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 || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo]

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MessageSujet: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo]   Mer 3 Mai - 20:01

Seconds from my heart, a bullet from the dark.


Assis sur ma moto je fais glisser le jeton des A.A entre mes doigts. « 1 an » inscrit en lettres dorés sur le jeton bleu. Je le fixe alors qu’il va et vient entre mes doigts puis je relève mon regard pour observer l’enseigne lumineuse du bar qui se trouve à quelques pas de ma moto.

|-|-|

« Voyons… »

Debout derrière le comptoir j’observe le type qui tient la bague de fiançailles de Savannah entre ses doigts. Il fronce les sourcils, ouvre la bouche.

« Oh c’est une… Magnifique pièce… »

Un peu oui qu’elle est magnifique. J’y ai mis le prix parce que je voulais quelque chose de beau et d’unique pour Savannah. C’était dans une autre vie ça. Une autre vie qui s'est terminée il y a deux jours et pourtant j'ai l'impression que ça fait plus longtemps que je porte la douleur de mon choix sur les épaules. Il relève son regard vers moi et repose son matériel.

« Vous vous rendez compte que je ne vais pas pouvoir vous la reprendre au prix que vous l’avez payée ?
- Pas grave.
- Vous êtes sûr ?
- Combien ? »

Il recommence à l'observer en silence tourne et retourne la bague. Je le vois hésiter et moi je m'impatiente. Je veux juste en finir avec ça.

« Je ne monterai pas plus haut que 300 dollars. » il termine par dire en relevant son regard vers moi.

Près de quatre fois moins que ce que j'ai dépensé pour la bague. Et ma réponse à moi ne tarde pas.

« Vendu. »


|-|-|

« Vendu... » je murmure en continuant de fixer mon jeton.

Comme ça, en l'espace d'une seconde, je me suis séparé de la bague, j'ai tiré un trait sur des mois de bonheur. Une coupure nette, sèche. C'est le mieux non ? Le faire vite plutôt que d'attendre... Un soupir et j'enferme le jeton dans ma main avant de sortir de descendre de la moto et de ranger le casque dans le "top case". Je m'avance vers le bar en ne quittant pas l'enseigne des yeux, le jeton toujours dans ma main. Je m'arrête au bord du trottoir, baisse le visage pour observer le jeton avant de le laisser tomber dans le caniveau. Je le jette aux oubliettes, comme le reste. Je reporte mon attention vers le bar où je pénètre d'un pas lourd mais pourtant décidé. A quoi bon s'infliger ça encore et encore ? Je ne toucherai plus à la drogue, j'ai failli y laisser ma peau alors je ne ferai pas cette connerie mais l'alcool... Qu'on me foute la paix avec ça. Juste... Qu'on me foute la paix. Je m'installe au bar et me frotte le visage. Très vite le serveur s'approche de moi, un large sourire aux lèvres, un sourire qui me semble sincère et un sourire auquel je réponds même si je sais que mon sourire n'est en aucun cas aussi rayonnant que le sien.

« Bonsoir. Qu'est-ce que je vous sers ?
- Un whisky et une bière s'il vous plaît.
- C'est parti. »

Et pendant qu'il s'occupe de me préparer ça je jette un regard autour de moi. Il y a pas mal de monde. Je ne sais pas si ça me convient ou si ça me dérange. Je n'ai pas particulièrement envie de voir du monde mais en même temps le bruit ambiant me permet de ne pas me laisser trop submerger par mes pensées.

« Et voilà ! Je crois pas vous avoir jamais vu ici, c'est la première fois que vous venez non ? »

Toujours tout sourire. J'attrape le verre de whisky.

« Et ce sera pas la dernière si le whisky est bon. »

Il rit. Je lève le verre et observe le liquide à l'intérieur et je sens mon visage se décomposer et se fermer. Les larmes me montent aux yeux.

« Y'a un problème ? »

Un rire sans joie s'échappe de mes lèvres.

« Si seulement il n'y en avait qu'un... » je réponds avant de porter le verre à mes lèvres et d'avaler le dit verre d'un seule et unique gorgée.

« Alors ? »

Je repose le verre et reporte mon regard sur le serveur.

« Alors je reviendrai. »

Il me ressert.

« Tu peux laisser la bouteille. » je lui dis finalement en glissant quelques billets sur le comptoir.

Je bois le second verre avant de m'attaquer à la bière. Et c'est comme ça, qu'en quelques secondes, je tire un trait sur un an de sobriété.

Tout ça pour ça...


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Dernière édition par Daniel Mills le Jeu 31 Aoû - 19:48, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo]   Ven 5 Mai - 22:54



seconds from my heart, a bullet from the dark
dan & leo

Il a passé quelques heures à contempler la clarté du jour s'estomper. Quelques heures tapis dans les ombres de son séjour, replié dans son sofa comme cherchant une sécurité, une solitude qu'il peine à retrouver. Parce qu'il la sait, là, dans son esprit, son spectre errant entre les murs de son minable appartement. Et un soupire s'extirpe d'entre ses lèvres quand il se décide à bouger, quand il parvient à retrouver plus ou moins la raison. La soirée s'est installée, le manteau de la nuit s'enfile petit à petit sans qu'il n'ait pu l'appréhender et c'est finalement un poids qui s'enlève de ses épaules. Aussi, il parvient à retrouver toute sa hauteur, déambulant dans les pièces à la recherche de son téléphone tandis qu'il coupe court à sa course, secouant la tête comme dans l'espoir de parvenir à se défaire du rire enfantin qu'il croit entendre, cette voix qui hante ses songes malgré son absence de plus en plus douloureuse. Et, finalement, malgré sa matinée épuisante, Leo choisit de s'élancer vers un tout autre programme que celui qui s'était dessiné sous ses yeux, parvenant à mettre la main sur son bijou de technologie pour y lire une invitation qui l'apaise, qui vient étirer un maigre sourire le long de ses traits. Il lui aura fallu une petite demi-heure pour rejoindre les autres, ces âmes chaleureuses qu'il aime à côtoyer par leur joie de vivre. Parce qu'il oublie enfin son chagrin, cette tristesse qui réside au fond de lui comme n'attendant plus que le bon moment pour le briser ; chose qui sera aisé à faire si la voix de Claudia persiste à se faire aussi nette dans son esprit. Non, ici, il en oublie tous ses tourments, toute cette noirceur qui s'est ancrée en lui pour ne laisser qu'une faible lueur de vitalité qui, ce soir, profites de son temps libre, de cette liberté momentané. Ils sont ses sauveurs, ceux qui lui permettent de tenir encore le coup. Ils sont la raison pour laquelle il tient le coup, hors Aiden qui – malheureusement – s'éloigne, avide de nouveauté, facilement lassé ; il s'en doutait. Puis, c'est vers lui que ses pensées s'échappent tandis que les rires continuent de résonner dans le petit encadrement qu'ils animent, là derrière des conversations qu'il peine peu à peu à suivre. Il lui faut un autre verre, quelque chose qui vienne calmer son rythme cardiaque et c'est vers ce sésame qu'il s'élance, s'excusant auprès de ses amis pour venir flirter avec le bois verni du comptoir à côté d'un homme qui, comme lui, semble vouloir en oublier un paquet ; ça à en juger la bouteille qui rôde près de ses mains, accompagnée de deux verres dont l'un déjà vide, l'autre sur cette même lancée. Ça lui arrache un sourire gêné tandis que le serveur s'approche de lui à la hâte. Il le renvoie, gentiment tout de même, laissant supposer qu'il reviendra plus tard. Pour l'instant, sa curiosité et sa gentillesse lui proposent un autre chemin qu'il vient suivre, instinctivement, prenant sur lui pour ne pas paraître trop incertain dans sa démarche. Parce qu'il hésite, vraiment, rien qu'un court instant. « Si je peux me permettre, vous devriez y aller doucement avec ça. Pour en avoir essayer deux, je sais à quel point il fait mal au crâne. » Trêve de plaisanteries, Leo maintient sa position bien qu'encore à quelques pas de l'homme qu'il contemple, là, derrière un masque marqué par les maux lui semble-t-il. « Désolé, vous n'avez pas l'air d'aller bien. Ce ne sont pas mes affaires, je sais, mais vous êtes vraiment... » Il n'ose pas prononcer ce dernier mots, se contentant de désigner son visage d'un rapide coup de main dans l'espoir qu'il parvienne à le comprendre. Puis, finalement. « Vous êtes plutôt pâle. » S'il pouvait s'abstenir de parler, réellement, il le ferait mais là, davantage avec les quelques verres qu'il s'est déjà offert, c'est une manie qu'il ne contrôle pas trop bien, à laquelle il ne fait même plus attention. Il agit seulement de la manière qui lui semble la plus normale, terminant de franchir les quelques pas qui les séparaient encore pour finalement tenter d'accrocher à nouveau son regard. « Ça vous ennuie si je m'assoie ? » Et il s'attend déjà à un 'non' à la manière dont l'autre le toise, ce qu'il comprend en soit, chose qu'il ne blâmera pas. Alors, il affiche déjà un sourire désolé, prêt à libérer de sa présence celui qu'il contemple encore un petit instant pour finalement en apprécier la vue, après tout, palier l'utile à l'agréable n'a jamais fait de mal. « J'm'appelle Leo. »  
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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo]   Lun 8 Mai - 10:15

Seconds from my heart, a bullet from the dark.


Le goût et les sensations que l'alcool procure, tout ça je l'avais oublié. Je m'en rends compte alors que le liquide ambré coule dans ma gorge lorsque je m'attaque et termine le second vers de whisky. J'avais vraiment oublié et ce n'était pas plus mal parce que c'est tellement bon... Le travail avait été long pour atteindre la sobriété car au-delà du manque qu'avait ressenti mon corps, il y avait les sensations oui, des sensations dont j'ai irrémédiablement besoin maintenant. C'est assez effrayant en fait, parce que je sais que l'autre chose qui a failli me tuer est également capable de me mettre dans un état que je recherche là tout de suite. Il va falloir que je parvienne à me contenter de l'alcool. Je veux m'en contenter, je vais devoir me battre contre moi-même pour y parvenir, ça ne fait aucun doute. Je porte la bouteille de bière à mes lèvres et c'est là que j'entends la voix d'un type, pas très loin de moi. J'entends ses mots et je tourne mon visage vers lui. Je regarde brièvement autour de moi et il me faut quelques secondes pour comprendre que c'est à moi qu'il s'adresse. Il a parlé du whisky, du mal de crâne qu'il peut engendrer pour avoir testé. De quoi je me mêle ? Je ne réponds rien, je n'ai pas envie de m'emporter d'entrée, pas envie d'être foutu dehors alors que cet endroit semble plutôt me convenir alors, je me contente de détourner mon regard du type en haussant les épaules. S'il savait à quel point je peux me foutre d'avoir mal au crâne... Je bois une gorgée de bière et la voix du type me parvient de nouveau. Je laisse échapper un bref rire sans joie quand il me dit que je n'ai pas l'air d'aller bien.

« Sans déconner ?... » je murmure dans ma barbe en continuant de boire ma bière.

Il a l’œil lui dites donc... N'importe qui qui poserait son regard sur moi verrait que je ne suis pas bien, je sais moi-même que ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Il ajoute que ce ne sont pas ses affaires et l'envie de lui balancer un « t'as raison alors casse-toi » me prend mais là encore je me retiens. Encore une fois, je n'ai pas envie de provoquer un bordel monstre alors que je viens tout juste de m'installer. Je me tourne cependant vers lui quand il ne termine pas sa phrase. Je le regarde à moitié ahuri quand il me montre son visage. De quoi il me parle là ?

« Vous êtes plutôt pâle. » il finit par lâcher et mes sourcils se haussent sous l'étonnement. Donc le mec se pointe au bar, il commence à me dire que ce que je bois risque de me filer mal au crâne, il me dit ensuite que j'ai pas l'air d'aller très bien avant de me dire que j'ai une sale gueule ? Je suis tellement sur le cul que je ne sais vraiment pas comment je dois le prendre. Est-ce qu'il essaye d'être sympa (même si je n'ai rien demandé) ou est-ce qu'il cherche juste à me mettre hors de moi ? Il s'approche subitement de moi et j'ai un bref mouvement de recul parce qu'encore une fois, je ne comprends pas ce qu'il me veut. Il me demande alors si ça m'ennuie qu'il s'installe à côté de moi. Ah ! La réponse qui fuse presque est un « oui, ça m'ennuie, retourne d'où tu viens et fous-moi la paix ». J'ai ma réponse ceci dit : il ne cherche pas à me rendre dingue juste à être gentil (il a sans doute juste pitié en fait). Tandis que je le regarde avec sans doute un peu trop d'agressivité (alors qu'il n'a techniquement rien fait de mal j'en ai conscience), il se met à sourire et ça me fige sur mon tabouret. Son sourire il a un truc, je ne sais pas quoi exactement mais un truc. Je ne sais pas si j'apprécie ou pas pour le coup, je ne sais pas du tout... Mais bien malgré moi, le sourire fait descendre mon animosité à son égard, mes épaules s'abaissent toutes seules alors que la tension redescend. Et il se présente. Leo qu'il s'appelle. Je l'observe en silence un instant, hésitant franchement à l'envoyer sur les roses puis je soupire avant de tendre la main vers lui, vaincu.

« Daniel. »

J'attends qu'il la serre (la pression de la main est tout autant étrange que le sourire) avant de récupérer ma main et de lui désigner le tabouret d'un geste du menton.

« Tu peux t'asseoir si tu veux mais je garantis pas être de bonne compagnie. Faudra pas te plaindre si je te gâche ta soirée. »

Ou l'art de comment se faire de nouveaux amis... J'attends qu'il soit installé pour faire signe au serveur qui s'approche.

« Tu peux nous amener un verre propre s'il te plaît ? » Il s'exécute et je le remercie avant de me tourner vers Leo tandis que je verse un peu de whisky dans son verre avant de me servir pour la troisième fois. « Parce que du coup, tu vas partager le mal de crâne avec moi. Ce serait malpoli de refuser un verre. » j'ajoute avec un regard plus dur qu'il ne devrait l'être. Je lève mon verre, ouvre la bouche et la referme. « Tu sais quoi ? En fait j'ai absolument rien à célébrer alors... » Et je m'enfile le troisième verre de la soirée. C'est déjà beaucoup. Trop en si peu de temps pour un corps qui n'a plus l'habitude mais ça, je ne le réalise pas encore. Je me tourne vers celui qui s'est désigné pour être mon compagnon de boisson pour la soirée. « Alors, Leo qui trouve que j'ai une sale gueule... » je dis en m'accoudant au comptoir. « Je suis pas vexé, c'est vrai donc bon, c'est légitime. » j'ajoute pour éviter qu'il pense que je lui reproche quoi que ce soit. « T'es venu me voir parce que tu t'ennuyais ou alors je t'ai fait pitié et t'as décidé que je serais ton petit cas de charité pour la soirée ? »

Ce n'est pas méchant, c'est une simple constatation. Je ne sais pas pourquoi il est là. Enfin si, il est sympa avec moi mais pourquoi ? J'attire pas l’œil là je crois, au contraire, j'aurais plutôt tendance à faire fuir tout le monde alors je suis curieux de savoir ce qui l'a amené à me parler et à vouloir s'asseoir à côté de moi.

