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 Would you like some pasta with your depression ?

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MessageSujet: Would you like some pasta with your depression ? Dim 22 Jan - 18:55


Sur une échelle de 1 à 10, elle situe cette nouvelle garde dans la moyenne, mais considère qu’elle peut mieux faire… Les patients, dans l’ensemble, ne sont pas trop agaçants aujourd’hui. Il faut dire qu’après les récents évènements, certains imbéciles ont réalisés que venir aux urgences pour un simple rhume et engorger le service des Urgences n’était pas une très bonne idée. Saoirse n’en est pas à se dire que la fusillade a été un mal pour un bien évidemment, mais…bon, disons qu’elle a constaté ce fait et ne s’en plaint pas. Elle vérifie l’écran du poste de surveillance et s’assure qu’aucun de ses patients de la matinée n’est en détresse. Tout va bien. L’interne va pouvoir s’accorder une pause déjeuner en toute sérénité. Elle prévient l’infirmière qu’elle est joignable sur son biper en cas de souci et presse le pas pour s’éloigner, au cas où celle-ci voudrait la renvoyer au triage… La salle d’attente, même si elle n’est pas bondée, ne semble pas désemplir et elle sait d’expérience que si elle s’attarde trop dans les parages, on va finir par lui rajouter des dossiers. Mieux vaut donc toujours être en mouvement, avoir l’air déborder, se plaindre de sa charge et éviter de passer devant le poste de dispatch…  
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FT. TAYLOR & SAOIRSE
Saoirse emprunte l’escalier de service et descend tranquillement les étages pour rejoindre celui de la morgue. Elle a prévu de déjeuner avec sa cousine, Savannah, qu’elle n’a pas recroisé depuis la nuit de la fusillade. Heureusement, sa cousine n’a pas été touchée par les balles des tireurs et s’en est sortie avec un simple coup au nez, lorsque celui-ci a brutalement heurté le trottoir dans la cohue générale. En tout cas, ce drame l’a empêchée de fréquenter sa cousine qui a croulé sous les dossiers. C’est qu’il y a eu pas mal de morts cette nuit-là. Des familles déchirées (si pas décimées dans un cas tragique), des enfants fauchés trop tôt, des petits orphelins traumatisés… L’Horreur avec un grand H en somme.
Mais Sav n’est pas la seule à avoir eu beaucoup de boulot depuis. Son interne aussi a dû trimer durant ces derniers jours et Saoirse espère pouvoir faire d’une pierre deux coups et retrouver Taylor en bas. Pauvre Taylor… soupire-t-elle en continuant sa descente vers la morgue. Deux de ses proches ont été impactés par la fusillade. Saoirse a elle-même pris en charge Milo au moment de son admission aux urgences. L’ami d’enfance de Taylor s’en est plutôt bien tiré et est sorti dès le lendemain, mais Daya en revanche est encore dans les services actuellement. Elle est tirée d’affaire et son état est stable d’après ce que Saoirse en sait mais tout de même… Ca a certainement pas mal secoué son amie… Elle-même n’était pas présente et est encore bouleversée en repensant à tout ce gâchis. Elle n’ose pas imaginer à quoi la scène devait ressembler…
Un frisson la parcourt et Saoirse essaie d’échapper à ses propres pensées et de se concentrer sur ses retrouvailles éventuelles avec sa cousine et son amie. Et puis ce serait dommage de se couper l’appétit… D’autant que le plat qui l’attend dans le réfrigérateur de la morgue promet d’être délicieux.
Forte de cette pensée, elle pousse la porte de l’escalier, travers une portion de couloir et franchi enfin l’enceinte de la morgue. L’odeur qui l’accueille à son arrivée lui fait froncer un peu le nez, mais elle sait qu’elle s’y habituera très vite. Elle repère Taylor presque immédiatement, installée derrière son poste informatique, une pile de dossier près d’elle.
« Hey ! » la salue Saoirse en venant à sa rencontre. Le sourire qu’elle lui a adressé ne tarde pas à être remplacé par une expression inquiète. « Ouh… T’as une tête à faire peur ma belle… »
Quoi ? Elle ne va pas lui dire qu’elle a bonne mine alors qu’elle a des valises sous les yeux et qu’il est évident qu’elle ne va pas bien !
« Comment tu te sens ? » la questionne-t-elle en venant l’enlacer amicalement, gardant ses mains sur ses épaules pour l’obliger à lui faire face, son regard soucieux braqué sur le visage pâle de l’interne en médecine légale. « Tu dors un peu au moins ? »    

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MessageSujet: Re: Would you like some pasta with your depression ? Mar 31 Jan - 0:31





Would you like some pasta with your depression ?
Saoirse & Taylor

Plan blanc.
Ou plutôt, plan noir. Plan morbide. Plan mortel.
Justin, 32 ans. Décédé d’une balle dans la tête.
Mélanie, 12 ans. Décédée d’une balle dans le cœur.
Carole, 40 ans. Décédée de deux balles dans le torse.
Et mère de Mélanie. Accessoirement. Laissant un mari qui a tout perdu d’un claquement de doigts, avec seulement trois balles tirées dans le plus grand des hasards. Ça aurait pu être quelqu’un d’autre, n’importe qui.

Mes yeux me brûlent, je les frotte du pouce et de l’index alors que mon pied tapote nerveusement le sol. Je ne sais plus à combien de décès je suis, j’ai arrêté de compter. Entre les familles éclatées, les enfants que j’ai dû ouvrir et refermer pour aider Mlle Fuller… Je suis plongée dans un état léthargique où mon cerveau se refuse toutes sensations, toutes émotions. Si je laisse filtrer ne serait-ce qu’un gramme de tristesse, de compassion ou d’inquiétude, je vais tout simplement péter en un million de morceau et ne pas me relever. Combien de jours se sont écoulés depuis la fusillade ?
Non, depuis l’attentat où j’ai failli perdre mon meilleur ami failli perdre mon meilleur ami et Daya. Ce simple souvenir de leurs deux corps inconscients me file la gerbe, menaçant de me faire chialer à tout instant.
Comment est-ce que j’pourrais garder les idées claires quand Milo a frôler la mort à cause d’une hypothermie et de son diabète ? Quand Daya a failli claquer sous mes mains que j’ai frotté à sang pour ne plus avoir la sensation d’avoir encore son sang sur mon épiderme et sous mes ongles ? Quand j’ai encore les KoS au cul et qui n’hésiteront sûrement pas à me réduire en bouillit lorsqu’ils constateront que je n’ai pas encore récolter ne serait-ce qu’un tiers de la somme demandée ?

Et depuis quand j’ai pas dormi ? Aucune idée. Impossible à savoir si j’ai VRAIMENT trouvé le sommeil ne serait-ce qu’une fois depuis que tout ça s’est produit.
Je prends mon visage entre mes mains et les frottent sur mes joues, dans l’espoir de me réanimer un peu, sans succès. Un tour aux chiottes, un grand coup d’eau glacée sur la gueule mais toujours rien. Ce n’est qu’en revenant à ma place et en fouillant dans mon sac pour trouver un chewing-gum que je me dis que finalement, il existerait une solution bien plus simple pour réussir à vivre et à gérer tout ce stress. La boite de médicament qui trône au fond de mon sac, me fait de l’œil. Un excitant, comme des petites pilules d’adrénaline. Si j’en prends ne serait-ce qu’une, je serais déjà plus efficace, plus alerte, plus…

Putain, range-moi cette merde !
Je grommelle tout bas et jette mon sac au sol.
Interdiction de faire cette connerie.
Je ne m’abaisserais pas à ça, à cette merde qui va me bouffer le cerveau. Me bouffer tout court.
D’un geste nerveux, je me passe une main dans les cheveux avant de reprendre le traitement de tous les dossiers qui m’attendent.

