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 It's just violence - Elijah

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MessageSujet: It's just violence - Elijah Mar 9 Mai - 0:46

►It's just violence◄
Elijah  & Josef


La rage au ventre. Au cœur. Une envie furieuse et profonde de tout détruire, de provoquer un cataclysme. L’impression de s’être fait manipulé comme une pauvre petite merde, de s’être fait salir comme un pauvre con qu’il a pu être.
A califourchon sur sa moto, Josef roule bien trop vite, bien trop mal. Incapable de faire la part des choses, de calmer ses gestes sur l’accélérateur, comme si la vitesse pourrait le soulager, le vider de toute cette colère qu’il cumule, qu’il conserve au creux du bide. Il slalome entre deux voitures, ne sachant même pas où il va, préférant pour le moment rouler sans se poser trop de question, sans réfléchir à ce qu’il veut, l’endroit où il veut se poser. Parce que son esprit n’est qu’un amas de colère, une véritable bouillie d’humiliation et de déception. Profonde et pure.

Ah, elle s’est bien foutue de sa gueule avec son corps à vous en damner l’âme, à vous crucifier comme le petit jésus sur sa putain de croix. Elle s’est bien foutue de sa gueule avec ses danses qui lui ont fait perdre la tête, qui aujourd’hui le consume d’une colère noire, qu’il ne se connaissait pas. Enfin, comment pourrait-il le savoir puisqu’il ne se souvient pas de ce type qu’il avait pu être ? Et ce soir, plus que jamais, il se demande QUI il était. QUI il est ce soir. Pas de Josef mielleux, mignon, « trop bon trop con ». Pas de Josef compréhensif, qui tentera d’écouter ces milles et unes excuses aussi crédibles que ces sourires, que ces promesses informulées. Elle peut bien aller se faire foutre maintenant. Daya lui a plongé la main dans la gorge pour lui remonter les tripes unes à unes et Josef se demande comment a-t-il pu être aussi con, aussi aveugle.
Ses sentiments pour Daya se retrouvent entachées, violées, souillées. Et jamais Josef n’était entrée dans une colère si violente de par les mots et maintenant, de par les émotions. Car ce qu’il veut, c’est détruire. Cogner. Expulser. Evacuer. Toute cette merde, toute cette haine, cette colère. Ces frustrations cumulées au fur et à mesure des souvenirs perdus, ces visages qu’il n’a pas su reconnaitre et qu’il ne reconnaitra jamais, cette humiliation cuisante d’avoir été aussi facilement dupé qu’un gosse de treize piges.
Et pendant que ce grand connard s’amusait à prévoir des plans à Miami, cette petite conne s’amusait à jouer de ses grands yeux séduisants auprès de Judith ? Putain, mais qu’elle aille brûler aux côtés du diable. Qu’elle y reste, aux tréfonds de ses oublis. C’est à se demander si de par son imprudence au guidon de sa moto, il ne voudrait pas retrouver la violence d’un accident pour tout oublier de nouveau. Oublier à quel point il a pu être d’une faiblesse affligeante. Ne plus jamais se souvenir de ce visage qui le torture désormais, qui le fout en rage, une véritable boule de haine. Elle s’est foutue de sa gueule, s’est jouée de lui, comme un morceau de papier dans laquelle vous vous torchez pour ensuite y tirer la chasse.

Josef se remémore avec une précision déconcertante toutes ces fois où il est venu la voir pour discuter, boire un café, parfois coucher ensemble. Toutes ces fois où il pensait voir une réciprocité plus qu’évidente, où il pensait retrouver une complicité que Daya niait en bloc malgré les évidences.
Mais désormais il comprend mieux cette étrange réticence à le vouloir concrètement, à vouloir « officialiser » les choses malgré ce weekend prolongé à Miami qui a désormais un goût acide, lui rongeant l’œsophage de mépris. Elle se jouait déjà de sa petite gueule, le trainant dans la boue comme la dernière des petites merdes. Pas étonnant qu’elle refuse en bloc de vouloir se foutre avec lui. Elle s’est contentée de tout simplement tirer son coup, profiter de ce qu’il avait à lui donner les yeux fermés.
Jamais il ne s’est senti aussi humilié qu’en cet instant.

Il ne voit pas arriver la voiture sur sa droite alors qu’il s’apprête à redémarrer après un feu rouge, trop occupé à ruminer sa haine, à la retourner dans tous les sens alors que la simple image de Daya suffit à faire flamber ses nerfs comme une flaque d’huile sous le coup d’une allumette. Et c’est tout juste s’il réussit à esquiver la bagnole, donnant un grand coup de guidon, envoyant la moto glisser sur le sol quelques mètres plus loin. Le conducteur de la bagnole s’attarde le temps de voir si Josef n’est pas mort, qu’il se relève avant de redémarrer, sans prendre la peine de savoir comment le pompier va, s’il est blessé ou quoi que ce soit. Et lorsque Josef lui assène un grand doigt d’honneur tout en gueulant sous son casque, le conducteur l’ignorer déjà pour continuer sa route.
Putain de vielle de merde d’incivilité.

Le pompier constate en douceur s’il ne s’est pas cassé quelque chose ou ouvert mais vu l’état du jean et du blouson, ses fringues ont eu l’air de tout encaissé à sa place. Josef est désormais debout, grimaçant légèrement alors qu’une douleur s’élance dans son genou. Il remet sa moto sur pieds, rageant dans sa barbe pour la garer non loin d’une ruelle. Il se défait de son casque, se passe une main sur son visage transpirant sous le choc avant de balancer violemment son pied dans une poubelle qui s’écrase plus au sol, déversant toutes les ordures sur le trottoir. Josef n’a que pour envie de laisser expulser sa rage, comme pour se laver de la puissante humiliation qui lui trou le thorax.
Et au milieu de tout ce fracas mental, des cris lui parviennent. De l’excitation, des encouragements, quelques chose d’exultant. Suffisamment pour intriguer Josef, pour qu’il se retourne et pour qu’il pose son regard au fin fond de cette ruelle miteuse face à laquelle personne ne s’arrêterait de peur de s’y retrouver égorgée au petit matin.
Le pompier se dirige vers les bruits, intrigué, il ne sait pas trop mais se laisse porté, encore légèrement fébrile de sa chute. Plusieurs pas, il tourne à gauche et fait face à un spectacle qu’il ne s’attendait pas à voir.
Un groupe d’hommes, formant un cercle autour de deux autres entrain de se taper joyeusement sur la gueule. Comme des sauvages, des forcenés, ressemblant à deux bestiaux avides de violence et de colère, crachant chaque coup un peu plus sa rage. Josef se rapproche en douceur, jouant des coudes pour se frayer une place parmi ce qui semble être des fans de la première heure. Intrigué, il fixe le combat sans ciller puis ne pouvant qu’assumer ce fourmillement dans le ventre. Le pompier n’est pas du genre à jouer des poings, à se taper sur la gueule pour se taper sur la gueule… Mais ce que sont entrain de faire ces deux mecs là ? Ça lui retourne le bide d’envie, de besoin presque viscéral. C’est brutal, ça ne lui demande que quelques secondes d’analyse pour comprendre qu’il aimerait déjà être à la place d’un de ces types, quitte à recevoir deux à trois bonnes pêches en pleine gueule, histoire de lui remettre les idées en place, là où Daya est venu chier sur sa personne sans l’once d’un remords.

- C’est quoi les règles ? Faut payer pour participer ?

Les mots sortent d’eux-mêmes auprès d’un type à sa droite, devant légèrement élever la voix pour se faire entendre par-dessus l’hystérie collectif.

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ça m'a fait comme un bras d'honneur, l'insoumission qui dit " je n'ai ni Dieu ni Maître ni qui que ce soit ", comme un doigt levé bien haut à tous les Dieux, tous les suppôts, c'est l'solidaire des travailleurs puis c'est la liberté du cœur.

   
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MessageSujet: Re: It's just violence - Elijah Mer 10 Mai - 22:28



it's just violence
ft. josef


La douleur reste autant que les souvenirs. Ils viennent et hantent chaque recoin de son âme, attisant cette colère, cette haine tapie dans les ombres de sa conscience. Elijah est à nouveau partagé, le cul posé sur une chaise pendant qu'ils frappent, qu'ils hurlent, pendant que les paris s'élancent ici et là dans l'espoir de voir ses poches se remplir dès lors qu'une des masses ne s'abatte sur le sol. Il en soupire, les tripes chatouilleuses et le cœur serré, coincé entre les rires illusoires de sa Belle, cette voix – autrefois salvatrice – qui vient ronger chaque parcelle de raison qui subsiste en lui. Il ne reste rien, rien de ce bonheur qu'il portait à New-York, lorsque rien ne semblait pouvoir se briser, lorsque rien ne pouvait l'atteindre. Lorsque rien ne semblait pouvoir le toucher. Il se rend compte de son erreur, il prend enfin connaissance des véritables règles de ce monde. Personne n'est intouchable, davantage celui qui pense être en sécurité. Car Haynes ne l'a jamais été, ici comme là-bas, pas une journée, pas une minute, pas une foutue fraction de seconde. A chaque coin de rue, il la ressent, cette volonté de souiller ses mains d'un sang dont il n'aurait que faire. Il veut seulement perdre cette humanité douloureuse, cette part de lui qui ne fait qu'accentuer sa chute. Parce qu'il ne s'accepte pas, parce qu'il pense qu'elle ne le fera pas, jamais au vu du passé qu'il traîne, au vu de ce qu'il est. Une bête avide de sang et de violence, plongé trop tôt dans un milieu qui n'aura fait de lui qu'une machine à tuer, dénuée de sentiments pourtant revenus, à la charge, avec hargne. Et ils frappent, ce soir. Ils heurtent le cœur abîmé du quadragénaire qui s'offre un énième verre, bien qu'encore léger. Parce qu'il hésite, voyez-vous ; la foule hurle et ses cris parviennent à éveiller ce qui sommeille en lui, ce besoin vorace de ressentir cette souffrance, cette dernière partie de maux qui manque à l'appel depuis que sa misérable vie s'est rangée, depuis qu'il s'est rendu compte que bien des choses étaient différentes de ce qu'il avait pu connaître. Ils sont terminés ces temps de réunion, ces temps où les contrats fusaient, de semaines en semaines. Terminés les temps où son nom pouvait être une menace, où les poumons se serraient à l'idée qu'on puisse le croiser au détour d'un cul-de-sac. Il est inconnu, ici, le véritable fantôme des ruelles sales et mornes d'une Chicago trop paisible à ses yeux, loin de ce qu'avait pu être ses nuits au cœur de la Grosse Pomme, là où rien ne semblait pouvoir l'arrêter, pas même cette honte ancrée contre son âme. Aussi, un nouveau soupire s'extirpe d'entre ses lèvres une fois son verre vidé, complètement, le mercenaire retrouvant toute sa hauteur pour se rendre jusqu'à l'animation de la soirée, passant entre les rangs formés pour rejoindre le cercle libre au milieu de ceux-ci, déterminé, sûr de lui. Il lui faut perdre la tête, il lui faut perdre toute raison. Parce qu'il sombre, à nouveau, parce qu'il se perd dans les méandres d'une culpabilité digne des plus grandes harpies.

