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  I'll never get to heaven - Ft Leo

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MessageSujet: I'll never get to heaven - Ft Leo Lun 10 Juil - 18:27

► I'll never get to heaven ◄
Leo & Taylor


Je pensais ne pas pouvoir descendre plus bas, d’avoir déjà dégringoler une bonne partie de l’échelle de ma vie en touchant le fond une bonne fois pour toute. Et lorsque j’y repense, je me demande comment est-ce que je n’ai pas trouvé le courage de ne pas me flinguer la gueule. L’envie m’a traversé l’esprit plusieurs fois, tout comme celle de prendre des cachets pour m’aider à oublier, de me plonger dans une léthargie mentale qui m’aiderait à ne plus penser à rien d’autre que cette légèreté envahissante et apaisante. Et assise là, sur le rebord d’un fleuve, je me dis que ça ne devrait pas être si difficile que ça d’effectuer une petite pression de la hanche pour me balancer vers l’avant, tête la première dans l’eau glacée pour m’y laisser crever une bonne fois pour toute.
Je me suis perdue à la seconde même où j’ai passé ce pacte avec le diable. Et ce dernier porte un nom que je ne souhaite jamais revoir, entendre ou cauchemarder de nouveau. Mais peut-être pire encore, c’est d’avoir à faire à son bras droit : Kurtis. Son blouson de cuir, son éternelle clope derrière l’oreille, ses multiples tatouages que je n’ai jamais eu l’occasion de compter, bien trop flipper pour le faire.
Depuis ce jour où j’ai voulu jouer les bonnes âmes et prendre la dette de mon frère sur le dos, je vois les emmerdes faire la queue un par un à ma porte. Et plus les semaines passent, plus la moindre chose négative prend une ampleur disproportionnée.
Parait qu’on appelle ça la dépression.
Moi, j’appelle ça un juste retour des choses pour avoir merder, de bout à bout. Et comme si ça ne suffisait pas, j’ai certainement brisé le cœur d’une femme qui pensait ne plus en avoir, qui en a déjà suffisamment baver dans sa vie, qui a déjà bien trop souffert pour qu’une petite merdeuse comme moi vienne lui briser ses sentiments pour venir les écraser à coup de talons comme une salope que je suis. Parce que je me suis rendu compte que j’étais plus nocive qu’autre chose, que j’allais simplement lui attirer plus d’emmerde que de bonheur, que j’ai failli plus d’une fois la tromper, aveuglée par ma propre merde mais surtout, parce que Maeve n’a pas quitté mon esprit, contrairement à ce que je croyais. Mais là encore, ce n’est qu’une succession d’échec.

Mon portable vibre dans ma poche et l’espace d’une seconde, je décide que je n’en regarderais pas l’écran. Une véritable volonté de me couper de tout et de tous. Pourtant, un sentiment profond m’y pousse, m’y obligerait presque.
Un énième rendez-vous pour dealer, pour récolter un peu d’argent supplémentaire afin de rembourser une bonne fois pour toute cette putain de dette qui me colle aussi sûrement à la peau que la peste ou la gangrène.
Un soupire et je me bouge, traine ma carcasse épuisée par les cauchemars d’enfants morts, d’une Daya entre quatre planches, d’un Milo qui se tire une bonne fois pour toute, me hurlant que plus jamais il ne veut revoir ma sale gueule de conne.

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Le poing serré devant ma bouche, les épaules rentrées, le corps tremblant, mes yeux se focalisent sur une petite tâche sur le bout de ma converse déjà crade. Mon esprit se fourvoie mais persiste à se dire que plus je passerais de temps à fixer cette anomalie comme quelque chose de normal, plus les évènements de ces dix dernières minutes ne seront qu’un lointain souvenir, une chose que j’aurai totalement inventé sous le coup du stress, une sorte de trauma.
L’odeur du sang vient pourtant me rappeler les faits, accompagné de flash qui me font monter les larmes aux yeux, soulevant pour la énième fois mon estomac qui rejette uniquement un filet de bile qui m’incendie la gorge d’un flux acide.
Je revois ce type aux cheveux mi-long, propre sur lui, mal rasé et au regard brillant. Presque affamé. Je revois un sachet, une liasse de billet, un passage de main en main… Puis, son sourire de requin.

- J’veux deux boites de plus.
- Rajoute 200$ et tu les as.
- Non t’as pas compris. Je veux deux boites de plus.


Je « veux ». Non pas « j’aimerais ». Un message clair auquel j’ai essayé de tenir tête… Tête qu’il a finit par exploser à coup de phalanges.
J’ai le cerveau en miette, l’arcade éclatée dont le sang ne cesse de ruisseler sur le côté gauche de mon visage parce que ce connard a une putain de droite que je n’ai pas vu venir. La lèvre fissurée, la pommette bleuit… Il n’a pas eu besoin de cogner plus pour me foutre à terre et me sonner suffisamment longtemps pour se tirer avec la totalité de mon sac de médocs.
La douleur est insupportable, résonnant comme un tambour dans mes tempes. Mais au-delà de la souffrance, c’est la peur qui prime alors que je suis cloitré dans cet hangar poussiéreux où c’est passé l’échange. La peur qu’il revienne me refaire le portrait une deuxième fois. Chaque respiration est douloureuse tout comme l’est chacun de mes gestes, comme si la douleur se répandait dans chaque parcelle de mon corps.
Une main sur le front, je n’ose toucher le reste de mon visage, attendant qu’un miracle me tombe sur le coin du nez pour me sortir d’ici.
Pour aller où ? Ma première pensée va pour Milo. Parce que j’ai besoin de mon frère, de celui que je connais depuis mon plus jeune âge. Il saura m’épauler, m’écouter, même si pour ça je dois lui avouer toute la merde que je me trimbale, même s’il doit me gueuler dessus un bon coup pour le lui avoir caché… Mais la réalité me rattrape. Est-ce que je me vois sincèrement venir le réveiller à 2 heures du matin alors qu’il vit désormais avec sa meuf ? Est-ce que je me vois vraiment faire ça, la gueule en sang ?