- Hey !

Je sursaute, redresse la tête pour faire face à Saoirse. Que j’appelle Sa’, ou So’, parce que j’arrive toujours pas à prononcer correctement son putain de prénom. Même si ça fait une éternité que l’on se connait.
Parfois j’l’appelle Sashimi aussi, allez savoir pourquoi.

- Lu’.
- Ouh… T’as une tête à faire peur ma belle…
- Merci d’me le rappeler.

En même temps, elle va pas me sortir que j’ressemble à Miss Univers alors que j’ai les valises de toute la famille Adams sous les yeux.
S’il y a une chose que j’peux pas reprocher à Saoirse c’est sa franchise. Sûrement l’une de ses caractéristiques qui fait qu’encore aujourd’hui, je l’aime. On se connait depuis gamine, grâce à nos origines communes, et elle doit être l’une des seules personnes avec qui je peux grogner, gueuler et me plaindre à n’en plus pouvoir autour d’un café, pour bitcher sur les infirmières ou les médecins bien trop cons.

- Comment tu te sens ?


Je sais pas.
Vide?
Fatiguée?
Morte de trouille?
Ses bras m’enlacent amicalement et intérieurement, je bénis ce court instant de douceur qu’elle m’offre. Le genre de truc inespérée quand vous côtoyez l’horreur et la souffrance humaine H-24. Je n’ai pas le temps de répondre qu’elle tourne mon siège vers elle pour que je lui fasse face, ses deux mains sur mes épaules.

- Tu dors un peu au moins ?

Je tire mes cernes vers le bas, arquant un sourcil.

- A ton avis ? J’esquisse un sourire taquin, au milieu de tout ce visage fatigué et usé. J’ai l’air de quoi ? J’ai l’impression d’être une vieille chemise froissée au lendemain d’une gueule de bois.

Je me laisse aller contre mon siège et me frotte les yeux brulants de fatigue. Je dors à peine, bouffe à peine, obligé de courir à droite, à gauche. Un premier temps aux Urgences pour réussir à venir en aide à tous le corps médical pour prendre au mieux en charge les blessés. Et ça ne dure pas qu’une journée. Mais plusieurs. Entre les décès, les chirurgies d’urgence, les appels au don du sang, les transferts, la place à faire dans les services pour pouvoir accueillir un maximum de personne…
Puis mon transfert ici, pour aider Mlle Fuller pour tous les corps qu’ils restaient et qui arrivaient à la pelle. Parce que je connais le service, parce que je sais maintenant comment l’engrenage fonctionne ici… Et parce que je suis plus à même de supporter le silence d’un mort que le hurlement d’un vivant.

- J’sais pas depuis combien de temps j’ai pas eu une vraie nuit de sommeil. Je m’étire avant de claquer mes mains sur les accoudoirs de ma chaise. T’es venu voir ta cousine ?

Je contourne le sujet. Passe à autre chose. Parce que si elle me parle de Daya ou de Milo, je remets fortement en doutes mes capacités de réussir à me tenir droite sans verser une seule larme. Je tiens sur les nerfs, sur la fatigue qui, lorsqu’elle ne me donne pas un effroyable coup de barre, me lance un coup d’adrénaline en pleine gueule.
La chute va être d’une violence, c’est moi qui vous l’dit.

- Et toi, comment ça s’passe là haut ?


J’suis pas la seule à plaindre dans toute cette merde. Saoirse doit encore gérer les traumas et toutes les victimes qui restent encore à gérer. Je sais que cette histoire l’a beaucoup travaillée pour de multiples raisons et parce qu’humainement, ça vous touche, tout simplement. Lorsque l’horreur vous frappe en pleine gueule comme cette fois-là, vous n’pouvez pas y rester insensible.

- Parce que t’as pas une meilleure gueule que moi.

Enfin, si. Je n’sais pas vraiment et si la pâleur de mon amie est naturelle, ses cernes le sont beaucoup moins.


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MessageSujet: Re: Would you like some pasta with your depression ? Sam 4 Fév - 17:07


Bien sûr, Saoirse n’attend pas vraiment de réponse de la part de Taylor. Enfin si, mais elle se doute de ce qu’elle va entendre. Non, elle ne va pas bien. Non, elle ne dort pas bien. Comment pourrait-elle dormir convenablement alors que sa vie doit être un bordel sans nom depuis la fusillade dont elle a été témoin ? Une de ses meilleures amies est encore dans les services de chirurgie thoracique après avoir reçu une balle en pleine poitrine et Milo - même s’il est sorti aujourd’hui - a été blessé et Taylor doit se sentir impuissante face à tout ça. En tout cas, c’est comme ça qu’a l’impression que se sentirait l’interne en médecine à sa place. Impuissante, dépassée par les évènements, nulle,… La liste n’est pas exhaustive. De toute façon, il suffit de voir la tronche de son amie et collègue pour deviner dans quel état elle se trouve.  
Mais parce qu’elle est polie, au lieu de l’envoyer sur les roses et de lui rétorquer quelque chose comme « A ton avis, pauvre conne ? » d’un ton cinglant, Taylor se contente du « A ton avis » et lui adresse un sourire. La petite blonde lui répond par une moue désolée et lui frictionne affectueusement les épaules avant de la libérer de son emprise. Elle dégage deux, trois dossiers du bureau où est installé l’ordinateur de la morgue et se hisse précautionneusement sur le meuble, croisant ensuite les jambes en écoutant son amie reprendre.
« J’ai l’impression d’être une vieille chemise froissée au lendemain d’une gueule de bois. »
« Hm… Moi je trouve que tu as plutôt l’air d’un vieux caleçon porté par un geek en plein marathon LOL et qui vit dans la cave de ses parents à cinquante-cinq ans… Il s'appelle sûrement Gary ou Kevin. »  
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FT. TAYLOR & SAOIRSE
Saoirse se serait certainement montrée plus courtoise avec n’importe qui d’autre, mais elle est face à sa vieille copine et sait que ça la fera marrer. Ou au moins que ça la déridera un peu… Quelque chose lui dit que n’importe quelle émotion un tant soit peu trop forte pourrait provoquer une crise de larmes chez la Taylor épuisée qui lui fait face. Et inutile de préciser que l’interne en médecine d’urgence n’a aucune envie de voir ça. C’est purement égoïste. Si Tay craque, elle sait qu’elle pourrait elle-même se mettre à verser une larme et alors aucune d’elles ne seraient très avancée. Mieux vaut rire que chialer ! Du coup il va falloir qu’elle essaie de toujours la garder entre deux émotions, pour ne rien provoquer.