Bon, l'alcool commence à parler pour moi mais ça, c'est un détail.



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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo]   Mer 10 Mai - 21:38



seconds from my heart, a bullet from the dark
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 « Sans déconner ?... » Il a seulement baissé la tête quand ces mots lui sont parvenus, évitant son regard, cette manière de jauger le monde d'une manière qui lui échappe ; ou qu'il ne connaît que trop, dans le fond, pour avoir été de ce même côté des ombres. Ça lui rappelle ses sombres heures, toutes ces nuits à attendre que la douleur ne passe sans jamais voir cette dernière s'estomper, encore aujourd'hui. Alors non, il ne part pas, il reste à sa place, essuyant cette remarque, continuant dans sa lancée avec son prénom, cet air chaleureux éternellement accroché le long de ses traits. Parce qu'il l'est, empli d'une bonté dont on pourrait avoir tendance à abuser. C'est la définition même de son existence, une triste réalité à laquelle il ne peut rien faire, ne pouvant y remédier, même malgré ce qu'il cache dans un recoin sombre de sa tête. Leo se contente d'assumer les conséquences qu'a imposé sa présence aux côtés du brun, persuadé qu'il pourrait lui aborder rien qu'une compagnie un peu moins tortionnaire que cette solitude dans laquelle il s'était plongé. Il aurait aimé qu'on lui vienne en aide, quand les ténèbres s'installaient sur son horizon par le passé des plus éclatants. « Daniel. » Et sa main rejoint la sienne dans une poignée brève mais bien assez dure, conséquente pour qu'il ne vienne en sourire davantage : qu'il l'accepte est un très bon point parce qu'il ne comptait pas baisser les bras facilement, quitte à jouer des sentiments. « Tu peux t'asseoir si tu veux mais je garantis pas être de bonne compagnie. Faudra pas te plaindre si je te gâche ta soirée. » Ce à quoi il répond par un haussement d'épaules comme pour lui faire comprendre que ce n'est rien parce qu'il s'en fout, dans le fond. La question ne réside pas en 'quelle compagnie fera-t-il' mais plutôt en 'quelle compagnie Leo parviendra à être' ; chose qu'il tait, qu'il garde pour lui tandis que ses prunelles continuent de guetter celui qu'il est venu déranger, cherchant le serveur des pieds pour ensuite l'interpeller. « Tu peux nous amener un verre propre s'il te plaît ? » Un froncement de sourcils, un regard dans sa direction, à nouveau, avant que ses yeux ne se portent sur ceux avec qui ils avaient pu être plus tôt, son absence déjà oubliée. Tant mieux. « Parce que du coup, tu vas partager le mal de crâne avec moi. Ce serait malpoli de refuser un verre. Tu sais quoi ? En fait j'ai absolument rien à célébrer alors... » Et ce qu'il tenait entre ses doigts s'évapore à une vitesse qui le surprend, Leo hésitant presque à faire de même pour ne pas paraître idiot mais s'en abstient, laissant un petit sourire lui échapper tandis qu'il baisse à nouveau la tête, désormais sûr que quelque chose hante sa compagnie momentanée bien que loin d'être à même de pouvoir lui demander. Ne l'osant pas au vu de ce qui suit.

« Alors, Leo qui trouve que j'ai une sale gueule... » Retour à ses traits, rapidement, par surprise. Il se sent con et c'est une première depuis quelques semaines. Leo cherche ses mots, Leo cherche ce qui pourrait réparer cette erreur bien que la voix de Daniel, une nouvelle fois, vienne le devancer. « Je suis pas vexé, c'est vrai donc bon, c'est légitime. » Si c'est censé le rassurer, ça ne fonctionne pas tellement, laissant Leo dans un moment de doute tandis qu'il continue sur sa lancée de recherches inutiles. « T'es venu me voir parce que tu t'ennuyais ou alors je t'ai fait pitié et t'as décidé que je serais ton petit cas de charité pour la soirée ? » Un rire, quelque chose qui s'extirpe d'entre ses lèvres sans qu'il n'ose pleinement poser son regard sur lui. Parce qu'il sait ce qu'il pourrait dire, parce qu'il sait les mots qui veulent s'installer dans cette conversation hors du commun ; loin de toute sympathie qu'il avait pu imaginer aux premiers abords. Ça a rien à voir avec une approche délicate, rien à voir avec ce qu'il aurait voulu voir se faire ici. Mais ça vaut le coup, les surprises sont moins ennuyantes que ces banalités qu'il ne connaît que trop ; malgré lui.

« T'as raison, je m'ennuyais puis j'ai vu ta sale gueule et j'me dis : ouais, pourquoi pas celui-là. » Ça vient s'imposer à Daniel, ça vient se porter sur l'instant comme une évidence, sans qu'aucune gêne ne vienne teinter ses traits. Il se fout de savoir comment sera reçu ses dires, comment il réagira lorsqu'il comprendra qu'une part de vrai réside en ces paroles ; là ou plus tard, qu'importe. Après ça, il se permet une gorgée de son verre, le finissant finalement, se donnant le droit de se servir à nouveau. Après tout, il était aussi venu dans cette petite optique en plus de ne pas être seul. Il ne l'est pas et la bouteille est à eux – plutôt à lui. « Vous me rappelez moi quand j'ai été assez con pour rester tout seul, aussi, c'est une des premières raisons avec celle déjà dite. » Continue-t-il dans sa lancée, captant le regard du serveur qui les guette parce qu'il le connaît ; ce à quoi il sourit, il sait déjà ce qu'il attend dans l'espoir de voir quelques billets nourrir davantage sa caisse. Alors Leo sort également son portefeuille, le déposant sur le bois verni du comptoir lorsque ce dernier les rejoint, attendant la nouvelle commande que Sanders ne perd pas de temps à prendre. « Tu te souviens du truc hyper fort que tu nous avait donné la dernière fois ? La même chose, s'il te plaît. » Lui souffle-t-il presque à l'oreille, devant se lever pour se faire entendre au vu du groupe qui vient d'entrer, bruyant, déjà en forme pour animer une soirée qu'il pensait pouvoir être calme. C'est peine perdue ici, lorsque le manteau de la nuit règne sur les ruelles humides et sans vie. Et il s'écoule quelques secondes entre sa commande et l'instant où il choisit de reprendre la parole. Un léger temps qui s'écoule presque au ralenti, laissant à Leo la possibilité de réfléchir, de chercher un moyen de rendre la soirée de son nouvel interlocuteur un peu moins morose ; bien que peu sûr d'y parvenir. Il voit les traits tirés qu'il porte, cette douleur teintée sur ceux-ci comme tortionnaire des songes qu'il garde silencieux, leur intensité ancrée au cœur de ses pupilles. Puis, perdu dans ses pensées, c'est leur serveur qui l'en sort, déposant devant le blond la bouteille réclamée, un large sourire venant s'accrocher le long des lèvres de Sanders avant qu'il n'en revienne à Daniel. « Vous semblez réellement vouloir vous défoncer le crâne alors c'est cadeau. » Il le sert, le prévenant tout de même de manière implicite, curieux de le voir s'y risquer sans trop de précaution ; Leo l'ayant déjà essayé pour ensuite regretter : puisqu'ils en sont à partager, après tout. « Sinon, vous n'êtes pas un habitué ici, j'vous aurez remarqué bien avant sinon. Et, désolé de faire le curieux, mais je ne suis pas sûr que le plaisir soit de mise. Mauvaises nouvelles ? » C'est l'un de ses défauts, au final, s'investir dans la tête des gens qu'il rencontre, ça sans y être invité, mais son sourire aide à persuader ses interlocuteurs, sa tendresse à les mettre en confiance. Et bien qu'il vienne donner l'illusion en user, Leo n'en a même pas conscience.
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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo]   Jeu 11 Mai - 16:45

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Alors je suis quoi pour lui exactement ? Pourquoi moi ? Pourquoi ? La question est légitime je pense. Que mon esprit commence à être embrumé par l’alcool ou pas, j’ai le droit de me demander et donc de lui demander pourquoi il a décidé de venir me parler et de s’intéresser à mon état, lamentable c’est vrai. Il laisse échapper un petit rire après ma question et j’esquisse du coup un petit sourire même si je sais que mes yeux, eux, ne doivent absolument pas sourire. Il ne me regarde pas vraiment, peut-être parce qu’il n’assume pas le pourquoi et qu’il ne veut pas me le révéler. S’il me dit que je lui ai fait pitié je ne m’en vexerai pas même si ce n’est pas très flatteur, il est tellement probable que je fasse pitié à beaucoup de monde que bon… Finalement, lorsqu’il se décide enfin à me répondre, après un moment qui semble étrangement long, il me dit que j’ai raison, qu’il s’ennuyait et que quand il a vu ma sale gueule, il s’est dit « pourquoi pas celui-là ». A la seconde où je comprends le sous-entendu qui n’en est pas vraiment un en fait puisqu’il dit ça ouvertement, ma bouche s’entrouvre sous la surprise. Alors c’est ça ? Je lui plais en fait ? C’est tout ? Pas de pitié ? Quand même un peu non ? En tout cas je suis surpris qu’il le dise comme ça, directement mais en même temps indirectement, et surpris tout court. La dernière fois que j’ai plu à un type ça remonte à… Je ne sais même pas en fait puisque j’ai longtemps évité les bars et puis au final, comme j’avais Savannah dans ma vie, je n’ai jamais fait attention. Il y a peut-être eu des signaux envoyés par des types ou par des nanas mais je n’ai rien vu. Maintenant je vois. Sauf que je ne suis pas intéressé et va falloir que je lui dise histoire qu’il ne se fasse pas d’idées. Cette envie de lui dire ça est cependant rapidement occultée quand après s’être servi un autre verre, il me dit que je lui rappelle lui quand il était « assez con pour rester tout seul ». Je détourne le regard pour m’intéresser à mon verre trop vide et me ressers. C’est trop d’un coup mais je n’y pense pas. Je bois ceci dit plus doucement cette fois, tant pour savourer le liquide que pour me donner quelque chose à faire parce que je n’ai pas envie de le regarder et de me voir dans ses yeux en fait.

C’est en coin que je lui jette un coup d’œil quand il fait venir le serveur jusqu’à lui. Il se redresse sur son tabouret m’offrant à moi, ainsi qu’au reste de la population du bar, une vue indécente sur son postérieur, murmure quelque chose à l’oreille du serveur avant de se réinstaller. Et moi de me réintéresser de plus près à mon verre entamé. Il y a soudain davantage de bruit à l’intérieur du bar et je me retourne pour me rendre compte qu’un groupe vient d’entrer. Au moins c’est animé, c’est plus facile de ne pas penser quand il y a du bruit comme ça. Je reporte le verre à mes lèvres, bois une nouvelle gorgée de whisky, termine ce quatrième verre et cligne plusieurs fois des yeux parce que je sens l’effet de l’alcool qui s’insinue dans mon organisme. Je vais finir malade ce soir, c’est sûr, mais ça fait rien : ça en vaut la peine. Enfin je crois. Je… Reporte mon regard sur le serveur quand il dépose devant Leo et moi une bouteille d’un alcool que je ne connais pas. Je relève finalement mon regard sur Leo quand il reprend la parole et m’aperçois qu’il a un large sourire accroché aux lèvres. Je fronce les sourcils alors qu’il me sert : ce truc doit être vraiment fort pour qu’il en parle de cette façon. Je ne bois pas tout de suite. Je porte d’abord le verre jusqu’à mon visage, renifle l’odeur de l’alcool puis reporte toute mon attention sur Leo quand il relève que je ne suis pas un habitué. J’ai envie de dire « non mais ça va venir » mais je me retiens. Je ne m’attarde pas sur le fait qu’il dit qu’il m’aurait remarqué bien avant si c’était le cas (sous texte : je lui plais vraiment donc il m’aurait remarqué s’il m’avait déjà vu), puis il s’excuse de faire le curieux et pose une question. La question : « mauvaises nouvelles ? ». Je me fige sur mon tabouret, le verre toujours dans ma main. Ma bouche s’ouvre, se referme, j’ai légèrement la tremblote. Mauvaises nouvelles… Tout ce qu’il s’est passé ces dernières semaines et plus précisément ces deux derniers jours me revient en plein visage alors que j’avais plus ou moins réussi à tout occulter grâce à l’alcool et finalement grâce à lui aussi puisque jusque là, il réussissait mine de rien à me distraire. C’est finalement un sourire triste qui étire mes lèvres.

« Des mauvaises nouvelles… Ouais je crois qu’on peut dire ça… » je réponds mon regard plongé dans le mystérieux liquide auquel je n’ai toujours pas goûté.

Et c’est tout. Je n’ajoute rien. Enfin, je n’ajoute rien jusqu’à ce que je tourne mon regard vers Leo qui m’observe avec un fin sourire aux lèvres mais ce n’est pas le genre de sourire qui met mal à l’aise ou qui est mauvais, non. Son sourire transpire la sincérité et la gentillesse. Il ne me connaît pas et pourtant… Faut croire qu’il est gentil de nature. Je devrais lui dire de s’en aller parce que je vais le contaminer avec tout ce qu’il y a de sombre et mauvais chez moi et il ne mérite pas d’être contaminé par ça, par moi. Pourtant, je ne lui dis pas de partir car très égoïstement, j’ai envie de lui parler. Très égoïstement, j’ai envie de me confier à cet inconnu que je ne reverrai peut-être jamais, à qui je ne dois rien, à qui je ne peux pas faire de mal en me confiant et qui ne me jugera sans doute pas, ne me fera pas la morale comme tous ceux qui m’entourent le ferait sans aucun doute. Je pousse un profond soupir et lâche les vannes.

Je ne devrais pas mais je le fais. Peut-être que ça va me soulager…

« Ma fiancée m’a foutu dehors il y a deux jours. Elle m’a quitté par la même occasion et si elle l’a fait, c’est parce qu’elle a vu que je n’étais plus comme d’habitude alors j’ai décidé de lui dire que j’avais fait quelque chose de monstrueux. Sauf que j’ai pas voulu entrer dans les détails. J’avais mes raisons mais j’ai pas voulu le faire et elle a pas accepté le mensonge alors elle m’a rendu la bague et je suis parti de chez elle. C’est mieux pour elle de toute façon. » j’ajoute rapidement. « Le mec dont elle est tombée amoureuse et qu’elle voulait épouser il a disparu. Il est mort celui-là… » Et en le disant, je réalise encore plus à quel point c’est vrai et ça m’en met les larmes aux yeux. « Parce que tu vois, ce que j’ai fait, le secret que je garde, c’est pas le genre de secret avec lequel tu peux vivre facilement. C’est le genre de secret qui te ronge jusqu’à ce que tu crèves. » Froncement de sourcils alors que je détourne mon regard de Leo pour regarder mon verre que je désigne d’un geste du menton. « Ces verres, ce sont les premiers que je bois depuis un moment. » Je relève mon regard que je sais voilé et rempli d’ombre vers Leo. « Avant d’entrer dans ce bar, j’ai jeté par terre mon jeton des Alcooliques Anonymes. « 1 an » il y avait écrit dessus, un an... » Mes doigts se crispent autour du verre. « Ma vie part en morceaux et je voulais oublier. Je veux oublier et la seule chose qui pourrait me faire vraiment oublier je refuse d’y retoucher alors… » Nouveau regard pour le verre auquel je me décide à goûter. L’alcool est très fort mais franchement pas dégueulasse au contraire. « C’est quoi ce truc ?... » je demande plus bas à Leo en relevant mon regard vers lui.

