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 It's just violence - Elijah

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MessageSujet: Re: It's just violence - Elijah Mer 18 Oct - 14:38

- Elijah.

Il imprime, acquiesce.

- C'est toi qui voit, il y a un de ces connards d'arabes qui est encore ouvert un peu plus loin ou un pub irlandais que j'affectionne assez à quelques rues. Mais va falloir marcher et prendre ce vent en pleine gueule, autrement dit ça risque de piquer un peu.

Il se redresse, piqué au vif, pas sûr d’avoir bien compris ce qu’Elijah vient de sortir sur un ton naturel, des plus normal. « Un de ces connards d’arabes ». Josef se sent atteint au cœur de ses origines tunisiennes mais décide de ne pas s’emballer, serrant le poing en silence.
Manquerait plus que ça qu’il ait à faire à un de ces connards de raciste qui crache sur la gueule de ces épiceries qui monopolisent le marché du travail américain mais que l’on est si heureux de trouver encore ouvert à 23 heures pour venir trouver de quoi se saouler un peu plus la gueule.

- Quoi que, c'est encore léger.

Josef le suit sans broncher, haussant simplement les épaules sur la démarche à suivre. Il s’en fout de savoir si ça piquera ou non, à ce stade il n’est plus à ça près. Entre ce qu’il est actuellement entrain de digérer en dose de colère et d’amertume et la douleur qui lui frappe encore les tempes et toutes zones de son visage, il est encore capable d’encaisser quelques pas vers un bar.

- Tu sais quoi, vu ta tronche, je pense qu'on va éviter de trop se mettre à la lumière.

Le pompier ricane, moqueur.

- Parce que tu crois que ta gueule à toi est présentable sous les néons et lampadaires ?

Rien de plus agressif en type de luminosité si vous voulez avoir l’air encore plus amoché que vous ne l’êtes déjà. Les deux hommes effectuent quelques pas vers l’épicerie concerné et Josef saisit l’occasion pour observer Elijah évoluer dans un milieu qu’il déteste visiblement. Celui des étrangers. Il ne manque ni son regard de mépris, ni le soin qu’il prend à esquiver le regard de l’employer qui nous accueille d’un « Bonsoir » teinté d’un léger accent que Josef se plait à entendre. Dommage qu’un mec avec qui il s’entend si bien devait être aussi con sur ce genre de sujet… parce que le pompier le sent venir, ce type bien lourd sur l’histoire du patriotisme et toute la merde qui en découle derrière.

- Des bières ou ça ?

Josef ouvre la bouche mais se fait devancer.

- Tu sais quoi, répond même pas, c'est pour moi.
- Merci. La prochaine sera pour moi.

Il le laisse prendre une bouteille, puis deux, s’amusant sournoisement de le laisser payer, se demandant si son comportement aurait été le même s’il était au courant de ses origines. C’est presque mesquin de ne rien dire mais il en prend un plaisir coupable. Un peu comme les homophobes se liant d’amitiés avec un gay sans qu’ils ne le sachent.
Mains dans les poches, le pompier suit son nouveau compagnie qui va peut-être s’avérer éphémère et aspire une bonne bouffée d’air frais non sans manquer de grimacer sous la douleur.

- Au pire, j’habite pas loin. Promis c’est pas un rancard.
- T’es sûr ? Tu vas m’foutre le doute, tu m’invites chez toi là quand même.

Il est tout aussi taquin que son vis-à-vis, chercherait presque à le foutre mal à l’aise pour plaisanter un peu. Pourquoi se priver lorsque l’on se doute qu’il semble sensible sur certains sujets fâcheux pour lui.
Et Josef décide même d’enfoncer un peu plus le clou.

- Va pour chez toi sauf si passer la soirée avec un de ces connards d’arabes te pose problème ?

Ca sort naturellement, avec le sourire en prime et les mains dans les poches. Il jauge, ne le lâche pas du regard. Josef n’a pas honte de ses origines et il lui est tout simplement impensable qu’il puisse en taire l’existence pour ne pas froisser ce nouvel « ami ».

- Origines Tunisiennes. Il sort de sa poche un paquet de clope tout écrasé où il doit lui en rester au moins une qu’il glisse entre ses lèvres, accompagnant Elijah. Et t’as vu, j’t’ai rien volé. Il écarte une main comme pour appuyer ses mots. Comme quoi les clichés n’sont pas toujours vrais.

