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 the darkness keeps its grip

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MessageSujet: the darkness keeps its grip Dim 5 Fév - 21:54


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J’angoisse. Mais c’est la meilleure solution. C’est la seule solution. Tout allait bien pour mes amies avant que je débarque dans leur vie, comme la tornade que je suis souvent. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ouragan Milo a fait des ravages… Il y a d’abord eu cette soirée d’Halloween un peu foireuse où on s’est fait attaquer dans un bar et puis… Non. J’ai pas envie d’y penser. J’ai vraiment pas envie d’y penser.
Le souci, c’est que je ne fais que ça. Dès que j’arrive à fermer les yeux, je revois les images de cette soirée. Je revois les corps. Les images défilent avec une netteté cruelle et insupportable. Je revois Reese et son masque de mort. J’ai toujours adoré ses tatouages. Bien sûr, je les trouvais un peu glauque mais maintenant que je l’ai vu pratiquement mourir sous mes yeux…
Et Daya… Daya qui est venue pour accompagner Taylor à qui j’avais demandé de venir. Daya qui a reçu une balle en pleine poitrine et a failli y passer elle aussi. Il s’en est fallut d’un rien. Les médecins ont parlé de quelques millimètres je crois. Si elle était morte, ça aurait été ma faute.
Sans parler d’Ayleen. Ayleen que j’ai harcelé pour qu’elle me rejoigne au salon et qui depuis, n’ose plus vraiment mettre un pied dehors. Ayleen dont la santé s’est subitement détériorée. Elle essaie de me rassurer, de me dire que ce n’est pas ma faute, que c’est le temps et blablabla, mais moi je sais que c’est à cause du traumatisme qu’elle est dans cet état.
Je n’arrive plus à soutenir le regard de Taylor. Je ne supporte plus de l’entendre me parler gentiment, comme si j’étais en sucre, comme si rien n’était ma faute et que tout allait s’arranger. Je ne supporte plus d’être enfermé entre les quatre murs de son appartement. En même temps, l’idée d’être dehors, en pleine rue, vulnérable, me terrifie…  
Travailler pourrait m’occuper l’esprit, me permettre de passer à autre chose, comme ça a l’air d’être le cas pour Taylor et tous les autres qui ont repris le cours de leurs existences, mais moi je ne peux pas. Parce que le salon où je bosse est fermé. Logique puisqu’il s’est fait canarder ! Pareil pour le Penitent où j’avais décroché un second boulot de serveur à mi-temps. Mes deux patrons ont été touchés par balle… Mes deux patrons ont disparus… Et je ne me sens pas capable de retourner là-bas. Je ne pourrais pas y retourner et faire comme si rien ne s’était passé.
Alors je végète. Je passe mes journées vautrées sur le sofa, à lutter pour en pas penser à tout ça, à fumer joint sur joint. J’essaie de me faire livrer à l’appartement de Taylor que je partage avec elle, mais quelque fois, je suis obligée de sortir pour me recharger… Je déteste ces moments-là. Je les déteste…

Pourtant aujourd’hui, je vais devoir affronter ma peur. Je vais devoir affronter la rue et ses horreurs. Je n’ai pas le choix. Mais je me dis que ce sera la dernière fois. Après ça, ce sera terminé. Et avec de la chance, j’arriverai à tourner la page et à passer à autre chose. Dans un autre décor, j’y arriverai certainement… Et peut-être que ce sera plus simple pour Taylor.
Mon cœur se pince à l’idée de ce qu’elle va ressentir. Mais je ne dois pas flancher. Ma décision est prise et c’est la meilleure. C’est la seule solution… Je ne vois pas quoi faire d’autre. Je ne peux plus supporter tout ça. N’empêche, alors que je regarde mon amie se préparer pour sortir faire je en sais quoi (je ne lui pose plus de questions, nous avons du mal à parler ces temps-ci), j’ai envie de chialer. Je renifle le plus discrètement possible et tente de faire semblant d’être absorbé par le programme télé. Si elle remarque quelque chose, elle ne va pas partir et alors… Et alors moi je ne pourrai pas partir non plus. Mais il le faut.
Sitôt qu’elle aura mis les voiles, je sortirai ma valise déjà prête, mon gros sac et je déposerai un mot d’excuse sur la table basse du salon. Je l’ai déjà rédigé, il est dans la poche de ma veste, avec mon herbe et mon Zippo. Ca va être dur… Ca va me faire aussi mal à moi qu’à elle, c’est sûr, mais il le faut. Je suis en train de pourrir l’ambiance. Elle fait tout pour s’en sortir, remonter la pente et moi je suis un boulet à sa cheville.
Je l’ai toujours été. Je m’en rends compte maintenant… Mieux vaut tard que jamais.

Tout à coup, tout s’accélère. Elle me souhaite une bonne journée et passe la porte de l’appartement. Je me relève d’un bon, sentant la panique m’envahir. Taylor est partie trop vite ! Bien trop vite ! Je n’ai même pas pu l’enlacer, l’embrasser une dernière fois ! Je n’ai rien eu le temps de faire !
L’espace d’une seconde, j’envisage de la rattraper pour el faire, et puis je me dis que ce sera trop suspect… Alors je me dis que je n’ai qu’à remettre mon plan à demain. Je peux partir demain, qu’est-ce que ça changera ? Mais non. Il faut que je tienne le coup et que j’aille au bout de mon idée. Il faut que je quitte Chicago. Pour de bon cette fois.
Ma vue se brouille et, alors que je crois être sur le point de faire un malaise, je réalise que je suis seulement en train de chialer comme une merde. Bon, c’est pas grave. Je savais que ce serait pénible. Maintenant que Taylor n’est plus là pour m’entendre ou me voir, j’ai le droit de m’exprimer, de me laisser aller. Alors je chiale tout mon saoul en sortant ma valise de sous le sofa où je dors depuis des mois maintenant. Je me dis que si je n’étais pas revenu ici, rien de tout ça ne serait arrivé…
Bon débarras ! C’est peut-être ce que Taylor va se dire quand elle découvrira que je me suis tiré une fois de plus… Cette idée me fiche la gerbe. Mais je fais avec. Je rassemble mes affaires. Ca ne prend pas plus de deux minutes… C’est trop rapide. Ca va trop vite… J’ai le tournis…
Mais je ne dois pas m’écouter. Je dois aller au bout de mon projet. Pour Taylor, pour Erin, pour Ayleen, Daya et tous ceux que j’ai blessé, d’une manière ou d’une autre.
D’une main tremblante, j’attrape la lettre dans ma poche et la dépose sur la table basse en continuant de sangloter comme un couillon.

…Et c’est à ce moment que la porte s’ouvre à nouveau, laissant entrer Taylor qui m’annonce qu’elle a oublié quelque chose. Je me redresse, le cœur battant à tout rompre dans ma poitrine, le mot encore dans la main. Nos regards interloqués se croisent, et puis elle repère les valises dans l’entrée.
Je devine à l’expression de son visage qu’elle comprend. Elle comprend tout. Et ça la rend complètement furieuse…


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MessageSujet: Re: the darkness keeps its grip Mer 8 Fév - 11:07





The Darkness keeps its grip
Milo & Taylor

Les jours passent, les semaines se suivent et ne se ressemblent pas. On pourrait avoir l’impression que la fusillade est loin derrière nous mais chaque jour me rappellent qu’elle nous colle encore à la peau comme si nous étions prisonniers du goudron. Il reste encore de nombreuses victimes à l’hôpital, celles qui sont encore en convalescence, celles qui attendent de sortir du coma et d’autres qui doivent rester un peu plus longtemps suite à des complications ou parce qu’ils sont sur la liste d’une reconstitution faciales.
Assise sur mon lit, je glisse mon pied dans ma basket et la lasse alors que j’entends à peine Milo dans la salle d’à côté. Je ne l’ai jamais vu si terne, si silencieux que ces dernières semaines. Il a perdu son patron, culpabilise de m’avoir trainé au salon et se dit que par extension, c’est de sa faute si Daya a été aussi mal en point. Mais j’ai l’impression que malgré les nombreuses discussions que nous avons eu à ce sujet, il ne démord pas, ne déculpabilise pas.
Je ne peux pas lui en vouloir quand je suis toujours moi-même encore un peu rongé par la culpabilité d’avoir insistée auprès de Daya pour venir avec moi là-bas.

Je me redresse, m’étire et fais mon sac. Mon service ne commence que dans un peu plus d’une heure mais j’ai promis à Spencer de lui payer un café. Histoire de le remercier de l’aide fourni ces derniers temps. Je vérifie que les deux boites de médicaments pour ce soir se trouve toujours dans le fond de mon sac et ajoute par-dessus mes bouquins et une tenue de rechange, au cas où.
Epuisée, lasse, je me traine jusqu’à ma penderie où je chope ma veste rembourrée et enfile ma grosse écharpe autour du cou.
Mes nuits sont une catastrophe et plus les jours passent, moins j’y vois une amélioration. Mon frère s’inquiète, je le rassure un peu et il se dit que finalement, je sais gérer la situation. En tant que toubib, j’ai l’habitude de faire face à de grosses situations de crises, non ?
Putain, si seulement. J’me sens plonger un peu plus vers une espèce de néant qui me happe toujours plus, toujours plus loin. Combien de fois ais-je lutter pour ne pas prendre un médicament, voire deux, pour dormir, oublier, me speeder pour être plus efficace ? Encore aujourd’hui, j’hésite. J’me dis que ça me boostera, que peut-être je retrouverais une certaine joie de vivre qui m’aidera à aller de l’avant.
Pour ensuite devenir dépendante et devenir une épave comme tous ceux à qui je vends toutes ces merdes trois fois par semaine.
Au lieu de ça, je me blinde. C’est passé maintenant, tout est réglé.
Tout, hein ?

