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 tell me we're not crazy, you and i | natalia

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MessageSujet: tell me we're not crazy, you and i | natalia Jeu 11 Mai - 21:39



tell me we're not crazy, you and i.
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Il y a les ombres et les voix, tous ces murmures qui fourmillent contre les murs du séjour de cette demeure, là où il se tient, pour la première fois depuis trop longtemps, immobile, immuable, vide. L'abcès s'est crevé, laissant toutes ses émotions découler le long de ses songes tandis que ses prunelles claires retrouvent faiblement la vue. Au loin, là à quelques mètres de sa chaise, une faible lueur grisâtre vient lui rappeler que le monde au-dehors ne s'est pas arrêté. Il tourne, encore et encore, comme pour lui rappeler que son centre ne porte pas son nom et, de cette pensée-là s'arrache un sourire pourtant défait de sa signification. C'est un réflexe plus qu'une marque de conscience. Sebastian est encore perdue dans les ténèbres qui l'habitent et s'agitent, malgré lui, malgré toute la retenue qu'il tente chaque jour de faire valoir à sa raison. Il aimerait qu'elles n'en viennent à se taire, rien qu'un court instant, quelques semaines encore avant que ses poumons ne se serrent, avant qu'une once de bon sens ne lui revienne en pleine figure, l'impression de ne pas être ce qu'il a toujours été, cet homme qu'on connaît, qu'on craint, qu'on aime à craindre parce qu'il faut un exemple pour les esprits les plus simples. Et, tandis qu'il relève le visage, son regard va et vient dans les moindres recoins de la pièce, essayant de s'y faire bien que la conclusion soit brutale et bien expressive : il n'y a rien, rien ni personne qui puisse le sauver de ce qui commence à remonter au creux de sa gorge. Aussi, la vue de ses mains entremêlées s'impose, cette sensation de déjà-vu qui défile pour finalement ramener à la surface quelques souvenirs ternis par la honte et le temps. Billy. Il croit l'entendre, là, derrière la porte de sa chambre, là où il aurait voulu que Irene se tienne. Là où ils ne sont pas, ce dont il essaie de se persuader. Néanmoins, le cœur chancelant, peinant à battre sous ce sac lourd de ressentis pénibles, Sebastian se lève, retrouvant toute sa hauteur pour entreprendre quelques pas, une avancée hésitante vers l'endroit qui s'improvise mausolée de sa mémoire. Ça, pour ne rien y découvrir, évidement. Et il comprend, finalement, il parvient à revenir à la réalité des choses. Quelque chose se produit, quelque chose commence à le prendre d'assaut, ça vient heurter son imagination, sa culpabilité, tout ce qu'il fait taire au fur et à mesure de son avancé dans ce nouveau monde. Quelque chose cloche et sa folie s'en délecte. Puis, tandis qu'il secoue la tête jusqu'à finalement s'en frapper, hurler que ça doit s'arrêter, l'azur de ses prunelles se porte sur l'immense photographie toujours suspendue à sa place et les traits qu'il y perçoit, ce visage qui manque à l'appel depuis des jours et des jours, tous ces rappels terminent par l'abattre ; une nouvelle chute. Elle était prévisible, inévitable, lui qui ne se laisse que trop peu de repos à son humanité, la torturant dans l'espoir qu'elle ne se taise enfin. Ce n'est qu'une passage, qu'un écart à rattraper. Et pourtant.

Ce doit faire une petite heure qu'il erre dans les ruelles dépourvues de vie d'une Chicago à moitié endormie. Une petite heure que ses songes se sont repliés dans sa tête pour se protéger de la rage qu'il voudrait voir reprendre son trône, cette colère qui le maintient hors des ombres opaques de ses ressentis, loin de cette honte qu'il sent grandir chaque jour au fond de lui sans pouvoir définitivement y remédier. Et s'il ne craint pas grand chose de sa misérable existence, il est une chose qu'il veut à tout prix éviter : cette autodestruction qui se construit d'année en année. Celle qu'il sent, gangrène, parcourant ses veines dès lors que ses remparts s'effondrent. Et plus il y pense, plus ce besoin d'extérioriser cette part de lui se fait ressentir. Il a besoin de se défaire de cet élan de conscience, il a besoin de retrouver cette paix d'esprit qui lui va si bien, cet éternel sourire qui s'est défait lorsqu'il a pu comprendre que bien des obstacles se sont mis sur sa route, sur le chemin de ses volontés. Il a négligé ses désirs et s'en prend les conséquences en pleine gueule. Aussi, il s'arrête un instant là où il se rend lorsque les situations deviennent critiques pour l'Homme qui subsiste quelque part au fond de lui, là où il peut s'abandonner durant des heures rien que dans l'espoir que ses façades se réparent rapidement. Mais ses pieds ne retrouvent pas le confort d'un sol stable, retrouvant plutôt le nuage qu'à toujours été cette bécane lorsque ses démons le pourchassaient, lorsque le temps tentait vainement de le mener à sa perte totale et définitive quant à ce qui noirci ce qui survie sous sa cage thoracique. Au lieu de perdre ses perles bleutées sur l'horizon, sur cet océan qui se perd à des kilomètres de sa place, de ses devoirs, il vient les perdre sur une petite porte contre laquelle s'abat sa main, contre laquelle il frappe quelques coups avant de reculer, laissant son mètre quatre-vingt-dix attendre une quelconque mouvement de ce qu'il toise, bêtement, perdu sur un point qu'il est le seul à percevoir. Ça, jusqu'à ce qu'elle vienne s'inviter dans son champ de vision et, comme à chaque fois, il perçoit Billy, derrière elle, cet étrange sourire logé le long de ses lèvres, cette fierté qu'il ne mérite pas teinté sur les traits meurtris de son défunt frère. Une hallucination de plus, comme à chaque fois qu'il parvient jusqu'à elle, la seule qui soit à même de comprendre ce qui pourri dans les tréfonds de son être. Il lui faudra quelques secondes pour faire taire son imagination, pour parvenir à pleinement apporter son attention à la jeune femme qui vient de lui ouvrir, le visage déjà compatissant par sa présence, parce qu'elle sait ce qui l'amène quand il ne prend pas la peine de s'annoncer. « Dis-moi qu'on n'est pas fous, toi et moi. » Paradoxale. Les mots se perdent dans l'entrée de ce qui lui semble être un havre de paix à côté de son chez-lui, hanté par les souvenirs qu'il porte silencieusement et dont il prétendait se foutre, quelques heures encore auparavant. L'instabilité parfaite, la preuve même qu'il l'est malgré les paroles qu'il vient d'énoncer.
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MessageSujet: Re: tell me we're not crazy, you and i | natalia Lun 15 Mai - 1:10

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Δ  Natalia & Sebastian




« Et là, tu vois, c’est un diplodocus lui explique le blondinet en tapotant du doigts sur l’image qui illustre son livre. C’est mon préféré. »
« ah oui et pourquoi ? »
« Ba parce qu’il est gentil et qu’il est super grand et avec son grand cou, il peut voir super super loin maman ! » Le petit garçon collé contre elle, lui adressa un large sourire tandis qu’elle referme d’un geste le livre qu’il tenait entre les mains avant de lui coller un baiser sur le front. « Comment ai-je pu l’oublier » lui répond Natalia dramatiquement en se donnant une tape sur le front, provoquant un éclat de rire chez son fils. « Allez maintenant, il est temps de dormir mon coeur. » Eliott fronce les sourcils et lui adresse une moue contrite. « Mais papa, il est pas là pour me dire bonne nuit. » Natalia se force à conserver le sourire qui peint prestement ses lèvres, elle avait essayé de l’appeler juste avant de s’installer avec son fils, mais il n’avait pas décroché, elle ne le lui reproche pas vraiment, ce n’est pas comme si c’était systématiquement le cas, mais la mine déçue de son enfant la peine franchement. « Je sais mon trésor, mais il est au travail, il viendra te faire un bisou en rentrant. » Bien évidemment, ce serait un peu facile que l’enfant s’en contente. « Oui, mais il travaille tout le temps et en plus si je dors ca compte pas. » La jeune maman resserre son étreinte et passe une main affectueuse dans les cheveux blonds de son enfant. « Je sais, mais tu sais papa préférerait être avec toi qu’au travail, mais il est obligé d‘être là-bas, mais demain, c’est promis, c’est lui qui te racontera une histoire et on l’obligera même à faire les voix d’accord ? » Elle chatouilla le ventre du gamin qui finit par dire oui entre deux éclats de rire. « Bon allez maintenant au lit ! Elle le borda déposa un baiser sur son front et s’éloigna en silence vers la porte. Bonne nuit mon coeur, fait de beaux rêves. » « Bonne nuit maman »

