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 dawn breaking ▬ Jade

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MessageSujet: dawn breaking ▬ Jade Dim 20 Nov - 0:47




Dawn is breaking ft. Jade
   

Il s'est arrêté un court instant, installé à son propre bar bien que ce soir de l'autre côté et il regarde, il contemple les quelques personnes qui restent, les trois âmes proches de la sienne depuis maintenant des semaines ; si ce n'est pas plus, Elijah ne s'est pas penché sur cette question, n'attendant plus que les choses s'arrêtent d'elles-même. Il admire et prend note, ses prunelles claires venant finalement croiser le regard de la blonde qu'il connait depuis des années mais qui, depuis tout ce temps, n'avait jamais autant été à ses côtés, pas même durant leur adolescence. Et, contre toute attente, bien malgré lui, c'est Jade qu'il essaie de voir, c'est cette silhouette délaissée au cœur de New-York qu'il tente de reconstituer sous ses yeux, bien qu'en vain. Car Jessie reste désormais une personne à part entière dans l'esprit d'Elijah qui, finalement, en baisse la tête, un soupire venant franchir la frontière de ses lèvres qui, dans un élan de courage, ou plutôt par habitude, se posent contre le verre froid qu'il tenait entre ses doigts. Il essaie de faire taire les souvenirs de ce rire, de cette voix qu'il aimait à entendre, qu'il aimait à savoir presque inaudible à ses côtés, tard le soir. Il se souvient de cette manière si particulière de le toucher, de se risquer à ce contact qui – autrefois – ne lui plaisait guère. Il aime à se rappeler ô combien elle était parvenue à lui redonner confiance en un cœur autre que le sien, un cœur qu'il s'est vu brisé bêtement, égoïstement. Et, à ces songes, il choisi la méthode radicale, terminant d'une traite le liquide ambrée dont il tentait jusqu'alors de ne pas abuser. Car, même si cette soirée s'est bien déroulée, il n'a de pensée que pour celle qui aurait dû être à ses côtés, que pour celle pour qui il s'est risqué à tuer... pour finalement s'exiler. Ce sont ses mots qu'il aurait voulu entendre autour de cette table, ce sont ses manières qu'il aurait aimé à critiquer par simple plaisir de la voir faire cette moue à laquelle, aujourd'hui, il ne rend très certainement plus justice. Ses abus d'alcool viennent rendre les images qu'il en garde de plus en plus floues, tout semble disparaître et, au fond de lui, Elijah sait qu'il n'y survivra pas. Pas si tout commence à lui manquer, pas si tout se défait de sa personne alors qu'elle est tout ce pourquoi il tentait d'essayer. Il se retrouve au cœur d'une impasse, pris au piège par ses propres erreurs. Il se souvient de ces ombres-ci, il se souvient de cette détresse venant ronger jusqu'à son for intérieur. Elijah se souvient de cette première semaine sans elle, à avoir cru qu'il ne la reverrait pas. Il se souvient de cette souffrance et de cette folie, la même qui, ce soir, commencerait presque à se faire entendre.

Mais c'est une main délicatement posée sur son épaule qui le ramène à une quelconque raison, c'est un contact prude mais bien réel qui le mène jusqu'au seuil de l'instant présent. Aussi, il rouvre les yeux, détaille les traits qui s'imposent à lui et qui tentent au mieux de lui faire retrouver ce rictus porté tout au long de la soirée. Elle est loin d'imaginer ce qu'il travaille, loin de deviner la bataille qu'il mène silencieusement au fond de lui, ronger par des abysses qui – jour après jour – ne font que se creuser davantage. Elijah perd la tête, lentement, il lâche prise et le sait. Il laisse les choses se faire, il laisse le pire s'installer parce qu'à bout de force, de toute manière. Mais son sourire vient dissimuler cette vérité, il vient cacher toute la misère qui se créer, toute cette douleur qui n'en finit plus de creuser ses traits ; comme en cet instant même. Elle prend un instant pour le contempler, ça avant de venir s'asseoir tout près de lui, assez pour qu'il n'en détourne le regard instinctivement. « Erin doit partir et j'ai dit à Shawn que je terminerai de tout remettre en place pour demain donc je l'ai laissé rentrer. Je pense que tu devrais faire de même, Elijah. » Elle use son prénom parce qu'elle sait qu'il peut ne pas l'écouter, se morfondre dans un monde qui n'appartient qu'à lui. Mais pas cette fois, le mercenaire est bien présent, bien à l'écoute de ce qu'elle vient lui faire entendre, adressant un simple geste de la tête comme pour lui faire comprendre ça. Ce qu'elle saisit et qui l'anime à nouveau, sa main venant s'emparer du verre qu'il n'avait pas encore lâcher malgré le fait qu'il soit vide. C'est cet acte-là qui l'amène à relever les yeux, à lui faire face convenablement. Il doit mettre ses esquives de côté et encaisser ce qui est à dire, bien qu'il devine déjà l'inutilité de ses essais. « Je n'étais pas convaincue par cette soirée. J'avais peur que... que tu ne puisses pas gérer tout ça en sachant que ton père n'est toujours pas revenu, en sachant Jade... ; son regard croise le sien dès ce prénom prononcé, essayant de distinguer la profondeur de ses maux, ce qu'il essaie au mieux de cacher, de faire taire ; probablement en vain. En la sachant absente. J'avais peur aussi que notre présence, à Erin et moi, soit mal interprétée. J'aurais dû te prévenir plus tôt et ne pas te l'imposer ce soir sans ta permission. Je... » Il lève simplement sa main comme pour lui faire comprendre, une fois encore, qu'elle va surement trop loin. Il n'avait pas réfléchi de la sorte, Elijah ne s'était pas aventuré aussi loin dans de quelconque interprétation et maintenant qu'il y songe, un haut le cœur s'en ressent. Le quadragénaire relève simplement les yeux, un supplice envers un Dieu qui l'a très certainement abandonné, tentant de contenir les larmes qui, plus tenaces que sa force, sont parvenues à se frayer un chemin jusqu'au-dessus de ses cernes.

