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 you put the lime in the coconut

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MessageSujet: Re: you put the lime in the coconut Sam 10 Juin - 8:47


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Maeve & Milo


J’ai pas envie que la journée se termine comme ça. Jusque là, ça a été très sympa. Je me suis levé, il restait plein de céréales et de lait parce que Taylor a été faire les courses hier, j’ai eu de l’eau chaude, Zara a été plutôt cool et j’ai entendu une nouvelle chanson cool à la radio. J’ai retrouvé Maeve sur le terrain de jeu et j’ai marqué de bons paniers avec les gars. Bon, j’ai reçu un mauvais coup, mais ça ne m’a même pas tellement dérangé parce que c’était non intentionnel et que j’ai quand même eu les points. Avant qu’elle me fasse cette blague pourrie, tout se passait également pour le mieux avec Maeve et je n’ai aucune envie que tous ces petits plaisirs soient occultés à cause de ce stupide incident. De mon côté, je suis prêt à passer à autre chose. Faut dire que je ne sais pas être rancunier. Oui, je suis encore un peu fâché et j’aurai préféré qu’elle ne réagisse pas comme elle vient de le faire et le comprenne, mais tant pis. On ne peut pas attendre des gens qu’ils réagissent toujours précisément comme on le voudrait après tout. Sinon le monde serait fort ennuyeux.
Mais à présent que j’ai pris la peine de la rattraper dans les escaliers pour lui tendre une perche et lui proposer de remonter pour étouffer toutes ces rancœurs inutiles sous une fumée bleutée… J’espère que Maeve va jouer le jeu. Sauf qu’elle n’a pas vraiment l’air décidée à se montrer coopérative. C’est agaçant franchement ! Ce serait tellement simple de me répondre : Ouais, t’as raison, gâchons pas cette herbe divine et ces bons sandwich !
Bon, c’est faux bien sûr, rien ne sera perdu et je me contenterai de manger et fumer pour deux, mais je le ferai en ruminant si elle en remonte pas avec moi et ça me gâchera au moins un tiers du plaisir ! Uncool ! Mais vu la manière dont elle s’emporte tout à coup, après avoir réalisé qu’elle ne pourrait jamais me passer sur le corps…je pense que c’est très mal parti. Et ça ne me convainc pas du tout de m’écarter de son chemin pour qu’elle puisse aller dormir cent ans.

« Non » je m’obstine en espérant que ma volonté de fer la fera plier.
« Laisse-moi passer merde… » reprend-t-elle d’un ton cette fois un peu moins assuré, qui me laisse espérer que mon charisme exceptionnel a encore fait son œuvre, bien plus rapidement que je ne l’aurai espéré avec une adversaire comme Maeve.
Mes sourcils se froncent alors qu’elle va s’appuyer au mur puis m’annonce qu’elle a besoin d’une minute avant de s’asseoir. Evidemment, ma première pensée est qu’il s’agit d’une ruse pour tromper ma vigilance et me filer entre les doigts. Ce serait perfide mais pas si étonnant que ça. Après tout, Maeve est une fille intelligente (bien plus que la moyenne) et elle n’hésiterait sûrement pas à me duper.
Sauf que je vois bien qu’elle a vraiment perdu des couleurs et je repère quelques gouttes de sueur sur ses tempes qu’elle vient masser, comme pour chasser une migraine naissante. Et je sais de quoi je parle puisque je partage l’appartement de Taylor qui y est sujette à cause de son hyperacousie. Bref, je vois que quelque chose cloche vraiment.
« Ca va pas ? » je lui demande donc en m’appuyant à la rambarde (un peu branlante, bienvenue au South Side et ses immeubles pourris) pour me pencher sur elle. « C’est pas la beuh quand même ? » je m’inquiète un peu, ne voulant pas être tenu pour responsable si jamais elle fait un malaise ou quoi.
Elle secoue doucement la tête mais ne reprend plus la parole. Comme si tous ses efforts étaient consacrés à autre chose. Ne pas vomir ? Maitriser son mal de crâne ? Lutter contre un tas de petits insectes volants venant assombrir son champ de vision ?
« T’as mangé aujourd’hui ? Tu vois, t’aurais dû prendre ton sandwich ! C'est pas raisonnable » je bougonne avant de soupirer, jetant des regards autour de moi, comme si la solution à ses problèmes pouvaient se trouver quelque part… Y a peu de chances dans un tel décor.
« Bon en tout cas, j’te laisse aller nul part dans cet état, désolée ! Si tu comptais m’appitoyer pour te faire la malle plus vite, c’est raté. J’vais te coller au cul comme un chewing-gum à une basket ! » je tente de la dérider un peu, venant m’asseoir à ses côtés, apposant une main sur son épaule et me taisant une minute pour la laisser s’exprimer ou, au moins, être un peu au calme.


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MessageSujet: Re: you put the lime in the coconut Lun 12 Juin - 18:55

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Saloperie de cœur.
La tête qui me tourne, la respiration difficile, et, sans être docteur, probablement une légère chute de tension. Et cette douleur thoracique plus tôt disparue plus rapidement encore qu’elle est arrivée. Je ne suis pas stupide, je connais la cause sous-jacente à tous mes maux, je me refuse juste à l’admettre à voix haute, à l’admettre tout court. Dans mon malheur j’ai eu de la chance pendant ces six dernières années. Six longues années à ne rien ressentir, ni douleur, ni gêne, et si ma vie n’avait pas pris un tournant si pathétique j’aurais presque pu oublier ce diagnostic reçu comme une bombe en pleine gueule à l’âge de vingt-deux ans. Mais la menace a toujours plané. J’ai toujours été consciente qu’un beau jour je ressentirai les premiers signes et que je n’aurai aucun contrôle sur la suite des évènements. Ça ne m’empêche pas d’espérer que ce soir n’est qu’une mauvaise coïncidence, une sonnette d’alarme sur mon corps fatigué depuis quelques temps de ne pas se nourrir suffisamment. Parce que même si je suis défaitiste sur mon propre sort j’ai besoin de me raccrocher à une minuscule lueur d’espoir. J’ai besoin de croire que, même consciente que je mourrai probablement jeune, j’ai encore le temps.

Saloperie de timing.
Ironie du sort qui s’acharne sur moi en me pointant du doigt d’un rire moqueur. Six années sans traitement sans que je ressente les affres de ma maladie. Et juste au moment où je décide de prendre un tant soit peu les choses en mains, que je décide que j’ai besoin de certaines réponses. Au moment même où je prévois un test médical et la prise d’un traitement provisoire, mon cœur me trahit comme la pire des putes.

Saloperie de beuh.
Fidèle amie qui m’abandonne au moment où j’ai le plus besoin d’elle. Où sont passés le réconfort et l’oubli ? Les rires et l’envie de vivre dans le présent sans se préoccuper du reste ? Ne reste que ce sentiment intense de déprime et le vide qui me laisse sur le carreau, épuisée, lessivée, au bout. Et pour couronner le tout il fallait que le spectacle ai besoin d’un public. Milo. Je n’ai pas envie qu’il me voit ainsi mais je n’ai pas envie qu’il me laisse. Je veux lui dire de partir, de retourner à l’appartement, que je peux me débrouiller seule, mais je ne veux pas être seule.

