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 Risques et périls

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MessageSujet: Risques et périls Lun 26 Juin - 17:28





Risques et périls

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Le bord de mon téléphone vient s’échouer contre mon menton, le heurtant avec douceur dans un rythme régulier mais inconscient. Les yeux rivés sur l’écran de mon ordinateur, je me fais hésitante. Je suis ainsi depuis une bonne vingtaine de minutes, relisant pour la énième fois les informations récoltées sur mon nouveau client. Et par client, je ne fais pas référence à mon travail à la boutique d’électronique. Il s’agit bel et bien de ma seconde activité, celle ignorée de presque tous, cachée aux yeux des plus curieux. Celle que je ne déclare pas sur ma feuille d’impôts et qui est aussi grisante qu’elle est risquée. Celle qui fait de moi une voleuse. Une voleuse d’informations certes, mais une voleuse quand même. Il n’existe guère d’autres qualificatifs quand on pénètre la sphère privée d’un inconnu pour revendre ce que l’on a trouvé au plus offrant. Ou dans mon cas à ceux qui le demandent et ont les moyens de s’allouer mes services. Peu onéreux soit dit en passant comparé à d’autres professionnels du genre.
J’expire bruyamment, ne sachant pas encore si je compte donner suite au jeune homme dont la photo est affichée sur mon ordinateur. Tomislav Lukas Antonovic. Vingt-deux ans. Originaire de Serbie, plus précisément Pancevo. Brun, les yeux d’un bleu glacé, un mètre quatre-vingt-douze, plutôt bel homme si on aime le genre beauté glaciale. Sur le sol américain depuis peu et officiellement mécanicien. Plus quelques autres infos éparpillées ci et là. Rien de très croustillant à vrai dire, mais assez pour écarter l’hypothèse d’un flic. Ça devrait me rassurer, me faire lâcher du lest et lui répondre par l’affirmative, sauf que depuis la visite surprise de Daya, je me dois de redoubler ma vigilance. La pensée de la jeune femme fait poindre un sentiment de colère. Après autant d’années sans se voir, après avoir presque oublié qu’elle a un jour fait partie de ma vie, la voilà qui débarque un soir pour me faire du chantage. Mon ex colocataire et amie. Mon ex colocataire flic. Putain !

Et c’est bien la raison qui me donne la sensation d’être écartelée. Parce que je n’ai pas droit à l’erreur, pas avec elle qui surveille chacun des faux pas que je pourrai commettre. Et bien que j’ai à présent la certitude que le jeune homme ne fasse pas partie de la maison, il n’en reste pas moins que la facilité avec laquelle il m’a trouvé n’a rien de rassurant. C’est le paradoxe de mon activité. Je ne peux pas vraiment me faire de la pub aux yeux de tous et seul le bouche à oreille fonctionne. Mais l’inconvénient est que plus le nombre de mes clients augmente, plus le risque augmente avec lui. Règle numéro un, on ne parle pas du fight club. Règle numéro deux, on ne parle pas du fight club. Et pourtant, les adeptes continuent d’agrandir les rangs. Un cercle vicieux.
La logique voudrait que j’abandonne tout, que je fasse profil bas le temps de régler cette affaire avec Daya. Sauf que j’ai besoin de cet argent. Pour mon traitement. Maintenant que j’ai promis à Taylor de me soigner, je ne peux plus faire machine arrière et pour me soigner, il faut de l’argent. De l’argent que je n’ai pas. Retour à la case départ, je suis le putain de serpent qui se mord la queue.

« Et puis merde »

Je finis par me redresser sur le canapé, ouvrant le téléphone prépayé que je n’utilise que pour une certaine catégorie de personnes et cherche mon dernier contact en date. Allant dans les messages, je tape rapidement « J’accepte. Rendez-vous demain au Kasey’s Tavern, South Side, 5 :00 pm. » et l’envoie avant de changer d’avis. Attendant qu’il soit réceptionné, je l’efface dans la foulée histoire de ne laisser aucune trace. Me calant à nouveau au fond de mon canapé, je laisse retomber le portable à mes côtés, m’allumant un joint bien mérité. Inspirant une longue taffe salvatrice, j’expire l’épaisse fumée au-dessus de ma tête, fermant les yeux quelques instants. Les dés sont jetés. A mes risques et périls.

[…]

Je prends place sur une banquette au fond du bar, face à la salle. Je rencontre toujours mes clients dans des lieux publics, la plupart du temps là où je me sens à mon aise. Ici il ne peut rien m’arriver. Je suis davantage chez moi au Maureen’s mais également une habituée. Tout le personnel connaît mon nom là-bas et ce serait trop risqué si jamais la police avait un jour des soupçons sur ma personne. Autre que Daya…
Ici je reste une étrangère, une cliente lambda et histoire de ne pas attirer l’attention, je commande une Guiness quand la serveuse vient me demander ce que je désire. A défaut d’avoir perdu mon accent quelques années après mon arrivée à Chicago, je peux au moins me rappeler le pays avec une bonne bière. Les américains sont doués dans énormément de domaine, mais leur bière a toujours eu un goût infâme pour mes papilles gustatives.
La serveuse revient quelques minutes plus tard avec ma bière que je lui paie mais je n’y touche pas. Je vérifie l’heure. Quatre heures cinquante. Je suis légèrement en avance. Et quelque part je suis nerveuse, ce qui ne me ressemble pas. J’ai toujours assuré mes arrières pour ne pas ressentir ce genre de choses. J’ai toujours été pleinement en confiance avec mes talents. Mais depuis la visite de la fliquette, je ne peux empêcher une petite sonnette d’alarme de tinter au fin fond de ma tête. Comme pour me prévenir qu’à forcer de jouer avec le feu je vais me brûler. Et même si je n’ai pas grand-chose à perdre, même si j’ai fait volontairement une croix sur toutes les choses les plus importantes de ma vie, je ne peux m’empêcher d’angoisser à l’idée que je suis peut-être en train de faire une grosse connerie. Mais il est trop tard pour reculer. J’ai sauté dans le vide, à moi d’en assumer la chute.