Elle avait refermé la porte et s’était dirigé dans le salon pour s’occuper de la vaisselle et du linge, les corvées bien chiantes qu’elle n’avait jamais envie de faire cela va sans dire, elle était un peu contrarié que son mari ne soit pas là, mais son business encore frais ne tournerait pas tout seul, elle en avait conscience et savait que c’était quelque chose qui demanderai du temps et pas mal d’investissement personnel avant de pouvoir se donner un peu plus de liberté et entre ca et les affaires du club…Bref, toujours, est-il que la présence de James lui manquait un peu ces derniers temps. En parlant de lui, son téléphone sonna à peine vingt minutes trop tard et elle lui expliqua que le petit dormait déjà, mais qu’il aurait le privilège de s’occuper de l’histoire du lendemain, ce qui ravit son époux surtout quand elle lui fit part de la volonté de son fils (la sale menteuse) qu’il fasse les voix. Elle prit cependant soin de lui épargner la déception de l'enfant et la remarque qu’il lui avait adressé, elle n’avais pas envie de le voir culpabiliser alors qu’il mettais beaucoup d’énergie à essayer de passer le plus de temps possible avec eux et alors qu’elle savait pertinemment qu’il préférerait être à la maison que dans le bordel qu’il gère. James finit par l’informer qu’il devrait rentrer un peu tard, mais qu’il se rattraperait et elle ne douta pas de sa bonne volonté, quand bien même elle ne préférait pas se persuader que ce serait vraiment le cas, de peur de voir apparaître une sentiment amère de déception si tant et bien qu'il n'y parvienne pas. Lorsque la conversation fut terminée, la jeune femme se remit sur les tâches dont elle devait s’acquitter et finit après une bonne demi-heure par se poser devant une émission quelconque, qu’elle regarda d’un œil distrait, pas vraiment passionnée par ce qui s'agitait sur l'écran.

Lorsque quelques coups retentirent contre la porte d’entrée, une expression surprise vint marquer son visage, elle se redressa d’un coup sur le canapé dans lequel elle s’était affalé et grimaça, il était un peu tard et de toute évidence, ce n’était pas son mari, elle rejoignit la porte et l’ouvrit de quelques centimètres afin de pouvoir apercevoir son invité surprise, il ne lui fallut qu’une seconde pour reconnaître la silhouette colossale de Sebastian. Il faut dire qu’elle avait déjà un petit gabarit, mais à côté de lui, c’était presque cocasse. Natalia ouvrit la porte un peu plus grand et il ne lui fallut pas longtemps pour voir que quelque chose n’allait pas, sa présence ici à l’improviste en était déjà un indice plus que parlant, mais c’est sans aucun doute l’expression qu’elle déchiffra sur son visage qui la contraria instantanément avant même qu’il n’ouvre la bouche.

« Dis-moi qu'on n'est pas fous, toi et moi. » Elle lâche un soupir mélancolique et penche la tête sur le côté, les lèvres serrées, c’est peut-être pire que ce qu’elle pensait en premier lieu. « Bien sûr que si on l’est…mais c’est pas si terrible que ca. » La Serbe lui adresse un sourire bienveillant et finit par lui faire signe d’entrer, le gratifiant d’une accolade appuyée au passage. Elle ne sait pas si c’est vraiment le cas, compte tenu du milieu dans lequel ils évoluent elle en doute un peu, il n’est pas un enfant de chœur, loin de là, mais elle n’est pas dénué de défauts en tous genre et à tendance à se laisser emporter dans des accès de colère démesurés alors loin d’elle l’idée d’émettre le moindre jugement, surtout pas envers le seul des Kings qui a su l’épauler lorsque son mari n’était pas en mesure de le faire. « J’te sers un verre ? » Cette question est plus pour la forme qu’autre chose, clairement, il en a besoin et elle est de toute façon déjà en train de sortir deux verres et une bouteille de whisky. La jeune femme prend le parti de ne pas le brusquer, elle le connaît suffisamment bien pour savoir que si il est là c’est qu’il a des choses à dire, aussi elle préfère lui laisser le temps de souffler un instant avant de déballer ce qui semble peser si lourdement sur ses épaules.

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MessageSujet: Re: tell me we're not crazy, you and i | natalia Dim 21 Mai - 19:17



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Il y a, derrière l'encadrement de cette porte, les plus lourds secrets qu'un homme puisse posséder, ceux qui ternissent l'âme et se perdent dans les méandres de son existence. Ils s’obscurcissent, lentement, éperdus à jamais dans une mémoire fragile tandis qu'ici, entre ces murs-là, ils se conservent. Et ils lui reviennent, violents, aussi tumultueux qu'ils l'avaient été lorsque protégés derrière les prunelles fatiguées. Ils s'invitent à nouveau, heurtant l'esprit et les sentiments, ceux réduits au silence lorsque qu'un quotidien des plus tristes s'impose à cette misérable vie, celle qu'il mène depuis peu, depuis qu'il a comprit que son absence n'était pas un hasard. Un triste sourire, une vérité qu'il déchire, qu'il fracasse contre les murs de son âme. Il n'arrive pas à l'admettre, Sebastian ne le pourra jamais. Alors il a besoin de savoir, finalement, s'il est condamné. Il a besoin de l'entendre dire ce qu'il souhaiterait entendre, un mensonge de plus à apprendre à sa conscience naïve et, dans le fond, dotée d'une détermination extrêmement active pour parvenir à y croire pleinement. Il a besoin d'entendre la voix de cette femme-là à défaut de pouvoir parvenir à entendre celle de la seule qui soit – jusqu'alors – restée à ses côtés malgré ce qu'il est, ce qu'il sera jusqu'à très certainement la fin de ses malheureux jours. « Bien sûr que si on l’est…mais c’est pas si terrible que ça. » Ses attentes se brisent, quelque chose en lui commence à lâcher, brisant les remparts de l'insouciance tandis que la voix de Natalia résonne dans sa tête comme une mélodie terrifiante et pourtant tellement réelle. Mais son sourire parvient à apaiser la tempête, cette amitié qu'elle lui porte rachète quelque peu les tourments et les horreurs qui lui sont associés et ça, Sebastian s'en contentera pour ce soir, suivant l'invitation à entrer de la jeune femme devant qui il passe, un triste sourire venant teinter ses traits ; comme souvent ici, comme toujours lorsque la présence de ses fantômes lui revient. « J’te sers un verre ? » Une question à laquelle il acquiesce simplement, faisant quelques pas sans réel but précis. Parce qu'il se perd dans les méandres de sa personne, là où tous ses chemins se sont confondus en un seul, sinueux, obscur, des plus impraticables qui puissent être ; et pourtant. Aussi, il perd son regard sur les verres qu'elle vient déposer non très loin de sa personne, là où il devrait s'arrêter à défaut d'user le peu de force qu'il lui reste, le peu de stabilité qui lui soit encore donnée au vu des verres déjà enfilés. Ça lui permet de faire face à toutes ces choses, toutes ces vérités qui découlent et hantent ses songes comme pour l'affaiblir, plus qu'il ne pourrait l'être, mais pas plus qu'il ne l'a déjà été. Le fond déjà touché, fut un temps, il s'abstient la chute totale et s'accroche, pathétiquement, à la main qu'elle lui tend. Aussi, ses yeux se lèvent et le masque s'estompe. Il en a besoin, il a besoin de s'en défaire, rien que quelques instants, rien que quelques heures afin d'en décharger toute cette accumulation, toute cette perdition des plus crasseuses.

