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 Waking up | Lou ♥

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MessageSujet: Waking up | Lou ♥ Ven 3 Mar - 0:36




Lou & Julian
Waking up

L
a seule chose qui ne me semble pas floue et dénuée du moindre sens, c’est cette migraine. Cette foutue, incroyable migraine qui consume jusqu’à la moindre parcelle de mon cerveau qui tenterait un tant soit peu de comprendre ce qui est en train de m’arriver. Il y a ce flash qui revient en boucle. Un impact. La douleur. Sans cesse. La même image ne me laissant aucun répit, pas la moindre occasion d’en savoir un peu plus sur ce qui m’arrive. Ce qui m’est arrivé. Ce que je fais là.

Je n’ai pas ouvert les yeux tout de suite. La lumière brûlait au travers de mes paupières closes. Pas prêt. Pas envie. L’impression de me réveiller d’un long sommeil pourtant pas réparateur pour un sou, plus fatigué qu’à l’heure du coucher. Et le monde qui commençait à s’affairer autour de moi, je pouvais l’entendre, et je rêvais… Je rêvais de leur grogner d’aller au diable, de me lâcher la main, de cesser leurs rondes autour de mon foutu lit. Que faisaient-ils tous là, d’ailleurs ? Qui étaient-ils, seulement ? Bon dieu, je n’aspirais qu’à me rendormir et ces crétins m’y empêchaient.

Pourtant, impossible de lâcher le moindre mot. Le moindre son. Quand je me sentis prêt à regarder autour de moi, déterminé à faire passer ma rage par d’autres moyens que la parole, il y eut un choc. Choc direct. Efficace. Je n’étais ni chez moi, ni en train de dormir. Tout autour de moi était immaculé, l’agitation provenait d’hommes et de femmes en blouses blanches et oh mon dieu que me voulait-elle cette folle à me baragouiner des imbécilités incompréhensibles avec son sourire bienveillant ?

Ça doit faire quelques heures, maintenant. Peut-être plus. Aucune notion du temps, c’est déjà un exploit que j’aie reconnu l’ambiance familière d’une chambre d’hôpital. Je n’ai pas encore tout compris. Tout ne me revient pas et j’ai encore du mal à mettre des mots sur l’entièreté de mes pensées. Une fois capable de comprendre ce médecin supposé me rassurer, j’ai entendu les mots « accident », puis « coma ». Et c’est étrange parce qu’ils me parlent autant qu’ils restent flous. J’en comprends l’ampleur. Je suppose leur gravité. Mais je ne suis pas en mesure de réaliser ce qu’ils signifient, une fois placés dans leur contexte. Parce qu’il n’y a pas de contexte.

Mes yeux se ferment à nouveau alors que la migraine frappe. Je m’entends grogner, une main se soulève lourdement et je me masse les tempes par réflexe, sans tout à fait comprendre pourquoi je le fais ni d’où ce geste me vient. Je tente de concentrer mes pensées : Julian. Mon nom est Julian Stokes, ça, c’est au moins resté. Focus, Stokes. Je sais que ça va me revenir. Comme un mot qu’on cherche, sur le bout de notre langue. Ma vie entière se trouve sur le bout de ma langue, prête à m’éclater à la figure. Il suffit que je me concentre…

Je sais à peine qui je suis. Pourtant, quand elle entre dans la pièce, alors que mon esprit refuse de me rendre ne serait-ce que son prénom, je sais. Je n’en ai pas le moindre doute. Je cesse de réfléchir et pose les yeux sur une merveille. Mon cœur s’emballe, et je n’ai pas besoin de me souvenir pour que ça coule de source : cette femme est spéciale. Et si je fais confiance à mon instinct, je crois que je l’aime. Que c’est fort. Et que ça a le mérite d’être souligné.

Un sourire qui se dessine lentement. L’ombre d’un sourire, plus précisément. Le maximum que mon corps puisse supporter. Et un léger, très léger murmure. Premier son à daigner passer le barrage de mes lèvres :

- Hey…
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MessageSujet: Re: Waking up | Lou ♥ Lun 6 Mar - 0:44



 
waking up
ft. julian


L'air lui semble lourd, irrespirable alors qu'elle en manque, plus que de raison. Elle s'est mise à courir, aussi vite que possible jusqu'à y parvenir. Et les secondes se font faites éternelles, lentes, si lentes qu'elle en perdrait la raison si ses esprits lui étaient accessibles ; chose qui ne l'est pas, pas encore. Elle aurait pu hurler, crier jusqu'à en perdre la voix mais aucun son n'est venue briser le silence de cette nouvelle, de ces mots venus résonner dans le combiné encore à terre, sûrement, entre les murs de la caserne. Abandon de poste, qu'importe. Ça ne lui parvient même pas en tête, la blonde concentrée sur la route qu'elle fait, sur ces grandes enjambées qu'elle entreprend dans les ruelles qui la sépare du métro le plus proche. Elle doit y être, vite. Très vite. Plus vite. Et les minutes semblent être des heures. Lou en tremble, en vérité, elle ne parvient pas à se calmer. Parce qu'elle a attendu, des jours, des semaines, des mois désormais. Elle a attendu, imaginant son rire, sa voix, toutes ces choses qui faisaient que sa vie était à envier, tout cet amour qu'il avait su lui offrir alors que plus rien ne semblait avoir d'importance. C'est à ces détails qu'elle s'accroche alors que la station tant souhaitée se présente à ses pieds, laissant la jeune femme reprendre sa course désespérée jusque dans les couloirs de l'hôpital, jusqu'à cet obstacle qui s'impose devant elle pour lui barrer le passage. La sécurité, cet homme qui demande des comptes à la pauvre Belle qui ne parvient pas à parler, guettant la moindre faille quant à ce mur qu'il improvise sur sa route... jusqu'à y parvenir. La raison lui manque, les conventions également. Elle n'a plus que cette volonté en tête, ce besoin existentiel de revoir les nuances qu'abritent ses prunelles, de récupérer cette partie de sa vie trop longtemps envolée sans imaginer qu'elle pourrait s'être brisée, quelque part, dans les limbes d'un néant sans fin. Aussi, la petite blonde continue sa course jusqu'à la porte entrouverte de la chambre dans laquelle elle s'est perdue, mainte et mainte fois, avant que la lâcheté ne la gagne, avant que les récits ne se taisent, avant que sa voix ne se perde. Elle se souvient des dernières larmes versées, des dernières supplications déversées. Elle se souvient de tout jusqu'à cette douleur ancrée en elle comme une lame bouillante enfoncée alors qu'il l'abandonnait. Son souffle lui manque et il lui faut quelques instants pour se reprendre, pour retrouver quelques couleurs, pour éviter que cette nausée brutale ne parvienne à obtenir le dessus sur son équilibre, sur tout ce qui se joue actuellement dans sa tête sans qu'elle ne puisse y mettre un terme, un répit nécessaire, une cassure entre le passé et l'instant T. Il lui faut se remettre, se reprendre. Il lui faut admettre que tout est réalité, que rien ne peut désormais lui échapper. Il lui faut comprendre qu'elle ne rêve pas, qu'elle ne rêve plus ; admettre que les hallucinations ne sont plus, que ce temps est révolu.

