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 Juste une soirée "peinard"

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MessageSujet: Juste une soirée "peinard" Sam 8 Juil - 19:06

Juste une soirée "peinard"
Cillian& Ethan
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Je prends place sur l’un des tabourets du bar, lessivé. Venir ici après la journée psychologiquement harassante que j’ai eu n’est sans doute pas la meilleure idée qui m’ai traversé l’esprit mais je n’ai pas envie d’être seul ce soir. Je n’ai pas envie d’avoir pour seule compagnie le silence mortel que renferme les quatre murs de ma maison. Paradoxalement, ce n’est pas de la compagnie de mes amis dont j’ai besoin non plus. Je ne veux pas leur infliger un énième coup de spleen, ils ont déjà assez avec leurs problèmes. Le Maureen’s est parfait. J’aime son atmosphère, je m’y sens à ma place. Et même si certains clients en fond de salle parlent déjà trop fort à cause d’une alcoolémie précocement élevée, je ne m’en formalise pas. J’ai besoin de me vider la tête, d’oublier cette journée. Vainement. C’est toujours ainsi. Plus l’on tente d’oublier quelque chose et plus les images défilent à l’intérieur de votre tête, comme un bourreau sadique refusant toute tranquillité d’esprit.

Plus je tente d’effacer les souvenirs et plus ils me frappent avec force et mesquinerie. Je me revois dans la voiture de patrouille avec Bill, entends à nouveau clairement l’appel radio du central comme si je me trouvais encore dans l’habitacle du véhicule. Un gamin pour dénoncer une dispute violente entre ses parents, complètement paniqué, en pleurs, terrifié à l’idée que son propre père tue sa mère. Je me souviens avoir forcé la porte avec mon partenaire après avoir demandé des renforts, préparé au pire, comme souvent. Je me souviens de la mère de famille, couverte de sang, encore debout au milieu de la cuisine, tremblante et en état de choc, un couteau à la main. Je me souviens du père, étendu sur le carrelage de cette même cuisine, gisant dans une mare de sang, de multiples lacérations et coups de couteau. Je me souviens du gosse, planqué sous son lit et du temps considérable qu’il m’a fallu pour l’en convaincre d’en sortir. Je me souviens de son pantalon souillé par l’urine à cause de la terreur vécue. Oui, je me souviens de tout. De la mère emmenée au poste quelques heures plus tard par la criminelle, du gosse en larmes confié aux services sociaux. Et des révélations que certains collègues d’autres services m’ont fait plus tard. L’histoire de ce mari violent qui tabassait sa femme depuis une dizaines d’années. De cette femme qui n’a jamais osé porter plainte ou s’enfuir. Apparemment aujourd’hui avait été la fois de trop. Il avait voulu s’en prendre à son fils et l’instinct maternel avait fini par prendre le dessus sur la peur et la soumission.
Et au milieu de ce tableau cauchemardesques, Shawn, onze ans. Onze ans à regarder le spectacle traumatisant des coups paternels sur sa propre mère. Onze ans dans la peur, l’incertitude. Et maintenant ? Il n’aura plus jamais peur de son père certes, mais en restera marqué à vie. Sa mère, même avec des circonstances atténuantes, passera probablement les quinze prochaines années de sa vie dans une cellule d’Etat. Et lui sera balloté entre centre d’accueil, foyer d’hébergement et familles.

Et je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec ma propre enfance. Que ce serait-il passé si, à son âge, une personne avait dénoncé mon père et que les services de l’enfance aient débarqué chez nous ? Si moi aussi, j’avais atterri dans un foyer ou une famille d’accueil encore pire que la mienne ? M’en serai-je mieux sorti ? Je doute. Parce que je connais trop bien tous ces gosses, leur parcours, certains ont été mes amis durant de longues années. J’aurais suivi les autres pour me fondre dans la masse, serais tombé dans la délinquance aussi sûrement que je m’en suis sorti, et maintenant, je serai sans doute un de ces stéréotypes de voyous plein de tatouages qui deal et trafique dans une caisse aussi discrète que son look.
Et si j’étais tombé dans une bonne famille, aimante ? Comment serai-je aujourd’hui ? Qui ? Un toubib renommé, un avocat sans scrupules ?
Et Shawn, de quel côté de la balance finira-t-il, après tout ce qu’il a vu, tout ce qu’il a vécu, avec le peu de chances que la vie lui offre présentement ? est-ce que nous sommes destinés à nous retrouver dans dix ans, moi le menottant et l’embarquant au commissariat et lui m’insultant de tous les noms d’oiseaux qu’il connaît ?