« Irene est partie. » Ça s'extirpe d'entre ses lèvres, ça vient briser le silence lourd et tortionnaire pour le quadragénaire dont l'azur se fend, orage dévastateur, annonciateur de malheur. Et ça lui semble tellement irréel d'en venir à dire ces mots, ceux-là précisément parce qu'ils sonnent faux à ses oreilles, parce qu'ils lui paraissent n'être que mensonge quand l'absence de toute vie entre les murs de sa demeure ne fait entendre que le contraire. Il ne sait pas ce qu'il pourrait dire d'autre, il n'a pas la moindre idée de la manière dont il doit aborder le sujet du pourquoi, du comment, des raisons qui ont conduits à ce résultat-là. Il n'en a pas l'envie, aussi, surtout. Et, tandis qu'il essaie de retrouver cette constance, son regard se pose sur l'un de ses nombreux spectres, de ceux qui lui rappellent ô combien ce qui sommeille en lui peut être imprévisible. Ces traits-là, il aurait aimé en garder un tout autre souvenir, il aurait voulu voir les choses se construire différemment et pourtant, pourtant il a choisi cette noirceur, les ténèbres d'un monde pour lequel il avait tant donné par le passé, désormais retranché dans ses profondeurs puisque épris de ce qu'il est venu y trouver. Finalement, il secoue rapidement la tête, une nouvelle fois, mettant un terme à cette maladie dérangeante de l'imaginer lorsqu'il se tient ici, terrifié par sa propre manière d'exister. « Elle a prit ses affaires et m'a laissé des papiers et une lettre. » Laisse-t-il entendre tandis qu'il s'appuie sur la table qui orne la pièce, venant s'armer de son verre qu'il détaille un petit moment avant de le vider naturellement, d'une seule gorgée qui – d'ailleurs – vient brûler sa trachée d'une façon salvatrice pour l'âme fatiguée du Sergent d'armes. « J'arrive pas à croire qu'elle ait osé se barrer... » Alors qu'il s'en doutait, finalement. Pourtant, sa plainte semble sincère, comme teintée d'une incompréhension qui – dans le fond – est réelle. Parce qu'il est parvenu à lui offrir plus qu'elle n'aurait pu avoir dans les bras de ses frères, de son père. Il fulmine, les dents serrés tandis qu'il cherche une explication, n'y parvenant pas, craquant légèrement. Son poing s'abat sur la table tandis qu'il ferme les yeux, persuadé que cette opacité pourrait apaiser ses nerfs, les flux de sang qui bouillonnent au cœur de ses veines. « J'ai tout fait pour la sortir de sa merde. Absolument tout. Et tout ce que j'ai envie de faire, là, maintenant, c'est d'trouver où elle est pour lui faire avaler toutes ces conneries qu'elle a laissé. » Et malheureusement, il vient exposer la première cause du départ de celle qu'il appellera aussi longtemps qu'il ne le souhaite « sa femme » ; même malgré ça, malgré tout ce qui pourrait encore advenir, convaincu de n'avoir aucun tord – ou presque. « Je sais pas ce qui se passe, je comprends plus rien. Elle me rend tarée à être aussi conne et à pas réfléchir. » Des mots durs et une colère qui perce enfin le fort bâti autour de sa personne. Tout ce qu'il tente d'ordinaire de faire taire lui revient, similaire à une claque qu'il n'aurait pu éviter, aussi douloureuse, aussi stupéfiante.  
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MessageSujet: Re: tell me we're not crazy, you and i | natalia Mar 30 Mai - 20:52

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Elle s’affaire déjà dans la cuisine, le laissant intégrer les lieux, aucun besoin de faire des manières avec lui, il ne connaît après tout que trop bien cet appartement puisqu’il fut pendant un certain temps, le seul des Kings qu’elle laissait encore entrer chez elle. Pourquoi lui, plutôt qu’un autre ? Elle ne saurait vraiment le dire, probablement car il avait été l’un des seuls à ne pas essayer de lui dire comment gérer sa vie ou comment élever son enfant lorsque son mari s’était retrouvé hors de porté, parce qu’une fois son opinion donné et défendu il avait respecté la sienne, ce qui il faut le dire n’avait pas été le cas de tous et certainement pas celle de ceux qu’elle aurait imaginer être un soutien sans faille. La Serbe sort des placards une bouteille de whisky et deux verres qu’elle remplie au quart, elle hésite un instant à machinalement la reposer à sa place, mais se ravise à la dernière minute, elle vient donc les déposer sur la table où l’homme silencieux, dont le regard grave ne lui laisse rien présager de bon, se tient. Elle sait que quelque chose ne va pas, il n’y a pas besoin d’être devin pour le comprendre et qui plus est, le fait qu’il se présente ici, ce soir, et cela, sans sommation lui fait prendre sa visite très au sérieux. Natalia se rapproche de son visiteur, s’arrêtant à côté de lui, lui offrant un regard amical, mais elle ne dit rien, se contentant de pousser le verre dans sa direction, elle n’entend après tout pas le brusquer et n’en a de toute façon guère besoin, car très vite le couperet finit par tomber de lui-même. « Irene est partie. »

Elle ne dit pas un mot, mais son expression trahit sa surprise, elle ne s’attendait pas à entendre ca c’est évident, mais a bien y réfléchir le départ de sa femme ou en tout cas, les difficultés qu’ils rencontrent dans leur couple pourrait paraître plutôt logique à n’importe qui, la perte de leur enfant était un événement difficilement surmontable, elle n’arrivait même pas à envisager qu’on puisse se remettre d’une chose pareille, osant à peine imaginer la douleur, le désespoir et la détresse que l’un et l’autre devaient ressentir, l’idée même que son petit garçon ait pu être à la place de celui de Sebastian lui tord littéralement l’estomac, ainsi, elle s’empresse de chasser cette idée morbide de son esprit. Il ne s’était écoulé que quelque mois depuis la fusillade et elle peinait elle-même a s’en remettre malgré le fait que par chance, elle n’ait rien perdu, alors eux ? Non, elle ne le concevait que de très loin. « Je suis vraiment désolé Seb… » et elle l’est, non seulement de le voir si maussade, mais aussi de le savoir si seul au milieu de ce chaos qui ne semble pas vouloir disparaître malgré les jours qui continuent eux, de défiler inlassablement. Natalia pose sa main sur son bras et lui adresse un regard bienveillant. « Elle a pris ses affaires et m'a laissé des papiers et une lettre. » Elle imagine sans mal que les papiers en questions concernent un éventuel divorce et que c’est là le véritable problème aujourd’hui. Le motard attrape alors le verre qu’elle lui a servi et le vide d’une traite, lui donnant sans aucun doute raison d’avoir ramené la bouteille. « J'arrive pas à croire qu'elle ait osé se barrer... » Elle a de la peine pour lui, mais au fond, elle n’arrive pas vraiment à blâmer Irene pour autant, pas avec le peu d’information qu’elle a pour l’instant en tout cas, après tout, elle est, elle aussi passer par là, par ce désir d’éloignement, de solitude et si pour elle la séparation avait déjà été établie et imposé, la finalité restait quant à elle la même, il s’agissait de panser cette plaie béante qui ne cessait de se rouvrir jour après jour, encore et encore par le rappel bien trop difficile de ce que l’on avait perdue. Pour Natalia tout ca s’était plutôt bien terminé au final, elle avait retrouvé son mari, cette famille qu’elle n’imaginait même plus qu’ils puissent former un jour, elle avait aussi retrouvé le club et ses appels a pas d’heure, ces urgences quotidienne et la violence qui l’entourait, mais cette fois-ci tout lui semblait pourtant différent, parce qu’aujourd’hui, elle était sans doute plus prête aux sacrifices que cela imposait qu’il y a huit ans quand elle avait laissé James lui passé la bague au doigt.

Alors oui peut-être qu’il y avait plus à y voir après tout, encore fallait-il daigner ouvrir les yeux. Elle s’apprête à étioler le silence qui s’était de nouveau intercalé entre les informations disséminées par Sebastian, mais le poing du motard rencontre soudainement la table dans un bruit sonore qui l’a fait sursauter, le geste la surprend et à peine cet effet dissipé, c’est un regard soucieux qu’elle jette vers le couloir et la porte de la chambre de son petit garçon qu’elle espère encore profondément endormi. « J'ai tout fait pour la sortir de sa merde. Absolument tout. Et tout ce que j'ai envie de faire, là, maintenant, c'est d'trouver où elle est pour lui faire avaler toutes ces conneries qu'elle a laissées. » Elle secoue la tête à la négative et lui, continue de cracher ce qui lui pèse tant sur le cœur, elle finit par venir poser une main un peu plus ferme cette fois, sur son bras et l’oblige en quelque sorte à la regarder. « Calme-toi okay, commence par t’asseoir Seb. Elle lui adresse un sourire encourageant et attend qu’il s’exécute pour ramener une deuxième chaise près de la sienne et s’asseoir à ses côtés. Ce que vous avez vécu est… Innommable et il va vous falloir du temps…À tous les deux (et elle insiste sur ce dernier mot) pour retrouver un semblant de normalité et je comprends que tu soit en colère et dans l’incompréhension, c’est plus que normal, mais peut-être qu’elle a juste besoin de temps. Est-ce que tu as essayé de lui parler ? De savoir pourquoi est-ce qu’elle en est arrivée à cette décision-là ? Peut-être qu’il y a quelque chose à faire…avant de vouloir, lui faire, avaler quoi que ce soit tu crois pas ? »

Elle pousse un soupir et son visage trahit sa réflexion, elle manque de bien trop d’information pour pouvoir émettre un conseil qui en vaille vraiment la peine, elle n’est même pas sûre d’être la mieux placée pour parler en vérité, mais elle refuse de toute façon de le laisser dans cet état et quelque part, elle ne peut s’empêcher de penser que si c’est vers elle qu’il s’est tournée ce soir, c’est pour une bonne raison.


