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 Missed me ? | Leo

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MessageSujet: Missed me ? | Leo Dim 23 Avr - 13:40




Leo & Julian
Missed me ?

L
’ennui. Extrême. Je m’ennuie depuis deux semaines. Depuis que je suis sorti de l’hôpital, j’ai l’impression que c’est pire encore. Je tourne en rond dans cette maison trop grande, je marmonne, je grogne, je ne sais plus comment m’occuper. D’ailleurs c’est simple : je me trouve insupportable pour la première fois de ma vie, qui a repris son cours en m’y coinçant. Pas encore le droit de travailler, une béquille ridicule à traîner pour cette jambe droite qui refuse toujours de coopérer comme je l’espérerais, entraînant au passage des épisodes relativement fréquents d’yeux roulés et de jurons pestés, des séances chez le psy qui commencent à me courir sur le haricot et de la kiné qui ne me sert plus à rien… Sans oublier tous ces problèmes de mémoire, bon dieu. Si j’ai tout de même récupéré l’entièreté du film de ma vie, je serais pourtant capable d’oublier une fois en chemin pourquoi je suis sorti de la maison. Ridicule.

Donc, je peste. Autant que je me sens inutile et que ça me ronge.

Alors aujourd’hui, j’ai pris la grande décision qu’est la suivante : si personne ne veut de moi au bureau, j’amènerai le bureau à la maison. Sans me pencher sur les cas les plus graves qui requièrent évidemment que je retourne travailler, sous peine de me retrouver dans l’illégalité la plus totale, je décide d’aller prendre des nouvelles de tous les petits cons à qui je n’ai probablement pas manqué durant deux mois. À commencer par le petit Sanders et ses copains.

J’apprécie Leo Sanders. Vraiment, je l’apprécie. Et pour que je l’admette, homme bourru et sans cœur que je suis réputé pour être, il faut qu’il y ait une bonne raison. Pour son voyou de frère et ses copains, par contre, c’est une autre question. Et c’est vers le logement de Leo que je me dirige, claudiquant avec ma béquille, déterminé à prendre des nouvelles de ces derniers sans même me demander si l’homme est ne serait-ce au courant que j’étais dans le coma, ou que je m’en suis réveillé… Non, vraiment. Lorsque la porte s’ouvre, c’est appuyé sur ma béquille et l’air satisfait sur les lèvres, dans mon éternel costard, que je m’annonce :

- Bonjour, Leo. Je viens aux nouvelles. Comment vas-tu ?


Inattendu ? Parfaitement. Je m’octroie d’ailleurs le luxe de m’inviter à entrer d’un pas en avant. Pur Julian Stokes, dans sa délicatesse, sa bonne humeur et son incroyable politesse.
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MessageSujet: Re: Missed me ? | Leo Lun 1 Mai - 23:19



