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 (Flashback) Juste une soirée "peinard"

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MessageSujet: (Flashback) Juste une soirée "peinard" Sam 8 Juil - 19:06

Juste une soirée "peinard"
Cillian& Ethan
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Je prends place sur l’un des tabourets du bar, lessivé. Venir ici après la journée psychologiquement harassante que j’ai eu n’est sans doute pas la meilleure idée qui m’ai traversé l’esprit mais je n’ai pas envie d’être seul ce soir. Je n’ai pas envie d’avoir pour seule compagnie le silence mortel que renferme les quatre murs de ma maison. Paradoxalement, ce n’est pas de la compagnie de mes amis dont j’ai besoin non plus. Je ne veux pas leur infliger un énième coup de spleen, ils ont déjà assez avec leurs problèmes. Le Maureen’s est parfait. J’aime son atmosphère, je m’y sens à ma place. Et même si certains clients en fond de salle parlent déjà trop fort à cause d’une alcoolémie précocement élevée, je ne m’en formalise pas. J’ai besoin de me vider la tête, d’oublier cette journée. Vainement. C’est toujours ainsi. Plus l’on tente d’oublier quelque chose et plus les images défilent à l’intérieur de votre tête, comme un bourreau sadique refusant toute tranquillité d’esprit.

Plus je tente d’effacer les souvenirs et plus ils me frappent avec force et mesquinerie. Je me revois dans la voiture de patrouille avec Bill, entends à nouveau clairement l’appel radio du central comme si je me trouvais encore dans l’habitacle du véhicule. Un gamin pour dénoncer une dispute violente entre ses parents, complètement paniqué, en pleurs, terrifié à l’idée que son propre père tue sa mère. Je me souviens avoir forcé la porte avec mon partenaire après avoir demandé des renforts, préparé au pire, comme souvent. Je me souviens de la mère de famille, couverte de sang, encore debout au milieu de la cuisine, tremblante et en état de choc, un couteau à la main. Je me souviens du père, étendu sur le carrelage de cette même cuisine, gisant dans une mare de sang, de multiples lacérations et coups de couteau. Je me souviens du gosse, planqué sous son lit et du temps considérable qu’il m’a fallu pour l’en convaincre d’en sortir. Je me souviens de son pantalon souillé par l’urine à cause de la terreur vécue. Oui, je me souviens de tout. De la mère emmenée au poste quelques heures plus tard par la criminelle, du gosse en larmes confié aux services sociaux. Et des révélations que certains collègues d’autres services m’ont fait plus tard. L’histoire de ce mari violent qui tabassait sa femme depuis une dizaines d’années. De cette femme qui n’a jamais osé porter plainte ou s’enfuir. Apparemment aujourd’hui avait été la fois de trop. Il avait voulu s’en prendre à son fils et l’instinct maternel avait fini par prendre le dessus sur la peur et la soumission.
Et au milieu de ce tableau cauchemardesques, Shawn, onze ans. Onze ans à regarder le spectacle traumatisant des coups paternels sur sa propre mère. Onze ans dans la peur, l’incertitude. Et maintenant ? Il n’aura plus jamais peur de son père certes, mais en restera marqué à vie. Sa mère, même avec des circonstances atténuantes, passera probablement les quinze prochaines années de sa vie dans une cellule d’Etat. Et lui sera balloté entre centre d’accueil, foyer d’hébergement et familles.

Et je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec ma propre enfance. Que ce serait-il passé si, à son âge, une personne avait dénoncé mon père et que les services de l’enfance aient débarqué chez nous ? Si moi aussi, j’avais atterri dans un foyer ou une famille d’accueil encore pire que la mienne ? M’en serai-je mieux sorti ? Je doute. Parce que je connais trop bien tous ces gosses, leur parcours, certains ont été mes amis durant de longues années. J’aurais suivi les autres pour me fondre dans la masse, serais tombé dans la délinquance aussi sûrement que je m’en suis sorti, et maintenant, je serai sans doute un de ces stéréotypes de voyous plein de tatouages qui deal et trafique dans une caisse aussi discrète que son look.
Et si j’étais tombé dans une bonne famille, aimante ? Comment serai-je aujourd’hui ? Qui ? Un toubib renommé, un avocat sans scrupules ?
Et Shawn, de quel côté de la balance finira-t-il, après tout ce qu’il a vu, tout ce qu’il a vécu, avec le peu de chances que la vie lui offre présentement ? est-ce que nous sommes destinés à nous retrouver dans dix ans, moi le menottant et l’embarquant au commissariat et lui m’insultant de tous les noms d’oiseaux qu’il connaît ?

Journée de merde. Et si d’ordinaire je parviens à compartimenter les choses, à laisser mes problèmes de côté une fois l’uniforme retiré, il m’est difficile de retirer ce gamin de ma tête. Je sors de ma rêverie quand le barman s’approche de ma place, relevant mon regard fatigué vers lui. « Comme d’habitude » c’est-à-dire une bière pression. La tentation n’a jamais été aussi grande d’opter pour un alcool plus fort et de me laisser porter par les effets de l’alcool mais je me contente d’une simple bière. Mes propres gênes sont contre moi. Un père alcoolique et une mère lâche, une combinaison plutôt diabolique dans mon état. Et s’il y a bien une chose que je redoute, c’est bien finir comme l’un d’entre eux.




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MessageSujet: Re: (Flashback) Juste une soirée "peinard" Sam 8 Juil - 23:06

Juste une soirée "peinard"


« Oui, c'est bon ! J'arrive ! »

Je grommelle dans ma barbe alors que le réveil affiche à peine dix heures du matin. J'ai terminé très tard cette nuit parce qu'il a fallu faire un inventaire après le service pour éviter que le bar ne soit fermé et j'ai dû m'endormir vers six heures du matin. Donc, ça fait à peine quatre heures que je dors et j'aurais franchement bien dormir plus longtemps. Je me redresse, enfile un t-shirt par dessus mon bas de pyjama et me frotte le visage avant de me traîner jusqu'à la porte de ma maison que j'ouvre à la volée, irrité, et je me fige en voyant qui se tient sur le pas de ma porte. Je la reconnais. Elle. Elle qui m'a recruté il y a de ça neuf ans maintenant et ça fait également neuf ans que je ne l'ai pas revue : depuis que nous avons été serrés au moment du cambriolage du musée, depuis que j'ai été condamné et qu'elle a été condamnée, comme les autres. Et elle est là. Dehors. Elle avait pris combien ? Dix ans je crois. Un peu plus que moi parce qu'elle récidivait il me semble. Je reste là, sans bouger, à la figer, n'en revenant tout simplement pas de la voir là et ne comprenant surtout pas ce qu'elle fout ici.

« Tu m'invites pas à entrer ? »

Je fronce les sourcils et il me faut encore de nombreuses secondes avant de me pousser pour la laisser entrer, mais sans rien dire du tout.

« La vache, je viendrais pas te cambrioler. Pourquoi t'as pas décoré ?
- Sérieux ?
- Quoi ? » elle me demande en se tournant vers moi après que j'aie fermé la porte.

Je croise les bras en la fixant.

« Tu te pointes chez moi après toutes ces années et tu me parles de la déco ? Qu'est-ce que tu veux ?
- Je suis sortie, j'ai voulu te retrouver pour prendre des nouvelles. »

Je me frotte de nouveau le visage et soupire avant de m'approcher d'elle.

