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  I'll never get to heaven - Ft Leo

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MessageSujet: I'll never get to heaven - Ft Leo Lun 10 Juil - 18:27

► I'll never get to heaven ◄
Leo & Taylor


Je pensais ne pas pouvoir descendre plus bas, d’avoir déjà dégringoler une bonne partie de l’échelle de ma vie en touchant le fond une bonne fois pour toute. Et lorsque j’y repense, je me demande comment est-ce que je n’ai pas trouvé le courage de ne pas me flinguer la gueule. L’envie m’a traversé l’esprit plusieurs fois, tout comme celle de prendre des cachets pour m’aider à oublier, de me plonger dans une léthargie mentale qui m’aiderait à ne plus penser à rien d’autre que cette légèreté envahissante et apaisante. Et assise là, sur le rebord d’un fleuve, je me dis que ça ne devrait pas être si difficile que ça d’effectuer une petite pression de la hanche pour me balancer vers l’avant, tête la première dans l’eau glacée pour m’y laisser crever une bonne fois pour toute.
Je me suis perdue à la seconde même où j’ai passé ce pacte avec le diable. Et ce dernier porte un nom que je ne souhaite jamais revoir, entendre ou cauchemarder de nouveau. Mais peut-être pire encore, c’est d’avoir à faire à son bras droit : Kurtis. Son blouson de cuir, son éternelle clope derrière l’oreille, ses multiples tatouages que je n’ai jamais eu l’occasion de compter, bien trop flipper pour le faire.
Depuis ce jour où j’ai voulu jouer les bonnes âmes et prendre la dette de mon frère sur le dos, je vois les emmerdes faire la queue un par un à ma porte. Et plus les semaines passent, plus la moindre chose négative prend une ampleur disproportionnée.
Parait qu’on appelle ça la dépression.
Moi, j’appelle ça un juste retour des choses pour avoir merder, de bout à bout. Et comme si ça ne suffisait pas, j’ai certainement brisé le cœur d’une femme qui pensait ne plus en avoir, qui en a déjà suffisamment baver dans sa vie, qui a déjà bien trop souffert pour qu’une petite merdeuse comme moi vienne lui briser ses sentiments pour venir les écraser à coup de talons comme une salope que je suis. Parce que je me suis rendu compte que j’étais plus nocive qu’autre chose, que j’allais simplement lui attirer plus d’emmerde que de bonheur, que j’ai failli plus d’une fois la tromper, aveuglée par ma propre merde mais surtout, parce que Maeve n’a pas quitté mon esprit, contrairement à ce que je croyais. Mais là encore, ce n’est qu’une succession d’échec.

Mon portable vibre dans ma poche et l’espace d’une seconde, je décide que je n’en regarderais pas l’écran. Une véritable volonté de me couper de tout et de tous. Pourtant, un sentiment profond m’y pousse, m’y obligerait presque.
Un énième rendez-vous pour dealer, pour récolter un peu d’argent supplémentaire afin de rembourser une bonne fois pour toute cette putain de dette qui me colle aussi sûrement à la peau que la peste ou la gangrène.
Un soupire et je me bouge, traine ma carcasse épuisée par les cauchemars d’enfants morts, d’une Daya entre quatre planches, d’un Milo qui se tire une bonne fois pour toute, me hurlant que plus jamais il ne veut revoir ma sale gueule de conne.

¥

Le poing serré devant ma bouche, les épaules rentrées, le corps tremblant, mes yeux se focalisent sur une petite tâche sur le bout de ma converse déjà crade. Mon esprit se fourvoie mais persiste à se dire que plus je passerais de temps à fixer cette anomalie comme quelque chose de normal, plus les évènements de ces dix dernières minutes ne seront qu’un lointain souvenir, une chose que j’aurai totalement inventé sous le coup du stress, une sorte de trauma.
L’odeur du sang vient pourtant me rappeler les faits, accompagné de flash qui me font monter les larmes aux yeux, soulevant pour la énième fois mon estomac qui rejette uniquement un filet de bile qui m’incendie la gorge d’un flux acide.
Je revois ce type aux cheveux mi-long, propre sur lui, mal rasé et au regard brillant. Presque affamé. Je revois un sachet, une liasse de billet, un passage de main en main… Puis, son sourire de requin.

- J’veux deux boites de plus.
- Rajoute 200$ et tu les as.
- Non t’as pas compris. Je veux deux boites de plus.