Certains visages qui s'attardent sur lui, il les connaît, il les côtoie dans son propre bar quand la porte n'est pas fermée, quand les heures ne sont pas dépassées. Il les connaît et ils l'évitent, comme la peste, sachant ce qui réside derrière ses traits déjà abîmés, derrière ce regard qui en dit long sur les horreurs d'un passé qui n'appartient qu'à lui, qu'à sa mémoire ; aussi soudoyée soit-elle ces derniers temps. Puis, on s'avance dans sa direction, on rejoint sa présence là où les regards s'attardent, là où un presque silence s'est installé, guettant le lien qui se forme déjà entre les deux hommes. Elijah s'en garde un faible sourire, plutôt satisfait de voir un visage qu'il ne connaît pas, satisfait de voir qu'on puisse encore lui faire front. Parce qu'il commençait à manquer de sensations fortes, parce qu'il commençait à perdre espoir en un combat raisonnable dans cette cave délavée ; celle qui, davantage certains soirs, lui donne de sacrées idées quant à ce qu'il pourrait faire si une telle affaire tombait entre ses mains. Et, en y songeant, son sourire s'accentue, plus encore lorsqu'il perd ses prunelles claires dans le regard de son nouvel adversaire, comprenant d'une animosité digne de la sienne règne derrière ses pupilles dilatées par l'excitation ; car s'il ne l'est pas, il lui est impossible de deviner ce qui le traîne jusqu'à se poser devant lui. Et, dans un élan de confiance, dans un instant où son ego parvient à hisser une légère lueur de sa présence, sa voix brise le silence qui se faisait conquérant des deux hommes. « T'es sûr de toi, gamin ? » Il lui donne l'occasion de revenir sur ses pas, de faire demi-tour en évitant quelques blessures ; loin d'imaginer qu'il en sera davantage couvert que cet homme-là, bien plus jeune, plus en forme, chose qu'il omet puisque, bêtement, convaincu d'avoir l'avantage sur tout et tout le monde. Elijah s'est défait de toute raison, comme convenu, ne songeant qu'aux coups à porter, qu'aux coups à venir, quelques hurlements se faisant davantage entendre. Parce qu'il va devoir prendre sur lui, avec hargne. Parce qu'il va falloir qu'il apprenne à accepter que rien, RIEN, n'est comme avant, que rien ne pourra jamais l'être, pas même ce feu qui consume chaque parcelle de son existence dans les limbes de son for intérieur. Et, ses pensées perdues là-dessus, il secoue la tête, brisant la distance qui les sépare, permettant à son sang de venir bouillir jusque dans l'entièreté de ses veines. Un coup, puis deux. Cette impression que son corps brûle sous une force qu'il ne peut contrôler, qu'il ne peut arrêter. Il se sent consumé, rongé par bien des choses qui ne s'imposent pas encore à sa conscience qui s'estompe, prise d'assaut par cette rage qu'il emprisonne depuis trop de temps maintenant, depuis son arrivée même à Chicago, les quelques contrats n'ayant pas suffit à assouvir la soif du Loup qui grogne, qui salive à l'odeur du sang, qui s'extirpe de sa cage pour ne laisser à son adversaire que cette furie qui lui est propre. L'animal prend les devants, offrant à l'Homme l'opportunité de se perdre dans un néant des plus bienfaiteurs. Parce qu'il n'a pas à penser, à se souvenir. Parce qu'il n'a pas à subir, perdu dans un monde qui n'appartient qu'à lui, loin des maux, loin de tout.

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MessageSujet: Re: It's just violence - Elijah Mar 16 Mai - 17:38

Ca lui démange déjà les poings, lui brûle les veines. Il fait face à un type qu’il ne connait pas mais qui le jauge de toute sa hauteur. Josef ne se démonte pas, loin de là. Pas du genre s’écraser. Au contraire, ça le conforte dans l’idée qu’il a envie d’en découdre ce soir, de se perdre dans les méandres des douleurs et des coups. Ne plus penser à rien, ni à son visage, ni à la souffrance qu’elle lui a injecter directement dans les veines comme un poison. Mais il n’y a pas que ça.
Il n’y PLUS que ça.
Depuis son accident, sa vie s’est résumé à une putain de quête sur soi-même, à chercher des souvenirs qui ne lui revenaient pas et qui ne lui reviendront de toute façon jamais. A savoir qui il était, quel type il pouvait être désormais. A chercher une identité, à ne plus se laisser bouffer par ce gouffre sans fond d’un trouble d’identité. Comment vivre apaisé dans un monde que vous ne connaissez plus, qui ne vous reconnait plus. A regarder ses amis rire d’anecdotes qu’il ne connait pas, à les entendre parler de proches, de collègues dont il ne se souvient même le visage.
La seule personne qui lui inspirait un repos, une accalmie était Natalia. Elle lui évoquait des sensations, des souvenirs non imagés. C’était surtout des couleurs, des odeurs, des émotions. Puis il y a eu Daya qu’il a tenté de reconquérir, chose qu’il pensait avoir réussi jusqu’à ce soir. Sur deux piliers, l’un venait de s’écrouler brutalement, l’humiliation et la déception comme nuage de poussière suite à la destruction. A elles deux, elles lui formaient une sorte d’identité, une part de lui.
Josef n’en revient toujours pas à quel point il a pu être aveugle, con comme ses pieds, trop naïf pour croire ne serait-ce qu’UN seul putain de moment que Daya aurait pu se foutre autant de sa gueule. Est-ce qu’elle a pris son pied à jouer de sa perte de mémoire ? Croyant qu’elle pourrait manipuler le nouveau Josef comme on le ferait avec un gosse et un sachet de bombec ?
C’est bien mal le connaitre.
Vraiment mal le connaitre.

En attendant, il fait face à ce type avec une barbe dont les jours ne se comptent même plus, un regard clair mais perçant. Le genre de truc qui vous fouille l’âme, vous mets mal à l’aise. Bien plus vieux que Josef, il n’a cependant pas l’air grabataire, loin de là. Il a typiquement la gueule de celui qui a déjà vécu bien plus qu’un type de son âge.

- T'es sûr de toi, gamin ?
- Tu veux vérifier, old man ?

Ça n’a rien d’un mépris, juste une provocation comme le lui a lancé ce type. Une sorte de jeu masochiste. Et Josef comprend que son adversaire se trouve déjà devant lui. Pas besoin d’être un génie pour le saisir. Suffit de voir ce sourire carnassier, ce regard brillant d’excitation. Le pompier le jauge une dernière fois, se disant qu’il a toutes les chances de se prendre la branlée de sa vie malgré l’âge du type devant lui. Ouais, plus vieux mais plus d’expérience. Mais il n’en a rien à foutre. Il veut juste évacuer sa haine, son mépris, sa rage. Quelque chose de sanguinaire l’habite, un besoin vital de violence.
Les hurlements qui surgissent soudain lui foutent les frissons. Une excitation certaine germe au creux de ses tripes, faisant battre son cœur comme un prédateur s’apprêtant à sentir la gorge chaude de sa proie palpiter sous ses crocs.

Mais la proie se retrouve acculer. Brutalement. Sans que Josef ne le voie venir. Ce n’est pas un coup en traitre mais plutôt le gong d’un commencement. Et son adversaire lui donne les premières notes en deux coups, lui laissant pour l’instant un goût métallique dans la bouche et un feu brûlant dans les veines.
Josef ne sourit pas, sonné, la rage venant tambouriner à la porte de sa raison qu’elle écrase en surgissant comme un animal enragé. Si le pompier n’est pas un habitué des combats de rues, ça ne change en rien son expérience acquise sur les rings de boxe face à des adversaires de taille. Mais il ne songe pas à tout ça, cherchant simplement à répondre à ses instincts les plus primaires.
Le pompier surgit alors, poing levé. Old Men l’esquive mais ne voit pas venir la gauche qui lui atterrit en pleine tempe du plat de la main, sonnant probablement celui qui se tient debout devant lui. Josef se recule, se défait de son blouson de moto et de son haut, finissant en tee-shirt. La température a déjà grimpée depuis un moment déjà et il ne supporte ces couches de tissus sur sa peau qu’il souhaite libre.

Il se retourne, sentant l’excitation atteindre son point culminant, portée par les acclamations qui les entoure. Jamais il ne s’était senti si vivant qu’en cette seconde. Mais pas que.
Son adversaire lui refait face et les deux hommes se mettent de nouveau sur la gueule. Les coups pleuvent, Josef reçoit des phalanges directes dans la mâchoire, faisant éclater sa lèvre contre ses dents, puis sur ses côtes qu’il commence à sentir douloureuses au fur et à mesure de cet échange enragé. Le pompier réplique, avec autant de violence que son adversaire qu’il sent sanguinaire. Une rage l’anime. Une rage qu’il connait puisqu’il la sent enflammer ses veines, son organisme entier. Alors il frappe, encore et encore. En plein visage, dans les côtes mais aussi dans les reins. Il y met toute sa haine, celle qui lui bouffe la raison et ne lui font voir qu’une chose : Détruire.
Il étouffe un cri de rage, cogne, reçoit, cogne encore. Il ne l’admettra pas tout de suite mais il ressent presque du plaisir à sentir la peau craquer sous ses phalanges, à entendre les bruits des articulations se répercuter sur les os de son adversaire. Adversaire qui se défend merveilleusement bien, qui accroit son désir de douleur et d’explosion.
Sa bouche s’imprègne un peu plus du goût métallique de son propre sang, ses tempes vrillent sous les battements de son cœur et des hurlements de ceux qui les entoure. Sa vue se brouille de temps à autre, à cause de la douleur mais aussi de la chaleur qui émane de lui, le laissant transpirant, essoufflé.
Mais parmi ce chaos sanglant, un besoin d’évacuer cette part d’ombre qui le guette.

