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 La compassion est l'étape intermédiaire ...

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MessageSujet: La compassion est l'étape intermédiaire ... Mar 6 Juin - 15:27



La compassion est l'étape intermédiaire ...



La mélancolie semblait être un sentiment qui te gagnait un peu trop ces derniers temps. Pourtant, il n'y a pas de dates d'anniversaires qui approchent, enfin pas tout de suite, pas dans l'immédiat à vrai dire. Mais peut être qu'inconsciemment tu y penses Fanny, tu ne crois pas ? Ce n'est pas impossible, tu ne peux pas dire le contraire, mais même si tu fais la dure, la courageuse, la mort de tes parents a été une rude épreuve, surtout de cette façon, surtout que tu ne sais toujours pas ce qu'il s'est vraiment passé ce soir là. Tu te dis que peut être ils se sentaient en danger mais qu'ils n'ont jamais voulu t'en dire plus pour ne pas t'alarmer, n'est ce pas ? Oui, cela pourrait sembler logique, mais pourquoi dans ce cas ? Qu'est ce qu'ils ont bien pu faire qui a mérité une telle exécution ? La police ne sait pas, personne ne sait, personne ne semble vouloir faire éclater la vérité au grand jour, pourtant, cela a fait la Une des journaux le lendemain. Tu les as tous acheté, tu as tout répertorié dans ton dossier, histoire de voir ce que les journalistes pouvaient en dire. Même ta cousine Florence en a parlé dans son blog alors qu'elle est à New York pour tout vous dire, pourtant, personne ne détient la vérité sur qui a tué tes parents. Ils sont morts, c'est un fait, mais personne ne sait qui a fait le coup. Tu soupçonnes, mais pour le moment, tu n'as pas de preuves. Un jour tu en auras peut être, mais ces deux morts te restent en travers de la gorge. C'est un peu le fil rouge de ta vie depuis plusieurs années à présent, et un jour, tu espères bien faire en sorte qu'il ne le soit plus, qu'en dehors du Blue Frog's, tu puisses passer à une autre étape. Parce que même si tu ne veux pas te l'avouer, tu as repris l'affaire, bon gré mal gré. Ce n'était pas ce que tu voulais faire, toi, ton rêve, ton souhait, c'était de devenir pompier, soldat du feu pour secourir les gens. Mais tu n'as pas pu le réaliser, pour le moment. Tu te dis que tu ne peux pas le faire tant que le meurtre de tes parents n'aura pas été élucidé, tu veux faire honneur à leur mémoire, tu veux agir dans ce sens là. Si tu n'avais pas repris le bar comme ils le désiraient, tu aurais eu l'impression de les trahir, et même s'ils sont morts, ce n'est pas le sentiment que tu veux te donner, ta conscience ne te le permettrait pas vraiment. Alors pour le moment, tu continue, ça te plait mais au fond de toi, tout au fond de toi, il te manque quelques choses. Bien sur, leur présence te manque, mais ce n'est pas de cela dont il s'agit. Il s'agit du voeux que tu t'étais fait intérieurement, celui où tu devenais pompier, mais ce voeux a été retardé, il n'a pas été brisé, mais tu t'es fait cette promesse et tu veux la tenir. Mais ta vie ne te le permet pas encore, plus tard peut être, qui sait ? Ce soir donc, tu étais un peu mélancolique. L'anniversaire de la mort de tes parents n'est pas encore là, dans quelques semaines, quelques mois même, mais tu y pensais, c'était plus fort que toi. Tu te secouais néanmoins la tête, pour venir voir comme chaque soir ou presque, comment cela se passait au Blue Frog's, parce qu'il le faut bien, n'est ce pas ? Oui, tu es la propriétaire, et même si tu as un gérant en dessous de toi, tu aimes ne pas jouer simplement à la rentière, et voir si tout va bien, voir les clients et faire en sorte qu'ils se sentent comme dans un petit cocon. Alors, tu regarde ce que tu portes, tes employés ne t'ont pas vu de la journée parce que tu as traîné dans ton appartement, presque en pyjama. Mais là, tu t'es changée, ta tenue est plus que correcte, dans ton style à ton avec un pull noir assez moulant et à manche longue, avec un jean et des ballerines bleues nuit. Tu fais une petite retouche maquillage, rien d’extravagant, juste ce qu'il faut pour mettre tes beaux yeux en évidence. Bref, cela t'a pris un petit quart d'heure, et tu descends à l'intérieur du Blue Frog's. Tu salues tous les employés présents avant d'aller au comptoir. La salle est bien garnie, mais pas non plus de façon excessive. Tout le monde semble content en tout cas, le petit fond musical se mélange au doux brouhaha des conversations. C'est alors qu'en regardant la salle, tu vois une seule personne seule. Tu l'as déjà vu, une fois ou deux, guère plus dans la même position. Tu te souviens clairement de son prénom, parce que son visage t'a marqué. Elle est d'une grande beauté, enfin, tu trouves qu'elle est sublime même si son visage ne rayonne pas comme il pourrait le faire. Elle ne semble pas la plus joyeuse du monde, elle semble à vrai dire ne pas être dans son monde, ici au Blue Frog's comme si elle venait ici pour s'en échapper pour ainsi dire. Alors, vu qu'elle est seule, tu t'approche d'elle avec un grand sourire, comme pour essayer de le lui communiquer.

