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 god knows i tried ø max

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MessageSujet: god knows i tried ø max Dim 14 Mai - 14:47



god knows i tried
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4 : 11 AM

J’observe les fissures de mon plafond depuis une demi-heure, allongée dans mon lit, sans rien avoir d’autre à faire. Des images des derniers jours me tournent en boucle devant les yeux, et je n’arrive pas à dormir. Je me sens fatiguée, pas tout à fait au bout du rouleau mais comme si j’avais négligé les signes de plusieurs semaines de fatigue pour m’en rendre compte ce matin, prise d’une insomnie.

Je n’arrive pas à faire taire mon cerveau, comme s’il s’était entiché d’un nouveau mode de pensée à savoir tout me rabattre ce qu’il y a de négatif dans ma vie actuellement pour me forcer à regarder et m’empêcher de faire quoi que ce soit pour que ça se passe bien. Je ne suis généralement pas du genre à me laisser abattre, après tout hey, qui est toujours là après cinq années de prison plutôt sympas ? Qui est toujours là après s’être faite tabassée par daddy toute son enfance ? C’est bien moi, Elizabeth. Elizabeth qui a du couper tout contact avec ce qui lui reste de famille parce qu’on la laissait pas tranquille, parce qu’il a fallu déménager deux fois en un an, qui a choisi de devenir « Judith », la serveuse dans un bar de strip-tease tenu par un gang de bikers aux activités qu’elle imagine pas toujours légales.

Wow, incroyable, quelle vie de rêve. Parce que Judith n’est pas beaucoup plus maligne qu’Elizabeth et, Judith, qui n’a visiblement pas assez pris la leçon derrière les barreaux, s’est jetée en plein dans le piège d’une jolie fille.
Parce qu’il me suffit de pas grand-chose apparemment pour me jeter droit dans l’humiliation : une nana canon et sympa, intelligente, qui aime jouer, un peu, relever ou imposer des challenges, avec une conversation intéressante et en plus un métier super cool ! Bah oui, Daya la peintre, qui vient au crash « sans raisons apparentes », laquelle se retrouve avec un haut taché de tequila et une serveuse écervelée du Crash au creux de la main.

La honte me noue l’estomac, chaque fois que je repense à ce que j’ai dis à Josef, ma facilité à être spontanée et plutôt peu regardante sur la manière de lui dire les choses ne m’ont pas aidée. Comme une abrutie, en plus de me faire avoir, je me suis ridiculisée auprès d’un ami que j’ai peut-être perdu et que j’ai surement blessé, involontairement, sans me douter que la jolie peintre était celle qu’il essaie de reconquérir depuis sa perte de mémoire. Je revois la tête du pompier se décomposer et le sol se dérober sous mes pieds. Parce que sans aller plus loin, il n’était pas difficile de comprendre que nos histoires de nanas ne tournaient qu’autour d’une seule.

Je chasse l’image de Josef au bar avec un geste complètement inutile, que j’imagine être un réflexe et me tourne sur le côté dans mon lit. Je me demande s’il est stupide de ressentir de la peine face à cet épisode, mais je ne trouve pas la réponse dans l’immédiat car mes paupières, lourdes, enclenchent un nouveau cycle de sommeil.

5 : 32 AM

Inutile de chercher plus loin. Ça n’a pas marché.
Une petite heure plus tard j’avais les yeux de nouveau grands ouverts, posé sur le plafond. Je n’ai pas cherché plus loin et me suis levée, pris un café, installée dans mon canapé. Je regarde l’extérieur moche du south side, plus abattue que je ne l’étais déjà une heure plus tôt.

De toutes façons je crois que je n’ai pas d’atomes crochus avec les nanas de Chicago. Il a fallu que ma voisine soit la femme d’un KOS et a cru pouvoir m’insulter alors que je descendais de chez moi, non sans se demander s’il y avait une autre raison que moi me tapant son mari à ma présence dans ces escaliers. Serveuse et pute stupide, bonsoir, c’est Judith. Je ne peux apparemment parler à personne sans que ça me retombe dessus, d’une manière ou d’une autre. Doit surement y’avoir de ça ! Je ne peux donc qu’ouvrir la bouche pour m’exprimer avec un sourire tout à fait contrefait afin de faire plaisir à des quinquagénaires dégueulasses. C’est parfait. Quelque part peut-être que la femme Manning a raison, peut-être que je ne sais pas dans quoi j’ai mis les pieds. Peut-être que je me suis dis, y’a rien de pire que la prison, ça ira, avec un autre nom et un autre passé, tout ira bien. Je suis arrivée avec mon arrogance et ma grande gueule pour m’accrocher à un boulot (uniquement par fierté) de morceau de viande enrubanné. Et parce que je suis très douée et surtout très intelligente je me suis aussi dis que c’était pas grave, si c’était une boite qui appartenait à un MC. J’avais négligé les « old ladies » visiblement, et le fabuleux traitement de faveur de certains autres membres du genre dragueries lourdes à volonté.

Je pousse un long soupir et remonte mes genoux jusque ma poitrine. Mes doigts, jusque-là autour de ma tasse de café refroidi, glisse jusqu’à l’enveloppe qui traine sur ma table basse. Quand je l’ai sortie de ma boite aux lettres hier j’ai immédiatement reconnue la fine écriture de Louis. Elle a un certain charme, un côté impérieux, une calligraphie qui correspond tout à fait à ses inclinaisons en droit. On s’était dit qu’on ne s’écrirait pas au début, ou en tout cas très peu. C’est la première lettre que je reçois depuis mon arrivée à Chicago. J’ai compris qu’il avait essayé de m’écrire un lettre presque « banale », m’énonçant les faits de sa vie, celle de ma tante et d’Emerson avec précision mais sans trop non plus déployer de sentiments. Je sais qu’il fait ça pour éviter ce qu’il s’est exactement passé hier, malgré tout. Des larmes, de la fatigue, de la mauvaise humeur et surtout, du doute. Un manque abrasif, collé à la peau, qui m’a suivi toute la nuit, se mélangeant à une remise en question de ma situation exacerbée par la colère que j’éprouve à l’encontre de Daya. Beaucoup trop de choses en même temps. Mon service s’est fait dans le plus grand des calme, je suis restée professionnelle et pourtant bouillante de rage, avec l’envie de claquer mes verres sur le comptoir pour me barrer.

Je laisse retomber l’enveloppe, incapable de me remettre à la lire, finalement. Ce mélange d’émotions me suit depuis plusieurs jours déjà, j’ai l’impression d’être une bombe à retardement, qui finira bien un jour ou l’autre par exploser. Il s’agit pas de me battre avec une nana jalouse ou renverser une table par caprice et besoin théâtral. Je me sens sur le versant descendant d’une pente incroyablement dangereuse et une idée, une envie que j’apprécie moyennement, s’immisce dans mon esprit depuis lors.

Il est étrange de se sentir aussi énervée, proche du point de rupture, lors d’un matin aussi calme. Pourtant, je ne ressens rien d’apaisant dans les couleurs du ciel à cette heure-ci, ni dans le silence imparfait qui règne assez rarement dans les rues de Chicago. Le contraste est saisissant. Le profond sentiment de solitude qui m’enveloppe depuis ces quelques jours est étouffant, et avant que je prenne une décision tout à fait irréfléchie (une de plus), je me lève et attrape mes affaires.


6 : 45 AM

Lorsque je passe la porte de l’église, j’essaie de mettre de côté la rancœur que j’ai à l’encontre de mes propres principes religieux. J’ai hérité ça de ma mère, j’imagine qu’il n’est pas possible de faire disparaître toute implication parentale dans son caractère.

Quand je me sens seule ou sur le point de faire quelque chose de plus stupide encore, je ne peux m’empêcher de venir ici. Je peux sentir la tension sur mes épaules s’alléger alors que je marche en direction de l’autel, prudente, comme si je ne voulais pas réveiller ce qui sommeille ici. Mes sentiments à l’égard de l’église et de ma propre foi sont contradictoires. Je déteste avoir besoin de cette béquille, je me trouve imbécile de penser que quelqu’un là-haut pourrait possiblement m’écouter. Mais je ne peux nier le soulagement que j’en retire. Je viens ici quand je me sens arriver au point de rupture, quand je sais que je vais difficilement supporter ce masque que je me colle tous les jours. J’ai choisi de le porter mais ça n’en reste pas moins difficile. Dans l’idée, je me dis que cette présence là-haut si elle existe vraiment connaît mon nom, mon passé et ce qui m’a amené jusque-là. J’avance en terrain neutre.

Il n’y a personne ce matin car il est encore tôt, ce qui m’arrange. Je suis pudique de cette partie de moi. Parce qu’ici, alors que je m’assois sur un des bancs en bois, je peux laisser tomber ce qui me pèse, baisser la tête, courber les épaules, et prier. A ma manière, avec mes mots, c’est pas toujours tout à fait correct, mais c’est comme ça. Et plus les minutes passent, tandis que j’égrène mes misères en silence, ma force et ma colère semblent s’éloigner de moi, pas très loin mais juste assez pour laisser la place à autre chose, une sensation brûlante qui remonte le long de la gorge et perle au bord de ma paupière. Ça me pique autant que cela semble me soulager. Je ne fonds pas en sanglots longs et pénibles, juste quelques larmes brûlantes qui dévalent mes joues et entrainent avec elle ma rancœur et mes doutes.


EXORDIUM.