Je finis par sortir de la chambre, vois que Milo n’a pas bougé du canapé. Je n’ose même pas le brusquer un peu, de lui dire de se bouger le cul pour trouver un autre job tellement il m’a l’air à côté de la plaque. J’le soupçonne parfois de fumer comme un pompier et je ne parle pas de la clope. L’odeur est tenace, s’accroche aux murs de cet appartement. Et il suffit de voir ses yeux éclatés pour comprendre qu’il n’en a pas fumé qu’un.
Il me manque, le Milo d’avant. La Taylor d’avant, aussi. Quand on riait, blaguait, bitchait sur des gens, à boire une bière, à se refaire les dialogues d’un film qu’on a vu 100 fois, à se raconter nos journées, à s’enlacer pour trouver un peu d’amour l’un dans l’autre.
Mais depuis la fusillade, ce sont deux ombres qui se fréquentent, qui se parlent à peine. Qui n’y arrivent pas. J’me dis qu’il va falloir prendre le taureau par les cornes, un jour. Ce soir, peut-être. Non ? Demain. Oui, demain, pas plus tard.

Je prends le double des clés et me dirige vers la porte avant de me retourner vers lui.
Oui, demain.

- Bonne journée le puceau.

Une petite boutade, comme chaque jour, pour faire genre. Esquisser un sourire pour faire genre. « Pour faire genre » finira bien par se noyer dans le quotidien pour que l’on se retrouve tous.
Je descends rapidement les escaliers de mon immeuble, sac sur le dos, arrive dehors et …

- Roh merde.

Je fouille mes poches, regarde dans mon sac à dos.
J’ai oublié mon portefeuille et ma carte de transport avec. Fais chier.
Je soupire, râle et ronchonne comme d’habitude tout en remontant mes étages, trainant un peu la patte.
Une de ces flemmes putain…
Je glisse la clé dans la serrure et pousse la porte de mon appartement, sans toquer.

- Désolée, j’ai oublié mon portefeuille comme une co…

Je croise le regard de Milo une seconde, à peine. Suffisamment pour voir que quelque chose merde et ça se voit à mille kilomètres sur sa gueule.
Mes yeux glissent vers des valises, juste à côté de lui.
Puis sur le mot qu’il tient à la main.

Mon cœur s’emballe violemment, ma main tenant toujours la porte et mon sang s’embrase en un claquement de doigts.
Le scénario se trace rapidement, fait son cheminement avec une facilité qui me blesse, constatant l’évidence là, sous mes yeux.
Ce connard était prêt à partir, c’est ça ? Sans rien me dire ? Comme ça, comme un coup de vent ?
Tout n’est que brutalité, j’ai l’impression que mon cerveau s’éveille et enchaine mille et une insulte à la seconde mais la seule chose que j’arrive à faire, c’est de claquer violemment la porte derrière moi sans jamais le lâcher des yeux.
La douleur que ça me provoque au creux des tympans n'est rien contre celle de voir Milo, sur le départ.

- Qu’est-ce que tu foutais ?

C’est pourtant évident, clair et limpide mais je me refuse de croire que ce que je vois, est une vérité. J’me monte sûrement la tête à cause de la fatigue, des nerfs, de la pression. J’me monte des films, j’me monte des conneries, Milo peut pas m’faire ça en traitre. Pas aussi lâchement. Et puis, pourquoi il voudrait partir putain.
Mon regard brille d’une rage nouvelle, je serre mes clés au creux de ma paume à m’en faire mal. Tout plutôt que de me mettre à chialer et ça n’est pas ce qu’il se passe tant la blessure est imposante.

Silence, on se regarde toujours comme deux cons. Prit la main dans l’sac.

- J’t’écoute Milo. J’insiste, voix froide et tranchante. Qu’est-ce que tu foutais, vas-y.

Plus mes mots s’échappent, plus l’évidence balaie tous mes espoirs en carton.
Il comptait partir, se faire la malle. Sans rien me dire, me tourner le dos sans même m’en parler. C’est comme une lame qui s’enfonce entre vos côtes, jusqu’à la garde.


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MessageSujet: Re: the darkness keeps its grip Sam 11 Fév - 9:47


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Le silence tendu qui est tout à coup tombé dans l’appartement ne dure pas trop. Taylor est sous le choc et moi je continue de retenir mon souffle. Je sais que dans une seconde, le calme va faire place à la tempête. Une tempête que je ne suis pas certain d’être en capacité d’affronter… Et d’ailleurs, c’est bien pour ça que j’ai décidé de mettre les voiles. Parce que je ne suis pas prêt à affronter quoi que ce soit. Je veux fuir. Je veux m’enterrer dans un trou et qu’on me foute une paix royale. Je ne veux plus penser à tout ce qui s’est passé. Peut-être que c’est stupide et que changer de décor ne m’aidera pas, mais je ne vois pas trop quoi faire d’autre. Quand j’ai rassemblé mes souvenirs pour tenter de définir à quel moment j’avais été le plus heureux, un tas d’images de mon voyage en Europe me sont revenues. Bien sûr, retrouver Taylor a été génial, je l’aime profondément et quand nous sommes éloignés l’un de l’autre, elle me manque cruellement, sauf que depuis la fusillade, je n’arrive plus à la dissocier de toutes ces horreurs. Je la revois, pleine de sang, à mon chevet. Du sang m’appartenant, du sang appartenant à Daya. C’est trop dur. Peut-être qu’un autre que moi s’en remettrait parfaitement, mais ce n’est pas mon cas, c’est comme ça. Je ne me suis jamais vanté d’être un type sur qui on pouvait compter en toutes circonstances… Et Taylor le sait. Taylor sait à qui elle a à faire.

« Qu’est-ce que tu foutais ? » m’apostrophe ma meilleure amie, son regard furieux braqué sur moi. Je déglutis péniblement et me redresse un peu, gardant le mot en mains. Il ne sert plus à rien de le déposer maintenant.
Je pourrais encore réfléchir à une excuse bidon, lui dire que tout ce que contient ma valise, c’est du linge sale et que je m’apprêtais à me rendre à la laverie. Je pourrai faire disparaître la note dans ma poche ou carrément l’avaler au plus vite pour qu’elle ne la lise jamais. Mais ce serait vain. Elle a déjà compris.
Taylor m’interroge pour la forme, je le sais. Elle me demande de prendre la parole pour enfoncer le clou, pour me mettre le nez dans ma propre merde. Ce n’est pas cool. Je lui en veux un peu de m’infliger ça. Parce que je ne fais pas ça par gaieté de cœur. Je préfèrerai que tout aille bien dans le meilleur des mondes. Avec moi, c’est généralement le cas, mais là… C’est un coup trop dur. Je n’arrive pas à relativiser, positiver et continuer d’avancer. Cette fois, l’obstacle sur ma route me semble bien trop important pour que je l’escalade. Alors je préfère le contourner… Voire rebrousser chemin. Et quand je regarde en arrière, c’est l’Europe que je vois.
Tayor insiste encore. Son visage est fermé, son regard est dur et son ton glacial.
« Tu sais très bien c’que j’foutais Tay » je lui lance d’un ton un peu accusateur, avant de renifler. Je passe ma main libre sur mon visage pour essuyer un peu mes joues barbouillées de larmes.
Je la vois se contracter. Je vois son visage se déformer sous le coup des émotions qui paraissent la traverser. La colère, la déception, le dégoût. Si elle pense que je n’ai pas parfaitement conscience que ce que je fais est injuste et cruel, elle se plante. Ce n’est pas facile pour moi. Je ne dis pas que ça va l’être pour elle bien sûr, ou que ce n’est pas lâche, mais je ne vois pas quoi faire d’autre. Si je reste comme ça, je vais devenir fou ! Je ne suis plus moi. Je ne me reconnais pas. J’ai besoin de changer d’air. J’ai besoin de me bouger. J’ai besoin de quitter Chicago et tout ce que cette ville me rappelle. Elle peut bien comprendre ça quand même ?
Elle voit bien que rien ne va plus. Elle doit se rendre compte que rester là ne sert à rien ! Nous n’arrivons plus à parler autrement qu’à demi-mots. Si je reste, je vais la perdre pour de bon. Si je pars, je pourrai la retrouver… Il faut que je parte pour mieux revenir. Le truc, c’est que je ne me sentais pas capable de le lui dire en face. Fuir pendant son absence était la meilleure option. La seule option envisageable pour moi. Sauf que c’est foutu maintenant…

« C’est mieux comme ça. Pour tout l’monde… »  
J’essaie de me montrer convainquant, sauf que je ne le suis pas le moins du monde. Alors que je devrai lui tenir tête, lui exposer mon point de vue avec force et courage, je recommence à chialer. Parce que la voir dans cet état me fait affreusement mal. Et en parlant de mal : en voyant mon amie se remettre tout à coup en mouvement pour se jeter sur moi, je comprends que je vais avoir encore plus mal… Physiquement mal.
Le mot toujours en mains, j’adopte une posture défensive, me préparant à recevoir la pluie de coups qu’elle va faire s'abattre sur moi.



