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 May i help you?

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PRINCESSE DE LA CB ✩◝(◍⌣̎◍)◜✩
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MessageSujet: May i help you? Ven 12 Mai - 22:55


May i help you?
Daniel & Maeve


« Aaaargh »
Je lève les yeux au ciel avant de porter le regard vers un coin de la boutique dédiée aux jeux vidéos. Devenant plus menaçant, il accroche celui du gosse qui s’apprête à exploser la manette contre la plateforme de jeu, hésitant un instant avant de finalement la reposer doucement. Il serre les poings et les mâchoires, tentant vainement de contenir la frustration extrême qui l’habite présentement. Crétin!
Je l’avoue, je n’aime pas particulièrement les enfants. Du moins passé un certain âge. Et je n’aime pas plus les bébés à dire vrai. Je n’ai jamais compris comment l’on pouvait s’extasier devant ces petites choses toute rose qui ne font que dormir, manger, et déféquer. Ils bavent, ils crient, et ne sont nullement intéressants. Je les aime entre trois et six ans. Quand ils ont acquis un semblant de langage et que leur curiosité prend le pas sur le reste, quand ils posent sans cesse des questions pour comprendre le monde qui les entoure et ne vivent que pour de nouvelles expériences. Passé l’âge de raison, ils perdent, à mes yeux, l’intérêt qu’ils avaient suscité en moi. Mais il n’y a rien de pire sur cette terre dans le genre humain que l’adolescent. Probablement la période la moins enjouée de ma vie. Comme si l’expérience ultime de l’adolescence n’avait pas été assez douloureuse, il a fallu que je la partage avec des centaines d’autres, des filles superficielles, des garçons inintéressants. Et je pensais pouvoir m’épargner à nouveau l’affront des hormones et de la mue de la voix une fois dans le monde adulte, jusqu’à ce que j’accepte ce job. Jusqu’à ce que Marcus entre dans ma vie. Pour dire vrai j’ignore son véritable nom. Son pseudonyme de joueur, reflet de son intelligence, n’est autre que ‘theboss’. Mais j’ai décidé qu’il avait une tête à s’appeler Marcus, alors Marcus il est devenu. Et toutes les semaines c’est la même rengaine, inlassablement. Il vient ici deux fois, le mardi et le jeudi après les cours et s’installe devant le même jeu, invariablement. S’il n’était pas si médiocre je pourrais admirer sa persévérance, mais le spectacle en est devenu lassant. Celui de le regarder fixer cet écran avec hargne en s’excitant sur les boutons de la manette pour tenter de battre le record d’un autre joueur qu’il n’égalera jamais. Celui de la regarder capituler avant de vouloir tout détruire dans la boutique. Celui de venir m’asticoter pour connaître l’identité du joueur numéro un.

« Enfoiré d’OCHAC!! »
Le fameux numéro un. Je compte mentalement le temps qu’il faudra à Marcus pour atteindre son objectif du jour, moi. Cinq, quatre, trois, deux, un….  « C’est impossible de battre ce type! J’suis sûr qu’OCHAC est une intelligence artificielle, on ne peut pas le battre! » Je me retiens de lever pour la troisième fois en un temps record les yeux au ciel, les posant sur lui avec un visage inexpressif qui ne me ressemble pas. « Si ça peut te rassurer… » Non je ne fais pas d’effort, même s’il reste un client et moi une vendeuse. Pas quand cette journée est interminable de par le peu de personnes croisées, pas quand un gosse a décidé de me faire chier juste parce qu’il est passable. « Pourquoi tu refuses de balancer son nom? C’est pas comme si t’étais tenue au secret ou j’sais pas quoi! » Parce que c’est beaucoup plus marrant ainsi tête de nœud. Je me contente de le fixer sans broncher, croisant les bras sur ma poitrine sur laquelle, évidemment, il se met à loucher. Sérieusement? « Allez, steplaît! J’suis même prêt à te payer…hum tiens… » et il fouille dans sa poche. « Dix dollars ». Quoi? Va te faire foutre sale con! Je m’apprête d’ailleurs à le dire verbalement quand une idée plus sournoise heurte ma matière grise. Okay gamin! Tu veux savoir? Je tends la main vers lui pour récupérer le billet, le glissant dans mon soutien gorge en faisant abstraction du regard soudain lubrique qu’il me lance. Je laisse traîner un peu de suspense, arque un sourcil en étirant légèrement mes lèvres et finis par balancer tout le dossier. « Je suis cet enfoiré d’OCHAC! » Putain que c’est jouissif! Cette décomposition faciale, le temps qu’il lui faut pour assimiler l’information, le déni que je peux lire dans ses prunelles vides. « Pfff c’est des conneries, tu peux pas être OCHAC, t’es une fille! » « Ouuuh 12 ans et déjà misogyne, ça promet… » « J’ai 14 ans! Et c’est des conneries, tu t’appelles Maeve, j’le sais, j’ai entendu ton collègue t’appeler comme ça! » « Parce que tu crois vraiment qu’OCHAC est un prénom? » Oh. Mon. Dieu. « Alors qu’est-ce c’est? » Je souffle une nouvelle fois, secoue la tête, avant de reprendre la parole. « Oxygène, Carbone, Hydrogène, Azote, Calcium. » Et devant son air ahuri je précise. « Notre corps est composé d’une multitude d’éléments chimiques mais ces cinq là sont ceux dont le pourcentage massique est le plus élevé chez l’être humain! » Je suis vraiment en train de le perdre. « T’es qu’une vendeuse, tu peux pas savoir ce genre de trucs » Espèce de petit…  « Oxygène 65%, Carbone 18%, Hydrogène 10%, Azote 3%, Calcium 1.5%, tu veux que je continue? »

Il s’apprête à rétorquer quand un homme pénètre dans la boutique, interrompant pour mon plus grand bonheur l’instant Marcus de ma journée. Grand, brun, l’air un peu perdu, je le regarde s’avancer dans ma direction avant de reporter mon attention sur l’adolescent. « Et la vendeuse, elle te met minable à ton jeu préféré, loser! » Je chuchote alors qu’il me lance un regard empli de haine. Tout sourire, j’attends gentiment que le client arrive jusqu’à moi, lançant un signe dédaigneux à Marcus pour qu’il se tire la bite sous le bras.

« Bonjour, est-ce que je peux vous aider? »
Adieu ‘theboss’, bonjour nouveau client que je remercie encore intérieurement pour son timing parfait. Cette journée ne peut pas être pire de toute façon.
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MessageSujet: Re: May i help you? Mer 17 Mai - 20:49

May I help you ?


Je jette un coup d’œil au petit mot écrit sur un petit morceau de papier et qui accompagnait le téléphone.

« Papa, voici un petit cadeau parce qu’il est temps que tu te débarrasses de cette vieille poubelle qui te sert de téléphone portable. »

« Une poubelle, faut pas exagérer… »

« La notice est claire, tu devrais pouvoir t’en sortir mais sinon tu n’auras qu’à aller demander dans une boutique, ils t’aideront. »

« Et comme ça j’aurai l’air d’un débile… »

« Dépêche-toi parce que j’ai hâte de pouvoir t’appeler en facetime ! »

« En quoi ?... »

« Tu me manques. Je t’aime papa. Jess. »

Petit sourire en relisant ces mots qui me font un bien fou. Oui, elle me l’a dit au téléphone, elle me l’a écrit sur des messages mais le lire écrit de sa main, ce n’est pas pareil et ça m’a tellement manqué… Quand je pense que nous sommes restés près d’un an sans nous parler, ça m’en donne encore la nausée. Je porte le petit mot à mes lèvres et le replie soigneusement avant de le ranger dans le tiroir de mon chevet. Puis, je reporte mon regard sur le nouveau téléphone. Un iPhone dernier cri dont elle me fait cadeau mais moi, mon vieux téléphone il me convenait très bien hein… J’aurais bien aimé qu’elle m’en parle avant quand même plutôt que de dépenser de l’argent pour ça. Je ne sais pas exactement combien il coûte mais je sais qu’il coûte cher. Et bon, le coup de la notice là… Faut croire que je n’ai pas seulement débile, je lui suis également parce que ça déjà vingt minutes que je suis dessus et que je n’arrive à rien. J’ai réussi à l’allumer, c’est déjà ça mais bon, je bloque sur un truc qui doit être tout bête mais pour moi ce n’est pas tout bête : c’est du chinois. Je soupire pour la énième fois, termine ma bière, glisse les deux téléphones dans la poche intérieure de ma veste en cuir et quitte ma chambre. C’est au propriétaire de l’hôtel, encore et toujours fourré à l’accueil, que je demande s’il ne connaît pas un magasin de téléphonie ou de multimédias pas trop loin. Il me donne l’adresse d’un magasin où ils font visiblement un petit peu de tout ça et où je pourrai sans doute trouver des réponses à mes questions. Avant de prendre la direction du magasin, je m’isole dans un petit coin pour fumer une cigarette puis je file. A pieds, ce qui dans le fond ne va pas me faire de mal car j’ai trop tendance à ne plus rien faire en dehors du boulot ces derniers temps. Je ne vais même plus à l’escalade…

Lorsque j’arrive finalement devant le magasin, je me retrouve à hésiter bien malgré moi parce que je n’ai pas envie de passer pour le débile que je suis. Peu importe en face de qui je vais me retrouver, on va me dire au nez. J’imagine déjà la scène : « Pourquoi vous n’avez pas été voir sur internet comment faire ? » et moi de répondre « Parce que je n’ai pas internet, et je n’ai pas d’ordinateur non plus en dehors de celui que j’ai au boulot mais même celui-là je m’en approche pas trop. ». Qu’est-ce que j’y peux moi si je suis un vieux con démodé qui n’aime pas toutes ces nouvelles technologies ? Ou alors ce sont les nouvelles technologies qui ne m’aiment pas en fait, allez savoir… Je prends une profonde inspiration, en profite pour prendre mon courage à deux mains et me prépare intérieurement à être moqué puis pénètre à l’intérieur de la boutique. A peine suis-je rentré que j’ai envie de repartir tellement je ne me sens pas à ma place : il y a même un coin jeux vidéos un peu plus loin… Je m’avance, presque paumé au milieu de tout ça quand j’entends une voix m’interpeller. Enfin il me semble que c’est moi qu’elle interpelle puisqu’elle me demande si elle peut m’aider et vu que je suis le seul à être rentré y’a quelques secondes… Je me tourne vers la voix et esquisse un petit sourire que je sais crispé à l’attention de la vendeuse qui se tient là et dont le look est tout sauf passe-partout… Ceci dit, elle a le mérite d’être originale. On me qualifie moi aussi d’original avec mes chemises, mes vestes en cuir, mes ceinturons, mes tiags… Je me détends un peu du coup parce que cette originalité nous fera au moins un point commun. Peut-être qu’elle ne se moquera pas trop du coup.

