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 (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo]

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MessageSujet: Re: (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo] Sam 24 Juin - 12:31

Seconds from my heart, a bullet from the dark.


Qu'est-ce qu'il pourrait lui arriver de bon s'il reste avec moi ? Absolument rien parce que dans mes bons jours, j'ai du mal à apporter de bonnes choses aux autres et dans mes mauvais jours c'est bien pire et, aujourd'hui, on peut très clairement dire que je suis dans un mauvais jour. Dans un très, très mauvais jour, et cela ne risque pas de s'arranger. Les jours vont se transformer en semaines et les semaines en mois. J'ai beau avoir certaines choses auxquelles m'accrocher, c'est ma vie toute entière qui va être faite de mauvais jours. Certains seront plus supportables que d'autres, mais d'une manière générale... C'est en tout cas de cette façon que je vois actuellement les choses. Là, en cet instant, je n'imagine pas être de nouveau dans un bon jour. Pas avec ce que j'ai fait. Pas avec tout ce qu'il s'est passé. Et lui, qui est si gentil, si généreux, si attentionné, si bon... Sincèrement, mieux vaut qu'il ne s'attarde pas avec moi, ça pourrait lui porter préjudice comme je porte préjudice à beaucoup de personnes, plus particulièrement quand elles sont profondément gentilles. D'où cette proposition, cette porte de sortie que je lui offre. Cette possibilité de ne pas s'éterniser dans le coin et de retourner à sa vie qui doit être bien plus intéressante quand il ne s'occupe pas d'un pauvre déchet dans mon genre. Peut-être est-ce parce que j'ai l'esprit embrumé par l'alcool, peut-être est-ce juste parce que parfois je suis à côté de le plaque et que je ne saisis pas toujours tout, mais je ne comprends pas d'où vient son petit rire et cet air quelque peu attendri qu'il affiche après que je lui aie proposé de me laisser. Et je ne comprends pas non plus sa phrase, son sens ou, plus exactement, comment il peut arriver à la prononcer et à la penser. Comment peut-il estime que sa soirée est plus intéressante maintenant qu'il est avec moi ? Comment peut-il en arriver à cette conclusion ? En quoi être bloqué avec un type qui tient à peine sur ses jambes et qui est au bout du rouleau est plus intéressant que de passer une bonne soirée légère en compagnie de ses amis ? Je suis perdu là. Totalement perdu. Je l'observe en silence, sourcils froncés, alors qu'il semble soudain perdu dans ses pensées. Où est-il là ? A quoi pense-t-il ? Je l'entends son soupir, je les perçois ses traits quelque peu attristés malgré l'alcool qui m'embrouille toujours un peu l'esprit. Dans quels moments de sa vie est-il en train de se noyer ? Je ne le saurai sans doute jamais. Ce que je finis par savoir, par contre, c'est pourquoi il estime que sa soirée est plus intéressante.

Je détourne le regard et fixe mes pieds.