Il ne peut pas être plus ironique et ce, sans se défaire de son sourire. Josef est bien conscient qu’il ne refera pas la mentalité d’Elijah à ce sujet mais il ne voit pas pourquoi il devrait hésiter à l’ouvrir alors que son vis-à-vis ne s’est absolument pas gêné pour laisser voir sa façon de penser sur les étrangers.
Il tire une première bouffée sur sa clope un peu abîmée avant d’en souffler la fumée et de reprendre, toujours le sourire aux lèvres.

- Alors, est-ce que le bon vieux patriote Irlandais que tu es va prendre le risque de se mélanger à nous autres ?

Il pousse encore un peu plus le vice, en est parfaitement conscient mais sur une note d’humour dont il ne se sentait pas encore capable à ce stade. Et pourtant. Cette soirée est surprenante sur bien des plans.

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MessageSujet: Re: It's just violence - Elijah Mar 24 Oct - 23:35



ft. Josef
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« T’es sûr ? Tu vas m’foutre le doute, tu m’invites chez toi là quand même. » Un clin d’œil tandis qu'il reprend sa démarche, les pas entrepris tandis qu'ils se dirigeaient là où les pas peuvent les mener. Elijah en soupire, savourant l'air frais qui lui parvient jusqu'aux poumons, cette impression d'un peu de vitalité retrouvé, continuant dans sa lancée. Ça, jusqu'à ce nouvel écho, ces nouveaux mots qui lui parviennent dans son dos. Elijah tique, un instant, rien qu'un court instant comme pour s'assurer qu'il ne loupera rien des dires de ce nouveau compère. « Va pour chez toi sauf si passer la soirée avec un de ces connards d’arabes te pose problème ? » Des mots repris qui viennent s'ancrer en lui de manière un peu terne, un peu violente. Il détourne le regard, laisse ses perles claires joncher les alentours avant d'en revenir à la masse qui le suit, cet homme qui lui a épargné finalement une très mauvaise nuit. Et il ne parvient pas à tout saisir, à tout assembler bien que ses songes s'en soient pourtant chargé. Il sait ce qu'il sous-entend, une légère pointe de colère quant à des dires qui lui paraissent finalement trop naturels. Elijah en oublie que ce monde-là n'est pas le sien, qu'en ces rues subsistent des âmes amoureuses de l'inconnu. Puis le silence se fend sous les nouveaux mots de l'homme qui l'accompagne, celui qui ne s'en cache pas, bien décidé à lui faire face malgré la manière dont le mercenaire semble subitement se fermer. C'est instinctif, direct, incontrôlé. « Origines Tunisiennes ; la claque, la rancœur un peu aussi. Pourtant, il n'en dit rien, se contentant de le guetter, d'attendre davantage comme pour se convaincre – pour une fois, rien qu'une fois en ce qui concerne ce sujet – qu'il se soit trompé. Et t’as vu, j’t’ai rien volé. Une cigarette qui se bloque entre ses lèvres, imitant le quadragénaire qui se défait de la sienne, laissant un nuage de fumée s'extirper de sa gorge pour venir se frayer une envolée dans l'air qui caresse encore les plaies vives de ses traits. Comme quoi les clichés ne sont pas toujours vrais. » Parce qu'il marque un point, Elijah s'arme d'un maigre sourire, prêt à oser se détendre, laisser tomber une vérité qu'il aurait peut-être préféré ignoré ; bien qu'il soit finalement honoré de cette honnêteté qu'on peine désormais à rencontrer. Josef en use, le plus naturellement du monde tandis qu'il guette à son tour l'homme qui, dans d'autres circonstances, s'en serait simplement allé après l'avoir certainement insulté. Mais pas ici, pas cette fois, pas après l'avoir presque apprécié avant que ça ne vienne se balader dans son esprit. Puis. « Alors, est-ce que le bon vieux patriote Irlandais que tu es va prendre le risque de se mélanger à nous autres ? » La question se pose et un sourire s'ancre sur les lèvres du mercenaire qui, enfin, daigne en revenir à celui qui l'énonce. Il le toise rien qu'un petit moment, assez pour ne pas en perdre son sourire, ce rictus bien plus sincère qu'il n'aurait pu l'être si les circonstances avaient été toutes autres. Non, parce qu'il n'arrive pas à se concentrer là-dessus, parce que cette haine ne l'atteint pas lui.