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MessageSujet: Re: the darkness keeps its grip Mer 15 Fév - 16:22





The Darkness keeps its grip
Milo & Taylor

Si je bouge d’un millimètre, j’explose, c’est certain. Si je respire trop fort ou bouge un petit doigts, je vais hurler, déverser toute ma haine, ma colère, ma peur et mon incompréhension dans cet appartement de merde. Je me sens déjà tendu à l’extrême, comme un élastique sur le point de péter. Je vois mon meilleur ami, mon frère, là devant moi avec ses foutues valises.
Il était prêt à partir, sans me dire au revoir, sans rien me dire du tout et cette seule éventualité me brise en un million de morceau. Alors notre amitié en est là, c’est ça ? Après toutes ces années côtes à côtes il trouve encore le moyen de me la foutre à l’envers, avec lâcheté ?

Et pourtant, j’attends sa réponse. Je veux l’entendre me le dire. Je veux l’entendre de sa propre bouche que oui, il comptait se tirer comme un connard sans rien me dire. Ah si, pardon ! Il comptait visiblement m’écrire un putain de mot !

- Tu sais très bien c’que j’foutais Tay

J’dis rien, je serre les deux, sentant le point de rupture se pointer. Plus je le vois chialer et s’essuyer les joues, plus j’ai envie d’exploser à mon tour en larmes mais surtout, de lui en foutre plein la gueule. C’est disproportionné, c’est brutal, peut-être même stupide… mais je n’suis plus à ça près avec tout ce qui me tombe sur le coin de la gueule. J’ai pas besoin que Milo s’ajoute à toutes ces merdes qui ne me lâchent pas.

- C’est mieux comme ça. Pour tout l’monde…

C’est une bombe qu’il lâche sur mon cœur.
Il chiale et moi aussi. Sauf que contrairement à lui, je ne reste pas stoïque, non. Je me rue sur lui, dopé à la colère et à la peine, dopé à la déception, à la peur.
Et mes coups pleuvent sur son corps maigre mais qui encaisse pourtant si bien. Mes poings partent dans tous les sens, de manière désordonnés, défaits, incohérents mais je m’en branle. Putain oui, je m’en BRANLE ! Je chiale comme rarement je ne l’ai fait, les yeux brouillés de larmes je ne vois plus rien que ma déception et ma tristesse, accompagnée de ma profonde colère.

- T’ES QU’UN ENCULE MILO ! UN PUTAIN D’ENFOIRE DE MERDE !!

Et je frappe, déverse ma rage, cogne toujours plus fort. Mon un mètre cinquante trois contre son un mètre quantre vingt treize. Je n’atteins que ses bras, que son torse et même s’il ne doit pas sentir grand-chose parce que j’ai pas non plus la force d’un bœuf dans les bras, j’y mets malgré tout, tout mon cœur. Complètement aveuglé par cette douleur qu’il m’a infligé avec ces quelques mots. J'évacue enfin tout ce que je cumule depuis autant de temps.

- EGOISTE ! ENFOIRE DE MENTEUR ! T’ES VRAIMENT QU’UN PUTAIN DE CONNARD !

Mes larmes font déraillées ma voix, mes oreilles sifflent de douleur et bientôt mes poings ressentent le même mal. C’est profond, cet ouragan qui se déverse, cette haine qui s’écoule comme la lave d’un volcan dans mes veines. Je pleure, encore et encore. Hurle d’autres mots, d’autres insultent. Il n’a pas le droit de me faire ça, pas sans m’en parler, pas sans qu’on en parle tous les deux pour essayer de comprendre, de corriger tout ça. Qu’est-ce que j’suis devenue pour lui pour qu’il ait les couilles de se tirer sans même me dire au-revoir ?
Imaginer Milo partir m’ouvre le cœur en trois, puis viennent les images de la banque, de la fusillade, des KoS, de mon frère et de tout un tas de trucs que je n’veux plus voir, plus connaitre. Désirant plus que tout un coma profond et sans fin.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: the darkness keeps its grip Sam 18 Fév - 14:43


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Elle explose. Elle se met à chialer tout son saoul, tout comme moi. On ne va pas tarder à avoir de la morve au nez tous les deux, ça va être génial ! Mais j’avoue que mon style ou le sien n’est pas ce qui me préoccupe le plus, là, tout de suite… Pas que ça m’ait déjà préoccupé un jour. Bref. Elle chiale, je chiale, nous chialons. Taylor se jette sur moi et commence à me frapper de ses petits poings. En même temps, elle me beugle dans les oreilles que je suis un enculé et un putain d’enfoiré de merde. Je suppose que je l’ai mérité…
En même temps, j’ai ma fierté et une petite voix dans l’oreillette me souffle que je n’ai pas à subir tout ça. Toute cette violence, cette rage bouillonnante qu’elle déverse sur mon grand corps amaigri. Ce qui s’est passé ce soir là et ce qui en résulte n’est pas de notre fait. Je continue de m’en vouloir d’avoir fait venir tout ce monde pour qu’ils m’admirent avec mon aiguille entre les mains, mais je n’ai jamais voulu ce qui s’est produit. Je ne pouvais pas non plus le prévoir ou l’éviter… Si quelqu’un est à blâmer, ce sont ceux qui ont ouvert le feu sur la population de Chicago. Ce sont les salauds qui ont fauchés ces vies un soir de Noël.
Moi je subis, autant que Taylor. Je subi mon envie de ne rien faire, je subis mon état de déprime permanent et en total contradiction avec ma façon d’être. Je subis le silence de Taylor, nos blagues qui tombent à l’eau, nos sourires forcés, pour donner le change. Elle va devoir subir mon départ. Parce que je ne sais pas quoi faire d’autres. Je ne peux pas continuer comme ça, il faut que je change de décor, que je me reconstruise et je n’arriverai jamais à le faire dans cet appartement, en présence de ma meilleure amie. C’est contradictoire parce qu’en même temps, j’aimerai vraiment qu’elle soit là pour moi et j’ai envie d’être là pour elle. J’ai besoin d’elle mais elle ne peut rien m’apporter, pas dans cet état en tout cas. Elle est trop abimée elle aussi… On a beau y mettre toute la meilleure volonté du monde l’un comme l’autre, ça ne fonctionne pas. La voir avec ses cernes, son air apitoyé, l’entendre pleurer parfois dans sa chambre quand elle croit que je dors me culpabilise atrocement. J’aimerai être en mesure d’aller la consoler, mais je ne peux pas, parce que je suis moi-même en train de chialer comme une merde, le visage étouffé dans mon oreiller pour lui cacher ça, pour ne pas l’inquiéter. Nous sommes en train de nous embourber, d’entrer dans un cercle vicieux. Et je comptais le briser aujourd’hui en mettant les voiles. Sur le long terme, je suis certain que mon plan aurait donné un résultat.
De toute façon à ce stade de notre relation, je crois que n’importe quoi vaut mieux que ce que nous vivons. Et c’est ce que je vais m’efforcer de lui faire comprendre à présent. Mais à la manière dont elle m’insulte, pleure et me frappe, je ne crois pas qu’elle soit capable de m’entendre.

Lassé de recevoir des coups, qui commencent à me faire mal, je fini par libérer mes bras pour parvenir à les passer autour d’elle. Sauf qu’elle me perce à jour et lutte encore plus intensément pour m’empêcher de parvenir à mes fins, me traitant encore de salaud. Mais je ne lâche pas prise, je me fais insistant et après de gros efforts, je parviens à obtenir le résultat escompté. Je la ceinture dans une étreinte fraternelle et la contraint à se blottir contre mon torse qu’elle vient de malmener sans relâche pendant quelques interminables secondes.
Continuant de chialer, je la maintiens contre moi et entame un mouvement de gauche à droite, comme pour la bercer. Elle est toujours tendue, furieuse, mais elle n’est plus en mesure de s’arracher à mon emprise. Elle rend les armes peu à peu. Elle s’est épuisée. Sans compter qu’avec le boucan qu’elle vient de faire, elle a dû se faire sacrément mal aux oreilles… Ca ne doit pas aider. Enfin moi ça m’arrange bien, là tout de suite.
« J’suis désolé Taylor. J’vois qu’ça. J’vois qu’ça à faire pour qu’on arrête de s’bouffer mutuellement d’l’énergie comme ça »  j’essaie d’articuler malgré ma gorge nouée par l’émotion. « Dès qu’j’te vois, je repense à tout ça et j’sais qu’c’est pareil pour toi ! J’arrive pas à m’sortir les doigts du cul et à t’aider ou à m’aider moi ! J’arrive plus à penser à autre chose, ça m’bouffe ! J’peux pas rester là ! » je lui lance en me décollant cette fois volontairement d’elle. J’vais pas l’étouffer non plus… Puis j’sens qu’lele va avoir des tas de choses à me dire et je vais lui laisser une chance de le faire. Avant ça cependant, j’ajoute une dernièer chose, histoire qu’elle connaisse mon point de vue sur la question. Je ne vais pas être facile à convaincre et il faut que’lle le sache… « Si j’t’en avais parlé, t’aurais essayé d’trouver une solution logique qu’aurait pas été logique pour moi parce que c’est pas d’la logique tout ça ! C’est un truc que j’ressens, tu comprends ? Y a pas de solution miracle ! C’est la seule qu’est possible ! Faut que j’me tire de là, que j’arrête d’être dans tes pattes et qu’t’arrêtes de m’imposer ta tronche de déterrée ! On s’aide pas ! On s’aide plus ! »


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MessageSujet: Re: the darkness keeps its grip Dim 19 Mar - 18:05





The Darkness keeps its grip
Milo & Taylor

Peut-être que j’suis entrain de péter les plombs.
Non, je suis entrain de péter les plombs.
Parce qu’il m’a menti, parce que je suis à bout de nerfs, tout comme lui. Parce qu’il comptait se tirer comme ça, sans rien dire, comme un lâche sans avoir à « m’affronter ».
Je suis aveuglée par la haine et la déception, aveuglée par beaucoup de chose en réalité et plus rien ne m’arrête dans les cris, les insultes et les coups que je lui donne. Je veux qu’il souffre autant qu’il me fait souffrir même si je sais que lui aussi à sa dose. C’est pas de l’égoïsme, j’suis parfaitement consciente de sa douleur mais il ne m’a pas laissé l’occasion de le lui dire, pas avec ce coup de couteau qu’il me plante dans le dos.
Il est deux fois plus grand que moi et je m’épuise rapidement à le malmener, les yeux fermés, entrain de chialer comme rarement je le fais. Et la douleur m’use à son tour, faisant siffler mes oreilles de trop gueuler, de faire bien trop de bruit à exprimer ma colère comme je le fais.

