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 For the love I'm trying to replace - ft Nat

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MessageSujet: For the love I'm trying to replace - ft Nat Mer 24 Mai - 0:56

►For the love I'm trying to replace ◄
Nat & Josef



Il n’a pas dormi de la nuit, erre tout simplement dans les rues, entre la haine et la peine.
Mains dans les poches, veste en cuir sur le dos, il se les caille un peu mais s’en fout. Les toutes premières lueurs du jour commencent à se pointer, il est courbaturé, fourbu, des douleurs le lançant à des endroits du corps qu’il ne connaissait même pas. Et si le combat avec ce sauvage, l’incarnation pure de la dérive, de la perte de soi et de la haine, lui a été salvateur sur le moment, voir quelques heures après, en cette seconde il ressent tous les effets négatifs de la soirée chaotique qu’il a passé.
Pourquoi se mettre dans des états pareils pour une nana ? Si elle n’avait été une parmi tant d’autre, autant dire qu’il serait passé à autre chose, l’aurai envoyé se faire foutre pour aller continuer son train de vie. Mais là, venant de Daya, c’était un coup de couteau dans dos et en plein cœur. Car au-delà du fait que ça soit elle qui est porté l’assaut, l’humiliation restait amère, violente. Il se sentait salit, manipulé. Un sale pion sur une vieil échiquier où Daya a menée son jeu, il doit l’admettre, d’une main de maitre.

Il la revoit encore face à lui, le visage noyé de larmes, expression perdu, désolé, dans le regard. L’image lui noue le ventre, lui tord le cœur, lui fait de la peine. Parce que malgré toute la colère et la déception qu’il éprouve à son égard, il réussit malgré tout à se sentir touché par son désespoir. Mais jamais il ne l’avouerait et surtout, jamais ça ne serait une excuse pour être plus conciliant, pour être plus compréhensif. Il ne veut pas chercher à savoir le pourquoi du comment, il ne veut pas savoir ce qu’il lui ait passé par la tête pour lui faire un coup de pute de cette envergure. Il n’en ai foutrement pas capable, pas maintenant.
Et cette pauvre Judith qu’il a malmenée alors qu’elle est elle-même victime de cette farce. Comment a-t-elle vécu la nouvelle de son côté ? Certainement aussi mal que lui. Il se demande qui de lui ou de Judith est le plus à plaindre.
Les deux, très certainement.

Mains dans les poches, il croise son reflet dans une vitrine d’un magasin d’électronique. Il a la gueule cassée, il ne s’en était pas rendu compte jusqu’ici. Il sentait bien la douleur dans sa mâchoire, la lancée dans l’arcade, se convertissant parfois en maux de tête mais il n’imaginait pas qu’il puisse avoir cette tronche. Arcade ouverte, œil légèrement gonflé, lèvre éclatée et un bleu déjà apparent sur la mâchoire que l’on voit malgré sa barbe de 4 jours. Il a le tee-shirt tâché de sang, dégueulasse de crasse après avoir chuter sur le sol un bon nombre de fois sous les coups. Le jean on en parle même pas. Un état pitoyable, un reflet qu’il ne reconnait pas.
Il ne se reconnait pas.
Josef se rend compte qu’en plus d’être physiquement fracassé, il l’est tout autant de l’intérieur. Il ne sait pas pourquoi il sent de vieux démons remontés le long de ses côtes douloureuses, de sa gorge serrée. Son identité envolée, ses proches inconnus, son quotidien oublié. Et maintenant cette femme venu lui écraser toute dignité d’un coup de talon.
Il étouffe, se sent soudainement oppressé. Comme ces nuits à l’hosto où il entrait soudainement en crise identitaire, ne contrôlant plus cette folie qui le gagnait à n’avoir qu’un néant à la place des souvenirs.
Et parmi ces douleurs, un visage surgit. Une évidence.

Le pompier se remet en route, essaie de se repérer mais même s’il est sortie de son coma depuis plusieurs mois, Chicago est bien trop grand pour qu’il ne se souvienne de toutes les rues, de tous les coins. Quelques mètres plus loin, il s’arrête à une bouche de métro et se plante devant un plan de métro où il trouve la station souhaitée rapidement. Il ne tarde pas, prend le tout premier métro de la journée qui le mène droit du côté de Southside.
Le soleil est déjà au rendez-vous lorsqu’il se présente devant la porte des Manning, petit déjeuner à la main. Il hésite une seconde avant de frapper. S’il y a bien une personne qu’il a envie de voir ce matin, c’est elle. Le seul visage qui lui a rappelé des sensations, des choses positives et qui, il le sait, saurait le remonter vers le haut. Et puis, tout simplement parce qu’il a besoin de Natalia. Ne serait-ce que d’être près d’elle, l’entendre parler à Eliott, la regarder s’occuper de son gamin comme la mère formidable qu’elle est.