 
missed me ?
julian & leo

Quelques rafales, quelques averses. Les jours sont sombres, dénués de chaleur. Il s'est fait à ce climat des plus froids, il s'est habitué à ces aurores un peu durs et s'en est presque épris, préférant désormais une partie de ses allés au travail à pied plutôt qu'en métro. Parce qu'il a l'occasion de réfléchir, parce qu'il parvient à se retrouver quelque peu dans le brouhaha assourdissant de Chicago et ses foules un peu moins denses par ce temps encore frais. Il aime ces instants, ces rares moments où ses souvenirs ne sont pas aussi noirs que ceux qui errent, aujourd'hui même, entre les murs de son petit appartement. Il croit entendre Claudia rire, quelque part derrière les murs qui l'enferme. Il croit l'entendre crier, comme à chaque fois qu'il commençait à la rattraper pour la prendre dans ses bras, feignant le monstre affamé d'une histoire complètement inventée. Puis, plus rien, un silence de plomb. Leo s'en redresse sur son lit, s'asseyant dans le noir, levant l'azur de ses prunelles vers ses volets clos, vers ces quelques éclaircies qui tentent une percée dans son royaume d'ombre ; en vain. Et pourtant, il y cède, retrouvant toute sa hauteur pour les rejoindre, les laissant prendre d'assaut son mausolée de tristesse. Leo perd ce léger sourire trouvé dans un recoin de sa mémoire pour se concentrer sur l'écran de son téléphone qui n'affiche rien de plus que l'heure avancée de cette journée et la date qui, d'ailleurs, l'amène à souffler. Il n'a jamais su quoi faire de ses jours de repos, il n'a jamais su combler l'absence de tout ce qu'il avait pu perdre par le passé bien qu'Aiden se soit donné du mal pour parvenir à l'ouvrir à nouveau sur le monde. Mais cette relation, comme tout le reste, commence à l'épuiser. Car rien n'est stable, car rien ne tient. Et il le sait mieux que quiconque pour, lui-même, ne pas savoir contrôler ces sautes d'états, jonglant entre lumière et ombre, ténèbres et clarté. L'appareil rejoint un peu brutalement la commode sur laquelle il se tenait tandis que Sanders poursuit ses pas jusque dans la cuisine. Un café, la télé qui s'allume lorsqu'il se laisse tomber dans son canapé, délaissant des chaussons abîmés par le temps. Et s'il comptait changer pour s'intéresser à autre chose qu'aux mauvaises nouvelles de sa chère ville, c'était sans compter la distance entre sa carcasse fatiguée et la télécommande. Décidément, la journée sera longue et pesante. Comme toutes celles qui commencent de la sorte, c'est un fait. Il se décide tout de même à se lever pour récupérer le liquide brun qui l'attend un peu plus loin, bien qu'interrompu dans son programme. On frappe à la porte, on vient s'inviter dans sa vie morne et, déjà, un soupire s'extirpe d'entre ses lèvres parce qu'il craint le pire, parce qu'il craint d'y voir son frère très certainement accompagné d'autres abrutis dans son style. Et, pendant un court instant, il s'abstient tout mouvement, tout bruit jusqu'à se faire trahir par la télévision et ses éternelles publicités ; raté. Mais les traits que dévoile l'encadrement de la porte ne l'amène qu'à froncer les sourcils. « Bonjour, Leo. Je viens aux nouvelles. Comment vas-tu ? » Puis, il entre, normal tandis que le plus jeune reste un court instant le regard posé sur le couloir, essayant de réfléchir ; en vain.

