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 one way to life. | lloyd

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MessageSujet: one way to life. | lloyd Dim 11 Déc - 23:35




one way to life ft. lloyd
   

Plus de peur que de mal, à ce qu'on dit. Elle essaie de s'en convaincre avant de rouvrir les yeux, légèrement tremblante. Le choc fut brutal, violent, plus que ce à quoi elle aurait pu s'attendre en voyant cette voiture se diriger droit sur eux, droit sur ces tonnes de ferrailles. Le bus s'est engouffré dans un mur en cherchant à dévier, à épargner le conducteur fou qui, finalement, n'aura pas eu autant de chances que ceux qui se tiennent encore dans l'épave du transport de ville. C'est ce qu'elle en déduit en jetant un bref regard derrière elle, la vitre arrière du bus brisée, éclatée en morceaux devant la voiture accidentée qui commence à fumer. Elle le perçoit, le corps inerte de celui qui s'était presque lancé vers eux comme dans l'espoir de ne pas se louper ; chose faite désormais. Lou en soupire, Lou en relève le regard pour tenter de faire taire le son strident qui hante encore sa tête quand au choc. C'est nouveau, ou presque. Parce qu'elle a déjà vu ces horreurs, elle y a déjà assisté et pas de loin. Ce sont les images de Julian qui lui reviennent, la pâleur de son teint, ces couleurs qui manquent à ces traits qu'elle s'était risquée à aimer autant qu'à détester en vérité. Un nouveau souffle échappe à la frontière de ses lèvres tandis qu'elle se redresse, qu'elle essaie de retrouver toute sa hauteur, cet équilibre fragile qui manque de la faire basculer sur les morceaux de verre et ça, plus d'une fois. Lou parvient à remettre ses esprits en place, Lou parvient à retrouver toute sa vue pour contempler les dégâts, voir le corps inanimé d'un passant situé que ce trottoir au mauvais moment. Un haut le cœur s'invite au creux de sa gorge tandis qu'elle lutte pour ne pas flancher, pas de cette manière, pas en sachant la formation qu'elle a commencé récemment et qui, en soit, devrait pouvoir lui servir ici ; ou pas. Lou titube, Lou cherche à fuir toutes ces images qui s'imposent à ses yeux puisque rappels de souvenirs qu'elle aimerait faire taire, rien que cette fois. Puis c'est la voix d'une jeune femme qui la ramène à elle, étendue à ses côtés, parvenant à récupérer toute l'attention de la blonde une fois sa main accrochée à sa cheville. La trentenaire sursaute sur le coup, reprenant sa respiration avant de, rapidement, venir s'agenouiller aux côtés de la belle, de celle qui supplie un peu d'aide... qu'elle n'est pas encore en mesure de fournir. Car la carcasse s'est affaissée contre sa chair, car déplacer quoi que ce soit pourrait lui être douloureux ; plus qu'actuellement en tout cas.

Aussi, elle hésite un moment avant de prendre la parole, avant d'essayer de trouver les mots adéquates pour pouvoir la rassurer ; faire au mieux. Lou lutte contre cette volonté de tout vouloir faire, de tout vouloir prendre en charge mais, autant que cette soirée qui la hante, la jeune femme est impuissante. « J'ai appelé les secours, ils sont en chemin. Vous n'avez rien ? » Elle met un petit temps avant de se rendre compte qu'on vient lui parler à elle et non pas à ceux qui se trouvent dans ses alentours. Lou est un peu perdue, sous le choc, cherchant un moyen de faire taire certains cris qu'elle perçoit autour d'elle. C'est compliqué, ça vient heurter sa conscience plus qu'elle n'aurait pu le croire dans un premier temps mais ça continue, ça insiste, ça s'ancre douloureusement dans sa tête comme au-travers d'une plaie ouverte et ça vient, surtout, lui donner cette envie de faire ce qui est en son pouvoir. Parce qu'elle n'a pas su gérer lorsque Julian agrippait sa main, parce qu'elle n'a pas su protéger le seul être qui est jamais compté dans sa vie du coma dans lequel aujourd'hui il gît. C'est ce qui l'amène à faire quelques pas, à rejoindre la vieille femme qui se lève doucement de son siège, le front ensanglanté, titubante, venant s'effondrer devant elle. Lou s'y risque, elle veut pouvoir essayer. Rien que ça, alors elle se remémore ce qu'on lui a apprit sur les positions de survie, sur tout ce qu'elle doit faire avant de se souvenir que les gestes sont à limiter quand la tête et le dos sont touchés. Elle soupire et vient tenter de la maintenir éveillée, usant de sa voix, de sa bonté, usant de tout ce cœur qu'elle possède pour parvenir à garder l'attention de la vieille femme ; les sirènes, au loin, venant accompagner ses mots. Ça vient rassurer le cœur accablé de la blonde qui peine à battre sous sa poitrine tant elle panique, tant elle se sent dépassée par tout ce qu'elle pourrait faire, tout ce qu'elle aimerait faire aussi, surtout. Néanmoins, elle fait au mieux, cherchant dans son sac un paquet de mouchoir qui pourrait y traîner, parvenant à mettre la main dessus pour en offrir deux à la personne qu'elle accompagne, aux côtés de qui elle reste dans l'espoir de ne pas la perdre, pas au vu des quelques plaies qu'elle porte dont celle à son front tout de même imposante. C'est d'ailleurs sur celle-ci qu'elle s'attarde, venant comprimer très délicatement l'entaille qui commence à moins saigner, bien que ce ne soit pas encore ça. Elle comprend finalement les complaintes de celle qu'elle accompagne, ces mises en garde quant aux vertiges qu'elle ressent, Lou n'en doute plus.

« Je sais que ce n'est pas simple mais vous n'avez même pas intérêt à fermer les yeux. » Souffle-t-elle, s'essayant à un sourire réconfortant, du moins elle l'espère parce qu'elle se trouve en mauvaise posture, parce qu'elle sait qu'elle ne peut rien faire de plus que d'attendre ceux qui se font désirer mais qui parviennent enfin jusqu'à leur position, difficilement au vu de l'embouteillage que ça a dû causer. Plusieurs véhicules frôlent les débris de la voiture encore fumante et laisse échapper bien du personnel médical, assez pour offrir à Lou un instant de répit, davantage quand on se hisse à leur hauteur, le jeune homme venant confier à la blonde qu'il prenait le relais ; grand bien lui fasse. Quant à elle, elle recule légèrement, sortant du bus presque renversé pour rejoindre la terre ferme, le trottoir sur lequel gisent des éclats de verre, quelques gouttes rougeâtres. Elle n'ose pas relever les yeux, sortie du côté où le corps du malheureux dans le véhicule attend. Elle sait ce qui viendra s'offrir à son esprit, elle connaît par cœur les images qui guettent le bon moment pour s'ancrer et se jouer, encore et encore, comme si tout se passait là, sous ses yeux fatigués. Sa tête commence à tourner, enfin, l'après-coup du choc. Elle ressent cette lente douleur, cette gangrène qui s'invite dans sa boîte crânienne, encore légère néanmoins. C'est ce qui la rassure mais tout de même ce qui l'amène à prendre quelques secondes pour parvenir à respirer, à souffler correctement comme dans l'espoir de calmer l'adrénaline qui s'était invitée dans ses veines. Lou commence à en ressentir les effets, et le manque soudain aussi ; tout commence à retomber, aussi certainement qu'elle alors qu'elle se laisse glisser contre le mur qu'elle a rejoint, dos contre ce dernier, désormais fesses au sol. C'est le visage enfoui entre ses mains qu'elle tente de fuir tout ce qui se joue en elle, toutes ces sirènes, tout ce bruit qui n'en finit plus de résonner jusqu'à ses tympans. Puis elle sent une main se déposer contre son épaule, cause d'un sursaut qui manque de la faire hurler parce qu'elle luttait jusqu'alors pour ne pas les entendre, pour se fermer à ce vacarme rien qu'un petit instant ; en vain. La jeune femme relève ses prunelles claires sur la personne qui s'est présentée à elle, un sourire délicat d'accorder à Lou qui ne manque pas d'y répondre avant de baisser une nouvelle fois la tête, un peu honteuse d'avoir de l'attention quand d'autres en ont bien plus besoins. « Ne vous en faites pas, ça devrait aller. Je pense que c'est juste un coup sur la tête. Ça devrait aller, c'est l'après-coup. » Laisse-t-elle entendre, voulant faire preuve de bonne foi en allant pour se relever, parvenant à retrouver toute sa hauteur, ses deux jambes encore un peu faibles. « Il y avait une jeune fille dont la jambe était coincée, un garrot lui a été fait, et une vieille femme qu'on a prit en charge, j'étais avec elle attendant, vous savez si elles vont bien ? » La question lui vient naturellement, Lou n'en a toujours eu que pour les autres, s'inquiétant du monde avant sa personne ; bien plus désormais, l'absence de Julian favorisant ce point.

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MessageSujet: Re: one way to life. | lloyd Lun 19 Déc - 14:01

one way to life

Lloyd & Lou

 
La matinée a été plutôt calme et l’après-midi a l’air d’être de la même trempe. Lloyd est intervenu sur quelques accidents mineurs avec son équipe. Un bras cassé dans un skatepark, deux malaises, un gamin avec la tête coincée dans sa rambarde d’escalier, la chute d’une vieille femme dans un escalier et une intervention consécutive à une bagarre dans un parc. L’un des deux hommes (celui qui était venu acheter sa came), avait reçu pas moins de quatre coups de couteaux mais aucune des blessures ne présentait de véritable risque. En fait, le type allait même se remettre plus vite que la grand-mère avec la hanche cassée et le gamin avec le tibias en vrac… Bref. La journée est plutôt calme, mais au lieu de s’en réjouir comme il le faudrait, Lloyd met son temps libre à profit pour ruminer. Il a bien essayé de se divertir en jouant aux cartes avec ses camarades ou en regardant une série sur son ordinateur portable, mais rien n’y a fait.
Chaque fois, il en est venu à penser à Felicity, la charmante journaliste qu’il a rencontrée récemment. Enfin charmant n’est peut-être pas un terme qu’il associerait véritablement avec la façon de travailler de la jolie blonde… Elle est plutôt du genre incisive et frappe avec une précision chirurgicale juste là où ça fait mal. Mais c’est ce contraste entre sa façon de travailler, froide et redoutable, et sa personnalité chaleureuse et prévenante qui lui plait justement. Ils ont eu leur troisième rendez-vous la veille et Lloyd commence à se poser tout un tas de questions.
Est-ce qu’il lui plait vraiment ou est-ce qu’elle a une petite idée derrière la tête ? Est-ce qu’elle trouve pratique d’avoir un pompier dans son répertoire ? Un pompier qui s’est amouraché d’elle, qui plus est… Non. Il ne peut pas croire qu’elle soit si manipulatrice et lui si naïf. N’empêche que ça reste dans un coin de sa tête.
Mais ce qui le préoccupe vraiment, ce n’est pas la crainte qu’elle se serve de lui, c’est plutôt la culpabilité qu’il éprouve en sachant qu’il lui ment… Ou en tout cas, qu’il n’a pas été honnête avec elle à 100%. Parce que malgré le temps qu’il a passé en sa compagnie, le fait qu’ils aient bien failli coucher ensemble dès leur premier rendez-vous tant l’attirance entre eux était forte : il ne lui a toujours pas parlé de Merrin. Lloyd n’a jamais trouvé le bon moment pour lui avouer qu’il est papa d’une petite fille qui aura un an dans quelques semaines à peine et, plus le temps passe, plus il a du mal à laisser sa langue se délier. Pourtant, il va bien falloir qu’il le lui dise un jour…
C’est à cela qu’il pense depuis qu’il a raccompagné la journaliste à son appartement, à cause de cela qu’il a passé une mauvaise nuit aussi. Il tourne et retourne son téléphone portable entre ses mains, cherchant ses mots, cherchant comment lui annoncer la nouvelle. Il est conscient des dégâts que cette bombe pourrait causer… Lloyd sait qu’il pourrait perdre Felicity et cette perspective le contrarie plus que de raison. Et c’est ce qui lui fait d’autant plus peur.

