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 tell me we're not crazy, you and i | natalia

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MessageSujet: tell me we're not crazy, you and i | natalia Jeu 11 Mai - 21:39



tell me we're not crazy, you and i.
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Il y a les ombres et les voix, tous ces murmures qui fourmillent contre les murs du séjour de cette demeure, là où il se tient, pour la première fois depuis trop longtemps, immobile, immuable, vide. L'abcès s'est crevé, laissant toutes ses émotions découler le long de ses songes tandis que ses prunelles claires retrouvent faiblement la vue. Au loin, là à quelques mètres de sa chaise, une faible lueur grisâtre vient lui rappeler que le monde au-dehors ne s'est pas arrêté. Il tourne, encore et encore, comme pour lui rappeler que son centre ne porte pas son nom et, de cette pensée-là s'arrache un sourire pourtant défait de sa signification. C'est un réflexe plus qu'une marque de conscience. Sebastian est encore perdue dans les ténèbres qui l'habitent et s'agitent, malgré lui, malgré toute la retenue qu'il tente chaque jour de faire valoir à sa raison. Il aimerait qu'elles n'en viennent à se taire, rien qu'un court instant, quelques semaines encore avant que ses poumons ne se serrent, avant qu'une once de bon sens ne lui revienne en pleine figure, l'impression de ne pas être ce qu'il a toujours été, cet homme qu'on connaît, qu'on craint, qu'on aime à craindre parce qu'il faut un exemple pour les esprits les plus simples. Et, tandis qu'il relève le visage, son regard va et vient dans les moindres recoins de la pièce, essayant de s'y faire bien que la conclusion soit brutale et bien expressive : il n'y a rien, rien ni personne qui puisse le sauver de ce qui commence à remonter au creux de sa gorge. Aussi, la vue de ses mains entremêlées s'impose, cette sensation de déjà-vu qui défile pour finalement ramener à la surface quelques souvenirs ternis par la honte et le temps. Billy. Il croit l'entendre, là, derrière la porte de sa chambre, là où il aurait voulu que Irene se tienne. Là où ils ne sont pas, ce dont il essaie de se persuader. Néanmoins, le cœur chancelant, peinant à battre sous ce sac lourd de ressentis pénibles, Sebastian se lève, retrouvant toute sa hauteur pour entreprendre quelques pas, une avancée hésitante vers l'endroit qui s'improvise mausolée de sa mémoire. Ça, pour ne rien y découvrir, évidement. Et il comprend, finalement, il parvient à revenir à la réalité des choses. Quelque chose se produit, quelque chose commence à le prendre d'assaut, ça vient heurter son imagination, sa culpabilité, tout ce qu'il fait taire au fur et à mesure de son avancé dans ce nouveau monde. Quelque chose cloche et sa folie s'en délecte. Puis, tandis qu'il secoue la tête jusqu'à finalement s'en frapper, hurler que ça doit s'arrêter, l'azur de ses prunelles se porte sur l'immense photographie toujours suspendue à sa place et les traits qu'il y perçoit, ce visage qui manque à l'appel depuis des jours et des jours, tous ces rappels terminent par l'abattre ; une nouvelle chute. Elle était prévisible, inévitable, lui qui ne se laisse que trop peu de repos à son humanité, la torturant dans l'espoir qu'elle ne se taise enfin. Ce n'est qu'une passage, qu'un écart à rattraper. Et pourtant.

Ce doit faire une petite heure qu'il erre dans les ruelles dépourvues de vie d'une Chicago à moitié endormie. Une petite heure que ses songes se sont repliés dans sa tête pour se protéger de la rage qu'il voudrait voir reprendre son trône, cette colère qui le maintient hors des ombres opaques de ses ressentis, loin de cette honte qu'il sent grandir chaque jour au fond de lui sans pouvoir définitivement y remédier. Et s'il ne craint pas grand chose de sa misérable existence, il est une chose qu'il veut à tout prix éviter : cette autodestruction qui se construit d'année en année. Celle qu'il sent, gangrène, parcourant ses veines dès lors que ses remparts s'effondrent. Et plus il y pense, plus ce besoin d'extérioriser cette part de lui se fait ressentir. Il a besoin de se défaire de cet élan de conscience, il a besoin de retrouver cette paix d'esprit qui lui va si bien, cet éternel sourire qui s'est défait lorsqu'il a pu comprendre que bien des obstacles se sont mis sur sa route, sur le chemin de ses volontés. Il a négligé ses désirs et s'en prend les conséquences en pleine gueule. Aussi, il s'arrête un instant là où il se rend lorsque les situations deviennent critiques pour l'Homme qui subsiste quelque part au fond de lui, là où il peut s'abandonner durant des heures rien que dans l'espoir que ses façades se réparent rapidement. Mais ses pieds ne retrouvent pas le confort d'un sol stable, retrouvant plutôt le nuage qu'à toujours été cette bécane lorsque ses démons le pourchassaient, lorsque le temps tentait vainement de le mener à sa perte totale et définitive quant à ce qui noirci ce qui survie sous sa cage thoracique. Au lieu de perdre ses perles bleutées sur l'horizon, sur cet océan qui se perd à des kilomètres de sa place, de ses devoirs, il vient les perdre sur une petite porte contre laquelle s'abat sa main, contre laquelle il frappe quelques coups avant de reculer, laissant son mètre quatre-vingt-dix attendre une quelconque mouvement de ce qu'il toise, bêtement, perdu sur un point qu'il est le seul à percevoir. Ça, jusqu'à ce qu'elle vienne s'inviter dans son champ de vision et, comme à chaque fois, il perçoit Billy, derrière elle, cet étrange sourire logé le long de ses lèvres, cette fierté qu'il ne mérite pas teinté sur les traits meurtris de son défunt frère. Une hallucination de plus, comme à chaque fois qu'il parvient jusqu'à elle, la seule qui soit à même de comprendre ce qui pourri dans les tréfonds de son être. Il lui faudra quelques secondes pour faire taire son imagination, pour parvenir à pleinement apporter son attention à la jeune femme qui vient de lui ouvrir, le visage déjà compatissant par sa présence, parce qu'elle sait ce qui l'amène quand il ne prend pas la peine de s'annoncer. « Dis-moi qu'on n'est pas fous, toi et moi. » Paradoxale. Les mots se perdent dans l'entrée de ce qui lui semble être un havre de paix à côté de son chez-lui, hanté par les souvenirs qu'il porte silencieusement et dont il prétendait se foutre, quelques heures encore auparavant. L'instabilité parfaite, la preuve même qu'il l'est malgré les paroles qu'il vient d'énoncer.
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MessageSujet: Re: tell me we're not crazy, you and i | natalia Lun 15 Mai - 1:10