« Je suis désolée. » Il n'arrive pas à se défaire de la vérité qu'elle vient de lui exposer, de l'image qu'il renvoie quand, pourtant, rien n'est fait de la sorte. Parce qu'il n'a en tête que Jade. Qu'Elle et tout ce qu'elle est parvenue à inscrire dans sa misérable vie. Rien qu'Elle et tout ce qu'elle est venue insuffler à son esprit lorsqu'il pensait pouvoir s'en sortir, lorsqu'il se trompait en pensant pouvoir la protéger. Et, aujourd'hui encore, il retrouve cette même sensation, cette même faiblesse parce qu'il s'accroche à un cœur qu'il finira par noircir ; même malgré la déchéance menée pour une toute autre personne. La blonde dont la voix résonne encore entre les murs qu'ils animent s'est faite halo lumineux – à son tour – pour le fantôme qu'il est devenu. Soutien supplémentaire dans la chute qu'il continue de connaître, sans un bruit, sachant que sa fin n'en sera que brutale. Et, tandis qu'il essaie de s'y retrouver dans ce torrent de réflexions qui dévale sur son for intérieur, la jeune femme ne lui laisse pas d'autre choix que d'accepter les bras qu'elle vient porter autour de lui, une étreinte dont il ne se défait pas ; n'y parvenant pas encore. Non, au lieu de ça, il se terre dans une tempête qui ne s'abat que sur sa perception des choses, que sur le sens qu'il donne à chaque pas franchi ; celui-ci y comprit. Il se perd à nouveau dans ses ombres, dans ces ténèbres si courantes que visibles au-travers même de ses prunelles obscurcies. Et les traits de Jade lui reviennent, durs et froids, implacables alors qu'il venait de tuer pour Elle, cette même part qu'au fond de sa personne. Cette même noirceur, insuffler par sa présence, par ses propres actes. Cette conscience vient lui rappeler qu'il l'a surement détruit, qu'il l'a surement rendu comme ce qu'il souhaitait pourtant lui épargner. Il n'a pas été assez bien pour Elle, il n'a jamais été ce qu'elle aurait dû mériter. Parce qu'Elle est l'ange et lui le monstre, elle la clarté et lui l'opacité. Et tous ses écarts lui reviennent et s'écrasent contre les remparts de sa conscience, de son âme déjà fragilisée par son instabilité. Ils reviennent prouver qu'il n'est rien, rien qu'un mal de plus dans la vie de celle qu'il aurait voulu sauver ; du mieux qu'il le pouvait. Ça s'infiltre et creuse, ça vient ronger chacune de ses défenses pour ne plus rien laisser. Ça heurte et s'immisce finalement à son subconscient. Ça tape, encore et encore, coup après coup. Ça défait ses barrières et le blesse. Ça déchire sa poitrine et lacère toujours plus les contours du trou béant qu'il sent se faire en l'espace d'à peine quelques secondes. Il se sent se briser, venant rattraper tous ces jours à avoir prit sur lui. Il doit faire taire sa voix, son rire, sa respiration qu'il aimait à entendre lorsqu'elle se risquait contre lui. Il doit éteindre l'écho de son nom dans sa tête, juste faire cesser ces maux, dissoudre ce manque qui lui fait perdre toute lucidité, toute sagacité jusqu'à ce qu'il n'en vienne à se lever, s'emparant des tempes de celle qui s'était défaite légèrement de sa personne avant de venir l'embrasser. Il veut voir le mirage de sa Jade se fracasser en une poussière que le vent balai, il veut que son image ne s'estompe ; aussi douloureusement que possible. Il perd la tête, Elijah perd tout équilibre mais persiste à tenir sa lancée. Il se perd dans ses gestes, dans son audace. Il se perd de manière existentielle, venant faire résonner un glas des plus froids, mettant fin à la pénitence qu'il parvenait à honorer jusqu'alors. Il n'est plus digne de celle qu'il s'était surpris à aimer quelques années auparavant. Plus maintenant. Et, tandis qu'il se sent mourir intérieurement, c'est Judas qui le sort de sa torpeur, aboyant à l'étage, rappelant le Loup à son instinct, brisant tout contact pour rejoindre la porte du bar menant à son monde, un peu plus haut. Il s'y risque et elle l'y suit, restant derrière lui, attrapant sa main tandis que l'autre, la sienne, s'apprête à sortir ce qu'il s'était pourtant promis de ne plus porter. Mais son regard s'accroche au mirage qu'il avait voulu gommer, cette même silhouette que celle qu'il aurait voulu effacer de sa conscience en quête d'une fin rapide. « Jade ?... »

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« My mercy prevailed over my wrath. »
They took everything from us. Then they call me a monster? The moment I sign that pardon, I proclaim the world that they were right. This ends when I grant them my forgiveness.
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MessageSujet: Re: dawn breaking ▬ Jade Ven 2 Déc - 0:28

Dawn Breaking
Elijah & Jade

Oh Lord! Please don't let me be misunderstood...

Impuissante. Jade reste plantée là. Impuissante. Fixe, les pieds parfaitement immobiles comme ancrés dans le béton, comme reliés, jusque dans les artères dilatées de ses deux jambes, par de grandes tiges de fer forgé, armé qui rend la structure de l'être quasiment inébranlable. Impuissante. Résistant au froid hivernal qui s'abat sur le corps, à cette brise légère qui balaie les plumes de geai de ses cheveux emmêlés qui s'étalent sur une veste de cuir délavée, usée et rappée par le crépi des murs qui la retiennent un peu trop souvent. Impuissante. Le temps file sur elle ; la lune monte progressivement dans ses cieux étoilés afin de prendre sa place habituelle, celle d'astre gardien, de mère nourricière de la noirceur épaisse dans laquelle la sylphide se cache ; rendant les nuances blafardes de sa peau quasiment translucides à la lumière des phares des voitures qui passent, de ces flashs qui la font subitement réapparaître, remonter à la surface de ces ténèbres bruts comme la vision horrifique d'un esprit au détour d'un cauchemar. Elle semble prendre racines minutes après minutes, heures après heures, figeant son mètre soixante-dix pour toujours dans cette position stable et contemplative. Elle fait partie du décor désormais et ce depuis les premiers jours où elle s'est mise à roder dans les environs. Les voisins connaissent cette silhouette titubante, ce pelage de boucles brunes éparses, ce jean troué dévoilant des pattes maigres et blessées, une gueule de louve fermée, reniflant sans cesse autour du même point, autour de ces carreaux qui refusent de refléter sa présence, autour de cette vitre la séparant tout juste d'une réalité qui traque les derniers tréfonds de son âme absente, qui se fait piège de dents acérées se refermant sur son cœur à peine battant. Elle est à la fois prédateur et victime, une louve blanche qui se fait en ce moment même arbre d'une forêt de maisons ; saule pleureur affaissé sur lui même dont les nœuds torturés, qui craquent par la pression de ce qui se passe en face, effraient les passants. Elle est une nature morte déposée là par les jours passants, par la nuit tombée rappelant à tout Chicago que l'heure est aux festivités familiales aujourd’hui. Elle est l'objet indésirable, cette toile de maître planquée, dissimulée parce qu'elle a ce détail qui peut faire surgir à tout instant un monstre du coin de son cadre bousillé. Elle est un encombrant parmi les ordures qui contemple la chaleur d'un foyer perdu s'étaler juste sous ses yeux. Pas une paupière ne bat, pas un de ses longs cils ne se laisse balayer par le vent afin de s'abaisser comme un éventails gracieux pour cacher les crevasses et les blessures autour des deux armes électriques qui braquent encore et toujours la même chose, la même cible sans relâche.

Spectatrice zombifiée et affamée elle se laisse désintégrer par les images qui passent au travers de la télévision que peut représenter la cinquantaine de carrés lumineux qui constituent l'unique fenêtre du bar donnant sur la rue. C'est un show sacrément merdique qui se déroule, un film de mauvais goût, à bas budget ; qui de par sa niaiserie exacerbée donne la gerbe. La dinde chaude, fumante doucement dans des volutes artistique par dessus une table de bois incroyablement vernie qui diffuse autour d'elle l'aura tamisé des bougies probablement à la cannelle ou à la vanille, une connerie du genre. C'est l'émission de l'Enfer où une ribambelle d'acteurs médiocres s'offrent des embrassades sur fond de musique lounge presque trop classe pour l'endroit. Les premiers rires sataniques s'élèvent et lui tambourinent les tympans. C'est l'horreur, c'est un écran qu'elle a envie de péter en chopant le premier truc qui passe...chose qu'elle fait d'ailleurs instinctivement : le bras d'un pauvre type qui se retourne, surpris, un poil effrayé quand elle le relâche de sa moue dégoûtée sans même un mot d'excuse, avec même un « dégage » murmuré quand le maître des lieux se présente furtivement devant ce carré magique. La poitrine se soulève subitement, captant enfin l'air des vivants en voyant ce pull de laine fleurissant la carrure incroyable de ce dos face à cette façade de cristal au travers de laquelle elle se fait plus voyeuse que voyante. Le regard change. Le menton relevé, la face impassible mais les billes rondes embrumées Jade observe avec plus d'attention encore Elijah se mouvoir dans son antre. Son océan calme disparaît. Il abandonne son robotisme pour gagner une lueur ardente, un éclat soudain ; il en vient à une agitation démesurée qui lui fait acquérir un peu plus de perles d'eau salées dans son infinie étendue. Le saphir se liquéfie, disparaît pour n'être qu'un halo rougeoyant et humide qui marque la plongée de la jeune femme dans ses ténèbres personnels, dans ce doute profond, dans ces questions qui l'ont détruites dès qu'elle s'est ramené dans ce bled de merde. Elle le fixe, ne s'arrête pas, continue encore et encore de focaliser son attention sur ce presque inconnu qui reçoit l'attention de sa toute nouvelle compagne, sur ce type qui fait partie de son quotidien depuis plus de deux ans et qu'elle ne connaît pourtant plus...Ce bref mirage lui fait saisir une nouvelle fois cette vérité écrasante, lourde à laquelle elle se voit confrontée plusieurs fois par semaines. Son roi volé par une usurpatrice, son paradis violé, arraché. Et elle assiste, contrôlée par son inconscient, à sa propre marche vers cette scène, vers cette tragédie qu'elle touche du bout des doigts derrière la fenêtre sans même qu'il ne ressente sa présence plus proche désormais, sans même que son instinct animal ne capte quoi que ce soit, sans qu'il ne relève le visage vers elle. Invisible, fantôme complètement ignoré, elle parvient enfin au dénouement de ce pamphlet, de ce théâtre insoutenable, de cette tragédie contre laquelle elle est littéralement écrasée, abattue. Son visage se déforme en une grimace de douleur intense quand l'autre se met à rire et lui à sourire en retour, à ses côtés. Heureux. Comme Jamais. Jamais comme elle.