En cet instant, je dois encore plus faire pitié que tout à l’heure.
Tant pis. Il voulait savoir. Maintenant il sait.

Enfin en partie.




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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo]   Jeu 11 Mai - 23:06



seconds from my heart, a bullet from the dark
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Les lueurs de la pièce s'éternisent sous son regard, offrant un profil à son interlocuteur qui l'intrigue, raison pour laquelle il se perd un instant dans sa contemplation. Oubliées les secondes qui s'écoulent lentement en preuve formelle que le monde continue sa course, oubliées les commandes à prendre pour ses amis et les raisons qui l'ont poussé jusqu'au bar ; tout ce à quoi il songe pour l'instant, c'est au sourire qu'il peine à faire naître sur ces traits jusqu'à y parvenir, jusqu'à l'apercevoir, une bride du potentiel que peut avoir ce faciès. Un commentaire qu'il garde pour lui, se contentant de continuer de sourire, bêtement très certainement, tandis que les verres se servent et qu'une légère bulle – encore fine – se forme autour d'eux. Et, tandis qu'il parvient enfin à se faire à cette conversation improvisée, il s'y risque à cette question, à cette demande qui – de toute évidence – aurait été à esquiver. Mais il n'en reste pas moins un homme curieux, innocent, de ce genre d'hommes qui offre la possibilité de vider son sac sans pour autant qu'il n'en ait réellement quelque chose à faire ; bien que dans son cas, autrui aura toujours l’avantage sur sa propre vie. Ce qui l'amène d'ailleurs à se faire attentif, plus qu'il n'aurait pu l'être aux premiers abords, voyant une certaine noirceur retrouvée le chemin jusqu'aux prunelles du brun. Leo en retient ses mots, ses excuses, ce qui vient se bloquer dans sa gorge tandis que sa dernière question reste en suspend. Il a envie de lui dire de laisser tomber, il a cette volonté de lui faire entendre que ce n'est rien et que ces choses ne le regarde pas et pourtant, il n'en fait rien. Patient, les sourcils froncés, Sanders lui laisse la possibilité de s'ouvrir, là, rien qu'une nuit dans l'espoir de rendre sa perdition un peu moins lourde, car rien ne pourra quitter ces lieux, car rien ne pourra venir le hanter lorsqu'il retrouvera l'air frais et, parfois, salvateur de la rue qui l'a mené ici. Leo sera la tombe de ses dires, l'antre de ses secrets rien que pour ce soir et en cela, Leo y voit de la bonté quand d'autres y verraient de la curiosité malsaine. Et s'il reste sagement assis à sa place, c'est qu'il se fout de la manière dont son interlocuteur pourrait le prendre, restant chaleureux, autant qu'il l'a toujours été dès lors qu'il se risque près de telle ou telle personne de toute manière. Il n'en sera pas différent de celui qu'il est venu rejoindre, qu'importe les contraire qu'il puisse vouloir lui faire entendre. Et, tandis qu'il y songe, la voix tremblante de l'autre homme lui parvient, doucement. Il tend l'oreille pour clairement l'entendre malgré les voix qui s'élèvent davantage derrière eux, un bruit ambiant qui renforce leur petit monde momentané. « Des mauvaises nouvelles… Ouais, je crois qu’on peut dire ça… » Il entend mais ne parvient pas à accrocher son regard, celui qui se tient ailleurs, dans des songes qui n'appartiennent qu'à sa mémoire ; ou presque.

Une petite minute de perdition, une profondeur sombre qui vient envahir son regard et, tandis qu'il s'apprête à changer de sujet, le sourire que pousse Daniel l'en dissuade. Non, au lieu de ça, il se tourne davantage dans sa direction, guettant la manière dont ses traits s'animent d'une merveilleuse manière, bien que teintés d'une émotion qu'il ne connaît que trop pour l'avoir essuyé dans l'obscurité de son appartement quand personne ne pouvait le sauver de ses songes. Et puis, ils lui parviennent, ces mots. Ils s'écoulent, formant des phrases, formant des faits, formant une vérité qu'il peine à exprimer normalement et, face à ce qu'il laisse entendre, Leo le comprend, en baisse la tête, honteux de remuer une telle descende aux enfers par volonté de pouvoir faire face aux problèmes à sa place, dans l'espoir d'avoir voulu se rendre utile pour cet esprit qu'il voyait noyé par des fantômes qu'il comprend bien mieux, qu'il regretterait même de connaître si son altruisme n'était pas aussi développé. Et comme si les choses n'étaient pas assez lourdes de secrets et de mystères, une nouvelle pointe de douleur vient s'ancrer dans les paroles qu'il lui confie, son regard toujours posé sur ce verre qu'il ne quitte pas, ces premiers verres depuis longtemps à ce qu'il dit et il comprend désormais. Un an. Une année d'efforts essuyée en un levé de coude, en quelques centilitres de ce qui patiente silencieusement au cœur de ce qui se tient entre ses doigts. « Ma vie part en morceaux et je voulais oublier. Je veux oublier et la seule chose qui pourrait me faire vraiment oublier je refuse d’y retoucher alors… » S'en suit sa première gorgée de ce que Leo s'est risqué à mettre sous ses yeux, un triste sourire désormais accroché sur les lèvres du blond. « C’est quoi ce truc ?... »

« Ils appellent ça de la Vodka Balkan 176. Raison pour laquelle je te demande d'y aller doucement. » Laisse-t-il entendre, retrouvant le chemin jusqu'à son regard qui tente au mieux de se reconstruire. Leo s'y attarde un court instant, tentant de percevoir la chute qu'il essuie, celle qu'il pourrait lui épargner pour ce soir, un court instant de repos quant aux tourments qui semblent le conquérir, petit à petit, quand lui s'est défait des siens par volonté de ne pas succomber à ses spectres. Pour Daniel, il le voit aisément, tout est différent : il est attiré par cette noirceur et au vu de son récit, Leo le serait probablement également. Aussi, il ne le blâme pas, il n'en a pas le droit, pas l'envie. Au lieu de ça, il s'offre aussi une gorgée de ce qui vient de vider son portefeuille afin que sa nouvelle compagnie ait ce qu'elle souhaite, une trêve quant à la tempête qu'il essaie de braver. Puis, finalement, il se tourne complètement vers Daniel, l'azur de ses prunelles braqué sur lui comme dans l'espoir qu'il vienne s'y perdre rien qu'un instant. « Je suis désolé de ce qu'il t'arrive. » Et si ces mots semblent bourrés d'une courtoisie impersonnelle, Leo quant à lui pense avec hargne ce qu'il laisse s'installer entre eux deux, ces syllabes qui se perdent dans le bruit ambiant du bar, prit d'assaut par une foule un peu plus dense qu'au départ, assez pour qu'en un coup d’œil, il ne parvienne plus à retrouver le groupe d'amis qu'il était venu accompagner. Tant mieux, définitivement tant mieux. « Ce que je te propose... » Il laisse en suspend sa phrase, se levant légèrement pour se pencher sur le bar, fouillant derrière le comptoir pour y trouver deux shots, le serveur n'accordant qu'un clin d’œil à Leo parce qu'il connaît la maison, parce qu'il n'est que trop habitué à cet endroit et il le sera davantage, désormais, pour cette raison vers qui il revient. Elles sont rares les occasions de pouvoir se rendre utile et il tente de l'honorer, celle-ci, convaincu qu'il pourrait au moins changer une soirée des plus noires en un moment agréable pour l'âme brisée qu'il est venu soutenir sans le savoir avant tout ça, avant cette conversation hasardeuse, engagée alors qu'il ne la pensait pas probable malgré sa question. Et, dans ses gestes, il en vient à les servir, à lui confier l'un des deux récipients récupérés qui déborde jusque sur le bois verni contre lequel ils se tiennent, celui de Leo venant se lever légèrement à l'égard de Daniel. « A cette soirée d'oubli, alors ! » Lance-t-il en un sourire convaincant, en une moue qui lui est propre et pleine d'une sympathie qu'il ne peut réprimer ; davantage ici, ayant entendu l'histoire triste d'un homme tout à fait charmant. Leo n'en démordra pas, cette soirée est la sienne et il compte bien en faire la leur, quitte à devoir sacrifier ses chaussures une fois chez lui au vu de ce qu'il semble prêt à ingurgiter. Parce qu'il compte bien le raccompagner, d'ailleurs, aussi loin que ça puisse être, aussi long que ça puisse être. D'ailleurs. « Tu as des clés, sur toi? » Parce que j'aimerai les prendre, s'il vous plaît, au cas où. Mais cette fin de phrase ne se laisse pas entendre, Leo n'est pas assez fou pour se faire aussi entreprenant ; quoi que.
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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo]   Ven 12 Mai - 17:19

Seconds from my heart, a bullet from the dark.


Alors qu’est-ce que je bois exactement ? Extrêmement fort. Bon, mais extrêmement fort, sans doute beaucoup trop pour un alcoolique qui n’a pas bu un verre d’alcool depuis plus d’un an mais on s’en fout de ça, pas vrai ? En tout cas moi je m’en fous. Leo ne tarde pas à me répondre. De la Vodka donc. Je note le nom dans un coin de ma tête car moi qui suis adepte du whisky, je me surprends à apprécier la dite vodka et à l’occasion, j’en reprendrai sans doute. J’esquisse l’ombre d’un sourire quand il me répète une nouvelle fois d’y aller doucement. Je gère ma gueule, je gère. Enfin je pense gérer ce qui n’est qu’un écran de fumée en réalité. Puis il se retourne complètement vers moi et il y a un petit moment de flottement durant lequel Leo m’observe, me fixe ? Pas vraiment mais en tout cas, il me regarde avec plus d’insistance il me semble. Peut-être que c’est dans ma tête. Peut-être que c’est juste l’alcool. Durant ce petit instant je ne bouge pas non plus, mon regard planté dans le sien. Là encore je ne sais pas vraiment pourquoi je m’y attarde comme ça. Peut-être à cause de l’alcool encore une fois, peut-être parce que j’y lis tout ce dont j’ai intimement et égoïstement besoin, allez savoir. C’est à ce moment-là qu’il me dit qu’il est désolé de ce qu’il m’arrive. Malgré le voile que l’alcool commence à faire apparaître dans mon esprit, ces quelques mots qu’il prononce me font monter les larmes aux yeux et je détourne subitement le regard. Parce que ça me touche ? Oui, sa gentillesse me touche, d’autant qu’il dégage une sincérité presque effrayante en plus, mais ce n’est pas pour ça que je détourne le regard, non. C’est parce que… Parce que je ne mérite pas qu’il soit désolé pour moi. Après tout, j’ai fait des choix et ce sont ces choix que je paye, non ? Jessica a beau me soutenir et estimer que j’ai fait ce qui devait être fait, ça reste un meurtre alors non, je ne mérite pas que Leo soit désolé. Je ne mérite même pas sa présence. Je devrais me tirer vite fait bien fait d’ici. L’idée me traverse oui mais elle est rapidement balayée par l’alcool qui fait son œuvre. En quelques secondes, j’oublie même que j’y ai pensé.

« Ce que je te propose… »

Je reporte mon regard sur Leo. A quoi je pensais là ? Je ne sais plus. Peu importe. Il ne termine par sa phrase et c’est d’un air curieux que je le regarde se lever pour se pencher sur le bar : qu’est-ce qu’il fabrique ? J’ai rapidement la réponse quand il sort deux shooters de derrière le bar et aussitôt, un sourire satisfait étire mes lèvres : voilà une mentalité qui me plaît bien. Et puis j’apprécie franchement qu’il ne me sorte pas un truc du genre « tu ne devrais pas continuer à boire vu ton passif » même s’il ne connaît pas tout. Il sait que je suis alcoolique mais il me sort un shooter et si certains pourraient le trouver irresponsable, moi je le trouve juste super sympa de me laisser la possibilité de tout faire pour oublier ce merdier qu’est devenu mon existence. C’est en silence et toujours avec ce sourire satisfait que je le regarde nous remplir les deux shooters avec la fameuse vodka. Il se saisit d’un, je me saisis de l’autre et quand il le lève, je l’imite, pas vraiment conscient de mes propres gestes finalement : ça commence à devenir automatique et moins réfléchi. Il décide de trinquer à la soirée d’oubli et mon sourire se fait plus large encore. Il a vraiment saisi ce dont j’avais besoin, c’est… Plus que ce que je pouvais espérer.

« Ouais, à cette soirée d’oubli. » je confirme en levant un peu plus mon verre avant de l’avaler d’une traite. Je laisse échapper une brève exclamation devant la puissance de l’alcool et fait claquer le shooter sur le bar avec sans doute un peu trop de force mais j’évite la catastrophe : il ne se brise pas. Je tapote sur le bar, passant soudain d’un était de loque à un état plus… Euphorique. Changement d’humeur grâce à l’alcool qui entraînera un autre changement sans doute rapidement mais je n’y pense pas : je n’y pense plus. Puis, de nulle part, Leo me demande si j’ai des clés sur moi.

« Hein ? » je demande en me tournant vers lui. « Des clés ? » j’ajoute rapidement en fronçant les sourcils. « Quelles clés ? » Oh, les clés pour éviter que je conduise, c’est ça ? Parce que lui il peut conduire peut-être ? Il boit aussi donc bon… Je hausse les sourcils et le toise en esquissant un petit sourire qui a ce quelque chose de moqueur. « Je te laisserai pas plus conduire que je me laisserai conduire. » je lui réponds finalement en prenant la bouteille de vodka. « J’ai des clés oui. » j’ajoute en me servant un nouveau shooter. « Mais tu les auras pas. » Je le serre également et repose la bouteille, puis je récupère mon shooter tout en pointant mon index tremblant vers Leo. « Personne conduit ma bécane à part moi. Personne. Donc je rentrerai à pieds ou en taxi. Peu importe. »

Sur quoi j’enchaîne avec ce second shooter qui vient de nouveau claquer sur le bar une fois vide.

« C’est une tuerie ce truc. »

Et c’est dans le bon sens. Enfin, c’est dit dans le bon sens mais l’effet n’est pas si « bon » que ça parce que là, pour le coup, ça me monte vite à la tête. L’effet euphorie disparaît aussi vite qu’il est apparu et je fronce les sourcils avant de secouer la tête. Je n’ai plus les idées claires, je le sais et il me semble que tout autour de moi commence à prendre des dimensions digne d’un tableau de Picasso ce qui me fait rire pendant quelques secondes puis de nouveau froncer les sourcils.

« Hm… Je vais aller me passer de l’eau sur le visage. »

Je me redresse, le sol me semble tout à coup fait d’une substance qui ne me permet pas de tenir debout et il me faut quelques secondes pour bien trouver mon équilibre.

« Je reviens. » Petit silence. J’observe Leo puis viens poser ma main sur son épaule. « Si tu disparais d’ici à ce que je revienne, je te remercie pour ce petit moment. T’es un mec bien. »

Ma main quitte son épaule pour venir tapoter tout doucement sa joue par deux fois.