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MessageSujet: Re: Risques et périls Sam 15 Juil - 21:46

Les choses sont beaucoup plus difficiles que tout ce qu’il aurait pu imaginer dans le fin fond de sa pathétique campagne. Son seul point de sauvegarde à cette heure est sa prévoyance, celle qui l’a poussé à travailler durant tout ce temps, comme un fichu esclave, sans compter ses heures mais plutôt ses dinars, un à un, chaque soir. Pour faire les comptes qui le rapprochait un peu plus de son objectif, traçant à chaque nouveau levé de soleil, un chemin menant vers cette très chère et tendre demi-sœur. Celle qui a eu la chance inespérée de pouvoir se construire une vie que l’on a refusé à Tomislav. S’il avait suivi le même chemin que sa sœur Aleksija, il serait encore entrain de tremper ses doigts fins dans le cambouis, réparant les pannes des plus riches qui ne nourrissaient même pas les plus pauvres.

Clope aux lèvres, Tomislav est assis sur le rebord de sa fenêtre pour contempler le silence nocturne. Il peut s’estimer heureux d’avoir réussi à trouver un appartement donnant une vue plus ou moins correcte sur l’extérieur. Il n’a pas le droit au Lincoln Park ou même à quelconque lieux de renom mais à une ruelle crade, glauque et humide où il s’y passe toujours quelque chose hors du commun. Et aux yeux du Serbe, ça vaut Central Park, la Tour Effel et Buckingham Palace réunies au même endroit.
Et cette nuit, c’est le besoin farouche et animal d’atteindre l’orgasme qui se manifeste sous son regard sombre, brillant. Il tire sur sa cigarette, penche légèrement sa tête sur le côté tout en observant ce postérieur blanc dont la moitié est dissimulé par le jean rabaissé, se déchainer comme un beau diable contre un deuxième corps, face contre le mur. Deux hommes en quête de satisfaction, transpirants, dont l’un d’eux jettent régulièrement des regards à droite, à gauche, comme pour s’assurer que personne ne les observe à seulement deux heures du matin.
Tomislav continue de les observer jusqu’à la fin, oscillant entre le pathétique et la fascination de voir à quel point ils semblent affamés. Rien de pervers dans sa contemplation, juste une sincère curiosité du comportement humain. A-t-on à ce point la dalle pour avoir envie de s’adonner à un acte si platonique dans une ruelle si dégueulasse ? Visiblement oui, puisqu’à peine l’orgasme atteint par celui qui semblait avoir le Diable aux hanches, ce dernier se met aussitôt à genoux pour assouvir maintenant le plaisir de son partenaire.

Et si Tomislav détourne les yeux, ça n’est pas par pudeur – c’est une notion abstraite au regard du jeune homme – mais parce que la forme d’un corps se glisse hors des draps de son lit.

- Tu ne viens pas te recoucher ?
- Non.

Un simple mot qui trahit pourtant son fort accent serbe dont il n’arrive toujours pas à se détacher malgré ses nombreux efforts.
La jeune femme le rejoint à la fenêtre et lui vole sa cigarette d’entre ses lèvres pour en tirer une bouffée qu’elle rejette tout en regardant à son tour le spectacle qui s’anime sous leur fenêtre. Elle n’est ni choquée, ni outrée. C’est presque de l’amusement qui traverse son regard noisette.

- Je ne sais toujours pas si je te trouve glauque ou vraiment fascinant comme garçon.

Il ne lui répond pas, se contente simplement d’observer en silence les marques qui ornent le ventre et l’intérieur des cuisses de la prostituée. Violacées, elles sont comme un rappel de leur étreinte passée, particulière. Avant qu’il ne mette les pieds à Chicago, il n’avait jamais vraiment exploité le sexe plus que ce qu’il ne connaissait déjà. C’est-à-dire, pas grand-chose. La masturbation qu’il n’osait jamais vraiment pratiquer dans le taudis qui lui servait de maison dont la porte de sa chambre ne se fermait même pas, un problème que ses parents avaient toujours tardé à régler. Puis l’acte sexuelle qu’il a effectivement consommé quelques fois, rapidement, un peu ivre avec des filles dont il ne se souvenait jamais du prénom tout comme elles l’oubliaient aussi vite le lendemain.
Mais sa venue à Chicago semble avoir fait sauter un verrou chez le Serbe qui, après avoir acquis la liberté de vivre où il veut sur ce territoire qu’il chérissait depuis tant d’années, pouvait désormais s’abandonner à ses plus profonds fantasmes, sans l’ombre d’une honte, sans vraiment de limites...
Visiblement, Sofia appréciait tout autant que lui ses petits jeux particuliers.

Les deux amants de la Ruelle finissent par assouvir leurs besoins bestiaux, remontant à la hâte leurs pantalons tout en jetant des coups d’œil affolés aux alentours avant de se séparer, comme de nouveaux étrangers.

- Je vais y aller « honey », ton temps de plaisir est écoulé.

Tomislav attrape la prostituée par le poignet. Il est encore impressionné de la maigreur de ce dernier, presque fasciné par cette peau laiteuse, presque transparente.

- Encore une heure.

Il appuie ses mots par quelques billets glissés dans la paume de Sofia. La jeune femme fait rapidement le compte, sourire aux lèvres. Elle a toujours juste le temps de déposer l’argent sur le bord de la fenêtre que le Serbe glisse une main autoritaire dans sa chevelure flamboyante, tendant la peau de son cou qu’il dévore tel un animal sur sa proie.

**

« Kasey’s Tavern, South Side, »

Trois mois qu’il est ici et se repérer est toujours un putain d’enfer. Cigarette aux lèvres, il se repère sur un plan, sourcils froncés. Tout du moins, il essaie. Tomislav essaie d’y comprendre quelque chose au sens, à toutes ces rues, à tous ces noms mais difficile quand on est pas du pays, de la ville. Il finit par abdiquer et demander son chemin, même s’il n’est pas friand de cotoyer les autres. Pourtant, il doit bien faire un effort pour créer des liens, des amitiés qu’il pourrait présenter en gage d’intégration pour obtenir son saint graal. Et c’est bien dans ce but qu’il galère à trouver ce bar. Là-bas se trouve l’une des clés des nombreux cadenas qui verrouille son chemin vers la pleine liberté, vers son rêve américain.

- C’est la prochaine rue à gauche.