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Δ  Natalia & Sebastian




« Et là, tu vois, c’est un diplodocus lui explique le blondinet en tapotant du doigts sur l’image qui illustre son livre. C’est mon préféré. »
« ah oui et pourquoi ? »
« Ba parce qu’il est gentil et qu’il est super grand et avec son grand cou, il peut voir super super loin maman ! » Le petit garçon collé contre elle, lui adressa un large sourire tandis qu’elle referme d’un geste le livre qu’il tenait entre les mains avant de lui coller un baiser sur le front. « Comment ai-je pu l’oublier » lui répond Natalia dramatiquement en se donnant une tape sur le front, provoquant un éclat de rire chez son fils. « Allez maintenant, il est temps de dormir mon coeur. » Eliott fronce les sourcils et lui adresse une moue contrite. « Mais papa, il est pas là pour me dire bonne nuit. » Natalia se force à conserver le sourire qui peint prestement ses lèvres, elle avait essayé de l’appeler juste avant de s’installer avec son fils, mais il n’avait pas décroché, elle ne le lui reproche pas vraiment, ce n’est pas comme si c’était systématiquement le cas, mais la mine déçue de son enfant la peine franchement. « Je sais mon trésor, mais il est au travail, il viendra te faire un bisou en rentrant. » Bien évidemment, ce serait un peu facile que l’enfant s’en contente. « Oui, mais il travaille tout le temps et en plus si je dors ca compte pas. » La jeune maman resserre son étreinte et passe une main affectueuse dans les cheveux blonds de son enfant. « Je sais, mais tu sais papa préférerait être avec toi qu’au travail, mais il est obligé d‘être là-bas, mais demain, c’est promis, c’est lui qui te racontera une histoire et on l’obligera même à faire les voix d’accord ? » Elle chatouilla le ventre du gamin qui finit par dire oui entre deux éclats de rire. « Bon allez maintenant au lit ! Elle le borda déposa un baiser sur son front et s’éloigna en silence vers la porte. Bonne nuit mon coeur, fait de beaux rêves. » « Bonne nuit maman »

Elle avait refermé la porte et s’était dirigé dans le salon pour s’occuper de la vaisselle et du linge, les corvées bien chiantes qu’elle n’avait jamais envie de faire cela va sans dire, elle était un peu contrarié que son mari ne soit pas là, mais son business encore frais ne tournerait pas tout seul, elle en avait conscience et savait que c’était quelque chose qui demanderai du temps et pas mal d’investissement personnel avant de pouvoir se donner un peu plus de liberté et entre ca et les affaires du club…Bref, toujours, est-il que la présence de James lui manquait un peu ces derniers temps. En parlant de lui, son téléphone sonna à peine vingt minutes trop tard et elle lui expliqua que le petit dormait déjà, mais qu’il aurait le privilège de s’occuper de l’histoire du lendemain, ce qui ravit son époux surtout quand elle lui fit part de la volonté de son fils (la sale menteuse) qu’il fasse les voix. Elle prit cependant soin de lui épargner la déception de l'enfant et la remarque qu’il lui avait adressé, elle n’avais pas envie de le voir culpabiliser alors qu’il mettais beaucoup d’énergie à essayer de passer le plus de temps possible avec eux et alors qu’elle savait pertinemment qu’il préférerait être à la maison que dans le bordel qu’il gère. James finit par l’informer qu’il devrait rentrer un peu tard, mais qu’il se rattraperait et elle ne douta pas de sa bonne volonté, quand bien même elle ne préférait pas se persuader que ce serait vraiment le cas, de peur de voir apparaître une sentiment amère de déception si tant et bien qu'il n'y parvienne pas. Lorsque la conversation fut terminée, la jeune femme se remit sur les tâches dont elle devait s’acquitter et finit après une bonne demi-heure par se poser devant une émission quelconque, qu’elle regarda d’un œil distrait, pas vraiment passionnée par ce qui s'agitait sur l'écran.