La porte se ferme en un doux fracas, résonnant légèrement dans la pièce mal isolée, après tout, il ne devait pas s'attendre à grand chose des appartements de ce quartier mais il les aime pour la culture qui y réside, là, en bas des paliers, quand le crépuscule s'immisce, quand les cœurs s'invitent. « Ça allait jusqu'à maintenant. » Plaisante-t-il, un peu blasé tout de même de ne pas avoir de temps à lui, s'imaginant déjà journée terminée et fichue, pessimiste comme toujours lorsque rien ne vient l'occuper et lui changer les idées. « Ça fait un moment qu'on vous voit plus dans les parages. » Ça vient naturellement et il ne fait pas encore le lien avec la béquille qui l'accompagne jusque dans son séjour plus ou moins rangé ; plus moins que plus d'ailleurs, bien que ce ne soit qu'un détail... très visible en vérité. « Ouais, faîtes pas attention, j'ai eu pas mal de visites ces derniers jours, si vous voyez ce que je veux dire. J'ai dû dormir au travail. » C'est instinctif, il se justifie parce qu'il ne sait pas quoi dire, un peu prit au dépourvu, détaillant ensuite le quadragénaire qui erre dans son salon tandis que sa télé continue de déblatérer toutes les nouvelles mauvaises nouvelles ; un songe ridicule qui, malgré lui, le fait rire. Il s'autorise même un geste de la main à l'égard du brun comme pour lui faire comprendre de laisser tomber s'il comptait lui demander ce qui l'amuse. La fatigue, dirons-nous. « J'étais en train de me faire du café. J'vous en sers un puisque vous êtes là ? » Il n'attend même pas la réponse et s'autorise à sortir deux tasses, attendant que tout soit passé pour les servir, se contentant pour l'instant de revenir aux côtés du fil de fer que représente Julian, plus amaigri qu'il ne l'a jamais été jusqu'alors ; ce qui impressionne presque Leo qui n'en retient pas ses taquineries. « J'l'avais dit que le sport c'était pas forcément une bonne idée avec vos vingt kilos. Vous avez failli la perdre en faisant du vélo ? » Une petite vengeance quant à son caractère des plus exécrables parfois, pour tous ces piques lancés auxquels Leo n'a jamais eu l'occasion de répondre. Mais il s'arrête là, loin d'être à même de pouvoir poursuivre de toute manière. Là n'est pas son but. Aussi, il s'en retourne vers sa petite kitchenette, s'armant de sa cafetière et des deux mugs qu'il dépose enfin sur sa table basse. « Sucre ? Lait ? » Dans le doute, il ramène les deux avant de s'installer dans son canapé, lui laissant alors la place sur le seul fauteuil qui lui soit à portée. « Qu'est-ce qui vous amène jusqu'ici, alors ? Pas le jazz j'imagine. » Et enfin il s'y risque, enfin il prend le risque de recevoir davantage de négativité aujourd'hui, ne se souvenant pas du moindre message de la part de Daya concernant son frère et ses méfaits ; fait qui ne tarde pas à le mettre mal à l'aise. L'aura claire de ses prunelles se perd aussitôt, laissant ses ombres se frayer un chemin, prête à apaiser les maux qui pourraient s'énoncer. Parce qu'il remet les choses dans l'ordre, revenant alors sur ses propres dires, se souvenant du temps qui s'est écoulé depuis leur dernière rencontre et s'il s'avère être de ceux qui croient au hasard, les visites des forces de l'ordre ne sont jamais les plus sympathiques et loin d'être de jolies coïncidences.
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MessageSujet: Re: Missed me ? | Leo Jeu 4 Mai - 21:47



       
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L
es visites à l’improviste sont ma spécialité. Je ne peux m’empêcher de prendre un malin plaisir en payant attention aux visages de ceux à qui je rends visite, Leo Sanders dans ce cas-ci, qui en plus de n’avoir pas du tout l’air d’attendre des visiteurs me donne toute l’impression qu’il ne souhaitait pas en avoir pour le moins du monde. Et malgré que j’apprécie ce pauvre gars, c’est plus fort que moi : je jubile intérieurement en m’invitant à entrer. L’homme m’explique qu’il allait bien jusqu’à me voir et ne manque pas de me faire remarquer qu’il y a un moment que je n’ai plus pointé le bout de mon nez. Je ricane légèrement tandis que je le suis, le son de la béquille résonnant dans la pièce à chacun de mes pas. Il ne sait pas. Dieu merci, il reste encore des gens sur cette Terre qui ne me regardent pas avec un air empli de pitié dès que je croise leur regard. Pourtant, je ne peux m’empêcher de répliquer, comme si j’avais besoin d’attiser sa curiosité d’une remarque ou l’autre placées aux moments propices :

- C’est ce qu’ils disent tous, « ça allait mieux avant de vous voir, Stokes », à croire que vous vous passez le mot. Ça m’avait presque manqué, tiens.


Rien de flagrant et l’occasion de faire un peu mousser mon égo pour le bien de ma santé mentale en chute libre. Mais c’est vers l’incroyable bazar que représente la pièce dans laquelle je me trouve que mon attention se porte, et la sienne aussi. À l’entendre s’expliquer, je retiens deux théories : soit mon visage parle – encore une fois – pour moi et je dois arborer une grimace qui veut tout dire, soit ça le dérange autant que moi. Mais je suis un homme exigeant, avec une tendance mal avouée au laisser aller, ces derniers temps, alors je penche pour la grimace. Vraiment.