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MessageSujet: Re: god knows i tried ø max Mer 17 Mai - 16:05

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La nuit a été longue et pénible.
Je n’ai que trop peu dormis si ce n’est pas du tout, maintenu éveillé par la frustration, l’irritation et la rancœur que toute cette soirée avait amenée avec elle. Dire que je ne l’avais pas vu venir est un euphémisme, bien évidemment, je savais que le prospect n’était pas le candidat idéal, je doutais de ces capacités à tenir la distance et à véritablement pouvoir devenir un Kings avec tout ce que cela impliquait, je ne le sentais pas près, je sentais le poids que cela représentait sur ses épaules qui n’avaient jamais été préparé à tout ca contrairement à la plupart d’entre nous. Je ne sais pas quoi penser de tout ca, je ne sais pas si j’ai encore envie de le voir rejoindre nos rangs et surtout, je ne sait pas si il est préférable de reporter l’information au reste du groupe ou non…

La dualité qui se joue entre son éducation, le cocon dans lequel il a été élevé et le milieu qu’il a choisi (pour une raison qui me dépasse encore) je ne peux pas vraiment la comprendre, alors oui, je connais la raison profonde, cette histoire avec son frère en est l’élément déclencheur, mais bien au-delà de ca, c’est un choix de vie, il ne signe pas pour dix ans avec l’espoir de retourner à une vie bien rangé dans le confort et la chaleur de sa petite famille quand il en aura marre, c’est un engagement à vie…

On ne sort pas du club…jamais, on finit six pieds sous terre.

Quatre heures du matin…Allongé sur le dos, je cherche un sommeil qui ne vient pas et après un temps incertain qui me semble s’étirer encore et encore, je décide de me lever, lassé de la contemplation silencieuse du plafond dont la peinture craquèle légèrement par endroit. Quand on en arrive à notifier ce genre de détail, c’est qu’il est vraiment temps de bouger, j’hésite un instant avant de pousser un soupir et de me mettre sur mes pieds. En toute logique, je commence par un café, un de seuls vices dont j’ai pas réussi à me débarrasser, l’appartement est silencieux et désert…comme d’habitude, ca ne me gêne pas vraiment, j’ai du mal à m’imaginer supporter une gonzesse assez longtemps pour la laisser envahir mon espace vitale et de toute façon entre le club et le crash j’ai pas vraiment le temps d’avoir une femme et des mioches à gérer en plus de tout ca. Alors je me contente de courir les jupons quand ca me chante, pas d’attaches, pas d’obligations, pas d’emmerdes, je trouve que c’est plutôt un bon credo ! Je sais franchement pas comment les frangins arrive à balancer leurs vies de famille et le club, surtout ceux dont les nanas ne sont pas impliquées dans la vie du MC…les pauvres, je les envie franchement pas. Quatre heures trente…je suis debout dans ma cuisine à me demander encore ce qui s’est passé hier, à me repasser des bribes de la conversation que j’ai eu avec Kurtis, de ce que ca signifie pour l’avenir, de ce que je risque de devoir balancer à Caleb et comment. Je pense surtout à l’impact que ces conneries vont avoir sur moi, sur la réputation que je me suis forgé au fil des ans et que je pense avoir amplement mérité, j’ai donné sans doute beaucoup trop au club et je ne peux pas imaginer voir tout ces efforts balayés ou même être égratigné par quelqu’un d’autre que moi….Je pousse un soupir las, dans ces cas là y a qu’une chose à faire, un seul endroit où j’arrive à réellement me poser pour réfléchir, sauf que là, un coup d’œil à l’horloge de mon salon me rappelle qu’il est encore bien trop tôt, la ville est encore profondément endormie, et même les plus valeureux reposent encore au milieu de leurs draps. Bon dans ce cas, on va se reporter sur le deuxième endroit, celui que je fréquente le plus après le Crash, la salle d’entraînement, je pose à la hâte ma tasse désormais vide dans l’évier et file dans ma chambre pour enfiler des fringues et choper mon sac de sport, tant pis pour mes poings déjà bien amochés, ils ont déjà vu bien pire par le passé (petit souvenir joyeux de la prison 3.2.1 disparut). La porte se claque ainsi sur un appartement plongé dans le silence, dans lequel trop peu de vie semble s’animer au quotidien.

Six heures vingt, me voilà de retour le corps encore tendu par l’effort et la tête un peu plus vide qu’au réveil, je file sous la douche que je prend brûlante histoire d’éviter tout éventuelle contractures, il faut dire que je n’y ai pas été mollo pour le coup. J’enfile un t-shirt, un jean et un pull, un tant soit peu plus décontracté que quand je me pointe dans mon club de strip, pas besoin de bien présenter pour causer cinq minutes avec le tout-puissant.

Lorsque j’arrive devant l’église, mon estomac se serre un peu, ca me fait toujours la même sensation désagréable comme si j’allait gerber, je grimpe les quelques marches sur lesquelles ma pouffiasse de mère m’a déposé comme si j’était un vulgaire déchet trente-trois ans plus tôt…je crois pas que mon amertume pourra un jour disparaître et contrairement à des milliers de gamins qui comme moi ont été jeté dans le service avant même d’avoir pu parler, j’ai aucune envie de mettre un visage sur mes géniteurs, ils ne sont rien pour moi et je ressens pas le besoin de savoir qui ils sont ou pourquoi ils m’ont déposé sur des marches pourries en plein mois de décembre. Lorsque je pénètre dans l’église, le silence est roi, pas un bruit ne vient troubler la quiétude de l’endroit et tandis que je m’avance, j’aperçois deux personnes, un vieux type en pleine prière, les genoux au sol, sa tête dodelinant d’avant en arrière comme si il était littéralement en transe et de l’autre côté une nana tête baissé, silencieuse et stoïque. Je m’assois au fond, à bonne distance des deux âmes qui échangent déjà avec ce qu’ils pensent sans doute être une puissance divine, personnellement, je crois pas trop à ces bullshit, en réalité, je suis même pas sûr de croire en la religion elle-même ou peut-être que si, parfois..je vient surtout ici parce que ca me calme, peut-être aussi parce qu’inconsciemment ca me donne une impression de retour aux sources, de m’asseoir au point de départ de ma vie et d’avoir ainsi le recul nécessaire pour faire un vrai point sur mes actions, qui je suis et ou je vais. C’est sans doute idiot, mais ca fonctionne plutôt bien et dieu sait que là tout de suite, j’ai vraiment besoin de mettre mes idées à plat.

Je ne suis là que depuis quelques minutes quand le type finit par se relever, attirant mon attention l’espace d’une seconde, mais il ne la retient pas, non parce que mon regard dévie machinalement vers l’autre occupante des lieux qui elle aussi tourne la tête vers l’homme qui s’en va et je ne réalise que maintenant que cette fille, je la connais…Judith, la serveuse reloue que j’ai embauchée y a trois mois et qui me donne pas mal de fil à retordre. Je n’ai l’occasion d’apercevoir son visage que l’espace de quelques secondes, mais c’est suffisant pour que je me rende compte qu’elle a vraiment une tête de merde, de toute évidence, elle a plus besoin que moi de converser avec le chevelu magique et je sais pas pourquoi, mais je me lève et m’avance vers elle sans vraiment y réfléchir, je me demande juste ce que je fais pendant que je suis en train de le faire et à présent que je suis lancé, difficile de faire machine arrière, alors je me contente de m’asseoir à côté d’une Judith dont les larmes tâchent encore légèrement ses joues, sans rien dire, avant de finalement ouvrir la bouche pour chuchoter.

« Alors princesse, qu’est-ce qui t’arrive ? »


© GASMASK

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MessageSujet: Re: god knows i tried ø max Sam 20 Mai - 13:29



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Je pense à Louis, je pense à Emerson, qui ne sont pas là. Louis a été le pilier de mon existence pendant pas mal de temps, on s’est raccrochés l’un à l’autre toute notre enfance, notre adolescence et quand nous sommes partis vivre chez notre tante. La seule chose que je ne regrette pas, ce matin, est d’avoir pris cette arme à la place de notre petit frère. Mon père était un connard, violent, stupide, avec cet égo de flic mal placé. Je n’aime pas les flics. Qui, à part eux, se pensent au-dessus des lois ? Les criminels. Cette connexion qu’ils renient sans cesse, moi, je la vois bien, très bien même à cet instant. Essayez de poursuivre un flic en justice pour voir. Allez faire comprendre que votre père, respectable agent de police qui a une carrière plus que brillantes, aimé de ses collègues, est en fait un tyran agressif incapable de s’occuper de ses gamins. Chaque témoignage a été un couteau replanté exactement à l’endroit de la plaie que Reagan avait ouvert des années plus tôt chez moi.

C’est ce à quoi je pense alors que je laisse quelques larmes défiler sur mes joues. J’ai perdu l’habitude de pleurer, avec les années passées à l’ombre. Dans un monde aussi brutal que la prison pour femme, croyez-moi que toutes ces conneries de « ça ne fait pas de toi quelqu’un de faible » ne passe plus. C’est quelque chose que je ne m’autorise plus, excepté dans cet endroit, la zone neutre de mon existence, là où tout un chacun peut venir et apparaître nu. La foi est quelque chose d’ultra-personnel, chacun à sa manière d’aborder le sujet, chacun y trouve son intérêt. Avant de passer au trou, je n’y allais jamais. Je ne supportais pas l’adoration que ma mère portait à l’église, elle y passait plus de temps avec ses copines qu’avec nous, incapable de faire face à la réalité. Je ne suis pas comme ce type, là, plongé dans sa transe cheloue, je ne me jetterais pas à corps perdu dans ce qui est une farce à mes yeux. Type que je suis des yeux alors qu’il se relève enfin, visiblement sorti de sa confrontation avec l’Eternel.

