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 The dog days aren't over

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MessageSujet: Re: The dog days aren't over Jeu 22 Juin - 20:28

The dog days aren't over.


Le moment est assez éprouvant pour elle. Devoir m'expliquer ce qui lui a fait croire que Lloyd était son ravisseur la replonge dans l'horreur qu'elle a vécu et je suis franchement désolé de lui faire revivre ça mais c'est nécessaire. Déjà, parce que ces informations sont importantes et qu'elles pourront peut-être aider mes collègues à avancer dans cette enquête qui, n'ayons pas peur de le dire, piétine vraiment d'après ce que j'ai lu. Et puis, avoir ces explications m'est essentiel car je les dois à Lloyd. Il a le droit de savoir pourquoi elle s'est acharnée sur lui comme ça, pourquoi il a terminé ici, en tant que suspect alors qu'il est innocent. J'obtiens finalement les informations dont j'ai besoin et la remercie. Je lui propose de lui appeler un taxi pour qu'elle n'ait pas à rentrer à pieds d'aussi loin et elle accepte. Je vais jusqu'à lui proposer un café ou un thé mais elle refuse, me demandant simplement un verre d'eau. Nous nous redressons donc, j'ouvre la porte, et me fige un instant en voyant que Lloyd m'a bel et bien attendu. Je ne peux nier en être content. Nerveux, certes, mais content. Il n'est peut-être là que pour les explications mais, une partie de moi voudrait qu'il soit là parce qu'il le veut vraiment, parce qu'il y voit une occasion de me reparler un peu, de se retrouver, nous, un peu. Je lui adresse un petit signe de la tête et lui mime un « j'arrive » silencieux avant d'inviter Catherine à me suivre, ce qu'elle fait. Je l'installe sur des sièges certes pas très confortables mais qui feront l'affaire, lui donne un verre d'eau et lui confirme que je vais appeler un taxi et qu'elle a simplement à l'attendre là. J'en profite pour lui redire que je vais transmettre les informations à mes collègues de Washington. Je ne le ferai cependant qu'après ma conversation avec Lloyd car il y a un détail qu'il est le seul à détenir et dont j'ai besoin : le nom et la marque de son parfum. Une brève pression sur l'épaule de Catherine et je m'éloigne d'elle pour m'en retourner auprès de Lloyd et plus je m'approche, plus je réalise à quel point je suis nerveux en fait.

C'est sans doute normal vu la façon dont ça s'est terminé entre lui et moi la dernière fois que nous nous sommes parlés.

Lorsque j'arrive à sa hauteur, j'esquisse un petit sourire d'excuse.

« Désolé pour tout ça. J'aurais préféré que tu n'aies pas besoin de venir jusqu'ici mais je n'ai pas eu le choix. L'affaire est trop sérieuse. » je lui explique. Puis un silence, j'hésite : est-ce qu'on discute ici ? L'idée ne me plaît pas tant parce que nous ne pourrons avoir aucune intimité que parce que ça rendrait cette conversation trop protocolaire. Or, je n'ai pas envie de l'être là, ni même le besoin contrairement à la dernière fois. La question de son parfum, je peux la lui poser tranquillement ailleurs qu'ici. Alors...

« Est-ce que... Hum... Je peux t'offrir un verre ? »

Je tente parce que je préférerais vraiment aller discuter autour d'un verre le plus tranquillement du monde plutôt qu'ici. Je sens son hésitation et la comprends parce que si les rôles étaient inversés, je serais sans aucun doute dans le même état que lui. Il finit cependant par accepter et je m'éloigne de lui simplement le temps de prévenir mes collègues que je fais une pause. Au cas où Valeria viendrait à me chercher. Puis, je retrouve Lloyd et c'est en silence que nous quittons le poste de police. C'est toujours en silence que je l'entraîne dans un petit bar pas très loin. A croire que nous sommes autant coincés l'un que l'autre dans notre frousse de l'autre à cause de ce qu'il s'est passé la dernière fois. Une fois à l'intérieur du bar, je lui indique une petite table à laquelle nous nous installons, au chaud. Je le laisse faire part de son choix au serveur et commande en ce qui me concerne un café. Il me faut encore quelques instants avant de trouver le courage de briser le silence pesant et désagréable installé entre Lloyd et moi.

« Tu sais elle n'est vraiment pas méchante cette femme. Elle a vécu des trucs monstrueux. » je lui dis, sans trop entrer dans les détails car au fond, ces détails-là ne le regardent pas. C'est privé. Par contre, il y a bien une chose dont je peux lui parler : ce qui l'a poussée, elle, à s'en prendre à lui. « C'est ton parfum. » je lui dis donc, remerciant au passage le serveur qui nous apporte nos boissons. J'attends qu'il se soit éloigné pour reprendre. « Je peux pas t'en dire beaucoup mais quand elle parlait d'un ravisseur, ce n'était pas une image et tu as exactement le même parfum que lui. Et comme sa cécité lui a permis de développer ses autres sens, elle s'est accrochée à ce genre de détails. Du coup, quand elle a senti ton odeur... On peut dire que ça fait froid dans le dos. »

En tout cas, à moi, ça me fait froid dans le dos.

« Faudrait que tu me donnes le nom d'ailleurs si possible. Du parfum. Je filerai l'info à mes collègues de Washington comme ça. »

Et c'est tout ? C'est juste pour ça que nous sommes là ? Non. En tout cas, pas en ce qui me concerne. Sauf que mettre les pieds dans le plat ne m'est franchement pas facile et j'ai peur que ça le fasse fuir. Cependant, rester en boucle sur ce qu'il s'est passé aujourd'hui n'est pas non plus la solution. Je me frotte la bouche, puis la nuque, de plus en plus nerveux. Je bois un peu de café histoire de me donner quelque chose à faire et décide finalement qu'il est temps.

Il est vraiment temps.

« Dis... Est-ce qu'on pourrait reparler de ce qu'il s'est passé ? Je vais pas te poser des questions ne t'en fais pas. » j'ajoute rapidement, craignant qu'il s'imagine que je repasse en mode « flic prêt à tout pour avoir les informations dont il a besoin ». « C'est juste qu'on a laissé tout ça tel que c'était, qu'on a jamais reparlé de ce qu'il s'est passé et... Enfin, j'aimerais assez qu'on le fasse. J'aimerais t'expliquer. Tu veux bien ? »

Parce que mine de rien, beaucoup de temps a passé, le choc de ce qui lui est arrivé aussi et même s'il n'est sans doute pas encore totalement remis, il n'est plus du tout dans le même état qu'au lendemain de cette soirée pleine d'horreur. Et peut-être... Peut-être qu'il sera plus prêt à m'écouter et à comprendre ce qui m'a poussé à agir comme j'ai agi. Et peut-être... Peut-être que ça pourra sauver le peu qu'il y a encore à sauver entre nous.

Peut-être.