Il me ceinture, je cherche à me débattre, à m’écarter. Je ne veux pas qu’il me touche, qu’il me serre dans ses bras, ma fierté se faisant violer par ce geste fraternel.

- LACHE MOI ESPECE DE SALAUD !!

Mes insultes et mes coups redoublent pour le repousser mais il est bien plus fort que moi et me maintient ceinturée de force contre lui… jusqu’à ce que je lâche prise, épuisée, à bout de souffle. Je l’entends, le sens autant chialer que moi et ça ne fait que redoubler mes propres larmes.
Pourquoi est-ce qu’il me la foutu à l’envers comme ça ? Je boue d’une rage folle mais n’ai plus la force de lutter désormais. Mes épaules sont secouées par les larmes silencieuses qui m’échappent entre deux coups de feu que j’entends au loin, revivant quelque part le traumatisme que l’on partage tous les deux.

- J’suis désolé Taylor. J’vois qu’ça. J’vois qu’ça à faire pour qu’on arrête de s’bouffer mutuellement d’l’énergie comme ça

J’ai envie de lui dire de fermer sa gueule parce que tout ça j’le sais … mais putain, qu’est-ce que ça lui coûtait de m’en parler ?
Et j’ai pas envie qu’il parte. J’veux pas qu’il me laisse toute seule dans cet appartement moisi.

- Dès qu’j’te vois, je repense à tout ça et j’sais qu’c’est pareil pour toi ! J’arrive pas à m’sortir les doigts du cul et à t’aider ou à m’aider moi ! J’arrive plus à penser à autre chose, ça m’bouffe ! J’peux pas rester là !


Ca m’fout un coup dans la gueule, une sorte de lame chauffer à blanc qui remue entre mes côtes alors qu’il s’écarte cette fois de moi. Sa chaleur est une absence contre ma poitrine mais je l’ignore, luttant pour ne pas courir m’enfermer dans ma piaule afin de calmer mes tympans, juste cinq minutes. Mais aussi pour chialer, encore. Histoire de tout vider d’un coup temps qu’on y est.
J’comprends ce qu’il me raconte, c’est ça l’pire. C’est que j’le comprends puisque moi aussi quand j’vois sa gueule d’enterrement de dix mètres de long, ça m’rappelle forcément ce qu’il s’est passé. Mais ce que je sais aussi c’est que je vais probablement plongée encore plus profondément dans la merde s’il part.
J’suis pas foutue d’articuler la moindre paroles pour l’instant, parce que j’ai la gorge gonflée par les larmes, étouffant sous la colère.

- Si j’t’en avais parlé, t’aurais essayé d’trouver une solution logique qu’aurait pas été logique pour moi parce que c’est pas d’la logique tout ça ! C’est un truc que j’ressens, tu comprends ? Y a pas de solution miracle ! C’est la seule qu’est possible ! Faut que j’me tire de là, que j’arrête d’être dans tes pattes et qu’t’arrêtes de m’imposer ta tronche de déterrée ! On s’aide pas ! On s’aide plus !
- Parce que toi tu m’imposes quoi à ton avis ? Tu crois que j’suis trop conne pour pas voir que tu te défonces au joint ?

L’attaque par l’attaque, ça n’sera pas la meilleure des solutions. Mais putain j’suis trop en colère parce qu’il a essayé de faire, parce qu’il essaie de me faire avaler.
Pourtant, n’importe qui verrait dans ses grands yeux humides qu’il dit l’unique vérité et qu’il est tout simplement paumé, affligé et au bord de la plus profonde des dépressions. S’il n’y est pas déjà jusqu’au cou.
Alors j’inspire un grand coup, essaie de prendre sur ma moi mais ça s’voit comme le nez au milieu de la figure que je lui en veux comme jamais.

- Tu m’prends pour qui putain. Tu croyais que j’allais faire quoi si tu m’avais tout simplement dit que t’avais besoin d’espace pour respirer, pour te remettre de c’qu’on a vécu ! T’es qui pour décider à ma place de comment j’aura réagis bordel de merde !

Immobile, poings serrés, je ne le lâche pas un seul instant du regard. Je veux qu’il m’affronte, je veux qu’il me dise tout ça dans les yeux.

- On s’connait depuis quel âge rappel moi ? Je ne lui laisse même pas le temps de me répondre. Ca va faire plus de quinze ans ! Quinze putain d’années et tu trouves le moyen de m’faire un truc comme ça ? De partir sans même m’en parler comme un putain de lâche !

Au fur et à mesure que j’lui crache la vérité à la gueule, ma voix tremble et les larmes rappliquent de nouveau. Je les ravale, difficilement.

- J’aurai pu t’aider. Si tu avais pris le temps de m’expliquer clairement les choses, j’aurai pu l’faire. J’suis quand même pas conne au point de pas comprendre que t’as besoin de prendre le large pour te retrouver ! On a plus dix ans merde !

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MessageSujet: Re: the darkness keeps its grip Dim 26 Mar - 10:21


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« Parce que toi tu m’imposes quoi à ton avis ? Tu crois que j’suis trop conne pour pas voir que tu te défonces au joint ? »
J’ai bien envie de lui répliquer que ça n’a rien à voir avec tout ça. D’où sort cette remarque sur le joint ? Ca me perd un peu et je ne sais pas tellement comment je suis supposé réagir face à son attaque tout à fait gratuite. Est-ce que je dois m’excuser ? Est-ce que je dois me défendre ? Aucune idée. Alors je décide de fermer ma gueule et d’attendre qu’elle ait terminé de vider son sac. Un bon gros sac de linge sale qui a macéré un bon paquet de semaines…
« Tu m’prends pour qui putain » s’agace encore Taylor, pendant que j’essuie la morve qui me coule du nez d’un revers de la manche, à défaut d’avoir un mouchoir à disposition. Toute façon, ni elle ni moi ne faisons vraiment dans le glamour et c’est pas là, tout de suite, qu’on va commencer. On a mieux à faire que de s’inquiéter de ce que l’autre va penser.
Quoi que c’est justement ce qu’elle me reproche… De ne pas avoir prêté assez d’attention à ce qu’elle aurait pu ressentir.  Ou au contraire, d’avoir prévu qu’elle réagirait mal et d’avoir choisi de m’éviter des contrariétés. J’sais pas trop bien. J’ai du mal à faire fonctionner ma cervelle embrouillée par la fatigue, ma fumette pratiquement continue de ces derniers jours et par toutes ces émotions désagréables qui me submergent.
« On s’connait depuis quel âge rappel moi ? » me questionne ma meilleure amie, sans pour autant me laisser l’opportunité de répondre à sa question et de lui prouver que je ne suis pas le pire ami de la terre. Je connais au moins notre date de rencontre… « Ca va faire plus de quinze ans ! Quinze putain d’années et tu trouves le moyen de m’faire un truc comme ça ? De partir sans même m’en parler comme un putain de lâche ! »
Je baisse les yeux. C’est le mieux que je puisse faire là, tout de suite, non ? Je sais bien que j’ai merdé et que c’était mal. Mais je n’avais pas la force de l’affronter, ce n’est pas de ma faute. On ne peut pas tous être des rocs ! Ou être capable, comme elle le fait, de réprimer toutes ses émotions et de continuer d’agir comme des automates. J’en suis incapable. Quand quelque chose me ronge, ça me paralyse et je ne suis plus bon à rien. Quand quelque chose la ronge, Taylor serre les dents et continue à se lever, manger, se brosser les dents, aller bosser et bouquiner. Elle est plus forte que moi, ce n’est pas nouveau.