Aussi, elle passe la porte, s'abandonnant entre des murs qu'elle n'a que trop connu pour poser les yeux sur ce corps animé, sur ces perles claires qui la contemple, sur cette expression qui lui paraît si méconnue et pourtant si familière. « Hey… » La légère mélodie vient franchir la barrière de ses lèvres pour presque faire imploser le cœur de la Belle en plus du sourire qu'elle perçoit, ce maigre rictus qui suffit à Lou pour laisser quelques larmes s'abandonner sur ses joues. Elle aimerait pouvoir dire quelque chose, elle aimerait pouvoir agir mais, encore ici, rien ne vient répondre à ses souhaits, rien ne vient s'alarmer quant à ce qu'elle redécouvre, quant à ce qu'elle se doit d'encaisser. Il est là, il l'a toujours été mais cette fois davantage, il est là. Ça résonne, ça vient faire chanceler les remparts qu'elle s'était imposée quant à cette éventualité qui se brise aussitôt qu'elle parvient à remettre l'instant présent. « Mon dieu... » Et Lou vient s'effondrer contre lui, s'abandonnant – sans réellement faire attention – sur le lit de Julian contre qui elle se perd, le visage enfoui dans un cou à la chaleur pleinement retrouvée. Il lui semblerait que l'air soit à nouveau respirable, que ses poumons aient obtenus les bienfaits d'un léger filet d'air tandis qu'elle essaie de contenir ses larmes, sa force, ce besoin irrépressible de le sentir contre elle plus vivant qu'il ne l'a jamais été jusqu'alors. Ça avant de parvenir à retrouver une légère contenance, se reculant légèrement, laissant l'une de ses mains tremblantes s'abandonner contre ses traits comme dans l'espoir de pouvoir en imprimer toute la beauté qu'elle trouve à ceux-ci, dans l'espoir de pouvoir rendre justice aux nombreux rêves qu'elle a pu faire de cet instant, loin d'être aussi radieux qu'elle ne le voit actuellement ; peu objective, avouons-le. « Je suis tellement désolée. » Ce sont les seuls mots qu'elle parvient à faire entendre alors qu'elle continue d'inscrire chaque parcelle de son visage dans sa mémoire comme pour ne plus jamais le perdre, encore loin d'être à même de retenir les sanglots qui viennent se perdre entre ses lèvres. « Je suis désolée Julian... Je... je ne savais pas si... j'en savais rien. Je voulais revenir mais j'arrivais pas, j'y arrivais pas. Je voulais juste que tu reviennes... Je voulais que tu reviennes. » Déblatère-t-elle sans parvenir à contrôler le flot de paroles qui s'écoulent entre les murs animés par leur deux âmes autant que par les médecins qui patientent, qui s'impatientent en vérité. Parce qu'elle gêne, parce qu'ils ont à faire alors qu'elle se tient à ses bras, qu'elle agrippe cet homme qu'elle pensait avoir perdu pour de bon lorsque ses pas ne se risquaient plus jusqu'aux abords de ce sur quoi elle se tient en sa compagnie toute retrouvée. Pourtant, ils n'en font rien, pas encore. L'instant est leur, et les minutes pourraient à nouveau devenir des heures. Et Lou, malgré elle, se fait déjà ses plans quant à ce qui est à venir, loin de prendre conscience de tout ce qu'ils auront à traverser ; loin de voir l'étendue difficile qu'aura cette nouvelle réalité.
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Elle a essayé d'oublier son rire, son visage. Elle a essayé de se souvenir de son absence mais en vain, corruption dans un cœur trop faible.


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MessageSujet: Re: Waking up | Lou ♥ Lun 6 Mar - 17:04




Lou & Julian
Waking up

L
’atmosphère se fige pour un instant. Il n’y a plus que ce visage dans l’encadrement de la porte, unique signe familier au milieu d’une réalité qui m’échappe encore, comme l’eau s’écoule entre nos doigts. J’ai oublié jusqu’à la raison pour laquelle je suis couché dans ce lit d’hôpital, tentant de déchiffrer les flashes qui m’apparaissent en boucle, mais elle, je ne l’ai pas oubliée. Dès le moment où mes yeux se sont posés sur sa silhouette, sa chevelure en bataille, elle m’est revenue. Avec elle, un mélange d’émotions trop contradictoires pour être anodines : une vague étrange et agréable qui m’arrache une esquisse de sourire grossier, puis une autre, plus profonde et piquante que j’identifie comme de la culpabilité.

Le monde a disparu. Le florilège de médecins et d’infirmiers qui s’affairent autour de mon lit n’a pas l’air coopérant. Pourtant, il n’a qu’à s’adapter : elle est seule dans mon champ de vision. Et tout me semble si étrange car c’est comme si je l’avais quittée hier, alors que je sens que c’est bien plus complexe. Le soulagement dans son regard suffit à me le prouver, les larmes qui jaillissent sans crier gare aussi. La boule qui se contracte dans mon ventre ne cesse de grandir alors que je comprends l’ampleur de mon absence pour cette jeune femme, au moins pour elle, sans encore avoir pris conscience du temps que j’ai passé inconscient dans ce lit d’hôpital.

D’un seul coup, alors que tout semblait flou, jusqu’à sa crinière blonde flottant autour de son visage, je la sens contre moi. Parfum si familier, rassurant. Et cette pensée qui m’assaille, se répétant dans une boucle incessante : j’ai oublié jusqu’à son prénom et je cherche, sans relâche alors qu’elle se confond en excuses. En réalité, je l’écoute à peine, je ne sais pas de quoi elle parle, pourquoi elle parle. L’égocentrique en moi refait surface malgré que je sois toujours à la recherche du nom de la ville dans laquelle je me trouve, on ne change jamais tout à fait un homme. Puis soudain, un éclair de science, mon premier souvenir, et je le souffle comme si j’avais découvert le sens de la vie, dans un murmure triomphal :

- Lou…

Son prénom, resté sur le bout de ma langue à l’instar du reste de ma vie, daignant franchir le barrage de mes lèvres. C’est un début. J’aimerais la serrer dans mes bras, ne jamais quitter le rassurant et familier creux de son cou, ce parfum que je me rappelle aimer. Car pour l’instant, elle est tout mon monde. Avec son prénom reviennent les images d’une maison, d’un lit conjugal, d’instants encore flous passés en sa compagnie. Pourtant, je reste ankylosé. Je peine à soulever les bras, un après l’autre, lourds comme s’ils ne m’appartenaient plus. Deux mois passés immobile m’ont rouillé, et c’est une nouvelle victoire lorsque, lourdement, ma première main se perd dans la chevelure d’or de Lou. Je laisse de côté la culpabilité qui me ronge sans encore l’identifier avec certitude, profitant du peu m’appartenant encore : quelques souvenirs flous et le besoin incommensurable de la consoler, peu importe ce qui est arrivé et qui m’échappe encore. Et de me rassurer, moi.

- Je suis là, faible tentative afin de prononcer autre chose qu’un murmure. Ma gorge est enrouée, ma voix l’est tout autant, mais je garde toute la volonté de me faire comprendre. Je n’ai pas bougé d’ici.

Le problème est bien là et je tente d’ironiser, nouveau vestige de ce que je fus avant d’oublier jusqu’à mon âge, de m’oublier dans ma quasi-totalité. Un regard autour de moi me laisse comprendre qu’il n’y a plus qu’elle et moi, le reste du monde ayant sans doute compris qu’il ne servait plus à rien de rester planté comme un piquet comme si j’allais mourir dans les secondes à venir. J’arrive victorieux à soulever mon second bras qui rejoint le premier sans autre bruit que nos deux respirations et je suis incapable de dire avec certitude combien de temps passe avant que je ne brise le silence, dans une inquiétude presque paniquée, en quête de réponses :

- Qu’est-ce que je fais là, Lou ? Je comprends pas, je comprends rien… Ca a l’air tellement grave, pour tout le monde, et je me souviens pas… de rien… Ils disent que je vais m’en rappeler, mais j’y arrive pas, je me concentre mais j’y arrive pas… Qu’est-ce que je fais là ?

Comme un enfant, le langage haché, si peu dans mes habitudes d’homme droit, carré, sans fioriture. C’est un peu ce que je suis en cet instant : un enfant. Et je vais devoir tout réapprendre, petit à petit, jusqu’à ce que ma vie entière daigne me revenir.
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MessageSujet: Re: Waking up | Lou ♥ Lun 6 Mar - 22:24



