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 once you've opened your heart... | ayleen

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MessageSujet: once you've opened your heart... | ayleen Dim 26 Fév - 21:29



...you can't close it again.
ayleen

 
Il n'y a de beauté que dans les brises qui viennent s'abattre contre sa personne, contre les pas qu'il a entrepris au-travers Chicago, vaillant être de chair bravant les spirales glaciales d'un hiver sans fin. Aussi, il contemple tout ce qui n'appartient pas à l'Homme, tout ce qui diffère du superficiel, tout ce qui s'éloigne des monstres bétonnés qu'ils ont fait naître, les uns après les autres, ça sans jamais songer aux conséquences que pourraient avoir ces étendues grisâtres plus tard. Qui y aurait pensé, de toute manière, puisque pas même lui ne l'aurait fait, égaré dans un monde qui n'appartient qu'à lui où rien qui soit inutile n'existe. Ils ont su vivre autrement durant des siècles, pourquoi pas davantage ? Pourquoi pas encore maintenant qu'ils en ont si besoin ? Puis son téléphone vibre, ses songes s'éteignent. Pas si inutile que ça, un triste sourire amusé contre ses lèvres. Début d'après-midi, une légère vague de froid déjà présente, insistante, prometteuse pour les semaines à suivre, qui sait ? Ça suffit amplement au bouclé pour ajuster son échappe, cacher son cou un peu plus tandis qu'il continue d'aller contre le vent, ses yeux clairs venant se perdre ici et là, sur les silhouettes dansantes, lassées d'un quotidien auquel elles n'ont que trop à faire. Lui aussi, bien que plus fier, plus pimpant. Il l'a toujours été, si droit, imposant, vantard de ce qu'il a accomplit, de ce qu'il est devenu. En vérité, non, il n'est beauté que ce qu'il estime l'être. Son existence, ce qu'il apprécie bien que la liste ne soit pas des plus longues. Il est de ceux qui possèdent encore l'âme créative et les pensées construites, de ceux qui pourraient refaire le monde, révolutionnaires, si leur traditionalisme n'était pas si préoccupant. Et, il est une pensée qui s'échappe vers celle portant le prénom qui vient de s'afficher sur l'écran de ce qu'il tient, une longue attention qui se perd dans les méandres d'une ruelle animée, loin de sa route, loin de sa personne qui lui parviendra finalement, quelques heures plus tard. Une programmation comme une autre, une sortie de routine momentanée, la possibilité de se rapprocher d'une partie de son monde, de cet univers qu'il chérit et qu'il croit si incompris par le commun des mortels. Exaspéré mais rassuré de voir que tout espoir quant à l'humanité n'est pas perdu, Ayleen remonte le niveau malgré son jeune âge, preuve de plus que chacun n'y met pas forcément du sien pour paraître – à défaut de l'être – mature. C'est une constatation, un coup d’œil jeté sur la fenêtre qu'il garde ouverte en ce qui concerne l'extérieur, cette autre réalité dans laquelle il erre mais à laquelle il ne s'intéresse plus depuis de longues années déjà. Et c'est l'esprit tourné sur cette image qu'il garde de la ville dans laquelle il périt tristement qu'il s'en retourne à son havre de paix, petit appartement miteux du Downtown qu'il chérit plus que de raison au vu de ce qu'il est, défait de tout si ce n'est ce qui lui appartient depuis longtemps.