" Irene, cela me fait plaisir de vous revoir. "

Tu pourrais faire comme chez toi, et t'asseoir en face d'elle, puisque tu es effectivement chez toi, mais tu ne veux pas envahir son petit espace personnel qui lui appartient sur le moment. Tu veux avant tout t'enquérir de sa santé, et parler un peu, pour que cela lui fasse du bien en plus d'une boisson, ou d'un repas d'ailleurs, à son bon vouloir, parce que ce verre ou ce burger, ce sera la maison qui l'offrira.


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    « Il est temps de passer aux choses sérieuses. Il ne faut pas se fier aux apparences. Un joli minois n'est pas forcément mauvais signe, bien au contraire. Quand on cherche, on trouve, et croyez moi, je trouverais. »


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MessageSujet: Re: La compassion est l'étape intermédiaire ... Jeu 22 Juin - 14:39

La compassion est l'étape intermédiaire
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Elle ouvre la porte et entre. Le battant métallique fait grincer ses gonds dans l'espace tranquille. Le contreplaqué lourd s'acharne contre son chambranle avant de ne plus bouger, laissant alors enfin tout le loisir à sa silhouette de ne plus attirer les regards sur elle. Entrée tranquille, entrée discrète, pas un son, pas un souffle plus fort que les précédents. Irene s'avance lentement, marche jusqu'à cette place dans un coin, cette pointe de bar dont personne ne veut parce qu'inconfortable ; cet angle de meuble mal éclairé qui assure un accès à l'alcool sans être dérangé. Elle y va, elle attend. D'abord quelques minutes et puis un bon quart d'heure au final, observant dans la quiétude les hommes qui s'agitent avec leurs spasmes de joies pour avoir quitté enfin leur travail. Ils boivent, regardent la télé, parlent et s'esclaffent dans de grandes accolades virils. Elle s'habitue doucement à cette ambiance, ne regrettant pour le moins du monde l'atmosphère sale et sexualisée des bars dans lesquels on pouvait la traîner. Pas de drogues, pas de putes, des personnes normales dans un endroit normal et qui discutent normalement de leur vie banale. Le grand maigre en costard sur le côté dessert sa cravate et lisse les pans d'une veste qu'il repli sur un coin de sa chaise ; il parle de sa femme qui est enceinte et de la montée subite de sa poitrine, de la dernière connerie de leur gosse qui a quand même gagné son match de foot samedi et qui a eut un A en histoire cette semaine et puis de la voiture à réparer à cause de son voisin qui a - elle ne sait trop quoi puisqu'elle éternue à ce moment là. Le gros barbu à côté lui se fout de sa trogne et réplique en abordant le prix exorbitant de ses prochaines vacances dans les Maldives avec les nanas qu'il tente de se rencarder depuis son entrée dans la boite et pour lesquelles il se tue à faire un régime. Elle reste sans mots dire à les écouter, secouant sa bouche d'un coup d'air quand quelque chose la fait un peu rire, envieuse de leur simplicité, de cette vie aux problèmes aisés, aux tourments passagers et aux nuits éclairées. Elle se décide quand même à prendre quelque chose après un bon moment, à donner un peu de la voix pour réclamer un Manhattan sans glaçons ; cocktail qui est très exactement la version épurée du whisky qu'aurait pu commander son cher et tendre ex-mari s'il avait été à ses côtés ce soir...Loupé. Elle qui s'était juré de ne pas y penser, la voilà déjà à déglutir devant le verre qu'elle vient de commander. Les jambes qui se balancent dans le vide, elle se met à songer à ce qui a bien pu l’amener à picoler seule, perdue sur une chaise branlante, agissant comme une brebis galeuse, honteuse d'être parquée dans le même enclot que les autres. Le souvenirs doux-amer d'une après-midi lui faisant réintégrer son mariage de force après plusieurs mois de cachette et une tentative veine de disparition complète de ce monde, lui picote les lèvres et le bas ventre.