 
waking up
ft. julian


Plus rien n'a vraiment de sens tandis qu'elle vient humer ce parfum perdu, tandis qu'elle vient s’enivrer de la mélodie de cette respiration qu'elle avait appris à oublier. La Belle se perd dans la contemplation de ses traits, dans tous ces détails qu'elle avait laissé s'effacer au fur et à mesure que sa peine rongeait les remparts de son for intérieur. Il lui avait fallu s'isoler, perdre le contact. Il lui avait fallu accepter la solitude, son absence pour parvenir à tenir le coup parce qu'elle n'y arrivait pas, car voir son corps inerte n'avait été qu'une torture de plus dans les images qui lui reviennent mais qui, cette fois, n'ont plus aucun impact sur le cœur de la blonde qui peine à battre régulièrement. Tout ça vient se perdre dans les limbes d'un subconscient qui n'a plus la parole sur l'instant, sur toutes ces secondes qui viennent se perdre entre leurs bras. C'est en retrouvant une légère distance qu'elle sent ses sanglots se multiplier, caressant les joues sur lesquelles elle s'était si souvent mise à pleurer. « Lou… » Cette syllabe seule suffit à perdre la peintre dans une tourbillon d'émotions qu'elle ne contrôle pas, noyée sous la satisfaction de revoir l'éclat de ses prunelles, d'entendre cette douce musique perdue depuis trop longtemps, trop de jours. Elle le sert davantage en sentant ses membres s'activer aussi, bien que péniblement. Elle s'en fout, ni prête aucune attention tant qu'elle peut être en mesure de le faire à sa place et, entre quelques larmes, elle se fait la promesse silencieuse de veiller sur lui, sur tout ce qu'il représente dans sa vie. Elle se fait la promesse de ne plus jamais le laisser lui échapper, lui qu'elle avait failli perdre plus d'une fois si sa parole n'avait pas tant compté pour les médecins qui, d'ailleurs, semblent définitivement abandonner l'idée d'obtenir quoi que ce soit de leur part. « Je suis là. Je n’ai pas bougé d’ici. » Non, en effet. Son rire cristallin vient se perdre dans l'espace qu'ils animent désormais tous les deux, du mieux qu'ils le peuvent, toujours immobiles dans un lit bien trop petit pour accueillir leur deux corps. Lou, à moitié dans le vide, peine à entreprendre le moindre mouvement, décidée à rester là, aussi longtemps qu'elle serait en mesure de la faire, rattrapant ces nombreuses heures perdues depuis son absence, depuis cette perte de vitalité douloureuse à la mémoire de la jeune femme. Elle choisi néanmoins de faire taire tous ces souvenirs, n'accordant d'attention qu'à cette présence récupérée ; plus chaleureuse qu'elle ne l'a jamais été. Puis, le silence se brise, sa voix lui parvient, tremblante, hésitante, brisée par le silence ayant régné en maître depuis ce fameux soir. Lou s'en réveille, Lou retrouve la réalité des choses, doucement. Doucement mais sûrement. « Qu’est-ce que je fais là, Lou ? Je comprends pas, je comprends rien… Ça a l’air tellement grave, pour tout le monde, et je me souviens pas… de rien… Ils disent que je vais m’en rappeler, mais j’y arrive pas, je me concentre mais j’y arrive pas… Qu’est-ce que je fais là ? »

Les mots du quadragénaire suffisent à faire baisser la tête de la Belle, Lou se défait de son regard, de toute cette attention qu'il vient lui porter maintenant que cette occasion lui est possible. Elle choisit d'y échapper quelques secondes, quelques fractions de minutes qui semblent devenir des éternités, des éternités qu'elle n'arrive pas à assumer ; car, dans sa tête jusque dans son cœur, Lou s'en sent encore responsable. Car, dans le fond, la Belle considère encore cet accident comme étant de sa faute, culpabilité malsaine qui ronge et la fait se perdre dans des ténèbres qu'elle n'est pas à même de braver, des ombres qu'elle n'était pas à même de surmonter ; jusqu'alors, en tout cas. Aussi, elle prend son courage à deux mains, venant lui offrir ce sourire triste, ce même air trop longtemps teinté le long de ses traits, la jeune femme presque peinée de posséder cette expression devant le seul qui avait su lui rendre cette joie dont elle aime d'ordinaire à user, à partager. On l'avait prévenu que tout pourrait être difficile, on l'avait prévenu que rien n'aurait réellement de sens. On l'avait prévenu mais le coup qu'elle sent s'infliger contre son cœur ne la ménage pas. « On... On a chahuté en rentrant chez nous. Laisse-t-elle déjà entendre, relevant la tête, posant ses prunelles sur le plafond de la chambre comme essayant de se donner du courage ; bien que ce dernier ne soit pas si aisé à posséder. J'ai failli me faire renverser mais tu m'as poussé et... » Elle ne parvient pas à retenir ses larmes, à trouver la bravoure nécessaire pour terminer ce triste récit tandis qu'elle s'abandonne contre lui, à nouveau, sa joue allant au réconfort qu'offrait son torse, fut un temps, aujourd'hui retrouvé. Et elle lutte, intérieurement, pour admettre que tout est loin des rêves faits, que tout cela n'est pas l'une de ses nombreuses hallucinations. Lou prend sur elle avec hargne, avec force jusqu'à parvenir à réguler sa respiration ; lui semble-t-elle, en tout cas. « Je suis tellement désolée, Julian. » Souffle-t-elle à nouveau. Coupable, elle l'est au plus profond d'elle-même, désormais apeurée du regard qu'il pourrait poser sur elle, apeurée de la manière dont il pourrait recevoir la nouvelle, apeurée de ne pas respecter les consignes que les médecins lui ont si souvent données quant à cet instant-ci. Et, tandis qu'elle sent les torrents en elle s'intensifier une fois encore, la blonde ne parvient plus à maîtriser ce besoin irrationnel qui gronde en elle, cette volonté de l'avoir auprès d'elle, au plus près qu'il puisse l'être dorénavant. Elle vient cueillir ses lèvres, l'un de ces nombreux baisers rêvés alors que toute notion du monde lui échappait. Lou se perd dans cette douceur, dans cette nécessité. Et il semblerait que chaque couleur perdue soit revenue, il semblerait que ses poumons aient complètement retrouvés leur souffle. Il lui faudrait un petit temps pour parvenir à s'en défaire, pour parvenir à retrouver une certaine distance, quelques centimètres raisonnables alors qu'ils se perdent dans un silence des plus salvateurs ; ça, contrairement à la torture qu'il avait pu être pour la trentenaire dernièrement. « Tu... Tu te souviens de quoi, exactement ? » La question se pose malgré tout, elle vient heurter l'instant, elle vient s'imposer parce qu'elle a besoin de savoir, pour elle mais surtout pour eux, pour eux deux.
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MessageSujet: Re: Waking up | Lou ♥ Dim 12 Mar - 18:48




Lou & Julian
Waking up

J
’ai l’habitude d’un contrôle total sur ma vie, mes gestes, le moindre battement de cils. Même si le monde autour de moi nage encore dans un océan flou, de bribes d’évènements passés, je suis parfaitement capable de me sentir dénaturé, loin de l’homme que j’étais avant d’atterrir dans ce lit d’hôpital. Je me doute que ce n’est qu’une question de temps, que je me retrouverai, droit, manipulateur, in control of everything tel que je fus, tel que je suis. En attendant, cependant, je suis perdu. À la recherche de ma vie. Presque apeuré, contre la seule personne dont je me souvienne à l’heure actuelle, unique être en mesure de me rassurer. Voilà pourquoi je lui pose toutes ces questions en m’efforçant tant bien que mal à ne pas sembler paniqué, mort de trouille, semblable à un gosse dans le noir lors d’une nuit d’orage.

Mes questions déclenchent quelque chose chez la blonde et je suis encore bien incapable d’expliquer ce que m’inspire sa réaction. J’attends donc, scrutant son visage, m’évertuant à décoder les mimiques, les gestes qui échapperaient à son contrôle, exerçant dans un même temps mon cerveau à procéder par analogies : je prends ce que je vois et je tente de le calquer à quelque chose, le moindre fragment de souvenir me permettant de comprendre ce que je vois tout en récupérant le film de mon existence.

J’attends ce qui me paraissent être des heures avant qu’elle ouvre la bouche, daignant m’expliquer, alors que je ne réussis pas à identifier la culpabilité sur ses traits. Il faudra qu’elle avoue la cause de mon coma pour que ça coule de source. Je l’écoute sans l’interrompre, et elle ne dévoile pas grand-chose. Pourtant, maintenant qu’elle a divulgué ce peu d’informations, j’ai ce ressenti. Comme si je l’avais toujours su. Je mets des mots sur l’impact qui revient en boucle depuis mon réveil, je peux presque revoir la voiture au coin de la rue, je comprends. Mes doigts se perdent dans ses cheveux alors que petit à petit, ça me revient. Sa culpabilité me brise le cœur et je prends conscience de la faiblesse qu’elle représente pour moi quand tout ce dont je suis capable de me souvenir me qualifie d’infect, égoïste, intransigeant personnage – et ça m’effraie, qu’elle ait un tel impact sur mon identité. Alors je la serre contre moi, incapable de lui en vouloir, incapable également de mesurer les conséquences de cet accident, ayant encore du mal devant les détails dont personne n’a semblé vouloir me parler histoire de vérifier l’état de ma mémoire. Je ne dis rien, du tout, si ce n’est un murmure, une question que j’ai peur de poser. Mais j’ai besoin de savoir, j’ai besoin de savoir.