Je l'entends m'expliquer qu'il aurait voulu que quelqu'un soit là pour lui quand il en a eu besoin, quand il a cru tout perdre. Mon cerveau s'arrête sur ces quelques informations, les enregistrant dans un coin parce qu'il est tout à coup limpide qu'il a clairement vécu des choses particulièrement difficiles. Pour tenir ce genre de propos, il ne peut en être autrement. Je suis désolé pour lui, quoi qu'il ait pu vivre, je suis désolé pour lui mais ce qu'il a à dire, je ne veux pas l'entendre, ne peux pas l'entendre même. La pente dont il parle, elle est impossible à remonter pour moi, impossible. Parce que j'ai franchi une limite qu'il ne fallait pas franchir et qu'on n'en revient pas. On n'en revient jamais. Il veut bien faire et c'est tout à son honneur, il veut essayer de me faire voir que rien n'est irrémédiable, que je vais pouvoir aller mieux mais il se trompe. Il se trompe tellement... Je tourne subitement mon visage vers lui quand il me dit qu'il refuse que quelqu'un ne vive les mêmes angoisses qu'il a lui-même pu vivre. L'espace d'une seconde je me demande ce qu'il a vécu, ce qui a été si horrible pour lui, je me demande s'il pourrait réellement comprendre mes angoisses, je me demande s'il a été dépendant, je me demande s'il a tué quelqu'un parce qu'en vérité, si ce n'est pas le cas, s'il n'a pas ce sang sur les mains, il ne peut pas me comprendre, il ne peut même pas imaginer ce que je traverse... Pourrait-il être responsable de la mort de quelqu'un et être comme il est maintenant ? J'ai du mal à le croire. Un fossé nous sépare. Il ne peut pas m'aider. Je suis sur le point de le lui dire quand il se redresse et me tend sa main pour m'aider à me relever tout en m'annonçant que très clairement, il ne me laissera pas seul ce soir. Il semble décidé. Très têtu. Alors j'abandonne un peu. Juste un peu. Juste le temps qu'il me ramène jusqu'à ma chambre d'hôtel. Je glisse ma main dans la sienne pour me relever et use de son aide pour m'approcher du taxi qui vient d'arriver. Je jette un regard en arrière vers le trottoir, mes prunelles cherchant frénétiquement cette petite chose que j'ai abandonnée là plus tôt dans la soirée : est-ce qu'il est encore là ? Est-ce qu'il a déjà disparu ? Je l'aperçois, à côté de détritus laissés sur la voie publique près du trottoir. Demain, il aura sans doute disparu. Mon cœur se serre alors que je suis forcé de détourner le regard du jeton et que je pénètre à l'intérieur du taxi. Je regarde droit devant moi, horrifié par la réalité de la situation qui s'insinue peu à peu dans mon esprit. La voix de Leo me demandant mon adresse me sort brièvement de mes pensées et je souffle rapidement le nom de l'hôtel avant de poser mon front contre la vitre fraîche du taxi.

Puis nous partons.

Et plus la voiture s'avance dans les rues de la ville, plus je me sens mal d'avoir laissé ce que j'ai laissé derrière moi. Plus j'ai l'impression que tout devient de pire en pire. Je voudrais que ça s'arrête, ce que je ressens, la façon dont je le ressens, je voudrais que ça s'arrête. Lorsque nous arrivons à l'hôtel, je peine à sortir du taxi car si mon esprit semble reprendre peu à peu davantage de clarté, mon corps, lui, m'apparaît de plus en plus lourd. La fatigue n'aide pas. Leo m'aide donc à grimper jusqu'à l'étage où se trouve ma chambre et une fois que nous sommes face à ma porte, je sors mes clés puis jette un regard à Leo. Il m'observe et je me demande l'espace d'un instant ce qu'il fait encore là. Certes, il a dit qu'il ne voulait pas me laisser ce soir mais nous sommes arrivés, je suis « chez moi », il n'a plus besoin de rester là. Il semble cependant décidé à ne pas s'en aller et je ne saisis pas. Je ne sais pas pourquoi il s'accroche comme ça. Sans doute pense-t-il qu'il va pouvoir mener à bien sa petite mission de sauvetage de mon âme et de mon esprit. Sans doute pense-t-il qu'il va pouvoir me mettre dans la tête que rien n'est définitif et que je vais finir par m'en sortir. Foutaises. Je tente tant bien que mal de mettre la clé dans la serrure mais mes mains tremblent et cela me met dans un certain état de nerfs qui ne m'aide pas à parvenir à mes fins. Je laisse échapper un juron et c'est finalement Leo qui ouvre et nous fait entrer à l'intérieur. A peine a-t-on passé le pas de la porte qu'il me demande où est la salle d'eau.

« Par là. » je lui dis en désignant d'un bref mouvement du menton la petite salle de bain.

Là encore il m'aide à marcher et, en m'y rendant, mon regard glisse brièvement sur la cadre posé sur ma table de chevet. Je vois leurs visages, le visage de ma fille, le visage de mon fils, et je détourne le regard en laissant brièvement échapper une plainte presque inaudible. Je m'en veux tellement... Pour tout... Je ne peux même plus les regarder. Je ne peux plus. Leo m'entraîne dans la salle de bain et m'aide à m'asseoir par terre sur le vieux carrelage. C'est d'un air absent, mes pensées tournées vers mes enfants et le mauvais père que je suis, que j'observe Leo s'activer dans la salle de bain. C'est toujours d'un air absent et avec un geste quelque peu machinal que je récupère les cachets qu'il me tend. Je les avale sans eau (l'habitude) et sans me poser de questions. Il sait ce qu'il fait à n'en pas douter. Je récupère tout aussi machinalement le gant de toilette humide qu'il me tend.