Il opte pour quelques coups à la porte plutôt que de sonner, se demandant même si quelqu’un lui répondra vu l’heure qu’il est.
Et la porte s’ouvre… mais pas sur la personne qu’il pensait.

- Salut.
James se tient devant lui, fraichement habillé, douché. Faut croire qu’il n’est pas le seul à côtoyer l’aube. Désolé, j’sais qu’il est tôt. Est-ce que Nat est levée ?

Manning le détail, certainement surprit de voir le pompier débarquer si tôt et surtout la gueule en vrac, tâchée de sang.

- Ouais. Elle prépare Eliott, j’vais la chercher. Entre.

Josef l’aime bien ce type. Enfin, pour peu qu’il le connaisse. Disons qu’à partir du moment où il rend sa frangine heureuse, il n’a aucune raison de le détester. Pourtant, il ne loupe pas certains regards de James que le pompier n’arrive pas tellement à déchiffrer. Impossible de savoir si c’est de la méfiance ou tout autre forme d’incertitude.
Josef le remercie d’un geste de la tête alors que James quitte le couloir pour aller chercher sa femme. La fatigue s’abat soudainement sur les épaules du pompier, ses yeux le brûlent d’épuisement et il étouffe un bâillement dans le creux de son poing.
Bâillement qui lui arrache un râle de douleur. Fais chier tiens.
Il entend les pas feutrés de Natalia s’approcher alors qu’il est adossé contre l’évier de la cuisine, se faisant la réflexion qu’il aurait pu au moins essuyer un peu plus proprement le sang séché sur son visage…

- Désolée de débarquer à l'improviste et si tôt. Elle est là, dans l’encadrement de la cuisine et son cœur se soulage instantanément à la vue de la personne qui lui est certainement le plus proche. Mais j’ai ramené le petit Dej’ pour m’faire pardonner.

Pardonner de lui imposer sa présence aussi tôt le matin mais surtout de lui imposer une tronche comme la sienne. Une tronche à faire peur.

_________________

   
ça m'a fait comme un bras d'honneur, l'insoumission qui dit " je n'ai ni Dieu ni Maître ni qui que ce soit ", comme un doigt levé bien haut à tous les Dieux, tous les suppôts, c'est l'solidaire des travailleurs puis c'est la liberté du cœur.

   
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MessageSujet: Re: For the love I'm trying to replace - ft Nat Jeu 1 Juin - 22:44

For the love I'm trying to replace

Full of broken thoughts I cannot repair
Beneath the stains of time the feelings disappear