Alors j’abandonne, assise sur cette marche d’escalier. Et je lui assure d’un simple geste de dénégation que la drogue qu’il a partagée n’a rien à voir là-dedans, sans pour autant lui donner la vraie raison de ce passage à vide soudain. C’est un sentiment égoïste je le sais, il aurait le droit de savoir en tant qu’ami. Oui, je suis égoïste, mais j’ai besoin qu’il l’ignore. Parce que ça en serait fini de nos soirées joints, de nos fêtes extravagantes sous trip de LSD. Et j’ai un besoin vital de cette bulle d’oxygène qu’il sait si bien m’offrir.
Je souris faiblement à ses remarques et quand il prend place à mes côtés et que je sens sa main sur mon épaule, je l’évince gentiment, mais seulement pour poser ma joue contre son épaule à lui, me laissant aller contre lui en fermant quelques instants les yeux. « Est-ce que t’es amoureux d’elle ? » Je rouvre les yeux sans pour autant bouger, ne sachant pas réellement d’où vient cette question. « Ta petite amie t’es amoureux d’elle ? » Comme si la première version de ma question pouvait prêter à confusion…  « Quand j’ai avoué à ma mère que j’étais bisexuelle, elle m’a dit que peu importe qui j’aimerai, si je trouvais quelqu’un qui me rend heureuse, pleinement heureuse, je ne devais pas la laisser partir. Même avec les complications, même avec des doutes, je devais m’accrocher à ça. Tu veux que je te dise, c’était un putain de bon conseil ! » Que je n’ai évidemment pas suivi. « Si elle te rend heureux ne la laisse pas partir Milo. Parce que tu te retrouveras tout seul comme un con en sachant pertinemment que tu ne retrouveras ça avec personne d’autre. » Je ne sais même plus si je parle pour lui ou si je m’apostrophe moi-même pour ma propre connerie. Je suis tellement épuisée… « Si Taylor bosse toute la nuit, je peux dormir ici ? Je partirai avant qu’elle rentre promis. S’il te plaît ?» Je prends le courage de relever mes yeux lui, plongeant mon regard dans le sien, le menton reposant tout de même sur son épaule. « Tu pues toujours autant » Et un faible sourire étire à nouveau mes lèvres.






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MessageSujet: Re: you put the lime in the coconut Lun 19 Juin - 15:28


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Maeve me fait comprendre que le souci ne vient pas de sa sous-alimentation ou de ce qu'elle a consommé chez moi. Mensonge et calomnies je dis ! C’est exactement comme ces gens qui, en soirée, m’apostrophe en peinant à articuler pour me prévenir qu'ils ne sont pas du tout bourrés, non monsieur ! Mais bon, comme elle a l’air mal en point je décide de ne pas trop enfoncer le clou et me moquer d’elle. Parce que bon, elle allait bien et puis tout à coup, après avoir fumé de l’herbe à forte dose (j’avais quand même sacrément dosé le premier joint de notre série) elle se sent mal. La course dans les escaliers y est sûrement pour quelque chose. Avec mon diabète, je dois éviter les sensations trop fortes par exemple. Elle fait sans doute juste un peu d’hypoglycémie et tout ira mieux dès qu'elle aura remonté les marchés avec mon aide.
Enfin pour l’instant, mon amie me fait comprendre qu'elle préfère squatter encore un moment les escaliers. Ça me va. Je la laisse s’installer à son aise et fait de même, étendant mes interminables jambes devant moi dans les escaliers et admirant mes chaussettes. Ben oui, j'ai pas pris le temps de me rechausser avec tout ça. Et vu que je n’ai toujours pas pris de douche au final… Ça fait rêver.

« Est-ce que t’es amoureux d’elle ? » m’interroge tout à coup Maeve, m’arrachant à mes contemplations. Je fronce un peu les sourcils, essayant de rattacher les wagons. Amoureux de qui ? Ma chaussette ? Taylor ? Mais elle m'éclaire au moment où j’en arrivais justement à la conclusion qu'elle parlait certainement de Zara.
Sauf qu’avant que j’ai pu répondre, mon interlocutrice enchaîne pour me parler d’une anecdote concernant sa mère, son coming out et l’Amour. C’est profond. C’est beau. Un bon conseil effectivement et une belle leçon que beaucoup de parents devraient suivre en faisant face aux conversations sur la sexualité avec leur progéniture. J'ai rencontré tellement de gens en galère parce que leurs parents les avaient reniés pour leur orientation sexuelle. Des camés mais pas que. Des types cultivés avec la niak qui n’arrivaient malgré tout pas à joindre les deux bouts et se retrouvaient avec deux jobs en parallèle de leurs études. Des gens dont les parents auraient dû être fiers au lieu d’en avoir peur et honte…
Mais c’est pas trop le sujet. Le sujet c’est moi et Zara. Enfin mes sentiments pour elle. Ou pas. Est-ce qu’elle parle encore de moi ou est-ce qu'elle est revenue à elle ? J’ai beau ne pas avoir inventé l’eau tiède, je ne suis pas complètement abruti et j’ai bien l’impression que Maeve pense à sa propre situation plutôt qu'à la mienne.
« T’inquiet pas pour moi. Je sais ce que j’fais » je me contente de lui répondre avant qu’elle enchaîne sans trop m’écouter. Ça me dérange pas ceci dit. Elle est dans son délire et moi je me suis déjà calmé et je profite un peu du calme après la tempête. Je pourrai plutôt me questionner sur la nature de mes sentiments envers Zara mais je n’en ai pas tellement envie.

De toute façon, Maeve reprend déjà la parole pour me demander si elle peut rester avec moi jusqu'au retour de Taylor. Je n’y vois aucun inconvénient bien sûr.
« Ben c’est c’qui était prévu de toute façon » je lui réponds une seconde avant qu'elle…me signale que je pue. « Tout en finesse, écartez les fesses ! Toi t’as lu un bouquin sur la diplomatie récemment. Allez avoue ! » je la taquine en faisant mine de la repousser, alors que je lui rend son sourire.
Un silence s’installe ensuite, qui n’a rien de désagréable ou de gênant. Jusqu’à ce que ses paroles me reviennent et que je commence à me questionner sur mes sentiments à l’égard de Zara. Est-ce que je suis amoureux ? C’est possible, j’en sais rien. Je sais que je tiens à elle et que je suis en mesure de supporter ses défauts autant qu’elle supporte les miens. Quand ça va entre nous, c’est le pied franchement ! On rigole beaucoup, on se fait du bien et le sexe est merveilleux. Mais quand ça ne se passe pas bien, quand elle commence à se laisser envahir par le doute…alors ça ne va vraiment plus du tout et on se fait un mal de chien. Mais je suppose que c’est ce qui se passe justement quand le lien est fort… Plus c’est fort, plus ça fait mal. Il n’y a qu’à voir dans quel état je me mets lorsque Taylor et moi nous disputons (ce qui arrive très rarement) ou quand je me prends la tête avec Ellie, ma jumelle (ce qui arrive déjà nettement plus souvent)…
« Pour répondre à ta question de tout à l’heure » je reprends tout à coup, alors que Maeve est revenue s’appuyer sur mon épaule « je sais pas si c’est de l’Amour mais en tout cas…c’est puissant. Et j’adore ça. Elle me rend heureux la plupart du temps. Parfois elle me rend horriblement malheureux aussi, mais j’suppose que ça fait parti du package, tu vois ? Si j’tenais pas à elle, elle pourrait pas m’faire autant chier. En tout cas j’veux pas la laisser filer, ouais. D’où mon agacement tout à l’heure. Parce qu’on a déjà failli se séparer au moins dix fois quand elle était en crise… » je soupire en fouillant mes poches à la recherche d’une cigarette. Sauf que bien sûr, j’ai oublié mes clopes là-haut et… « Oh merde… » je réalise tout à coup, me rejouant la scène de mon départ précipité de l’appartement pour courir après mon amie. « J’crois qu’j’ai laissé la porte se refermer derrière moi… Et j’ai pas les clés… »
Du moi tout craché ça ! Combien de fois est-ce que je me suis enfermé dehors déjà ? Ca ne se compte même plus sur les doigts des deux mains. Taylor va encore se ficher de moi. Ou se fâcher.
« C’est nul ! » je proteste mollement, alors que mes lèvres engourdies s’étirent malgré moi en un sourire niais. Parce que bon, quand même, c’est drôle un peu. Non ?



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MessageSujet: Re: you put the lime in the coconut Dim 25 Juin - 20:36

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« Tout en finesse, écartez les fesses ! Toi t’as lu un bouquin sur la diplomatie récemment. Allez avoue ! »

Un léger rire m’échappe tandis que je fixe un point dans le vide entre la balustrade et les escaliers. Je n’arrive pas à rester fâchée contre ce grand cornichon. Je n’y suis jamais parvenue. Détenteur d’un pouvoir que les autres n’ont pas, celui de briser mon satané fichu caractère et de passer par-dessus mon côté rancunier. Une pensée qui me fait sourire tandis que j’apprécie le moment. Bien que très inconfortablement installée, j’aime le fait de pouvoir me reposer sur son épaule, au sens propre comme au figuré. Surtout le figuré en réalité. Querelle déjà oubliée, je me fiche de l’endroit où nous nous trouvons. Le temps n’a plus vraiment d’importance et le silence devient salvateur. Il me donne le temps de remettre mes idées en place, de tenter de mettre de côté la noirceur qui a envahi mes pensées plus tôt, de faire taire la crainte de cette douleur thoracique et de laisser à ma tête un peu de repos avant de penser à me relever.
Je ferme les yeux quelques instants, me concentrant sur la respiration de Milo sur laquelle je me calque, trouvant ce rythme apaisant.

