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 || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo]

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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo] Sam 24 Juin - 12:31

Seconds from my heart, a bullet from the dark.


Qu'est-ce qu'il pourrait lui arriver de bon s'il reste avec moi ? Absolument rien parce que dans mes bons jours, j'ai du mal à apporter de bonnes choses aux autres et dans mes mauvais jours c'est bien pire et, aujourd'hui, on peut très clairement dire que je suis dans un mauvais jour. Dans un très, très mauvais jour, et cela ne risque pas de s'arranger. Les jours vont se transformer en semaines et les semaines en mois. J'ai beau avoir certaines choses auxquelles m'accrocher, c'est ma vie toute entière qui va être faite de mauvais jours. Certains seront plus supportables que d'autres, mais d'une manière générale... C'est en tout cas de cette façon que je vois actuellement les choses. Là, en cet instant, je n'imagine pas être de nouveau dans un bon jour. Pas avec ce que j'ai fait. Pas avec tout ce qu'il s'est passé. Et lui, qui est si gentil, si généreux, si attentionné, si bon... Sincèrement, mieux vaut qu'il ne s'attarde pas avec moi, ça pourrait lui porter préjudice comme je porte préjudice à beaucoup de personnes, plus particulièrement quand elles sont profondément gentilles. D'où cette proposition, cette porte de sortie que je lui offre. Cette possibilité de ne pas s'éterniser dans le coin et de retourner à sa vie qui doit être bien plus intéressante quand il ne s'occupe pas d'un pauvre déchet dans mon genre. Peut-être est-ce parce que j'ai l'esprit embrumé par l'alcool, peut-être est-ce juste parce que parfois je suis à côté de le plaque et que je ne saisis pas toujours tout, mais je ne comprends pas d'où vient son petit rire et cet air quelque peu attendri qu'il affiche après que je lui aie proposé de me laisser. Et je ne comprends pas non plus sa phrase, son sens ou, plus exactement, comment il peut arriver à la prononcer et à la penser. Comment peut-il estime que sa soirée est plus intéressante maintenant qu'il est avec moi ? Comment peut-il en arriver à cette conclusion ? En quoi être bloqué avec un type qui tient à peine sur ses jambes et qui est au bout du rouleau est plus intéressant que de passer une bonne soirée légère en compagnie de ses amis ? Je suis perdu là. Totalement perdu. Je l'observe en silence, sourcils froncés, alors qu'il semble soudain perdu dans ses pensées. Où est-il là ? A quoi pense-t-il ? Je l'entends son soupir, je les perçois ses traits quelque peu attristés malgré l'alcool qui m'embrouille toujours un peu l'esprit. Dans quels moments de sa vie est-il en train de se noyer ? Je ne le saurai sans doute jamais. Ce que je finis par savoir, par contre, c'est pourquoi il estime que sa soirée est plus intéressante.

Je détourne le regard et fixe mes pieds.

Je l'entends m'expliquer qu'il aurait voulu que quelqu'un soit là pour lui quand il en a eu besoin, quand il a cru tout perdre. Mon cerveau s'arrête sur ces quelques informations, les enregistrant dans un coin parce qu'il est tout à coup limpide qu'il a clairement vécu des choses particulièrement difficiles. Pour tenir ce genre de propos, il ne peut en être autrement. Je suis désolé pour lui, quoi qu'il ait pu vivre, je suis désolé pour lui mais ce qu'il a à dire, je ne veux pas l'entendre, ne peux pas l'entendre même. La pente dont il parle, elle est impossible à remonter pour moi, impossible. Parce que j'ai franchi une limite qu'il ne fallait pas franchir et qu'on n'en revient pas. On n'en revient jamais. Il veut bien faire et c'est tout à son honneur, il veut essayer de me faire voir que rien n'est irrémédiable, que je vais pouvoir aller mieux mais il se trompe. Il se trompe tellement... Je tourne subitement mon visage vers lui quand il me dit qu'il refuse que quelqu'un ne vive les mêmes angoisses qu'il a lui-même pu vivre. L'espace d'une seconde je me demande ce qu'il a vécu, ce qui a été si horrible pour lui, je me demande s'il pourrait réellement comprendre mes angoisses, je me demande s'il a été dépendant, je me demande s'il a tué quelqu'un parce qu'en vérité, si ce n'est pas le cas, s'il n'a pas ce sang sur les mains, il ne peut pas me comprendre, il ne peut même pas imaginer ce que je traverse... Pourrait-il être responsable de la mort de quelqu'un et être comme il est maintenant ? J'ai du mal à le croire. Un fossé nous sépare. Il ne peut pas m'aider. Je suis sur le point de le lui dire quand il se redresse et me tend sa main pour m'aider à me relever tout en m'annonçant que très clairement, il ne me laissera pas seul ce soir. Il semble décidé. Très têtu. Alors j'abandonne un peu. Juste un peu. Juste le temps qu'il me ramène jusqu'à ma chambre d'hôtel. Je glisse ma main dans la sienne pour me relever et use de son aide pour m'approcher du taxi qui vient d'arriver. Je jette un regard en arrière vers le trottoir, mes prunelles cherchant frénétiquement cette petite chose que j'ai abandonnée là plus tôt dans la soirée : est-ce qu'il est encore là ? Est-ce qu'il a déjà disparu ? Je l'aperçois, à côté de détritus laissés sur la voie publique près du trottoir. Demain, il aura sans doute disparu. Mon cœur se serre alors que je suis forcé de détourner le regard du jeton et que je pénètre à l'intérieur du taxi. Je regarde droit devant moi, horrifié par la réalité de la situation qui s'insinue peu à peu dans mon esprit. La voix de Leo me demandant mon adresse me sort brièvement de mes pensées et je souffle rapidement le nom de l'hôtel avant de poser mon front contre la vitre fraîche du taxi.

Puis nous partons.

Et plus la voiture s'avance dans les rues de la ville, plus je me sens mal d'avoir laissé ce que j'ai laissé derrière moi. Plus j'ai l'impression que tout devient de pire en pire. Je voudrais que ça s'arrête, ce que je ressens, la façon dont je le ressens, je voudrais que ça s'arrête. Lorsque nous arrivons à l'hôtel, je peine à sortir du taxi car si mon esprit semble reprendre peu à peu davantage de clarté, mon corps, lui, m'apparaît de plus en plus lourd. La fatigue n'aide pas. Leo m'aide donc à grimper jusqu'à l'étage où se trouve ma chambre et une fois que nous sommes face à ma porte, je sors mes clés puis jette un regard à Leo. Il m'observe et je me demande l'espace d'un instant ce qu'il fait encore là. Certes, il a dit qu'il ne voulait pas me laisser ce soir mais nous sommes arrivés, je suis « chez moi », il n'a plus besoin de rester là. Il semble cependant décidé à ne pas s'en aller et je ne saisis pas. Je ne sais pas pourquoi il s'accroche comme ça. Sans doute pense-t-il qu'il va pouvoir mener à bien sa petite mission de sauvetage de mon âme et de mon esprit. Sans doute pense-t-il qu'il va pouvoir me mettre dans la tête que rien n'est définitif et que je vais finir par m'en sortir. Foutaises. Je tente tant bien que mal de mettre la clé dans la serrure mais mes mains tremblent et cela me met dans un certain état de nerfs qui ne m'aide pas à parvenir à mes fins. Je laisse échapper un juron et c'est finalement Leo qui ouvre et nous fait entrer à l'intérieur. A peine a-t-on passé le pas de la porte qu'il me demande où est la salle d'eau.

« Par là. » je lui dis en désignant d'un bref mouvement du menton la petite salle de bain.

Là encore il m'aide à marcher et, en m'y rendant, mon regard glisse brièvement sur la cadre posé sur ma table de chevet. Je vois leurs visages, le visage de ma fille, le visage de mon fils, et je détourne le regard en laissant brièvement échapper une plainte presque inaudible. Je m'en veux tellement... Pour tout... Je ne peux même plus les regarder. Je ne peux plus. Leo m'entraîne dans la salle de bain et m'aide à m'asseoir par terre sur le vieux carrelage. C'est d'un air absent, mes pensées tournées vers mes enfants et le mauvais père que je suis, que j'observe Leo s'activer dans la salle de bain. C'est toujours d'un air absent et avec un geste quelque peu machinal que je récupère les cachets qu'il me tend. Je les avale sans eau (l'habitude) et sans me poser de questions. Il sait ce qu'il fait à n'en pas douter. Je récupère tout aussi machinalement le gant de toilette humide qu'il me tend.

« Oui. Merci. » je lui réponds quand il me demande s'il peut aller poser mes clés dans l'entrée.

Je le laisse sortir de la salle de bain et me passe le gant humide sur le visage, ce qui me fait du bien. Je ferme les yeux un instant. J'aimerais réussir à me vider la tête, à oublier tout ça, mais je n'y parviens pas et ça me désespère tellement...

« Il y a pire, j'imagine. » dit Leo depuis la chambre.

Je rouvre les yeux et tourne mon visage dans sa direction, pouvant le voir se tenir debout près du lit puisque la porte de la salle de bain est restée ouverte.

