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 May i help you?

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MessageSujet: Re: May i help you? Lun 3 Juil - 18:22

May i help you?
Dan & Maeve
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Moralisatrice, c’est la façon dont je me perçois après avoir donné libre court à mes pensées. Moralisatrice, et hypocrite. Je suis là, face à cet étranger qui sortira de ma vie sitôt mon travail terminé, à lui exposer par A plus B les difficultés de la vie et les coups durs qu’elle nous infligent, la façon de se relever. Je suis là, à lui prodiguer de savants conseils sur des phrases toutes faîtes pour qu’il ne baisse pas les bras, qu’il sorte la tête de l’eau et continue d’avancer. Et je suis une hypocrite. A quel moment, dans ma vie, ai-je une seule fois fait front à mes problèmes ? A quel moment ai-je choisi de ne pas baisser les bras pour battre la main inquisitrice de cette salope de vie ? Jamais. Pas une seule fois.
La première fois à mes vingt-deux ans, quand un docteur parmi tant d’autres a posé un diagnostic sur mes problèmes de santé. Doctorante, brillante, avec un avenir tout tracé, je pensais obtenir tout ce que je désirerai dans la vie. Et je vivais avec cette philosophie que tout m’était dû, que je méritais toutes les bonnes choses pour lesquelles j’avais travaillé si dur. Toutes ces privations, les soirées passées à bucher au lieu de profiter de ma vie étudiante. Une vie sociale mise de côté pour être en haut du classement. Et je l’ai été. Major de ma promotion pour mon diplôme de fin d’année – certains se souviennent encore de mon discours j’en suis certaine – dans le top trois de l’université… J’avais travaillé si dur, et pourtant, en un claquement de doigt, j’ai tout plaqué. Les cours, ce stage prestigieux, ma thèse prometteuse, absolument tout. Et si j’ai longtemps justifié cet abandon par un désir de ne pas devenir patient au lieu de chercheur, par un gaspillage d’années soudainement écourtées dans le décompte de ma vie, par une volonté de profiter de chaque instant donné, toutes ces raisons qui me semblaient si justifiables quelques années plus tôt le deviennent beaucoup moins dans le fil du présent. Parce que six ans se sont écoulés et que je ne vais pas si mal. Parce que je devrais être Docteur aujourd’hui et pas cette vendeuse trop qualifiée dans une boutique. J’ai gâché toutes les chances que je m’étais créées. Professionnellement.

Et puis il y a eu Taylor. Ma chance à moi, mon heureux hasard. Me suis-je battu pour elle ? Nous ai-je donné toutes les chances ? Non. Je me suis laissée piéger par mes propres mensonges, enliser dans mes erreurs et fui. Lâchement. J’aurai pu tout lui avouer il y a un an, avant qu’il ne soit trop tard, avant de la perdre. Mais j’ai préféré partir plutôt qu’affronter la situation. Parce que c’est ce que je fais de mieux. J’ai gâché toutes les chances qui m’ont été données. Personnellement.

Et pourtant je suis là, à lui faire la leçon de morale, à le traiter de sale con pour ne serait-ce que penser à mettre fin à sa vie. Et la colère passée je me sens minable d’apposer un jugement si strict. Certes, malgré ma maladie, les risques et les difficultés, jamais je n’ai pensé au suicide. L’idée ne m’a même jamais effleuré. Mais j’ai fait plus d’erreurs que la plupart des gens, me suis détruite plus sûrement que d’autres par diverses substances et divers procédés. Pour avoir le contrôle sur quelque chose, pour perdre le contrôle, par besoin, par envie, par masochisme le plus souvent. Alors qui suis-je pour juger ? Personne, et encore moins que ça.
Et plus j’écoute Daniel, plus je me sens mal de lui avoir parlé si durement. Je ne nie pas que parfois, c’est ce dont les gens ont besoin. Oui mais je ne le connais pas. Il a beau avoir eu besoin de vider son sac en ma présence, j’ai beau avoir été le réceptacle temporaire de sa souffrance, c’est un fait, je ne le connais pas. Et plus je l’écoute, plus les similitudes entre lui et moi me frappent, bien plus que nos différences. C’est sans doute cela qui est si désagréable, cet effet miroir qui me renvoie en pleine gueule tout ce que je fais mal, tout ce que je fais foiré.