« Ouais… »

Et je m’éloigne en direction des toilettes. C’est vrai que c’est un mec bien, ça se voit. Il n’était pas obligé d’être comme ça avec moi et pourtant… C’est forcément un mec bien pour accepter de passer du temps avec un raté comme moi non ?

« Raté… » je souffle en regardant mon reflet dans le miroir des toilettes pour hommes quand je suis arrivé à destination.

Je fais couler l’eau, m’en passe sur le visage mais je réalise très vite que ça ne change strictement rien. Je réitère une seconde fois, puis une troisième fois mais ça n’aide pas. Tout au plus ça rafraîchit un peu mais c’est tout. Alors, finalement, je décide de m’asseoir par terre. Ce n’est pas très propre mais je n’y pense pas une seconde. Je pense juste que le sol est frais et que ça va me faire du bien. J’appuie ma tête contre le mur derrière moi et je réalise à ce moment-là que ça tourne de plus en plus. Je ferme les yeux et bien que l’impression d’être sur un bateau soit persistante, au moins je ne vois plus le décor tourner. Aucune nausée pour le moment, pas du tout envie de vomir et si ça pouvait rester comme ça, ça m’arrangerait. Je n’ai franchement pas envie de vomir ici.

Ce serait vaiment toucher le fond et pour ce qui est de toucher le fond, j'ai déjà atteint des abysses alors...



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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo]   Dim 14 Mai - 16:10



seconds from my heart, a bullet from the dark
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Il y a quelque chose dans son regard, quelque chose qu'il perçoit maintenant qu'il peut s'y attarder pleinement, quelque chose qu'il n'imaginait pas chez autrui, convaincu que ces ombres n'appartiennent qu'à lui : là, le contraire s'invite sous ses yeux, matérialisé en ce qu'il ne parvient pas à déchiffrer. Daniel l'intéresse davantage, non pas seulement par son physique ou cette perdition qu'ils semblent tous deux endurer mais par cette similitude qui les ronge, tapie dans les ténèbres de chacun. Et ça lui avait arraché un maigre sourire de s'en rendre compte, le cœur lourd et les poumons serrés car la mémoire est tortionnaire, brutale, cruelle. Il connaît la manière dont elle heurte et dont elle blesse, raison pour laquelle il avait choisi de rester, de tenir, quitte à devoir y passer sa nuit. Ceux qui l'attendaient quelques minutes auparavant se remettront de son absence tandis que lui, cet homme-là, il n'est pas sûr de pouvoir le laisser seul, pas après ce qu'il a osé lui dire, lui confier. Et si personne ne peut répondre 'présent' à la détresse qui émane de sa personne, Leo le fera, il assumera ce rôle avec plaisir et besoin aussi, surtout. C'est se prouver qu'il peut sauver autrui quand sa propre conscience est vouée au silence. Alors oui, il lui demande ses clés. Il les lui demande pour s'assurer qu'il ne lui échappera pas, pour s'assurer qu'il puisse mener à bien cette nouvelle – visiblement – descente de la part de celui qu'il vient de rencontrer. « Des clés ? Quelles clés ? Je te laisserai pas plus conduire que je me laisserai conduire. » Un sourire, un nouveau regard plein de défi qui termine par s'évanouir dans la manière dont il se fait catégorique sur sa réponse. Leo n'insistera pas, Leo n'ira pas plus loin mais n'en démord pas, lui faisant comprendre un regard baissé, inquiet tandis que Daniel s'empare de la bouteille qu'ils ont entamé. Oui, il s'inquiète beaucoup trop pour le monde depuis qu'il ne l'a pas assez fait pour ceux qui lui étaient proches. « J’ai des clés oui. Mais tu les auras pas. » Une nouvelle dose qu'il verse dans son verre, dans celui de Leo également qui – contrairement à son partenaire de boisson pour la soirée – le laisse un instant flirter avec le bois verni contre lequel ils se tiennent. « Personne conduit ma bécane à part moi. Personne. Donc je rentrerai à pieds ou en taxi. Peu importe. » Il hésite, désormais, conscient qu'il pourrait être l'unique support de cette âme pour ce soir, contemplant la manière dont le liquide translucide rejoint avec hâte l'antre des lèvres du brun, un rictus désolé mais compréhensif logé le long de ses traits. Il pourrait avoir quelque chose à dire, quelques limites à instaurer mais n'en ressent pas l'envie. Il n'a pas l'intention de couper court à cette décadence, pas en sachant qu'il pourrait en avoir besoin. Parce qu'il est passé par là, pour des raisons différentes mais toutes aussi lourdes. Leo a eu besoin de se perdre pour pleinement se retrouver ; bien qu'il n'y soit pas encore parvenu.

Aussi, il se contente de laisser un bref rire s'échapper d'entre ses lèvres quand sa compagnie improvisée vient faire entendre ce qu'elle pense de ce qu'il a choisi pour cette soirée d'oubli, prenant le risque de vider le sien également finalement. Un dernier, se dit-il, rien qu'un dernier avant que ses ombres ne prennent l'avantage. Puis, plus rien, envolés tous ces tourments, évanouie cette mémoire désagréable. Le retour d'une paix d'esprit salvatrice et son regard levé sur le brun qui tente de récupérer toute sa hauteur malgré le manque de coopération de ses jambes. « Hm… Je vais aller me passer de l’eau sur le visage. » Sur le moment, il hésite à se lever, à l'aider pour finalement l'accompagner mais se rétracte, gardant ses réflexes d'auxiliaire de vie pour lui, gardant tout de même un œil sur Daniel qui parvient enfin à trouver une légère stabilité, assez pour marquer une pause à ses côtés. « Je reviens ; une affirmation à laquelle il acquiesce avant qu'une main ne vienne se poser sur son épaule, de quoi attirer pleinement son attention, de quoi permettre à ses perles claires de venir se perdre dans les siennes, Leo en venant à froncer les sourcils tout de même. Si tu disparais d’ici à ce que je revienne, je te remercie pour ce petit moment. T’es un mec bien. » Un contact qui offre à Leo quelques frissons, davantage quand ce dernier s'attarde le long de sa joue. Et son premier réflexe à tout ça ? Baisser la tête, en revenant à son verre tandis que le brun s'éloigne en direction des toilettes. Il lui faut quelques secondes pour calmer les torrents innommables qui frappent son for intérieur, faisant remonter l'image d'un blond, le sourire sournois et une joie inébranlable. Aiden, il pense à Aiden tandis que son monde commence à tourner. Il pense à Aiden puis à la trahison essuyée, une fois encore. Un rire triste s'échappe tandis qu'il relève la tête comme dans l'espoir de respirer convenablement ; ce à quoi il parvient non sans peine avant de faire aller son regard dans la direction qu'avait prit Daniel un peu plus tôt.

Quelques secondes, quelques minutes. Le temps semble lui échapper et, dans un élan léger de lucidité, ses prunelles viennent se perdre sur l'écran de son téléphone pour s'assurer qu'il n'ait pas perdu toute notion du temps. De longues minutes, en effet. Leo en fronce les sourcils, retrouvant à son tour la hauteur de son mètre quatre-vingt tandis qu'il interpelle leur serveur qui ne l’aperçoit pas encore. Il soupire, souffle même en vérité en prenant la direction des toilettes à son tour, un peu inquiet ; plus qu'il n'aurait pu l'être dans un premier temps. « Mike, tu peux nous garder la place ? » Enfin les yeux de ce dernier se posent sur lui, lui et sa démarche un peu pressée. Il acquiesce, permettant à Leo de rejoindre l'étroit couloir qui mène là où se trouve son ami improvisé, assit à même le sol, devant lequel s'accroupit Sanders, un sourire taquin accroché le long de ses lèvres. Il ne peut s'en empêcher, pas devant telle vision. « Confortable ? » Demande-t-il aussitôt, guettant ses réactions, la manière dont il pourrait le prendre et, surtout, s'il est encore conscient tandis que ses mains viennent trouver refuge sur ses joues pour l'y taper très légèrement, cherchant son regard, aussi faible puisse-t-il être. « J'ai l'impression que je vais devoir finir cette bouteille seul. » Plaisante-t-il en prenant le risque de le redresser un peu, le soutenant enfin de ses bras en le laissant reposer contre sa personne, savourant aussi cette proximité – avouons-le – puisque première raison de son approche envers cet homme-là, néanmoins loin d'imaginer que les choses se passeraient ainsi. Il n'en retient pas son rire, imaginant l'image qu'ils peuvent donner dans cette situation, une réaction qui l'amène à tituber légèrement avant que Daniel ne trouve un appui stable face à lui, encore bien proche de sa personne puisque affaibli par ce qu'il lui a fait découvrir ; il ne le regrette pas. Et si l'alcool commence également à faire suffisamment effet sur lui, il n'en oublie pas leur récente conversation et ce sur quoi il avait choisi de se taire. Aussi, ses mains osent se poser contre les côtes de celui qu'il soutient, cherchant un son léger mais commun au monde entier jusqu'à l'entendre, le percevoir là, dans une poche de pantalon ; il va lui falloir du courage. Du courage et de l'audace. « Bon, tu m'en voudras plus tard. » Ces mots lui échappent avant qu'il ne se risque à fouiller sa poche à la recherche des clés en question, parvenant enfin à mettre la main dessus, ce qui l'amène à s'en emparer pour les cacher, immédiatement, dans l'une de ses poches arrières. Il lève finalement ses mains comme pour répondre à la moindre de ses réactions, gardant son sourire longuement logé sur ses traits, ses perles claires amusées tournées vers lui. « Tu les récupéreras quand on sera chez toi, promis. Je sais pas en faire de toute manière donc je m'y risquerai pas. » Une vérité qu'il pourrait ne pas croire, éventualité qui vient s'inviter dans sa tête pourtant de plus en plus embrumée. « J'te laisse mon portefeuille et je garde tes clés, on fait ça ? » Propose-t-il dans sa lancée, proposant ses papiers à celui qu'il soutient encore légèrement.

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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo]   Mer 17 Mai - 20:42

Seconds from my heart, a bullet from the dark.


Je prends de profondes inspirations pour essayer de calmer cette terrible impression que je suis sur un bateau qui est lui-même sur une mer déchaînée. J’aurais pu boire moins, c’est vrai, mais je n’ai pas réfléchi et maintenant que je me sens mal, je réfléchis. Malgré mon esprit embrumé, malgré mes membres engourdis, je réfléchis. Le risque n’était pas calculé. En même temps, je n’ai rien calculé du tout ce soir ni ces derniers jours. J’ai été embarqué bien malgré moi dans cet enchaînement d’événements qui m’ont conduit jusque là ce soir. J’ai une part de responsabilité dedans mais franchement, y’a encore trois jours de ça, je n’aurais pas cru la personne qui m’aurait dit que je serais célibataire, locataire d’une chambre d’hôtel pas très agréable et complètement saoul. Je ne l’aurais pas cru tellement l’idée même aurait été ridicule et impensable, et pourtant… Pourtant, j’en suis bien là aujourd’hui, assis sur le sol froid de ce bar, après avoir jeté mon jeté d’A.A, après avoir enchaîné bien plus de verres que ce que de raison, et à l’estomac au bord des lèvres à la limite de rendre tout ce que j’ai ingurgité durant la dernière heure. J’en suis là oui et ce n’est franchement pas reluisant. C’est déséspérant en fait et tellement… Pathétique. Je suis pathétique. C’est une voix qui ne m’est désormais plus inconnue qui me sort de mes pensées dépressives. Je ne le vois pas mais je l’entends. Il est tout près : Leo. Il me demande si c’est confortable et après quelques instants, quand mon esprit arrive à envoyer des informations à mes muscles, j’esquisse un petit sourire en gardant les yeux fermés car je n’ose pas les rouvrir pour le moment. On ne peut pas dire que le sol en soi ce soit particulièrement confortable mais en tout cas c’est frais et dans mon état, ça me fait du bien. C’est finalement brusquement que je rouvre les yeux quand je sens les mains de Leo se poser sur mes joues pour les tapoter doucement. Parce que je suis surpris. Je cligne des yeux et il me faut quelques secondes pour réussir à fixer mon regard sur son visage à lui qui se trouve assez proche puisqu’il est en fait agenouillé face à moi. Malheureusement ça ne tourne pas moins que tout à l’heure.

Chier…

Il me dit qu’il a l’impression qu’il va devoir finir la bouteille seul et cela me fait esquisser un nouveau sourire. Mon corps me semble de plus en plus être comme du côton ou un truc moelleux, en tout cas un truc pas très stable et pourtant je suis assis. Enfin assis je ne le reste pas longtemps vu qu’il vient m’aider à me redresser. Je le laisse faire, je me laisse faire, ou plus exactement, c’est mon corps qui se laisse faire même si mon esprit a envie de lui dire que je suis capable de me relever tout seul, ce qui n’est absolument pas le cas bien entendu. Et puis ça me gêne qu’il me colle comme ça parce que je me souviens que… Enfin je crois… Il a pas sous entendu un truc tout à l’heure comme quoi je lui plaisais ? Je ne sais plus.

« A moins que t’aies envie que je te vomisse dessus, je crois que je vais m’arrêter là oui. » je lui réponds finalement, ne sachant franchement pas où je trouve la force de former des phrases et d’être à ce point-là cohérent malgré l’alcool ingurgité. Leo rit, je ne sais pas pourquoi, et ça le fait tituber et ça me fait trop bouger. « Doucement… » je lui dis parce que s’il est décidé à m’aider, faut qu’il évite de bouger trop subitement comme ça. J’ai pour l’instant réussi à me retenir de vomir, je ne garantis pas que ça va durer. J’encre bien mes pieds dans le sol tout en me tenant à Leo et c’est quand j’estime que mes jambes sont assez fixées que je me décide à lâcher Leo. D’abord à peine gardant mes mains près de lui pour m’assurer de mon équilibre, puis complètement quand je réalise que je tiens debout.

« Et voilà le travail ! » je dis, fier de moi. « Je tiens debout tout seul. »

Large sourire de type bourré (pathétique bis) et j’écarte les bras. Je fais le malin. Je fais celui qui gère.

« Hein ? » je dis après que Leo ait dit un truc. Que j’allais lui en vouloir plus tard ? Je ne suis pas certain d’avoir bien compris là. « Hey ! Tu fais quoi ? » je lui dis quand il s’approche trop près de moi et qu’il glisse ses mains dans mes poches. J’y vais de mes mains pour le repousser mais mes gestes sont désordonnés, chaque mouvement étant gêné par trop d’alcool ingurgité. Il termine par me mettre une main aux fesses, c’est l’impression que j’ai. « Enlève ça ! » Nouveaux mouvements désordonnés. Et c’est quand il se recule que je réalise avec horreur qu’il a réussi à me prendre mes clés. « Non ! » J’essaye de les rattraper mais il les fourre lui-même dans sa poche arrière avant de lever les mains en l’air comme un signe de paix. Je fais un pas en arrière et fronce les sourcils. Je suis… Je… Il m’énerve. De quoi il se mêle ? J’ai dit que j’allais pas conduire il fait chier ! Et qu’est-ce qu’il me dit ? Qu’il me les rendra une fois chez moi ? Hein ? Il croit que je vais le ramener chez moi ? Je plisse les yeux quand il me parle de portefeuille et qu’il me le montre par ailleurs. Il me le tend. J’observe le dit portefeuille un instant puis d’un coup sec, je tape dans sa main qui tient le portefeuille pour le balancer dans les toilettes.