8:00 pm. La rue est dense, comme chaque jour, comme chaque soir. Il n'y a de silence que lorsque le monde s'acharne à faire régner ses intempéries. Rien ne le dérange, pas même les conversations qui fusent, le regard qu'on lui porte tandis qu'il attend, impatiemment, deux places entre les doigts parce qu'il refuse d'attendre plus longtemps que les longues minutes déjà écoulées. Côté pratique, loin de cette autre définition que pourrait avoir son geste, lui n'y songe même pas, écarté de ces conventions, écarté même de tout ce qui se fait. Et, c'est malgré son agacement qu'il sourit lorsqu'elle s'approche, unique perle consciente de la beauté qui sommeille dans ce que les gens ignorent désormais. Elle monte dans son estime, plus qu'il n'aurait pu l'imaginer aux premiers abords, plus qu'il n'aurait pu le penser en apprenant son appartenance à une lignée qu'il surveille, et de près. Elle est le centre de bien des choses, une porte qu'il doit franchir, l'accès à ce qu'il convoite pour l'instant de loin et Matthew, même en possession de son être, devra attendre avant de jouer aux téméraires. Il le sait et ça grouille dans sa tête, murmure incessant, mélodie longue de pression, de tension. Elle est ce qu'il doit garder, au plus près pour de multiples raisons. Mais il tait ses pensées, il les tait celles-ci parce qu'elles pourraient lui faire perdre un atout des plus précieux, un joyau d'innocence ignorant dans un domaine qu'il reproche à quiconque vivant dans ses alentours ; la sociabilité. Piège cruel, prison douloureuse. Erreur humaine. Un aller simple pour les enfers personnels, pour cette douleur lancinante qui erre et guette, qui patiente jusqu'à planter ce qui bat sous les poitrines, ce qui déconne sous la sienne, croit-il. C'est ce qui le diffère des autres, il ne s'attache pas, Matthew en est incapable et s'en est persuadé il y a bien bien longtemps déjà. Pourtant, il joue le jeu à la perfection, sourire accroché à ses lèvres, une sollicitation ouverte sur la main qu'il lui présente, sa place y logeant, sa peau l'y invitant. Il prend les devants, pensant être chaleureux, sympathisant, loin des notes romantiques que pourraient avoir sa perception de la sociabilité en cet instant même. Il ne sait pas ce qu'il joue, se fit à l'instinct, à l’automatisme de ne pas avoir à réfléchir. Bête, il peut l'être quand il en vient à se hisser au bas niveau d'autrui. Et si son sourire pourrait l'attendrir, il déchante une fois son visage couvert par les ombres de la salle, loin de l'atmosphère prenante des lieux, encore loin de se fondre dans la candeur qu'il trouve à ces lieux, à ces événements. « C'est gentil. » Dit-il une fois installée, le regard toujours tourné vers la scène, l'air de rien, peu à l'aise dans ce genre de prestation bien que sincère quant à ce qu'il pense de cette sortie. « D'avoir pensé à moi. » Continue-t-il, comprenant qu'il peut être peu clair, comprenant qu'elle est loin d'être dans sa tête. Ça mettra du temps mais il saura s'y faire, il saura paraître plus 'naturel' ; chose qui ne l'enchante guère mais qui l'aiderait plus qu'il n'ose déjà se le dire. Là, il doit encore tout apprendre, tout, comme répondre au sourire qu'elle lui offre.

 
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MessageSujet: Re: once you've opened your heart... | ayleen Sam 25 Mar - 0:44

Once you've opened your heart...
Matthew & Ayleen

Some people are artists. Some, themselves are art.

La portière se ferme dans un fracas distinctif. De la banquette avant, l' homme bedonnant lève son œil morne de chien dans son rétroviseur. Il regarde rapidement quelle tête peut bien avoir la personne qui vient de faire irruption dans son taxi alors qu'il s'octroyait enfin une petite pause dans cette rue où on ne lui réclame jamais aucune course d'habitude – lui laissant alors tout le loisir de déguster son kebab puant qui embaume tout l'habitacle. Encore une cinglée, encore une malade de jeune qui n'est pas assez surveillée au vue de l’accoutrement qu'elle aborde dans un quartier pareil. Une gosse qui va se faire déglinguer en soirée par un mec louche ou bien une de ces artistes déjantés, illuminés, drogués probablement. C'est ce qu'elle peut lire dans le regard de ce chauffeur aux tempes grisonnantes de stress et de fatigue. D'ailleurs, il la gracie même d'une inspection de haut en bas dans la vitre mouchetée du rectangle de plastoc au dessus de lui ; comme pour s'assurer qu'elle a de quoi payer et qu'elle n'a pas tout claqué dans la robe coûteuse qu'elle tente de faire rentrer entièrement dans l'espace restreint du siège arrière. Ses genoux et le voilage délicat frottent contre le tissus crade, à la limite du visqueux, de sa place à lui tandis qu'il élève enfin la voix. « C'est pour quoi ? ». Un hoquet de rire surpris s'extirpe des lèvres féminines qui ne savent pas trop quoi balbutier dans un premier temps. Elle pourrait bien lui jeter un regard froid et cracher la destination comme le font les 95% de personnes qui habitent cette ville et qui prennent quotidiennement ce moyen de transport ; mais Ayleen reste figée dans sa perpétuelle expression polie, un peu béate « Civic Opéra, Madison Street s'il vous plaît.  » Il écarquille ses yeux avant de chiquer quelque chose d'inexistant semblant se dire qu'elle doit vivre au dessus de ses moyens en se rendant dans un lieu pareil. Elle lui aurait d'ailleurs bien balancé un connard pour conclure le tout; mais après tout ce type a peut être de très bonnes raisons d'être dans cet état exécrable. Un job pas très glorieux, jugé minable par beaucoup, certainement pas d'enfants ni de femme au vu du magasine porno qui traîne nonchalamment dans la boite à gants ouverte. Il est aisé de le juger autant qu'il le fait au travers de son langage corporel. Mais la jeune femme en reste là, préférant boucler sa ceinture et zyeuter son téléphone dans la légère appréhension d'y voir s'afficher un message annonçant un imprévu. Heureusement rien.