« Oui. Merci. » je lui réponds quand il me demande s'il peut aller poser mes clés dans l'entrée.

Je le laisse sortir de la salle de bain et me passe le gant humide sur le visage, ce qui me fait du bien. Je ferme les yeux un instant. J'aimerais réussir à me vider la tête, à oublier tout ça, mais je n'y parviens pas et ça me désespère tellement...

« Il y a pire, j'imagine. » dit Leo depuis la chambre.

Je rouvre les yeux et tourne mon visage dans sa direction, pouvant le voir se tenir debout près du lit puisque la porte de la salle de bain est restée ouverte.

« Oui, ça pourrait être pire. » je lui réponds toujours assis par terre. « Je pourrais être en prison. » si on savait ce que j'ai fait. « Ou je pourrais être mort... » si j'étais en prison, parce qu'un flic en prison...

Je laisse échapper un énième soupir, balance le gant dans la baignoire puis prends appui sur le lavabo pour me relever. Je reste appuyé sur le bord du lavabo pour observer mon reflet dans le miroir de l'armoire de la salle de bain. Je me fais peur. Je me fais vraiment peur mais au moins...

« Ça ne saigne plus. » je remarque, dans le fond soulagé de ne pas avoir besoin de points de suture encore une fois. Mais ma tête, cette blessure, la salle de bain, tout ça me renvoie à de vieux démons que je préférerais oublier et que je tente de balayer de mon esprit d'un mouvement de la tête. Je baisse le visage, observe mes vêtements et suis soudain pris de l'envie de les retirer : ils sont sales, sentent l'alcool... Je veux les retirer. La chemise est enlevée rapidement et sans aucun problème. Je la laisse tomber au sol et m'assois finalement au bord de la baignoire pour retirer mon pantalon. Le retirer est facile en fait. Très facile. Suffit de tirer dessus. Par contre, quand me prend l'idée d'enfiler mon bas de pyjama noir, c'est plus compliqué. Parce que mes jambes semblent peser une tonne et que mes mains ne fonctionnent pas comme je voudrais qu'elles fonctionnent. Du coup, je me penche trop en avant et manque de tomber la tête en avant et ce sont les bras de Leo qui m'empêchent de tomber. Je pose ma main contre le mur pour tenir assis, pose mon regard sur lui et quand je le vois esquisser un geste pour m'aider à mettre le pantalon, je secoue la tête et pose mon autre main sur son épaule.

« Non, c'est bon. Je peux le faire. »

Sauf que clairement, je n'y arrive pas mais l'idée qu'il m'aide à m'habiller... Non, c'est trop. Je refuse d'en arriver à ce point-là.

« S'il te plaît. C'est juste que j'ai l'impression que mes jambes pèsent une tonne. Laisse-m... »

Là encore, il se montre têtu et m'aide et moi... Moi j'abandonne pour la seconde fois de la soirée parce que je n'y arrive pas, parce que si je m'obstine, je vais vraiment finir par me faire mal et bon, j'en ai assez fait pour ce soir. J'en ai assez fait... Alors, docilement, je le laisse faire, parce qu'il sait visiblement y faire. Je le laisse m'aider à me redresser quand il faut terminer d'enfiler le pantalon et je l'observe après m'être rassis sur le bord de la baignoire, alors qu'il se trouve à une proximité toute nouvelle, bien plus que dans les toilettes du bar. Il y a quelque chose de différent là. Quelque chose qui en réveille une autre de chose, endormie depuis longtemps. Une chose que je décide de tenter d'ignorer. Puis, je remarque son regard qui se fige sur mon torse. Là où trône une longue cicatrice de près de trente centimètres : la preuve que j'ai eu une opération à cœur ouvert. A genoux devant moi, les mains toujours accrochées à l'élastique de mon pantalon alors qu'il a terminé de me le mettre, il relève son regard vers moi et je crispe la mâchoire.

« Je ne tiens pas à en parler. Ni de ça, ni de rien d'autre. » je dis avec plus de froideur qu'il ne le mérite.