Journée de merde. Et si d’ordinaire je parviens à compartimenter les choses, à laisser mes problèmes de côté une fois l’uniforme retiré, il m’est difficile de retirer ce gamin de ma tête. Je sors de ma rêverie quand le barman s’approche de ma place, relevant mon regard fatigué vers lui. « Comme d’habitude » c’est-à-dire une bière pression. La tentation n’a jamais été aussi grande d’opter pour un alcool plus fort et de me laisser porter par les effets de l’alcool mais je me contente d’une simple bière. Mes propres gênes sont contre moi. Un père alcoolique et une mère lâche, une combinaison plutôt diabolique dans mon état. Et s’il y a bien une chose que je redoute, c’est bien finir comme l’un d’entre eux.




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MessageSujet: Re: Juste une soirée "peinard" Sam 8 Juil - 23:06

Juste une soirée "peinard"


« Oui, c'est bon ! J'arrive ! »

Je grommelle dans ma barbe alors que le réveil affiche à peine dix heures du matin. J'ai terminé très tard cette nuit parce qu'il a fallu faire un inventaire après le service pour éviter que le bar ne soit fermé et j'ai dû m'endormir vers six heures du matin. Donc, ça fait à peine quatre heures que je dors et j'aurais franchement bien dormir plus longtemps. Je me redresse, enfile un t-shirt par dessus mon bas de pyjama et me frotte le visage avant de me traîner jusqu'à la porte de ma maison que j'ouvre à la volée, irrité, et je me fige en voyant qui se tient sur le pas de ma porte. Je la reconnais. Elle. Elle qui m'a recruté il y a de ça neuf ans maintenant et ça fait également neuf ans que je ne l'ai pas revue : depuis que nous avons été serrés au moment du cambriolage du musée, depuis que j'ai été condamné et qu'elle a été condamnée, comme les autres. Et elle est là. Dehors. Elle avait pris combien ? Dix ans je crois. Un peu plus que moi parce qu'elle récidivait il me semble. Je reste là, sans bouger, à la figer, n'en revenant tout simplement pas de la voir là et ne comprenant surtout pas ce qu'elle fout ici.

« Tu m'invites pas à entrer ? »

Je fronce les sourcils et il me faut encore de nombreuses secondes avant de me pousser pour la laisser entrer, mais sans rien dire du tout.

« La vache, je viendrais pas te cambrioler. Pourquoi t'as pas décoré ?
- Sérieux ?
- Quoi ? » elle me demande en se tournant vers moi après que j'aie fermé la porte.

Je croise les bras en la fixant.

« Tu te pointes chez moi après toutes ces années et tu me parles de la déco ? Qu'est-ce que tu veux ?
- Je suis sortie, j'ai voulu te retrouver pour prendre des nouvelles. »

Je me frotte de nouveau le visage et soupire avant de m'approcher d'elle.

« Si t'as besoin d'argent pour te refaire en attendant de trouver un job, je peux t'en prêter mais je te préviens tout de suite : je veux pas d'emmerdes.
- Je peux squatter un peu ? »