Alors elle largue les amarres, elle détache la corde de l'ancre qui la ramène à chaque fois devant se bar pour lui péter la gueule, lui claquer les poumons contre la berge, contre les coteaux tranchants de la pierre d'un continent auquel elle n'appartient plus, contre une terre qui l'a abandonnée, une maison démolie, un toit envolé. Elle laisse tomber cette chaîne reliée à cette bouée pleine d'épines, flottant au dessus d'un champs entier de mines prêtes à lui exploser au visage, prêtes à lui faire comprendre que son long voyage s'est arrêté depuis qu'elle a osé reposer les yeux sur lui. Elle s'éloigne de lui. Elle part ; peut être pour toujours. C'est ce que sa tête lui dicte, c'est ce que son cœur lui implore. Et elle a soif. Terriblement soif. Tellement que ça pourrait presque mousser dans sa bouche comme un venin qui la gangrène, qui lui brûle les veines encore plus que la rage qui gronde en elle. Faut qu'elle déconnecte, il faut qu'elle se casse, qu'elle propulse son esprit à des kilomètres de son corps. Il faut qu'elle chope cette bouteille, et puis celle-ci aussi, et une autre encore en entrant dans son motel sans même refermer la porte derrière elle. Tomber à genoux devant cette nouvelle religion. Dévisser, porter aux lèvres, avaler à n'en plus respirer, avaler à s'en étouffer. Avaler à en crever, à laisser un quart tomber sur le sol, humecter la poitrine et le ventre. Laisser la trachée se cramer sous les flots bruns et puis regarder son reflet dans un miroir explosé par un poing encore bandé par l'exploit. Voir l’apaisement se dessiner sur ses propres traits entre les éclats encore accrochés au mur. Sourire. Enfin. La résurrection est lente. Les sentiments ont du mal à s'éteindre mais progressivement ils se noient. Les grains de sable de douleur et de raison se font recouvrir doucement. Cette enveloppe charnelle sort de sa tombe. Elle n'est plus. Son corps se meut doucement seul, sans esprit véritablement sage pour le guider. Il avance se sentant soulevé par une tempête vivifiante dans la rue, sans manteau, sans besoin d'une quelconque source de chaleur puisqu'il irradie déjà, il brûle de colère malsaine. Il avance comme ondulant sur lui même tel un serpent de couleurs chatoyantes dans la pupille annonçant sa dangerosité, longeant les parois dégueulasses et humides des rues, guidé par le phare de ce bar, par ses instincts les plus primaires, par ce qui l'anime au plus profond.

La carte de crédit tâtonne dans l’interstice de la porte, tapant contre le battant maladroitement avant de s'enfoncer pour de bon et décocher la résistance qui maintient la porte de l'appartement fermée. Manquant de tomber sous l'effort de cette ouverture, le pathétisme personnifié titubant se glisse à l’intérieur déclenchant alors les jappements d'un chien à la mémoire ravivée. Un grand fou rire résonne. Bruyamment. La clope entre les lèvres, peut être à deux doigts de se mettre le feu à elle même vu les quantités de whisky ingéré, Jade exulte, laisse sa voix se déchaîner, s'accrochant à tout ce qu'elle peut avant de se calmer un peu et de se mettre enfin à l'aise, ouvrant sa chemise à carreau glacée, dévoilant un négligé rouge sang, transparent sur une cage thoracique évidemment provocante afin de parfaire son foutage de merde de la soirée. Le plan n'est pas franchement rodé, pas du tout calculé. Il a été exécuté dans la précipitation de l'idée, sans maturation, sans révision. Le côté enfantin, spontané et vicieux a pris le contrôle pour l'instant et il n'en a strictement rien à foutre de ce qui pourrait se passer. Il veut juste faire mouche et se tirer pour s’enivrer encore plus dans son coin.  « Jade ?... »
La voix caverneuse sonne le levé de rideau. Le spectacle commence sur la silhouette qui fait volte-face non sans une certaine difficulté que l'on mettra sur le compte de son état plutôt que des cicatrices qui ornent son dos et le mettent à vif. « Suuuuurpriiiissee » Les bras s'écartent tout naturellement venant vers l'acteur principal de manière enjouée. Les rires ne cessent nullement, ils s'intensifient alors qu'elle poursuit dans sa cavalcade dangereuse vers une vengeance folle, sauvage, embrumée, démesurée. « Et bah ? Tu m'embrasses pas ? Pourquoi t'restes planté là ? C'est moi Jade...t'sé la meuf qu't'a laissé à New York là » Une avancée séductrice comme une pute qui racole s'entreprend sans lui laisser le temps de répliquer. Elle se colle au plus près à cette masse qui la surplombe et la juge déjà du regard non sans y glisser un main où elle croit avoir perdu ses droits. « R'garde en plus pour nos r'trouvailles j'ai mis ton truc préféré quand tu m'baisai... » Les mots se glissent, le serpent titille de sa langue divisée la tempe grisonnante en susurrant pour ensuite regarder la blonde à ses côtés. Faussement choquée. « Ooooooh. Oh non...Oh Pardon. Oh j'suis sincèrement désolée du plus profond d'mon cœur. J'avais pas vu qu'pour thanksgivhm... » Une latte pour reprendre constance et lui cracher la fumée dans la figure se fait prendre avant de poursuivre « ...qu'pour thanksgiving tu t'étais trouvée une dinde à fourrer. » Énième éclat de voix cristallin qui se fait étouffer par une mains aux ongles crochus qui se ferme en poing afin de taper de façon désinvolte dans le bras du mercenaire figé pour imposer une certaine camaraderie. « Oh aller ! Un peu d'humour là ! C'est la fête nan ? » Elle se détache un peu du couple pour refermer sa chemise et puis elle voit quelque chose qui ne lui plaît pas, un truc s'ouvrir; elle entend comme un son strident lui percer les oreilles ce qui l'amène à le stopper de suite. Et pas de la plus douce des façons. La serre de vautour chope la bouche de la petite souris blonde avant d'y enfoncer ses serfs avec toute la puissance possible  « Tut tut tut j'serais toi j'fermerais cette bouche qu'à traîné un peu trop où fallait pas ma chérie »
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You have eyes that lead me on; and a body that shows me Death. Your lips look like they were made for something else but They just suck my breath. I want your pain yo taste why you're ashamed. You're so sudden. Fuck me until we know it's unsafe. And we'll paint over the evidence. I want you wanting me. I want what I see in your eyes so give me something to be scared of.
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MessageSujet: Re: dawn breaking ▬ Jade Dim 11 Déc - 19:36