« Si t'as besoin d'argent pour te refaire en attendant de trouver un job, je peux t'en prêter mais je te préviens tout de suite : je veux pas d'emmerdes.
- Je peux squatter un peu ? »

|-|-|

Je regarde l'horloge du bar et je grimace. Le temps passe à une lenteur... Et quand je pense que je l'ai laissée chez moi... Bon, elle n'avait pas d'autre endroit où aller et je ne me voyais pas la foutre dehors alors que finalement, elle ne m'a rien fait et que si j'avais été à sa place j'aurais aimé qu'on m'aide mais voilà... Elle est chez moi, seule, et on ne peut pas dire que je lui fasse particulièrement confiance. Et puis le fait qu'elle soit à Chicago me dérange. Je n'aime pas l'idée que mon passé me rattrape de cette façon. Je ne voudrais pas qu'elle foute en l'air mes plans même si pour le moment les dits plants sont au point mort. Et puis cela me replonge de manière bien trop désagréable dans mes années de prison. C'est derrière moi, certes, mais ça me colle à la peau malgré tout et je n'oublierai jamais les années passées derrière les barreaux alors avoir à la maison la seule personne qui peut me le rappeler juste par sa simple présence... Ce n'est que quand je vois Ethan pousser les portes du bar que je parviens l'espace d'un instant à oublier la femme qui se trouve chez moi et ce que sa présence pourrait bien impliquer pour moi. Il n'a pas l'air d'aller bien du tout. Je veux dire, il a l'air d'aller pire que moi qui a vu débarquer une ancienne complice de cambriolage chez lui de bon matin. Il vient s'installer au bar et parce que j'ai l'habitude de le servir, parce que la personne qui travaille avec moi sait qu'Ethan et moi sommes devenus amis au fil du temps, c'est donc moi qui m'approche de lui sans attendre. A peine est-il installé qu'il me demande de lui servir la même chose que d'habitude. Je hoche la tête et lui sers une pression que je pose devant lui. Un regard circulaire, le bar a beau avoir des clients, cela me semble assez calme pour que je puisse me permettre de discuter avec lui.

« Je te demande pas si ta journée a été dure vu la tête que tu tires... » je lui dis en essuyant un peu le comptoir avant de m'y accouder. « Est-ce que je dois te demander tes clés maintenant ou tu vas y aller doucement ? » je lui demande finalement très sérieusement. Avant d'ajouter : « Tu veux en parler ou pas ? »

Parce que peut-être qu'il a besoin de se vider totalement de ce qui le mine ou peut-être qu'il va préférer ne pas en parler du tout. Peut-être qu'il va simplement vouloir boire et moi je ferai ce dont il a besoin.

C'est ce que les amis font, non ?



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MessageSujet: Re: (Flashback) Juste une soirée "peinard" Lun 10 Juil - 17:29

Juste une soirée "peinard"
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« C'est si évident que ça ? » Et je lâche un léger rire alors que je le remercie pour la bière, en buvant une longue gorgée rafraîchissante. Il est vrai qu'après m'être changé au poste et avoir croisé mon visage dans le miroir, je n'ai pas eu envie de m'y attarder plus que ça. Traits tirés, barbe naissante, cernes violacées. Mon visage juvénile en a pris un sérieux coup ce soir. Et c'est bien la raison qui m'a poussé – autre que la bière – a venir me terrer ici. Là où je n'ai pas à me soucier de mon apparences. Et je suis content que ce soit Cillian au bar ce soir et pas un autre. Bien que nous ne nous soyons jamais vus ailleurs qu'entre les quatre murs du Maureen's, je ne peux nier l'affection toute amicale que je ressens pour lui. Je l'ai souvent emmerdé sur le fait qu'il devrait se faire payer les séances gratuites de psychologie qu'il offre aux piliers de comptoir de l'établissement. Je me rends compte ce soir que je n'ai pas énormément de différences avec tous ces pauvres bougres. Certes je ne bois jamais suffisamment pour être saoul et ne perds jamais le contrôle de mes mots et encore moins de mes actes mais je m'assois toujours sur le même tabouret, face au bar, et reste des heures durant à oublier, à écouter les autres narrer des bouts de vie auxquels j'accroche parfois, desquels je me fous la plupart du temps. Et il y a mon barman préféré, le seul à qui je parle autrement que pour lui passer commande. Et c'est assez marrant. Cette aisance, ces petites piques lancées ci et là parfois comme si nous étions potes depuis plusieurs années. Pourtant je ne connais rien de sa vie avant son arrivée au Maureen's et il ne connaît rien de la mienne. Il ne sait même pas que je suis flic, et bien que je n'en fasse pas un secret ici je préfère laisser l'uniforme au placard. Je viens souvent ici pour faire le vide, pour oublier une journée, comme celle-ci, trop pesante. Alors je préfère ne pas crier sur les toits que je fais partie de la maison.

Je redresse mon visage vers lui quand je l'entends me demander s'il doit me confisquer mes clés et me contente de boire une longue gorgée de ma bière, la reposant sur le comptoir en émettant un « ah » de satisfaction peu élégant. « Est-ce que tu m'as déjà vu ivre ou même seulement éméché depuis que t'es là ? » La réponse est évidemment non. Je me contente le plus souvent de deux bières, parfois trois, jamais plus. Une règle que je ne transgresse jamais. « Je ne compte pas commencer ce soir alors mes clés resteront sagement dans ma poche et si tu comptes venir tenter de les prendre, je serais ravi de te démontrer que mon ouverture d'esprit à ses limites. » Je lâche un léger rire pour ce cliché gay auquel je n'accroche même pas et tourne le visage un instant vers le fond de la salle où une table semble déjà à un degré d'alcoolisation avancé malgré l'heure peu tardive. Je finis par reporter mon attention sur Cillian et je me donne le temps de la réflexion.

Pourquoi je voudrais raconter ça à quelqu'un ? Cette histoire m'a foutu le morale à zéro, continue de me faire gamberger. Je vois encore la mare de sang, l'état de choc de cette femme qui va finir en prison simplement pour s'être enfin défendue d'un mari violent. Cette femme qui va payer pour avoir protégé son fils. Et je vois encore ce gosse planqué sous son lit après s'être uriner dessus et moi, allongé ventre à terre passant dix minutes à la convaincre qu'il pouvait me faire confiance et ne risquait plus rien. Et je suis venu ici pour ne plus y penser. Alors...  « Juste une journée de merde au travail. J'en verrai malheureusement d'autres. Je suis venu ici pour décompresser » Non, je ne l'embêterai pas avec mes problèmes, je veux juste les évacuer. « Tu sais ce que c'est, tu dois en voir des vertes et des pas mûres ici non ? »




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MessageSujet: Re: (Flashback) Juste une soirée "peinard" Mar 11 Juil - 10:12

Juste une soirée "peinard"


Je fais cette proposition à Ethan parce que c'est ma responsabilité, qu'il est sous ma responsabilité puisqu'il boit à mon comptoir (pas que le bar ne m'appartienne mais quand je bosse, c'est mon comptoir oui) et d'autant plus parce qu'il n'est pas qu'un simple client régulier, il est plus que ça. Il est un type que j'apprécie énormément, avec lequel j'adore blaguer, me détendre en fin de service, que j'essaye de conseiller le mieux possible quand il s'agit d'affaires de femmes. Certes, je ne sais que trop peu de choses de lui comme il ne sait que trop peu de choses sur moi mais j'imagine que les confessions viendront en leur temps. Ou pas d'ailleurs. Peut-être que nous garderons toujours ce mystère et cette petite barrière de secrets ce qui serait dommage, au fond, parce que cela voudrait dire que nous deviendrions jamais de véritables amis si nous n'allions pas plus loin mais ma foi, pour le moment, ce que nous avec tel quel me convient très bien et il me semble que ça lui convient à lui aussi. J'esquisse une petite grimace quand il me demande s'il est si évident que ça qu'il a passé une journée de merde. Comment lui dire ?... Non, il ne vaut mieux pas lui dire mais j'imagine qu'il a totalement conscience de la tête qu'il a et il faudrait franchement être soit aveugle, soit totalement à côté de ses pompes, soit complètement con, pour ne pas comprendre qu'il n'a pas sa tête des « bons jours ». Je  hoche finalement la tête de droite à gauche quand il me demande si je l'ai déjà vu ivre ou même un peu éméché. Est-ce que je l'ai déjà vu saoul ? Complètement imbibé d'alcool au point de ne plus pouvoir mettre un pied devant l'autre ou se souvenir pourquoi il était venu à l'origine ? Non. Je n'ai pas le souvenir de l'avoir jamais vu dans un tel état, je n'ai pas le souvenir de l'avoir vu boire plus que de raison comme le font bon nombre de clients ici, sans se soucier des conséquences et c'est pour ça que nous sommes là : pour récupérer leurs clés pour éviter qu'ils ne causent un accident, appeler un taxi si besoin pour éviter qu'ils aillent se noyer dans le fleuve sans le faire exprès. Je n'ai jamais eu besoin de le faire avec lui mais vu la tête qu'il tire, il n'est pas impossible qu'il ait envie de le faire ce soir. Il s'empresse cependant de m'affirmer qu'il n'a pas l'intention de commencer à boire ce soir et je laisse échapper un petit rire à sa remarque quant à son ouverture d'esprit. Je lâche mon torchon et lève les mains en signe de bonne foi : mes mains resteront là où elles doivent être.