Après un bon quart d'heure de taxi bloqué dans un kilomètre de bouchons, le véhicule s'arrête péniblement devant l'édifice imposant où une petite queue se constitue face à une billetterie dorée comme on en faisait à la grande époque ; quand les dames se prenaient encore leurs pieds dans leurs jupons, quand les hommes se défiaient en quelques coups d’œil, moustache fine et haut de forme en place – époque dans laquelle elle aurait aimé vivre, grandir et évoluer au son de l'élite musicale, au regard des plus grands auteurs et autres effluves intellectuelles ; même si son temps aurait été bien plus diminué que celui dont elle dispose en ce siècle moderne. La jeune femme reste quelques secondes immobile, le cœur étrangement contractée pour cette toute nouvelle sortie avec un homme. Certes ça n'est évidemment pas ce qu'on pourrait qualifier de rendez-vous galant au vu de la particularité sociale de l'invité en question ; mais exposé à n'importe qui c'est une situation qui en a tout l'air. Sortir le soir, passer les dix-huit heures, passer la descente finale d'un couché de soleil avec un membre du sexe opposé et dans un lieu chic ce n'est pas ce que l'on qualifie de rendez-vous amical. Pourtant ça l'est, pourtant ce soir, c'est une communion d'artistes, c'est la culture encensée, la richesse de l'esprit emmêlée, partagée. C'est la première occasion pour Ayleen de parler de ses goûts particuliers, de trouver quelqu'un à son niveau, avec les mêmes références, les mêmes intérêts pour les détails, les formes, les couleurs, toutes ces choses qui échappent au commun des mortels, qui se perdent dans l’insensibilité générale.
Elle vérifie dans la vitre l'aspect probablement misérable de son reflet avant de rapper les quelques grumeaux déposés au fond de sa gorge sèche. Elle a cette appréhension habituelle de ne pas être à la hauteur, de ne pas être assez bien pour cet esprit fascinant de supériorité. Elle étend ses bras dans un recoin de son sac à main pour en sortir une liasse de billets qu'elle tend par dessus l'épaule masculine qui ne cesse de bouger d'impatience. « Merci, bonne soirée. » Il grommelle quelque chose qui ressemble aux mêmes mots qu'elle vient de prononcer avant qu'elle ne quitte définitivement cette voiture avec la légère trouille que ses fringues se soient imprégnées de l'odeur âcre de bouffe bon marché. Ses doigts lissent les pans de sa robe, son nez renifle plusieurs fois avant de se braquer sur l'entrée de l'Opéra. Ses yeux, brillants, se coincent sur les contours des multiples visages qui se dessinent devant elle. Et puis là, le relief de cheveux bruns foncés, parfaitement coiffés, un menton saillant surplombé de pommettes tranchantes. C'est lui. Il est là. A quelques mètres. « Bonsoir ! Oh ! Vous êtes très élégant ! » Un grand sourire naturel et quelque peu satisfait se dessine sur les lèvres de la jeune femme tandis qu'elle avance d'un pas franc vers ce quadragénaire presque inconnu et qui pourtant semble en savoir plus à son sujet que n'importe lequel de ses amis. Elle lui tend une joue, s’enivre discrètement du parfum qu'il porte durant cette bise avant de l'analyser à nouveau dans la marche qu'ils exécutent vers le lieu du spectacle. Devant le manque de cravate de son partenaire, Ayleen décide d'avoir l'air un peu moins formelle elle aussi en attaquant son chignon compliqué, laissant ainsi s'évaporer la chevelure contre les épaules qui se dénudent de leur manteau. A l’intérieur l'ambiance est au comble du luxe. Lumière tamisée qui se diffuse sur les bâtons de faux bougeoirs dans le coin des murs ; qu'elle se met instantanément à contempler en plus des moulures au plafond, des arches qui s'étirent au dessus de leur tête lorsqu'ils prennent place sur un petit balcon. « Je n'pouvais pas trouver mieux que vous pour apprécier ce genre de loisir, surtout après le bon moment que nous avions passé l'autre fois dans la galerie d'art. D'ailleurs...ça m'fait penser que je vous ai développé les photos que j'avais pris de vous... » En se penchant elle attrape un petit paquet de craft qu'elle lui tend timidement « J'y ai joint une des éditions des Métamorphoses d'Ovide que mon père avait en double j'ai cru comprendre que vous aviez des lacunes en mythologie ça devrait compenser comme ça. » Elle pouffe un peu faisant référence à ces espèces de défis verbaux qu'ils ont pu se lancer lors de leurs précédentes rencontres, jouant à mesurer la taille de leur connaissances contrairement à d'autres qui s'amusent à se mesurer tout autre chose. « Vous voulez qu'on prenne une coupe de champagne peut être ? »