Dawn is breaking ft. Jade
   

Il se souvient des vents, il se souvient des ombres, des voix. Il se souvient de cette douleur, lancinante, tortionnaire, aussi cruelle que les images qui vont et viennent, qui frappent, heurtent, qui s'abattent violemment contre son esprit comme dans l'espoir que les remparts ne cèdent, ce avec effet immédiat. Alors, il se souvient de son rire, de sa voix, de tous ces mots qu'elle aimait lui dire, de toutes ces promesses faites, de toutes ces paroles brisées par sa seule et unique faute. Elijah perd son souffle, cette stabilité, il sent les larmes monter et ne les retient pas, épris d'une torpeur sur laquelle il n'a pas main mise ; pas cette fois. Et la tempête s'élève, terrifiante, elle engloutit, fissure chaque recoin de sa conscience pour ne plus rien laisser que cette souffrance qu'il n'a que trop connu au cours des derniers mois et qui, ici, trouve enfin l'apogée tant attendue. Il se sent vriller, noyer. Sa mémoire s'élance, grandit, elle dépose brutalement ses larges vagues sur ce qui subsiste de la stabilité du mercenaire. Plus rien n'a de sens, pas ici, pas encore. Il n'y croit pas, refuse encore d'y croire. Il veut fermer les yeux mais n'y parvient pas, l'azur clair, fracassé de ses prunelles ne se défait pas des traits qu'il retrouve, du spectacle qu'on vient offrir et qui, contrairement à tous ces rêves faits, ne font que raviver cette culpabilité qu'il tentait de faire taire ; en vain désormais. Elijah vacille, Elijah suffoquerait presque car tout lui revient au-travers de la gorge, toutes ses erreurs, tous ses choix, tous ses maux. Et le prénom de la jeune femme semble résonner dans l'appartement duquel s'estompe toute la sûreté qu'il était parvenu à instaurer, ce maigre réconfort qu'il parvenait à tirer de ces murs. Tout s'estompe aussi certainement que les lueurs macabres qu'il avait jusqu'alors choisi de suivre. Elles s'éteignent et disparaissent dans un horizon qu'il ne distingue plus, ses perles salées venant broyer sa vue aussi certainement que le sang qui afflux, toujours plus, jusqu'à sa tête pour ne rien laisser d'autre qu'un effroyable vertige qui manque presque d'avoir raison de lui. La bataille, en son for intérieur, n'a jamais autant fait rage qu'en cet instant précis, le regard du quadragénaire essayant de s'habituer à la pénombre comme pour se rassurer, comme pour tenter de se convaincre que tout n'est qu'un rêve, un cauchemar de plus parmi ceux qu'il ne cesse de faire depuis son départ, depuis cette folie inscrite sous sa peau, compagnie murmurée lorsque l'orage gronde et que les ténèbres s'installent. Comme ici, finalement, comme en ce moment tandis qu'il lutte pour ne pas faiblir, pour ne pas flancher. Tout lui paraît irréel, tout et surtout Elle. Elle présente entre ces murs, sous son toit, là où tout espoir s'éteignait un peu plus chaque soir, là où tout aurait dû se terminer quelques heures plus tard. Elijah se perd dans les méandres de sa personne, cherchant une issue, une alternative à cette possible illusion ; parce qu'il n'y croit pas, parce qu'il n'y arrive pas. Il sent ce qui bat sous sa cage thoracique manquer d'imploser à chaque battement, à chaque coup blessant, à chaque réel regard posé sur Elle finalement.

Mais il s'y risque davantage, il fronce les sourcils et essaie de comprendre, de s'y faire. Elijah lutte pour tenter de remettre ses esprits en place, si ce n'est pas la situation par la même occasion. Car ça n'a rien à voir avec ce qu'il s'était imaginé, la jeune femme qu'il toise n'a rien de l'ange abandonné, rien de la Belle qu'il s'était forcé à quitter ; pour son bien, avant tout, avant son égoïsme même. Elijah essaie, du plus profond de son cœur, avant de reculer, d'un pas pour finalement se crisper quand elle s'élance vers lui, vacillante, titubante. Car sa voix lui revient, abîmée par l'alcool, par la fatigue, par les larmes aussi – surtout – mais elle lui revient, tout comme chacune des phrases qu'ils avaient pu s'échanger quand, encore, rien ne pouvait l'en éloigner. Ici, elle vient se faire fouet, lame qu'on enfonce en plein dans sa poitrine, là où tous sentiments bataillent encore, là où le néant s'installe, progressivement. Il ne la reconnaît pas, il n'y parvient pas et pourtant, elle est là cette provocation d'antan, cette même audace que lorsque tout semblait ne pas pouvoir se briser ; erreur monumentale. Tout lui rappelle ces soirées à rire, à penser, à n'offrir d'attention que sur la respiration de l'autre, apaisée, simple. Mais ces scènes se brisent, elles viennent s'éclater à même le sol aussi certainement que les perles qui sillonnent ses joues. Tout s'effondre, tout ce qu'il avait imaginé, tout ce qu'il avait gardé en mémoire jusqu'à se battre intérieurement pour ça. Tout s'estompe car les mots ne lui vont pas, les actes non plus. C'est probablement ce pourquoi il recule à nouveau avant qu'elle ne vienne se décaler d'elle-même, de l'exclamation dans sa voix ; du moins, c'est ce qu'elle tente de faire entendre, un jeu pitoyable pour un état qui frôle le misérable. C'est un jugement qui se fait et qui nourrit davantage sa culpabilité, ce haut le cœur qui vient et menace tandis qu'il l'entend parler, encore, encore. Ce tintement de voix amène sa tête à tourner, il sent ces vertiges se faire plus intenses, plus prenants. Elijah sent ce foutu voile se déposer sur sa vue tandis qu'il bataille, qu'il lutte, qu'il entend... ces murmures derrière les murs. Et une pensée, rien qu'un songe de plus parmi tout ce dont il essaie de se convaincre. Elle est un fantôme, un mirage offert par les ombres, offert par ce qu'il a osé faire aussi, sûrement. Une hallucination qui parvient à heurter son bras, à lui faire ressentir ce contact qu'il s'était imaginé bien que d'une toute autre manière. Elijah en perd conscience, Elijah en perd raison. Le Loup grogne et surgit, encore attaché mais féroce, presque autant qu'il n'avait pu l'être lorsque perdition s’avérait mot d'ordre. Et s'il comptait sur une nouvelle exclamation de sa voix pour pouvoir accentuer sa chute, sa névrose, c'est une autre mélodie qui vient se faufiler jusqu'à ses oreilles, résonnant contre les murs qui les enferment dangereusement. Un nouveau haut le cœur, un équilibre qui flanche et se fragilise furieusement. Il perd la tête, sent son humanité se fendre tandis qu'on s'anime, juste à côté de lui, tandis qu'on bouscule. L'air se fait lourd, le sol tremblant. Les perles claires, désormais noires, du mercenaire se sont perdues sur un vide incommensurable, une vision qui n'appartient qu'à lui et qui, finalement, dévie sur des traits qu'il espérait revoir bien que d'une autre manière ; une volonté brisée qui défait l'Homme, assoiffe le Loup.