« De toute façon t'es pas mon genre. Pas assez barbu. » je lui réponds sur le ton de la conversation avant qu'il ne m'avoue avoir passé une journée de merde qui ne sera sans doute qu'une parmi tant d'autres. Il m'explique qu'il est venu pour décompresser et si les mots ne sont pas prononcés le sous-texte est pourtant bien clair : il ne tient pas à en parler, ce que je peux totalement comprendre. On n'a pas toujours envie d'étaler ses malheurs, je suis le premier à ne pas aimer m'étaler, je n'aime pas particulièrement revenir sur des moments désagréables alors oui, je le comprends. Lorsqu'il me dit soudain que je dois savoir ce que c'est puisque je dois en voir des vertes et des pas mûres je l'observe un instant, songeur. Oui, je vois de sacrés trucs, j'ai déjà dû mettre sur la tronche de certains pour les calmer mais...

« Non. » je lui dis en secouant doucement la tête et en prenant appui sur le comptoir. « Je crois pas avoir jamais affiché une tête pareille en fin de service. Je vois des gens qui sont pas au mieux de leur forme, d'autres qui sont trop en forme et que je dois calmer mais... » J'hésite un instant, craignant de trop mettre les pieds dans le plat mais faire « comme si » n'est pas vraiment mon genre. Alors... « Mais je n'ai jamais eu l'impression de porter tout le poids du monde sur mes épaules. » j'ajoute finalement. « Et je n'ai jamais eu besoin de venir me perdre dans un bar pour boire un peu et essayer d'oublier ce que j'ai vu ou fait. Donc, non. » je répète en plantant un regard sans doute trop incisif dans le sien. « Je comprends que tu n'aies pas envie d'en parler mais je n'ai pas souvenir avoir passé une aussi mauvaise journée de travail. » Je marque un silence, quelque chose me revient si mais bon, je ne tiens pas à en parler parce qu'en réalité, j'ai bien passé une fois une horrible journée de « travail » : j'ai fini arrêté et j'ai passé sept ans en prison. Une femme se trouvant chez moi à l'heure où je parle à Ethan me l'a d'ailleurs rappelé aujourd'hui. « Ou si, y'a eu une journée que j'ai vraiment pas aimé et regretté mais bon, c'est du passé.» Et pendant mes années en tant que pompier j'ai vu des choses difficile mais c'est loin, très loin, trop loin donc... Et puis je ne tiens pas à parler de ça, à expliquer ça. Ce serait être obligé d'expliquer tout le reste.  « Attends... »

Je m'éloigne d'Ethan, m'approche de mon collègue et lui souffle quelques mots à l'oreille et après qu'il ait hoché la tête à la positive, je le remercie d'une pression sur l'épaule, m'éloigne en récupérant un verre au passage puis fais le tour du comptoir pour venir m'asseoir aux côtés d'Ethan. Je pose mon verre vide, me penche par dessus le comptoir pour le remplir et me réinstalle.

« Je prends ma pause. » Je lève mon verre pour trinquer. « On peut trinquer au fait qu'au moins ta journée de merde soit terminée, non ? »



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MessageSujet: Re: (Flashback) Juste une soirée "peinard" Ven 21 Juil - 20:21

Juste une soirée "peinard"
Cillian& Ethan
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« Arf... » Je passe une main sur ma barbe naissante. « Je savais que tu craquais sur le genre hipster jolie blondinette » Je lui adresse un clin d'oeil moqueur tout en laissant échapper un léger rire avant de boire une gorgée de ma bière. Et je m'arrête là pour les plaisanteries homosexuelles. Non pas que le sujet me dérange ou me choque, je vis avec mon temps, mais comme bien des hommes je ne suis pas spécialement à l'aise quand on remet un peu trop en question mes tendances ou ma propre virilité. J'ai grandi dans un quartier pauvre, avec ses propres codes moraux et sociaux. La plupart des types avec qui j'ai grandi sont maintenant dans des gangs ou en taule. L'ouverture d'esprit n'a jamais fait partie de mon éducation et être gay dans l'endroit où j'ai grandi équivaut à être noir il y a soixante ans de cela. J'en resterai donc là sur les plaisanteries « joyeuses ».

Je redresse mon visage vers lui quand il répond à mon interrogation par la négative, me faisant arquer un sourcil. Merde, je ressemble vraiment à ça ? Comme si je portais le poids du monde sur mes épaules ? Faut croire que cette affaire me pèse plus sur la conscience que je ne le pensais. Ou simplement que je ne parviens pas à faire la part des choses et à compartimenter comme le reste du temps. Un des désavantages de la fonction. Et encore, beaucoup se méprennent sur les vraies conditions de mon boulot. Quand j'avoue aux gens que je suis flic ils ont tout de suite l'image du détective que l'on voit partout dans les séries télévisées, cet espèce de Sherlock Holmes qui résout les enquêtes en quarante-cinq minutes top chrono et envoie tous les enfoirés qu'il rencontre derrière les barreaux. Si la vérité collait un tant soit peu à tout ce qu'on peut voir sur le petit écran, le système carcéral exploserait en moins de trois jours, et il est déjà au bord de l'implosion...Le regard de ces mêmes personnes changent pourtant quand ils comprennent que je porte encore l'uniforme. Pour eux, je prends l'allure de ce petit policier bedonnant accroc aux beignets qui se contente de faire des patrouilles dans sa bagnole en venant asticoter des pauvres citoyens innocents.
Sauf que je ne suis ni l'un ni l'autre. Certes, je ne mène pas les enquêtes, je ne commande pas les interrogatoires et je ne porte pas un insigne brillant que je peux brandir telle une épée magique. Mais je suis souvent le premier sur les scènes de crime – avant même que l'on sache que c'en est une – et j'assiste tout autant que les autres à l'horreur que ce monde peut offrir. Mais qui retient l'officier en uniforme qui appelle la cavalerie à la rescousse ? Personne. On ne se souvient que la tête du type en charge qui passe à la télévision pendant la conférence de presse pour faire mousser son service, et surtout sa propre personne. Parce que passé un certain grade ce métier n'est plus que gratte papier, prise de décision et politique. Tout ce que j'exècre.

Voilà pourquoi parler de mon travail ce soir n'est pas une option. J'ai trop besoin d'apprendre à compartimenter, même quand ça me touche d'un peu trop près. Heureusement les remarques de Cillian font se tendre mes lèvres dans un sourire amusé. « Merci, ravi de savoir que j'ai l'air à ce point usé » Je lève mon verre pour trinquer de manière imaginaire à ses propos. « Et si t'en as marre d'être barman tu pourras toujours te faire payer cinquante dollars la séance monsieur le psy » Je le charrie tandis qu'il évoque un souvenir sans trop en dire cependant. Et dans l'état d'esprit où je suis, avec le si peu de volonté de me confier, je n'ose pas aller plus loin dans mes propres interrogations. S'il avait envie d'en parler, il le ferait j'imagine et je suis mal placé pour soudainement devenir curieux quand moi-même je joue les renfermés. Alors même si je suis intéressé par ce qu'il aurait à dire je reste muet, me contentant de le regarder aller souffler quelques mots à l'un de ses collègues et faire le tour du comptoir pour venir se poser à côté de moi, se remplissant un verre au passage. « Et t'as le droit de picoler pendant ta pause ? » Je finis par hausser les épaules, trinquant tout de même avec lui. « Ouais, je bois à ça, et plutôt deux fois qu'une » Mon verre vient heurter doucement le sien et je m'accorde une bonne rasade bien fraîche.