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MessageSujet: Re: The dog days aren't over Dim 25 Juin - 15:15

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Maureen a gobé son mensonge et lui demande de saluer ses collègues de sa part lorsqu’il les verra. Lloyd n’aime pas lui mentir, mais ça vaut bien mieux que de l’inquiéter avec la vérité… Certes, il n’a plus rien à craindre et Daniel se charge de tout, cependant en s’imaginant ce qu’il vient de vivre, sa mère paniquerait, il le sait. Il n’a pas envie qu’elle lui fasse toute une histoire et puis, à présent que le pire est passé, sa curiosité reprend le dessus et il veut savoir ce qui a bien pu passer par la tête de la femme pour l’accuser ainsi. Ce qu’il ne pourra pas faire si Maureen exige qu’il rentre pour s’assurer qu’il va bien et ne risque plus rien.
Lloyd fait disparaître son portable dans la poche de son manteau et, croisant ses bras sur sa poitrine, rejette sa tête contre le mur dans son dos et ferme les yeux un moment. Il prend son mal en patience, émettant des hypothèses sur le pourquoi du comment il s’est retrouvé mêlé à une si sale histoire… Catherine Lefèvre est aveugle et n’a pas pu le reconnaître physiquement. Tout ce qu’elle avait à sa portée, c’était sa voix. Mais elle n’a changé d’attitude qu’au moment où ils se sont rapprochés, pas avant… Est-ce que simple contact soudain qui l’a fait disjoncter ? Est-ce la peur ? A moins qu’il y ait eu autre chose… Mais quoi ?
Les minutes s’écoulent, lentement, jusqu’à ce que Daniel reparaisse finalement. Lloyd l’entend approcher et rouvre les yeux, posant un regard un peu nerveux sur lui. Pas vraiment à cause des raisons qui l’ont conduit ici aujourd’hui, mais à cause de son passif avec le lieutenant de police, son ancien ami. Vont-ils s’en tenir uniquement aux formalités ? Une part de Lloyd a envie de revenir sur ce qui s’est passé entre eux en novembre dernier, lorsque tout a dérapé. Il voudrait s’excuser et en même temps, son égo se joint à la partie et tente de l’en dissuader.
Bien sûr, c’est son mensonge qui les a éloignés, mais pas seulement. L’attitude de Daniel, son insistance, ses menaces y sont également pour beaucoup. Si Lloyd avait jugé pouvoir lui faire confiance, peut-être qu’il se serait ouvert à lui au bout d’un moment. Mais Daniel lui était rentré dedans, avec un peu trop de force et avait brisé quelque chose entre eux en le faisant.

« Désolé pour tout ça. J'aurais préféré que tu n'aies pas besoin de venir jusqu'ici mais je n'ai pas eu le choix. L'affaire est trop sérieuse » lui lance Daniel dans un sourire d’excuse, ses mains enfoncées dans les poches de son pantalon, comme s’il ne savait pas trop quoi en faire. En fait, sa gêne est visible. Peut-être pas pour tout le monde, mais Lloyd le connaît suffisamment pour le savoir. Et puis il l’est lui-même alors les signaux sont sans doute plus simples à déchiffrer dans ces conditions…
« Ne t’en fais pas pour ça » le rassure Lloyd en se relevant, raclant sa gorge nerveusement avant que le lieutenant lui propose d’aller boire un verre.
Les sourcils du pompier au repos se froncent. Un verre ? Entendre son ami lui faire une telle proposition lui paraît étrange, connaissant son passé. Est-ce que c’est une simple façon de parler ou bien a-t-il repris la boisson ? Impossible de savoir. C’est ce qui se passe quand on tourne le dos à un ami… On n’est plus en droit de savoir ce qui se passe dans sa vie.
« Ouais. OK » accepte Lloyd, ne sachant pas vraiment à quoi s’attendre mais prenant le risque de suivre son ancien ami, en espérant ne pas avoir à le regretter. Il ignore si l’idée est si bonne que ça, mais peut-être qu’il est temps pour eux d’avoir un échange. De l’eau à couler sous les ponts depuis leur dispute et, qui sait, il n’est peut-être pas trop tard pour sauver leur amitié. Les choses ne pourront sans doute jamais redevenir comme elles l’étaient mais… S’ils font un effort l’un comme l’autre, peut-être que les choses pourraient aller un peu mieux au moins. Lloyd juge en tout cas que le jeu en vaut la chandelle.

Ils se dirigent dans un silence gêné jusqu’à un bar non loin du commissariat du Loop et s’installent à une table où un serveur s’empresse de les rejoindre. Lloyd aurait bien besoin d’un verre avec toutes ces émotions, mais y renonce par respect pour Daniel et ses efforts pour rester sobre… SI c’est toujours le cas. Dans le doute, il se commande un café et est soulagé en entendant son ami s’en prendre un également. A moins qu’il ne renonce à un verre juste pour donner le change ou parce qu’il est en service ?
Une poignée de secondes après que le serveur se soit éloigné avec sa commande prise, Daniel se lance pour lui parler de Catherine Lefèvre et ce qu’elle a traversé. Ayant eu le temps de décolérer un peu, Lloyd acquiesce, compatissant. Et lorsqu’il lui apprend que c’est son parfum qui a tout déclenché, il tombe des nus. Et puis tout lui semble plus clair.
Une odeur peut faire remonter tout un tas de souvenirs. Des souvenirs pénibles dans le cas de la femme qui a, selon les dires du policier qui lui fait face, vécue des choses affreuses. Lloyd secoue la tête, atterré par toute cette histoire.
« Tu l’as dis… » souffle-t-il lorsque Daniel lui fait remarquer que tout ça fait froid dans le dos.
« Faudrait que tu me donnes le nom d'ailleurs si possible. Du parfum. Je filerai l'info à mes collègues de Washington comme ça. »  
« Oh j’peux même te filer la bouteille. J’oserai plus jamais porté ce truc… » lui lance-t-il ne lui donnant la marque du parfum en question, que Daniel prend en note dans un calepin qu’il fait ensuite disparaître, alors que le silence reprend ses droits à leur table.

Les deux hommes restent un instant perdus dans leurs pensées. Lloyd sucre son café et remue distraitement dans sa tasse en attendant que le café refroidisse. Face à lui, Daniel en avale une gorgée sans doute brûlante. Lloyd sent son cœur s’accélérer dans sa poitrine. Quelque chose lui dit que les prochains mots qui fuseront, qu’ils viennent de sa bouche ou celle de son ancien ami, concerneront le différend qu’ils ont eu pendant qu’il était à l’hôpital… Et il ne se trompe pas.
Le grand blond pousse un soupir et se laisse un peu glisser sur sa chaise, le regard fuyant. Il savait qu’en acceptant la proposition de Daniel, ils en viendraient forcément à aborder le sujet. N’empêche que maintenant qu’ils y sont, il ne sait pas trop si ça lui plait ou pas. Il ne sait surtout pas vraiment comment gérer les choses. Est-il trop tard pour se confesser, reconnaître que Daniel avait raison de le soupçonner de lui mentir ? Doit-il se montrer agressif et camper sur ses positions ? Doit-il lui proposer de laisser tomber, lui faire savoir qu’il ne veut pas remuer le couteau dans la plaie avant de lui demander s’il n’est pas capable de simplement passer à autre chose ?
« J'aimerais t'expliquer. Tu veux bien ? » lui demande-t-il, nerveux et en même temps, visiblement décidé à aller au bout de son idée.
« Tu n’as pas besoin de t’expliquer Daniel » soupire Lloyd en continuant de touiller dans son café, son regard croisant fugacement celui de son vis-à-vis. « Je sais pourquoi tu as agis comme tu l’as fait. Je devine la pression que tes supérieurs ont fait peser sur tes épaules à ce moment et - te connaissant - je suppose qu’au moment où tu es venu me trouver, tu n’avais pas dormi depuis un moment et étais à cran… J’aurai aimé que tu me fasses confiance et que tu ne me traites pas comme tu l’as fais, mais je comprends comment tu en es arrivé là. Si j'avais pu t'aider à boucler cette affaire, je l'aurai fait et je ne pensais pas que tu pourrais douter de ça » lui lance-t-il en portant enfin sa tasse à ses lèvres, après avoir soufflé dessus pour la refroidir un peu, vainement.
Il se brûle un peu la langue et repose sa tasse pendant que Daniel s’exprime.  