C'est son humanité qui se perd, qui se brise, qui vient s'émietter sans même qu'il ne puisse y faire quoi que ce soit. C'est ce besoin de comprendre, de savoir, de maîtriser l'incontrôlable. Elijah titube, Elijah se meurt, mentalement, lentement, les yeux rivés sur la main qui s'est levée sur la jeune femme jusqu'alors dissimulée dans son dos. Et, pourtant, il ne fait rien, encore. Il n'arrive pas à bouger, pas même à penser. Le vide. Un bruit strident venant envahir sa tête, un crissement douloureux qui sonne et sonne, encore et encore jusqu'à terminer de l'achever, entraîner par la résistance qui finit par se faire de la part de la blonde et qui vient lui démontrer que sa folie n'est pas la cause de l'image qu'il croit percevoir. Elle est là, elle est là à quelques centimètres de sa personne, au plus proche qu'elle n'est jamais pu l'être au cours des derniers mois. Elle est là, fissurée, brisée, couverte d'une noirceur qu'il ne connaît que trop mais qu'il espérait ne jamais découvrir contre ces traits. C'est un nouveau haut le cœur qui vient se perdre dans le creux de sa gorge, une nouvelle claque qui s'abat contre sa joue tandis qu'il essaie de lever le regard, tandis qu'il essaie de comprendre, de remettre les choses dans l'ordre... tandis qu'il essaie de la reconnaître. Mais rien, rien ne vient si ce n'est l'écho de ses dernières paroles. L'écho de dires qu'il pensait ne jamais entendre car ce n'est rien, à ses yeux ce n'est rien. Il se le répète, s'en convainc aisément tandis que la scène se repasse dans sa tête. Il a fait l'erreur, il a commit cet écart. Et sa folie s'en mêle, tortionnaire, elle arpente sa tête jusqu'à se mêler aux songes que son esprit essaie de faire taire, qu'il tente d'enfouir mais qui, finalement, s’intensifie, malgré lui, malgré tout. Sa main vient trouver refuge contre sa tête, tentant vainement de retirer ce qui commence à prendre le contrôle sur sa personne, ronger par l'extinction de l'Homme, les grognements du Loup. Ces deux conséquences qui s'éteignent aussi certainement que tous les autres bruits dans sa tête jusqu'alors. Parce qu'elles s'animent, parce qu'elles se décalent et chutent, parce que Jessie possède également une voix, une voix qu'il aurait préféré ne pas entendre. Il aimerait ne plus rien entendre. « Si tu viens pour refaire de lui un monstre, tu n'as pas ta place ici aussi. » S'en suit un écho, une mélodie fatiguée qui tente de retentir jusqu'à ce que sa conscience ne vienne déceler qu'un seul chuchot, un murmure qu'il a pu connaître durant des années et qui vient rebrancher les mécaniques de ce qu'il a toujours été, Jessie se trompe. Il n'a pas changé, il s'est seulement tu. Parce qu'il s'anime à son tour, parce qu'Elijah retrouve de se prestance, parce qu'il vient retrouver toute sa hauteur, agissant automatiquement. Sa main saisit son arme, la lève et attend, elle attend, sagement tandis que Haynes prend conscience de ce qui se passe. Les yeux emplis de larmes, les cernes plus creusées, cette partie métallique de son bras qui vient braquer la seule à qui il ne ferait jamais de mal bien que ce ne soit qu'instinctif. Les tremblements terminent par se faire plus nombreux, plus violents. Le mercenaire craque, intérieurement, son monde s'écroule. C'est une vision qui parvient à l'annihiler, il sent son être se défaire de son existence tandis qu'un soupire échappe à la frontière de ses lèvres, ses perles claires abîmées posées sur la seule personne au monde qu'il aurait aimé protéger de son monde, de ses ténèbres. « Ce n'est pas ce que tu crois... et je n'ai jamais voulu ça pour toi. Jamais depuis... » Il aimerait pouvoir le dire, il aimerait faire entendre qu'il est la raison de tous ces tords, qu'il est ce pourquoi ils en sont là mais les paroles se bloquent, l'air lui manque, l'équilibre aussi. « Elijah, s'il te plaît... » Il l'entend à peine, la jeune femme derrière lui, s'essayant à lever la main en quête d'accéder à la sienne, de la baisser ne serait-ce qu'un petit peu, le regard du quadragénaire toujours braqué sur ce fantôme brisé, sur la preuve que ses promesses n'ont pas été tenues. Qu'Elle soit là ou non ne changera rien : Elijah est ainsi, une arme à lui seul, détruisant – malgré lui – tout ce qu'il se surprend à aimer.

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« My mercy prevailed over my wrath. »
They took everything from us. Then they call me a monster? The moment I sign that pardon, I proclaim the world that they were right. This ends when I grant them my forgiveness.
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MessageSujet: Re: dawn breaking ▬ Jade Sam 7 Jan - 0:53

Dawn Breaking
Elijah & Jade

Oh Lord! Please don't let me be misunderstood...

Retour au même point, au point de non retour. Comme back violent à la ligne de départ, à ce même trait épais au sol qui l'avait bousculé de force en avant tel un entraîneur véreux pour agir, se présenter dans ce bar enfin et puis tout compte fait la ramener derrière lui après presque un an de course effrénée devant la dure réalité de ses maigres performances. Il y a comme une ambiance macabre de finish dans l'air. Une fin de marathon sordide dont le bar n'a été qu'une banderole emplie de larmes, dont Ils et leur bonheur n'ont été que le coup de canon sec afin de la faire détaler au travers des rues. Elle s'est mise à traverser toute la ville, à bousculer sans ménagement, sans arrêt dans ses efforts tous ces spectateurs à l'air absent s'émiettant sur le bitume en gueulant tout sauf des encouragements à son encontre. Il y a eut alors toutes ces aberrations dans le crâne, ces acouphènes insupportables qui lui martèlent encore les tympans en même temps que la chamade de son cœur. Il y a eut ces rêves d'horreur, ces flashs salvateurs d'elle même étalée par terre comme reposée, enfin. Il y a, en permanence désormais, toutes ces envies funestes qui lui traversent l'esprit ; ce glas résonnant de façon prolongée comme pour lui annoncer qu'il serait peut être temps de passer à l'acte ; temps de tirer sa révérence. Aller Jade, pourquoi est-ce qu'il faut que tu sois à ce point une dégonflée quand tu n'as rien dans l'estomac ? Pourquoi est-ce qu'il faut que quelque chose coule en plus du sang dans tes veines pour que t'ais un peu de cran dans tes artères ? C'est une déception. Elle l'a entendu dans les gradins que constituaient les murs autour d'elle ce sifflement huant concernant cette victoire perdue, cet échec si cuisant qu'il lui en a cramé toute la trachée jusqu'à ce qu'elle en dégueule dans la salle de bain de son hôtel. Elle en a fêté sa carrière résolue, tout ça tournant comme un vautour affamé dans sa propre tête, picorant de ses gorgées de rhum de whisky et de vodka les dernières parcelles de raison et d'espoir qui pouvaient encore traîner dans quelques coins sains ; ces quelques coins sauvegardés d'une folie grandissante, pas encore arrivée, elle, à cette fameuse ligne de fin.
Retour au point de départ, ironie du sort, répétition du passé.
Abandonnée. C'est toujours la même chose avec elle de toutes façons, c'est le même chemin déguisé sous la belle allure d'un nouveau sentier depuis le commencement ; c'est l'aube en masque devant la nuit éternelle qui s'esclaffe de la voir se perdre à chaque fois dans son perpétuel piège. Abandonnée par Andrew, par ses parents, par son propre frère. Lâchée tout le temps et pire encore : remplacée. Se faire dégager de son piédestal, du podium où elle pensait être enfin à sa place dans cette chienne de vie. Remplacée, évincée, une passation de pouvoirs à laquelle, encore sobre, elle refuse de participer mais à laquelle elle songe de plus en plus dans sa soûlerie. Remplacée, éjectée comme ces chiens qu'on pique parce qu'ils aboient et mordent un peu trop fort avec l'âge sur cet abruti de facteur. Remplacée par quelqu'un de plus lumineux, de plus glorieux. Une sainte tombée du ciel dont les lanières d'or chatoient bien plus que ses plumes anciennement d'aigle mais aujourd'hui de corbeau, dont le saphir chatoie bien plus encore que son pauvre azur délavé, détrempé par la marée de pleurs à répétition. Il a fallut qu'elle se renferme dans sa tanière, qu'elle grogne contre son propre reflet jusqu'à le briser et en saigner, qu'elle lampe encore et encore à la source d'un goulot de bouteille enfouissant chaque pic de lucidité sous des culs-secs incalculés, répétés. Jade s'est noyée avant d'en arriver là, avant d'être ce cargo puissant tanguant et provoquant sur le bois d'un parquet qu'elle voulait pourtant ne jamais fouler. Jade s'est noyée dans ses verres, dans sa jalousie dans ce drame qu'elle aime imaginer à être une tempête. Jade pourrait se noyer dans des situations que tout le monde gère aisément comme elle pourrait bien survivre à des raz-de-marée qui niqueraient les poumons de n'importe qui sous des flots d'emmerdes incommensurables. Moitié ivre, moitié morte, il n'y a que comme ça qu'elle trouve le courage de s'accrocher à une vengeance futile comme à une bouée de sauvetage. Il n'y a que comme ça qu'elle trouve la force de commettre une dernière connerie avant de se supprimer. La der des ders, celle qui lui fera tirer sa révérence dans un éclat de gloire, qui la fera passer à la postérité dans la tête des deux personnes qui lui font face et qu'elle méprise au plus haut point pour lui avoir ainsi coupé l'herbe sous le pied.