« Oui, ça pourrait être pire. » je lui réponds toujours assis par terre. « Je pourrais être en prison. » si on savait ce que j'ai fait. « Ou je pourrais être mort... » si j'étais en prison, parce qu'un flic en prison...

Je laisse échapper un énième soupir, balance le gant dans la baignoire puis prends appui sur le lavabo pour me relever. Je reste appuyé sur le bord du lavabo pour observer mon reflet dans le miroir de l'armoire de la salle de bain. Je me fais peur. Je me fais vraiment peur mais au moins...

« Ça ne saigne plus. » je remarque, dans le fond soulagé de ne pas avoir besoin de points de suture encore une fois. Mais ma tête, cette blessure, la salle de bain, tout ça me renvoie à de vieux démons que je préférerais oublier et que je tente de balayer de mon esprit d'un mouvement de la tête. Je baisse le visage, observe mes vêtements et suis soudain pris de l'envie de les retirer : ils sont sales, sentent l'alcool... Je veux les retirer. La chemise est enlevée rapidement et sans aucun problème. Je la laisse tomber au sol et m'assois finalement au bord de la baignoire pour retirer mon pantalon. Le retirer est facile en fait. Très facile. Suffit de tirer dessus. Par contre, quand me prend l'idée d'enfiler mon bas de pyjama noir, c'est plus compliqué. Parce que mes jambes semblent peser une tonne et que mes mains ne fonctionnent pas comme je voudrais qu'elles fonctionnent. Du coup, je me penche trop en avant et manque de tomber la tête en avant et ce sont les bras de Leo qui m'empêchent de tomber. Je pose ma main contre le mur pour tenir assis, pose mon regard sur lui et quand je le vois esquisser un geste pour m'aider à mettre le pantalon, je secoue la tête et pose mon autre main sur son épaule.

« Non, c'est bon. Je peux le faire. »

Sauf que clairement, je n'y arrive pas mais l'idée qu'il m'aide à m'habiller... Non, c'est trop. Je refuse d'en arriver à ce point-là.

« S'il te plaît. C'est juste que j'ai l'impression que mes jambes pèsent une tonne. Laisse-m... »

Là encore, il se montre têtu et m'aide et moi... Moi j'abandonne pour la seconde fois de la soirée parce que je n'y arrive pas, parce que si je m'obstine, je vais vraiment finir par me faire mal et bon, j'en ai assez fait pour ce soir. J'en ai assez fait... Alors, docilement, je le laisse faire, parce qu'il sait visiblement y faire. Je le laisse m'aider à me redresser quand il faut terminer d'enfiler le pantalon et je l'observe après m'être rassis sur le bord de la baignoire, alors qu'il se trouve à une proximité toute nouvelle, bien plus que dans les toilettes du bar. Il y a quelque chose de différent là. Quelque chose qui en réveille une autre de chose, endormie depuis longtemps. Une chose que je décide de tenter d'ignorer. Puis, je remarque son regard qui se fige sur mon torse. Là où trône une longue cicatrice de près de trente centimètres : la preuve que j'ai eu une opération à cœur ouvert. A genoux devant moi, les mains toujours accrochées à l'élastique de mon pantalon alors qu'il a terminé de me le mettre, il relève son regard vers moi et je crispe la mâchoire.

« Je ne tiens pas à en parler. Ni de ça, ni de rien d'autre. » je dis avec plus de froideur qu'il ne le mérite.

Il n'y est pour rien mais je ne veux pas parler de mon overdose, de mon opération à cœur ouvert, de tout ça, de... Non, je ne veux pas en parler. Je ne veux pas parler tout court. Je détourne le regard en secouant la tête et en retirant ma main de son épaule. « Tu devrais t'en aller... » je souffle ainsi pour la troisième fois de la soirée. « Ce que tu as dit... Ce que tu veux faire pour moi tu ne peux pas le faire parce que personne ne peut le faire. Je ne peux pas remonter cette foutue pente, c'est fini. » j'ajoute en osant reporter mon regard voilé de larmes, que je retiens non sans mal, vers lui. « Ce que j'ai fait, on n'en revient pas. On n'en revient pas... Alors... » Je marque un silence. « Tu ne peux pas m'aider et tu es venu pour ça alors, tu n'as aucune raison de rester. Tu devrais t'en aller. »

Et de quatre.
Sauf qu'au fond, je n'ai pas la moindre envie qu'il s'en aille. Je n'ai pas envie parce que s'il ne peut pas m'aider à remonter la pente, il pourrait m'aider à oublier. Lui, ce soir, il pourrait être ma propre dose de cocaïne mais ça serait injuste pour lui. Et j'en ai raz le bol d'être injuste. Mais est-ce que j'ai seulement la force de ne pas l'être, injuste ? S'il s'en va, j'en aurai la force. S'il reste... Je voudrais qu'il reste. Et je voudrais qu'il parte. Mais je voudrais qu'il reste.

Putain...


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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo] Dim 9 Juil - 22:05



seconds from my heart, a bullet from the dark
dan & leo


Elles sont loin les lueurs dorées, toutes ces étoiles scintillantes qui brillaient dans un ciel qu'il imaginait propice pour l'âme de celui que les ténèbres ont choisi de suivre. Il baisse la tête, honteux. Honteux de constater que l'histoire se répète, trop souvent. Elle vient frapper, rappeler au blond que nul n'est à l'abri des cruautés hasardeuses d'un univers trop taquin. Daniel coule dans une noirceur aisément perceptible à celui qui aurait déjà flirter avec elle, il le contemple, impuissant, loin d'être à même de pouvoir y faire ne serait-ce qu'une marche pour l'aider à respirer hors des eaux troubles, profondes ; trop profondes. Il ira se noyer, il le souhaitera sûrement, comme tous ceux dont les bras se baissent. Et il craint cet instant, il craint ces secondes qui deviendront pressantes, lourdes de sens mais à la fois insensées. Le paradoxe d'une vie visible au cœur de prunelles fatiguées. Il ne connaît que trop ce schéma pour avoir vu son frère y succomber après sa propre personne. Un soupir, un nouveau. Quelque chose qui vient franchir la barrière de ses lèvres qu'il choisit de garder close encore un peu, laissant ce silence insistant faire l'état des lieux jusqu'à cette salle de bain, jusqu'aux abords d'une porte laissée ouverte et qui permet à Leo de l'entendre, cette voix exténuée. « Oui, ça pourrait être pire. Je pourrais être en prison. Ou je pourrais être mort... » Le compte à rebours se déclenche, malgré lui. Le trentenaire peine à se sortir cette idée de la tête, davantage maintenant, alors que les mots de Daniel viennent résonner entre les murs de la chambre. Leo tente de se convaincre qu'il fait erreur, pessimiste depuis la disparition de Claudia. Il ne voit que le mal, que les maux ; il tente de s'en persuader, usant de toutes ses forces, de toute sa volonté. Trop faible, elle l'a toujours été face à des évidences qu'il ne peut éviter. Un soupir, un énième soupir parce qu'il ne sait pas quoi faire, comment faire. Il voudrait que ses questions s'évanouissent, là, dans les ombres de son esprit, éteintes jusqu'à ce qu'il ne disparaisse d'ici, plus tard dans la nuit, ou à l’orée d'une nouvelle journée qu'on espéra bientôt finie. Non, il parvient à prendre sur lui, essayant de s'animer, rangeant ce qui peut être rangé, laissant à Daniel le loisir de se retrouver légèrement avec lui-même, avec ses songes et ses démons. Un risque qu'il prend malgré tout ce qui vient se jouer dans sa tête, ces réflexes emportés du travail et qui, finalement, auront raison de lui. Parce qu'il revient vers la salle d'eau, parce qu'il revient vers le brun qui titube toujours et qu'il rattrape de justesse, lui épargnant le sol et les blessures qui auraient suivi. Son sourire s'éteint, cette volonté de lui laisser du temps et de l'intimité également. Parce qu'il refuse de le voir s’abîmer plus qu'il ne l'est, il refuse de le voir se faire plus de mal qu'il n'en porte déjà sur son dos. Aussi Leo ose l'intrusif, cette aide qu'on refuse souvent par dignité mais qu'il juge nécessaire, plus que primordiale et qui, comme prévu, vient ranimer celui qu'il allait habiller. « Non, c'est bon. Je peux le faire. »