Il n'y est pour rien mais je ne veux pas parler de mon overdose, de mon opération à cœur ouvert, de tout ça, de... Non, je ne veux pas en parler. Je ne veux pas parler tout court. Je détourne le regard en secouant la tête et en retirant ma main de son épaule. « Tu devrais t'en aller... » je souffle ainsi pour la troisième fois de la soirée. « Ce que tu as dit... Ce que tu veux faire pour moi tu ne peux pas le faire parce que personne ne peut le faire. Je ne peux pas remonter cette foutue pente, c'est fini. » j'ajoute en osant reporter mon regard voilé de larmes, que je retiens non sans mal, vers lui. « Ce que j'ai fait, on n'en revient pas. On n'en revient pas... Alors... » Je marque un silence. « Tu ne peux pas m'aider et tu es venu pour ça alors, tu n'as aucune raison de rester. Tu devrais t'en aller. »

Et de quatre.
Sauf qu'au fond, je n'ai pas la moindre envie qu'il s'en aille. Je n'ai pas envie parce que s'il ne peut pas m'aider à remonter la pente, il pourrait m'aider à oublier. Lui, ce soir, il pourrait être ma propre dose de cocaïne mais ça serait injuste pour lui. Et j'en ai raz le bol d'être injuste. Mais est-ce que j'ai seulement la force de ne pas l'être, injuste ? S'il s'en va, j'en aurai la force. S'il reste... Je voudrais qu'il reste. Et je voudrais qu'il parte. Mais je voudrais qu'il reste.

Putain...


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MessageSujet: Re: (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo] Dim 9 Juil - 22:05



seconds from my heart, a bullet from the dark
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Elles sont loin les lueurs dorées, toutes ces étoiles scintillantes qui brillaient dans un ciel qu'il imaginait propice pour l'âme de celui que les ténèbres ont choisi de suivre. Il baisse la tête, honteux. Honteux de constater que l'histoire se répète, trop souvent. Elle vient frapper, rappeler au blond que nul n'est à l'abri des cruautés hasardeuses d'un univers trop taquin. Daniel coule dans une noirceur aisément perceptible à celui qui aurait déjà flirter avec elle, il le contemple, impuissant, loin d'être à même de pouvoir y faire ne serait-ce qu'une marche pour l'aider à respirer hors des eaux troubles, profondes ; trop profondes. Il ira se noyer, il le souhaitera sûrement, comme tous ceux dont les bras se baissent. Et il craint cet instant, il craint ces secondes qui deviendront pressantes, lourdes de sens mais à la fois insensées. Le paradoxe d'une vie visible au cœur de prunelles fatiguées. Il ne connaît que trop ce schéma pour avoir vu son frère y succomber après sa propre personne. Un soupir, un nouveau. Quelque chose qui vient franchir la barrière de ses lèvres qu'il choisit de garder close encore un peu, laissant ce silence insistant faire l'état des lieux jusqu'à cette salle de bain, jusqu'aux abords d'une porte laissée ouverte et qui permet à Leo de l'entendre, cette voix exténuée. « Oui, ça pourrait être pire. Je pourrais être en prison. Ou je pourrais être mort... » Le compte à rebours se déclenche, malgré lui. Le trentenaire peine à se sortir cette idée de la tête, davantage maintenant, alors que les mots de Daniel viennent résonner entre les murs de la chambre. Leo tente de se convaincre qu'il fait erreur, pessimiste depuis la disparition de Claudia. Il ne voit que le mal, que les maux ; il tente de s'en persuader, usant de toutes ses forces, de toute sa volonté. Trop faible, elle l'a toujours été face à des évidences qu'il ne peut éviter. Un soupir, un énième soupir parce qu'il ne sait pas quoi faire, comment faire. Il voudrait que ses questions s'évanouissent, là, dans les ombres de son esprit, éteintes jusqu'à ce qu'il ne disparaisse d'ici, plus tard dans la nuit, ou à l’orée d'une nouvelle journée qu'on espéra bientôt finie. Non, il parvient à prendre sur lui, essayant de s'animer, rangeant ce qui peut être rangé, laissant à Daniel le loisir de se retrouver légèrement avec lui-même, avec ses songes et ses démons. Un risque qu'il prend malgré tout ce qui vient se jouer dans sa tête, ces réflexes emportés du travail et qui, finalement, auront raison de lui. Parce qu'il revient vers la salle d'eau, parce qu'il revient vers le brun qui titube toujours et qu'il rattrape de justesse, lui épargnant le sol et les blessures qui auraient suivi. Son sourire s'éteint, cette volonté de lui laisser du temps et de l'intimité également. Parce qu'il refuse de le voir s’abîmer plus qu'il ne l'est, il refuse de le voir se faire plus de mal qu'il n'en porte déjà sur son dos. Aussi Leo ose l'intrusif, cette aide qu'on refuse souvent par dignité mais qu'il juge nécessaire, plus que primordiale et qui, comme prévu, vient ranimer celui qu'il allait habiller. « Non, c'est bon. Je peux le faire. »