« Oui. Je pense oui. Bonjour. » je lui dis en m’approchant du comptoir. « Alors voilà ma fille m’a offert ça. » je récupère l’iPhone et le pose sur le comptoir. « Et jusqu’à présent j’ai eu ça. » j’ajoute en posant mon vieux téléphone sur le comptoir. « Je ne sais même pas la marque en fait de celui-là… » j’avoue à mi-voix. Je me râcle la gorge et relève mon regard un peu perdu vers la demoiselle. C’est un sourire quelque peu honteux que j’affiche à présent. « J’ai bien essayé de démarrer l’autre téléphone tout seul mais je suis bloqué à un truc et j’ai pas osé continuer. Il me demande un identifiant ou je ne sais plus trop... Vous pourriez m’aider à tout bien régler s’il vous plaît ? Enfin, sauf si vous n’avez pas le temps… »

Parce que mine de rien, là, je vais l’empêcher de travailler si elle fait ça et sans rien lui acheter qui plus est.

En gros, je l’anarque.
Fantastique…


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MessageSujet: Re: May i help you? Jeu 18 Mai - 17:20

May i help you?
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Photographie mentale.
Plutôt grand, mais avec mon mètre soixante trois, c’est le cas de la plupart des gens que je rencontre. Brun, des yeux bleus, une barbe de quelques jours qui ne me permet pas d’évaluer aussi précisément que je l’aimerai son âge. Probablement entre trente-sept et quarante-trois, histoire de me laisser une marge d‘erreur. Et une veste en cuir que je lui volerais bien, même si elle doit être deux fois trop grande pour moi. Plutôt sympathique à regarder pour être honnête, mais avec son air….perdu?
Et lorsqu’il arrive enfin à ma hauteur et répond à ma question par l’affirmative, mes lèvres s’étirent un peu plus. Parce qu’il n’est pas si courant que les gens aient effectivement besoin de mon aide. Dans cette ère post moderne où la technologie est reine, la majorité des clients qui viennent ici ont une idée bien précise de ce qu’ils désirent. Le dernier joujou à la mode avec cinquante nouvelles applications qu’ils n’utiliseront évidemment pas mais pour lesquelles ils sont prêts à payer plus cher. Révolu le temps où l’on comparait la taille de son sexe et vérifiait qui pissait le plus loin dans un costume hors de prix ou une voiture de sport au bruit certes agréable, mais qui suçait votre plein d’essence plus vite qu’une pute qui n’a pas travaillé depuis trois mois. Sans compter tous les gosses qui traînent ici leurs parents pour acheter une console à trois cents dollars ou un téléphone à six cents parce que c’est aujourd’hui plus un vecteur de lien social que se retrouver au parc. Ces mêmes gosses qui pensent s’y connaître mieux que moi parce que depuis leur face boutonneuse je suis de l’ancienne génération, bonne à jeter au rebus. Ces mini pousses de douze ans!
Alors non, même s’il est écrit dans mon contrat que je dois me rendre disponible pour la clientèle, les conseiller - c’est-à-dire les aiguiller vers les appareils les plus coûteux - mon job consiste surtout à faire rentrer des cartes de crédits dans une fente.

Sourire accroché aux lèvres, j’acquiesce à ses mots et le regarde poser devant moi un iPhone dernier cri. Donc il a une fille assez âgée pour avoir les moyens de lui offrir ce genre de cadeau. J’ai visé juste, la petite quarantaine. Je le regarde ensuite poser un second téléphone, plus petit, avec un écran minuscule comparé au premier, des touches à l’ancienne, genre, des vraies touches quoi! Et mon regard glisse de l’un à l’autre quelques secondes avant de redresser mon visage vers lui. « C’est un peu le cadeau empoisonné pas vrai? Non parce que si on pouvait placer l’échelle de Richter sur le pas que vous venez faire vers la technologie moderne, je pense que vous êtes responsable d’un séisme de magnitude 8! » Je le taquine mais à dire vrai c’est assez rafraîchissant. Il existe donc encore des gens qui ne vivent pas le nez collé à un écran? Faisant mine de réfléchir, je jette un coup d’œil circulaire à la boutique, seul capitaine du navire. Le gérant est absent pour la journée et mon collègue en repos. « Ça risque d’être compliqué avec cette invasion massive de clients et cette file d’attente qui n’en finit pas derrière vous… » Je laisse un nouveau sourire éclairer mon visage puisque nous sommes seuls en ce milieu de semaine et que je sais de source sûre que la journée restera calme. « Vous avez de la veine, mon patron n’est pas là pour me forcer à vous faire acheter tout un tas de gadgets inutiles dont vous ne vous servirez jamais, donc j’ai tout mon temps pou vous. » Et sur ce j’attrape l’un des deux téléphones, le plus récent et abaisse mon  regard vers l’écran.

« Vous avez enregistré l’appareil en ligne? » Le silence. De longues secondes de silence avant que je relève mes yeux vers lui et un sourire presque attendri étire mes lèvres. Évidemment non. Il a autant d’expérience dans ce genre de téléphone qu’un adolescent de douze ans avec les femmes. « Vous devez enregistrer l’appareil depuis un ordinateur, ensuite ils vous envoient un code qui permet de l’activer complètement ainsi que toutes ses applications et fonctionnalités. Vous pourrez ensuite le configurer comme bon vous semble et je tâcherai de transférer toutes vos données de votre ancien téléphone au nouveau. » Je laisse passer un moment de silence avant de me rendre compte que je vais possiblement trop vite. « Okay, on va y aller étape par étape et commencer par le début. » Je farfouille sur l’ordinateur qui se trouve sur le comptoir et trouve rapidement ce que je désire, puis cherchant la bonne connectique pour mon nouveau meilleur ami, lui met la prise dans le derrière. Quelques minutes plus tard de tapotage frénétique, je relève mes yeux vers l’homme. « Je vais avoir besoin d’un coup de main par ici. Pourquoi vous ne passez pas du côté obscur de la force avec moi? Ils me posent tout un tas de questions gênantes sur vous et on ne se connaît vraiment pas assez pour que je réponde à votre place. » Je tapote le tabouret à côté de moi, et tourne légèrement l’écran de l’ordinateur. Bon, ce n’est qu’un formulaire de renseignements type nom, prénom, adresse et compagnie mais il est le mieux placé pour le remplir. Normalement c’est interdit mais encore une fois, je suis le seul capitaine.

« Votre fille vous a vraiment piégé avec ce cadeau pas vrai? » Mon ton n’est pas moqueur, je trouve ça plutôt touchant. Je n’ai aucune idée de ce à quoi ressemble de l’intérieur une relation père/fille. Je n’ai jamais connu le mien, ne sait même pas qui il est. Et ma mère n’a jamais été du genre à collectionner les beaux pères pour ma personne.

••••

by Wiise

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MessageSujet: Re: May i help you? Jeu 25 Mai - 18:31

May I help you ?


Je joue nerveusement avec mes bagues que la plupart de mes collègues trouvent trop… Démodées, « too much » aussi d’après certains mais là ça m’occupe alors que j’attends de savoir si elle va pouvoir m’aider ou non, si elle va avoir du temps pour venir en aide au pauvre ignare que je suis en matière de nouvelles technologies. Elle observe les deux téléphones que j’ai posés sur le comptoir avec attention et quand elle me dit que c’est un peu un cadeau empoisonné, je hausse les épaules, pas certain que ce soit le cas mais pas certain que ce ne soit pas le cas non plus en fait. On peut vraiment dire que ça part d’une bonne intention de la part de Jess et en même temps, elle doit bien avoir conscience que c’est compliqué pour moi. Et, quand la jeune femme me dit qu’en matière de pas vers la technologie moderne je viens de créer un séisme de magnitude 8, je laisse échapper un petit rire bien malgré moi. Autant le prendre avec le sourire non ? Et puis elle le dit gentiment, ça se voit, ça se sent. Et puis c’est vrai hein, on ne va pas se mentir. Je suis un peu beaucoup une catastrophe ambulante en matière de technologies donc bon… Je fronce les sourcils quand elle m’annonce que ça va être compliqué de m’aider vu qu’il y une invasion massive de clients et une longue file d’attente. Je me tourne pour regarder derrière moi et autour de moi, pour vérifier parce que du coup, je m’imagine qu’entre le moment où je suis entré et maintenant, du monde a dû entrer. Note pour plus tard : travailler la perception de l’ironie chez les gens d’une manière générale pour ne pas tout prendre au pied de la lettre. Petit sourire donc, quand je m’aperçois qu’elle disait ça pour rire et je me retourne vers elle, pour voir sur son visage un large sourire. C’est… Agréable. Très agréable même d’être en compagnie d’une personne si… Je ne sais pas trop avec quel adjectif je pourrais la qualifier mais en tout cas, elle n’aggrave pas mon moral, bien au contraire, ce qui n’est franchement pas du luxe me concernant. Elle m’annonce finalement que j’ai de la veine (ça change ça aussi) et qu’elle va pouvoir perndre son temps pour m’aider.

