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 Last Chance - ft Maeve

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MessageSujet: Last Chance - ft Maeve Mar 11 Juil - 2:21

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Maeve & Taylor


Je grimace devant le miroir sale de ma salle de bain alors que je pose des straps propres sur mon arcade qui cicatrice lentement mais proprement. Je ne peux pas dire que j’ai retrouvé une gueule en bonne forme mais je ne suis plus autant difforme que je l’étais la semaine dernière. Je porte encore les stigmates des coups, notamment sur ma lèvre portant encore une plaie en voie de guérison mais surtout de mon œil à ma pommette où un bleu traversant les différentes couleurs habituels reste encore bien présent.
Mais si ma tronche va déjà mieux, ça n’est pas tellement le cas de mon état psychologique qui frôle les bas fond. Même après avoir vidé mon sac auprès de Léo et de Milo, je n’arrive toujours pas à retrouver la sensation de tenir sur mes deux pieds, de trouver cette putain de lumière au bout du tunnel crasseux dans lequel je me suis fourré. S’ajoute à ça l’obligation formelle de ne pas venir travailler afin de m’imposer un repos, histoire que ma tronche retrouve forme humaine de A à Z. Et peut-être pour ne pas péter les plombs à l’hôpital, aussi. Mais je ne suis pas certaine que ça soit la meilleure solution pour moi quand je constate que ça fait désormais 4 jours que je n’ai pas foutu un pied dehors par peur de retomber sur l’autre psychopathe même s’il ne connait pas mon adresse et que ça fait autant de temps que je n’ai pas eu un vrai repas.
Ouais, les bas fond. Les ombres d’une dépression qui vous tendent une main chaleureuse, presque réconfortante vers des solutions que vous n’auriez jamais envisagé à un autre moment de votre vie. Et cette main se manifeste sous la forme de gélule qui me semble soudainement être une solution a bien des problèmes.
Les deux mains accrochées au lavabo, je fuis mon propre regard que je trouve pathétique, là, plongé dans le mépris, dans la complaisance. Nous pouvons dire ce que l’on veut, l’humain se trouve bien mieux dans sa propre merde plutôt que de fournir des efforts éprouvants pour en sortir au risque de lamentablement chuter.

Je ne me reconnais tout simplement plus et me demande sincèrement où s’est tiré la Taylor que j’étais avant. Avant le massacre de Noël et avant que je ne me mette à voler des cachetons à l’hosto où je bosse pour me faire suffisamment de thune afin de rembourser un gang de motards près à me péter les deux rotules au moindre retard. Quand tu vois ça dans les films, t’as envie de secouer la gamine, de lui dire de se bouger le cul parce qu’il y a bien une solution à tout. Qu’un de ses potes va débarquer pour lui offrir la solution miracle. Et j’ai beau attendre entre les murs décrépis de cet appartement de merde, rien ne me vient.
Une solution s’offre à moi, une délivrance, un acte qui me parait tellement plus facile, tellement plus évident maintenant que j’ai la tête plongée dans tout ce merdier : Daya. Et si je lui racontais tout ? Genre, absolument tout, dans les moindres détails. Tout ce que je sais sur ce gang, sur ce que j’ai et fais actuellement… J’risque quoi ? De la taule. Un bon nombre d’années certainement… Mais est-ce que ça ne sera toujours pas mieux que de rester ici à attendre de crever ou d’essayer de me débattre pour la énième fois ? Quoi qu’en prison, je risque la mort à 90% parce qu’à la seconde où les KoS apprendront la raison de mon incarcération, ils enverront quelqu’un pour me buter, histoire d’être sûr que je n’aurai rien à cracher aux flics.