Je ne les rouvre que lorsqu’il reprend la parole, ne tournant pas mon visage vers lui pour autant. Et la résonance de ses mots est presque douloureuse. Oh oui, je vois parfaitement. Pour l’avoir vécu, pour le ressentir encore aujourd’hui. C’est la double peine pour avoir aimé si fort. Pour avoir tout fait foirer. J’ai fait souffrir, et le karma – une des rares notions un tant soit peu mystique en laquelle je crois – se joue de moi depuis peu. Maintenant qu’Elle est heureuse avec une autre, c’est moi qui mange le revers de la médaille et qui trinque. Dûment mérité. Mais je suis heureuse pour lui, sincèrement. Même si sa relation semble s’imaginer à merveille par des montagnes russes, même si sa copine semble posséder un caractère un peu extrême et être jalouse à un point que j’ai du mal à imaginer, je suis réellement heureuse pour lui. Et je finis par laisser un sourire naître à nouveau sur mes lèvres. « Ouais… » Je prends une profonde inspiration avant de souffler. « Tu ne peux pas souffrir si tu t’en fiches.  Comme l’a si bien dit Joan Jett, ‘love is pain’ » Et c’est tellement vrai. Mais on ne choisit pas où son cœur va. On ne contrôle jamais son cœur, je suis bien placée pour le savoir. Il me contrôle depuis toujours, et ce dans tous les sens du terme. Pour le meilleur et pour le pire, Hallelujah ! Parce que le pire ne devrait pas tarder à arriver, comme un mauvais pressentiment qui ne me quitte jamais totalement. « Et je suis désolée, tu as raison, c’était nulle comme blague. » Voilà, c’est dit. Et si ce n’est pas assez, il faudra qu’il s’en contente quand même.

J’entends jurer Milo et je pense qu’il s’apprête à faire une remarque stupide sur l’amour, sur sa relation, ou sur moi, jusqu’à ce qu’il lâche une information qui a, sur le coup, du mal à se frayer un chemin jusqu’à ma matière grise. Non…il n’a pas fait ça ! Je redresse mon visage pour m’assurer qu’il me fait à son tour une plaisanterie de bas étage, pour se venger, mais son expression parle pour lui. Je ferme les yeux, cette fois-ci pour m’éviter de pester à haute voix contre lui. Parce que je ne veux pas prendre le risque de me jeter à la figure que si je n’étais pas partie sur un coup de tête il ne se serait pas précipité à ma poursuite et nous n’en serions pas là. Reposant l’arrière de mon crâne cette fois-ci sur le mur, je fixe mon regard sur le plafond, me retenant de surenchérir sur son rire. En effet, c’est nul ! La situation pourrait être marrante et en d’autres circonstances je me serai laissée aller à un bon fou rire. Mais je suis crevée et tout ce dont j’avais besoin était de m’évanouir jusqu’à demain dans un bon lit. Besoin qui s’évanouit avec l’impossibilité d’entrer à nouveau dans l’appartement. Le plus ironique dans tout ça est que même après ma rupture avec Taylor j’ai gardé pendant de longs mois la clé de son appartement et ne lui ai rendu que très récemment...

« Sérieusement ? » Encore un sale coup de cet enfoiré de karma. « J’ai de nombreuses compétences mais pas celle de crocheter des serrures. Alors à moins que tu enfiles ta capuche et que tu te la joues Ezio Auditore… » je louche sur ses pieds et ses chaussettes « Va falloir qu’on aille chez moi. » Une chance pour nous, je ne vis qu’à deux blocks de Taylor dans le South Side également. « Tu crois que tu peux le faire ? » Je pointe d’un mouvement de tête son absence de chaussures. « Si tu m’aides je crois que je suis capable de marcher. Ma tête tourne moins. » J’avais, de toute façon, prévu de rentrer seule en premier lieu. Et comme je ne peux plus squatter le lit de notre amie commune… « Faut que je m’occupe d’Einstein en plus » aka mon rat.







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MessageSujet: Re: you put the lime in the coconut Mar 27 Juin - 15:11


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Maeve & Milo


Mon sourire continue de s’élargir et je finis par ricaner niaisement. Et pourquoi est-ce que je ne pourrai pas rire ? Maeve n’est certes pas au meilleur de sa forme mais je ne m’en fais pas pour elle. Elle a juste surestimé sa capacité à ingérer de l’herbe. Ou alors j’ai eu la main un peu trop lourde et puis c’est tout. En tout cas elle ne va pas en mourir. Donc elle va bien, je vais bien et en prime, j’ai eu droit à des excuses. Et pas des excuses du genre : c’est bon, on passe à autre chose alors je te caresse dans le sens du poil. Non ! Maeve a reconnu que sa blague n’était pas drôle et je suis prêt à parier qu’elle le pense vraiment et qu’elle se sent bête d’avoir agit de cette manière. Moi en tout cas, je me sens un peu bête d’être monté sur mes grands chevaux. Bref. On est tous les deux désolés et tout va pour le mieux entre nous à présent !
Sauf que je n’ai pas les clés de chez moi et que j’ai claqué la porte en sortant pour rattraper la princesse qu’est parfois mon amie. Sauf que j’ai pas de soulier de verre à lui enfiler pour gagner son amour. J’ai pas de souliers tout court. Soulier… C’est drôle comme mot ! Je glousse encore un peu, alors que Maeve réagit enfin à mon annonce.
Elle me demande si j’appartiens à la Confrérie des Assassins et si je suis capable de me la jouer Ezio et de pénétrer autrement dans l’appartement pour nous sortir de ce mauvais pas. Alors, bien sûr, je fais mine de passer une capuche imaginaire sur mon visage et joins mes mains pour me mettre en mode discrétion. Me manque plus que quelques silhouettes encapuchonnées pour me fondre parfaitement dans la masse et passer les portes ! …Ridicule Ubisoft ! C’est comme se planquer sous un carton… Snake, si tu nous lis…

Alors que je continue de prendre tout ça à la légère, Maeve pose un regard un peu sceptique sur mes chaussettes alors que j’agite mes orteils dedans. Elle propose que nous allions chez elle et cette idée m’emballe bien. Je ne me souviens pas à quand remonte la dernière fois où je me suis pointé dans son antre. En fait, je crois que j’y suis toujours passé qu’en coup de vent pour aller la chercher mais que je ne suis jamais entré. Je suis doublement emballé par l’idée donc !
« Tu crois que tu peux le faire ? »
« Meuf, tu m’connais pas. J'peux TOUT faire ! » je lui rétorque sur un ton de défi, le regard rieur.
Combien de fois est-ce que j’ai du détaler pieds nus ? Par tous les temps et dans différentes circonstances…
Je me souviens d’une fois où j’ai raccompagné une fille chez elle après une soirée arrosées et, alors que nous étions en pleine action, la porte d’entrée de son appart s’est ouverte sur un joli : Chérie, j’ai réussi à finir plus tôt ! J’ai eu le temps d’enfiler mon boxer, choper mes fringues et de détaler par l’issue de secours de l’immeuble. J’ai couru sur la glace en plein mois de janvier sur plusieurs dizaines de mètres avant de m’arrêter. Plus parce que mon fou rire mettait mes poumons à rude épreuve que parce que je ma course me fatiguait.
C’est un de ces moments où je me suis senti vraiment vivant… Un de ces souvenirs que je chéri.  
« Si tu m’aides je crois que je suis capable de marcher. Ma tête tourne moins » m’annonce Maeve avant d’ajouter qu’elle doit aller s’occuper de sa bête.
« Ca m’va. Tant que tu m’obliges pas à le tripoter. »
J’ai rien contre les rats en particulier…mais j’ai quelque chose contre les animaux en générale. J’aime bien qu’ils restent loin de moi. Les bébés aussi. J’y comprends rien et ils me fichent mal à l’aise tous autant qu’ils sont. En plus c’est pas super hygiénique. Ouais, je sais, venant de moi et mes pieds puants c’est pas hyper crédibles mais c’est vrai. Fuck you.
« Bon en route alors ! » je décrète tout sourire, me plaçant devant Maeve pour l’inciter à grimper sur mon dos. Elle hésite un peu, voulant à nouveau savoir si je suis sérieux et, quand elle comprend que c’est le cas, elle prend place.
Je la réajuste pour qu’elle me gêne le moins possible et descend le restant des escaliers avec mon amie sur le dos, pendant qu’elle s’accroche le plus délicatement possible à moi.