Lorsque quelques coups retentirent contre la porte d’entrée, une expression surprise vint marquer son visage, elle se redressa d’un coup sur le canapé dans lequel elle s’était affalé et grimaça, il était un peu tard et de toute évidence, ce n’était pas son mari, elle rejoignit la porte et l’ouvrit de quelques centimètres afin de pouvoir apercevoir son invité surprise, il ne lui fallut qu’une seconde pour reconnaître la silhouette colossale de Sebastian. Il faut dire qu’elle avait déjà un petit gabarit, mais à côté de lui, c’était presque cocasse. Natalia ouvrit la porte un peu plus grand et il ne lui fallut pas longtemps pour voir que quelque chose n’allait pas, sa présence ici à l’improviste en était déjà un indice plus que parlant, mais c’est sans aucun doute l’expression qu’elle déchiffra sur son visage qui la contraria instantanément avant même qu’il n’ouvre la bouche.

« Dis-moi qu'on n'est pas fous, toi et moi. » Elle lâche un soupir mélancolique et penche la tête sur le côté, les lèvres serrées, c’est peut-être pire que ce qu’elle pensait en premier lieu. « Bien sûr que si on l’est…mais c’est pas si terrible que ca. » La Serbe lui adresse un sourire bienveillant et finit par lui faire signe d’entrer, le gratifiant d’une accolade appuyée au passage. Elle ne sait pas si c’est vraiment le cas, compte tenu du milieu dans lequel ils évoluent elle en doute un peu, il n’est pas un enfant de chœur, loin de là, mais elle n’est pas dénué de défauts en tous genre et à tendance à se laisser emporter dans des accès de colère démesurés alors loin d’elle l’idée d’émettre le moindre jugement, surtout pas envers le seul des Kings qui a su l’épauler lorsque son mari n’était pas en mesure de le faire. « J’te sers un verre ? » Cette question est plus pour la forme qu’autre chose, clairement, il en a besoin et elle est de toute façon déjà en train de sortir deux verres et une bouteille de whisky. La jeune femme prend le parti de ne pas le brusquer, elle le connaît suffisamment bien pour savoir que si il est là c’est qu’il a des choses à dire, aussi elle préfère lui laisser le temps de souffler un instant avant de déballer ce qui semble peser si lourdement sur ses épaules.

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MessageSujet: Re: tell me we're not crazy, you and i | natalia Dim 21 Mai - 19:17



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Il y a, derrière l'encadrement de cette porte, les plus lourds secrets qu'un homme puisse posséder, ceux qui ternissent l'âme et se perdent dans les méandres de son existence. Ils s’obscurcissent, lentement, éperdus à jamais dans une mémoire fragile tandis qu'ici, entre ces murs-là, ils se conservent. Et ils lui reviennent, violents, aussi tumultueux qu'ils l'avaient été lorsque protégés derrière les prunelles fatiguées. Ils s'invitent à nouveau, heurtant l'esprit et les sentiments, ceux réduits au silence lorsque qu'un quotidien des plus tristes s'impose à cette misérable vie, celle qu'il mène depuis peu, depuis qu'il a comprit que son absence n'était pas un hasard. Un triste sourire, une vérité qu'il déchire, qu'il fracasse contre les murs de son âme. Il n'arrive pas à l'admettre, Sebastian ne le pourra jamais. Alors il a besoin de savoir, finalement, s'il est condamné. Il a besoin de l'entendre dire ce qu'il souhaiterait entendre, un mensonge de plus à apprendre à sa conscience naïve et, dans le fond, dotée d'une détermination extrêmement active pour parvenir à y croire pleinement. Il a besoin d'entendre la voix de cette femme-là à défaut de pouvoir parvenir à entendre celle de la seule qui soit – jusqu'alors – restée à ses côtés malgré ce qu'il est, ce qu'il sera jusqu'à très certainement la fin de ses malheureux jours. « Bien sûr que si on l’est…mais c’est pas si terrible que ça. » Ses attentes se brisent, quelque chose en lui commence à lâcher, brisant les remparts de l'insouciance tandis que la voix de Natalia résonne dans sa tête comme une mélodie terrifiante et pourtant tellement réelle. Mais son sourire parvient à apaiser la tempête, cette amitié qu'elle lui porte rachète quelque peu les tourments et les horreurs qui lui sont associés et ça, Sebastian s'en contentera pour ce soir, suivant l'invitation à entrer de la jeune femme devant qui il passe, un triste sourire venant teinter ses traits ; comme souvent ici, comme toujours lorsque la présence de ses fantômes lui revient. « J’te sers un verre ? » Une question à laquelle il acquiesce simplement, faisant quelques pas sans réel but précis. Parce qu'il se perd dans les méandres de sa personne, là où tous ses chemins se sont confondus en un seul, sinueux, obscur, des plus impraticables qui puissent être ; et pourtant. Aussi, il perd son regard sur les verres qu'elle vient déposer non très loin de sa personne, là où il devrait s'arrêter à défaut d'user le peu de force qu'il lui reste, le peu de stabilité qui lui soit encore donnée au vu des verres déjà enfilés. Ça lui permet de faire face à toutes ces choses, toutes ces vérités qui découlent et hantent ses songes comme pour l'affaiblir, plus qu'il ne pourrait l'être, mais pas plus qu'il ne l'a déjà été. Le fond déjà touché, fut un temps, il s'abstient la chute totale et s'accroche, pathétiquement, à la main qu'elle lui tend. Aussi, ses yeux se lèvent et le masque s'estompe. Il en a besoin, il a besoin de s'en défaire, rien que quelques instants, rien que quelques heures afin d'en décharger toute cette accumulation, toute cette perdition des plus crasseuses.