Des mots qui se perdent dans l'instant, là, entre les maigres murs d'une salle de bain fatiguée par le temps et l'usure. Leo fronce les sourcils comme dans l'espoir qu'il ne parvienne à voir le ridicule de l'instant et l'absurdité de ses propos, les mains du blond toujours sur son pantalon. « S'il te plaît. C'est juste que j'ai l'impression que mes jambes pèsent une tonne. Laisse-m... » Oui, des dires auxquels il ne prête pas la moindre attention, choisissant de se faire têtu, comme ce qu'il a toujours pu être, davantage ce soir, aux côtés d'un homme qu'il aurait très bien pu laisser. Mais les ennuis sont tenaces, ils l'ont toujours été et il cède à leur charme, aussi souvent que possible. Et sa persévérance finie par payer parce qu'il cède à son tour, Daniel, laissant le loisir à Sanders de faire ce qu'il a pour habitude de faire, finalement, ce qu'il fait de mieux : aider. Aider les autres à défaut de savoir s'aider soi-même. Faire de son mieux pour offrir ne serait que quelques secondes de confort à ceux qui oublie le bien-être de ce dernier. Leo s'active, Leo se fait professionnel jusqu'à divaguer, jusqu'à oser ce regard le long du corps qu'il maintient. Et ses traits se figent, son cœur s'éteint. Quelque chose vient frapper sa conscience qui ne réagit pas, pas devant pareille surprise, loin d'être à même de prendre conscience de la manière dont il se fait insistant malgré son manque soudain d'activité, les mains toujours là où elles s'étaient trouvées. Et c'est plus fort que lui, bien plus fort que toute cette retenue dont il fait d'ordinaire preuve, Leo relève son regard et avant même que ses paroles se soient extirpées de sa gorge, Daniel le devance. « Je ne tiens pas à en parler. Ni de ça, ni de rien d'autre. » Ça a l'effet d'une claque, nécessaire. Parce qu'il n'a rien à lui demander, rien à savoir. Et Leo en prend rapidement conscience, assez pour se sentir rougir, de honte très certainement et la manière dont il se détourne de sa présence vient renforcer cette impression, malgré lui. Ça heurte les recoins de sa personne, ça vient lui couper le souffle ; la culpabilité, la voilà enfin, cette garce, portée par de nouvelles paroles, des mots qu'il a déjà entendu mais en lesquels il ne trouve aucune vérité. « Tu devrais t'en aller... Ce que tu as dit... Ce que tu veux faire pour moi tu ne peux pas le faire parce que personne ne peut le faire. Je ne peux pas remonter cette foutue pente, c'est fini. Ce que j'ai fait, on n'en revient pas. On n'en revient pas... Alors... Tu ne peux pas m'aider et tu es venu pour ça alors, tu n'as aucune raison de rester. Tu devrais t'en aller. » Il aurait voulu se défaire de son regard, il aurait voulu quitter cette vision, obéir finalement, acquiescer, se redresser et tourner les talons, rejoindre la nuit et cette paix qu'elle vient offrir quand les tourments s'invitent et hantent, avec violence, le moindre recoin d'une conscience déjà affaiblie. Il aurait voulu partir mais n'y parvient pas, il n'a jamais su baisser les bras. Jamais, pas même maintenant, pas même malgré tout ce qu'il se doit d'affronter depuis des mois et des mois. Leo se le refuse.

« Tu ne me feras pas changer d'avis, tu es tombé sur quelqu'un de très, très insistant quand il s'agit de... ; il s'arrête là-dessus, ayant déjà tourner le regard finalement. Parce qu'il n'arrive pas à lui faire face, pas en supposant ce qu'il porte, tout le poids qui vient s'abattre sur ses épaules depuis qu'il s'est risqué à lui faire entendre qu'il n'est que peine perdue. D'espérer. » Termine-t-il par dire en se redressant enfin, en venant lui faire face avant de s'en remettre à ce qu'il pourrait faire pour l'aider, pour lui épargner la pagaille de cette soirée lorsque, demain, il ouvrira les yeux. Aussi, il vient réinstaller ses mains là où il les avaient laissé un peu plus tôt, usant d'un peu de pression pour aider Daniel à se hisser sur ses deux jambes, aussi tremblantes soient-elles, l’incitant à prendre sur lui autant qu'il ne le fait actuellement, chassant vents et marées, toute cette folie curieuse qui tente d’élever la voix. Il lutte, fait taire bien des remarques, bien des conseils, bien des paroles qu'il n'a pas à dire et qui ne serviront probablement pas, pas après ce qu'il a entendu, complainte évanouie quand le silence s'est rétabli. Leo se promet de ne pas aller trop loin, de ne pas se prendre au jeu, de ne pas se laisser pencher trop profondément dans le précipice que cet homme semble être. Il se le promet, avec violence, pourtant toujours si peu sûr d'être à même de se tenir à l'écart. Parce qu'il connaît désormais la détresse qui l'habite, cette noirceur qui hante et danse, laissant ses mensonges glisser jusqu'au subconscient du brun. Elle n'est pas salvatrice, elle ne le sera jamais. Et il espère qu'il s'en souviendra, par lui-même, un jour ou un autre, là lorsque leur chemin se sera de nouveau séparé. Car c'est ce qui doit advenir, finalement, au vu de cette promesse qu'il se répète silencieusement malgré la manière dont se consume tout son être en songeant à la simple idée que, peut-être, sa compagnie pourrait rendre les choses moins difficiles. Oui, l'espoir facile, la naïveté en défaut de grande ampleur. Mais il tient le coup, pour l'instant, au mieux, laissant Daniel venir se reposer sur le lit jusque auquel il l'accompagne, faisant quelques allés entre celui-ci et la salle d'eau tout juste quittée, cherchant un nouveau gant humide avant de lui confier, quelques cachets délaissés dans sa poche pour s'il tient éveillé encore quelques heures ; chose qu'il n'espère pas, au moins pour son moral, pour cette santé qu'il semble déjà assez négliger. Il a besoin de repos, d'un long repos. « Tu veux que j'aille chercher un truc à manger ? T'es encore pâle. » Demande-t-il finalement, venant s'asseoir non très loin de sa personne, guettant les traits de son visage comme pour tenter de se faire une raison, comme dans l'espoir de se convaincre que sa présence n'est pas nécessaire. Il n'y parvient pas, pas encore. Alors bêtement, il attend une réponse, bien ancré à sa place, en déplaise à celui qui vit entre ces murs il ne compte pas bouger si rien ne le nécessite. Il s'occupera de lui, de quoi nourrir cette conscience médicale qu'il devra faire taire en partant le lendemain et, en y pensant, ne serait-ce qu'une fraction de seconde, elle revient s'imposer dans la tête de Leo qui y cède, se rapprochant légèrement pour guetter la plaie du brun, celle qu'il s'est offert un peu plus tôt lorsque l'équilibre commençait sérieusement à lui manquer. Et il ne s'est pas raté. « Bon, tu me laisses regarder plus en détail ? » Souffle-t-il en levant ses mains vers le visage de l'autre homme, loin de se soucier de ce qu'il pourrait accepter de sa part ou non. La question pour la politesse mais loin fut le but de lui demander pleinement son avis dans de telles circonstances. « Ça va, il y a pire. Tu restes pas mal quand même. » Lui fait-il entendre, un sourire taquin accroché le long de ses lèvres, un clin d’œil avant que ses prunelles n'en reviennent à la blessure qu'il examinait. Après tout, c'était ce pourquoi il s'en était approché aussi.    

Codage par Emi Burton

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when sorrow become love
And the darkness return. Can you see this strange madness who take me ? I can't breathe. I've just her smile, her voice in my head and this anger in my heart.
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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo] Lun 10 Juil - 21:09

Seconds from my heart, a bullet from the dark.


C'est compliqué et l'alcool n'aide franchement pas. Je veux. Je ne veux pas. Je veux. Je ne veux pas. Je voudrais pouvoir me décider, rester ferme, m'accrocher à ma décision mais j'en suis tout bonnement incapable. Alors je reste là, sans bouger, après lui avoir dit pour la énième fois de s'en aller puisqu'il n'a finalement aucune raison valable de rester. Et c'est terrible parce qu'il y a cette petite voix qui ne cesse de me dire, dans un recoin de ma tête, que même s'il ne peut pas m'aider, il a d'autres raisons de rester. La petite voix dit tout ça parce qu'elle a bien vu ses regards, parce qu'elle se doute bien qu'il n'est pas indifférent, parce qu'elle sait que je ne suis pas indifférent qu'il ne soit pas indifférent. Après tant d'années sans plus avoir été regardé de cette façon par homme, il a suffi de son regard à lui pour me rappeler le passé, me rappeler ce que j'ai vécu, ce que j'ai aimé vivre, ce que, dans le fond, je voudrais revivre, au moins pour ce soir, au moins pour oublier. Et elle me rend dingue cette petite voix... J'essaye de l'ignorer mais plus les secondes passent, et plus ça devient compliquer de l'ignorer. Elle me pousse à avoir un geste, un seul geste qui pourrait faire tout basculer s'il décide de rester. Et je la balaye, l'envoie valser. Pour l'instant. Et puis s'il part ce sera d'autant plus facile de la faire valser. Par contre, s'il continue de me regarder comme ça, cela va devenir de plus en plus difficile de la faire valser au loin. Et, quand il me réplique soudain que je ne le ferai pas changer d'avis car il sait se montrer très insistant, la petite voix crie « victoire », moi je désespère de parvenir à la faire taire, mais souffle un peu quand il détourne finalement le regard : c'est plus facile quand je ne me perds pas dans l'azur de ses yeux, dans les tréfonds de ses prunelles cristallines, pures, autant que lui me semble l'être, encore en cet instant. Il m'apparaît comme cette boule de lumière, comme cet être habité de bonté, comme presque cet ange tombé du ciel et qui a chuté tout droit dans mon enfer à moi. Ce qui n'est clairement pas ce qui pouvait lui arriver de mieux.

Je ne suis pas ce qui pouvait lui arriver de mieux.