Je pense à Daya mais elle est flic, donc obligée de me justifier, de lui expliquer pourquoi j’me suis faite taper sur la gueule. Trop dangereux, pour elle comme pour moi.
Me viens alors un autre visage que je repousse aussitôt, refusant de faire subir quoi que ce soit à cette personne. Pourtant, tout mon corps hurle ce besoin de retrouver un réconfort que je connais si bien, qu’elle saurait maitrisée. Mais je me le refuse, parce que je ne le mérite tout simplement pas.
Puis l’évidence se manifeste, presque comme une faible lueur d’espoir entre les ombres douloureuses de mon cerveau. Je pousse sur mes jambes et grimace sous l’effet du sang qui bat à mes tempes réveillant brutalement la douleur. Je tremble de froid, de trouille et je ne sais pas combien de temps s’écoule entre ça et ma présence devant sa porte où je reste plantée comme une conne, incapable de soulever un bras pour y frapper.
Je culpabilise de le réveiller, culpabilise de venir jusqu’ici avec ma tonne de problème et ma tronche partiellement démontée. Mais aussi parce que je suis parfaitement consciente qu’il va falloir que je lui déballe tout, que je lui avoue que si j’étais déjà dans la merde avant, je le suis encore plus maintenant que ce fils de chien m’a volé un sac entier de médicaments qui devait me faire ma récolte de la semaine. Et que si je pioche aussi vite dans les réserves, je ne suis pas certaine de pouvoir passer encore longtemps inaperçue.

Je serre les dents, ravale mes larmes et réajuste sur mon arcade le morceau de tissu arracher à la manche de mon tee-shirt. Je frappe quelques coups, certainement trop faible pour être entendu avant d’opter pour la sonnette qui sera certainement plus efficace pour réveiller ce pauvre Léo…

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MessageSujet: Re: I'll never get to heaven - Ft Leo Sam 22 Juil - 0:38



I'll never get to heaven
ft. taylor

Des mois ont passés, les ombres se sont épaissies. Au-dehors des carreaux usés, salis de journée en journée, s'étend un monde qu'il croit méconnu, défait de ce qu'il croyait avoir vu. Claudia encore absente, Abraham continuant cette horrible descente. Et lui patiente. Désespérément, lassé d'un monde qui l'a privé de tout ce qu'il avait pu posséder, tout ce qu'il aurait pu choyer.  Leo soupire, exténué de devoir toujours s'attendre au pire. Et les ombres proclament ce règne incessant, dansantes à la lueur d'une clarté dont les rayons se font faiblissants. Un triste sourire, et la mémoire tenace, vorace. Il l'entend, ce petit son mutin, cristallin, perdu derrière des murs aux souvenirs reclus. Rien n'apaise sa peine, sa haine, ces émotions cruelles qui hantent jusqu'aux recoins de son esprit pour relancer cette souffrance et de plus belle. Aussi, longues se font les heures, venant accroître ce qu'on pourrait appeler la peur. La peur de devoir admettre que rien ne changera, que rien ne le permettra. Condamné à perdurer, esseulé au cœur fatigué. Alors il souffle, défait de ce qui aurait pu l'aider à tenir, de tout ce qu'on avait pu lui dire. Leo s'élance, retrouvant sa hauteur et cette étincelle d'assurance, celle qui perdure malgré ses tourments, malgré bien des événements. Il va pour rejoindre la profondeur d'une nuit oubliée, la douceur de draps à peine frôlés depuis des nuits, des crépuscules tombés, un sommeil trop léger. Pourtant, il s'effondre en quelques instants, rattrapé par l'horreur des dernières journées et ces affres insistants, envoûtants. Leo ferme les yeux, en quête de quelques heures bénéfiques à cet état des plus piteux. Les journées ont été longues, oui. Trop longues. La vaisselle s'est accumulée, son arrêt s'est prolongé. Absent d'un travail qui lui tenait à cœur, rattrapé par de profondes horreurs, quelques terreurs. Et le souvenir embelli d'une enfant qui manque à l'appel, les maux qu'a laissé sa disparition sur ses épaules désormais plus que frêles. Leo dépérit, là, dans un monde qui n'appartient qu'à lui. Caché d'autrui, reclus sous la pluie ; il s'enfonce et se perd, fuyant les murmures qu'il n'a jamais pu faire taire. Il s'éteint dans sa rage, parvenant à calmer, à dissiper cet orage ; tempête mêlant songes et soupires, vérités et désirs. Il offre un calme aux vagues brisées, à cet océan désormais d'un bleu fracassé, paralysé entre douceur et cruauté ; état d'âme qui ne fait que persister, noyant l'homme défait d'agilité. Il ne survivra pas, pas longtemps. C'est un fait, un futur évident. Et pourtant, là, dans des rêves encore tremblants, il croit à ces faux-semblants, ces douces promesses entendues au détour de quelques conversations farfelues. Des souvenirs un peu troubles d'une quête que son chagrin et sa conscience, ici, doublent ; gagnant bien de l'avance, réduisant petit à petit cette agréable transe. Il en finit avec ses possibilités, quelques fracas venant mettre un terme à ces subtilités. Leo émerge d'un royaume désormais lointain, la sonnerie de sa porte venant rendre ses efforts d'autant plus vains.