« Je m’en fous de ça ! Je veux mes clés ! »

Et sur quoi je me jette sur lui. Littéralement. Je sens ses mains essayer de me repousser mais au milieu de mes gestes désordonnés, j’arrive à glisser ma main dans la poche arrière de son jean (chacun son tour) et quand je sens sa prise se faire plus ferme pour me faire lâcher j’y vais avec plus de force.

« Lâche-moi putain ! » je lui dis en insistant et en appuyant bien malgré moi avec mon bras sur sa gorge.

Je ne sais pas quel geste il a pour réussir à me déséquilibrer, je n’en sais foutrement rien mais ce que je sais c’est qu’il ne faut qu’une fraction de seconde pour que je perde la stabilité que j’avais réussi à choper, pour que ma main quitte la poche de son jean bredouille de mes clés, et pour que je m’étale de mon long au sol dans un grand fracas. Je mets les mains en premier mais ma tête cogne quand même. Un peu sonné, j’ai soudain l’impression d’avoir un désagréable bourdonnement dans mon oreille gauche.

Et je ris.
C’est plus fort que moi.

« Ah ah ah ah ! Quelle merde ah ah ah ! »

Et je parle de moi.

Puis, au-delà du bourdonnement, je perçois finalement la fraîcheur du sol sur lequel ma joue est posée et je souris avant de soupirer d’aise.

« J’vais dormir là je crois… » je dis plus bas. « Oui, c’est bien là… »

Pathétique (2bis).


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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo]   Dim 28 Mai - 20:45



seconds from my heart, a bullet from the dark
dan & leo


Preuve de bonne foi, il aura voulu faire au mieux, il aura voulu apaiser les esprits de celui qu'il est venu trouver et ça, en très mauvais état pour cette première soirée à renouer avec ce qu'il en était venu à fuir. Portefeuille en main, prêt à le laisser lui échapper pour les poches d'un autre homme, il en fronce les sourcils lorsque celui-ci se met à voler en direction d'un recoin qu'il ne parvient pas de suite à apercevoir, évidement. Et s'il pensait pouvoir souffler, récupérer ce qui lui appartient pour finalement essayer de lui faire entendre raison, c'était sans compter la détermination de Daniel à camper sur une volonté stupide, les garder ses foutues clés. Parce qu'il lui fait savoir, parce qu'il se jette réellement sur lui comme dans l'espoir de pouvoir assouvir cette dernière volonté, il n'en démordra pas visiblement et ça mènerait presque Leo sur la voie de l'amusement. Presque, parce qu'il le sent forcer, user du peu de stabilité qu'il était parvenu à quérir pour lui résister et récupérer son bien que Leo compte bien garder. Au mieux, oui, du mieux qu'il le peut malgré la prise peu avantageuse que lui possède en ce moment même quand Daniel s'affaire à le maltraiter légèrement. Ce à quoi il réplique, l'imitant par la même occasion tandis qu'il vient cracher à son oreille, de quoi faire sourire Sanders qui n'en perd plus une miette. « Lâche-moi putain ! » Un nom de la tête furtif, quelque chose qui se laisse aisément comprendre tandis qu'il titube, l'autre également. Parce qu'il lui échappe, dans un geste qu'il ne parvient pas à maîtriser, car sa prise glisse tandis que le corps de Daniel vient heurter avec violence le sol des toilettes. Et Leo n'ose pas encore bouger, attendant une réaction de sa part, rien qu'un léger mouvement qui laisserait supposer qu'il n'est pas tombé dans les pommes au vu de la manière dont sa tête a cogné, il n'est pas stupide. Les réflexes ont été bons mais la force requise pour qu'ils puissent porter leurs fruits n'était pas au rendez-vous. S'en suit un rire, quelque chose qui vient briser le silence pesant qui s'était installé en quelques secondes à peine. Leo semble reprendre son souffle, petit à petit, tandis qu'il détaille encore de haut l'homme qu'il vient de faire trébucher, une pointe de culpabilité bien qu'il en soit amusé. « J’vais dormir là je crois… » Un sourire puis une approche tandis qu'il essaie de s'accroupir au mieux, cherchant à percevoir son regard aussi faible soit-il. « Oui, c’est bien là… » Ou presque, mais il s'abstient de lui dire, continuant de le contempler quelques secondes de plus, rien qu'un instant comme dans l'espoir qu'il ne comprenne le ridicule de cet instant par lui-même. En vain, finalement. Ce pourquoi Leo choisit de se relever, cherchant rapidement du regard quoi que ce soit qui puisse venir apaiser les maux de son nouvel ami. Il fait quelques pas, trouvant finalement quelques serviettes fragiles qu'il vient tout de même humidifier, bien décidé à faire comme bon lui semble, une nouvelle fois malgré la récente catastrophe ayant conduit Daniel à même le sol.

Finalement, c'est les mains froides et de quoi éponger le front de Daniel qu'il vient s'imposer à ses côtés, s'essayant déjà à le relever, lentement, espérant un peu d'aide de sa part puisque sentant la terre comme peu stable également sous ses pieds. Car s'il semble mieux tenir, il n'en oublie pas les nombreux verres avalés, ceux qui lui portent préjudice dans son élan de sauvetage. « Daniel, tu peux juste essayer de t'asseoir que je te nettoie un peu. » Parce qu'il voit un peu mieux désormais, il comprend que le choc n'a pas épargné la peau du brun déjà sollicitée par la chaleur des lieux et de l'alcool déjà ingurgité malgré son année d’abstinence. Chose qui, preuve est faite ici, ne pardonne pas. Aussi, il parvient à l'asseoir, Leo désormais à genoux devant lui comme pour le maintenir au mieux tandis qu'il appuie déjà l'une de ses mains avec le papier contre son front, guettant ses réactions, s'attendant à ce qu'il le repousse une nouvelle fois. Souvenirs tous frais sur lesquels il s'appuie pour mettre fin à ses choix pour tenter d'apaiser la tempête qui doit s'être abattu dans sa tête quant à la manière dont il est tombé. Il ne s'en remet pas et, en vrai, ça l'inquiète plus qu'il ne le laisse percevoir, d'abord médecin avant de se faire compagnon de bar. « Tu m'autorises ? » Aussi la question se pose parce qu'il refuse de se démener si l'autre ne le souhaite pas, après tout loin d'être là pour le déranger mais, désormais, réellement pour l'aider. Car les paroles qu'il lui a déjà énoncé, tous les méfaits qui sont venus le frapper malgré sa belle gueule. Il en ressentirait presque sa douleur bien que loin d'être à même de comprendre, loin d'avoir été laissé en plan malgré des fiançailles, loin d'avoir du faire face à bien des déceptions ; ou du moins celles-ci puisque les siennes sont toutes autres. Alors il soupire, essayant de chasser tous ces songes qui lui reviennent tandis qu'il relève son regard sur les traits de Daniel vers qui il en revient à lever une main, cherchant un maigre contact positive comme pour savoir s'il peut arranger les choses ; ou du moins essayer, parce qu'il est là par sa faute, par terre il entend. « Je suis désolé. » Dit-il d'ailleurs à l'encontre du brun devant qui il se tient toujours à genoux, scène ridicule pour quiconque se risquerait jusqu'entre ses murs. Ça leur vaudra d'ailleurs sûrement un allé simple pour les ruelles voisines du bar dans lequel ils se tiennent encore ; en sursis. Ce pourquoi il prend les devants, s'emparant de sa main sans trop se soucier de la manière dont il le prendra pour lui confier l'humidité qu'il tenait jusqu'alors, l'incitant à prendre la relève. « Tu te sens de marcher, ou pas ? Parce qu'ils vont nous dire de partir quand ils verront ta tronche. » En même temps que cela, il se relève, balayant les alentours du regard jusqu'à parvenir à trouver ses papiers sans lesquels il ne partira pas, pas cette fois. Car oui, ça sent le vécu, les soirées alcoolisées ne sont pas nouvelles pour lui et les erreurs qu'elles accompagnent non plus.  

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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo]   Dim 11 Juin - 17:25

Seconds from my heart, a bullet from the dark.


J'ai envie de rester là, de ne plus bouger, de fermer les yeux en laissant le froid du sol continuer à m'anesthésier le visage et pourquoi pas le corps, m'endormir et ne plus penser à rien du tout. Ni à elle. Ni à nous. Ni à lui. Surtout plus à lui. Dormir. Qu'on me foute la paix, c'est tout ce que je demande. Ce n'est au fond pas ce dont j'ai réellement besoin mais je me fous de ce dont j'ai besoin. Je m'en fous de tout, ou presque. Qu'on me laisse là, ce sera très bien. J'entends d'ailleurs, d'une façon un peu lointaine, signe que le sommeil semble commencer à me gagner doucement, des pas : Leo doit s'être relevé et va partir. Tant mieux. Il n'a rien à faire là avec moi, j'ai assez ruiné sa soirée. Il a sans doute autre chose à foutre que de s'occuper d'un type comme moi et... Ah non il a mes clés... Pas grave, il les donnera sans doute au barman. Oui voilà. Il va faire ça parce que c'est un mec bien. Je me suis énervé quand il a pris mes clés mais c'est un mec bien. C'est tellement un mec bien en fait que je reprends un peu plus pieds avec la réalité quand je sens ses mains se poser sur moi. Je rouvre les yeux, les plisse d'abord pour réhabituer à la lumière des toilettes et m'aperçois que Leo est là, près de moi, dans l'idée de m'aider à me relever visiblement et d'ailleurs il me demande d'essayer de m'asseoir pour me nettoyer un peu. Nettoyer quoi ? Je n'ai pas vomi... Oh. Ah. Si. Maintenant que je reprends pieds, je le sens sur mon front : j'ai dû m'ouvrir un peu en tombant. Encore... Je lève tout doucement la main pour faire signe à Leo que j'ai compris, que je vais me relever enfin, que je vais essayer de me redresser un peu tout cas. Leo m'aide, ce qui me rend encore plus pathétique et je finis assez à moitié en tailleur par terre et Leo à genoux en face de moi, m'aidant à tenir assis car je ne suis pas certain que je serais capable de tenir tout seul là tout de suite. L'alcool est encore bien présent même si je commence à avoir les idées plus claires ou en tout cas moins changeantes. Je suis davantage moi et je n'aime pas ça. Je voudrais retourner boire... Je voudrais... Tellement de choses... Ne plus avoir mal, ça c'est sûr.

« Tu m'autorises ? » me demande Leo et c'est là que je me rends compte qu'il tient une serviette humide dans la main.

Pour mon front sans doute vu la façon dont il tend ça vers moi.

« Oui. » je souffle tout bas.

Il peut oui. Je pense que ça me fera du bien et c'est vraiment gentil de sa part. Alors je le laisse faire, je le laisse poser la serviette humide contre mon front pour éponger le sang et aussi pour me soulager. C'est vrai que ça fait du bien. J'en refermerais bien les yeux mais je n'ose pas parce que si je le fais, j'ai peur que ça se remette trop à tourner et que je m'écroule une nouvelle fois. Je n'ai pas envie de me retrouver à l'hosto parce que sinon, je suis mort... Tout ça, ça doit rester secret, enfoui, invisible aux yeux de beaucoup de gens. Alors je ne ferme pas les yeux, je les garde plantés dans ceux de Leo puis vers sa main quand il la lève vers moi, semblant cherche un contact que j'ai à la fois envie d'accepter et de repousser. Mais son « Je suis désolé. » finit de m'empêcher de le repousser. C'est dit avec tellement de sincérité et de gentillesse... Mais désolé pour quoi ? D'avoir pris mes clés et de m'avoir fait tomber bien que je sois en grande partie responsable de cette chute ? Ou de ce que je lui ai raconté, de la situation et l'autre chute dont je suis vraiment responsable ? Je ne sais pas trop et du coup...

« Moi aussi... » je dis tout bas dans un murmure.

Désolé d'avoir balancé son porte-feuille à travers la pièce, désolé de m'être emporté, désolé de l'avoir embarqué là-dedans, désolé de ce que j'ai fait ce soir et avant ce soir. Il attrape soudain ma main sans préambule et j'y jette rapidement un coup d'oeil puis, quand je réalise qu'il y a mis la serviette humide je hoche un petit peu la tête et pose la serviette contre mon front. Il me demande alors si je peux marcher vu qu'ils, au bar, vont nous dire de partir quand ils me verront.

« Faut voir... » je lui réponds alors qu'il prend l'initiative de m'aider à me relever.

J'y mets du mien, mes jambes semblent encore fragiles mais je parviens à tenir debout. Avec son aide, certes, mais je tiens debout. Je prends une profonde inspiration.

« Je pense que ça va aller pour sortir du bar. »

Il me laisse appuyé contre le mur le temps d'aller récupérer ses papiers qui sont par terre à l'autre bout puis, il revient m'aider et j'accepte son aide sans broncher : on ne va pas se mentir, là, tout de suite, je serais incapable de marcher tout seul pour partir d'ici. Il va falloir que je récupère un peu avant d'être totalement maître de mes mouvements. Nous quittons ensemble les toilettes et retournons à l'intérieur du bar. Nous nous avançons doucement, mes jambes ne nous jouant heureusement aucun mauvais tour et je regarde autour de moi et c'est là que ça me frappe de plein fouet : je ne fais pas partir de leur monde, à eux. Ils sont entre amis, ils rient, ils profitent et même si certains d'entre eux ont sans doute des problèmes, je vois leurs regards, je vois leurs sourires et je ne suis pas comme eux. Je ne serai jamais comme eux. Je suis venu boire ici, au milieu de tous ces gens mais ça ne fait jamais que me rappeler que je n'ai rien à faire là. Bien malgré moi, en réalisant cela, parce que ça fait mal, je m'accroche un peu plus à Leo : je veux sortir.

« Je veux m'en aller... » je lui souffle d'ailleurs tout bas.

Je sais qu'il entendra la plainte dans ma voix. Je le sais. Je ne sais pas comment il a cette capacité à comprendre mais c'est le cas et heureusement, il m'entraîne un peu plus vite dehors. Une fois à l'air frais, je prends une grande bouffée d'air.

« J'ai besoin de me rasseoir... » je dis à Leo qui du coup m'aide à prendre place sur le bord du trottoir.

Je jette un coup d'oeil à ma moto et soupire.

« Va falloir un taxi... Je pourrai jamais atteindre ma chambre d'hôtel à pieds... » j'avoue à Leo.

C'est certain ça et je le laisse faire : appeler le taxi. Pas le courage de sortir mon téléphone, et certainement pas la capacité de composer le numéro. Je ne sais pas s'il met beaucoup de temps ou pas, je ne sais pas combien de temps je reste là à observer ma moto mais quand il prend finalement place à côté de moi, je tourne lentement mon visage vers lui et plante mon regard fatigué et abattu, sincèrement abattu, dans le sien.