Et alors qu’il continue de se ronger les ongles, qu’il se demande s’il ne devrait pas aller trouver la jeune femme dès la fin de son service pour tout lui avouer : la sirène retentit. Le pompier fait disparaître son portable dans sa poche et se rend au parking au pas de course. Il grimpe dans le véhicule de secours en même temps que ses camarades et reçoit quelques informations de son supérieur.
Un accident de la circulation. Une voiture aurait percuté un bus et de nombreuses victimes sont donc à envisager. Ils n’ont pas encore un bilan très précis de la situation et doivent donc se préparer au pire. Seul point positif : étant donnée l’heure, il y a peu de chance pour que le bus soit un bus scolaire. Ca ne veut pas dire qu’aucun enfant ne se trouvait dans le bus, mais c’est tout de même un point positif pour Lloyd et les autres pompiers qui redoutent toujours les interventions lourdes mettant en scène de jeunes âmes…
Ils sont sur les lieux assez rapidement. Deux ambulances sont déjà sur place, ainsi qu’une voiture de police. Le périmètre de sécurité est en train d’être établi et Lloyd est chargé d’aider dans un premier temps les officier à éviter le sur accident. Dès qu’il quitte le camion d’un rouge criard, il va donc à leur rencontre et leur demande un point sur la situation.
« Multiples victimes. La voiture a grillé le feu et foncé dans le bus. Elle a rebondi dessus et est venu percuter une passante. Elle respirait à notre arrivée mais c’est plus le cas. Les secouristes sont avec elle » lui résume un grand black à la silhouette athlétique, qui tente de repousser les curieux, avant de faire appel à des renforts sur sa radio.  
Il prend encore quelques informations, s’assure que la rue est bouclée et qu’ils pourront travailler en paix et évacuer les blessés dans les meilleures conditions, puis va faire son rapport à son lieutenant avant de rejoindre ses collègues.

Le vieil homme – a priori responsable de l’accident – est pris en charge par son équipe qui tente de le sortir de la carcasse fumante de son automobile. Il devine qu’il ne sera pas très utile de ce côté-là. Erin et les autres ont la situation bien en mains. Il jette un œil du côté du bus et constate que Josef et le reste de ses hommes sont déjà en train de couvrir cette zone-ci. Lloyd continue de promener méthodiquement son regard sur la scène du sinistre et il finit par repérer une jeune femme blonde, assise sur le trottoir, dans l’indifférence générale. Lloyd décide de se rapprocher d’elle.

Le pompier s’approche donc et attire son attention.
« Madame ? Pompier de Chicago. Vous vous sentez bien ? » lui demande-t-il en lui adressant un petit sourire encourageant lorsqu’elle lève son regard un peu éteint sur lui.
Elle a des morceaux de verres dans les cheveux et quelques petites coupures. Tout ça a l’air superficiel mais on ne sait jamais. La jeune femme lui rend son sourire et Lloyd se détend un peu. Elle a l’air de réagir convenablement aux stimuli. A sa voix, à son sourire, et quand il l’entend prendre la parole de manière tout à fait cohérente, il se détend un peu. Bien sûr, elle a l’air sous le choc, elle est très pâle, mais ses pupilles sont normalement dilatées et elle ne présente pas de blessure grave apparente. La jeune femme va même jusqu’à se relever et, même s’il sent qu’elle n’est pas très assurée sur ses deux jambes, elle parvient sans mal à conserver son équilibre.
« Il y avait une jeune fille dont la jambe était coincée, un garrot lui a été fait, et une vieille femme qu'on a prit en charge, j'étais avec elle attendant, vous savez si elles vont bien ? »
« En tout cas, elles sont entre de bonnes mains. Mais je suis là pour m’occuper de vous » continue de lui sourire le pompier, se demandant si la jeune fille avec la jambe coincée est celle qui s’est fait percuter par la voiture et vient apparemment de perdre la vie. Sans rien laisser apparaitre, il enchaine avant qu’elle poursuive son interrogatoire. « Je m’appelle Lloyd. Et vous ? »
Elle se présente à lui et il lui tend le bras pour qu’elle le saisisse et qu’il puisse l’aider à s’éloigner si elle en ressent le besoin.
« Enchanté Lou. On va s’éloigner un peu d’ici. Vous pouvez marcher jusque là-bas ? Vous allez vous asseoir un moment et me parler un peu de ce coup sur la tête, d’accord ? » lui propose-t-il en l’accompagnant du côté des ambulances, l’éloignant sciemment des véhicules accidentés et des drames qui se jouent. Il n’a aucune idée de l’état de toutes les victimes mais il ne veut pas prendre le risque de contrarier Lou qui vient déjà de subir un traumatisme.
« Vous étiez dans le bus ? » lui demande-t-il en l’aidant à s’asseoir sur le bord du trottoir, avant de s’agenouiller à ses côtés. « Vous pouvez me dire ce qui s’est passé exactement ? »


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MessageSujet: Re: one way to life. | lloyd Jeu 22 Déc - 20:23




one way to life ft. lloyd
   

Elle a du mal à faire la part des choses, Lou hésite un moment avant d'offrir son attention à celui qui vient de se présenter à elle. Parce qu'elle songe, sûrement un peu trop, aux coïncidences, aux séquelles que laissent certaines images sur l'esprit qui, tant bien que mal, tente de survivre au milieu d'horreur. C'est le cas actuellement parce qu'elle lutte pour ne pas baisser les bras, elle lutte dans l'espoir de parvenir à se dire que la vie est ainsi, aussi sournoise soit-elle. Il lui faut le comprendre, l'admettre. Voir que tout ne peut pas être aussi simple et joviale qu'elle n'aimerait le croire du haut de ses trente ans. Lou en oublie les difficultés, la réalité des faits et s'en souvient trop brutalement depuis qu'il n'est plus là. La jeune femme n'a plus ses paroles auxquelles se raccrocher, sa vision du monde, son sens de l'orientation quant à sa propre existence. Alors elle soupire, tentant vainement de se défaire de tout ce qui hante sa tête, de tous ces fantômes qui n'en finissent plus d'assaillir ses pensées les plus profondes, les plus secrètes, source de douleur pour les soirées longues et obscures. Lou doit relever la tête, s'accrocher à cette nouvelle voix qui veut se faire amicale, qui vient en main tendue pour la sortir des eaux sombres de son for intérieur, pour la sortir d'une torpeur offerte par un choc des plus violents et, auquel une fois encore, elle s'est fait impuissante. C'est cette partie-ci de l'instant qui noie la peintre, qui vient lui faire perdre plus de stabilité que l'accident en lui-même. Elle ne peut rien faire, elle n'est pas en mesure de pouvoir faire quoi que ce soit et c'est un déclic intérieur qui se fait, une volonté des plus brutales, des plus cruelles. Parce qu'elle prend aux tripes et lacère ce qui se trouve autour, parce qu'elle vient s'ancrer douloureusement en sa poitrine comme une évidence trop longtemps cachée, aujourd'hui pleinement visible. Elle doit être en mesure d'aider, elle veut pouvoir le faire. Ne serait-ce que pour elle mais aussi pour Lui, pour prouver qu'elle sait se prendre en main tout en gardant cette volonté de prendre soin d'autrui. Lou veut s'assurer qu'ils ne craignent rien, si ses pas rejoignent un jour les siens. Un énième soupire et une nouvelle tentative qui, cette fois, aboutie. La belle ouvre les yeux pour poser son regard sur le jeune homme qui n'a pas fuit finalement, sur cet homme en uniforme qui – contre toute attente – parvient à lui retirer un poids des épaules. Ils sont là et tout le monde s'en sortira, les deux personnes dont elle a pu parler également ; ou presque, car l'espoir – au final – fait vivre.

« En tout cas, elles sont entre de bonnes mains. Mais je suis là pour m’occuper de vous. » La blonde acquiesce simplement en continuant tout de même de balayer les alentours du regard, essayant de comprendre pourquoi de telles choses se produisent, comment l'Homme en vient à de telles erreurs et ça, sans forcément y réfléchir ; du moins, c'est ce qu'elle croit entendre à côté, avant que ses prunelles ne trouvent refuge à nouveau sur le visage de son récent interlocuteur. « Je m’appelle Lloyd. Et vous ? » Malgré elle, elle n'écoute qu'à moitié, entendant seulement quelques mots par-ci, par-là. Ce n'est qu'à partir de ceux-là qu'elle parvient à refaire les phrases logiquement, un peu perdue, désorientée aussi, surtout. « Lou. » C'est tout ce qu'elle fait entendre, tout ce qu'elle vient dire tandis qu'elle mesure l'ampleur des dégâts. Certes, ce doit être banal pour des personnes comme Lloyd, toujours à ses côtés, mais pour elle, ce n'est qu'un fracas de stupidité venant fissurer plusieurs existences, définitivement comme à court terme selon les blessures, selon l'impact sur l'esprit. Pour elle, ça ravive une vieille souffrance, quelque chose qu'elle couvre et qu'elle ne souhaite pas oublier, en vérité, parce qu'elle lui rappelle qu'il a été là, fut un temps, loin de toutes ces journées silencieuses passées dans un recoin de sa petite maison. « Enchanté Lou. On va s’éloigner un peu d’ici. Vous pouvez marcher jusque là-bas ? Vous allez vous asseoir un moment et me parler un peu de ce coup sur la tête, d’accord ? » Elle hésite un instant mais termine par le suivre, essayant de détacher son regard de la jeune femme dont elle avait pu parlé, là-bas, au loin, entourée par plusieurs hommes qui s'affolent et qui, par conséquent, l'affole aussi. Mais elle sait qu'elle doit faire confiance à celui qui se tient à ses côtés, elle se le répète mainte et mainte fois ; elle est entre de bonnes mains. « Vous étiez dans le bus ? » Elle acquiesce silencieusement en s'asseyant, détournant les prunelles des scènes qui se jouent un peu plus loin. Lou prend sur elle pour, ne serait-ce que quelques secondes, se concentrer sur sa propre personne et le fait que, d'un coup, tout lui semble si peu stable jusqu'au sol contre lequel il s'agenouille près d'elle et sur lequel il ne semble pas avoir trop de mal à tenir, contrairement à elle pourtant posée sur ses fesses. « Vous pouvez me dire ce qui s’est passé exactement ? » Et, enfin, son regard vient accrocher le sien parce qu'elle en ressent le besoin, parce qu'il lui faut quelque chose à quoi se raccrocher. Lou sent la terre tournée, sûrement plus que réellement d'ailleurs.