Parce qu'il se lève, parce qu'il abandonne. Laissant cette volonté de dormir dans un recoin de sa tête où pourri le moindre de ses désirs. Parce qu'on frappe, encore et encore, parce qu'on insiste. Et Leo cède, Leo se lève, rejoignant la porte et la complainte incessante d'un empressement traduit de manière de plus en plus constante. Un arrêt, les mains déposées sur cette barrière de bois contre laquelle il se laisse reposer, là, rien qu'une fraction de temps volé. Fermer les yeux et compter cent fois, encore une fois jusqu'à baisser les bras. Réduire la distance, oser le regard sur ce qu'il craint, ce qu'il imaginait. Envolée la possibilité d'un Abraham apeuré. Envolée l'attente d'un policier annonciateur de nouveautés. C'est sur cette silhouette brisée, pliée qu'il laisse tomber son regard interloqué, finalement choqué. Son cœur se serre, ses poumons se bloquent, sa gorge resserre cet air en bloc. Elle est douloureuse la sensation qui vient parcourir son corps jusqu'au cœur même de ses veines, rendant son sang plus chaud, plus fluide, montant plus haut jusqu'à ce que sa tête ne se vide. « Putain Taylor. » Quelques syllabes à peine souffler et la précipitation tant redoutée. Il aurait voulu l'éviter, l'épargner mais ses mains la trouve et l'invite, l'amenant jusqu'au salon en faisant au plus vite. « Qu'est-ce que t'as foutu ? » Demande-t-il alors qu'il ose, dégageant ses mains pour s'emparer du tissu qu'elle tenait négligemment contre son arcade, contre cette plaie bien ouverte, un coup sûr auquel elle n'a visiblement eu aucune parade. Il fronce les sourcils, grimace légèrement en imaginant la douleur qui doit parcourir ses traits, cette souffrance lancinante immiscée jusqu'au cœur de son être tout entier. Parce qu'il voit le sang commencer à coaguler, parce qu'il voit ses chairs au bout de tissu s'accrocher. Il aimerait pouvoir faire autrement, il aurait voulu être là pour lui éviter ce hasard d'un monde trop violent. Ce pourquoi il sent à nouveau cette culpabilité remontée, cachant au mieux ses tourments désormais acharnés. Il s'est absenté trop longtemps, trop de temps. Il a laissé ceux sur qui il s'était promis de veiller, persuadé qu'il ne pourrait y arriver. Un idiot, c'est ce qu'il est, ce qu'il commence à comprendre alors qu'il tente de retenir ses larmes, cette colère qui commence à gronder, à devenir une arme. Leo lutte, Leo s'essaie à cette bataille, allant et venant entre sa salle d'eau et son divan. Trousse de secours trouvée, déposée, affalée sur une table à peine nettoyée. Il n'en a même pas conscience, désormais accaparé par ce qui torture chacun de ses sens. « Mon dieu... » Et bien que jurer n'arrangera pas les choses, il ne peut s'en empêcher qu'en marquant une courte pause. Agenouiller devant cette silhouette bafouée, Leo s'excuse, silencieusement par peur qu'elle ne les refuse. Idiot, une fois encore de penser autant à tord. Parce qu'elle ne serait pas venue si une quelconque colère à son égard était vécue. Mais il lui faut passer au-delà des songes inappropriés, le jeune homme en revenant à sa nouvelle priorité. « Tu as autre chose ? » Demande-t-il aussi, commençant d'ors et déjà à guetter la moindre faille, la moindre entaille.

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Dernière édition par Leo Sanders le Lun 4 Sep - 16:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I'll never get to heaven - Ft Leo Lun 31 Juil - 17:31

Bancale, mes mains agrippées à mes manches, j’attends patiemment devant sa porte qui ne s’ouvre toujours pas. Peut-être qu’il ne le fera jamais parce qu’il dort, qu’il n’a pas envie qu’on vienne le faire chier à cette heure de la nuit. A quoi bon de toute façon ? A quoi est-ce que ça me servirait de lui parler, réellement ? A rien. Ça n’arrangera strictement RIEN. J’aurai toujours la gueule défoncée, l’impression qu’une paire de couteau s’enfonce entre mes côtes et de n’être qu’une petite merde. J’ai encore envie de vomir, je frissonne sous le poids de la fatigue et peut-être aussi du froid qui traine dans le couloir. Je ne sais pas combien de temps j’attends comme ça, à fixer un point imaginaire de la porte mais j’ai l’impression d’être… vide.
Un gouffre, le trou noir, l’infini du rien.

Les secondes défilent et me plonge un peu plus dans l’obscurité. Je n’ai rien à foutre ici, je n’ai pas le droit d’arriver comme ça, shootant égoïstement dans son petit quotidien pour y placer mes emmerdes. Leo ne le mérite pas. Et je ne mérite pas Leo. Tout comme je n’ai jamais mérité Maëve, ni Ryan. Daya, Saoirse. Milo.
Emprisonnée dans cette cage, je n’y vois que les ombres de ma vie, le désastre causé et les morceaux de moi-même qui gisent à mes pieds. Je retiens un sanglot profond, le genre de truc qui vous vient du fond des tripes. Cette émotion qui vous fait prendre conscience à quel point rien ne va, que votre esprit est en miette et que non, vous n’allez pas bien.
Je ne vais pas bien.