C'est désormais une enfant. Une enfant qui n’accepte pas. Une enfant stupide, une enfant qui hurle de manière silencieuse pour qu'on la sorte vainement de ses croyances solidement forgées par les événements, par ses yeux observateurs du quotidien de cet être aimé durant des semaines après l'avoir retrouvé. Jade est à vingt mille lieux sous les mers de la décence, de la convenance et surtout de la retenue. Jade nage à contre-courant et n'a aucune ancre afin de la retenir, afin d'ouvrir les écoutilles de ses oreilles fermées qui entendent encore la litanie de la tromperie et de la mort. Elle a ce regard que tout toxicomane est capable de déchiffrer en une fraction de secondes, celui d’une jouissance si facile à agripper qu'elle en est effrayante. Elle est là, au plus profond touchée, coulante sous ces pulsions pathétiquement humaines de destruction excentrique qu'on réprime tous d'ordinaire. C'est elle sans vraiment l'être. Le corps douloureux par la dose d’adrénaline qu'elle s'est avalé, les sarcasmes s’effritant sur ses lèvres, nausée au bord d’un mal-être dont elle ne parviendra jamais à se débarrasser mais qu'elle ignore royalement en le recouvrant de rires incontrôlés. Elle a le comportement d'une dégénérée, elle s'y conforme comme si c'était habituel. Elle leur sort le grand jeu et bien évidemment la blondasse se rebiffe. Le vent dans les voiles en conséquence, Jade s'étale au sol sans vraiment être capable de dire si le choc était suffisamment violent pour en justifier la chute. « Oh ! R 'gardez moi ça elle m'a fait trébucher c'te conne ! Wow merde bordel ma clope !... » Elle met plusieurs minutes à s'en remettre avant que ses paumes ne tapotent le sol au rythme d'une recherche bancale du précieux sésame qui fume dangereusement à quelques centimètres de sa masse chancelante même en ayant quatre appuies. Elle ferme les yeux un instant, les stries du parquet tournant comme un manège insoutenable sous ses prunelles qui se relèvent doucement vers la voix grommelante d'Elijah qui lui confirme, malgré lui, absolument tout ce qu'elle a pu ressentir jusqu'à présent en se dressant contre elle, l'extension de sa personnalité luisant dans la pénombre de la pièce. Il la braque. Il la menace. Il signe de la plume de son arme l'histoire qu'elle s'était écrite dans ses songes les plus noirs. La réalité est là. Lui, Elle, Eux contre sa personne. Il veut supprimer sa vie en appuyant sur l’interrupteur de ses émotions et elle se pare contre lui sans difficultés pour le moment, pleine d'un courage liquide qui continue de s'accoupler de manière brutale en elle avec son hémoglobine.
« Sérieusement ? T'crois qu'tu vas m'faire flipper avec ça ? T'crois qu'j'vais t'laisser m'buter comme ça ? Que j'suis pas capable d'le faire moi même ? J'ai pas b'soin d'toi pour l'faire sale traître...» La pupille s'étire comme celle d'un serpent dont la langue fourche au contact de la lumière du métal qui scintille en sa direction. La voix rauque grave par la mâchoire fermée par mépris se disperse dans le silence de la pièce. «  Et puis quoi c'est pas c'que tu crois ? C'est pas c'que tous les enfoirés d'ton genre balancent à leur femme quand ils s'font choper nan ? «Chérie c'est pas c'que tu crois elle aime les noix c'étaient pas mes couilles dans sa bouche j'te jure » hahaha ! » Subitement la rage laisse place au masque du bouffon qui se joue du Roi. Son visage se dégage, radieux avec une imitation parfaite du timbre de voix caverneux de l'homme avec qui elle a partagé son quotidien durant moins de temps que la blonde qui se la joue mère Térésa en voulant faire baisser le flingue. « Mais laisse le m'buter putain... Laisse le bordel pauv' conne ! Comme ça Jade la sorcière s'ra plus là pour déranger papa maman et leur fifille. Putain vingt piges les gars ! T'en a fais combien d'cocus comme ça Lijouuuh ? Hein ? Hein?... NON TA GUEULE ! J'T'INTERDIS D'ME PARLER POUR M'DEBITER TES MENSONGES ! » Entrecoupée de soubresauts de la cage thoracique marquant une envie de vomir manifeste, Jade s'oublie dans les méandres de sa pensée qui se déconstruit par les effluves qui remontent dans sa cervelle. Elle se met à hurler faisant taire toutes tentatives de paroles venant des deux accusés qu'elle toise dans toute la flexibilité vacillante de son corps qui se relève. Elle s'y reprend à deux fois avant de retomber en ramassant l'arme qu'elle cachait dans son dos au cas où sa course devrait se stopper brutalement ici afin de satisfaire l'impression désirée. « ...fin' bref...alors comme ça j'ai fais d'toi un monstre hein ? Espèce d'enfoiré t'as raconté quoi pour t'la faire ? Qu'c'était moi pour la gosse ? Pour l'prêtre ? Qu'c'était moi tous les autres aussi hein ? ! T'AS RACONTE QUOI ? » Elle le braque quelques secondes de son armes avant de se résoudre à se retourner dans un rire triste, se frottant le visage à en perdre le nord, à en finalement étendre ses bras pour ôter d'un coup sec la chemise qui recouvrait son déshabillé négligemment refermé sur elle. Faisant volte-face, elle leur expose son dos plein de cicatrices d'un rose vif de chair neuve qui se reconstitue. « Tiens ok ! T'as raison ! R'garde ! J'suis horrible hein ? C'est moi l'monstre il est comme moi maintenant ! Tu veux les mêmes Jessie ? » Elle reparaît devant eux, le visage abandonnant la moquerie et l'impertinence, se tiraillant maintenant dans les larmes et l'énervement, se déformant par le flou opaque qui s’immisce dans ses prunelles par ce malaise qui n'a de cesse de grandir et qui vient à nouveau souffler dans les voiles de son équilibre.« Tu vas finir pareil sale pute et tu s'ra pas capable d'encaisser l'quart! Tu vas voir j'vais t'faire pareil ! » De grands gestes théâtraux, une grandiloquence qui fait trembler les murs tant sa voix est hurlante. Ses pieds veulent activer une marche grandiose vers le comptoir de la cuisiner à quelques mètres d'eux dans l'espoir de chiper un couteau qui s'y ballade afin de parfaire sa menace au plus vite, ils s'emmêlent, ses jambes flagellent et tente de tenir debout dans une saccade rapide et minime mais qui dans la manœuvre de rattrapage fait malencontreusement partir un coup de feu.
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You have eyes that lead me on; and a body that shows me Death. Your lips look like they were made for something else but They just suck my breath. I want your pain yo taste why you're ashamed. You're so sudden. Fuck me until we know it's unsafe. And we'll paint over the evidence. I want you wanting me. I want what I see in your eyes so give me something to be scared of.
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MessageSujet: Re: dawn breaking ▬ Jade Dim 15 Jan - 22:37




