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 Risques et périls

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MessageSujet: Risques et périls Lun 26 Juin - 17:28





Risques et périls

ici

Le bord de mon téléphone vient s’échouer contre mon menton, le heurtant avec douceur dans un rythme régulier mais inconscient. Les yeux rivés sur l’écran de mon ordinateur, je me fais hésitante. Je suis ainsi depuis une bonne vingtaine de minutes, relisant pour la énième fois les informations récoltées sur mon nouveau client. Et par client, je ne fais pas référence à mon travail à la boutique d’électronique. Il s’agit bel et bien de ma seconde activité, celle ignorée de presque tous, cachée aux yeux des plus curieux. Celle que je ne déclare pas sur ma feuille d’impôts et qui est aussi grisante qu’elle est risquée. Celle qui fait de moi une voleuse. Une voleuse d’informations certes, mais une voleuse quand même. Il n’existe guère d’autres qualificatifs quand on pénètre la sphère privée d’un inconnu pour revendre ce que l’on a trouvé au plus offrant. Ou dans mon cas à ceux qui le demandent et ont les moyens de s’allouer mes services. Peu onéreux soit dit en passant comparé à d’autres professionnels du genre.
J’expire bruyamment, ne sachant pas encore si je compte donner suite au jeune homme dont la photo est affichée sur mon ordinateur. Tomislav Lukas Antonovic. Vingt-deux ans. Originaire de Serbie, plus précisément Pancevo. Brun, les yeux d’un bleu glacé, un mètre quatre-vingt-douze, plutôt bel homme si on aime le genre beauté glaciale. Sur le sol américain depuis peu et officiellement mécanicien. Plus quelques autres infos éparpillées ci et là. Rien de très croustillant à vrai dire, mais assez pour écarter l’hypothèse d’un flic. Ça devrait me rassurer, me faire lâcher du lest et lui répondre par l’affirmative, sauf que depuis la visite surprise de Daya, je me dois de redoubler ma vigilance. La pensée de la jeune femme fait poindre un sentiment de colère. Après autant d’années sans se voir, après avoir presque oublié qu’elle a un jour fait partie de ma vie, la voilà qui débarque un soir pour me faire du chantage. Mon ex colocataire et amie. Mon ex colocataire flic. Putain !

Et c’est bien la raison qui me donne la sensation d’être écartelée. Parce que je n’ai pas droit à l’erreur, pas avec elle qui surveille chacun des faux pas que je pourrai commettre. Et bien que j’ai à présent la certitude que le jeune homme ne fasse pas partie de la maison, il n’en reste pas moins que la facilité avec laquelle il m’a trouvé n’a rien de rassurant. C’est le paradoxe de mon activité. Je ne peux pas vraiment me faire de la pub aux yeux de tous et seul le bouche à oreille fonctionne. Mais l’inconvénient est que plus le nombre de mes clients augmente, plus le risque augmente avec lui. Règle numéro un, on ne parle pas du fight club. Règle numéro deux, on ne parle pas du fight club. Et pourtant, les adeptes continuent d’agrandir les rangs. Un cercle vicieux.
La logique voudrait que j’abandonne tout, que je fasse profil bas le temps de régler cette affaire avec Daya. Sauf que j’ai besoin de cet argent. Pour mon traitement. Maintenant que j’ai promis à Taylor de me soigner, je ne peux plus faire machine arrière et pour me soigner, il faut de l’argent. De l’argent que je n’ai pas. Retour à la case départ, je suis le putain de serpent qui se mord la queue.

« Et puis merde »

Je finis par me redresser sur le canapé, ouvrant le téléphone prépayé que je n’utilise que pour une certaine catégorie de personnes et cherche mon dernier contact en date. Allant dans les messages, je tape rapidement « J’accepte. Rendez-vous demain au Kasey’s Tavern, South Side, 5 :00 pm. » et l’envoie avant de changer d’avis. Attendant qu’il soit réceptionné, je l’efface dans la foulée histoire de ne laisser aucune trace. Me calant à nouveau au fond de mon canapé, je laisse retomber le portable à mes côtés, m’allumant un joint bien mérité. Inspirant une longue taffe salvatrice, j’expire l’épaisse fumée au-dessus de ma tête, fermant les yeux quelques instants. Les dés sont jetés. A mes risques et périls.