Je m’apprête à faire demi-tour, commence déjà à pivoter lentement sur mes pieds, me ravissant dans mon élan de confiance en venant toquer à la porte de celui que je considère bien plus que comme un ami. Je suis arrêté net dans mon élan par la porte qui s’ouvre soudainement devant moi alors que je n’ai même pas entendu les bruits de pas derrière cette dernière…
Le visage de Léo m’apparait, épuisé, blafard. Je savais que c’était une connerie de venir le réveiller en pleine nuit, merde. Je m’apprête à bredouiller des excuses pour prendre le large, me tirer d’ici vite fait avant que le piège ne se referme sur moi mais il est déjà trop tard. Il me suffit simplement de croiser son regard pour sentir la fracture se répandre au creux de mon être. Sa peine se lit aussi facilement que ma douleur et les larmes affluent sans que je ne cherche à les retenir. Je perds brutalement toute assurance, toute volonté, mes épaules s’affaissant à l’unisson avec ma fierté.

- Putain Taylor.
- J’suis désolée.

Ma voix tremble sous le sanglot imminent mais pas le temps pour les larmes, pas le temps pour les excuses. Mon corps transplane d’un point A à un point B sans que je ne capte le moindre mouvement, comment si j’avais la gueule shootée par je n’sais quels médocs. Je sens sa main autour de mon bras légèrement douloureux et reconnais aussitôt son salon, l’aménagement, ses objets. Et quelque part, ça me rassure d’être au centre d’une pièce que je connais quasiment par cœur aujourd’hui.

- Qu'est-ce que t'as foutu ?

Mes yeux se lèvent vers les siens qui s’abaissent à mon niveau pour dégager mes mains du tissu désormais dégueulasse et imbibé de sang qui colle à mes chairs ouvertes. Je grimace, retiens la bile qui me remonte le long de la gorge à cause de la douleur de manière générale. Ma tête résonne de toutes les cloches de Notre-Dame, mon corps entier semble n’être qu’un amas de courbatures froides, assassines.

- De la merde. Pour n’pas changer.

Un murmure qu’il n’entend peut-être pas, trop accaparé par ce qu’il constate au fur et à mesure sur mon visage. Je ne sais pas ce qui me fait tenir debout en cette seconde, quelle force me pousse à ne pas craquer, littéralement. J’ai l’impression d’être atone, de ne plus rien ressentir que ce putain de vide qui se creuse un peu plus. J’ai perdu toute connexion au monde réel, préférant me tirer d’ici pour ne pas avoir à affronter la réalité en face. J’aperçois à peine ses allées et venues entre deux pièces, ne sachant même pas ce qu’il fait, ni pourquoi. C’est à se demander si je suis vraiment dans son appartement, si je ne suis pas entrain de délirer.
Mon esprit déraille complètement, se détourne de la réalité au point où je me demande qui est ce type qui tourne et s’affaire autour de moi. Pour ensuite me demander où est-ce que je suis. Pourquoi. Et surtout comment. Je cligne des yeux, me redresse, commence à m’affoler.

- Tu as autre chose ?

La voix de Leo me fait l’effet d’un choc électrique suffisamment fort pour me réveiller, pour recentrer mes idées et ma raison. Je croise son regard et constate que je suis assise face aux bleus de ses yeux, de son visage terriblement inquiet dont il a du mal à contrôler les traits. Il doit me répéter une deuxième fois la phrase pour achever mon retour sur terre et surtout, pour redonner mon âme au corps.

Autre chose ? Je secoue la tête par la négative avant d’hausser légèrement des épaules.

- Non, j’crois pas. Je marque une pause. J’me souviens pas.

Ce gros connard aurait aussi bien pu me violer que je ne me souviendrais de rien. Les seuls souvenirs qu’il me reste sont ceux de ses phalanges en pleine gueule, une fois, deux fois et peut-être une troisième fois histoire d’être certain que je sois plongé dans l’inconscience pour me voler absolument tout ce qui devait me faire la cagnotte nécessaire de cette semaine.
Et je prends de nouveau conscience à quel point tout part en vrille, qu’il ne sert plus à rien de lutter. Je n’aurai jamais le temps ni la possibilité de me procurer une autre slave de médicaments et de les vendre pour pouvoir leur donner le nécessaire au prochain rendez-vous. Et si on compte la dernière fois où il me manquait des liasses… Je suis tout simplement morte. Les KoS vont me retrouver et me crever.

- Je suis tellement dans une merde noire Leo. Ma jambe s’agite nerveusement alors que je m’agrippe au bord de son canapé. Je sais même pas si je vais finir la semaine ou au mieux le mois.

Mes bras s’enroulent autour de moi-même, me penchant légèrement vers l’avant, boule au ventre. La bile me monte le long de la gorge mais je serre les lèvres pour ne rien rendre de plus que je ne l’ai déjà fait, ne tenant pas à dégueulasser le salon de Leo en plus de venir l’emmerder en pleine nuit.
La douleur me cogne contre les tempes avec l’impression que tous les bruits autour de moi s’en trouve horriblement intensifiés. Que ça soit le bruit de ses chaussures sur le sol de salon à ma propre respiration, j’ai la sensation que mon ouïe est bien trop décuplée pour moi ce soir.
J’ai de nouveau 10 ans avec l’envie farouche de me blottir dans les bras de ma mère pour m’oublier ne serait-ce que cinq petites minutes, oublier mon existence, mes douleurs, mes conneries. Oublier à quel point je me déteste ces derniers temps et ce soir plus que jamais. Les larmes se manifestent de nouveau malgré mes dents serrées et mon envie furieuse de ne rien laisser s’échapper devant lui.

- J’suis désolée de venir en pleine nuit mais j’savais pas où aller. J’esquive rapidement son regard avant d’enchainer, grimaçant légèrement sous la douleur. J’veux pas retourner chez moi. J’veux pas rester seule cette nuit.