« Ai-je vraiment le choix ? » Sa voix rocailleuse s'élève, reprenant quelques secondes de monopole tandis que l'azur de ses prunelles s'éclaircit malgré ça. Il ne s'y focalisera pas. Raison pour laquelle il l'invite presque à continuer la route qu'il compte suivre, mimant un ridicule geste d'une main armée d'une bouteille qu'il compte de toute manière décimer, qu'il décide ou non de l'accompagner. Chose qu'il fait, chemin qu'il rejoint. Elijah l'imite ensuite, continuant sa marche malgré les pensées qui – en vérité – montent encore lentement jusqu'à cette âme rongée par l'horreur de l'étranger. Mentalité forgée par les années, idées qu'il ne pourra plus jamais esquiver mais à laquelle il ose quelques exceptions injustifiées ; ou peut-être que si, en vérité. Nulle frontière ne bloque l'humanité, celle dont il se gorge depuis quelques temps, depuis que sa Belle s'est immiscé dans ses profondeurs jusqu'alors délaissées. Et puis, au final, il reste de ceux qui ne sont également pas chez eux. Y songer ravive un léger sourire qu'il gardera tout au long de la discussion jusque sous sa porte, jusqu'aux abords d'un bar qu'il aime de plus en plus à gérer, d'un endroit dont les carreaux colorés sont encore éclairés. Mais il s'épargne le regard de Shawn, il s'épargne l'attention des clients présents, choisissant une porte qu'il croyait bloqué vu le peu d'utilité qu'elle peut avoir mais qui termine tout de même par s'ouvrir sous ses coups de clés. Quelques marches, un bref regard sur l'obscurité qui règne entre ces murs malgré les panneaux lumineux donnant droit dans son séjour. Il s'y est habitué, s'est surpris à apprécier les nuances de couleurs qui frappent son intérieur. Parce qu'il subsiste ici, constamment, une part de ténèbres en laquelle il se fond confortablement. « Installe-toi, fais comme chez toi. » (*) Souffle-t-il tandis qu'il laisse son manteau rejoindre l'un des sofas dans un geste de main rapide, ne quittant pas encore les bouteilles achetées, celle qu'il ne daigne à poser qu'une fois les verres amenés. Un bref coup d’œil sur son téléphone, sur les messages qui pourraient s'y perdre avant de constater que rien ne vient cacher la photographie choisie comme fond d'écran à peine croisé. Des heures. Des heures avant que Jade ne s'éveille d'un endroit qui lui reste inconnu, d'ombres auxquelles il n'a pas accès. Et c'est un soupçon de colère qui remonte le long de sa gorge, un goût amer dont il cherche à se défaire, le besoin de calmer ses névroses jusqu'à pleinement les faire taire. Essayer. « Qu'est-ce qui t'a mené là-bas, sans indiscrétion ? » Il omet les tourments qui le hante, les nombreuses questions qu'il a fait remonter rien qu'en pensant à sa bien-aimée. Il omet aussi les origines connues de celui qui s'est enfin assit, celui qu'il vient servir d'un fond de whisky avant que son regard, instinctivement, ne dévie. Il perd un léger regard sur les photos de Jade toujours accrochées au mur, celles qui entourent la dernière qu'ils sont parvenus à faire, la preuve même de son retour à la vie. Parce qu'elle est la raison pour laquelle il a repris ce pourquoi ils se sont frappés au départ avec envie. Taire un Loup trop endormi, aux sens engourdis, l'esprit piégé par sa folie. « Et ne me dit pas le hasard, il y a toujours une cause derrière l'errance des gens. » Souffle-t-il finalement, se reprenant doucement, grimaçant en s'installant.  

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MessageSujet: Re: It's just violence - Elijah Sam 4 Nov - 20:42

-  Ai-je vraiment le choix ?

Le choix, il l’a entièrement. A lui de voir s’il préfère bousiller ses chances de passer une bonne soirée ou s’il favorise ses avis tranchées et arriérées. Josef n’a pas loupé le regard du barbu lorsqu’il lui a claqué sans pudeur aucune que ses origines trempaient dans ce qu’il détestait. C’est con parce que ça lui terni un peu l’image qu’il était entrain de se faire de ce type totalement inconnu. Après tout, nous ne sommes pas parfaits et chacun porte ses tares et défauts. Disons que ça serait celle d’Elijah si ce dernier pouvait consentir à foutre de côté ses rancœurs stupides envers des êtres humains normalement constitués aux origines différentes.