- Combien… combien de temps ?

Deux, trois jours, tout au plus. Je n’imagine même pas que j’aie pu être absent aussi longtemps que huit interminables semaines. Une semaine m’effleure l’esprit, sept longs jours, pas plus. Mes bras ont récupéré un peu de leur force alors je ne lâche pas la demoiselle, tentant de lui faire comprendre sans utiliser de mots qu’elle n’y est pour rien, que je suis seul maître de mes actes et que je n’ai aucun mal à imaginer pourquoi j’ai pu être prêt à me jeter sous une voiture pour lui éviter le pire. Les paroles ne veulent pas sortir. Au fond de moi, je sens que je ne suis pas quelqu’un qui étale ses sentiments, un peu handicapé, peut-être, pris au piège.

Son baiser me surprend autant qu’il soulage mon esprit. Un moment de répit, d’une douceur dont j’avais besoin dans mon angoisse, et je me perds un instant. J’oublierais presque l’hôpital, l’accident, le statut de « patient », de « malade », le monde entier. J’essaie de lui prouver, aussi, lors de cet instant d’une intimité retrouvée, qu’elle n’a pas à s’en vouloir de ce qui a pu arriver. Qu’elle est toute pardonnée. Et que si elle n’a pas eu l’occasion de me manquer lors de mon absence involontaire, les retrouvailles n’en restent pas moins belles. Lorsqu’elle me laisse, s’écartant pourtant si peu, mais juste assez pour que le monde s’abatte à nouveau sur nous, c’est à elle de poser les questions. Je prends quelques secondes pour réfléchir. À l’instant, peu de choses me reviennent. Une grande inspiration et j’essaie, tant bien que mal :

- De… toi, parce que je t’ai vue, de l’accident. Ça m’a semblé tellement évident quand tu me l’as expliqué et…

Je secoue la tête de gauche à droite, deux doigts venant frotter mes tempes dans un effort considérable. Concentre toi, Stokes, réfléchis.

- Inverness. C’est ici. Inverness, Ecosse. Je bosse pour la police, je crois.

Tout ne me semble pas coller. Certaines choses me reviennent, peut-être pas dans le bon ordre. J’ai comme l’impression d’avoir un trou béant, énorme, de souvenirs qui me manquent. Et je suis loin de me douter que j’ai quitté l’Ecosse pour Chicago depuis plus de deux décennies.

- Et… mes parents ?

Morts depuis vingt-deux ans, Julian. Ce détail ne me revient pas, pourtant, même si au fond de moi, je sais que quelque chose d’important dans ma vie a eu lieu avec eux. À cause d’eux.

- Et c’est tout. Pour le moment, c’est tout.
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MessageSujet: Re: Waking up | Lou ♥ Lun 13 Mar - 22:30



 
waking up
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« De… toi, parce que je t’ai vue, de l’accident. Ça m’a semblé tellement évident quand tu me l’as expliqué et… » Ces quelques mots suffisent déjà à la jeune femme pour voir son sourire se dessiner le long de ses traits, là où tristesse et douleur s'étaient accumulées sans qu'elle n'y remède forcement. Elle s'était faite à l'idée qu'il lui faudrait souffrir jusqu'à le retrouver, elle s'était faite à l'idée de devoir vivre avec ce fardeau avec cette appréhension qui s'estompe, se brise dans les paroles de Julian, dans les légers gestes qu'il peut encore avoir à son égard. Il se souvient d'elle et la pardonne, complètement. C'est un poids qui se tire de son cœur, une masse brutale qui s'extirpe de ses poumons, Lou semble retrouver tout le souffle qu'elle s'était vue perdre après l'accident, après que tout mouvement ne l'ait quitté. Ce sont des mots qu'elle a espéré, des mots qu'elle s'est surprise à rêver quand tout espoir commençait à l'abandonner. C'est la raison de son sourire, de ce bref rire qu'elle laisse échapper d'entre ses lèvres alors qu'elle en vient à fuir son regard, gênée, honteuse encore bien que de moins en moins. Il leur faudra du temps mais elle retrouve la force nécessaire pour pouvoir l'admettre et y faire face, Lou s'en sent capable ; pour l'instant. « Inverness. C’est ici. Inverness, Écosse. Je bosse pour la police, je crois. » Mais si une vague de bien-être s'était faite invitée dans le for intérieur de la Belle, c'était sans compter tout ce qu'ils manqueraient, elle et les médecins, de la manière dont l'amnésie se ferait. Ils ne l'avaient pas prévenus que le tout pourrait être mélangé, que rien ne serait forcément à sa place. Elle s'en rend compte en cet instant même, fronçant les sourcils lorsqu'il vient évoquer l’Écosse, toute cette partie de sa vie terminée depuis bien longtemps maintenant. « Et… mes parents ? » Et son sourire se perd dans l'instant, ses yeux clairs toujours braqués sur lui comme dans l'espoir de le voir se reprendre, dire de lui-même qu'il se souvient, que tout ça n'est qu'une partie passée de tout ce qu'il a déjà pu vivre. Mais rien, pour l'instant rien de ce genre ne vient entraver la vie qu'il essaie de dessiner dans sa mémoire ; pas même elle qui reste silencieuse, loin de savoir comment réagir, une fois encore, impuissante face aux douleurs psychologiques qu'il subit déjà et qui ne le quitteront pas de sitôt. « Et c’est tout. Pour le moment, c’est tout. » La jeune femme acquiesce seulement comme pour lui faire comprendre, silencieusement, qu'elle a comprit, qu'elle l'a entendu, tenant fermement sa main dans la sienne comme par peur qu'il ne disparaisse à nouveau. Lou se fait à l'écoute mais d'aucune autre aide qui pourrait pourtant lui être précieuse. Elle ne veut pas être celle qui le fera tomber dans un doute des plus profonds et pourtant, elle le sait – au fond d'elle – que ce rôle lui revient.

Aussi, pour l'instant, elle se contente de tenir sa main, s'accrochant à ces souvenirs qu'elle se dessine à nouveau. Elle essaie de rendre justice à son image concernant ces longs moments imaginés, rêvés quand tout – autour d'elle – semblait s'effondrer. Lou fait au mieux pour se nourrir de cette force qu'elle sent s'élever dans les limbes de son for intérieur sans pour autant encore parvenir à s'en servir. Il va lui falloir du temps, il leur faudrait du temps pour accepter les choses, pour parvenir à retrouver le chemin qui leur était destiné. C'est un fait qui ne quitte pas sa tête, qui reste et s'ancre, chaque jour un peu plus, davantage maintenant. « Tu devrais te reposer avant qu'on ne parle de tout ça, je suis désolée. » Souffle-t-elle, tentant un sourire réconfortant, quelque chose qui pourrait l'amener à lui faire confiance ; bien qu'elle soit sûre que ses talents de persuasion ne soient pas aussi bons que les siens. Il a toujours été le maître en la matière, le seul qui puisse lui faire faire quoi que ce soit, le seul qui soit détendeur de sa parole. Et, en y pensant, Lou en baisse la tête, un peu honteuse d'essayer de se mettre à sa place dans ce genre de situations, bien que tout ne soit fait qu'en fonction de son bien, comme souvent, comme toujours en vérité lorsque Lou entreprend telle ou telle chose, prenant telle ou telle décision. Pourtant, elle tient à parvenir à ses fins, elle veut réussir à le convaincre que le moment est mal choisi, silencieusement pour l'instant car ses forces lui manquent, le courage plutôt. Elle le toise une énième fois et sent cette détresse perler depuis ses prunelles, cette émotion qu'elle ne connaît pas dans ce tourbillon de clarté, ce regard autrefois si sûr, aujourd'hui brisé par l'absence de tout et surtout de vie. Il lui faut de l'air, il lui faut prendre l'air et pourtant, elle ne bouge pas, incapable de quitter cette chaleur retrouvée, cette présence trop longtemps espérée. Lou est incapable de quoi que ce soit, aussi perdue que lui finalement dans toutes ces situations, toutes ces choses qui viennent s'entrechoquer sous leurs yeux sans qu'ils ne puissent y remédier, sans qu'ils ne puissent y remettre le moindre ordre en vérité. « Tout va bien se passer, je te le promets. » Elle s'y risque malgré tout, malgré ce qu'elle peut avoir à dire, à lui faire entendre parce qu'il s'égare dans un monde trop simple, trop beau alors qu'elle le voit enfin, il n'est pas plus grande noirceur que celle qu'elle perçoit désormais dans la réalité des faits actuels. Car oui, si tout était si simple et si clair, Julian ne serait pas là, avec elle, revenu d'un long sommeil mais plutôt en Écosse, probablement avancé dans une prestigieuse carrière, là où toutes ses qualités seraient valorisées, là où justice serait rendue à chacun de ses efforts. Non, elle comprend enfin, rien n'est comme il devrait l'être, à commencer par leur vie, à tous les deux, bien que ces chemins obscurs les aient menés l'un vers l'autre. Une pointe de beauté qu'elle retient de cette sévérité qu'ont pu être toutes ces dernières années.
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MessageSujet: Re: Waking up | Lou ♥ Jeu 6 Avr - 12:09