Mes larmes ont cessées de couler mais je ne me sens pas spécialement mieux pour autant. Je délaisse le type en transe du regard et glisse une main sur mon visage pour essuyer les dernières gouttes d’eau qui perlent sur mes yeux et pousse un long soupir.

Je croyais être seule mais j’entends des pas, qui semblent se rapprocher de moi et quand je tourne la tête c’est pour constater que Madmax, mon boss, Kings of Speed, se pose à côté de moi sur le banc, sans rien dire. Masquer le choc ? Trop tard, ça ne risque pas d’arriver, mes yeux se sont arrondis et je me suis redressée par réflexe. Le sang bourrine à mes tempes. Quelle chance pour qu’un matin à six heure je croise mon boss, moi qui voulait être seule, méconnue. C’est raté. C’est de la honte qui m’apparaît là, je ne suis pas une fervente religieuse, je ne veux pas avoir l’air d’en être une. Cette partie de moi est tout à fait privée, je la cache et en plus, je pleurais. Double catastrophe. D’un autre côté, je ne m’attendais pas vraiment à ce que lui, en particulier, soit celui que je croiserais ici.

« Alors princesse, qu’est-ce qui t’arrive ? »

Mes yeux sont toujours rivés sur le sol alors qu’un mince sourire se dessine sur le côté de mes lèvres. Je glisse à nouveau une main sur mes joues, rapidement, et remonte finalement mes yeux vers les siens alors que je redresse mes épaules. Je l’observe quelques secondes, puis secoue la tête à la négative, un air désabusé sur le visage.

« Sale journée… et sale nuit aussi. »

Je glisse une main dans mon cou que je sens tiré par les tensions. Il ne fait pas spécialement chaud dans la chapelle non plus, ce qui n’aide pas vraiment. Mes yeux baissés remarquent les nouvelles marques sur ses poings, ses phalanges, irritées. J’interromps un froncement de sourcil avant de remonter mes yeux dans ceux de mon nouvel interlocuteur.

« J’suis pas la seule à ce que je vois ? » J’indique la coloration peu habituelle de ses mains d’un geste du menton. Mon ton est calme, bas, absolument pas sarcastique, je ne suis pas là pour le faire chier. Mais je connais ces marques, je sais ce qu’elles indiquent, je ne suis pas née de la dernière pluie. Je les ai vues sur les poings serrés de mon père, sur les miens aussi, à moindre échelle.

« Tu viens te faire pardonner ou défier le grand manitou ? » Un mince sourire sans vraiment de conviction s’étire sur mes lèvres. Je n’ai pas spécialement l’envie de rire, c’est juste ma manière de parler, de ça, de changer la donne et donner l’impression que ma tête n’est pas si merdique que ça malgré les yeux rouges et la pâleur de mon teint que je visualise parfaitement. Donner dans l’apparence, un peu, servir la Judith serveuse, ne pas paraître trop prise de court. Je suis las de ce masque.  


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MessageSujet: Re: god knows i tried ø max Dim 21 Mai - 22:44

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Elle ne dit rien, mais je vois sa posture changée, elle se redresse et passe une main sur ses joues pour en faire disparaître les dernières traces de ces larmes qu’elle vient de laisser échapper. J’imagine bien que la situation ne doit pas particulièrement la mettre à l’aise et pourtant ca m’empêche pas de rester assis là à attendre une réponse (que ca se trouve, elle ne me donnera même pas), je suis conscient d’envahir un peu son espace vitale la tout de suite, mais je ne sais pas si c’est la curiosité ou une once caché de sympathie qui font que mon cul reste collé sur ce banc pourrie et inconfortable au possible. Je dis rien de plus, je regarde devant moi, appréciant le silence de l’endroit, c’est apaisant, ca pousse à la réflexion, je sais pas comment, ni pourquoi, mais c’est pourtant le cas.

Elle finit par lever la tête pour la secouer à la négative m’indiquant qu’elle avait passé non seulement une sale journée, mais en plus de ca une sale nuit. Je dois avouer que contrairement à d’habitude où j’ai toujours un œil et une oreille partout au club, je suis pas très au fait de comment la soirée d’hier à bien pu se dérouler, parce que j’avais comment dire les mains occupées. J’acquiesce d’un signe de tête avant de jeter un coup d’œil vers elle, ca me fait franchement bizarre, de la voir dans ce genre d’endroit certes disons qu’elle collait moyen à l’image du genre de gonzesse que je peux parfois croiser quand je décide de m’aventurer ici de temps en temps, mais surtout la Judith qui se trouve là ce matin est somme toute très, peut-être trop différente de celle que j’ai eu à côtoyer ces derniers mois. Bye-bye le bruit constant qui sort de sa bouche, cet air triomphant qu’elle trimballe constamment comme si elle était de toute façon dans son élément partout, apparemment partout sauf ici. Je sais pas trop quoi lui répondre sur le coup, ouai moi aussi, j’ai passé une nuit de merde et c’est en partie la raison pour laquelle je suis ici, la petite conversation que j’ai eu avec le prospect m’a un peu fait redescendre d’un étage, alors je dis pas que ca me fait me remettre en question, parce que c’est pas le cas, mais effectivement, je me dit avec un peu de recul que j’y ai peut-être été un peu fort et ca me fait surtout réaliser qu’en ce moment, je sais pas trop dans quelle direction, je vais, je m’emporte, je m’agace plus vite que mon ombre et c’est forcément quelque chose qui finira par me retomber dessus. Le genre de période un peu branlante où rien ne semble vouloir allez dans la bonne direction, ou tout prend un sens tortueux et maussade. Alors je hoche en quelque sorte la tête, en réalité, je la penche sur le côté plus qu’autre chose pour lui signifier que je comprends, enfin en tous les cas, j’imagine parce que je ne sais pas ce qui a bien pu la mettre dans cet état-là.

« J’suis pas la seule à ce que je vois ? »
Je capte son regard qui est posé sur mes mains et je referme machinalement les poings laissant apparaître les marques rougeâtres qui s’y dessinent comme une photo souvenirs de la rencontre de mes phalanges avec le visage de mon petit con de prospect. « Tu viens te faire, pardonner ou défier le grand manitou ? » Je laisse échapper un rire amusé sans vraiment le vouloir, mais il sort de façon automatique. « Ni l’un, ni l’autre princesse, je viens juste profiter de l’air frais et réfléchir à mon mauvais comportement. Je tourne ma tête vers elle et lui adresse un franc sourire, je peux franchement pas m’empêcher de faire le paon, je suis comme ca et c’est pas parce que y a trois types en robes qui traînent dans les parages que je vais faire genre. Il paraît que c’est l’endroit idéal pour faire ca, alors je m’essaye à voir si je peux avoir droit à ces conneries d’absolution ! Rien de mieux pour donner le change que de tout tourner à la plaisanterie. Et toi qu’est-ce qui t’amène dans la maison du seigneur hein ? T’as fait des cochonneries avec un client ? t’as vendu ta couronne au plus offrants ? Je lui adresse un sourire amical, parce que bon, elle fait peine à voir quand même. Non sérieusement, c’est quoi qui te fait pleurer comme ca ? ou peut-être que c’est un qui ? »

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Dernière édition par Maximilian Warham le Sam 10 Juin - 16:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: god knows i tried ø max Ven 26 Mai - 12:01



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J’imagine qu’il y a un millier de manières qui me sont à portée de main pour lui dire que sa présence dans mon espace, actuellement m’est déplaisante. Après tout, je passe ma vie à lui faire comprendre qu’il m’ennuie, je m’amuse assez spécialement à faire tout ce qui le gonfle, c’est facilement visible de voir quand on le soule. Alors je deviens bavarde, plus reloue que ma moyenne habituelle déjà relativement élevée, j’use et abuse du sarcasme. Je ne sais pas pourquoi ça m’amuse autant, au quotidien de le faire chier. J’imagine que je devrais m’abstenir justement parce que c’est mon boss, mais je ne peux pas m’en empêcher.

C’est davantage la honte d’être croisée au sein d’un église qui me tord l’estomac. Ce n’est pas sa présence qui me dérange, mais le lieu de cette rencontre. Aujourd’hui il me voyait avec un short doré ultra court et demain je me taperais la coiffe de nonne.
Je pousse un léger soupir tandis qu’il referme ses poings sur lesquels j’ai les yeux posés. La coloration de ses phalanges, tirant dans les rouges, me donne une idée assez vague du visage de la personne en face (je me doute qu’il s’agit pas d’un sac de mousse dans lequel il a éventuellement cogné), mais j’imagine que ça n’est pas joli à voir. Peut-être finalement que j’aime m’entourer de violence. Peut-être qu’inconsciemment je choisis les milieux davantage enclins à lever les poings. Ça ne me fait pas spécialement sourire.

« Ni l’un, ni l’autre princesse, je viens juste profiter de l’air frais et réfléchir à mon mauvais comportement. » Il m’adresse un sourire plein de fierté, ce qui me fait sourire à mon tour, levant les yeux au ciel, faussement offensée. Réfléchir à son mauvais comportement. Je ne peux que le croire, bien que je n’aie jamais été témoin du spectacle de sa violence, mais je m’en doute. Je ne sous-estime pas l’agressivité qui se cache sous les cuirs des Kings of Speed. Il n’est pas difficile non plus de remarquer la carrure de mon boss, qui en impose, je sais qu’il ne faut pas sous-estimer les personnes de maigres gabarits, mais bon. J’imagine que le tas de muscles qu’il se cultive n’est pas là pour aller faire des concours culturiste en huile et string.