La pulpe de ses doigts trouve son chemin le long de son annulaire nu. Réflexe ridicule du membre fantôme, cet élément imprimé dans la peau, dans la chair, le sang, prolongation des os malgré l'absence. Le barbu tente une approche en captant qu'elle les écoute. « Divorce récent hein ? » Elle se retourne subitement, manquant de renverser son verre sur le comptoir. Il pique du bout de son index là où elle triturait son alliance invisible pour marquer les paroles à son encontre. « Ça me faisait ça aussi pendant un moment, ça fait bizarre au début de plus l'avoir alors que des fois elle se raccrochait partout et m'emmerdait. Mais vous en faites pas ça passe vite, faut pas se dire qu'on a prit la mauvaise décision, faut oser goutter à la liberté. » Liberté ? Visiblement son ex femme ne cherche pas à l'étrangler à mort si il ne se soumet pas à son bon vouloir. Elle ne semble pas non plus être capable de le manipuler assez pour qu'il sente gronder en lui l'envie de tout recommencer sans même comprendre pourquoi. « Je peux vous offrir quelque chose ? » Elle lève les yeux aux ciel, lui lançant un superbe sourire avant de détourner le regard et de fixer les murs comme si il n'existait pas. Ce n'est pas en sortant de l’hôpital avec comme étiquette ce que tout le monde appelle une tentative de suicide qu'elle va commencer à se montrer avenante avec les inconnus et ce même si elle vient patauger dans les tréfonds du désespoir en venant se mettre une mine ici pour la sixième, huitième fois elle ne sait plus trop. Ses ongles crissent à nouveau contre son cocktail qu'elle ingurgite rapidement. Il vaut mieux qu'elle parte, qu'elle ne traîne pas trop dans un lieu public. Il vaut mieux qu'elle rentre chez elle, avec le même poids sur ses épaules que celui qu'elle espérait déposer ici ce soir ; avec l'exact et même poids dans son ventre... Et puis une voix familière s’élève, la forçant finalement à ne pas quitter son assise. " Irene, cela me fait plaisir de vous revoir. " La féminité, la jeunesse personnifiée s'amène dans l'éclat d'une chevelure blonde parfaitement maîtrisée. Fanny, propriétaire des lieux, s'avance, souriante, amicale comme à son habitude, tout du moins pour le peu qu'elle se souvienne. Réceptacle inconnu des déboires de ses clients, elle est parvenue à être une confidente insoupçonnée au vu de son jeune âge. Les conséquences de ses dernières beuveries sont floues, ténues, mais dans un coin de sa mémoire le petit angelot était toujours présent. Gardienne jusqu'au moment où Irene s'est entêtée à prendre le large, elle est probablement celle qui a donné l'alerte ce soir là aux gardes côtes. Une vie de misère sauvée de la délivrance de la mort et la honte de ne pas en être reconnaissante. « Bonsoir. » Par politesse elle se décale, laisse de la place à ses côtés avant de commander un nouveau verre. « Vous voulez prendre quelque chose avec moi? » La patronne saisit l'occasion et orne O'Malley de sa présence. « J'allais partir mais vous voir me rappelle que j'avais des remerciements à vous faire. »