« J’sais pas depuis combien de temps j’ai pas eu une vraie nuit de sommeil. Je m’étire avant de claquer mes mains sur les accoudoirs de ma chaise. T’es venu voir ta cousine ? »
« Ma pauvre bichette… » soupire Saoirse sur le ton compatissant attendu dans ce genre de situation, avant de jeter un œil sur la pièce, comme pour constater l’absence de Savannah. « Ouais. J’espérai te croiser aussi en fait. »
Taylor lui explique alors où se trouve actuellement sa cousine, avant d’enchainer pour savoir comment elle-même se porte.
Dans un premier temps, Saoirse se contente d’hausser les épaules, ses paumes appuyées sur le bureau alors qu’elle agite un peu nerveusement l’un de ses pieds dans le vide. Elle non plus n’a pas tellement dormi ces derniers jours, mais elle se porte assurément mieux que Taylor ou les victimes de la fusillade, donc elle va éviter de se plaindre. Ce serait mal venu selon elle…
« Parce que t’as pas une meilleure gueule que moi » lui précise Taylor en l’observant longuement, attendant visiblement une réponse un peu plus développée.
« Ça a pas mal bougé là haut mais ça va mieux maintenant. Les gens sont un peu plus gênés de se pointer aux Urgences pour un simple mal de crâne après ce qui s’est passé » explique-t-elle d’un ton railleur, avant de pousser un petit soupir. « Y a encore pas mal de personnes qui se présentent pour des troubles du sommeil justement. Ils étaient sur les lieux et n’ont pas été blessés mais ils ont dû mal à…passer le cap. Ils viennent surtout chercher un peu de réconfort et on les dirige vers les services psy. Enfin bref… Ça ne va sûrement pas durer. Oh et Gary, le SDF hypocondriaque dont je t’ai déjà parlé est revenu ce matin ! Il affirmait que des aryens invisibles lui avaient tiré une balle dans la tête. Une balle qui était en fait une puce électronique destinée à lire dans son esprit et le transformer en Terminator » sourit Saoirse, espérant que ce sujet détendra un peu l’ambiance.

Sauf qu’une fois son anecdote sortie, elle ne voit pas bien comment enchainer. Elle ne peut plus lui demander si de son côté, elle a croisé un patient intéressant. C’est le souci quand on bosse à la morgue… Elle ne peut pas lui demander des nouvelles de ses proches, par peur de remuer le couteau dans la plaie.
« Tu as quelque chose à manger ? » finit-elle pas demander. « Je me suis préparée des pâtes ce matin. En fait, j’en ai préparé pour un régiment alors si tu n’as rien pris, tu peux peut-être m’aider à en venir à bout ? »




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MessageSujet: Re: Would you like some pasta with your depression ? Mer 8 Fév - 10:10





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Saoirse & Taylor

Plan blanc.
Se concentrer sur autre chose n’est pas plus mal, finalement. Me concentrer sur la vie de Saoirse, par exemple, m’aide au moins à oublier quelques secondes, voir, quelques minutes, l’état de ma vie actuelle. Parfois, j’me lève le matin et j’me demande combien de temps je vais encore tenir comme ça, debout, avant de péter une durite, de tout envoyer se faire foutre et moi, avec.
J’ai pas envie de faire chier les gens avec tout ce qui me bouffe, avec toutes ces histoires et j’suis pas du genre à venir me plaindre en plus de ça mais parfois j’me dis que finalement, un p’tit tour chez le psy, ça ne m’ferait pas de mal. Je vois déjà la gueule de mon père s’il entendait ça.

« Pas b’soin de Psy, ce sont des charlatans ! Tout est dans la tête, à toi de t’tirer les doigts du cul pour t’en sortir. »


A défaut de m’faire tirer dessus en pleine poitrine.
Je ne les ai même pas appelé pour parler de tout ça, je leur ai juste envoyé un texto pour les prévenir que j’allais bien, que j’avais rien. Et si j’ai aucunement envie de parler à mon père, il reste ma mère contre qui je lutte. Si je décroche l’un de ses nombreux appels, j’vais me mettre à chialer à coup sûr. Et c’est pas l’image que j’ai envie de donner de moi.
Quand à mon frère… J’préfère même pas y penser.

- Ça a pas mal bougé là haut mais ça va mieux maintenant. Les gens sont un peu plus gênés de se pointer aux Urgences pour un simple mal de crâne après ce qui s’est passé


Elle soupire, je claque ma langue contre mes dents pour protester comme elle.
Tu m’étonnes qu’ils sont un peu plus gêné de venir nous faire chier pour des conneries.

- Y a encore pas mal de personnes qui se présentent pour des troubles du sommeil justement. Ils étaient sur les lieux et n’ont pas été blessés mais ils ont dû mal à…passer le cap. Ils viennent surtout chercher un peu de réconfort et on les dirige vers les services psy. Enfin bref… Ça ne va sûrement pas durer.
- Normal.

C’est tout ce que j’arrive à lui dire pour l’instant. Pas étonnant que les gens viennent chercher une oreille à qui parler, pouvoir cracher toute sa peur et son angoisse. Combien d’entre eux ne vont plus oser fréquenter un lieu public désormais ? J’avais déjà du mal à foutre un pied à la banque… mais là, autant dire que j’vais pas fréquenter un endroit bondé de monde avant un p’tit moment.

- Oh et Gary, le SDF hypocondriaque dont je t’ai déjà parlé est revenu ce matin ! Il affirmait que des aryens invisibles lui avaient tiré une balle dans la tête. Une balle qui était en fait une puce électronique destinée à lire dans son esprit et le transformer en Terminator

Cette fois, je ricane, voir éclate de rire brièvement.
Ah, Gary. C’est un peu notre divertissement ici. Un pauvre gars SDF, sans l’ombre d’une famille, qui vient se taper quelques délires parfois aux urgences. Mais adorable comme jamais. A chaque fois que j’le vois, j’me dis que j’finirais peut-être comme lui, à force.

- T’es sûre que c’est pas toi qui lui a filé un truc pas clair pour t’éclater un peu ?

Regard sournois et taquin, je sais mon amie dotée capacité à jouer les malines, mais pas à ce point là.
En tout cas, j’suis pas encore au courant.

- Tu as quelque chose à manger ?
- Si tu parles de mon vieux sandwich qui est dans le frigo depuis au moins une semaine et demi… Non. Pourquoi ?
- Je me suis préparée des pâtes ce matin. En fait, j’en ai préparé pour un régiment alors si tu n’as rien pris, tu peux peut-être m’aider à en venir à bout ?

J’esquisse un sourire. Passer un moment avec elle est justement ce dont j’ai besoin et je n’hésite pas à me lever presque aussitôt. Même si je n’ai absolument pas faim.

- Ca marche. Tu nous as fait quoi cette fois, des pâtes au beurre ?... ou du beurre aux pâtes ?

Référence à cette soirée que nous avons passé ensemble, bien avant la fusillade où Saoirse, complètement bourrée, s’était mise en tête de nous faire à bouffer à toutes les deux. On était chez elle, j’étais avachis sur le canapé en priant le saint pasta qu’il fallait qu’il se magne le cul a faire bouillir l’eau parce que j’crevais la dalle. Quand elle s’est ramené avec les deux assiettes pleines à ras bord, j’me suis jetée dessus comme une morfale pour ensuite cracher toutes les pâtes que j’avais mis en bouche.
Pourquoi ? Elle avait mis les trois quarts de la plaquette de beurre pour même pas 500g de pâtes et avait également faite tomber un tiers du sel dedans.
Bref, soirée épique dont je me remémore les détails avec un sourire aux lèvres.

On prend le chemin de la salle de pause avant que je ne claque des doigts, ,une bulle venant d’éclater dans mes souvenirs.

- Oh, j’t’ai pas dit mais l’autre jour j’ai Benitez qui a piquer un scandale à l’accueil des urgences. Elle pensait qu’on avait perdu sa sœur parce que Florence n’était pas foutu de la retrouver dans les fichiers.