Tom acquiesce, baragouine un remerciement avant de d’allonger le pas vers sa destination. Des fourmis se manifestent au creux de son ventre, entre l’excitation et la crainte d’être déçu. Après des mois des recherches, de billets échangés pour des infos et d’attente, le serbe atteint peut-être enfin son but. Celui de retrouver celle qui lui a tout volé, qui a eu la chance qu’il n’a jamais pu effleurer du bout des doigts, et si pour ça il devait utiliser des méthodes peu conventionnelles, il était plus que prêt à mettre le prix.
Il tire une dernière bouffée sur sa clope avant de la jeter dans le caniveau, glissant une main dans ses cheveux qu’il ramène en arrière. La porte du bar poussée, Tomislav aborde une attitude décontractée, de celui qui vient ici par hasard afin de noyer sa fin d’après-midi d’ennuie dans une bière de mauvaise qualité.

A en juger par l’horloge murale, il est pile à l’heure. Maintenant, il lui reste à trouver son laisser passer… Tomislav sonde la salle de son regard de glace, sans l’ombre d’un sourire sur le visage, ni même d’une quelconque expression. Mains dans les poches de sa veste, il fait quelques pas et son choix se porte sur une jeune femme, tout au fond du bar. Instinct ? Non. Simple déduction vu qu’elle est la seule cliente à ne partager sa table avec la solitude. Tomislav se dirige vers la table en question, venant s’assoir directement sur la banquette, face à l’inconnu.
Il doit être honnête, il ne s’attendait pas à un personnage aussi atypique. Dreadlocks, lunettes vissées sur le nez, piercing au nez… Loin de l’en déranger, Tom ne s’en formalise pas.
Il aime tout ce qui est étrange, différent.

- Quelqu’un m’a dit de suivre le lapin blanc.

Rien d’autres que ces mots qui, si il a bien compris, se trouve être le mot de passe pour entamer l’échange.
Tout du moins, si cette femme est bien celle qu’il cherche.

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MessageSujet: Re: Risques et périls Sam 5 Aoû - 19:53





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Mes ongles courts viennent taper sur la surface en bois de la table, signalant l'angoisse qui commence à poindre au creux de mon estomac. Bien loin de temps de l'insouciance, de la pleine confiance et de la pensée que rien ne peut m'arriver. Je suis sur le qui vive, alerte, adressant un regard méfiant chaque fois que je sens une paire d'yeux se poser sur moi. La paranoïa s'installe, insidieuse, me demandant si je n'ai pas été suivie, si tout ceci n'est pas qu'un piège vicieux pour me faire tomber. Jusqu'où est-elle prête à aller, cette ancienne amie que je pensais inoffensive ? Jusqu'à quel point l'ai je blessée ? Est-ce que ce type qui me fait face et qui me lance des regards trop appuyés est en réalité un flic ? Il n'en a pas l'allure mais j'imagine que c'est le but. La trentaine, une calvitie précoce, des yeux verts perçants. Ou cette femme plus loin, sur ma droite, qui louche trop souvent dans ma direction. Quarante, quarante-cinq ans ? Propre sur elle, un peu trop pour ce genre d'endroits.
Je soupire, tentant de relâcher la pression et de faire taire ces voix qui me soufflent de quitter les lieux et de retourner me terrer entre les quatre murs de mon appartement. De faire la morte pendant quelques temps avant de reprendre mes activités illégales une fois tout danger écarté. J'essaie de faire reculer cette paranoïa qui ne me quitte jamais vraiment depuis la visite impromptue de Daya il y a quelques semaines. De me dire que ces gens ne me regardent avec insistance que parce qu'ils jugent mon look atypique. J'en ai l'habitude, depuis trois ans que je l'ai adopté. Ça ne devrait plus me toucher. Sauf que je me fiche pas mal de ce genre de regard à dire vrai. Si j'étais certaine que ces étrangers étaient simplement dérangés ou intrigués par mes dreads et mes habits colorés...mais il y a toujours cette part de moi qui me méfie de tout et de tout le monde. Je déteste ce sentiment. Celui de se sentir surveillée, à une échelle plus ou moins proche. Je ne le suis possiblement même pas. Mais je ne sais pas et c'est sans doute ça le pire. Le doute. De ne rien savoir. Ou de ne pas savoir quand ça va me tomber sur le coin de la gueule. Quand. Qui ? Je secoue la tête, ce n'est pas le moment de penser à tout ça, de laisser ce sentiment me gagner et prendre le pas sur le reste. J'avais le choix. Celui de dire non, de ne pas donner suite à ce nouveau client. Mais je ne l'ai pas fait et c'est à moi d'en assumer les risques et hypothétiquement les conséquences.

Je secoue la tête et fais le vide, attendant encore de longues minutes le jeune homme. Jusqu'à ce qu'une silhouette pénètre dans le bar et que je reconnaisse les traits vivants de la photo apparue sur mon ordinateur quelques jours plus tôt. Bien sûr, je ne suis pas censée connaître son visage alors je reste neutre, le laissant deviner l'identité de sa future « employée ». il finit par arriver jusqu'à moi et quand il prend place je plante mes yeux dans les siens, souriant en coin à la phrase qu'il choisit pour s'introduire. Une phrase choisie un peu au hasard comme j'aurais pu en choisir mille autres. Et la première chose que je remarque est le bleu glacé de son regard. Un bleu froid, qui tire sur le gris. Les traits de son visage sont doux, des lèvres pleines qui lui donnent un certain charme enfantin. Mais je ne sais pourquoi il y a quelque chose de neutre. La plupart de mes clients sont stressés, ne sachant pas comment placer leur corps, jouent avec leurs doigts et gesticulent sur leur siège. Ils ont le regard fuyant, son peu sûrs d'eux et parfois honteux de faire appel à mes services. Mais lui...il dégage de l'assurance, du charisme, et un petit quelque chose d'inquiétant sans que je ne sache réellement pourquoi. Ou peut-être est-ce juste ma parano qui reprend le dessus et me fait voir le mal partout, y compris dans ce jeune homme dont je connais pourtant si peu. Assez pour tenter une entrevue et voir si nous pouvons réellement faire affaire. Si mes tarifs lui conviennent, si les recherches qu'il me demandera de faire ont assez d'intérêts financiers pour moi et surtout, les limites que je ne devrais pas dépasser par risques de me faire prendre. Ce n'est pas quelque chose en temps normal avec laquelle je débats trop longuement mais je dois rester prudente cette fois, bien plus que les fois précédentes, en espérant que ce ne soit pas la dernière.