« Vous savez ce qu’a dit Edward Murphy ? Tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera nécessairement mal » Je laisse passer un ange, avant de préciser ma pensée. « En gros, ce n’est pas tant le fait que les choses tournent toujours mal dans votre vie. C’est plus le fait qu’elles tournent mal justement parce que vous étiez persuadé qu’elles tourneraient mal. » Et c’est une putain de vérité universelle. A trop se persuader qu’une merde vous tombera sur le coin du nez, à trop l’attendre, on ne voit qu’elle au bout du chemin. Et parce que les chemins empruntés vont forcément vers elle, guidé par un subconscient trop pessimiste, on n’est pas surpris quand on se prend le mur en pleine face. On se l’était dit après tout. « Parfois les gens ne sont pas heureux seulement parce qu’ils pensent qu’ils n’ont pas le droit de l’être. » Parce que la colère, la dépression, et la culpabilité qui accompagnent la perte d’un proche nous retire ce droit. « Mais puisque que vous êtes un virus, vous savez que vous êtes incapable de vous multiplier par division cellulaire. » C’est la principe même d’un virus. « Vous avez besoin d’une cellule hôte. Et je ne dis pas ça pour aller dans votre sens. Je dis seulement que ça prouve une fois de plus que l’être humain n’est pas fait pour être seul. Vous pouvez refuser l’idée, mais c’est un fait. La solitude n’est pas faite pour l’Homme. On a besoin des autres. Et encore une fois, ce n’est pas votre décision. Vous pouvez le rejeter en prétendant que c’est pour son bien mais ça ne le rendra pas plus heureux. Est-ce que vous l’êtes ? »

Je finis par répondre tristement à son sourire, buvant une gorgée de café pour me redonner un peu contenance, louchant à nouveau sur l’écran de l’ordinateur. Quatre-vingt-quinze pour cent. « Vous avez raison, je ne suis pas toxique. Mais c’est trop tard pour moi. Pour moi et elle. Taylor est avec quelqu’un d’autre maintenant. Et j’aimerais sincèrement pouvoir détester la femme qu’elle a choisi mais il se trouve que c’est une très bonne amie à moi alors…je me contente d’être heureuse pour elles deux. J’ai eu mille occasions de lui parler et je n’en ai saisi aucune. Je n’ai pas le droit de leur faire ça maintenant. A aucune d’entre elles. Je suis égoïste mais pas à ce point-là. C’est trop tard pour moi, ça ne l’est pas pour vous. Commencez par appliquer vos propres conseils monsieur Mills, ou ne les donnez pas. » J’arque un sourcil et trinque doucement avec lui avec mon gobelet de café.





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MessageSujet: Re: May i help you? Sam 8 Juil - 23:01