« Irene est partie. » Ça s'extirpe d'entre ses lèvres, ça vient briser le silence lourd et tortionnaire pour le quadragénaire dont l'azur se fend, orage dévastateur, annonciateur de malheur. Et ça lui semble tellement irréel d'en venir à dire ces mots, ceux-là précisément parce qu'ils sonnent faux à ses oreilles, parce qu'ils lui paraissent n'être que mensonge quand l'absence de toute vie entre les murs de sa demeure ne fait entendre que le contraire. Il ne sait pas ce qu'il pourrait dire d'autre, il n'a pas la moindre idée de la manière dont il doit aborder le sujet du pourquoi, du comment, des raisons qui ont conduits à ce résultat-là. Il n'en a pas l'envie, aussi, surtout. Et, tandis qu'il essaie de retrouver cette constance, son regard se pose sur l'un de ses nombreux spectres, de ceux qui lui rappellent ô combien ce qui sommeille en lui peut être imprévisible. Ces traits-là, il aurait aimé en garder un tout autre souvenir, il aurait voulu voir les choses se construire différemment et pourtant, pourtant il a choisi cette noirceur, les ténèbres d'un monde pour lequel il avait tant donné par le passé, désormais retranché dans ses profondeurs puisque épris de ce qu'il est venu y trouver. Finalement, il secoue rapidement la tête, une nouvelle fois, mettant un terme à cette maladie dérangeante de l'imaginer lorsqu'il se tient ici, terrifié par sa propre manière d'exister. « Elle a prit ses affaires et m'a laissé des papiers et une lettre. » Laisse-t-il entendre tandis qu'il s'appuie sur la table qui orne la pièce, venant s'armer de son verre qu'il détaille un petit moment avant de le vider naturellement, d'une seule gorgée qui – d'ailleurs – vient brûler sa trachée d'une façon salvatrice pour l'âme fatiguée du Sergent d'armes. « J'arrive pas à croire qu'elle ait osé se barrer... » Alors qu'il s'en doutait, finalement. Pourtant, sa plainte semble sincère, comme teintée d'une incompréhension qui – dans le fond – est réelle. Parce qu'il est parvenu à lui offrir plus qu'elle n'aurait pu avoir dans les bras de ses frères, de son père. Il fulmine, les dents serrés tandis qu'il cherche une explication, n'y parvenant pas, craquant légèrement. Son poing s'abat sur la table tandis qu'il ferme les yeux, persuadé que cette opacité pourrait apaiser ses nerfs, les flux de sang qui bouillonnent au cœur de ses veines. « J'ai tout fait pour la sortir de sa merde. Absolument tout. Et tout ce que j'ai envie de faire, là, maintenant, c'est d'trouver où elle est pour lui faire avaler toutes ces conneries qu'elle a laissé. » Et malheureusement, il vient exposer la première cause du départ de celle qu'il appellera aussi longtemps qu'il ne le souhaite « sa femme » ; même malgré ça, malgré tout ce qui pourrait encore advenir, convaincu de n'avoir aucun tord – ou presque. « Je sais pas ce qui se passe, je comprends plus rien. Elle me rend tarée à être aussi conne et à pas réfléchir. » Des mots durs et une colère qui perce enfin le fort bâti autour de sa personne. Tout ce qu'il tente d'ordinaire de faire taire lui revient, similaire à une claque qu'il n'aurait pu éviter, aussi douloureuse, aussi stupéfiante.  
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MessageSujet: Re: tell me we're not crazy, you and i | natalia Mar 30 Mai - 20:52

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Elle s’affaire déjà dans la cuisine, le laissant intégrer les lieux, aucun besoin de faire des manières avec lui, il ne connaît après tout que trop bien cet appartement puisqu’il fut pendant un certain temps, le seul des Kings qu’elle laissait encore entrer chez elle. Pourquoi lui, plutôt qu’un autre ? Elle ne saurait vraiment le dire, probablement car il avait été l’un des seuls à ne pas essayer de lui dire comment gérer sa vie ou comment élever son enfant lorsque son mari s’était retrouvé hors de porté, parce qu’une fois son opinion donné et défendu il avait respecté la sienne, ce qui il faut le dire n’avait pas été le cas de tous et certainement pas celle de ceux qu’elle aurait imaginer être un soutien sans faille. La Serbe sort des placards une bouteille de whisky et deux verres qu’elle remplie au quart, elle hésite un instant à machinalement la reposer à sa place, mais se ravise à la dernière minute, elle vient donc les déposer sur la table où l’homme silencieux, dont le regard grave ne lui laisse rien présager de bon, se tient. Elle sait que quelque chose ne va pas, il n’y a pas besoin d’être devin pour le comprendre et qui plus est, le fait qu’il se présente ici, ce soir, et cela, sans sommation lui fait prendre sa visite très au sérieux. Natalia se rapproche de son visiteur, s’arrêtant à côté de lui, lui offrant un regard amical, mais elle ne dit rien, se contentant de pousser le verre dans sa direction, elle n’entend après tout pas le brusquer et n’en a de toute façon guère besoin, car très vite le couperet finit par tomber de lui-même. « Irene est partie. »