« Tu sais... T'es pas obligé de rester... » Parce qu'il a ce truc dans le regard. « T'as qu'à me rendre mes clés. Je conduirai pas, je t'assure. J'ai juste à atteindre le taxi et voilà. » Parce qu'il a vraiment ce truc dans le regard. « J'veux dire, tu m'as déjà beaucoup aidé et c'est très gentil, mais j'ai pas envie de gâcher encore plus ta soirée. Tu devrais retourner avec tes amis, t'amuser avec eux. Je vais me débrouiller, t'as pas à... Je veux pas gâcher ta soirée. Tu devrais y retourner. »

Parce qu'il a ce putain de regard et que j'aie cette horrible impression que s'il reste avec moi, je vais le pourrir avec la moisissure de mon cœur et de mon âme. Je vais le faire sombrer parce qu'il est trop bon, trop généreux et que je vais aspirer tout ça comme une saloperie de vampire aspire le sang de ses victimes.

Et je ne veux pas de ça pour lui.
Parce qu'il a ce regard.


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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo]   Ven 23 Juin - 23:02



seconds from my heart, a bullet from the dark
dan & leo


« Faut voir... » Il n'offre qu'un sourire, qu'un soupire. Il aimerait pouvoir faire davantage pour cet homme, pour cette âme qui lui échappe, éperdue au cœur d'une paume qui n'a jamais su que s'occuper d'autrui à défaut de savoir s'occuper de lui. Leo s'y abandonne, corps et cœur, relevant la masse musculaire de son interlocuteur avec l'espoir qu'un peu d'air frais pourrait raviver quelques sens, un esprit embrumé presque éteint par une lassitude qu'il comprend, qu'il regrette pour lui. Trop bon, il l'a toujours été ; ou presque. Il l'est parce qu'il n'a pas su l'être avant. Il l'est parce qu'il lui ait échappé bien des joyaux qu'il aurait voulu préserver, dans le fond. Sa sœur, son frère, deux êtres qui se sont éloignés, volontairement comme inversement, par faute d'inattention. « Je pense que ça va aller pour sortir du bar. » Des mots qui lui reviennent et qui permettent au trentenaire de prendre confiance en ses mouvements, assez pour le maintenir plus ou moins contre lui, assez pour s'assurer qu'il ne tombera pas une nouvelle fois ; parce qu'il ne se le pardonnerait pas. Leo le contemple un court instant, rien que quelques secondes, s'essayant à sa propre idée de la situation, cherchant à taire une légère culpabilité désormais installée. Bête, il ne l'est que trop. Néanmoins, il s'empare seulement de ses papiers, taisant bien des réflexions, bien des excuses, bien des questions, revenant à Daniel et au mur dont il use. Quelques pas téméraires mais finalement confiants, plus ou moins sûrs, il s'y risque jusqu'au milieu du bar, adressant un rapide coup d’œil vers le bar, vers la personne qui s'y tient pour lui faire savoir qu'ils ne reviendront pas ; ce à quoi on vient acquiescer, laissant au médecin tout le loisir de s'intéresser à celui qu'il supporte physiquement, la moitié de son poids lui semblerait-il mais les défis sont faits pour être relevés et c'est un fait qu'il n'oublie pas. Cependant, il n'en garde pas moins une allure lente, quelques pas hésitants en une direction commune aux deux âmes, ils vont pour partir, à leur rythme mais ils s'y risquent par nécessité, par besoin. Davantage maintenant que quelques mots parviennent de nouveau jusqu'aux oreilles de Leo. « Je veux m'en aller... » Une détresse, un supplice, une complainte. Il décèle la peur, il décèle la précipitation dans une voix faible et défaite. Leo acquiesce, Leo accepte jusqu'à parvenir jusqu'à la porte qu'il ouvre, issue vers un monde bien différent, là où les rires s'estompent, là où le monde s'écroule tout en tenant, paradoxe d'un quotidien triste et morose. « J'ai besoin de me rasseoir... » Une nouvelle demande, une nouvelle volonté. « Tiens, mets-toi là quelques secondes. » Laisse-t-il entendre en l'aidant à s'abaisser, à poser ses fesses le long d'un sol sale mais indifférent pour l'instant. « Va falloir un taxi... Je pourrai jamais atteindre ma chambre d'hôtel à pieds... » Et un nouveau rire, quelque chose qui lui échappe instinctivement et qui trahi aisément sa pensée : il s'en doutait, vraiment, et il ne comptait pas réellement dessus.

Alors il le laisse là, quelques minutes, il le laisse pour balayer la ruelle du regard à la recherche d'un véhicule jaune criard, là où se perdent les âmes fatiguées de devoir avancer par elles-même, là où les rencontres se perdent, là où la solitude règne. Mais pas ce soir, pas cette fois. Leo se refuse à appliquer cette définition pour celui qui viendra les récupérer, il refuse d'affilier cette vérité à ce qu'il vit ce soir, une entrée fracassante dans une vie des plus misérables, peut-être même plus douloureuse que la sienne. Un soupire, un regard triste qui vient se poser sur l'homme qu'il accompagne, celui qu'il suivra jusqu'à s'assurer qu'il soit en sécurité. Parce qu'il connaît les ombres qui rôdent quand le cœur s’affaiblit, parce qu'il connaît les ténèbres qui guettent la descente en enfer de ceux dont les remparts s'effondrent. Alors il fait au mieux pour parvenir jusqu'à retrouver le numéro d'une ligne de taxis qu'il sollicite, qu'il réserve avec empressement parce qu'il ne tient pas à rester ici, pas en se souvenant de la manière dont le brun avait pu s'adresser à lui quand ils se tenaient encore entre les murs contre lequel il se tient, se souvenant de cet anéantissement plus que présent, des tensions palpables, tortionnaires. Il ne veut pas le voir si près d'une source de maux aussi dense. Conversation téléphonique terminée, coordonnées données, quelques minutes d'attente, ils s'en contenteront. Aussi, il retourne à ses côtés, se faufilant à sa hauteur, fesses également posées à même le sol du trottoir sur lequel ils errent, l'un difficilement, l'autre avec un peu plus de responsabilités qu'il n'en aurait d'abord voulu. Léger silence, instant gênant puisqu'il sent le regard de Daniel insister sur sa personne, sur cette présence qu'il impose pour son bien, loin d'imaginer les mots qui suivent, ceux qui s'invitent comme pour ne rien arranger aux sensations qui le submerge maintenant qu'il pose également son regard sur lui. « Tu sais... T'es pas obligé de rester... » Il insiste, il continue, l'azur dans de l'ambre fissuré derrière des apparences plus que trompeuses. « T'as qu'à me rendre mes clés. Je conduirai pas, je t'assure. J'ai juste à atteindre le taxi et voilà. » Puis il en baisse la tête, peu convaincu par ce qu'il entend, par ce qu'on essaie de lui faire croire. Alors son regard se déporte sur l'horizon, sur cette ligne qui se fracasse contre les façades des immeubles voisins. Finalement, il en revient à son compagnon de soirée, plus agréable, vision optimiste d'une humanité fatiguée mais raisonnée ; ou presque. « J'veux dire, tu m'as déjà beaucoup aidé et c'est très gentil, mais j'ai pas envie de gâcher encore plus ta soirée. Tu devrais retourner avec tes amis, t'amuser avec eux. Je vais me débrouiller, t'as pas à... Je veux pas gâcher ta soirée. Tu devrais y retourner. » Il laisse un nouveau rire lui échapper, loin d'être moqueur mais plutôt attendrit, apaiser de voir que derrière des douleurs terrifiantes survie une lueur éclatante de gentillesse et de raison, une once de bonté qui se trahie en quelques mots seulement et qui, finalement, donne davantage d'envie à Leo de demeurer à sa place, bien décidé à n'en plus bouger.

« Ma soirée est plus intéressante maintenant. » Souffle-t-il finalement à l'égard de celui qui s'en inquiète, cette volonté de bien faire dans le regard presque fuyant qu'il aborde. Ça aurait pu l'amuser mais, ce soir, ça le touche et plus que de raison. Ça l'inspire même car s'en suit quelques souvenirs, quelques remous de la part de l'océan tumultueux qu'est aujourd'hui sa mémoire ; il a l'impression que bien des années ne se sont pas écoulés et qu'il est là, avec un être tout aussi brisé que l'est Daniel. Il se revoit l'aider à remonter la pente, à établir ses marques, à offrir une chance à cette vie qu'il pensait devoir détruire avec autant de hargne qu'il n'était en mesure d'user. Un soupire, quelques traits attristés, la suite n'a jamais été aussi rose qu'il l'aurait voulu, loin des rêves délaissés, loin des images pensées, loin de cette utopie perfide et dévastatrice. Cette âme, de ce soir-là, s'en est allée, vagabonde, aussi éphémère que peuvent l'être les quelques brises qui viennent se perdre contre son visage, contre ce masque qui se fissure et qui en dit long sur ce qu'il pensait posséder, sur ce qu'il s'est vu perdre petit à petit sans réellement s'en rendre compte. Aussi, une vérité douloureuse lui revient et s'ancre, sulfureuse ; Daniel pourrait très bien lui échapper, un jour, si leur chemin venait à définitivement se rencontrer. Parce qu'il s'attache, vite, parce qu'il a l'espoir facile et la naïveté fulgurante. « J'aurais aimé que quelqu'un soit là pour moi quand j'ai cru tout perdre. J'aurais aimé que quelqu'un vienne me dire que chaque pente se remonte au bout d'un moment. J'ai fini par le comprendre seul et, même si ça paraît admirable, je ne le souhaite à personne et je refuse que quelqu'un puisse vivre les mêmes angoisses que celles que j'ai vécu. » Laisse-t-il entendre tandis qu'il se relève, apercevant un taxi s'approcher, silencieusement surpris par sa rapidité. « En un peu moins poétique, j'vais pas te laisser ce soir. » Une conclusion qu'il énonce tandis qu'il vient l'inviter à se relever, à retrouver sa hauteur pour venir s'engouffrer dans le véhicule qui les attend dont le chauffeur fronce déjà les sourcils, Leo faisant au mieux pour ne pas trahir l'absurdité de cette situation. « Ton adresse, Daniel. » Lui demande-t-il alors pour ensuite la répéter au chauffeur, surpris d'entendre le nom d'un hôtel, qui se résout finalement à les mener là où ils termineront cette nuit des plus douces ; bien que pas pour tous. Il le voit pâlir, perdre du peu de superbe qui semblait lui rester, ça tout au long du trajet jusqu'à l'endroit où il vit pour l'instant, jusqu'à ces murs qu'il se doit de découvrir pour le bien de celui qu'il aide à monter, difficilement mais avec une volonté des plus compliquées à défaire ; ça après avoir laissé toute sa monnaie au taxi, après s'être assuré de toujours posséder les clés de l'autre homme, après s'être renseigné sur l'absence de messages qui règne sur l'écran de son téléphone. « Me regarde pas comme ça, je partirai pas même si on est arrivé. » Il y a de l'amusement dans sa voix tandis qu'il laisse Daniel presque s'énerver sur la serrure, essayant de se souvenir de certains de ses dires comme dans l'espoir qu'il comprenne à quel point il pouvait avoir tord. Il ne peut pas se débrouiller, pas dans son état, pas cette fois. « La salle d'eau, c'est par où ? » Demande-t-il finalement en entrant, osant quelques regards indiscrets ici et là parce qu'il n'en reste pas moins curieux, ça avant d'emmener à sa suite le brun dans la pièce voulue, le faisant s'asseoir à même le sol en commençant déjà à fouiller, sans demander son reste. Il se fout des politesses tant qu'il peut s'assurer que la nuit à venir puisse être un peu plus facile qu'elle puisse le sembler. « Je pose tes clés dans l'entrée ? » Demande-t-il après être parvenu à lui donner un gant humide, quelques aspirines trouvés parmi bien d'autres trucs sur lesquels il s'est décidé à ne pas s'attarder, rejoignant déjà la salle principale pour y faire régner une légère luminosité. « Il y a pire j'imagine. » Ou pas. Il rumine, un peu triste de voir que cette vie pathétique énoncée plus tôt dans la soirée n'était peut-être pas qu'un très mauvais cauchemar.   

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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo]   Sam 24 Juin - 12:31

Seconds from my heart, a bullet from the dark.


Qu'est-ce qu'il pourrait lui arriver de bon s'il reste avec moi ? Absolument rien parce que dans mes bons jours, j'ai du mal à apporter de bonnes choses aux autres et dans mes mauvais jours c'est bien pire et, aujourd'hui, on peut très clairement dire que je suis dans un mauvais jour. Dans un très, très mauvais jour, et cela ne risque pas de s'arranger. Les jours vont se transformer en semaines et les semaines en mois. J'ai beau avoir certaines choses auxquelles m'accrocher, c'est ma vie toute entière qui va être faite de mauvais jours. Certains seront plus supportables que d'autres, mais d'une manière générale... C'est en tout cas de cette façon que je vois actuellement les choses. Là, en cet instant, je n'imagine pas être de nouveau dans un bon jour. Pas avec ce que j'ai fait. Pas avec tout ce qu'il s'est passé. Et lui, qui est si gentil, si généreux, si attentionné, si bon... Sincèrement, mieux vaut qu'il ne s'attarde pas avec moi, ça pourrait lui porter préjudice comme je porte préjudice à beaucoup de personnes, plus particulièrement quand elles sont profondément gentilles. D'où cette proposition, cette porte de sortie que je lui offre. Cette possibilité de ne pas s'éterniser dans le coin et de retourner à sa vie qui doit être bien plus intéressante quand il ne s'occupe pas d'un pauvre déchet dans mon genre. Peut-être est-ce parce que j'ai l'esprit embrumé par l'alcool, peut-être est-ce juste parce que parfois je suis à côté de le plaque et que je ne saisis pas toujours tout, mais je ne comprends pas d'où vient son petit rire et cet air quelque peu attendri qu'il affiche après que je lui aie proposé de me laisser. Et je ne comprends pas non plus sa phrase, son sens ou, plus exactement, comment il peut arriver à la prononcer et à la penser. Comment peut-il estime que sa soirée est plus intéressante maintenant qu'il est avec moi ? Comment peut-il en arriver à cette conclusion ? En quoi être bloqué avec un type qui tient à peine sur ses jambes et qui est au bout du rouleau est plus intéressant que de passer une bonne soirée légère en compagnie de ses amis ? Je suis perdu là. Totalement perdu. Je l'observe en silence, sourcils froncés, alors qu'il semble soudain perdu dans ses pensées. Où est-il là ? A quoi pense-t-il ? Je l'entends son soupir, je les perçois ses traits quelque peu attristés malgré l'alcool qui m'embrouille toujours un peu l'esprit. Dans quels moments de sa vie est-il en train de se noyer ? Je ne le saurai sans doute jamais. Ce que je finis par savoir, par contre, c'est pourquoi il estime que sa soirée est plus intéressante.

Je détourne le regard et fixe mes pieds.