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MessageSujet: Re: The dog days aren't over Lun 26 Juin - 17:27

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Nous étions de très bons amis. Je n’ai jamais oublié qu’il ma sauvé la vie. Je n’ai jamais oublié qu’il a été là pour ma fille avant qu’elle ne quitte Chicago, quand j’ai merdé plus que je n’aie jamais merdé dans ma vie. A ce jour en tout cas. Je n’oublie pas. Je ne l’oublie pas, lui. Je n’ai pas appelé. Je n’ai pas essayé de renouer le contact mais c’était tellement difficile à envisager, tellement difficile à faire. Je sais que ça peut paraître simple d’attraper son téléphone et d’appeler quelqu’un ou d’envoyer un message quand il se passe ce qu’il s’est passé entre nous, c’est loin d’être facile, bien au contraire. Alors je ne l’ai pas fait. Je ne l’ai pas fait et aujourd’hui, nous voilà face à face. J’aurais pu ne pas être appelé sur cette altercation et pourtant j’ai été appelé. Est-ce que c’est le destin qui essaye de faire ce que j’ai été incapable de faire jusqu’à présent ? Peut-être oui, peut-être… En tout cas je ne vais pas tourner le dos à cette chance de m’expliquer, de peut-être recoller les morceaux de cette tasse que j’ai brisée moi-même après cette foutue soirée d’Halloween… Encore faut-il qu’il me laisse m’expliquer. Encore faut-il qu’il veuille bien revenir là-dessus et ce n’est absolument pas gagné. Je peux le comprendre, après la manière dont je l’ai traité, après ce qui a été dit et la façon dont nous nous sommes quittés et le silence radio depuis… Mais j’y tiens. Je tiens à lui dire le pourquoi parce qu’il mérite de savoir. Il le mérite vraiment. Lloyd me répond assez rapidement que je n’ai pas besoin de m’expliquer et je fronce les sourcils : si, j’en ai besoin. Lui aussi, non ? Ou alors il s’en fout ? Il s’en fout parce que ça ne l’intéresse pas et qu’il veut ne plus rien rien de moi ?

Puis viennent ses explications à lui, sur le pourquoi je n’aurais, selon lui, pas besoin de m’expliquer. Je l’écoute me dire qu’il sait pourquoi j’ai agi comme j’ai agi. Je l’écoute me parler de la pression de mes supérieurs, de mes nuits de sommeil ratées, du fait que j’étais à cran… Je détourne le regard, observe l’intérieur de ma tasse, la couleur sombre du café qui s’y trouve, mes mains se refermant autour de la tasse encore très chaude. Non… Ce n’est pas ça, pas tout à fait. Il y a du vrai dans ce qu’il dit mais pas que du vrai. Il me dédouane presque en fait et je n’aime pas ça. Je n’aime pas ça parce que j’ai cette responsabilité, parmi tant d’autres. Je relève finalement mon regard vers lui quand il parle de la confiance que je n’ai pas eue en lui et mon cœur se serre un peu quand qu’il m’avoue qu’il aurait voulu que je ne le traite pas comme je l’ai fait. Il comprend mais… Oui… Mais. Et c’est ce mais qui fait mal, à lui comme à moi. Il ne me pensait pas capable de douter de lui comme j’ai douté de lui et, en réalité, je ne m’en pensais pas capable non plus en fait. Les circonstances étaient telles que j’ai douté, que j’ai agi comme je l’ai fait, pour essayer d’obtenir la vérité, pour essayer de résoudre cette enquête, pour essayer de faire mon boulot correctement mais j’ai échoué. Sur tous les plans, j’ai échoué. En tant qu’ami. En tant que flic. J’ai échoué. Je soupire et secoue la tête, dépité par mes propres conneries, tout simplement.

« J’avais confiance en toi. » je termine par dire à Lloyd, osant, mais avec précaution, planter mon regard dans celui de Lloyd. « Je ne voulais pas mettre ta parole en doute mais… » Je me remémore ma conversation avec Tito, son visage et ses mots qui puaient le mensonge… « Tito m’a menti. Je le sais et je le savais à ce moment-là. Quand j’ai été lui parler, je savais qu’il cachait quelque chose alors… Je suis venu chercher les informations parce que oui, j’étais pressé. Je voulais coincer les enfoirés responsables de ce massacre. Je voulais faire justice pour tous ces morts, pour tous ces blessés… Et j’ai oublié. » Un silence. Je déglutis. Mes mains deviennent trop brûlantes si bien que je les retire de la tasse pour les croiser sur la table. Je me gratte nerveusement le dessus de la main. « J’ai oublié que toi aussi tu étais une victime. J’ai débarqué comme ça, sans réfléchir, sans penser un seul instant que tes blessures étaient encore trop douloureuses. Que le souvenir aussi était encore trop douloureux, que tu as dû avoir une frousse horrible de te sentir partir… Je me souviens que j’ai eu peur moi, et t’étais là, au-dessus de moi. Tu ne m’as pas laissé seul face à ça. J’avais de bonnes raisons, c’est vrai, je voulais les coincer et j’ai choisi d’être le flic plutôt que l’ami mais je n’ai même pas été un bon flic ce jour-là. J’ai été en-dessous de tout et je suis désolé Lloyd. Vraiment désolé. »

Je détourne finalement le regard, m’intéressant de plus près à ma tasse de café. Je reste un instant silencieux puis reprend, dans un souffle.

« J’aurais dû t’appeler… Après. »

Je relève mon regard vers lui.

« J’y ai pensé mais j’ai pas osé et le temps a passé et j’ai encore moins osé et voilà… Je crois que ça aurait pu durer longtemps si je n’avais pas été appelé aujourd’hui. Pour ça aussi je suis désolé. »

Je m’arrête. J’hésite. Je lui demande ? J’ose ? Après tout pourquoi pas. Au moins, je serai fixé.

« Est-ce que tu crois qu’on pourrait essayer de laisser tout ça derrière nous ? » Allez, jusqu’au bout. « Mon ami me manque. »

L’idée n’est pas de sortir les violons ni rien, mais c’est un fait. J’avais l’habitude de partager des moments avec Lloyd, avec Tito aussi mais davantage avec Lloyd et il y a beaucoup de choses que j’aurais voulu pouvoir partager avec lui. Vraiment beaucoup et je n’ai pas pu le faire. Je n’ai pas pu non plus être là pour lui, je n’ai pas pu être là pour Merrin, la voir grandir. Quand ils sont si petits, même en l’espace de quelques mois ils changent beaucoup. J’ai loupé beaucoup de choses et je ne veux plus rien louper.