Dawn is breaking ft. Jade
   

Il sent la lame s'enfoncer dans sa poitrine, elle pénètre et ronge même les chairs qui l'entoure. Elle vient mettre un terme aux battements qui tentent – tant bien que mal – de se faire entendre ; en vain. Il sent la souffrance s'immiscer en lui, dévalant le couloir menant à son for intérieur, à cette brèche dévastée, à ce monde piétiné par la folie, la rage, la haine, la tristesse ; toutes ces choses qui n'ont jamais réellement été siennes et qui, cette fois, font ravage contre l'esprit du quadragénaire. Elles hurlent, ces voix, elles viennent faire entendre un message qu'il n'arrive pas à prendre en compte. Il n'y a rien. Rien qui puisse subsister en lui d'assez fort pour parvenir à lever le voile qui s'est posé sur sa vie, sur la vision même qu'il peut avoir de cette femme qu'il s'était surpris à... idéaliser. Il ne parvient pas à remettre ses traits et pourtant, elle se tient là, avec ce même regard que lui lorsque les années parvenaient à le corrompre, à rendre sa folie plus réelle qu'elle ne l'a jamais été ; si l'on choisit de ne pas prendre ces derniers mois en compte, évidemment. Parce qu'il se souvient d'instants fragiles, de moments aussi doux que beaux, plongés dans des limbes qui lui semblaient si scintillantes, flamboyantes. Trop réelles. Il se souvient de tout sans pour autant clairement y parvenir, ça s'emmêle dans sa tête tandis qu'elles s'agitent, tandis que sa main ne parvient pas à tremper. Ça se bascule, ça lui rappelle les sourires, les rires, toutes ces paroles qui savaient faire naître cette étincelle claire au fond de lui avant que tout ne devienne obscurité, avant que tout ne vienne s'effondrer aussi certainement que les remparts de sa mémoire se sont construites, protégeant des heures qui n'ont jamais pu s'écouler. Tout n'est aussi que sang, que larmes et hurlements. Il se souvient des regards tournés vers lui, de cette terreur visible ; trop visible. Il se souvient de la douleur, de cette peur qu'il parvenait à croiser au cœur même de ses prunelles tandis qu'il tenait ce muscle fragile entre ses doigts, tandis qu'il parvenait à se remettre de sa perte de contrôle, tandis qu'il comprenait enfin ses actes jusqu'à se rendre compte de son atrocité. Elijah s'en souvient et ne parvient pas à lutter contre ces images, il n'arrive plus à assimiler le vrai du faux, il n'arrive même plus à entendre quoi que ce soit tandis que les voix s'élèvent. Ce sont ces mêmes murmures, ces mêmes dires, cet incessant rappel de sa culpabilité entremêlé des dires qu'il pensait avoir entendu, la voix de Jade venant lui faire entendre que tout irait bien. Tout ira bien. Il l'aurait voulu. Un souffle ose franchir la barrière de ses lèvres, preuve même du combat qui persiste à se mener intérieurement, preuve même que l'enfer commence à reprendre ses droits sur sa personne. Elijah hésite entre la folie et la réalité, il peine à s'y retrouver, rongé par tant de mensonges qu'il s'est lui-même imposé.

Aussi, il relève la tête, se risquant à poser ses prunelles claires, fatiguées, sur la jeune femme qui lui fait face, celle qui se trouve à porter de vue, à porter d'arme aussi ; surtout. Son cœur manque un battement, il vient raté une note de sa mélodie dramatique, de cette lente ascension vers la perte de conscience tant le choc est violente, brutal. Ça pousse contre sa poitrine et ça insiste, toujours plus intensément alors qu'il essaie de se concentrer, alors qu'il essaie de remettre chaque seconde à sa place avant de faillir à y parvenir. Haynes secoue rapidement la tête, comme convaincu qu'il pourrait chasser sa présence de sa tête, comme souvent, comme toujours dès lors qu'elle se présentait à lui, l'obscurité régnant sur ces mêmes lieux, cette solitude venant torturer chaque parcelle de sa personne pour ne plus rien laisser que cette faiblesse, que cette lâcheté tandis qu'enfin, sa main se met à trembler. Puis cette voix – inconnue bien que pourtant si familière – se hausse, elle vient rendre les choses plus dures qu'elles ne le sont déjà, elle vient s'ancrer dans sa tête ; aussi tortionnaire que la lame qu'il croit profondément enfoncée en sa poitrine. Ça a le même impact, ça vient affaiblir l'Homme, ou le peu qu'il en restait. Car, finalement, toutes les lueurs d'espoir qu'il portait à son encontre ont disparues, brisées dans les ténèbres de ses interminables nuits. Et c'est dans un dernier essai désespéré qu'il tente de se remettre, plongeant son regard pâle dans celui de la Belle qui, quant à elle, tombe à nouveau. Ça, avant de mettre la main sur ce qui l'avait mené à cet instinct plus qu'horrible, à ce besoin de se protéger inutilement... parce qu'il mérite la mort, parce qu'il mérite tous les maux qu'elle pourrait lui infliger ; il s'en souvient. « ...fin' bref...alors comme ça j'ai fais d'toi un monstre hein ? Espèce d'enfoiré t'as raconté quoi pour t'la faire ? Qu'c'était moi pour la gosse ? Pour l'prêtre ? Qu'c'était moi tous les autres aussi hein ? ! T'AS RACONTE QUOI ? » Il fronce les sourcils avant de remettre la plupart des vies volées, avant de se souvenir de chaque instant, de chaque seconde, de chaque supplication survenues jusqu'à lui. Il se souvient de tout et ça vient frapper sa conscience, le peu de luminosité qui puisse survivre dans un recoin de son être. Elijah en suffoquerait presque, sa cage thoracique allant et venant bien que de manière plus qu'irrégulière. Et l'arme qu'elle tient, comme dans bien des cauchemars qu'il avait choisi d'omettre de ses songes, vient se lever juste sous ses yeux pour quelques secondes à peine, un geste qui aurait pu l'amener à sourire par le passé mais qui, là, le fracasse davantage ; bien que pas plus que ce qu'elle fait suivre. Il contemple l'horreur, la conséquence de bien des actes entrepris, on lui offre le triste tableau des répercussions qu'auront eu ses choix. « Tiens ok ! T'as raison ! R'garde ! J'suis horrible hein ? C'est moi l'monstre il est comme moi maintenant ! Tu veux les mêmes Jessie ? »

Il ne parvient pas à se défaire des cicatrices qu'on veut lui montrer, qu'on vient dessiner sous ses yeux et qui ravivent les siennes aussi instantanément qu'elles sont apparues. Elijah déglutit, Elijah fronce les sourcils dans une ultime tentative de compréhension quant à ce qu'il apprend, quant à ce qu'il découvre avec honte, avec tristesse. Il comprend maintenant l'impact de son départ, la raison de tout ce cirque bien que tout lui soit encore flou, étranger à la mémoire qui peine à se souvenir de bien des choses, de bien des instants qui se sont déroulés ce soir-là. Il reconnaît ces larmes, tous ces traits énervés, cette perte de contrôle qu'il n'a que trop connu, qu'il n'a que trop enduré durant des années pour – jusqu'alors – le découvrir sur le visage de la seule qu'il était censé protéger, la seule qu'il aurait dû soustraire des risques qu'il représente en partant et dont l'inverse s'est abattu sur Elle, sur eux. Elijah essaie de réfléchir, Elijah essaie de se raisonner ; toujours en vain. « Tu vas finir pareil sale pute et tu s'ra pas capable d'encaisser l'quart! Tu vas voir j'vais t'faire pareil ! » Il entend hurler, ça commence à se faire pressant, ça prend aux tripes et ça ne lâche pas son cœur. Haynes s'enfonce dans des ténèbres qui n'appartiennent qu'à lui tandis que sa main tremble, un peu plus encore. Il sent l'adrénaline se dissiper pour ne laisser place qu'à cette tristesse, cette souffrance qui se glisse jusqu'à son esprit déjà déchiré, brisé par toute cette situation, par tous ces événements qui ne semblent pas avoir de fin. Il lutte contre lui-même, contre tout ce qui se joue dans sa tête tandis que, sous ses yeux, chaque geste paraît ralenti par le temps qui ne veut plus s'écouler autrement qu'ainsi. Il sent les abysses s'épaissirent, il sent son cœur battre et battre davantage jusqu'à couper sa respiration, jusqu'à le faire suffoquer tandis qu'il prend conscience des faits, des enjeux, de tout ce qu'il a raté, de tout ce qui s'est fait par sa faute, de tout ce qu'il aurait pu empêcher avec un peu plus de recule sur la situation. Et il comprend maintenant que vivre ne sera pas facile, il comprend enfin cette volonté d'aller au plus loin des ombres qui le consument et le rongent, il comprend ce besoin de s'engouffrer dans une obscurité définitive, des eaux sombres desquelles il ne reviendra pas. Elijah se souvient de l'horreur, de cette compagne silencieuse qu'avait été la solitude durant de longues années et il l'a regrette. Il aurait dû n'avancer qu'à ses côtés, il aurait dû se perdre comme il l'a toujours fait, ce qu'il fait probablement de mieux car les sentiments heurtent, ils blessent et transforment tout espoir en piège. Parce qu'il n'a pas l'habitude de ces tempêtes, il n'a pas l'habitude de ce cataclysme qui continue de s'intensifier en son for intérieur. Il cherche des issues, il cherche un moyen de faire taire toutes les voix qui hurlent dans sa tête, tous ces murmures qui n'en finissent plus depuis que sa névrose s'est faite reine de son âme. Il secoue la tête, levant l'une de ses mains jusqu'à ses traits comme dans l'espoir que la pression ne fasse disparaître toutes ces images ; en vain, comme tout, comme toujours en vérité. Il a l'espoir facile depuis qu'elle s'est permise d'ancrer cette humanité en lui. Il n'en a pas besoin, il n'en veut pas. Elijah souffre. Trop. Beaucoup trop et ne pas savoir quoi faire vient ajouter cette pression de plus sur des épaules déjà bancales.