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MessageSujet: Re: It's just violence - Elijah Jeu 25 Mai - 18:02



it's just violence
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C'est un son familier, presque habituel. Il l'entend mais ne l'écoute pas encore, ses paupières se fermant là, une fraction de seconde. Et il inspire le peu d'oxygène qui semble survivre dans ce qui s’apparente à une cave. Elijah soupire ensuite, légèrement, faisant taire ses fantômes, toutes ces voix qui n'en finissent plus de résonner et l’assomme. Peu à peu, il sait qu'aucun pas en arrière n'est permit, il sait que – de toute manière – il nécessite de lâcher prise ; rien qu'un court instant, rien que le temps de quelques coups. Haynes doit laisser passer cette rage, cette violence qui hante ses songes lorsqu'une étrange paix tente de s'imposer à son existence, à cette misérable vie qu'il mène depuis son arrivée, depuis ses premiers pas dans cette grande ville qui, néanmoins, lui semble si étroite. Il aurait pu en sourire, laisser cette ironie hisser ses couleurs le long de ses traits. Mais rien, ici, ne vient défaire le calme plat qu'il instaure dans sa tête, faisant taire l'ambiance, les hurlements, les commentaires, les sommations. Elijah se fait sourd aux alentours, désireux de n'avoir d'attention que pour ses souffles qui s'échapperont d'entre ses lèvres, éternel rappel qu'il n'est pas encore mort. Pas encore. Puis, l'azur qui contour ses pupilles retrouve la faible clarté des lieux pour venir se perdre sur la silhouette qui lui fait face, unique cible pour une soirée qui – il le sait – sera longue. Il s'y attend et ce n'est pas une première fois ; bien que ces activités-là ne l'ait pas trouvé depuis New-York. Le passé revient alors, rapidement, violemment. Il s'impose au Nouveau-Monde, il s'ancre dans le maigre quotidien qu'il est parvenu à dresser malgré sa solitude et sa folie. S'en suit un silence salvateur, une préparation psychologique destinée à faire taire toutes ses pensées, cette humanité qui pensait bon de contempler ses précipices brisées. Non, pas cette fois. Il y met un terme, ne laissant de place qu'au néant le plus opaque, qu'à la névrose la plus dure. Elijah s'abandonne dès lors que cette autre voix vient résonner dans les catacombes de son âme. « Tu veux vérifier, old man ? » Évidemment, qu'il veut vérifier. Il a ce besoin de vérifier ; malheureusement pour lui, pour eux. Il a ce besoin de prouver qu'il peut encore survivre, ce besoin de délivrer toute cette noirceur qui, de toute manière, malgré ça, continuera de le pourrir jusqu'à ce que ses jours ne deviennent trop courts. Alors il s'élance, fantôme d'une Grosse Pomme terrifiée à son souvenir, fléau de quelques hommes qui n'en dorment probablement plus ; en vérité l'ombre d'une apogée terminée. Elijah mène la danse, avec autant de détermination qu'il est capable d'y mettre, usant de ses forces, de son expérience, usant de ces années meurtrières à apprendre comment persister. S'en suit quelques coups, une perdition des plus totales dans ce qu'il croit être un silence ambiant alors qu'il s'enferme, peu à peu, dans un univers qui n'appartient qu'à lui. Lentement, il s'y perd jusqu'à croire ne plus rien ressentir.

Parce qu'ils pleuvent, les coups, parce qu'ils s’enchaînent sans qu'il n'est vraiment l'opportunité de réfléchir, de songer à la suite. Aussi, Elijah frappe, avec autant de violence qu'il est capable d'extérioriser malgré la fatigue, le chagrin, la honte aussi, peut-être, de devoir admettre que l'endurance n'est plus ce qu'elle avait pu être, lorsque l'adrénaline ornait ses veines sans qu'elles n'aient de véritable repos, sans qu'il ne puisse s'en faire maître légitime. Comme ici, tandis que sa précieuse stabilité semble s'estomper, parfois, accompagnée de sa vue, de ses esprits. Celui qui lui fait face se fait enrager, presque autant qu'il n'avait pu l'être par le passé. Aussi, il connaît cette volonté de frapper, ce besoin irréversible d'aller toujours plus loin, plus fort, avec plus de hargne. Et s'il sent tout ça imprégner ses membres, il sait que celui à qui il fait face ce soir s'en est doté aussi. Il est une impasse sombre au fond de laquelle ils se sont perdus, sûrement, l'un comme l'autre, prit de court par ce qu'ils pensaient inimaginable. Et, tandis qu'il pensait pouvoir retrouver cet avantage gagné, il sait que ces secondes lui sont comptées, s'en retournant à la ruse pour se défaire de quelques coups, manqués de près, esquivés tout de même jusqu'à ce qu'une silhouette ne vienne attendrir son âme, apaiser les brumes épaisses de ses songes. Elijah se fait prendre au piège par sa propre folie, éperdu dans des tourments qu'il ne contrôle pas, qu'il n'a jamais contrôlé et ça lui vaudra ses dernières lignes de défense, ces derniers remparts déjà fragiles, désormais abattus. Il en étouffe un râle de douleur, quelque chose qui vient se bloquer dans sa gorge tandis qu'il s'en plie, bêtement, offrant toutes les opportunités du monde à celui qu'il n’aperçoit plus, le regard baissé, honteux d'avoir été si peu attentif à ce qui s'avère réel ou non. Et ça lui coûtera tout, pour ce soir, parce qu'il continue de profiter de cette faiblesse d'esprit, cet autre homme dont la violence fait rage. Et, pour la première fois depuis longtemps, elles reviennent brûler sa chair, ses cicatrices, celles qui ornent son dos jusqu'à ne plus laisser de vision claire de ce dernier. Elles lui rappellent son existence, elles se rappellent à lui avec une brutalité telle qu'il s'en relève, venant s'acharner au mieux sur celui qui terminera par atteindre l'une de ses tempes, sûrement un peu trop durement. Parce qu'il tombe, à genoux, l'une de ses mains réfugiée contre ses côtes douloureuses quand l'autre maintient son corps quelque peu chancelant ; ça tandis qu'un lourd filet de sang s'abandonne de ses lèvres, du creux même de sa gorge. Et, il le sait enfin. Il l'a comprit. Même sans cette erreur de plus en plus récurrente, Elijah n'aurait pu faire face en longueur. Ça vient s'inscrire, dans sa tête, de manière horrible mais bien efficace ; ça pendant qu'il en cracherait ses poumons, une réalité des plus glaciales lui revenant de plein fouet. Quelques cris, quelques encouragements ; les aboiements de ceux dont le courage n’égale pas leur intelligence. Il aimerait pouvoir se relever, il aimerait... que rien n'est changé.

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Dernière édition par Elijah Haynes le Mar 11 Juil - 2:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: It's just violence - Elijah Lun 26 Juin - 19:10


Le monde tel qu’il le connait n’existe plus pour cette nuit où il en oublierait presque son identité, ce qu’il est, son job et tout ce qui fait de lui le Josef que les autres connaissent. Seule une image persiste, une ambiance, celle de Daya en larmes, le goût de la trahison enveloppant la gorge de Josef qui se lâche, laisse échapper sa rage et sa haine envers cette femme qu’il pensait avoir cerné. Cette femme qu’il aime. Elle l’a trompée, s’est jouée de lui comme une garce qu’elle est et ce, sans l’ombre d’une humanité. Ce coup bas est tellement mesquin et vicieux qu’il en vient même à douter quelques secondes de la véracité des larmes qu’elle lui a lâchée quelques heures plus tôt.

C’est exactement ce qui l’anime ce soir où sa rage est purement animale. Ses coups s’en ressentent comme tout le cœur qu’il met à l’œuvre de cette violence qu’il n’avait jusqu’ici jamais exploité. Des combats, il en a fait. Mais toujours dans les règles, sur un ring, face à un adversaire qu’il connaissait la majeure partie du temps. Entre pote ou juste à la caserne pour maintenir sa forme au sommet, surtout après son accident. Mais jamais jusqu’ici il n’avait ressenti pareille colère au point d’assombrir en grande partie ses principes et de le pousser à s’essayer au combat de rue, clandestin, dans une cave qui pue la sueur et l’humidité, sans oublier l’odeur métallique du sang souillé et séché.

Josef s’oublie, s’impose pour ensuite reculer de quelques pas sous la violence des coups donnés par le vieux qui lui fait face. Un vieux qui ne l’est peut-être pas tant que ça en vue de la force qu’il met, de la rage aussi aveugle que la sienne qu’il manifeste. Le pompier n’entend que des bruits de fond derrière le sifflement qui irrite ses tympans. Mais il n’est pas que colère, ni brutalité, il est aussi ruse et malin. Le pompier en fait aussitôt les frais lorsque son adversaire sorte ses cartes, évitant ainsi les coups déchainés de Josef qui le manque de près. La frustration monstrueuse qui éclate au creux de ses entrailles aiguise aussi sûrement son amertume qu’un couteau contre la roche. Celle d’y mettre tant de haine dans ces coups, persuadé de pouvoir sentir la surface dur d’un visage pour finalement ne frapper que du vide. Il tente plusieurs fois de l’atteindre mais son adversaire a quelque chose en plus que Josef n’a pas : L’expérience. Sa ruse commence lui donner un atout décisif…

… Jusqu’à ce que la situation prenne la tangente. Elle s’inverse, brutalement. Alors que le pompier était persuadé de rencontrer de nouveau le vide, il percute la mâchoire dont l’articulation craque légèrement sous ses phalanges. Son adversaire loupe un coche, quelque chose qui lui donne un désavantage, une faille, où Josef s’immisce sans plus réfléchir. Il frappe, encore et encore, le vieux réussissant de moins en moins souvent à lui rendre les coups ou ne serait-ce qu’à esquiver ceux de Josef qui se font plus enragés, si tant est que ça soit encore possible de faire plus. La rage le consume, l’enveloppe et le transporte peut-être un peu trop loin dans sa violence qui termine d’achever Elijah droit dans la tempe. L’espace d’une seconde, Josef retrouve un éclair de conscience et d’humanité, la peur faisant vibrer cette dernière. Et s’il avait frappé bien trop fort cette fois ? Un mauvais coup était vite arrivé, aveuglé par cette animalité qui le faisait frissonné…
Pourtant, son adversaire « se maintient ». A genoux, certes, mais toujours en vie. Il crache un filet de sang alors que Josef tangue légèrement, les deux poings devant lui en guise de défense. Il a la gueule en vrac, il le sent. Mais pas que.
Et ça n’est pas terminé, Josef est sur le point de gagner ce combat, de donner un dernier éclat à cette rage qui le consumait. Mais l’adversaire ne se relève pas. Il ne connait pas les règles de leurs délires clandestins mais il n’a pas ni le courage ni l’envie de frapper un homme déjà à terre. La civilité lui revient, presque amèrement, prenant conscience qu’il n’était pas si mal là, loger dans le corps d’un animal sans codes sociaux.