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C'est effrayant, de se laisser aller au bonheur. Vraiment effrayant parce qu'à chaque fois qu'on est heureux, à un moment ou à un autre, quelque chose ou quelqu'un vient tout foutre en l'air. J'ai eu droit à de nombreuses années de bonheur mais j'ai payé ce bonheur depuis les quatre dernières années. Alors je n'y crois plus, plus vraiment. Mais s'il est trop tard pour moi, il n'est pas forcément trop tard pour elle. Elle peut encore être heureuse avec celle qu'elle aime, c'est possible. Ce n'est pas terminé. Il faut au moins qu'elle essaye. Voilà pourquoi je le lui conseille sauf que mes conseils et le pourquoi de ces conseils sont rapidement balayés quand elle commence à évoquer Edward Murphy. La loi de Murphy ? Je connais oui. Assez en tout cas pour saisir le fond de sa pensée qu'elle ne manque cependant pas de préciser si bien que je détourne le regard en fronçant les sourcils, songeant à ses mots, à ce qu'ils signifient, à ce qu'ils impliquent et je ne peux m'empêcher de crisper la mâchoire et de serrer les poings sur mes genoux en l'entendant me dire qu'en gros, les merdes qui nous tombent sur le coin du nez nous tombent justement dessus parce qu'on s'y attend trop. Non... Non, ce n'est pas ça. Pas dans mon cas en tout cas. J'ignore ce qu'il en est d'elle mais je sais que ce qui est arrivé à mon fils puis à moi ensuite n'était pas de mon fait. J'y croyais à mon bonheur. Je ne voyais aucune ombre à l'horizon, aucun drame, je vivais pleinement les moments passés avec ma femme et mes enfants sans penser un seul instant que ce bonheur pouvait voler en éclats. Sa théorie ne fonctionne donc pas dans mon cas. Parce que, même après ça, quand j'ai enfin réussi à laisser de nouveau le bonheur se faire une place dans ma vie, quand j'ai laissé l'horreur derrière moi, cette même horreur m'a rattrapé alors que je n'y songeais plus. En quoi ai-je donc provoqué ce qui est arrivé ? En quoi ? En rien. Oh il y a bien des actes dont je suis moi-même responsable et dont je paye les conséquences mais ces actes sont eux-mêmes des conséquences d'actes dont je n'étais pas responsable.

Je n'étais pas responsable de « ça ».

Elle marque cependant un point quand elle dit que parfois les gens ne sont pas heureux parce qu'ils pensent qu'il n'ont pas le droit de l'être. Au-delà de la peur que je ressens de souffrir une fois encore, je pense effectivement ne pas mériter d'être heureux, pas alors que je suis... Elle revient elle-même au virus dont j'ai parlé. Je relève finalement mon regard vers elle quand elle me dit que j'ai besoin d'un hôte pour survivre. C'est étrange parce que ses mots font sens et sonnent vraiment juste à mes oreilles mais je n'en suis pas moins mort de trouille à l'idée ne serait-ce que d'y songer, ne serait-ce que de l'envisager. Ne plus le rejeter ? M'ouvrir à lui ? Et... Je rebaisse le visage quand elle me demande si je suis heureux. Non, je ne lui suis pas et je ne suis pas persuadé être capable de l'être encore ou de vouloir l'être encore, ce qui est une sacrée nuance, c'est vrai. Elle revient finalement à ce que j'ai dit à son propos, m'affirme qu'il est trop tard pour elle et quand elle prononce le prénom de Taylor, je relève brusquement mon regard vers elle, surpris. Ce n'est peut-être pas de cette Taylor là dont elle parle, il doit y avoir plusieurs Taylor dans cette ville. Je l'écoute me dire qu'elle se contente d'être heureuse pour Taylor et la femme avec laquelle elle est actuellement (qui est visiblement une amie à elle ce qui complique la situation, c'est vrai). Elle estime ne pas avoir le droit de lui faire « ça », de leur faire « ça » car elle n'est pas égoïste à point-là. Elle est certaine que c'est trop pour elle mais pas pour moi et elle m'ordonne presque d'appliquer mes propres conseils avant de les donner, ce qui en soi est vrai. Comme on dit, il faut d'abord balayer devant sa porte. Mais... Avant de parler de ça...

« La Taylor dont vous parlez, c'est Taylor Obrien ? Qui travaille à l'hôpital ? » je lui demande soudain afin de mettre fin à mes doutes, qu'ils soient fondés ou pas, mais vu la tête qu'elle affiche soudain, cela veut donc dire que c'est bien de la même personne dont il s'agit. J'esquisse un petit sourire. « Le monde peut être petit même si la ville est grande. Je la connais bien. » je lui explique. « C'est une très bonne amie. Elle a hum... Elle a été là pour moi dans des moments très difficiles. Je ne serais peut-être pas là aujourd'hui sans elle. » Un « peut-être » quasi certain en fait. Je soupire. « Je comprends que vous ne vouliez pas être plus égoïste et ça prouve que vous êtes quelqu'un de bien mais... Vous parlez de votre âme sœur et on ne laisse pas partir son âme sœur. Pas quand on est certain de l'avoir rencontrée. Alors, je ne dis pas que cette autre femme ne mérite pas d'être heureuse, je dis simplement que vous le méritez aussi et que si vous passez à côté de votre bonheur eh bien... Vous me rejoindrez sur le banc des idiots. »

Petit haussement d'épaules alors que je termine mon café. Je jette un regard en biais à l'ordinateur quand il fait un petit « bip » avant de reporter mon attention sur Maeve.