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MessageSujet: Re: La compassion est l'étape intermédiaire ... Ven 30 Juin - 19:38



La compassion est l'étape intermédiaire ...



Tu le sais mieux que personne, les épreuves de la vie vous forge le caractère. Et le tien avait été forgé à la dur, sans que tu ne puisse rien y faire. Les événements sont ainsi fait, une nuit, tout a basculé. Tu ne saurais dire si c'est le côté obscur ou le lumière qui l'a emporté ce soir là, parce que finalement, tu n'en sais rien, tu ne sais pas si tu as été happée par la douce lumière de la mort et du paradis, ou si c'est la noirceur de la nuit qui t'a emporté en enfer. Peut être que durant un temps tu as navigué entre deux eaux, dans une sorte de purgatoire lumineux, tu ne sais pas, cela a été difficile, et même encore aujourd'hui tu ne sais pas exactement sur quel pied danser parfois. Ce soir, tu aurais pu rester dans tes appartements, et ne pas venir voir tes clients adorés pour leur partager ton sourire, et ta bonne humeur en tout temps. Parce que même si parfois, il n'est que de façade, tu essayes d'être attentive à tous et toutes afin de leur donner le meilleur de toi même pour qu'ils passent une bonne journée ou soirée selon l'heure à laquelle ils viennent ici. Tu essayes d'être la plus attentionnée possible, de prendre soin d'eux pour qu'ils reviennent parce qu'ils ont bien mangé, mais aussi parce qu'ils ont trouvé le service impeccable et la patronne aussi. Tu essayes d'apporter le petit plus qui fait la différence, simplement, tu n'as pas l'audace de dire que tu es la meilleure, la plus belle, non. Tu sais que tu n'es pas mauvaise dans ces rôles là, mais il y a sans doute meilleur et mieux que toi. Et ce soir, c'était sur Irene que ton attention plus que particulière allait se porter. Il semblerait qu'elle n'aille pas fort, comme à chaque fois que tu as pu la voir entre ces murs, comme si son histoire n'était qu'un éternel recommencement de malheur. Tu ne saurais dire ce qui la tracasse aujourd'hui, mais une chose est sûre, elle n'est pas là pour tisser des liens, vu que l'homme qui lui parle se prend un vent magistral en pleine figure. Elle lui fait un simple sourire et l'ignore totalement, comme pour lui dire mentalement, que sa tentative était louable mais qu'elle ne fonctionnerait pas ce soir sur elle, et qu'elle ne fonctionnerait peut être jamais. C'est toujours triste de voir des personnes seules comme elle, mais il y en a plus qu'on ne le pense, ou qu'on ne le réalise, sauf que tout le monde ne vient pas au Blue Frog's ou dans un bar pour étancher sa soif à la vue de tout le monde. Certains ne le font que dans un cadre encore plus intime, chez eux, à la vue de personne d'autre que leur propre nombril. Tu ne peux pas les blâmer, mais si jamais ils boivent le coup de trop, personne ne sera là pour les récupérer, ce serait tellement dommage. L'accoutumance à la boisson n'est pas un vice qui est facile à gérer, il est difficile de s'en sortir bien souvent, parce que l'on n'a même pas conscience que l'on a trop bu, ou que l'on boit un peu trop chaque jour sans être complètement soûle. Mais Irene n'était pas comme ça, tu la verrais bien plus souvent sinon, à moins qu'elle ne vogue de bar en bar pour ne pas se faire repérer, mais cela t'étonnerait grandement de sa part, elle est bien trop distinguée et belle pour se livrer à ce genre de choses. Quoique, l'alcool ne regarde pas le rang social que l'on possède, il est là pour tout le monde, même pour les plus démunis, tu le sais bien. En tout cas, tu t'approches d'elle, non pas pour la brusquer ou la braquer, mais simplement pour parler avec elle, un instant, histoire de passer peut être un peu de baume sur son âme endolorie. Tu sais qu'elle ne va pas bien, elle te l'a déjà dit, et vue sa mine déconfite, tu sais que ce soir, elle est dans un de ces soirs où ça ne va pas fort. Justement, tu es là pour que ça aille mieux, tu vas tenter de faire cette petite chose, comme si on touchait à la prunelle de tes yeux. Elle te réponds poliment avant de se décaler légèrement pour que tu puisses prendre place à ces côtés, chose que tu fais avec le sourire. Elle te demande si tu vas prendre quelques choses avec elle, et même si elle ne te l'avait pas proposé, tu l'aurais fait, quoiqu'il arrive.