J’ai la sensation que ma voix est monotone, plate, presque sans émotion et pourtant je perçois un léger tremblement. Tout en moi me donne l’impression que tout va finir par exploser, que je vais perdre les pédales et que je finirai par péter les plombs. Je me sens vide et à la fois bien trop oppressée alors j’articule ces quelques mots difficilement, luttant contre la nausée qui m’étreint l’estomac.

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MessageSujet: Re: I'll never get to heaven - Ft Leo Lun 4 Sep - 16:50



I'll never get to heaven
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La porte close, les larmes éclosent. Leo va et vient, se perdrait presque en chemin. L'adrénaline frappe et les ténèbres tapent. Il aurait voulu que cette nuit soit différente, il aurait voulu s'endormir, peut-être après un dernier thé à la menthe. Mais rien, rien ne vient, rien ne lui parvient, pas même la possibilité – quant à tout ce merdier – d'une fin. Et avec cet espoir s'éteint l'enclin. Évidemment. Le cœur s'assèche et cette foi aveugle en un monde trop rêche s'estompe. Il perd espoir, il perd cette volonté de voir. De voir l'avenir se faire plus radieux, plus joyeux. Non, la réalité est toute autre et Taylor, par sa venue ce soir, lui rappelle aisément qu'il se trompe ; plus souvent qu'il n'y paraît. Rien ne sert d'être trop bon ou pas assez, rien ne sert de pouvoir changer le monde quand ce dernier n'y aspire pas. Ils sont bloqués, prisonniers à perpétuité dans une vie triste et bondée d'inhumanité. Alors il abandonne ses rêves, cette idylle d'un univers moins coriace, plus fragile. Leo s'abandonne à la seule qui, ce soir, pourrait mériter de l'avoir. Attendant, se faisant patient ; ou presque, finalement. Car les mots tardent et la peur gronde, tumultueuse, dans les tréfonds d'un cœur aux tendances capricieuses. « Non, j’crois pas. J’me souviens pas. » Un soupire, attristé, et le regard qui se perd sur son sol mal lavé. Question bête, bien-sûr. Il n'a cas jugé, pour comprendre, cette plaie à sa tête. Et la rage revient, grandissante. Les ombres s'invitent, bien trop vite. Il a les phalanges qui le démange, cette soif insatiable qui le supplie de passer à table. Mais le temps n'est pas à la vengeance et s'y perdre ne serait, pour elle, que négligence. Alors il se calme, fait taire son âme, renouant avec son regard qui lui rappelle que rien n'est toujours tout noir. Du moins, pas toujours. « Je suis tellement dans une merde noire Leo. Je sais même pas si je vais finir la semaine ou au mieux le mois. » Et elle s'agite, elle se perd, ravivant la noirceur d'un homme dit au trop grand cœur. Parce qu'il refuse cette situation, ces conséquences. Parce qu'il refuse tout simplement ce qu'elle pense. Et s'il s'embrume dans ses propres songes, les larmes qui perlent de nouveau sur les joues de la belle parviennent à se faire éponges. Il en oublie cette volonté, ce besoin qui gronde au fin fond de son être. Leo s'improvise soutien, pilier, tendant les bras pour l'y inviter. « J’suis désolée de venir en pleine nuit mais j’savais pas où aller. J’veux pas retourner chez moi. J’veux pas rester seule cette nuit. » Et il ne le permettrait pas, de toute manière, déjà trop apeuré quant à ce qu'il pourrait encore lui trouver. Loin de pouvoir ressentir, il imagine pour l'avoir déjà vécu et plus d'une fois ; trop de fois pour s'en vouloir de ne pas avoir été assez prudent pour lui épargner ça. Il se fait las, trop absent. Et la revoilà par ici, la culpabilité, compagne loin d'être endormie.

« Tu vas rester là, de toute manière ; souffle-t-il à l'attention de la jeune femme devant qui il se relève, récupérant toute sa hauteur pour parvenir à se libérer des contraintes quant aux mouvements qu'il veut entreprendre, essayant de voir large pour finalement tenter délicatement de la défaire du haut qu'elle porte. Demain aussi, je vais m'occuper de tout ça. » Termine-t-il aussi par dire, enlevant son propre t-shirt en le proposant à la jeune femme, ne lui laissant pas réellement le choix, pas dans son état. « Je vais te chercher ce qu'il te faut, reste là. » Et il disparaît de la pièce, retournant s'engouffrer dans la salle de bain, là où il se perd une fraction de seconde sur ce reflet qui lui paraît ce soir si irréel, si méconnu. Ça n'est pas lui, cette noirceur qui vient teindre ses traits n'est pas la sienne. Ou peut-être que si, finalement, conjointe de celle qui était venue envahir sa personne lorsqu'on lui enlevait sa sœur. Pensée qui l'amène à s'animer, une énième fois, le blond revenant vers celle qu'il venait de délaisser, retrouvant sa place à ses côtés. Il s'installe, doucement, laissant contre elle quelques affaires propres, désireux de la soustraire du peu de souvenirs qu'elle puisse garder de ce soir. Il s'occupera de ses lessives plus tard, il s'occupera de tout ce qui jonche son sol lorsque les paupières lourdes de la jeune femme le lui permettrait. Pour l'instant, il en vient à se pencher, usant de la trousse ramenée un peu plus tôt, fouillant pour parvenir à mettre la main sur un peu de coton, du désinfectant, un peu d'eau aussi pour tenter de nettoyer au mieux ce qui, bien moins il l'espère, saigne encore. « Je pense que tu le sais mais ça va piquer un peu. » Lui laisse-t-il entendre avant d'appliquer ce qu'il venait d'imbiber, laissant l'une de ses mains à la disposition de celles de la jeune femme le temps de quelques secondes, quelques instants, ça avant de reprendre « du service ». L'azur de ses yeux ne se défait pas des marques qu'elle aborde, des traits qu'elle aborde, des grimaces qu'elle laisse lui échapper ; aussi minimes soient-elles. La rage au creux du ventre, il se tait, fulminant dans son coin, tremblant même, presque, malgré les soins qu'il lui prodigue. « Tu le connaissais ? » La question se pose malgré tout, malgré son état, malgré le peu de souvenirs qu'elle en garde. Leo ne peut pas s'en empêcher, déjà à s'imaginer, les mains plus que souillées pour ce qu'il ne laissera pas passer. « Car c'est sûrement lui qui passera pas la semaine si je fous la main dessus. » Et ça lui échappe, ça vient se perdre entre ses lèvres, contre ses traits d'ordinaires innocents. Il n'a rien de l'homme calme qu'on lui connaît, rien de cette image toujours visible. Le crépuscule s'est assombrit et avec lui les affres qui se découvrent cette nuit. « Bois ça. » Et il n'ose la regarder, perdu dans des songes qui n'appartiennent qu'à lui, la main levée et le verre tendu, un cachet encore logé contre sa paume.