[HJ : je suis désolée de cette réponse hyper tardive T.T]




Lou & Julian
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J
e cherche. Je réfléchis, je tente tant bien que mal de rassembler le peu qu’il me reste. Je sens que tout me reviendra. Au fond de moi, c’est comme un mot coincé sur le bout de ma langue, cherché en vain, qui reviendra au moment le moins opportun. Alors je fouille ma mémoire mais ces paroles clochent. Je ne peux m’empêcher d’observer le visage de Lou, ce que je dévoile ne lui convient pas mais elle acquiesce et je grimace. Je voudrais lui faire plaisir, je voudrais que tout soit clair, repartir comme avant. Me lever et m’en aller d’ici, alors qu’elle me parle de me reposer. Je n’en ai pas la moindre envie. Perte de temps, encore, comme si je n’en avais pas assez perdu.

Alors, je secoue la tête. Je me concentre encore, serrant sa main un peu trop fort, probablement. Je suis têtu, je l’ai toujours été, c’est un détail qui ne m’échappe pas. Mon impuissance face aux évènements me remplit déjà d’une forme de rage qui finira par me consumer à petits feux, coincé dans cette chambre d’hôpital, alors que personne ne m’a encore invité à me lever, à marcher, à éclairer ma lanterne avec des morceaux de vie. J’aimerais que Lou soit fière de moi. Pas du crétin en blouse d’hôpital incapable d’aligner trois phrases correctes, un pas devant l’autre, non. De l’homme que je fus, que je suis encore en fouillant bien, que j’aspire à redevenir alors qu’il est encore un inconnu dans mon esprit embrouillé.

Rien ne me revient. J’abandonne, impuissant, suppliant la jeune femme des yeux. Qu’elle m’aide. Qu’elle fasse quelque chose, n’importe quoi, pour me rassurer. Et je ne sais pas si elle croit une seule seconde en son affirmation que tout se passera bien, mais je la remercie de le faire. Je la remercie de m’aider dans un geste silencieux, une pression sur cette main qui ne quitte pas la mienne. J’aurais besoin de la serrer encore, de me perdre dans son cou, dans ce parfum rassurant par sa familiarité. Pourtant, j’ai l’impression que je l’étoufferais, ou que je m’étoufferais moi-même, comme si ce n’était pas moi.

C’est pourtant plus fort que moi. Je me relève un peu et pose mon front contre son épaule, maladroit.

- Je suis désolé, j’articule en chassant tant bien que mal cette boule d’angoisse qui se forme dans ma gorge.

Je ne sais pas encore de quoi. Désolé parce que je deviendrai probablement un boulet à traîner, parce que je changerai, parce que je pourrais ne plus être l’homme dont elle s’était éprise bien des mois plus tôt. C’est tout le sous-entendu de ces paroles, que je ne comprends pas encore même si je les réalise. Je ne lâche pas sa main, mon front toujours posé contre son épaule. J’ai besoin de savoir. J’ai besoin de me retrouver, j’ai besoin qu’elle m’aide.

- Dis-moi qui je suis. S’il te plaît.


Mon regard se lève vers elle. Il le faut.

- Je me suis assez reposé, tu ne crois pas ?

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MessageSujet: Re: Waking up | Lou ♥ Dim 9 Avr - 16:05



 
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Ces mots lui paraissent tellement dépassés. Pourtant, elle semble y croire, elle semble vouloir offrir de la profondeur à cette promesse faite sans aucune réflexion quant à ce qu'elle avance ; probablement à tord. Lou veut penser que tout rentrera dans l'ordre, c'est ce songe-là qui permet à l'esprit de se stabiliser, de tenir malgré tous les obstacles auxquels il doit encore faire face. Elle s'en convainc elle-même, en vérité. Ce sont des mots destinés à apaiser les cœurs, les pensées qui vont et viennent, violentes et calmes à la fois. Un paradoxe qu'il doit davantage gérer qu'elle, Lou en est sûre et c'est aussi ce qui l'inquiète. Parce qu'elle le connaît, sûrement par cœur. Parce qu'elle se souvient de ce besoin de contrôle sur tout et tout le monde, parce qu'elle se souvient de la manière dont il avait pu vivre son quotidien avant qu'il n'en vienne à se briser, à se transformer en celui-ci. Et elle en baisse la tête, un peu honteuse, stressée serait plus adéquate. Elle n'a aucune idée de la manière dont tout va désormais se passer, vérité qui a tardé à s'installer dans sa tête mais qui trouve enfin sa place ; aussi brutalement que possible comme pour lui faire comprendre son erreur ; ou ce qui pourrait – plus tard – en devenir une. Aussi, elle se perd dans la contemplation de sa main, entrelaçant ses doigts des siens comme par peur qu'il ne disparaisse, que tout ne soit qu'un vulgaire rêve. Alors, oui, elle se délecte de chaque contact, de chaque respiration, elle en vient à se perdre dans l'éclat qu'elle retrouve. Lou fait au mieux pour imprimer chaque instant dans sa mémoire, la maltraitant afin qu'elle ne loupe rien, pas même une fraction de seconde tandis que Julian peine à se redresser dans un élan qu'elle ne comprend pas trop, désireuse de le voir se reprendre certes mais pas trop vite, pas avec autant d'enclin ; celui-ci encore trop fragile, elle le sait. Pourtant, elle ne dit rien, se contentant de déposer l'une de ses joues contre la tête du trentenaire qui vient se caler contre son épaule, raison d'un nouveau souffle salvateur pour la Belle qui tente d'en retenir ses larmes depuis son arrivée dans ce qu'elle appelait mausolée. « Je suis désolé. » Un froncement de sourcils, une légère grimace d'incompréhension et un silence qui s'alourdit. Lou laisse les mots de son bien-aimé se perdre dans l'espace qu'ils animent maigrement tous les deux, essayant vainement de chercher la source de ses excuses, abandonnant bien rapidement lorsque la mélodie de sa voix se risque à jouer davantage. « Dis-moi qui je suis. S’il te plaît. Je me suis assez reposé, tu ne crois pas ? » C'est le regard qui lève à nouveau sur elle qui l'amène à perdre tout ce qu'elle aurait pu penser au départ mais aussi cette retenue presque retrouvée quant aux sanglots qui se bloquent dans gorge. Et, malgré ça, rien ne vient de suite, rien si ce n'est la perte de toute tension, de toute quiétude ; parce qu'il a toute sa tête, parce qu'il sait ce qu'il veut, il l'a toujours su, que ce soit pour lui comme pour elle d'ailleurs.