[…]

Je prends place sur une banquette au fond du bar, face à la salle. Je rencontre toujours mes clients dans des lieux publics, la plupart du temps là où je me sens à mon aise. Ici il ne peut rien m’arriver. Je suis davantage chez moi au Maureen’s mais également une habituée. Tout le personnel connaît mon nom là-bas et ce serait trop risqué si jamais la police avait un jour des soupçons sur ma personne. Autre que Daya…
Ici je reste une étrangère, une cliente lambda et histoire de ne pas attirer l’attention, je commande une Guiness quand la serveuse vient me demander ce que je désire. A défaut d’avoir perdu mon accent quelques années après mon arrivée à Chicago, je peux au moins me rappeler le pays avec une bonne bière. Les américains sont doués dans énormément de domaine, mais leur bière a toujours eu un goût infâme pour mes papilles gustatives.
La serveuse revient quelques minutes plus tard avec ma bière que je lui paie mais je n’y touche pas. Je vérifie l’heure. Quatre heures cinquante. Je suis légèrement en avance. Et quelque part je suis nerveuse, ce qui ne me ressemble pas. J’ai toujours assuré mes arrières pour ne pas ressentir ce genre de choses. J’ai toujours été pleinement en confiance avec mes talents. Mais depuis la visite de la fliquette, je ne peux empêcher une petite sonnette d’alarme de tinter au fin fond de ma tête. Comme pour me prévenir qu’à forcer de jouer avec le feu je vais me brûler. Et même si je n’ai pas grand-chose à perdre, même si j’ai fait volontairement une croix sur toutes les choses les plus importantes de ma vie, je ne peux m’empêcher d’angoisser à l’idée que je suis peut-être en train de faire une grosse connerie. Mais il est trop tard pour reculer. J’ai sauté dans le vide, à moi d’en assumer la chute.

by tris

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MessageSujet: Re: Risques et périls Sam 15 Juil - 21:46

Les choses sont beaucoup plus difficiles que tout ce qu’il aurait pu imaginer dans le fin fond de sa pathétique campagne. Son seul point de sauvegarde à cette heure est sa prévoyance, celle qui l’a poussé à travailler durant tout ce temps, comme un fichu esclave, sans compter ses heures mais plutôt ses dinars, un à un, chaque soir. Pour faire les comptes qui le rapprochait un peu plus de son objectif, traçant à chaque nouveau levé de soleil, un chemin menant vers cette très chère et tendre demi-sœur. Celle qui a eu la chance inespérée de pouvoir se construire une vie que l’on a refusé à Tomislav. S’il avait suivi le même chemin que sa sœur Aleksija, il serait encore entrain de tremper ses doigts fins dans le cambouis, réparant les pannes des plus riches qui ne nourrissaient même pas les plus pauvres.

Clope aux lèvres, Tomislav est assis sur le rebord de sa fenêtre pour contempler le silence nocturne. Il peut s’estimer heureux d’avoir réussi à trouver un appartement donnant une vue plus ou moins correcte sur l’extérieur. Il n’a pas le droit au Lincoln Park ou même à quelconque lieux de renom mais à une ruelle crade, glauque et humide où il s’y passe toujours quelque chose hors du commun. Et aux yeux du Serbe, ça vaut Central Park, la Tour Effel et Buckingham Palace réunies au même endroit.
Et cette nuit, c’est le besoin farouche et animal d’atteindre l’orgasme qui se manifeste sous son regard sombre, brillant. Il tire sur sa cigarette, penche légèrement sa tête sur le côté tout en observant ce postérieur blanc dont la moitié est dissimulé par le jean rabaissé, se déchainer comme un beau diable contre un deuxième corps, face contre le mur. Deux hommes en quête de satisfaction, transpirants, dont l’un d’eux jettent régulièrement des regards à droite, à gauche, comme pour s’assurer que personne ne les observe à seulement deux heures du matin.
Tomislav continue de les observer jusqu’à la fin, oscillant entre le pathétique et la fascination de voir à quel point ils semblent affamés. Rien de pervers dans sa contemplation, juste une sincère curiosité du comportement humain. A-t-on à ce point la dalle pour avoir envie de s’adonner à un acte si platonique dans une ruelle si dégueulasse ? Visiblement oui, puisqu’à peine l’orgasme atteint par celui qui semblait avoir le Diable aux hanches, ce dernier se met aussitôt à genoux pour assouvir maintenant le plaisir de son partenaire.

Et si Tomislav détourne les yeux, ça n’est pas par pudeur – c’est une notion abstraite au regard du jeune homme – mais parce que la forme d’un corps se glisse hors des draps de son lit.

- Tu ne viens pas te recoucher ?
- Non.

Un simple mot qui trahit pourtant son fort accent serbe dont il n’arrive toujours pas à se détacher malgré ses nombreux efforts.
La jeune femme le rejoint à la fenêtre et lui vole sa cigarette d’entre ses lèvres pour en tirer une bouffée qu’elle rejette tout en regardant à son tour le spectacle qui s’anime sous leur fenêtre. Elle n’est ni choquée, ni outrée. C’est presque de l’amusement qui traverse son regard noisette.

- Je ne sais toujours pas si je te trouve glauque ou vraiment fascinant comme garçon.