" Bien sûr, c'est moi qui offre cette tournée là. Je prendrais la même chose que vous pour mieux vous accompagner. "

Tu n'as pas fait attention à ce qu'elle avait pu prendre précédemment, mais cela n'a pas tellement d'importance à vrai dire. Tu peux boire un cocktail ou une simple bière, même la bouteille la plus cher que tu as à la carte, tu pourrais lui l'offrir si elle le désirait même si tu ne penses pas qu'elle le fera. Elle avait l'intention de partir, chose que tu n'avais pas calculer. Depuis combien de temps était-elle là ? Peut être déjà plusieurs minutes, plusieurs heures même. Tant pis, tu vas essayer de la retenir quelques instants pour parler, tu sens qu'elle en aura besoin, et que même si elle n'en ressent pas forcément le besoin, cela lui fera du bien. Puis elle te dit alors une chose qui te réjouis grandement. Elle voulait te remercier même si tu ne savais pas trop pourquoi, enfin pas exactement. La dernière fois, tu avais été là, attentive à ces maux qu'elle avait dit avec ces mots à elle. Tu pensais qu'elle allait te remercier peut être pour ça, ou simplement pour ton sourire, ta bonne humeur.

" Je suis désolé, je ne veux pas non plus abuser de votre temps Irene. Mais dites moi. Qu'ai-je fais pour mériter vos remerciements ? "

Et tu la regardais avec un sourire compatissant. Tu ne voulais pas paraître hautaine ou quelques choses comme ça, parce que même si tu l'es parfois un peu, ce n'est pas un trait de ta personnalité. Tu restes donc pendue à ces lèvres quelques instants, pour savoir ce qu'elle allait te dire.


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MessageSujet: Re: La compassion est l'étape intermédiaire ... Ven 27 Oct - 21:55