« Génial. Merci. » je lui dis en affichant un sourire franc teinté d’un réel soulagement.

Donc en théorie je vais repartir d’ici avec un téléphone en état de fonctionner mais surtout en étant moi, en état de faire fonctionner le dit téléphone.

Elle attrape les deux téléphones, les observer et sa première question est de savoir si j’ai enregistré l’appareil en ligne. Quoi ? Hein ? Je perds mon sourire et écarquille les yeux. En ligne de quoi ? Enregistré comment ? Elle relève son regard vers moi et je secoue presque imperceptiblement la tête, tout à fait paumé, et elle de sourire légèrement, me donnant l’impression de penser « c’est trop mignon » sauf que non, être autant à la ramasse n’a rien de mignon… Elle prend alors le temps de m’expliquer qu’il faut enregistrer l’appareil depuis un ordinateur (encore faudrait-il en avoir un) et qu’on nous envoie un code qui permet d’activer complètement le télépone et toutes les fonctions. Et après ça je peux le… Configurer. Hum… Oui. Bon. Non. Configurer c’est pas mon truc. Je crois d’ailleurs que vu la façon dont je la regarde, elle se rend rapidement compte que ce n’est pas mon truc justement. Elle marque un silence (je pense franchement que je commence déjà à la désespérer) et reprend finalement pour me dire qu’on va y aller étape par étape. Nouveau sourire reconnaissant.

« Je veux bien oui. » je dis tout bas, quand même un peu beaucoup honteux d’être aussi nul.

C’est avec un air assez admiratif que je l’observe ensuite alors qu’elle tape sur le clavier de son ordinateur. Quand je pense au temps que je me mets, moi, à taper les rapports au boulot… Elle, ça vole, c’est fluide. Elle a ça dans le sang, voilà tout. Quand elle me reparle j’en sursaute presque tant j’étais jusque là absorbé par ce qu’elle faisait. C’est là encore bien malgré moi que mon regard s’illumine quand elle parle « du côté obscur de la force », parce qu’en grand fan de Star Wars que je suis, la petite référence me parle. Et elle réussit pour la seconde fois à me faire rire un peu quand elle parle des informations gênantes posées sur moi pour l’activation de mon téléphone. Je la rejoins après qu’elle ait tapoté sur le tabouret à côté d’elle et m’y installe pour ensuite me mettre à remplir le formulaire, en tapant bien sûr sur le clavier avec mes deux index et en regardant mes doigts comme le nul que je suis. Pendant que je mets un temps fou à tout remplir, la jeune femme refait allusion à Jess en me disant qu’elle m’a piégé avec ce cadeau. Là encore je souris mais davantage avec tendresse comme à chaque fois que je souris en pensant à Jess.

« Non, ce n’est pas un piège. » je termine par répondre à la jeune femme tout en continuant (péniblement) d’écrire les informations sur le formulaire. « C’est vraiment parti d’une bonne intention. Je pense que le message est qu’il faut que je sois plus facilement joignable et que je puisse user d’un meilleur outil pour communiquer avec elle. Nous ne nous sommes pas parlés pendant un peu plus d’un an alors elle veut rendre les choses plus faciles maintenant que c’est derrière nous. »

La phrase sort toute seule, je ne réalise même pas que je viens de déballer un gros morceau de ma vie privée à une inconnue car oui, cet épisode avec Jess est carrément privé, plus que privé même. Mais ça sort naturellement : peut-être que c’est parce qu’elle inspire confiance, je n’en sais rien, je n’y réfléchis même pas. En fait, je ne m’attarde même pas sur le fait que j’aie balancé cette information là. Je continue sur ma lancée.

« Elle n’est pas très loin, une heure et demi de route tout au plus mais entre ses études et mon boulot, c’est compliqué. Avec ce truc, c’est censé moins l’être. Je crois que j’ai tout rempli. » j’ajoute finalement en me poussant un peu pour que la jeune femme puisse vérifier. « Au fait, y’a un truc que je n’ai pas compris. Sur le mot qu’il y avait avec le téléphone elle parle de facetime. C’est quoi exactement ce truc ? »

Tant qu’à faire, autant poser un maximum de questions, non ?



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MessageSujet: Re: May i help you? Jeu 25 Mai - 22:23

May i help you?
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Je ne sais pas si c’est le fait qu’il parle de sa fille ou bien de le voir taper avec ses deux index dans une lenteur d’escargot à la limite touchante et très clairement amusante, mais l’image de ma mère me vient en tête. Ses yeux clairs, ses longs cheveux châtains, et son sourire communicateur. Cathleen Wheelan. Un sacré personnage, une sacrée bonne femme ! Elle savait presque tout faire. Démonter et remonter une voiture, refaire une pièce à neuf du sol au plafond, marchander plus intelligemment que tout commercial qui se respecte, inventer des cocktails à la couleur peu ragoûtante mais au goût exquis, lire un livre de six cents pages en une journée et m’aimer inconditionnellement en jouant le rôle du père, de la mère, de la grande sœur et de la meilleure amie. Et pour tous ces costumes enfilés elle était reine. Mais une fois devant un ordinateur… J’en ai passé des heures à essayer de la former sur des choses basiques, à lui signifier qu’elle avait deux mains pour taper. Mais non, rien à faire, elle continuait obstinément à laisser reposer sa main gauche sur sa cuisse pendant que son index droit cherchait les bonnes lettres du clavier. Elle restait persuadée qu’il fallait mettre tous les mots d’une question dans la barre de recherche, avec le point d’interrogation en se retenant, j’en suis sûre, d’ajouter un s’il vous plaît à la fin. La recherche par mots-clés, très peu pour elle. Quand j’y repense maintenant un sourire attendri étire mes lèvres mais à l’époque, il m’en fallut de la patience pour ne pas exploser devant son manque cruel de maîtrise.

Ce même sourire attendri face à la lenteur de mon client. Sourire que j’efface dès qu’il tourne son visage vers moi, un peu surprise qu’il se confie de la sorte sur sa relation avec sa fille. Non pas que ça me dérange, je n’ai jamais eu de mal à communiquer avec les autres. Du moins pas depuis que je suis dans le monde adulte. Et puis c’est un des bons aspects de ce job, rencontrer des gens, échanger, partager quelques bribes de vies parfois aussi. « Wow un an ? Je ne pense pas que j’aurais pu ne pas parler à ma mère plus de…pfff…trois jours ! Vous savez ce qu’il y a de pire que se froisser avec une mère italienne ? Se froisser avec une irlandaise ! » Je plaisante pour la forme mais c’est un fait, je ne suis jamais restée plus de quelques jours sans l’appeler ou venir la voir. On avait une relation plutôt fusionnelle, dans le bon sens du terme. Ce que tu peux me manquer maman!
Mais c’est assez plaisant de voir son sourire quand il parle d’elle. Je n’ai aucune idée de ce à quoi doit ressembler un père. Je ne connais pas le mien et comme personne ne connaît les causes de ma maladie, ne reste que le facteur héréditaire de la génétique. Et oui, je ne sais pas qui est mon géniteur et la seule chose qu’il m’a transmise est une cardiomyopathie hypertrophique. Merci papa !

Je l’écoute donc avec une attention redoublée continuer sa pensée, acquiesçant à ses propos. Quand il affirme en avoir terminé, je tourne légèrement l’écran dans ma direction pour checker rapidement les informations. Au mot « facetime » qu’il ne semble pas comprendre un nouveau sourire étire mes lèvres. Et tandis que j’enregistre tout, le téléphone émet une petite sonnerie. Je fais une petite manipulation, vérifie deux trois trucs que j’évite de lui expliquer pour ne pas l’embrouiller davantage et attends patiemment que le tout charge. « Oh, c’est une application Apple. Ni plus ni moins de la visioconférence. C’est comme un simple appel sauf qu’au lieu de n’entendre que la voix de votre fille vous pourrez aussi la voir en vidéo sur votre écran. Je pense que ça vous plaira. Vous pourrez la voir sourire, l’entendre vous rabrouer, regarder son visage s’éclairer quand vous la ferez rire ou lever les yeux au ciel si la blague tombe à plat. C’est facile à utiliser je vous montrerai si vous voulez ! » Je lui adresse un nouveau sourire avant de sentir le téléphone vibrer. Le prenant de nouveau je fais encore quelques vérifications. « Je pense qu’on part du principe que vous avez une totale confiance en mes talents et je vous passe les détails de tout le procédé de configuration ? » Je lui jette tout de même un coup d’œil même si ma question s’apparentait plus à de la rhétorique et pendant quelques minutes fait ce pour quoi l’on me paie. Je ne le mets à contribution que lorsque je lui énumère toutes les applis de l’appareil et ce à quoi, de manière basique, elles consistent, afin de supprimer celles dont il ne se servira jamais et lui éviter la vision de cinquante applis sur son écran sans pouvoir trouver celle qui l’intéresse. Finalement il en conserve très peu mais c’est probablement mieux ainsi.

« Bien, maintenant que le ménage est terminé, je vais vous installer facetime…Daniel » Je lance en insistant sur son prénom, me moquant bien d’outrepasser les normes sociales client/vendeuse. « J’ai vu votre nom quand vous avez rempli le formulaire, désolée. Mais vous n’avez définitivement pas une tête à vous appeler Daniel. » Et alors que je le perds un peu plus et avant qu’il ne puisse se vexer je reprends « Mon collègue s’appelle Dan et il est un peu comme un ado prisonnier dans le corps d’un type de trente ans qui passe plus de temps devant sa console qu’à faire du sport. Je crois que c’est l’idée que je me faisais d’un Dan. » Et après une pause j’ajouter, penchant la tête sur le côté « Vous n’êtes pas un Dan. » Et dans le monde très particulier de Maeve Wheelan, ceci est un joli compliment. « Donc, facetime ! »

Frappant des mains, je passe les minutes qui suivent à lui expliquer le fonctionnement simpliste de l’application, prenant mon temps et m’assurant qu’il comprend tout ce que lui dit. Non pas que je veuille le traiter comme un enfant ou un attardé mais je me connais, une fois embarquée il est souvent difficile de me stopper. Une fois la chose faîte, je m’empare de son second téléphone, le plus vieux, celui qui me demandera probablement une patience plus qu’infinie. « Vous voulez du café ? Je ne suis pas supposée vous en proposer mais rien que pour transférer vos données de ce téléphone à l’ordinateur ça risque d’être long alors… »

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MessageSujet: Re: May i help you? Dim 11 Juin - 17:24

May I help you ?