Peut-être que le fait de partir sans la prévenir est lâche, mais le fait d’assumer mon incapacité à affronter tout ça, je ne crois pas que ça fasse de moi un lâche. Si ? J’en sais rien. Moi au moins en tout cas, je suis capable d’accepter qu’un grave traumatisme m’empêche de fonctionner, plutôt que de faire semblant d’en être capable.
Sauf qu’elle pointe justement que je n’ai pas assumé tout ça… Et ça me perturbe. Je suis encore plus largué que précédemment. Je remets tout mon plan génial et presque brave en question. Est-ce que mon départ n’est pas une manière de lui faire comprendre que tout ça nous dépasse et donc une preuve de grande maturité ? Hm…
« Ta gueule ! » je finis par simplement lui crier au visage. « Ferme ta gueule Taylor ! J’t’ai rien dit parce que j’avais pas envie que tu t’te comportes comme une salope et que tu me mettes le nez dans la merde ! »
Elle s’apprête à répliquer, furieuse, son petit nez retroussé dans une expression indignée, mais je m’empresse de la couper.
« Tu fais tout le temps ça ! Tu m’fais toujours passer pour un demeuré ! Toi tu sais tout faire ! Toi tu sais tout gérer et moi j’suis Milo le désespéré désespérant ! Je déteste quand tu joues ta Ellie ! » je l’attaque, conscient que ça ne va pas lui plaire du tout d’être comparée à ma jumelle dont elle critique très souvent le caractère et la manière de me juger. « J’ai peut-être pas eu envie de te parler parce que j’pensais que tu comprendrais pas ! Et c’est l’cas ! Tu comprends rien. Tu pars du principe que si t’arrives à gérer un truc, tout le monde doit en être capable. Et bah c’est pas l’cas ! Le monde ne se calque pas sur ta manière de penser et de sentir ! Et heureusement parce que t’es trop putain d’exigeante ! Tu places toujours la barre trop haute pour moi » je poursuis, sans trop savoir d’où me viennent tous ces reproches.
En tout cas, une chose est certaine : ils me viennent très naturellement… Peut-être que c’est la jalousie qui parle. Peut-être que c’est quelque chose que j’ai toujours ressenti et que je n’ose lui sortir que maintenant. En tout cas, pour sortir, ça sort. Et j’ai encore du stock à lui déballer.
« Tu m’fais chaque fois passer pour un irresponsable que tu dois materner et moi, comme un con, je rentre dans ton cercle vicieux parce que j’ai l’impression que ça t’fait sentir bien d’avoir des conseils à distribuer ! Mais la vérité Taylor, c’est qu’t’as plus besoin d’moi que moi d’toi ! Et ça t’fait chier d’le reconnaître ! Tu l’as compris quand j’suis parti y a un an et ça t’fait chier alors t’as pas envie qu’ça recommence ! T’as pas envie d’être avec moi, t’as juste envie d’asseoir ta supériorité et de me gérer parce que t’es incapable de te gérer toi ! Tu mets le doigt sur toutes mes failles pour ne pas avoir à affronter les tiennes ! Et j’en ai ma claque ! Moi j’ai besoin d’air, j’ai besoin de m’éloigner de cette ambiance de merde et de tes faux semblants ! J’voulais pas te le dire parce que j’voulais pas te faire de peine mais en fait t’as raison, ça fait plus de quinze ans qu’on se connaît tous les deux et il est grand temps que j’te dise enfin c’que je pense ! Il est grand temps que tu changes Taylor et que tu sois honnête envers moi et envers toi-même ! Tant que tu joueras les autruches, on pourra que s’faire du mal ! »



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MessageSujet: Re: the darkness keeps its grip Mer 5 Avr - 3:04





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- Ta gueule !

Je m’arrête net, souffle coupé par cet élan de colère de sa part.

- « Ferme ta gueule Taylor ! J’t’ai rien dit parce que j’avais pas envie que tu t’te comportes comme une salope et que tu me mettes le nez dans la merde !

L’attaque est si violente que j’accuse le coup qu’en ressentant le profond puissant de le renvoyer se faire foutre comme un sale connard qu’il est présentement. Mais encore une fois, je n’en ai pas le temps, Milo en a visiblement gros sur la patate et ce qu’il me dégueule a pour seul effet de me plonger un peu plus bas.

- Tu fais tout le temps ça ! Tu m’fais toujours passer pour un demeuré ! Toi tu sais tout faire ! Toi tu sais tout gérer et moi j’suis Milo le désespéré désespérant ! Je déteste quand tu joues ta Ellie !

Je l’écoute, ça il n’y a aucun doute. Chacun de ses mots dans leur globalité m’atteigne avec la même violence et ampleur qu’un uppercut en plein gueule. L’accusation qu’il me lance me parait tellement énorme, tellement irréel que j’ai presque envie de lui rire à la gueule.

- J’ai peut-être pas eu envie de te parler parce que j’pensais que tu comprendrais pas ! Et c’est l’cas ! Tu comprends rien. Tu pars du principe que si t’arrives à gérer un truc, tout le monde doit en être capable. Et bah c’est pas l’cas ! Le monde ne se calque pas sur ta manière de penser et de sentir ! Et heureusement parce que t’es trop putain d’exigeante ! Tu places toujours la barre trop haute pour moi

Vas-y. Crache moi ta merde un bon coup qu’on en finisse, parce que j’sais pas combien de secondes supplémentaires je vais tenir pour ne pas chialer. Pour ne pas t’envoyer te faire foutre. Pour ne pas jeter ton vieux sac de sport dans ces escaliers pourris de l’immeuble en t’insultant de tous les noms.
Mais surtout, je n’sais pas combien de seconde je vais réussir à rester droite dans mes baskets tellement la douleur est violente, profonde. Comme un putain de poison qui prend son temps et s’infiltre dans vos veines pour vous faire crever lentement mais sûrement.
Ce genre d’attaque de la part d’une tierce personne, ça ne m’aurai fait ni chaud ni froid. Mais sortie de sa bouche à lui, de celui qui est sans conteste l’ultime pilier de ma vie de merde, celui qui est tout simplement une partie de moi ? Rien ne pourrait qualifier la destruction psychologique qu’il est entrain de provoquer chez moi.

- Tu m’fais chaque fois passer pour un irresponsable que tu dois materner et moi, comme un con, je rentre dans ton cercle vicieux parce que j’ai l’impression que ça t’fait sentir bien d’avoir des conseils à distribuer ! Mais la vérité Taylor, c’est qu’t’as plus besoin d’moi que moi d’toi ! Et ça t’fait chier d’le reconnaître ! Tu l’as compris quand j’suis parti y a un an et ça t’fait chier alors t’as pas envie qu’ça recommence ! T’as pas envie d’être avec moi, t’as juste envie d’asseoir ta supériorité et de me gérer parce que t’es incapable de te gérer toi ! Tu mets le doigt sur toutes mes failles pour ne pas avoir à affronter les tiennes ! Et j’en ai ma claque ! Moi j’ai besoin d’air, j’ai besoin de m’éloigner de cette ambiance de merde et de tes faux semblants ! J’voulais pas te le dire parce que j’voulais pas te faire de peine mais en fait t’as raison, ça fait plus de quinze ans qu’on se connaît tous les deux et il est grand temps que j’te dise enfin c’que je pense ! Il est grand temps que tu changes Taylor et que tu sois honnête envers moi et envers toi-même ! Tant que tu joueras les autruches, on poura que s’faire du mal ! »

La gifle fuse dès la fin de sa phrase. Il est beaucoup plus grand que moi et la scène pourrait presque paraitre ridicule de me voir presque effectuer un élan sauté pour atteindre au moins sa mâchoire. Je tremble, j’ai l’impression que je vais m’effondrer dans la seconde. Ces simples mots ont pour effet de détruire la base sur laquelle repose ma vie. Chaque pilier s’effondre, en un tas de roche qui dévale de mon œsophage et s’écraser au creux de mon estomac.

- Tu n’es vraiment qu’un putain de connard Milo.

Ma voix tremble, je ne hurle même pas. Je n’pourrais pas vu les sanglots qui m’obstrue la gorge.
Trop tard, je chiale. Les larmes ruissèlent, sans un bruit pourtant. Dans ma tête se passe un million

- Est-ce que tu t’entends parler ? Est-ce que tu t’entends raconter toutes tes conneries ? Ne me reporte pas la faute de ne pas assumer l’idée de partir sans rien dire, sans même me prévenir. Je peux entendre un tas de chose sur ma gueule, j’peux entendre que j’suis qu’une putain de relou et que je joue les autruches à essayer de faire comme si tout allait bien mais JAMAIS que je n’me comporte comme une putain de salope avec toi et que je te balade par le coin de la gueule comme un clébard pour assoir ma supériorité sur toi.

Mon silence ne dure qu’une seconde, juste le temps de reprendre mon souffle.

- Qui est-ce qui t’as soutenue alors que ta propre sœur n’arrêtait pas de te descendre comme une petite merde irresponsable quand tu t’es tiré à l’autre bout du monde ? Qui est-ce qui n’a pas un SEUL INSTANT arrêté de te tirer vers le haut en t’encourageant dans tes projets, aussi foireux qu’ils puissent être juste parce que ça t’faisait sentir bien, que ça t’faisait sentir quelqu’un ? Mes larmes continuent de rouler mais je ne m’arrête pas, je ne le ferais pas tant que je n’aurai pas dit tout ce que j’ai à lui dire. Ne mélange pas tout putain ! Tu crois que j’arrive à gérer le truc de mon côté ? Tu crois que j’suis pas dans le même état que toi à me trainer tous les matins en essayant de faire semblant que tout ira mieux demain ? Tu n’as PAS la MOINDRE idée de ce qu’est ma vie ces derniers temps, tu n’as pas la moindre idée du calvaire que je vis TOUS les jours depuis plus de dix mois.

La banque, la dette, mon frère, la fusillade et tant de chose encore que je n’arriverais un jour plus à digérer, à trop trainer sur la corde raide.

- Alors t’as raison, je sais pas me gérer et putain non, j’ai pas envie de te voir partir parce que là encore, t’as raison, j’ai besoin de toi. T’es le seul qui m’a jamais lâché depuis qu’on est gamins, t’es le seul qui m’aiderait à bouger un cadavre si j’avais besoin de toi, sans poser de questions mais putain, JAMAIS, je ne te traiterai comme un moins que rien, jamais je n’te traiterais comme de la merde. Tu pourrais bien venir me voir demain pour me dire que tu voudrais te lancer dans l’élevage de caneton dans le fin fond de l’Himalaya, que j’serais là pour t’aider. Si t’as besoin de partir prendre l’air, si t’as besoin de ton espace, très bien, je ne t’en empêcherai pas si ça peut te permettre de te retrouver, si ça peut te permettre d’aller mieux. Mais ne viens plus JAMAIS me dire que j’me comporte comme une salope avec toi et que je prends plaisir à te foutre la gueule dans la merde quand je n’hésiterais pas à finir en taule pour ta petite gueule.