Puis, en quelques brides de seconde, c'est un léger rire qui s'extirpe d'entre les lèvres féminines. Lou détache son regard de celui qu'elle espérait retrouvée – naïvement – tout feu tout flamme, loin de toute vérité pourtant expliquée mainte et mainte fois par les médecins qu'elle croisait quand elle ne parvenait pas à les éviter, eux et leurs questions incessantes, eux et leur pessimiste aujourd'hui insulté. La Belle perd l'étincelle claire de ses prunelles sur la clarté qui s'invite par la fenêtre, sur ce monde extérieur qui lui semblerait presque inexistant ici et pourtant bien là, s'étendant à leurs pieds derrière la petite porte devant laquelle elle pensait s'effondrer une fois arrivée. « De quel point de vue ? Des autres ou du mien ? » Pose-t-elle comme question, sachant pertinemment son avis loin d'être objectif, Jade, Josef – bien que lui de manière implicite – comme Frank lui ayant déjà été clairs sur la manière dont ils pouvaient le voir. Des avis qu'elle a choisi d'ignorer, sa présence ici en témoignant aisément d'ailleurs. Et ils n'ont pas été les seuls, nombreux ont été les retours négatifs sur le caractère de celui dont elle s'est éprise, nombreuses ont été les insultes à son encontre, les coups de sang ; parce qu'il est exécrable, dit-on, derrière son travail toujours bien fait. Aussi, elle parvient à se reprendre, inspirant profondément avant d'essuyer les quelques larmes abandonnées le long de ses joues alors qu'elle essayait de trouver une parade à cette question posée à laquelle il espère tout de même une réponse de sa part. « Je ne sais pas quoi te dire, Julian. Ça ne concernerait que ce que je pense moi et je sais... dans le fond... que ça importe peu. » Parce qu'elle n'a pas conscience de ce qu'il est en train de vivre, parce qu'elle n'est pas assez observatrice pour voir qu'il n'a aucune idée de ce qu'il se passe depuis son réveil encore récent, Lou laisse ces mots lui échapper, aussi violents puissent-ils être. Elle n'a pas conscience de l'ampleur des choses, loin de voir que sa vision d'Elle, d'eux est désormais toute autre. En vérité, elle l'a toujours été et Lou n'a jamais cessée d'être inquiète à l'égard d'un cœur qu'elle était parvenue à conquérir depuis déjà bien longtemps. Parce qu'il avait été cette figure sûre, ce pilier intouchable, cette voie à suivre, elle s'était imaginée remplaçable et, malgré la preuve même des actes qui avaient mené Julian sur ce lit, c'est un soupçon de cette crainte qui réside dans les limbes de son petit être. Et c'est malgré tout ça, une fois encore, qu'elle garde sa main dans la sienne, savourant son contact, sa présence, sa décision de l'avoir choisi elle – par le passé – alors qu'elle n'était rien qu'une âme esseulée mais passionnée par des toiles et des couleurs ; ce qu'elle demeure derrière cette volonté de vouloir faire plus. « Tu es la personne la plus forte que je connaisse. Ça, par contre, on sera beaucoup à le dire. » Termine-t-elle en un sourire léger en retrouvant le chemin jusqu'à ses yeux, jusqu'à ces traits qu'elle aimerait ne jamais perdre à nouveau.
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MessageSujet: Re: Waking up | Lou ♥ Dim 23 Avr - 12:41



       
       Lou & Julian
       Waking up

   
J
e ne suis pas fragile. Ni fragile, ni faible. Au plus profond de moi, je ne cesse de le penser, de m’en convaincre, parce que je le sais, il n’y a pas d’autre mot. Je sais que je suis l’exact opposé de ce que je montre au monde en ce moment-même. Mais cette position dans laquelle je me trouve m’oblige à m’y résoudre : j’ai besoin d’aide. Moi qui jamais n’ait quémandé le moindre coup de main, qui ai toujours fait face à la vie, lui tendant même la joue pour me faire battre avec un air de défi et un rictus amusé car je prends plaisir à relever ses défis, à les surmonter pour ma fierté, cette fois-ci, j’ai besoin d’aide. Ça m’angoisse presque autant que ce manque de souvenirs qui me ronge. Et je lui réclame, je la supplie de m’éclairer, d’être celle qui m’aidera. Car je me fous des médecins et des psychiatres, des séances de kiné qui ont déjà débuté et de ces gens qui voient défiler les faibles à la pelle, me confondant avec eux, me voyant comme tel. J’ai besoin de Lou. De l’éclat dans ses yeux me prouvant qu’elle y croit, qu’elle voit plus loin que l’homme allongé en blouse ridicule aux traits épuisés, au teint gris, incapable de poser un pied devant l’autre. Elle me connaît.

Son rire, si léger pourtant, emplit la pièce, résonne contre les murs vides, débarrasse l’atmosphère d’une partie de sa lourdeur et c’est à mon tour de sourire, peut-être par formalité, certes, mais je ne le force pas. « De quel point de vue ? », me demande-t-elle, et ça m’importe tellement peu que je secoue la tête d’emblée alors qu’elle n’a pas fini de poser sa question, ponctuant la mimique d’un haussement d’épaules un peu rouillé qui m’arrache une demi-grimace que je contiens dans ma barbe. Et je soutiens mon regard, j’ai besoin de savoir, qu’on réponde à mes questions, je suis incapable d’attendre que ça revienne car je sais que ça reviendra avec un petit coup de pouce, tout comme j’ai pu me souvenir de Lou et de ce qu’elle représentait à mes yeux après qu’elle ait passé la porte de la chambre, comme un déclic dérouillant ce monde, cette partie de ce monde du moins. Un infime morceau.

Elle met du temps à me répondre, à bredouiller quelques mots qui sonnent comme une déception et je ne crois pas me tromper en affirmant que mon visage s’est affaissé. Elle continue cependant, m’assurant ce que j’avais déjà deviné. Elle n’en a pas conscience, cependant, elle n’est pas dans ma tête, elle ne l’a jamais été, ne le sera jamais, alors je hoche la tête, serrant sa main un peu plus dans la mienne.

- Bien sûr que si, ça importe, je marmonne de manière, peut-être, un peu trop sèche. C’est important pour que ça me revienne.

Je ressens comme de l’injustice et ça me brise, ça m’abat. Je secoue la tête, encore.

- Ils m’ont demandé d’attendre que des choses me reviennent. Parce qu’ils ne savent pas, ils ne me connaissent pas, comment veux-tu qu’ils m’aident à me souvenir sans me connaître ?

Les mots sortent, guidés par mon subconscient, probablement, car une fois ma phrase terminée… je fronce les sourcils, cherchant sans doute d’où ces mots me viennent, se sont mis ensemble, formant des phrases cohérentes alors que rien ne l’est plus. Et je continue, dans un dernier essoufflement :

- Je ne peux pas rester ici et attendre que ça passe.

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MessageSujet: Re: Waking up | Lou ♥ Lun 1 Mai - 21:13



 
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Cet instant, dans le fond, lui semble éphémère. C'est comme si son esprit tentait de lui faire entendre raison, comme s'il essayait de la préparer à devoir retrouver son absence, ce silence lourd, pesant sur ses épaules jusqu'à lui faire frôler les bras d'une douce folie tapie sous le manteau de la nuit. Lou ressent cette atroce sensation, elle s'immisce en elle depuis les profondeurs de son être, là où son subconscient n'accepte pas encore la douceur salvatrice des bras qui la tienne encore. Aussi, elle tente de se rendre à l'évidence même de cet instant, parcourant son visage de ses prunelles, imprimant cette vitalité retrouvée à sa mémoire comme pour lui permettre de ne plus jamais la perdre. Et elle se bat contre ce ressenti, contre ce torrent qui tente de fracasser la grande porte de ses idées, là où toute réalité s'est cachée, là où son bonheur durement récupéré s'est réfugié. Puis, tous les combats disparaissent, les ombres s'estompent aussi certainement qu'elle en revient à lui, à cet homme qui vient serrer un peu plus sa main dans la sienne comme pour exprimer son mécontentement avant que ses mots ne viennent lui confirmer ce qu'elle reconnaît encore, finalement. Car sa voix se fait sèche, dure, elle retrouve ce ton qu'elle connaît par cœur, l'homme qui lui a échappé en voulant la préserver de tous maux, de toutes blessures. « Bien sûr que si, ça importe. C’est important pour que ça me revienne. » Elle laisse un sourire s'accrocher à ses lèvres tandis qu'elle en baisse à nouveau la tête, un réflexe plus que répétitif et agaçant, pour elle qui s'en veut de ne pas savoir pleinement lui faire face. Parce qu'elle s'est retrouvée, durant de longues nuits, de longs jours, confrontée à un doute des plus tortionnaires. Elle s'est battue contre des impressions, contre des souvenirs faussés, contre cet océan de négativité qui s'installait quant à ce qu'ils avaient déjà pu vivre ensemble, quant à ce qu'elle pensait – ces derniers temps – ne jamais retrouver. Aussi, elle s'accroche à cette première partie de phrase plutôt qu'à la deuxième, par peur d'en revenir à cette impression de n'être que de trop, bien que ses actes antérieurs aient aisément prouvé le contraire. Mais Lou s'est toujours sentie si faible à ses côtés, si inutile. Elle avait l'impression de ne rien mérité de sa part, pas même un regard, raison pour laquelle elle s'était finalement accrochée à son amour, consciente de pouvoir le voir s'en défaire un jour ou l'autre. Puis, à nouveau sa voix, cette teinte qui brise tous ses songes pour ne laisser de place qu'à sa personne, qu'à ce qu'il représente au fond d'elle. « Ils m’ont demandé d’attendre que des choses me reviennent. Parce qu’ils ne savent pas, ils ne me connaissent pas, comment veux-tu qu’ils m’aident à me souvenir sans me connaître ?  Je ne peux pas rester ici et attendre que ça passe. »