Il lui faut quelques secondes pour parvenir à reprendre ses esprits, à se remettre d'aplomb dans l'espoir de ne pas rejoindre les locaux qu'elle esquive plus que nécessaire ces derniers temps ; chose qu'elle aimerait faire perdurer, quand bien même ce puisse être pour son bien. Parce qu'elle craint les souvenirs, parce qu'elle craint les maux. Parce qu'elle n'est pas à même de surmonter cette épreuve, pas après ce choc-là. « Je ne saurais dire vraiment. Je lisais un message sur mon téléphone quand ils ont tous commencé à klaxonner puis tout s'est renversé. » Laisse-t-elle entendre, quelques larmes venant rejoindre les couleurs ajoutées à ses joues. C'est plus fort qu'elle, comme instinctif finalement. Elle n'en pleure pas pour autant, plus vidée qu'autre chose. « Je pense pas avoir perdu connaissance. Je me souviens m'être levée et avoir essayé d'aider la jeune femme à la jambe bloquée puis la vieille dame... » Tente-t-elle de raconter, essayant de dire les choses dans le bon ordre, quelques images venant s'entremêler derrière ses prunelles. Elles frappent et s'invitent au-travers des champs de sa conscience, venant lui refaire vivre cette catastrophe, celle-ci presque autant de l'autre. Parce qu'elle les voit, ces deux situations, ces deux horribles instants passés sous ses yeux impuissants, ses mains tremblantes comme les premières feuilles mourantes d'un automne trop froid. Mais elle revient à elle, doucement, le clair de ses prunelles justement posé sur ses mains qui s'entremêlent, qui tentent de calmer ce qui les fait bouger, bien qu'encore faiblement ; heureusement pour elle. « J'ai pas vraiment compris ce qui se passait, en fait. Je suis désolée de n'être d'aucune aide. » Lance-t-elle, ce même regard qu'ont les enfants en s'excuser d'une faute à l'égard de plus grands. Lou les imite sans même sans rendre compte, tenant réellement à pouvoir aiguiller celui qui lui parle dans l'espoir qu'il puisse faire quelque chose d'autre que de rester avec elle. Parce qu'elle se le dit, les autres méritent l'attention de tous les uniformes qui courent autour d'eux, les autres ont besoin quand Lou, quant à elle, peut attendre. C'est sa manière de raisonner, sa façon de voir les choses depuis son plus jeune âge. Les autres d'abord. Toujours les autres. Alors, elle essaie de se lever, prise d'un élan de courage soudain, pensant pouvoir se faire forte, plus qu'elle ne semble l'être en tout cas. « Vous devriez rejoindre vos... » Et elle termine par se rasseoir, consciente que sa tête ait pu être touchée durant l'impact jusqu'aux abords du mur. Aussi, elle s'assied et patiente, respirant calmement comme pour ne rien empirer ; parce qu'elle sait ce qu'elle a à faire, présente et attentive lorsque – doucement – Julian baissait les bras, avant qu'on ne le laisse lui échapper. « Je me souviens m'être cognée la tête contre la vitre avant que... avant que ça arrive. » Souffle-t-elle finalement, s'en souvenant enfin, très légèrement cependant.

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MessageSujet: Re: one way to life. | lloyd Mar 27 Déc - 15:07

one way to life

Lloyd & Lou

 
Lloyd tente d'accaparer l'attention de la jeune femme sur lui, pour qu'elle ne songe pas trop à regarder par-dessus son épaule, qu'elle ne soit pas témoin de davantage de drame. Elle est suffisamment sous le choc comme cela... Le pompier veut également savoir si elle a perdu connaissance ou pas au moment de l'accident. Il pourrait le lui demander directement mais préfère choisir une voie détourner pour parvenir au même résultat. Et puis relater les événements pourra sans doute l'aider à mieux les appréhender, à réaliser pleinement ce qu'elle vient de vivre. Sans compter qu'elle pourrait se souvenir de détails qui pourrait servir à l'enquête qui va s'ouvrir.
Le trentenaire se montre donc particulièrement attentif. Pendant que Lou prend la parole, d'une voix un peu mécanique, typique de l'état de choc, il observe ses pupilles, toujours normalement dilatée. Il regarde ses coupures et se fait une fois encore la réflexion que tout ça est superficiel. D'après lui, Lou fait partie des chanceux.
Mais si elle va relativement bien physiquement, émotionnellement : c'est autre chose. Quelques larmes s'échappent de ses grands yeux à mesure qu'elle s'exprime et lui donne l'information qu'il attendait. Elle n'a pas perdu connaissance. C'est une bonne chose. Ça ne garantie rien du tout mais c'est très encourageant et ça conforte le pompier dans son idée que Lou ira bien.
Il voit ses mains trembler et hésite à apposer la sienne dessus pour l'apaiser. Finalement, il n'en fait rien. Il a peur que ce geste de solidarité l'interrompe. Lloyd pense qu'elle a besoin d'évacuer un peu plus de choses et il ne veut pas interrompre le processus engagé. Il lui laisse le temps et interviendra quand il estimera que Lou est capable de vraiment l'entendre.

Et ce moment ne tarde pas à arriver. Elle s'excuse de ne pas lui être d'une grande aide, relevant des yeux coupables vers lui. Lloyd lui adresse un sourire avenant et s'empresse de lui faire savoir qu'au contraire, son aide a été précieuse. Et c'est véritablement le cas. Elle lui a été utile et d'après ce qu'elle lui a dit tout à l'heure, elle est venue en aide aux victimes.
Cependant, il n'a pas l'occasion d'aborder ce sujet avec elle tout de suite. Et pour cause, Lou se met tout à coup en tête de se relever pour faire il ne sait quoi. La jeune femme se redresse ceci dit un peu trop rapidement et semble être prise d'un vertige.
« J'ai tout mon temps et vous aussi Lou. Je reste avec vous » lui indique le pompier en se décidant cette fois à entrer en contact avec elle. Il pose donc sa main sur son genou et l'observe chercher à réguler sa respiration et se détendre. Pour l'y aider, il force un peu sur sa propre respiration pour qu'elle puisse l'entendre et éventuellement se caler dessus.

Après quelques secondes, la jeune femme reprend la parole et lui indique qu'elle s'est cognée la tête à un moment donné pendant l'accident. Lloyd lui demande de lui indiquer l'endroit précis et elle approche son index de son crâne. Le pompier se redresse alors et lui demande l'autorisation de l'examiner d'un peu plus près. Une fois qu'elle a accepté, il lui demande une seconde et va chercher une paire de gants ainsi qu'une couverture de survie à l'arrière de l'ambulance affectée à Tito aujourd'hui. Il aperçoit ce dernier un peu plus loin, occupé avec un autre patient.
De nouveau aux côtés de Lou, il la prévient de ce qu'il va faire et palpe son crâne à la recherche d'une anomalie quelconque. Il repère une bosse et entend Lou aspirer de l'air au travers de ses dents quand il appuie un peu dessus.
« Désolé. Vous avez une belle bosse mais ça n'a pas l'air trop grave. »
Il poursuit son examen quelques instants, prêtant attention aux réactions de la jeune femme qui parfois grimace et manifeste son inconfort, mais il continue de penser qu'elle n'a rien de grave. Il s'interrompt finalement et se débarrasse de ses gants qu'il fourre négligemment dans la poche de son pantalon et en sort le kit qu'il a emprunté à son meilleur ami.
« Je pense que vous avez eu de la chance Lou. Vous allez vous en tirer avec quelques écorchure, un bel œuf et un mal de crâne qui passera plus ou moins vite » lui sourit-il en déchiquetant le paquet avec ses dents pour en sortir la couverture de survie qu'il déploie et vient déposer sur les épaule de sa patiente.

Une fois qu'il l'a convenablement installée, il revient s'agenouiller devant elle, plongeant son regard azuré dans le sien. Lloyd veut revenir sur ce qu'il l'a entendu dire tout à l'heure.
« Vous avez fait du très bon boulot tout à l'heure. Vous avez réagi au mieux étant données les circonstances. Vous n'avez rien à vous reprocher. »
Malheureusement, elle apprendra bientôt que ses efforts n'ont pas portés leurs fruits. Lloyd espère qu'elle se rappellera de ses paroles à ce moment... Mais il en doute. Lui-même a toujours du mal à ne pas remettre chacun de ses geste en question lorsqu'il ne parvient pas à sauver quelqu'un et pourtant il a davantage d'expérience et une formation derrière lui.
Ça va aller. Vous venez de vivre quelques chose de très pénible mais ça va aller » lui assure le pompier dans un nouveau sourire encourageant, pressant cette fois ses mains encore un peu tremblantes. Il ne cherche pas à la rassurer davantage. Des psy s'en chargeront bien mieux que lui par la suite...
Pendant que la jeune femme assimile ses propos, il jette un rapide coup d'œil en direction de ses collègues qui s'affairent toujours. Il croise le regard d'un de ses partenaires, qui lui fait signe de le rejoindre et il lui fait savoir d'un geste qu'il va arriver dans une seconde. Il n'a aucune intention d'abandonner Lou. Il sait déjà à qui il va la confier.
C'est à son tour de héler quelqu'un. Tito se retourne dans sa direction et le rejoint tranquillement. Pendant qu'il vient à leur rencontre, Lloyd se retourne vers la blessée.
« Je vais devoir y aller mais je vous laisse entre de bonnes mains. Un peu baladeuses parfois alors faites attention » plaisante le pompier en désignant Tito qui arrive enfin à leur hauteur, le regard interrogateur.
Lloyd se redresse et lui explique la situation, lui demandant s'il peut lui faire la faveur de gérer Lou pour lui. Son collègue et meilleur ami accepte, ce qui lui confirme qu'il n'y a plus d'espoir pour la femme qu'il avait à sa charge...
Après ça, il salue Lou, lui promet une fois encore qu'elle va aller bien, puis laisse le secouriste se présenter à elle en bonne et due forme. Rassuré, il se détourne et s'éloigne pour rejoindre Elvis et se remettre au travail.