Benitez, elle l’a connait puisque je lui en ai déjà touché deux mots. Je ne l’a pas présenté comme une folle, loin de là, mais j’pouvais pas m’empêcher de lui rapporter deux ou trois anecdotes amusantes, comme cette fois où elle a bien gentiment détruit Spencer en pièce détaché pour ne pas avoir réussi à lui faire sa prise de sang au bout de la quatrième fois.

- Bref, elle était prête à lui sauter sur la gueule et t’avais cette morue d’Eleonor qui assistait à ça sans en branler une. Je lâche un soupir plein de protestation avant d’ajouter, sur un ton narquois et mauvais. De toute façon, la seule chose qu’elle sait branler c’est la queue du nouveau radiologue.

Voilà qui change un peu de toutes ces larmes et de toute cette dépression qui me colle aux basques comme un tas de vieux chewing-gum. Et putain, ça fait du bien de cracher un peu sur sa gueule.
Je me tourne vers mon amie, il n’y a qu’avec elle – excepté Milo – que j’peux partager ce genre de truc ici et j’vais certainement pas me priver de lui raconter la petite conversation que j’ai surprise hier entre l’autre dinde et sa meilleure amie.

- D’ailleurs, parait qu’elle a chopée un condylome mais qu’elle n’est pas foutu de dire de qui ça vient parce, que je cite, « tu comprends, j’suis tellement bonne que je ne les compte plus ». J’accentue la phrase avec mes doigts pour les guillemets avant d’enchainer, air de biatch sur la gueule. Si ça continue comme ça, elle va se taper la blue waffles et on verra si elle est toujours aussi bonne.


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MessageSujet: Re: Would you like some pasta with your depression ? Jeu 9 Fév - 16:12


« T’es sûre que c’est pas toi qui lui a filé un truc pas clair pour t’éclater un peu ? »
« Ha-ha, c’est pas mon genre » lui sourit la jeune femme, avant de lui tirer la langue dans une moue faussement réprobatrice. « Si je devais filer quelque chose à mes patients, ce ne serait pas pour m’éclater mais pour avoir la paix. Une bonne dose de somnifère et hop! on n’en parle plus ! …Enfin ils ne parlent plus. Parfois j’te jure, j’me dis qu’on devrait leur faire noter leurs symptômes et les endormir jusqu’à leur guérison pour avoir la paix... »
En disant cela, elle repense à quelques patients particulièrement désagréables. Les gens trop pressés qui soupirent toutes les cinq secondes et font la liste de tout ce qu’ils pourraient être en train de faire plutôt que d’être aux urgences (om personne ne els a convié, soi dit en passant…), les Messieurs et Mesdames Je-sais-tout et autres Vous-avez-eu-votre-diplôme-dans-une-pochette-surprise, qui se permettent des réflexions durant les soins alors qu’ils seraient incapables de tenir une seule garde complète sans s’effondrer en chialant dans un coin. Et puis il y a ceux qui sont inintéressants au possible et parlent pour ne rien dire, ceux qui ont un coup dans le nez et la prose facile, et tous les autres lui sortent par les yeux…
Taylor ne rebondit pas trop et Saoirse n’insiste pas. Pour la simple et bonne raison qu’elle vient tout juste de réaliser que des patients muets, Taylor en côtoie des tas… Depuis qu’elle a choisi de faire son internat à la morgue en réalité : elle ne croise même plus que ça. Peut-être que sa blague n’était pas si drôle que ça en fin de compte.
Du coup, la jeune femme décide de vite enchainer, abordant le sujet de la nourriture, qui sera assurément plus agréable pour tout le monde.    
 
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FT. TAYLOR & SAOIRSE

Comme elle se le figurait, son amie n’a pas prévu grand chose pour s’alimenter dans la journée. Elle lui parle d’un vieux sandwich qui traine depuis une éternité dans le frigo de la morgue et Saoirse hoche la tête d’un air dépité, faisant claquer sa langue contre son palais. Elle ne eut pas la laisser mourir de faim. Surtout pas alors qu’elle a une telle quantité de féculents à écouler dans son Tupperware…
« Ça marche. Tu nous as fait quoi cette fois, des pâtes au beurre ?... ou du beurre aux pâtes ? »
« T’as mangé un clown toi, décidément ! » tique-t-elle en repensant à cette soirée qui…pour être tout à fait honnête, reste assez floue pour elle ! Mais elle ne se fâche pas vraiment et son air boudeur est rapidement remplacé par un sourire sardonique. « Allez Bozzo, suis-moi ! On va te remplumer un peu… »
Là-dessus, elle saute à bas du bureau et se dirige vers la salle de pause du sous-sol où elle a pris l’habitude de stocker ses denrées alimentaires. Pas que ça l’enchante de toujours devoir descendre jusque là, au Royaume des Morts, mais le frigo de la salle de repos des Urgences est aussi saturé que le service. Et les rares fois où elle est parvenue à se dégotter un place, un enfoiré (ou une enfoirés, plus probablement) lui a piqué le contenu de son repas… Alors non merci ! Maintenant, elle vient toujours déposer son plat au sous-sol et est pratiquement toujours certaine de le retrouver, intact. Pratiquement parce qu’il arrive aux étudiants fauchés de venir faire une passe par ici de temps à autres… Les sales rats !

« Oh, j’t’ai pas dit mais l’autre jour j’ai Benitez qui a piqué un scandale à l’accueil des urgences » lui explique Taylor alors qu’elles atteignent la salle de repos.
En réalité, Saoirse a déjà entendu parlé de cette histoire. Elle a fait le tour du service plutôt deux fois qu’une, mais ça ne la dérange pas de l’entendre à nouveau. Surtout que, d’après les informations qu’elle a, Taylor n’a pas simplement eu vent de l’affaire, elle en a été témoin ! …Bon et puis elle ne va pas la couper alors qu’elle a l’air si enthousiaste. Ce qui n’est plus vraiment habituel depuis la fusillade. Jouant donc les amies parfaites, l’interne en médecine d’urgence feint la surprise à la perfection et fait mine d’être hyper désireuse d’entendre la suite du récit de Tay.  Un récit pour le moins croustillant…
« Nooon » s’étonne réellement la petite blonde lorsque son interlocutrice lui fait part des petits soucis intimes d’Eleonor Bitchasse de la Branlette.
« Si ça continue comme ça, elle va se taper la blue waffles et on verra si elle est toujours aussi bonne. »
La jeune femme éclate d’un rire gras, tout en plongeant sa tête dans le réfrigérateur, à la recherche de son plat, qu’elle s’apprête à partager bien volontiers avec son amie. Elle le trouve rapidement puis le sort de là avant de se redresser et de fermer la porte d’un coup de fesses habile.
« Tu sais ce qu’on devrait faire ? Foutre de la teinture dans le fond de sa culotte la prochaine fois qu’elle la laissera tomber dans la réserve » décrète Saoirse en continuant de glousser cruellement. « En plus, très franchement, je ne vois pas ce qu’elle trouve à Peter. Il a encore de l’acné et des doigts toujours poisseux… Oh mon Dieu ! Tu crois qu’il se lave les mains après avoir jouer à touche-pipi avec cette garce ? Parce qu'il veut toujours serrer la main à tout l'monde, c'est affreux ! Brr, ça m’fiche la chair de poule ! J’rigole pas, mate ça » s’exclame-t-elle en agitant son avant bras sous le nez de Taylor pour lui prouver que ses poils sont bels et bien hérissé sur sa peau diaphane. « Dégueu… Changeons de sujet ! J’veux pas m’couper l’appétit » prévient Saoirse en ouvrant son Tupperware pour en présenter le contenu à son amie.
« Sublime de Penne et ses champignons frais, agrémentés de la sauce du chef ! Tu vas te régaler, c’est garanti. »    