|-|-|

Je regarde l'horloge du bar et je grimace. Le temps passe à une lenteur... Et quand je pense que je l'ai laissée chez moi... Bon, elle n'avait pas d'autre endroit où aller et je ne me voyais pas la foutre dehors alors que finalement, elle ne m'a rien fait et que si j'avais été à sa place j'aurais aimé qu'on m'aide mais voilà... Elle est chez moi, seule, et on ne peut pas dire que je lui fasse particulièrement confiance. Et puis le fait qu'elle soit à Chicago me dérange. Je n'aime pas l'idée que mon passé me rattrape de cette façon. Je ne voudrais pas qu'elle foute en l'air mes plans même si pour le moment les dits plants sont au point mort. Et puis cela me replonge de manière bien trop désagréable dans mes années de prison. C'est derrière moi, certes, mais ça me colle à la peau malgré tout et je n'oublierai jamais les années passées derrière les barreaux alors avoir à la maison la seule personne qui peut me le rappeler juste par sa simple présence... Ce n'est que quand je vois Ethan pousser les portes du bar que je parviens l'espace d'un instant à oublier la femme qui se trouve chez moi et ce que sa présence pourrait bien impliquer pour moi. Il n'a pas l'air d'aller bien du tout. Je veux dire, il a l'air d'aller pire que moi qui a vu débarquer une ancienne complice de cambriolage chez lui de bon matin. Il vient s'installer au bar et parce que j'ai l'habitude de le servir, parce que la personne qui travaille avec moi sait qu'Ethan et moi sommes devenus amis au fil du temps, c'est donc moi qui m'approche de lui sans attendre. A peine est-il installé qu'il me demande de lui servir la même chose que d'habitude. Je hoche la tête et lui sers une pression que je pose devant lui. Un regard circulaire, le bar a beau avoir des clients, cela me semble assez calme pour que je puisse me permettre de discuter avec lui.

« Je te demande pas si ta journée a été dure vu la tête que tu tires... » je lui dis en essuyant un peu le comptoir avant de m'y accouder. « Est-ce que je dois te demander tes clés maintenant ou tu vas y aller doucement ? » je lui demande finalement très sérieusement. Avant d'ajouter : « Tu veux en parler ou pas ? »

Parce que peut-être qu'il a besoin de se vider totalement de ce qui le mine ou peut-être qu'il va préférer ne pas en parler du tout. Peut-être qu'il va simplement vouloir boire et moi je ferai ce dont il a besoin.

C'est ce que les amis font, non ?



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MessageSujet: Re: Juste une soirée "peinard" Lun 10 Juil - 17:29

Juste une soirée "peinard"
Cillian& Ethan
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« C'est si évident que ça ? » Et je lâche un léger rire alors que je le remercie pour la bière, en buvant une longue gorgée rafraîchissante. Il est vrai qu'après m'être changé au poste et avoir croisé mon visage dans le miroir, je n'ai pas eu envie de m'y attarder plus que ça. Traits tirés, barbe naissante, cernes violacées. Mon visage juvénile en a pris un sérieux coup ce soir. Et c'est bien la raison qui m'a poussé – autre que la bière – a venir me terrer ici. Là où je n'ai pas à me soucier de mon apparences. Et je suis content que ce soit Cillian au bar ce soir et pas un autre. Bien que nous ne nous soyons jamais vus ailleurs qu'entre les quatre murs du Maureen's, je ne peux nier l'affection toute amicale que je ressens pour lui. Je l'ai souvent emmerdé sur le fait qu'il devrait se faire payer les séances gratuites de psychologie qu'il offre aux piliers de comptoir de l'établissement. Je me rends compte ce soir que je n'ai pas énormément de différences avec tous ces pauvres bougres. Certes je ne bois jamais suffisamment pour être saoul et ne perds jamais le contrôle de mes mots et encore moins de mes actes mais je m'assois toujours sur le même tabouret, face au bar, et reste des heures durant à oublier, à écouter les autres narrer des bouts de vie auxquels j'accroche parfois, desquels je me fous la plupart du temps. Et il y a mon barman préféré, le seul à qui je parle autrement que pour lui passer commande. Et c'est assez marrant. Cette aisance, ces petites piques lancées ci et là parfois comme si nous étions potes depuis plusieurs années. Pourtant je ne connais rien de sa vie avant son arrivée au Maureen's et il ne connaît rien de la mienne. Il ne sait même pas que je suis flic, et bien que je n'en fasse pas un secret ici je préfère laisser l'uniforme au placard. Je viens souvent ici pour faire le vide, pour oublier une journée, comme celle-ci, trop pesante. Alors je préfère ne pas crier sur les toits que je fais partie de la maison.