Elle doit me trouver complètement à la ramasse avec mes questions qui sonnent sans aucun doute débiles pour quelqu'un comme elle qui s'y connaît autant mais le fait est que je suis véritablement à la ramasse. Toutes ces choses ne m'ont jamais intéressées et ne m'intéressent d'ailleurs toujours pas. Si je fais un effort, c'est uniquement pour faire plaisir à Jess. Je m'accroche à elle, j'ai trop besoin d'elle, je ne veux pas la décevoir et ça risque déjà d'être le cas quand elle se rendra compte que j'ai recommencé à boire seulement ça, je ne peux pas l'arrêter. Je ne le veux même pas. J'en ai besoin aussi. Alors... Alors oui, je vais faire un effort pour m'en sortir avec cet engin monstrueux et mortel qu'est ce téléphone dernier cri. D'ailleurs on dirait plus un ordinateur de poche qu'un simple téléphone à mon sens mais passons. Je regarde la jeune femme alors qu'elle fait je ne sais trop quoi, elle ne prend pas la peine de me le dire et sincèrement, je lui suis intérieurement reconnaissant qu'elle n'essaye pas de remplir mon esprit avec tout un tas d'explications auxquelles je ne comprendrais rien et dont je me fous de toutes les façons. Ma bouche s'étire de nouveau en une petite grimace quand elle reprend la parole pour répondre à ma question en me disant que le Facetime est une application Apple. Application ? Comment ça une application ? La chose prend davantage de sens quand elle emploie des mots que je connais : visioconférence, vidéo sur l'écran... Oui ça d'accord. Je me mets doucement à sourire bien malgré moi en jetant un petit coup d'oeil au téléphone : je vais donc pouvoir, grâce à ce truc, discuter avec Jess non pas simplement par téléphone mais en la voyant ? C'est tout simplement fantastique. Je comprends mieux pourquoi elle avait hâte. La joie passée, c'est rapidement l'inquiétude qui prend place : quand elle va voir ma tête elle va comprendre que ça ne va pas des masses... Merde. Je hoche brièvement la tête, ayant tout à coup plus de mal à sourire quand la jeune femme m'annonce qu'elle me montrera comment ça fonctionne.

« Oui, oui, j'ai confiance. » je lui dis quand elle me pose la question, lui répondant sommes toutes d'un air quelque peu absent.

Je suis content à l'idée de pouvoir voir ma fille grâce à ce téléphone mais si elle remarque que quelque chose ne va pas, si elle pose trop de questions, si elle décide du coup de débarquer à l'improviste... J'ai peur que tout ça ne prenne des proportions auxquelles je ne suis absolument pas préparé. J'essaye de ne pas ma focaliser là-dessus et de bien écouter toutes les explications de la jeune femme lorsqu'elle me montre les fameuses applications installées sur le téléphone, à quoi elles servent, mais j'ai du mal à bien tout enregistrer. J'essaye malgré tout de m'impliquer et l'aide à savoir ce que je souhaite garder ou non sur ce téléphone et au final, il ne reste pas grand chose mais moi, tant que je peux appeler et envoyer des messages ça me suffit amplement hein... Sourire quelque peu crispé quand elle m'annonce qu'elle va installer le Facetime. Une petite voix dans ma tête me souffle un « Si ça se trouve ça ne va pas fonctionner et tu seras tranquille... » et je la déteste cette voix parce que je n'ai pas envie d'être « tranquille », pas dans ce sens-là, j'ai envie de pouvoir voir plus souvent Jess mais... Pensée balayée quand la jeune femme m'appelle par mon prénom. Je me tourne vers elle, surpris. Quand est-ce qu'on a dépassé le stade du simpl client qu'elle appelait « monsieur » ? Ah quand elle a vu mon prénom. D'accord, ça marche, moi ça ne me gêne pas et puis cela dit en passant, ça me fait moins passer pour un vieux con alors... Mon sourire est moins crispé, plus détendu, à l'image de la conversation en fait, quand elle me dit que je n'ai pas une tête à m'appeler Daniel. C'est bien la première fois qu'on me dit un truc pareil. Alors j'ai une tête à m'appeler comment ? Pas le temps de lui demander qu'elle enchaîne en me parlant de son collègue qui visiblement s'appelle Dan et il est vrai que sa description n'a rien à voir avec la mienne. Je laisse même finalement échapper un tout petit rire quand elle annonce avec fermeté « Vous n'êtes pas un Dan. ».

Je me demande bien ce que je suis alors, pour elle.

Elle repart rapidement sur le Facetime et j'ai un peu de mal à la suivre tant elle est... Vive et changeante. C'est déstabilisant d'être face à quelqu'un comme ça mais pas désagréable du tout en fait. Me revoilà plongé dans les méandres des explications et je l'écoute attentivement, essayant de bien comprendre comment fonctionne le Facetime et quand elle a terminé, je pense être capable de m'en servir. Au pire je pourrai toujours repasser, non ? Oui, je pourrai toujours repasser la voir. Elle récupère mon vieux téléphone et me propose un café bien qu'elle ne soit visiblement pas supposée le faire mais vu que le transfert de mes données risque de prendre du temps, elle me le propose. Petit sourire.

« Avec plaisir... Votre prénom ? »

Je pourrais regarder si elle a un badge accroché quelque part mais ça reviendrait à baisser le regard vers sa poitrine ce que je me refuse à faire parce que ce serait... Irrespectueux. Même si dans le fond il n'y aurait pas d'arrière pensée (bien qu'elle soit charmante ce n'est pas le problème), je ne me vois pas faire ça. Une fois qu'elle daigne me le donner, j'enregistre : Maeve. Ce n'est pas un prénom commun, c'est certain. Je la laisse donc faire de nouveaux branchements avant qu'elle n'aille préparer un café et je regarde autour de moi pendant ce temps. Et je réfléchis. A elle. Au fait qu'elle travaille dans un endroit pareil alors qu'elle a l'air de particulièrement s'y connaître. Je ne pense pas me tromper en imaginant qu'elle soit capable de bien plus et pas seulement de s'occuper d'un téléphone comme elle le fait là. Elle doit être vraiment douée dans tout ce domaine informatique alors pourquoi travaille-t-elle dans une boutique comme ça ? Pas que ce soit un sous métier, pas du tout, mais si elle a un potentiel pour faire plus, pourquoi faire moins ? Ce n'est cependant pas une question qu'on peut poser comme ça de but en blanc à quelqu'un qu'on connaît à peine, surtout à quelqu'un qui a la gentillesse de vous aider. Alors, quand elle revient avec le café, ce n'est pas là-dessus que je relance la conversation.

« Merci. Alors... Si je ne suis pas un Daniel, je suis quoi à votre avis ? Quel prénom vous me verriez porter ? »

Je sirote un peu de café avant de plisser les yeux.

« D'ailleurs, en parlant de prénom, le votre n'est pas commun. En tout cas, c'est la première fois que je rencontre une Maeve. Un prénom original pour une fille originale. »

Compliment ? Oui, sans aucun doute.

« Est-ce que ça a une signification particulière ? Ou est-ce que je suis encore une fois à la ramasse et que c'est un prénom plus commun que je le pense ? »

Parce que quitte à passer pour un débile, autant y aller jusqu'au bout non ?



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MessageSujet: Re: May i help you? Lun 19 Juin - 22:23

May i help you?
Dan & Maeve
••••

« Maeve »

Et après un sourire, je farfouille parmi la masse impressionnante de fils planqués dans un tiroir pour dénicher la bonne connectique et branche l’ancêtre de la technologie à l’ordinateur ultramoderne devant nous. Maudissant la lenteur d’exécution de l’appareil que j’ai dans les mains, je finis par dénicher ce que je souhaite et lance le chargement des différents fichiers afin que mon client ne perde pas ses données importantes. Et quand je constate le temps qu’il faut pour passer de un à deux pour cent, je peste une nouvelle fois intérieurement. Ça va prendre un temps fou…alors je revois l’ordre de mes priorités et me lève, m’excusant auprès de mon seul client pour aller nous dénicher deux cafés.

Passant dans le bureau du gérant – parce que oui, ce dernier a eu la brillante idée de mettre la machine à café dans son bureau, histoire de vérifier notre consommation sans doute – je surveille discrètement l’homme toujours sagement assis là où je l’ai laissé, juste au cas où. Et quand je fouille dans mes poches pour dégoter un peu de monnaie, je me maudis pour ne payer qu’en carte bleue et n’avoir jamais un centime sur moi. « Merde » Je ne vais quand même pas retourner voir Daniel et lui demander de me dépanner, même une sans gêne de ma trempe reconnaît que ce serait dépasser les limites imposées. Sourire malicieux au coin des lèvres tandis qu’une idée germe dans mon esprit, je tourne mon visage vers le bureau de mon patron et plus particulièrement sur le tiroir verrouillé dans lequel il cache ses petits trésors. Rien de très original. Quelques pornos, des lettres dont je préfère ignorer le contenu, et des pièces, je le sais. Il n’y a rien de plus tentant qu’un tiroir verrouillé. Et par acquis de conscience, j’ai déjà vérifié peu de temps après mon arrivée. Jetant un nouveau coup d’œil à l’homme dans l’autre pièce à travers la fenêtre du bureau, j’attrape deux trombones que je plie avec soin pour les doubler et les rendre plus solides, puis m’accroupissant face au bureau, j’insère les deux extrémités dans la serrure jusqu’à reconnaître une légère résistance. Je tourne dans un sens, enfonce un peu plus l’un des deux trombones, rencontre à nouveau une résistance, tourne une dernière fois et…tadam ! Tellement facile !
Sourire victorieux aux lèvres, je récupère quelques pièces en faisant abstraction du reste et retourne à la machine à café, préparant deux boissons chaudes.