« Maeve » Je lui tends la main pour me présenter. Il est inutile de cacher mon vrai prénom quand une simple photo me peut me trahir de toute façon. Et bien que je connaisse déjà le sien, je lui laisse le soin de se présenter à son tour, histoire de rompre la glace. « Vous prenez le temps de commander ou vous préférez passer directement aux choses sérieuses ? » A savoir ce qu'il veut vraiment de moi et quel vide d'informations il cherche à combler par mes soins. Puisque c'est ma spécialité. Trouver des adresses, des numéros de téléphone, des preuves de relations extra conjugales et en de rares occasions quelques petits plus beaucoup plus personnels et risqués. Mais je lui laisse le choix. Certains se sentent plus à l'aise après un verre et un échange banal, d'autres se contentent du strict minimum et préfèrent en rester au côté professionnel du rendez-vous. L'un comme l'autre me convient. Je m'adapte, l'ai toujours fait. Le client est roi comme on dit. Et le client, c'est lui.

Je bois une gorgée de la bière que j'ai commandé en l'attendant, effaçant les quelques doutes persistants.

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MessageSujet: Re: Risques et périls Mar 15 Aoû - 11:58

Elle est étrange cette femme qui se tient face à lui, un peu atypique avec ses cheveux bizarres et ses grandes lunettes. Pourtant le serbe aime bien ce côté décalé même s’il ne se laisse pas attendrir par cette pseudo-fascination, pas tout de suite en tout cas. Il ne la connait pas, elle pourrait être une de ces foutues arnaqueuses qui promettent des miracles pour mieux vous entuber derrière et se tirer avec vos informations personnelles et tout retirer de votre compte bancaire.
Tomislav prononce le mot de passe attendu et la jeune femme lui tend enfin la main.

- Maeve.

Il hésite une fraction de seconde avant de la serrer, ses yeux passant de cette poignée de main à cette fameuse… Maeve ? Prénom bizarre qu’il a un poil de mal à prononcer mais ne s’en formalise pas, se contentant simplement de s’installer face à la jeune femme.

- Tomislav.

En réalité, il aurait pu s’abstenir de se présenter puisqu’il se doute qu’elle doit avoir un paquet d’informations sur lui. Il imagine un instant les démarches qu’elle a effectuées de son côté… est-ce qu’elle a menée une enquête sur lui ? Pour savoir à qui elle avait à faire, genre s’il n’était pas un indic, un flic ou tout simplement un type dangereux ? C’est ce qu’il aurait fait, à sa place.
Mais il ne l’est pas alors il se contente d’imaginer.

- Vous prenez le temps de commander ou vous préférez passer directement aux choses sérieuses ?
- Non, je préfère commencer tout de suite.

Son accent est à couper aux couteaux et il lui arrive encore de faire un tas d’erreurs de prononciations, de conjugaisons, etc…
Quoi qu’il en soit, il ne souhaite pas s’éterniser, préférant minimiser les risques de… de quoi ? Il n’en sait trop rien. De toute façon, pourquoi perdre du temps à siroter un verre avec une inconnue alors qu’il compte seulement obtenir ses infos et ne plus jamais la revoir ?

- Je voudrais retrouver mon sœur. Il plonge la main dans la poche intérieure de sa veste pour en sortir une feuille de papier où il a griffonné le peu d’informations qu’il détient. Je sais juste qu’elle s’appeler Nathalia Antonović . Je pas réussir à avoir autres choses.

Il articule du mieux qu’il peut, essaie de se démerder avec ses connaissances en américain pour se faire comprendre correctement.
Tomislav a eu beau chercher plus d’informations, il n’a rien trouvé d’autre que ce qu’il ne sait déjà. Prénom et nom de famille, puisqu’il est le sien. Pourtant, il n’a pas chômé entre les bars et les connaissances qu’il s’est fait depuis qu’il a débarqué sur les terres américaines, mais rien. En même temps, que pouvait-il espérer de plus dans une ville aussi énorme que Chicago. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin, ça reviendrait au même.

- Ah et elle a 27 ans.

Ici aussi, rien de compliqué. Suffisait de se rapporter à l’histoire de son menteur de père pour faire un rapide calcul. Encore faut-il qu’il ne lui ait pas encore raconter une énième connerie sur sa pseudo aventure grandiose en Amérique…
Tomislav ne sait pas si l'information pourra lui servir ou non mais il suppose que tout est bon à prendre.

- Je veux juste savoir où elle vit, l’adresse et si elle a enfants ou mari. Aussi. Et l’adresse de son travail.

Il n’a pas à se justifier du pourquoi du comment il souhaite toute ces informations, ça ne regarde pas Maeve mais il sent bien que sa demande pourrait presque paraitre bizarre, presque dangereusement louche. Tomislav n’ajoute pourtant rien.

- Alors, combien je dois payer ?

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MessageSujet: Re: Risques et périls Dim 10 Sep - 18:32





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Tomislav.
Bien sûr je connais déjà son prénom. De même que son nom, là d'où il vient, l'endroit où il a grandi, la date à laquelle il a quitté son pays d'origine pour atterrir dans cette partie du monde. Assez d'informations pour convenir qu'il n'est ni flic, ni indic de ceux-ci. Pas en si peu de temps. Il n'y a rien de marquant dans sa vie, du moins rien que je n'ai pu trouver grâce aux recherches effectuées. Mais c'est toujours étrange de rencontrer l'un de ses clients après avoir passé des heures sur leur cas. La plupart ne se doute pas que je fais également des recherches sur eux avant d'accepter un « contrat ». Ça pourrait égratigner ma conscience, sauf que c'est un mal nécessaire. Deux ans plus tôt, je suis tombée sur un type à la recherche de son ancienne petite amie. Si je l'avais cru sur parole, cette dernière, après l'avoir arnaqué et vidé son compte en banque, se serait tirée à l'autre bout du pays. Si je l'avais cru sur parole, je l'aurais aidé à la retrouver. Si je l'avais cru sur parole, la fille serait morte. Mon client était fiché pour violences conjugales, et sa dernière petite amie n'avait été que la dernière sur une longue liste. Mais même après plusieurs années de prison, la vengeance faisait toujours partie de ses projets. Je n'avais évidemment pas donné suite, en espérant qu'il ne la retrouve pas d'une autre façon.
Je n'avais rien trouvé de ce genre sur Tomislav Antonovic.  Alors j'avais accepté. Même avec les risques que ça comportaient, même avec cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête. Pour l'argent. Parce que j'en avais plus besoin encore qu'auparavant et que de petites affaires comme celle-ci, même si elles ne rapportaient pas gros, ne me demandaient pas énormément de temps ni d'efforts. De l'argent facile et rapide, deux arguments de poids.