- ALLEZ ! TERMINE-LE !

Ça gueule dans tous les coins, l’encourage à frapper, juste une dernière fois. Respiration saccadée, yeux brûlants, Josef cligne des yeux. Il secoue lentement sa tête avant de reculer, essuyant d’un revers de main sa bouche ensanglantée mais surtout douloureuse.
Il se penche vers son aîné et lui tend une main pour l’aider à se relever.

- J’crois qu’on a assez donné.

Pourtant, il est persuadé qu’il pourrait continuer comme ça jusqu’au lever du soleil ou plutôt, jusqu’à perte de connaissance. Histoire de noyer ses rancœurs et douleurs dans l’épais brouillard de l’inconscience.

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MessageSujet: Re: It's just violence - Elijah Mar 11 Juil - 2:07



it's just violence
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Là, le fracas résonne et les cris s'estompent, éteints, défaits de cette réalité qui se brise aussi certainement que toute cette volonté autrefois si tenace. Plus rien ne parvient à l'esprit du brun, rien ni personne. Pas même cette femme qu'il croise si souvent lors de ces soirées, pas même ce vieil homme venu rêver de sa jeunesse délaissé, pas même celui qui mène la danse et les applaudissements qui, il le pense, se suspendent au détour d'une fraction de seconde. Rien ne s'entend, rien ne s'étend. Rien. Juste le silence, cette solitude fracassante qui hante ses songes, ses pensées, la moindre de ses idées. Et là voilà, cruelle, perfide, dangereuse pour l'Homme qui tente de faire abstraction d'un tas de vérités trop lourd à porter. Elle revient et s'invite, s'impose même jusqu'à ne laisser percevoir qu'elle, qu'elle parmi tout ce qui aurait pu s'installer ici, en cet instant précis. Une seconde pour des minutes, des éternités à agoniser. Et le fracas de ses membres contre le sol sale qu'il vient rejoindre, le torse pourtant fier, fort, comme toujours. Il l'a toujours été, fort, durant trop d'années, sans jamais pleinement comprendre les raisons concernées. Vaincre pour périr, c'est l'histoire la plus courante d'une humanité encore à l'orée de sa stupidité. Survivre pour finalement tomber, bêtement, par besoin de violence, par besoin d'animosité. Par besoin de sang, de douleur ; d'abréger les maux qui ornent et enserrent son cœur. Les souvenirs d'un Homme, d'une vie tranquille, finalement volée pour une parcelle de médiocrité, ne laissant plus qu'un névrosé. Elijah soupire et, là, aux alentours, il ne distingue plus qu'un néant des plus opaques, des ombres puissantes qui ne se repaître plus que de ce souffle qui s'estompe, comme bloqué dans une boucle temporelle, caveau devenu tombeau, mausolée d'un tas d'images qui demeuraient jusqu'alors cachées. Elles reviennent, pleines de sens, pleines de souffrance. Et il en baisse la tête, laissant un énième filet de sang lui échapper, franchissant la barrière de ses lèvres dans une ultime persévérance de sa part, prouver qu'il survit ; peut-être malgré lui. Puis vient le retour des vagues, cette impression de déjà-vu, ce relent douloureux qui vient frapper sous ses côtés jusqu'au creux de son ventre. Ça vient raviver les cicatrices de son dos, puis celles de ses épaules jusqu'au long de son être tout entier. Les longs coups de couteau acceptés, assumés, cette folie déversée d'une main maternelle qui aurait dû être plus douce, plus tendre. Les caresses rigides du métal qu'on laisse échapper de son arme, creusant sa chair ici et là car cible, car cauchemar pour certains. Il secoue la tête, chassant ses nombreuses minutes à s'être trouvé à genoux, comme fut un temps, comme ici, comme maintenant. Il veut chasser ces rappels, toutes ces chances offertes par un destin plus que clément, miséricordieux à ses dépends. Et s'il luttait, gagnait, c'était sans compter ce son qui lui revient tandis qu'il guette le sol, les ombres dansantes dangereusement autour de lui, ces spectres qui n'en finissent plus de s'imposer ; le tintement métallique de ce qu'on a voulu imposer à ses poignets. Le cœur serré, l'azur de ses prunelles brisé, Elijah en suffoquerait presque. La bête perd pied, retracé fut le vestige du passé, trop longtemps esquivées furent ces fresques. Aussi, il relève la tête, comme lorsque l'air new-yorkais semblait emplir ses poumons une dernière fois ; il vient lever son regard sur l'homme qui lui fait face, sur cette silhouette qui aurait pu être sa dernière, sur celle qui pourrait enfin l'être. Elijah lève le bleu de ses yeux, Elijah fait face à ce qu'il a toujours su parer ; l'inévitable fatalité.

Encore retardée. « J’crois qu’on a assez donné. » Des mots qui viennent se perdre dans l'amas de hurlement qu'il redécouvre, qui lui revienne presque aussi soudainement que ce souffle qui, il le croit, semble l'asphyxier. Il lui faut quelques secondes pour comprendre cette main tendue, cette aide offerte. Il lui faut un petit temps pour revenir à la réalité, au présent du moment. Elijah quitte ses songes, les profondeurs de son âme pour retrouver l'air pur de la surface, la tête enfin hors de l'eau, à distance des eaux troubles. Et il l'accepte, cette corde, appuie réconfortant pour l'esprit qui se croit déjà tombé. Il fait abstraction des jurons, des paroles horribles qui leur parvienne, maudissant l'homme qui se redresse sur son mètre quatre-vingt-dix tout autant que celui qui lui permet cela, une fin loin des bains de sang, loin de ce qu'ils sont venus chercher, trop lâches pour eux-même le provoquer. Ils viennent faire entendre un mécontentement certain, quelque chose qui anime davantage la salle, qui échauffe les esprits avec autant d'impact qu'auraient pu avoir les coups à suivre. Et s'il parvient clairement à les entendre, il lui faut un minimum de concentration pour écouter, cette fois-ci, revenant lentement de ses tourments ; ténèbres sinueux d'une âme qui n'a que trop vécue. Trop de questions viennent se perdre et s'ancrer dans sa tête, trop d'idées diversifiées, trop de choses qu'il n'a jamais su réellement comprendre. Parce qu'elles heurtent avec brutalité les parois de son être, chaque parcelle de sa personne comme lorsqu'il s'avouait vaincu par le piège de sa mémoire, rongé par des obscurités qu'il pensait dépassées. Elijah fronce les sourcils, Elijah veut s'avancer mais on le pousse ; une fois, peut-être deux avant que la foule ne l'avale, le décale. On le fait reculer, on lui fait perdre l'équilibre jusqu'à ce qu'il ne vienne heurter le fond de la salle. Parce qu'il n'est plus ce qu'il peut être, parce qu'il s'est vu perdre sa rage, sa rancœur, ce torrent innommable, cette agressivité. Finalement, ce besoin presque vital de sentir cette affliction. Haynes en vient à souffler, enfin, convenablement ; ou presque. Il lui faut quelques minutes pour reprendre pleinement ses esprits, pour parvenir à fermer la porte des images appartenant à ces années désormais écoulées. Il lui faut, oui, quelques minutes pour se souvenir des pas qui l'ont mené jusqu'ici et de la raison pour laquelle son sang arpente sa peau abîmée. Et ses perles claires se perdent sur sa main, sur ses phalanges blessées qui tremblent, plus que de raison, sa chevalière et la lettre inscrite venant raviver quelque chose qui s'immisce dans ses veines, poison pire que la gangrène. Il faut qu'il sorte, qu'il prenne l'air. Il faut qu'il puisse souffler, tomber ; respirer peut-être, une énième parcelle de vie qu'il ne mérite peut-être pas. Elijah cède et disparaît, tapis dans les ombres d'une ruelle peu éclairée, trop mal famée. Une seconde, puis deux, puis trois. Quelques minutes, peut-être un quart d'heure. Le temps s'écoule et la tornade d'émotions s'amenuise, doucement, heureusement. Et dans ce retour au monde, Elijah aperçoit celui qui est venu raviver sa remembrance. Il guette et attend, contemple l'homme, l'assimilant encore au flic qui s'était tenu au-dessus de lui, ce soir-là, lorsque ses mains baignaient dans le sang de celui qui s'était risqué trop près d'Elle, finalement trop près de lui. Lorsque, au final, tout son être s'apprêtait à se défaire d'une prison nouvelle, le canon de sa propre arme braquée contre sa propre tempe, logée entre ses propres mains. Plutôt l’ôtée par lui-même que des mains d'une justice ingrate et finalement trop fainéante pour avoir empêché le gamin de devenir le monstre. Il grimace, secoue à nouveau la tête, l'heure n'est plus à la démence. Aussi il ose quelques pas en sa direction, quelques pas loin d'être hésitants malgré la manière dont sa conscience se fait instable, davantage ce soir, davantage maintenant que sa solitude d'autrefois s'est faite prendre d'assaut par ces fantômes. « Tu aurais pu m'achever. » Souffle-t-il finalement une fois à bonne hauteur, cette grimace honteuse toujours accrochée le long de ses traits, un léger rire agacé s'extirpant d'entre ses lèvres avant qu'il n'y loge une cigarette, peut-être la quatrième depuis sa sortie des lieux, en laissant une autre reposée au creux de sa main ; cette même main qu'il termine par lever devant l'autre homme.