Cela dit, je ne suis pas là pour juger l’état de l’appartement dans lequel Leo semble se complaire, mais pour prendre des nouvelles de son gentil crétin de frangin. Alors je secoue la tête comme signe qu’il n’a pas à s’en faire et c’est un rire qui s’échappe de sa gorge. Je fronce les sourcils, incapable de comprendre. C’est dans ces moments-là que je prends conscience d’à quel point je suis devenu ralenti : quand je suis incapable de déceler si quelque chose est drôle ou non. Et je n’ai pas l’occasion de lui poser la question, car il accapare toute mon attention vers le café qu’il me propose. J’ai encore les sourcils froncé, mais j’en ai oublié la raison, déjà. Mémoire à court terme qui me fait défaut. Sénile. Ridicule, idiot, crétin !  Je fixe Leo qui s’active quelques secondes comme ça, m’insultant intérieurement, avant de comprendre qu’il serait préférable que je lui réponde. Je me frotte le visage des deux mains.

- Euh… Ouais. Ouais, je veux bien.

Sans compter que j’en aurais bien besoin. Une petite dose de caféine pour stimuler tout ça. Bon sang, une heure hors de chez moi et je me sens déjà ralentir… Je mets quelques secondes à comprendre le sarcasme dont il fait preuve, moi qui en suis pourtant friand, maître en la matière. Je n’y réponds d’ailleurs pas. Pas le temps, il passe déjà à autre chose. Ou bien je suis juste vraiment, vraiment très lent, tout d’un coup. Ouais. Un café. Définitivement une bonne idée.

- Du lait, je réponds alors qu’il est déjà là avec la panoplie du café arrangé.

Suivant son exemple, je m’autorise non sans un grognement à m’installer dans le fauteuil le plus proche, le seul à ma disposition, dans tous les cas. Foutue jambe. Et voilà qu’il s’intéresse enfin à la raison de ma visite. Pas trop tôt. Là, je gère, là, je sais ce que je veux. Beaucoup plus facile que lorsqu’il s’agit de se comporter en société, Dieu merci.

- J’ai, hum… J’ai été pas mal absent, pendant deux mois. Je me disais qu’en attendant de pouvoir reprendre le travail, je pouvais tout de même me remettre un peu à jour. Par conséquent… Des nouvelles de ton frangin, depuis la nouvelle année ?

Sans aucune gêne, sans aucune honte, sans aucun tact, non plus. Pour moi, il ne s’agit que d’une partie de plaisir, incapable ne serait-ce que de penser qu’il y a un être humain à ménager. Car après tout, c’est pourtant si simple : depuis quand un concept aussi tordu que celui de famille peut-il être un facteur autorisant les actes dudit membre de cette dernière à être considérés comme moins graves ? Pourquoi prendre des pincettes quand il ne s’agit de toute façon que d’ordures ?

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MessageSujet: Re: Missed me ? | Leo Dim 7 Mai - 21:37