Je l'entends m'expliquer qu'il aurait voulu que quelqu'un soit là pour lui quand il en a eu besoin, quand il a cru tout perdre. Mon cerveau s'arrête sur ces quelques informations, les enregistrant dans un coin parce qu'il est tout à coup limpide qu'il a clairement vécu des choses particulièrement difficiles. Pour tenir ce genre de propos, il ne peut en être autrement. Je suis désolé pour lui, quoi qu'il ait pu vivre, je suis désolé pour lui mais ce qu'il a à dire, je ne veux pas l'entendre, ne peux pas l'entendre même. La pente dont il parle, elle est impossible à remonter pour moi, impossible. Parce que j'ai franchi une limite qu'il ne fallait pas franchir et qu'on n'en revient pas. On n'en revient jamais. Il veut bien faire et c'est tout à son honneur, il veut essayer de me faire voir que rien n'est irrémédiable, que je vais pouvoir aller mieux mais il se trompe. Il se trompe tellement... Je tourne subitement mon visage vers lui quand il me dit qu'il refuse que quelqu'un ne vive les mêmes angoisses qu'il a lui-même pu vivre. L'espace d'une seconde je me demande ce qu'il a vécu, ce qui a été si horrible pour lui, je me demande s'il pourrait réellement comprendre mes angoisses, je me demande s'il a été dépendant, je me demande s'il a tué quelqu'un parce qu'en vérité, si ce n'est pas le cas, s'il n'a pas ce sang sur les mains, il ne peut pas me comprendre, il ne peut même pas imaginer ce que je traverse... Pourrait-il être responsable de la mort de quelqu'un et être comme il est maintenant ? J'ai du mal à le croire. Un fossé nous sépare. Il ne peut pas m'aider. Je suis sur le point de le lui dire quand il se redresse et me tend sa main pour m'aider à me relever tout en m'annonçant que très clairement, il ne me laissera pas seul ce soir. Il semble décidé. Très têtu. Alors j'abandonne un peu. Juste un peu. Juste le temps qu'il me ramène jusqu'à ma chambre d'hôtel. Je glisse ma main dans la sienne pour me relever et use de son aide pour m'approcher du taxi qui vient d'arriver. Je jette un regard en arrière vers le trottoir, mes prunelles cherchant frénétiquement cette petite chose que j'ai abandonnée là plus tôt dans la soirée : est-ce qu'il est encore là ? Est-ce qu'il a déjà disparu ? Je l'aperçois, à côté de détritus laissés sur la voie publique près du trottoir. Demain, il aura sans doute disparu. Mon cœur se serre alors que je suis forcé de détourner le regard du jeton et que je pénètre à l'intérieur du taxi. Je regarde droit devant moi, horrifié par la réalité de la situation qui s'insinue peu à peu dans mon esprit. La voix de Leo me demandant mon adresse me sort brièvement de mes pensées et je souffle rapidement le nom de l'hôtel avant de poser mon front contre la vitre fraîche du taxi.

Puis nous partons.

Et plus la voiture s'avance dans les rues de la ville, plus je me sens mal d'avoir laissé ce que j'ai laissé derrière moi. Plus j'ai l'impression que tout devient de pire en pire. Je voudrais que ça s'arrête, ce que je ressens, la façon dont je le ressens, je voudrais que ça s'arrête. Lorsque nous arrivons à l'hôtel, je peine à sortir du taxi car si mon esprit semble reprendre peu à peu davantage de clarté, mon corps, lui, m'apparaît de plus en plus lourd. La fatigue n'aide pas. Leo m'aide donc à grimper jusqu'à l'étage où se trouve ma chambre et une fois que nous sommes face à ma porte, je sors mes clés puis jette un regard à Leo. Il m'observe et je me demande l'espace d'un instant ce qu'il fait encore là. Certes, il a dit qu'il ne voulait pas me laisser ce soir mais nous sommes arrivés, je suis « chez moi », il n'a plus besoin de rester là. Il semble cependant décidé à ne pas s'en aller et je ne saisis pas. Je ne sais pas pourquoi il s'accroche comme ça. Sans doute pense-t-il qu'il va pouvoir mener à bien sa petite mission de sauvetage de mon âme et de mon esprit. Sans doute pense-t-il qu'il va pouvoir me mettre dans la tête que rien n'est définitif et que je vais finir par m'en sortir. Foutaises. Je tente tant bien que mal de mettre la clé dans la serrure mais mes mains tremblent et cela me met dans un certain état de nerfs qui ne m'aide pas à parvenir à mes fins. Je laisse échapper un juron et c'est finalement Leo qui ouvre et nous fait entrer à l'intérieur. A peine a-t-on passé le pas de la porte qu'il me demande où est la salle d'eau.

« Par là. » je lui dis en désignant d'un bref mouvement du menton la petite salle de bain.

Là encore il m'aide à marcher et, en m'y rendant, mon regard glisse brièvement sur la cadre posé sur ma table de chevet. Je vois leurs visages, le visage de ma fille, le visage de mon fils, et je détourne le regard en laissant brièvement échapper une plainte presque inaudible. Je m'en veux tellement... Pour tout... Je ne peux même plus les regarder. Je ne peux plus. Leo m'entraîne dans la salle de bain et m'aide à m'asseoir par terre sur le vieux carrelage. C'est d'un air absent, mes pensées tournées vers mes enfants et le mauvais père que je suis, que j'observe Leo s'activer dans la salle de bain. C'est toujours d'un air absent et avec un geste quelque peu machinal que je récupère les cachets qu'il me tend. Je les avale sans eau (l'habitude) et sans me poser de questions. Il sait ce qu'il fait à n'en pas douter. Je récupère tout aussi machinalement le gant de toilette humide qu'il me tend.

« Oui. Merci. » je lui réponds quand il me demande s'il peut aller poser mes clés dans l'entrée.

Je le laisse sortir de la salle de bain et me passe le gant humide sur le visage, ce qui me fait du bien. Je ferme les yeux un instant. J'aimerais réussir à me vider la tête, à oublier tout ça, mais je n'y parviens pas et ça me désespère tellement...

« Il y a pire, j'imagine. » dit Leo depuis la chambre.

Je rouvre les yeux et tourne mon visage dans sa direction, pouvant le voir se tenir debout près du lit puisque la porte de la salle de bain est restée ouverte.

« Oui, ça pourrait être pire. » je lui réponds toujours assis par terre. « Je pourrais être en prison. » si on savait ce que j'ai fait. « Ou je pourrais être mort... » si j'étais en prison, parce qu'un flic en prison...

Je laisse échapper un énième soupir, balance le gant dans la baignoire puis prends appui sur le lavabo pour me relever. Je reste appuyé sur le bord du lavabo pour observer mon reflet dans le miroir de l'armoire de la salle de bain. Je me fais peur. Je me fais vraiment peur mais au moins...

« Ça ne saigne plus. » je remarque, dans le fond soulagé de ne pas avoir besoin de points de suture encore une fois. Mais ma tête, cette blessure, la salle de bain, tout ça me renvoie à de vieux démons que je préférerais oublier et que je tente de balayer de mon esprit d'un mouvement de la tête. Je baisse le visage, observe mes vêtements et suis soudain pris de l'envie de les retirer : ils sont sales, sentent l'alcool... Je veux les retirer. La chemise est enlevée rapidement et sans aucun problème. Je la laisse tomber au sol et m'assois finalement au bord de la baignoire pour retirer mon pantalon. Le retirer est facile en fait. Très facile. Suffit de tirer dessus. Par contre, quand me prend l'idée d'enfiler mon bas de pyjama noir, c'est plus compliqué. Parce que mes jambes semblent peser une tonne et que mes mains ne fonctionnent pas comme je voudrais qu'elles fonctionnent. Du coup, je me penche trop en avant et manque de tomber la tête en avant et ce sont les bras de Leo qui m'empêchent de tomber. Je pose ma main contre le mur pour tenir assis, pose mon regard sur lui et quand je le vois esquisser un geste pour m'aider à mettre le pantalon, je secoue la tête et pose mon autre main sur son épaule.

« Non, c'est bon. Je peux le faire. »

Sauf que clairement, je n'y arrive pas mais l'idée qu'il m'aide à m'habiller... Non, c'est trop. Je refuse d'en arriver à ce point-là.

« S'il te plaît. C'est juste que j'ai l'impression que mes jambes pèsent une tonne. Laisse-m... »

Là encore, il se montre têtu et m'aide et moi... Moi j'abandonne pour la seconde fois de la soirée parce que je n'y arrive pas, parce que si je m'obstine, je vais vraiment finir par me faire mal et bon, j'en ai assez fait pour ce soir. J'en ai assez fait... Alors, docilement, je le laisse faire, parce qu'il sait visiblement y faire. Je le laisse m'aider à me redresser quand il faut terminer d'enfiler le pantalon et je l'observe après m'être rassis sur le bord de la baignoire, alors qu'il se trouve à une proximité toute nouvelle, bien plus que dans les toilettes du bar. Il y a quelque chose de différent là. Quelque chose qui en réveille une autre de chose, endormie depuis longtemps. Une chose que je décide de tenter d'ignorer. Puis, je remarque son regard qui se fige sur mon torse. Là où trône une longue cicatrice de près de trente centimètres : la preuve que j'ai eu une opération à cœur ouvert. A genoux devant moi, les mains toujours accrochées à l'élastique de mon pantalon alors qu'il a terminé de me le mettre, il relève son regard vers moi et je crispe la mâchoire.

« Je ne tiens pas à en parler. Ni de ça, ni de rien d'autre. » je dis avec plus de froideur qu'il ne le mérite.

Il n'y est pour rien mais je ne veux pas parler de mon overdose, de mon opération à cœur ouvert, de tout ça, de... Non, je ne veux pas en parler. Je ne veux pas parler tout court. Je détourne le regard en secouant la tête et en retirant ma main de son épaule. « Tu devrais t'en aller... » je souffle ainsi pour la troisième fois de la soirée. « Ce que tu as dit... Ce que tu veux faire pour moi tu ne peux pas le faire parce que personne ne peut le faire. Je ne peux pas remonter cette foutue pente, c'est fini. » j'ajoute en osant reporter mon regard voilé de larmes, que je retiens non sans mal, vers lui. « Ce que j'ai fait, on n'en revient pas. On n'en revient pas... Alors... » Je marque un silence. « Tu ne peux pas m'aider et tu es venu pour ça alors, tu n'as aucune raison de rester. Tu devrais t'en aller. »

Et de quatre.
Sauf qu'au fond, je n'ai pas la moindre envie qu'il s'en aille. Je n'ai pas envie parce que s'il ne peut pas m'aider à remonter la pente, il pourrait m'aider à oublier. Lui, ce soir, il pourrait être ma propre dose de cocaïne mais ça serait injuste pour lui. Et j'en ai raz le bol d'être injuste. Mais est-ce que j'ai seulement la force de ne pas l'être, injuste ? S'il s'en va, j'en aurai la force. S'il reste... Je voudrais qu'il reste. Et je voudrais qu'il parte. Mais je voudrais qu'il reste.

Putain...


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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo]   Dim 9 Juil - 22:05



seconds from my heart, a bullet from the dark
dan & leo


Elles sont loin les lueurs dorées, toutes ces étoiles scintillantes qui brillaient dans un ciel qu'il imaginait propice pour l'âme de celui que les ténèbres ont choisi de suivre. Il baisse la tête, honteux. Honteux de constater que l'histoire se répète, trop souvent. Elle vient frapper, rappeler au blond que nul n'est à l'abri des cruautés hasardeuses d'un univers trop taquin. Daniel coule dans une noirceur aisément perceptible à celui qui aurait déjà flirter avec elle, il le contemple, impuissant, loin d'être à même de pouvoir y faire ne serait-ce qu'une marche pour l'aider à respirer hors des eaux troubles, profondes ; trop profondes. Il ira se noyer, il le souhaitera sûrement, comme tous ceux dont les bras se baissent. Et il craint cet instant, il craint ces secondes qui deviendront pressantes, lourdes de sens mais à la fois insensées. Le paradoxe d'une vie visible au cœur de prunelles fatiguées. Il ne connaît que trop ce schéma pour avoir vu son frère y succomber après sa propre personne. Un soupir, un nouveau. Quelque chose qui vient franchir la barrière de ses lèvres qu'il choisit de garder close encore un peu, laissant ce silence insistant faire l'état des lieux jusqu'à cette salle de bain, jusqu'aux abords d'une porte laissée ouverte et qui permet à Leo de l'entendre, cette voix exténuée. « Oui, ça pourrait être pire. Je pourrais être en prison. Ou je pourrais être mort... » Le compte à rebours se déclenche, malgré lui. Le trentenaire peine à se sortir cette idée de la tête, davantage maintenant, alors que les mots de Daniel viennent résonner entre les murs de la chambre. Leo tente de se convaincre qu'il fait erreur, pessimiste depuis la disparition de Claudia. Il ne voit que le mal, que les maux ; il tente de s'en persuader, usant de toutes ses forces, de toute sa volonté. Trop faible, elle l'a toujours été face à des évidences qu'il ne peut éviter. Un soupir, un énième soupir parce qu'il ne sait pas quoi faire, comment faire. Il voudrait que ses questions s'évanouissent, là, dans les ombres de son esprit, éteintes jusqu'à ce qu'il ne disparaisse d'ici, plus tard dans la nuit, ou à l’orée d'une nouvelle journée qu'on espéra bientôt finie. Non, il parvient à prendre sur lui, essayant de s'animer, rangeant ce qui peut être rangé, laissant à Daniel le loisir de se retrouver légèrement avec lui-même, avec ses songes et ses démons. Un risque qu'il prend malgré tout ce qui vient se jouer dans sa tête, ces réflexes emportés du travail et qui, finalement, auront raison de lui. Parce qu'il revient vers la salle d'eau, parce qu'il revient vers le brun qui titube toujours et qu'il rattrape de justesse, lui épargnant le sol et les blessures qui auraient suivi. Son sourire s'éteint, cette volonté de lui laisser du temps et de l'intimité également. Parce qu'il refuse de le voir s’abîmer plus qu'il ne l'est, il refuse de le voir se faire plus de mal qu'il n'en porte déjà sur son dos. Aussi Leo ose l'intrusif, cette aide qu'on refuse souvent par dignité mais qu'il juge nécessaire, plus que primordiale et qui, comme prévu, vient ranimer celui qu'il allait habiller. « Non, c'est bon. Je peux le faire. »

Des mots qui se perdent dans l'instant, là, entre les maigres murs d'une salle de bain fatiguée par le temps et l'usure. Leo fronce les sourcils comme dans l'espoir qu'il ne parvienne à voir le ridicule de l'instant et l'absurdité de ses propos, les mains du blond toujours sur son pantalon. « S'il te plaît. C'est juste que j'ai l'impression que mes jambes pèsent une tonne. Laisse-m... » Oui, des dires auxquels il ne prête pas la moindre attention, choisissant de se faire têtu, comme ce qu'il a toujours pu être, davantage ce soir, aux côtés d'un homme qu'il aurait très bien pu laisser. Mais les ennuis sont tenaces, ils l'ont toujours été et il cède à leur charme, aussi souvent que possible. Et sa persévérance finie par payer parce qu'il cède à son tour, Daniel, laissant le loisir à Sanders de faire ce qu'il a pour habitude de faire, finalement, ce qu'il fait de mieux : aider. Aider les autres à défaut de savoir s'aider soi-même. Faire de son mieux pour offrir ne serait que quelques secondes de confort à ceux qui oublie le bien-être de ce dernier. Leo s'active, Leo se fait professionnel jusqu'à divaguer, jusqu'à oser ce regard le long du corps qu'il maintient. Et ses traits se figent, son cœur s'éteint. Quelque chose vient frapper sa conscience qui ne réagit pas, pas devant pareille surprise, loin d'être à même de prendre conscience de la manière dont il se fait insistant malgré son manque soudain d'activité, les mains toujours là où elles s'étaient trouvées. Et c'est plus fort que lui, bien plus fort que toute cette retenue dont il fait d'ordinaire preuve, Leo relève son regard et avant même que ses paroles se soient extirpées de sa gorge, Daniel le devance. « Je ne tiens pas à en parler. Ni de ça, ni de rien d'autre. » Ça a l'effet d'une claque, nécessaire. Parce qu'il n'a rien à lui demander, rien à savoir. Et Leo en prend rapidement conscience, assez pour se sentir rougir, de honte très certainement et la manière dont il se détourne de sa présence vient renforcer cette impression, malgré lui. Ça heurte les recoins de sa personne, ça vient lui couper le souffle ; la culpabilité, la voilà enfin, cette garce, portée par de nouvelles paroles, des mots qu'il a déjà entendu mais en lesquels il ne trouve aucune vérité. « Tu devrais t'en aller... Ce que tu as dit... Ce que tu veux faire pour moi tu ne peux pas le faire parce que personne ne peut le faire. Je ne peux pas remonter cette foutue pente, c'est fini. Ce que j'ai fait, on n'en revient pas. On n'en revient pas... Alors... Tu ne peux pas m'aider et tu es venu pour ça alors, tu n'as aucune raison de rester. Tu devrais t'en aller. » Il aurait voulu se défaire de son regard, il aurait voulu quitter cette vision, obéir finalement, acquiescer, se redresser et tourner les talons, rejoindre la nuit et cette paix qu'elle vient offrir quand les tourments s'invitent et hantent, avec violence, le moindre recoin d'une conscience déjà affaiblie. Il aurait voulu partir mais n'y parvient pas, il n'a jamais su baisser les bras. Jamais, pas même maintenant, pas même malgré tout ce qu'il se doit d'affronter depuis des mois et des mois. Leo se le refuse.