« Je suis sur ce banc parce que j'ai peur et j'ai mes raisons d'avoir peur parce que... Contrairement à ce que vous pensez, les merdes ne nous tombent pas dessus que parce qu'on pense qu'elles vont nous tomber dessus. » Mon visage se crispe. « Je n'ai pas étranglé mon fils. » je dis avec un soupçon de froideur. « Je n'ai pas cherché une chose pareille, je n'y pensais même pas. Il y a quatre ans, quand on est venu m'annoncer la mort de mon fils, je chahutais avec ma fille dans la cuisine à propos de ses céréales, à mille lieux de me douter qu'on avait tué mon fils et que cette horreur pouvait me toucher moi. Pourtant, je suis flic et j'en vois des saloperies mais jamais, pendant toutes les années où j'ai été marié avec ma femme, où j'ai vécu avec mes enfants... Pas un seul instant j'ai pensé au pire. C'est depuis que le pire m'est arrivé que j'y pense et qu'il me revient en pleine face à chaque fois que je l'oublie. Vous savez... » Je soupire. « J'ai été heureux. J'ai réussi à me reconstruire après avoir failli mourir, et ce n'est pas une image. » Je pourrais lui montrer la cicatrice mais on ne va pas exagérer, les mots suffisent. « J'ai été heureux et ça a recommencé. Lui, il a recommencé et je ne dis pas que je ne suis pas responsable de ce que j'ai fait après. J'ai fait des choix qui m'ont conduit là où j'en suis aujourd'hui mais je n'aurais pas fait ces choix-là si lui... » Je ne termine pas ma phrase. Dans des moments comme celui-là, je ne regrette pas mon choix, je ne regrette pas d'avoir fait en sorte qu'il cesse de vivre. « Les merdes peuvent nous tomber dessus malgré nous mais vous avez raison sur un point : je ne pense pas avoir le droit d'être heureux... » Soudain ça s'éclaire dans mon esprit : il a tué à nouveau quand je me suis fiancé, quand nous avons parlé de faire un bébé. Quand j'ai avancé... Sans mon fils. C'est une punition, ni plus, ni moins. « Mais vous... Vous pensez vraiment que vous ne méritez pas d'être heureuse ? Vous pensez vraiment que vous n'avez pas le droit à votre autre chance ? »



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MessageSujet: Re: May i help you? Dim 9 Juil - 20:44

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Taylor Obrien.
Son nom se répercute contre les parois de ma boîte crânienne alors que mes yeux s’ouvrent comme des soucoupes. L’infime doute persistant meurt quand l’homme qui me fait face précise la fonction de la demoiselle et ouvrant la bouche pour répliquer quelque chose de sensé, je la referme, restant muette. Ma réaction parle pour moi et la suite de son discours continue de me mettre mal à l’aise. C’est une chose de se confier sur sa vie sentimentale à un inconnu parce qu’il a initié la chose, sans conséquences parce qu’étranger à ma sphère privée. C’en est une autre de déballer tout ça à un ami de la principale intéressée. Parce qu’il est clair que si j’avais su, jamais je n’aurais rien dit. Parce que mes confidences revêtent soudainement un caractère plus intime encore qu’elles ne l’étaient déjà.
Et je maudis cette saloperie de karma qui a décidé, depuis quelques temps, de m’en faire voir de toutes les couleurs. Sincèrement, quelles étaient les probabilités pour que ce client en particulier vienne précisément un jour où je suis seule à la boutique ? Je l’avoue, elles étaient assez grandes. Quelles étaient les probabilités pour que la conversation dérive à ce point sur des sujets si sensibles de nos vies ? Déjà beaucoup moins grandes. Quelles étaient celles que Daniel connaisse à ce point Taylor et que je lui balance tout ce que j’ai sur le cœur ? Quasi nulles ! Et pourtant je suis assise là, à me sentir comme une conne en plein mélodrame.