Je redresse mon visage vers lui quand je l'entends me demander s'il doit me confisquer mes clés et me contente de boire une longue gorgée de ma bière, la reposant sur le comptoir en émettant un « ah » de satisfaction peu élégant. « Est-ce que tu m'as déjà vu ivre ou même seulement éméché depuis que t'es là ? » La réponse est évidemment non. Je me contente le plus souvent de deux bières, parfois trois, jamais plus. Une règle que je ne transgresse jamais. « Je ne compte pas commencer ce soir alors mes clés resteront sagement dans ma poche et si tu comptes venir tenter de les prendre, je serais ravi de te démontrer que mon ouverture d'esprit à ses limites. » Je lâche un léger rire pour ce cliché gay auquel je n'accroche même pas et tourne le visage un instant vers le fond de la salle où une table semble déjà à un degré d'alcoolisation avancé malgré l'heure peu tardive. Je finis par reporter mon attention sur Cillian et je me donne le temps de la réflexion.

Pourquoi je voudrais raconter ça à quelqu'un ? Cette histoire m'a foutu le morale à zéro, continue de me faire gamberger. Je vois encore la mare de sang, l'état de choc de cette femme qui va finir en prison simplement pour s'être enfin défendue d'un mari violent. Cette femme qui va payer pour avoir protégé son fils. Et je vois encore ce gosse planqué sous son lit après s'être uriner dessus et moi, allongé ventre à terre passant dix minutes à la convaincre qu'il pouvait me faire confiance et ne risquait plus rien. Et je suis venu ici pour ne plus y penser. Alors...  « Juste une journée de merde au travail. J'en verrai malheureusement d'autres. Je suis venu ici pour décompresser » Non, je ne l'embêterai pas avec mes problèmes, je veux juste les évacuer. « Tu sais ce que c'est, tu dois en voir des vertes et des pas mûres ici non ? »




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MessageSujet: Re: Juste une soirée "peinard" Mar 11 Juil - 10:12

Juste une soirée "peinard"


Je fais cette proposition à Ethan parce que c'est ma responsabilité, qu'il est sous ma responsabilité puisqu'il boit à mon comptoir (pas que le bar ne m'appartienne mais quand je bosse, c'est mon comptoir oui) et d'autant plus parce qu'il n'est pas qu'un simple client régulier, il est plus que ça. Il est un type que j'apprécie énormément, avec lequel j'adore blaguer, me détendre en fin de service, que j'essaye de conseiller le mieux possible quand il s'agit d'affaires de femmes. Certes, je ne sais que trop peu de choses de lui comme il ne sait que trop peu de choses sur moi mais j'imagine que les confessions viendront en leur temps. Ou pas d'ailleurs. Peut-être que nous garderons toujours ce mystère et cette petite barrière de secrets ce qui serait dommage, au fond, parce que cela voudrait dire que nous deviendrions jamais de véritables amis si nous n'allions pas plus loin mais ma foi, pour le moment, ce que nous avec tel quel me convient très bien et il me semble que ça lui convient à lui aussi. J'esquisse une petite grimace quand il me demande s'il est si évident que ça qu'il a passé une journée de merde. Comment lui dire ?... Non, il ne vaut mieux pas lui dire mais j'imagine qu'il a totalement conscience de la tête qu'il a et il faudrait franchement être soit aveugle, soit totalement à côté de ses pompes, soit complètement con, pour ne pas comprendre qu'il n'a pas sa tête des « bons jours ». Je  hoche finalement la tête de droite à gauche quand il me demande si je l'ai déjà vu ivre ou même un peu éméché. Est-ce que je l'ai déjà vu saoul ? Complètement imbibé d'alcool au point de ne plus pouvoir mettre un pied devant l'autre ou se souvenir pourquoi il était venu à l'origine ? Non. Je n'ai pas le souvenir de l'avoir jamais vu dans un tel état, je n'ai pas le souvenir de l'avoir vu boire plus que de raison comme le font bon nombre de clients ici, sans se soucier des conséquences et c'est pour ça que nous sommes là : pour récupérer leurs clés pour éviter qu'ils ne causent un accident, appeler un taxi si besoin pour éviter qu'ils aillent se noyer dans le fleuve sans le faire exprès. Je n'ai jamais eu besoin de le faire avec lui mais vu la tête qu'il tire, il n'est pas impossible qu'il ait envie de le faire ce soir. Il s'empresse cependant de m'affirmer qu'il n'a pas l'intention de commencer à boire ce soir et je laisse échapper un petit rire à sa remarque quant à son ouverture d'esprit. Je lâche mon torchon et lève les mains en signe de bonne foi : mes mains resteront là où elles doivent être.