Il opte pour la manière directe et j'acquiesce sans m'en formaliser. Je suppose que ça colle avec cette froideur qui semble le caractériser. Un stéréotype des gens de l'Est qu'il m'est difficile de retirer maintenant. Son accent est là pour me rappeler qu'il est à Chicago depuis peu mais tant que nous nous comprenons, je ferai comme si de rien n'était.
Direct, il l'est à nouveau quand il me donne la raison de cette entrevue, à savoir retrouver sa sœur. Je sors moi-même un calepin et un stylo et commence à écrire les informations qu'il a la concernant. Natalia Antonovic. Pas besoin de demander de l'épeler puisque je l'ai vu s'afficher un nombre incalculable de fois sur mon ordinateur. Je ne fais aucun commentaire mais l'affaire me semble plutôt simple. En règle générale, je n'ai pas autant d'informations concernant les personnes recherchées. Je continue d'écrire et ajoute l'âge de la jeune femme, presque le mien, ce qui me permettra sans aucun doute de supprimer les homonymes de ma liste de trouvailles. Quoi qu'il ne doit pas avoir énormément de Natalia Antonovic à Chicago et même dans tout l'état de l'Illinois au complet. Disons que c'est plus facile que de trouver une Jane Doe, soyons honnêtes.
Un prénom, un nom, possiblement changé si elle est mariée mais qui restera archiver quelque part où je pourrais aisément m'infiltrer par quelques combines informatiques, et un âge et donc une année de naissance. C'est presque trop facile pour être sérieux. Ce qui veut dire également que ça paiera moins. Je continue de noter les informations qu'il a envie de connaître, ne posant pas de questions. Ce n'est pas mon rôle et quand bien même, il n'y répondrait probablement pas. Et je n'ai pas les moyens de froisser l'ego d'un client et de cracher sur les billets verts qu'il veut bien consentir à me donner. Je ne relève les yeux vers lui que lorsqu'il me demande le prix. Je repose mon stylo et bois une autre gorgée de ma bière.

« Tout dépend des recherches que j'aurais à faire et de la facilité du travail. » Je m'efforce de parler plus lentement qu'à l'ordinaire, puisque nombre de mes amis me font souvent remarquer que je veux avoir terminé une phrase avant de l'avoir commencé. « Mais vous m'avez donné pas mal d'informations, ça ne devrait pas être trop compliqué de retrouver votre sœur. » Sauf si....  « Vous êtes certain qu'elle vit à Chicago ? Je veux dire, vous ne connaissez que son nom de naissance et son âge, comment êtes vous sûr qu'elle vit ici ? Si je demande c'est que le prix augmentera si je dois pousser mes recherches à tout l'état de L'Illinois voire aux quarante-neuf autres... » Parce qu'il me faudra pirater d'autres fichiers un peu plus sensibles. Et que ce sont mes fesses qui aura chaud. « Mais si elle est bien ici et même si elle a changé de nom parce que mariée, le forfait de base est à deux cent cinquante dollars. » Il y a quelques temps c'était un peu moins cher mais les temps sont durs et j'ai un cœur malade à soigner. Alors hausse des prix. Reste à savoir à quel point ce Tomislav souhaite retrouver sa sœur et si cette dernière vaut la somme demandée.

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MessageSujet: Re: Risques et périls Ven 29 Sep - 0:10

- Tout dépend des recherches que j'aurais à faire et de la facilité du travail.

Ça tombe sous le sens. Tom s’attend à un prix exorbitant, se remémorant les services payés dans son propre pays qui auraient pu lui coûter un bras s’il n’avait pas un minimum de jugeotte et de logique. Mais il sait que pour ça, il faudra y mettre le prix qu’il faut. Et peu importe le montant, il le fera si c’est pour retrouver cette soi-disant sœur à qui tout sourit. Il compte bien pomper ce bonheur qu’il mérite à sa source et ce, sous la forme de quelques billets et de charité.

- Mais vous m'avez donné pas mal d'informations, ça ne devrait pas être trop compliqué de retrouver votre sœur.

Il acquiesce en silence, l’écoute attentivement même si les mots « votre sœur » le font tiquer. Peut-être que pour les liens du sang, elle l’est mais pour lui, elle n’est rien d’autre qu’une femme ayant pu bénéficier d’une chance qui ne lui revenait pas.

-  Vous êtes certain qu'elle vit à Chicago ? Je veux dire, vous ne connaissez que son nom de naissance et son âge, comment êtes vous sûr qu'elle vit ici ? Si je demande c'est que le prix augmentera si je dois pousser mes recherches à tout l'état de L'Illinois voire aux quarante-neuf autres...

Il prend le temps de réfléchir, de se souvenir de ce que son père lui a dit et de toutes les informations qu’il a pu récolter jusqu’ici, à droite à gauche, concordant avec le peu d’éléments que son père ait pu lui donner. Il ne sait rien d’autres d’elle à part ce qu’il lui a donné pour que cette nana puisse retrouver Natalia et une part de lui crève d’envie d’en savoir plus. Pour contempler tout ce qu’elle a pu obtenir, aboutir, construire, pendant qu’il grandissait avec sa sœur dans un taudis.

- Certain.

En réalité, il ne l’est pas vraiment car rien ne lui prouve qu’elle n’a pas déménagée entre temps mais encore une fois, là réside son meilleur espoir de pouvoir mettre la main sur cette femme qui n’a toujours pas de visage, de trait, d’odeur significative. Quelque chose qui pourrait lui permettre de détester une image concrète, une représentation physique de la haine qui la poussé ici aujourd’hui, sur les terres américaines.