Nous déboulons ainsi dans la rue et, bien entendu, les passants nous dévisagent.
« C’est l’prix du progrès mes bonnes gens ! » je scande à qui veut l’entendre. « Voilà c’qui arrivera si on laisse le pouvoir aux femmes ! Enfermez vos mégères dans leur cuisine messieurs, si vous n’voulez pas finir comme votre humble serviteur ! » je fais mine de me lamenter, avant de faire rebondir Maeve sur mon dos en riant, manquant de nous faire tomber tous les deux. Mais ça ne fait que m’amuser encore un peu plus.
Les effets du joint se font enfin sentir et Dieu que ça fait du bien. Je me sens léger. Je ne pèse rien et Maeve non plus.
« Tu crois qu’on pourrait s’envoler ? » je lui demande en retrouvant une démarche un peu plus tranquille.



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MessageSujet: Re: you put the lime in the coconut Mar 27 Juin - 22:51

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Arquant un sourcil à l’adresse de mon ami, je jauge de la sincérité de sa proposition, pesant le pour et le contre de cette invitation pour le moins étrange. Monter sur le dos d’un type un peu trop haut perché dans des escaliers branlants ou tenter la descente moi-même. Prenant appui sur le mur pour me relever le plus lentement possible, quelques points blancs viennent irradier mon champ de vision pendant quelques secondes et un léger étourdissement me fait contracter les doigts sur le béton. Voilà pour la prise de décision rapide…
Réajustant mon sac en bandoulière, je grimpe sur le dos de Milo, trouvant le ridicule de la situation comique. Mais ce n’est rien quand nous parvenons enfin au rez-de-chaussée et que nous quittons l’immeuble pour les rues, encore peuplées à cette heure de la journée et en ce temps estival. Je ne prête guère attention aux nombreux regards qui se portent sur nous. J’ai des dreads et j’ai été en couple deux ans avec une femme. Le premier point ne me rend pas sympathique pour toute personne ayant dépassé la cinquantaine voire moins, les banlieusards, et les gens ayant réussi dans la vie, le second pour tous les misogynes et fachos qui pensent encore que l’homosexualité est une maladie ou une tare. Un peu d’électrochocs et ça repart ! Alors non, les regards surpris, condescendants, réprobateurs ou choqués m’indiffèrent au plus haut point et que le grand blond se met à se donner en spectacle dans le rôle qu’il tient le mieux, c’est-à-dire Milo, je ne peux empêcher un rire franc de s’échapper de mes lèvres. Un rire difficilement contrôlable jusqu’à ce qu’il me fasse rebondir sur lui et manque de nous faire tomber. Je resserre un peu mon étreinte autour de ses épaules et une fois la surprise passée, laisse à nouveau échapper un rire. Un passant me demande si j’ai besoin d’aide mais levant la paume de ma main face à son visage afin de le stopper dans son élan, je l’apostrophe d’un « J’peux pas, j’ai poney » avant de laisser Milo nous conduire jusqu’à chez moi.

« Tu crois qu’on pourrait s’envoler ? » J’attends quelques secondes pour répondre, me penchant vers son oreille pour lui susurrer un « Pourquoi, tu veux m’emmener au septième ciel beau gosse ? » avant de pouffer. « Je pars du principe que tout est possible. Alors oui, je pense qu’on pourrait s’envoler, comme je pense qu’on pourrait s’écraser. Mais ça vaudrait quand même la peine d’essayer. » Je l’encombre encore de mon poids pendant la première moitié du trajet, avant de décider que je peux en partie me débrouiller seule. « Fais gaffe je descends » je le préviens en prenant une légère impulsion pour retrouver le contact du sol, me laissant quelques secondes pour ne pas avoir un nouveau vertige. Mais c’est bon. Pas d’étourdissement, pas de points blancs. C’est déjà ça. « T’es trop con ! » Un large sourire illumine mon visage tandis que je le bouscule à l’épaule. « Mais c’était du grand Milo, j’avoue. » Et attrapant son bras pour plus de sécurité me concernant, nous continuons à déambuler dans le quartier jusqu’à arriver à mon immeuble. Quatre étages, sans ascenseur, et évidemment, je vis au dernier. Je dois encore faire appel à l’aide de mon ami pour gravir les marches jusqu’à mon palier et ma porte d’entrée, et, farfouillant dans mon sac pour y dégoter mes clés, je finis par ouvrir mon antre et le laisse passer en premier, prenant sa suite avant de refermer derrière nous.

Mon chez moi. Qui ne paie pas de mine mais dans lequel je me suis toujours senti bien. Peu de murs, de grandes fenêtres le rendant lumineux, et un grand espace à vivre. Le salon nous fait face. Il comporte peu de meubles, seulement le strict nécessaire. Un canapé, une table basse, un meuble TV et autres appareillages électroniques et une bibliothèque qui couvre presque tout un pan de mur. Sur la gauche, un coin cuisine, ouvert, avec un comptoir en L et quelques tabourets. Sur la droite du salon, trois marches séparent ma chambre du reste de l’appartement, et seul un rideau coloré mais transparent fait office de cloison. Plus loin, les commodités, séparées par la deuxième porte de cet appartement. Et pour seule décoration murale, un énorme panneau de liège composé d’une bonne centaine de photos. De ma mère, de mon enfance avec elle, de mes amis – dont Milo – de ma vie avec Taylor. Tous les moments qui me sont chers et que j’ai besoin de pouvoir revoir quand l’envie m’en prend. « Fais comme chez toi » Et je retire mes chaussures, faisant quelques pas avant de faire volte-face. « Enfin, fais comme chez toi mais…chez moi » Un sourire conquis et je me dirige directement vers la cage qui se trouve sur un petit meuble entièrement dédié au confort de ma petite bestiole. « Salut Einstein » Au son de ma voix il ouvre un œil, faisant remuer son museau et ses moustaches. Reconnaissant mon odeur, il finit par bailler à s’en décrocher la mâchoire et après s’être étiré, se décide enfin à sortir de son nid. J’en profite pour lui remettre de l’eau fraîche et lui donner sa ration quotidienne de nourriture. « Tu peux te servir un truc à boire si tu veux » Je lance à Milo en tournant mon visage vers lui. « Et même prendre une douche. La salle de bains est par-là » je pointe la porte deux mètres derrière le canapé. « Il y a des serviettes dans le placard et j’ai même les fringues d’un ex dans ma commode si tu veux te changer. Il avait pas un look trop craignos » Après quelques caresses à mon rat, je lui donne une friandise et referme la cage. « Désolée trésor, ce grand cornichon n’aime pas les bêtes. Je te sortirai plus tard » Mais il grignote déjà ce que je viens de lui donner à manger et ne me prête plus la moindre attention. Je me retourne vers Milo, levant les yeux au ciel. « Les hommes et leur estomac. Aucune reconnaissance, c’est navrant. Et on se demande pourquoi j’en suis un jour venue à aimer aussi les femmes » Je me la joue dépitée mais c’est juste pour la forme. « Bon en fait, je le sais. Jessica » et mes yeux se perdent un instant dans la nostalgie de mon premier béguin féminin. « Tiens c’est elle » Je m’approche de mon panneau photo géant et pointe une photo de moi étudiante, avec un look diamétralement opposé à celui que j’ai adopté depuis quelques années. Mes années punk apparemment. Et à côté de moi, une grande blonde aux yeux bleus et au regard pétillant, taille mannequin, et avec le cerveau qui va avec. Enfin, ça, Milo ne risque pas de le voir sur la photo.