« D'espérer. »

Le mot tombe, quelques instants après qu'il ait laissé sa phrase suspendue. Il est très insistant quand il s'agit d'espérer ? Et il espère quoi exactement ? Je me pose la question. Je ne la lui pose pas à lui, mais je me la pose intérieurement. Est-ce qu'il espère parvenir à m'aider ? Est-ce qu'il espère autre chose ? La petite voix me dit que oui et je lui dis intérieurement de se la fermer. Difficile quand il se redresse et vient se placer face à moi. Difficile quand il revient poser ses mains sur moi pour m'aider à me relever. Très difficile quand mes mains glissent autour de sa taille pour prendre appui afin que je puisse totalement me relever. Extrêmement difficile quand la proximité est telle qu'il suffirait de ce petit mouvement en avant dont la voix ne cesse me parler... La ferme. Je passe finalement mon bras autour de la taille de Leo, use de son aide pour marcher car bien que mes jambes soient capables de me tenir, je ne leur fais pas pas totalement confiance. Je ne risque même pas un regard dans sa direction. Je le laisse m'entraîner jusqu'au lit sur lequel il m'aide à m'asseoir et je ne peux nier que c'est agréable d'être installé là, bien plus agréable que dans la salle de bain. Quand Leo s'éloigne pour retourner dans la salle de bain, je jette un regard en coin au cadre photo sur mon chevet et mon cœur se serre. Je tends la main vers la photo mais m'arrête dans mon geste quand il revient. Je replace ma main sur le lit avant de relever un peu mon regard vers Leo pour finalement récupérer le gant humide qu'il me tend. Les cachets je ne les prends pas, je me contente de les poser sur la table de chevet en prenant soin d'ignorer le regard de mes enfants sur la photo qui sont comme une lame chauffée à blanc en plein cœur. Les regarder, les observer, c'est ressentir encore plus tout cette culpabilité qui me ronge et qui me fait sombrer encore, et encore, et encore. Il me propose soudain d'aller me chercher quelque chose à manger car je lui parais encore pâle et je me contente de secouer doucement la tête de droite à gauche, avant de baisser le gant, le gardant dans mes mains, le regardant sans le regarder, préférant m'y intéresser parce que Leo vient de s'asseoir à côté de moi sur le lit et que cette proximité me gêne autant qu'elle me plaît ce qui est fort déstabilisant.

Toute cette soirée, ces moments partagés avec lui sont extrêmement déstabilisants.

Il se rapproche soudain et mes doigts se crispent sur le gant de toilette, davantage encore quand il me demande s'il peut regarder quelque chose plus en détail. Je fronce les sourcils, ne saisissant pas, me raidis quand il lève les mains vers mon visage et comprends finalement qu'il souhaite jeter un coup d'oeil à la plaie que j'ai au niveau du front. Quand ses doigts effleurent ma joue, je tourne lentement mon visage vers lui mais m'obstine à garder mon regard détourné du sien, lâchant cependant le gant de toilette au passage qui tombe au sol. Ce contact, je le désire comme je le maudis, j'en veux comme je n'en veux pas. Et sa voix... Je veux l'entendre comme je voudrais qu'il se taise parce qu'il n'aide pas à ce que ma voix intérieure reste calme et la mette en sourdine. Pas du tout. Quand il ajoute qu'il y a pire et que je reste « pas mal quand même », je me risque à relever mon regard vers lui, c'est plus fort que moi et, son sourire et son petit clin d'oeil me rendent, je pense et le sens, tout à coup bien moins pâle. Leo se réintéresse de plus près à ma plaie et je le laisse faire, ferme les yeux, me laissant pendant l'espace de quelques secondes aller à ce petit moment de quiétude venu de nulle part. C'est étrange... Agréable mais étrange, que ces simples gestes de sa part parvienne à calmer la tempête intérieure. Pas la voix par contre, pas la voix alors, pour essayer de la combattre, je me décide à parler. Parler pour éviter d'y penser.

« Au moins, je n'aurai pas besoin de points de suture pour celle-ci. » je souffle tout bas avant de rouvrir les yeux pour les reposer sur Leo dont je capte le regard, un regard qui fait s'exprimer ma voix intérieure que j'envoie sur les roses en me focalisant sur ce que je veux dire. « Regarde... » je dis en tournant légèrement mon visage vers la gauche pour lui montrer ma pommette droite où trône une cicatrice de quelques centimètres. « Ma tête a tendance à rencontrer trop souvent des surfaces dures. Ce coup-là c'était un lavabo et il a... Gagné... » Le dernier mot j'ai du mal à le prononcer parce que voilà que Leo s'intéresse à la dite cicatrice et ce se sont ses doigts qui viennent la frôler. Ce qui fait hurler la voix intérieure que j'ai de plus en plus de mal à remettre à sa place. J'observe Leo un instant puis baisse le visage en fermant les yeux.

Je souffle longuement.

« Mauvaise idée... » je dis dans un murmure quasi inaudible, quoi qu'il soit sans doute assez près pour m'entendre vu notre proximité.

Bien sûr que c'est une mauvaise idée. Bien sûr que de laisser la voix intérieure gagner c'est me soulager moi mais risquer de lui faire du mal à lui. Bien sûr sauf que... Plus les secondes passent, plus j'ai du mal à gagner ce combat contre cette foutue voix intérieure. Et puis c'est idiot, très idiot, mais je bouge à peine la main. A peine... Sauf qu'en la bougeant, même à peine, mon pouce touche le coude de Leo et cela suffit à me faire perdre la bataille. Elle gagne la voix, elle gagne. La paume de ma main vient épouser le coude de Leo et finalement, mes doigts pressent doucement son bras alors que je relève mon regard vers lui. Nos visages sont extrêmement proches, bien trop proches pour que je puisse être capable de reprendre le dessus et remporter ce combat que j'ai en fait perdu à l'instant où il a décidé de me ramener jusqu'à ma chambre d'hôtel. Je plante mon regard dans le sien et ça s'éveille une fois encore. Lui, il l'éveille encore, cette chose en moi. C'est une très mauvaise idée oui et peut-être qu'il pense la même chose alors...

« Tu es sûr de vouloir rester avec moi cette nuit ? » je lui demande dans un murmure, mon front presque collé au sien maintenant.

Parce qu'il n'y aura pas de retour en arrière possible, ni pour lui, ni pour moi s'il décide de rester. Parce que non, je ne pourrai pas me contenter d'essayer de dormir alors que j'ai envie de tout autre chose. A moins que tout cela ne soit dans ma tête, qu'il ait éveillé ce désir ne le ressentant pas lui-même, que je me sois trompé en ayant cette impression de voir chez lui autre chose que de la simple sympathie ou générosité à mon égard.

Peut-être que j'ai encore tout faux et finalement, ce serait mieux pour lui que j'aie tout faux.



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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo] Jeu 27 Juil - 16:30



seconds from my heart, a bullet from the dark
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« Au moins, je n'aurai pas besoin de points de suture pour celle-ci. » Un sourire sincère, quelque chose qui vient illuminer un peu plus son visage, quelque chose qui vient vaincre tous les tourments, tous ces songes qui vont et heurtent. Toutes ces pensées qui lui rappellent ô combien les nuits ont été longues et la solitude tenace. En s'occupant de Daniel, il croit revivre, légèrement, plus que d'ordinaire en tout cas. Il croit apercevoir cette lueur disparue, ce sentiment de bien-être trop longtemps oublié et ça joue, sûrement beaucoup trop, sur la manière dont il agit, réagir en vérité. Aussi, il laisse ce sourire s'installer, prendre de l'ampleur, il laisse Daniel prendre les rennes de cette conversation et guider l'auxiliaire là où bon lui semble, dans l'histoire de son choix. Parce qu'il est à l'écoute, parce qu'il a promit qu'il essaierait de l'aider et si parler lui permet de se libérer de certains poids, Leo deviendra cette oreille attentive qu'il sait déjà être en temps normal. Plus qu'il ne l'a jamais été auparavant, malgré lui pour bien des fois, inconsciemment pour certaines autres. « Regarde... » Le regard qui se lève, qui vient se perdre. Il attend davantage d'explication, laissant l'homme tourner la tête afin de lui faire découvrir ce qui lui avait en partie échappé. Il n'a pas fait attention, peu enclin à s'arrêter sur des détails qui pourraient gêner parce qu'il sait que l'insistance n'a jamais été agréable. Pourtant, ici, il en use. Il vient oser parce qu'il y est invité. « Ma tête a tendance à rencontrer trop souvent des surfaces dures. Ce coup-là c'était un lavabo et il a... Gagné... » Il écoute mais contemple, légèrement intrigué tout de même, se payant l'audace d'y faire frôler ses doigts. Leo se fait proche, sûrement trop proches parce qu'il voit Daniel baisser la tête, parce qu'il voit sa respiration se faire bien différente et lui qui aurait pu s'en amuser dans d'autres circonstances prend ce changement avec sérieux, l'homme qui lui fait face s'avérant désormais loin d'un simple coup qu'il aurait voulu avoir. Très loin de par son histoire, sa noirceur, de par ce qui le hante et qu'il ne divulgue pas. Il est quelque chose, en lui, qui sommeille et le ronge avec autant de brutalité qu'il pourrait être en mesure de donner pour pouvoir combattre, rien qu'un temps, à ses côtés. C'est ce pourquoi, ce soir, rien ne vient l'amuser, rien ne vient se faire pressant. Il veut voir le temps se défaire, se perdre, se briser en un millier de fractions éparpillées de secondes évadées tandis que le brun murmure, paroles éparpillées dans un espace qu'ils n'ont pas encore apprivoisé. Il aurait voulu lui dire que ce n'est rien, que ça ne change rien. Leo aurait voulu parler, rassurer. Leo aurait voulu pouvoir s'animer, plus qu'il n'avait pu l'être jusqu'alors, prendre sur lui, taire un besoin qui grogne au vu de sa misérable petite vie. Mais rien, rien ne vient si ce n'est la main de Daniel, celle qui rejoint son bras, sa peau, ce qui frissonne sous un contact plus doux que ceux jusqu'alors essuyés. « Tu es sûr de vouloir rester avec moi cette nuit ? »