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MessageSujet: Re: one way to life. | lloyd Lun 2 Jan - 12:56




one way to life ft. lloyd
   

Ce sont des flashs qui vont et viennent, qui viennent se fracasser contre sa mémoire de manière aussi brutale que sa tête contre elle ne sait pas vraiment quoi  à l'intérieur du bus et, finalement, y songer ravive la douleur, ça vient se faire davantage sensible tandis qu'elle lutte pour ne pas lever les yeux vers le massacre qui s'est joué un peu plus loin, dont on vient de l'écarter. Lou en ressent un haut-le-cœur, entendant les ordres qui se donnent, les quelques pleurs qu'elle distingue à quelques mètres d'eux. Finalement, elle en baisse la tête, elle essaie de faire taire toutes ces voix dans sa tête, tous ces souvenirs qui n'en finissent plus de s'inviter dans un instant qui n'est pourtant pas le leur. Lou n'a pas besoin de ce poids, la jeune femme tente au mieux de s'en défaire pour ne pas empirer les choses, pour ne pas donner l'occasion à cette gêne de se faire plus intense. Parce qu'elle sent ce malaise persister, cette souffrance se faire plus accrue, elle tape encore et encore comme pour lui rappeler que le pire est à venir désormais, maintenant que l'adrénaline se dissout, maintenant qu'elle s'estompe, son cœur apaisé par la présence de l'homme qui attend toujours avec elle, comme promis. Il ne bouge pas, vient lui faire comprendre silencieusement qu'il est là et qu'elle ne risque rien, plus rien si ce n'est ces tourments incessants et chancelants dans les recoins de sa conscience déjà beaucoup trop sollicitée, affaiblie par un événement qu'elle aurait aimé ne jamais voir se produire. Car elle a l'impression que tout se joue encore, que le bus n'est pas encore arrivé contre le mur, elle a cette même sensation de projection dans les jambes, comme si tout n'était pas encore fini, comme si tout n'était qu'à prévoir. Elle souffle alors, essayant de contenir toute cette peur, ce stresse que ça vient d'insuffler en elle comme une corruption des plus dures, des plus horribles. Elle doit prendre sur elle et détruire ce qui persiste à enrager son for intérieur, à l'abîmer de la sorte parce qu'elle est là, parce qu'elle fait partie de ceux qui n'auront aucun dégât physique, parce qu'elle estime avoir de la chance ; silencieusement encore car son altruisme s'avère plus important que son égoïsme. Ce pourquoi, malgré son contrôle sur ce vieux réflexe, elle cède à lever rapidement les yeux, voyant toutes ces personnes aller et venir, courir dans l'espoir de pouvoir parvenir à telle ou telle chose. Elle n'y comprend pas grand chose, fronçant seulement les sourcils avant que son pompier ne rapporte son attention sur lui, par prévention ou par nécessité, qui sait.

Il finit par lui demander de montrer d'où la douleur se répand, Lou venant se faire obéissante avant de lui désigner le haut de sa tête, laissant le loisir à Lloyd d'exercer ses connaissances parce qu'il se lève déjà pour rejoindre l'un des nombreux véhicules présents, arrivés depuis peu. Elle choisit de ne pas le suivre du regard, fuyant les scènes d'horreurs qui pourraient éventuellement se jouer sous ses yeux, là-bas, un peu plus loin tandis qu'elle se tient là, toujours impuissante, toujours inutile. Ça l'attriste, plus qu'elle ne le laisse paraître ; parce qu'elle a déjà vécu cette situation, parce qu'elle se souvient des maux qu'elle inflige. Et, pour son plus grand bien psychologique, les pressions qu'il vient exercer contre sa tête dans l'espoir de s'assurer qu'elle ne craint rien viennent la sortir de ses pensées, ça vient la ramener à la réalité des faits plutôt qu'à ce qui hante sa mémoire depuis trop longtemps maintenant. Ça lui sert de repère, de lien vers une réalité qu'elle peut avoir tendance à fuir souvent. Lloyd lui sert de répit mental et, malgré les grimaces, ses traits s'en apaisent. « Désolé. Vous avez une belle bosse mais ça n'a pas l'air trop grave. » Elle lui offre un maigre sourire qui se coupe sous les accoues légers que sa tête vient offrir à chaque fois qu'il risque ses doigts dessus, mais elle n'en fait rien, n'en dit rien, sait cet examen rapide entreprit pour son bien. « Je pense que vous avez eu de la chance Lou. Vous allez vous en tirer avec quelques écorchure, un bel œuf et un mal de crâne qui passera plus ou moins vite. » Une mise en garde qu'il lui laisse entendre gentiment, venant s'assurer qu'elle ne manque de rien, une couverture de survie déposée sur ses épaules comme pour accentuer le peu de confort qu'elle trouve ici, le jeune homme venant retrouver sa place à genoux devant elle. « Vous avez fait du très bon boulot tout à l'heure. Vous avez réagi au mieux étant données les circonstances. Vous n'avez rien à vous reprocher. » Elle acquiesce aussitôt mais en baisse la tête, s'imaginant déjà le pire, persuadée qu'elle n'arrivera pas à s'en rappeler et pourtant, ils viennent s'inscrire dans sa tête, contre son esprit, plus profondément qu'elle ne pourrait encore le dire. « Ça va aller. Vous venez de vivre quelques chose de très pénible mais ça va aller. » Un sourire, quelques paroles réconfortantes, Lou tente au mieux de reprendre sa prestance, de retrouver un peu de lucidité quant à la situation, quant à tout ce qui semble encore se jouer autour d'eux. Elle souffle et prend sur elle, offrant à son tour un maigre sourire, déjà plus sincère que les précédents, se répétant ses dernières paroles comme pour s'en convaincre complètement, qui sait. « Je vais devoir y aller mais je vous laisse entre de bonnes mains. Un peu baladeuses parfois alors faites attention. »

L'autre homme s'est présenté à elle, cet air si sympathique déjà connu sur les traits de Lloyd qui s'est éloigné après lui avoir très certainement expliqué la situation, ce à quoi Lou avait rougit, peu habitué – depuis l'accident de Julian – à ce qu'on s'occupe d'elle. C'est dépassé et lui paraît tellement dérangeant qu'elle en garde la tête baissée, essayant de fuir les regards jusqu'à ce qu'il n'arrive à lui faire prendre confiance en sa présence, en sa personne même jusqu'à l’hôpital où on termine de l'amener. Sa voix s'est bloquée dès les portes passées, cette entrée franchie une nouvelle fois avec cette même douleur que cette nuit-là, ça malgré les multiples visites qu'elle a fini par ne plus faire, les épaules blessées par le poids qu'elle se doit aujourd'hui encore de porter. Lou laisse seulement un soupire s'extirper d'entre ses lèvres tandis qu'elle revoit certains visages aperçus dans le bus parvenir également jusqu'aux urgences dans lesquelles elle attend, sachant des cas pourtant plus importants, plus sérieux que le sien. Ça la gêne, ça la dérange plus qu'elle ne le laisse paraître et elle prend finalement l'initiative de se lever, de faire faux bond au médecin qui se doit de venir la voir dieu seul sait quand vu les courses qui s'effectuent dans les couloirs. Elle prend quand même le risque de faire face à l'une des infirmières, lui demandant avec un peu de honte si le pompier qui s'était occupé d'elle s'était présenté dans les locaux, demande à laquelle on lui répond par un « je ne sais pas » assez froid qui parvient à la faire s'arrêter sur son envie de quitter les lieux. Lloyd lui avait dit qu'elle irait bien et c'est ce sur quoi elle essaie de persuader, récupérant ses affaires avant de filer, se risquant dans d'autres couloirs, d'autres secteurs, vers une porte qu'elle n'ose plus franchir complètement et devant laquelle finalement elle parvient. Et ces images lui reviennent, tous ces cris, toutes ces présences autour d'elle, autour d'eux finalement pour ce soir-là. Tout s'entremêle dans sa tête, que ce soit l'accident de tout à l'heure que celui d'il y a déjà quelques semaines. Ce sont des fracas bruyants, des hurlements qui n'en finissent plus et les larmes contre ses joues qui coulent et viennent se briser contre sa poitrine, contre ce trou béant creuser à force de temps, d'usure, de solitude, de légère folie. Lou s'est faite orpheline, arrachée à un repère qu'elle aimait à suivre et qui, davantage aujourd'hui, lui manque plus que de raison. Parce qu'elle ignore ce qu'elle doit faire, comment elle doit s'y prendre. Lou n'a aucune idée du but qu'elle se doit de suivre, Lou n'a pas la moindre idée de ce qu'elle pourrait entretenir, impuissante, blessée, sans moyen quant à tout ce qui arrive autour d'elle. Le monde n'a jamais été tel qu'il lui avait enseigné, Julian s'était fait rempart contre l'obscurité et l'admettre l'amène presque à tomber, à s'effondrer alors qu'elle rouvre les yeux sur ce visage qu'elle n'ose plus venir voir, autant par peur des maux que des questions qu'on se doit de lui poser, des rappels qu'on lui porte assez régulièrement sur les risques s'il ne se réveille pas bientôt. Un soupire, un haut-le-cœur et l'impression que le monde s'effondre avant qu'une main ne vienne se poser contre son épaule, la sortant de sa torpeur, la faisant sursauter aussi, surtout, un rappel de la douleur qui continue de taper dans sa tête. « Lou, il y a un jeune homme qui te cherchait en bas. » Lui laisse entendre son amie, celle qui s'est proposé de surveiller cette autre moitié de son cœur quand ses forces lui manquent. « Ça va aller ? » Lui demande-t-elle tandis que Lou acquiesce avant de la remercier d'une voix presque inaudible, retrouvant les urgences et toute l'animation qui s'y passe. « Vous êtes revenu, finalement. » Tente-t-elle, un léger sourire d'accrocher sur ses lèvres comme dans l'espoir de passer au-dessus des précipices qui se sont davantage creusés en son for intérieur.

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MessageSujet: Re: one way to life. | lloyd Dim 8 Jan - 9:57