C'est à son tour de froncer les sourcils, de perdre l'éclat de ses yeux dans les siens pour y voir une certaine détresse qu'elle n'arrive pas à lui accepter. Ça n'est pas lui, ça n'a jamais été lui et elle s'en veut, au fond d'elle, d'avoir été la cause de cette rupture qui, enfin, se dévoile. Et, alors qu'elle commence à craquer, à perdre pied, alors qu'elle commence à réfléchir pour parler, pour commencer à énoncer ce qu'il a à savoir, elle se fait devancer, une voix masculine s'élevant de derrière elle, plus sûre qu'elle ne devrait l'être probablement. « Pourtant, il va falloir être patient, monsieur Stokes. » Elle baisse la tête, presque reconnaissante d'avoir été coupée dans son élan parce qu'elle ne trouve pas encore le courage de lui faire entendre toutes les tristes nouvelles qui manquent à l'appel, tout ce que sa mémoire ne remet pas encore. « Je vais vous demander de sortir mademoiselle, le temps des soins et des contrôles. » Et, à cette phrase, c'est un regard apeuré qu'elle pose sur le médecin en question, serrant instinctivement la main de Julian comme par peur de devoir quitter la pièce, comme par peur que tout ne s'envole, que tout ne soit qu'illusion. Elle craint de rouvrir les yeux, là, derrière cette même porte franchie un peu plus tôt. Oubliées toutes ces craintes, tous ces ressentis, toutes ces peurs qui n'en finissaient plus d'assiéger ses songes. Là, elle refuse de sortir, elle refuse même de bouger, paralysée par cette éventualité complètement folle, cette terreur qu'elle s'impose elle-même en se souvenant de ces nombreux rêves faits alors qu'il « dormait » là et qu'elle pleurait, se vidant de toute joie, de toute essence même. Alors Lou n'en bouge pas, Lou n'y parvient pas encore, presque tremblante tandis qu'elle relève un regard désorienté sur l'autre homme venu briser cet instant, elle qui le considérait comme un sauveur un peu plus tôt, maintenant elle lui en veut. Les montagnes russes, l'instabilité émotionnelle. « Je peux rester. » Bien-sûr que non et elle le sait, elle le sait même mieux que quiconque désormais, sa formation de secourisme lui en ayant bien assez appris sur les soins hospitaliers, sur les soins tout court, d'ailleurs. Et pourtant, en cet instant précis, elle en a oublié les moindres bases, la plus minime des informations. Lou n'est plus qu'une enveloppe charnelle destinée à porter tout le désarroi et la douleur de celui qu'elle est venue retrouver. Parce qu'elle n'a pour l'instant que cela à lui offrir, parce qu'elle aimerait pouvoir faire plus, parce qu'elle se sent défaite de toute raison à être impuissante quant à tout ce qu'il retrouve peu à peu, à commencer par sa propre vie. « Mademoiselle, s'il vous plaît. » Elle s'en remet alors à Julian, cherchant son approbation des yeux, attendant son accord. Les réflexes, les habitudes, tout lui revient sans qu'elle n'ait à chercher bien loin. Alors elle attend, Lou en redevient l'obéissance incarnée, Lou en redevient ce qu'elle a toujours été à ses côtés, celle qui agit en fonction de lui parce qu'elle ne croit vivre que grâce à lui, grâce à ce qu'il est venu lui offrir, grâce à ce qu'il a fait d'elle quand elle ne pensait pas pouvoir y parvenir seule, sa formation aux pompiers volontaires témoignant pourtant aisément du contraire.
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MessageSujet: Re: Waking up | Lou ♥ Mer 3 Mai - 22:12



       
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E
lle va céder. Je la sens prête à ouvrir la bouche, à m’aider, et c’est une étrange satisfaction qui s’empare de moi, de mon égo, une sensation lointaine mais familière qui suffit à m’arracher un sourire. Pourtant, tout au fond, je ressens une pointe de culpabilité, comme s’il s’agissait d’un plaisir interdit de lui arracher ces informations qui m’échappent encore. Peut-être parce que je devine sans peine ce qu’elle peut subir au quotidien avec un homme prêt à tout pour obtenir quelque égoïste satisfaction, jusqu’à manipuler les foules sans aucune exception. Et peut-être, peut-être qu’en cet instant, mon subconscient me guide vers ce que je veux, allant, qui sait, jusqu’à exagérer mes plaintes pour attirer la pitié. Je n’en sais rien, après tout. Mais ça me traverse l’esprit. Vaguement. C’est possible, tout comme un élan de spontanéité le serait tout autant. J’analyse mal mes propres réactions et c’est frustrant.

Et alors que je suis pendu à ces lèvres qui s’entrouvrent, c’est une autre voix qui s’élève. Mes yeux roulent vers le plafond, profondément agacé qu’ils me coupent dans mon avide élan de savoir et de plénitude. Je me fous de leurs soins et je le fais remarquer d’un grognement désapprobateur qui n’y change évidemment rien : ils ont leur routine, ils ont leurs règles et leurs directives. Si c’est à moi, c’est à moi, peu importe l’importance de la conversation que je tiens – de toute manière, ils se refusent de m’aider dans ma recherche de vérité, préférant contrôler l’état de ma mémoire toutes les quelques heures pour s’assurer que tout est bien en place, je suppose. Je ne suis pas médecin. Ce que je sais, cependant, c’est que j’aimerais que la présence rassurante de Lou m’accompagne encore, mais c’est un refus systématique de la part de l’homme.

- Vas-y, je murmure alors, portant une main qui se veut rassurante contre sa joue avant de désigner la porte d’un signe de tête. Je suppose que ce ne sera pas long.

Il y a quelque chose dans son regard qui me convainc qu’elle m’écoutera, et c’est encore une profonde fierté que je ressens lorsqu’elle exécute sans broncher cet ordre qui lui a pourtant été donné plus d’une fois par quelqu’un d’autre sans qu’elle l’écoute. Je pose alors ma tête sur l’oreiller, me laissant faire, grognant un peu tout de même, faisant part de mes désapprobations alors que ce médecin ne faisait que son travail, probablement déjà en train de regretter mon réveil. Car s’il y a une chose de certaine dans toute cette histoire, c’est que je suis bien plus supportable lorsque j’ai le clapet fermé de force et les yeux incapables de se lever au ciel ou de vous fixer avec le plus grand des mépris.

Car c’est exactement ce que subit ce médecin à l’instant et depuis déjà quelques minutes : mon mépris le plus total.

- Vous pourriez au moins me dire où je me trouve. Visiblement pas en Ecosse vu vos… accents, à tous.

Non, ça ne me revient pas. Ma dernière destination en tête se situe dans les Highlands écossais, autant dire que je reste bloqué vingt ans en arrière sans pouvoir remettre à jour mon itinéraire. C’est frustrant. Presque aussi désagréable que de me faire tripoter la jambe droite, m’arrachant d’ailleurs une grimace – salvatrice pour l’homme qui s’en sert pour changer de sujet :

- Il va falloir surveiller cette jambe, monsieur Stokes. Ce n’est pas une belle fracture que vous avez eu là. Vous aurez besoin de pas mal de séances de kiné pour en retrouver un usage correct… Peut-être total, si vous êtes chanceux.


Génial. Je lance un soupir à faire s’envoler un arbre, désespéré à l’avance de me retrouver coincé dans ce lit pour allez savoir combien de temps encore. Mais le médecin n’y prête même pas attention et poursuit son discours :

- Mis à part ça, tout va bien. Vos souvenirs vous reviendront, je n’ai aucun doute là-dessus, vous semblez avoir déjà bien répondu aux stimuli.