« Tu ne me feras pas changer d'avis, tu es tombé sur quelqu'un de très, très insistant quand il s'agit de... ; il s'arrête là-dessus, ayant déjà tourner le regard finalement. Parce qu'il n'arrive pas à lui faire face, pas en supposant ce qu'il porte, tout le poids qui vient s'abattre sur ses épaules depuis qu'il s'est risqué à lui faire entendre qu'il n'est que peine perdue. D'espérer. » Termine-t-il par dire en se redressant enfin, en venant lui faire face avant de s'en remettre à ce qu'il pourrait faire pour l'aider, pour lui épargner la pagaille de cette soirée lorsque, demain, il ouvrira les yeux. Aussi, il vient réinstaller ses mains là où il les avaient laissé un peu plus tôt, usant d'un peu de pression pour aider Daniel à se hisser sur ses deux jambes, aussi tremblantes soient-elles, l’incitant à prendre sur lui autant qu'il ne le fait actuellement, chassant vents et marées, toute cette folie curieuse qui tente d’élever la voix. Il lutte, fait taire bien des remarques, bien des conseils, bien des paroles qu'il n'a pas à dire et qui ne serviront probablement pas, pas après ce qu'il a entendu, complainte évanouie quand le silence s'est rétabli. Leo se promet de ne pas aller trop loin, de ne pas se prendre au jeu, de ne pas se laisser pencher trop profondément dans le précipice que cet homme semble être. Il se le promet, avec violence, pourtant toujours si peu sûr d'être à même de se tenir à l'écart. Parce qu'il connaît désormais la détresse qui l'habite, cette noirceur qui hante et danse, laissant ses mensonges glisser jusqu'au subconscient du brun. Elle n'est pas salvatrice, elle ne le sera jamais. Et il espère qu'il s'en souviendra, par lui-même, un jour ou un autre, là lorsque leur chemin se sera de nouveau séparé. Car c'est ce qui doit advenir, finalement, au vu de cette promesse qu'il se répète silencieusement malgré la manière dont se consume tout son être en songeant à la simple idée que, peut-être, sa compagnie pourrait rendre les choses moins difficiles. Oui, l'espoir facile, la naïveté en défaut de grande ampleur. Mais il tient le coup, pour l'instant, au mieux, laissant Daniel venir se reposer sur le lit jusque auquel il l'accompagne, faisant quelques allés entre celui-ci et la salle d'eau tout juste quittée, cherchant un nouveau gant humide avant de lui confier, quelques cachets délaissés dans sa poche pour s'il tient éveillé encore quelques heures ; chose qu'il n'espère pas, au moins pour son moral, pour cette santé qu'il semble déjà assez négliger. Il a besoin de repos, d'un long repos. « Tu veux que j'aille chercher un truc à manger ? T'es encore pâle. » Demande-t-il finalement, venant s'asseoir non très loin de sa personne, guettant les traits de son visage comme pour tenter de se faire une raison, comme dans l'espoir de se convaincre que sa présence n'est pas nécessaire. Il n'y parvient pas, pas encore. Alors bêtement, il attend une réponse, bien ancré à sa place, en déplaise à celui qui vit entre ces murs il ne compte pas bouger si rien ne le nécessite. Il s'occupera de lui, de quoi nourrir cette conscience médicale qu'il devra faire taire en partant le lendemain et, en y pensant, ne serait-ce qu'une fraction de seconde, elle revient s'imposer dans la tête de Leo qui y cède, se rapprochant légèrement pour guetter la plaie du brun, celle qu'il s'est offert un peu plus tôt lorsque l'équilibre commençait sérieusement à lui manquer. Et il ne s'est pas raté. « Bon, tu me laisses regarder plus en détail ? » Souffle-t-il en levant ses mains vers le visage de l'autre homme, loin de se soucier de ce qu'il pourrait accepter de sa part ou non. La question pour la politesse mais loin fut le but de lui demander pleinement son avis dans de telles circonstances. « Ça va, il y a pire. Tu restes pas mal quand même. » Lui fait-il entendre, un sourire taquin accroché le long de ses lèvres, un clin d’œil avant que ses prunelles n'en reviennent à la blessure qu'il examinait. Après tout, c'était ce pourquoi il s'en était approché aussi.    

Codage par Emi Burton

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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo]   Lun 10 Juil - 21:09

Seconds from my heart, a bullet from the dark.


C'est compliqué et l'alcool n'aide franchement pas. Je veux. Je ne veux pas. Je veux. Je ne veux pas. Je voudrais pouvoir me décider, rester ferme, m'accrocher à ma décision mais j'en suis tout bonnement incapable. Alors je reste là, sans bouger, après lui avoir dit pour la énième fois de s'en aller puisqu'il n'a finalement aucune raison valable de rester. Et c'est terrible parce qu'il y a cette petite voix qui ne cesse de me dire, dans un recoin de ma tête, que même s'il ne peut pas m'aider, il a d'autres raisons de rester. La petite voix dit tout ça parce qu'elle a bien vu ses regards, parce qu'elle se doute bien qu'il n'est pas indifférent, parce qu'elle sait que je ne suis pas indifférent qu'il ne soit pas indifférent. Après tant d'années sans plus avoir été regardé de cette façon par homme, il a suffi de son regard à lui pour me rappeler le passé, me rappeler ce que j'ai vécu, ce que j'ai aimé vivre, ce que, dans le fond, je voudrais revivre, au moins pour ce soir, au moins pour oublier. Et elle me rend dingue cette petite voix... J'essaye de l'ignorer mais plus les secondes passent, et plus ça devient compliquer de l'ignorer. Elle me pousse à avoir un geste, un seul geste qui pourrait faire tout basculer s'il décide de rester. Et je la balaye, l'envoie valser. Pour l'instant. Et puis s'il part ce sera d'autant plus facile de la faire valser. Par contre, s'il continue de me regarder comme ça, cela va devenir de plus en plus difficile de la faire valser au loin. Et, quand il me réplique soudain que je ne le ferai pas changer d'avis car il sait se montrer très insistant, la petite voix crie « victoire », moi je désespère de parvenir à la faire taire, mais souffle un peu quand il détourne finalement le regard : c'est plus facile quand je ne me perds pas dans l'azur de ses yeux, dans les tréfonds de ses prunelles cristallines, pures, autant que lui me semble l'être, encore en cet instant. Il m'apparaît comme cette boule de lumière, comme cet être habité de bonté, comme presque cet ange tombé du ciel et qui a chuté tout droit dans mon enfer à moi. Ce qui n'est clairement pas ce qui pouvait lui arriver de mieux.

Je ne suis pas ce qui pouvait lui arriver de mieux.

« D'espérer. »

Le mot tombe, quelques instants après qu'il ait laissé sa phrase suspendue. Il est très insistant quand il s'agit d'espérer ? Et il espère quoi exactement ? Je me pose la question. Je ne la lui pose pas à lui, mais je me la pose intérieurement. Est-ce qu'il espère parvenir à m'aider ? Est-ce qu'il espère autre chose ? La petite voix me dit que oui et je lui dis intérieurement de se la fermer. Difficile quand il se redresse et vient se placer face à moi. Difficile quand il revient poser ses mains sur moi pour m'aider à me relever. Très difficile quand mes mains glissent autour de sa taille pour prendre appui afin que je puisse totalement me relever. Extrêmement difficile quand la proximité est telle qu'il suffirait de ce petit mouvement en avant dont la voix ne cesse me parler... La ferme. Je passe finalement mon bras autour de la taille de Leo, use de son aide pour marcher car bien que mes jambes soient capables de me tenir, je ne leur fais pas pas totalement confiance. Je ne risque même pas un regard dans sa direction. Je le laisse m'entraîner jusqu'au lit sur lequel il m'aide à m'asseoir et je ne peux nier que c'est agréable d'être installé là, bien plus agréable que dans la salle de bain. Quand Leo s'éloigne pour retourner dans la salle de bain, je jette un regard en coin au cadre photo sur mon chevet et mon cœur se serre. Je tends la main vers la photo mais m'arrête dans mon geste quand il revient. Je replace ma main sur le lit avant de relever un peu mon regard vers Leo pour finalement récupérer le gant humide qu'il me tend. Les cachets je ne les prends pas, je me contente de les poser sur la table de chevet en prenant soin d'ignorer le regard de mes enfants sur la photo qui sont comme une lame chauffée à blanc en plein cœur. Les regarder, les observer, c'est ressentir encore plus tout cette culpabilité qui me ronge et qui me fait sombrer encore, et encore, et encore. Il me propose soudain d'aller me chercher quelque chose à manger car je lui parais encore pâle et je me contente de secouer doucement la tête de droite à gauche, avant de baisser le gant, le gardant dans mes mains, le regardant sans le regarder, préférant m'y intéresser parce que Leo vient de s'asseoir à côté de moi sur le lit et que cette proximité me gêne autant qu'elle me plaît ce qui est fort déstabilisant.

Toute cette soirée, ces moments partagés avec lui sont extrêmement déstabilisants.

Il se rapproche soudain et mes doigts se crispent sur le gant de toilette, davantage encore quand il me demande s'il peut regarder quelque chose plus en détail. Je fronce les sourcils, ne saisissant pas, me raidis quand il lève les mains vers mon visage et comprends finalement qu'il souhaite jeter un coup d'oeil à la plaie que j'ai au niveau du front. Quand ses doigts effleurent ma joue, je tourne lentement mon visage vers lui mais m'obstine à garder mon regard détourné du sien, lâchant cependant le gant de toilette au passage qui tombe au sol. Ce contact, je le désire comme je le maudis, j'en veux comme je n'en veux pas. Et sa voix... Je veux l'entendre comme je voudrais qu'il se taise parce qu'il n'aide pas à ce que ma voix intérieure reste calme et la mette en sourdine. Pas du tout. Quand il ajoute qu'il y a pire et que je reste « pas mal quand même », je me risque à relever mon regard vers lui, c'est plus fort que moi et, son sourire et son petit clin d'oeil me rendent, je pense et le sens, tout à coup bien moins pâle. Leo se réintéresse de plus près à ma plaie et je le laisse faire, ferme les yeux, me laissant pendant l'espace de quelques secondes aller à ce petit moment de quiétude venu de nulle part. C'est étrange... Agréable mais étrange, que ces simples gestes de sa part parvienne à calmer la tempête intérieure. Pas la voix par contre, pas la voix alors, pour essayer de la combattre, je me décide à parler. Parler pour éviter d'y penser.

« Au moins, je n'aurai pas besoin de points de suture pour celle-ci. » je souffle tout bas avant de rouvrir les yeux pour les reposer sur Leo dont je capte le regard, un regard qui fait s'exprimer ma voix intérieure que j'envoie sur les roses en me focalisant sur ce que je veux dire. « Regarde... » je dis en tournant légèrement mon visage vers la gauche pour lui montrer ma pommette droite où trône une cicatrice de quelques centimètres. « Ma tête a tendance à rencontrer trop souvent des surfaces dures. Ce coup-là c'était un lavabo et il a... Gagné... » Le dernier mot j'ai du mal à le prononcer parce que voilà que Leo s'intéresse à la dite cicatrice et ce se sont ses doigts qui viennent la frôler. Ce qui fait hurler la voix intérieure que j'ai de plus en plus de mal à remettre à sa place. J'observe Leo un instant puis baisse le visage en fermant les yeux.

Je souffle longuement.

« Mauvaise idée... » je dis dans un murmure quasi inaudible, quoi qu'il soit sans doute assez près pour m'entendre vu notre proximité.

Bien sûr que c'est une mauvaise idée. Bien sûr que de laisser la voix intérieure gagner c'est me soulager moi mais risquer de lui faire du mal à lui. Bien sûr sauf que... Plus les secondes passent, plus j'ai du mal à gagner ce combat contre cette foutue voix intérieure. Et puis c'est idiot, très idiot, mais je bouge à peine la main. A peine... Sauf qu'en la bougeant, même à peine, mon pouce touche le coude de Leo et cela suffit à me faire perdre la bataille. Elle gagne la voix, elle gagne. La paume de ma main vient épouser le coude de Leo et finalement, mes doigts pressent doucement son bras alors que je relève mon regard vers lui. Nos visages sont extrêmement proches, bien trop proches pour que je puisse être capable de reprendre le dessus et remporter ce combat que j'ai en fait perdu à l'instant où il a décidé de me ramener jusqu'à ma chambre d'hôtel. Je plante mon regard dans le sien et ça s'éveille une fois encore. Lui, il l'éveille encore, cette chose en moi. C'est une très mauvaise idée oui et peut-être qu'il pense la même chose alors...

« Tu es sûr de vouloir rester avec moi cette nuit ? » je lui demande dans un murmure, mon front presque collé au sien maintenant.

Parce qu'il n'y aura pas de retour en arrière possible, ni pour lui, ni pour moi s'il décide de rester. Parce que non, je ne pourrai pas me contenter d'essayer de dormir alors que j'ai envie de tout autre chose. A moins que tout cela ne soit dans ma tête, qu'il ait éveillé ce désir ne le ressentant pas lui-même, que je me sois trompé en ayant cette impression de voir chez lui autre chose que de la simple sympathie ou générosité à mon égard.

Peut-être que j'ai encore tout faux et finalement, ce serait mieux pour lui que j'aie tout faux.



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