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MessageSujet: Re: once you've opened your heart... | ayleen Dim 26 Mar - 16:43



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« Je n'pouvais pas trouver mieux que vous pour apprécier ce genre de loisir, surtout après le bon moment que nous avions passé l'autre fois dans la galerie d'art. D'ailleurs...ça m'fait penser que je vous ai développé les photos que j'avais pris de vous... » Ce sont ses derniers mots qui l'amène à tourner la tête à nouveau dans sa direction, ses perles claires venant dévier sur l'enveloppe qu'elle lui tend et qu'il hésite à prendre ; quoi que. L'hésitation n'est que de courte durée, le papier désormais logé entre ses doigts tandis qu'il se retient de jeter un coup d’œil dedans, envie nourrie par l'égocentrisme dont il peut faire preuve. « J'y ai joint une des éditions des Métamorphoses d'Ovide que mon père avait en double j'ai cru comprendre que vous aviez des lacunes en mythologie ça devrait compenser comme ça. » Et s'il s'était fait de marbre jusqu'alors, c'est une légère grimace offensée qu'il vient lui attribuer tant qu'un léger rire s'extirpe des lèvres féminines ; chose qu'il ne connaît que trop peu à son contact et qu'il vient savourer, plus que de raison, nouvelle satisfaction pour l’ego du personnage. En vérité, cette soirée est une toute première pour lui, la compagnie d'une jeune femme qu'il estime pas si bête que ça également. Et c'en est agréable, plus qu'il n'aurait pu le penser aux premiers abords, lorsque leur rencontre se faisait des plus originales, des plus imprévues. Il se fait à sa présence, il se fait aux regards qu'elle n'hésite pas à poser sur lui, tous ces coups d’œil qu'il sent mais auxquels il ne prête finalement plus d'attention, concentré sur la manière dont les choses se jouent, sur la manière dont les choses se présentent, se souvenant de bien des conseils donnés par sa colocataire ; qu'il ne suivra pas, par fierté, par conception défaite des normalités que suit autrui. S'il s'était donné la possibilité de faire des efforts, Matthew s'est finalement décidé à rester ce qu'il est, ce qu'il sera toujours ; ça malgré les efforts de beaucoup en ses alentours. « Vous voulez qu'on prenne une coupe de champagne peut-être ? » Il quitte ses songes, toutes les pensées qui vont et viennent assaillir son esprit en un rictus offert à la petite brune tandis qu'il se lève simplement, interceptant l'un des employés, passant commande en insistant pour que le tout lui soit ramené ; peu enclin à vouloir quitter sa place, décidé à tenir sa présence puisque l'attention – une nouvelle fois – tournée vers lui et, pour ce soir, d'une bonne manière. « Ça devrait arriver. » Laisse-t-il entendre, regagnant sa place assise, le regard à nouveau donné à ce qui se passe un peu plus bas tandis que ses mains trouvent refuge sur ses genoux, Matthew peu à l'aise mais en bonne voie de détente, ou presque. Puis, dans un silence bref, il songe à ce qu'elle a pu dire quant à leur entrevue dans la galerie, à la manière dont elle s'est permise de qualifier toutes ces minutes passées en sa compagnie ; ça l'amène à froncer les sourcils, demeurant encore dans l'absence de n'importe quelle parole.