Ses paroles sont loin d’être vides de sens cependant, et elles trouvent bien trop aisément écho en ma personne. Peut-être parce qu’elles offrent une possibilité que je n’ose qu’entrevoir, peut-être parce qu’elles vont dans mon sens en me déculpabilisant du potentiel mal que je pourrais faire. Peut-être simplement parce que c’est exactement ce que j’ai besoin d’entendre présentement. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais elles font autant de bien qu’elles font de mal.
Oui, je pourrais tout lui dire et voir sa réaction. Je pourrais lui dire que je l’aime à en crever et que je ne peux pas vivre sans elle en prenant le risque de briser une amie au passage. Je pourrais être égoïste pour être heureuse. Mais je ne le ferai pas. Parce qu’après mes aveux à Taylor, après la nuit que l’on a partagée en laquelle j’ai cru comme une seconde chance, elle a tourné la page avec une autre. Je pensais l’avoir retrouvée, et elle est tombée amoureuse d’une autre femme. Alors même si mes sentiments pour elle n’ont jamais changé, les siens sont morts durant cette année de séparation. Je ne doute pas un seul instant de l’attachement sincère qu’elle éprouve pour ma personne, mais elle ne m’aime plus. Pas comme je le souhaiterai, et je dois me faire une raison.

Oui, le monde est petit, sans doute un peu trop pour réunir deux étrangers pas si étrangers que ça pour un épisode confidence au coin du feu (ou devant l’ordinateur). « Et si je lui dis tout et qu’elle ne partage pas mes sentiments ? Il n’y aurait plus aucun espoir et je n’aurais pas davantage envie d’aller de l’avant. Aussi douloureuse soit cette situation, j’apprécie sadiquement cet infime espoir qu’il me reste. Alors...on verra… » Je hausse les épaules, moins encline à présent à m’appesantir sur ce côté de ma vie alors que nous avons une connaissance commune. « J’ai rejoint le banc des idiots le jour où je suis partie. Fin de l’histoire » Autant parce que je ne souhaite plus en parler que pour d’éventuelles questions trop personnelles à mes yeux maintenant. Paradoxe quand tu nous tiens.

La suite de son discours est plus nébuleuse en revanche. Je comprends la première partie sans trop de mal, acquiesce même à ses propos. Mais ensuite…ce « Lui » dont je devine l’identité sans la vérifier. Sans vouloir la vérifier. Ces choses qu’il a commises…je ne comprends pas tous ses sous-entendus et quelque part je suis heureuse de rester dans le flou. Parce que quelque chose me dit que je ne veux pas tout savoir, que je n’ai pas à savoir. Pas maintenant. Parce que j’ai la sensation de m’être déjà trop investie dans une vie que je ne connais pas. Une vie bien trop compliquée et dramatique. « Je n’ai pas parlé de la loi de Murphy par rapport à votre passé. Rien ne peut justifier les drames que vous avez connus » Mon Dieu non, jamais je n’aurais osé minimiser le meurtre de son fils par une loi stupide sortie tout droit de mon esprit de geekette. J’avais au moins tapé dans le mille avec son non droit au bonheur. « Alors j’imagine qu’il vous faut travailler sur vous. Parce que personne ne peut vivre comme ça. Et survivre n’est pas une vie. » Et venant d’une possible condamnée à mort, c’est assez ironique.
Je termine mon café et avance ma chaise pour faire à nouveau face à l’écran, récupérant les infos de son ancien téléphone. Le débranchant enfin, je branche le nouveau et fais un nouveau transfert qui lui, ne prendra que quelques minutes. Je ne me retourne vers Daniel que lorsqu’il me pose une nouvelle question et je soupire, pensive. « Ce n’est pas une question de mérite. Je ne suis pas la meilleure personne au monde mais je suis loin d’être la pire (et puis merde, la vie m’a déjà offert un cœur défectueux, je pense que j’ai assez payé), c’est juste une question de timing. » Oui, le temps est la chance chose qui me manque réellement. « Et puis je suis heureuse. Peut-être pas sentimentalement parlant mais je suis heureuse. Et je ne veux pas la perdre. Ce que nous avons actuellement elle et moi, ça ne s’est pas fait du jour au lendemain, ça a pris du temps, de longs mois. Pour retrouver cette amitié, cette complicité. Je ne veux perdre ça au profil d’un malaise constant. » Après un nouveau bip je débranche sa petite merveille technologique dans lui rendre immédiatement. A la pace je tapote frénétiquement sur le clavier avant, finalement, de le lui tendre. « Voilà pour vous, enfin. J’ai ajouté mon numéro dans vos contacts, juste au cas où… » Et je hausse à nouveau les épaules innocemment. « Si un jour vous ne savez pas à qui parler mais que vous en avez besoin. Je propose, vous disposez. »