Elle ne dit pas un mot, mais son expression trahit sa surprise, elle ne s’attendait pas à entendre ca c’est évident, mais a bien y réfléchir le départ de sa femme ou en tout cas, les difficultés qu’ils rencontrent dans leur couple pourrait paraître plutôt logique à n’importe qui, la perte de leur enfant était un événement difficilement surmontable, elle n’arrivait même pas à envisager qu’on puisse se remettre d’une chose pareille, osant à peine imaginer la douleur, le désespoir et la détresse que l’un et l’autre devaient ressentir, l’idée même que son petit garçon ait pu être à la place de celui de Sebastian lui tord littéralement l’estomac, ainsi, elle s’empresse de chasser cette idée morbide de son esprit. Il ne s’était écoulé que quelque mois depuis la fusillade et elle peinait elle-même a s’en remettre malgré le fait que par chance, elle n’ait rien perdu, alors eux ? Non, elle ne le concevait que de très loin. « Je suis vraiment désolé Seb… » et elle l’est, non seulement de le voir si maussade, mais aussi de le savoir si seul au milieu de ce chaos qui ne semble pas vouloir disparaître malgré les jours qui continuent eux, de défiler inlassablement. Natalia pose sa main sur son bras et lui adresse un regard bienveillant. « Elle a pris ses affaires et m'a laissé des papiers et une lettre. » Elle imagine sans mal que les papiers en questions concernent un éventuel divorce et que c’est là le véritable problème aujourd’hui. Le motard attrape alors le verre qu’elle lui a servi et le vide d’une traite, lui donnant sans aucun doute raison d’avoir ramené la bouteille. « J'arrive pas à croire qu'elle ait osé se barrer... » Elle a de la peine pour lui, mais au fond, elle n’arrive pas vraiment à blâmer Irene pour autant, pas avec le peu d’information qu’elle a pour l’instant en tout cas, après tout, elle est, elle aussi passer par là, par ce désir d’éloignement, de solitude et si pour elle la séparation avait déjà été établie et imposé, la finalité restait quant à elle la même, il s’agissait de panser cette plaie béante qui ne cessait de se rouvrir jour après jour, encore et encore par le rappel bien trop difficile de ce que l’on avait perdue. Pour Natalia tout ca s’était plutôt bien terminé au final, elle avait retrouvé son mari, cette famille qu’elle n’imaginait même plus qu’ils puissent former un jour, elle avait aussi retrouvé le club et ses appels a pas d’heure, ces urgences quotidienne et la violence qui l’entourait, mais cette fois-ci tout lui semblait pourtant différent, parce qu’aujourd’hui, elle était sans doute plus prête aux sacrifices que cela imposait qu’il y a huit ans quand elle avait laissé James lui passé la bague au doigt.

Alors oui peut-être qu’il y avait plus à y voir après tout, encore fallait-il daigner ouvrir les yeux. Elle s’apprête à étioler le silence qui s’était de nouveau intercalé entre les informations disséminées par Sebastian, mais le poing du motard rencontre soudainement la table dans un bruit sonore qui l’a fait sursauter, le geste la surprend et à peine cet effet dissipé, c’est un regard soucieux qu’elle jette vers le couloir et la porte de la chambre de son petit garçon qu’elle espère encore profondément endormi. « J'ai tout fait pour la sortir de sa merde. Absolument tout. Et tout ce que j'ai envie de faire, là, maintenant, c'est d'trouver où elle est pour lui faire avaler toutes ces conneries qu'elle a laissées. » Elle secoue la tête à la négative et lui, continue de cracher ce qui lui pèse tant sur le cœur, elle finit par venir poser une main un peu plus ferme cette fois, sur son bras et l’oblige en quelque sorte à la regarder. « Calme-toi okay, commence par t’asseoir Seb. Elle lui adresse un sourire encourageant et attend qu’il s’exécute pour ramener une deuxième chaise près de la sienne et s’asseoir à ses côtés. Ce que vous avez vécu est… Innommable et il va vous falloir du temps…À tous les deux (et elle insiste sur ce dernier mot) pour retrouver un semblant de normalité et je comprends que tu soit en colère et dans l’incompréhension, c’est plus que normal, mais peut-être qu’elle a juste besoin de temps. Est-ce que tu as essayé de lui parler ? De savoir pourquoi est-ce qu’elle en est arrivée à cette décision-là ? Peut-être qu’il y a quelque chose à faire…avant de vouloir, lui faire, avaler quoi que ce soit tu crois pas ? »

Elle pousse un soupir et son visage trahit sa réflexion, elle manque de bien trop d’information pour pouvoir émettre un conseil qui en vaille vraiment la peine, elle n’est même pas sûre d’être la mieux placée pour parler en vérité, mais elle refuse de toute façon de le laisser dans cet état et quelque part, elle ne peut s’empêcher de penser que si c’est vers elle qu’il s’est tournée ce soir, c’est pour une bonne raison.