« Il paraît que c’est l’endroit idéal pour faire ca, alors je m’essaye à voir si je peux avoir droit à ces conneries d’absolution !
— Je sais pas si tu vas trouver ton bonheur mais ça vaut le coup d’essayer. »

Conneries d’absolution, c’est surement le terme le plus adéquat quant à mes pensées autour du pardon divin. J’avale pas un quart des stupidités que la Bible nous balance à la tronche comme un dogme infaillible, incontestable. Je me demande souvent comment c’est possible qu’un lot de pensées de milliers d’années tout à fait désuètes arrivent à garder autant de cerveaux dans sa matrice. La religion est un rendez-vous avec soi-même, c’est tout.
Quelle hypocrisie quand on vient se rassurer sur les bancs d’une chapelle n’est-ce pas ?

« Et toi qu’est-ce qui t’amène dans la maison du seigneur hein ? T’as fait des cochonneries avec un client ? t’as vendu ta couronne au plus offrants ?  »

Je me tends imperceptiblement, mon sourire s’évanouit alors que le sien reste dessiné sur ses lèvres dans une expression affable. En l’écoutant j’avais oublié une seconde la pression que je me suis posée sur les épaules. Des cochonneries avec un client, hein. Si tu savais Max, tout ça me coûterait surement mon boulot. Je pousse un soupir.

« Non sérieusement, c’est quoi qui te fait pleurer comme ca ? ou peut-être que c’est un qui ?
— Tu crois vraiment que j’oserais vendre ma couronne ? A moi ? Il faudrait me passer sur le corps pour me l’arracher ! Je me redresse et pousse un soupir à nouveau, stoppe net ma plaisanterie peu convaincue. Tss, je sais même pas pourquoi je cherche à sauver les apparences. » Je secoue la tête à la négative, inutile de plaisanter s’il n’y a pas de conviction derrière, juste un paquet de larmes brouillant la communication entre ma gorge et mes lèvres. Ridicule. Je défais un tour d’écharpe et repose mes mains sur mes jambes, auparavant jointes.

Je relève la tête pour rencontrer son regard, glisse une main dans mon cou, rabat une mèche de cheveux derrière mon oreille. Je suis épuisée je le sens mais je n’ai aucune envie de dormir.

« Je viens là sans vraiment y croire, pour éviter de prendre des décisions stupides et trop hâtives. Je viens pas là en espérant « qu’Il » m’écoute. Je hausse les épaules. C’est des conneries. Mais visiblement ils se sont tous donnés le mot en deux jours, t’as eu l’occasion d’abriter pas mal de cons cette nuit. Peut-être c’était la pleine lune, je sais pas, d’habitude ça se passe bien, mais bon. C’est comme ça. »

Je redirige mon regard vers l’autel un peu plus loin, glisse mes mains jointes entre mes genoux, la fatigue me donne froid.

« J’me suis clairement faite avoir par une relation que j’estimais bien partie. Stupide Judith. La nana d’un de tes potes en cuir s’est crue légitime au moment de m’traiter de pute dans les escaliers d’notre immeuble. Je galère dans cette ville. Mais ça, ça c’est rien, c’est des prétextes pour chouiner, c’est idiot. » Je lève une main comme pour chasser ces débilités, consciente que mes histoires n’ont rien d’intéressant, rien de grave. Pauvre et simple Judith. Je hausse les épaules une nouvelle fois et baisse la tête une seconde.

« On s’en fout. Je relève le visage vers lui. Ma famille se réduit à mes deux frères et je regrette d’être ici au lieu d’être là-bas. Alors je viens ici pour pas dégager de Chicago sur un coup de tête et tout gâcher, tous les efforts mis dans ce bordel. Je ne peux pas retourner… pause, au Texas. Et non pas en Californie. Secrètement j’espérais que notre la maison du vieil Absent m’inspire, j’avais besoin de souffler dans un endroit comme celui-là. »

Je lui adresse un regard du genre, « je sais, c’est tout-à-fait surfait et peut-être même bête, mais que veux-tu, je le suis aussi » et repose mes mains sur mes cuisses, glissant sur le jean qui couvre toute la peau de mes jambes, pour une fois. Après un moment de silence, je baisse à nouveau les yeux sur ses phalanges.

« La correction était méritée ? J’ai déjà vu des marques comme ça, t’as décidé de te la jouer Picasso ? » Petit sourire sur le côté. S’il s’imagine que je suis une simple princesse dépourvue de substance, c’est que ce que je laisse paraître fonctionne. Glisser dans la foule et garder mon anonymat, être banale, c’est ce qui me fait du bien après avoir été victime d’une image distordue. Mais plus la peine de tenter de sauver les apparences, comme exprimé plus tôt. Pour une fois.


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MessageSujet: Re: god knows i tried ø max Dim 11 Juin - 23:11

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J’en demande pas temps en vérité, juste du calme, un moment où je me donne le droit de ne pas être disponible, ni pour le club, ni pour le crash, ni pour personne, juste pour moi. Ca peut paraître un peu exagéré comme ca, je suis pas un putain de ministre, mais il faut jamais sous-estimer un groupe comme les Kings et surtout les exigences de monarque de Caleb. Alors oui l’église ca fait cliché et un chouia extrême, mais c’est pourtant une solution efficace qui a prouvé son efficacité. Après tout qui pourrait me reprocher de pas répondre à mon téléphone si je suis censé être en retraite spirituelle. Judith à l’air d’en avoir bien plus besoin que moi en toute honnêteté, je sais pas ce qui se trame dans sa vie, mais vu la tronche qu’elle tire et l’attitude qu’elle adopte, je suis pas sûre que ce soit très réjouissant. J’essaye de détendre l’atmosphère qui entoure mon questionnement, je suis pas vraiment sûr d’être à ma place e posant la question, non en vérité, je sais que je le suis pas, mais bon la curiosité m’appelle et puis on sait jamais peut-être qu’elle a besoin de parler…avec quelqu’un qui sera en mesure de lui répondre.  «  Tu crois vraiment que j’oserais vendre ma couronne ? A moi ? Il faudrait me passer sur le corps pour me l’arracher ! Les mots sont là certes, mais l’intention n’y est pas tout à fait, je l’ai vu bien plus convaincante et surtout bien plus convaincu de ce qu’elle dit, faut dire que c’est bien compliqué de la faire taire généralement et plus on essaye, plus il faut s’accrocher, c’est le genre bien relou et persévérante par-dessus le marché et si franchement en générale, c’est le genre de gonzesse que je me plais à remettre à leur place en deux temps, trois mouvements, elle, à réussir à obtenir jusqu’ici un passe droit, pourquoi ? je sais pas ! Sans doute parce que dans cette période ou les emmerdes s’empile sans nous laisser de répit, j’ai moins tendance à me prendre la tête avec des choses futiles qui en plus au final sont tout de même plutôt agréable en ce qui la concerne. Tss, je sais même pas pourquoi je cherche à sauver les apparences. » Voilà qui confirme la conclusion à laquelle j’était arrivé tout seul. Bon sauf que pour le coup, je ne sais pas vraiment quoi répondre, ca à l’air plutôt sérieux et le côté plaisantin n’a pas vraiment l’air de fonctionner. Heureusement, je n’ai pas vraiment loisir de chercher à meubler puisqu’elle s’étend dans ses propres explications sans que je n’aie besoin de dire quoi que ce soit. Au final, on est pas là pour des raisons bien différentes, quelle était la probabilité qu’on se retrouve là tous les deux et qu’aucun d’entre nous ne soit vraiment croyant ? C’est presque drôle au final, presque risible aussi.

Je hausse les épaules, je sais pas trop si elle attend de moi que je dise quelque chose par rapport aux clients, parce que je compte pas m’excuser, faut pas non plus abuser et ouai y a des soirs qui sont plus durs que d’autres, c’est la même chose dans tous les boulots, faut pas croire que parce que nos clients sont souvent alcoolisé et que l’image d’un club de strip est pas le truc le plus reluisant du monde, c’est pour autant la croix et la bannière, en toute franchise, je suis quasiment sûre que mes employés sont quand même loin d’être les plus à plaindre, m’enfin ca ne reste que mon opinion et elle peut pour sûr être considéré comme arbitraire et puis merde de toute façon moi aussi j’ai passé une nuit à chier, mais c’est comme ca ! « Y a des jours comme ca ! l’avantage, c’est que la clientèle change tous les soirs ! » C’est tout ce que peux dire, j’ai pas envie de blablater dans la maison du seigneur, j’ai pas envie que ca me porte la poisse ou des conneries de ce genre. La petite blonde après un temps de latence finalement relativement court finit par me faire ce qu’on pourrait sans doute qualifier de confidences ? C’est pas trop dans mes habitudes de jouer les épaules réconfortantes, mais apparemment mon clair manque d’expérience n’a pas l’air de l’arrêter et à elle de m’expliquer que non seulement, elle s’est fait plaquer ou un truc dans ce goût-là, mais qu’en plus, elle s’est fait alpaguer et insulter par une old lady, ca aiguise sans aucun doute ma curiosité, je doit l’avouer, elles ne sont pas nombreuses de toute façon, mais mon pari initial ce porterait sans doute sur la femme de James, elle a pas l’air comme ca, mais je l’ai déjà vu plus d’une fois montrer les crocs et c’était un sacré spectacles, bon okay c’était y a longtemps, mais bon avec son mec fraîchement sortie de cabane, y a avait rien de très surprenant à ce qu’elle monte sur ses grands chevaux. « Allez princesse, faut pas te laisser allez, des connards c’est pas ca qui manque en ville, passe au suivant, ca devrait pas être trop difficile pour toi d’en trouver un autre ! Je lui adresse un clin d’œil amical et encourageant, elle est loin d’être vilaine, je m’inquiète pas vraiment pour elle. Et c’est qui, qui t’as sauter à la gorge dis moi ? Je retiens plutôt mal le petit sourire qui point sur mes lèvres, pas que je me foute de sa gueule, mais les nanas qui se crêpent le chignon ca m’a toujours fait marrer. Je lui donne un petit coup d’épaule dans un geste contrôlé. C’est le début ma jolie ca va venir, faut prendre ton mal en patience. » En tous les cas j’imagine, je sais pas trop ce que c’est que de débarquer dans une ville inconnue, mais je suis plutôt du genre à penser qu’avec un peu de volonté, on arrive à tout, j’en suis après tout la preuve vivante, peu importe le jugement qu’on pourrait porter à ce que je perçois comme ma réussite.