Puis, elle arrive enfin, cette première marque de nervosité, le quadragénaire venant se redresser en fouillant – au cours d'une fraction de seconde – les poches de son pantalon, se souvenant enfin de ce qui les orne. Il maudit Jade et ses conseils, il maudit cette volonté de ne pas avoir voulu trop désagréable avec la seule personne à qui il se soit risquer à donner du crédit de par son intelligence et sa culture, ce monde détérioré qu'elle porte sur ses frêles épaules, en quelques points similaires au sien d'ailleurs, surtout. Puis, il se sent ridicule, chose qui l'agace plus que de raison, Matthew s'animant un peu brusquement pour tenter de vaincre ce sentiment désagréable qui lui parvient jusqu'au creux de la gorge. « Pour être franc, vous êtes ma première sortie accompagnée depuis très, très longtemps. Je n'ai pas l'habitude de faire la conversation, ni même de passer ne serait-ce que plus de cinq minutes avec qui que ce soit. J'agace les gens, je les irrite et beaucoup menacent de me tuer, assez souvent en vérité. Jusqu'à maintenant, vous êtes la seule à avoir piquer ma curiosité parce que vous n'avez rien de tous ces idiots, vous vous intéressez à ce qui n’intéresse pas et en soit, j'avoue vous avoir porter de l’intérêt et donc d'avoir demandé de l'aide à... je ne sais pas ce qu'elle est, j'imagine qu'elle dirait « amie » pour se qualifier mais je n'en suis pas sûr. Toujours est-il qu'elle reste parfois raffinée et je fais confiance à ses goûts – certes parfois douteux. Néanmoins, elle l'a choisie mais c'est de ma part. Pour vous. » Déblatère-t-il d'une traite, sa voix prenant possession du petit balcon dans lequel ils se tiennent, tous deux, lui bêtement et elle visiblement surprise, davantage quand la boite d'un petit bracelet en argent vient se perdre sous son regard, portée par la main étrangement stable de celui qui n'a pas tourné le regard ne serait-ce qu'une fois dans sa direction durant ses paroles complètement absurdes. « Apparemment, ça se fait, alors prenez-le. » Ajoute-t-il quand elle semble hésiter, posant enfin l'azur brisé d'un vert clair sur la jeune femme et le sourire qu'elle aborde. « Soyez pas ridicule, Ayleen. Si vous vouliez être timide, il fallait le faire dès le départ. » Plaisante-t-il, à sa manière, venant s'emparer délicatement du poignet de la Belle pour y déposer la boîte grise contre sa paume avant que l'un des serveurs ne parviennent jusqu'à eux, la bouteille qu'il avait commandé enfin posée et leur coupe servie sur la petite table leur faisant face. « Par curiosité, vous ne faites pas d'expositions ? » Elle sort de nulle part, venant briser l'instant précédent et le faible malaise qui s'était instauré par ses actions. Il en revient à ce qu'il pense neutre, quelque chose d'un peu moins semblable à une approche directe ; trop peu doué lorsqu'il s'agit de sociabilité, quelle qu'elle soit. Il essaie de retrouver toute sa prestance, tout ce qui fait de lui cette machine calculatrice, cet être dénué de tout ce qu'il découvre en cet instant même, perturbé, irrité par ce qui lui prend, ce qu'il ne comprend pas.

 
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MessageSujet: Re: once you've opened your heart... | ayleen Jeu 15 Juin - 19:15

Once you've opened your heart...
Matthew & Ayleen

Some people are artists. Some, themselves are art.