« De toute façon t'es pas mon genre. Pas assez barbu. » je lui réponds sur le ton de la conversation avant qu'il ne m'avoue avoir passé une journée de merde qui ne sera sans doute qu'une parmi tant d'autres. Il m'explique qu'il est venu pour décompresser et si les mots ne sont pas prononcés le sous-texte est pourtant bien clair : il ne tient pas à en parler, ce que je peux totalement comprendre. On n'a pas toujours envie d'étaler ses malheurs, je suis le premier à ne pas aimer m'étaler, je n'aime pas particulièrement revenir sur des moments désagréables alors oui, je le comprends. Lorsqu'il me dit soudain que je dois savoir ce que c'est puisque je dois en voir des vertes et des pas mûres je l'observe un instant, songeur. Oui, je vois de sacrés trucs, j'ai déjà dû mettre sur la tronche de certains pour les calmer mais...

« Non. » je lui dis en secouant doucement la tête et en prenant appui sur le comptoir. « Je crois pas avoir jamais affiché une tête pareille en fin de service. Je vois des gens qui sont pas au mieux de leur forme, d'autres qui sont trop en forme et que je dois calmer mais... » J'hésite un instant, craignant de trop mettre les pieds dans le plat mais faire « comme si » n'est pas vraiment mon genre. Alors... « Mais je n'ai jamais eu l'impression de porter tout le poids du monde sur mes épaules. » j'ajoute finalement. « Et je n'ai jamais eu besoin de venir me perdre dans un bar pour boire un peu et essayer d'oublier ce que j'ai vu ou fait. Donc, non. » je répète en plantant un regard sans doute trop incisif dans le sien. « Je comprends que tu n'aies pas envie d'en parler mais je n'ai pas souvenir avoir passé une aussi mauvaise journée de travail. » Je marque un silence, quelque chose me revient si mais bon, je ne tiens pas à en parler parce qu'en réalité, j'ai bien passé une fois une horrible journée de « travail » : j'ai fini arrêté et j'ai passé sept ans en prison. Une femme se trouvant chez moi à l'heure où je parle à Ethan me l'a d'ailleurs rappelé aujourd'hui. « Ou si, y'a eu une journée que j'ai vraiment pas aimé et regretté mais bon, c'est du passé.» Et pendant mes années en tant que pompier j'ai vu des choses difficile mais c'est loin, très loin, trop loin donc... Et puis je ne tiens pas à parler de ça, à expliquer ça. Ce serait être obligé d'expliquer tout le reste.  « Attends... »

Je m'éloigne d'Ethan, m'approche de mon collègue et lui souffle quelques mots à l'oreille et après qu'il ait hoché la tête à la positive, je le remercie d'une pression sur l'épaule, m'éloigne en récupérant un verre au passage puis fais le tour du comptoir pour venir m'asseoir aux côtés d'Ethan. Je pose mon verre vide, me penche par dessus le comptoir pour le remplir et me réinstalle.

« Je prends ma pause. » Je lève mon verre pour trinquer. « On peut trinquer au fait qu'au moins ta journée de merde soit terminée, non ? »



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MessageSujet: Re: Juste une soirée "peinard" Ven 21 Juil - 20:21

Juste une soirée "peinard"
Cillian& Ethan
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« Arf... » Je passe une main sur ma barbe naissante. « Je savais que tu craquais sur le genre hipster jolie blondinette » Je lui adresse un clin d'oeil moqueur tout en laissant échapper un léger rire avant de boire une gorgée de ma bière. Et je m'arrête là pour les plaisanteries homosexuelles. Non pas que le sujet me dérange ou me choque, je vis avec mon temps, mais comme bien des hommes je ne suis pas spécialement à l'aise quand on remet un peu trop en question mes tendances ou ma propre virilité. J'ai grandi dans un quartier pauvre, avec ses propres codes moraux et sociaux. La plupart des types avec qui j'ai grandi sont maintenant dans des gangs ou en taule. L'ouverture d'esprit n'a jamais fait partie de mon éducation et être gay dans l'endroit où j'ai grandi équivaut à être noir il y a soixante ans de cela. J'en resterai donc là sur les plaisanteries « joyeuses ».