Je « veux ». Non pas « j’aimerais ». Un message clair auquel j’ai essayé de tenir tête… Tête qu’il a finit par exploser à coup de phalanges.
J’ai le cerveau en miette, l’arcade éclatée dont le sang ne cesse de ruisseler sur le côté gauche de mon visage parce que ce connard a une putain de droite que je n’ai pas vu venir. La lèvre fissurée, la pommette bleuit… Il n’a pas eu besoin de cogner plus pour me foutre à terre et me sonner suffisamment longtemps pour se tirer avec la totalité de mon sac de médocs.
La douleur est insupportable, résonnant comme un tambour dans mes tempes. Mais au-delà de la souffrance, c’est la peur qui prime alors que je suis cloitré dans cet hangar poussiéreux où c’est passé l’échange. La peur qu’il revienne me refaire le portrait une deuxième fois. Chaque respiration est douloureuse tout comme l’est chacun de mes gestes, comme si la douleur se répandait dans chaque parcelle de mon corps.
Une main sur le front, je n’ose toucher le reste de mon visage, attendant qu’un miracle me tombe sur le coin du nez pour me sortir d’ici.
Pour aller où ? Ma première pensée va pour Milo. Parce que j’ai besoin de mon frère, de celui que je connais depuis mon plus jeune âge. Il saura m’épauler, m’écouter, même si pour ça je dois lui avouer toute la merde que je me trimbale, même s’il doit me gueuler dessus un bon coup pour le lui avoir caché… Mais la réalité me rattrape. Est-ce que je me vois sincèrement venir le réveiller à 2 heures du matin alors qu’il vit désormais avec sa meuf ? Est-ce que je me vois vraiment faire ça, la gueule en sang ?

Je pense à Daya mais elle est flic, donc obligée de me justifier, de lui expliquer pourquoi j’me suis faite taper sur la gueule. Trop dangereux, pour elle comme pour moi.
Me viens alors un autre visage que je repousse aussitôt, refusant de faire subir quoi que ce soit à cette personne. Pourtant, tout mon corps hurle ce besoin de retrouver un réconfort que je connais si bien, qu’elle saurait maitrisée. Mais je me le refuse, parce que je ne le mérite tout simplement pas.
Puis l’évidence se manifeste, presque comme une faible lueur d’espoir entre les ombres douloureuses de mon cerveau. Je pousse sur mes jambes et grimace sous l’effet du sang qui bat à mes tempes réveillant brutalement la douleur. Je tremble de froid, de trouille et je ne sais pas combien de temps s’écoule entre ça et ma présence devant sa porte où je reste plantée comme une conne, incapable de soulever un bras pour y frapper.
Je culpabilise de le réveiller, culpabilise de venir jusqu’ici avec ma tonne de problème et ma tronche partiellement démontée. Mais aussi parce que je suis parfaitement consciente qu’il va falloir que je lui déballe tout, que je lui avoue que si j’étais déjà dans la merde avant, je le suis encore plus maintenant que ce fils de chien m’a volé un sac entier de médicaments qui devait me faire ma récolte de la semaine. Et que si je pioche aussi vite dans les réserves, je ne suis pas certaine de pouvoir passer encore longtemps inaperçue.

Je serre les dents, ravale mes larmes et réajuste sur mon arcade le morceau de tissu arracher à la manche de mon tee-shirt. Je frappe quelques coups, certainement trop faible pour être entendu avant d’opter pour la sonnette qui sera certainement plus efficace pour réveiller ce pauvre Léo…

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MessageSujet: Re: I'll never get to heaven - Ft Leo Sam 22 Juil - 0:38



I'll never get to heaven
ft. taylor

Des mois ont passés, les ombres se sont épaissies. Au-dehors des carreaux usés, salis de journée en journée, s'étend un monde qu'il croit méconnu, défait de ce qu'il croyait avoir vu. Claudia encore absente, Abraham continuant cette horrible descente. Et lui patiente. Désespérément, lassé d'un monde qui l'a privé de tout ce qu'il avait pu posséder, tout ce qu'il aurait pu choyer.  Leo soupire, exténué de devoir toujours s'attendre au pire. Et les ombres proclament ce règne incessant, dansantes à la lueur d'une clarté dont les rayons se font faiblissants. Un triste sourire, et la mémoire tenace, vorace. Il l'entend, ce petit son mutin, cristallin, perdu derrière des murs aux souvenirs reclus. Rien n'apaise sa peine, sa haine, ces émotions cruelles qui hantent jusqu'aux recoins de son esprit pour relancer cette souffrance et de plus belle. Aussi, longues se font les heures, venant accroître ce qu'on pourrait appeler la peur. La peur de devoir admettre que rien ne changera, que rien ne le permettra. Condamné à perdurer, esseulé au cœur fatigué. Alors il souffle, défait de ce qui aurait pu l'aider à tenir, de tout ce qu'on avait pu lui dire. Leo s'élance, retrouvant sa hauteur et cette étincelle d'assurance, celle qui perdure malgré ses tourments, malgré bien des événements. Il va pour rejoindre la profondeur d'une nuit oubliée, la douceur de draps à peine frôlés depuis des nuits, des crépuscules tombés, un sommeil trop léger. Pourtant, il s'effondre en quelques instants, rattrapé par l'horreur des dernières journées et ces affres insistants, envoûtants. Leo ferme les yeux, en quête de quelques heures bénéfiques à cet état des plus piteux. Les journées ont été longues, oui. Trop longues. La vaisselle s'est accumulée, son arrêt s'est prolongé. Absent d'un travail qui lui tenait à cœur, rattrapé par de profondes horreurs, quelques terreurs. Et le souvenir embelli d'une enfant qui manque à l'appel, les maux qu'a laissé sa disparition sur ses épaules désormais plus que frêles. Leo dépérit, là, dans un monde qui n'appartient qu'à lui. Caché d'autrui, reclus sous la pluie ; il s'enfonce et se perd, fuyant les murmures qu'il n'a jamais pu faire taire. Il s'éteint dans sa rage, parvenant à calmer, à dissiper cet orage ; tempête mêlant songes et soupires, vérités et désirs. Il offre un calme aux vagues brisées, à cet océan désormais d'un bleu fracassé, paralysé entre douceur et cruauté ; état d'âme qui ne fait que persister, noyant l'homme défait d'agilité. Il ne survivra pas, pas longtemps. C'est un fait, un futur évident. Et pourtant, là, dans des rêves encore tremblants, il croit à ces faux-semblants, ces douces promesses entendues au détour de quelques conversations farfelues. Des souvenirs un peu troubles d'une quête que son chagrin et sa conscience, ici, doublent ; gagnant bien de l'avance, réduisant petit à petit cette agréable transe. Il en finit avec ses possibilités, quelques fracas venant mettre un terme à ces subtilités. Leo émerge d'un royaume désormais lointain, la sonnerie de sa porte venant rendre ses efforts d'autant plus vains.