Il ne lui répond pas, se contente simplement d’observer en silence les marques qui ornent le ventre et l’intérieur des cuisses de la prostituée. Violacées, elles sont comme un rappel de leur étreinte passée, particulière. Avant qu’il ne mette les pieds à Chicago, il n’avait jamais vraiment exploité le sexe plus que ce qu’il ne connaissait déjà. C’est-à-dire, pas grand-chose. La masturbation qu’il n’osait jamais vraiment pratiquer dans le taudis qui lui servait de maison dont la porte de sa chambre ne se fermait même pas, un problème que ses parents avaient toujours tardé à régler. Puis l’acte sexuelle qu’il a effectivement consommé quelques fois, rapidement, un peu ivre avec des filles dont il ne se souvenait jamais du prénom tout comme elles l’oubliaient aussi vite le lendemain.
Mais sa venue à Chicago semble avoir fait sauter un verrou chez le Serbe qui, après avoir acquis la liberté de vivre où il veut sur ce territoire qu’il chérissait depuis tant d’années, pouvait désormais s’abandonner à ses plus profonds fantasmes, sans l’ombre d’une honte, sans vraiment de limites...
Visiblement, Sofia appréciait tout autant que lui ses petits jeux particuliers.

Les deux amants de la Ruelle finissent par assouvir leurs besoins bestiaux, remontant à la hâte leurs pantalons tout en jetant des coups d’œil affolés aux alentours avant de se séparer, comme de nouveaux étrangers.

- Je vais y aller « honey », ton temps de plaisir est écoulé.

Tomislav attrape la prostituée par le poignet. Il est encore impressionné de la maigreur de ce dernier, presque fasciné par cette peau laiteuse, presque transparente.

- Encore une heure.

Il appuie ses mots par quelques billets glissés dans la paume de Sofia. La jeune femme fait rapidement le compte, sourire aux lèvres. Elle a toujours juste le temps de déposer l’argent sur le bord de la fenêtre que le Serbe glisse une main autoritaire dans sa chevelure flamboyante, tendant la peau de son cou qu’il dévore tel un animal sur sa proie.

**

« Kasey’s Tavern, South Side, »

Trois mois qu’il est ici et se repérer est toujours un putain d’enfer. Cigarette aux lèvres, il se repère sur un plan, sourcils froncés. Tout du moins, il essaie. Tomislav essaie d’y comprendre quelque chose au sens, à toutes ces rues, à tous ces noms mais difficile quand on est pas du pays, de la ville. Il finit par abdiquer et demander son chemin, même s’il n’est pas friand de cotoyer les autres. Pourtant, il doit bien faire un effort pour créer des liens, des amitiés qu’il pourrait présenter en gage d’intégration pour obtenir son saint graal. Et c’est bien dans ce but qu’il galère à trouver ce bar. Là-bas se trouve l’une des clés des nombreux cadenas qui verrouille son chemin vers la pleine liberté, vers son rêve américain.

- C’est la prochaine rue à gauche.

Tom acquiesce, baragouine un remerciement avant de d’allonger le pas vers sa destination. Des fourmis se manifestent au creux de son ventre, entre l’excitation et la crainte d’être déçu. Après des mois des recherches, de billets échangés pour des infos et d’attente, le serbe atteint peut-être enfin son but. Celui de retrouver celle qui lui a tout volé, qui a eu la chance qu’il n’a jamais pu effleurer du bout des doigts, et si pour ça il devait utiliser des méthodes peu conventionnelles, il était plus que prêt à mettre le prix.
Il tire une dernière bouffée sur sa clope avant de la jeter dans le caniveau, glissant une main dans ses cheveux qu’il ramène en arrière. La porte du bar poussée, Tomislav aborde une attitude décontractée, de celui qui vient ici par hasard afin de noyer sa fin d’après-midi d’ennuie dans une bière de mauvaise qualité.

A en juger par l’horloge murale, il est pile à l’heure. Maintenant, il lui reste à trouver son laisser passer… Tomislav sonde la salle de son regard de glace, sans l’ombre d’un sourire sur le visage, ni même d’une quelconque expression. Mains dans les poches de sa veste, il fait quelques pas et son choix se porte sur une jeune femme, tout au fond du bar. Instinct ? Non. Simple déduction vu qu’elle est la seule cliente à ne partager sa table avec la solitude. Tomislav se dirige vers la table en question, venant s’assoir directement sur la banquette, face à l’inconnu.
Il doit être honnête, il ne s’attendait pas à un personnage aussi atypique. Dreadlocks, lunettes vissées sur le nez, piercing au nez… Loin de l’en déranger, Tom ne s’en formalise pas.
Il aime tout ce qui est étrange, différent.

- Quelqu’un m’a dit de suivre le lapin blanc.

Rien d’autres que ces mots qui, si il a bien compris, se trouve être le mot de passe pour entamer l’échange.
Tout du moins, si cette femme est bien celle qu’il cherche.

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"Au royaume du sombre, de la thune et des rats,
je serais comme une ombre à chacun de tes pas."
©Saez - Comme une ombre.

   
©BESIDETHECROCODILE
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