En gros, j’ai pas plus de solutions qu’il y a cinq minutes. Si ce n’est peut-être que de me bouger le cul, au moins pour sortir une fois prendre l’air. Peut-être que ça me rafraichira les idées. Ou peut-être que ça me fera tout l’inverse, j’en sais foutrement rien. Je sais même pas où je veux aller, ni pourquoi.
Lunettes de soleil vissées sur le nez, je quitte mon appartement pour rejoindre l’extérieur et me laisser aller au grés de mes pas, ne cherchant pas spécialement un coin précis. Il doit être 22 heures, si ça n’est pas plus et je capte déjà quelques regards intrigués de voir une gamine avec des lunettes de soleil à une heure pareille. C’est soit ça, soit exposé ma tronche marquée de bleus et de coupures et ça, très peu pour moi. Le peu de détails visible me suffisent …
Mains enfouis dans les poches de ma veste en jean, je traine, divague de trottoir en trottoir tout en jetant des coups d’œil régulier autour de moi, comme si ce taré pouvait surgir d’un moment à l’autre alors que c’était certainement la dernière fois que je le voyais.
L’avantage de la nuit est que le silence s’installe en douceur, que les bruits sont bien moins présents et assourdissants qu’en plein jours … Et lorsque je passe devant ce bar, je ralentis le pas. Je le connais pour y avoir déjà été deux trois fois, pour l’avoir apprécier parce que contrairement à d’autre lieux de rendez-vous, ça ne hurle pas de tous les côtés, qu’il est peu fréquenté et qu’il est l’un des rares bars où je peux m’éterniser sans me taper un mal de crâne carabiné derrière. Il ne paie pas de mine, l’alcool n’est pas exceptionnel mais au point où j’en suis, j’en ai clairement rien à foutre.
J’en pousse la lourde porte et me prends quelques effluves amères de bière en pleine gueule sans pour autant broncher, lunettes de soleil toujours sur le nez. Par réflexe, je me dirige vers le comptoir, calculant à peine les autres autour de moi puisque de ça aussi, j’en ai clairement rien à foutre, comprenant que la seule raison de ma venue ici est de me foutre une mine, de m’imbiber suffisamment d’alcool pour ne me souvenir de rien, pour oublier juste quelques heures qui je suis et la vie que je mène actuellement.

Mon sang irlandais se manifeste presque aussitôt…

- Une Crean’s s’il vous plait.
- Pinte ou demi ?
- Pinte.

Le barman acquiesce et revient avec ma consommation en un tour de bras, déposant le verre humide devant moi. Je savoure la première gorgée que je trouve toujours aussi amère à chaque fois pour ensuite enquiller sur une deuxième et troisième. Regard perdu dans le vide, je n’écoute pas le monde environnant puisque ce dernier me semble étrangement et incroyablement silencieux. Pas étonnant à cette heure et en pleine semaine où tout le monde est probablement rentré ce coucher pour enquiller leur journée de taff le lendemain …
Mon sang ne fait qu’un tour ; Se glace brutalement dans mes veines. Incapable de dire si c’est mon inconscient qui capte les sons de cette voix ou si c’est parce que je fais preuve d’une soudaine lucidité de ce qui m’entoure mais une petite alarme s’enclenche au creux de mon ventre. Je n’suis pas foutue de la situer entre le soulagement ou l’angoisse mais je pourrais reconnaitre ce timbre et ce rire entre mille pour l’avoir déjà entendu un million de fois au creux de mon oreille.
Je me retourne légèrement sur ma gauche et le coup de poignard se plante entre mes côtes, brutalement.

Maeve est là, comme je l’avais entendu. Bien présente, à quelques mètres de moi. Et son rire, bien qu’il me semble un poil forcé, retentit de nouveau alors que j’assiste à ce piètre spectacle, reflet évident d’un nouvel échec, d’une nouvelle claque dans la gueule dont la marque ne restera visible qu’à mes yeux de petite merdeuse.
Un type se charge visiblement de lui faire passer une bonne soirée, main sur sa cuisse, se démenant comme un beau diable pour la faire rire et sourire, pour marquer ce moment d’une pierre blanche afin de pouvoir certainement la sauter d’ici une heure ou deux. Puisque c’est ce qu’il va se produire, non ? L’amertume et la rancune viennent frapper brutalement à la porte de mes esprits, me rendant aussi mauvaise que la gale, violemment blessée dans mon estime. Qu’est-ce que je croyais après tout ? Que Maeve allait rester célibataire toute sa vie alors que je lui ai fait moi-même comprendre il y a plusieurs mois que l’on ne pouvait pas retenter notre histoire une deuxième fois ? Et depuis quand j’attends quelque chose d’elle ? De nous ?
Depuis que j’ai lâchement larguée Ryan, depuis que j’ai pris conscience que cette femme qui s’amuse allégrement avec ce sombre connard n’était toujours pas sortie de mes esprits. J’en sais rien, j’en sais foutrement rien putain. Et cette image ne fait qu’ajouter un peu plus de questions avec des réactions d’un égoïsme évident. Puisqu’au lieu d’être heureuse pour elle d’enfin retrouver un semblant de bonheur avec un autre, je ne fais que ressentir une haine profonde, plus blessée que jamais par l’image qui se dessine sous mes yeux, d’une lenteur exagérée.
Leurs lèvres se cherchent, dans une légère hésitation pour ensuite se trouver. Doucement, puis passionnément. Un échange brûlant, de ce que j’en vois.

Un rire sec m’échappe, discret mais présent et l’espace d’une seconde, nos regards se croisent. Malgré le verre teinté de mes lunettes, malgré la faible lumière du bar, je sais que nos regards se trouvent mais pas pour les bonnes raisons, pas pour des retrouvailles.

