son aide, à sa manière mais il le fait ; une grande première, un pas en dehors des ténèbres.

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MessageSujet: Re: Let's try this way ▬ Kurtis Hawkins Dim 18 Déc - 12:25





let's try this way
# elijah
# kurtis
Kurtis apprécie le retour du mécano qui lui sert d’interlocuteur depuis près d’une demi-heure maintenant. Y a pas à chier, rendre service aux autres, ça fait du bien au karma et à l’égo ! Sa mère le lui répète souvent et, force est de reconnaître que c’est vrai. Bon, elle a tendance à mêler Dieu à tout ça et ça emmerde profondément le coursier mais le résultat reste le même. Quand Elijah le remercie du bout des lèvres pour sa proposition de parler de lui au garage Ossinov, le coursier en retire une certaine fierté. D’ordinaire, tout ce qu’il fait est examiné de près, jugé et condamné d’une manière ou d’une autre, mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, ce qu’il fait pourrait bien avoir des conséquences positives pour pas mal de monde et ça lui fait du bien de le constater.
Maintenant, il ne lui reste plus qu’à mettre sa proposition à exécution et à se montrer convainquant auprès de ses frères... Pour y parvenir, il va falloir qu’il leur amène du concret. Il va falloir qu’il leur prouve qu’ils peuvent faire confiance à ce grand type bizarre à l’allure négligée, et ce n’est pas gagné... Lui-même s’est montré soupçonneux envers Elijah dans un premier temps après tout, et il sait que Caleb est un grand paranoïaque. A raison sans doute. Surtout dans le contexte actuel. Mais ça ne va pas lui faciliter la tâche.
Mais peu importe ce que ça lui coûtera, il est décidé à agir. Et c’est suffisamment rare pour être signalé. A présent qu’il a vu le regard de son interlocuteur s’éclairer d’espoir face à son offre, Kurtis est bien décidé à ne pas le décevoir et à se donner les moyens de lui apporter ce dont il semble avoir besoin. Un job alimentaire ? Une occupation pour s’empêcher de trop cogiter ? Un semblant de vie sociale ? Ce n’est pas très important en soi.

Kurtis en revient à son propre problème. Il veut savoir si Elijah lui fait une promesse en l’air dans le but d’obtenir quelque chose de lui en retour, ou s’il pense vraiment que sa vieille Ford peut être sauvée. Il est plus ou moins prêt à entendre qu’elle est condamnée. Même si c’est le cas, il a décidé de tout de même parler de lui au garage. Ne serait-ce que parce qu’Elijah a pris le temps de se pencher sur le problème alors que d’autres auraient pu passer leur chemin. Mais l’homme est plutôt optimiste. Enfin c’est un grand mot, il lui précise bien que ça ne se fera pas d’un claquement de doigts, mais il y a de l’espoir.
Kurtis pousse un soupir soulagé et, les poings sur les hanches, observe sa voiture. Il n’est pas tout à fait d’accord avec ce que lui dit Elijah. En tout honnêteté, il n’a pas du tout pris soin de la bagnole et il le sait. Y a qu’à voir à quoi ressemble l’intérieur… A quand remonte la dernière fois qu’il a fait du ménage là-dedans ? Ca se compte en mois. D’ailleurs, il lui semble que c’est sa mère qui s’y est mise et pas lui… Elijah essaie certainement d’être aimable, voilà tout.      
« Et si un jour tu veux pouvoir en découdre par toi-même, ce sera avec plaisir que... enfin tu vois. » le relance finalement le grand barbu à ses côtés.
Kurtis se tourne vers lui, le jaugeant à nouveau. Cette fois, il ne le voit plus comme une menace, comme un être cherchant à nuisible, mais comme un allié. Un allié un peu étrange assurément, mais quand même. Il jette un nouveau coup d’œil en direction de son auto et repense aux propos tenus récemment par James. Lui aussi lui a proposé de l’aider avec la bagnole, mais c’était des paroles en l’air… Aujourd’hui, il a l’impression que c’est différent.
Alors, se fendant d’un sourire discret (Kurtis est plutôt du genre avare en sourire), il tend une main en direction d’Elijah pour sceller leur deal. Le temps que l’homme glisse sa paume contre la sienne, le sourire du Prospect s’est déjà envolé.
« C’est cool » lance-t-il, à défaut de le remercier en bonne et due forme.

Leur poignée de main terminée, ils en reviennent à causer mécanique. Elijah lui donne les références des pièces à commander précisément pour réparer sa caisse et les deux hommes échangent ensuite leurs numéros de téléphone. Ils parlent encore un peu de leurs molosses respectifs, du quartier, et puis le téléphone de Kurtis sonne pour la troisième fois depuis cinq minutes. C’est sa mère qui tente à nouveau de le joindre et cette fois, il signale à son bon samaritain qu’il doit prendre cet appel. Le barbu approuve et profite de l’occasion pour tirer sa révérence et reprendre sa route. Kurtis le regarde s’éloigner avec Judas puis décroche son téléphone et accepte que sa mère fasse le voyage jusque chez lui pour récupérer elle-même Ram et Gram.        


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