J’ai le souffle court, je lui articule chacun de mes mots du mieux que je peux alors que tout prend forme à chaque phrase. S’il part, j’le sais, je finirai au fin fond du trou mais jamais je ne le laisserais étouffer ici pour ma propre personne, pour mon propre bien. Plutôt crever que d’en arriver là.

- J’t’ai jamais considérer comme un moins que rien, tu n’sais pas combien j’envie parfois ta façon d’être, ta façon de vivre Milo.

L’épuisement pèse lourd sur mes épaules et je ne sais pas combien de temps encore je vais tenir ce discours qui me sort du fond des tripes. La douleur stagne, s’amplifie, elle finira par me taper sur la gueule avec la violence d’un boxer sur le ring. J’ai devant mon meilleur ami, mon frère, le type pour qui je serais prête à tuer s’il le fallait. Et pourtant, en cet instant, je suis partagé entre la haine et la profonde tristesse qu’il me provoque.
Je secoue la tête et le contourne, sur le point de lâcher prise, de m’écrouler au milieu de la pièce pour évacuer tout ce qui boue au creux de mon thorax et me dirige vers la salle de bain. J’aurai pu lui avouer toutes mes merdes, répondre à ce qu’il m’a demandé : être honnête avec lui.
Mais c’est son malheur qu’il crache, sa peine, et je n’lui enlèverai pas ça.

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MessageSujet: Re: the darkness keeps its grip Dim 16 Avr - 9:31


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OK, je crois que je me suis un peu laissé emporter… Tous ces reproches me sont venus sans le moindre mal et je ne suis pas certain d’être fan de ma façon de gérer les choses. Je ne crois pas apprécier la personne que je suis en train d’être… De toute manière, ces dernières semaines, je n’aime pas trop le type que je deviens… Aigri, dépressif, mesquin, méfiant et j’en passe. Ce type me fait autant pitié qu’il m’insupporte. Le problème, c’est que je n’arrive pas à le chasser de ma tête. Il gagne du terrain de jour en jour et c’est pour essayer de le fuir que je fuis aujourd’hui l’appartement de ma meilleure amie. Parce que j’ai l’impression que ce type est lié à cette fille qui habite en ce moment dans la tête de Taylor. Cette fille que je ne connais plus et que je n’apprécie pas trop non plus. C’est une sale menteuse, une comédienne, et je n’en peux plus de toute cette mise en scène.
J’ai été trop loin, j’ai noirci le tableau et tout mélangé dans mes reproches à Taylor. Je le regrette mais en même temps, je n’ai pas spécialement envie de rattraper le coup. De toute façon, maintenant que c’est sorti : c’est sorti. Je ne peux plus faire rentrer la bête dans sa cage, la refermer et agir comme si de rien était. Elle m’a entendu et il n’y a pas de retour en arrière possible. C’est fait. Alors même si je ne suis pas très fier, je tiens tête à Taylor, m’apprêtant à essuyer la vague qu’il va me falloir affronter et qu’elle va faire déferler sur moi…
Et c’est un putain de tsunami qui me tombe dessus.

Je déglutis péniblement et encaisse les quatre vérités qu’elle me balance à la tronche. C’est pas plaisant. Je grimace par moment et baisse les yeux à d’autres. Mais quelques fois, je la trouve injuste, comme elle-même m’a sûrement trouvé injuste. C’est notamment le cas quand elle me signale que je n’ai aucune idée de ce qui se passe dans sa vie en ce moment. J’ai envie de l’interrompre pour lui crier que c’est JUSTEMENT ce que je lui reproche. Je lui reproche de faire semblant d’aller bien, de faire comme si de rien était alors que ce que nous avons vécu est complètement innommable. Et je SAIS qu’elle continue à le vivre en bossant jour et nuit à l’hôpital.
L’idée qu’elle ait dû gérer les cadavres des gosses qui se sont fait tuer lors de cette horrible soirée de Noël me file la nausée, m’est insupportable. Et c’est vrai qu’une part de moi n’a pas envie de ressasser ça, qu’une part de moi voudrait oublier cette information et faire l’autruche, mais l’autre ressent a conscience que c’est impossible. L’autre sait qu’il faut crever l’abcès une bonne fois pour toute et laisser tout le pus sortir. Mais je n’ai pas osé provoquer cette conversation. Je n’ai pas osé parce que je suis un lâche. Et je lui en veux de ne pas avoir compris tout ça et de ne pas avoir trouvé le courage de prendre les choses en mains et de nous obliger à en parler…
C’est complètement barré, c’est complètement con et injuste… Mais ça a toujours fonctionné comme ça. C’est Taylor qui porte la culotte dans notre couple. C’est elle qui aurait dû prendre le taureau par les cornes et nous obliger à nous confronter à la réalité au lieu de faire semblant de rien et de continuer à vivre. Elle nous a laissé couler au lieu de nous remonter vers le haut.

Je sais toutes ces choses. Je sais à quel point je suis cruel. Mais je continue de lui en vouloir. Et je chiale avec elle. Je partage sa douleur, celle qui déforme ses traits et m’atteint de plein fouet, en même temps que ses mots. Je sanglote et renifle comme un sale gosse morveux, rongé par la culpabilité. Un sale gosse qui est aussi vexé d’avoir été pris sur le fait et de s’être fait taper sur les doigts.
« J’t’ai jamais considérer comme un moins que rien, tu n’sais pas combien j’envie parfois ta façon d’être, ta façon de vivre Milo. »  
Je sais pas quoi répondre à ça. J’comprends pas ce qu’il y a à envier. J’suis au bout du rouleau, j’suis complètement largué et à des kilomètres de mes pompes. Des pompes dans lesquelles je ne suis même pas certain de pouvoir rerentrer un jour. Je ne suis pas certain d’être capable de retrouver le Milo d’avant, celui qu’elle dit apprécier et admirer. Je me demande s’il n’est pas mort, là-bas, dans le salon de tatouage où il bossait à mi-temps pour rembourser ses dettes.
Avant que j’ai pu rouvrir la bouche, Taylor s’éloigne soudain, prenant la direction de la salle de bain. Je ne cherche pas à la retenir. A la place, je vais me laisser tomber sur le canapé avant que mes jambes me lâchent d’elle-même. Et puis je chiale tout mon saoul.
C’est un désastre. Tout ça est d’un pathétique affligeant. Je me fais de la peine et Taylor me fait pitié.

Je ne sais pas combien de temps ça dure. Je ne sais pas combien de temps on reste chacun de notre côté à évacuer notre rage, notre frustration, notre chagrin. J’suis dans le gaz. J’ai la tête lourde, la tête qui tourne. J’ai l’impression d’être grippé. Je me sens faiblard, courbaturé par le poids de la culpabilité qui pèse à présent deux fois plus sur mes épaules.
Je me demande à quoi je pensais. Qu’est-ce qui m’est passé par la tête, qu’est-ce que je comptais faire au juste ? Partir pour aller où exactement ? Pour faire quoi ? Comme si je n’allais pas emporter mon bagage émotionnel avec moi en même temps que mes autres valises, physiques celles-ci… C’était stupide. Stupide comme toutes les décisions que j’ai prises dans ma chienne de vie.
Taylor est mon compas, ma constante. Qu’est-ce qui m’a pris de vouloir m’en éloigner ?
Comprenant mon erreur, je me force à me relever et à trainer ma carcasse, jusqu’à la salle de bain. Je ne pleure plus. Je crois que j’ai évacué toute l’eau de mon corps tatoué et décharné par des jours de sous-alimentation. Je me sens lessivé et affreusement seul. Alors je frappe à la porte, timidement, et passe nerveusement d’un pied à l’autre en attendant d’entendre Taylor. J’espère qu’elle me laissera rentrer. J’espère qu’elle sera capable de me pardonner. Si elle ne le fait pas, je vais devenir fou. C’est sûr. Vraiment fou.
Et parce que je suis abruti de fatigue et sans doute déjà un peu dingue, je le lui dis.
« Tay, s’tu m’laisses pas entrer, j’vais péter les plombs. J’vais être un d’ces clodo qui parlent tous seuls et qui font peur aux enfants… »  
Peut-être que je devrai présenter des excuses. Mais là tout de suite, j’y pense même pas. J’veux juste la voir. J’aviserai après.  



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MessageSujet: Re: the darkness keeps its grip Ven 12 Mai - 19:13





The Darkness keeps its grip
Milo & Taylor

Qu’est-ce qu’on a l’air con, quand même. A s’engueuler comme deux rats autour d’un morceau d’ordure. On s’connait depuis qu’on est gosse et on trouve le moyen de se foutre salement sur la gueule, de se sortir des horreurs qui te foutent le cœur en pièce, qui te l’éclate encore un peu plus comme si c’était jamais vraiment suffisant.
Mains accrochées au lavabo, je chiale en silence. Les sanglots au travers de la gorge à m’en faire mal mais hors de question que j’explose bruyamment. Cette putain de fierté reste debout, se refuse de me laisser lâcher prise alors que j’ai juste envie de tout envoyer se faire foutre, de tout envoyer voler au travers cette salle de bain mal éclairée et étroite. J’aurai des tas de putains de bonnes raisons de faire ça. De craquer. D’avaler une tablette entière de cachetons pour mettre un terme à tout ça mais pourtant, j’le ferais pas. J’peux pas parce que j’ai peur de crever. Mais il m’reste quoi si même Milo me considère comme la pire des petites catins ingrates ? J’ai fait c’que j’ai pu avec lui, comme j’ai pu avec ce que j’avais et jamais j’aurai cru autant morfler de l’entendre dire toutes ces horreurs. J’peux l’entendre de n’importe quelle bouche mais pas de la sienne.