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MessageSujet: Re: It's just violence - Elijah Dim 23 Juil - 22:47

Son refus amène un écho de déception, on le hue et pas seulement lui. Son adversaire aussi en prend pour son grade mais Josef n’en a rien à foutre pour le moment puisque, la tension redescendue, la douleur lui revient en pleine poitrine. Pas celle qui tiraille ses traits et lui donne l’impression qu’une fanfare tambourine dans sa tête mais celle qui l’a trainé jusqu’ici.
L’image de Daya lui revient aussi clairement que si elle était devant lui, en larmes, le suppliant de l’écouter.
Il ne l’a pas fait, il ne voulait pas entendre une excuse toute faite, une excuse certainement à la con qu’il n’aurait pas eu la force d’avaler. Il n’arrive déjà pas à digérer l’idée qu’il ait pu être manipuler comme un connard durant toutes ces dernières semaines, ces derniers mois, Miami… Les souvenirs lui donnent des brûlures au fond de l’estomac, soulevant se dernier de rage et d’humiliation et c’est d’un geste rageur qu’il repousse ceux qui tentent de le maintenir au sein de l’arène pour achever le travail. Il finit malgré tout par atteindre le fond de la salle, sous les cris de la foule insatisfaite, restée sur sa faim.

Josef n’aspire désormais qu’à retrouver l’extérieur, sentir la fraicheur de la nuit, quelque part reposé d’avoir tant donné, reçu, frappé.
Il se perd dans ses pensées, essuie en douceur le sang qui roule le long de sa joue, histoire de ne pas trop éveiller la douleur qui le lance. Une douleur qu’il préfère à celle que Daya lui a infligée quelques heures plus tôt. Le pompier reprend enfin un souffle normal, son cœur retrouvant sa course habituelle pour laisser place cette fois à toutes les souffrances physiques que lui a infligée son adversaire. Et si pour l’heure elles étaient supportables, il se doutait bien qu’il en serait tout autre demain matin, après quelques heures de sommeil – si cela lui arrive – et le corps refroidit.
Il se surprend à dire qu’il a aimé ça. Les coups, la rage, l’animalité qui l’a habitée durant quelques minutes qui lui ont paru bien plus longue.

Les bruits de pas l’interrompt dans sa réflexion alors qu’il se retourne brièvement pour reconnaitre l’homme qui lui a donné l’occasion de se sentir vivant pour un bref instant, de se sentir autre sans l’ombre d’une culpabilité ou d’un remord.

- Tu aurais pu m'achever.

Un ricanement qui lui semble presque fou s’échappe et Josef le contemple, encore impressionné par ce qu’il dégage.

- Mais j’l’ai pas fait. Il se saisit de la clope en le remerciant d’un signe de tête. A quoi bon achever un homme déjà au sol ? J’suis pas venu ici pour montrer qui a la plus grosse.

Il tend la main pour obtenir le briquet et s’allume une clope qu’il n’avait pas fumer depuis des mois, essayant de se maintenir en forme. Mais ce soir, il n’en a plus rien à foutre.
Josef se doute qu’ici les combats servent à montrer une certaine supériorité, de gonfler un égo écrasé par la société qui font d’eux des putains de fantômes. Mais c’est pas ce qu’il cherchait ce soir. Il voulait tout simplement laisser aller cette part de rage, cette part bestiale qui ne demandait qu’à surgir et rugir mais aussi à prendre des sales coups dans la gueule. Une douleur pour en noyer une autre.
Le pompier tire sur sa clope et expulse la fumée en douceur, profitant de la douceur mortelle de la nicotine.

- T’étais un putain d’animal. Suffisait de croiser ton regard pour se demander si t’avais pas péter les plombs.

Loin d’être une critique, c’est simplement un constat, un fait. A la fois impressionné et flippé de se dire que si un type comme lui venait à péter un câble un jour, il n’y aurait qu’un tas de cadavre derrière lui. Il ne sait pas qui il est mais quelque chose dans son regard vous poussera en ce sens. La folie se lisait derrière ses deux prunelles bleutées, brillantes d’une faim qui lui semble insatiable.

- Tu fais ça souvent ou j’me trompe ?

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MessageSujet: Re: It's just violence - Elijah Jeu 24 Aoû - 22:54



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« Mais j’l’ai pas fait. A quoi bon achever un homme déjà au sol ? J’suis pas venu ici pour montrer qui a la plus grosse. » D'autres hommes auraient tenus un tout autre discours, des mots plus crus, plus durs. Des mots qui laisseraient entendre quelques regrets quant à cette décision prise de l'épargner, un sentiment qu'il ne perçoit pas ici, pas dans ces yeux-là. Il est une once de bonté, quelque chose d'incassable qui vient se perdre dans les prunelles de celui qu'il contemple et à qui il adresse un léger rictus, quelque chose qui se cache derrière une barbe finalement un peu trop proéminente. Il se contente alors de cette réponse, de cette pensée qui lui aura sauvé la mise pour ce soir, rien que pour ce soir. Des adversaires avec ces songes ne court pas les rues, davantage celle-ci, celle dans laquelle ils se tiennent encore tels deux fantômes égarés, délaissés d'un monde qui n'ont jamais su apprivoiser ; du vrai pour lui, de l'imagination pour l'autre. Aussi, il laisse un semblant de silence s'installer, profitant de ce dernier pour se perdre dans la nicotine qu'il tient à bout de doigts un peu tremblants, encore sous l'effet d'une adrénaline qui peine souvent à s'estomper dans des veines comme les siennes, avides des moindres sensations dures, pures, avides de cette rage habituelle pour le mercenaire et ses pulsions. Puis finalement, quelques mots, quelques syllabes qui s'abandonnent jusqu'à lui et qui, dans l'instant suivant, lui arracherait presque un sourire malvenu. « T’étais un putain d’animal. Suffisait de croiser ton regard pour se demander si t’avais pas péter les plombs. » A cela s'ajoute une légère douleur contre ses phalanges, contre cette main trop souvent sollicitée. Il en baisse la tête, non loin d'être honteux mais plutôt discret, la volonté de cacher qu'une vérité terrifiante réside dans des mots issus de cet inconnu. En un regard, un combat, quelques frappes échangées, il est parvenu à voir une parcelle de cette folie qui sommeille silencieusement en lui, trop difficilement maintenue par des règnes qu'il s'impose, qu'il tente de suivre ; une conduite qu'il a choisi d'essayer après avoir compris que rien, qu'aucune limite ne pouvait le tenir hors de ses ténèbres. Des profondeurs dans lesquelles il s'est perdu jusqu'à défaire l'âme de ce qui fut pour lui un père d'un corps aux derniers instants malmenés, une noirceur qui grandit et s'étend, lentement, mélodie envoûtante et effrayante même pour celui élevé aux maux, à cette sombreur délirante. Il a pété les plombs depuis trop longtemps pour parvenir à pleinement les canaliser et si cet homme-là est parvenu à sonder les tréfonds de ce qu'il pensait au moins enchaîner, il comprend que le mensonge qu'il s'impose est bien plus profond qu'il ne l'imaginait, plus qu'il ne l'aurait voulu. Les voix ne se sont pas tues, elles continuent d’œuvrer même s'il refuse d'écouter, ne serait-ce qu'entendre leurs tintements pleinement lui parvenir. Des voix qu'il choisit d'ignorer pour d'autres, en partie celle qui vient lui rappeler qu'il n'est pas seul. « Tu fais ça souvent ou j’me trompe ? »

« C'est plus compliqué que ça. » Ou pas, mais des mots sont à taire, à laisser s'estomper aussi certainement que les légères brises qui se risquent jusqu'à eux, ces silhouettes qui font aisément la différence entre une ruelle calme et malfamée. Les deux fantômes, finalement, c'est ce qu'ils sont. Lui le sait, l'a toujours été et c'est aussi ce qu'il vient deviner en relevant les yeux, perdant l'azur fracassé de ses prunelles dans celle de l'homme vers qui il s'est risqué ; d'abord adversaire puis compagnie improvisée pour quelques secondes, quelques minutes, un temps encore à calculer. « J'ai l'habitude, en tout cas. » C'est tout ce qu'il vient faire entendre, tout ce qu'il peut dire pour rassurer l'âme de celui qui le contente et attend, peut-être une réponse un peu plus travaillée que celle-ci mais qu'importe. « Ça n'était pas contre toi, si ça peut te faire avoir la conscience tranquille. Pour beaucoup, ça leur permet de passer pour des forts auprès des gonzesses qu'ils ont jamais su serrer autrement. J'avais seulement besoin... ; un soupire, un léger rire qui se perd dans l'immensité d'une ville à peine endormie. Il hésite à continuer, conscient d'être un peu ridicule ; le croit-il en tout cas. De passer mes nerfs autrement que d'ordinaire. » Et un léger geste de la main contre sa ceinture, là où règne un vide auquel il ne s'habitue pas, l'habitude d'une présence métallique accrochée à son contour. Rien cette fois, pas ce soir, pas encore. Aussi, il relève la tête, tirant quelques lattes, s'accrochant à la nicotine qui vient apaiser ses poumons, la machine infernale qui tourne depuis trop d'années en silence ; ou presque. « Et je ne me souviens pas avoir déjà vu ta tronche par ici, au fait. » Vient-il faire entendre enfin, observant avec un peu plus de calme qu'auparavant, observant les traits de celui qui se tourne finalement vers lui ; ou presque. « Non, pas même malgré ce qui risque de tenir assez longtemps sur ta gueule. » Un sourire amusé, taquin en vérité, presque en train de se vanter des coups qu'il peut encore donner ; égaux à ceux qu'il a du essuyer, d'ailleurs. « T'avais pas l'air très net non plus d'ailleurs si je peux me permettre le même compliment que celui donné. » Un léger rire, quelque-chose qui se fait sincère entre des lèvres jusqu'alors serrées. Il se décontracte presque, plus qu'il n'avait pu l'être, limite à apprécier des mots qui, quelques temps plus tôt, auraient pu le rendre bien plus hostile. « Tu as assez de force en tout cas, ça me change des autres guignoles qui peuvent passer certains soirs, quand j'suis assez con pour me perdre ici. » Parce qu'il commence à ressentir toutes les véritables douleurs qu'il se devra de surmonter en plus de son travail qui commence à fonctionner, plus qu'il ne l'aurait auparavant imaginer. Mais les mots passent vite et la réputation se fait ; peut-être finalement trop rapidement. Les images sont éternelles et si Chicago semble ne pas le reconnaître, New-York ne l'oubliera pas. Et les mots passent, la réputation se fait. Un soupire, un tourment de plus qui se ravive.