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MessageSujet: Re: tell me we're not crazy, you and i | natalia Dim 4 Juin - 23:33



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Le poison monte et s'ancre, il le sent s'immiscer jusque dans les recoins de son âme pour ne laisser qu'un voile opaque sur une vision qu'il pensait pouvoir contrôler ; en vain. Il n'est esclave que d'une humanité noircie par le temps et les événements, victime d'un ouragan émotionnel qui le prend aux tripes et qui ronge, jusqu'à la douleur, les songes du quadragénaire qui peine à se stabiliser et à se raisonner. Car ça le prend par surprise, ça lui rappelle que rien ne lui appartient encore complètement ; davantage la Belle dont il est venu parler avec celle qui revient enfin à ses côtés. La seule qui ait été assez confiante pour ne pas s'effrayer des maux qui le manipule, qui tiennent la corde qui s'est glissée autour de son cou. Puis, un contact vient rappeler l'instant qui s'écoule malgré sa colère, malgré cette rage qui s'étend en lui comme un venin des plus durs. « Calme-toi okay, commence par t’asseoir Seb. » Chose qu'il peine à faire, néanmoins entraîné par la douceur de Natalia qui persiste à lui faire entendre raison, ou presque en tout cas. Mais il s’exécute, réduisant son mètre quatre-vingt dix sur ce qu'elle est venue lui offrir, son verre toujours vide sous ses yeux auquel il tente de résister à l'appel. Parce qu'il sait qu'il ne pourra pas rester au risque de rendre la soirée de son amie plus dévastatrice que ses propres songes. « Ce que vous avez vécu est… Innommable et il va vous falloir du temps… À tous les deux pour retrouver un semblant de normalité et je comprends que tu sois en colère et dans l’incompréhension, c’est plus que normal, mais peut-être qu’elle a juste besoin de temps. » Un rire ironique, un soupire qui s'échappe d'entre ses lèvres tandis qu'il cède à cette volonté, à cette soif qui grogne au creux de sa gorge pour s'emparer de la bouteille qu'elle est venue dresser sur la petite table. Un nouveau verre, c'est ce dont il a besoin pour accepter le fait que tout lui soit si imprenable, si incontrôlable. « Est-ce que tu as essayé de lui parler ? De savoir pourquoi est-ce qu’elle en est arrivée à cette décision-là ? Peut-être qu’il y a quelque chose à faire…avant de vouloir, lui faire, avaler quoi que ce soit tu crois pas ? » Lui-même n'en sait rien, laissant seulement ses yeux se perdre sur un point qu'il est le seul à percevoir, le seul qui soit à même de se concentrer sur un néant aussi profond que son propre être. Parce qu'il aimerait pouvoir calmer cet orage qui s'est installé, cette tempête qui n'en finit plus de frapper depuis qu'on lui a enlevé son fils, depuis cet après-midi à subir bien des mots pendant qu'on enterrait une partie de sa chair, la dernière note de bonheur qui semblait lui rester. Finalement, la voilà cette humanité, celle qui se planque si régulièrement dans les décombres d'une personne en pleine chute libre. Une larme s'invite, rien qu'une, apaisant l'océan que sont ses yeux rien qu'une fraction de seconde.

Puis, finalement, parce qu'elle n'est pas assez forte, cette dernière lueur de bonté. « Faire quoi ? Elle vient faire exactement comme ce qu'on fait les enculés qui se proclamaient mes parents juste parce que madame n'a pas ce qu'elle veut rien qu'une fois dans sa putain de vie. » Demande-t-il, loin d'être menaçant à l'égard de Talia mais tout de même impulsif. Parce qu'il en serre la mâchoire, parce qu'il tente au mieux de vaincre tout ce qui vient remuer en lui, là, dans un for intérieur déjà trop sollicité. « Tout ce que madame veut, c'est exactement ce que voulait Billy quand il s'est ramené ce putain de soir. Me demander de revoir mon chemin, de, de voir ce dans quoi je vais, où je vais alors que je sais très bien où je vais bordel. Je sais ce que je fais mais non, non faut qu'elle ose se barrer maintenant que, que, que James n'est plus là. Maintenant que j'ai plus rien et que cette connasse peut s'en vanter en sachant que je lui ai tout donné ! » Crache-t-il instinctivement, essayant de contrôler cette jambe qui tremble, cette main qui serre son verre comme prête à le briser à la moindre pression de plus. Il perd toute raison, toute contenance. Sebastian s'abandonne à l'oreille qu'elle peut être à son égard et ça, depuis trop longtemps, depuis tellement longtemps. « J'ai... putain Talia j'ai tué Billy pour tellement moins et... ; une légère pause, un silence tellement lourd qui vient faire verser de nouvelles perles salées. Et j'ai peur de ce que je pourrais faire. Parce que c'est ce pourquoi c'est cette putain de lettre, c'est ce que c'est derrière tous ses reproches concernant ce que j'ai, ce que j'arrive pas à contrôler. » De la détresse ? Oui, peut-être. Un fond de culpabilité qui revient et qui harcèle, qui hante les recoins de son esprit comme pour lui rappeler ô combien les longues années qu'il lui reste seront encore longues et désastreuses de par ce qu'il est, ce qu'il a toujours été puisque élevé dans ce climat, élevé à agir selon ses désirs, ses besoins et non celui d'autrui. Finalement, une main vient cacher les traits fatigués qu'il traîne, ceux qui habillent de la pire des manières un visage exténué. Un visage prit par une fatigue qui se manifeste sûrement avec un peu trop d'enclin, osant quelques spectres qu'il tient à ne pas rencontrer, l'impression qu'il est là en plus de la jeune femme qui se tient à ses côtés. Il le regarde, un court instant, cet air désolé d'accroché le long de ses lèvres comme pour tenter de lui faire entendre que ce n'est pas de sa faute, qu'il comprend, qu'il pardonne. Il aurait voulu que Billy lui pardonne tout comme il voudrait, derrière une colère à son apogée, que Irene le pardonne d'être ce qu'il est devenu sans pleinement en prendre conscience, sans du tout s'en rendre compte en vérité. « J'suis en train de tout perdre...tout parce qu'elle est incapable de voir qu'on s'en sortirait mieux ensemble plutôt qu'en jouant les ennemis, et tout ça pour prétexter les défauts de l'autre au lieu d'essayer de les empêcher. » Chuchote-t-il finalement, à bout de souffle, à bout de force.   
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MessageSujet: Re: tell me we're not crazy, you and i | natalia Mar 11 Juil - 5:48

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Il s’exécute sans vraiment apposer quelconque résistance, elle sait à quel point il peut être impulsif, elle sait ses accès de colère et à quel point ils peuvent le transformer, mais elle sait aussi ce qui se cache derrière cette impétuosité. Il lui a fallu un certain temps pour comprendre et apprécier cet homme qui revêt aujourd’hui une importance particulière pour elle, parce que pour une raison qui lui reste bien étrange, ils ont réussi à un moment donné à établir une véritable connexion qu’elle ne saurait expliquer. Les liens que Natalia avait au fil des années, construits et développé avec plusieurs membres des KOS étaient disparates, plus ou moins amicale, voir carrément inexistant, mais peu nombreux étaient ceux qu’elle considérait de sa famille…À dire vrai depuis que sa relation avec Thomas s’était envenimée pour finir par s’éteindre dans une colère qui pesait encore largement au-dessus de leur tête, Sebastian était le seul pour lequel elle avait un véritable attachement. C’est sans doute pour cette raison-là et parce que leur chemin s’étaient inextricablement croisé à une époque où elle n’avait plus personne et cherchait désespérément une épaule sur laquelle s’appuyer que cette affiliation s’était peu à peu transformer en une profonde affection pour laquelle elle avait fermé les yeux sur des principes fondateurs. La jeune femme observe son ami et l’air qu’il affiche lui serre le coeur, elle souffre avec lui, au même titre que lorsqu’elle avait appris la mort prématuré de son petit garçon. Au-delà du rapprochement inévitable qu’elle avait fait avec son propre enfant, elle partageait véritablement la douleur de celui qui se trouvait aujourd’hui à ses côtés, c’était une tragédie dans laquelle elle refusait de le laisser seul, pris aux pièges de ses propres maux et pensées sordides. Parce que quand bien même il s’agissait ce soir d’un évident procès contre les agissements de son épouse, la source de ce conflit ne pouvait être autre que ce vide grandissant qui creusait jour après jour l’union qu’ils avaient tout deux construits.