- Mais si elle est bien ici et même si elle a changé de nom parce que mariée, le forfait de base est à deux cent cinquante dollars.

Non de dieu.
Deux cent cinquante dollars ? ll pouvait dire adieu aux prostituées pour au moins deux semaines. C’est qu’il allait se faire chier au pieu mais le jeu en valait clairement la chandelle. Si bien qu’il n’hésite pas une seconde pour plonger sa main dans la poche intérieure de sa veste et d’en tirer la moitié de la somme après avoir calculé les dollars consciencieusement et discrètement pour finalement prendre la main de Maeve, comme s’il souhaitait la réconforter et d’y glisser la moitié de la somme.

- Une partie aujourd’hui. L’autre, quand tu trouveras Natalia.

Il retrouve sa place, bras croisés sur la table, ne lâchant pas la jeune femme de ses grands yeux globuleux.

- Désolée mais te connais pas. Il tente d’expliquer son geste malgré son américain parfois approximatif. Je préfère prendre mon précaution.

Et si elle refusait ? Tant pis, il irait cherché un autre hacker mais il était hors de question qu’il se fasse berner comme un bleu et de la voir se tirer avec son fric alors qu’elle ne lui donnerait rien en échange. Et contrairement à Maeve, il n’avait aucun moyen de pression sur la jeune femme. Alors que elle… il suffisait de quelques clics pour qu’elle sache tout de lui, non ? Même s’il n’a rien à cacher – tout du moins dans ce qui est connu – il ne tient pas à ce qu’elle balance des sales trucs sur sa gueule de serbe.

- Donc, combien de temps ?

Il veut aller droit au but, ne pas tourner autour du pot. En soi, ça n’était pas urgent de retrouver Natalia dans l’immédiat mais son impatience était aussi imposante que cette colère qu’il nourrissait depuis qu’il était gamin.
Il devait savoir qui elle était, où elle bossait, quelle était sa vie.

Tomislav scrute Maeve sans retenue, de la tête aux pieds. Elle a l’air vive d’esprit, ça se voit dans le fin fond de son regard curieux, brillant.

- Par contre, peut-être pas assez d’argent pour payer autre moitié tout de suite. Il se redresse cette fois, plisse les yeux et tique de la bouche. Est-ce que tu prends le nature ?

Pas sûr de réussir à se faire comprendre, il insiste.

- Tu sais, toi et moi au lit.

Pas l’ombre d’un sourire.
Pas l’ombre d’un indice.
Est-il sérieux ou est-il tout simplement entrain de se moquer – gentiment ? – d’elle ?

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MessageSujet: Re: Risques et périls Sam 7 Oct - 19:37





Risques et périls

ici

Certain. Il est certain que sa demi sœur se trouve à Chicago. De quoi faciliter mes recherches. Moins de fichiers à pirater, moins de base de données à vérifier. De l'argent facile et surtout rapide. J'aime quand tout se déroule sans accroc, et même si j'apprécie d'avoir, de temps à autres, quelques affaires retors qui me demandent plus de moyen, qui me font douter et abreuvent finalement mon ego d'auto satisfaction, les petits deals comme celui-ci me satisfont également. Sans compter que ma conscience n'est même pas mise à mal par ce service. Je n'aurais potentiellement pas à fouiller plus que de raison dans la vie privée de cette jeune femme. Toutes les informations que mon client demandent sont plus que basiques et facilement trouvables. Certaines sont même publiquement accessibles, mais ça, il n'a nul besoin de le savoir puisqu'il est pour moi un porte monnaie sur pattes.
Je tique d'ailleurs quand il prend ma main dans la sienne. Je suis sociable. Genre, vraiment très sociable. Ça ne veut pas dire qu'un contact physique avec un inconnu ne me met pas mal à l'aise. Surtout un client. Encore plus quand il y a ce 'je ne sais quoi' de pas très rassurant que je préfère mettre, encore une fois, sur la froideur apparente des gens de l'Est. Comme quoi, même plusieurs décennies plus tard, le Rideau de fer a la dent dure, même pour une fille aux sources européennes comme moi. Je me détends cela dit assez vite quand une liasse de billets apparaît dans ma main, que je range sans même recompter. La moitié de la somme convenue, qu'il n'a pas chercher à discuter. Il m'explique son geste et un léger sourire fend mes lèvres. « C'est de toute façon ainsi que je fonctionne. Je ne prends jamais l'intégralité de la somme au premier rendez-vous » Personne ne voudrait prendre ce genre de risques et mon commerce coulerait en moins de deux. Quoi que, les gens sont assez stupides ou désespérés pour m'en confier la moitié sans garantie de résultats.

Je range le morceau de papier sur lequel j'ai noté toutes les informations nécessaires quand Tomislav s'enquiert du temps qu'il me faudra pour la retrouver. J'ai envie de lui répondre qu'une soirée me suffira sans doute à récolter les informations, mais je ne préfère pas m'avancer. Et puis j'ai d'autres petits deals en cours. Alors que je réfléchis à un délai raisonnable pour moi afin de ne pas trahir ma parole, il poursuit, et je l'écoute distraitement quand un mot me fait tiquer. Un paiement en nature ? Il est sérieux ? Je suis d'ailleurs prête à lui laisser le bénéfice du doute et à mettre ça sur une erreur de langage du à la barrière de la langue, mais ce couillon précise sa pensée et....je reste sans voix, le fixant en arquant un sourcil. Est-ce que ce type vient de me proposer de s'envoyer en l'air avec moi en échange de retrouver sa sœur ? Enfin demi sœur, et comme il a déjà payé la moitié de la somme, je ne sais pas quelle moitié fraternelle est mise en jeu.