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MessageSujet: Re: May i help you? Lun 10 Juil - 19:02

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Je lui adresse l'ombre d'un sourire reconnaissant quand elle m'affirme n'avoir pas parlé de la loi de Murphy concernant Jason. Je suis intérieurement rassuré avoir mal compris ses propos. Cette ombre de sourire disparaît quand elle m'annonce que je dois travailler sur moi car survivre n'est pas une vie. Sauf que c'est ma vie. Je crois... Je crois que j'y suis habitué maintenant et que c'est sans doute aussi pour ça que je ne parviens pas à m'imaginer vivre autrement. Et finalement, sa remarque quant à la question de timing la concernant me fait un peu plus réfléchir : et s'il s'agissait de ça pour moi également ? Et si ce n'était juste pas le bon moment ? Non. Je chasse cette idée aussi vite qu'elle est apparu. Au contraire, c'est sans doute le meilleur timing possible parce qu'il peut parvenir à vouloir de moi dans l'état dans lequel je suis, c'est que... Non, ça aussi je le chasse. Je ne suis définitivement pas prêt à me faire à cette idée, à l'envisager. Pas encore. Une chose en tout cas est certaine concernant Maeve : Elle est clairement moins égoïste que moi. Les choses sont claires entre elle et Taylor et même si elle l'aime toujours, même si elle éprouve toujours des sentiments particulièrement puissants et sincères à son égard, elle les garde pour elle, se contente d'être son amie parce qu'il leur a fallu du temps pour construire cette amitié et qu'elle refuse de la gâcher pour une hypothétique nouvelle histoire d'amour entre elles. C'est vraiment admirable parce que moi, je n'ai pas cette force d'agir de cette façon avec Leo. Je l'appelle, partage des moments avec lui pour oublier la quasi totale merde qu'est mon existence, et le repousse parce que je ne veux pas m'attacher ou, plus exactement, parce que je refuse d'admettre que je me suis attaché, que bien malgré moi, sans que je ne m'en rende compte, il a su réveiller mon cœur que je croyais et il a suffi de quelques moments échangés, de quelques instants. En fait, il a été une évidence. Non, il est une évidence, une preuve que si j'ai déjà aimé par le passé, je n'ai jamais autant aimé même si je le croyais. Et c'est absolument effrayant parce que je sais ce que j'ai fait, ce qui me ronge, ce que je traînerai toute ma chienne de vie et j'ai trop peur de ce que ça lui ferait s'il savait. Non, en fait ce n'est pas ça : j'ai peur parce que je sais qu'au fond il resterait. Il m'a connu alors que j'étais au fond, alors que j'étais plus bas que terre et il continue de répondre à mes appels. C'est ce Daniel là qu'il accepte dans sa vie et qu'il accepterait sans doute si tout était dit. Sauf que je n'y parviens pas. Je ne parviens pas à l'admettre, je ne parviens pas à m'imaginer tout lui dire à mon sujet et lui avouer qu'il n'est pas qu'un simple échappatoire dans mes draps. Parce que je me complais dans ma peine, dans ma douleur, parce que j'ai trop pris l'habitude de m'y noyer et que c'est quand même bien moins effrayant de se noyer dans la douleur que de se noyer dans le bonheur. Alors oui, très clairement, elle vaut beaucoup, beaucoup mieux que moi. J'admire sa force. J'admire son courage. J'admire sa volonté.