- Fais chier.

Je me retourne vivement, cherche maladroitement un billet dans ma poche que je balance sur le bar après avoir siffler le reste de ma bière d’un geste. Dire que j’étais venu ici pour sombrer. Pas pour me noyer un peu plus que je ne le faisais déjà.
Je n’attends pas la monnaie et glisse de mon tabouret bien trop grand pour moi, prenant la direction de la sortie.
Plutôt crever que d’assister une seconde de plus à ce tableau qui me rappel à quel point je n’ai plus rien.

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MessageSujet: Re: Last Chance - ft Maeve Mar 11 Juil - 18:19

Last chance
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Le bruit des verres qui s'entrechoquent ou raclent le bois élimé des tables. Les murmures des conversations et les rires qui résonnent à intervalle régulier. Les commandes qui se succèdent. Je suis consciente de chaque bruit qui m'entoure, sans prendre part à l'activité humaine des lieux. Volontairement recluse sur le côté du comptoir, je joue machinalement avec la touillette de mon cocktail un peu trop sucré à mon goût. L'oubli. Je suis venue chercher l'oubli. Et pourtant, diablesses sur lesquelles je ne possède aucun contrôle, mes pensées se croisent et se recroisent dans un ballet épuisant. Elles débutent par un coup droit en plein cœur, au sens littéral du terme. Par les résultats de mon ECG et de mon échographie cardiaque, beaucoup moins bons que ce que je pensais. L'hypertrophie de mon ventricule gauche s'est accrue. Légèrement. Mais elle s'est accrue. Et sans traitement régulier, sans contrôle suivi, elle continuera de croître jusqu'aux complications que je connais déjà. Les résultats sont tombés il y a une semaine et je ne l'ai dit à personne. Ni à Saoirse, ni à Taylor. Je ferme les yeux à la pensée de la jeune femme et boit une gorgée de ma boisson, grimaçant quelque peu. Définitivement trop sucré, mais bien dosé en alcool, ce qu'il me faut pour oublier. Je n'ai pas envie de me replonger tout de suite dans ma maladie. Tout ce que je demande, c'est encore quelques jours de tranquillité à prétendre ne rien savoir, à ne pas aviser de la suite et de ce que je risque à jouer les têtes de mules. Et toujours ces pensées, qui dérivent vers Cathleen. Pour le triste anniversaire de sa mort deux jours plus tôt. Un après-midi assise près de sa tombe à déballer tout ce que j'avais sur le cœur, à en vouloir à la terre entière parce que je n'ai jamais eu autant besoin d'elle que maintenant et qu'elle n'est plus là. Pour cet au revoir que je n'ai jamais pu lui dire. Parce qu'elle me manque plus cruellement encore en cette période. Huit ans. Huit ans déjà. Autant d'années pour ne pas assister à la déchéance de sa seule fille, celle dont elle a toujours été si fière. Une nouvelle gorgée, je m'habitue au goût. C'est probablement mieux qu'elle ne soit plus là finalement. Pour ne pas voir ce que je suis devenue. Et puis il y a Elle. Je ferme à nouveau les yeux et sens mon cœur se serrer. C'est Elle que je veux oublier ce soir, plus que tout le reste. Elle que j'évite depuis l'incident dans l'ascenseur. Parce que ça fait trop mal. D'être si proche et pourtant si loin. De ne pas pouvoir la toucher, de ne pas respirer son odeur, de penser, la nuit, qu'une autre la couvre de son amour. Ça fait mal à en crever et je n'en peux plus. Je sais que jamais je ne pourrai vivre sans elle mais j'ai besoin de penser à moi. Rien que ce soir, juste le temps de quelques heures. Moi en dehors du monde qui continuera de tourner sans moi. Quelques heures d'oubli. Juste ça.