Je reviens avec deux gobelets en main, en tendant un au grand brun avant de reprendre place sur mon tabouret, jetant un coup d’œil à l’ordinateur. Quinze pour cent. Bordel…
Je suis distraite par la reprise de parole de mon client, qui fait naître un nouveau sourire sur mes lèvres, éclairant mon visage déjà empli de malice. C’est donc un curieux, tant mieux. Je m’apprête à répondre quand il me questionne sur mon prénom et ses origines et j’arque un sourcil quand il me complimente indirectement sur mon originalité. Du moins je le prends ainsi parce qu’on ne précise pas à une personne qu’elle est originale si on ne le pense pas comme un compliment. Je laisse échapper un léger rire. « Non, vous n’êtes pas à la ramasse, ce n’est pas très commun, pas aux Etats Unis en tout cas. C’est un dérivé de Maeva, et c’est un prénom d’origine Kanak, la population autochtone de Nouvelle Calédonie. » Qui étaient bien peinards avant que les Français se pointent. « Et ça signifie Bienvenue » Je ne sais pas trop pourquoi ma mère a choisi ce prénom plutôt qu’un autre, pourquoi elle ne m’a pas affublé d’un prénom irlandais puisque mes origines se trouvent là-bas. Je pense qu’elle en a juste aimé la résonance. « Son charme et sa beauté témoignent des îles lointaines du Pacifique et parfument nos rêves d'un monde fait de mer, de sable, de soleil et de vacances. » Je me la joue grandiloquente avant de laisser un rire moqueur entièrement destiné à moi-même franchir la barrière de mes lèvres. J’ai dû lire cette connerie sur un site à la noix pour les prénoms mais j’aime la ressortir de temps, surtout quand les gens écorchent sa prononciation. Saloperie de Yankees !

Je bois quelques gorgées de mon café que j’ai toujours aimé bien chaud avant de le dévisager un instant, histoire d’en revenir à nos moutons. « Et vous avez une tête à vous appeler Samuel. » je lâche l’information de but en blanc, acquiesçant à mes mots. « Viril, regard doux, sympathique mais qu’on n’a pas trop envie d’ennuyer. Oui, définitivement Samuel. » Et je bois une nouvelle gorgée de mon café, louchant un bref instant sur l’écran de l’ordinateur. Vingt et un pour cent. « Et qu’est-ce que vous faîtes dans la vie Daniel, mis à part galérer niveau technologie ? » Autant tuer le temps d’une façon plus agréable qu’un long silence gêné. Parce que vu le temps de chargement, le silence risquerait d’être interminable.


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MessageSujet: Re: May i help you? Mar 20 Juin - 18:20

May I help you ?


Bon alors, est-ce que je suis encore une fois totalement à côté de la plaque ? Est-ce que le prénom est répandu mais restant planqué dans ma grotte plus que de raison je suis passé à côté de cette information ? Ce qui est le plus déprimant c'est que c'est totalement possible que je sois pour la énième fois à la ramasse et que son prénom ne soit pas si original que ça. Un prénom qui lui va donc comme un gant puisque de ce que je vois d'elle, c'est une originale, une marginale peut-être même et j'aime les gens comme ça, j'aime les gens qui sortent du moule, qui ne se fondent pas dans la masse, sans doute parce que je suis comme ça aussi malgré mon statut de flic, malgré la vie de famille que j'ai pu avoir par le passé. Je ne rentre pas dans le moule non plus. Quand elle laisse échapper un petit rire avant de m'annoncer que je ne suis pas à la ramasse, j'esquisse un petit sourire, sincèrement soulagé de ne pas encore passer pour la énième fois pour un imbécile. Au moins, j'ai vu juste sur ce point. Je l'écoute avec la plus grande des attentions m'expliquer que son prénom est en réalité un dérivé du prénom « Maeva », un prénom que j'ai déjà entendu mais pas si souvent que ça non plus, et elle m'en dit finalement plus sur ses origines et ma bouche forme un « Oh » tant ce qu'elle me raconte est... Intéressant ? Passionnant ? Oui en fait. C'est tellement... Tellement agréable de rencontrer une personne si différente, aux origines différentes. J'aime. Mon sourire s'élargit quand elle ajoute finalement que son prénom signifie « Bienvenue ». Bizarrement, ça ne m'étonne pas plus que ça et je trouve qu'il lui va mieux encore maintenant que je connais la signification. Puis un haussement de sourcils quand elle se lance dans des explications plus poussées, qui sonnent à mon oreille comme des mots sortis tout droit d'un dictionnaire (ou d'une page internet plutôt dans son cas). Elle finit par en rire et je laisse moi-même échapper un bref rire, son qui sonne étrange à mes oreilles tant je ne suis plus habitué.

Plus d'une façon aussi spontanée en tout cas.

Elle boit un peu de son café, je fais de même mais m'arrête dans ma dégustation quand je réalise qu'elle me dévisage. Quoi ? J'ai quelque chose sur le visage ? Je suis sur le point de le lui demander quand elle m'annonce de but en blanc que j'ai une tête à m'appeler Samuel. Haussement des sourcils. Samuel ? Les mots qui suivent me font détourner le regard parce que cela me met mal à l'aise. La façon dont elle me décrit et dont elle me décrit bien surtout me dérange un peu. Comment peut-elle réussir à deviner que je suis comme ça alors qu'elle me connaît depuis... Aujourd'hui ? Ceci dit, au-delà de la gêne que j'éprouve d'être à ce point-là démasqué en quelques instants, je me mets soudain à m'imaginer en Samuel. Un autre moi. Que j'aurais pu être et qui n'aurait sans aucun doute pas terminé comme Daniel. On peut dire que ça fait envie, un autre soi, une autre vie. Une autre vie où j'aurais toujours mes deux enfants et où je n'aurais pas fait ce que j'ai fait, où je ne me foutrais pas un peu plus en l'air chaque jour qui passe... Maeve reprend la parole et me sort de mes pensées franchement pas très agréables en me demandant ce que je fais dans la vie à part galérer niveau technologie. Si j'essayais d'être ce Samuel ? Un type léger, cool, capable de rebondir sur des questions pareilles en faisant des petites vannes ? Je pose mon café, écarquille les yeux et la fixe.

« Sérieusement ? Vous pensez que je travaille ? Être à ce point-là un loser en nouvelles technologies me demande trop de temps pour avoir un travail digne de ce nom... »

Je la fixe un instant, esquisse l'ombre d'un sourire mais je me rends compte que la supposée vanne, je l'ai balancée de manière si sérieuse qu'il n'est franchement pas impossible qu'elle y croit. Visiblement, je ne suis pas fait pour me transformer en Samuel doué pour sortir des petites boutades par ci par là.

« Y'a pas qu'avec les technologies que je galère. » je lui dis, gêné de mon propre bide. « Bref. Je suis flic. Lieutenant à la B.R.I pour être précis. Et non c'est pas une blague. » Je soulève ma veste en cuir et lui montre mon insigne accroché à mon ceinturon et désigne brièvement le holster lui aussi sous la veste en cuir dans lequel est constamment rangée mon arme de service. « C'est pas du faux. C'est du vrai. » je lui dis, de but en blanc comme elle parle de but en blanc, à croire qu'elle a le don de me transmettre sa spontanéité. « Et sérieusement, mon boulot me prend beaucoup de temps. Presque tout mon temps. » Au fur et à mesure que les mots sortent je les réalise vraiment. « En fait... Je crois qu'il est juste de dire que j'ai plus que ça aujourd'hui. J'ai ma fille oui mais elle n'est pas là, elle fait sa vie et moi... » Petit rire en secouant la tête et en détournant le regard vers l'écran d'ordinateur. « C'est pathétique... » je dis à mi-voix, réalisant que je le suis vraiment : pathétique. Un soupir. « Et vous ? » je rebondis rapidement en reportant mon regard sur Maeve. « Ne le prenez pas mal mais... Qu'est-ce que vous faites ici ? Je suis peut-être encore en train de me planter mais vous semblez avoir des capacités supérieures à ce dont on a besoin pour bosser dans ce genre de magasin, non ? Je dis pas que c'est pas... Je veux dire heureusement que vous êtes là parce que sinon je serais encore au stade « je fais quoi de ce truc » avec ce fichu téléphone portable mais... Je ne sais pas, y'a pas quelque chose de plus grand qui vous plairait ? Plus... Passionnant ? On a besoin de personnes douées en informatique dans la police. »

Petit sourire entendu. Je ne dis pas qu'elle devrait devenir flic mais ma foi, certains hackers bossent pour nous, ce n'est pas un secret... Si elle est de ceux-là elle pourrait être de la partie, non ? Oui, elle pourrait.