J’m’en fou qu’il se tire d’ici pour prendre l’air. Mais qu’il le fasse en me tournant le dos, sans nouvelles, en me jetant sur la touche comme une vieille merde… j’peux pas. Pourtant, j’respecterais son choix, même si ça me coûte des semaines de dépressions dissimulées.
Appuyée sur le lavabo, tête penchée, je bouge d’un pied sur l’autre pour pas m’écrouler et exploser. Je suis incapable de savoir combien de temps s’écoule depuis que j’suis partie de mon côté. La seule chose que je constate c’est que je n’ai toujours pas entendu la porte s’ouvrir et claquer une dernière fois, sonnant la fin d’un monde.
Du mien.

Quelques coups à la porte et je me redresse légèrement, gardant la tête basse.
Je suis entre le soulagement et l’indécision.
Il est toujours là, derrière le battant en bois, revenant vers moi. Mais est-ce finalement une bonne idée que de lui répondre ? Est-ce qu’il ne serait pas mieux loin de moi et de tout ce que je lui inspire ?
Incroyable à quel point la peine peut vous biaiser le cerveau.

- Tay, s’tu m’laisses pas entrer, j’vais péter les plombs. J’vais être un d’ces clodo qui parlent tous seuls et qui font peur aux enfants…

Ce connard réussit à m’arracher un sourire au travers mes larmes sèches. Même dans le drama, il a toujours une connerie à me lâcher dans le plus grand des calmes, d’un naturel affligeant parfois.
Pourtant, j’hésite à lui ouvrir. Parce que la rancune est encore là, comme une coulure d’acide dans le fond de la gorge et parce que j’me dis que j’devrais le laisser partir. J’arrête pas de retourner tout ce qu’il m’a claqué en pleine face et je sens bien que j’suis entrain de me remettre en question. Et s’il avait raison ? Si j’étais tout ce qu’il m’a dit ? La pire ordure qui soit, égoïste et manipulatrice. C’est pas de ça dont il a besoin Milo. Non, c’est pas de ça.
Je me passe une nouvelle fois la main sur le visage séché de mes larmes mais un regard dans la glace et je constate que j’ai les yeux gonflés, rougit.
Je laisse planer quelques secondes et me tourne enfin vers la porte que j’ouvre, l’estomac et le cœur toujours aussi plombé. Saoulé aussi qu’il ait réussi à me faire sourire malgré toute ce poids qui me pèse. Quelques pas en arrière et je retrouve le bord du lavabo sur laquelle je m’appuie, bras croisés sous la poitrine.
A la seconde où je croise son regard, mon cœur se recroqueville de douleur pour lui.

- J’viendrais te donner des pièces de temps en temps, t’inquiète pas.

En réponse à ce qu’il m’a sorti tout à l’heure, certainement avec mille temps de retard.
Je me frotte l’œil de la paume de ma main avant de tousser et de le regarder de nouveau. Aucun bruit, un silence presque pensant, gênant. On sait pas quoi s’dire parce que tout ce qui a été craché nous fait de la peine mais d’un autre côté, jamais j’pourrais lui en vouloir à vie de tout ça. Pas lui. Milo c’est le phare des échoués, le mien. J’ai besoin de lui pour trouver un minimum d’espoir et ne pas me flinguer la gueule demain.

- Bon. On va pas s’regarder dans le blanc des yeux une éternité.

J’enroue mes bras autour de ma poitrine, statique.

- On va faire c’qu’il faut pour t’aider, ok ? Je glisse ma main dans mes cheveux, les ramène en arrière, donc en désordre. On va… réapprendre à se parler. Correctement. On s’cache plus ce genre de merde.

Parce que si c’est pour le perdre définitivement, j’préfère pas.

- J’veux que tout aille bien pour toi frangin, donc on va se serrer les coudes.

Comme on l’a toujours fait. Comme j’espère toujours le faire avec lui.

- Maintenant que t'as craché toute ta merde, faut voir ce dont t'as vraiment besoin pour aller. Changer d'appartement, trouver un job, voir un psy... je marque une petite pause avant de hausser les épaules. T'auras certainement besoin des trois mais t'seras pas tout seul.

J'lui ai toujours dis qu'il ne le sera jamais. J'peux pas le laisser tomber. Pourtant, j'sens bien que j'ai un arrière goût amer. Peut-être parce que je me remet en question ou que tout simplement, tout ce drame dont nous avons fait preuve m'a foutu toute ma merde sous le nez et que j'ai du mal à l'encaisser.
D'autant plus que quand j'lui dis qu'on s'cachera plus aucune merde, j'lui mens ouvertement... J'ai bien hésité une centaine de fois de tout lui avouer, me disant que peut-être ça pourrait m'aider à mieux supporter tout ça. Mais force est de constater que si j'lui avoue quoi que ce soit, je le fous dans la merde avec moi.
Mon regard se porte dans les grands yeux clairs de mon frère. Regard que j'aimerai rallumer, en cette seconde.

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MessageSujet: Re: the darkness keeps its grip Dim 14 Mai - 18:49


I tried to be so strong
I thought that hope would come
How can this happen how can this be
There is no ending there is no peace
The darkness is so close
The light so quickly goes
Now it's all gone


J’attends qu’elle me donne le feu vert pour rentrer. J’ai besoin de la voir, de la toucher, de respirer le parfum de ses cheveux. Je suis en manque. Pire que la weed. Comment est-ce que j’ai pu m’imaginer deux minutes que je serai capable de l’abandonner, de partir ? Bon, je l’ai déjà fait, mais les circonstances étaient totalement différentes alors ! J’allais bien et, plus important encore : ma meilleure amie allait bien. Là, ce n’est pas le cas. Taylor va mal et je n’ai fait que lui enfoncer la tête sous l’eau, alors que je lui ai toujours juré que je serai là pour elle, alors que je me l’étais juré à moi-même. C’est n’importe quoi ! J’ai merdé dans les grandes largeurs et il faut qu’elle me laisse l’occasion de le reconnaître. Il faut qu’elle me pardonne et qu’elle me laisse la voir. Si je ne la vois pas, je vais devenir fou. Si elle me repousse, je vais en crever, c’est certain !
Et puis le miracle se produit. J’entends le frottement de ses pieds sur le sol carrelé de la salle de bain et puis, l’instant d’après, le verrou tourner. Je retiens mon souffle, m’attendant encore à ce qu’elle ouvre pour me jeter un produit quelconque dans la face avant de me hurler de déguerpir, quitte à se filer une migraine carabinée.  
La vision qu’elle m’offre est bien pitoyable. Je ne dois cependant pas avoir l’air franchement mieux… Ses yeux sont tout rouges et bouffis et son visage est plus marqué que jamais. Elle vient de prendre dix ans dans les dents la pauvre. Je suis à deux doigts de lui faire une remarque à ce sujet quand elle me devance et prend la parole.
« J’viendrais te donner des pièces de temps en temps, t’inquiète pas. »
J’en chialerai de bonheur si mes yeux n’étaient pas si desséchés. J’ai plus une goutte d’eau dans le corps. Je suis une momie. Ca aussi j’ai envie de le dire, parce que c’est drôle, mais je n’ose pas. J’ai peur qu’elle m’accuse de ne rien prendre au sérieux… C’est pas ça, c’est juste que j’ai envie de détendre l’atmosphère et c’est la seule technique que je connais pour désamorcer une dispute : les blagues moisies.
« Bon. On va pas s’regarder dans le blanc des yeux une éternité » me lance-t-elle encore, reniflant peu discrètement.
« Ben surtout qu’tes yeux m’foutent les boules. On dirait qu’t’es possédée par le démon ma vieille morue » je lui confie d’une voix vibrante d’émotions.

Mes angoisses s’estompent, comme par magie. La magie de ma meilleure amie, de ma moitié. Ce que je ressens en cet instant, qui surpasse tout le reste, c’est de la fierté. Je suis fier d’être son ami, fier de la connaître et de partager sa vie, fier de nous et notre capacité à pardonner l’autre, à nous soutenir quoi qu’il arrive.
« On va faire c’qu’il faut pour t’aider, ok ? » enchaine Taylor, poursuivant un moment sur cette lancée. J’acquiesce, plus pour la forme qu’autre chose. La vérité, c’est que je n’ai pas tellement envie de papoter là, tout de suite. Tout ce que je veux, c’est la prendre dans mes bras et sécher ses larmes. « Changer d'appartement, trouver un job, voir un psy... T'auras certainement besoin des trois mais t'seras pas tout seul. »
Je secoue la tête, de gauche à droite cette fois et, incapable de me contenir plus longtemps, j’efface la distance qui nous sépare d’un pas. Mes bras se referment autour de ses épaules et je l’attire contre mon torse pour la serrer avec force.
« J’suis désolé. J’suis trop désolé » je recommence à chialer, soulagé de la retrouver. Ses bras remontent dans mon dos qu’elle caresse pour m’apaiser et nous restons dans cette position un long moment. C’est moi qui suis à l’initiative de notre séparation. J’essuie mon nez morveux dans ma manche et, de son côté, elle essuie ses yeux larmoyants dans ses doigts. Elle a toujours eu un peu plus de classe que moi…
« J’vais faire des efforts. J’vais voir un psy, t’as raison. Et j’irai trouver M’sieur Haynes pour qu’il me redonne mon ancien job. J’vais m’sortir les doigts du cul, j’te le promets Tay. Mais…mais t’es passé à côté du message ma belle… » je me risque à lui lancer, attrapant ses mains dans les miennes pour les presser doucement, entremêlant mes doigts aux siens. « J’veux que t’ailles bien toi aussi et je sais que c’est pas le cas. Je pourrai pas aller mieux en sachant que t’es mal. Tu comprends ? Ca m’bouffe de t’voir dans cet état et de savoir que je peux pas t’aider. C’est comme si…c’est comme si t’avais pas assez confiance en moi. J’dis pas ça méchamment Tay… Sans doute que tu l’fais pas exprès, que tu veux pas m’confier tes soucis parce que t’as peur que j’plie sous l’poids mais… J’peux encaisser. Toi aussi tu dois faire quelque chose. Tu dois me parler. Tu peux pas porter le monde sur tes épaules. T’es trop petite ! Imagine si ça te tasse encore plus, tu vas disparaître, c’est sûr ! » je tente de la taquiner, lâchant une de ses mains pour venir tapoter le bout de son nez rougis par son chagrin. « On va essayer d’aller mieux ensemble, OK ? »      
  