Elle a pas nécessairement envie de s’étendre et loin de moi l’idée d’insister, après tout c’était pas a moi qu’elle avait dans l’idée de confier ses malheurs. Ma serveuse mentionne sa famille qui visiblement lui manque et qu’elle a clairement envie de rejoindre même si elle ne le peut pas d’après ce que je comprend, pourquoi par contre, je saurait pas le dire. « C’est une façon détournée de me demander des congés pour aller voir ta famille ? » Je lui adresse un clin d’œil, au final en tous les cas ca me fait l’espace d’un instant oublier les miens de problème, enfin jusqu'à ce qu’elle reporte finalement la conversation sur moi, fallait bien que ca arrive. Mon regard se reporte sur mes mains une fois de plus, mérité ? ca c’est un euphémisme, bon peut-être pas avec autant de force que j’ai pu en mettre sur le visage de Kurtis, mais ca a eu le mérite de faire naitre une conversation un tant soit peu productive, enfin, j’espère qu’elle l’était. « C’est toujours mérité. Disons que parfois parler ca suffit pas, ou que c’est pas la meilleure façon de faire avancer le truc…je pousse un soupir et détends mes doigts avant de me tourner vers elle, un sourire un peu contrit sur la tronche. Je suis content de voir que tu sais reconnaître un travail de qualité.je souris un peu plus franchement cette fois. Nan en vrai mérité ca l’était, après je me suis peu être laissé emporté… » Je pousse un soupir, ouai je suis pas connu pour être modéré.


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MessageSujet: Re: god knows i tried ø max Dim 16 Juil - 14:50



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Il essaie, à sa manière, de faire naître un sourire sur mes lèvres et quelque part il y arrive, c’est vrai. Ce type est particulier, c’est pas la première fois que je me fais la réflexion. Il a une manière de faire, de dire, bien à lui, qui oscille entre des contraires de façon permanente. À sa manière il déconstruit d’un côté le mythe du biker dessiné d’un trait violent par les scénaristes hollywoodiens, de l’autre il le renforce, le concrétise. En tout cas je me surprends à me dire que là, tout de suite, c’est pas mon boss, pas un membre d’un culte motorisé mais juste un mec sympa qui m’écoute et qui me dis pas de la boucler. Il aurait pu, j’ai enchainé, sans vraiment savoir pourquoi je me laisse aller de cette manière mais alors que je termine mon récit et lui repose une question, je n’ai pas vraiment de regrets quant à l’idée de lui avoir raconté ma petite vie de serveuse. Dans l’immédiat ça ne résous pas mon problème, mais finalement ça soulage plus que de causer à une force immatérielle et surement inexistante à ce stade.

C’est agréable de ne plus avoir la force de garder mon masque, de laisser retomber les épaules. Bien sur le mensonge de ma vie préfabriquée tiens toujours, peu importe les barrières tombées ou non, mais j’ai moins l’impression de jouer un rôle, qui me sied certes, mais quand même.
« C’est toujours mérité. Disons que parfois parler ca suffit pas, ou que c’est pas la meilleure façon de faire avancer le truc… » Il pousse un soupir et se tourne vers moi. Je pose mon regard dans le sien et il reprend la parole. « Je suis content de voir que tu sais reconnaître un travail de qualité. » Cette fois-ci il y arrive, un léger rire passe la barrière jusque-là hermétique à l’humour et je secoue la tête à la négative. Pour sur que je sais reconnaître un bon tabassage en règle. Ça ne me fait même pas mal de me dire ça, c’est un fait.  « Nan en vrai mérité ca l’était, après je me suis peu être laissé emporté…
— Parfois j’imagine que c’est ce qu’il faut pour remettre les pendules à l’heure. » Je hausse les épaules, je ne porte pas de jugement sur ses manières de réagir, chacun gère. Tant qu’il tape pas sur sa femme/copine/amante/que sais-je ou son gosse, il est assez grand pour régler ses problèmes, son entourage également. Je doute qu’une morale sur l’abus de violence serait bien malvenu de ma part, de toutes façons c’est pas comme si j’avais envie de lui en faire une. « J’espère quand même que ça va s’arrange ton truc, si c’est pas déjà le cas. Puis ce serait con de blesser à nouveau tes jolies mains d’couturière. » Je lui adresse un sourire malin. « Ça c’est pour le petit sourire que t’as à peine réprimé quand j’t’ai dis qu’une grognasse a voulu m’arracher la tête. » À mon tour de lui filer un coup d’épaule, nettement moins imposant que le sien, nécessairement, je me trimballe pas une carrure d’ours mais d’aiguille, plutôt.

« La grognasse en question étant la charmante femme Manning. Je savais qu’t’étais un type à potins en fait, celle-là c’est cadeau. Je sortais d’chez moi et elle m’a sauté dessus, me menaçant à grands renforts d’insulte qu’elle allait m’refaire le portrait si je retournais faire des ronds de jambe devant James — ce que je n’ai pas fais, je tiens à le préciser. Mon récit est accompagné d’un sourire et se ponctue sur un rire étonnant mais sincère qui s’échappe de mes lèvres alors que je secoue la tête, réellement amusée. C’est mignon. » J’hausse les sourcils pour lui laisser comprendre clairement ce que j’en pense. Si ça m’a soulé, très certainement, c’est loin de me faire peur. Je suis clairement d’un peu meilleure humeur qu’à mon arrivée puisque ça arrive à me faire rire encore une fois alors que je repense à la scène que Madame Manning m’a faite. Je glisse une main sur ma joue et pousse un soupir. Elle est pas la première à me menacer, loin de là, si au début ça m’effrayait, maintenant je sais que je suis capable d’endurer ce genre de scènes ridicules sans retourner pleurer dans les jupes de ma mère.

« Et non, rassures-toi, pas de congés. Je lui adresse un sourire pincé, même si je le voulais je ne pourrais pas. Le club tomberait en ruines si je partais, j’sais bien. » L’expression de mon visage est un peu plus franche cette fois, plus amusée. Il est plus facile de se faire passer pour plus important qu’on ne l’est. Je pousse un soupir, replace mes mains jointes entre mes cuisses. Il fait pas forcément bien chaud ici. « J’sais pas toi, mais moi, un café me ferait le plus grand bien. »


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MessageSujet: Re: god knows i tried ø max Lun 31 Juil - 5:31

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« Parfois j’imagine que c’est ce qu’il faut pour remettre les pendules à l’heure. »

C’est le moins que l’on puisse dire et au final force était de constater que ca avait fonctionné enfin, je crois, en tout cas le prospect était repartie avec les idées remises en places et son cuir, ce qui était déjà sans doute un pas. Je ne serais sûr de l’efficacité de mon dérapage pas si contrôlé que ca que plus tard dans la journée, je serais plutôt vite fixé en réalité, soit je me ramène au club et sa gueule de travers y est soit ce n’est pas le cas et là, là, on aura un sérieux problème dont je ne serait plus vraiment responsable…J’espère vraiment que le gamin prendra la bonne décision, celle qui est à mon sens la plus logique, mais avec lui autant dire que je ne suis persuadé de rien. Je hausse les épaules et pousse un soupir pour signifier mon accord, ce qui était fait était fait de toute façon, il n’y avait pas de retour en arrière et honnêtement même avec le mince recul à ma disposition aujourd’hui, je doutais forcement d’agir différemment si il m’était permis de revenir en arrière. Judith continue de rebondir sur ce que je viens de lui dire sans vraiment de retenu, ce que je peux comprendre, elle n’a elle-même pas vraiment l’air dans son assiette et prend sûrement ce récit comme une façon facile de se soustraire à ses propres pensées et ca a l’air de fonctionner dans la mesure ou le sourire semble lui revenir, tout comme son humour tout à fait personnel et particulier. Je secoue la tête à la négative avec un sourire en coin mes mains de couturière ? je lui en foutrais moi ! Je ne réponds pas de suite dans la mesure où ce n’est qu’un prêté pour un rendu, je reconnais là que la défense est plutôt avisé et juste alors je lui laisse gagner cette manche. Je ne peux pas dire que ce genre d’attitude me déplaise plus que ca, elle m’agace il n’y a là-dessus aucun doute et cela quasiment quatre-vingts pourcents du temps, mais en même temps je sais pas elle m’amuse et autant dire que c’est pas donné à tout le monde. « T’inquiètes pas pour mes mains va, elles sont toujours aussi fonctionnelles, elles en ont vu d’autres ! Quant à la situation, je dirais que ca ne dépend plus vraiment de moi maintenant. » Pas que je m’en lave les mains parce que clairement, si Hawkins décide de mettre les voiles, je risque d’en entendre parler pendant des lustres, surtout au vu de ma relation tendu avec Caleb dernièrement.