Δ  Natalia & Josef



C’est le cri tonitruant de son fils suivi de ses pleurs déchirant qui avait sorti Natalia du sommeil profond dans lequel elle était plongée. Son coeur battait la chamade dans sa poitrine et ses yeux s’étaient ouverts avec précipitation, tout à fait le genre de réveil brutal auquel elle ne semblait pas réussir à s’habituer, quand bien même ils étaient plus que récurrents ces derniers mois. Elle se roula contre son mari qui s’était lui aussi réveillé…difficile de faire autrement en même temps. « J’y vais. » lui dit-elle dans un soupir, se frottant les yeux en se relevant péniblement. La jeune femme se met sur ses jambes et se dirige vers la chambre du petit garçon qu’elle entend l’appeler entre deux sanglots, lorsqu’elle pénètre dans la chambre, celle-ci est baignée dans la faible lumière de la veilleuse accroché au mur et Eliott est recroquevillé dans ses draps le visage luisant de larmes. Elle s’empresse alors évidemment de le rejoindre et de le prendre dans ses bras pour le rassurer et le calmer. « Tout va bien mon trésor, c’était juste un cauchemar. » La Serbe le berce lentement tandis que le petit essaye tant bien que mal de s’exprimer, elle passe une main sur son front trempé et dépose un baiser sur le sommet de sa tête. « Shhhh, c’est rien, maman est là maintenant. » Il continue de pleurer, mais la pièce devient lentement silencieuse et elle le sent respirer à vive allure contre sa poitrine, elle le rallonge et reste de longues minutes près de lui, son coeur se brise un peu de le voir dans cet état et elle se sent tout bonnement impuissante, certes la psychologue qu’il voyait depuis maintenant presque trois mois les avait prévenus que les séances risquaient dans un premier temps de provoquer chez lui un comportement erratique et des terreurs nocturnes plus intenses et clairement, elle n’avait pas exagéré la chose. Il est difficile de dire si elle s’inquiète plus de l’un ou de l’autre, le cumul rend son jugement difficile, tout comme le manque de sommeil que son enfant lui impose ces derniers temps et si James n’était pas là pour s’en occuper la moitié du temps, elle serait probablement dans un état plus que désastreux. Lorsque que finalement, les yeux du petit garçon commence à se fermer, Natalia esquisse un mouvement pour se relever, mais il se remet à chouiner, elle s’arrête donc immédiatement, désireuse de pouvoir retourner se coucher sans avoir à se relever d’ici cinq minutes. « Maman, tu restes avec moi siteuplait ? Je veux pas rester avec eux tout seul. » Finit-il par lui dire en lui adressant de grands yeux suppliants, la jeune femme fronce légèrement les sourcils, surprise par la fin de sa phrase. « Qui eux ? Y a personne d’autre que nous et papa à la maison mon coeur. » La lèvre inférieure du blondinet se met en mouvement, menaçant d’une nouvelle crise de larmes, alors elle décide pour y parer de s’allonger auprès de lui, ramenant le corps chaud de son petit garçon contre le sien. « C’est les autres enfants maman, ceux qui sont morts à noël, j’aime pas, il me font peur avec les monstres » Son sang se glace d’effroi et elle peine à déglutir, les propos qu’il tient sont tout bonnement terrifiants et elle ne sait sur le moment pas vraiment quoi répondre à ca... « Ce sont juste de mauvais rêves Eliott d’accord ? Il n’y a pas de monstres et pas d’enfants et tu sais pourquoi ? Parce que papa et maman sont là pour te protéger et ils ne peuvent pas venir te faire de mal, parce qu’ils existent juste là-dedans. Elle tapote gentiment son doigt contre la tempe de son enfant et lui adresse un sourire rassurant. Alors quand ils viennent dans tes rêves, il faut que tu te concentres très fort sur quelque chose qui te rend heureux, tu crois que tu peux faire ca ? » Il l’écoute attentivement et hoche lentement la tête. « Ca peut-être Fish qui me rend heureux ? » Elle laisse échapper un rire réjoui. « Oui ca peut-être Fish mon trésor ! Elle dépose un baiser sur son nez et remonte la couverture sur lui. Allez, on essaye de dormir maintenant, maman reste avec toi. »

***

Elle s’affère dans la cuisine, les gestes sont bien rôdé et fort heureusement parce qu’elle se sent plus fatiguée encore qu’avant d’aller se coucher, d’autant plus que ce matin, il avait été nécessaire de se lever plus tôt que prévu pour cause de sortie scolaire au musée d’histoire naturelle, programme qui cela va sans dire rendait Eliott plus qu’excité. James était venu la réveiller alors qu’elle s’était finalement résigné à dormir dans le lit de son fils, ce qui n’avait rien de très confortable, mais au moins elle n’avait pas eu à se relever au cours de la nuit, elle s’était ensuite préparée avant de s’acquitter de la préparation du petit-déjeuner. Son mari avait fini par la rejoindre, l’attrapant par la taille pour la ramener contre lui et obtenir un peu plus d’infos sur ce qui avaient terrorisé leur fils cette nuit, elle lui avait fait un topo global et la conversation avait vite trouvé sa limite chacun d’eux étant un peu démuni face au comportement à adopter. « Peut-être que tu devrais ramener cte sale bestiole ici. Elle lève un doigt menaçant devant lui. Et non ca m’enchante pas, mais peut-être que ca aiderait avec les terreurs nocturnes. » Le sourire victorieux de James lui fait secouer la tête à la négative contrastant avec celui qui s’affiche également sur ses lèvres. « Je savais que tu résisterais pas longtemps, il est trop mignon. » La Serbe roule des yeux tandis que son mari enroule ses bras autour de sa taille « Non, il est pas mignon et je te préviens-je m’en occuper pas, tu te débrouilles avec ! » Ajoute-t-elle finalement avec un air sérieux. « Deal ! » lui répond son mari avant de l’entraîner dans un baiser.