Bien évidemment, elle essaye de temporiser les propos qu’elle sent devenir véhément, bien évidemment, elle sait que dans l’immédiat, c’est sans doute peine perdue, il est aveuglé par une colère brûlante et le rire acerbe qu’il présente pour seule réponse à ce qu’elle vient de lui dire n’en est que preuve irréfutable. Il se sert un verre dans lequel il tente de se noyer juste l’espace d’une seconde, le sien est toujours là, intact sur la table et il ne lui fait guère envie, pas comme ca, pas dans ces circonstances…elle préfère ainsi continuer à argumenter, essayer de trouver les mots justes comme elle a déjà su le faire sans trop savoir comment par le passé.

« Faire quoi ? Elle vient faire exactement comme ce qu'on fait les enculés qui se proclamaient mes parents juste parce que madame n'a pas ce qu'elle veut rien qu'une fois dans sa putain de vie. » Elle ouvre la bouche, mais il n’en a pas terminé avec cette pulsion irascible et il laisse la colère prendre le dessus et exprimer ce qu’il semblait garder enfoui, cette tumeur purulente qui ne saurait amener avec elle que perdition et infortune. Ses propos lui serrent le coeur ou peut-être est-ce le ton sur lequel il crache ses accusations, elle ne saurait le dire, mais toujours est-il que l’empathie qui se déploie en elle la pousse à poser sa main sur la sienne, celle qui sert son verre avec vigueur, blanchissant la jointure de ses doigts. D’un geste, elle l’amène à le reposer sur la table, à relâcher en quelque sorte la pression qui s’est emparée de lui. « Hey…hey calme toi, je sais que tu es en colère et que tout ca tombe à un moment où… » mais il ne l’écoute pas vraiment, il semble ailleurs, perdu dans le labyrinthe de ses pensées et elle ne semble pas pouvoir encore y accéder. « J'ai... putain Talia j'ai tué Billy pour tellement moins et... Et j'ai peur de ce que je pourrais faire. Parce que c'est ce pourquoi c'est cette putain de lettre, c'est ce que c'est derrière tous ses reproches concernant ce que j'ai, ce que j'arrive pas à contrôler. » Elle observe les larmes coulées sur les joues de cet homme qui n’est habituellement pas de ceux qui laissent à observer quelconque faiblesses et elle réalise un peu plus l’ampleur de ce qui est en train de se jouer devant elle. Fort heureusement Natalia n’est pas femme à se laisser démonter devant les épreuves, bien évidemment, elle a comme tout le monde ses limites et elle les a de nombreuses fois atteintes, notamment au sein de son propre mariage, mais même lorsqu’elle pensait avoir baissé les bras, il s’était révélé que ce n’était pas forcément le cas, mais force était de constater que cela ne rendait pas toujours les choses plus faciles, bien au contraire. Elle sait que son discours ce soir doit être significatif, parce qu’elle sait de quoi il est capable lorsqu’il se retrouve accablé par les événements, lorsque toute les portes semblent s’être fermé devant lui et elle est bien placé pour savoir que le mince soulagement que cela pourrait lui apporter sur l’instant ne saurait surpasser la culpabilité qui viendrait ensuite comme cela avait été le cas après Billy. C’était un sujet qu’ils n’avaient que très peu abordé, il faut dire que ce n’était pas vraiment là matière à conversation légère.

Natalia ne peut rester impassible devant la douleur que démontre son ami, son visage laisse paraître la souffrance qu’elle éprouve avec lui, de le savoir dans cet endroit esseulé et sombre, elle déplace ses mains sur son visage et encadre ses joues, l’obligeant à la regarder, à reconcentrer son attention sur elle et ce qu’elle a à dire. « Regarde-moi, tu ne vas rien faire tu m’entend ! pas maintenant, pas comme ca…ce qui s’est passé avec Billy…Elle marque un court silence presque invisible à l’oreille avant de poursuivre. Tu dois en retenir une leçon, je sais que tu l’as déjà fait, mais dans l’immédiat, tu es juste aveugler par la colère et la déception et je comprends….Crois-moi, je ressens ta douleur, mais je peux pas consciemment te laisser prendre cette direction-là, tu le sais et je le sais et je crois que c’est exactement la raison pour laquelle tu es là ce soir. » Il se défait d’un geste de recul de l’emprise qu’elle lui avait imposé pour passer une main fatiguée sur son visage rougit pas les émotions et elle l’observe, lui laisse simplement le temps de l’entendre sans imposer, tout du moins pas encore ce qui doit être dit à voix haute. « J'suis en train de tout perdre...tout parce qu'elle est incapable de voir qu'on s'en sortirait mieux ensemble plutôt qu'en jouant les ennemis, et tout ça pour prétexter les défauts de l'autre au lieu d'essayer de les empêcher. » Sa position lui semble ce soir tellement difficile, elle a littéralement l’impression de marcher sur un fil fixer sans précaution au-dessus du vide, parce qu’elle a envie qu’il comprenne qu’elle le soutiens et qu’elle est de son côté, parce que c’est la vérité, mais elle doit reconnaître que tout ce qu’elle est et tout ce qu’elle a vécu lui font ressentir une certaine connexion avec Irene. « Non, t'es pas en train de tout perdre, tu as encore le club, tu as tes frères, moi, je suis là…et ta femme n’est pas encore perdue Seb, mais je crois que cette fois, il va falloir que tu prennes sur toi et que tu te donnes les moyens de faire différemment, de lutter contre…contre tes pulsions. Je sais que c’est pas ce que t’a envie d’entendre, mais je suis une mère et je suis mariée à un Kings, de mille façons différentes, je ne peux que me mettre dans ses baskets et peut-être comprendre pourquoi elle réagit comme ca et comment vos perceptions de la situation peuvent être différentes. Elle a à peine terminé sa phrase qu’elle se justifie, parce qu’il est important pour elle plus que tout autre chose qu’il comprenne qu’elle n’est pas là pour défendre cette femme qu’au final, elle connaît si mal. Te méprends pas, je ne dis pas que tu as tort ou qu’elle a raison, je dis juste que parfois les choses ont besoin d’être vues d’une perspective différente…mon mariage n’a rien de facile non plus et depuis plus longtemps que je ne saurais le dire et moi aussi, j’ai un jour rejeté l’entière responsabilité sur James, parce que j’avais besoin d’un coupable, parce que c’était trop douloureux d’accepter les choses telles qu’elles étaient et parce que c’était plus facile…et il m’a fallu dieu sait combien de temps pour accepter de voir la situation différemment. »
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MessageSujet: Re: tell me we're not crazy, you and i | natalia Lun 14 Aoû - 22:41