« La grognasse en question étant la charmante femme Manning. Je savais qu’t’étais un type à potins en fait, celle-là c’est cadeau. Je sortais d’chez moi et elle m’a sauté dessus, me menaçant à grands renforts d’insulte qu’elle allait m’refaire le portrait si je retournais faire des ronds de jambe devant James — ce que je n’ai pas fais, je tiens à le préciser. C’est mignon. »

Natalia…Autant dire que ca ne m’étonne pas plus que ca, elle a pas vraiment l’air sous ses airs charmants et délicats, mais c’est pas le genre ni à fermer sa bouche, ni à se laisser faire et dieu sait qu’en quoi ? Huit ans, j’ai eu l’occasion de la voir à l’œuvre et c’est qu’elle grogne sévère la petite. J’imagine sans mal la scène et très franchement ca me fait carrément marrer de me dresser le portait en mode son et lumière de ces deux-là en train de se bouffer la gueule sans retenue. Je lui jette un coup d’œil avec un sourire clairement moqueur au coin des lèvres et hoche la tête amusée. « Tu sais, tu devrais te méfier, Natalia à pas l’air comme ca, mais elle rigole pas, en même après tout ce qui s’est passé…je m’arrête net, me rappelant soudainement que d’une, ce n’est pas de notoriété publique et de deux que clairement ca n’est pas à moi de blablater sur la vie privée et pas forcement reluisante de mon frangin et de sa femme. Bref juste je s’rait toi, je la prendrai un minimum au sérieux, même si tu crois que tu tournais pas autour de James. » Je lève un sourcil et la regarde avec un brin de provocation, si elle croit que j’ai pas remarqué qu’elle s’entendait relativement bien avec Manning elle à la mémoire courte, parce que je mets un point d’honneur à avoir l’œil partout au Crash et ca tout le monde le sait. J’anticipe clairement l’air renfrogné qui se peint sur sa tronche. « Quoi ? Juste un ami c’est ca ? » Cette fois, je laisse échapper un rire bien plus franc, il serait peut-être temps qu’elle comprenne qu’elle a pas le monopole quand il s’agit d’emmerder l’autre.

« Le club tomberait en ruines si je partais, j’sais bien. » Ba voyons ! Y en a qui ont les chevilles particulièrement gonflées ce matin, c’est peut-être pour ca qu’elle pleure sur le banc d’un église d’ailleurs, s’il-vous plait petit jésus laissez moi retrouvez l’usage de mes jambes. Tant que c’est pas pour danser autour d’une barre moi, j’ai envie de dire que le bon dieu perdrait pas grand chose à l’exaucer m’enfin bon ! « Ca va ? On dirait que tu perds pas le nord toi ! Tu veux pas non plus que jt’augmente juste parce que tu daignes pointer ton minois au boulot tous les jours ? Je laisse échapper un gloussement laissant transparaître le non-sérieux de mes propos. Parce que je suis navré de te dire que ca va pas être possible, tu me coûtes encore bien trop cher en verres cassés madame la maline ! Par contre je suis tout à fait disposé à t’offrir le café dans ma très grande générosité, me remercie pas c’est cadeau ! » Je pose mes mains sur le banc devant moi et m’y appuie pour me relever et rejoindre l’allée principale.

***

La serveuse me suit jusqu’au café qui ne se situe qu’a deux pas de l’église, c’est pas le luxe, ca paye pas de mine, mais je sais que leur café est bon, pas autant que leur petit-déjeuner certes, mais il fait parfaitement l’affaire. Je le sais parce que j’y ai mes habitudes, à dire vrai, à chaque fois que je suis venue ici mon petit tour spirituelle se terminait toujours ici, l’avantage de s’y pointer aux aurores faut croire. À peine la cloche accrochée à la porte d’entrée ne se fait-elle entendre qu’une serveuse s’approche tout sourire, l’endroit est loin d’être remplis et elle se montre donc plutôt réactive. « Salut Max, ca fait un bail dis-donc ! » J’hausse les épaules et déplace mes mains vers l’avant, paume vers le ciel. « Que veux-tu je suis débordé comme d’habitude ! » La gonzesse adresse un sourire à Judith et nous invite à nous installer, ce que nous nous empressons de faire avant qu’elle ne revienne prendre nos commandes. « Ca a pas l’air comme ca, mais leur petit déj sont vraiment pas mal ! »

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MessageSujet: Re: god knows i tried ø max Mer 9 Aoû - 21:17



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« Bref juste je s’rait toi, je la prendrai un minimum au sérieux, même si tu crois que tu tournais pas autour de James.
— oh je la sous estime pas au contraire, mais elle devrait pas le faire non plus. Elle est pas la seule à pas rigoler. » Il m’observe avec cette provocation dans le regard et comme chaque fois ça fonctionne. Même si je sais que c’est le moyen le plus simple pour me faire réagir, et que je voudrais faire autrement, c’est au-dessus de mes forces. C’est tout bonnement impossible de passer au-dessus de ça ! Néanmoins en deux phrases il a réussi à : 1) piquer ma curiosité 2) me faire tirer une gueule de trois mètres de long (ce qui doit me réussir en vue de ma tronche pré-conversation déjà pas bien vaillante) et 3) déjà dis, bien provoqué, bonne réaction. En tout cas, je suis quand même sérieuse dans le fond. Je ne lui sortirais pas mon passif de jolie prisonnière et ça ne ressemble pas à un téléfilm sexy, au contraire. La petite chose réservée et tranquille qui s'est retrouvée en prison a définitivement disparue derrière les barreaux. Derrière les diffamations journalistiques, derrière les questions assassines des avocats. Je n'ai pas peur d'elle, je n'oublie pas pour autant de ne pas me fier aux apparences. Souvent les plus menues peuvent être les plus tordues, les plus hargneuses. Je ne compte pas pour autant faire profil bas, j'estime avoir répliqué dans mon bon droit.

« Quoi ? Juste un ami c’est ca ?
— Figures-toi qu’oui. » Il ricane et je hausse les sourcils, il est totalement inutile de lui répondre mais je ne peux pas m’en empêcher à nouveau. Je passe donc rapidement à autre chose, emploie l’humour également de mon côté, cette fois-ci de manière un peu plus sincère qui prouve que finalement ça va un peu mieux de mon côté. « Ca va ? On dirait que tu perds pas le nord toi ! Tu veux pas non plus que jt’augmente juste parce que tu daignes pointer ton minois au boulot tous les jours ?
— Écoute, maintenant qu't’en parles…
— Parce que je suis navré de te dire que ca va pas être possible, tu me coûtes encore bien trop cher en verres cassés madame la maline ! Par contre je suis tout à fait disposé à t’offrir le café dans ma très grande générosité, me remercie pas c’est cadeau ! » Mon sourire s’étire alors qu’il se lève et rejoint l’allée principale. Je me lève également à quelques secondes d’écart, beaucoup plus dynamique qu’à mon arrivée.

ø

« Salut Max, ca fait un bail dis-donc ! »

Je note silencieusement qu’il a l’air d’être un habitué des lieux ici, est-ce que de ce fait je dois en déduire la même chose de l’église juste en face ? Je l’ai laissé prendre la main car il connaît certainement mieux le coin que moi et on a finalement fait quelques mètres seulement avant d’entrer dans un coffee shop qui de prime abord ne paie pas de mine. Mais je ne me fie pas à la devanture après tout s’il vient ici c’est pas juste pour observer la route depuis l’intérieur. « Que veux-tu je suis débordé comme d’habitude ! » Je feins l’exaspération en levant très haut les yeux au ciel puis termine sur un sourire amusé, en retour à celui que m’adresse la serveuse, puis suis mon boss par automatisme afin de nous poser à une table.

« Ca a pas l’air comme ca, mais leur petit déj sont vraiment pas mal !
— C’est ce qu’on va voir ! »

Je récupère la carte d’un geste et bien qu’elle ne s’étende pas sur douze mille pages (nan pas du tout d’abus) il y a bien assez pour combler mon estomac qui pour l’instant ne crie pas famine, jusque-là trop noué, mais qui ne dirait pas non à un petit supplément avec son café. 1 ou 2 pancakes peut-être, la base d’un petit-déjeuner parfait.

« Hmmm… Tu sais quoi je prendrais ce que tu prendras. En moitié moins, j’ai beaucoup moins de « muscles », je mime les guillemets dans le vide pour l’emmerder, je sous-entends la présence de gras, j’ai bien saisi du regard qu’il n’y’avait rien de cela, à nourrir. »

Je lui souris tranquillement, repose la carte, tandis que la serveuse revient à laquelle j’adresse simplement ma demande en terme de café. Long, noir, un demi-sucre à peine. Corsé. Max prend le relai et la nana note nos demandes puis s’éloigne en adressant un large sourire à mon boss. Je m’approche de lui et murmure distinctement « Tu voulais me présenter ta petite copine en fait c’est ça ? ». Je lui souris aussi, me redresse et attend quelques secondes avant qu’une idée me traverse l’esprit. Je fais tapoter mes ongles à l’allure régulière sur le bois de la table et réfléchis quelques instants. Je sais pas si je suis vraiment à même de lui poser les questions que j’ai depuis le début de notre mémorable rencontre. Après je me dis aussi qu’il est assez grand et cash pour me dire si ça le fait de me répondre.