one way to life

Lloyd & Lou

 
La jeune femme ne sort pas tout à fait de sa tête. Il la garde là, se demandant de temps à autres si elle va bien. Physiquement, ça a l’air, mais il s’inquiète pour son psychisme qu’il a vu fragilisé. C’est courant bien sûr dans les cas comme celui-ci, mais elle n’était pas seulement sous le choc. Plus il y pense et plus Lloyd se dit que son expression était étrange, comme hantée. Et pas seulement par ce dont elle venait d’être témoin. Parce qu’il y avait un genre de lassitude aussi dans le regard qu’elle posait sur le décor… Comme si ce n’était pas la première fois qu’elle avait à vivre une situation de ce genre. Ce regard, il l’a vu sur les visages de nombreux collègues, il l’a lui-même laissé transparaitre à plusieurs reprises certainement. Cet air abattu, un peu coléreux et désillusionné qui apparaît lorsque pour la troisième fois en l’espace de quelques mois, vous êtes appelé pour une dispute conjugale à la même adresse ; quand vous avez à entendre la victime  vous sortir une énième excuse totalement bidon pour justifier les marques de coups et défendre son compagnon… C’est usant et on ne peut rien faire. On se sent impuissant, on a envie de se révolter contre le destin qui paraît s’acharner mais on est conscient de ne pas en avoir le pouvoir. C’est cette impression qu’il a eue avec Lou. L’impression qu’elle en avait assez, qu’elle revivait quelque chose de pénible face à laquelle elle n’avait aucune prise. Et ça le travaille.
Une fois le périmètre de l’accident vidé de ses blessés, lui et son équipe laissent la place aux autorités et assureurs arrivés sur les lieux, pour tenter de démêler tout ça. Lloyd va noter ce qu’il a vu et entendu en tâchant d’être le plus objectif possible, afin que la responsabilité soit définie. Et dans ce cas là, ça va être compliqué… Parce que d’après les informations qu’il a glanée à gauche et à droite, le conducteur qui a percuté le bus était en train d’avoir une attaque cérébrale au moment des faits. Il n’avait pas bu, il n’était pas sous l’emprise d’un quelconque stupéfiant ou même simplement distrait. C’est un accident. Un terrible et malheureux accident, qui a fait plus d’une victime, ni plus ni moins.  
Ses affaires remballées, Lloyd demande à ses collègues s’ils sont OK pour faire une passe à l’hôpital, afin de s’assurer de l’état d’une des accidentées. Comme c’est pratiquement chaque fois le cas et parce qu’ils n’ont pas d’autres interventions pour l’instant, ils acceptent sans mal. Chaque fois qu’ils en ont l’occasion, lui et ses camarades prennent des nouvelles des personnes qu’ils ont secourues. La plupart du temps, ils se contente de demander des infos aux ambulanciers ou d’appeler les hôpitaux, mais s’ils le peuvent, ils se rendent directement sur place pour rencontrer les personnes. C’est sans doute une démarche un peu égoïste parce que c’est avant tout pour se rassurer eux-mêmes qu’ils le font. Mais c’est important pour eux de continuer de croire qu’ils sont utiles à la société, qu’ils font du bien autour d’eux. De temps à autres, ce procédé se retourne cependant contre eux bien sûr… Quand ils apprennent que finalement, la victime n’a pas survécu à ses blessures malgré leurs efforts ou quand, dans de plus rares occasions, la personne sauvée n’avait aucune envie de l’être et les maudits.

C’est pour cette raison que, lorsqu’il arrive en vu de l’hôpital, Lloyd ressent une pointe d’appréhension. Et s’il s’était trompé ? Si en fin de compte, Lou souffrait d’une commotion cérébrale et si sa situation avait empirée au cours du trajet ? Est-ce qu’il est passé à côté de quelque chose ? Et si jamais elle en venait à lui faire des reproches ou, pire, à se faire des reproches ? Ce ne serait pas la première à souffrir du syndrome du survivant après un tel événement. En fait, c’est même d’une banalité effarante.
Essayant de chasser ses pensées, Lloyd attrape le talkie qu’Elvis lui tend et promet de revenir au pas de course s’ils ont besoin de lui. Là-dessus, il s’empresse de rejoindre l’accueil et demande des nouvelles de la jeune femme, décrivant l’accident auquel elle a été mêlée pour qu’elle soit retrouvée plus rapidement. L’infirmière de l’accueil trouve son formulaire d’entrée et lui annonce qu’elle n’a pas encore été prise en charge. Ca le rassure sur le fait que son état ne s’est pas dégradé pendant le trajet jusque là.
Le pompier remercie la secrétaire médicale puis se rend dans ce que les médecins appellent la fosse pour essayer de repérer la jeune femme. Sauf qu’il ne la trouve nul part. Il va même jusqu’à demander à une femme sortant des toilettes si elle n’a pas vu une jeune femme blonde à l’intérieur… Ce n’est pas le cas. Est-elle partie en oubliant de signer la décharge ? Se balade-t-elle dans les couloirs pour tuer le temps et/ou se vider la tête ?
Un peu inquiet, Lloyd retourne à l’accueil et cherche à se renseigner. Une infirmière qui passe par là et capte leur échange s’en mêle alors, pour lui dire qu’il lui semble l’avoir croisée. Elle termine ce qu’elle a à faire et puis le prévient qu’elle lui envoie Lou si elle la trouve là où elle pense. Satisfait, Lloyd va donc s’asseoir dans un coin de la salle d’attente, saluant de la main ses collègues qui sont sortis du camion (à l’exception d’Elvis) pour aller se prendre des cafés.

Une petite dizaine de minutes plus tard, alors qu’il commence à piquer du nez sur son siège, il reconnaît Lou qui s’approche de lui. Il se relève d’un bon et vient à sa rencontre, se fendant d’un sourire avenant.
« Vous êtes revenu, finalement » le salue-t-elle dans un sourire chagrin qui ne convainc pas vraiment le grand blond.
« Oui. Je voulais prendre de vos nouvelles. Ca vous dit d’aller prendre quelque chose à boire ? » lui propose-t-il en désignant la machine à café un peu plus loin. « Je ne sais pas pour vous mais je prendrais bien une bonne tasse de chocolat chaud. Bien sûr, il est absolument immonde ici, mais un chocolat chaud, même infecte, passe très bien avec une bonne compagnie » plaisante-t-il en l’invitant à le suivre, surtout pour s’éloigner des citoyens impatients qui sont entassés dans la salle d’attente.
Elle accepte de le suivre et il fouille dans ses poches à la recherche de la carte magnétique qui lui permettra d’obtenir sa boisson et celle de Lou, puisqu’il compte la lui offrir. L’espace d’une seconde, il se dit que lui offrir à boire n’est pas une excellente idée, au cas où elle souffre d’une hémorragie interne et doive passer sur le billard en urgence, et puis il se raisonne. Elle a l’air d’aller bien et elle ne présente aucun symptôme.
« Comment vous vous sentez ? »  
 



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MessageSujet: Re: one way to life. | lloyd Jeu 19 Jan - 11:27




one way to life ft. lloyd
   

Contre toute attente, c'est un sentiment de satisfaction qu'elle ressent lorsqu'elle aperçoit son visage, ces traits qui se sont fait présents pour elle lorsque tout, une fois encore, ne devenait que carnage et tragédie. Elle s'était accrochée à sa voix, à sa présence, elle en avait fait un repère avant que l'ambulance ne l'emmène, avant que ses prunelles ne quittent l'horreur des lieux et les séquelles que ça viendra tout de même laisser chez la jeune femme, au fond d'elle comme un douloureux rappel de ce qui continue de la blesser silencieusement, un mal matérialisé en ce qu'elle avait le plus aimé jusqu'alors. Un triste sourire, un songe qui se perd dans les méandres de son esprit pour ne pas revenir, pas encore, pas de suite tandis qu'elle essaie de faire bonne figure, au moins pour celui venu prendre de ses nouvelles, une candeur qu'elle ne connaissait plus, une gentillesse qu'elle s'était surprise à oublier depuis sa rupture avec Ayleen. C'est une lueur qu'on ne perçoit plus chez les gens, quelque chose qui devient rare et qui, ici, se fait magnifique pour la jeune femme qui tente alors un vrai sourire, quelque chose de sincère et de rassurant. Lou parvient à faire abstraction des souvenirs qui s'emmêlent dans sa tête, elle parvient à mettre de côté tout ce qui lui revient, tout ce qui se fait pressant et tortionnaire, tous ces rires, cette voix qui vient et vient encore jusqu'à ne lui laisser aucune heure de répit quant à la douleur qu'elle sent s'immiscer jusqu'à son cœur si souvent, trop souvent en vérité. Elle essaie de faire taire définitivement ces ténèbres pour laisser une place à la légère clarté que représente Lloyd à ses yeux actuellement. Il se fait lueur perceptible d'un horizon pourtant si sombre, il vient en guide pour la Belle qui s'est perdue, bêtement, à cause des récents événements. Elle doit se sortir de sa torpeur, de tout ce que ça tente de laisser en elle au cœur de cette plaie ouverte qui peine à cicatriser, coupure profonde qui ne se soignera très sûrement pas vu tout ce qui vient s'ajouter sur celle-ci, tout ce qui vient aggraver les choses et bien malgré elle. Et pourtant, elle parvient à tenir, à garder toute sa hauteur, à voir ses pas se faire les ombres qui l'attendent. Elle continue parce qu'elle n'a pas d'autre choix, rongée par cette maladie qu'ils appellent espoir et qui, davantage chaque jour, en vient à l'abattre. La jeune femme est en sursit et elle le sait, elle l'a su dès lors que mère solitude s'était improvisée compagne.

Alors oui, elle s'était surprise à le voir revenir, oui elle s'était risquée à cette affirmation bête puisque prouvée par sa présence même, la jeune femme encore un peu désorientée, bloquée dans des précipices qu'elle est la seule à pouvoir contempler. « Oui. Je voulais prendre de vos nouvelles. Ça vous dit d’aller prendre quelque chose à boire ? » Elle fronce un instant les sourcils avant de voir l'endroit qu'il lui désigne d'un rapide coup de main, avant de comprendre l’intérêt qu'il porte, cette réelle inquiétude qu'il porte à son égard. « Je ne sais pas pour vous mais je prendrais bien une bonne tasse de chocolat chaud. Bien sûr, il est absolument immonde ici, mais un chocolat chaud, même infecte, passe très bien avec une bonne compagnie. » Un sourire avant qu'elle n'acquiesce. Il a ce don de mettre en confiance et ça vient fonctionner sur la jeune femme, de toute manière perle de naïveté bien qu'aucun mal ne soit à attendre de cette situation. Elle en vient à le suivre vers les lieux où le vacarme est moins dense, là où les yeux ne sont pas posés sur eux comme dans l'attente d'une chose ou d'une autre. Non, de toute manière, elle comptait laisser sa place, partir aussi rapidement que possible malgré son petit arrêt jusqu'à cette chambre qu'elle craint et qu'elle fuit aussi souvent que possible ; bien que plus pour longtemps. Parce qu'il faudra qu'elle donne son accord, parce qu'il lui faudra choisir, prendre une décision quant à l'avenir qu'il pourrait avoir, quant à l'avenir qu'il devra avoir aussi, surtout. Lou n'a pas le droit de lui infliger plus de séquelles qu'il n'en possède sûrement déjà, Lou n'a pas le droit de jouer aux égoïstes dans l'espoir qu'il ne lui revienne aussi simplement qu'il ne l'a toujours été, pourtant arraché à ses bras depuis – lui semble-t-il – trop longtemps. Et, tandis qu'elle se perd stupidement dans les limbes de sa conscience, la voix du jeune homme la rappelle à elle, directement, elle vient se faire main tendue dans les profondeurs qu'elle a rejoint en tombant, en se laissant tomber en vérité. « Comment vous vous sentez ? » La question se pose mais reste un instant sans réponse parce qu'elle n'a pas la moindre idée de ce qu'elle doit dire, de ce qu'elle doit laisser franchir la barrière d'entre ses lèvres tandis qu'elle sent son regard se poser sur elle. Lou comprend alors l'erreur qu'elle fait, cette manière de se renfermer sur elle-même alors qu'elle s'était promise de tenir le coup, de braver les montages qui barrent cette route autrefois si claire, abordable.