Là-dessus, la jeune femme fourre le tout dans le microonde de la salle de repos, pendant que Taylor se charge de leur sortir des assiettes et couverts en fouinant dans les placards.
« On va manger dans le couloir, comme l’autre fois ? Ça nous fera un peu d’animation » propose l’interne en s’adossant au mur, croisant ses bras sur sa poitrine en attendant que ses pâtes réchauffent. « On pourra bitcher sur tout ce qui bouge comme ça. Bon et du coup pour Benitez, ça a fini comment ? Florence a réussi à se sortir les doigts de la chatte et à la retrouver ou c'est toi qui a du t'y coller ? »


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MessageSujet: Re: Would you like some pasta with your depression ? Mar 14 Fév - 13:19





Would you like some pasta with your depression ?
Saoirse & Taylor

Saoirse éclate de rire, un truc qui lui vient du plus profond des entrailles et c’est communicatif. Ca change du silence des morts, ça change des pleurs et du reste, toute cette joie spontanée. Ca fait un bien fout et mon sourire ne tarde pas à se manifester, large au possible.
Je la laisse fouiner dans le frigo à la recherche de son plat, je me rends compte que finalement, je commence à avoir les crocs. C’est dingue à quel point le corps se détend automatiquement lorsque vous mettez – volontairement ou non – vos problèmes de côtés.

- Tu sais ce qu’on devrait faire ? Foutre de la teinture dans le fond de sa culotte la prochaine fois qu’elle la laissera tomber dans la réserve
- Oh me tente pas sinon j’vais courir tout de suite à son casier pour le faire avec toutes celles qu’elle garde ici.

J’peux être une vraie garce si on me fait un peu trop chier et ça, c’est pas nouveau. Tout comme c’est pas nouveau que l’autre morue m’emmerde royalement.

- En plus, très franchement, je ne vois pas ce qu’elle trouve à Peter. Il a encore de l’acné et des doigts toujours poisseux… Oh mon Dieu ! Tu crois qu’il se lave les mains après avoir jouer à touche-pipi avec cette garce ? Parce qu'il veut toujours serrer la main à tout l'monde, c'est affreux ! Brr, ça m’fiche la chair de poule ! J’rigole pas, mate ça
- Dégueu… Je jette un œil à ses poils hérissés et ricane. J’aime pas toucher les gens donc quand il me tend la main, j’lui sors un jolie sourire et basta. A coup sûre qu’il se lave pas les mains ouais, ça s’trouve t’as déjà malaxé le foutre de notre jolie Eleonor.

Poésie du jour, bonjour.
C’est à ce moment-là que j’me dis que j’suis à un stade psychologique critique.

- Dégueu… Changeons de sujet ! J’veux pas m’couper l’appétit

- Et moi donc. Surtout pas à cause d’elle.
- Sublime de Penne et ses champignons frais, agrémentés de la sauce du chef ! Tu vas te régaler, c’est garanti.
- La vache, ça sent super bon ! Allez va nous faire chauffer tout ça. Je crois qu’il reste un peu de pain de ce matin.

Pour la sauce, vous croyez pas que j’vais laisser perdre cette merveille ? Non non.
Je fouine dans un des placards et trouve facilement le sachet où se trouve des tranches de pains du petit dej’ de ce matin. Je m’occupe également de fouiner dans le reste des placards pour nous trouver deux assiettes et quelques couverts propres pendant que le four microonde s’active.

- On va manger dans le couloir, comme l’autre fois ? Ça nous fera un peu d’animation. On pourra bitcher sur tout ce qui bouge comme ça.
- T’as toujours les idées qu’il faut pour remonter le moral toi.

Et c’est pas une critique, loin de là. S’il y a bien une personne dans cet hôpital qui arrive à me faire passer une bonne journée, c’est elle. Et notre incroyable tendance à bitcher comme deux vieilles commères dans les couloirs quand on a un petit moment et qu’on se sent moyens. C’est peut-être pas une bonne idée vu mon karma qui est complètement à chier en ce moment mais j’ai besoin d’évacuer un peu et ça me semble être le plan idéal pour aujourd’hui.

- Bon et du coup pour Benitez, ça a fini comment ? Florence a réussi à se sortir les doigts de la chatte et à la retrouver ou c'est toi qui a du t'y coller ?

Je pose les assiettes sur la table et retourne dans le frigo pour choper une bouteille de jus que j’ai ramené ce matin.

- Je m’y suis collé sinon c’est Florence que j’aurai disséqué ce matin à la morgue.
Je prends la bouteille et reviens vers mon amie. T’aurai dû la voir lui parler comme si il lui manquait des cases. J’sais pas, pas à un seul moment ça lui a effleuré l’esprit de se dire « ah ouais merde, peut-être que c’est pas normal que j’la retrouve plus dans les fichiers ». Quelle conne parfois.

Et encore, si c’était juste parfois.

- J’ai bien cru que Benitez allait lui arracher les yeux pour jouer aux billes avec.

Le bruit du microonde annonce l’heure du repas et je tends les assiettes à Saoirse pour qu’elle puisse nous servir.

- On y va ? Je l’attends et nous prenons la direction de notre spot favori. Sinon, à part ça ? Du nouveau dans ta vie mouvementée ? Il faudrait que l’on se fasse un weekend, toutes les deux. Histoire de changer d’ambiance un peu. J’sais pas un truc qu’on a jamais fait.



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MessageSujet: Re: Would you like some pasta with your depression ? Sam 18 Fév - 9:03


Saoirse patiente sagement près du microonde, sentant son estomac commencer à gargouiller. En vérité, il lui faudrait bien plus que des histoires de foutre pour lui couper l’appétit. Elle a toujours adoré manger d’abord et puis quand on choisit de s’orienter sur la voie de la médecine… Disons qu’on se blinde assez rapidement et que bien peu de choc sont encore capables de vous choquer et vous écœurer. Pour s’aider à attendre que son plat, préparé amoureusement, soit suffisamment chaud pour être consommé, elle relance Taylor sur le sujet de sa patiente. Elle connaît déjà le dénouement de toute l’affaire mais avoir la version de la principale concernée sera assurément intéressant. D’autant que Tay a toujours eue une façon imagée et drôle de s’exprimer. Les deux jeunes femmes ne sont d’ailleurs pas amies pour rien. Elle ont pratiquement été taillée dans le même moule.
Un humour gras et parfois déplacé, une capacité à rentrer dans le lard des gens et se mettre dans la panade incroyable, une stature plutôt similaire, un goût prononcé pour le bitching intensif et un sex-appeal de malade. Du moins, Saoirse aime à le penser.  
« Parfois ? » répète l’interne en médecine d’urgences, haussant un sourcil en tordant sa bouche dans une grimace entendue. Taylor lui fait comprendre d’un regard qu’elle partage tout à fait son point de vue sur la question, avant d’enchainer en décrivant la réaction de la fameuse Benitez.
would you like some pasta with your depression ?
FT. TAYLOR & SAOIRSE

Des familles dans le genre de celle-ci, ils en côtoient tous les jours dans le cadre de leur travail. Des familles qui déchargent leur impuissance, leur sentiment d’injustice et leur colère sur le personnel. C’est compréhensible bien sûr, mais ce n’est pas facile à assumer tous les jours… Saoirse a déjà failli craquer plus d’une fois et envoyer les proches de ses patients se faire foutre. A la place, elle leur a proposé, très poliment, de s’adresser à ses supérieurs de la branche administrative pour faire part de leurs insatisfactions. Genre dans la seconde… histoire qu’ils ne soient plus dans ses pattes, à tirer sur la corde, encore et encore. En règle générale, ça fonctionne plutôt bien. Les gens se sentent entendues et, savoir qu’ils vont s’adresser à la crème de la crème de l’hôpital les fait sentir importants, valorisés. Mais bien sûr, ce n’est pas une science exacte…