« J’me demandais… Pause, je me redresse, défais la première couche de mes fringues, il fait nettement plus chaud que dans l’église. Je repensais à Natalia tout ça, votre monde si j’peux dire ça comme ça, c’est vrai c’est particulier… Comment t’en es venu là ? Je veux dire tu t’es réveillé un matin tu t’es dis que tu ferais parti d’un club, que tu gèrerais une boite de strip ? »

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MessageSujet: Re: god knows i tried ø max Ven 11 Aoû - 6:04

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C’est qu’elle ne se démonte pas la petite, j’hésite entre me dire qu’elle du cran ou estimé qu’elle est juste inconsciente, parce que concrètement tort ou raison on ne s’attaque pas à une Old lady sans en payer les conséquences. J’imagine que de toute façon c’est pas mon avis qui va changer la face du monde et que même si je tâchais de la mettre en garde de façon plus poussé elle n'en écouterait rien du tout, du coup je me contente de sourire avec un air moqueur. Les gonzesses et leurs histoires de toute façon… Je préfère au final m’en tirer comme ça, parce que j’ai pas envie de me mêler de leurs histoires de merde qui me regarde pas plus qu’elles ne m’intéressent, ceci dit je manquerais pas d’en toucher un ou deux mots à James, qui je l’imagine à dû s’en prendre plein la gueule par sa femme si elle en est arrivée là avec Judith et franchement une occasion pareille de faire chier le petit Jimmy ça ne se manque pas, je dirais même que ça se savoure.

Il ne me faut pas moins de quinze minutes en tout et pour tout pour passer de la froideur et du silence de l’église à la chaleur et l’animation de ce petit café et au final je me dis que le second sera certainement nettement plus efficace sur moi aujourd’hui. Ça arrive, la maison du seigneur n’est pas toujours la réponse à tout. Évidemment c’est pas la première fois que je viens ici et oui effectivement j’ai déjà croisé plus d’une fois les nanas qui y bossent et celle qui nous accueille me fait du gringue depuis des semaines et ça se voit, ça me fait rire parce que je sais déjà que l’autre princesse va pas se gêner pour y allez de sa petite remarque, On finit par s’asseoir et je lui tends une carte en lui assurant que leur cuisine valait quand même le détour. Elle se penche sur son étude pendant que je regarde vaguement un côté, puis l’autre, au final de toute façon je prends toujours la même chose, c’est qu’il paraît que c’est le repas le plus important de la journée et puis bon je sais qu’il y a de grande chance que je fasse un saut à la salle d’ici quelques heures comme d’habitude et je risque pas d’y être très performant si je bouffe pas. « Hum… Tu sais quoi je prendrais ce que tu prendras. Je lève un sourcil surpris, ce que je prendrais rentrerait probablement même pas dans son estomac de moineau. Je lui adresse un sourire, ouai bon je me fous un peu de sa gueule, mais gentiment ça va ! En moitié moins, j’ai beaucoup moins de « muscles »  à nourrir. » Ouai ba voyons ! « Alors pour commencer princesse, j’ai probablement moins de gras sur tout ça…j’agite mes mains devant moi pour lui désigner ce bod de l’enfer, après tout c’est pas comme si je me faisais pas chier pour l’avoir, ça me donne le droit de me vanter et puis notre jolie serveuse. (celle du bar pas Judith quoique tmtc) que toi sur ton joli petit cul et quand bien même je pense pas qu’on soit en mesure de bouffer les mêmes quantités, j’aurai peut-être dû t’emmener dans un truc qui sert des graines ou de la salade. » Oui bon ça va je rigole…littéralement ! Impossible qu’elle le prenne mal ça se voit que je déconne. C’est à ce moment que notre serveuse repointe son joli minois, Judith exécute sa commande (de meuf reloue avec ses demi-trucs) et je poursuis en commandant un café noir et le full mega breakfast de l’enfer des champions où quel que soit son nom. «  Tu lui fais une version pour enfants de ce que je prends si ça t’ennuie pas . » La jeune femme se met à rire et hoche la tête. « Je vais voir ce que je peux faire ! » lui lance-t-elle avant de s’en retourner vers les cuisines.

« Tu voulais me présenter ta petite copine en fait c’est ça ? ».
Ahah nous y voilà ! À quinze kilomètres je l’avais vu venir je vous dis ! Je me penche à mon tour au-dessus de la table pour lui répondre. « Bingo boucle d’or, parce qu’on sait tous que sans ton avis je ne suis rien ! Du coup tu me donnes ta bénédiction ou bien . »

L’échange se poursuit un instant, comme d’habitude en mode jeu, set et match avant que le sujet sans véritable raison évidente ne change de cap pour se rabattre sur moi. « J’me demandais… Je repensais à Natalia tout ça, votre monde si j’peux dire ça comme ça, c’est vrai c’est particulier… Comment t’en es venu là ? Je veux dire tu t’es réveillé un matin tu t’es dis que tu ferais parti d’un club, que tu gèrerais une boite de strip ? » Ok donc en vrai ça sort de nul part ca… Bon après ce n’est pas comme si j’avais quoi que ce soit à cacher enfin si des centaines de trucs mais certainement pas ce qui apparemment vient lui tarauder l’esprit. « T’as tout compris ! Je me suis dit tient aujourd’hui je vais faire ça. Je mets à rire, en vrai je suis pas du genre à être méga à l’aise quand il s’agit de raconter ma vie, mais bon je m’attendais à quoi en la ramenant boire le café aussi ? Putain j’espère qu’elle s’imagine pas que c’est genre une date ou un truc comme ça, peut-être que je ferais mieux de le placer à un moment donné, on sait jamais ! La dernière chose dont j’ai besoin c’est d’une employé qui s’imagine qu’elle a un ticket.  Nan en vrai, disons que le club c’est un concours de circonstances, j’étais un gamin du système, peut-être un peu, je laisse échapper un sourire amusé, qui est en fait plus dirigé à mon encontre qu’a la sienne. Non clairement trop zélé et j’ai voulu me faire du fric en vendant des infos à ces types, au final ça a payé plus que je le pensais puisque je suis devenu prospect! Pour te la faire court quoi ! Puis après j'ai fait mon trou au fil des années au sein des gars, j’ai fait en sorte de me placer où il fallait et dans les bonnes grâces du prez et il m’a confié le Crash, ouai parce que ce club existait bien avant moi, c’est un meuble dans Chicago ! Bon il avait pas autant de classe ça va sans dire et surtout il était beaucoup moins rentable ! » Nos commandes arrivent et la serveuse me lance de grands sourires, mais je n’y prête pas vraiment attention cette fois. « Et toi c’est quoi ton histoire blondie . Tu faisais quoi au Texas à part perfectionner tes talents de danseuse ? et comment t’es arrivée ici ? »


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MessageSujet: Re: god knows i tried ø max Ven 11 Aoû - 12:23



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J’affiche un air outré alors qu’il mentionne le gras qui d’ailleurs n’est pas là sur mon joli fessier (soyons honnêtes un peu avec soi-même, je me vois tous les jours, je sais où il y a du gras et là où il n’y en a pas), je sais qu’il plaisante et heureusement pour lui d’ailleurs, du coup je joue la comédie. J’ai peut-être un petit gabarit mais j’ai fourchette et couteau à dispo, on rigole pas avec le corps de cette demoiselle ici présente. La conversation est dans un premier temps beaucoup plus fun qu’à l’église et je rentre assez facilement dans son jeu, affiche un air blasé quand il cause de salade (not my kind of food) puis mime à nouveau l’air outré alors qu’il me commande clairement un happy meal à la serveuse qui craque complètement pour mon boss. J’ai beau le faire chier ce type est clairement un aimant à nanas, de toutes sortes. Je suis sure qu’il pourrait aussi bien se taper la demoiselle en détresse comme la bonne vieille matriarche du North Side bien campée dans son cabinet d’avocate, s’il le voulait. En parlant d’avocate matriarche faudrait peut-être que je lui pose une ou deux questions sur celle qui traîne toujours au club, avec son gamin également KOS, Callum pour lui, je ne sais plus pour elle. Histoire que je fasse pas de bourde, je vois bien déjà comment elle me regarde quand elle daigne poser un regard sur moi et c’est pas brillant.

Lorsqu’il se penche pour me demander ma bénédiction sur sa petite amie, je lui adresse une moue pas complètement certaine et agite la main pour signifier que je suis moyen d’accord. Après tout je la connais pas encore assez pour savoir si elle lui convient ! Et comme c’est tout à fait de mon ressort, voilà.

S’ensuit mes questions autour du club. Je veux pas jouer ma curieuse plus que de raisons, ça m’intéresse de le connaître un peu plus c’est sur, pour quelle raison précise j’en ai pas spécialement autre que c’est mon boss et que malgré ma facilité à l’emmerder dès qu’il pose un pied hors de son bureau, je l’apprécie. C’est généralement à lui que je pose des questions quand il s’agit du MC, duquel je ne me mêle pas plus que ça mais je ne peux nier qu’ils sont là souvent au Crash et que si j’apparais comme si j’en avais rien à péter, y’a une partie de moi qui veut se la jouer safe et pas trop faire de gaffe quoi, simplement savoir comment ça fonctionne dans son établissement. Mais aujourd’hui ça tourne un peu plus autour de lui précisément et pas seulement de manière globale autour des Kings. J’étais pas sure qu’il allait me répondre après tout je suis la première à vouloir éviter de parler de moi et de mes vraies raisons, je ne lui en voudrais pas. Mais finalement, même s’il commence par plaisanter, il enchaîne rapidement sur la vérité qui se cache derrière son sourire malin. Enfant du système, alors. Il place ça comme ça, sans plus d’explications, ce que je n’attends pas, puis enchaine sur les kings, son envie de se faire du fric et comment il a réussi à grimper dans leur hiérarchie particulière pour se placer au bon endroit et récupérer la tête du Crash. C’est simple, court et concis, et ça paraît facile dis comme ça mais j’imagine que ça ne s’est pas fait en deux jours et que son chemin s’est rapidement retrouvé plein d’embûches. Son monde n’est pas tendre, je n’arrive pas à m’imaginer à quel point mais je me doute que ça n’est pas pour les bons petits samaritains pacifistes. J’acquiesce donc, imprime ce qu’il me raconte et c’est à ce moment-là que la serveuse arrive pour nous délivrer nos commandes, à renforts de grands sourires. Je rigolerais bien très fort mais me contente de lui sourire gentiment en retour. La pauvre, j’espère qu’elle s’imagine pas qu’on est en rencard ou sortie de rencard vu l’heure quoi. Peut-être qu’elle se rend pas compte de la largeur de son sourire et tant mieux pour elle j’ai envie de dire, parce que si c’était effectivement un rencard et que la nana a ma place était un poil trop jalouse (hello Manning) je parierais mon petit-déj qu’elle se prendrait l’assiette dans la gueule. Ça me fait rire, d’autant plus que Max semble pas vraiment lui apporter l’attention dont elle crève surement d’envie.