Je me tourne légèrement vers le fond de la salle où les voix se font plus fortes et où une table plus que les autres semble déjà fortement alcoolisée. Tant que ça reste bon enfant. « Tu vois, le jour où je ressemblerai à ces types, tu pourras me confisquer mes clés joli cœur »




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MessageSujet: Re: (Flashback) Juste une soirée "peinard" Mer 26 Juil - 20:05

Juste une soirée "peinard"


« En fait, j'ai même le droit de boire pendant que je bosse. Une ou deux bières n'a jamais tué personne, moi encore moins. Je tiens bien l'alcool. » je lui dis en esquissant un sourire avant de boire une bonne gorgée. « Et ici, on sert de la bonne bière en plus. » Pas que je veuille vendre ce qu'on sert dans le bar, c'est juste une vérité pure et simple : la bière est bonne au Maureen's. Il fait partie des bars où on sert du bon, du frais, de l'authentique et c'est aussi pour ça que j'aime beaucoup cet endroit. Et puis ici, je ne suis ni l'ancien pompier, ni l'ancien taulard, ni le prospect, je suis juste moi et ça fait, mine de rien, un bien fou de pouvoir avoir un endroit on a la sensation que le reste ne peut pas vous atteindre, pas vraiment. Même si je bosse avec Natalia est qu'elle est liée aux KOS, elle ne me voit pas comme eux me voient, je le sais. Libérateur dans un sens, de travailler ici et ce, malgré les échauffements parfois, malgré les personnes imbibées d'alcool difficiles à gérer, comme certains sont en train de le faire dans le fond de la salle. Je tourne mon regard presque au même moment que le fait Ethan quand les éclats de voix nous parviennent du fond de la salle. J'observe les personnes autour de la table, certains parlent plus fort, d'autres éclatent d'un rire gras et bruyant mais ça n'a pas l'air d'être hors de contrôle. Pas pour le moment en tout cas. Je jette malgré tout un regard en coin à mon collègue. Nous nous observons brièvement, hochons respectivement la tête : il va surveiller et moi aussi. Si ça dégénère, ce sera au premier disponible d'intervenir. Je reporte mon attention sur Ethan quand il reprend la parole pour me dire que le jour où il ressemblera à ces types, je pourrai le confisquer ses clés. Je ne relève pas le joli cœur, me contentant de lui adresser un petit clin d’œil accompagné d’un sourire teinté d’un trait d’humour, histoire qu’on ne fasse pas d’idées. Pas lui ni moi, mais les autres, autour.

Bref.

« Correction : le jour où tu ressembleras à ça, je te confisquerai tes clés et après je ne te servirai plus une goutte d’alcool. Ja-mais. » je lui dis en souriant de toutes mes dents. « Comme ça, ça te fera passer l’envie de te mettre minable. »

Je ne suis personnellement pas du genre à boire jusqu’à être dans un état lamentable. Je n’ai jamais été comme ça. Je tiens bien l’alcool, il est vrai, et j’aime boire, mais pas au point de ne plus être maître de mes mouvements, pas au point de faire savoir à un bar entier que j’ai trop bu, ce qui est bien le cas de deux des types à la table du fond qui parlent de plus en plus fort si bien que certains regards se tournent vers eux. Je le vois, j’ai les yeux partout ici.

« Tu vois, ça, ça fait partie de ce que je n’aime pas dans mon travail : devoir gérer ceux qui ne savent pas s’arrêter. »

Je vois mon collègue quitter le bar et s’approcher de la table en question : bon, il va gérer, très bien. Je reporte mon attention sur Ethan tout en reprenant une gorgée de bière.

« Alors… Parlons de choses moins déprimantes que des journées pourries et des chieurs alcoolisés. » Sourire colgate. « La petite rouquine… Je te vois souvent avec elle. Est-ce que c’est du sérieux ? Vous av… »

Coupé par de nouveaux éclats de voix. De la table du fond encore. Je reporte mon regard dans cette direction. On parlait de clés ? Mon collègue a visiblement été les demander à la table du fond vu que même si deux sont plus alcoolisés que les autres, ils en ont tous un coup dans le nez donc… Logique. Responsable. On fait notre travail. Sauf que l’un des types ne semble pas l’entendre de cette oreille et monte dans les tours. Un soupir.

« Excuses-moi, je reviens. »

Petite tape amicale sur l’épaule d’Ethan et je me lève pour m’approcher de la table en question.

« Les mecs, les mecs, on se calme. » je dis en arrivant auprès du mon collègue qui m’adresse un sourire reconnaissant. Il faut dire qu’il n’est pas très grand, pas très carré, et que comparé au type qui a bu quelques verres de trop… Pour le coup je le surplombe moi, ce qui ne l’empêche pas de s’énerver contre moi.

« Tu m’dis pas de me calmer toi. J’suis calme si je veux. »

C’est… Mignon. Je plante mon regard froid dans le sien, brillant et aux pupilles dilatées. Un sourire tout aussi froid que mon regard vient s’accrocher à mes lèvres.

« Tu es dans un lieu public. Vous êtes dans un lieu public. » je rectifie en désignant d’un geste du menton toute la table. « Alors oui, c’est un bar, oui, on y boit, mais on demande aux clients de respecter les autres clients et ça veut dire la mettre un peu en veilleuse au besoin et surtout… » Je fais un pas vers lui et tend la main tandis que mon collègue s’en retourne vers le bar puisque des clients attendent. « Quand on demande les clés de celui qui a conduit les autres ici quand il a trop bu, ce n’est pas négociable. » Il me toise, ne bouge pas. Moi non plus. « A moins que tu ne préfères être foutu dehors. Moi je m’en fous mais ça serait con de terminer la soirée là-dessus, tu ne crois pas ? »

Pour toute réponse, il s’approche de moi, vire ma main de la sienne avant de me pousser. Un peu. Si ce n’était pas aussi stupide, ce serait mignon. Il esquisse un geste pour recommencer, je me décale juste assez pour l’éviter (je ne suis pas imbibé d’alcool contrairement à lui) et mes doigts viennent se refermer sur sa nuque. Je le force à plier les genoux en compressant son cou dans ma main.

« Putain tu m’fais mal ! Arrête !
- La petite soirée est terminée. »

Quand je ressens le fracas sur mon crâne, je suis surpris. Je ne l’ai pas vu venir. Je comprends que c’est un verre qu’on vient de m’exploser sur le crâne quand je vois les morceaux de verre tomber.

Il fallait qu’ils décident de défendre leur pote.
Chier.



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MessageSujet: Re: (Flashback) Juste une soirée "peinard" Mer 9 Aoû - 2:02

Juste une soirée "peinard"
Cillian& Ethan
••••

J'acquiesce à ses propos, buvant une nouvelle gorgée de ma bière. Il tient bien l'alcool, tant mieux pour lui. Personnellement je....à vrai dire je n'ai jamais connu mes limites avec la boisson pour la simple et bonne raison que je n'ai jamais voulu les connaître. Il est possible que j'ai déjà eu la tête qui tourne il y a longtemps, ce qui a freiné immédiatement ma consommation. J'ai passé toute ma vie, aussi loin que je me souvienne, à voir mon père ivre. C'est qu'il s'y prenait tôt, dès le petit déjeuner. Le réfrigérateur vide mais toujours une bouteille à portée de mains. Toujours cette haleine aux reflux de whisky ou de bière ou de n'importe quelle autre besoin qu'il pouvait ingurgiter, et toujours cette odeur qui flottait dans la maison, sur ses fringues, sur sa peau transpirante...une odeur avec laquelle j'ai grandi et que j'ai parfois l'impression de sentir même dans des endroits qui ne s'y prêtent guère. Et d'aussi loin que je m'en souvienne, malgré toutes les conneries que j'ai pu faire gamin et adolescent, j'ai toujours su que je ne voulais pas être comme lui, cette loque humaine incapable de prononcer une phrase correcte ou de créer une pensée cohérente. Incapable de réellement penser, de se mouvoir, avachi sur son fauteuil élimé par les années. Alors je n'ai jamais trop consommé, n'ai jamais eu de cuite comme tous les jeunes de mon âge. Je ne connais pas la désinhibition par l'alcoolisation excessive, l'oubli comme exutoire à une journée trop éprouvante. J'ai souvent été en décalage avec les ambiances de soirées, quand tout le monde est sur la même longueur d'ondes niveau blagues un peu lourdes, ce genre de choses. Mais ce n'est pas là un regret. En aucun cas je ne veux être Lui, ou comme lui. Alors je ne connais pas mes limites, et encore une fois, je ne veux pas les connaître. Et si je ne risque pas de lui ressembler, je ne risque pas plus de ressembler aux clients éméchés et bruyants derrière nous. « Aucun risque »