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Dernière édition par Natalia Manning le Sam 10 Juin - 16:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: tell me we're not crazy, you and i | natalia Dim 4 Juin - 23:33



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Le poison monte et s'ancre, il le sent s'immiscer jusque dans les recoins de son âme pour ne laisser qu'un voile opaque sur une vision qu'il pensait pouvoir contrôler ; en vain. Il n'est esclave que d'une humanité noircie par le temps et les événements, victime d'un ouragan émotionnel qui le prend aux tripes et qui ronge, jusqu'à la douleur, les songes du quadragénaire qui peine à se stabiliser et à se raisonner. Car ça le prend par surprise, ça lui rappelle que rien ne lui appartient encore complètement ; davantage la Belle dont il est venu parler avec celle qui revient enfin à ses côtés. La seule qui ait été assez confiante pour ne pas s'effrayer des maux qui le manipule, qui tiennent la corde qui s'est glissée autour de son cou. Puis, un contact vient rappeler l'instant qui s'écoule malgré sa colère, malgré cette rage qui s'étend en lui comme un venin des plus durs. « Calme-toi okay, commence par t’asseoir Seb. » Chose qu'il peine à faire, néanmoins entraîné par la douceur de Natalia qui persiste à lui faire entendre raison, ou presque en tout cas. Mais il s’exécute, réduisant son mètre quatre-vingt dix sur ce qu'elle est venue lui offrir, son verre toujours vide sous ses yeux auquel il tente de résister à l'appel. Parce qu'il sait qu'il ne pourra pas rester au risque de rendre la soirée de son amie plus dévastatrice que ses propres songes. « Ce que vous avez vécu est… Innommable et il va vous falloir du temps… À tous les deux pour retrouver un semblant de normalité et je comprends que tu sois en colère et dans l’incompréhension, c’est plus que normal, mais peut-être qu’elle a juste besoin de temps. » Un rire ironique, un soupire qui s'échappe d'entre ses lèvres tandis qu'il cède à cette volonté, à cette soif qui grogne au creux de sa gorge pour s'emparer de la bouteille qu'elle est venue dresser sur la petite table. Un nouveau verre, c'est ce dont il a besoin pour accepter le fait que tout lui soit si imprenable, si incontrôlable. « Est-ce que tu as essayé de lui parler ? De savoir pourquoi est-ce qu’elle en est arrivée à cette décision-là ? Peut-être qu’il y a quelque chose à faire…avant de vouloir, lui faire, avaler quoi que ce soit tu crois pas ? » Lui-même n'en sait rien, laissant seulement ses yeux se perdre sur un point qu'il est le seul à percevoir, le seul qui soit à même de se concentrer sur un néant aussi profond que son propre être. Parce qu'il aimerait pouvoir calmer cet orage qui s'est installé, cette tempête qui n'en finit plus de frapper depuis qu'on lui a enlevé son fils, depuis cet après-midi à subir bien des mots pendant qu'on enterrait une partie de sa chair, la dernière note de bonheur qui semblait lui rester. Finalement, la voilà cette humanité, celle qui se planque si régulièrement dans les décombres d'une personne en pleine chute libre. Une larme s'invite, rien qu'une, apaisant l'océan que sont ses yeux rien qu'une fraction de seconde.

Puis, finalement, parce qu'elle n'est pas assez forte, cette dernière lueur de bonté. « Faire quoi ? Elle vient faire exactement comme ce qu'on fait les enculés qui se proclamaient mes parents juste parce que madame n'a pas ce qu'elle veut rien qu'une fois dans sa putain de vie. » Demande-t-il, loin d'être menaçant à l'égard de Talia mais tout de même impulsif. Parce qu'il en serre la mâchoire, parce qu'il tente au mieux de vaincre tout ce qui vient remuer en lui, là, dans un for intérieur déjà trop sollicité. « Tout ce que madame veut, c'est exactement ce que voulait Billy quand il s'est ramené ce putain de soir. Me demander de revoir mon chemin, de, de voir ce dans quoi je vais, où je vais alors que je sais très bien où je vais bordel. Je sais ce que je fais mais non, non faut qu'elle ose se barrer maintenant que, que, que James n'est plus là. Maintenant que j'ai plus rien et que cette connasse peut s'en vanter en sachant que je lui ai tout donné ! » Crache-t-il instinctivement, essayant de contrôler cette jambe qui tremble, cette main qui serre son verre comme prête à le briser à la moindre pression de plus. Il perd toute raison, toute contenance. Sebastian s'abandonne à l'oreille qu'elle peut être à son égard et ça, depuis trop longtemps, depuis tellement longtemps. « J'ai... putain Talia j'ai tué Billy pour tellement moins et... ; une légère pause, un silence tellement lourd qui vient faire verser de nouvelles perles salées. Et j'ai peur de ce que je pourrais faire. Parce que c'est ce pourquoi c'est cette putain de lettre, c'est ce que c'est derrière tous ses reproches concernant ce que j'ai, ce que j'arrive pas à contrôler. » De la détresse ? Oui, peut-être. Un fond de culpabilité qui revient et qui harcèle, qui hante les recoins de son esprit comme pour lui rappeler ô combien les longues années qu'il lui reste seront encore longues et désastreuses de par ce qu'il est, ce qu'il a toujours été puisque élevé dans ce climat, élevé à agir selon ses désirs, ses besoins et non celui d'autrui. Finalement, une main vient cacher les traits fatigués qu'il traîne, ceux qui habillent de la pire des manières un visage exténué. Un visage prit par une fatigue qui se manifeste sûrement avec un peu trop d'enclin, osant quelques spectres qu'il tient à ne pas rencontrer, l'impression qu'il est là en plus de la jeune femme qui se tient à ses côtés. Il le regarde, un court instant, cet air désolé d'accroché le long de ses lèvres comme pour tenter de lui faire entendre que ce n'est pas de sa faute, qu'il comprend, qu'il pardonne. Il aurait voulu que Billy lui pardonne tout comme il voudrait, derrière une colère à son apogée, que Irene le pardonne d'être ce qu'il est devenu sans pleinement en prendre conscience, sans du tout s'en rendre compte en vérité. « J'suis en train de tout perdre...tout parce qu'elle est incapable de voir qu'on s'en sortirait mieux ensemble plutôt qu'en jouant les ennemis, et tout ça pour prétexter les défauts de l'autre au lieu d'essayer de les empêcher. » Chuchote-t-il finalement, à bout de souffle, à bout de force.   
Codage par Emi Burton