Des mots qui se perdent dans l'instant, là, entre les maigres murs d'une salle de bain fatiguée par le temps et l'usure. Leo fronce les sourcils comme dans l'espoir qu'il ne parvienne à voir le ridicule de l'instant et l'absurdité de ses propos, les mains du blond toujours sur son pantalon. « S'il te plaît. C'est juste que j'ai l'impression que mes jambes pèsent une tonne. Laisse-m... » Oui, des dires auxquels il ne prête pas la moindre attention, choisissant de se faire têtu, comme ce qu'il a toujours pu être, davantage ce soir, aux côtés d'un homme qu'il aurait très bien pu laisser. Mais les ennuis sont tenaces, ils l'ont toujours été et il cède à leur charme, aussi souvent que possible. Et sa persévérance finie par payer parce qu'il cède à son tour, Daniel, laissant le loisir à Sanders de faire ce qu'il a pour habitude de faire, finalement, ce qu'il fait de mieux : aider. Aider les autres à défaut de savoir s'aider soi-même. Faire de son mieux pour offrir ne serait que quelques secondes de confort à ceux qui oublie le bien-être de ce dernier. Leo s'active, Leo se fait professionnel jusqu'à divaguer, jusqu'à oser ce regard le long du corps qu'il maintient. Et ses traits se figent, son cœur s'éteint. Quelque chose vient frapper sa conscience qui ne réagit pas, pas devant pareille surprise, loin d'être à même de prendre conscience de la manière dont il se fait insistant malgré son manque soudain d'activité, les mains toujours là où elles s'étaient trouvées. Et c'est plus fort que lui, bien plus fort que toute cette retenue dont il fait d'ordinaire preuve, Leo relève son regard et avant même que ses paroles se soient extirpées de sa gorge, Daniel le devance. « Je ne tiens pas à en parler. Ni de ça, ni de rien d'autre. » Ça a l'effet d'une claque, nécessaire. Parce qu'il n'a rien à lui demander, rien à savoir. Et Leo en prend rapidement conscience, assez pour se sentir rougir, de honte très certainement et la manière dont il se détourne de sa présence vient renforcer cette impression, malgré lui. Ça heurte les recoins de sa personne, ça vient lui couper le souffle ; la culpabilité, la voilà enfin, cette garce, portée par de nouvelles paroles, des mots qu'il a déjà entendu mais en lesquels il ne trouve aucune vérité. « Tu devrais t'en aller... Ce que tu as dit... Ce que tu veux faire pour moi tu ne peux pas le faire parce que personne ne peut le faire. Je ne peux pas remonter cette foutue pente, c'est fini. Ce que j'ai fait, on n'en revient pas. On n'en revient pas... Alors... Tu ne peux pas m'aider et tu es venu pour ça alors, tu n'as aucune raison de rester. Tu devrais t'en aller. » Il aurait voulu se défaire de son regard, il aurait voulu quitter cette vision, obéir finalement, acquiescer, se redresser et tourner les talons, rejoindre la nuit et cette paix qu'elle vient offrir quand les tourments s'invitent et hantent, avec violence, le moindre recoin d'une conscience déjà affaiblie. Il aurait voulu partir mais n'y parvient pas, il n'a jamais su baisser les bras. Jamais, pas même maintenant, pas même malgré tout ce qu'il se doit d'affronter depuis des mois et des mois. Leo se le refuse.