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MessageSujet: Re: you put the lime in the coconut Ven 30 Juin - 11:33


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Je ne sais pas si je dois être excité à l’idée qu’on puisse s’envoler ou au, contraire, m’inquiéter. Voler ça doit être absolument génial, mais faut pouvoir s’arrêter si on veut pas aller s’exploser sur la stratosphère ou j’sais pas quoi. Je médite sur la question pendant que nous continuons de déambuler dans les rues familières de Chicago, Maeve perchée sur mes épaules et moi…perché tout court. J’essaie de voir si je peux contrôler mes cellules et les obliger à respecter la gravité. Mais rien qu’un peu. Je suis pas contre un petit tour dans les airs, franchement… Et si Maeve dit que c’est possible : alors c’est possible. Cette fille est archi intelligente et connaît tout sur tout pratiquement. Je crois même qu’elle est plus intelligente que ma sœur et que Taylor, mais je vais éviter de le leur faire savoir parce que ça les vexerait sans doute. Surtout Ellie en fait… Elle est si susceptible la pauvre.
« Fais gaffe je descends » me prévient tout à coup mon amie.
L’espace d’une seconde, je suis tenté de refuser. Parce qu’elle m’alourdit et que si elle s’en va, je pourrai bien décoller et j’ai pas envie de partir en solo. J’ai vu le film Gravity et ça me tente pas tellement. Mais je me fais une raison. Je me suis jamais envolé jusque là alors pourquoi ça commencerait maintenant ?
Du coup, je m’immobilise et lui permet de retrouver la terre ferme. Me souvenant malgré tout qu’elle n’est pas au meilleur de sa forme, je me retourne pour m’assurer qu’elle tient sur ses deux cannes et, quand je suis certain que c’est le cas, je fourre mes deux mains dans les poches de mon futal. Maeve fait mine de me réprimander pour mon idée saugrenue de la prendre sur mon dos, mais je vois bien qu’elle n’ne pense pas un mot et qu’elle a kiffé.
« McClane avait jamais fait ça, pas vrai ? » je lui demande, faisant référence à la conversation que nous avons eu il y a un moment maintenant, après que j’ai reçu un ballon de basket en pleine face.

Nous papotons joyeusement sur le reste du trajet jusque chez Maeve. Elle est pendue à mon bras et je l’aide à gravir le milliard de marches qui la sépare de son appartement.
« J’crois qu’j’suis jamais venu chez toi avant » je lui glisse alors qu’elle fouille dans son sac pour y trouver ses clés. La veinarde… Mais je ne m’en fait pas plus que ça en fin de compte. Ca me permet de vivre une nouvelle aventure et je ne suis jamais contre. C’est mon petit côté Bilbo le Hobbit ! Mais je crois que c’est le seul point commun que nous ayons tous les deux…
Après qu’elle nous ait ouvert, je pénètre à sa suite dans l’appartement lumineux de la brunette qui se rattrape après m’avoir autorisé à faire ici comme chez moi. Elle fait bien de me préciser qu’il faut que je me contrôle un minimum.
« Ben merde alors ! J’étais prêt à m’foutre à poil moi. Dommage. Pour toi » je lui glisse dans un clin d’œil, avant de continuer mon exploration des lieux pour m’intéresser à son meuble TV. Les bouquins ne m’intéressent pas trop. C’est pas que j’aime pas lire, c’est juste que j’ai du mal à rester posé suffisamment longtemps pour enchainer les pages et, du coup, j’avance jamais et je me lasse. Suivre un film est un peu plus simple pour moi, mais ça me demande quand même de grands efforts de concentration. C’est pour ça que j’évite d’aller au cinéma. Je suis intenable et quelqu’un veut toujours me virer de la salle quand je commence à foutre le bordel pour combler mon besoin de bouger.
Je suis Maeve du coin de l’œil alors qu’elle s’éloigne d’un autre côté de l’appartement, apparemment pour aller s’occuper de son rat. J’irai peut-être jeter un œil sur lui dans quelques temps, mais pour le moment, je m’intéresse aux jeux de mon amie qui me propose de me servir à boire. Et de prendre une douche.
« J’vais finir par croire que j’pue et me vexer » je fais mine de bouder, avant qu’elle ne m’explique où trouver ceci et cela et bla-bla-bla.

Je n’écoute plus qu’à moitié ce qu’elle me dit. Je passe des jeux au grand tableau de liège qui orne une bonne partie d’un de ses pans de mur et est couvert de photographies. Je ne sais pas trop où donner de la tête. Alors je me mets à chercher des photos de moi ou Taylor. A la place, j’en vois une avec Saoirse et m’apprête à en parler lorsque Maeve me devance et prend la parole.
J’abandonne donc ma photo pour me rapprocher de mon amie et voir la Jessica en question. Elle est bonne.
« Elle est bonne ta Jessica » je lui dis à haute voix, observant un moment le décolleté de la blonde aux yeux clairs. « Et moi j’suis où ? » je réclame, incapable de me contenir davantage et espérant vraiment apparaître quelque part là-dessus. Je serai extrêmement vexé si ce n’est pas le cas.
Mais Maeve me rassure très vite et me montre même deux photos d’elle et moi et une troisième avec Taylor.
« T’en a d’autres de Tay ? » je lui demande, au moment où mes yeux se posent tous seuls sur une photo d’elles deux. « Yes ! Vous alliez trop bien ensemble quand même… Pourquoi vous vous êtes séparées déjà ? Elle prenait pas assez de douches c’est ça ? Tu sais, c’est ma faute…je l’ai élevée comme ça » je plaisante, sentant que le sujet est difficile et que Maeve a perdu un peu de son entrain. « S’tu veux pas en causer on en cause pas. Tu peux aller m’chercher une bière à la place. Ca m’va bien aussi ! »



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MessageSujet: Re: you put the lime in the coconut Lun 3 Juil - 21:39

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« Bien sûr que tu pues, je suis certaine de l’avoir déjà précisé. Deux fois » Je lui adresse un léger sourire moqueur alors qu’il me rejoint vers mon mur de photos, lançant une remarque à propos de la fameuse Jessica. J’échange avec Milo un regard entendu, me laissant porter le temps de quelques secondes vers un passé plus glorieux. Bonne, elle l’était, dans bien des domaines. Mais de bonne éducation, un pur produit de la WASP, qui n’a jamais réellement assumé l’attraction commune. Enfin, elle l’a bien assumé, de manière charnelle, et ce à plusieurs reprises, tant que quatre murs épais nous protégeaient et que ce que nous faisions dans ma chambre ne quittait pas le secret de ladite chambre. Pendant longtemps j’ai pensé que je n’étais qu’une expérimentation. Je pense aujourd’hui que mon binôme n’avait juste pas le courage d’assumer cette part d’elle-même. Je me demande même ce qu’elle est devenue. Quelqu’un probablement. Je ne l’ai jamais revu après mon départ de l’université, mais nous étions animées de la même ambition, et elle avait largement les moyens de parvenir à ses fins.