« Oui, ça va ; laisse-t-elle entendre finalement en relevant la tête, lui adressant un véritable sourire, quelque chose qui se perd dans les habitudes de la belle qui dépérit, encore et encore. Physiquement en tout cas, je pense que vous comprenez où je veux en venir. » Sa voix persiste à se faire douce malgré la douleur qui s'y cache, malgré tous les maux que laissent ses émotions à leur passage, malgré ce qu'elle sent la corrompre depuis qu'elle s'est risquée jusqu'à Lui, jusqu'à sa chambre bien que ses yeux clairs ne s'y soient pas attardés. Et quand bien même la raison pour laquelle elle se soit risquée à quitter les urgences soit importante à sa personne, elle choisit de limiter la casse, elle choisit de mettre tout ce que ça implique de côté. Lou met quelques secondes à se défaire de sa propre existence, retrouvant l'altruisme dont elle a toujours fait preuve – probablement même un peu trop – balayant les urgences du regard pour y reconnaître quelques visages perçus lors de l'accident ; ceux-ci loin d'être en mauvaise posture en tout cas. « Vous avez des nouvelles de la jeune femme dont je vous ai parlé ? Votre ami n'en a pas dit un mot quand on m'a amené ici. » Demande-t-elle finalement, acceptant la boisson qu'il vient lui proposer avant qu'il ne l'invite à faire quelques pas, ce qu'elle ne refuse pas, ce besoin constant de faire quelque chose, de pouvoir bouger dans l'espoir que ses pensées ne se perdent dans un fracas silencieux et, avouons-le, reposant. « Je ne me souviens plus si elle m'a dit son nom... » Et elle aborde cette tête songeuse, celle qui laisse comprendre qu'elle cherche parmi le peu de souvenirs qu'elle garde cet instant, de ces instants en fait. Parce qu'ils sont douloureux, parce qu'ils sont horribles, parce qu'ils laissent des traces bien que les images s'effacent et les larmes qui se montrent presque au bord de ses yeux en témoignent aisément. Elle ne les contrôle pas, ne s'en rend même pas compte tandis qu'elle relève son visage vers celui du pompier, attendant une réponse, une petite aide qu'elle n'espère finalement plus aux traits qu'il porte, à cette mine triste qu'il laisse s'installer sous le regard de la jeune femme qui, comme souvent, s'imagine le pire : loin de se tromper pour une fois. Et, enfin, elle les sent, ces perles salées se perdre sur ses joues pour aller s'abattre sur le haut de son t-shirt. Elle doit prendre sur elle, Lou doit accepter que rien n'est prévisible, que rien ne dépend d'elle puisque impuissante, puisque inutile au vu de son maigre savoir en la matière. « Je n'ai rien dû arranger en pensant bien faire... » Souffle-t-elle alors, l'azur de ses prunelles fixé sur le sol morose des urgences. Elle n'ose plus regarder ailleurs, elle n'a pas encore la force nécessaire pour pouvoir faire face à tout ça. « Je suis désolée. »

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MessageSujet: Re: one way to life. | lloyd Sam 21 Jan - 9:04

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Lloyd & Lou

 
Elle hésite une poignée de secondes avant de lui répondre. Lloyd se doute déjà de la réponse. Il l’imagine aisément se remémorer les évènements qui les ont tous deux conduits à se tenir devant la machine à café de la salle d’attente de l’hôpital. Elle ne va pas bien. Elle vient de vivre une expérience traumatisante. Mais elle va comparer son état à celui des victimes de l’accident et en arriver à la conclusion que, comparativement, elle va plutôt bien. Du moins physiquement. Et c’est d’ailleurs précisément ce qu’elle finit par ajouter : qu’elle va bien physiquement mais qu’émotionnellement, c’est autre chose. Ca va sans doute être le cas pour quelques jours encore. Quelques semaines selon sa manière de gérer les choses. Voire plus… Mais quelque chose dit à Lloyd qu’elle devrait s’en tirer plutôt bien. Elle dégage quelque chose de spécial et son regard démontre d’une grande force intérieure. Avec les années et l’expérience, Lloyd est capable de déceler ce genre de choses chez les gens, tout comme son ami secouriste est capable de deviner très vite si un patient qu’il transporte se remettra ou pas. Ca passe par le regard et c’est inexplicable. Il faut avoir longtemps côtoyé La Mort pour comprendre.
Il lui adresse un sourire encourageant et lui tend la première tasse de chocolat chaud, patientant encore quelques instants pour la sienne. Il pourrait lui faire part de ses conclusion, lui dire qu’il est certain qu’elle va s’en remettre, qu’elle sera capable d’aller mieux et de tourner la page, mais Lloyd n’en fait rien. Lou le découvrira par elle-même et ce sera mieux comme ça. De toute façon, il le lui a déjà fait savoir lorsqu’ils étaient encore sur le trottoir et qu’il l’examinait.
« Vous voulez marcher un peu ? » lui propose-t-il alors que sa boisson fumante vient d’être crachée par la machine, qui pour une fois n’a pas été capricieuse.
La jeune femme accepte et ils s’éloignent donc encore un peu, d’un pas tranquille, côte à côte.

« Vous avez des nouvelles de la jeune femme dont je vous ai parlé ? Votre ami n'en a pas dit un mot quand on m'a amené ici » le relance très vite la blonde, son regard se portant sur la salle d’attente, bondée comme d’habitude.
Lloyd se crispe un peu. Il espérait avoir le temps de parler d’autre chose avant que ce sujet là vienne sur le tapis et regrette de ne pas avoir lui-même abordé un sujet plus léger d’emblée… Mais c’est peut-être mieux comme ça aussi. Autant écarter tout ça une bonne fois pour toute. Comme lorsque l’on enlève un pansement. Vite fait, bien fait, avant de déposer quelque chose pour apaiser la souffrance…
« Je ne me souviens plus si elle m'a dit son nom... »
Ca le chagrine de la voir se torturer ainsi. Ca lui rappelle quelques souvenirs aussi… Les siens. C’est une des raisons pour laquelle il demande aux victimes conscientes de lui donner leur prénom et se présente à elles dès qu’il les approche. Pouvoir mettre un nom sur un visage est important, surtout dans les cas où la personne ne survit pas. Sans ça, le deuil ne pourra jamais se faire. Et faire le deuil d’un parfait inconnu n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire de prime abord.  
« Je n'ai rien dû arranger en pensant bien faire » reprend Lou avant de s’excuser, des larmes commençant à s’écouler sur ses joues. Mais la voir pleurer ne remet absolument pas en doute le jugement que Lloyd a porté sur elle. Pleurer ne la rend pas moins forte à ses yeux.
Il s’immobilise dans le couloir et pose une main sur son épaule qu’il caresse doucement, dans un geste qu’il veut réconfortant. Certains pourraient l’accuser de ne pas faire preuve de professionnalisme, lui reprocher de prendre des risques avec tous ces procès qui tombent si facilement sur les épaules des secouristes un peu trop tactile, mais il s’en moque. Le pompier préfère faire preuve d’humanité et il sent que Lou a besoin de réconfort.    
« Ne vous excusez pas. Vous avez agit au mieux et ce n’est jamais répréhensible » tente-t-il de l’apaiser. En vérité bien sûr, il ignore quels gestes elle a pratiqué sur la victime et si, oui ou non, ils ont aidés. Mais elle a essayé et c’est ce qui compte. « Vous lui avez tenu compagnie et vous avez tenté de l’empêcher de se vider de son sang. C’était très courageux Lou. Vraiment » insiste Lloyd en croisant enfin son regard, alors qu’elle ose relever un peu le menton. « Malheureusement, ça ne suffit pas toujours. C’est triste, c’est injuste, c’est frustrant. Je sais de quoi je parle. Mais ce n’est pas de votre faute. Vous n’avez pas provoqué cet accident, vous l’avez subi au même titre que cette femme mais vous avez pris la décision d’agir et ce n’est pas anodin. De nos jours, beaucoup préfèrent dégainer leur téléphone portable et éviter de se salir les mains… »
Inutile de préciser que ça le met chaque fois en rage.
« C’est moi qui suis désolé que vous ayez eu à vivre ça » ajoute-t-il en ôtant sa main de l’épaule de Lou après avoir effectué une dernière pression dessus. « Et je suis désolé de ne pas connaître son nom. Mais je peux me renseigner si vous voulez. »    
 



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MessageSujet: Re: one way to life. | lloyd Mar 24 Jan - 0:12




one way to life ft. lloyd
   

Il ose un contact que beaucoup pourrait contester, il ose un contact que bien des âmes auraient refusé. Pourtant, elle, elle ne s'en plaint pas, elle ne s'en défait pas. Lou laisse les choses se faire parce que à bout de force, parce que seule et rongée par cette mère solitude qui guette et détruit, qui hante et bousille désormais toute sa vie. Elle essaie de faire face à cette dernière mais baisse rapidement les bras, trop rapidement, dès lors que les choses se compliquent, dès lors que les situations prennent un tournant qu'elle ne suit pas. Lou est encore faible, fragile. Lou est encore dans une obscurité des plus denses. Tout lui tombe dessus sans qu'elle ne puisse s'y préparer, sans qu'elle ne puisse se remettre pleinement des maux, des cicatrices qui saignent encore, séquelles d'un passé tumultueux, de chemins sinueux bravés malgré l'usure, malgré la douleur. Elle soupire de soulagement, presque, se concentrant sur cette caresse qui apaise légèrement son esprit ; presque autant que les mots qu'il vient énoncer à son égard dans un espoir de réconfort efficace. « Ne vous excusez pas. Vous avez agit au mieux et ce n’est jamais répréhensible. » Elle sourit à ces mots, leur accorde de l'importance bien qu'elle se serait – au départ – surprise à ne pas y croire. Mais la main qu'il laisse contre son épaule, ce lien qu'il établie avec sa personne en évoquant cette vérité dure mais nécessaire vient l'aider à s'en convaincre, à s'en persuader en vérité. Elle essaie d'y penser, de se souvenir de toutes les images qu'elle garde de cet instant, de cette jeune femme. Oui, elle n'aurait pas pu faire plus, personne ne l'aurait pu vu l'impact que l'accident avait causé sur sa personne ; et si elle s'en était sortie, elle en aurait été traumatisée, si ce n'est pas pire physiquement. C'est de cette manière qu'elle se rassure intérieurement, légèrement, quand la voix de Lloyd ne vient pas apaiser l'atmosphère, quand il ne vient pas rendre les choses plus supportables qu'elles ne le sont réellement. « Vous lui avez tenu compagnie et vous avez tenté de l’empêcher de se vider de son sang. C’était très courageux Lou. Vraiment. » Elle acquiesce quand son regard croise le sien, elle tente même un sourire bien qu'encore triste. C'est sa manière à elle de tenter de se remettre, sa manière bête de tenter un rétablissement momentané : sourire. Penser qu'elle en est capable et s'y risquer. Ce, davantage quand il vient lui faire entendre qu'il comprend, bien-sûr qu'il comprend que ce n'est pas simple, que ça ne le sera jamais parce qu'il doit en vivre des plus dures, parce qu'il doit les entendre, ces soupirs jusque dans son sommeil ; du moins, c'est la manière dont elle voit les choses. Alors oui, elle termine par le croire quand il vient lui dire que ce n'est pas sa faute, qu'elle a bien agi. « C’est moi qui suis désolé que vous ayez eu à vivre ça. Et je suis désolé de ne pas connaître son nom. Mais je peux me renseigner si vous voulez. »