Encore faut-il que Lloyd ait envie de me laisser une chance et une place dans sa vie. S’il disait non, je ne lui en voudrais pas.

Il y a de quoi dire non.



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MessageSujet: Re: The dog days aren't over Mar 27 Juin - 21:33

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Il se sent un peu minable de ne pas avoir directement commencé par avouer à son ancien ami qu’il lui a bel et bien caché la vérité. Mais au fond, Lloyd veut encore croire que ce n’est pas ça le fond du problème… Parce que lui dire la vérité n’aurait strictement rien changé à la finalité. La vérité lui aurait attiré encore plus de problèmes sans rien apporter de concret au dossier de Daniel ou d’incriminant envers qui que ce soit. Il a parlé de la fille et c’est tout ce qu’il y avait à dire. C’est elle qui lui a donné la drogue. Qu’il l’ait ingurgité de manière consciente ou inconsciente ne change rien. Mais se cacher derrière son mensonge et dire qu’il a été drogué à son insu lui a permis de conserver son job et sa réputation. Et quand on sait que son travaille de pompier n’est pas seulement un gagne pain mais une véritable vocation pour lui, ce n’est pas peu dire. Il a pris une décision et à ce jour, il ne la regrette toujours pas. Même si ça lui a coûté sa relation avec le lieutenant qui lui fait face.
N’empêche, lorsque Daniel prend la parole pour lui signifier qu’il lui faisait confiance, Lloyd détourne le regard. Comment oser faire autrement, sachant qu’il lui a en réalité dissimulé la vérité ? Bien sûr, encore une fois, son mensonge n’a eu aucune conséquence sur l’enquête de son interlocuteur, mais tout de même. Ce qu’il veut dire, c’est qu’il aurait dû lui faire suffisamment confiance pour savoir qu’il ne ruinerait pas sciemment son enquête, que si elle avait entièrement reposée sur lui et son témoignage, le pompier aurait agit autrement. Mais ce n’était pas le cas et il a préféré sauver sa peau…
Quand il l’entend mêler Tito à cette affaire, son sang ne fait qu’un tour. Qu’il le traite de menteur passe encore, mais qu’il porte un regard pareil sur son meilleur ami le dérange beaucoup. Si Tito a menti, c’était pour le protéger.  Lloyd n’a pas envie que le nom de son ami soit trainée dans la boue à cause de lui. Mais Daniel a déjà enchainé et ne lui laisse pas l’opportunité d’intervenir.

Même s’il lui a demandé de ne pas s’expliquer, c’est malgré tout ce qu’est en train de faire Daniel. Alors Lloyd se résigne à l’écouter, ce qui le fait culpabiliser encore un peu plus. S’il ne regrette pas ses mensonges, il n’en est pas fier pour autant et l’idée que Daniel se blâme pour la tournure des évènements lui déplait. Il le laisse malgré tout aller jusqu’au bout, pendant qu’il réfléchit à la marche à suivre, à ce qu’il a envie de dire quand le silence reprendra ses droits à leur place.
Va-t-il camper sur ses positions et laisser Daniel continuer de vivre dans le regret ou intervenir et le soulager un peu ? Mais s’il fait ça, quelles seront les conséquences ? Son ami se lèvera-t-il pour lui passer les menottes et l’accuser d’avoir fait un faux témoignage ? Est-ce que tout ça est un piège savamment orchestré ? Non. Daniel ne lui ferait jamais un coup pareil… Du moins veut-il y croire. Il ne pourrait pas avoir changé à ce point. Il lui doit la vie après tout… Mais est-ce que ça compte encore ? Après tout, ils ne sont plus rien l’un pour l’autre à présent.
Daniel lui fait justement savoir qu’il le regrette, qu’il aurait dû l’appeler et essayer d’arranger les choses. Il va même jusqu’à lui proposer de rattraper le temps perdu et de faire l’impasse sur tout ce qui s’est passé entre eux… Lloyd qui jouait jusque là avec sa tasse, touillant dedans distraitement, s’immobilise. Son regard croise celui du lieutenant et, lentement, il repose sa cuillère sur la table, pesant encore le pour et le contre…
Et finalement, il tranche.

« Tu me manques aussi » soupire-t-il en s’accoudant à la table, son poing venant s’incruster dans la paume de son autre main alors qu’il lutte contre lui-même pour ne pas triturer nerveusement ses doigts. Lloyd prend une longue inspiration pour se donner du courage et pouvoir dire ce qu’il a à dire. « Mais je ne pourrai pas redevenir ton ami dans ces conditions… »
Il ne ménage pas volontairement son suspense mais les mots lui viennent difficilement. Lloyd marche sur des œufs. Face à lui, Daniel fronce les sourcils, craignant sans doute que sa réponse soit un refus pur et simple de renouer. Ce n’est pas le cas.
« J’ai menti Daniel. Tu avais raison. Et je ne serai pas un vrai ami si je te laissais penser le contraire ; si je te laissais penser plus longtemps que tu ne m’as trahi en agissant comme tu l’as fait… » soupire-t-il encore, retirant ses coudes de la table pour venir passer ses mains un peu moites sur ses cuisses, frottant le tissu épais de son pantalon de course, enfilé il y a près de deux heures de cela à présent. « Mais je peux t’assurer que mon mensonge était…innocent. Il n’a pas impacté ton affaire. Si la vérité avait pu vous permettre d’arrêter les responsables, je ne l’aurai pas fait de gaieté de cœur mais je t’aurai tout avoué… En fait, ça s’est pratiquement passé comme je te l’ai raconté ce jour-là. Je n’ai pas cherché à acheter quoi que ce soit » insiste-t-il, pointant un instant son index en direction de Daniel pour qu’il entende bien ces mots et les enregistre. « Je n’ai pas cherché cette fille, c’est elle qui est venue à moi. Elle m’a abordé, on a dansé ensemble mais elle n’a pas glissé la pilule à mon insu dans mon verre. Elle me l’a collée directement dans la bouche » confesse-t-il, la vérité sortant plus facilement qu’il ne l’aurait cru possible en fin de compte. « J’aurai pu la recracher. J’aurai pu et j’aurai du mais je ne l’ai pas fait. J’avais un coup dans le nez et je n’ai pas réfléchi. Je l’ai croquée et je l’ai avalée. Je pourrai dire que j’ai pensé innocemment que c’était un bonbon ou quelque chose de ce genre sur le coup, mais ce serait mentir. Je me doutais de ce que c’était. Et je m’en suis foutu comme d’une guigne. J’avais envie de m’amuser et je me suis cru à l’abri du danger… J’ai été stupide mais je n’ai pas cherché à me mettre en danger. Et ça fait quand même une sacrée différence pour moi. Une différence que les flics n’auraient pas voulu voir. Et n’essaie pas de nier. Vous adorez voir tomber les pompiers. Je ne sais pas d’où vient cette stupide rivalité entre nos services mais tu sais qu’elle existe et vous vous faites toujours un plaisir de nous coincer pour ce genre de trucs » lui lance Lloyd avec sérieux, le mettant effectivement au défi de nier la chose.
Nouveau soupir. Il passe ses deux mains sur son visage puis les place de part et d’autre de sa tasse encore fumante.
« Je dois quand même pisser dans un gobelet de temps en temps, et on va m’avoir à l’œil, mais ça n’apparaît pas dans mon dossier. Pour tout le monde, c’était un accident. Pour tout le monde à la caserne et dans ma famille, je suis une victime… Et ça fait une énorme différence pour moi, Daniel. J’ai fait une erreur et si j’avais avoué…je l’aurai payée toute ma vie. C’était hors de question. Je venais d’avoir ma gamine, la situation avec ma mère est pire que jamais et… Je ne pouvais pas prendre le moindre risque. Je ne pouvais pas perdre mon job, perdre mes indemnités… J'en ai chié pendant des mois, mais au moins, j'ai eu le soutien de mes amis, collègues. je ne l'ai peut-être pas mérité mais...c'était important. Parce que j'en ai chié. Tu n'imagines pas à quel point j'ai payé pour ces quelques secondes de stupidité » articule le grand blond, sentant l'émotion l'envahir. Il prend une inpiration et refoule les larmes qui pourraient tenter de venir brouiller sa vue et reprend, calmement. « Si c’est un ami qui était entré dans ma chambre ce jour là et pas un flic, peut-être que je t’aurai tout dit et que j’aurai compté sur toi pour me couvrir… Peut-être en échange de ce que j’ai fait pour toi… Mais c’est le flic qui est entrée et j’ai eu peur. J’ai eu peur Daniel. Et je vais être très honnête avec toi, j’ai encore peur, là, tout de suite… »
C'est un genre de test, un peu pervers. Si Daniel veut réellement redevenir son ami, alors il gardera cet échange pour lui. Mais s'il tient plus à son job et à la vérité qu'à leur amitié... Alors Lloyd sera fixé. Mais il joue gros.