Le pompier ne s’attendait pas à ce sourire mais il imagine que c’est mieux que rien vu les circonstances. Mieux encore, il l’invite à poursuivre sa route. Reste plus qu’à espérer que ça n’est pas un de ses putains de malade près a éventrer tout étranger croisant étroitement leur route. Josef le suit malgré tout sans broncher, un léger sourire sur les lèvres. Vous voyez, avec un peu d’effort, il n’est pas si compliqué d’ouvrir les yeux sur la simple humanité.
Les deux hommes s’approchent d’un bar que le pompier observe en silence, essayant de voir au travers les carreaux grossièrement colorés dont il ne voit que des lumières vacillantes et quelques ombres qui s’agitent, accompagnés d’éclats de voix de personnes qui, de ce qu’il entend, respire la joie de vivre et de boire.
Quelques coups de clés et Elijah ouvre la porte, poursuit de quelques pas et le pompier peut observer une obscurité teintée d’un faible éclairage des néons extérieurs. Ca donnerait presque l’allure d’un décors de film des années 80.

- Installe-toi, fais comme chez toi.
- T’es sûr ?

Il le taquine encore ouvertement sur ses origines et ne voit pas pourquoi il devrait rougir de ces dernières. Fallait pas lui tendre la perche et lui faire comprendre qu’il possédait visiblement une allergie pour ça. C’est certainement pas Josef qui se privera de lui rappeler avec qui il est.
Il vient rejoindre le manteau d’Elijah sur le canapé et s’y avachit sans retenu avant de se redresser, jetant des regards presque curieux sur les environs. Il fait sombre, à croire que l’animal vit finalement dans une sacré grotte… Mais ça n’est pas pour le déranger. Après l’agitation, le mouvement et les lumières, après la haine, les cris, la colère et la rancœur, un peu de calme ne lui fait pas de mal. Ses pensées divergent vers Daya et Josef cligne des yeux, refusant de se gâcher ce court moment d’accalmie. Elle reviendrait hanter ses pensées bien assez tôt, voir d’ici quelques heures où il se repassera en boucle le film qu’il vient de vivre. Judith, les photos, tous ces putains de mensonges montés de toute pièce pour les berner tous les deux.

- Qu'est-ce qui t'a mené là-bas, sans indiscrétion ?

… Ou peut-être qu’Elijah le forcera à refoutre le nez dans la merde. En quelque sorte.
Josef récupère le verre d’alcool et remercie son comparse d’un signe de tête silencieuse.

-  Et ne me dit pas le hasard, il y a toujours une cause derrière l'errance des gens.
- C’est que t’es un poète toi en vrai.

Il ricane, un peu amer c’est vrai. Rien contre l’autre bourru mais plutôt pour la situation alors qu’il avale une première gorgée de whisky, appréciant cette chaleur le long de son œsophage.

- Une femme.

Sa voix lâche ces deux mots d’un ton presque mauvais, abattu.

- J’me suis juste rendu compte qu’elle me menait en bateau depuis quelques temps et qu’elle s’en tapait une autre – ou presque – dans mon dos. Tout ça pendant que j’essayais comme un clébard de la récupérer.

Josef lâche un rire acide, bourré d’ironie. Dire qu’il la mauvaise est un putain d’euphémisme. L’image de Daya s’est métamorphosée, laissant derrière elle celle d’une femme qu’il déteste plus que tout ce soir, se sentant blessé, manipulé et souillé. Il sait même pas pourquoi il en parle à ce parfait inconnu mais au point où il en est, qu’est-ce que ça peut foutre ? Ca s’trouve il ne reverra jamais ce type – ce qui serait dommage, il l’aime bien – mais même, ça n’est pas le sujet.
Il a l’impression que partout où il passera, elle sera là. Toujours. Dans un geste, un parfum, une voix ou une image. Foutu obsession.

- Quand je l’ai su j’ai été réglé mes comptes. Ou plutôt j’ai été gueulé tout ce que j’avais à lui gueuler avant de me casser. Puis j’ai marché et la suite, tu la connais. Ta gueule aussi la connait. Il marque une pause alors qu’il glisse un regard amusé vers Elijah. La mienne aussi d’ailleurs.