La politesse que dissimule la peur tatillonne et incertaine de l'inconnu laisse encore les quelques murs de retenue et de convenance de mise se dresser, s'ériger entre leurs deux personnes. La conscience d'un prénom et la mémoire d'un visage, le parfum d'une présence et le savoir maigre de quelques goûts en commun ; voilà tout ce qu'ils partagent alors qu'ils prennent place au dessus même des planches où se jouent les plus grandes mascarades. Derrière les mordorures des rideaux épais se cachent des amis, des amants, des familles qui ne se soupçonnent même pas avant de recevoir un simple morceau de papier ou bien la quelconque voix d'un type le leur ordonnant. Acteurs et musiciens feignent leur amitié, leur amour, leurs passions et leurs tragédies sous la perfection du joug de la légende et des textes qui nourrissent tout esprit remplissant lentement cette salle. Eux, ne feignent aucune histoire transcendante. Eux, ils ne font que semblant d'arborer l'aisance forcée que l'on porte dans ces endroits inhabituels, abstraits, hors normes ; ce masque lisse qui atténue l’imperfection des postures, l'angoisse du manque de mots, de ces blancs qui cachent pourtant l'hésitation branlante de phrases balbutiées silencieusement au bout de leur langue sèche. Ils déglutissent difficilement. Des œillades se balancent, osent, montent et descendent les silhouettes, effleurent les contours osseux des visages timides qu'ont les courtisans des premiers rendez-vous. Ils captent l'éclat des lumières dans les pupilles qui aussitôt se tordent pour rejoindre la vision terne des bouts de leurs chaussures, timorés. Dans les raclures des assises contre le parquet, leur dos s'enfonce un peu plus tandis qu'ils cherchent la meilleure accroche comme un publicitaire paniqué par la possible perte de son job. Comment a été votre journée ? Vous faites quoi déjà dans la vie ? Comment va votre femme/vos enfants/ votre mère/insérez la mention utile ici afin d'obtenir tous les renseignements nécessaires à cette soirée.
Ayleen prend une grande inspiration, détaillant l'homme qui réclame l'alcool dont ils ont besoin pour délier leur langue. Sur leurs sièges imposants de luxe et de velours, le rouge chatoyant dérobe sa couleur criarde sous les tissus sombres des vêtements qu'ils arborent tout deux comme des camisoles de force afin de s'imposer dans ce monde de privilégiés. Riches seulement de leur culture – tout du moins pour son cas à sa connaissance – ils lissent la paume des mains qui s'humectent par la torsions dures des doigts gênés. Et puis comme subitement piqué à vif, son compagnon se redresse. Froncement brusque des sourcils, la jeune femme observe attentivement les mouvements peu adroits qui malmènent l'intérieur d'un veston sombre et côtelé. Plus il débite son discours et plus un sourire candide déploie ses crochets et s'accapare du visage entier de la sylphide qui papillonne. Plus les notes suaves et mélodieuses résonnent à son oreille, en ne fournissant aucun effort pour oublier les pas bruyant du serveur, plus Ayleen arbore la mine d'une femme intéressée. Amusée même mais pas assez pour attraper immédiatement le minuscule écrin qu'il lui tend ; et ce sans lui accorder ne serait-ce qu'une œillade afin de s'assurer que sa main ne se trouve pas à trois mètres au dessus d'elle. « Soyez pas ridicule, Ayleen. Si vous vouliez être timide, il fallait le faire dès le départ. » D'un tiraillement imperceptible des joues, ses dents croquent la chair qui se colore, vive, d'un rose délicat en surface. Le courage que lui assène le léger picotement qu'elle se procure par la mâchoire lui donne la force nécessaire pour accepter le cadeau sans broncher lorsque les phalanges masculines blanchissent en capturant son poignet. Le petit clap distinctif est le seul son qui empli l'espace du balcon, flottement de quelques secondes de silence surpris par la finesse du bijoux. « C'est...Vraiment, il est magnifique. Il ne fallait pas. Merci beaucoup. »
Comme un jaillissement dans la gorge, une renaissance brutale qui annihile doucement les appréhensions éphémères, le cadeau et la remarque lui rappellent les étiquettes collées faussement à cette soirée « amicale ». Se levant elle aussi à son tour, arquant le sommet de son regard de biche nullement effrayée à présent, elle s'approche de l'homme avec la nouvelle facilité que lui offre son raisonnement soudain. « Mais je pense que vous êtes un odieux menteur monsieur Goodwin. » Capturant élégamment le pied de cristal d'un verre dont elle épouse les bords incurvés de ses lèvres, elle poursuit dans sa logique. « Je ne pense pas que votre « amie » vous ait conseillé d'un coup de me prendre ça au bout de la vingtième sortie que nous faisons juste parce que ça se fait. Elle ne vous a pas dit ça pour rien je pense. Par ailleurs, ça se fait lors d'un rendez-vous galant et non lors d'une sortie que vous avez qualifié de « sympa » quand je vous ai demandé de venir voir ce spectacle avec moi. Donc... je pense que vous savez plus y faire que ne vous voulez bien le laisser paraître et qu'en conclusion... je vous intéresse. »  Les petites bulles viennent claquer leurs flots contre la vague ronde que forme la pointe du nez féerique hérité de sa mère. Les joues creusées par l'effet de succion, elle engloutie le liquide amer qui s'émoustille sur ses papilles sans quitter de ses billes chocolat le quadragénaire qui se crispe plus durement que les pilonnes marbrés de la salle. Et dans un rire ouvertement moqueur elle se contente de se rasseoir pour poursuivre sur une autre conversation entamée qui semblait le rendre plus à son aise. « Sinon pour en revenir à ce que vous disiez, non, je n'ai pas d'exposition. Enfin, mon père met parfois mes travaux dans sa librairie mais c'est tout. Je dois continuer mes jobs de serveuse pour payer mon matériel, c'est purement un passe temps. Il faut que j'occupe mes pensées depuis ce mois de décembre désastreux et depuis que j'ai passé la barre des vingt-cinq ans aussi. » Détournant enfin sa tête vers le contre-bas par dessus la balustrade lustrée, les lumières jaunes s'amenuisent pour se diriger uniquement vers la scène qui s'anime enfin. L'index enroulant les petits maillons d'or qui ornent désormais son bras, Ayleen dirige toute son attention sur l'opéra qui joue ses toutes premières notes.
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MessageSujet: Re: once you've opened your heart... | ayleen Mar 27 Juin - 21:25