La compassion est l'étape intermédiaire
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Derrière sa bouche close d’être à peine sociable, sa langue palpe les parois asséchées de son palais et de ses joues maigres, creusées par la fatigue. Derrière sa bouche close d'être misérable – tout du moins pour ce soir - elle toise et observe la patronne s'avancer doucement vers elle, les yeux exclusivement braqués sur sa personne, nul attention portée aux alentours. Le verre, dont elle enlace le pied fermement lorsqu'elle se décale poliment, balance ses quelques éclats de lumière dans les sillons fins de ces ridules de trentenaire éreintée qu'elle entaille profondément de la pointe acérées des trop nombreux fardeaux ; ces fardeaux qu'elle traîne comme de lourds boulets aux chaînes visiblement un peu trop bruyantes puisqu'elle capte encore une fois l'attention des plus occupés. Ses ongles rappent le bois du comptoir où se réverbère dans le vernis l'ambiance tamisée du lieu qui s'emplit de plus en plus d'âmes en quête de distractions conviviales, chaudes et familiales ; il vibre au son des voix qui l'entourent, aux coups de culs de bouteilles que le barman claque et aux coudes qui s'y affalent. Impassible quand Fanny la touche presque, effleure son épaule délicate ; Irene jette ses mots comme une femme jette ses vulgaires pièces en guise de pourboire non loin de là. Pas un sourire, pas d'expression, un robot qui balance des syllabes mélodieuses qui s'envolent, sans teinte et sans ton. Pourtant, la jeune femme envers qui ces dernières phrases sont adressées en a les lèvres qui s'élargissent et ne se sent guère de trop en posant son séant sur le tabouret. Fanny prend le compliment le plus simplement possible, elle passe avec une aisance déconcertante au dessus du mannequin sans grimaces que représente la chirurgienne. Elle la prend pour ce qu'elle est. Elle prend Irene pour un être humanisé malgré ses traits figés, elle la prend, la voit cette statut au marbre craquelé, aux défenses fracassées, à la coque percée ; Fanny voit bizarrement aux travers des fissures, capture l'humain derrière la pierre et remercie sagement le compliment qui semblerait pourtant teinté d'une certaine ironie. Là où certains s'échappent, contournent et passent leur chemin ; là où certains s'arrêtent à la première mise en scène, à la première apparence, la sylphide, elle, insiste et ne se décourage pas face aux piques tranchants qu'Irene dégage et aiguise souvent pour se protéger elle même contre la férocité du monde.
" Je suis désolé, je ne veux pas non plus abuser de votre temps Irene. Mais dites moi. Qu'ai-je fais pour mériter vos remerciements ? "  Un rire presque imperceptible franchit les remparts encore sobres des lèvres. D'un regard en biais, elle gratifie Fanny d'un levé de verre tout juste servit, qu'elle s'empresse de déguster avant de prendre la parole. « Oh, arrêtez donc Fanny. Faites moi le plaisir ce soir de ne pas vous rendre aussi idiote ou bien plus que vous en avez l'air. » Cliché. Tout en cette fille - qu'elle dévisage d'une moue rieuse pour souligner avec politesse l'humour de son dialogue - pu le cliché. Barbie des temps modernes, bien coiffée, bien habillée et ...blonde. Une blonde. Une blonde comme on en fait dans les films et dans les fantasmes des hommes ; une Marilyn peaufinée à la silhouette élancée, fine et évidemment aux formes qui la rendent bien gaulée. Une jeune, dynamique, qui aux premiers abords ne semble pas très futée, les yeux bleus qui parlent bien plus que les mots qu'elle prononce de sa voix fluette. Une femme que Sebastian se serait en définitive bien tapé. Une pensée minime qui, dans le fond, justifie toute l’ambiguïté d'un comportement naturellement froid et mystérieux de la part d'Irene.
« Je parle du dernier soir où je suis venue ici. » Plus sérieuse, elle tente de vider un de ses nombreux sacs qui lui pèse au point qu'elle commande encore une fois un verre. Et puis elle se redresse, se tourne, fait taper ses genoux nus contre ceux de la jeunette qui la contemple, interloquée, ce maudit sourire accroché à son visage bourré de gentillesses. « Ce soir là j'ai bu plus que de coutume parce que j'avais décidé d'en finir. Peut être que l'alcool que j'ai ingéré pour me donner un peu de courage a suffisamment délié ma langue pour vous alerter. Ou alors peut être que j'ai dis les choses clairement et distinctement pour que vous réagissiez. Je n'en sais rien. A vrai dire je ne m'en souviens plus du tout. » Une gorgée de liquide brûlant se perd dans son gosier pour donner assez d'énergie à ce qu'elle peut dire ensuite. « Mais je sais que c'est vous qui avez appelé les gardes côtes ce soir là, parce que vous êtes la seule et unique personne à qui j'ai bien pu parler plus de cinq minutes ces derniers mois, et ce sans jamais me rappeler exactement des conversations que nous avions eut. Ce qui est assez drôle quand j'y repense à présent, ou triste plutôt. » Un rictus mélancolique donne un peu de tenue à son faciès tandis qu'elle boit à nouveau pour enchaîner. « Je sais que c'est forcément vous. Peut être que vous ne vous en souvenez pas parce que vous devez voir des personnes comme moi au bord de leur propre vie tous les jours depuis que vous faites ce métier ; mais c'est vous qui avez alerté ceux qui m''ont retrouvé à la dérive à plusieurs mètres de mon bateau ce soir là. Je sais que c'est donc à vous que je dois la vie probablement à l'heure qu'il est et je sais que je suis censée vous remercier pour cela en théorie... Même si j'admets avoir encore du mal à voir comment profiter de ce sursit que vous m'avez accordé de force... » Ses incisives viennent capturer violemment l'intérieur de sa bouche pour empêcher cette vague d'émotions la submerger ; aller au delà de sa gorge serrée et de ses poumons comprimés. Irene s'en retourne vers le comptoir, y dépose ses coudes et triture un morceau de prospectus délaissé là, tête baissée. « Toujours est-il que je vous donne le merci qui s'impose. Quand vous aurez besoin de moi, d'un service quelconque je répondrais présente. » Femme d'honneur et de parole, elle fait une promesse qui lui semble juste et méritée envers une fille dont, finalement, elle ne sait que très peu voir aucune chose.