Je souris à sa remarque sur le taf. Je n'aime pas spécialement les alcooliques dans mon boulot non plus. Mais je dois souvent les embarquer pour ivresse sur la voie publique et les mettre en cellule de dégrisement pour la nuit. Surtout les nuits de week-end. Et ils ont exactement cette même odeur que j'exècre. Sans compter ceux qui gerbent avant d'arriver au poste....
Perdu un instant dans ces pensées peu avenantes, il me faut quelques secondes pour comprendre de quelle rousse il parle, surtout avec ce regard entendu qu'il me lance. Mais je ne connais pas tant de jolies rousses que ça et ce doit être de Sidney dont il est question. Je m'apprête d'ailleurs à nier en bloc en lui assurant que nous sommes juste amis, ce qui est à moitié faux, mais à moitié vrai quand il s'interrompt lui-même pour aller régler le problème des clients un brin chieurs. « Ouais vas-y » De toute façon je n'ai pas spécialement envie de parler de ma vie affective ou sexuelle ce soir. Je ne suis pas vraiment du genre à me vanter et j'ai assez à faire avec mon coéquipier en la matière. Et le sujet me semble un peu épineux. Il pourrait glisser sur Saoirse et...voilà un sujet un peu trop complexe à développer pour mon humeur du jour. Je ne peux cependant pas empêcher mes lèvres de s'étirer en un léger sourire à la pensée de la jolie blondinette.

Ce n'est que lorsqu'un silence anormal s'abat sur le bar que je sors de mes pensées pour faire un tour d'horizon, tous les regards braqués sur la table où se trouve Cillian. Je me tourne pleinement et descends même de mon tabouret de manière totalement inconsciente, délaissant ma bière pour me focaliser sur la scène qui se joue devant moi – et tous les autres clients – parce que ça ne sent pas bon. Je connais ce genre de situation et appelons ça bêtement l'instinct de flic, mais ça ne sent pas bon. Et quand l'un des clients repousse la main du serveur et le pousse, que je vois sa main se refermer sur sa nuque et le mettre à genoux j'ai pour réflexe de porter la main sur le côté de ma taille, là où d'habitude se trouve mon arme de service. Réflexe à la con ! J'espère que les choses en resteront là sauf que je n'ai le temps de rien avant qu'un verre se fracasse sur le crâne du grand blond, me faisant perdre toute retenue.
En quelques enjambées j'ai rejoint la table et repousse l'assaillant qui vient d'attaquer Cillian. Pas de « police », aucun mots. Ici je ne suis que Ethan et dès qu'il me donne l'occasion de me défouler en levant le poing dans ma direction, je fais fi de tous mes beaux principes moraux et contre son bras avant de lui décrocher une droite dans les côtes. Il est grand, il est fin. Deuxième coup au même endroit. Son corps est rejeté en arrière à chaque fois avant de revenir vers moi. Troisième coup. Je connais cette douleur, il est moins supportable à chaque coup encaissé. Je finis par lui porter un coup en pleine mâchoire et il s'effondre peu gracieusement sur sa chaise, se tenant les côtes qui ont du morfler je dois l'avouer.
J'ai juste le temps de jeter un coup d'oeil à Cillian et au sang qui recouvre son arcade et coule le long de son visage avant de percevoir sur ma droite un poing. Je n'ai pas le temps de décaler mon visage et son coup atteint mon oreille, ce qui me cause une douleur ridiculement atroce et me fait siffler le tympan. Le type est d'un autre gabarit que le premier. Plus petit mais deux fois plus large voire trois, et plus à cause d'un amas graisseux qu'un surplus de muscle. Je frappe une fois dans l'estomac pour lui couper la respiration, ce qui l'oblige à se plier en deux sous la violence du coup. Il se redresse quelque peu et c'est au plexus solaire que se porte mon deuxième coup, le faisant tomber à genoux à chercher sa respiration. « Putain pourquoi l'oreille sérieux ? » Je porte ma main là où la douleur est cuisante, me tournant à nouveau vers le serveur. Je ne sais pas comment il s'est débrouillé pour régler son compte au type avec l'état de sa tronche, mais le type gît sur le sol. Les autres branleurs ne se sont pas levés, incertains quant à l'attitude à adopter après cette dérouillée en règle. « Si y'a pas d'autres volontaires, prenez vos ptits copains et tirez-vous avant que les flics débarquent »

Et c'est ce qu'ils font tandis que j'incite Cillian à s’asseoir sur une chaise. Son collègue arrive, un air un peu honteux sur le visage. « Va me chercher un chiffon propre tu veux ? » Il obtempère et vingt secondes plus tard m'apporte ce que je lui ai demandé. « Merci. » Je me tourne vers le serveur et examine rapidement son arcade. La plupart du temps le sang coule à flot mais la blessure reste superficielle, sauf que sa coupure à l'arcade me semble quelque peu profonde et que j'y détecte, au milieu du sang, quelques fins débris de verre. « Tu vas sûrement avoir besoin de points de suture mon vieux. Et il faut nettoyer ça comme il faut, y'a des éclats de verre. » Inutile de la jouer réconfortant, c'est pas non plus la blessure du siècle et je suis certain qu'il en a vu d'autres. « Je vais t'emmener aux urgences. Tiens, appliques ça sur la plaie » Et je lui tends le chiffon. « Je suis garé juste devant. »




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MessageSujet: Re: (Flashback) Juste une soirée "peinard" Mer 9 Aoû - 17:54

Juste une soirée "peinard"


J’accuse le coup, ferme l’œil, là d’où vient la douleur. Enfin, la douleur vient plus exactement de l’arcade en fait. Je le sens que ça tire, je le sens que ça saigne. Beaucoup. J’ignore si la blessure est profonde ou pas, je n’y pense même pas sur le moment en fait. Il aurait pu cogner derrnière le crâne ce connard mais il a choisi le haut du visage et l’un dans l’autre, j’ai de la chance qu’il ne m’ait pas crevé l’œil. J’essuie d’un geste vif le sang de ma paupière et sur ma joue mais ça continue de couler : ça ne va foutrement pas être pratique. Le coup ceci dit ne me fait pourtant pas lâcher prise. Je tiens toujours l’autre enfoiré à genoux et ma poigne se resserre davantage quand je prends le coup. Je rouvre mon œil, tant pis pour le sang qui y coule, et c’est là que j’aperçois une silhouette fondre sur moi. C’est là aussi que je vois une autre silhouette débarquer pour calmer celui qui se jetait sur moi : Ethan vient me prêter main forte. C’est totalement idiot car en le voyant cogner, je relâche ma poigne, je relâche ma vigilance, et celui que je tenais bien jusque là se défait de mon emprise et me donne un coup de coude dans les côtes : connard. Là encore j’accuse le coup, me recule, et reporte toute mon attention, malgré l’œil gêné et par la douleur, et par le sang, sur celui qui finalement a tout déclenché et qui va le sentir passer. J’en oublie que nous sommes sur mon lieu de travail, j’en oublie tout le reste. Les instincts reviennent et je n’hésite pas : je me jette sur lui. Je perçois la frayeur dans son regard la seconde avant que je frappe, sans doute parce qu’il voit dans le mien de regard, quelque chose qui lui donne envie de se tirer vite fait. Je ne lui en laisse cependant pas le temps. Ma paume vient percuter le dessous de son menton, j’entends sa mâchoire claquer, je l’entends hurler de douleur : ce con a dû se mordre la langue. C’est confirme que je le vois porter sa main à sa bouche qui saigne. Et là encore je n’hésite pas, je lui décroche avec force une droite en plein milieu de la joue, touchant dans mon élan son nez au passage. Il s’écroule sur la table, qui résiste par miracle à son poids, avant de s’étaler au sol. Il n’est pas inconscient mais pas totalement conscient non plus. Je me penche vers lui.