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MessageSujet: Re: tell me we're not crazy, you and i | natalia Mar 11 Juil - 5:48

tell me we're not crazy, you and i

When our picture fades in the sun
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Δ  Natalia & Sebastian




Il s’exécute sans vraiment apposer quelconque résistance, elle sait à quel point il peut être impulsif, elle sait ses accès de colère et à quel point ils peuvent le transformer, mais elle sait aussi ce qui se cache derrière cette impétuosité. Il lui a fallu un certain temps pour comprendre et apprécier cet homme qui revêt aujourd’hui une importance particulière pour elle, parce que pour une raison qui lui reste bien étrange, ils ont réussi à un moment donné à établir une véritable connexion qu’elle ne saurait expliquer. Les liens que Natalia avait au fil des années, construits et développé avec plusieurs membres des KOS étaient disparates, plus ou moins amicale, voir carrément inexistant, mais peu nombreux étaient ceux qu’elle considérait de sa famille…À dire vrai depuis que sa relation avec Thomas s’était envenimée pour finir par s’éteindre dans une colère qui pesait encore largement au-dessus de leur tête, Sebastian était le seul pour lequel elle avait un véritable attachement. C’est sans doute pour cette raison-là et parce que leur chemin s’étaient inextricablement croisé à une époque où elle n’avait plus personne et cherchait désespérément une épaule sur laquelle s’appuyer que cette affiliation s’était peu à peu transformer en une profonde affection pour laquelle elle avait fermé les yeux sur des principes fondateurs. La jeune femme observe son ami et l’air qu’il affiche lui serre le coeur, elle souffre avec lui, au même titre que lorsqu’elle avait appris la mort prématuré de son petit garçon. Au-delà du rapprochement inévitable qu’elle avait fait avec son propre enfant, elle partageait véritablement la douleur de celui qui se trouvait aujourd’hui à ses côtés, c’était une tragédie dans laquelle elle refusait de le laisser seul, pris aux pièges de ses propres maux et pensées sordides. Parce que quand bien même il s’agissait ce soir d’un évident procès contre les agissements de son épouse, la source de ce conflit ne pouvait être autre que ce vide grandissant qui creusait jour après jour l’union qu’ils avaient tout deux construits.

Bien évidemment, elle essaye de temporiser les propos qu’elle sent devenir véhément, bien évidemment, elle sait que dans l’immédiat, c’est sans doute peine perdue, il est aveuglé par une colère brûlante et le rire acerbe qu’il présente pour seule réponse à ce qu’elle vient de lui dire n’en est que preuve irréfutable. Il se sert un verre dans lequel il tente de se noyer juste l’espace d’une seconde, le sien est toujours là, intact sur la table et il ne lui fait guère envie, pas comme ca, pas dans ces circonstances…elle préfère ainsi continuer à argumenter, essayer de trouver les mots justes comme elle a déjà su le faire sans trop savoir comment par le passé.