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MessageSujet: Re: I'll never get to heaven - Ft Leo Dim 17 Sep - 13:53

- Tu vas rester là de toute manière.

Il ne me laisse pas le choix et c’est pas comme si je m’attendais à ce qu’il le fasse. Et si habituellement je l’aurai renvoyé chier pour m’avoir donné l’ordre de quelque chose, je reste cette fois prostré dans un silence consentant. Je ne veux rien d’autre que ça, ne plus réfléchir à rien et ne plus bouger de ce salon qui ne me donne pas l’impression que ce type pourrait revenir d’une minute à l’autre pour finir ce qu’il avait commencé.

Je lève les bras non sans grimacer, étouffant un gémissement de douleur alors qu’il m’aide à me défaire de mon tee-shirt déchiré et souillé, sans aucune trace de pudeur devant lui. C’est Léo, pas que j’ai l’habitude, mais nous sommes suffisamment proche pour me foutre de ce genre de détail. Encore plus dans mon état où c’est le dernier de mes soucis de savoir s’il me voit soutif ou nibards à l’air. Mon dos me fait mal mais pas plus que mes côtes qui me donnent l’impression d’avoir des courbatures.

- Demain aussi, je vais m’occuper de tout ça.

Tout ça quoi ? Pas la force de le lui demander, me contenant simplement de prendre son tee-shirt à lui pour l’enfiler, toujours avec cette même lenteur et souffrance. J’ai la boule au ventre, l’estomac noué avec l’impression que je pourrais gerber avant de m’en rendre compte.

- Je vais te chercher ce qu’il te faut, reste là.
- ‘kay.

Un murmure rauque, à peine audible sous cette couche de coup et de douleur.
J’ai la tête comme un ballon et me rassoit lentement sur le canapé, m’y adossant quelques secondes, le temps de tenter de retrouver une sérénité qui ne viendra pas ce soir, de calmer les tremblements incessants qui contractent l’ensemble de mes muscles. Le froid et la peur, mais surtout les nerfs qui subissent le revers de la médaille maintenant que je me sens un peu plus en sécurité auprès de Léo. Une décompression que j’encaisse difficilement.
Je serre les dents face à la situation, me rappelant subitement la merde dans laquelle je suis fourrée jusqu’au menton. Je n’sais pas comment j’vais faire pour parvenir à m’en sortir mais l’idée même m’angoisse, me terrifie. J’ai juste l’envie de me tirer loin d’ici, changer de nom, de gueule, de pays et qu’on m’oublie pour de bon, qu’on ne me demande plus rien que de disparaitre. Chaque problème à sa solution, sauf que la mienne s’est tiré avec un gros connard que je ne reverrais probablement jamais.

Leo revient et je me redresse légèrement, le regardant s’installer face à moi tout en déballant le nécessaire pour désinfecter ma tronche en sang.

- J’peux l’faire tu sais.
- Je pense que tu le sais mais ça va piquer un peu.

Il ne m’entend ou ne m’écoute pas et à sa place, j’en ferais autant. Quitte à venir le faire chier en pleine nuit avec cette tronche en pièce détachées, autant le laisser s’en occuper. Je m’attarde sur ses traits qui semblent s’être durcis, je ne suis plus sûre de rien ce soir. Mais j’y trouve quand même un réconfort, une sécurité qui est la bienvenue en cette seconde.
Je grimace en silence, me mordant l’intérieur de la bouche sous le coup de la brûlure éphémère du désinfectant. Le silence s’installe alors que Léo s’occupe de l’ensemble de mon visage et pour la première fois depuis une éternité, j’abdique. Baisse les bras. Le laisse en charge de tout, ne me rebelle pas, pas plus que je n’impose ma façon de faire. Je ne grogne pas, ne gueule pas, me contente d’encaisser en fermant simplement ma grande bouche bien trop souvent avide d’insulte et de fierté mal placée.
Les larmes remontent lentement jusqu’à mes yeux, brûlante. L’abandon de soi est à la fois apaisant et flippant mais bien moins que cette absence de volonté de lutter. Comme si je n’en avais plus la force, qu’à partir de maintenant, plus rien ne pourrait ni me toucher, ni m’atteindre moralement. Puisqu’il n’y a plus rien à toucher. Une coquille atrocement vide.