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Les mots viennent frapper, s'inscrire, s'ancrer avec hargne contre l'esprit de l'homme qui sent son cœur s'emballer, se perdre dans les méandres d'une rage qu'il n'est plus à même de contrôler ; pas ici, pas ce soir, pas en sachant ce qui s'est imposé sous ses yeux. Il aurait voulu passer au-dessus, vaincre l'importance que peut avoir cette âme à son être, ce lien qui le tient brutalement à ses pieds en sachant qu'il s'est tué à la tâche pour sa survie, pour sa protection ; finalement faible et par sa faute, bien qu'il ne l'admettra pas. Il ne l'admettra jamais et si Natalia le sait, elle sait aussi user de bien des mots, bien des maux, pour parvenir à lui faire entendre une réalité qu'il tait depuis trop d'années. « Non, t'es pas en train de tout perdre, tu as encore le club, tu as tes frères, moi, je suis là…et ta femme n’est pas encore perdue Seb, mais je crois que cette fois, il va falloir que tu prennes sur toi et que tu te donnes les moyens de faire différemment, de lutter contre…contre tes pulsions. » Évidement, ce sont des phrases qu'il n'a que trop connues, trop entendues et pourtant elles reviennent, presque salvatrices parce qu'il les sait nécessaires. Il faut qu'elles résonnent, qu'elles reviennent instaurer une certaine vérité dans cette continuité qui s’obscurcit. Parce qu'elle a raison, parce qu'elle a souvent le don de faire naître ce pincement qui prend et ravive les idées. Il n'est pas seul, il ne l'a jamais été et ne pourra jamais l'être, plus maintenant. Et baisser les bras n'a jamais été de ses habitudes, chose qu'il commence à se souvenir, qu'il commence à prendre en compte tandis qu'il garde encore ses prunelles claires posées sur un point imaginaire, connu d'une seule âme n'étant nulle autre que la sienne, troublée mais un peu plus lucide, légèrement plus qu'en arrivant entre ces murs. Puis vient ce qu'il craignait, ce qu'il aurait voulu ne pas entendre, jamais, ô grand jamais. Parce qu'il est égoïste, parce que tout ne doit tourner qu'autour de sa personne plutôt qu'autour des autres, aussi proches et liées à lui puissent-ils être. « Je sais que c’est pas ce que t’a envie d’entendre, mais je suis une mère et je suis mariée à un Kings, de mille façons différentes, je ne peux que me mettre dans ses baskets et peut-être comprendre pourquoi elle réagit comme ça et comment vos perceptions de la situation peuvent être différentes. » La suite, il peine à l'entendre mais s'efforce, au mieux. Parce qu'il n'a pas le droit de venir et de se fermer de la sorte, parce qu'il est venu cueillir des conseils dans l'espoir que la chute ne soit pas aussi douloureuse qu'elle ne lui paraissait une fois cette demeure retrouvée. Sebastian lutte contre sa propre personne, contre tous ses sens qui s'emmêlent, s'entrechoquent avec cette brutalité sans pareille. Et s'il pensait baisser une énième fois les bras ce soir, c'était sans compter sa compréhension, son attention particulière offerte aux paroles de celle qui se tient à ses côtés, aussi prêt qu'elle ne pourrait l'être comme dans l'espoir qu'il ne parvienne enfin à s'apaiser. Du temps, il ne suffirait seulement que d'un peu de temps ; un luxe qu'il ne parvient que trop peu à offrir, habitué à l'immédiat, habitué à cette satisfaction qui s'offre aux désirs qu'il peut posséder.

Et s'il semblait s'attendrir, c'était sans compter ces images, ces souvenirs, ce douloureux rappel de ce qu'ils ont eu à traverser, de ce qu'ils traversent encore au vu du trou béant qui séjourne au creux de sa poitrine. Sebastian soupire, Sebastian ferme les yeux, essayant de prendre sur lui, de taire cette colère qui gronde, qui vient rendre l'océan de ses songes plus tumultueux qu'il n'aurait pu l'être dans un premier temps. « Sauf qu'elle n'est pas la seule à devoir endurer... ça. » Il n'ose pas le dire, il n'ose pas l'énoncer. Car ce serait raviver la douleur, rouvrir la plaie qui hante son cœur avec ténacité. Ils ont perdu un enfant, leur enfant. Ils ont perdu cette paix d'espoir, cette volonté de rendre leur monde meilleur, plus acceptable, cette volonté de vaincre bien des défauts, bien des obstacles issues d'une quelconque maladie ou d'une autre. Ils avaient ce que d'autres enviaient malgré bien des différents au départ insurmontables. C'est ce à quoi il songe, ce à quoi il pense tandis qu'il lève une main tremblante vers sa tête, jugeant les effets de ce qui se passe sur sa personne et le spectre qu'il devient peu à peu par chagrin, par manque de contrôle sur sa misérable petite vie morose, si grise, si défaite de tout ce qu'elle avait pu connaître autrefois. Tout a changé, en pire, de pire en pire si ce n'est pas davantage ce soir. Les nerfs à vif, le sang chaud, bouillant, autant que sa trachée brûlée par le liquide ambre qu'il aime un peu trop à côtoyer. « Qu'est-ce qui t'a ramené à la raison, pour James ? » Demande-t-il finalement, semblant retrouvé une once de lucidité, le besoin de savoir sur quel pied dansé. Parce qu'il n'a jamais réellement baissé les bras et il choisit de se rappeler cette vérité plutôt que de se laisser sombrer dans des sentiers dépravés, profondeurs qu'il ne doit même pas frôler. Pas lui, pas ici, pas alors que le sol sous ses pieds se fait si instable, sable mouvant qui ronge et attire, séduisant de par une beauté trompeuse. Un peu comme elle. Un peu trop comme elle et l'image qu'il garde de ce visage si angélique, beauté fracassée par sa stupidité. Il le sait, il le sait mais se tait, choisit d'enterrer cette raison dans des affres impénétrables. « Dis-moi juste quoi faire pour empêcher cette connerie et lui rappeler qu'elle ne peut pas faire ça. Qu'elle n'a pas le droit de... » Il ne termine pas sa phrase, choisit de masquer ces mots, cette pensée tout à fait possessive à l'égard de celle dont ils parlent et qu'il ne laissera pas lui échapper si aisément, si facilement, prêt à resserrer les doigts, à refermer le filet. Il lui suffira de reprendre du poil de la bête, de relever la tête, accepter que des défis puissent lui être lancés, accepter l'inévitable pour n'en faire qu'un choix parmi tant d'autre, une situation à rendre avantageuse. Chose qu'il a toujours su faire, peut-être même mieux que personne. Il lui faudra peut-être du temps, à lui aussi. Peut-être. « Parce que je ne la laisserai pas partir. Je ne peux pas et j'ai peur, finalement, de tout ce que je pourrais faire pour ça. » Une complainte, une vérité, des aveux déjà énoncés malgré l'incertitude de ce qui doit encore advenir, de ce qui n'est pas encore arrivé.   
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MessageSujet: Re: tell me we're not crazy, you and i | natalia Lun 21 Aoû - 2:41

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Bien évidemment que sa femme n'est pas la seule à ressentir et souffrir de cette situation entre eux, de la tragique disparition de leur enfant et jamais, Ô grand jamais Natalia ne saurait amenuir de quelques façons que ce soit, la douleur qui le ronge, elle l'imagine sans mal, aucun et elle la partage probablement bien plus qu'elle ne le fera jamais avec Irene, parce qu'elle n'a jamais été vraiment très proche de cette dernière, pour une raison ou pour une autre d'ailleurs, mais en tous les cas et si comme elle essaye de le lui expliquer le monde qui l'entoure ne peut que lui faire prendre en compte le point de vue de la jeune femme, ses sentiments eux, ne sont dirigés que vers lui. Elle a noté cette pause, cette incapacité à pouvoir poser des mots sur son drame et elle ne saurait le lui reprocher, mais se demande par la même occasion si cela ne ferait pas partie intégrante du problème d'une certaine manière. Elle penche machinalement la tête sur le côté et affiche un air attristé, elle a tant de peine pour lui, elle sent son estomac se serrer rien qu'en y pensant « Bien sûr que non et personne ne remet en cause ton chagrin Seb… ce que j'essaye de te dire, peut-être maladroitement, certainement même. Elle lui adresse un sourire amical, essayant de détendre cette atmosphère pesante, qui elle le sait ne saurait-être réparé quand bien même elle s'y essaye malgré tout. C'est que si vraiment tu veux essayer de la récupérer, de la retrouver, tu vas devoir prendre sur toi, je sais que ça n'est pas juste et que tu estimes probablement que tu ne devrais pas avoir à faire autant d'effort, mais c'est probablement la seule solution et je pense que tu le sais… » Parce qu'Irene était celle qui avait fui, parce qu'elle était celle qui avait mis un terme à leur mariage et parce qu'elle devait avoir pour se justifier des milliers de raisons, ainsi c'était à lui que revenait la lourde tâche de faire des efforts qu'ils soient d'ailleurs justifiés ou non, parce qu'il était celui qui ne pouvait pas laisser l'autre partir…il était à ses yeux le coupable parce qu'il en fallait un, il en fallait toujours un…