Il aurait pu en froncer les sourcils, il aurait pu reculer, demander, cherchant à comprendre pourquoi il s'impose autant cette solitude, celle qui guette la sortie du blond, celle qui attend tapie dans l'ombre d'une chambre dont les murs suintent de murmures. Il aurait voulu comprendre mais, finalement, peu apte à pleinement réfléchir, pleinement se raisonner. Daniel ne lui permet pas ce luxe, pas alors qu'il essaie de lui faire comprendre toute autre chose, un message qui paraît plus clair que tout autre aux yeux de Leo qui se laisse bercer par ce qu'il croit voir, ce qu'il croit comprendre de cette proximité créée. Raison pour laquelle il se défait des questions, des doutes, du bon-sens. Raison pour laquelle il ose, assuré ; sûrement même un peu trop, probablement trompé par un jugement qu'il croit complètement fondé. Leo n'a jamais su prendre de recul, davantage la nuit, lorsque l'univers et les mœurs qu'il contient sont endormis. Peut-être aurait-il dû partir, peut-être aurait-il dû faire demi-tour, revenir sur ses pas, tenter de retrouver ses amis, ceux qui s'étaient alliés à son chemin pour une nuit avant qu'il ne disparaisse, avant qu'il ne s'évanouisse dans les ombres d'un crépuscule déjà bien avancé, le manteau de la nuit déjà bien installé. Mais le contact se rompt et condamne le blond. Leo tombe de sa falaise de sûreté, baigné d'un peu d'incertitude. Il se berce de nouveauté, de cruauté, le cœur serré, les poumons essoufflés. Il se fait traître à un autre homme, traître à celui qui l'a pourtant déjà oublié. Traître parce qu'il a besoin de ce qu'il vient cueillir, parce qu'il en ressent un besoin des plus vivaces, des plus tenaces. Nécessité qui heurte et prend, rongeant chaque parcelle de raison qui rôdait encore tristement dans les couloirs d'un esprit finalement fatiguant. Se perdre, rien n'a jamais été aussi surprenant que cela et il s'y abandonne, les bras ouverts, la chute facile. Leo vient l'embrasser, avec autant de passion qu'il est en mesure de donner, autant de douceur qu'il n'a jamais été capable de déverser. Il veut lui insuffler tout ce qui le hante, tout ce qui le prend, tout ce qui dirige ses gestes tandis qu'il laisse sa main traînée, ici et là, davantage contre ses bras. L'attirer, s'y perdre, donner davantage de souffle à ce baiser plutôt qu'à cette vie qu'il sent se briser, parfois, quand ses spectres n'ont de cesse de danser. Mais il s'en défait, un court instant, rien que le temps d'un souffle, d'une prise de conscience. Il n'a que trop abusé, que trop zélé. Leo se recule, légèrement, n'osant ouvrir les yeux que lorsque la respiration de Daniel vient se perdre contre ses lèvres, une énième fois. Il soupire, pinçant les lèvres, essayant de trouver des mots qui pourraient excuser son audace mais en vain parce qu'il ne parviendra pas à s'en excuser, pas après l'avoir autant cherché depuis ce début de soirée. Aussi il s'en abstient, revenant seulement à la charge, gagnant une assurance qui lui sera peut-être néfaste parce qu'il ose, les mains venant se perdre sous un haut qu'il n'aurait dû braver qu'en y étant invité ; ce qui n'est pas, pas encore. Alors il tente de se maîtriser, de garder ce minimum de constance qui lui échapperait si aisément s'il pouvait s'y laisser. Un nouvel arrêt, une nouvelle pause. Leo souffle, Leo respire, Leo s'essaie aux responsabilités, bêtement puisque déstabilisé. « Tu aimerais que je ne veuille pas rester avec toi cette nuit ? » Demande-t-il aussi stupidement que cette question avait pu être posée plus tôt, ici complètement ridicule au vu de ce qu'il a instauré, imposé. Parce qu'il s'est introduit dans son monde, parce qu'il s'est risqué à un avis, à quelques pas de plus que ceux déjà entrepris un peu plus tôt dans la nuit. « Parce qu'il vaudrait mieux que je le sache maintenant si c'est le cas... » Souffle-t-il à nouveau, essayant de s'assurer de ses volontés, des désirs qu'il partage peut-être avec celui qui lui fait face. Il y croit en tout, Leo s'en imprègne assez pour refuser de s'en séparer, presque tremblant d'impatience, l'homme au cœur lourd redécouvrait une certaine légèreté.   

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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo] Dim 30 Juil - 21:02

Seconds from my heart, a bullet from the dark.


Si la question est directe, ce qu'elle sous-entend l'est beaucoup moins. Même si mes gestes sont là, ils ne sont cependant pas extrêmement explicites. Cela reste en retenue, timide, hésitant. Cette hésitation est là car je ne suis pas certain qu'il soit lui, certain. Je ne suis pas certain qu'il a conscience de ce que je veux, de ce que je désire, et bien que ce soit lui qui l'ait éveillé, cela ne veut pas dire qu'il désire la même chose. J'ai bien cru voir quelques signaux mais je suis peut-être trop « rouillé » pour vraiment les voir. Peut-être... Peut-être pas... Je suis là, mes mains posées sur ses bras, mon visage près du sien, mon regard planté dans son regard à lui et je cherche la réponse à ma question : oui ou non ? Est-ce qu'il veut vraiment rester ou mettre fin à tout ça ? Et « tout ça », qu'est-ce que c'est exactement ? Des choses exquises, à n'en pas douter, mais des choses qui pourraient faire du mal car après cette nuit, que se passera-t-il ? Et s'il veut plus qu'une nuit ? Et s'il veut plus que ce que moi je veux ? Tous ces doutes, tous ces questionnements s'évaporent en l'espace d'une seconde à peine quand le visage de Leo se rapproche pour qu'il scelle finalement ses lèvres aux miennes. Mes doigts se pressent contre ses bras, ma peau s'électrise à son contact à lui, alors que c'est mon corps entier, bien qu'encore engourdi par l'alcool, qui ressent toute la passion qu'il offre à ce baiser, une passion à laquelle je m'abandonne bien volontiers sans plus penser à rien d'autre qu'aux sensations puissantes et savoureuses que cela me procure, sans plus penser à rien d'autre qu'à lui. Oublié tout le reste, oubliée la douleur, effacée, écrasée par le bien-être et par le désir. Coeur qui s'emballe, respiration qui s'accélère, doigts qui serrent un peu plus et qui finalement remonte sur les épaules de Leo alors que nos lèvres ne se quittent que le temps de nous laisser reprendre une respiration qu'il me semble, à moi, difficile d'aller chercher, alors que je sens ses doigts à lui courir ça et là. Et puis, la fin du baiser. La fin de cette pause dans cette bulle plus que parfaite. Quelques secondes durant lesquelles je reste proche de lui et tout revient.

Et tout fait un putain de mal de chien...

Puis, un geste. Ses mains à lui qui se glissent sous mon t-shirt, effleurent ma peau, soulage un peu la douleur qui fait rage à l'intérieur. Qu'il continue. Qu'il continue surtout mais il s'arrête. Les mains se figent là où elles sont et je le regarde en fronçant légèrement les sourcils. Est-ce que j'ai fait quelque chose là tout de suite ? Est-ce qu'il a vu quelque chose dans mes yeux qui le font douter ? La question tombe et avec elle la culpabilité qui me ronge déjà d'avoir été trop loin et de vouloir aller trop loin. « Tu aimerais que je ne veuilles pas rester avec toi cette nuit ? » qu'il me demande et je ne saisis pas car il a été clair depuis le début de cette soirée aussi dingue qu'a pu l'être mon existence ces derniers temps : il a dit qu'il ne voulait pas me laisser. Et maintenant il me demande si je voudrais qu'il ne le veuille pas ? Nouveau froncement de sourcils de ma part puis il poursuit. « Parce qu'il vaudrait mieux que je le sache maintenant si c'est le cas... » qu'il ajoute finalement dans un souffle et moi de presque courber l'échine sous le poids de cette foutue culpabilité. J'ai envie de lui dire que non mais il faudrait que je lui dise qu'il devrait ne pas vouloir rester. J'ai envie de lui dire que je veux qu'il reste mais qu'il ne devrait pas rester parce que ce qu'il va se passer, j'ai beau en avoir terriblement envie, l'inconnu qui suivra cette nuit me fait une peur bleue et ça devrait lui faire peur à lui aussi. Une nuit ? Plus ? Un coup d'un soir ? Autre chose de plus sincère ? J'étais fiancé il y a deux jours et je me pose déjà toutes ces questions. Est-ce que je l'aimais vraiment pour être capable de vouloir me perdre déjà dans ses bras à lui ? Qu'est-ce que cette attitude veut dire sur celui que je suis ? Je me crispe, me tends. J'hésite.