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Dernière édition par Lloyd Hatfield le Ven 30 Juin - 12:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The dog days aren't over Mer 28 Juin - 20:53

The dog days aren't over.


Je ne sais pas trop où je vais exactement, en lui disant la vérité sur ce que je ressens, en lui disant qu’il me manque, en lui faisant très clairement comprendre que je peux pouvoir renouer avec lui. Je ne sais pas où ça va me mener, où ça va nous mener même mais c’est dit. C’est dit…   Pas de retour en arrière possible à présent. En fait, ça passe ou ça casse, c’est aussi simple que ça. Soit il est près à me laisser une place dans sa vie et dans ce cas-là on va pouvoir s’évertuer à reconstruire ce qui a été brisé, soit il n’est pas du tout intéressé et ça s’arrêtera là. Il y aura eu des explications, et c’est bien, mais ça s’arrêtera là. Bien sûr que je n’ai pas envie de ça, bien sûr que je ne tiens pas à ce que l’on redevienne des étrangers l’un pour l’autre mais si c’est sa décision, je la respecterai. Je dois au moins être capable de faire ça car je le lui dois bien. Se passe un petit moment de silence, de flottement, et quand finalement Lloyd relève son regard vers moi en posant sa cuillière, je sens que c’est là : sa décision, elle est là, au bord de ses lèvres. Et quand il m’annonce que je lui manque aussi, un sourire vient étirer mes lèvres. C’est franchement une des choses les plus agréables que j’ai entendues ces derniers temps. Vraiment. Pourtant, mon sourire n’est que trop bref parce que Lloyd semble toujours en proie à la réflexion et je ne saisis pas à quel propos il peut être si songeur. Il me manque. Je lui manque. En théorie ça devrait être plutôt simple à partir de là, non ? Visiblement non et il finit par ajouter qu’il ne pourra pas redevenir dans « ces conditions ». Je fronce les sourcils, ne comprenant pas où il veut en venir. Quelles conditions ? De quoi parle-t-il ? Est-ce qu’il attend quelque chose en plus de moi ? Est-ce que mes excuses ne lui suffisent ? Et si c’est bien cela, que puis-je faire de plus pour lui redonner confiance ? Pas le temps ni le besoin de demander des explications cependant car elles arrivent bien vite.

« J’ai menti Daniel. Tu avais raison. »

J’écarquille les yeux. J’ai bien entendu ? Il vient d’admettre qu’il m’a menti ? Ma bouche s’entrouvre sous la surprise car franchement, je ne m’y attendais pas. Si j’avais encore pu douter jusqu’à tout à l’heure, quand il a parlé de la confiance que je n’ai pas eue en lui, des doutes que j’ai pu avoir à son égard, cela a suffi à balayer mes propres doutes à moi à son sujet. Et voilà qu’il m’avoue que j’avais raison de douter, de ne pas le croire. Je ne sais pas, pour être tout à fait honnête, quoi faire de ces nouvelles informations. Ma bouche se referme, mes sourcils se froncent de nouveau. Je me sens… Trahi, c’est vrai. Trahi qu’il m’ait menti, qu’il m’ait regardé droit dans les yeux en me racontant des mensonges. Trahi qu’il m’ait laissé tout ce temps sans connaître la vérité. Plusieurs mois… C’est long plusieurs mois. Et puis, tout en l’écoutant attentivement s’expliquer, car c’est maintenant qu’il faut que je l’écoute, je me souviens que je lui ai menti moi aussi, pendant de longs mois. Est-ce que c’est différent parce que son mensonge à lui concerne une enquête en cours ? Non. Non parce que son mensonge n’a visiblement rien changé à l’affaire, d’après ce qu’il me dit. Et quand il poursuit dans ses explications, je réalise qu’effectivement, son mensonge n’a rien changé à mon enquête. Ce n’était pas un mensonge pour me mettre des bâtons dans les roues mais un mensonge pour se protéger lui et protéger sa fille. Quand il la mentionne, je hoche doucement la tête parce que je comprends. Ce qu’il a fait est grave et stupide parce qu’il aurait pu y aller la vie, il a bien failli mais je suis bien la dernière personne à pouvoir juger ce qu’il a fait ce soir-là. Moi, j’ai sniffé de la cocaïne pendant des mois, je me suis injecté de l’héroïne pendant des semaines… Et je pourrais me permettre de lui faire la morale ?

Certainement pas non.