« Faire quoi ? Elle vient faire exactement comme ce qu'on fait les enculés qui se proclamaient mes parents juste parce que madame n'a pas ce qu'elle veut rien qu'une fois dans sa putain de vie. » Elle ouvre la bouche, mais il n’en a pas terminé avec cette pulsion irascible et il laisse la colère prendre le dessus et exprimer ce qu’il semblait garder enfoui, cette tumeur purulente qui ne saurait amener avec elle que perdition et infortune. Ses propos lui serrent le coeur ou peut-être est-ce le ton sur lequel il crache ses accusations, elle ne saurait le dire, mais toujours est-il que l’empathie qui se déploie en elle la pousse à poser sa main sur la sienne, celle qui sert son verre avec vigueur, blanchissant la jointure de ses doigts. D’un geste, elle l’amène à le reposer sur la table, à relâcher en quelque sorte la pression qui s’est emparée de lui. « Hey…hey calme toi, je sais que tu es en colère et que tout ca tombe à un moment où… » mais il ne l’écoute pas vraiment, il semble ailleurs, perdu dans le labyrinthe de ses pensées et elle ne semble pas pouvoir encore y accéder. « J'ai... putain Talia j'ai tué Billy pour tellement moins et... Et j'ai peur de ce que je pourrais faire. Parce que c'est ce pourquoi c'est cette putain de lettre, c'est ce que c'est derrière tous ses reproches concernant ce que j'ai, ce que j'arrive pas à contrôler. » Elle observe les larmes coulées sur les joues de cet homme qui n’est habituellement pas de ceux qui laissent à observer quelconque faiblesses et elle réalise un peu plus l’ampleur de ce qui est en train de se jouer devant elle. Fort heureusement Natalia n’est pas femme à se laisser démonter devant les épreuves, bien évidemment, elle a comme tout le monde ses limites et elle les a de nombreuses fois atteintes, notamment au sein de son propre mariage, mais même lorsqu’elle pensait avoir baissé les bras, il s’était révélé que ce n’était pas forcément le cas, mais force était de constater que cela ne rendait pas toujours les choses plus faciles, bien au contraire. Elle sait que son discours ce soir doit être significatif, parce qu’elle sait de quoi il est capable lorsqu’il se retrouve accablé par les événements, lorsque toute les portes semblent s’être fermé devant lui et elle est bien placé pour savoir que le mince soulagement que cela pourrait lui apporter sur l’instant ne saurait surpasser la culpabilité qui viendrait ensuite comme cela avait été le cas après Billy. C’était un sujet qu’ils n’avaient que très peu abordé, il faut dire que ce n’était pas vraiment là matière à conversation légère.

Natalia ne peut rester impassible devant la douleur que démontre son ami, son visage laisse paraître la souffrance qu’elle éprouve avec lui, de le savoir dans cet endroit esseulé et sombre, elle déplace ses mains sur son visage et encadre ses joues, l’obligeant à la regarder, à reconcentrer son attention sur elle et ce qu’elle a à dire. « Regarde-moi, tu ne vas rien faire tu m’entend ! pas maintenant, pas comme ca…ce qui s’est passé avec Billy…Elle marque un court silence presque invisible à l’oreille avant de poursuivre. Tu dois en retenir une leçon, je sais que tu l’as déjà fait, mais dans l’immédiat, tu es juste aveugler par la colère et la déception et je comprends….Crois-moi, je ressens ta douleur, mais je peux pas consciemment te laisser prendre cette direction-là, tu le sais et je le sais et je crois que c’est exactement la raison pour laquelle tu es là ce soir. » Il se défait d’un geste de recul de l’emprise qu’elle lui avait imposé pour passer une main fatiguée sur son visage rougit pas les émotions et elle l’observe, lui laisse simplement le temps de l’entendre sans imposer, tout du moins pas encore ce qui doit être dit à voix haute. « J'suis en train de tout perdre...tout parce qu'elle est incapable de voir qu'on s'en sortirait mieux ensemble plutôt qu'en jouant les ennemis, et tout ça pour prétexter les défauts de l'autre au lieu d'essayer de les empêcher. » Sa position lui semble ce soir tellement difficile, elle a littéralement l’impression de marcher sur un fil fixer sans précaution au-dessus du vide, parce qu’elle a envie qu’il comprenne qu’elle le soutiens et qu’elle est de son côté, parce que c’est la vérité, mais elle doit reconnaître que tout ce qu’elle est et tout ce qu’elle a vécu lui font ressentir une certaine connexion avec Irene. « Non, t'es pas en train de tout perdre, tu as encore le club, tu as tes frères, moi, je suis là…et ta femme n’est pas encore perdue Seb, mais je crois que cette fois, il va falloir que tu prennes sur toi et que tu te donnes les moyens de faire différemment, de lutter contre…contre tes pulsions. Je sais que c’est pas ce que t’a envie d’entendre, mais je suis une mère et je suis mariée à un Kings, de mille façons différentes, je ne peux que me mettre dans ses baskets et peut-être comprendre pourquoi elle réagit comme ca et comment vos perceptions de la situation peuvent être différentes. Elle a à peine terminé sa phrase qu’elle se justifie, parce qu’il est important pour elle plus que tout autre chose qu’il comprenne qu’elle n’est pas là pour défendre cette femme qu’au final, elle connaît si mal. Te méprends pas, je ne dis pas que tu as tort ou qu’elle a raison, je dis juste que parfois les choses ont besoin d’être vues d’une perspective différente…mon mariage n’a rien de facile non plus et depuis plus longtemps que je ne saurais le dire et moi aussi, j’ai un jour rejeté l’entière responsabilité sur James, parce que j’avais besoin d’un coupable, parce que c’était trop douloureux d’accepter les choses telles qu’elles étaient et parce que c’était plus facile…et il m’a fallu dieu sait combien de temps pour accepter de voir la situation différemment. »
© GASMASK

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