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MessageSujet: Re: La compassion est l'étape intermédiaire ... Jeu 2 Nov - 22:26



La compassion est l'étape intermédiaire ...



Elle n'est pas forcément la femme la plus aimable du monde, elle n'est pas dans ce genre là, pourtant, de toutes les personnes qu'il y a ce soir, c'est elle qui a réussi à attirer ton regard plus que les autres. Sans doute parce que tu as su repéré que la poupée de porcelaine était sur le point de se fissurer de façon peut être définitive, comme la dernière fois d'ailleurs. Tu ne sais pas tout de ce qui la tracasse, de ce qu'elle cache sous ce verni d'apparence, sous ce verni d'indifférence. Mais tu sais que ta simple présence lui fera du bien, parce que tu sais qu'elle en a besoin même si là maintenant, elle était sur le point de s'en aller. Tu lui offres un verre, histoire de la retenir quelques minutes de plus, tout en lui posant la question, tout en lui demandant le pourquoi de ces remerciements qui te semblent un peu trop grand, surtout si c'est pour ce que tu penses, surtout si c'est pour si peu, enfin pour toi. Mais peut être que pour elle, ce geste, ces quelques mots ont une signification plus grande, une valeur plus grande que ce que tu peux toi-même imaginer. Tu sens dans son regard ce petit quelques choses qui fait la différence. Comme si finalement, elle s'accrochait à toi, comme si elle était en pleine tempête et que tu étais cette bouée qui la maintenait encore à flot pour les prochaines heures. Pourtant, vous ne vous connaissez pas tant que ça, non, juste ce qu'il faut sans doute pour que le Blue Frog's soit un de ces lieux de refuges, un lieu où l'on se sent si bien qu'on ne veut jamais en partir, un de ces lieux où l'on se sent réconforté. Le regard d'Irene a pourtant quelques choses d’envoûtant, il est si pur, mais il cache tellement de choses, or, tu pourrais t'y perdre comme une simple coquille de noix dans un océan de larmes. Soudain, un petit rire s'échappe des lèvres de la sublime brune. Un rire difficile à qualifier à vrai dire, un rire presque sourd, mais il te parvient clairement, mais se moque-t-elle de toi ou est ce que plutôt nerveux ? Tu ne sais pas trop, mais tu ne t'en offusque pas puisqu'elle lève ensuite son verre à ton honneur sans aucun doute et en bois une belle gorgée. Tu fais de même avec le tien, histoire de la suivre, attendant qu'elle te donne donc son explication à propos du remerciement qu'elle veut te donner. Et sa première phrase te fait légèrement sourire, mais un peu jaune disons. Elle parle du dernier soir où elle est venue ici, tu vois donc très bien de quoi elle veut te parler, mais ton attitude ce soir là, ne mérite pas spécialement de remerciements, du moins, tu ne le penses pas même si tu as agis en sa faveur évidemment. Irene a déjà vidée le verre que tu viens de lui offrir alors que toi, tu as juste trempé les lèvres dedans, alors elle en commande un autre, histoire de pouvoir s’humidifier le gosier. Elle touche tes genoux avec les siens, un peu brute, avant d'ouvrir la bouche et de te dire le fond de sa pensée. Oui, ce soir là, elle n'allait pas bien, mais ce n'est pas toi qui a appelé les secours, du moins pas directement. Tu étais ici, à t'occuper du Blue Frog's et elle t'avait dit qu'elle en avait marre de la vie, que peut être, elle allait passer à l'acte, que peut être, elle allait faire quelques choses qu'elle allait regretter. Alors, tu as envoyé un de tes serveurs, il l'a suivi jusqu'à bon port, et il a attendu. Tu ne voulais pas être impliquée, qu'ils pensent que c'est toi qui a pu faire quelques choses, alors, tu lui as dit d'appeler les gardes côtes quand il a constaté qu'Irene était passée par dessus bord. Elle te remercie pour cela, mais justement, son mal est si grand qu'elle sers les dents pour ne pas te dire quelques choses d'autres, comme si elle cachait de bien sombres secrets. Elle finit donc par te dire qu'elle te remercie et que si elle peut te rendre service, elle le fera. Mais tu ne désires rien, tu ne veux pas l'accabler d'avantage. Tu ne voulais pas la forcer à quoique ce soit, même si en agissant de la sorte, c'est ce que tu as fait, parce qu'elle ne semblait plus avoir envie de vivre, en aucune façon. Tu souris, et tu la regardes dans les yeux.