Je l'admire tout court parce qu'elle assume, chose que j'ai beaucoup de mal à faire.

Un nouveau bip et je détourne mon regard de son visage pour l’observer bidouiller sur mon nouveau téléphone portable. Elle me le tend finalement en m'avouant qu'elle vient d'y ajouter son numéro « au cas où » et cette petite phrase m'arrache un sourire, sans aucun doute le sourire le plus reconnaissant et le plus sincère que j'aie pu lui adresser depuis que je suis entré dans cette boutique. Elle me connaît à peine, j'en ai beaucoup dit à mon sujet, elle en a beaucoup dit à son sujet et elle me propose d'être là pour moi si besoin. Je me mets à observer l'écran de téléphone portable, me retrouvant comme un idiot à la limite de chialer.

« Merci. » je dis tout bas et je me reprends, en tout cas j'essaye. Je déglutis. « Alors voyons... Je vais y arriver attendez... » je lui dis en me mettant à observer l'écran pour essayer de trouver les contacts mais ça a l'air bien plus compliqué que sur l'ancien. Je relève un regard gêné vers elle et elle s'empresse de me montrer rapidement comment trouver les contacts et finalement, ce n'est pas si difficile, une fois qu'on sait quoi. Je retrouve finalement son nom, j'aperçois la petite image pour faire le fameux « facetime » et j'appuie sur le bouton à côté pour l'appeler tout de suite. Nouveau sourire alors que je raccroche avant qu'elle ne décroche. Je reporte mon regard sur elle. « Comme ça vous avez mon numéro aussi. Je ne prétends pas être le mieux placé si vous avez besoin aussi de parler mais bon... » Petit haussement d'épaules. J'hésite. Pas longtemps. « Je vous appellerai. Déjà parce que je vous dois un verre pour tout ce que vous venez de faire pour moi, pour le téléphone et... Pour le reste. » On se comprend, pas besoin de revenir sur « le reste ». « Et aussi parce que j'ai besoin de plus de personnes comme vous dans ma vie je crois... »

Égoïste.

Mais il y a ce quelque chose chez elle qui me donne un soupçon d'espoir. Je ne dis pas que je vais parvenir à changer ma vie dès aujourd'hui, je ne dis pas que je vais réussir à le faire un jour tout court mais... Ses mots, sa façon de les prononcer, tout ça pourrait bien me donner envie d'essayer de l'envisager.

« Enfin, si ça vous branche de traîner avec un vieux con bourru et pas d'une compagnie très agréable. » j'ajoute finalement avec un petit rire. « Est-ce qu'il y a d'autres choses que je dois savoir concernant cette machine infernale ? » je lui demande finalement en lui montrant le téléphone.

Parce qu'il vaut mieux que j'aie les informations maintenant.
Et parce que je veux prolonger ce moment pendant quelques instants encore.



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MessageSujet: Re: May i help you? Mar 11 Juil - 16:23