C'est le Loup qui ravive la conscience, qui rappelle à l'Homme que tout se joue encore sous ses yeux tandis que la brune s'élance vers la cuisine, vers ce coin où tout devient arme. C'est le Loup qui ramène cette vigilance tandis que tout commence à s'animer autour de lui, tandis que tous ses sens répondent enfin à l'alerte qui se créer au fond de lui. Et l'instinct n'a jamais autant bien porté son nom parce qu'il ne se rend compte de rien, parce qu'il agit simplement comme il a pu le faire durant des années, comme il s'est surprit à le faire avec son père, comme il l'a toujours fait finalement. Ses nerfs se sont tendus, son doigt s'est risqué à une pression, rien qu'une tandis que toute la machine s'était mise en marche. Il a laissé ses pulsions décider, son cœur se taire. Il a laissé sa nature faire sans se souvenir des conventions, sans oser ne serait-ce qu'une seconde de porter ses songes vers celles-ci. Le bruit sourd rappelle à sa mémoire bien des instants, bien des moments. Il vient ancrer une dure réalité dans un for intérieur presque entièrement effondrer désormais, on vient lui rappeler qu'il n'a jamais été celui qu'il jouait jusqu'alors, le masque de bien des mois tombe à terre pour ne laisser qu'un visage abîmé par l'usure, le temps ; des traits colorés de sang qui ne lui appartient pas. Et puis plus rien si ce n'est un fracas contre le plancher de son appartement. Plus rien si ce n'est l'inévitable chute de ce qu'il détruit, de ce qu'il réduit en cendre parce qu'il n'a jamais su faire autre chose que cela, ruiner tout ce qu'il touche, détruire tout ce qui vient caresser son existence. Et, pourtant, sa main ne tremble plus, l'arme s'est faite précise et stable, place retrouvée contre ses doigts, ses prunelles se sont assombries, azur prononcé semblable aux cieux d'une nuit d'orage. Puis la scène se défait sous ses yeux, le râle de douleur qu'il perçoit ne lui est pas familier et il comprend rapidement, il comprend que son instinct n'était rien d'autre qu'un besoin de protection envers tout ce qu'il peut avoir de plus précieux, ça rassemblé en une seule et même personne. Il a tiré parce qu'on s'est risqué vers Elle, parce qu'il serait prêt à tout pour que rien, rien et jamais, ne lui arrive ; pas même ici, pas même malgré tout ça. Elijah a tiré car oui, il est un monstre quand il s'agit d'Elle. Il l'a toujours été car il ne sait agir que de la sorte, parce qu'il ne réfléchit pas dès lors qu'Elle se trouve en mauvaise posture. Aussi,  il remet ce qu'il distingue, retrouvant peu à peu ses esprits, ceux qu'un être humain pourrait avoir pour découvrir les conséquences de ses actes, la vérité prouvée en un geste, en un réflexe incontrôlé mais bien parlant ; Jessie, étendue à même le sol, l'une de ses mains tenant son bras, quelques lamentations venant franchir la barrière de ses lèvres et quand bien même la blessure pourrait être sérieuse, il ne parvient pas à maintenir ses perles claires sur elle. Non, ses yeux se lèvent sur la brunette qui se tient encore là, celle qu'il pensait ne jamais revoir, celle sur qui il s'était risqué à faire une croix avec pour seule continuation le souhait de pouvoir mettre fin à l'agonie qu'il s'était offert cette nuit-là. Il lui faut une longue minute pour parvenir à revenir, pour réussir à assimiler chaque pièce du puzzle. La folie l'a rongé, la folie a gagné. Puis les tremblements reviennent, l'Homme revient. Sa vue se brouille, son cœur palpite. Tout lui semble instable, l'équilibre lui manque et l'arme tombe, un fracas métallique venant résonner dans la pièce comme une mélodie douloureuse pour le personnage qu'il s'est inventé et qui, malgré ça, tente de survivre aux côtés d'une nature qui reprend ses droits. « Oh mon dieu... » Un souffle, des mots qui s'écrasent dans sa gorge aussi certainement que ses mains contre le bois froid aux côtés de la blonde. Il veut pouvoir faire quelque chose mais son regard s'accroche à celui de celle qui s'est risqué jusqu'à lui ce soir, jusqu'à ce spectre devenu réalité qui se tient devant lui, devant eux. Il doit se relever, Elijah doit faire abstraction de ce bien parce qu'il n'est pas sien, parce qu'il n'appartient qu'à Jade, parce qu'il doit n'appartenir qu'à Elle. Tout n'est plus que contradiction, tout n'est plus que paradoxe. « Il faut que... que... ; ça s'emmêle et ça se perd dans les limbes ouvertes de sa conscience. Elijah lutte jusqu'à s'en frapper la tête, essayant de tout remettre en place, essayant de retrouver toute sa constance, si tant est que ce puisse être possible. Tu dois rester là... Jade... Tu dois... » Il suffoque, ne sait plus quoi dire, quoi faire. Il cherche, encore et encore, ne sachant pas quoi faire de ses mains, venant finalement les imbiber du sang de la jeune femme qui le supplie de l'aider, voix tortionnaire qui s'immisce dans sa tête pour lui rappeler son rire, ces quelques paroles réconfortantes qu'elle avait su utiliser à son encontre lorsque tout son monde brûlait ; lui également. Il ferme les yeux, s'essayant à faire taire ses songes, sa mémoire qui se joue de ses sentiments. Les sentiments, évidemment. C'est ce qui bloque, ce qui blesse, ce qui tue ; davantage ici. Aussitôt, ses mains souillées se lèvent vers Jade, les yeux humides du mercenaire braqués sur ses traits horrifiés, il les reconnaît. « S'il te plaît... Ce n'est pas... » Il n'y arrive pas, Elijah ne parvient pas à se faire entendre raison, Elijah ne s'y retrouve pas, perdu dans sa propre tête. La névrose, la déchéance d'une âme qui – autrefois – s'était faite superbe. Mais l'obscurité corrompt et le temps déchire.

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« My mercy prevailed over my wrath. »
They took everything from us. Then they call me a monster? The moment I sign that pardon, I proclaim the world that they were right. This ends when I grant them my forgiveness.
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