" Je n'ai jamais voulu vous forcer à quoique ce soit Irene, vous le savez bien. Je ne pensais pas que votre mal était aussi fort et encré en vous. Mais personne ne devrais vouloir mourir de cette façon. Vous méritez le bonheur comme tout le monde. J'aimerais pouvoir vous aider d'avantage dans ce domaine, outre le fait de vous fournir en alcool. Vous pouvez tout me dire. "

Même les pensées les plus sordides, mêmes les plus folles, les plus dures, les plus difficiles à entendre, tu étais prête à les entendre, les écouter. Irene avait des problèmes, de graves problèmes, des problèmes de couple sans aucun doute, mais tu ne pouvais pas savoir quoi exactement. Son mari, enfin si elle était mariée, la battait-elle ? Elle ne montrait pas de signe extérieur de coups, mais peut être qu'ils étaient cachés par ces vêtements, ou du maquillage sur son visage. Peut être que les coups n'étaient pas physiques, peut être qu'ils étaient bien plus insidieux, peut être que ce n'était que des mots, mais ils lui faisaient plus de mal que de bien, sans aucun doute. Alors si elle voulait te rendre service, qu'elle te dise exactement sa situation, et si elle le pouvait, elle ira porté plainte contre ce salaud. Une aussi belle femme ne mérite pas un tel traitement, aucune femme ne mérite un traitement comme celui que subit Irene depuis sans doute des années. Mais peut être qu'elle ne voudra rien entendre, peut être qu'elle voudra faire la sourde oreille, peut être qu'elle aime ce salop et qu'elle ne voudra rien faire contre lui, peut être qu'elle aimait au fond ce cercle vicieux, même si elle avait tenté d'y mettre un terme.


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    « Il est temps de passer aux choses sérieuses. Il ne faut pas se fier aux apparences. Un joli minois n'est pas forcément mauvais signe, bien au contraire. Quand on cherche, on trouve, et croyez moi, je trouverais. »


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La compassion est l'étape intermédiaire ...

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