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MessageSujet: Re: May i help you? Dim 25 Juin - 22:04

May i help you?
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Je laisse un sourire presque attendri étirer mes lèvres quand je le vois détourner le regard, visiblement gêné par ma description de « Samuel ». Je dois l’avouer, je me trouve quelque peu enorgueillie de voir que je parviens à mettre mal à l’aise un homme dont la maturité dépasse la mienne d’une bonne dizaine d’années. Et je donnerai cher pour être dans sa tête présentement, connaître ses pensées et l’endroit où semble dériver son esprit durant les secondes qui suivent ce constat. Je me contente de loucher pour la énième fois sur l’écran de l’ordinateur, me retenant de jurer. Trente-neuf pour cent. Et je me sens comme Marty MacFly transporté dans la Dolorean du Doc, au moment où il fallait trois jours à une bécane pour faire ce qu’elles font aujourd’hui en trois minutes. Je ne blâme pas mon client pour cela mais bien la lenteur de son ancien appareil. Excepté ses lacunes en technologie et plus particulièrement en téléphonie, il est d’une compagnie plus qu’agréable.
Et quand il reprendre la parole, me laissant quelques instants interdite, je me fais la réflexion mentale qu’il pèche également en humour. Souriant néanmoins à ses propos, plus pour la vanne tombée à plat que pour la vanne en elle-même, je lève la main pour lui signifier que je ne lui en tiens pas rigueur, buvant une nouvelle gorgée de mon café.

Je l’avale juste avant qu’il ne m’informe de son vrai métier et fort heureusement. Car nul doute que j’aurais recraché cette gorgée au moment où le mot flic franchit la barrière de ses lèvres. Tentant de cacher toute émotion qui pourrait me trahir je le regarde, cherchant un signe qu’il persiste dans la voie de l’humour et tente de me faire tourner en bourrique, mais son sérieux me prouve qu’il a bel et bien abandonné l’idée de se jouer de moi. Et quand bien même le doute persiste quelques instants dans mon esprit, il me montre son insigne et le holster que dissimulait jusque-là sa veste en cuir. Secouant la tête pour remettre mes idées en place, je répète mentalement ce qu’il vient de me dire à plusieurs reprises. BRI…B…R…I. Je fouille dans ma mémoire, élimine toutes les pensées inutiles qui embrouillent mon cerveau et tente de me souvenir ce que signifie l’acronyme qu’il ne prend pas la peine d’expliquer. C’est là, quelque part dans mon cerveau, mais je n’y peux rien, au mot flic, une sonnette d’alarme a teinté dans le fin fond de mon subconscient et tente de prendre le pas sur tout le reste. Paranoïa quand tu nous tiens…
Ce sont les risques quand on s’adonne à des activités illégales. Et dans mon cas, au piratage informatique. Le risque de se faire pincer un jour. Que des hommes de loi viennent un jour me cueillir pour rendre des comptes sur mes actes. Me demander les raisons qui m’ont poussé à fouiller dans la vie privée des gens sans leur consentement contre rémunération. Et bien que les chances pour que Daniel ici présent soit là pour une raison toute autre qu’une méconnaissance technologique soient minces, je ne peux m’empêcher d’être soudainement sur mes gardes.

Et puis ça fait tilt ! BRI : Brigade de Recherche et d’Intervention. Autrement dit l’Antigang. A mille lieues de mon domaine de compétence. Je retiens le sentiment de soulagement de se peindre sur chaque trait de mon visage. Une simple coïncidence, rien de plus. Bien que flic, il reste un client comme un autre, réellement à la ramasse en informatique.

Alors je me concentre à nouveau sur ses mots. Sur ses confidences qui me surprennent de la part d’un étranger sans pour autant me mettre mal à l’aise. Et quand je m’apprête à lui répondre, il retourne le sujet sur ma propre personne. Le risque quand on pose trop de questions…Cela dit, je ne peux empêcher un rire franc de passer mes lèvres quand il me rencarde sur les postes disponibles dans la police. « Vous m’offrez un job ? » Je continue à rire quelques secondes, m’imaginant plus que difficilement de l’autre côté de la ligne. Moi, qui pirate des informations personnelles contre quelques billets verts, pourfendeur de la veuve et de l’orphelin. « Je parie que vous n’avez même pas une bonne couverture sociale parce que vous êtes un facteur à risque pour les compagnies d’assurance. Et que la paie ne prend pas en considération tous les dangers que vous prenez. Faut revoir vos arguments de vente Daniel, réellement » Je le charrie un peu, autant pour mon amusement personnel que pour me dépatouiller du sujet. « Quand j’avais vingt ans je voulais sauver le monde, ou au moins contribuer à changer les choses. Mais j’ai grandi et je me contente de sauver des grands bruns ténébreux et de leur inculquer mon savoir facetime » Le ton est solennel mais je finis par pouffer de rire une nouvelle fois. « Cela dit vous avez raison, je suis surqualifiée, pour ce job, et pour les flics ! » Et c’est tellement vrai. « Mais je ne trouve pas votre situation pathétique. Il n’y a rien de pathétique à aimer ce que l’on fait, bien au contraire. » C’est une chose que j’admire chez la plupart de mes amis. Chez Saoirse. Chez Taylor. Elles font ce qu’elles aiment, se donnent à fond et leur passion me fait toujours sourire en me rendant fière d’elles. « Mais vous ne pouvez pas vivre pour votre travail. Ni pour votre fille. Il faut vivre pour vous. Saisir les opportunités parce que personne ne le fera à votre place. Je sais que ça peut paraître bateau et que ça sonne faux dans la bouche d’une gamine de vingt-huit ans mais la vie est trop courte. Croyez-moi, je le sais. Je le sais. Trop courte pour ne vivre qu’avec des regrets. Si vous voulez quelque chose alors foncez. Prenez-le. Si vous voulez quelqu’un, dîtes-le lui. C’est ma philosophie. On n’est pas forcé de l’adopter mais le partage est comme le café, offert par la maison. » Je lui adresse un large sourire et louche à nouveau sur l’écran. Cinquante-sept pour cent.



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MessageSujet: Re: May i help you? Lun 26 Juin - 17:44

May I help you ?


Je ne prétends pas pouvoir lui offrir un poste, là, comme ça, de but en blanc, mais il suffirait de peu je pense pour que ce soit possible parce que je sais qu’on a toujours besoin de personnes aussi douées qu’elle dans la police. Les technologies évoluent à une telle vitesse… Les ennemis d’hier ne sont plus du tout les ennemis d’aujourd’hui et de demain, et cela se joue souvent sur internet, sur cette immense toile qui reste parfaitement inconnue pour moi. Elle pourrait œuvrer pour le bien et ce serait forcément mieux que d’être coincée dans cette boutique, non ? A mon sens, ce serait mieux, mais je ne suis pas dans sa tête ni dans sa vie. Ce n’est clairement pas à moi de lui dire ce qui serait le mieux pour elle, d’autant que je ne la connais que depuis… Une vingtaine de minutes tout au plus. C’est effectivement trop peu pour se permettre ce genre de remarque. J’ai déjà sans doute été un petit peu trop loin en lui disant que j’estimais qu’elle valait mieux que cet endroit dans lequel nous nous trouvons. En tout cas, elle ne se vexe pas, ce qui est déjà une bonne chose parce que ça m’aurait vraiment ennuyé de la blesser alors qu’elle est très sympathique. Elle laisse échapper un rire qui n’a rien d’un rire forcé, oh non, c’est plus que sincère. Et ça me fait sourire qu’elle réagisse comme ça. Elle me demande soudain si je lui offre un job et je perds mon sourire en écarquillant les yeux. Quoi ? Non. Enfin, j’ai émis l’hypothèse que peut-être elle pourrait mais… Je ne sais pas quels sont les postes disponibles, je n’en sais rien du tout. Je ne peux pas me permettre d’offrir ou de promettre quoi que ce soit. Du coup, je me retrouve bloqué à ne pas savoir quoi dire.  Elle rit encore un peu, et dans un sens, la voir rire comme ça calme un peu la tension que sa question vient de faire naître : si elle était intéressée, elle ne rirait pas de cette façon, c’est clair. Elle trouve donc risible l’idée d’appartenir aux forces de l’ordre et je ne peux pas l’en blâmer : soit on en a véritablement envie, soit pas du tout. Elle, c’est pas du tout. Je laisse à mon tour échapper un petit rire quand elle mentionne la couverture sociale laissant à désirer et le fait que les flics soient des facteurs à risques pour les compagnies d’assurance. J’ai bien envie de lui répondre « pas tous les flics » mais je me retiens.

Certains d’entre nous prennent trop de risques, d’autres pas assez.

Elle me raconte qu’elle voulait sauver le monde à une époque mais qu’après avoir grandi elle préfère se contenter de… Sauver les grands bruns ténébreux ? C’est moi le grand brun ténébreux. Je souris. Encore un peu plus quand elle mentionne le « facetime » et le savoir qu’elle transmet. Elle ne manque cependant pas d’affirmer qu’elle est surqualifiée pour l’emploi qu’elle occupe actuellement. Sauf qu’elle ajoute qu’elle est également surqualifiée pour les flics également.

« C’est noté. » je dis avec ce petit sourire.

Elle doit vraiment être encore plus douée que ce que j’imagine.

Mon sourire se fane doucement et mon visage se teinte d’un air plus sérieux quand elle me dit que ma situation n’a rien de pathétique car il n’y a rien de pathétique à aimer ce que l’on fait.

« Oui… » je souffle tout bas en détournant un peu le regard.

Si elle savait… A quel point je le suis, pathétique. Sur bien des plans. Puis, je relève mon regard vers elle quand elle m’affirme que je ne peux pas vivre pour mon travail ni même pour ma fille. Elle dit que je dois vivre pour moi et l’envie de rire me prend. Je me retiens cependant. Ce rire n’aurait rien d’un rire léger, ce serait un rire désabusé, cynique. Vivre pour moi ? C’est une grosse blague. Une monstrueuse et déprimante grosse blague. Puis vient le couplet sur le fait que la vie est trop courte. Elle m’affirme qu’elle le sait. Moi aussi je le sais. Moi aussi. Pas la peine de me le rappeler. Je détourne de nouveau le regard quand elle me parle des regrets avec lesquels on ne devrait pas vivre et c’est clairement le genre de discours dont je n’ai pas besoin en ce moment. Quant au fait de foncer si l’on veut vraiment quelque chose… C’est facile à dire mais bien moins facile à appliquer quand on a trop de squelettes dans ses placards. Je me fige un instant quand elle dit que si on veut « quelqu’un » il faut le lui dire. Un visage s’impose à moi, un visage que je balaye rapidement. Lui dire ? Et l’entraîner dans ma chute ? Je suis déjà bien trop égoïste à vouloir de lui puis à le repousser encore et encore… Elle ponctue en me disant qu’on n’est pas obligé d’adopter sa philosophie mais qu’elle aime la partager.