Je plisse cependant les yeux, un peu contrarié quand il parle de la façon qu’ont les flics d’essayer de faire tomber les pompiers quand ils en ont l’occasion. Il ne me laisse pas la possibilité de me défendre, ce qui me dérange franchement car si certains de mes collègues se font plaisir en coinçant des pompiers, ça n’a jamais été mon cas et ça me vexe, qu’il emploie ce « vous » en me mettant dans le même panier. Je note ça dans un coin dans ma tête car si je lui dois de lui laisser la possibilité de s’expliquer, il est hors de question que je le laisse penser une chose pareille. J’ai des défauts mais certainement pas celui-là. Il reprend finalement sur ce qu’il s’est passé, sur ce qu’il a fait, sur cette erreur qui aurait pu lui coûter beaucoup plus s’il avait parlé et moi de hocher la tête car je ne peux qu’aller dans son sens. Oui, s’il avait avoué, ça lui aurait coûté beaucoup plus et là encore, je sais de quoi je parle. J’ai bien failli le perdre mon job moi. J’ai été mis à pieds, puis en période probatoire et ça n’a franchement pas été simple. Quant aux autres, à leurs regards, leurs jugements… C’est tout aussi bien que Lloyd ait évité ça. Je finis par esquisser un sourire triste quand il mentionne de nouveau ce qu’il s’est passé ce jour-là, dans cette chambre d’hôpital, quand j’ai choisi d’être le flic et non pas l’ami pour lui. Quand il mentionne ce que lui a fait pour moi, ça me fait mal bien sûr mais je ne bronche car je n’ai pas le droit de broncher : justement à cause de ce qu’il a fait pour moi. Il m’avoue qu’il a eu peur, ce que je comprends encore une fois. Il m’avoue aussi qu’il a encore peur. Mon sourire se fait un peu moins triste et un peu plus rassurant.

« T’as aucune raison d’avoir peur. Ce qui est dit ici restera ici et entre nous. » je lui assure et mon regard est résolu, sincère. Aucun mensonge dans mes paroles aucun. Et puis je baisse le visage, me le frotte en poussant un profond soupir. « Mais j’avais raison… Merci. » je dis en retirant mes mains de mon visage et en posant un regard presque aux larmes sur Lloyd. « T’as pas idée de ce que ça représente… Le fait que tu me dises la vérité. Le fait de savoir que j’étais pas… Que j’avais raison. C’est important pour moi. Alors merci. » Mon sourire se fait plus large mais je fronce un peu les sourcils et le pointe de l’index. « Par contre, j’aime pas que tu penses que ça m’amuse de faire tomber des pompiers. Je suis pas de ces flics-là, que ce soit bien clair. » Petit haussement de sourcils entendu : qu’il ne me mette pas dans le même panier que des types qui jouent à ce point-là aux cons. Je repose ma main autour de ma tasse et bois une gorgée de café, me sentant tout à coup plus serein, comme si… J’avais eu un poids tout ce temps et qu’il était enlevé. Et même si j’en ai d’autres, des poids, que celui-ci ait disparu fait vraiment du bien. « Tu sais, je suis bien le dernier à pouvoir te juger. » je lui dis, décidé à mettre fin à cette histoire sur une note plus… Positive même si ça fait remonter de vieux souvenirs on ne peut plus désagréables. « T’as fait une connerie, une fois, pendant une soirée. J’ai pas besoin de te rappeler pendant combien de temps j’en ai fait des conneries. » Oh non, pas besoin. « Alors franchement, personne n’a le moindre reproche à te faire. C’est bien que personne ne sache. Enfin presque personne. C’est mieux pour toi. Au moins ça t’aura épargné tout un tas de choses dont on n’a pas besoin quand on essaye de se remettre. » Mais comme je n’ai pas l’envie de me placer en victime, je m’arrête là. « On oublie tout ça. Moi ça me va. » Oh que oui. « On trinque à ça ? Pas avec du café… » Et en plus, l’envie de me prendre un whisky est vive et pourtant je résiste. Pour l’instant. « Tu peux te prendre ce que tu veux, je vais prendre un cocktail sans alcool. »

Sur quoi je fais signe au serveur de revenir vers nous pour reprendre une nouvelle commande, à moins que Lloyd ne soit décidé à couper court, à mettre fin à cet échange qu’il estime peut-être déjà trop long. Peut-être qu’il va vouloir y aller doucement, sauf que moi, j’ai très envie qu’il me parle de lui, d’où il en est… Je veux savoir.

Parce qu’il m’a manqué.



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MessageSujet: Re: The dog days aren't over Ven 30 Juin - 13:28

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Il vient de prendre un risque complètement stupide. Pourquoi ne s’est-il pas contenté des remords de Daniel, de lui dire qu’il le pardonnait et qu’ils pouvaient tourner la page ? Pourquoi a-t-il fallut qu’il lui dise la vérité, tout ce temps après ? Ca ne va plus rien changer à l’affaire de Daniel mais ça pourrait ruiner sa carrière à lui et les chances qu’ils avaient de redevenir amis. Qu’est-ce qui lui garanti que le flic ne va pas s’emporter, le maudire de l’avoir laissé penser durant tout ce temps qu’il avait été le pire ami imaginable et décider de se venger ? Bien sûr, ce serait sa parole contre la sienne mais qui croira-t-on ?
Cependant, comme une part de Lloyd s’en doutait (ou du moins l’espérait vivement), Daniel s’empresse de le rassurer et de lui faire savoir qu’il n’a rien à craindre et que son secret est bien gardé avec lui. Le pompier laisse échapper un soupir soulagé alors que, de son côté, son interlocuteur fait de même, avant de le remercier pour son honnêteté. Le remercier surtout pour lui avouer que, depuis le début, il avait raison… Le grand blond le laisse savourer sa victoire, se contentant d’hausser une épaule face à ces remerciements qu’il ne sait pas trop comment prendre.  
Et puis le ton du lieutenant change tout à coup, alors qu’il lui reproche de le mettre dans le même panier que tous les autres flics. Lloyd soutient son regard mais ne répond rien. Son ami aura beau dire ce qu’il veut, il continuera de douter sur ce point. Peut-être que Daniel ne le ferait pas intentionnellement, mais ses collègues se chargeraient avec grands plaisir de reprendre l’affaire à sa place pour dégommer quelques unes de leurs rivaux. Ca s’est déjà vu. Et si le choix devait se poser, si un jour Daniel devait choisir entre les deux camps pour aider un de ses amis pompier : qui choisirait Daniel ? Ses collègues, avec qui il passe le plus clair de son temps, sur qui il doit absolument compter en intervention et qui doivent lui faire confiance en retour ? Ou bien un type qu’il apprécie certes beaucoup mais dont la défense pourrait lui coûter sa carrière ?

Et puis la tempête s’éloigne avant d’avoir pu faire le moindre dégât et Daniel reprend la parole sans que Lloyd ne se soit manifesté, pour ne pas envenimer la situation encore précaire. Il revient sur l’erreur commise par le pompier qui détourne le regard. Il n’a aucune envie de parler de ça. Il a dit ce qu’il avait à dire à ce propos et ne reviendra pas là-dessus. Il n’a pas non plus envie de revenir sur le sujet des anciennes addictions de Daniel, qui avaient bien failli lui être fatale à une époque. Alors il le laisse vider son sac, sans prendre part à la conversation, avalant une nouvelle gorgée bien chaude de son café pour occuper sa bouche et donner le change.
Lorsqu’il fait référence à la manière dont lui-même à dû se réhabiliter, Lloyd se sent véritablement mal à l’aise. Coupable en réalité. S’est-il montré à la hauteur ? A-t-il été suffisamment présent pour son ami à cette époque ? Leur brouille l’a empêché de vraiment le soutenir et, avec toute la pression qu’il a dû subir face aux enquêtes qui se sont enchainées… D’abord le fiasco d’Halloween, et puis la fusillade de Noël dans le West Side… Sans compter qu’à l’époque où ils s’étaient fâchés, Jessica refusait toujours de lui adresser la parole. Comment Daniel a-t-il été en mesure de gérer tout ça ?
Sûrement grâce au soutient de Savannah.
Lloyd jette d’ailleurs un coup d’œil à la main de son ami et constate avec curiosité qu’il ne porte pas d’anneau. Est-ce une mesure de sécurité, par rapport à son travaille ? Sans doute…