Et, tandis qu'elle songeait à baisser les bras, Lloyd lui donne une raison de ne pas le faire. Elle vient perdre ses perles claires humides sur ses traits, sur cette sincérité qu'elle parvient à y lire tandis que sa main se ôte de ses épaules, de tout ce poids qui lui paraissait moins dense une fois caché derrière cette maigre consolation. « Je veux bien, si ça ne vous dérange pas. » Laisse-t-elle entendre, bien décidée à aller s'excuser auprès d'elle, indirectement parlant, quand l'occasion se présenterait par la suite. Ce sera sa manière à elle de défaire cette culpabilité qu'elle porte et qui mettra, sûrement, un certain temps à disparaître complètement. Il lui faudra du temps, oui, pour admettre qu'elle n'y pouvait rien, qu'elle n'y pourra jamais rien lorsqu'il s'agit de la vie des autres ; une rude leçon qu'elle peine à apprendre depuis l'accident de Julian et dont bien des chapitres se sont perdus dans cette catastrophe-ci. Et, tandis qu'elle songe à cela, un bruit sourd retenti derrière elle, un simple homme un peu éméché, heurtant l'un des lits métalliques encore postés dans les couloirs des urgences, rapidement prit en charge par les infirmières mais qui aura suffit à relancer le rythme cardiaque de la jeune femme. Elle ne supporte pas cet endroit, elle ne l'a jamais supporté ; en tant que patiente en tout cas, fait qui lui vaudra la réflexion plus tard, bien qu'elle n'en soit pas encore à cette idée même. « Je suis désolée de demander ça mais... vous ne pouvez rien faire pour qu'on me laisse partir ? Je n'ai rien, ça va aller. J'ai juste besoin de marcher, de rentrer, je ne sais pas, mais surtout de ne pas être ici. » Tente-t-elle de lui faire entendre, ses traits tristes et fatigués témoignant pour elle de l'angoisse qu'elle ressent entre ces murs ; des restes tenaces de lorsqu'elle attendait des nouvelles de Julian, ce fameux soir. « On pourrait marcher ? » Surenchérit-elle, tentant vainement de lui faire entendre qu'on ne la retiendra pas, de toute manière. Parce qu'elle est décidée à partir, têtue lorsqu'elle ne se sent pas en confiance. « Pardon, vous êtes peut-être encore en service ? » Elle s'en souvient, maintenant. Elle prend en compte l'homme à qui elle s'adresse et non pas seulement ce qu'elle souhaite, pas seulement ce qu'elle estime nécessaire pour sa petite personne. Lou en revient à la réalité des choses, elle vient faire profil bas, baissant la tête un peu honteuse comme une enfant qu'on s'apprêterait à gronder. Parce qu'il l'a fait venir ici, parce qu'il s'est assuré de son bien-être et qu'elle souhaite bâcler sa prise en charge. Parce qu'elle est ridicule, en vérité ; bien que ses raisons soient compréhensibles malgré qu'elle ne vienne rien dire, rien laisser entendre. Malgré qu'elle n'ait pas la force de faire entendre la totalité de son histoire, ce qui lui vaudrait peut-être moins d'interrogation dans les regards qui se posent sur elle et l'angoisse visible de son visage. « Je suis désolée, j'ai cru comprendre que vous accordez de l'importance aux soins qui sont à faire mais, vraiment, ne m'en voulez pas. Je, je peux même vous laisser mon numéro de téléphone et mon adresse si ça peut vous rassurer. » Non, vraiment, comme souvent lorsqu'il s'agit d'elle, Lou part trop loin et panique pour un rien. « On peut même établir un code, si je vous envoie 'cookie' par sms c'est que j'aurai besoin de vous, non ? » Une tentative tellement innocente et ridicule qu'elle en affiche un sourire bête qu'elle ne contient pas, comprenant enfin le pathétisme qu'elle vient instaurer dans une relation au départ sérieuse. Mais toute l'existence de Lou se résume finalement à cela, à cette candeur qui parvient à trouver de la place dans les plus situations les plus difficiles pour n'en rendre les choses que plus légères. Un don qu'elle ne contrôle pas et, ça, pour le plus grand bien de ceux qui la connaisse assez pour y trouver un certain réconfort.

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MessageSujet: Re: one way to life. | lloyd Ven 27 Jan - 20:15

one way to life

Lloyd & Lou

 
Lou semble soulagée par sa proposition d'en apprendre davantage sur la personne que, ni elle, ni les secours arrivés par la suite sur les lieux de l'accident n'ont été en mesure de sauver. Le pompier sait que savoir sera à double tranchant. Mettre un nom sur un visage pourra certainement aider la jeune femme à faire son deuil, mais il ne faudrait pas qu'elle en fasse une obsession. Peut-être devrait-il la mettre en garde à ce sujet, plutôt que de compter sur son bon sens. Lui est un professionnel et il ne lui viendrait pas à l'idée de s'immiscer par la suite dans la vie de la défunte et de se rapprocher de ses proches. Mais il ne sait pas comment réagira Lou... Il décidé cependant de garder ses mises en garde pour plus tard, quand il aura effectivement un prénom à donner à la blonde. S'il en a l'occasion, il demandera également quelques conseils à ses collègues pour savoir comment gérer au mieux la chose.
« Ça ne me dérange pas » confirme le pompier dans un sourire poli, avant que Lou enchaîne sur un tout autre sujet. Les sourcils de son interlocuteur se froncent alors et son expression se fait plus sérieuse.
Lloyd est le premier à lui avoir dit qu'elle ne souffrait vraisemblable d'aucun trouble sérieux, mais de là à se fier à son seul jugement... Non. Il ne pense pas que la laisser filer comme ça soit une bonne idée. Même s'il reste confiant, il se fait la réflexion que si elle s'en va maintenant, elle ne pourra peut-être pas s'entretenir avec un professionnel qui pourrait déceler un grave traumatisme émotionnel et la diriger vers un psy spécialisé. Et puis il y a autre chose... Une étape qui n'est pas à négligée quand on a, comme Lou tenté d'intervenir sans matériel approprié sur le lieu d'un accident... Les examens sanguins. Parce qu'elle est entrée en contact avec le sang d'une autre en étant elle-même blessée. Il y a un risque de contamination.
« On pourrait marcher ? » tente-t-elle de l'amadouer, réalisant peut-être à son expression que l'idée de mettre les voiles ne lui paraît pas très judicieuse...
Elle semble ensuite se souvenir qu'il est encore en service et se lance dans un monologue qu'il choisit de ne pas interrompre. Il sait déjà qu'il va refuser son offre et tenter de la convaincre de s'attarder dans le service des urgences. Alors autant la laisser abattre toute ses cartes et dévoiler son jeu avant de prendre la parole, plutôt que de se lancer dans un débat sans fin. La touche d'humour sur laquelle elle conclut est une bonne idée et lui arrache un sourire, mais ce n'est pas suffisant.

« Si vous m'envoyer un SMS parlant de cookie et qu'il n'y a pas le moindre cookie à la clé, je risque d'être de très mauvaise humeur et de ne pas être très enclin à vouloir vous aider » plaisante Lloyd à son tour, d'un ton entendu. Et puis il retrouve son sérieux. « Écoutez, Lou... Je ne suis pas contre vous laisser un moyen de me contacter - même si ce n'est pas quelque chose que je fais souvent, vous pouvez me croire - mais je ne crois pas que ce soit une bonne solution. Je sais ce que vous ressentez... Personne n'aime être dans un hôpital, c'est un fait, et quand on a vu ce que vous avez vu... Je sais que vous ne voulez faire perdre du temps à personne, que vous pensez qu'il y a des cas pire que le votre et que vous serez peut-être examinée au détriment de quelqu'un qui en aurait plus besoin. Mais c'est faux » insiste le pompier, son regard azuré plongé dans celui de son interlocutrice récalcitrante.
Il voit bien que le discours qu'il lui tient ne lui plaît pas beaucoup. Elle n'est pas sur la défensive, voire carrément hostile mais elle avait espéré son feu vert et est déçue de ne pas le recevoir.
« Laissez les médecins faire leur travail. Et si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour moi. Je suis heureux de vous avoir rencontré malgré les circonstances et je détesterai recevoir un "cyber cookie" si vous voyez ce que je veux dire » lui sourit Lloyd en faisant référence au code qu'elle souhaitait établir avec lui par message en cas de problème.

« En revanche, tant que mes collègues ne me contactent pas » précise le pompier d'un ton plus léger, en désignant son talkiewalkie, accroché à sa ceinture « je peux marcher avec vous. Ça vous permettra au moins de faire passer un peu de temps. »
Il pourrait lui dire qu'au fond, elle est adulte et responsable et que, si elle le souhaite vraiment, elle n'a qu'à filer à l'anglaise. Les infirmières appelleront son nom une fois, deux fois, et puis elles mettront son dossier de côté sans se formaliser. Elle doit le savoir... Non ? Peut-être qu'au fond, elle voulait juste l'entendre lui dire de rester ? Ou peut-être qu'elle n'y connaît vraiment rien et a un trop grand respect des règles et de l'autorité pour oser partir sans un aval quelconque ? Il ne la connaît pas assez pour se faire une opinion sur la question.
Comme il le lui a proposé, portant de temps à autre son chocolat à ses lèvres, Lloyd se met donc en tête de lui tenir au mieux compagnie en attendant qu'un d'eux soit appelé. Lui par ses camarades ou elle par une infirmière dans le hall d'accueil juste derrière eux.
« Alors dites-moi Lou : qu'est-ce que vous faites dans la vie ? Juste pour savoir, avant de totalement laisser ce sujet de côté : vous avez reçu une formation de premier secours ? Parce que comme je vous le disais, la plupart des gens n'interviennent pas, préfèrent ne pas se mouiller ou n'osent pas, j'en sais rien. En tout cas, ça m'intrigue. »