Parce qu'il se lève, parce qu'il abandonne. Laissant cette volonté de dormir dans un recoin de sa tête où pourri le moindre de ses désirs. Parce qu'on frappe, encore et encore, parce qu'on insiste. Et Leo cède, Leo se lève, rejoignant la porte et la complainte incessante d'un empressement traduit de manière de plus en plus constante. Un arrêt, les mains déposées sur cette barrière de bois contre laquelle il se laisse reposer, là, rien qu'une fraction de temps volé. Fermer les yeux et compter cent fois, encore une fois jusqu'à baisser les bras. Réduire la distance, oser le regard sur ce qu'il craint, ce qu'il imaginait. Envolée la possibilité d'un Abraham apeuré. Envolée l'attente d'un policier annonciateur de nouveautés. C'est sur cette silhouette brisée, pliée qu'il laisse tomber son regard interloqué, finalement choqué. Son cœur se serre, ses poumons se bloquent, sa gorge resserre cet air en bloc. Elle est douloureuse la sensation qui vient parcourir son corps jusqu'au cœur même de ses veines, rendant son sang plus chaud, plus fluide, montant plus haut jusqu'à ce que sa tête ne se vide. « Putain Taylor. » Quelques syllabes à peine souffler et la précipitation tant redoutée. Il aurait voulu l'éviter, l'épargner mais ses mains la trouve et l'invite, l'amenant jusqu'au salon en faisant au plus vite. « Qu'est-ce que t'as foutu ? » Demande-t-il alors qu'il ose, dégageant ses mains pour s'emparer du tissu qu'elle tenait négligemment contre son arcade, contre cette plaie bien ouverte, un coup sûr auquel elle n'a visiblement eu aucune parade. Il fronce les sourcils, grimace légèrement en imaginant la douleur qui doit parcourir ses traits, cette souffrance lancinante immiscée jusqu'au cœur de son être tout entier. Parce qu'il voit le sang commencer à coaguler, parce qu'il voit ses chairs au bout de tissu s'accrocher. Il aimerait pouvoir faire autrement, il aurait voulu être là pour lui éviter ce hasard d'un monde trop violent. Ce pourquoi il sent à nouveau cette culpabilité remontée, cachant au mieux ses tourments désormais acharnés. Il s'est absenté trop longtemps, trop de temps. Il a laissé ceux sur qui il s'était promis de veiller, persuadé qu'il ne pourrait y arriver. Un idiot, c'est ce qu'il est, ce qu'il commence à comprendre alors qu'il tente de retenir ses larmes, cette colère qui commence à gronder, à devenir une arme. Leo lutte, Leo s'essaie à cette bataille, allant et venant entre sa salle d'eau et son divan. Trousse de secours trouvée, déposée, affalée sur une table à peine nettoyée. Il n'en a même pas conscience, désormais accaparé par ce qui torture chacun de ses sens. « Mon dieu... » Et bien que jurer n'arrangera pas les choses, il ne peut s'en empêcher qu'en marquant une courte pause. Agenouiller devant cette silhouette bafouée, Leo s'excuse, silencieusement par peur qu'elle ne les refuse. Idiot, une fois encore de penser autant à tord. Parce qu'elle ne serait pas venue si une quelconque colère à son égard était vécue. Mais il lui faut passer au-delà des songes inappropriés, le jeune homme en revenant à sa nouvelle priorité. « Tu as autre chose ? » Demande-t-il aussi, commençant d'ors et déjà à guetter la moindre faille, la moindre entaille.

Codage par Emi Burton

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light & shadow
And the darkness return. Can you see this strange madness who take me ? I can't breathe. I've just her smile, her voice in my head and this anger in my heart.
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