« C’est gentil… De partager. » je réponds sans la regarder.

Je m’enferme un instant dans le silence, réfléchissant à ce qu’elle a dit, à tout ce qu’elle a dit. Et puis ça me monte, doucement mais sûrement, ça me monte. Je fronce les sourcils.

« Je sais que la vie est trop courte. J’aimerais ne pas le savoir mais je le sais. »

Mes poings se serrent sur mes genoux.

« Mon fils a été assassiné quand il avait treize ans. » je balance soudain la voix éteinte. « C’était il y a trois ans. » j’ajoute en relevant mon regard que je sais sombre et voilé vers elle. « Ma vie tourne autour de sa mort. J'ai fait beaucoup de choses depuis et pour la plupart, je n’en suis pas fier. Vous voyez… » Je lève les yeux au plafond et soupire avant de reglisser mes prunelles dans celle de Maeve. « J’ai essayé de vivre normalement. Si vous saviez à quel point j’ai essayé de mener une vie ordinaire, en essayant de ne pas faire tourner mon existence autour de ce qui lui est arrivé mais quand j’ai réussi, ça m’a explosé à la tronche. A chaque fois. Alors… » Un soupir. « Je pourrais essayer d’appliquer votre méthode. Je pourrais dire à quelqu’un… » Je m’arrête une seconde. « Mais comment on peut dire ce genre de choses à quelqu’un de si bon alors qu’on sait qu’on va l’entraîner vers le fond ? Je suis déjà égoïste, vous n’avez pas idée à quel point… Je ne peux pas l’être encore plus. Je ne peux pas vivre pour moi. Si j’essayais, si j’y arrivais, il y aurait forcément quelqu’un qui en paierait le prix et il ne mérite pas ça. » En fait, je devrais même lui dire qu’on ne se verra plus, je devrais envoyer un message à l’instant où je vais récupérer mon téléphone portable. Je vais sans doute le faire. Et lui réécrire après pour lui dire que finalement je veux le voir. Je secoue la tête. Je suis un connard fini. « Souvent, j’aimerais que ça s’arrête. » j’avoue à mi-voix. « Ce serait tellement plus simple… » Je me perds un instant dans la contemplation de mon café. J’y ai pensé, plusieurs fois, ce serait tellement plus facile… « Parce que dans le fond, quand on est capable que d’apporter des problèmes aux autres, à quoi on sert ? » je demande en relevant mon regard vers Maeve.

La question est sincère.

Je ne pense pas un seul instant au fait que je viens de me confier à une étrangère de manière presque incorrecte car trop personnelle mais c’est tellement facile de lui parler, tellement facile… Je ne me l’explique pas, c’est comme ça, les mots sortent sans même que je ne puisse réellement les contrôler. Je devrais essayer parce qu’il est vrai que si j’étais à sa place, je verrais quelque chose d’inquiétant dans mon discours.

De très inquiétant.



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MessageSujet: Re: May i help you? Lun 26 Juin - 19:17

May i help you?
Dan & Maeve
••••

« Mon fils a été assassiné quand il avait treize ans. »

Une bombe. En pleine gueule. Voilà ce que je ressens présentement. Je ne sais pas d’où vient le tir, à quel moment nous sommes passés de blagues foireuses et de taquineries légères au meurtre de son fils. Je ne sais pas à quel moment le mur client/vendeur est tombé, mais c’est plus soudain que la chute du mur de Berlin ! Et je ne sais absolument pas comment réagir, quoi dire. Désolée ? Les circonstances l’imposent, les codes sociaux aussi. Sauf que je ne suis pas responsable et que ce simple mot ne veut rien dire en soi. Désolée pour lui ? Certes, mais je ne le connais pas, et même adressée à lui, il n’en reste pas moins un mot vide de sens à l’instant T. Et je ne sais vraiment pas quoi faire. Je suis à l’aise sur beaucoup de sujets : la relativité, la loi de Murphy, la génétique, la croissance exponentielle de la population mondiale, la composition chimique de la plupart des drogues, la biologie. Mais ça…non, je suis comme une autiste face à des normes sociales qui n’ont aucun sens pour moi.
Ça n’empêche pas la tristesse et la compassion d’alourdir mon bonne humeur légendaire. Parce que merde, son fils s’est fait tuer. Un gamin de treize ans ! Et même si je ne sais comment agir et réagir, je comprends soudain que le type qui me fait face est bousillé de l’intérieur, littéralement. On ne peut pas vivre après une épreuve pareille. On survit. Et tous mes beaux principes exposés plus tôt sont creux pour ses oreilles, ça ne fait aucun doute. Quelle conne !
Je continue néanmoins d’ancrer mes yeux dans les siens quand il relève le regard vers moi, effaçant tout ce qui pourrait s’apparenter à de la pitié dans mes iris. C’est typiquement le genre de sentiment que je déteste faire naître chez les autres, hors de question que je les lui impose. Je me contente d’acquiescer, compréhensive, le laissant parler sans l’interrompre. A aucune moment je ne me permets le moindre jugement, ni oral, ni dans les regards que je lui adresse. Je ne suis personne pour juger. J’ai commis un bon nombre d’erreurs dans ma vie dont je paie le prix fort aujourd’hui. Je n’ai aucun droit de le prendre de haut ou de le trouver pathétique.

Seulement, sans s’en rendre compte, les mots de Daniel font mal. « Mais comment on peut dire ce genre de choses à quelqu’un de si bon alors qu’on sait qu’on va l’entraîner vers le fond ? Je suis déjà égoïste, vous n’avez pas idée à quel point… Je ne peux pas l’être encore plus. Je ne peux pas vivre pour moi. Si j’essayais, si j’y arrivais, il y aurait forcément quelqu’un qui en paierait le prix et il ne mérite pas ça. » Un coup de couteau, là, en plein dans mon cœur. Une plaie déjà béante dans laquelle il plante ses griffes pour écorcher un peu plus les chairs. Parce que ses mots ont trop de résonnance avec ma propre expériences. Et je ne peux empêcher mon cerveau de superposer SON image par-dessus ce qu’il vient de dire.
Secouant la tête, j’essaie de faire le vide pour lui répondre le plus posément possible, mais au moment où j’ouvre la bouche il reprend, et c’est comme une deuxième bombe en pleine face. Quoi ?

Mes sourcils se froncent quand je comprends le sens de sa phrase et je sens une légère colère poindre à l’horizon. Parce que j’ai une saloperie d’épée au-dessus de ma tête et que malgré tout, je refuse l’idée de mourir. « Vous êtes un sale con » Le ton n’est pas agressif et le regard que je lui lance, en contradiction avec les mots prononcés, est d’une rare douceur. « Si vous pensez ça vous êtes un sale con. » Et avant qu’il ne puisse répliquer je continue. « Ce serait simplement plus facile pour vous. Vous ne souffririez plus, vous ne seriez plus là. Mais vos amis, votre fille, la personne que vous aimez, eux, ils passeraient le reste de leur vie à se demander ce qu’ils auraient pu faire pour vous aider. Parce que si vous pensez qu’ils iront mieux sans vous, c’est des conneries. Je ne sais pas où vous avez merdé et je ne suis pas certaine de vouloir le savoir mais peu importe ce que vous avez fait, ça n'est rien comparé à ce que vous venez d’envisager. Je ne peux pas imaginer ce que ça fait de perdre un enfant mais je sais trop bien ce que ça fait de perdre brutalement un parent. De lui parler un matin en prévoyant vos prochaines vacances au Canada et d’entendre l’annonce de sa mort l’après-midi même. Ne sous estimez jamais l’amour d’un enfant pour son père, même le pire des pères. Elle passerait le reste de sa vie à se sentir coupable et à regretter de n’avoir rien fait. Quant à la personne qui se trouve ici… » Et je pointe du doigt son torse et plus particulièrement l’endroit où se trouve son cœur. « Ce n’est pas votre décision. Et je sais de quoi je parle. Vous voulez que je vous dise ? J’ai rencontré une fille quand j’avais vingt-cinq ans. Et avant de la connaître je pensais être déjà tombée amoureuse. Ça aussi c’était des conneries. Je n’ai réellement aimé qu’elle dans ma vie. Mon âme sœur. Qui pouvait me faire rire aux éclats, qui me complétait parfaitement, capable de me mettre un coup de pied au cul quand je me plantais trop. C'était tellement facile avec elle. Une évidence. Mon évidence. Mais j’ai tout foiré. J’ai eu des secrets et j’ai tout fait pour que ça foire. Vous vous pensez égoïste ? J’ai été tellement égoïste que je n’ai pas eu le courage de l’éliminer complètement de ma vie même après tout le mal que je lui avais fait. Je suis restée dans les parages, je m’en suis fait une amie. Et je nous ai encore fait souffrir toutes les deux. Le plus drôle ? Quand je lui ai dit un plus tard mes secrets, pourquoi je l’avais quitté, je me suis rendue compte qu’elle serait restée avec moi. Que je n’avais aucun droit de prendre cette décision pour elle, pour nous deux. Même si je pensais la protéger, je n’en avais aucun droit. C’était son choix, son libre arbitre. Comme vous n’avez pas le droit de choisir à sa place. Parce qu’il n’y a rien de plus égoïste que ça. » S’il pouvait comprendre à quel point c’est vrai. « J’ai laissé partir l’amour de ma vie, et je le regrette tous les jours. Ne jouez pas au con. Peu importe à quel point c’est difficile, peu importe si vous pensez qu’il n’y a plus d’espoir, on trouve toujours quelque chose ou quelqu’un à qui se raccrocher. »

*Je suis condamnée à mourir, je sais de quoi je parle.*

Je n'avais certainement pas prévu de déballer autant de choses personnelles à un parfait inconnu mais je pense que ce coup de pied mental sera plus parlant qu'une compassion que je ne ressens pas pour son projet de toute façon. La vie est une pute, il faut s'y faire, ça n'a rien de facile, tout le monde en bave, tout le monde en chie. Et tant mieux s'il pense avoir atteint le fond du trou, parce qu'il ne peut plus descendre plus bas. Quand on atteint les abysses, on ne peut que remonter. Et même si c'est seulement d'un cran, d'un tout petit cran, c'est déjà ça.