- Tu le connaissais ?

Je sursaute légèrement, partie bien loin dans mes idées macabres.

- Car c’est sûrement lui qui passera pas la semaine si je fous la main dessus.

Cette menace n’est pas à prendre à la légère, pas quand on croise ce regard et ces traits tirés. Un long frisson d’angoisse me parcours l’échine, absolument pas habitué de voir Léo dans cet état, aussi noir, aussi proche d’une violence froide et silencieuse. Même si sa réaction s’explique clairement dans notre cas, j’ai tout simplement pas l’habitude. Normalement, c’est moi qui gueule, moi qui menace du haut de mes un mètres cinquante trois inutile mais c’est lui qui apaisait, calmait, raisonnait.
Les rôles s’inversent brutalement mais logiquement.

- Bois ça.

Je saisis le verre puis prend entre mes doigts le cachet, sans le regarder.

- Non, j’le connaissais pas. Pas personnellement.

Je glisse le médicament entre mes lèvres et avale deux gorgées d’eau pour le faire passer, finissant ensuite la fin du verre plus pour étancher cette soif que je n’avais jusqu’ici pas remarquer avant de déposer le verre sur la petite table où est assis Leo.

- Et même si c’était le cas, tu ne feras rien Leo. Hors de question que tu risques quoi que ce soit pour mes conneries et encore moins pour ce connard.

La haine revient même si je sais qu’elle ne durera pas bien longtemps et que je ferais certainement moins la maligne quand viendra l’heure de se coucher, heure où l’on fait face à un esprit bien trop préoccupé, flippé, qui ne cesse de marcher au turbo durant des heures sans s’arrêter.

- J’ai déjà trop merdé pour en plus te mêler à mes emmerdes.

Si Leo devait risquer quoi que ce soit, je ne me le pardonnerais jamais. Je n’suis pas venue ici pour obtenir quelconque vengeance mais pour m’échouer lamentablement dans un endroit où je pourrais trouver refuge l’espace d’une nuit parce que j’ai besoin de son aide, même si nous ne parlons pas. Sa présence me suffit amplement.

- D’autant plus que cet enculé doit déjà être bien loin entrain de se camer la gueule avec le sac qu’il m’a pris.

Premier aveu fait.
Un peu trop brutalement, c’est vrai mais j’ai la réputation d’être franche et cette fois ne fait pas exception. A quoi ça servirait de tourner dix ans autour du pot de toute façon ? C’est pas comme si Leo allait me laisser sortir de son appartement sans que je ne le lui dise rien, sans que je lui explique un minimum ce qu’il s’est passé et dans quelle merde j’me suis foutue.
Je lève mon regard vers lui, furtivement, n’assumant pas encore complètement ce que je m’apprête à lui dire, gorge serrée. Oui je flippe. D’un jugement, d’une leçon de vie que j’ai pas l’énergie de recevoir ou tout simplement de me voir me faire foutre dehors sans sommation.

- C’était un « client » à qui je vends des cachetons, de temps en temps, comme à une vingtaine d’autres pour me faire de l’argent.

Ni pour payer mes études, ni pour me payer des vacances à Bora-bora où je pourrais aller me faire dorer la pilule avec pour seul bruit ambiant, la mer et ses vagues.
Voix tremblante et rauque, je me tasse sur ma personne.

- Mon frère a contracté une dette envers les Kings of Speed, un gang de motard. Il était … vraiment dans la merde. Soit je prenais sa dette à sa place, soit je n’avais plus qu’à attendre un coup de fil des flics pour m’apprendre qu’il était mort éventrer, lui, sa femme et son bébé.

En gros, pas le choix. Parce qu’il n’a jamais eu le nécessaire pour les rembourser et que, quitte à se mouiller et à risquer quelque chose, autant que ça soit moi qui le fasse plutôt que lui. Entre nos deux avenirs, l’un semble primer sur l’autre : le sien. Femme, enfant, maison. Le petit rêve américain. De mon côté, que dal. Pas de copine, pas de situation, des études en cours, aucun meuble à sauver.
Je lui balance tout ça avec moins d’hésitation que je ne l’aurai imaginé, me déchargeant d’un poids. Sensation éphémère, tout me reviendra dans la gueule tôt ou tard. Et si ça ne sont pas les remontrances des Leo qui le feront, les KoS s’en chargeront.

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MessageSujet: Re: I'll never get to heaven - Ft Leo Hier à 17:21