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MessageSujet: Re: one way to life. | lloyd Jeu 2 Fév - 22:16




one way to life ft. lloyd
   

Le sourire qu'il lui adresse permet à la jeune femme de se détendre, du mieux qu'elle le peut en tout cas. Parce qu'elle comprend, au regard qu'il garde sur son misérable petit corps, qu'il ne sera pas aisé de le corrompre à quitter les couloirs froids des urgences. Elle le comprend rapidement parce qu'elle n'a plus que cette idée en tête et percevoir son échec est quelque chose qui ne traîne pas ; pas quand la détermination s'en mêle. Alors, oui, de son côté aussi, ce sourire qu'il lui donne avec plaisir n'est pas suffisant à retirer ce soupçon de stresse, de tristesse de ses traits. Lou lutte tout de même, au mieux. Après tout, il ne fait que son travail et s'assure qu'elle ne risque rien ; ni maintenant, ni plus tard d'ailleurs. C'est ce qu'elle essaie de faire prôner dans sa tête malgré cette volonté de retrouver les profondeurs obscures de sa petite maison, ce domaine rassurant bien qu'encore funèbre. C'est son antre, là où elle se sent le mieux, là où la présence qu'elle a perdue semble résister à l'absence de l'être en question. Lou secoue la tête, légèrement, faisant fuir toutes ces pensées de son esprit, en revenant à Lloyd. Lloyd et son potentiel refus quand à ce qu'elle vient de proposer. « Si vous m'envoyer un SMS parlant de cookie et qu'il n'y a pas le moindre cookie à la clé, je risque d'être de très mauvaise humeur et de ne pas être très enclin à vouloir vous aider. » La touche d'humour avant que les mots ne lui viennent, avant que la réponse ne s'impose d'elle-même, comme ce qu'elle craignait. Pourtant, elle n'en détourne pas le regard, Lou n'expose pas méchamment sa déception, le pourrait-elle, de toute manière ? Ce qu'il vient lui faire entendre, c'est l'importance qu'elle peut également avoir malgré les dégâts minimes subis. Il vient lui faire entendre qu'elle n'est pas moins en danger que le reste de ceux qui ont dû subir le même accident qu'elle, un peu plus tôt. Alors, au lieu de reprendre la parole, la jeune femme se tait, baissant la tête simplement, essayant de se faire une raison quant à sa présence en ces lieux. Il va lui falloir vaincre ses craintes, les peurs qu'elle porte, tout ce qui hante sa tête avec hargne et cruauté. « Laissez les médecins faire leur travail. Et si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour moi. Je suis heureux de vous avoir rencontré malgré les circonstances et je détesterai recevoir un "cyber cookie" si vous voyez ce que je veux dire. » Un sourire s'accroche à ses lèvres sans pour autant se faire insistant, c'est plus fort qu'elle finalement, ce sont des mots qui la touche, le genre de dires qu'elle n'a pas entendu depuis l'absence de Julian. « En revanche, tant que mes collègues ne me contactent pas, je peux marcher avec vous. Ça vous permettra au moins de faire passer un peu de temps. » Ce qu'il engage, laissant Lou se faire une raison quant aux règles qu'elle se doit de respecter, quant à ce qu'il a essayé de lui faire entendre. Elle n'a pas à songer aux autres, pas cette fois, elle qui le fait trop souvent ; même encore plutôt, ce qui intrigue le jeune homme au vu de ce qu'il vient lui confier.

« C'est un peu plus compliqué que ça, en fait. » Confit-elle doucement, n'osant plus croiser son regard cette fois, contemplant les décors qu'ils arpentent lentement. La jeune femme ne s'était jamais concentrée sur ces détails-ci, sur tout ce qu'elle perçoit dans sa fuite aux regards. « J'ai... failli perdre quelqu'un parce que... parce que je n'ai pas su quoi faire. » Continue-t-elle tout de même, histoire de lui faire entendre que les émotions peuvent porter plus loin qu'on ne le croit. Ça lui a permit de se dépasser, de voir au-delà de ce qu'elle comptait comme acquis. Ça lui a fait comprendre qu'elle ne pouvait pas s'arrêter à ce qu'elle savait déjà, à ce qu'elle pourrait faire de strictement nécessaire car tout, tout peut arriver. Elle ne l'a que trop bien compris et ça reste ancré en elle comme un virus dont elle ne se sépara sûrement jamais. Lou est touchée, blessée par ce qu'elle n'a pas pu faire, ce qu'elle aurait pu faire si le minimum de l'époque n'avait pas simplement suffit à sa misérable petite vie. « Disons que ça suffit à faire réfléchir, finalement. » Termine-t-elle par dire, offrant enfin un demi-sourire à celui qui l'accompagne et qui l'écoute, elle-même ne sait plus vraiment pourquoi. Après tout, ce qu'elle laisse supposer n'a rien d'aussi enthousiasme qu'elle. La blonde cache quelque chose de sombre, quelque chose qui lui porte au cœur et pèse – encore aujourd'hui – sur ses épaules. Ça reste ancré en elle avec beaucoup plus d'impact qu'elle n'osera jamais l'avouer, ce soupçon de torture teinté au cœur de ses prunelles ne s'estompera probablement pas. Et pourtant, elle maintient son sourire, la jeune femme parvient à lutter contre les démons de ses songes pour fuir ce qui l'attend encore quelques étages au-dessus. « Mais je suis peintre, du moins j'essaie d'en vivre. » Il lui faut passer à autre chose, en revenir à quelque-chose d'un peu plus joyeux, elle en vient à ce qui permet à ses journées de s'écouler à un rythme plus ou moins normal, ce qui lui permet de ne pas avoir à compter les minutes qui s'écoulent, toujours plus lentement, chacune les unes après les autres. Lou vient confier sa passion, ce qu'elle chérit plus qu'autre chose désormais, ce dans quoi elle se noie aussi aisément puisque craintive du monde réel et de ses mauvaises farces. « Ça fait quelques années déjà. Disons que ce domaine est dur en affaire mais on m'a soutenu, j'arrive à en faire quelque chose maintenant. » Confit-elle à son interlocuteur, un peu plus enjouée qu'elle n'avait pu l'être jusqu'alors, une once de sincérité dans le rictus qui s'est accroché à ses lèvres. « Bon, ça n'a rien à voir avec ce que vous pouvez faire, ça ne sauve personne si ce n'est moi mais c'est déjà ça ! » Plaisante-t-elle, venant comparer l'incomparable ; comme souvent de sa part, jeune naïve qui n'envisage pas l'univers et les multiples divisions qui puissent exister en son sein désormais. Pour elle, à ses yeux en tout cas, tout a du bon, tout est prétexte à assurer une certaine prospérité chez autrui ; bien qu'elle ne soit pas idiote, Lou n'irait pas jusqu'à dire que ses peintures sauveront qui que ce soit. « Et vous ? Vous êtes arrivé là comment ? » Une question qu'elle pose innocemment mais avec autant d’intérêt qu'elle puisse en mettre. Car, ça l'intéresse de savoir comment parvenir à donner de sa personne, comment parvenir à faire entendre que sa vie ne se résume plus qu'à autrui ; ça en sachant que son bien personnel en dépend désormais. Elle qui n'était déjà pas égoïste l'est bien moins encore.

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MessageSujet: Re: one way to life. | lloyd Dim 5 Fév - 13:44

one way to life

Lloyd & Lou

 
Il laisse échapper un simple « Oh… Je vois » lorsqu’elle évoque une personne qu’elle a failli perdre. Lloyd se demande si elle entrera dans les détails ou si elle va se contenter de ça. Il ne lui en voudra pas de ne pas s’étendre sur le sujet, bien entendu. Sa journée a été suffisamment pénible sans qu’elle s’impose en prime d’assouvir sa curiosité en lui donnant plus de précisions que ça. Des précisions dont il n’aurait finalement pas besoin à ce stade de leur relation, strictement professionnelle malgré ce qu’un regard extérieur pourrait envisager en les voyant marcher côté à côte. Il a eu la réponse à sa question et devine à présent pourquoi Lou s’est montrée si active suite à l’accident.
« Mais je suis peintre, du moins j'essaie d'en vivre » ajoute ensuite Lou, mettant un terme à leur échange précision, en finesse. Lloyd n’insiste pas et se contente donc des bribes d’informations qu’il a reçues de la part de la jeune femme.
Curieusement, cette histoire de peinture ne le surprend pas. Il l’imagine tout à fait dans ce domaine, les cheveux attachés par un ruban, portant une salopette couverte de tâches de peintures sèches… Elle a ce quelque chose dans le regard. C’est indescriptible.
Pour al première fois depuis leur rencontre, elle lui adresse un sourire sincèrement enjoué. Bon, ce n’est encore qu’une ébauche pour être plus précis, mais ça lui prouve en tout cas que Lou aime ce qu’elle fait et ça fiait plaisir à voir.
« Bon, ça n'a rien à voir avec ce que vous pouvez faire, ça ne sauve personne si ce n'est moi mais c'est déjà ça ! »
Ce n’est pas la première fois qu’il entend une remarque de ce genre et, si ça ne le surprend plus vraiment, ça le chagrine toujours un peu. Parce que le pompier ne s’est jamais senti supérieur à qui que ce soit, professionnellement parlant. Il sauve des vies mais il ne serait pas capable de procéder à une chirurgie réparatrice, il brave des flammes sans l’once d’une hésitation mais serait incapable de gérer une ribambelle d’enfants comme le fait le personnel de la crèche où il dépose sa fille plusieurs fois par semaine. Il est beau parleur, il est capable de faire preuve d’empathie et de convaincre une personne de ne pas sauter d’un toit, mais il serait incapable de tenir un discours devant une assemblée. Et puis comme on l’entend souvent dire : il n’y a pas de sous métier. Alors chaque fois qu’il entend des personnes sous-entendre que son job est plus valorisant que le leur, ça lui fait drôle.
« C’est déjà ça effectivement » lui sourit-il donc. « Et puis l’Art parle aux gens et, peut-être que sans le savoir, vous allez positivement influencer la vie de dizaine de gens. Peut-être des centaines, qui sait ? C’est ça qui compte au fond. »

« Et vous ? Vous êtes arrivé là comment ? » l’interroge-t-elle avec intérêt, lorsque le silence finit par retomber entre eux.
Lloyd réfléchi quelques secondes, ne sachant pas trop jusqu’à quel point il peut se confier à cette inconnue qui ne l’est plus tant que ça. Finalement, il décide de le faire.
« Mon grand-père était un combattant du feu et ça a donc toujours été une possibilité de carrière pour moi. J’allais souvent le voir à la caserne et je l’accompagnais à toutes les œuvres de charité que la caserne organisait » s’explique Lloyd avant d’avaler une gorgée de son chocolat. « Et puis durant mon adolescence…j’ai été témoin d’un accident. Je n’ai rien pu faire. C’était déjà trop tard pour la victime… Un pompier qui connaissait mon grand-père – qui était à la retraite à cette époque – m’a pris en charge et ça m’a donné envie de donner de ma personne à mon tour. Ensuite il y a eu le 11 septembre et mon choix de carrière a été définitivement défini. Un parcours assez classique en fait » sourit-il à Lou. Contrairement à Lou qui lui a récemment adressé son premier vrai sourire de la journée, celui de Lloyd est un peu crispé et empreint de tristesse.
Il repense à son grand-père, à la manière dont il lui a tourné le dos durant sa période de rébellion. Le pompier repense à la façon dont il a dû le décevoir… Et bien entendu, il pense à Kevin. Kevin qu’il a négligé, qu’il a traité affreusement et qui est mort en se pensant détesté par son grand frère. Un grand frère qu’il idolâtrait…
S’il pouvait revenir en arrière…
Mais ce n’est pas possible.
Lloyd avale une nouvelle gorgée de son chocolat, détournant le regard le temps de se ressaisir. Lorsque c’est fait, il se retourne vers la jeune femme, avec une question pour qu’elle ne lui en pose pas à cause de son attitude. Car il est certain que le changement dans son comportement ne lui a pas échappé.      
« Vous exposez ? Vos toiles je veux dire… J’aimerai voir votre travail à l’occasion. »



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