« En vérité... » je termine par souffler tout bas, mon visage toujours très proche du sien. « J'aimerais ne pas vouloir que tu restes. Pour toi. A cause de moi. » Des mots décousus, des explications nécessaires. J'esquisse un petit sourire alors que ma main vient se perdre sur sa joue. Bon sang... « T'es... Une étoile. Tu brilles... C'est en toi, je ne sais pas comment l'expliquer mais tu as ce truc... » Il a tellement ce truc que je m'y perds, je me noie dans son regard, je le bouffe des yeux. Littéralement. Et je me souviens de pourquoi j'ai décidé de parler de ce qu'il est : mon sourire se fane. « Moi je suis un trou noir... J'aspire la lumière et je ne voudrais pas aspirer la tienne... » C'est là, j'ai mis le doigt dessus : le faire rester à mes côtés cette nuit c'est prendre le risque de l'entraîner dans cette chute dans un puits sans fond. Pourtant... C'est plus fort que moi. Je ne sais pas vraiment quand je perds le combat qui fait rage, je ne sais pas vraiment quand les questions sur ce qu'il se passera après ne me semblent plus si importantes que ça. Peut-être est-ce simplement son regard qui me fait renoncer à vouloir être quelqu'un de bien. Peut-être est-ce simplement ça. Je soupire et mon regard se teinte de cette supplique pour le moment silencieuse. « Mais je ne veux pas que tu t'en ailles. Je veux que tu aies envie de rester. » Je pose mon front contre le sien, ma main reste posée sur sa joue. « Je veux que tu restes. » La supplique prend forme et dans les mots et dans mes gestes. « Reste. » que je termine presque par lui intimer. A moi de rompre la distance qui séparent nos lèvres, à moi de l'embrasser, de raviver ce qu'il a éveillé. « Reste... » je souffle alors mes lèvres glissent sur sa mâchoire. « Reste... » je répète pour la troisième fois tandis que ma bouche trouve le chemin de son cou et que ma main vient se plaquer contre sa nuque pour le garder contre moi. J'ai répété tant de fois ce soir qu'il aurait dû partir et maintenant, je le supplie de faire le contraire et s'il a refusé de partir, il accepte de rester. Je sais qu'il accepte quand je sens ses mains se mouvoir sous mon t-shirt pour glisser dans mon dos et me plaquer contre lui. C'est son geste à lui qui termine de me faire perdre totalement et définitivement le combat et de me laisser aller à ce que je ressens, à ce que je désire.

Lui.
Rien que lui.

Et encore le cœur qui s'accélère, et encore la respiration qui se fait difficile mais mes gestes eux, ne le sont pas. C'est l'alcool encore présent dans mon organisme qui rend ceci dit mes gestes moins ordonnés qu'ils le seraient si j'étais sobre. Je parviens cependant, après m'être légèrement reculé, à trouver les boutons de sa chemise pour les défaire et la lui retirer. Mes bras se soulèvement, aussi naturellement que mes doigts ont trouvé les boutons de sa chemise, quand je sens ses mains tirer sur mon t-shirt qu'il retire. Une pause. Un moment. Mon regard se perd sur son torse, ma main s'y glisse avec délicatesse, retrace les formes de ses muscles et je me penche vers lui, dépose des baisers sur sa clavicule, sur son torse alors que mes mains viennent se perdre dans son dos très au sud de sa taille. Je n'ai besoin de le pousser qu'à peine en arrière pour qu'il se laisse aller sur le lit et mes lèvres retrouvent les siennes. Et ça brûle... A l'intérieur, à l'extérieur, ça brûle mais de cette brûlure qu'on aime, de cette brûlure dont on devient vite fou et dépendant. Les mains entre nos corps, des corps qui se touchent et s'épousent. Plus de vingt ans... Plus de vingt ans que je n'aie pas touché un homme de cette façon et pourtant, les gestes sembles simples, naturels, évidents. Des gestes qui éveillent les sens et qui effacent tout le reste. Nos bouchent se séparent, mes yeux se perdent dans les siens.  Ma main libre vient caresser brièvement son front puis ses cheveux avant que mon visage ne retourne se perdre dans le creux de son cou. La brûlure se fait vive, violente, trop violente pour que je ne sois capable de refréner le moindre de mes gestes. Ma main droite s'égare entre nous, glisse sur le tissu de son pantalon, va attiser le désir déjà éveillé. Guère de douceur dans mes gestes, une certaine urgence par contre. Peut-être par peur, au fond, que tout ça ne se termine avant d'avoir commencé. Ou peut-être par peur qu'il ne soit que le fruit de mon imagination, qu'il ne soit que le produit d'un esprit abîmé et qui cherche à oublier la douleur. Et, si je parviens à faire abstraction de tout le reste, s'il ne subsiste plus que lui, que ce que je veux de lui, de nous ce soir, mon subconscient ne cesse de crier ces quelques mots « Soit réel... Ne soit pas un mirage... Fais quelque chose pour me montrer que tu es réel... » Je ne veux pas qu'il ne soit qu'un rêve.

Je veux de cette réalité.



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Dernière édition par Daniel Mills le Jeu 31 Aoû - 17:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo] Jeu 31 Aoû - 17:44



seconds from my heart, a bullet from the dark
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Il sait qu'il aurait dû se taire, il sait qu'il aurait dû profiter de cet instant plutôt que de le suspendre, là, dans un instant volé qui ne semble plus se terminer. Aussi, il essaie de ne pas se fier au regard inquiet du brun qu'il venait d'embrasser, celui contre qui il s’élançait. Leo veut faire au mieux, il veut apaiser les tourments, les tornades qu'il croit percevoir dans son regard. Il doit le faire, pour lui, par besoin de rendre le monde un peu plus meilleur et par envie, aussi, il en a franchement envie. Car, ici, cet homme-là diffère de ce qu'il a connu, plus proche qu'il ne l'a jamais été. Il lui rappelle sa honte, sa tristesse, toute cette perte totale de contrôle sur sa propre vie qu'il semble rattraper ce soir et il lui a promit, il lui a promit de s'occuper de lui ; au moins ce soir, qui sait pour la suite. Et les mots qu'il entend, ce que Daniel ose dire vient lui percuter l'esprit, lui rappeler ce pourquoi il s'est risqué jusqu'ici, jusqu'entre ces murs, jusque contre ses lèvres. « T'es... Une étoile. Tu brilles... C'est en toi, je ne sais pas comment l'expliquer mais tu as ce truc... » Un sourire, un soupire quand celui de l'autre homme s'évanouit. Il aurait voulu en entendre davantage, le voir expier de la beauté plutôt que du regret ; car ça semble être ça, dans ses prunelles, une once de regret qui vient ternir la lueur qu'il a cru percevoir à peine quelques secondes auparavant. « Moi je suis un trou noir... J'aspire la lumière et je ne voudrais pas aspirer la tienne... » Des mots auxquels Leo termine par baisser la tête, s'essayant à ne pas réenclencher le débat, ne pas rendre les choses plus difficiles qu'elles n'ont pu l'être jusqu'à ce qu'il ne cède, jusqu'à ce qu'ils ne cèdent, tous deux, un peu essoufflé, pris de court par ce qu'ils découvrent de l'autre, les mains du blond toujours apposées sur un torse qu'il veut davantage goûter. « Mais je ne veux pas que tu t'en ailles. Je veux que tu aies envie de rester. » Un frisson en sentant la main du brun rester contre sa joue, cherchant plus de contact, son front contre le sien. Il se perd dans son souffle, aussi alcoolisé soit-il, il s'y perd avec enthousiasme, avec envie, s'enivrant de sa voix. « Je veux que tu restes. » Il veut rester aussi, il n'aspire plus qu'à ça, au fur et à mesure que les secondes ne s'écoulent ; pourtant si loin d'eux. « Reste. » Et un nouveau baiser, une presque douceur qu'il souhaite consumer. « Reste... » Encore, là, le long de sa mâchoire, de cette trachée qui s'enflamme de la meilleure des manières. « Reste... » Et l'emprise se raffermit, plus décidée, plus convaincante. Il reste. Leo ne peut faire que cela ; rester, s'extasier de baisers qui viennent pleuvoir contre son torse enfin dénudé.