« Un conseil, ne te relève pas. » Regard circulaire à ceux qui ne sont pas encore levés. « Vous non plus. »

La voix d’Ethan s’élève derrière moi et je me contente de toiser avec froideur ceux qui sont assis alors qu’Ethan leur offre la possibilité de partir avant que les flics ne débarquent. Ce serait mieux d’éviter la flicaille là pour le coup… Je n’y tiens pas. Heureusement, ils ne demandent pas leur reste et se redressent, récupèrent au passage ceux étalés au sol et s’en vont. Sans payer mais tant pis. Je gérerai ça plus tard. Je soupire, porte ma main à mon visage mais suis arrêté dans mon geste par Ethan qui me fait m’asseoir sur une chaise. Sur le coup je le laisse faire alors qu’il demande à mon collègue d’aller chercher un chiffon. Puis, Ethan se met à observer la blessure. Là encore je le laisse faire, remarquant cependant les regards des clients figés sur nous. Pas bon ça, pas bon. Ethan m’annonce soudain que je vais avoir besoin de points de suture et que la blessure a besoin d’être nettoyée car il y a visiblement des éclats de verre dedans. Je hausse les épaules, ce n’est rien de bien grave. Bien sûr que ça lance un peu mais c’est surtout le sang qui me trouble qui me gêne le plus. Ethan poursuit en m’annonçant qu’il va m’emmener aux urgences avant de me filer le chiffon que j’applique sans attendre sur l’arcade. « Je suis garé juste devant. » qu’il poursuit et moi de secouer la tête de droite en gauche en esquissant un sourire.

« Merci mais non merci. Pas d’hôpital pour moi. »

Sur quoi je me redresse, faisant toujours pression sur la plaie. Mon collègue est en train de tout ramasser et moi je me tourne vers les clients qui continuent à nous observer, certains avec des yeux écarquillés.

« Tout va bien. Plus de peur que de mal. Profitez de votre soirée. » Un sourire de circonstance adressés à leur égard avant de me tourner vers Ethan. « On va faire ça là-bas. »

Et je l’invite à me suivre d’un geste du menton. Je nous emmène vers les toilettes mais ce n’est pas là que nous nous arrêtons. Sur la gauche, il y a une porte « réservé au personnel » et je la passe, Ethan sur mes talons. C’est là que nous rangeons nos affaires. Des petits casiers, une table, trois chaises, un lavabo, et au fond des toilettes qui nous sont réservées. Rien de bien folichon mais c’est bien suffisant.

« On doit avoir ce qu’il faut normalement. » je dis à Ethan sans lâcher le chiffon et en allant fouiller dans un placard sous le lavabo. La trousse de secours et le défibrilateur s’y trouvent : le minimum, au cas où.Je récupère la trousse de secours, la pose sur la table, l’ouvre et souris en voyant qu’il y a bien ce dont on a besoin. « Voilà pas besoin des urgences. Bon. » Je m’éloigne juste le temps d’aller observer la plaie dans le miroir. Je replace le chiffon et vais m’assoir. Puis, je relève mon visage vers Ethan. « On a deux options. » je lui dis calmement. « Soit tu te sens de nettoyer la blessure et de me poser des strips, ce sera bien suffisant tu peux me croire. » j’ajoute sûr de moi. Je ne précise pas pourquoi je suis si sûr de moi. S’il me demande on verra. « Soit tu vas me chercher le miroir là-bas, » je désigne le miroir accroché au mur dans lequel je me suis regardé. « et je fais ça moi-même. C’est comme tu préfères. »

Là encore je ne précise pas comment et pourquoi je me sens capable de le faire moi-même. On verra s’il pose la question.



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MessageSujet: Re: (Flashback) Juste une soirée "peinard" Dim 13 Aoû - 4:38

Juste une soirée "peinard"
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Le calme revenu, je jette un regard circulaire pour constater que tous les autres clients ont les yeux braqués sur nous. Ce n'est pas quelque chose dont je suis très friand mais malheureusement coutumier. Les aléas de l'uniforme. Peu importe la raison pour laquelle je suis appelé ou même une simple patrouille mais l'uniforme a cet effet sur les gens. Une sorte de méfiance naturelle pour les représentants de l'ordre, de la défiance parfois ou simplement du mépris. J'aime à penser que certains ont quelque chose à se reprocher et craignent que je vienne pour eux. Je me suis fait à cet aspect du métier. La plupart des gens n'aiment pas les flics et pensent qu'on ne sert à rien. C'est un fait. Je l'accepte. Jusqu'à ce qu'ils aient besoin d'eux évidemment.
Sauf qu'ici je ne suis pas en uniforme, je ne suis pas en service. On ne m'a pas sommé de venir jouer les chevaliers blancs – ou plutôt à l'oreille rouge – et je m'en trouve beaucoup plus mal à l'aise. Je ne suis que Ethan, un type lambda venu picoler un peu après une dure journée, une dure semaine. Qui se retrouve embarqué dans une bagarre bien malgré lui au milieu de son bar favori.
Mais l'adrénaline est retombée, les battements de mon cœur sont revenus à la normale et je me sens encore plus vidé qu'au moment où j'ai poussé la porte des lieux. J'ai vraiment un karma de merde, y'a pas à chier.

Me concentrant à nouveau sur Cillian, je garde ma surprise pour moi quand il m'annonce qu'il refuse que je l'accompagne à l'hôpital. Je sais que beaucoup n'aiment pas ce lieu, son odeur, les médecins, mais c'est une décision peu raisonnable pour un type que je pensais sensé. Il est vrai cela dit que je le connais peu et il doit avoir ses raisons. Pas d'assurance, pas les moyens de payer les soins, ou toute autre raison qui lui est propre et que je me garde bien de faire remarquer. Si c'était l'un de mes amis proches j'insisterais davantage et le traiterais d'idiot mais encore une fois, je garde mes pensées à l'état de pensées.
Le laissant rassurer la clientèle encore un peu sous le choc de ce qui vient de se passer, je finis par arquer un sourcil interrogatif à l'attention de Cillian, le suivant néanmoins sans rien ajouter. Heureusement, personne n'a eu l'idée de filmer la scène avec son téléphone portable et je leur en suis reconnaissant. Même sans l'uniforme, je pourrais avoir de sérieux ennuis pour une bagarre dans un lieu public. Encore plus si mes exploits nocturnes se retrouvaient immortaliser sur la toile avec des milliers de commentaires.
Je suis le serveur dans une pièce à l'arrière du bar, celle réservée au personnel, soulagé de ne plus avoir autant de paire d'yeux sur ma personne. « Ce qu'il faut ? » Je le questionne alors que je le vois fouiller dans un tiroir, détaillant quelques instants la pièce où nous nous trouvons mais dont rien ne sort de l'ordinaire. Je n'ai de toute façon pas le temps de passer en revue tous les détails que mon comparse se pointe avec une trousse de secours et m'exposa sa brillante idée. « T'es sérieux ? » Je lâche un léger rire avant de me rendre compte qu'effectivement, il est des plus sérieux. Comment et pourquoi, ça, je ne le demande pas, ne voulant pas lui faire subir un interrogatoire dans son état. J'espère au moins que ce n'est pas le coup qu'il a reçu qui lui a vrillé quelques neurones et qu'il ne regrettera pas sa décision d'ici cinq à dix minutes...

Je le fixe sans ciller un long moment pour jauger de son état mental et finis par soupirer, me levant jusqu'au lavabo pour me laver soigneusement les mains au savon. L'on remerciera plus tard ma formation de premier secours sur laquelle je ne m'attarderai pas présentement et une fois certain que mes mains sont propres, je reviens vers lui en lui prenant la trousse des mains. « Donne moi ça docteur casse cou »
Je m'assois sur une chaise à côté de lui et attrape la paire de gants en latex rangé dans la trousse de secours, les enfilant difficilement. Je tire un peu sur l'index, fixant Cillian avec un petit sourire en coin. « Penchez-vous en avant, inspirez, tendez les fesses et détendez-vous » Je laisse tout de même échapper un léger rire et oublie rapidement mon rôle de proctologue pour me concentrer sur mon simple statut d'homme d'urgences. Je lui retire le chiffon avec lequel il comprime toujours son arcade, essuyant le gros du sang qui a coulé le long de son œil et sur sa joue. Attrapant le désinfectant et quelques compresses, je me contente en premier lieu de nettoyer la zone proche de la plaie, prenant garde aux morceaux de verre englués dans le sang pour ne pas le couper. Me redressant légèrement, j'examine la coupure, grimaçant quelque peu. « T'es sûr sur tu veux pas aller aux urgences ? Y'a pas mal de petits éclats de verre là-dedans. Si c'est une question de fric, je connais une fille qui bosse dans ce service, je pourrais peut-être m'arranger avec elle. » Mais j'ai face à moi un tête de première et je lève les yeux au ciel, fouillant à nouveau dans la trousse en espérant y dégoter une pince ou tout autre instrument y ressemblant. Trouvant mon bonheur, je m'attelle à la tâche, essayant d'être le plus doux possible. Mais je suis flic et pas infirmière et je sens mon patient improvisé se tendre à chaque bout de verre sur j'extirpe de cette sale coupure. Et c'est qu'il y en a...