 
missed me ?
julian & leo

Tous ces mots, toutes ces phrases qu'il laisse découler d'entre ses lèvres viennent lui faire entendre une chose, à savoir qu'il n'a pas été là du tout ces derniers temps. Non pas seulement pour lui mais pour ceux qu'il emmerde sûrement plus que sa misérable personne et ça vient l'intriguer, tout au fond de lui, sur le pourquoi cette absence. Aussi, quelques points négatifs s'invitent dans sa tête, la possibilité d'enquêtes bien prenantes et, en raison à cela, les agissements de ceux avec qui son frère traîne à longueur de journée lorsque leurs pas ne viennent pas emboîter ceux de Leo. Alors, il soupire dans son coin, là, solitaire dans sa petite cuisine à songer à une possible issue quant à ce qu'il pourrait dire ou même faire. Son marché ne concerne que Daya et il s'est fait formel là-dessus lorsqu'il s'était risqué à y penser. Raison pour laquelle il se contente d'acquiescer, offrant quelques regards à Stokes sans pour autant s'y attarder. A quoi bon attiser un feu qu'il ne pourra gérer ? Leo se fout de toutes ces choses tant qu'elles ne deviennent pas un danger pour Abraham et si Julian s'est risqué jusqu'à lui, il devine que rien ne peut encore nuire à son jeune frère. Il se réconforte de la sorte en revenant vers son invité surprise, vers la petite table qui leur fait désormais face, leur boisson posé sur le verre usé de cette dernière. « J’ai, hum… J’ai été pas mal absent, pendant deux mois. Je me disais qu’en attendant de pouvoir reprendre le travail, je pouvais tout de même me remettre un peu à jour. » Et cette question lui revient, elle insiste dans sa tête tandis qu'il dévie son regard sur ce qui l'aide à marcher. Il commence à comprendre, ou plutôt à s'imaginer une possibilité quant à tout ça et sait déjà qu'aucune formation ou mise à niveau n'est à l'origine de cet état. Puis, par ennui presque, il termine par se défaire de son envie de savoir, il termine par rapporter à moitié son attention sur les nouvelles qui défilent sur son poste de télévision, ça avant que Julian ne termine sa prise de parole pour une question qui le coupe dans son élan. « Par conséquent… Des nouvelles de ton frangin, depuis la nouvelle année ? » La voilà, la raison de son arrivée jusqu'au South Side. Le voilà, le pourquoi cet élan de sympathie quant à cette visite improvisée ; comme il s'en était douté, d'ailleurs. Toute l'attention que les forces de l'ordre lui porte ne concerne plus Claudia – probablement seule quelque part, si ce n'est pas morte – mais Abraham, son idiot de frère engagé auprès d'une cause qu'il pense juste quand ceux qu'il intéresse – en plus de Leo – ne voient qu'une décadence derrière ce que le gang prônait comme étant une sécurité pour Chicago. Oui, il s'en était douté que les récents événements ne mèneraient qu'à cette conséquence-ci ; sa sœur ne compte plus mais son frère gagne en importance. Pathétique, bien qu'il en vienne tout de même à garder cette conclusion pour lui, peu enclin à démarrer une conversation houleuse qu'il ne saura gérer.

Ce qu'il tenait entre ses mains vient rejoindre la glace froide de la petite table, les perles claires de Leo venant se braquer sur un point qu'il est le seul à percevoir, là, entre sa télé et le meuble bourré de livres qui habille son séjour, face au fauteuil de Stokes, face au piano caché par des cartons pas encore défaits depuis son arrivé. Un triste sourire, quelque chose qui vient se perdre dans la presque obscurité de la pièce tandis qu'il se force à respirer convenablement, tentant de faire taire tous les souvenirs qui concernent la petite blonde de sa vie, celle qui manque à l'appel depuis déjà un temps bien trop long. « J'en ai régulièrement, des banalités. » C'est tout ce qu'il trouve à dire, les seuls mots qui lui viennent à l'esprit tandis qu'il n'ose même pas poser un regard sur le grand brun dont il connaît le caractère et la manière de faire, jouer dans le sentimental avec lui ne marchera pas ; ça n'a jamais fonctionner d'ailleurs. Puis, finalement, ça se fait plus fort que sa volonté, plus fort que tout ce qui luttait en lui depuis cette dernière question posée. « Des nouvelles de ma frangine, depuis la nouvelle année? » Son visage se relève, venant confronter Julian à cette question pour laquelle, il le devine, aucune réponse favorable à ses songes ne sera donnée. Ils ne peuvent rien faire, Leo s'en convainc chaque jour un peu plus, se rappelant même, dans un élan de lucidité solide, que Julian ne s'est jamais réellement occupé de cette affaire. Il n'aura rien à lui dire et c'est ce pourquoi il retrouve la parole, le coupant très certainement dans sa réflexion quant à la réponse qu'il aurait pu lui servir ; sarcastique ou calme, qui sait. « Désolé, vous avez sûrement eu autre chose à faire d'un peu plus important à en juger votre état. » Un sourire sincère qui s'estompe cependant aussi rapidement que n'est tombé ce nouveau silence, ce calme pesant qu'il veut briser puisque insoutenable en présence d'un homme comme celui dont ses yeux se défont une énième fois. « Qu'est-ce que vous espérez savoir sur Abraham ? Que je sache au moins sur quoi me porter quand il reviendra ici. » Parce qu'il reviendra, Leo ne se fait aucun souci là-dessus, presque déçu d'en avoir conscience dans le fond, sachant son propre frère comme partisan actif de la noirceur qui le hante. Parce qu'il méprise ce qu'il sert désormais, parce qu'il ne parvient pas à se faire une raison quant à cette nouvelle perte qu'il croit comme pouvant être parer. Leo ne se fait pas à l'idée qu'aucune étincelle de famille n'ait survécu à la disparition de la plus jeune, optimiste depuis ce fameux jour à l'idée qu'elle ne soit retrouvée ; fait qu'il peine à changer malgré tous ses maux, malgré toute cette douleur qu'il se doit d'endurer. Non, il doit essayer de ne pas sombrer, pas aujourd'hui, pas encore. Aussi, il secoue la tête, légèrement, chassant ses tourments pour n'offrir d'attention qu'à celui présent dans ses parages plutôt qu'aux spectres errants de son imagination, douce folie qui s'estompe quand la raison parvient à se battre avec ses blessures.
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MessageSujet: Re: Missed me ? | Leo Lun 22 Mai - 8:16