« On oublie tout ça. Moi ça me va » le relance tout à coup Daniel, pour le plus grand soulagement de Lloyd qui veut effectivement laisser tout ça derrière lui et passer à autre chose maintenant. « On trinque à ça ? Pas avec du café… »
Le cœur de Lloyd rate quelques battements. Voilà, ils y sont… Daniel a recommencé à boire. Et il est tellement euphorique à l’idée qu’ils se soient rabibochés qu’il oublie de faire attention en sa présence.
Sauf que non. Il s’empresse de lui préciser qu’il va prendre un cocktail sans alcool et Lloyd peut respirer de nouveau.
« J’vais prendre la même chose » sourit-il, voulant se montrer solidaire. « Et puis de base, je sortais courir. D’où la tenue. Donc je vais éviter de ruiner totalement ma remise en forme en prenant une pinte » plaisante-t-il en passant commande auprès du serveur qui vient de les rejoindre. Cela fait, il avale une nouvelle gorgée de son café, buvable à présent, et décide de relancer la conversation. « Bon et toi alors. Qu’est-ce que tu deviens ? » demande-t-il, ne préférant pas aborder lui-même les sujets difficiles comme Jessica ou ses soucis d’addictions.    



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MessageSujet: Re: The dog days aren't over Sam 8 Juil - 22:54

The dog days aren't over.


Encore faut-il qu'il souhaite prolonger l'échange et ce moment passé, ces sortes de retrouvailles, ce dont je ne suis absolument pas certain. Même si les choses ont enfin été mises à plat, même si nous avons de quoi repartir sur de bonnes bases, rien ne dit qu'il soit tenté de continuer notre discussion. Alors, je suis doublement soulagé quand il m'annonce qu'il va prendre la même chose que moi soit un cocktail sans alcool : donc non seulement il veut que l'on continue notre conversation, mais en plus il est assez respectueux de ce que j'ai traversé pour ne pas prendre de l'alcool. Bien sûr, il n'a pas idée de pourquoi la tentation est plus grande que jamais pour moi en ce moment, il n'a pas idée à quel point ça aurait été difficile pour moi de résister s'il avait choisi de commander de l'alcool mais il n'en prend pas, c'est tout ce qui compte. Il s'empresse de me préciser qu'à la base il sortait courir et qu'il veut éviter de ruiner sa remise en forme en prenant une pinte et ça a au moins le mérite de me faire sourire alors que le serveur vient nous rejoindre. Nous commandons donc deux cocktails sans alcool et il s'éloigne. Je termine mon café, Lloyd lui boit une gorgée du sien et c'est là que vient sa question qui me fait me figer un instant : « Qu'est-ce que tu deviens ? ». Je sens mon sourire se faner bien malgré moi et je m'intéresse à l'intérieur de ma tasse de café, vide à présent. Je me perds dans les quelques gouttes de café qui subsistent dans le fond de ma fasse et fronce un peu les sourcils. L'espace d'un instant, d'un bref instant, j'ai envie de tout lui dire, de tout lui balancer. J'ai envie de lui dire que le meurtrier de Jason a tué un autre garçon. J'ai envie de lui dire qu'il a été arrêté. J'ai envie de lui dire que je l'ai fait tuer. J'ai envie de lui dire que mon couple fout le camp et que je ne sais pas si je vais pouvoir sauver ce qu'il y a entre Sav et moi. J'ai envie de lui dire que celui qu'il a connu a disparu et que celui qui reste se bat comme un fou pour ne pas sombrer.

Je ne peux cependant pas m'y résoudre.
Je ne peux pas lui dire tout ça.
Plus exactement, je ne VEUX PAS lui dire tout ça parce que je ne veux pas gâcher nos retrouvailles avec ce qu'il y a de plus sombre en moi.

Alors j'y renonce. Je soupire, étire mes lèvres en un petit sourire et relève mon regard vers lui avant de brièvement hausser les épaules.

« Pas grand chose. » je réponds finalement en adoptant un ton que je veux détaché. « Mon boulot me prend beaucoup de temps. L'enquête est très difficile. » je poursuis, ce qui est vrai. L'enquête est difficile, je passe beaucoup de mon temps au travail mais ce n'est pas que pour ça. La vérité c'est que je me noie dans le travail à défaut de me noyer dans autre chose mais là encore, je choisis de ne pas entrer dans les détails, dans ces détails-là. « Alors du coup, j'ai beaucoup moins de temps pour le reste. » Et avant qu'il ne pose la question ou des questions à ce sujet... « C'est pour ça qu'on a reporté notre mariage avec Savannah. C'est hum... Enfin disons que pour l'instant nous n'en parlons pas et nous ne préparons rien. Ce n'est pas le bon moment. » Nous avons retardé à cause du retour dans ma vie du meurtrier de Jason mais c'est de ma faute si le sujet a été mis au placard pour le moment. Je ne suis plus du tout certain de vouloir l'épouser, pas dans ces circonstances. « Mais Jess me reparle. » j'enchaîne rapidement, décidé à au moins évoquer avec lui une chose positive dans ma vie et la retour de Jess est définitivement positif. C'est même... « Son retour dans ma vie est ce qu'il m'est arrivé de meilleur ces derniers temps. » j'avoue malgré tout, sous-entendant bien malgré moi sans y prêter attention qu'il y a eu d'autres choses bien moins sympathiques. Mon sourire s'élargit en repensant aux conversations que j'ai eues avec Jess. « Quand j'ai entendu sa voix, ça a été le paradis pour moi. En fait, je me suis rendu compte, quand elle a repris contact, que son absence devenait vraiment insupportable. Je pensais avoir appris à vivre avec mais je crois qu'en fait je n'aurais plus tenu très longtemps comme ça. » Ce qui est vrai. « Et elle m'a pardonné. » j'ajoute, la voix un peu moins assurée. Les raisons pour lesquelles elle m'a enfin pardonné, je les garde pour moi. « Et ça m'a fait tellement de bien, de savoir qu'elle tirait un trait sur tout ça... Elle est pas mal occupée et moi aussi mais on se verra bientôt. Je sais qu'on se verra bientôt. » Je l'espère en tout cas même si une partie de moi a très peur de ces retrouvailles. « Et toi ? Est-ce que tu es totalement remis ? » je rebondis soudain. « Et Merrin ? Elle a dû tellement grandir... Dis-moi que tu as pleins de photos sur ton téléphone... »

Parce que j'ai très envie de voir la petite puce, très envie de savoir comment elle va, comment lui il va.

Et j'espère que tout va bien ou au moins mieux que moi.