Lorsque James s'était retrouvé derrière les barreaux, ce n'est pas lui que Natalia avait blâmer, pas au début en tout cas, il avait été sans doute beaucoup plus facile de se persuader que le club ne lui avait pas laissé le choix, qu'il ne lui avait pas demandé son avis, quand bien même elle savait déjà à cette époque que ce n'était absolument pas la réalité, seulement un mirage auquel elle avait elle-même donner une légitimité inventée. Puis Eliott était né et cette rancœur avait grandi lentement, doucement, comme un poison qu'elle ne pouvait pas digérer, elle ne les supportait plus, elle n'arrivait plus à avaler leur sourire, l'aide qu'ils voulaient sans cesse lui apporter, l'argent qu'ils lui donnaient sans qu'elle ne le demande, pas quant à côté de ça ils ne pouvaient rien faire pour lui procurer la seule chose dont elle avait vraiment besoin : son mari. Il avait fallu à la Serbe de longs mois pour réaliser qu'il n'était plus là, qu'il ne reviendrait pas avant la fin de sa peine, qu'il n'y avait rien d'autre à faire qu'attendre et c'est donc avec un retardement conséquent que son monde avait semblé se briser une seconde fois. Elle avait essayé de ne pas se laisser consumer par la tristesse et par la colère, mais ils avaient finie par la briser et c'est avec la plus grande difficulté qu'elle avait fini par réaliser qu'elle ne tiendrait pas, pas dans ces conditions et elle n'avait plus le droit de laisser place à ce genre de possibilité, pas avec un nourrisson sur les bras. Alors elle avait retourné cette rancœur et cette rage contre son mari, lui avait refusé son fils, puis l'avait délaissé le parloir petit à petit, parce qu'elle avait besoin d'être de nouveau entière, c'était la seule solution si elle voulait pouvoir subvenir au besoin affectif de son fils. La jeune femme était donc bien placée pour savoir qu'un coupable était parfois la seule chose qui nous permettait d'avancer et elle ne doutait pas du fait qu'Irene avait ainsi jeté son dévolu sur l'homme assis à côté d'elle. Elle attrapa le verre qu'elle s'était servie un peu plus tôt, mais n'avait pas bu et le porta à ses lèvres. Le liquide lui brûla agréablement la gorge et elle laissa échapper une mince grimace. « Qu'est-ce qui t'a ramené à la raison, pour James ? » Un mince sourire remplace son rictus et elle porte de nouveau le whisky à sa bouche – « Lui. C'était aussi simple que ca en réalité parce que si elle s'était persuadée de bien des choses, avait fait un point d'honneur à instaurer une distance plus que lourde et pesante entre eux, force était de constater qu'il n'avait pas mis bien longtemps à faire voler en éclats les murs qu'elles avaient bâties. Il a juste su me rappeler ce qu'on avait eu par le passé, ce qu'il y avait toujours, sans…s'imposer et pourtant (elle laisse échapper une légère exclamation amusée) il était tout le temps dans le coin jt'assure. Elle hausse finalement les épaules. Je crois qu'il me connaît juste mieux que je ne me connais et qu'il savait parfaitement bien ce qu'il devait faire et surtout ne pas faire. Honnêtement il a fait beaucoup de concessions et à démontrer bien plus de patience que je ne lui en connaissais. Elle sourit, les yeux rivés sur le liquide ambré qui baigne lentement sous la transparence que ses doigts agitent lentement. Même si au final il n'était sans doute pas plus coupable que moi. » La Serbe pousse un soupir, le recul aidant et si James avait été la source du déclin de leur mariage, il ne faisait nul doute que le comportement et les choix de Natalia n'avaient pas aidés, peut-être même avaient-ils d'une certaine façon fait basculer leur union dans un gouffre bien plus grand encore et malgré tout ça, James ne lui avait jamais fait aucun reproches. « Je pense qu'il serait sans doute de bien meilleur conseil que moi, mais je crois que tu devrais commencer par aller lui parler, qu'elle sache…tu dois lui dire ce que tu ressens. Tu la connaît bien mieux que quiconque Seb. Sert toi-en ! » Elle finit par poser son verre sur la table et le repousse un peu plus loin, restant ainsi un instant pensive et silencieuse. La situation lui paraissait délicate, elle connaissait ses coups de sang et sa tendance à s'emporter avant de réfléchir et si elle ignorait l'ampleur que cela avait au sein de son couple (ce qui n'était pas plus mal) elle doutait que ce genre de comportement ne soit d'une grande aide, sauf si comme dans son cas cela menait à une conversation un peu plus franche et directe. « Une chose est sûre, tu DOIS garder ton calme tu m'entends ? La jeune femme cherche le regard du motard pour obtenir confirmation que ses paroles ne sont pas juste balayées. Elle ne doit pas avoir l'impression que tu lui imposes quoi que ce soit, tu ne peux pas te laisser emporter comme…comme tu peux parfois le faire…J'imagine que tu vas devoir la faire passer avant toi même si ça te coute ! »

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MessageSujet: Re: tell me we're not crazy, you and i | natalia Mer 6 Sep - 17:19



tell me we're not crazy, you and i.
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Il l'écoute parce qu'il n'a nul autre choix que celui-ci, parce qu'elle a toujours su lui rappeler que les horreurs passées, que toutes ces images qui dans sa tête subsistaient n'étaient pas forcément une très bonne réalité. Forgé dans un monde de caractère, élevé dans un milieu militaire ; Sebastian s'est habitué à ces alentours, à cette violence finalement plus que normale. Il s'est fait à cette idée jusqu'à la laisser le consumer ; peut-être un peu trop. Parce qu'elle lui rappelle ô combien ses actes peuvent être dénués de toute bonté, ça malgré cette volonté de bien faire, de persévérer. Sebastian s'y prend mal, depuis le début, depuis toujours. Raison pour laquelle le prénom de James s'énonce, raison pour laquelle il s'attend à de l'aide de sa part car leurs deux situations furent similaires, à un moment ou un autre. Parce qu'elle a su traverser ces ténèbres avec une certaine force, une certaine détermination qu'il croit ne pas posséder, là, loin d'être à même de voir derrière sa folie, cette rage retrouvée. Alors il se berce de ses mots, de ses phrases, de tout l'implicite jusqu'au dernier des messages. Sebastian imprime, garde, range dans un recoin de son âme toutes ces choses qu'il n'a jamais pu apprendre, cette vision du monde totalement différente de la sienne, de celle qu'il prône, celle qu'il impose aussi, finalement, peut-être. Bêtement, égoïstement. Et l'admettre, ne serait-ce qu'un minimum, l'amène à baisser la tête, à cacher des traits teintés pour la première fois depuis longtemps d'un doute qui le concerne ; qui ne concerne même plus que lui. « Je pense qu'il serait sans doute de bien meilleur conseil que moi, mais je crois que tu devrais commencer par aller lui parler, qu'elle sache… tu dois lui dire ce que tu ressens. Tu la connaît bien mieux que quiconque Seb. Sert toi-en ! » En parler à James et pourquoi, paraître pour cet homme faible qu'ils ne voient pas encore en eux ? Non, pas maintenant, pas à l'avenir, jamais. Ses tourments lui appartiennent. A lui, à elle aussi pour toujours avoir été dans cette confidence finalement, peut-être, des plus lourdes. Alors il s'accroche à la fin de ses mots, à ceux qui viennent clôturer l'unique conseil qu'elle soit en mesure de lui donner : parler à Irene, lui faire entendre tout ce qu'il n'a jamais voulu dire, la vérité sur une partie de cette noirceur qui sommeille en lui. Un léger rire s'extirpe d'entre ses lèvres, quelque-chose qui se perd dans la pièce qu'ils animent. « Une chose est sûre, tu DOIS garder ton calme tu m'entends ? Elle ne doit pas avoir l'impression que tu lui imposes quoi que ce soit, tu ne peux pas te laisser emporter comme…comme tu peux parfois le faire…J'imagine que tu vas devoir la faire passer avant toi même si ça te coûte ! » Et elle cherche son regard, comme dans l'espoir que tout soit clair pour lui, pour sa conscience, pour ce cœur peut-être finalement trop noir.