Le microonde émet son petit bip insupportable et la plus âgée des deux internes se chargent de sortir le plat pour faire le service. Une fois les portions équitablement partagées, les deux jeunes femmes se mettent en route, tenant chacune leurs assiettes fumantes, leurs couverts enroulés dans une serviette et leurs verres. Pas de jus pour Saoirse, juste un peu d’eau pour la ligne. C’est qu’elle a tendance à facilement prendre des hanches…
« Sinon, à part ça ? Du nouveau dans ta vie mouvementée ? Il faudrait que l’on se fasse un weekend, toutes les deux. Histoire de changer d’ambiance un peu. J’sais pas un truc qu’on a jamais fait. »
« Aussi curieux que ça paraisse, ça nous laisse encore pas mal de choses ! Je crois qu’on n’a jamais fait de rodéo. On n’a jamais été à la messe ensemble non plus » plaisante Saoirse. Enfin à moitié… Peut-être que ça ferait du bien à Taylor d’aller saluer Le Seigneur. « Sinon y a le plan à trois qu’on a pas testé encore… Milo peut tout à fait se joindre à nous s’il veut ! »
La jeune femme ne se rend compte que trop tard de son erreur. Habituellement, parler du meilleur ami de sa comparse est loin d’être un souci (même à l’époque où il s’était fait la malle comme un voleur pour faire le tour du monde) mais habituellement, Milo n’a pas frôlé la mort dans une fusillade…
« Il va mieux ? » se sent-elle donc obligée de demander. Quitte à mettre un pied dans le plat, autant y aller carrément et sauter à pieds joints… Du moins c’est ce qu’elle pense. Les demi vérité, demi-mots, demi-n’importe quoi : ce n’est pas tellement son truc !
Là-dessus, elles s’installent toutes deux sur un brancard inoccupé qui traine dans le couloir principal et prennent leurs aises. Saoirse écoute la réponse de son amie qui se montre un peu évasive. L’interne en médecine d’urgences s’est chargée de Milo quand il est arrivé ce soir-là. Elle a elle-même posé les points de suture sur son crâne et s’est chargée de rétablir sa glycémie qui s’était largement cassé la gueule. Elle s’est aussi chargée de récupérer ses résultats d’analyses et de les faire disparaître en réalisant qu’il était revenu positif pour certaines drogues… Secret professionnel oblige, elle ne compte pas en piper mot à Taylor et s’est contenté d’avoir un petit échange à ce propos avec son patient.
Elle se souvient l’avoir senti bouleversé par ce qu’il venait de vivre, en toute logique et lui a conseillé de consulter quelqu’un à la cellule psychologique. Reste à savoir s’il le fera…          

Une fois ce sujet clos, elle reprend la parole pour parler un peu d’elle et éventuellement changé les idées de son amie.
« Oh, j’t’ai pas dis, j’ai été rappelée par le flic dont je t’avais parlé l’autre fois. Il a goûté à la Saoirse et maintenant, il en veut plus, le pauvre… Ça m’a presque fait de la peine de l’envoyer bouler. Il a une bouille adorable… »


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MessageSujet: Re: Would you like some pasta with your depression ? Mar 7 Mar - 22:37





Would you like some pasta with your depression ?
Saoirse & Taylor

- Aussi curieux que ça paraisse, ça nous laisse encore pas mal de choses ! Je crois qu’on n’a jamais fait de rodéo. On n’a jamais été à la messe ensemble non plus
- Hmf. J’vais brûler si j’rentre dans une église. Et pas que parce que j’aime les fruits de mers.

Mais parce que j’ai tout un tas de pêchés inavoués qui me fera brûler en enfer pour l’éternité.
AMEN.

- Mais j’suis chaude pour le rodéo.

Tout plutôt que de penser à tout ça.
Et puis, faire du rodéo après s’être prise une bonne cuite, quoi de meilleure comme idée ?

- Sinon y a le plan à trois qu’on a pas testé encore… Milo peut tout à fait se joindre à nous s’il veut !

Moi qui souriait, voir riait, je me retrouve aussitôt avec un sourire effacé sur la gueule.
HAHAHA oui faisons un plan à trois avec mon meilleur ami qui est tout simplement au bout de sa vie, lui aussi. Et étant de nature hyper expressive, autant dire qu’il peut difficilement me le cacher, même si je suis certaine de ne voir qu’une partie immergée de l’iceberg.

Même sans ça, hors de question de faire un plan à trois avec lui. Je l’aime, mais pas assez pour pouvoir tester les phallus. Celui de Milo ou non.

- Il va mieux ?

Je hausse les épaules.
La réponse est évidente mais je la prononce malgré tout.

- Non. Et je ne sais pas quand ça sera le cas.

Puisque je suis presque certaine que tout ça va durer encore des jours, des semaines. Si Daya a faillit claquer sous mes doigts, Milo a vu un pote à lui mourir. Nous sommes tous les deux victimes d’un « j’ai vu quelqu’un crever, j’avais du sang plein les mains » et une chose est sûre, nous ne gérons pas tout ça de la même façon.
Je m’inquiète pour lui, j’ai pas envie qu’il plonge dans des merdes pour se sortir d’une autre. J’aimerai pouvoir l’aider, le tirer vers le haut, mais j’ai l’impression que si je tente quoi que ce soit, je ferais tout l’effet inverse.

- J’aimerai bien qu’il aille en parler à quelqu’un. Et l’envie de savoir s’il s’est un peu confier à Saoirse lorsqu’il s’est fait hospitaliser, me brûle les lèvres mais je me retiens. J’me dis que ça pourrais pas lui faire de mal.

Ca ne peut jamais faire de mal. Ou en tout cas, pas sur long terme. Les vérités ne sont pas toujours simples et agréables à entendre mais peut-être que ça pourrait aider Milo ?
Pas maintenant. C’est pas le moment d’y penser quand je cherche déjà à me tourner l’esprit vers autre chose que les balles dans les chairs et les cris de mères effondrées.
Je suis mon amie et m’installe sur un brancard en sautant légèrement pour y poser mon cul. C’est que je ne suis pas bien grande…

Le sujet semble désormais clos. Et ça n’est peut-être pas plus mal, quand j’y pense.

- Oh, j’t’ai pas dis, j’ai été rappelée par le flic dont je t’avais parlé l’autre fois. Il a goûté à la Saoirse et maintenant, il en veut plus, le pauvre… Ça m’a presque fait de la peine de l’envoyer bouler. Il a une bouille adorable…


Mon sourire revient alors que je laisse échapper un petit soupire.

- T’es un peu comme la coke, tu rends visiblement accro.

Je pique dans les pâtes encore chaude et prend une bouchée avant de continuer.

- C’est quoi qui te plait pas chez lui ? T’aime pas le délire des menottes et compagnie ? A moins que ça soit toi qui lui joue la petite flic pas très contente.

Tout cela est dit avec le regard et le sourire qui vont avec : Taquin et presque pervers.
Ca va, c’est pour déconner.
Enfin, quoi que.
Je l’écoute parler, me raconter tout ça à la façon Saoirse, toujours avec des détails alléchants pour peu que l’on soit comme moi, à aimer l’écouter parler.