Il me faut bien quinze minutes pour tout retirer – du moins c'est ce que j'espère – et quelques une de plus pour désinfecter correctement l'intérieur de celle-ci. Une fois chose faîte, j'installe deux straps sur le haut de son œil pour garder la plaie fermée et empêcher qu'elle ne s'infecte, plutôt content du résultat avec le peu d'expérience que j'ai dans le domaine. « C'est terminé, tu peux recommencer à respirer » Je lui donne une tape sur l'épaule avant de retire mes gants et de les jeter dans la seule poubelle que comporte la pièce. « Je persiste dans mon idée que tu devrais montrer ça à un professionnel. J'suis pas un pro dans le domaine. » Même si ça aurait pu être pire. Je remets le matériel dans la trousse et la pousse vers lui, le laissant la ranger pour d'autres nouvelles aventures nocturnes de gens bourrés. L'alcool finit décidément toujours par me gâcher la vie. C'est cyclique.




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MessageSujet: Re: (Flashback) Juste une soirée "peinard" Lun 14 Aoû - 16:13

Juste une soirée "peinard"


« T’es sérieux ? »

Et moi de sourire de plus belle sans rien dire. Bien sûr que je suis sérieux sinon, je l’aurais déjà accompagné à sa voiture. Alors oui, je suis on ne peut plus sérieux. Je suis parfaitement capable de retirer le verre moi-même et de mettre les strips si lui ne se sent pas de le faire. Il est en tout cas très clair que je ne veux pas mettre les pieds à l’hôpital. Les raisons me regardent. Outre les moyens financiers qui me manquent un peu car je ne roule pas sur l’or et que je n’ai pas d’assurance, je ne tiens pas à croiser d’anciens collègues ou même d’anciennes connaissances car le passé je veux le laisser derrière moi. Je l’observe donc avec ce sourire accroché à mes lèvres et lui me fixe en silence, attendant visiblement que je change d’avis mais ce changement ne vient pas. Non, je suis bien décidé. Il termine par abandonner et soupire avant d’aller jusqu’au lavabo pour se laver les mains. Bon, cela veut dire qu’il ne va pas me laisser m’en occuper moi-même mais qu’il va le faire lui. C’est mieux. Il récupère la trousse que je tiens dans les mains et je souris plus largement tout en me retenant de rire quand il me surnomme « docteur casse cou ». Le rire, je ne parviens pas à le retenir plus longtemps quand il s’amuse à jouer le proctologue.

« Je n’ai pas mal là mais c’est gentil de proposer. » je lui dis sur un ton léger bien que ce qui se profile pour moi ne va pas l’être, léger. A l’hôpital j’aurais eu une anesthésie locale, c’est vrai, et là je vais devoir faire sans mais c’est un choix. Le mien. Il faut donc que je l’assume et je vais l’assumer. Mon sourire disparaît au fur et à mesure des secondes alors qu’il se prépare et qu’il nettoie la plaie. Rien que ce petit nettoyage fait très mal alors la suite… Mais je ne lâche rien et quand il me demande si je suis sûr de moi, quand il me propose l’aide d’une personne travaillant là-bas si jamais mon refus vient d’un problème d’argent, je ne lâche pas non plus. « Ce n’est pas que ça. » je lui dis sans pour autant entrer davantage dans les détails. « Je suis sûr. Fais-moi mal. » Petit sourire en coin pour essayer de le détendre et de me détendre aussi par la même occasion. Il lève les yeux au ciel, et cède. Je le vois se saisir de la pince et je ferme les yeux, prenant de profondes inspirations par le nez pour me détendre un maximum. J’ai beau savoir que je vais avoir mal, quand il glisse le bout de la pince dans la plaie pour récupérer le premier morceau de verre, je crispe le poing, ravale un grognement de douleur et c’est la même chose à chaque éclat de verre, à chaque fois qu’il replonge la pince dans la plaie pour retirer les morceaux de verre. Sincèrement, l’opération me semble interminable. Je ne sais pas combien de temps il lui faut mais j’ai, moi, l’impression que ça prend un temps fou. Lorsqu’il repose enfin la pince à épiler, je pousse un profond soupir de soulagement parce que le pire est passé. Même s’il va devoir désinfecter et tripoter un peu la plaie pour mettre les strips, ce ne sera rien comparé à ce que je viens de subir. Toute mon arcade me semble être en feu si bien que j’en ferme un peu mon œil (comme si ça allait me soulager…). Il désinfecte comme prévu la plaie et si me brûle encore plus mais je tiens, je ne dis rien. Je me contente de serrer les dents, chose que je continue de faire lorsqu’il fait les strips sur la plaie.

Et c’est terminé. Ethan ne manque pas de me le faire savoir et m’annonce que je peux recommencer à respirer. J’accueille ses mots avec un sourire reconnaissant.

« Merci. » j’ajoute parce que c’est bien de joindre la parole au geste.

Je réalise ensuite qu’il est autant borné que moi puisqu’il repart sur le sujet « hôpital », persiste et signe en me disant que je devrais montrer ça à un professionnel.

« Pas besoin. » je lui dis en récupérant la trousse de secours. Je me lève, vais la ranger et me penche pour observer son travail dans le miroir. Je souris. On peut dire que ça chauffe toujours beaucoup mais il a assuré. « C’est très bien. » je dis en me retournant vers lui. Je viens m’asseoir en face de lui, décidé à ne pas retourner tout de suite au boulot : mon collègue va se débrouiller le temps que je prenne cette pause franchement méritée. « Dis-moi… » Je m’accoude à la table et l’observe en plissant les yeux. « Tu n’es pas obligé de répondre si tu n’en a pas envie mais… Où est-ce que tu as appris à cogner comme ça ? Non parce que mine de rien, tu as franchement assuré tout à l’heure. Tu les a mis au sol très rapidement alors je me demande… Parce qu’en général, on ne frappe pas aussi bien et avec autant d’efficacité sans avoir eu un minimum d’entraînement. Ou alors tu me caches des choses et tu es un adepte des altercations dans les bars hm ? » Petit silence. Petit sourire en coin. « Ou alors tu me parles de la jolie rouquine, comme tu veux. » Et un clin d’œil complice de circonstances.

Oublions cinq minutes que nous nous sommes battus, que j’ai bien failli perdre un œil, que j’ai souffert (et ce n’est rien de le dire), quand il s’est occupé de ma plaie à l’arcade. Même si objectivement parlant, discuter de là où il a appris à frapper de cette façon c’est rester dans le sujet « baston devant les clients du bar », je préfère en apprendre plus sur lui plutôt que de me focaliser sur ce qui a causé la douleur qui me chauffe toujours à blanc au niveau de l’œil.




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MessageSujet: Re: (Flashback) Juste une soirée "peinard" Dim 10 Sep - 17:19

Juste une soirée "peinard"
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Et voilà, ça y est, je peux rajouter une ligne à mon curriculum vitae pas si rempli que l'on pourrait le croire. Infirmière et panseuse pour barman à la gâchette facile. Je suis sûr que cette nouvelle aptitude va m'ouvrir des portes d'un nouveau royaume duquel je serai roi, sans aucun doute. Ma propre bêtise me fait sourire alors que je suis du regard Cillian tandis qu'il vérifie son reflet dans le miroir. Je ne l'ai ni défiguré, ni fais tomber dans les pommes, ni aggravé les choses. Ce qui est déjà une bonne chose. Je crois même que j'ai fait du plutôt bon boulot, même avec si peu de formation dans le domaine. Le strict nécessaire, en cas d'urgence, comme tous les flics. De toute façon je ne peux pas faire mieux et puisqu'il est plus têtu que moi et refuse catégoriquement d'aller à l'hôpital, je ne peux l'y traîner de force. Il est adulte. J'espère seulement qu'il est à jour dans ses vaccins. Manquerait plus qu'il chope un truc juste pour être trop buté sur la question...mais puisqu'il affirme que c'est très bien, je ne fais pas d'autres commentaires.