Et il le détourne enfin, lorsqu'elle termine, lorsqu'elle laisse ce silence s'imposer à nouveau autour d'eux, autour de lui malgré les spectres qui dansent, qui hantent. Malgré tout ce qui vient raviver les tempêtes d'un for intérieur déchaîné. Sebastian soupire, Sebastian tente de garder en mémoire tout ce qu'elle vient de lui dire. Mais le cœur tape et s'affole, mais les sens s’étiolent. Petit à petit, aussi sûrement que tombe la nuit. Parce qu'il sait, dans le fond, que rien ne lui sera possible s'il ne parvient pas à prendre un autre chemin, un sentier différent de celui qu'il se croyait obligé d'emprunter, celui sur lequel – il y a des années – on l'avait envoyé. Puis Billy, Billy qui revient et le suit, Billy dont la main se pose contre ton t-shirt uni. Le croit-il en tout cas, soupirant d'un apaisement presque réel malgré ce savoir que tout n'est qu’hallucination, malgré ce besoin de clore ses paupières pour pleinement se souvenir de ses traits, de cette vitalité qu'il lui a enlevé. Non, non, il secoue la tête, revenant se défaire une énième fois de cette soirée, de ses méfaits. Et sa main cherche celle de la jeune femme, celle qui – bien souvent – parvient à le tirer de ses profondeurs, des précipices brûlants qui menacent sa hauteur. Quand il parvient enfin à la trouver, quand il parvient enfin à laisser ses doigts s'y entremêler, Sebastian la porte à ses lèvres, laissant son souffle hésitant se perdre contre cette peau rassurante avant qu'un baiser ne s'y attarde, avant qu'il ne cède et se lève. Il ose quelques pas, laissant quelques troubles s'installer au cœur même du repère de sa sûreté. « J'aimerai que rien de tout ça ne se soit vraiment passé et... ; il ne sait pas vraiment quoi dire, en vérité. Car ces émotions-là, cette détresse ne lui ressemble pas. Quand bien même je l'ai aidé, à chaque fois que je t'écoute, j'ai l'impression qu'à rester je ne fais que la tuer. Tente-t-il alors de faire entendre, ne sachant pas vraiment si ses mots ont du sens, s'ils se font aussi clairs qu'ils ne lui paraissent dans sa tête. Et c'est peut-être ça finalement mais je peux pas la laisser partir. Elle... elle n'a pas le droit. Elle a pas le droit. » Ça se répète car c'est une évidence à laquelle il ne renoncera pas, pas le moindre du monde. Et il est là, son souci : ne pas savoir abandonner quand en vient pourtant la nécessité. « J'essaierai, Talia. J'essaierai. Mais si ça ne marche pas ? Je fais quoi, moi, sans tout ça... comme si perdre James n'avait pas été suffisant. » Un léger rire s'extirpe d'entre ses lèvres, ironique, attristé aussi, surtout. Sebastian y pense, Sebastian s'y perd, constatant que sa vie, que tout ce qu'il avait bâti ne dépendait finalement pas que de lui. Tout ne tient qu'à un fil et il commence à le comprendre, à s'en rendre compte. Sebastian doit s'échapper de cette tombe, piège immatériel de son existence qui, ce soir, lui semblait si compromise. Parce qu'il n'est rien, rien sans Elle ; qu'il veuille bien l'admettre ou non. Et si lui même n'est pas à même de le voir, il n'est nul doute que Natalia ait su s'en apercevoir.
Codage par Emi Burton

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MessageSujet: Re: tell me we're not crazy, you and i | natalia Lun 11 Sep - 5:52

tell me we're not crazy, you and i

When our picture fades in the sun
And all the colors blur into one
I'll keep running to the place where I belong

Δ  Natalia & Sebastian




Ses paroles se perdent dans un calme presque pesant, il les entoure, les enveloppent et se diffuse lentement dans l'entièreté de la pièce. Elle ne s'en trouve pas incommodé, elle connaît ses silences et la façon dont il les utilise, elle sait ou en tout cas imagine ce qui se joue dans son esprit et les affres qui s'y affrontent, parce qu'il ainsi, il est de ces hommes qui réfléchissent sans cesse et retourne les mêmes choses encore et encore sans pourtant réussir à en voir le bout parce qu'ils sont trop aveuglés par l'idée même qui les assènent. Natalia avait eu bien du temps pour comprendre cette façon de fonctionner qui en un sens la laisse toujours terriblement perplexe, mais elle s'y adapte et essaye comme à chaque fois de lui apporter une partie de la lumière qu'il semble venir chercher auprès d'elle. Il était parfois difficile de savoir si vraiment elle arrivait à l'aider autant qu'elle le souhaitait, mais à le voir revenir inconditionnellement elle aimait à penser que oui. La jeune femme laisse glisser sa main vers son verre et le porte à ses lèvres, laissant l'alcool lui réchauffer la gorge et lui donner la vague sensation de désaltérer ses lèvres, une vague grimace vient lui faire froncer le nez et elle fait glisser le verre à la place qu'il occupait quelques secondes auparavant. La Serbe observe son ami du coin de l'œil espérant y trouver indice de ce qui peut bien se passer dans son esprit, de ce que ses mots peuvent éventuellement y provoquer. Il secoue la tête à la négative le regard un peu perdu sur une image que lui seul est à même de voir, puis il vient soudainement chercher sa main du bout des doigts, qui s'y refermèrent lentement avant de porter la main de la jeune femme à sa bouche pour y déposer un baiser. Les épaules de Natalia se relâche machinalement et elle penche sa tête sur le côté observant Sebastian sans rien dire, elle se sent un peu impuissante devant son désespoir et ne sait que faire pour lui offrir la paix qui le soulagerait sans doute du poids qu'il semble trainer comme un boulet. Le motard se lève et elle le suit du regard alors qu'il commence à faire quelques pas. « J'aimerai que rien de tout ça ne se soit vraiment passé et... Ça tombait sous le sens, il avait déjà vécu trop de drames qui avaient aiguiller son chemin et forgé cette personnalité plus que particulière, mais tout cela c’était passé et il n’avait d’autre choix que de se plier au chemin que cela avait tracé pour lui, non sans bien évidemment rester maître de ce qu’il déciderait d’en faire. Quand bien même je l'ai aidé, à chaque fois que je t'écoute, j'ai l'impression qu'à rester je ne fais que la tuer.» Elle fronce les sourcils et se redresse d'un coup, ce n'est absolument pas ce qu'elle avait dit, ni même insinuer de près ou de loin, ainsi qu'espérait-il vraiment ? qu'elle le brosse dans le sens du poil comme devait le faire la plupart des gens ? qu'elle lui dise ce qu'il voulait désespérément entendre juste pour flatter son égo, pour soulager sa conscience ? Si c'était ça, il s'était clairement trompé de porte et il devrait le savoir maintenant, elle n'était pas de ce genre et ils s'étaient toujours entendus sur le fait de faire preuve de la plus totale franchise, c'était là la base de leur amitié, l'honnêteté, c'était en cela qu'ils s'étaient trouvés dans des instants de leur vie qui en nécessitait l'usage. « Et c'est peut-être ça finalement mais je peux pas la laisser partir. Elle... elle n'a pas le droit. Elle a pas le droit. » Etait-ce si étrange que cela ? qu'il ne puisse se détacher de cette femme qu'il avait épousé il y a cela bien longtemps, celle avec qui il avait construit sa vie et son quotidien, celle qui avait porté son seul et unique enfant ? Non bien sûr que non et bien qu'elle devait parfois reconnaître qu'elle eut put douter de l'amour qu'il lui portait elle avait juste fini par comprendre qu'elle devait simplement regarder leur situation avec un regard détaché de toute comparaison car chaque relation était différente, cela n'en amoindrissait pas pour autant la force. « J'essaierai, Talia. J'essaierai. Mais si ça ne marche pas ? Je fais quoi, moi, sans tout ça... comme si perdre James n'avait pas été suffisant. »

Elle fini par se lever à son tour et se rapproche de lui, posant une main sur son bras pour l'obliger à lui faire face. « Seb…je n'ai jamais insinué une chose pareille d'accord, tout ce que j'essaye de te dire et il faut que tu m'entendes cette fois, c'est que tout ça n'est la faute de PERSONNE, si ce n'est celui du sort…Elle pousse un soupir et ressere l'emprise de ses doigts sur son bras. mais tu es celui qui est là à te poser toutes ces questions et tu es celui qui a conscience que tout ça n'a pas le moindre sens, c'est donc à toi que revient la tâche de le lui montrer. Natalia cherche son regard et s’y accroche comme elle le peut. J'aimerais tellement avoir une solution miracle à te donner, mais je ne suis malheureusement pas la personne la plus qualifiée quand il s'agit de relations amoureuses, je crois que je suis même plutôt mauvaise en réalité... Elle laisse échapper un rire moqueur, elle ne se leurrait pas, elle savait parfaitement que si elle était aujourd'hui toujours mariée et que les choses allaient si bien avec James, elle ne le devait qu'à lui, il était celui qui n'avait jamais cessé de croire en eux, il était celui qui s'était démené pour le lui prouver, elle n'avait fait que réaliser ce qu'il avait persister à vouloir lui montré coûte que coûte. Si ça ne marche pas la première fois alors recommence, persiste…et si tu perds patience parce que ce n'est pas facile ou juste parce que…tu es toi…alors revient me voir d'accord, ne te laisse pas emporter par tes démons. Pas cette fois. »
© GASMASK

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