« Maaamaaan » Natalia s’écarte de James et hausse les épaules. « Dommage pour toi. Elle lève un sourcil. le devoir m’appelle ! »
« Ce n’est que partie remise de toute façon ! Et il a l’air bien sûr de lui. Vas-y, je m’occupe de son petit-déj ! »

***

« Josef est là. »
Natalia se redresse et jette un coup d’œil surpris à son mari. « À cette heure ? » Le motard lève les épaule, visiblement pas plus avancé qu’elle. « Oncle Josef !!! » Se met à sautiller Eliott la tête à peine sortie du pull que sa mère vient de lui enfiler. « Nope, toi, tu reste avec moi, on finit de se préparer. Natalia le regarde avec un air interrogateur. « crois moi » lui dit-il alors dans le silence le plus total. La serveuse se dirige alors vers son salon et aperçoit la silhouette du pompier dans sa cuisine et à mesure qu’elle s’approche, elle comprend pourquoi son mari à préféré gardé le petit à l’écart, car oncle Josef fait littéralement peine à voir, le visage marqué et du sang séché sur les bords de son visage et ses vêtements. Elle se renfrogne presque instantanément. « Désolée de débarquer à l'improviste et si tôt… Mais j’ai ramené le petit Dej’ pour m’faire pardonner. »

« Bon dieu Josef, qu’est-ce qui t’es arrivé ?? Elle franchit les quelques mètres qui les séparent encore et attrape le menton du pompier entre ses doigts pour regarder son visage, c’est le genre de blessures qu’elle connaît bien pour les avoir vues à de nombreuses reprises sur son inconscient de mari. Tu t’es battu avec un mur ou quoi ? » Elle relâche son emprise et pose ses poings sur ses hanches, attendant une réponse que finalement, elle ne lui laisse pas vraiment le temps d’apporter. « Ramène-toi à la salle de bains, je dois avoir de quoi limiter les dégâts et hors de question que mon fils te voit dans cet état ! » Elle prend presque immédiatement la direction de la salle d’eau et laisse Josef y entrer. Je vais aller te chercher un t-shirt. Les serviettes sont sous l’évier. » Elle récupère alors un t-shirt dans le placard de son mari et le rejoint dans la chambre de leur fils pour lui demander de le déposer à l’école avant de rejoindre le pompier. « Tiens ! » Elle lui tend le vêtement et reste le regard fixé sur son visage franchement amoché. « Alors ? il s’est passé quoi ? »

© GASMASK

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MessageSujet: Re: For the love I'm trying to replace - ft Nat Ven 7 Juil - 0:21

- Bon dieu Josef, qu’est-ce qui t’es arrivé ??

Rien et un tas de choses à la fois. Il a été bien trop con de se présenter ici dans cet état alors qu’Eliott se trouve dans la pièce d’à côté et que le gamin est déjà suffisamment traumatisé par ce qu’il s’est passé dernièrement. C’est pas comme si Josef n’était pas au courant de tout ça… Mais à l’aube du jour, le cœur en miette, la fierté souillée et l’humiliation pour seule compagnie, il n’a tout simplement pas su quoi faire d’autre que de venir voir sa meilleure amie de toujours, sa sœur, la seule personne qui arrive aujourd’hui à lui faire sentir qu’il n’est peut-être pas totalement paumé dans ce monde qu’il ne reconnait plus tellement. Il a besoin de Natalia, aussi égoïste que cela puisse être de sa part.
En attendant, la jeune serbe saisit le menton de son ami entre ses doigts fins pour observer la moindre microcoupure qui orne son visage désormais abîmé et gonflé à certains endroits. Josef grimace légèrement et ravale la douleur pour lui faire face, un pauvre sourire sur les lèvres.

- Tu t’es battu avec un mur ou quoi ?

Un vieux mur plutôt résistant et surprenant ouais.
Pas qu’il sous-estimait son adversaire mais Elijah s’est retrouvé bien plus à la hauteur qu’il n’aurait pu le penser. Cette animalité dans ce regard, cette rage qu’il mettait dans chacun de ses gestes savamment calculés et précis, Josef ne les avait pas vu venir mais ne les a pas regrettés pour autant.