Je reviens au présent quand Milo reprend la parole et tout sourire, pointe une zone sur le panneau dédiée à mes amis actuels. Je n’ai pas besoin d’être nostalgique avec ces clichés. Ils sont encore mon pilier, l’ancre qui me maintient en place. Je n’ai plus de familles, sauf celle que je me suis créée, et Milo en fait partie, au même titre de Saoirse, Taylor, Ryan et bien d’autres…
L’une d’entre elles est d’ailleurs peu flatteuse pour nos deux personnes. Une photo de fin de soirée où il est évident que nous avions consommé quelques substances illicites. Pupilles dilatées, regard hagard, et sourire béat et un brin benêt. Mais c’est un souvenir que je veux garder et pouvoir revisiter quand l’envie m’en prends, comme tous les autres ici. J’aime cet objet et je pourrais m’y perdre pendant des heures. C’est comme ouvrir une porte et se gorger de positivisme. Mon petit bonheur à moi.
Et quand mon ami évoque Taylor j’arque un sourcil. Si j’ai d’autres photos d’elle ? Sans compter ce mur, mon téléphone doit en être rempli, plus un album que je garde loin des regards indiscrets. Non pas que les clichés soient osés mais ça reste notre intimité, notre jardin secret, nos souvenirs. Et la demoiselle me tuerait si je commençais à montrer des photos d’elle nue dans son bain alors qu’elle était encore un poupon. Elle me tuerait si elle savait que je possédais ce cliché, dérobé de manière vicieuse lors de notre première année ensemble. Je m’apprête à pointer quelques photographies du doigt quand mon grand cornichon me devance, et comme souvent sans le faire de façon volontaire, tape dans le mille. Je sais bien qu’il n’y a aucune intention de blesser, mais ça fait mal, plus que je ne voudrais l’admettre, plus que je le voudrais tout court. J’essaie de sourire à sa vanne et sur l’hygiène, ou en l’occurrence l’absence d’hygiène de mon ex petite amie mais ça doit sonner faux et il s’en rend compte puisqu’il ne me force à rien, comme toujours.

Mon regard se perd quelques secondes sur le cliché, où nous sommes toutes les deux enlacées et tout sourire, puis finis par m’en détacher, haussant les épaules. « Pourquoi on s’est séparé ? Ça doit être en rapport avec moi qui hurle, qui fais mon sac et qui claque la porte pour la dernière fois. » Un rire morne passe la barrière de mes lèvres. « On ne s’est pas séparé, je suis partie. Pourquoi ? » Mes yeux se perdent à nouveau sur le cliché et je me passe une main derrière la nuque. « Parce que je suis stupide. Parce que j’ai eu peur. Parce que je suis doublement stupide. Parce que c’est trop tard… » Je relève mon visage vers le jeune homme, un demi sourire aux lèvres mais le regard triste. Je n’ai aucune raison de lui mentir ou de minimiser mes fautes dans cette séparation. Je suis entièrement coupable. J’ai foiré, merdé en beauté, et aujourd’hui si m’en mords les doigts je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. « Ta bière ! » Je pointe mes deux index dans sa direction que je penche vers la gauche pour désigner le canapé et me faufile jusqu’au coin cuisine, profitant de lui tourner le dos pour expirer un grand coup. Ouvrant le réfrigérateur, j’hésite quelques secondes. Suis-je assez tarée pour consommer de l’alcool, même en si infime pourcentage ? Le fait est que mon malaise est partie. Soit l’air frais de ce début de soirée m’a été bénéfique, soit le thérapie Milo Poney fonctionne à merveille.

Je finis par attraper deux bières, une dans chaque main, et les dévissant, je jette les capsules dans l’évier de la cuisine avant de revenir au salon, en tendant une à mon ami. Je prends place à ses côtés sur le canapé et m’assois en tailleur en lui faisant face. « Tu sais c’est pas que je n’ai pas envie d’en parler c’est juste que…Tay’ est comme une sœur pour toi, ta meilleure amie et tu es l’un de mes meilleurs amis. Je suis pas certaine qu’entendre tout le mal que je lui ai fait ou mes sentiments actuels soient forcément la chose que tu veuilles. J’en sais rien, je crois que je m’embrouille toute seule en fait » D’un autre côté je ne peux en parler à personne. Parce que tous mes meilleurs amis sont aussi ceux de mon ex petite amie. Niveau conflits d’intérêts ça se pose là. Et puis encore une fois, c’est moi la fautive, il n’y a même pas de parti pris à avoir puisque Taylor n’a absolument rien fait de mal. Je suis la conne de l’histoire. La conne de notre histoire. « On trinque quand même ? » Et je lève ma bière vers lui.









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MessageSujet: Re: you put the lime in the coconut Mar 11 Juil - 12:36


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Pourquoi est-ce que j’ai posé cette stupide question ? Bon, je sais pourquoi dans le principe bien sûr. Parce que c’est vraiment dommage qu’elles ne soient plus ensemble, qu’elles avaient l’air faites l’une pour l’autre et que je les aime toutes les deux. Mais ça va ruiner l’ambiance, c’est certain. C’était une question stupide. Qu’est-ce que je vais faire si elle se met à chialer ? Si elle se remet dans le même état que tout à l’heure et recommence à bader ? J’aurai pas l’air con tiens !
Mais Maeve ne se met pas à pleurer toutes les larmes de son corps et ne tombe pas non plus à genoux en hurlant un long et déchirant « Pourquoiii » typiquement Hollywoodien. Elle se contente d’hausser une épaule et de se détourner du pan de mur couvert de photos en répondant de manière détachée. Bien sûr, je ne suis pas dupe. Je vois bien que le sujet la dérange et qu’elle préfère adopter une attitude fuyante. Alors je décide de ne pas insister. Même si ça me démange un peu, parce que je continue de penser qu’effectivement, c’est très bête que ça se soit fini comme ça s’est fini entre elles deux. Et puis cette histoire d’avoir peur m’interpelle bien un peu aussi. Peur de quoi ? Que ça se termine et qu’elle en souffre ? Sans doute… C’est flippant de s’engager, je suis bien d’accord avec ça.
Je pourrai lui répondre avec un cliché du style : Il n’est jamais trop tard Maeve ! Mais je sais plus ou moins ce qu’elle va me répondre. Je sais surtout que pour le moment, Taylor est en couple avec Ryan et donc pas disponible. J’aime bien Ryan mais…ce n’est pas Maeve. Du coup je me contente de répondre à son sourire triste par un sourire compatissant et laisse le silence s’étirer un peu entre nous. On sait tous les deux que c’est dommage mais pour le moment, les cartes ne sont pas entre nos mains et ça ne sert pas à grand chose de remuer le couteau dans la plaie.

Je la laisse donc changer de sujet et vais me laisser tomber dans le canapé qu’elle m’a désigné pendant qu’elle se charge d’aller me prendre une bière. Ca va me faire du bien. J’ai chaud et j’ai de nouveau faim. Puis notre petit tour m’a donné soif et je suis encore un peu essoufflé. Je patiente donc dans le canapé, caressant le tissu distraitement en attendant que Maeve vienne me servir.
J’attrape la bière qu’elle me tend et la suit du regard tandis qu’elle s’installe en tailleur en se tournant vers moi, prête à me faire la conversation. Et contrairement à ce que je m’imaginais : elle réaborde le sujet de sa rupture avec Taylor. Je fronce les sourcils en l’écoutant prévoir mes envies et réactions.
« On trinque quand même ? »
« Ben oui, maraude » je lui lance en venant cogner ma boisson contre la sienne, avant d’en avaler deux longues gorgées rafraichissantes. Je passe ensuite ma langue sur mes lèvres humides puis reprends la parole. « Eh ouais, j’crois qu’tu t’embrouilles toute seule. J’veux dire… C’pas parce que c’est ma pote que j’vais t’flageller ! Tu lui as fait beaucoup d’peine, ça c’est sûr et ça m’fait pas plaisir. Sur le coup, j’crois bien que j’lui ai proposé d’aller te péter la gueule, mais j’l’aurai jamais fait. Mais le truc c’est que…’fin j’vois bien que tu t’es punie toute seule aussi ! J’sais pas c’qui t’es passé par la tête et, oui, c’était stupide, mais ça m’fait surtout chier de voir que tu regrettes comme ça. T’sais bien que j’suis un amoureux d’l’amour et quand j’vois qu’t’es malheureuse comme ça ben ça m’emmerde. Tu vois c’que j’veux dire ? » je lui demande, sentant que je m’embrouille moi-même un peu. « J’dis pas qu’vous êtes toutes les deux malheureuses dans votre coin parce que, bon, voilà, elle a rebondi mais j’sais aps si elle est si en phase avec sa nouvelle meuf. Puis bon, personne n’est parfait et moi aussi j’lui ai souvent fait de la peine à Taylor… Du coup j’suis pas hyper bien placé pour faire la moral à qui qu’ce soit et ça me dérange pas qu’on en cause. »
J’avale une nouvelle gorgée de ma bière, affichant un air penaud alors que les souvenirs de ma dernière grosse dispute en date avec elle remontent à la surface.  
« Enfin bref : si tu veux en causer, on en cause ma couille. Mais va falloir supporter ma pestilentielle odeur un moment alors ! » je tente de la dérider un peu, étendant mon bras pour venir la taquiner de mon index.