Il grimace légèrement sous ce léger soubresaut qu’est son rire avant de reprendre une autre gorgée d’alcool qui soulagerait presque les douleurs brûlantes qu’il porte sur le visage.
Josef n’oublie pas Judith qui doit être entrain de cuver sa propre rage de son côté, à sa façon. Il resonge à cette femme qu’il considère sincèrement comme l’une de ses amies les plus proches et il n’est pas surprit de ressentir une véritable peine pour elle. Puisque si le pompier se trouve être le cocu de l’histoire – ou presque -, Judith possède désormais la place de celle que l’on utilisé, manipulé… pour qui, pour quoi ? Il n’en sait foutrement rien mais il imagine aisément l’humiliation qu’elle doit ressentir. Josef se promet encore une fois qu’il ira la voir, lui parler, s’excuser aussi d’avoir été un poil brutal et au pire des cas, ils iront se bourrer la gueule tous les deux comme ils savent si bien le faire.

- Bref, j’suis pas sûre qu’elle mérite vraiment à ce que j’aille me faire péter la tronche dans ce club mais ça a eu le mérite de me faire du bien. Au moins pour quelques heures.

Le pompier n’est pas dupe, les émotions finiront pas retomber à un moment ou à un autre.
Josef se laisse un peu aller contre le dossier du canapé, son regard se perdant sur les murs de l’appartement assombri. Ses yeux captent quelques photos de femme, la même à chaque fois. Il les pointe du doigts, verre dans la main.

- C’est ta frangine ? Ta nana ? C'est pour elle que t'étais là bas ?

Ou peut-être à cause d'elle.

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MessageSujet: Re: It's just violence - Elijah Jeu 9 Nov - 18:14



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« C’est que t’es un poète toi en vrai. » Il fronce les sourcils un instant avant d'y songer, de se rappeler toutes les critiques qu'il avait pu essuyer quant à sa manière de parler. Et un sourire, bref, léger, qui vient s'installer. Elijah n'en dit rien, se contentant seulement de siroter ce qu'il tient entre ses mains. Parce qu'il lui faut taire ce qui hante sa gorge, ces quelques syllabes qui pourraient briser toute poésie à l'instant tant Josef lui en donne envie. Et finalement. « Ta gueule. » Un soupire, un sourire un peu plus franc quand il en revient à celui qui s'est exprimé, même malgré la nature de ses dires énoncés. Il en a l'habitude et il ne le blâmera pas, au contraire, avide de taquinerie qu'il peut être en mesure de retourner ; ça, au bon moment, quand il saurait le trouver. Et si la plaisanterie avait suffit à apaiser un peu l'ambiance et les sens du mercenaire enfin détourné de ses pensées, c'est autre chose qui vient l'y ramener, la réponse même de celui qu'il a invité. « Une femme. » Et quoi d'autre si ce n'est celles-ci, ce genre-là. Elijah en baisse un instant les traits, tout autant que celui dont la voix s'est faite presque médisante. « J’me suis juste rendu compte qu’elle me menait en bateau depuis quelques temps et qu’elle s’en tapait une autre – ou presque – dans mon dos. Tout ça pendant que j’essayais comme un clébard de la récupérer. » Mais ces mots-là, ceux qu'il vient lui faire entendre, ça l'amène à lever les yeux, à afficher un regard surpris tandis qu'il analyse le tout. Le mec, trompé par sa gonzesse qui s'en est tapé UNE autre. Merde. Une légère grimace qui vient se dessiner le long des traits du quadragénaire tandis qu'il se retient tout commentaire au vu de ce que Josef laisse échapper, ce rire amer. « Quand je l’ai su j’ai été réglé mes comptes. Ou plutôt j’ai été gueulé tout ce que j’avais à lui gueuler avant de me casser. Puis j’ai marché et la suite, tu la connais. Ta gueule aussi la connaît. Un énième rictus et leur regard qui s'entrecroise. La mienne aussi d’ailleurs. Oui, aussi, parce qu'il a fini à genoux mais, contrairement à celui avec qui il s'est assit, il n'a pas mesurer ses coups. Bref, j’suis pas sûre qu’elle mérite vraiment à ce que j’aille me faire péter la tronche dans ce club mais ça a eu le mérite de me faire du bien. Au moins pour quelques heures. » Du bien sur l'instant. Il ne connaît que trop bien cette sensation, cette impression de légèreté qui, rapidement, se perd dans les limbes d'idées prêtes à tout briser. Il s'est laissé bercé par celles-ci, plongé la tête la première dans sa solitude tortionnaire lorsqu'il s'est enfuit, loin d'avoir compris qu'elle serait désormais toute sa vie. Ça, pour une femme. Une femme. « C’est ta frangine ? Ta nana ? C'est pour elle que t'étais là bas ? » Et son regard en revient à l'homme, à celui qui lève sa main armée de son verre vers les photos un peu plus tôt esquivées.