« Tu ne me feras pas changer d'avis, tu es tombé sur quelqu'un de très, très insistant quand il s'agit de... ; il s'arrête là-dessus, ayant déjà tourner le regard finalement. Parce qu'il n'arrive pas à lui faire face, pas en supposant ce qu'il porte, tout le poids qui vient s'abattre sur ses épaules depuis qu'il s'est risqué à lui faire entendre qu'il n'est que peine perdue. D'espérer. » Termine-t-il par dire en se redressant enfin, en venant lui faire face avant de s'en remettre à ce qu'il pourrait faire pour l'aider, pour lui épargner la pagaille de cette soirée lorsque, demain, il ouvrira les yeux. Aussi, il vient réinstaller ses mains là où il les avaient laissé un peu plus tôt, usant d'un peu de pression pour aider Daniel à se hisser sur ses deux jambes, aussi tremblantes soient-elles, l’incitant à prendre sur lui autant qu'il ne le fait actuellement, chassant vents et marées, toute cette folie curieuse qui tente d’élever la voix. Il lutte, fait taire bien des remarques, bien des conseils, bien des paroles qu'il n'a pas à dire et qui ne serviront probablement pas, pas après ce qu'il a entendu, complainte évanouie quand le silence s'est rétabli. Leo se promet de ne pas aller trop loin, de ne pas se prendre au jeu, de ne pas se laisser pencher trop profondément dans le précipice que cet homme semble être. Il se le promet, avec violence, pourtant toujours si peu sûr d'être à même de se tenir à l'écart. Parce qu'il connaît désormais la détresse qui l'habite, cette noirceur qui hante et danse, laissant ses mensonges glisser jusqu'au subconscient du brun. Elle n'est pas salvatrice, elle ne le sera jamais. Et il espère qu'il s'en souviendra, par lui-même, un jour ou un autre, là lorsque leur chemin se sera de nouveau séparé. Car c'est ce qui doit advenir, finalement, au vu de cette promesse qu'il se répète silencieusement malgré la manière dont se consume tout son être en songeant à la simple idée que, peut-être, sa compagnie pourrait rendre les choses moins difficiles. Oui, l'espoir facile, la naïveté en défaut de grande ampleur. Mais il tient le coup, pour l'instant, au mieux, laissant Daniel venir se reposer sur le lit jusque auquel il l'accompagne, faisant quelques allés entre celui-ci et la salle d'eau tout juste quittée, cherchant un nouveau gant humide avant de lui confier, quelques cachets délaissés dans sa poche pour s'il tient éveillé encore quelques heures ; chose qu'il n'espère pas, au moins pour son moral, pour cette santé qu'il semble déjà assez négliger. Il a besoin de repos, d'un long repos. « Tu veux que j'aille chercher un truc à manger ? T'es encore pâle. » Demande-t-il finalement, venant s'asseoir non très loin de sa personne, guettant les traits de son visage comme pour tenter de se faire une raison, comme dans l'espoir de se convaincre que sa présence n'est pas nécessaire. Il n'y parvient pas, pas encore. Alors bêtement, il attend une réponse, bien ancré à sa place, en déplaise à celui qui vit entre ces murs il ne compte pas bouger si rien ne le nécessite. Il s'occupera de lui, de quoi nourrir cette conscience médicale qu'il devra faire taire en partant le lendemain et, en y pensant, ne serait-ce qu'une fraction de seconde, elle revient s'imposer dans la tête de Leo qui y cède, se rapprochant légèrement pour guetter la plaie du brun, celle qu'il s'est offert un peu plus tôt lorsque l'équilibre commençait sérieusement à lui manquer. Et il ne s'est pas raté. « Bon, tu me laisses regarder plus en détail ? » Souffle-t-il en levant ses mains vers le visage de l'autre homme, loin de se soucier de ce qu'il pourrait accepter de sa part ou non. La question pour la politesse mais loin fut le but de lui demander pleinement son avis dans de telles circonstances. « Ça va, il y a pire. Tu restes pas mal quand même. » Lui fait-il entendre, un sourire taquin accroché le long de ses lèvres, un clin d’œil avant que ses prunelles n'en reviennent à la blessure qu'il examinait. Après tout, c'était ce pourquoi il s'en était approché aussi.    

Codage par Emi Burton

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MessageSujet: Re: (flashback) Seconds from my heart, a bullet from the dark. [Leo] Lun 10 Juil - 21:09

Seconds from my heart, a bullet from the dark.