Et il l'imite, par la suite. Leo fait de même, ne luttant pas plus que ça pour lui retirer ce qu'il portait, ce qu'il laisse tomber au sol en un moment assez bref. S'en suit une légère pause, une contemplation volée sur ce présent apprécié. L'azur clair de ses prunelles vient s'affamer sur les formes qu'il distingue, sentant Daniel faire de même mais avec bien plus d'enclin. Car sa main s'abandonne, là, contre lui. Lui qui laisse faire et patiente, souriant davantage au fur et à mesure que s'estompe la retenue qui pensait s'installer. Non, ils ne semblent pas si inconnus, plus maintenant. Car les lèvres du brun reviennent le prendre d'assaut, jonchant sa clavicule pour se perdre finalement sur ce qu'il a défait de sa chemise, précipitation qu'il termine d'un bref geste à son encontre, l’entraînant sur le lit dans lequel Leo se laisse aller avec volonté. Il en oublie ses tourments, l'orage qui grondait en lui avant que cette rencontre ne se fasse. Elle l'apaise plus qu'il ne l'aurait imaginé, plus qu'il ne l'aurait voulu. Leo en oublie la manière dont les choses se sont terminées, dernièrement, ce manque de nouvelles évidentes de la part d'un homme qu'il aurait voulu ne jamais bafoué ; et pourquoi, pour lui permettre de le faire le plus tranquillement du monde. Non, il oublie toute cette noirceur, ces maux qui s'étaient fait trop insistants, peut-être beaucoup trop pour qu'il parvienne à résister à cela, à cette perdition que cause Daniel en revenant contre son cou, perdant ses mains là où elles parviennent à trouver refuge. Ça jusqu'à lui arracher un soupire, quelque chose qui échappe à ses lèvres quand la dernière ligne se franchit, quand il sent le désir de son nouveau partenaire se faire aussi pressé que le sien. Leo s'en cambre, légèrement, assez pour se défaire de cette retenue qu'il aurait pu avoir, cette dernière étincelle sur laquelle il choisit de souffler, bien décidé.

Parce qu'il s'anime autant de lui, parce qu'il choisit de se perdre dans les mouvements qu'ils entreprennent. Leo laisse ses envies se deviner, cherchant à davantage user du contact que Daniel accentue, perdant Sanders dans une contemplation de sa personne, lui faisant lâcher prise. Totalement. Parce qu'il se redresse, au mieux, parce qu'il ose perdre le bout de ses doigts jusqu'au pantalon du brun, jusqu'à cette dernière barrière de tissu à laquelle il souhaite mettre un terme, passant outre ; peut-être un peu trop rapidement mais qu'importe. Plus rien n'a réellement d'importance, plus rien si ce n'est sa présence, ce qu'il vient insuffler lui qui disait pouvoir le défaire de sa lumière. Il ne fait que l'imprégner, chaque seconde un peu plus. La flamme de son for intérieur s'accentue, retrouve de sa superbe. Terminées les ténèbres, terminé l'ouragan qui s'était repu de la moindre joie ressentie. Il choisit son regard, il choisit sa personne, les caresse de sa main qu'il contemple, sur laquelle il se perd, celle qui vient le faire frissonner plus qu'il ne l'aurait fallu ; fétichiste, avouons-le, davantage sur celle de cet homme qu'il découvre davantage. C'est ce qui le fait soupirer, de plaisir, d'envie. C'est ce qui l'amène à le défaire de tout ce qu'il portait, tout ce qui l'habillait également, tout ce qui aurait pu faire barrage à la manière dont il revient se coller à lui avant autant d'enclin dont il peut être capable d'user. Parce qu'il a besoin de le sentir contre lui, parce qu'il veut s'offrir à cette bulle qu'ils viennent fonder, tous deux, de soupirs et de supplications, toutes plus silencieuses mais si audibles, paradoxe insoutenable pour deux âmes intenables. Et il se fait avide, avide de partager ce qu'il était venu quérir, lors de son avancé dans ce bar, lorsqu'il avait posé les yeux sur lui, sur ces traits fatigués, sur cette ombre qui recèle bien plus qu'elle ne tente de lui faire entendre depuis le début de la soirée. Leo s'en persuade, avec conviction, assez pour – enfin – se perdre tout contre lui, ressentant pleinement la chaleur de son corps ; et pas que(ue). « Bordel, t'en cache plus que tu n'en montres. » Souffle-t-il dans son cou, un large sourire accroché à ses lèvres tandis qu'il s'enivre du peu de parfum qu'il semble rester après cette soirée d'abandon. Il s'y perd, car qu'importe l'instant, les raisons, les conséquences, tout ce qui pourrait advenir désormais : Leo n'a envie que d'être ici, avec lui. Il se fait perdition, échappatoire à l'enfer qu'il se doit de vivre depuis peu, la descente aux profondeurs sales et humides qu'Aiden lui fait subir, ce chagrin qui revient au fur et à mesure qu'il perd Abraham, rappel incessant de celle qu'il a déjà perdu malgré lui. Là, cette nouvelle bouffée d'air parvient à le transcender, complètement. Drogue plus dure que la musique, que l'écrit, que la composition d'un art dont il aime à user pour s'évader. Les lèvres du brun et ce qu'il sent contre son bas-ventre lui sont d'autant plus efficaces ; ça même contrairement aux aventures qu'il avait pu avoir. Tout diffère. Tout, bien qu'il soit incapable d'en comprendre la raison. « T'arrêtes pas. » C'est tout ce qu'il parvient à souffler, tout ce qu'il parvient à lui faire entendre avant que le point de non-retour ne soit franchi, définitivement.   

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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo] Jeu 31 Aoû - 19:48

Seconds from my heart, a bullet from the dark.


La voix, cette fourbe, cette chienne, n'a de cesse de me répéter que je rêve éveillé. Que rien de tout ceci n'est en train de se produire. Qu'il n'est pas réel. Que je suis seul comme jamais et pas dans les bras de cet homme-là. De cette lumière qu'on a bien voulu m'envoyer alors que j'étais au cœur des abysses. Elle me terrifie cette voix mais il suffit d'un geste de Leo, d'un seul geste de sa part pour qu'elle se taise enfin et de façon définitive. Cette façon qu'il a de se cambrer, cette façon qu'il a de se coller davantage à moi, de nous rapprocher encore me suffit. Cela me suffit pour y croire et me laisser totalement aller sans plus le moindre doute, sans plus la moindre peur. Lui. Moi. Nous. Plus rien d'autre autour. Chaque pression de ses doigts contre ma peau m'électrise. Chaque baiser me fait vibrer. Chaque soupir me fait frémir. Les secondes passent et je m'enivre non plus d'alcool mais de désir et l'effet est bien plus puissant que le moindre verre de whisky. Mes lèvres retrouvent les siennes dont je m'empare avec frénésie. Mon corps se lève, s'abaisse, se colle contre le sien. L'urgence est là... Non, pas de l'urgence : de la passion aussi pure et violente qu'elle puisse l'être. Le désir d'en vouloir plus, de le vouloir lui, tout entier. Lui qui s'anime soudain, dont les gestes se précipitent autant que les miens, dont les mains se saisissent du rempart qui sépare mon corps du sien pour le retirer, et mes mains, à moi, qui cessent leurs caresses l'espace d'un instant pour l'aider à accomplir son œuvre. Le tissu s'écrase au sol et mon corps nu ne demande qu'à s'écraser contre le sien, qu'à se perdre dans ses abysses, à lui. Je veux qu'il m'y entraîne, qu'il m'y enferme, et qu'il m'y possède. Qu'il me possède. Le regard sur moi, sur ma main, un sourire se dessine sur mes lèvres alors que mes prunelles le dévore, alors que la flamme s'intensifie quand je le vois regarder ma main de cette façon, s'y attarder avec envie. Plus une flamme mais un incendie quand Leo s'active pour se débarrasser lui aussi des derniers vêtements qui ne sont ni plus ni moins qu'un obstacle particulièrement gênant. Il s'en défait et referme son emprise autour de moi, colle son corps le mien.

Peau contre peau.
Corps contre corps.
Coeur contre cœur.

Mon cœur qui bat vite, plus vite, toujours plus vite. Mes sens son éveillés malgré l'alcool ingurgité, et je revis. Dans ses bras, je me sens plus vivant que jamais. Je cesse d'être ce cadavre ambulant que j'étais il y a encore quelques heures. Je cesse d'être cet homme meurtri par les horreurs, certaines subies d'autres accomplies. Je cesse d'être cette boule de souffrance et de douleur. Je ne suis plus rien que le désir qu'il éveille, la passion qu'il fait naître. Je ne suis plus rien que celui qui veut se perdre en lui. J'embrasse ses lèvres, sa mâchoire, son cou, son torse, j'embrasse chaque partie de son corps qu'il m'est donnée d'embrasser, de couvrir de baisers. Les corps se frottent encore, sa montagne de désir contre ma montagne de désir et ses mots qui m'arrachent un sourire alors qu'il les souffle dans mon cou. Mes doigts se font plus avides, plus pressés, attisent le brasier de son bas-ventre, et mon corps entier se crispe quand ses propres doigts semblent devenir le reflet des miens. Mon souffle se coupe, ma respiration se saccade quand je sens ses gestes qui sont aussi puissants que le vent qui souffle sur des braises encore chaudes et assez vivantes pour rallumer l'incendie. Mon visage retourne se perdre dans son cou, mes lèvres embrassent et mordillent, ma main libre s'accroche à sa taille, presse la peau avec force et quand au milieu des soupirs je l'entends m'ordonner de ne pas arrêter je me redresse juste assez pour pouvoir plonger mon regard brûlant dans le sien. Et, là, entre deux soupirs, entre deux respirations particulièrement difficiles, un mot. Un seul.