- Ramène-toi à la salle de bains, je dois avoir de quoi limiter les dégâts et hors de question que mon fils te voit dans cet état !

Il comprend, acquiesce, ne bronche même pas. Natalia manifeste une colère à son égard qui n’en est pas vraiment une, bercée également par l’inquiétude de savoir ce qu’il s’est passé et pourquoi son ami d’enfance frappe à sa porte dans cet état. Malgré cela, il la trouve attendrissante, trouvant en quelques instants tout ce qu’il recherchait en venant ici. Le simple fait de voir la jeune femme apaise ses maux même s’il n’en dit rien. Le vide qui s’est creusé depuis qu’il a compris que Daya n’était qu’une petite garce manipulatrice ne cesse de s’ouvrir, agrandissant la brèche sanguinolente mais surtout acide d’amertume.

- Je vais aller te chercher un t-shirt. Les serviettes sont sous l’évier.
- Merci.

… Est la seule chose qu’il trouve et réussit à dire pour l’instant, maintenant qu’il se trouve dans la salle de bain dont la lumière lui agresse la rétine. Yeux plissés, paupières brûlante, Josef s’observe dans la glace pour constater les évidents dégâts.

- Nom de dieu.

Entre une vitrine et une glace, le résultat n’est effectivement pas le même. Pas qu’il ne se reconnaisse plus mais force est de constater qu’il va en garder les stigmates pendant quelques jours, voir, quelques semaines.
Il se penche et sort une serviette noire de sous l’évier qu’il humidifie pour ensuite tenter de nettoyer le sang sur son visage, tout en étouffant quelques jurons douloureux. Maigre punition pour avoir voulu jouer au Warrior pour une femme qui lui a fait mordre la poussière de la trahison.
Natalia revient rapidement, Josef tentant toujours de se débarbouiller sans trop souffrir.

- Tiens !

Il saisit le tee-shirt de nouveau face à son amie mais ne l’enfile pas tout de suite, subissant le regard analytique de Natalia.

- Alors ? il s’est passé quoi ?

Avant les plaintes, avant les confidences : les explications. Et ce n’est que devant le fait accompli que Josef se dit que ça n’est peut-être pas la meilleure idée du siècle que devenir ici. Natalia est bienveillante, toujours présente pour son frère amnésique, certes… mais Josef n’est pas certain que cette bienveillance durera bien longtemps lorsqu’elle apprendra qu’il s’est de lui-même frotter à un type pour se faire volontairement dérouiller la gueule.
Tout ça pour une femme, en plus de ça.
Il hésite quelques secondes, sourcils légèrement froncés, tapotant le tee-shirt dans la paume de sa main.

- Tu te souviens du film Fight-Club ?

Oui, elle s’en souvient, il en est certain. Et comment lui-même réussit à s’en souvenir ? Pas de miracle, il l’a tout simplement visionné il y a peu sous les conseils d’Aaron, ce dernier lui ayant raconté qu’ils se l’étaient mater tous les trois plus jeunes.

- Bah voilà.

Bah voilà quoi ? Il marque une pause avant de reprendre.

- J’ai trouvé des types dans une espèce de cave avec ce concept-là, j’y suis aller pour voir puis j’ai finalement fait un combat. Juste un seul.

Comme si ça allait changer quelque chose aux yeux de Natalia qu’il en ait fait un ou dix…

- J’avais pas prévu de tomber sur un type aussi coriace. Et bien plus vieux que moi en plus de ça.

Il tente une trace d’humour qui tombe à l’eau, la jeune serbe n’ayant certainement pas envie de rire en apprenant que son abruti de meilleur ami a été se faire volontairement fracasser la gueule. D’ailleurs, il prend soin de raconter son histoire à l’envers, ne mentionnant pas tout de suite Daya et ce jeu qu’elle a si bien mené sans qu’il ne se rende compte de quoi que ce soit. L’humiliation est encore trop vive, lui colle une boule dans la gorge. Blessé et plus en colère que jamais, il ne sait pas par où commencer pour lui expliquer à quel point il se sent terriblement con, brutalement seul et vide. C’est comme refaire face à ce mur de plomb qu’il n’a jamais réussi à franchir, tous ses souvenirs derrière dont il n’en verrait plus jamais la couleur.
Et il n’a de toute façon pas le temps d’enchainer, de prendre le temps de le lui expliquer que Natalia réagit aussitôt à l’inconscience de son abruti de Josef.

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