C'est compliqué et l'alcool n'aide franchement pas. Je veux. Je ne veux pas. Je veux. Je ne veux pas. Je voudrais pouvoir me décider, rester ferme, m'accrocher à ma décision mais j'en suis tout bonnement incapable. Alors je reste là, sans bouger, après lui avoir dit pour la énième fois de s'en aller puisqu'il n'a finalement aucune raison valable de rester. Et c'est terrible parce qu'il y a cette petite voix qui ne cesse de me dire, dans un recoin de ma tête, que même s'il ne peut pas m'aider, il a d'autres raisons de rester. La petite voix dit tout ça parce qu'elle a bien vu ses regards, parce qu'elle se doute bien qu'il n'est pas indifférent, parce qu'elle sait que je ne suis pas indifférent qu'il ne soit pas indifférent. Après tant d'années sans plus avoir été regardé de cette façon par homme, il a suffi de son regard à lui pour me rappeler le passé, me rappeler ce que j'ai vécu, ce que j'ai aimé vivre, ce que, dans le fond, je voudrais revivre, au moins pour ce soir, au moins pour oublier. Et elle me rend dingue cette petite voix... J'essaye de l'ignorer mais plus les secondes passent, et plus ça devient compliquer de l'ignorer. Elle me pousse à avoir un geste, un seul geste qui pourrait faire tout basculer s'il décide de rester. Et je la balaye, l'envoie valser. Pour l'instant. Et puis s'il part ce sera d'autant plus facile de la faire valser. Par contre, s'il continue de me regarder comme ça, cela va devenir de plus en plus difficile de la faire valser au loin. Et, quand il me réplique soudain que je ne le ferai pas changer d'avis car il sait se montrer très insistant, la petite voix crie « victoire », moi je désespère de parvenir à la faire taire, mais souffle un peu quand il détourne finalement le regard : c'est plus facile quand je ne me perds pas dans l'azur de ses yeux, dans les tréfonds de ses prunelles cristallines, pures, autant que lui me semble l'être, encore en cet instant. Il m'apparaît comme cette boule de lumière, comme cet être habité de bonté, comme presque cet ange tombé du ciel et qui a chuté tout droit dans mon enfer à moi. Ce qui n'est clairement pas ce qui pouvait lui arriver de mieux.

Je ne suis pas ce qui pouvait lui arriver de mieux.

« D'espérer. »

Le mot tombe, quelques instants après qu'il ait laissé sa phrase suspendue. Il est très insistant quand il s'agit d'espérer ? Et il espère quoi exactement ? Je me pose la question. Je ne la lui pose pas à lui, mais je me la pose intérieurement. Est-ce qu'il espère parvenir à m'aider ? Est-ce qu'il espère autre chose ? La petite voix me dit que oui et je lui dis intérieurement de se la fermer. Difficile quand il se redresse et vient se placer face à moi. Difficile quand il revient poser ses mains sur moi pour m'aider à me relever. Très difficile quand mes mains glissent autour de sa taille pour prendre appui afin que je puisse totalement me relever. Extrêmement difficile quand la proximité est telle qu'il suffirait de ce petit mouvement en avant dont la voix ne cesse me parler... La ferme. Je passe finalement mon bras autour de la taille de Leo, use de son aide pour marcher car bien que mes jambes soient capables de me tenir, je ne leur fais pas pas totalement confiance. Je ne risque même pas un regard dans sa direction. Je le laisse m'entraîner jusqu'au lit sur lequel il m'aide à m'asseoir et je ne peux nier que c'est agréable d'être installé là, bien plus agréable que dans la salle de bain. Quand Leo s'éloigne pour retourner dans la salle de bain, je jette un regard en coin au cadre photo sur mon chevet et mon cœur se serre. Je tends la main vers la photo mais m'arrête dans mon geste quand il revient. Je replace ma main sur le lit avant de relever un peu mon regard vers Leo pour finalement récupérer le gant humide qu'il me tend. Les cachets je ne les prends pas, je me contente de les poser sur la table de chevet en prenant soin d'ignorer le regard de mes enfants sur la photo qui sont comme une lame chauffée à blanc en plein cœur. Les regarder, les observer, c'est ressentir encore plus tout cette culpabilité qui me ronge et qui me fait sombrer encore, et encore, et encore. Il me propose soudain d'aller me chercher quelque chose à manger car je lui parais encore pâle et je me contente de secouer doucement la tête de droite à gauche, avant de baisser le gant, le gardant dans mes mains, le regardant sans le regarder, préférant m'y intéresser parce que Leo vient de s'asseoir à côté de moi sur le lit et que cette proximité me gêne autant qu'elle me plaît ce qui est fort déstabilisant.

Toute cette soirée, ces moments partagés avec lui sont extrêmement déstabilisants.