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MessageSujet: Re: you put the lime in the coconut Mer 19 Juil - 23:08

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Je laisse ma bière cogner doucement contre la sienne en lâchant un sourire face au surnom qu'il me choisit. Je bois une gorgée, puis deux, le regard dans le vague mais attentive à chaque mot qui sort de sa bouche. Un discours aussi douloureux que réconfortant. Car comme souvent ses mots visent juste, un peu trop. Je laisse même échapper un léger rire quand j'apprends qu'à l'époque il a failli venir me faire ma fête. J'imagine mentalement la scène, Milo sur un grand destrier blanc, cape au vent, pourfendeur de la veuve et de l'orphelin, venir joyeusement me casser la gueule pour avoir brisé le cœur de sa « sœur ». Peut-être qu'il aurait dû tiens ! Venir me mettre une bonne droite en plein visage pour me remettre les idées en place, me traiter de tous les noms en me demandant comment je pouvais être aussi conne ! Mais les « peut-être » et les « si » n'arrangeront pas mon problème et encore une fois, j'en suis la seule responsable. Il a raison, je me suis punie toute seule. Si j'en suis là aujourd'hui, avec des regrets plein la tête et surtout le cœur c'est parce que j'ai été lâche. J'ai laissé les mensonges prendre le pas sur le reste, j'ai laissé ma maladie gagner. Et ce qui est fait est fait, je ne peux pas revenir en arrière. J'acquiesce sans prononcer un mot à sa question, buvant une autre gorgée de ma bière, que je fais durer cette fois-ci.
Parce que quand Milo reprend la parole ça fait encore plus mal. C'est une chose d'avoir découvert que Taylor et Ryan étaient ensembles – et pas de la bouche des deux principales intéressées soit dit en passant – c'en est une autre que d'entendre le grand blond le confirmer de la sorte. Comme une certitude qu'elle a bel et bien tourné la page, une bonne fois pour toutes. Et je détourne la tête quelques secondes, parce que je n'ai pas envie d'entendre qu'elles ne sont pas en phase ou à contrario, qu'elles le sont. Je veux nier toutes les images qui se forment dans mon esprit à chaque fois que je les imagine ensemble et heureuses.

Je reprends mes esprits quand j'entends un autre surnom peu classieux passer la barrière des lèvres de mon ami, me retenant de lever les yeux au ciel. Je lève ma bière comme pour célébrer ses mots et repousse gentiment cet index menaçant qu'il pointe vers moi. « Tu sais ce que j'aimerais ? » Et je croise mes jambes en tailleur, continuant de lui faire face. « J'aimerais pouvoir la détester » Je bois une autre gorgée de ma bière, un brin pensive durant quelques secondes avant de reprendre : « J'aimerais pouvoir me la jouer salope finie et cracher sur sa gueule les piles saloperies qu'on puisse trouver. Genre concours de putes. J'aimerais pouvoir extérioriser toute cette merde en devenant la pire des garces la concernant » Nouvelle gorgée. « Mais j'peux pas. Parce qu'elle a choisi Ryan putain de merde » Un soupir mi rageur mi lassé me laisse l'occasion à un ange de passer. « C'est une amie, et une bonne, j'peux même pas la détester. Elle mérite d'être heureuse, encore plus qu'une autre. »

Je finis par reposer mes yeux dans ceux de Milo, quelque peu abattue et un peu amusée par ma puérilité, je dois bien l'admettre. « Si encore elle avait sale caractère ou qu'elle était hideuse ou qu'elle avait un gros cul ou j'sais pas... » Cette fois-ci je lève vraiment les yeux au ciel. « Mais non ! Elle est super, a un regard bleu magnifique, et un corps de déesse. Sérieusement si elle n'était pas une amie moi aussi j'essaierai de me la serrer ! » Je termine ma bière d'une traire, la reposant ensuite sur ma table basse. « En fait techniquement j'ai déjà essayer de la serrer, c'est même comme ça qu'on s'est rencontré merde » La pensée de cette soirée où j'étais complètement déchirée et où Ryan a pris soin de moi réussit même à me faire rire, le temps de quelques secondes. Reprenant mon sérieux, je plante à nouveau mes prunelles dans celles de mon ami, haussant les épaules. « J'aimerais ne pas être jalouse. Et quelque part, je suis vraiment heureuse pour elle. Vraiment. » Quelque part dans une zone bien enfouie. « Mais je le suis quand même. Jalouse je veux dire. C'est comme ça. »

Et j'ai pas fini de manger...



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MessageSujet: Re: you put the lime in the coconut Mer 26 Juil - 12:35


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Les ambiances pesantes, c’est pas mon truc. Causer sentiments et toutes ces conneries ? Pas tellement ma tasse de thé non plus. Sauf que Maeve est ma pote et j’suis prêt à prendre sur moi pour l’écouter et possiblement lui venir en aide si c’est dans mes cordes. Que ce soit en lui changeant les idées avec mon humour à deux balles ou en tentant de lui réarranger le coup avec Taylor… Parce que j’en suis capable. J’aime bien Ryan, mais c’est pas Maeve. C’est pas ma pote et je lui dois rien… Puis bon, c’est pas elle qui est en train de déprimer sous mes yeux alors c’est plus facile de m’imaginer lui planter un couteau dans le dos.
Mon amie repousse mon assaut, m’arrachant une exclamation amusée alors qu’elle reprend la parole en s’installant un peu plus confortablement sur le canapé. Elle adopte la position des conversations sérieuses : tailleur et regard bien planté dans le mien pour m’empêcher de me dérober et de divaguer. Je la connais bien cette putain de position et en règle générale, elle m’emmerde. Mais là, je vais faire avec, écouter bravement et rassembler mes deux neurones enfumés pour assurer.
« J'aimerais pouvoir la détester » me confie l’irlandaise.
Je grimace pour lui faire comprendre que je saisi parfaitement l’idée. Ce serait quand même beaucoup plus simple… Si Ryan était une chienne de la casse, une grosse salope nocive pour ma meilleure amie, tout serait déjà joué parce que je l’aurai contrainte à prendre ses distances avec elle. Sauf que Ryan est cool. Elle a de l’humour, elle me juge pas et, effectivement – malheureusement pour Maeve – elle fait du bien à Taylor. Elle l’aide en tout cas  bien plus efficacement que moi à remonter la pente après ce qui s’est passé à Noël et nous a tous beaucoup affecté, ma meilleure amie bien plus encore que moi…
Je pousse un soupir de dépit, affichant une moue au moins aussi contrariée que celle de mon interlocutrice qui aborde le physique plutôt atypique et avantageux de Ryan. Ouais, y a pas à tortiller du cul pour chier droit : Ryan est bonne…  
« Putain, tu m’étonnes. J’crois qu’on serait presque en droit de la détester justement pour sa perfection » je bougonne avant qu’elle ne m’avoue avoir déjà essayé de se serrer la copine de Taylor. Ce qui est assez fun quand on y pense. En tout cas, ça l’est suffisamment pour que je pouffe un peu.