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MessageSujet: Re: It's just violence - Elijah Jeu 14 Sep - 14:01

- C'est plus compliqué que ça.

Le contraire aurait été étonnant. Pas sûr que l’on vienne en toute simplicité dans ce genre de club, le cœur en fête. A moins d’être fou, d’être avide de violence, de sang et de douleur.
Un peu comme ils le sont tous ici, finalement. En temps normal, Josef aurait pu flipper de ce besoin soudain et avide, c’est quelque chose qui ne lui ressemble pas. Il se sait changé en comparaison à ce qu’il était avant son réveil mais il le sait, du plus profond de ses tripes, que ce qu’il s’est passé ce soir n’est pas une chose commune à laquelle il se serait risqué.
Quoi qu’il en soit, l’heure n’est pas à la recherche du pourquoi du comment mais plutôt de l’écoute de son vis-à-vis qui semble enfin vouloir se montrer un poil plus bavard et sociable.

- J'ai l'habitude, en tout cas.
- J’aurai jamais parié.

Gentiment ironique, Josef esquisse un sourire douloureux.
Bien évidemment que cet ours a l’habitude de venir se cogner ici. Est-ce qu’il se montre aussi enragé chaque soir ? Josef n’en a aucune idée mais imagine assez simplement le tableau : Le genre de type qui vient dégueuler sa haine, ses frustrations, ses besoins sur cet arène improvisée. A moins qu’il ne se trompe complètement, fantasmant un tableau inexistant.

- Ça n'était pas contre toi, si ça peut te faire avoir la conscience tranquille. Pour beaucoup, ça leur permet de passer pour des forts auprès des gonzesses qu'ils ont jamais su serrer autrement. J'avais seulement besoin... De passer mes nerfs autrement que d'ordinaire.

Josef ricane, haussant les épaules, tirant sur sa cigarette avant d’en rejeter la fumée grisâtre. Il a bien envie de lui demander ce que ça donne « d’ordinaire », comment il trouve de quoi se défouler à la place de venir ici, pour cogner sur la gueule de quelques hommes en quête de virilité.
Le pompier n’a pas besoin de ça et s’il était venu à cause d’une nana, c’était surtout pour se décharger de toute la haine qui culminait chez lui. Encore maintenant, il en ressent quelques vagues bouillonnantes au creux du ventre, temporairement calme jusqu’à ce que l’ouragan ne vienne de nouveau se fracasser contre les parois de son crâne, que la rage vienne tremper ses veines d’une peine sourde, violente.
Il cligne des yeux, préférant se concentrer sur son nouvel ami éphémère, l’écoutant parler.

- Et je ne me souviens pas avoir déjà vu ta tronche par ici, au fait

Josef se tourne vers son interlocuteur, plus par réflexe.

- Non, pas même malgré ce qui risque de tenir assez longtemps sur ta gueule.
- Normal. C’est la première fois.

Un pur – et heureux ? – hasard. Ses pas l’ayant menés distraitement jusqu’ici après avoir marché un long moment, incapable de savoir combien mais suffisamment pour réussir à s’échouer ici, dans les bas-fond d’une ville endormie. Le pompier tire de nouveau sur sa clope, sourire aux lèvres. C’est vrai qu’il doit être sacrément amoché, tout comme peut l’être ce type face à lui. Ils ne se sont mutuellement pas loupés.

- T'avais pas l'air très net non plus d'ailleurs si je peux me permettre le même compliment que celui donné.

Le pompier rit en cœur avec cet inconnu qu’il commence à apprécier. A croire qu’il n’a plus le même type en face de lui. Faut dire que la différence entre l’animal affronté dans l’arène et cet homme qui ricane, presque léger face à lui, est suffisamment énorme pour penser qu’il porte en lui une double personnalité.
Pas très net… tu m’étonnes ; Josef a eu l’impression de frôler une espèce de folie étrange, puissante et viscérale, comme si, malgré tous ses efforts il n’aurait pu lutter contre cette rage qui n’attendait qu’à entrer en éruption tel un volcan sur le point de se réveiller.

- Tu as assez de force en tout cas, ça me change des autres guignoles qui peuvent passer certains soirs, quand j'suis assez con pour me perdre ici.
- Tu parles de ceux que tu brises en deux chaque fois que tu viens ici ? Josef se tourne de nouveau vers son comparse, sourire douloureux aux lèvres. Parce que t’as un putain de crochet du droit à en déchausser les dents.

Nouveau rire, il secoue la tête, se sentant bizarrement plus léger. L’adrénaline retombe, les endorphines font probablement leur boulot, il n’en sait trop rien. Tout ce qu’il constate c’est qu’il a l’impression qu’un poids libère ses épaules et sa conscience tout en étant parfaitement lucide sur le fait que tout retombera d’ici quelques minutes ou au mieux, quelques heures. Ce que lui a fait Daya n’est pas effacé, juste atténué le temps de cette conversation.

- Mais j’suis ravi de voir que mes heures passées à la boxe me servent à quelque chose aujourd’hui.


Boxe qu’il pratiquait surtout pour se maintenir en forme pour son job qui demandait d’être au taquet à tout moment et d’être dans une forme physique irréprochable.
Josef expire une nouvelle latte en silence avant de reprendre, contemplant le visage de son vis-à-vis.

- Ca va, j’ai pas tapé suffisamment fort pour que tu sois méconnaissable. Il marque une pause. Quoi que, attends de voir d’ici quelques heures quand ça aura gonflé et que tu ressembleras à Elephant Man.

Il ricane, se surprend à le taquiner comme si ça n’était pas la première fois qu’il le voyait. Le courant passe aisément, simplement, sans artifice et sans se cacher derrière quoi que ce soit, les deux hommes assumant parfaitement leur présence ici mais aussi leur côté complètement barré, suffisamment pour venir se perdre ici comme deux alcooliques dans un bar.

- J’sais même pas comment j’suis arrivé ici. Vous restez toujours au même endroit ou vous bougez régulièrement ?

Entendre par là, est-ce que l’on peut vous retrouver facilement ? Pourtant, Josef n’a pas tout de suite à l’esprit de réitérer sa présence, de venir de nouveau cogner et prendre des coups. Mais plus tard… pourquoi pas ? Il y a trouvé un certain plaisir étrange, presque malsain de faire preuve de violence sans se soucier d’un préjuger, sans craindre un jugement ou le risque même de finir en garde à vue. C’était l’endroit idéale pour déverser toutes les merdes qui pesaient sur les consciences et recevoir les coups nécessaires pour vous faire garder les deux pieds sur terre et ne pas vous prendre pour dieu.

- Et à part venir déchausser les dents de quelques guignoles, tu fais quoi « d’ordinaire » pour passer tes nerfs ? Ça fait combien de temps que tu viens te perdre ici ?

Il sait qu’il ne lui répondra pas s’il n’en a pas l’envie et Josef ne s’en offusquera pas. Les hommes sont déjà passés bien au-delà de ça avec ce qu’ils venaient de vivre, d’échanger comme droite dans la gueule.


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MessageSujet: Re: It's just violence - Elijah Jeu 21 Sep - 22:14



it's just violence
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« Tu parles de ceux que tu brises en deux chaque fois que tu viens ici ? » Un léger sourire, quelque-chose qui reste tout de même discret puisque les images reviennent et les conséquences de celles-ci également. Une main, instinctivement, se porte contre son ventre, là où réside quelques bleus des derniers combats, ceux au cours desquels peut-être deux âmes se sont perdues. Parce qu'il ne se souvient pas les avoir vu bouger, parce qu'il ne se souvient pas du moindre signe de leur part après qu'on l'ait évacué, après qu'on l'ait fait reculer. Il baisse la tête, répond tout de même au rictus de son partenaire avant de s'offrir les dernières bouffées de poison qu'il tenait. « Parce que t’as un putain de crochet du droit à en déchausser les dents. » Et pas que, malheureusement ; à ce qu'on dit en tout cas. Parce qu'à y penser, il ne regrette rien, pas même les choses qu'il a su faire par le passé, celles qui l'ont conduit jusqu'ici en réussissant à les semer. Des songes qui s'estompent, doucement, au fur et à mesure que les secondes passent et que la voix de l'autre homme ne lui revienne, compagnie agréable malgré cette première volonté à errer seul jusqu'au cœur de ces enfers. Il vient lui parler de la boxe, des heures qu'il a pu y passer et qui, ce soir, lui auront servi et il comprend mieux, maintenant, la douleur lancinante qui vient s'installer là où ses poings ont pu impacter. Il comprend mieux l’entraînement, la rapidité, l'expérience qu'il croyait percevoir de manière aisé ; surpris de s'être plus ou moins trompé. Et, tandis qu'il s'intéresse au petit groupe qui sort, un peu plus loin, il offre une légère vue de ses traits à son adversaire passé, à celui qui vient l'inspecter d'un rapide coup d’œil déjà. « Ça va, j’ai pas tapé suffisamment fort pour que tu sois méconnaissable. Quoi que, attends de voir d’ici quelques heures quand ça aura gonflé et que tu ressembleras à Elephant Man. » Un rire qui vient se mêler à celui du brun tandis qu'il essaie d'y songer, cacher ses plaies ne sera pas une partie de plaisir et celle qu'il devra rejoindre n'en sera que plus curieuse ; ce qui s’avérait être une soirée difficile commence à changer. « Attends de voir la tienne, tu veux. » Réplique-t-il le plus naturellement du monde à sa suite, osant un dernier regard vers l'antre des chiens et des assoiffés. « J’sais même pas comment j’suis arrivé ici. Vous restez toujours au même endroit ou vous bougez régulièrement ? » Et cette fois, il fronce les sourcils, cherchant à savoir où il veut en venir avant de comprendre, avant de faire le lien entre sa question et les locaux quittés plus tôt. « Ça dépend des lieux, j'imagine. J'en connais qui sont éphémères et d'autres qu'on retrouve facilement comme celui-ci. » Une réponse sincère qui, il l'espère, servira assez à son compère pour ne pas trop se faire remarquer toujours au même endroit. « Et à part venir déchausser les dents de quelques guignoles, tu fais quoi « d’ordinaire » pour passer tes nerfs ? Ça fait combien de temps que tu viens te perdre ici ? » Et finalement, tout lui revient, comme une grande claque en pleine figure. Apprendre à se taire, à ne rien supposer, arrêter de se croire plus qu'en sécurité.