Puis je vois débarquer un type, grassouillet et transpirant.

- Si c’était le dernier mec sur terre, tu te le taperais ? Et parce qu’elle ne voit pas tout de suite de qui je parles. Le gus là-bas. Tout en sachant que lorsqu’il sera sur toi, soit tu mourras d’asphyxie, soit tu te noiera sous sa sueur.

Dégueu au possible. Au moins, ça a le mérite de me changer les idées.

- Tu sais, au lieu de faire croire à l’autre conne qu’elle a la bluewaffle, peut-être que l’on pourrait récupérer la transpiration de ce type et la lui donner à boire. Tu fous dans un berlingot de jus de pomme, ni vu ni connu…



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MessageSujet: Re: Would you like some pasta with your depression ? Ven 10 Mar - 10:27


Saoirse ne prend pas la peine de rebondir sur cette histoire de brûler en entrant dans une église. Elle pense que son amie fait référence à son penchant pour les femmes et n’a pas tellement envie de se lancer dans un débat là-dessus. Sa famille l’a élevée dans la croyance qu’un couple devait se composer d’un homme et d’une femme et que toute autre forme de relation était un péché, un outrage à l’entièreté de la race humaine. Parce que les femmes ne sont pas faites pour se reproduire entre elles, de même que les hommes entre eux ne peuvent avoir d’engeance. Sauf qu’on ne choisi pas par qui on est attiré, elle a fini par le comprendre. Le facteur de l’Amour est à prendre en compte. Elle trouve dommage que deux êtres qui s’aiment et sont du même sexe ne puissent éprouver le Miracle de la création d’une nouvelle vie ensemble et en même temps, si c’était possible, ça deviendrait sans doute la porte ouverte à toutes les fenêtres. La Terre croulerait sous le nombre de naissance et ce serait vite le chaos. Bref. Elle n’a pas envie de se lancer là-dedans alors elle se contente d’hausser une épaule et d’enchainer. Pour continuer de parler de sexualité déviante cependant… En vérité, l’interne en médecine ne se voit pas réellement partager la couche de son amie d’enfance et de Milo. Ce serait vraiment trop étrange. Devinant que ce serait également le cas pour Taylor, elle ne prend ceci dit pas trop de risques en évoquant le sujet, sur le ton de la plaisanterie.
Une plaisanterie qui n’amuse pas beaucoup son interlocutrice. La mine de cette dernière s’assombri un peu à l’évocation de son meilleur ami, lui aussi présent lors de la fusillade. Dès qu’elle s’en rend compte, se maudissant intérieurement, Saoirse s’enquiert de l’état de celui qui avait été son patient au moment de son admission au service des Urgences.
« Non. Et je ne sais pas quand ça sera le cas. »
« Oh… » se contente de grimacer la jeune femme en s’obligeant à se taire à l’aide d’une grande fourchette de pâtes aux champignons.  
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FT. TAYLOR & SAOIRSE

Pendant qu’elle s’empiffre, sa comparse enchaine en lui parlant de son envie d’amener Milo à consulter un spécialiste pour évoquer son traumatisme. Ayant elle-même proposé au grand blond de passer par cette étape, elle ne peut qu’approuver. C’est ce qu’elle fait en hochant la tête en signe d’approbation. La jeune femme termine sa bouchée avant de reprendre la parole.
« Et il n’est pas le seul à qui ça ferait du bien… » glisse-t-elle peu subtilement à Taylor, sur un ton entendu. « La cellule de soutien est encore ouverte. Je pense que j’irai y faire un tour. Histoire de voir à quoi ça ressemble. On pourrait ajouter ça à notre liste des choses à tester ensemble » sourit-elle gentiment à la petite brune maintenant assise à ses côtés.
Elle ne va pas lui forcer la main mais au moins a-t-elle fait son devoir d’amie en lui tendant cette perche !

Après ce sujet plutôt lourd, histoire de ne pas totalement se couper l’appétit en ressassant encore toute cette histoire de fusillade, la jeune femme décide de parler de ses histoires de cœur. Enfin de la dernière en date.
« T’es un peu comme la coke, tu rends visiblement accro. »
« Si tu savais comme c’est usant d’être si populaire et sexy » fait-elle mine de se désoler, avant d’enfourner une nouvelle fourchette de pâtes qu’elle mastique sans beaucoup de grâce… Intentionnellement.
Son amie esquisse un sourire avant d’enchainer, lui demandant ce qui ne lui plait pas chez le policier. C’est une question qui mérite un peu de réflexion à vrai dire… Parce qu’au fond, Saoirse n’a pas grand chose à reprocher au garçon qu’elle a rencontré au Maureen’s Tavern. Il est drôle, sympathique, plutôt sexy et l’uniforme fait son petit effet sur elle. Mais…
« Bien sûr qu’au pieu c’est moi qui domine. Allons Tay, tu m’connais quand même » plaisante la jeune femme, avant de retrouver son sérieux un instant. « En fait j’en sais rien. J’ai juste…pas envie de me lancer dans un truc sérieux. Avec qui que ce soit. »
Tout simplement.
« Alors même s’il a tout du genre idéal avec juste ce qu’il faut de dangerosité dans le regard… Je préfère ne pas insister. Au cas où… »
Et en parlant de ne pas insister, elle n’a pas tellement envie de se lancer dans le sujet de sa peur de l’attachement tout de suite.

Heureusement, Taylor n'en fait pas vraiment cas de ses propos et préfère reporter leur attention sur le type grassouillet qui passe non loin d’elles. Il faut quelques instants à Saoirse pour le repérer mais, dès que c’est fait, elle se déride de nouveau.
« J’aimerai mieux mourir que faire ça » affirme l’interne en médecine d’urgence, avant de prendre un ton moralisateur pour ajouter : « Tu vas trop loin Taylor. »
« Tu sais, au lieu de faire croire à l’autre conne qu’elle a la bluewaffle, peut-être que l’on pourrait récupérer la transpiration de ce type et la lui donner à boire. Tu fous dans un berlingot de jus de pomme, ni vu ni connu… »
La jeune femme pousse une exclamation écœurée avant de se laisser aller à rire grassement.
« Tu sais ce que j’aime chez toi ? » lui demande-t-elle une fois son hilarité passée. « C’est que chaque fois que j’ai l’impression d’être la plus salope des salopes, il me suffit de passer cinq minutes en ta compagnie pour me rendre compte que je suis un modèle de bienveillance et l’altruisme ! T’es un génie du mal Tay… Et je suis bien contente d’être ton amie. »

Cette déclaration fait cependant remonter un souvenir pénible à la surface. Enfin pénible… Drôle avec quelques années de recules maintenant, mais à l’époque des faits, elle avait très mal vécu tout ça.
« Oh Dieu ! Tu te souviens l’été où on s’est disputées après le tournoi de volley que j’avais perdu ? »
C’était censé être un tournoi amical, une belle après-midi ensoleillée, mais qui avait viré au cauchemar parce que Saoirse était (et est toujours) mauvaise perdante. Et le fait que tout le monde félicite son amie et se moque de son jeu plutôt médiocre n’avait rien arrangé. Elle s’était sentie trahie par sa meilleure amie ET par sa famille et l’avait très mal vécu. D’autant que le garçon qu’elle aimait bien à l’époque et faisait du volley n’avait plus eu d’yeux que pour son amie… Bref, ça avait été le drame.
« Tu avais fait montre d’une cruelle ingéniosité cet été là pour te venger… J’avais fait quoi déjà ? Remplacé le dentifrice par la crème pour les pieds ? non, ça c’était après… Qu’est-ce que j’avais… Ah oui ! La crotte de chien dans ta chaussure » se remet à pouffer Saoirse, alors que les souvenirs remontent à la surface. « OK, j’avais peut-être attaqué un peu trop fort cette fois-là ! »
Elle ne se souvient plus comment elles sont parvenues à se rabibocher après ça, mais ça avait été le cas. Sinon elles ne seraient pas assise sur ce brancard aujourd’hui, à parler mec et blagues stupides…