Waouh, celle là je ne m'y attendais pas. Et c'est une première. Je retiens un rire nerveux, secouant la tête de gauche à droite, tentant de remettre mes idées en place. « Okay... » Je me racle a gorge, buvant une longue gorgée de ma bière, avant de finalement lui refaire face, yeux dans les yeux. « Je vais faire abstraction du fait que tu viens de me prendre pour une pute à cent soixante quinze dollars la passe – je sais même pas si je dois me sentir vexée, choquée ou flattée par cette somme – et me concentrer sur mon travail » Je me lève, attrapant ma besace au passage que je fais passer sur mon épaule, me penchant vers mon client. « Voilà comment ça va se passer » Je vérifie que personne n'écoute avant de continuer. « Disons qu'il va me falloir une semaine. Dès que j'ai les informations concernant votre sœur, je vous contacte. Si vous n'avez pas l'argent, je ne vous fournirai pas les informations. Et je les conserverai évidemment le temps nécessaire pour vous à l'obtention de l'argent. » Je lui laisse le temps d'assimiler ce que je viens de dire. Et pour être certaine qu'il n'y a pas et n'aura pas de quiproquo entre nous, je précise « pour être claire, que du cash, pas de sexe ! » J'ouvre grands les yeux pour m'assurer qu'il a compris ce que je viens de lui dire et pousse la bière que j'ai commandé dans sa direction. « Elle est payée, profitez-en. À dans une semaine monsieur Antonovic » Et sur ce, je m'éclipse rapidement, ne souhaitant pas rester plus que nécessaire avec lui seule à seule à une table. Bordel, ce type est vraiment glauque. Et sortant du bar pour retrouver la rue en repensant à sa proposition, je finis par pouffer de rire. Merde, ça m'en fera une bonne à raconter...

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MessageSujet: Re: Risques et périls Mar 17 Oct - 13:42

- Okay...

Okay du genre… oui, elle est d’accord pour s’envoyer en l’air avec le Serbe ? Tout bien réfléchit, ça l’arrangerait si cela pouvait lui éviter de dépenser un peu plus de thune. Des informations contre une nuit de plaisir… Il n’a pas l’habitude de ce genre de procédé mais pourquoi pas ? Ca ne changera pas forcément des prostituées qu’il s’offre parfois, au contraire, seulement cette fois-ci, pas besoin de dépenser quelques billets.

- Je vais faire abstraction du fait que tu viens de me prendre pour une pute à cent soixante quinze dollars la passe – je sais même pas si je dois me sentir vexée, choquée ou flattée par cette somme – et me concentrer sur mon travail

Elle ne lui laisse pas le temps de répondre qu’elle se lève déjà.

- Je t’ai pas prendre pour pute. C’était juste une proposition plus simple.

Plus facile, en vue de ses finances qui risquent de ne pas perdurer mais si la jeune femme ne voulait visiblement pas la simplicité. Ceci dit, il pouvait comprendre, ils ne se connaissaient pas et ça n’était pas facile pour tout le monde que de se donner à des inconnus.
Tomislav la regarde se lever sans bouger de sa place.

- Voilà comment ça va se passer. Disons qu'il va me falloir une semaine. Dès que j'ai les informations concernant votre sœur, je vous contacte. Si vous n'avez pas l'argent, je ne vous fournirai pas les informations. Et je les conserverai évidemment le temps nécessaire pour vous à l'obtention de l'argent.

Il l’écoute attentivement et n’a aucun mal à assimiler contrairement à ce que l’on pourrait croire. Certes, son langage n’est certainement pas des plus correct, loin de là, mais sa compréhension s’améliore pour peu que l’on prenne le temps de parler lentement comme le fait la jeune femme. Et pour tout ça, il peut remercier Ayleen pour sa patience.

- pour être claire, que du cash, pas de sexe !
- J’ai compris. T’en fais pas.

Aux dernières nouvelles, il n’était pas con non plus. Il la regarde pousser la bière vers lui qu’il accueille sans broncher au creux de sa main.

- Elle est payée, profitez-en. À dans une semaine monsieur Antonovic

Tomislav la remercie en levant la bouteille vers elle et c’est avec un sourire aux lèvres qu’il accueille la première gorgée, regardant Maeve s’éloigner et quitter ce bar.
Tout se déroule comme il le souhaite et comme prévue. D’ici peu, il aura enfin les informations nécessaires pour traquer et retrouver cette demi-sœur qu’il déteste foncièrement avant même de l’avoir vu. Et quand il y songe, quand il repense à toutes les merdes qu’ils ont vécus au fin fond de leur barraque fracassée, il enrage en silence de ce dire que cette femme doit-être actuellement entrain de vivre son petit rêve américain dans sa superbe baraque à ne se soucier rien d’autre qu’à savoir quoi faire de sa journée, quel thé goûter, quel concert aller voir.
Tomislav sirote tranquillement sa bière, songeant à toutes les options qui se présente à lui, à la façon dont il abordera cette femme complètement inconnue. Il pense tout d’abord à se familiariser à son environnement de travail, l’observer de loin puis de près. Sans jamais l’aborder jusqu’à ce qu’il trouve la bonne opportunité, la bonne faille.

Le serbe boit sa dernière gorgée et se glisse hors du bar, sourire aux lèvres. Finalement, cette journée n’était pas si mauvaise.

¤

- 200 dollars ? Vous m’avez dire 300.
- Ouais et ? Le Chef mécano l’observe d’un œil moqueur. Toi avoir oublié matériel cassé de dernière fois ?

Il éclate d’un rire gras, Tomislav ravale sa haine et son mépris. Il aimerait lui foutre son poing dans la gueule et lui faire avaler ces maigres 200 dollars qu’il tient dans le creux de sa paume. Deux cents dollars pour deux semaines et demi de travail. A ce prix-là, il aurait mieux fait de rester chez lui à continuer de bosser dans le garage où il était puisqu’il n’avait pas plus d’argent à la fin, il avait au moins le respect de ses pairs.
Tomislav ne dit rien, bien conscient qu’il a encore besoin de ce job le temps de pouvoir piller un peu les réserves de Natalia, refusant de toucher aux siennes pour le moment. Il ne le fera qu’en cas d’urgence. Et ce n’en est pas une pour l’instant.

Le jeune homme passe par chez lui, prend une douche tiède avant de revêtir des vêtements propres et de prendre la direction d’un parc se situant non loin d’une église dont il ne connait pas le nom, juste l’emplacement. Somme sagement rangée dans le creux de sa poche, le serbe rejoint un banc où il s’y assoit, profitant du rayon de soleil sur sa peau bien pâle qui lui donne des allures de mecs malades. Des gamins jouent dans le parc un peu plus loin ne se souciant absolument pas du monde qui les entoure, tout comme ces parents qui sont plus occupés à regarder leurs smartphones que leurs progénitures qui pourraient bien se faire enlever dans la seconde qu’ils ne s’en rendraient pas compte.