...you can't close it again.
ayleen

 
Elle s'est levée, confiante, autant qu'il la connaît en tout cas. Elle lui paraît plus familière, plus « comme d'habitude » si les termes sont à utiliser au vu des nombreuses fois au cours desquelles ils se sont vus. Matthew, aussi, vient perdre ses perles claires sur elle, détaillant sa posture, sa manière de se comporter, tous ces traits qui ne lui échappent plus vraiment. Un rictus, une invitation à jouer davantage de sa voix. Elle l'a saisi, cette opportunité, elle vient faire entendre la douce mélodie que peut être cette tonalité quand elle retrouve ce fond de taquinerie. Le jeu se lance ; comme Jade l'avait prédit. « Mais je pense que vous êtes un odieux menteur monsieur Goodwin. » Odieux, il l'a toujours été et ça ne lui arrache aucune surprise contrairement au « menteur » qu'elle laisse lui échapper, un mot qu'il n'attribue pas à sa personne si ce n'est dans un cadre bien précis ; loin d'être celui-ci. Alors, il fronce les sourcils, il ose venir pleinement lui faire face comme dans l'espoir que la réponse n'ait pas à tarder ; volonté qu'elle vient assouvir, d'une manière qu'il ne connaît trop bien. Parce qu'elle s'essaie à sa manière de faire, parce qu'elle se risque à autant de mots qu'il aurait été en mesure d'énoncer, à autant de déduction qu'il aime à faire entendre. Ayleen entre dans son jeu, elle impose sa voix, ses règles – ou plutôt les leurs – jusqu'à certains termes, jusqu'à cette idée qui vient le faire sourire et qui arrache enfin un semblant d'émotion au quadragénaire. « Donc... je pense que vous savez plus y faire que ne vous voulez bien le laisser paraître et qu'en conclusion... je vous intéresse. » Il ne dit rien, Matthew se contente d'un silence, d'une absence de mot qui pourrait aisément laisser supposer bien des vérités quant à ce qu'elle vient d'énoncer ; mais loin de là l'idée, loin de là la raison première. Matthew n'a seulement rien à faire entendre, rien qui puisse prétendre le contraire qui, en soit, n'a pas lieu d'être. Bien-sûr qu'elle l'intéresse, pour l'âme qu'elle porte, pour la détente qu'elle parvient à immiscer dans chacune des situations qu'elle vient vivre à ses côtés, être immuable qui finalement pourrait presque paraître humain. S'en suit un rire de la Belle, quelque chose qui vient clore l'instant pour ouvrir la porte à un autre, plus commun, plus habituel. « Sinon pour en revenir à ce que vous disiez, non, je n'ai pas d'exposition. Enfin, mon père met parfois mes travaux dans sa librairie mais c'est tout. Je dois continuer mes jobs de serveuse pour payer mon matériel, c'est purement un passe temps. Il faut que j'occupe mes pensées depuis ce mois de décembre désastreux et depuis que j'ai passé la barre des vingt-cinq ans aussi. » Des mots qui viennent se perdre dans la pénombre de la salle qui s'installe. Il s'en contente un court instant, laissant ses perles claires venir se perdre sur la scène qui s'éclaire, celle qui attire le coup d’œil, l'attention toute entière, l'admiration même peut-être. Quant à lui, il s'en repose sur les mélodies et le violon qu'il croit distinguer ici et là, derrière quelques messes basses, derrière quelques toussotements.