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MessageSujet: Re: May i help you? Mar 27 Juin - 17:53

May I help you ?


Je ne pense pas à mal. En prononçant ces mots, je ne pense pas à mal. Je pense simplement à ce que je ressens, à ce que son absence à lui a provoqué en moi, à ce que cela me ferait de ne plus être là, à ce que ça ferait aux autres. Soulagement est le premier mot qui me vient, pour moi, pour eux. Je n’aurais plus à souffrir, ils n’auraient pu à jamais s’inquiéter de ce que je pourrais faire ou non et, au final, même si ça leur ferait mal, ils seraient mieux sans moi. Je le réalise vraiment maintenant.  J’y avais songé sans jamais vraiment me pencher dessus mais avec du recul, à présent que les mots ont été prononcés à voix haute… Si je n’étais plus là, je n’abimerais plus rien, je ne gâcherais plus rien. Je ne peux pas m’empêcher de voir les choses de cette façon. A l’heure actuelle, je ne peux pas m’empêcher de voir les choses de cette façon. Jess qui veut se rapprocher, sans savoir que j’ai de nouveau sombré, pourrait faire pencher la balance de l’autre côté, mais ce n’est pas le cas. Parce que je sais que je vais encore la décevoir, et parce que je sais que je suis incapable de supporter encore son silence si elle décide une nouvelle fois de couper les ponts. Ce serait tellement plus facile de tout arrêter. Ne plus penser. Ne plus souffrir. Tellement plus simple oui. Très égoïste, c’est vrai, et très lâche, c’est également, mais plus simple. Pour tout le monde. Alors à quoi je me raccroche ? En sachant l’homme que je suis devenu, en sachant ce que j’ai fait, ce que je fais, ce que je vais continuer à faire, ce que j’apporter aux autres (et pas du bon), à quoi je me raccroche ? Pourquoi continuer ? C’est tellement… Limpide maintenant que j’ai mis des mots dessus. C’est terrible parce que ça m’apparaît soudainement comme une évidence et ça n’a rien de réjouissant.

« Vous êtes un sale con. »

Elle le dit calmement et ne me regarde pas avec agressivité, au contraire. C’est étrange parce qu’il me semble percevoir une réelle douceur dans son regard. Une douceur qui fait se nouer mes entrailles. Elle le répète une seconde et j’ouvre la bouche, pour aller dans son sens en réalité, mais n’ai pas le temps de prononcer le moindre mot qu’elle poursuit. Je l’observe alors que sa bouche déverse un flot de mots que j’entends, que j’écoute, que je comprends. Elle a raison à bien des égards : si je disparaissais je ne souffrirais plus, ce serait plus facile pour moi. Quant aux autres… Je détourne le regard bien malgré moi quand elle dit « la personne que vous aimez ». Est-ce que je l’aime ? Est-ce que c’est bien de cela dont il s’agit ? Est-ce pour cette raison que je ne sais que le repousser pour mieux le ramener à moi après ? Je n’y avais pas songé, parce que je ne voulais pas y songer. Je baisse finalement la tête quand elle me dit que si je faisais ce que j’ai indirectement dit que j’avais envie de faire, ils n’iraient pas mieux, quand bien même je pense le contraire. Elle me dit que tout ce que j’ai pu faire n’est rien comparé à « ça » et peut-être qu’elle a raison. Peut-être. Je relève brusquement mon regard, quelque peu paumé il faut bien l’admettre, vers elle quand elle me dit que si elle ne sait pas ce que ça fait de perdre un enfant, elle sait ce que c’est de perdre un parent. Les mots suivants me font mal au cœur, pour elle, parce qu’elle me parle de son vécu, parce que même si je n’ai pas tous les détails, j’en ai bien assez pour comprendre qu’elle a perdu son père. Ou sa mère mais ce qu’elle dit juste après, concernant l’amour d’un enfant pour son père… Oui, c’est bien de son père qu’elle parle. Et moi de détourner de nouveau le regard quand elle parle de Jess, ce qu’elle ressentirait si je choisissais la voie évoquée. Je ne la soulagerais donc pas ? Je doute de ça, je doute vraiment. Elle serait très en colère. Contre moi, pas contre elle-même, comme elle a été en colère contre moi quand j’ai fait mon overdose et pas contre elle-même.

« Quant à la personne qui se trouve ici. » Maeve ajoute soudain en pointant mon torse du doigt, ou plus exactement, l’endroit où se trouve mon cœur. Cœur qui d’ailleurs s’accélère. Est-ce qu’il est là ? Je ne sais pas si je veux vraiment le savoir mais dans le fond, je le sais déjà. C’est pour ça que je fuis autant, entre autres. Elle m’affirme que ce n’est pas ma décision, que je ne devrais pas choisir pour lui. Je ne suis pas d’accord avec ça. Je ne peux pas être d’accord. Et je suis sur le point de le lui dire quand elle m’avoue soudain des choses plus personnelles encore la concernant. Je l’observe tandis qu’elle me parle de cette fille dont elle est tombée amoureuse, une fille qui était son âme-sœur, une fille qui lui a fait réaliser qu’avant elle, elle n’avait pas vraiment aimé. J’esquisse bien malgré un petit sourire quand je l’entends m’expliquer ce qu’elle représentait, ce qu’elle lui faisait ressentir. Elle m’affirme que c’était facile, une évidence. « Son » évidence. C’est beau. Cette façon d’en parler, c’est beau. Et mon cœur se serre parce que je l’ai déjà ressenti. Non, plus exactement, j’ai cru l’avoir déjà ressenti. Une fois et je m’étais trompé. Je m’étais trompé parce que si elle avait vraiment été mon évidence, je penserais encore à elle, je ne pourrais pas l’oublier, me détacher de ce que nous avons vécu, et ce n’est pas le cas. Quand je pense à une évidence, ce n’est pas son visage à elle qui m’apparait. Et c’est totalement fou, mais ce n’est pas son visage. Alors est-ce qu’il serait pour moi ce que cette fille a été pour Maeve ? Est-ce que j’ai cru avoir aimé comme jamais ne n’aimerais quelqu’un à tort ? Je détourne le regard, songeant aux mots de Maeve, songeant à ce qu’elle a fait alors qu’elle n’avait visiblement pas besoin de le faire… Là encore cela fait écho à ce que je pense que lui ferait. Si demain, je lui expliquais tout de bout en bout… Je pense qu’il répondrait comme cette fille a répondu à Maeve. Je pense qu’il l’accepterait. Je pense qu’il serait capable de… M’aimer pour celui que je suis maintenant, pas celui que j’ai été. Je le pense mais…

Je soupire.

« Je ne veux pas me raccrocher à qui que ce soit. » j’avoue à Maeve à mi-voix. « Parce que je suis un sale con. » j’ajoute en esquissant l’ombre d’un sourire. « Et un lâche. Triplé d’un faible. Pas au boulot, c’est sûr, mais dans ma vie personnelle… » Je me racle la gorge. « Je suis toxique. Je suis une saloperie de virus qui infeste des hôtes sains jusqu’à ce que les hôtes soient infectés. Alors, ça fait peut-être de moi un type encore plus égoïste mais je n’arrive pas à m’imaginer intoxiquer quelqu’un encore une fois. » Je hausse les épaules. « En fait, depuis que mon fils est mort, tout ce que j’ai touché, je l’ai brisé, et tous ceux que j’aimés, je leur ai fait du mal. Alors, rajouter un dommage collatéral de plus… » Je secoue la tête de droite à gauche. « Je vais être assez fort pour ne pas me raccrocher à lui au point de lui demander plus mais je ne suis pas assez fort pour le repousser définitivement. Pas pour l’instant. Un peu comme vous ?... » je me risque, repensant à ce qu’elle m’a dit. « On est autant égoïste l’un que l’autre au final. » Je marque un silence, l’observe avec intensité, plisse un peu les yeux en penchant la tête sur le côté puis, je souris un peu plus largement. « Mais vous, vous n’êtes pas toxique. Et vous devriez lui parler. » Allons bon, je m’improvise conseiller en matière de relations maintenant ? Oui, mais je sais mieux gérer les autres que me gérer moi alors… « Si tout a été dit, s’il n’y a plus de secrets, si elle vous a affirmé qu’elle serait restée, vous devriez lui parler, lui dire que vous l’aimez toujours. Ce qui était vrai à ce moment-là doit l’être toujours j’imagine mais vous  voyez les choses différemment maintenant. Vous me dites que je ne dois pas jouer au con mais vous non plus vous ne deviez pas. Parlez-lui. Si elle vous envoie en orbite, ce sera vraiment fichu mais au moins vous lui aurez dit. »

Pendant l’espace d’une seconde, je m’imagine appliquer ces conseils à ma propre situation, j’imagine passer au-dessus de ma peur de lui faire du mal, je m’imagine tout lui dire et j’ai même cette vision d’un « nous », heureux. Une vision qui vole en éclats parce qu’il y a toujours quelque chose pour le faire voler en éclats le bonheur. Dans ma vie, en tout cas, c’est comme ça que ça se passe.

Toujours.




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