Je redresse mon visage vers lui quand il répond à mon interrogation par la négative, me faisant arquer un sourcil. Merde, je ressemble vraiment à ça ? Comme si je portais le poids du monde sur mes épaules ? Faut croire que cette affaire me pèse plus sur la conscience que je ne le pensais. Ou simplement que je ne parviens pas à faire la part des choses et à compartimenter comme le reste du temps. Un des désavantages de la fonction. Et encore, beaucoup se méprennent sur les vraies conditions de mon boulot. Quand j'avoue aux gens que je suis flic ils ont tout de suite l'image du détective que l'on voit partout dans les séries télévisées, cet espèce de Sherlock Holmes qui résout les enquêtes en quarante-cinq minutes top chrono et envoie tous les enfoirés qu'il rencontre derrière les barreaux. Si la vérité collait un tant soit peu à tout ce qu'on peut voir sur le petit écran, le système carcéral exploserait en moins de trois jours, et il est déjà au bord de l'implosion...Le regard de ces mêmes personnes changent pourtant quand ils comprennent que je porte encore l'uniforme. Pour eux, je prends l'allure de ce petit policier bedonnant accroc aux beignets qui se contente de faire des patrouilles dans sa bagnole en venant asticoter des pauvres citoyens innocents.
Sauf que je ne suis ni l'un ni l'autre. Certes, je ne mène pas les enquêtes, je ne commande pas les interrogatoires et je ne porte pas un insigne brillant que je peux brandir telle une épée magique. Mais je suis souvent le premier sur les scènes de crime – avant même que l'on sache que c'en est une – et j'assiste tout autant que les autres à l'horreur que ce monde peut offrir. Mais qui retient l'officier en uniforme qui appelle la cavalerie à la rescousse ? Personne. On ne se souvient que la tête du type en charge qui passe à la télévision pendant la conférence de presse pour faire mousser son service, et surtout sa propre personne. Parce que passé un certain grade ce métier n'est plus que gratte papier, prise de décision et politique. Tout ce que j'exècre.

Voilà pourquoi parler de mon travail ce soir n'est pas une option. J'ai trop besoin d'apprendre à compartimenter, même quand ça me touche d'un peu trop près. Heureusement les remarques de Cillian font se tendre mes lèvres dans un sourire amusé. « Merci, ravi de savoir que j'ai l'air à ce point usé » Je lève mon verre pour trinquer de manière imaginaire à ses propos. « Et si t'en as marre d'être barman tu pourras toujours te faire payer cinquante dollars la séance monsieur le psy » Je le charrie tandis qu'il évoque un souvenir sans trop en dire cependant. Et dans l'état d'esprit où je suis, avec le si peu de volonté de me confier, je n'ose pas aller plus loin dans mes propres interrogations. S'il avait envie d'en parler, il le ferait j'imagine et je suis mal placé pour soudainement devenir curieux quand moi-même je joue les renfermés. Alors même si je suis intéressé par ce qu'il aurait à dire je reste muet, me contentant de le regarder aller souffler quelques mots à l'un de ses collègues et faire le tour du comptoir pour venir se poser à côté de moi, se remplissant un verre au passage. « Et t'as le droit de picoler pendant ta pause ? » Je finis par hausser les épaules, trinquant tout de même avec lui. « Ouais, je bois à ça, et plutôt deux fois qu'une » Mon verre vient heurter doucement le sien et je m'accorde une bonne rasade bien fraîche.

Je me tourne légèrement vers le fond de la salle où les voix se font plus fortes et où une table plus que les autres semble déjà fortement alcoolisée. Tant que ça reste bon enfant. « Tu vois, le jour où je ressemblerai à ces types, tu pourras me confisquer mes clés joli cœur »




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