Sous-entendu Lou, je suppose. D’ailleurs, l’entendre considérée comme un « stimulus » m’agace profondément. Je le fixe, attendant qu’il en ait terminé, et il se tourne vers la porte, enfin, posant une main sur la poignée avant de me regarder à nouveau.

- Ménagez-la, monsieur Stokes. Ce n’est pas non plus facile pour elle, vous savez. Deux mois, c’est long.

Et il sort, me laissant seul avec mes réflexions. Deux mois… deux mois, c’est une éternité, c’est aussi la première indication qu’on m’autorise à connaître autre que mon état physique dont le bilan avait été réalisé dès mon réveil. Je me prends à songer à la longueur de l’évènement quand la porte se rouvre, laissant apparaître Lou à nouveau. Une main se perd dans ma chevelure, pas très à l’aise avec les derniers mots du médecin. Pourtant, je décide de l’écouter, aussi étonnant cela puisse paraître :

- Comment… comment tu vas, toi ? Enfin, je veux dire, parce que… tu sais, deux mois… Je n’ai pas eu l’occasion de te poser la question, pendant tout ce temps…

L’avais-je d’ailleurs déjà posée une seule fois ? Impossible de m’en rappeler. Peut-être que oui, parfois, ou peut-être attendais-je simplement qu’elle me raconte ses journées sans aller la chercher avec des questions. Bizarrement, cette seconde alternative me semble plus plausible. Je ne me sens pas à l’aise avec les questions. Avec les étalages. Avec… tout ça.

WILDBIRD

HJ:
 

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MessageSujet: Re: Waking up | Lou ♥ Dim 7 Mai - 22:24



 
waking up
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« Vas-y. » Ces mots résonnent dans sa tête comme une fatalité qu'elle ne parvient pas à concevoir car ça implique qu'elle se défasse de sa main, car ça vient lui faire entendre qu'elle doit quitter la pièce en le laissant derrière elle, à nouveau. Et Lou n'est pas encore prête à y parvenir, ses membres n'obéissant plus à la raison qui tente de se faire un peu plus forte que cette paralysie passagère. Durant un court instant, ses perles claires viennent se perdre sur Julian et tout lui revient en tête comme pour lui rappeler la douleur qu'elle a dû porter ; le fardeau de son absence. Son souffle se bloque, quelque chose en elle se serre ne laissant de place qu'à cette peur soudaine et tumultueux, dévastant tout bon sens, toute raison, tous sentiments. En un instant, Lou s'est vidée de sa propre vie, rongée par des brides de souvenirs qui s'entrechoquent derrière ses pupilles embrumées. La lueur éclatante des phares lui revient, les éclats de voix, cet air asphyxiant qui s'infiltrait jusqu'à ses poumons, ces mains qui cherchaient à l'éloigner de celui qu'elle aurait dû protéger, celui qui s'était jeté sur cette route pour l'en dégager. La culpabilité, la voilà. Elle vient frapper là où cette plaie béante – datant de ce soir-là – demeure encore. Elle vient creuser l'abysse qui s'est formé sous sa chair, là où l'essence même de sa personne se perd dans des obscurités plus qu'opaques. Son rire lui revient alors, la douceur de sa voix, de ses gestes à son égard quand elle pensait n'être rien ni personne. Puis les ténèbres, son absence douloureuse qui n'aura que rendre cette folie que plus sûre, plus dure. Lou revit tout ça en une fraction de seconde, en un temps record et s'en suivent quelques larmes, une souffrance qui se ravive sans qu'elle ne parvienne à laisser sa voix s'extraire du creux de sa gorge. Ses perles claires retrouvent le regard du brun qu'elle est venue retrouver, cette sagesse qu'elle croit existante qu'au cœur de ce dernier quand – à nouveau – sa voix se fait entendre. « Je suppose que ce ne sera pas long. » Et elle acquiesce, se levant pour quitter la pièce, pour rejoindre le couloir froid de l’hôpital dans lequel se tiennent ceux qui s'étaient trouvés là avant elle. Il lui semble qu'une éternité s'écoule entre l'instant où elle sort et celui où on la rappelle à elle, où l'on tente de lui faire entendre raison quant au torrent qu'elle laisse s'abattre sur son esprit. Lou peine à revenir d'entre les ombres de son âme, finalement légèrement secouée par cette amie sur qui elle sait pouvoir compter, celle qui s'est fait présente à sa place quand le courage lui manquait. « Lou, tu peux y aller. » Et elle revient, enfin, accourant presque dans la chambre pour s'assurer que rien n'était un rêve. Il est bien là et elle retrouve se perdre contre lui, ce contact perdu à jamais retrouvé, elle s'en fait la promesse. « Comment… comment tu vas, toi ? Enfin, je veux dire, parce que… tu sais, deux mois… Je n’ai pas eu l’occasion de te poser la question, pendant tout ce temps… »

Ces mots, ceux qui viennent résonner là, aux côtés de sa conscience lui arrache un soupire et un sanglot, quelque chose qui brise toute force qu'elle aurait pu posséder, tout courage qu'elle s'était promise de retrouver. Les remparts s'effondrent et Lou craque, venant enfouir son visage dans le creux de son cou par honte, sûrement, quant à l'état dans lequel elle se trouve devant lui, cette faiblesse dérangeante qui s'expose à la vue forte qu'elle aurait dû instaurer sous ses yeux à lui. Lou s'en veut, Lou s'en voudra très certainement jusqu'à la fin de son existence d'ailleurs. Et pourtant, une petite étincelle subsiste au fond d'elle, là où rien ne peut l'atteindre. Elle en ressent presque sa chaleur avant de comprendre, de réaliser en quoi cette dernière s'est matérialisée. Elle a été l'espoir qui l'a fait tenir, l'espoir de pouvoir continuer sa triste existence sans lui jusqu'à parvenir à réaliser ce miracle, un retour en lequel peu croyait. « Mieux, je vais mieux. » Ces mots lui échappent tandis qu'elle laisse cette onde positive s'installer, lentement mais sûrement. Elle laisse ce bien-être l'envahir jusqu'à se calmer, jusqu'à réussir à correctement respirer. « Tu n'as pas à t'inquiéter, tu n'as pas à... ; elle ne parvient pas encore convenablement à formuler ses phrases, la pression venant redescendre, toute cette inquiétude venant se perdre dans les méandres d'un chapitre qui prend fin, l'horizon s’éclaircit, les couleurs semblent se raviver autour d'elle. Lou lâche prise, Lou se libère de sa condamnation. Tu n'as pas à te soucier de quoi que ce soit parce que ça va aller, j'irai bien tant que tu seras là. Je vais m'assurer que tu ailles bien. C'est à moi de poser des questions, à moi de faire tout ça après... ce qui s'est passé. Je dois réparer ça. » Lou ne réfléchit pas, laissant ces paroles lui échapper tandis qu'elle laisse ses mains effleurer les traits masculins, s'efforçant de sourire pour cacher tous les tourments qu'elle s'est vue endurer. Lou s'anime, Lou en fait trop. Parce qu'elle ne sait faire que cela, fuir les vérités pour s'enterrer dans des contes de fées. Elle lui en promet un, d'ailleurs, réajustant sa couverture, balayant la petite table d'à côté pour s'assurer que rien ne manque. Elle est paniquée, elle est apeurée parce qu'elle se croit fautive. Lou s'en est assurée quand les ombres se faisaient seule compagnie entre les murs de leur petite maison, là où son propre fantôme fatigué la hantait. « Tu veux de l'eau ? Je vais te chercher de l'eau. » Lance-t-elle maladroitement, cherchant à éviter de perdre à nouveau toute constance. Elle est fatiguée, épuisée et fragilisée. Elle sait qu'elle perdra contre ses questions, contre son attention et, malgré elle, s'est persuadée de ne pas le mériter. « Le médecin t'a dit quoi? » Et elle continue sur sa lancée, cherchant à canaliser ses émotions sans même prendre conscience qu'elle s'y prend mal, Lou se laisse aller sur un chemin dangereuse pour le peu de force qu'elle possède encore, l'adrénaline commençant à redescendre, sa tension également.
Codage par Emi Burton

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Why can't I get over this ?
Elle a essayé d'oublier son rire, son visage. Elle a essayé de se souvenir de son absence mais en vain, corruption dans un cœur trop faible.
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