Et s'il ne s'en était jamais formalisé, Matthew revient sur les mots de la jeune femme, sur ce qu'elle est venue prétendre, prétexter quand lui ne suivait que des conseils jusqu'alors avisés. Il en baisse le regard, détournant facilement l'attention des chants qui accaparent les âmes en bas de leur balcon. Il essaie de réfléchir, de se faire une raison, il cherche les réponses à ses propres questions parce qu'il pense pouvoir y parvenir, il pense pouvoir y remédier par lui-même ; en vain, au bout de bien des minutes. Matthew s'excuse alors auprès d'Ayleen, détournant son attention du spectacle qu'ils sont venus voir ; pas réellement désolé, feignant une certaine civilité. « Qu'est-ce qu'il y avait de drôle dans l'éventualité que vous me plaisiez ? » Demande-t-il soudainement avec un sérieux des plus déroutants. Parce qu'il espère qu'elle se fera sincère, parce qu'il veut la voir répondre avec la plus grande des honnêtetés. Il en a entendu des choses à son sujet, bien des critiques, des regrets mais jamais il n'avait imaginé une telle conversation, là, sur un sujet dont il ignore pratiquement tout ; presque tout, vraiment. Il guette son regard, il guette ses gestes, il guette ses doigts et cette première habitude qu'elle gagne à le toucher, à l'effleurer comme – peut-être – dans l'appréhension de le voir disparaître. Et il essaie de penser à ce qu'on lui a dit, il essaie de se souvenir des mises en garde faites, de tous ces conseils avalés avec l'ambition de les respecter. Il s'y échoue, là, en cet instant même tandis qu'il vient lui faire face, détournant légèrement son siège de la vue qu'il possédait jusqu'alors. « Non car je l'admets volontiers. Vous êtes brillantes, vous en savez bien plus que la plupart des abrutis qu'on croise à longueur de journée. Vous remontez le niveau que beaucoup s'affaire à baisser, parfois même malgré eux. J'estime que rien n'est à moquer. Ou alors j'en loupe plus que je ne le crois puisque, en vérité, j'arrive pas le moindre du monde à comprendre comment les autres fonctionnent tellement ça m'a l'air ridicule. » De l’honnêteté, il en use sans réellement savoir s'il le doit ou non. Matthew redevient ce qu'il a toujours été, cet homme dont les songes échappent à la barrière de ses lèvres, aussi insultants puissent-ils être. Mais s'il est une première le concernant, c'est cette confession quant à ce qu'elle vient représenter dans son monde, dans cet univers à part mis à disposition qu'à l'esprit du lieutenant qui fronce les sourcils en constatant qu'elle n'en perd pas son sourire. Parce qu'elle s'est habituée à lui, peut-être. Parce qu'elle est parvenue à apprendre à ne plus s'offusquer de ses odieux dires, de ses complaintes concernant cette société dans laquelle il n'entre pas. « Je vous amuse ? » Il s'y risque alors, sans l'ombre d'une méchanceté, au contraire. Son sourire se risque le long de ses lèvres, il essaie de s'en défaire sans réellement y parvenir, sans en avoir ne serait-ce que l'envie. Elle vient offrir quelque chose d'autre à son quotidien morne, triste, inchangé depuis trop d'années. Elle est la nouveauté dans le vieux, la surprise qui perturbe des habitudes bien rangées ; et ça, pour son plus grand plaisir. Sa solitude s'en estompe, doucement, au fur et à mesure qu'il parvient à croiser son regard. « Laissez, je vous embête – je crois – et je vous fait rater votre spectacle. Désolé d'avoir l'air si inquiet, j'aspire seulement à ne pas vous ennuyez en sachant que vous, vous m'épargnez ce sentiment désagréable. »

 
♡ ♡ ♡
 MACFLY

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