Il se rapproche soudain et mes doigts se crispent sur le gant de toilette, davantage encore quand il me demande s'il peut regarder quelque chose plus en détail. Je fronce les sourcils, ne saisissant pas, me raidis quand il lève les mains vers mon visage et comprends finalement qu'il souhaite jeter un coup d'oeil à la plaie que j'ai au niveau du front. Quand ses doigts effleurent ma joue, je tourne lentement mon visage vers lui mais m'obstine à garder mon regard détourné du sien, lâchant cependant le gant de toilette au passage qui tombe au sol. Ce contact, je le désire comme je le maudis, j'en veux comme je n'en veux pas. Et sa voix... Je veux l'entendre comme je voudrais qu'il se taise parce qu'il n'aide pas à ce que ma voix intérieure reste calme et la mette en sourdine. Pas du tout. Quand il ajoute qu'il y a pire et que je reste « pas mal quand même », je me risque à relever mon regard vers lui, c'est plus fort que moi et, son sourire et son petit clin d'oeil me rendent, je pense et le sens, tout à coup bien moins pâle. Leo se réintéresse de plus près à ma plaie et je le laisse faire, ferme les yeux, me laissant pendant l'espace de quelques secondes aller à ce petit moment de quiétude venu de nulle part. C'est étrange... Agréable mais étrange, que ces simples gestes de sa part parvienne à calmer la tempête intérieure. Pas la voix par contre, pas la voix alors, pour essayer de la combattre, je me décide à parler. Parler pour éviter d'y penser.

« Au moins, je n'aurai pas besoin de points de suture pour celle-ci. » je souffle tout bas avant de rouvrir les yeux pour les reposer sur Leo dont je capte le regard, un regard qui fait s'exprimer ma voix intérieure que j'envoie sur les roses en me focalisant sur ce que je veux dire. « Regarde... » je dis en tournant légèrement mon visage vers la gauche pour lui montrer ma pommette droite où trône une cicatrice de quelques centimètres. « Ma tête a tendance à rencontrer trop souvent des surfaces dures. Ce coup-là c'était un lavabo et il a... Gagné... » Le dernier mot j'ai du mal à le prononcer parce que voilà que Leo s'intéresse à la dite cicatrice et ce se sont ses doigts qui viennent la frôler. Ce qui fait hurler la voix intérieure que j'ai de plus en plus de mal à remettre à sa place. J'observe Leo un instant puis baisse le visage en fermant les yeux.

Je souffle longuement.

« Mauvaise idée... » je dis dans un murmure quasi inaudible, quoi qu'il soit sans doute assez près pour m'entendre vu notre proximité.

Bien sûr que c'est une mauvaise idée. Bien sûr que de laisser la voix intérieure gagner c'est me soulager moi mais risquer de lui faire du mal à lui. Bien sûr sauf que... Plus les secondes passent, plus j'ai du mal à gagner ce combat contre cette foutue voix intérieure. Et puis c'est idiot, très idiot, mais je bouge à peine la main. A peine... Sauf qu'en la bougeant, même à peine, mon pouce touche le coude de Leo et cela suffit à me faire perdre la bataille. Elle gagne la voix, elle gagne. La paume de ma main vient épouser le coude de Leo et finalement, mes doigts pressent doucement son bras alors que je relève mon regard vers lui. Nos visages sont extrêmement proches, bien trop proches pour que je puisse être capable de reprendre le dessus et remporter ce combat que j'ai en fait perdu à l'instant où il a décidé de me ramener jusqu'à ma chambre d'hôtel. Je plante mon regard dans le sien et ça s'éveille une fois encore. Lui, il l'éveille encore, cette chose en moi. C'est une très mauvaise idée oui et peut-être qu'il pense la même chose alors...

« Tu es sûre de vouloir rester avec moi cette nuit ? » je lui demande dans un murmure, mon front presque collé au sien maintenant.

Parce qu'il n'y aura pas de retour en arrière possible, ni pour lui, ni pour moi s'il décide de rester. Parce que non, je ne pourrai pas me contenter d'essayer de dormir alors que j'ai envie de tout autre chose. A moins que tout cela ne soit dans ma tête, qu'il ait éveillé ce désir ne le ressentant pas lui-même, que je me sois trompé en ayant cette impression de voir chez lui autre chose que de la simple sympathie ou générosité à mon égard.

Peut-être que j'ai encore tout faux et finalement, ce serait mieux pour lui que j'aie tout faux.



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