       
       Leo & Julian
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J
e tergiverse beaucoup trop, peut-être par plaisir. Le sadique plaisir d’avoir le monopole de la parole le temps de quelques phrases, d’abord maladroite puis reprenant leur assurance et la condescendance qu’on me connaît. Son frère. Je ne suis là que pour son frère, surtout pour combler mon ennui, je vous le concède, mais Leo n’est pas le centre de cette conversation. J’ai besoin, un besoin presque maladif, de remettre tous les morceaux en place. De combler les trous qu’ont laissé huit semaines d’inconscience, peu importe si toutes ces infos ne me serviront que dans un mois, ou deux, ou plus ou moins. Personne ne connaît l’état dans lequel je me lèverai demain, et je prie pour qu’il soit bon, oh oui.

La réponse que Leo m’apporte, cependant, ne me convient pas. Si lui-même n’a aucune idée de ce que son frère devient, je n’ai aucune idée d’où je pourrai chercher mes informations. J’acquiesce tout de même, pinçant les lèvres, déçu.

- Des nouvelles de ma frangine, depuis la nouvelle année ?

Je relève la tête. Deux clignements d’yeux. Trois. Il me faut tout ça pour reconstituer tous les morceaux, encore. Voilà, à nouveau, ma faiblesse qui se pointe. Je fais de mon mieux pour ne pas qu’elle se dévoile au grand jour, pour ne pas qu’il comprenne que jusqu’à présent et ce depuis mon réveil, j’ignorais jusqu’à l’existence de cette sœur. Je prends le temps de jouer à Julian, donc, rattrapant trois secondes de non-contenance en sirotant mon café, prenant tout mon temps. Pour m’en faire gagner un peu. Remettre en place toutes les pièces du puzzle et lui offrir la réponse la plus appropriée à mon état.

- Tu sais que ce n’est pas de mon ressort. On t’aurait mis au courant, s’ils avaient du nouveau.

Rien de plus, le ton sec pour pallier à la fragilité de cette réponse et la volonté d’en finir au plus vite sur cette discussion. Je ne mentais pas : d’aussi loin que je m’en rappelle, je n’avais jamais enquêté sur la disparition de la frangine Sanders dont le prénom m’échappait encore. Pour la simple et bonne raison qu’on ne m’appelle que lorsqu’il y a un corps. Un semblant de bonne nouvelle pour certains, une malédiction pour d’autres. J’accepte ses excuses d’une négation de la tête signifiant que ce n’était pas grave, ne m’étalant pas plus sur mon état de santé. S’il y a bien une personne dans le monde qui n’a pas conscience de la gravité de ce dernier, autant me préserver de son regard empli de pitié et profiter. Il me ménage déjà pour une jambe fragile… merci bien.