« Et toi c’est quoi ton histoire blondie . Tu faisais quoi au Texas à part perfectionner tes talents de danseuse ? et comment t’es arrivée ici ?
— Moi j’ai une autre question, c’est ça ta technique pour choper des nanas ? Ignorer les grands sourires et les battements d’cils ? » Je pose mes deux mains sous mon menton et penche la tête sur le côté dans un sourire. « Si vous avez besoin d’un petit temps tous les deux je peux tout à fait m’éclipser, de toutes façons que t’aies ma bénédiction ou pas tu m’attendras pas ! Ingrat ! » Je lui souris puis récupère mes couverts d’une main, ma tasse de l’autre et boit quelques gorgées de ce doux breuvage. Le café c’est sacré. Et ma technique tout à fait inutile pour gagner du temps l’est tout autant.

« Mon histoire est nettement moins « fun » et palpitante. Née là-bas, enfance là-bas, j’ai un frère jumeau et un plus petit, ma mère est morte quand j’étais jeune. J’faisais des études d’art et de musique, oui oui, c’est ça mon vrai talent et pas la danse, remballe ton petit sourire, mais mon père est mort lui aussi, je ne peux pas le regarder dans les yeux pour cette petite anecdote, c’est plus fort que moi. Alors j’ai du quitter l’école pour que mon frère puisse y aller et j’ai commencé un petit boulot dans une librairie, ça nécessitait pas de diplôme ça. Je ricane. Ça a duré un certain temps. Cinq exactement. Puis j’ai décidé que je voulais changer de vie, et me voilà. Tu connais la suite : brillante carrière d’serveuse au Crashdown. » Je suis consciente du peu de consistance de mon histoire mais je vois pas trop comment bobarder autrement. Parfois, j’aimerais juste pouvoir dire la vérité à quelqu’un qui sache garder un secret mais personne encore n’a su me prouver que je pouvais faire acte d’une confiance aveugle. Je sais que les regards changent face à de telles histoires, maudites. « Et j’suis arrivée en avion si tu veux tout savoir. » Je sais ce qu’il me demandait par « comment », mais bref. Dite comme ça mon histoire donne l’impression que je ne suis qu’une fille paumée, débarquée ici sur un coup de tête pour poursuivre une carrière jamais entamée de musicienne qui se retrouve dans un strip-club. Pas de diplôme en poche, naïve, inconsciente, stupide. Peu importe ce qu’ils se disent de moi suite à mes histoires, ce sera toujours mieux que la vérité, bien que parfois je regrette de ne pouvoir en assumer le regard.

« Mon tour : c’est qui la nana, brune, taille moyenne, toujours bien sapée qui débarque au club souvent ? Ses regards assassins me donnent envie d'pas faire de boulette. Les seuls mots qu’elle m’a adressées sont : « whisky », « Max ? » pour savoir où t’étais et « tiens-toi droite ». »


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MessageSujet: Re: god knows i tried ø max Dim 13 Aoû - 7:04

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Bien évidemment elle a encore une question, elle a toujours des questions ou des remarques ou des trucs absolument pas pertinents à dire, c’est au choix la plupart du temps. Je lève mon nez de ma tasse de café et la repose devant moi, plantant mon regard dans le sien attentif. [color:9c6f=##996666]« c’est ça ta technique pour choper des nanas ? Ignorer les grands sourires et les battements d’cils ? » Je ne peux retenir une exclamation amusée avant de jeter machinalement un coup d'œil vers la serveuse du restaurant qui s'affaire au comptoir pour revenir à Judith qui joue la maligne évidemment. « Si vous avez besoin d’un petit temps tous les deux je peux tout à fait m’éclipser, de toutes façons que t’aies ma bénédiction ou pas tu m’attendras pas ! Ingrat ! » Je me marre de nouveau avant de fourrer un toast dans ma bouche. Je laisse le morceau de pain retombé grossièrement dans mon assiette avant de lui répondre. « Tu veux pas manger au lieu de dire des conneries ? Tu veux quoi que je la saute sur la table peut-être ? Je pensais pas que t'avais aussi faim que ça princesse. Je me fous de sa gueule ouvertement, mais je sais qu'elle aime bien ça, elle aura beau dire ce qu'elle veut ça se voit. J'aime bien cet endroit, j'ai pas envie de devoir l'éviter à cause d'une gonzesse trop collante si tu vois ce que je veux dire ! Je ravale une gorgée de café et me ré-avance un peu au-dessus de la table pour la fixer. Crois pas que tu vas réussir à me distraire suffisamment pour pas répondre Judith ! Je me recule et reprend ma place initiale, appuyant mon menton sur mon poing. Je t'écoute » Elle se lance finalement et ça commence en me tirant un sourire, « fun » est pas forcément le mot que j'utiliserai pour décrire mon parcours, ce serait même plutôt le contraire, parce que putain j'en ai chier, mais bon ca, elle en sait rien, c'est pas avec la version tout public que je lui ai sortie qu'elle va aller bien loin ! C'est presque trop édulcoré sans la partie foyer, délinquance, prospectorat et tout le tintouin, bref revenons en à notre reine des podiums qui a donc deux frangins dont un frère jumeau, mais ça elle me l'avait dit quelques dizains de minutes plus tôt donc ca ne compte pas. Des études d'arts et de musique, j'écarquille les yeux un peu surpris et affiche un sourire en coin que visiblement elle ne manque pas, puisqu'elle insiste un peu sur la chose. Ça fait un peu pompeux, du genre petite bourgeoise Texane qui faisait probablement partie de la fanfare ou de la chorale du coin et franchement c'est une image qui me fait mentalement beaucoup rire. Elle continue…donc ses parents ont tous les deux clamsés, c'est moche, je compatie un peu plus par principe que par réelle connaissance de ce que ca fait parce que bon, mes vieux existent pas vraiment alors ils pourraient aussi bien être canés que ca me ferait ni chaud, ni froid. Putain après Judith et la fanfare, voilà qu'elle me balance le volume II Judith la bibliothécaire, je sais pas si elle se rend compte des perches qu'elle me tend et que je suis pas prêt d'oublier…enfin en attendant je les range dans un coin de ma tête pendant qu'elle évite grossièrement de donner de vrais détails sur la raison qui l'a amenée à Chicago, parce qu'entre le monde qu'elle me décrit et celui dans lequel elle vit, y a plus qu'un putain de monde.

« Mon tour : c’est qui la nana, brune, taille moyenne, toujours bien sapée qui débarque au club souvent ? Ses regards assassins me donnent envie d'pas faire de boulette. Les seuls mots qu’elle m’a adressées sont : « whisky », « Max ? » pour savoir où t’étais et « tiens-toi droite ». »

« wow wow wow une minute ma jolie ! et mon temps de réaction alors ? et ma minute questions complémentaires ? J'écarte les bras de chaque côté de mon corps en secouant la tête à la négative, histoire de bien en faire des caisses. Franchement je sais pas comment je préfère t'imaginer. Je fais mine de réfléchir. En chef de la fanfare avec ta clarinette ou en bibliothécaire barbante, les deux sont magiques en tout cas. Je joins mon pouce et mon indexe pour valider l’idée et lui adresse un sourire avant de m'attaquer un instant à mon assiette parce que bon faut pas déconner moi j'ai la dalle. Et t'as très bien compris ma question à laquelle tu n'as pas du tout répondu, je retiens donc pour la prochaine fois que tu me demanderas quelque chose sur ma vie qui semble te passionner, ce qu'en soit je peux comprendre. » Je lui adresse un sourire fort exagéré (avec toutes mes dents !) et m'esclaffe avant de boire une nouvelle gorgée de café, qui n'est déjà plus très chaud. C'est un truc qui me rend constamment dingue, faut faire quoi pour avoir un café qui tourne pas froid au bout de trente secondes sans déconner ??

« Ça va fait pas genre, tu le sais, je le sais… Je fais bien sûr référence à l'expression qu'elle me balance. Décrit comme ça ahah je dirais Love. C'est une des old-ladies du club, la plus ancienne avec la femme du Prez, c'est un peu la mère de tout le monde pour te la faire simple ! Elle s'occupe principalement des épouse de ces messieurs et garde un œil un peu partout. Si elle est plutôt cool comme bonne femme, t'a intérêt à filer droit devant elle ma grande, parce que cette femme là vaut mieux l'avoir dans la poche.» Je lui adresse un clin d'œil avant de froncer les sourcils. « C'est vrai que tu te tiens pas très droite. » Provocation…trop facile…trop tentant !

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