I'll never get to heaven
ft. taylor

« Non, j’le connaissais pas. Pas personnellement. » Une grimace vient assombrir ses traits, laissant cette soif nouvelle se faire plus insatiable, plus intenable. Parce qu'il regrette de ne pas pouvoir faire plus, parce qu'il aurait voulu qu'elle lui donne un nom, peut-être une adresse, de quoi lui permettre de rééquilibrer la balance quant à ce qui s'est probablement passé. Raison pour laquelle il ne s'attarde pas plus sur son visage, sur les séquelles physiques qu'elle gardera durant sûrement de longues semaines. Leo n'a pas le cœur à se l'imposer, pas davantage, pas en sachant que ses veines en bouillonne déjà assez. Et pourtant, il s'y risque, laissant ses perles claires fatiguées, exténuées et pourtant si alertes se perdre sur la jeune femme qui revient aussi à lui après avoir terminé le verre récemment donné. « Et même si c’était le cas, tu ne feras rien Leo. Hors de question que tu risques quoi que ce soit pour mes conneries et encore moins pour ce connard. J’ai déjà trop merdé pour en plus te mêler à mes emmerdes. » Des emmerdes qu'il croit comme n'étant pas de son fait, injustifiées, offertes par pur plaisir névrosé de la part de celui qui s'y est risqué. Leo soupire, détournant simplement la tête, retenant quelques mots, quelques phrases, la vérité quant au fait qu'il n'attend pas sa permission pour agir comme bon lui semble. Mais l'impasse s'impose, la réalité des choses. Il ne parviendra pas à mettre la main dessus, peut-être jamais, parce qu'il ne l'a jamais vu. Et, tandis qu'il s'apprête à reprendre la parole, Taylor le coupe dans son élan, coupant l'herbe sous son pied ; peut-être à tord. « D’autant plus que cet enculé doit déjà être bien loin entrain de se camer la gueule avec le sac qu’il m’a pris. » Aveu auquel il fronce les sourcils, aveu qui vient donner un peu de sens aux plaies qu'elle porte, celles qu'il a tenté de soigner au mieux, pour l'instant. Leo attend, Leo peine à jouer les patients, le regard braqué sur elle comme pour attendre une suite qui termine par venir, bien que trop lentement. « C’était un « client » à qui je vends des cachetons, de temps en temps, comme à une vingtaine d’autres pour me faire de l’argent. » Un soupire, quelques pas dans le séjour qu'ils animent tous deux et dans lequel réside quelques ombres que Leo s'empresse de retrouver. Il essaie de penser, de réfléchir, d'imaginer ne serait-ce que les raisons et cette stupide nécessité qu'elle a pu trouver pour y arriver. Mais rien, rien ne vient faire taire cette rancœur, cette colère qui commence à s'élever en lui, réanimée après bien des années à s'être silencieusement terrée. « Mon frère a contracté une dette envers les Kings of Speed, un gang de motard. Il était … vraiment dans la merde. Soit je prenais sa dette à sa place, soit je n’avais plus qu’à attendre un coup de fil des flics pour m’apprendre qu’il était mort éventrer, lui, sa femme et son bébé. »

Et la rage gagne, et les pulsions grognent.

Sa main vient frapper le mur une première fois, peut-être une deuxième fois avant qu'il ne tourne les talons, avant qu'il ne revienne légèrement vers le centre de la pièce en essayant de garder son calme, en essayant de réfléchir, au mieux, bien qu'en vain finalement. « Et pourquoi tu m'as rien dit ? » La question se pose, dure malgré sa voix calme et à la fois lourde de tensions. Il la guette, elle et ses traits, elle et peut-être d'autres secrets. Il aurait dû savoir tout ça, il aurait voulu le savoir, lui épargner le pire comme les événements de ce soir. Aussi, il ne défait pas l'azur qui s'est posé sur elle, attendant une vraie réponse, quelque-chose qui viendrait expliquer – il l'espère – le pourquoi il ne l'apprend que maintenant. Car ça lui échappe, car ça vient poser davantage de questions dans sa tête déjà malmenée par l'heure tardive et le sommeil qui commence malgré tout à bien manquer. « Non parce que, vraiment, j'ai du mal à comprendre pourquoi tu as attendu de te faire défoncer la gueule pour ne serait-ce que venir m'en parler. » Laisse-t-il entendre tandis qu'il ose quelques pas, s'essayant à s'animer comme dans l'espoir de ne pas céder, de ne pas craquer. Parce qu'il pourrait sortir, là, rien qu'une petite heure, traquer un frère qui ne s'impose pratiquement plus dans sa vie pour lui rappeler à quel point il lui nui, d'une façon ou d'une autre, lui rappeler que les hommes qu'il fréquente ne lui sauveront pas la mise, chose comprise il y a de ça bien des nuits. Parce qu'il pourrait apaiser ses nerfs, ceux qui se contractent sous l'effervescence de cette animosité qui commence à plus que s'immiscer, à bien plus que dominer. « Tu vas me donner les noms de ceux qui t'ont obligé à faire ça. » Il ne lui laisse pas vraiment le choix, allant ici et là de l'appartement, cherchant une feuille sur laquelle il ne parvient pas à mettre la main, arrachant finalement tout un côté de son paquet de céréales pour venir le déposer sur la petite table qui fait face à la jeune femme, y laissant tomber un stylo dans la foulée tandis qu'il vient la rejoindre, se laissant tomber dans le canapé sans qu'un mot ne vienne s'échapper. Il attend, seulement, patient, laissant l'une de ses mains venir se perdre contre la joue malmenée de la jeune femme dont il se sent désormais responsable. « J'aurais pu t'épargner ça, Tay. » Plus doux, plus calme bien que les flammes de son subconscient ne s'attisent que plus à chaque seconde qui s'écoule à coup d'images, de souvenirs, de savoir aussi, surtout. Un nouveau souffle se fraye un chemin jusqu'à ses lèvres, jusqu'à cette barrière d'ordinaire si tenace, si efficace. Leo perd son visage entre ses mains, là, s'offrant des ténèbres salvatrices pour tout ce qui gronde en son for intérieur, tout ce qu'il s'avère incapable de gérer en cet instant. Il a besoin de justice, besoin de cette pseudo vengeance, besoin de rendre les choses équitables. Il en a besoin à défaut d'avoir su ne rien voir. Stupide, il se sent comme tel tandis qu'il rumine dans l'espoir de gagner la bataille, de perdre ses ténèbres, perdre ses ombres, cette part de lui qu'il n'apprécie pas, qu'il ne contrôle pas ; qu'il ne contrôlera jamais.

Codage par Emi Burton

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And the darkness return. Can you see this strange madness who take me ? I can't breathe. I've just her smile, her voice in my head and this anger in my heart.
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