Il les contemple, un instant, rien qu'un court instant, assez pour s'y perdre et s'en imprégner. Il contemple le sourire de la jeune femme, cette impression que rien n'aurait pu briser tout ce qui s'était passé, tout ce passé. Un soupire, un regard nostalgique de quelques mois passés en une compagnie qui n'a finalement fait qu'alimenter sa folie. Elle est la raison pour laquelle il survit mais aussi la raison pour laquelle il se sent parfois un peu plus détruit. Elle est le paradoxe de sa vie. « Ma nana ; qu'il vient répondre brièvement tandis qu'il en détourne le regard, tandis qu'il en revient au liquide ambre qui danse dans son verre avant de revenir à l'encontre de ses lèvres abîmées. C'est pour elle que j'y vais, pour lui éviter des choses qui, par le passé, ont tout compliqué. » Et il ne prend pas conscience du double-sens, Elijah ne vient pas s'imaginer que pour ces mots-là, des détails, même mensongers, auraient été nécessaires. Non, au lieu de ça, il ressasse ce dernier soir, cette impression que tout bascule. Les larmes de la belle, son sang qui coule, qui souille, les lacérations d'un dos presque semblable au sien et la rage, ce voile rougeâtre venu se perdre le long de son regard, ce trou noir dans lequel il a basculé jusqu'à ce cœur littéralement arraché, jusqu'à ce déclic métallique contre sa nuque, jusqu'au bruit des menottes qu'on lui passe ; jusqu'à ce dernier coup de feu, jusqu'à ce corps qui s'effondre dans son dos et cette liberté que Dexter lui rend. Jusqu'à ces derniers pas, ces dernières heures de route pour fuir les conséquences qu'auraient pu avoir ses actes à son encontre. Et elle en a payé le prix, quant à elle, seule, isolée, malmenée pour des méfaits commis en pensant qu'il pourrait l'en protéger. Idiot. Il grimace, secouant rapidement la tête comme pour essayer de vaincre cette mémoire trop précise pour des événements qu'il aurait préféré voir se ternir aussi certainement que tout ce qu'ils ont tout de même engendré. « J'ai... ; il hésite, cherche ses mots, s'imagine qu'ils ne se reverront probablement pas. Et peut-être que ce serait mieux dans ce sens-là, même malgré cette conversation des plus naturelles qu'ils parviennent à avoir. Parce qu'il est, en Josef, quelque-chose qu'il croit reconnaître, quelque-chose qu'il croit similaire à ce qui subsiste au plus profond de lui. Peut-être que Haynes aurait pu suivre le chemin qu'a choisi cet homme-là, peut-être qu'il aurait pu être lui, si tout ça ne s'était pas déversé sur lui, rendant misérable et sombre sa petite vie. J'ai tendance à perdre facilement le contrôle. Je... Je n'suis pas de ceux qui parviennent à tendre des mains quand l'autre est à terre. » Un clin d’œil et une avancée dans ce qu'il est, des suppositions qu'il vient trahir pour qu'il comprenne, qu'il parvienne à saisir. « Je le fais pour elle, pour ce que j'aimerai... avec elle. » Et c'est honorable, en un sens, pour une personne de son genre néanmoins paradoxale, pour l'animal qu'il a su montrer. « J'ai l'espoir naïf de croire que, tout ça ; un bref geste de la main pour désigner la tête de Josef, puis la sienne. Tout ça pourrait m'aider alors que ça ne fait que tout empirer. Ça calme, tu l'as dit. Mais ça calme un temps, sur l'instant, et ça, par contre, tu t'en rendras compte bien plus tard dans la nuit. »  

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