Il revient finalement s'asseoir près de moi, visiblement peu enclin à retourner au travail tout de suite et le sujet revient rapidement sur moi. C'est vrai que je frappe bien, merci Jo pour toutes ces années d'apprentissage intensif. Et évidemment, il ne lâche pas non plus le morceau sur la charmante rousse que je vois régulièrement ici, à savoir Sidney. Il ne semble pas avoir remarqué la petite blonde qui est entrée récemment dans ma vie et c'est tant mieux. À choisir, je préfère m'appesantir sur une amie proche avec laquelle je vais plus loin de temps en temps qu'une conquête qui m'a congédiée si tôt qu'elle en avait fini avec moi. Question d'ego. Surtout face à un autre homme. J'ai beau ne pas être le pire des salauds ou des machos, je reste un type parmi tant d'autres et je préfère conter mes exploits plutôt que mes défaites. Mais quitte à réellement choisir, je préfère les laisser pour le moment toutes les deux de côté, gardant ma sphère intime....et bien..intime. « J'ai grandi dans le South Side mec, qu'est-ce que tu crois ? Si t'appends pas à cogner, tu te fais racketter par les types plus grands que toi, ceux qui font deux têtes de moins que toi et même certaines filles au caractère bien trempé. Ce sont les lois de la rue. Cogner ou être cogné. » J'en rajoute un peu évidemment, rendant le discours plus attractif et un brin plus amusant. Mais je ne suis pas si loin que ça de la réalité. Si je n'avais pas été dans une bande, j'aurais été une proie facile à l'époque. Et si je n'avais pas appris à me battre quand j'ai délaissé la rue et ma fameuse bande, si je ne leur avais pas refait le portrait quand ils sont revenus me demander des comptes, je me serai fait également lynché. Mais ce n'est pas vraiment être un gosse de la rue qui m'a appris la technique et le respect dans un combat. Bien que ce qui a précédé dans le bar n'a pas réellement soulevé la notion de respect. « Je fais de la boxe depuis que j'ai quatorze ans, ça aide aussi pas mal » Je finis par avouer en haussant les épaules, brisant un peu l'image du gosse qui se débrouille tout seul et fait seul son apprentissage. « C'est un bon exutoire. Même si je préfère le ring et la salle avec de vrais adversaires plutôt que quelques types déjà bien alcoolisés qui tiennent à peine debout. » Je louche un instant sur la plaie de son arcade à présent soignée. « Enfin, qui tenaient assez debout pour t'en coller un bonne quand même » Un léger sourire moqueur maintenant que le pire est passé, certain qu'il ne m'en tiendra pas rigueur.

Je laisse le silence reprendre ses droits, pensant que j'aurai bien envie d'une bière après tout ce qui vient de se passer mais laissant la décision à Cillian. Après tout, ce n'est pas moi qui vient de me prendre un verre en pleine tronche et qui vient de supporter les soins un peu brutes d'un flic peu délicat.

« Et il va sérieusement falloir que tu arrêtes de faire une fixette sur cette jolie rousse qui est mon amie. Parce que soit tu es intéressée et tu tâtes le terrain la concernant et je risque de devenir protecteur et de briser ce début d'amitié prometteur... » Je fais mine d'être menaçant mais nous savons tous les deux que c'est feint et vain. « Soit tu tâtes le terrain me concernant et je risque de partir en courant et de briser ce début d'amitié prometteur. » Mes lèvres s'étirent à nouveau en un sourire franc, avant de reprendre mon sérieux. « Peut-être qu'elle est, de temps en temps, plus qu'une amie. Mais si je devais choisir, je la garderai exclusivement en amie. Et non, tu n'auras pas son numéro, espèce de pervers ! »




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by Wiise

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MessageSujet: Re: (Flashback) Juste une soirée "peinard" Ven 22 Sep - 17:01

Juste une soirée "peinard"



Alors on parle de quoi ? Nanas ? Boxe ? Il a le choix. Moi j'attends. Et il choisit finalement la boxe. Bien. Je l'écoute donc, avec attention, m'expliquer qu'il a grandi dans le South Side. Ah oui, d'accord. Chicago je connais. J'y suis né, j'y ai grandi, et si moi je n'ai pas grandi dans le South Side, c'est quand même un quartier que je connais et je comprends mieux parce qu'effectivement : il y a des endroits, si tu veux pouvoir t'en sortir, il faut savoir cogner et ce très jeune. Je hoche la tête quand il ajoute qu'il faut cogner si on ne veut pas être cogné. Je suis en phase avec ça, totalement en phase. C'est une façon de penser qui non seulement me parle mais que j'ai appliqué depuis longtemps maintenant, plus particulièrement depuis que je suis passé par la case prison mais ça, il ne le sait pas. Et si j'assume mon passé, je ne tiens pas forcément à balancer cette information de but en blanc comme ça. De toute façon, je n'en ai pas l'occasion puisqu'il m'avoue finalement faire également de la boxe depuis qu'il a quatorze ans. Petit sourire en coin de ma part, car cela explique donc beaucoup de chose. Certes devoir savoir se battre dans la rue apporte un certain savoir, avoir pratiqué la boxe pendant des années, c'est bien ça qui permet de savoir comment cogner et où cogner pour être efficace. Peut-être qu'à l'occasion je lui demanderai de me filer quelques conseils bien avisés. Oui. Sa remarque sur les types alcoolisés me fait hocher la tête et je plisse les yeux quand il mentionne mon arcade.

« C’est facile quand on s’attaque à quelqu’un avec une verre plutôt qu’avec les poings. » je réponds, abordant faussement un air vexé quand il affiche son sourire moqueur, un sourire auquel je réponds finalement en souriant à mon tour.

Ethan change soudain de sujet, parce que oui, j’avais parlé de deux sujets possibles et maintenant que le premier est traité. Je hausse les sourcils (ouch) quand il me dit que la rouquine n’est que son amie. Hm… Pourtant, vu la façon dont ils se regardent parfois, il y a franchement de quoi douter. Vraiment de quoi douter. Je réfléchis silencieusement à sa remarque : est-ce que je suis intéressé par la rouquine ? Ma foi, si elle était pour un petit moment de détente, moi je ne serais pas contre vu qu’elle est charmante. Ceci dit, je ne sais pas trop si je dois prendre Ethan au pied de la lettre. Est-ce qu’il est sérieux dans ses menaces ? Peut-être, même si l’air qu’il affiche me fait plutôt penser le contraire. Dans le fond, il est clair que si je m’amuse avec son amie, notre amitié naissante à lui et moi risque d’en prendre un coup. Dans le doute, je garderai mes mains loin de cette femme. C’est mieux. Je laisse finalement échapper un petit rire quand il ajoute que si je tâte le terrain le concernant, il risque de partir en courant. Je porte ma main à mon cœur dans un geste théâtral.

« Je suis percé à jour. » je dis, là encore en employant un ton faussement désespéré avant de laisser de nouveau échapper un petit rire.

Puis vient une petite révélation et je plisse les yeux en affichant un petit sourire en coin : alors comme ça elle est plus qu’une amie de temps en temps ? Je savais bien que j’avais vu des regards trop prononcés pour que ce soit une simple amitié. Je secoue la tête quand il me traite de pervers en m’assurant qu’il ne me donnera pas son numéro.

« Je n’en veux pas de son numéro. » je lui dis avec sérieux bien que mon sourire soit décidé à rester sur mes lèvres. « Elle est charmante, c’est clair, mais tu vois, savoir qu’elle est parfois plus qu’une amie pour toi, ça me suffit à me retirer toute idée de rapprochement. » Un petit silence. Mon air se teint de plus de sérieux. « Les potes avant les nanas. » je ponctue en hochant la tête.

Et je le pense. Un ami, en général, quand c’est sincère, c’est pour la vie. Les femmes par contre, ça va, ça vient… Je lui adresse un nouveau sourire avant de poser une main amicale sur son épaule et de me relever.

« Bon. On va aller boire un peu. Je bosse plus pour ce soir de toute façon et qu’on vienne pas me faire chier. » je le dis davantage pour moi que pour lui. Après ce que je me suis pris dans la tronche, j’estime mériter d’arrêter pour ce soir. « J’te paye une bière ? »

Qu’on finisse la soirée sur une note positive.





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(Flashback) Juste une soirée "peinard"

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