Mais tout revient, tout le rattrape, qu'il le veuille ou non.

D'un bref geste de la main, le mégot est envoyé sur le trottoir, un peu plus loin d'eux et il soupire, dernière bouffée de sa nicotine qui s'estompe en une légère fumée déjà abîmée. Elijah le contemple un instant, essayant d'y lire une trajectoire, un indice quant à ce qui réside sous la rage qu'il a su percevoir, le bon sens, les notions qu'il garde de ce qu'il est venu découvrir. Mais là, derrière ses prunelles, derrière ce regard qu'il ne connaît que de ce soir et l'adrénaline atténuée, il ne perçoit pas plus de mal qu'il ne croyait devoir en voir. Les ombres restent épaisses mais inoffensives, il le croit en tout cas, le comprend à la manière dont les siennes se sont faites meurtrières ; autant pour lui que pour ceux ayant croisé sa route, son mauvais chemin. « Je rends service à des personnes qui n'ont pas d'autres choix que celui que j'offre. » Il grimace, baisse à nouveau ses traits tandis que les mots lui manquent, contrairement à sa fierté et son assurance. « Et je tiens un bar, un peu plus loin, aussi. » Continue-t-il alors, s'essayant à une note toute autre que celle qu'il était parvenu à faire résonner entre eux deux, celle qu'il s'était vu instaurer en supposant bien des choses qu'il ne dira pas, comme un gamin fier de ce qu'il est devenu, s'exaltant de ce qu'il sait faire bien que rien ne puisse devenir audible. « Tenir, c'est un grand mot. Je l'ai racheté et j'ai réussi à avoir de l'aide pour la suite. » Explique-t-il comme dans l'espoir que cette partie vienne prendre le dessus sur le reste, comme dans l'espoir que son égocentrisme ne passe à la trappe. « N'hésites pas à venir, tu pourras peut-être tomber sur bien moins robuste que moi... » Ricane-t-il en songeant aux idiots qu'il a déjà vu passer entre ses murs, ceux qu'il a presque vu ramper après s'être frottés à des bras plus entraînés. C'est une invitation en bonne et due forme, la volonté de voir de vraies âmes abîmées venir se déchaîner ; parce qu'il aime à contempler les parcelles de folie qu'il n'a jamais su s'accepter, celles qui hantent ses songes jusqu'à ce qu'il ne vienne en user, finalement bon à lier puisque esclave de ces secrets. « Essaie d'arranger ta tronche avant de réessayer et méfie-toi de ceux que tu risques de rencontrer, certains n'hésitent pas à terminer les choses plutôt brutalement. » Et il sait de quoi il parle pour déjà avoir été trop loin ; bien qu'il taise cette vérité, ce détail ravalé. Conseil d'ami, parce qu'il l'apprécie. L'humanité résiste, l'humanité persiste, là, dans les tréfonds d'une mémoire aux années tristes. « Tu fais quoi, en dehors de tout ça, si je peux me permettre ? » Car, maintenant qu'il y pense, maintenant qu'il s'attarde sur sa personne, sur la silhouette malmenée qu'il essaie de porter, ça l'intrigue, ça vient raviver une petite pointe de curiosité quant à ce qu'il est venu chercher dans son regard un peu plus tôt croisé. Cette lueur de luminosité, cette once claire de bonté ; quelque-chose qu'on apprend à reconnaître quand on en est dénué ; au moins à moitié. « J'demande, t'as pas l'air d'être un de ces connards qu'on croise souvent dans le coin. Tu sais, ceux qui ont sûrement tous les meurtres de New-York à se reprocher. » Ou pas. Mauvaise exemple, mauvaise ville. Un passé qui rattrape, un passé qui hante jusqu'à ce que son erreur ne le frappe. Idiot.

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MessageSujet: Re: It's just violence - Elijah Ven 6 Oct - 21:50

Cette soirée si merdique se métamorphose en quelque chose de plus agréable. Sensation éphémère, ça il le sait, mais il en apprécie chaque seconde, prend plaisir à partager ce moment avec ce type totalement inconnu à ses yeux. Josef devient même curieux de savoir qui il est, ce qu’il fait et prend conscience qu’il ne connait même pas son nom. Peut-être était-ce mieux ainsi ? De rien connaitre de l’autre, juste se contenter du peu que l’on sait pour mieux s’apprivoiser et s’entendre.
Cette démarche résonne comme un déjà-vu qui lui revient en pleine gueule. C’est de cette façon qu’il a appris à connaitre Judith et ce souvenir de son visage lui tord douloureusement les tripes. Si lui souffrait de la manipulation de Daya, qu’en était-il pour elle.
Il se promit silencieusement de venir la voir, pour se faire pardonner d’avoir été si froid et si sec alors qu’elle-même peinait à encaisser le choc.

- Je rends service à des personnes qui n'ont pas d'autres choix que celui que j'offre

Le pompier l’observe, fronce les sourcils, pas sûr d’avoir réellement comprit le sens de cette phrase… Dans sa tête se dessine un million de scénarios et pas toujours les plus joyeux et reluisant. Aveux à demi-mots, Josef choisit de ne pas le pousser plus loin, comprenant lorsque son vis-à-vis enchaine, qu’il n’a certainement pas envie de s’étaler sur cette partie sombre de sa vie que le pompier respecte. En temps normal, il aurait peut-être cherché, par justice ou tout autre connerie patriotique mais ce soir, tout était différent.
Il était différent.

- Et je tiens un bar, un peu plus loin, aussi. Tenir, c'est un grand mot. Je l'ai racheté et j'ai réussi à avoir de l'aide pour la suite. N'hésites pas à venir, tu pourras peut-être tomber sur bien moins robuste que moi...


Josef acquiesce, attentif.

- C’est déjà pas mal, non ?
- N'hésites pas à venir, tu pourras peut-être tomber sur bien moins robuste que moi...
- Avec plaisir. Enfin, pas pour les moins robustes. J’aime quand il y a du challenge. Josef esquisse un sourire assuré. C’est quoi le nom ?

L’idée de revoir la gueule de ce type ne lui est pas inconfortable, au contraire. Un visage amicale ne lui ferait aucun mal aujourd’hui, ni plus tard, pour les soirs où le besoin de se défouler ou de tout simplement discuter autour d’un verre se ferait sentir. La familiarité qui s’installe entre les deux hommes le surprend quelque peu. S’il était venu se perdre ici, ça n’était pas forcément pour chercher amitié ou quoi que ce soit d’autre… mais il faut croire que même les endroits un peu étranges pouvaient receler sa part de surprise.
Et en acceptant cette invitation, Josef acceptait également de se resservir de ses poings, un prochain soir.

- Essaie d'arranger ta tronche avant de réessayer et méfie-toi de ceux que tu risques de rencontrer, certains n'hésitent pas à terminer les choses plutôt brutalement.


Josef lève son regard vers le barbu, intrigué.

- Je vois que tu parles en connaissance de cause.
Sourire en coin. Mais j’en prends note, merci.

Est-ce si surprenant ? Pas tellement vu qu’il a l’air d’y être sacrément habitué, si bien que le pompier ne cherche pas à savoir s’il grossit le trait ou non. L’homme n’a pas l’air de faire dans la demi-mesure, ni d’être de ceux qui exagère.
Quant au fait d’arranger sa tronche… Disons que c’est quelque chose qui ne lui est pas tout de suite venue à l’esprit. La première chose à laquelle il pense c’est ce marathon de demain où il y croisera des collègues, sans compter ses journées de taff où ses hommes n’hésiteront pas à le regarder d’un œil étrange de voir leur Lieutenant dans un si sale état. Il ne lui restait plus qu’à trouver une histoire simple et rapide.

- Tu fais quoi, en dehors de tout ça, si je peux me permettre ? J'demande, t'as pas l'air d'être un de ces connards qu'on croise souvent dans le coin. Tu sais, ceux qui ont sûrement tous les meurtres de New-York à se reprocher.


Le pompier lève un regard franc vers son compagnon de combat, intrigué, sourcil froncé.
Deux fois que quelque chose l’interpelle, lui met la puce à l’oreille. Impossible de savoir si c’est l’intonation, le regard ou ce timbre presque de mépris ou tout autre chose qui pourrait s’y rapprocher.
Cet homme l’intrigue bien plus que la moyenne, éveillant sa curiosité. Son état d’esprit de ce soir en joue forcément, celui où l’animal prend le dessus sur l’homme, où Josef a enfin l’impression d’être qui il souhaite sans forcément tenter de coller à l’image que l’on cherche de lui depuis son amnésie. Il sait que beaucoup ne le reconnaissent pas, que certains ont lâchés prise de voir cet homme qui n’avait presque plus rien à voir avec ce Josef tendre d’avant, patient, gentil parfois presque trop ; Que le Josef d’aujourd’hui puisse parfois dérangé par sa franchise un peu dure, de ses imprévus, de ses coups de sangs.
Ce soir il se retrouve dans la peau de celui qu’il peut être, sans que quiconque ne vienne lui rappeler « qu’avant, il n’était pas comme ça ».

- Je suis Lieutenant chez les Pompiers. Il marque une pause, presque amusé par la situation. Comme si j’avais pas assez d’adrénaline pendant mes jours de taff, faut en plus que je viennes me faire péter la gueule ici.

Il rit, léger. Presque trop pour ce genre de situation mais encore une fois, il se détache de tout ce qu’il peut être au quotidien. Et en prendre conscience le soulagerait presque.

- Donc non, aucun meurtre à mon actif. Juste des vies sauvées.
Il marque une pause avant de reprendre d’un ton presque trop neutre. Quand j’y arrive.