C’est donc le silence. J’attends, j’attends qu’il crache un potentiel morceau, n’insistant pas par la parole mais par ce silence pesant qui prend place dans la pièce. Je fixe un point non loin de mon hôte forcé qui finit par le briser, peut-être las d’attendre, impatient peut-être aussi que je passe la porte de l’autre côté. Une longue inspiration, un sourire satisfait. Voilà qui me convient mieux.

- Tout ce qui pourrait m’être utile. Comme je te l’ai dit, je viens me remettre à jour avant de reprendre le travail, je ne suis pas là pour enquêter, ni sur lui, ni sur personne.

« Pas aujourd’hui », je me retiens de répondre.

- J’ai juste besoin d’être au courant si j’ai manqué quoi que ce soit entre, disons, la nouvelle année et aujourd’hui. Plus ou moins.

Il doit forcément s’être passé quelque chose. Auquel cas, c’est louche. Ou en tout cas, ça cache quelque chose. Difficile de croire que leur bande de jolis cœurs se tienne à carreaux pendant plus d’une semaine.


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MessageSujet: Re: Missed me ? | Leo Mar 30 Mai - 22:11



 
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julian & leo


« Tu sais que ce n’est pas de mon ressort. On t’aurait mis au courant, s’ils avaient du nouveau. » Puis, plus rien. Un silence des plus prévisibles pour Leo qui détourne le regard, déposant ses perles claires sur le téléviseur qui continue de cracher ses informations, parfois incomplètes, parfois aussi inutiles que le petit pic qu'il vient de glisser à Julian et par rapport auquel il s'est fait avoir, en beauté. Relancer les choses, insister ne ramènera pas Claudia entre ses bras et il commence à l'accepter, doucement, malheureusement. Aussi, c'est la raison pour laquelle il s'est risqué sur toute autre chose, sur le sujet de base, celui qui est parvenu à faire revenir Stokes d'entre les morts visiblement. Et la question s'impose d'elle-même, presque ridicule bien que, dans le fond, plutôt bien pensée. Leo saura sur quoi tabler, vers où aller, il doit savoir parce qu'il refusera de creuser par lui-même, il refusera d'entre parler des méfaits dans lesquels son frère trempe malgré lui ; mensonge qu'il continue de croire, lui qui le pense prisonnier d'une idée absurde de rédemption quant à l'absence de sa sœur, convaincu qu'il s'y prenne seulement mal pour traduire son chagrin. Idiot. C'est ce qu'il est, ce qu'il sera tant que leur sort sera celui-ci : Leo a espéré que le spectre de sa sœur ne lui revienne et Abraham plongé la tête la première dans la gueule du loup. Il secoue la tête, cherchant à fuir toutes ces pensées, ces songes interminables qui hantent chacun des recoins de sa tête fatiguée. « Tout ce qui pourrait m’être utile. Comme je te l’ai dit, je viens me remettre à jour avant de reprendre le travail, je ne suis pas là pour enquêter, ni sur lui, ni sur personne. » Des paroles auxquelles il acquiesce seulement, accordant enfin son attention à son aîné qui s'est invité dans sa misérable matinée. « J’ai juste besoin d’être au courant si j’ai manqué quoi que ce soit entre, disons, la nouvelle année et aujourd’hui. Plus ou moins. » Et s'il pensait rapidement laisser tomber, Leo se retrouve à chercher ce qu'il a pu manqué, ce qui a pu arriver de si grave durant ce laps de temps. Mais rien, rien ne vient obscurcir ses songes avec autant d'impact que la disparition de sa sœur, de la seule dont plus personne ne semble réellement se soucier. Un haut le cœur s'invite, une envie de vomir des plus violentes tandis qu'il se relève, à la hâte, faisant quelques pas vers la cuisine dans laquelle il vient s'appuyer, près de l’évier, fermant un instant les yeux comme dans l'espoir de retrouver un peu de raison. Légèrement, assez pour savoir que son comportement, vu d'extérieur, doit être bizarre. Alors il essaie de prendre sur lui, il essaie de faire face à ses tourments, à ces tempêtes qui viennent et réduisent toutes ses défenses à néant. Leo doit réapprendre à se relever, même malgré ce visage qui lui rappelle bien des faits délaissés, malgré lui. Un soupire, les paupières qui se relèvent, enfin.