Très vite, mon cerveau se laisse envahir par une série d’images… Maeve, Ryan et Taylor en plein plan à trois… Peut-être que ce serait une solution ! Tout le monde veut serrer tout le monde dans c’bordel, alors pourquoi ne pas s’y mettre ? Peut-être que je pourrai me joindre à elles…ou au moins regarder. Ce serait top !
Je me force à revenir à la réalité, un sourire un peu niais flottant malgré tout sur mes lèvres un peu engourdies par ce que j’ai consommé un peu plus tôt dans la journée.
« J’te capte à fond frangine » je lui glisse en venant tapoter son épaule gentiment. « J’veux dire, j’aime bien Ryan et j’suis content qu’elle fasse du bien à ma Sestra mais…’fin c’est pas pareil. Tu vois ? J’vais pas aller foutre en l’air leur couple ou quoi qu’ce soit. Et j’sais bien qu’c’est pas c’que tu m’demandes, mais j’aimerai mieux que vous soyez ensemble comme avant » je lui lance en avalant une nouvelle gorgée de ma bière, avant d’être soudain traversé par une idée qu’il me faut partager. « Par contre, si ça arrivait et que tu pétais les plombs à nouveau : là j’serai obligé d’te tuer. Parce que tu sais ce qu’on dit : trompe-moi une fois bla bla bla. Si tu brises encore le cœur de Taylor, d’une façon ou d’une autre, faudrait que j’te bute. Ce serait mon devoir de frère, tu comprends ? »  
Mon devoir accompli, je porte une fois encore ma bière à mes lèvres et me redresse.
« Bon, et maintenant je vais prendre ma douche. J’commence à me dégouté moi-même et ça veut dire que j’ai atteint le seuil critique. Si j’étais un Sims, je serai déjà en train de pousser des cris de merde, avec un gros nuage vert autour de moi ! »

Là-dessus, j’emporte ma bière avec moi en direction de la salle de bain qu’elle m’a indiquée un peu plus tôt. Ce n’est qu’une fois sur place, au moment où je veux me mettre un peu de son que je réalise que je n’ai pas emporté mon téléphone avec moi…
« Couilles ! » je jure en français entre mes dents, espérant que Zara ne cherchera pas à me joindre dans les heures à venir. Il va falloir que je demande à Maeve de prévenir Taylor qu’elle ne va pas devoir accepter de faire d’heures supplémentaires ce soir pour venir m’ouvrir. La lose…
Mais avant tout ça : douche !
A défaut d’avoir de la musique, je chantonne du Nirvana sous la douche en profitant que le jet d’eau de Maeve soit bien meilleur que celui de notre appartement moisi à Taylor et moi. Et l’eau est bien chaude, presque brûlante. Ca fait un bien fou putain !
Une fois convenablement savonné, je sors de la cabine et noue une serviette sortie du placard dont elle m’a parlé autour de mes hanches fines. Passant une main dans mes cheveux détrempés, je rejoins mon amie au salon.
« T’avais parlé d’fringues à m’filer non ? » je lui demande en me rapprochant du frigo pour prendre une seconde bière, ayant terminé la mienne un moment plus tôt dans la salle d’eau. D’ailleurs, je l’ai abandonnée là-bas, il faudra que je pense à aller la balancer un moment… « J’savais pas qu’t’étais bi d’ailleurs. J'viens d'tilter » je lui confie en décapsulant ma bière d’un coup de dents assuré qui ferait frémir ma jumelle, Ellie.  
   


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MessageSujet: Re: you put the lime in the coconut Mer 9 Aoû - 0:55

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Le pouce et l'index autour du goulot de la bouteille de bière que je tiens, je la laisse se balancer distraitement de gauche à droite, le regard un peu perdu dans le vide, mon attention pourtant entièrement vouée aux paroles de Milo. J'ai presque envie de rire face au ridicule de la situation. Pas celle où je discute tranquillement avec mon ami de mon ex qui se trouve être sa meilleure amie et également mon amie...non, celle-ci, dans un étrange paradoxe, m'apparaît comme tout à faire normale. Banale. Non, je parle plus généralement. Je parle de ma rencontre pas si anodine que ça avec l'un des clients de la boutique, Daniel, à qui j'ai confié des choses extrêmement personnelles – en réponse à ses propres aveux – et qui lui aussi pensait que tout n'était pas perdu avec Taylor. Cet étranger que je n'avais jamais rencontré auparavant et qui m'a poussé à retenter ma chance, parce qu'il croyait en nous. Parce que dans un hasard presque déconcertant il fallait qu'il connaisse mon ex petite amie. Je parle de mes autres proches qui me poussent également dans cette direction sans comprendre ce qui me retient, sans comprendre quoi que ce soit puisqu'ils ignorent trop de faits. Je parle de Milo qui lui aussi préférerait me voir avec Taylor bien qu'il apprécie Ryan. Et c'est ça, le ridicule de toute cette putain de situation. C'est comme si l'univers entier souhaitait nous voir nous remettre ensemble. Mais ça ne change rien. Ni le présent, ni le futur. Elle aime quelqu'un d'autre, et je n'ai pas le droit de gâcher ça. Elle le mérite, et tant pis pour moi.
Je ne peux nier pourtant le contentement que j'éprouve en entendant Milo prononcer ses mots et prendre mon parti. Preuve en est le petit sourire amusé qui finit par étirer mes lèvres alors que mon regard se reporte sur lui. Ma bouche prononce un « merci » muet pour ce soutien. Parce qu'il n'est pas n'importe qui à mes yeux, parce que son avis compte, parce que je suis heureuse qu'il ne me tienne pas rigueur de mes conneries passées et ne juge pas mon choix à l'époque. Pour toutes ces choses et bien plus.

J'arque un sourcil, toujours amusée, quand les menaces laissent place aux encouragements, laissant mes lèvres s'étirer en un sourire plus large. Je pourrais lui avouer que Taylor et moi nous sommes envoyés en l'air peu de temps avant sa nouvelle histoire d'amour et qu'elle ma brisé le cœur aussi sûrement que j'ai brisé le sien. Mais je n'ai pas envie que l'information fuite. C'est une chose pour Ryan d'accepter le fait que j'ai vécu une longue relation avec sa petite amie actuelle et que nous gardons contact parce que nous sommes toujours importantes l'une pour l'autre. C'en est une autre que de savoir que notre histoire n'est pas si ancienne que ça et qu'on a remis le couvert il y a peu de temps. Je ne veux pas ternir le tableau ni notre amitié. Je ne veux plus être cette fille égoïste que j'ai longtemps été. Je viens donc seulement trinquer avec Milo comme pour accepter sa menace. « Je suis une fille intelligente, je n'ai pas pour habitude de commettre deux fois la même erreur, mais si tu devais en venir à de telles extrémités, choisis une méthode rapide, et pas trop salissante. Et trouve quelqu'un pour prendre soin de Einstein. » Je bois une gorgée pour célébrer ses bonnes paroles au moment où il se décide enfin à retirer cette odeur de fennec qui lui colle à la peau. « Amen ! Et méfie-toi que je ne supprime pas la porte pendant que t'es sous la douche et te laisse crever dans la salle de bains en attendant la grande faucheuse. » Référence Sims oblige. « Avec toutes tes menaces de mort, je pourrais... » Regard entendu alors qu'il se dirige vers ma salle d'eau.

Je profite de son absence pour me changer et enfiler quelque chose de plus confortable, c'est-à-dire mon short de nuit en coton et un débardeur à fines bretelles, me moquant d'être vue ou non. Ce n'est pas comme si j'étais du genre pudique. La plupart de mes amis m'ont déjà vu à poil...
Je dépose mon tas de fringues à côté de la porte de la salle de bains pour les mettre au sale plus tard, pouffant légèrement en entendant mon compère « chanter » du Nirvana sous la douche. Je reviens sur le canapé, terminant la bière entamée plus tôt et la laissant trôner sur la table basse.

Peu de temps après Milo revient, une odeur agréable l'accompagnant cette fois-ci. « Si attends ! » Je fouille dans ma commode et extirpe de celle-ci un boxer, un jean et un t-shirt à l'effigie de « The Clash » me retournant un instant vers mon ami quand il en revient à mon orientation sexuelle. « Il faut que je développe ou c'était une simple constatation verbale ? » Je reviens vers lui, les fringues dans les bras. Je suis suffisamment ouverte d'esprit pour que le sujet ne me dérange pas. Du moins pas avec n'importe qui. Et tant qu'on ne tombe pas dans les questions clichés du genre. « Tiens, vous faisiez sensiblement le même gabarit, j'ai jamais aimé les mecs trop baraqués » Clin d'oeil complice alors que je me rassois, louchant quelques instants sur ses nombreux tatouages, surtout ceux que je n'ai pas l'occasion de voir en temps normal, quand il est plus habillé. Je finis par détourner le regard, lui laissant un minimum d'intimité. Et puis, maintenant qu'il a tilté que je suis bisexuelle, je ne voudrais pas qu'il commence à croire que je lui fais du gringue.



••••

by Wiise

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Tell me, sister Morphine, when are you coming round again?
Oh, I don't think I can wait that long
Oh, you see that I'm not that strong
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