Parce que les morts, il ne les compte plus depuis Noël, ce jour où il a vu le pire arrivé de la main de l’Homme. Josef est un bon pompier, il le sait, tout comme ses hommes sont d’une irréprochables compétences. Mais il sait aussi que beaucoup des morts qu’ils ont croisés sont indépendants de leur volonté ; Un incendie bien trop étendu pour prendre le risque de s’y jeter à moins de vouloir se donner la mort, un suicide qui, non, n’était pas un appel au secours mais bien une volonté farouche de vouloir en finir avec la vie. Bref, tout un panel d’évènement malheureux qu’ils ne peuvent contrôler, heureusement souvent remplacer par des situations bien plus encourageantes comme un accouchement improvisé dans les escaliers d’un immeuble ou le sauvetage d’un gamin coincé dans une bouche d’égout.
Son attention se recentre sur cet homme qui, ce soir, l’intrigue. Josef tire une dernière latte avant de jeter son mégot dans le caniveau humide, glissant ensuite les mains dans les poches.

- Et t’entends quoi par rendre service à des personnes qui n’ont pas d’autres choix que celui que tu offres, si j’peux me permettre ?


Finalement, la curiosité à prit le pas et Josef ne regrette pas sa question, au contraire, il l’assume en ne détachant pas son regard de son vis-à-vis.

- J’suis pas là pour juger, je m’en fou. J’suis juste curieux.


S’il s’en fou VRAIMENT ? Foncièrement, oui et non. Oui parce qu’effectivement, il n’est pas là pour juger, se défaisant lui-même de sa peau quotidienne, de l’homme qu’il est chaque jour pour enfin abandonner tout artifice. Et non, puisque sa conscience humaine pourrait certainement s’en trouver malmener. Mais Josef saura faire avec, il en a la conviction.

- On peut aussi en parler autour d’un verre, il doit y bien avoir un bar encore ouvert dans le coin.
Il appuie ses mots en jetant des regards à droite à gauche, au cas où une enseigne lui ferait de l’œil. Ou on peut tout aussi bien prendre quelques bières et boire comme deux clochards sur un banc dans un parc.

Josef se tourne vers l’homme, sourire presque taquin aux lèvres.

- Promis, c’est pas un rencard. Il tend la main vers son adversaire qui ne l’est plus en cet instant. Josef.

Qu’il puisse enfin mettre un nom sur ce visage et ce regard si animal.

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MessageSujet: Re: It's just violence - Elijah Lun 9 Oct - 21:27



it's just violence
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« Je suis Lieutenant chez les Pompiers. » Bah putain. Il fronce les sourcils une énième fois, venant planter son regard sur celui qui lui fait face, sur cet homme-là, cette part de clarté perdue dans les ombres. Un rire, un sourire, quelque chose qui vient fendre la barrière de ses lèvres pour laisser un soupire s'extirper du fond de sa gorge. De la surprise, oui, bordel, une grosse surprise. Il commence à avoir le don pour les attirer, pour les mener jusqu'à lui sans pleinement le vouloir, stupide, trop stupide que de s'intéresser à ceux qui viennent rejoindre ces mêmes ténèbres. Mais, finalement, il n'arrive pas à regretter, parce qu'il est doté d'une sympathie qu'il n'a encore que trop rarement vu ; hormis en ceux qui lui sont chers, bien assez pour les avoir aimé jusqu'à ce qu'ils terminent par le faire en retour. Malgré tout, malgré tout ce qu'il peut être, ce qu'il a su être, malgré bien des méfaits, des erreurs, des faux-pas, ce sang sur ses mains qui n'a jamais vraiment eu le temps de pleinement sécher. Un nouveau rire, vraiment, tandis qu'il passe en revu les derniers souvenirs qu'il porte de ce connard de Nathan la poitrine déchiquetée après que tous ses 'codes' lui aient échappé. Il devrait s'en aller, lui épargner jusqu'à ses mots gangrenés. Et pourtant, pourtant. « Comme si j’avais pas assez d’adrénaline pendant mes jours de taf, faut en plus que je viennes me faire péter la gueule ici. » Bien-sûr, qui en a assez ? Question silencieuse qui se pose sans qu'aucune réponse ne vienne s'imposer dans sa tête. Parce qu'il n'en a jamais assez, loin d'être sevré, même quand le glas retentit, quand la balle sévit. Elijah s'en abreuve mais s'en rassasie pas. « Donc non, aucun meurtre à mon actif. Juste des vies sauvées. » Et la conscience tranquille aussi, sûrement. Une main amicale se pose instinctivement dans son dos, le mercenaire songeant à Dexter un instant, un court instant, à cet homme qu'il a forcé – plus ou moins – à se salir les mains. De la culpabilité, la seule qu'il aura jamais. Puis finalement. « Quand j’y arrive. » Un sourire qui lui laisse entendre qu'il comprend, en un sens, ce qui peut se tramer dans un esprit en peine de répit mérité. Il aimerait lui dire que ça ne hante pas les songes si longtemps, pas plus longtemps qu'on l'imagine mais il s'en abstient, convaincu que ces dires ne soient pas à sortir. Quant à lui, il demeure silencieux, l'imitant quand il termine sa cigarette, glissant instinctivement une main contre ses traits pour en essuyer le sang qu'il croit perler contre ceux-là mais rien, rien qu'un tour de ses sens pour lui faire entendre qu'il est dans un mauvais état ; il n'en doute pas. Il lui faudra prendre sur lui, guetter les moindres allés de sa bien-aimée pour éviter de trop lui exposer ses ratés. Parce qu'il aime à avoir l'avantage et s'il est parvenu à l'avoir plus souvent que l'inverse, ce soir Elijah a comprit que les vents savaient quand tourner.

Et il s'était imprégné d'un silence nouveau, de cette absence de tout pour ne laisser que cette présence agréable, loin d'être détestable. Avant qu'il n'y revienne, curieux, intrigué. « Et t’entends quoi par rendre service à des personnes qui n’ont pas d’autres choix que celui que tu offres, si j’peux me permettre ? » Et il ne le quitte pas des yeux, il insiste même comme désireux de le voir s'étendre sur ce putain de sujet. Et Elijah regrette, il regrette d'avoir été si bavard, stupide aussi, surtout. Un peu trop. « J’suis pas là pour juger, je m’en fou. J’suis juste curieux. » Un peu trop aussi, d'ailleurs. Ça l'amuserait presque et durant un instant, une fraction de seconde, il est tenté de faire entendre la vérité. Comme ça, le tester, voir jusqu'où il pourrait s'en trouver désorienté. S'abstenir, il doit s'y tenir. « On peut aussi en parler autour d’un verre, il doit y bien avoir un bar encore ouvert dans le coin. » Possible, oui, comme souvent dans ces coins plus malfamés les uns que les autres. Il s'offre une dernière latte, la toute dernière avant de laisser son mégot rejoindre le bitume sale sur lequel il se tient ; regrettant, vraiment, parfois ses contrées irlandaises. « Ou on peut tout aussi bien prendre quelques bières et boire comme deux clochards sur un banc dans un parc. » Oui aussi, cette fois, il ne s'en cache pas pour rire, contemplant à son tour les alentours comme dans l'espoir de trouver une enseigne pour leur épargner cette image, quoi que, non pas que ça le dérangerait. Sauf si... « Promis, c’est pas un rencard. » Merci qu'il murmure, lui qui commençait à s'inquiéter. « Josef. »

Une main qui se tend de nouveau de la part du mercenaire, lui qui tient à réellement officialiser les choses. « Elijah. » Dit-il simplement avant de s'offrir une énième cigarette, seul moyen en sa possession pour oublier la douleur et ses pressions. « C'est toi qui voit, il y a un de ces connards d'arabes qui est encore ouvert un peu plus loin ou un pub irlandais que j'affectionne assez à quelques rues ; laisse-t-il entendre, toujours si fier de ses origines, de ce qu'il est, de ce sang qui coule au cœur de ses veines et qui, en vérité, tache encore ses mains et son arcade. Mais va falloir marcher et prendre ce vent en pleine gueule, autrement dit ça risque de piquer un peu. » Termine-t-il en l'invitant à déjà faire quelques pas, prêt à attendre sa réponse quant à ce qu'il trouverait à dire sur ces deux possibilités, curieux de voir aussi s'il saisit sa hargne contre les étrangers ; oubliant parfois qu'au cœur de Chicago, il en est un parmi tant d'autres. « Quoi que, c'est encore léger. » Changement de sujet, quelques pas avancés comme pour rejoindre une partie de la ville un peu plus animée. Parce qu'ils se sont enfouis là où ne semble subsister aucune vie, là où la nuit règne, ruelles que les gens craignent. « Tu sais quoi, vu ta tronche, je pense qu'on va éviter de trop se mettre à la lumière. » Vient-il finalement plaisanter, prenant les devants, menant la danse jusqu'à l'épicerie la plus proche, osant entrer, enfournant ses mains dans ses poches quand il croise enfin le regard d'un branleur du coin, visiblement employé des lieux. Ça lui arrache un regard méprisant, quelque chose qu'il fait ternir sur sa personne pour finalement s'en détourner et s'en remettre à sa compagnie improvisée pour la soirée. « Des bières ou ça ? » Il désigne un whisky, probablement l'un des meilleurs, osant déjà caresser le verre froid du bout des doigts. « Tu sais quoi, répond même pas, c'est pour moi. » Une bouteille, une deuxième, un petit rab – qui sait – pour jusque chez lui lorsqu'il rentrera un peu plus tard dans la nuit. Quoi que. La caisse passée, le billet balancé, la monnaie récupérée, c'est en s'offrant une gorgée d'air frais qu'il en revient à l'intéressé de sa soirée. « Au pire, j'habite pas loin ; des mots qui s'estompent doucement, le quadragénaire reprenant la cigarette laissée à l'entrée toujours allumée. Promis, c'est pas un rencard. » Des mots qu'il réutilise, qui viennent s'installer là, entre ses lèvres qui s'arment d'un sourire pour en revenir à ce qu'il croyait voir s'imposer comme sous-entendus. Et il pourrait lui dire, il pourrait lui faire comprendre que, finalement, se justifier n'a fait qu'éveiller ses soupçons, un fond taquin qu'il choisit de mettre en veilleuse. Rien que ce soir, parce qu'il sait qu'il y en aura d'autre. Il le sent. Il est une noirceur qui l'intrigue chez Josef comme possiblement l'inverse, qui sait, après tout, sa langue déliée ce soir en témoignant à tous les coups.

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It's just violence - Elijah

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