La silhouette de Maeve se détache et vient le rejoindre, le jeune homme étant un poil trop en avance.
Il l’a salut d’un geste de la tête avant de se tourner vers elle, légèrement.

- Désolé, pas argent nécessaire. Je satisfais toi d’autres façons…

Il lâche un rire amusé et de son large sourire, enchaine.

- Je plaisante. J’ai le reste. Et toi ?

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MessageSujet: Re: Risques et périls Mer 8 Nov - 19:29





Risques et périls

ici

Argent facile. Encore plus que je ne l'avais pensé en acceptant à la base ce deal risqué. Pas pour les recherches exécutées ni le sujet duquel j'ai déterré les informations mais bien pour la menace que représente une certaine fliquette dans ma vie ces derniers temps. J'ai du redoubler d'attention, user d'autres stratagèmes pour ne pas me faire prendre juste au cas où. Après tout, inutile de trop jouer avec le feu et de me faire choper bêtement. Mais prenant en compte que je pouvais effectivement être surveillée ou pire, qu'elle mettrait ses menaces à exécution, il m'a fallu être encore plus prudente qu'à l'accoutumée. Peu de temps m'a été nécessaire pour rassembler les informations demandées par mon client, assez basiques de toute façon. Une banale recherche de proche perdu de vue. Avec assez d'indices pour ne pas y passer un temps infini.
Une semaine, c'est ce que j'avais dit à Tomislav Antonovic. Et une semaine plus tard je lui envoyais un message pour l'informer que j'avais ce qu'il désirait.

Pas de bar aujourd'hui, pas de bière bon marché pour patienter, pas de banquette usée et pas de propositions indécentes en échange de mes services. Crétin ! Le souvenir m'arrache tout de même un sourire et me fait secouer la tête. Il faut bien une première fois à tout, et un échange financier contre du sexe en a été une il y a huit jours. Sur le coup, je dois l'avouer, je n'ai pas vraiment ri, mais avec un peu de recul, mieux vaut en rire.
Je lui ai donné rendez-vous dans un parc que j'ai l'habitude de traverser dans le quartier, histoire de ne pas m'attarder plus que nécessaire, et encore une fois, parce qu'il est plus facile de prétendre à un hasard dans un lieu public tel quel celui-ci qu'à une même table d'un bar du coin. Juste au cas où, encore une fois. Et je ne peux empêcher une légère boule d'angoisse de me ronger alors que mes pensées se dirigent vers cette éventualité. Je regarde par dessus mon épaule, comme m'attendant à voir un flic en civil me suivre ou je ne sais quoi, parano jusqu'au bout des ongles. Mais je me résonne. Si Daya avait prévenu qui que ce soit, ils m'auraient déjà cueilli depuis longtemps. Ils n'auraient eu aucune raison d'attendre aujourd'hui et ce moment précis pour m'arrêter et m'inculper pour diverses charges. Je continue donc ma progression, me forçant mentalement à ne pas me retourner tous les dix mètres.
Quand je parviens à l'endroit du rendez-vous je suis quelque peu surprise de trouver le jeune homme déjà assis sur le banc. J'aime en général être la première lors des échanges et viens de ce fait toujours un peu en avance. Apparemment pas assez en avance aujourd'hui.

Pas de poignée de mains, il se contente d'un signe de tête et ça me convient très bien comme ça à vrai dire. Comme la dernière fois il se dégage une certaine froideur du personnage et je ne tiens pas à être en sa présence plus que nécessaire. Rien de forcément personnel, je garde une certaine réserve avec tous mes clients, question de prudence. Je lance un simple « bonjour » avant de prendre place à ses côtés, posant ma sacoche entre nous, histoire de créer une barrière physique. Et quand il lâche sa première phrase, je bloque, littéralement. J'arque un sourcil, abasourdi, m'apprêtant à lui rétorquer que mon poing dans sa gueule me satisfera effectivement d'une autre façon mais il sauve sa petite gueule pâle en ajoutant qu'il plaisante, me faisant lever les yeux au ciel, évidemment soulagée. Non pas que je relève la blague de mauvais goût – qui m'aurait sûrement marrer avec un proche – mais j'ai vraiment besoin de cet argent et savoir qu'il m'appartiendra bientôt me fait me concentrer sur la raison de ma présence ici et non pas la personne à mes côtés. « Je l'ai trouvé. » Et avant de continuer, je tends la main, plantant mes yeux dans les siens, attendant qu'il la garnisse de billets. Quelques secondes plus tard c'est chose faîte et je ne lui fais pas l'impolitesse de recompter, rangeant la liasse dans ma besace, en sortant à la place une pochette grise que je lui tends. « Elle ne s'appelle plus Natalia Antonovic. Elle est mariée à un certain James Manning, j'ai pris le soin de vous ajouter quelques informations sur lui aussi dans le dossier. L'endroit où il travaille, ce genre de choses... » Et je lui laisse le loisir d'en découvrir plus sur son nouveau beau-frère, n'ayant pas voulu mettre mon nez d'avantage dans les affaires d'un type appartenant aux Kos. Je devrais d'ailleurs peut-être rencarder mon client sur le fait qu'il s'apprête à mettre les pieds dans un nid de vipères mais ce ne sont pas mes affaires et je connais déjà assez de choses que je ne voulais pas savoir. « Ils ont un petit garçon de six ans, Eliott. Vous avez donc un neveu. » Pour moi ce serait sans doute une mauvaise nouvelle vu mon peu d'affection pour les enfants mais je ne sais pas si c'est une bonne ou mauvaise chose pour lui. « Elle est serveuse au Maureen's, un bar du quartier, ambiance irlandaise » Et ça, c'est le petit détail qui me dérange dans le sens où je la connais. Au moins physiquement. Je veux dire, c'est mon bar merde. Mais encore une fois, j'ai vraiment besoin de cet argent et je me console en me disant que je permets à un frère et une sœur de se retrouver. « Enfin il y a tout un tas d'autres choses là-dedans et quelques photos, vous verrez bien. » Probablement un peu plus que ce qu'il avait demandé mais ce n'est pas inhabituel pour moi.

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