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MessageSujet: Re: the darkness keeps its grip Mar 23 Mai - 23:10





The Darkness keeps its grip
Milo & Taylor

Il supprime la distance qui nous sépare et ses grands bras se referment sur moi. Ca me donne encore envie de chialer qu’il fasse ça. La moindre trace d’affection me fera cet effet là, surtout venant de lui. Je referme l’étreinte à mon tour, autour de ses hanches en posant ma tête sur son torse, serrant les dents.
C’est certain maintenant, j’vais me sentir seule sans lui, complètement désarmée. C’est mon petit rayon de soleil en ce moment, même si c’est pas trop la joie. Mais ça reste mon super pote, mon frère, c’est une moitié de moi. J’aime pas quand on s’engueule et quand il profère ses excuses je secoue la tête en silence, incapable de prononcer la moindre parole, la gorgée trop serrée par les larmes à venir.
Je caresse son dos à la place, une façon à moi de lui montrer mon affection, ma tendresse. J’pourrais rester des heures comme ça, sans bouger, à profiter de cette étreinte fraternelle, pleine d’amour et de réconciliation. J’suis pas une grosse fan des sensibleries mais je sais l’admettre quand j’en ai besoin. Et là, j’en ai besoin. J’veux tout simplement que tout aille mieux, qu’il n’y ai plus de merde à l’horizon…

Il met fin à l’étreinte que j’aurai bien prolongé un peu plus et j’le regarde s’essuyer sur sa manche alors que du bout des doigts j’essuie mes larmes.
C’est exactement pour ça que je nous aimes, pour cette différence parfois flagrante de tenue. J’en ai rien à foutre qui s’mouche dans sa moche, qu’il ait des piercings partout, qu’il s’lave pas pendant trois jours. Ca change rien de ce qu’il est à mes yeux.

- J’vais faire des efforts. J’vais voir un psy, t’as raison. Et j’irai trouver M’sieur Haynes pour qu’il me redonne mon ancien job. J’vais m’sortir les doigts du cul, j’te le promets Tay. Mais…mais t’es passé à côté du message ma belle…

Je varie entre la fierté de le voir se prendre en main, d’avoir cette énergie nouvelle qui lui va si bien et la curiosité, surprise de voir qu’il veuille relancer la conversation. J’sais pas si j’suis prête à relancer le débat, à expliquer de nouveau tout ça. Enfin, c’est pas question d’être prête mais plutôt d’en avoir la force et la volonté. J’suis crevée, j’ai ma garde qui m’attend même si j’vais certainement avoir du retard et j’ai vraiment envie de finir cette conversation sur une bonne note…
Il me prend les mains, nos doigts se joignent.

- J’veux que t’ailles bien toi aussi et je sais que c’est pas le cas. Je pourrai pas aller mieux en sachant que t’es mal. Tu comprends ? Ca m’bouffe de t’voir dans cet état et de savoir que je peux pas t’aider. C’est comme si…c’est comme si t’avais pas assez confiance en moi. J’dis pas ça méchamment Tay… Sans doute que tu l’fais pas exprès, que tu veux pas m’confier tes soucis parce que t’as peur que j’plie sous l’poids mais… J’peux encaisser. Toi aussi tu dois faire quelque chose. Tu dois me parler. Tu peux pas porter le monde sur tes épaules. T’es trop petite ! Imagine si ça te tasse encore plus, tu vas disparaître, c’est sûr ! On va essayer d’aller mieux ensemble, OK ?

L’instinct de préservation fait que je lâche un pauvre rire à sa blague, comme si j’y étais absolument réceptive.

La vérité, c’est qu’il vient de foutre un énorme coup de pieds dans le peu de volonté qu’il me restait pour ne rien cracher, pour ne RIEN lui dire. Ses mots sont une putain de tentation à la confession et je sais déjà que j’peux pas me le permettre, que j’peux pas le mêler à tout ça. Parce que c’est ce qu’il va se passer. Si je fais la moindre erreur, si j’ai le moindre retard ou qu’il se passe quoi que ce soit et que les KoS savent que Milo est au courant, ils vont pas chercher midi quatorze heure pour m’atteindre.
Et j’peux pas lui faire ça, pas à lui. J’peux pas l’obliger à porter ce secret qui pèse 10 tonnes et surtout, je ne peux pas lui infliger cette épée de Damoclès au-dessus de la tronche.
Pourtant, ça me bouffe de l’intérieur. J’ai qu’une envie : Cracher ma merde, lui expliquer de long en large et en travers ce qu’il se passe actuellement dans ma vie pathétique. Que si j’traine ma carcasse comme je le fais, c’est pas seulement parce que j’ai tous les visages des enfants morts qui défilent tous un par un devant mes yeux avant de dormir.

Ce qu’il ne sait pas, c’est que j’ai déjà disparu sous le poids de ma propre merde.

Je ravale mes larmes, reprend sa main dans la mienne et pince les lèvres.

- Avec une grande perche comme toi pour soutient, aucun risque que je ne disparaisse.

Je lui souris, la boule au ventre, gorge nouée.

- J’sais que j’ai pas été du meilleur soutient, j’suis désolée. Je lève mon regard encore humide vers lui, sincère. C’est juste que j’sais plus trop comment gérer certains trucs de mon côté. J’arrête pas de voir tous ces gosses qu’on a vu défiler à la morgue dans des états pas croyable, j’arrête pas d’en faire des cauchemars. Sans compter Daya et même toi que j’ai cru n’jamais revoir.

J’ai cru que Daya n’allait jamais survivre, que Milo allait lui aussi passer l’arme à gauche. J’me suis vu frôler la crise d’hystérie ce jour-là et si je n’avais pas vu Natalia, même si c’était pour discuter de son mari, j’sais pas si j’aurai réellement réussi à retrouver la réalité. C’est con mais elle a été une sorte de point d’encrage, me permettant de me concentrer sur autre chose que tout ce qui se passait dans ma tête.
Je serre un peu plus fort les mains de Milo, inspirant silencieusement.

- Moi aussi j’vais faire des efforts pour aller mieux, pour m’bouger le cul… mais j’suis pas encore prête à parler de tout ça. Je ne lui mens pas, je lui dis juste une demi-vérité. Laisse-moi encore un peu de temps et promis j’te raconterais, t’expliquerais tout, ok ?

Ce n’est pas véritablement un mensonge puisqu’en soit, je ne suis vraiment pas prête à déballer tout ça. Ou peut-être que je le suis un peu trop justement. Je n’en sais trop rien. Tout ce que je sais c’est que je ne veux prendre aucun risque pouvant le mettre en danger. J’me dis que quand ma dette sera réglée, j’pourrais lui parler de tout ça même s’il m’en voudra sûrement de pas l’avoir fait avant, de pas lui avoir raconter tout ça parce que, et ça c’est certain, Milo fera absolument tout pour m’aider à rassembler les sommes nécessaires, quitte à vendre des trucs chelous dans la rue, il le fera si c’est pour m’aider. Tout comme je le ferais de mon côté. On est comme ça entre nous.
Je jette un regard à ma montre avant de lâcher un soupire las.

- J’vais être en retard pour ma garde, j’dois y aller. J’suis désolée.

Je le prends presque aussitôt dans mes bras, ou plutôt enroule mes bras autour de lui pour me serre une nouvelle fois contre son torse.

- On va s’en sortir tous les deux, on va s’reconstruire. Je tire cette fois sur son cou pour lui déposer un bisou sur sa joue. Il est presque obligé de se plier en deux pour ça, pour que je le garde contre moi. Je t’aime frangin.

Je reste comme ça encore un peu parce que ce contact me fait du bien, me donne un peu le courage dont j’ai besoin en ce moment pour me lever, continuer mes journées. Et ça me soulage aussi, de le savoir toujours là, présent. J’vais l’aider, il va m’aider. On l’a toujours fait et y a pas de raison que ça change aujourd’hui, non ?

- Allez, j’vais y aller. On s’voit ce soir ?

Je lui accorde un sourire encourageant. Même s’il veut malgré tout bouger d’ici, j’lui en voudrais pas. S’il veut son espace, je m’en fous temps qu’il soit dans les parages, que ça lui profite, que ça l’aide à aller mieux.
Je reste encore un peu avec lui -de toute façon, en retard pour en retard...- avant de prendre le large vers l’hosto. Si ça ne tenait qu’à moi, j’aurai passé ma journée avec lui, à jouer aux jeux vidéos, à regarder un film, n’importe quoi, si c’était pour nous retrouver, comme avant.

- FIN POUR MOI -
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