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MessageSujet: Re: The dog days aren't over Sam 22 Juil - 14:56

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Pas grand chose ?  Lloyd ne trouve pas cette réponse du lieutenant de police très encourageante. En même temps, est-ce qu'il aurait répondu quelque chose de vraiment différent à sa place, étant donnée sa situation actuelle ? Non. Il y a de fortes chances que sa réponse ait été très similaire…
Lloyd écoute donc son ancien ami fraichement retrouvé lui faire un petit résumé de sa vie actuelle, apparemment très centrée sur son activité professionnelle. Il faut dire que Chicago n'est pas la ville la plus tranquille de l'Etat d'Illinois. C'est même tout l'inverse, surtout ces derniers temps.
Pourtant, à une époque, Lloyd avait presque été reconnaissant aux motards du quartier Ouest qui étaient parvenus à éradiquer la distribution de drogues dans leurs rues et à chasser leurs rivaux… Presque. Parce que ce grand nettoyage s'était fait dans le sang - bien entendu - et que les dealers et consommateurs s'étaient juste déportés vers les autres quartiers pour échapper à l'autorité des Kings of Speed. Une baisse du nombre d'overdose s'était faite ressentir durant un temps, mais les junkies parvenaient toujours à se fournir… N'empêche, ils avaient tenté quelque chose, on ne pouvait pas le leur retirer et durant un temps, vivre dans le West Side avait été un rien plus plaisant.
Aujourd'hui, le West Side a été le théâtre d'un massacre particulièrement brutal et sanglant et tout le monde s'attend à ce qu'une nouvelle guerre des gangs éclate. Ca leur pend au nez. Alors Lloyd comprend tout à fait que les forces de l'ordre soient mobilisées plus que d'ordinaire et que Daniel soit, comme tous les autres, sur le pied de guerre. Et c'est sans aucun doute d'autant plus vrai qu'il a été directement impacté par toute cette affaire. Car s'ils ne se sont pas reparlé depuis le jour de son interrogatoire, Lloyd a lu la presse et a su que Daniel était présent le soir de la fusillade… Fusillade à laquelle il avait lui-même assisté en compagnie de Felix, Tito et ses deux garçons.  

« C'est pour ça qu'on a reporté notre mariage avec Savannah. C'est hum... Enfin disons que pour l'instant nous n'en parlons pas et nous ne préparons rien. Ce n'est pas le bon moment. »
Les sourcils du trentenaire se froncent. Il n'avait pas vu venir ce détail… A vrai dire, une part de lui est un rien soulagée parce qu'il s'en serait voulu d'avoir manqué un jour aussi important. Mais au ton qu'emploie le policier, il devine que la situation est bien plus compliquée qu'il ne l'admet. A quel point ?
« Ben merde alors » commente Lloyd, contrarié pour lui et pour Savannah qu'il a toujours appréciée et qui, de son point de vue, va très bien avec Daniel. Mais avant qu'il ait pu le questionner davantage à ce sujet et eu l'occasion de prendre des nouvelles de la médecin légiste avec qui son ami partage sa vie, ce dernier enchaine.
Avec une excellente nouvelle cette fois-ci ! Daniel retrouve le sourire en lui disant ces mots. Il n'en a peut-être même pas conscience, mais c'est le cas. Un sourire qui monte jusqu'à ses yeux d'un bleu glacé dont sa fille n'a pas hérité. Ce que Lloyd l'a souvent entendu lui reprocher du temps où ils se fréquentaient encore.  
« C'est super mec » lui assure le grand blond en avalant une tasse de son café, pendant que Daniel reprend la parole, lui décrivant à quel point le retour de sa fille dans sa vie lui fait du bien. Lloyd n'en doute pas et a toujours espéré voir Jessica revenir vers son père. Il ne l'a cependant jamais incité trop vivement à le faire, jugeant préférable de laisser les choses se faire naturellement plutôt que de lui forcer la main et de risquer que les choses tournent encore plus mal… Il est heureux pour l'un comme pour l'autre. Car si l'absence de la jeune femme pesait au lieutenant de police, s'être coupée de son père qu'elle idolâtrait avait également beaucoup affectée Jessica.
Il réalise seulement à ce moment qu'il n'a plus pris de nouvelles de la jeune femme depuis des mois. Il a été pas mal occupé avec son accident, sa rééducation, son histoire avec Felix et bien sûr, avec sa fille. Ceci dit, il n'est pas mécontent d'apprendre cette bonne nouvelle directement de la bouche de Dany.
« Elle est pas mal occupée et moi aussi mais on se verra bientôt. Je sais qu'on se verra bientôt » ajoute Daniel, faisant comprendre à Lloyd que, pour l'instant, ils ne se reparlent qu'au travers d'un combiné. C'est cependant mieux que rien.
« Je suis vraiment content pour vous Daniel » renchérit Lloyd dans un sourire sincère. Car même s'il a fait des erreurs, son ami en a suffisamment bavé comme ça et a suffisamment payé. Malgré leur brouille, il ne lui a jamais souhaité le moindre malheur et est heureux de constater qu'il s'est repris en mains et a continué d'avancer. Et puis le fait que Jessica lui reparle va certainement l'aider à garder la tête hors de l'eau et à faire bien attention de ne pas sortir du droit chemin en reprenant ses anciennes mauvaises habitudes… Aujourd'hui, il sait parfaitement ce qu'il y perdrait et n'a certainement pas envie de commettre à nouveau les mêmes erreurs.

« Et toi ? Est-ce que tu es totalement remis ? Et Merrin ? Elle a dû tellement grandir... Dis-moi que tu as pleins de photos sur ton téléphone... »
Le sourire de Lloyd s'élargit encore un peu plus.
« Évidemment ! Qu'est-ce que tu crois, je suis un affreux papa poule complètement dingue de sa gamine » lui lance-t-il en dégainant son téléphone pour lui montrer les derniers clichés en date de sa fille. « C'est une vraie princesse. Elle change de tenue trois fois par jour et son dressing est trois fois plus grand que le mien. Regarde-moi ça… »
Lloyd fait défiler les photos de sa fille sur l'écran de son téléphone qu'il a tendu en direction du policier. Il accompagne pratiquement chaque photo d'une anecdote mettant en avant le caractère…disons bien trempé de Merrin. Et bien sûr, ils finissent par arriver sur une série de clichés sur lesquels Felicity est présente et porte la petite de près de 15 mois. Un voile d'amertume passe sur les traits du pompier qui rétracte son bras et repose le téléphone sur un coin de la table, avant d'avaler une gorgée de son café pour retarder l'inévitable. Il sait que les questions vont tomber et il ne se trompe pas.
Au moment d'Halloween, Lloyd commençait à peine à fréquenter la journaliste et n'avait fait que mentionner brièvement son nom à son ami qui n'avait jamais eu l'occasion de faire sa connaissance. Lorsqu'il lui demande qui elle est, Lloyd commence par se racler nerveusement la gorge avant de pousser un petit soupir.
« C'est Felicity. Tu te souviens, je t'en avais parlé avant…enfin avant la soirée d'Halloween. Une journaliste au Chicago Tribunes. On sortait ensemble jusqu'à…eh bien jusqu'à il y a quelques jours en fait » grimace Lloyd, comme si en parlait lui faisait physiquement mal. Ce qui est plus ou moins le cas en réalité… Leur rupture lui fait un mal de chien.



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