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« Merci » Je lui adresse un sourire qui s'élargit quand il prend les commandes pour tenter de me prouver qu'il a assimilé ce que je lui ai montré plus tôt. Je vole une dernière fois à son secours, certaine qu'il n'aura plus besoin de personne d'ici très peu de temps. On a beau dire, même réfractaire à la technologie moderne, on se fait vite à ces petites choses. Mes yeux dérivent sur l'écran de mon téléphone posé plus loin et en mode vibreur et qui affiche un numéro inconnu. Reportant mon attention sur Daniel, qui rejoindra d'ici quelques minutes la liste de mes contacts, j'acquiesce à ses dires, une nouvelle fois tout sourire. Et quand il affirme qu'il me doit un verre, je tique pour la forme, rectifiant le tir. « Je pense que vous m'en devez minimum deux » Un léger rire avant que mes pensées s'égarent un instant sur ce besoin de m'avoir dans sa vie. Ou à défaut, plus de personne comme moi ? J'ai envie de lui demander ce que sont les personnes comme moi au juste mais les mots restent bloqués. Je ne cherche pas les compliments, ne veut pas, au fond, savoir ce que je peux bien apporter aux gens qui m'entourent. Parce que je n'aime pas les étiquettes, ni celle du clown de service, ni celle de la confidente, pas plus que la fille pétillante et de bonne humeur ou à l'intellect développé. Je veux juste être moi et être acceptée pour ce que je suis. Et c'est ce que font tous mes amis, sans exception, ce dont je leur suis réellement reconnaissante. « Ma vie sentimentale est peut-être un beau merdier mais j'ai toujours de la place pour de nouveaux amis. »

Je n'ai nul doute que nos chemins se recroiseront. Le monde est petit, sans doute un peu trop parfois, preuve en est notre connaissance commune et pas des moindres. Mais l'idée reste plaisante. « Un vieux con bourru qui sait se vendre y'a pas de doute ! » Un nouveau rire m'échappe. « Je peux gérer » Je le rassure avec enthousiasme. Je louche quelques instants sur son téléphone. « Probablement mais si je vous enseigne tout mon savoir maintenant vous deviendrez Jedi avant d'être prêt. Vous vous en sortirez très bien et si ce n'est pas le cas vous savez où me trouver. Vous savez comment me contacter en tout cas. Évitez juste facetime tôt le matin ou trop tard le soir. Il me faut un temps incroyable pour parfaire ce physique de rêve et seulement quelques minutes pour le ruiner après quelques verres. » Un clin d’œil complice. Je finis par me lever au moment où deux clients pénètrent la boutique dans un timing parfait. « Prenez soin de vous. Vraiment. Et si vous n'appelez pas, sachez que j'ai votre adresse dans mon ordinateur et que je n'hésiterai pas à outrepasser mes fonctions en faisant fi du secret professionnel inspecteur Mills. » Une menace en l'air évidemment.

Je prends le temps de lui dire au revoir malgré mes nouveaux clients qui ont dérivé vers la section hi-fi, visiblement en désaccord sur ce qu'ils désirent réellement. Rien de pire qu'un couple hétérosexuel quand il s'agit d'appareils électroniques. Entre l'homme qui pense tout connaître et impose son statut de mâle dominant et sa femme qui veut quelque chose d'esthétique qui se mariera aux couleurs du salon quitte à obtenir un appareil de moins bonne qualité. Le rêve de tout vendeur. Et ne vous y trompez pas, le mâle dominant ne gagne jamais. La ménagère décide, parce que c'est SON intérieur !

Je suis des yeux Daniel quand il quitte la boutique, quelque peu boudeuse. Je me sens incroyablement bien à dire vrai. Même avec les sujets évoqués. Peut-être que c'est exactement ce dont j'avais besoin en réalité. Vider mon sac à quelqu'un qui n'a pas de parti pris. Et malgré tout ce qu'il m'a avoué sur sa vie, toute sa tristesse et sa culpabilité, cet homme a un effet étrangement rassérénant sur ma personne. J'ai envie d'écouter ce qu'il a dire, écouter ses conseils avisés par une expérience de vie supérieure à la mienne. Louchant sur le couple toujours en plein débat, je retarde le moment fatidique où il me faudra leur venir en aide et proposer mes services, attrapant mon téléphone pour vérifier le dernier appel reçu. J'entre dans les options, ajoute le numéro et tape rapidement « Daniel Mills » avant d'enregistrer mon nouveau contact. Sourire aux lèvres, je finis par me lever, reprenant le masque sympathique de vendeuse que je maîtrise à la perfection, et me dirige vers le couple. « Je peux vous aider ? »



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by Wiise


Sujet terminé

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