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MessageSujet: Re: Would you like some pasta with your depression ? Mar 4 Avr - 1:16





Would you like some pasta with your depression ?
Saoirse & Taylor

Difficile d’imaginer Soairse soumise au pieu, honnêtement. Elle est plutôt du genre dominante, sort moi les menottes et le fouet Christian, j’vais te faire passer par la chambre rouge moi.
Mais je la comprend quand elle me raconte cette histoire d’engagement et de tout le reste, c’est tellement une nana qui aime profiter des bonnes choses que j’ai du mal à la voir fixe pour l’instant. Et elle a foutrement raison de profiter de se taper qui elle veut.
Bref, la discussion dérive sur un tout autre sujet qui est « Si c’était le dernier type sur terre est-ce que tu te le ferais ? « et la cible se trouve être ce mec en surpoids et transpirant au possible. J’suis pas dans un de ces jours où j’ai envie de me la jouer bonne âme charitable et en pitié. Au contraire. J’ai un peu envie de lâcher la bride, de tout envoyer se faire foutre même si je vais me contenter de simplement bitcher.

- Tu vas trop loin Taylor

Je lève les exagérément les yeux au ciel. Comme si cette connasse était devenue prude entre tout à l’heure et maintenant. J’enchaine avec l’histoire de l’autre morue que j’aimerai farcir à coup de poing dans la gueule pour lui délivrer un plan bien plus dégueulasse à lui faire et je finirais de toute façon par lui en foutre plein la gueule vu comment elle commence sérieusement à me les briser.

- Tu sais ce que j’aime chez toi ?
- Hm ?

Je recentre mon intention sur mon amie, pâtes en bouche.

- C’est que chaque fois que j’ai l’impression d’être la plus salope des salopes, il me suffit de passer cinq minutes en ta compagnie pour me rendre compte que je suis un modèle de bienveillance et l’altruisme ! T’es un génie du mal Tay… Et je suis bien contente d’être ton amie.

Je lâche un rire amusée, presque trop flatté du compliment/déclaration qu’elle me sort là, comme un cheveu sur la soupe.

- Fais pas genre, selon ton humeur t’es encore pire que moi. Tu dis juste ça pour te donner bonne conscience.

Je la bouscule légèrement, taquine, sachant parfaitement qu’elle ou moi, nous pouvons être deux petites langues de putes. Purement et simplement.
Ceci dit, ce petit moment improvisé dans ce couloir me permet au moins de me changer les idées et de ne plus me focaliser sur les dernières horreurs et le corps des gosses décédés que nous avons récupérer à la morgue.

- Oh Dieu ! Tu te souviens l’été où on s’est disputées après le tournoi de volley que j’avais perdu ?

Si je me souviens ?
Putain, comment oublier ce moment où Saoirse fut d’une extrême chiantise, de mauvaise foi parce que Mlle n’aime pas perdre ? Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce souvenir étire un peu plus mon souvenir.

- Difficile d’oublier quand t’as été une véritable peste. Un véritable potentiel déjà à l’époque !

Tout ça pour quoi déjà ? Un match de Volley perdu, une jalousie évidente à ce que personne ne lui accorde la même attention qu’à une équipe gagnante et aussi ce … mec qu’elle kiffait. Elle était love de lui, n’avait d’yeux pour cette chevelure de surfer et ce regard vert émeraude.

- Tu avais fait montre d’une cruelle ingéniosité cet été là pour te venger… J’avais fait quoi déjà ? Remplacé le dentifrice par la crème pour les pieds ? non, ça c’était après… Qu’est-ce que j’avais… Ah oui ! La crotte de chien dans ta chaussure

J’éclate un peu plus de rire que je ne le faisais déjà en me rappelant presque trop parfaitement ces crasses que nous nous étions mutuellement faite, lancée dans une petite guerre à la con et sans queue ni tête.

- OK, j’avais peut-être attaqué un peu trop fort cette fois-là !
- Un peu fort ? Tu déconnes ou quoi, j’me suis toujours dis que valait mieux pas que j’te fasse un coup de crasse un jour au risque à ce que tu ne viennes repeindre mes murs de tes propres excréments.

Elle l’avait tellement mauvaise à cette époque, une véritable guerrière vengeresse prête à tout pour assouvir cette soif. Je me recule légèrement et m’adosse au mur, laissant la bouffe de côté, n’ayant déjà plus faim. On n’peut pas dire que j’sois un exemple de boulimie ces derniers jours.

- J’me souviens surtout qu’après la crotte de chien dans ta chaussure, je t’ai fait la même chose mais avec une sourie morte… Toute la journée en cours t’as joué avec en pensant que c’était un morceau de caoutchouc et que tu trouvais ça drôle de tripoter ça avec tes orteils. Jusqu’à ce que tu voies le carnage arriver chez toi.

J’éclate de nouveau de rire, je n’avais malheureusement pas pu assister à cette scène où elle a découvert ce magnifique présent au fond de sa godasse mais j’imagine presque parfaitement ce que ça aurait pu être.

- Je crois que c’est après ton dernier coup de sneaky bitch, quand tu as ESSAYER de me couper les cheveux pendant une sieste dans la cours, que ça s’est arrangé. T’as fini par me cracher cette histoire de match perdu mais aussi cette histoire de mec et c’est là que j’t’ai avoué mon homosexualité.

Je hausse les épaules, souriant tranquillement à l’évocation de ce souvenir plutôt tendre et amusant, finalement.

- Tout allait vachement mieux de savoir que ce type, j’en avais rien à foutre. Et qu’à la rigueur, c’est sa meilleure pote que je préférais me taper.

A partir de ce moment-là, les choses se sont améliorés, ont évolués pour redevenir proches comme nous l’étions avant cette broutille d’adolescente.
Je n’sais pas combien de temps nous restons là à évoquer les bons souvenirs, à en rire, à se charrier encore sur nos vieilles habitudes malgré les années passées, mais un regard sur ma montre et je sursaute, sautant déjà du lit d’hopital qui nous a servi de banc pendant tout ce temps.

- Merde, j’ai pas vu l’heure. Faut que j’y retourne. Je m’étire et fais craquer ma colonne. Tu devrais venir plus souvent m’interrompre, j’aime bien ces petits interludes de plans machiavéliques et de souvenirs de jeunesse.

Et au moins, ça m’a permis de penser à autre chose, de me sentir surtout autrement que prête à craquer dans la seconde. Je me sens plus légère, plus libre même si je suis bien loin d’être guérie de ce traumatisme qui risque de me coller encore de longues semaines à la peau.
Je finis par la prendre dans mes bras – faits rares chez moi – pour la remercier mais aussi…

- J’suis contente de t’avoir.

Aveux et déclaration lâchés rapidement au creux de son oreille avant de m’écarter, prête à retourner à l’abattoir de cette tuerie. C’est le genre de petit moment qui vous font du bien malgré toute l’ampleur des dégâts alentours.


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Would you like some pasta with your depression ?

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