« Désolé, les journées sont rudes depuis tout ça. » C'est tout ce qu'il trouve à dire pour s'excuser de sa manière d'être, de se comporter. Leo en revient au séjour, s'emparant de son café tandis qu'il reste un instant debout, essayant de réfléchir comme ce qu'il avait déjà tenté de faire précédemment. « J’imagine que vous êtes au courant des attentats de cet hiver, lors de noël ? » C'est la première claque à laquelle il songe, rappelle douloureux de ce dans quoi baigne son frère sans qu'il ne puisse y faire quoi que ce soit encore. « Abraham pense que c'était à leur encontre, ils étaient visés apparemment. » Laisse-t-il entendre tandis qu'il retrouve sa place sur le sofa du séjour, s'installant un peu mieux que précédemment en tout cas, la conversation n'étant plus poursuivie sur le même ton qu'un peu plus tôt. « Je les ai entendu en parler la dernière fois que je les ai vu, ça a été rapide, je devais travailler. » Il sait que Julian prendra note de ce qu'il vient d'entendre, il sait que ces informations devraient être avant tout données à Daya et pourtant, il n'arrive pas à faire preuve de secret concernant cela. Parce qu'il sait que bien des vies peuvent en détendre, y comprit celle de son frère et, en vérité, c'est la seule qui vienne réellement le travailler. Il n'aspire qu'à l'en sortir lui et s'il devait les tuer un par un, Leo sait qu'il pourrait aisément s'y adonner. Parce qu'il n'ignore pas cette noirceur qui le caractérise, ce qui se cache derrière les sourires, les mélodies, tous ces rires offerts à quiconque pourrait être proche de sa personne. Il n'oublie pas que derrière la clarté et la candeur réside quelques ténèbres avares et insistantes, prêtes, si proches du cœur qui peine à battre, parfois, malgré l'amour qu'il donne et reçoit en retour, malgré toutes les attentions qu'il se voit attribuer par les siens, les personnes dont il s'occupe à longueur de journées, par ceux qui animent ces nuits, par Aiden qui, malgré tout, aujourd'hui, manque à l'appel. Il aurait voulu qu'il soit là pour lui éviter cette solitude pesante mais aussi la présence de son invité qui, de plus en plus, ravive une certaine colère qu'il aurait préféré ne jamais posséder. Mais les circonstances sont ainsi et le monde n'en démordra pas. « J'imagine qu'ils vont faire profil bas si c'est vrai. Ça expliquerait ce pourquoi je ne vois plus personne et pourquoi vous semblez patauger sévère. Qu'est-ce qui vous est arrivé, au fait ? » Il en fronce les sourcils, venant à nouveau se perdre sur la contemplation de cette jambe qui peine à ne pas se faire fragile de ce qu'il constate, ça avant de faire aller son regard sur ce qui le maintient dès lors qu'il s'élève de toute sa hauteur, pour ensuite s'en défaire pour retrouver le regard de Julian qu'il intercepte, cherchant un indice, rien qu'un souffle échappé. En vain. « Ce sont eux ? » Ça vient effleurer son esprit et, en vérité, ça viendrait presque l'effrayer, penser le pire a toujours été un défaut de Sanders qu'il ne maîtrise pas forcément, la preuve s'invite ici.
Codage par Emi Burton

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light & shadow
And the darkness return. Can you see this strange madness who take me ? I can't breathe. I've just her smile, her voice in my head and this anger in my heart.
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