« Jamais. »

Promesse en l'air générée par l'alcool ? Mot qui scelle un rapprochement qui nous entraînera plus loin qu'on ne peut l'imaginer ? Il est dit en tout cas. Non, je ne vais pas m'arrêter. Non. Ma bouche retrouve la sienne, avec ardeur, violence même dans ce baiser et dans tous ceux qui suivent. Le silence nous entoure de nouveau, ponctués simplement par des soupirs, les siens, les miens, les nôtres. L'incendie devient brasier, devient fournaise et quand nous pourrions prendre du temps, je ne peux pas ralentir. Je ne peux plus. Plus maintenant que je suis dans cette spirale infernale et pourtant absolument divine. Alors ma main qui jusque là était entre nous, qui ne cessait d'attiser son désir encore, et encore, cesse et s'égare. Elle s'égare vers sa cuisse que je soulève avec une certaine délicatesse malgré l'ardeur qui m'habite. Les gestes ralentissent, se précisent, ses mains viennent entourer ma taille, mes doigts se referment davantage sur sa cuisse et je relève mon visage pour planter mon regard dans le sien. Un geste. Un seul. Lent lui aussi. Doux. Tendre. Et nous ne sommes plus qu'un. Le temps se suspend pendant cette seconde où je me perds dans ses yeux. Tout le reste s'est évaporé. Il n'existait déjà plus que nous mais là c'est différent, plus fort, plus puissant, plus enivrant. Un baiser. Bref celui-ci avant que la danse ne commence. Et je mène ce duo, yeux ancrés dans ceux de Leo alors que chaque mouvement fait un peu plus s'embraser mon corps tandis que mon cœur s'emballe, que l'oxygène me fait défaut au point d'en avoir le vertige mais ce vertige est trop grisant pour que je veuille m'en débarrasser. Les mains de Leo glissent sur mes joues, sa bouche vient capturer la mienne et je mets la danse en pause, le temps de savourer son baiser, le temps de m'enivrer encore un peu plus de ses lèvres, de son goût, de lui. Elle cesse le temps que les corps bougent, le temps que mes mains lui montrent le chemin, le temps que son corps ne se retourne. Elle cesse le temps que mes doigts effleurent son dos. Juste ça.

Puis la danse reprend.

Mes mains se referment sur ses épaules puis je me penche parce que je veux le sentir près, tout près, je ne veux pas m'éloigner de lui. Mon torse épouse son dos, mes mains cherchent les siennes pour y entrelacer nos doigts et le rythme de la danse s'accélère en même temps que mon rythme cardiaque s'accélère. Je glisse mon visage dans le creux de son cou où mes soupirs se perdent.

Et moi, je me perds totalement en lui. Je laisse le feu me consumer.
Son feu me consumer.



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MessageSujet: Re: || -18 || (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo] Mar 5 Sep - 18:49



seconds from my heart, a bullet from the dark
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Il en oublie le ridicule de cette soirée, l'appréhension ressentie lorsqu'il se risquait à monter les marches de cet escalier. Il en oublie l'once de pudeur qui s'était retranchée dans les recoins sombres de son esprit, persuadée qu'elle pourrait faire valoir ne serait-ce que l'ombre d'un avis. En vain. Parce qu'il cède, parce qu'il choisit de se perdre dans les souffles du brun, dans son regard, dans tout ce qu'il vient lui insuffler plutôt que de lui voler. Il n'est pas ce néant, il n'est pas cette obscurité, Leo n'arrive pas à le voir ainsi, pas maintenant, pas ici. Pas alors que ses mains se perdent contre lui, avide d'un peu plus encore que ces faibles ressentis. Leo en veut plus, plus encore. Et il lui fait entendre, il lui laisse aisément deviner ses désirs, tout ce qui vient gronder sous cette cage thoracique déjà malmenée par un cœur affolé. Alors il soupire, de satisfaction, de plaisir, il soupire cet élan de vie retrouvée, cette énergie récupérée. Il vient lui rappeler qu'il survit, malgré tout, malgré lui, malgré ses fantômes aussi. Leo en oublie leur présence, leur absence. Leo en oublie ses tourments et ses songes toujours plus violents. Plus rien ne subsiste si ce n'est lui, lui et l'emprise qu'il referme sur lui, sur sa maigre personne qui se laisse prendre au piège, sourire aux lèvres. Et son murmure qui se perd entre les murs qu'ils animent, tous deux ; ces syllabes qui viennent heurter celui qui le surplombe tout entier avant qu'il ne vienne y répondre volontiers. « Jamais. » De nouveaux ses baisers, ses caresses, tout ce qui lui rappelle qu'il pourrait très bien être en train de rêver, peut-être trop éméché ; plus qu'il n'y paraît, plus qu'il n'ose le penser. C'est une éventualité qui tente de s'offrir le luxe d'un passage au-travers une quelconque faille, là, dissimulée sous ses ardeurs, sous cette chaleur qui vient raviver les battements de son cœur. Mais rien, rien ne vient entraver les sens que Daniel éveille, ceux que Leo laisse gagner en lui quand les choses en viennent à se faire plus précises, plus délicates, plus délicieuses qu'elles n'auraient pu l'être. Le blond se laisse guider, suivant les pas d'une danse que mène cet homme tout juste rencontré, finalement. Cet inconnu dont la proximité lui rappelle ô combien il fut seul. Trop seul. Alors il s'y accroche, savourant son contact, sa présence, réclamant plus que cette unité à peine consumée qu'il continue de guider. Parce qu'il décide et Leo ne fait que suivre, de son souffle de plus en plus ivre. Et il ne faudra que quelques instants pour que son souhait ne soit exaucé, Daniel venant rapidement le retrouver ; son torse contre son dos, ses mains qui cherchent les siennes pour ne pas avoir à quitter ne serait-ce que d'un centimètre sa peau. Et il s'en berce, Leo, il vient s'enivrer des soupires qu'il sent se briser contre son cou, apaisant bien des maux. Car plus rien n'a d'importance, pas ici, pas maintenant.

Il faudra finalement plusieurs minutes, peut-être une petite heure pour que les battements ne se calment, pour qu'il ne retrouve pleinement sa lucidité et son âme. Leo plane, un court instant, caressant du bout des doigts un torse moins agité qu'autrefois ; lorsque l'alcool imbibait son col, lorsqu'il s'était éperdu à même le sol. Il se perd sur cette silhouette, sur cette impression que bien des choses pourraient changées et ne plus être. « J'aimerai que ça reste pour toujours ainsi. » Et s'il pensait pouvoir s'en contenter, c'était sans compter cette culpabilité retrouvée. Là, dans les tréfonds de sa mémoire subsiste malgré lui l'image d'un autre homme et de son regard. Un pincement au cœur, quelque chose qui viendrait presque le faire lever tandis qu'il lutte, se raisonne ; tandis qu'il se fie aux excuses qu'il se donne. Ce soir, Leo a vécu comme il l'aurait dû, rattrapant bien du temps perdu. Et c'est ce qu'il tente de faire perdurer, retrouvant la vue, rouvrant ses paupières plus ou moins lourdes sur l'homme endormi qu'il toise, qu'il guette, qu'il apprend silencieusement à connaître. Il imprime ses traits, ce calme surprenant malgré la soirée terminée, la tournure des événements précédemment achevés. Il y songe, rejoue ces scènes, cette douceur, ces frissons qui ont parcouru bien plus que son corps. Des images qui permettent à l'océan tumultueux de ses yeux de s'apaiser, de s'endormir, répit mérité pour celui qui n'a encore que veiller. Leo s'éteint, là, contre celui qu'il s'était surpris à suivre et avec enclin, un enclin plus que certain. Aucun regret, aucune once de remord et leurs discussions qui hantent ses rêves pour n'offrir à son subconscient qu'un contraire de tout ce que Daniel aurait voulu lui faire entendre. Leo se persuade de l'inverse, Leo choisit de se faire sa propre idée quant à cet amant improvisé. Amant sur qui il veillera, même au levé d'un soleil encore fatigué. Parce qu'il n'est pas du genre à partir sans un mot, sans un regard, sans la moindre parole à l'écart de celui qui lui a fait se souvenir que le monde n'est pas aussi noir qu'il ne le trouve actuellement, en ce moment, rongé par bien des tourments. Aussi, il a attendu, attendu que ses prunelles ne lui parviennent, attendu que son regard ne vienne croiser le sien pour lui sourire, légèrement le chérir ; par instinct, par bonté aussi, surtout. « Je t'ai laissé mon numéro et je me suis permis de prendre le tien puisque je dois aller travailler. » Laisse-t-il entendre en déposant tout de même un morceau de papier griffonné sur le coin de l'oreiller ; se promettant silencieusement, en attendant des nouvelles, de se faire patient. « Et je sais où tu vis, je saurai gardé un œil sur toi alors... ; une pause et un baiser qui s'ose. Prends soin de toi. » Il n'a toujours été que candeur, cette ombre chaleureuse qu'on lutte à faire disparaître, ce spectre qu'on aime à côtoyer pour voir cette lumière se retrouver. Parce qu'il est une lumière, une lumière qui persiste et qui se rappelle dès que les ténèbres s'épaississent. Et il compte laisser cette marque sur lui, sur cet homme avec qui il vient de partager sa nuit ; ça, aussi longtemps qu'il lui sera permit.   

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