Je laisse traîner mon index sur le comptoir usé, là où une fissure prend la forme d'un S. Et je nomme mentalement les mots qui me viennent spontanément et qui commencent par cette lettre. *Sodium, sexe, septembre, superbe, seule...* Ce que je peux être pathétique. Sadique, voilà un autre mot qui commence par un S et qui me va à la perfection. Je soupire contre moi-même et termine mon verre d'une traite, le reposant un peu trop brusquement sur le comptoir. « Sacrée descente ! » Je perçois la voix masculine et le rire qui s'y rattache, mettant plusieurs secondes à percuter que c'est de ma fameuse descente qu'il s'agit. Je me tourne donc vers l'inconnu dans l'optique dans le rembarrer, mais quand mes yeux sombres percutent l'azur des siens, mon agressivité s'estompe. Lui. Inconnu. Grand, athlétique, blond, yeux bleus, barbe naissante. Tout ce qu'Elle n'est pas. Excepté un visage d'ange, ils sont deux exacts opposés. Mon coup de pouce pour oublier. Mon oubli tout court. Le pion que j'utiliserai pour me détacher du monde cette nuit, pour quelques heures. « Sympa tes cheveux ! » Un sourire étire ses lèvres et je le rejoins. Même attachés dans un chignon, mes cheveux n'en restent pas moins originaux, j'en conviens. « Ouais, très utile pour briser la glace et éviter les phrases type d'accroche ridicules au possible » « Du style ? » Je me tourne un peu plus vers lui. « T'es nouvelle, je ne t'avais jamais vu ici avant ? Je peux vous offrir un verre ? Et toutes les citations de poètes connus volées sur internet ? » Il acquiesce, faisant mine de réfléchir. « Je peux t'offrir un verre ? » Il prend un air innocent et étrangement, je me laisse aller à un nouveau sourire.
Je n'avais pas prévu de repartir avec quelqu'un ce soir. Je n'avais rien prévu du tout. Mais ce grand blond au physique agréable pourrait bien être mon sauf conduit. Et je m'en rends compte à l'instant, la solitude est devenue trop pesante. Je ne veux pas être seule, ni maintenant, ni plus tard dans la nuit. C'est un brin mesquin de l'utiliser ainsi, mais ce qu'il ignore ne peut pas lui faire de mal ni me nuire.

Nous discutons durant une bonne heure de tout et de rien, de sa vie, pas si inintéressante que ça, de la mienne, bien que je minimise mes exploits et opte pour un survol non intégral des dernières années. Michael, puisque tel est son nom, n'est pas le plus grand esprit qui soit mais il est agréable, ne parle pas pour ne rien dire et je dois l'avouer, possède une répartie qui fait mouche. Je ne suis pas naïve au point de penser que son stratagème ne vise pas la visite de mon entrecuisse plus tard dans la soirée mais je me laisse aller, oubliant mes problèmes et le reste du monde. C'est ce que je voulais après tout. Et quand sa main se pose sur ma cuisse après notre deuxième verre je ne le repousse pas, bien au contraire. Il s'est rapproché depuis le début de la conversation, a empiété sur mon espace vital mais je ne m'en formalise pas. J'aurais pu tomber plus mal, surtout dans ce rade aux effluves de bière. Et je veux plus. Je veux ses mains ailleurs, là où elles continueront de me faire oublier la raison de ma venue ici. Ces derniers jours. Ces derniers mois. Il est parfait pour ça. Pour une nuit. Avant de l'oublier, comme tout le reste. Alors quand le jeune homme finit par prendre les devants et se fait plus audacieux, quand il vient se caler un peu plus entre mes cuisses, quand sa main remonte sur ma cuisse pour atterrir sur ma hanche et que ses lèvres cherchent les miennes je m'abandonne complètement, fais le vide dans mon esprit et lâche un soupir de satisfaction contre sa bouche pour tout ce qu'il me fait ressentir, ou plutôt tout ce qu'il ne me fait plus ressentir. Un soupir qu'il prend comme une invitation à aller plus loin puisque son baiser devient plus fougueux et je laisse une de mes mains agripper le col de sa chemise.

Quelques secondes plus tard, je mets fin au baiser, m'apprêtant à lui demander s'il veut finir la soirée ailleurs quand un rire bref non loin de nous me fait revenir trop brutalement à la réalité. Je tique et quand je tourne mon visage dans la direction du bruit mon cœur manque un battement. Taylor. La lumière tamisée ne me trompe pas, je reconnaîtrais les traits de son visage entre mille. Même derrière les verres fumés de ses lunettes de soleil. Je n'ai pas vraiment le temps de me demander pourquoi elle en porte d'ailleurs. Pendant les quelques secondes où nos regards se croisent je laisse retomber ma main et romps tout contact avec mon amant d'un soir. Un peu honteuse qu'elle assiste à ça. Et puis je les aperçois, même avec le faible éclairage, deux petites bandes blanches au dessus des lunettes, vers son arcade. La coupure sur sa lèvre. Qu'est-ce que ? ...Je sens le regard du jeune homme interrogateur se poser sur moi puis bifurquer dans la même direction que moi et Taylor se détourne, pose un billet sur le comptoir et se rue vers la sortie sans même m'accorder le moindre regard. Complètement interdite face à ce retournement de situation imprévu, je reste là, à me demander ce qui vient de se passer. Pourquoi les verres teintés, pourquoi ce départ précipité sans même m'adresser la parole ? Et ces blessures ? L'inquiétude prend le pas sur le reste. Sur la surprise, l'incompréhension. Je sens une main sur mon épaule que je repousse brusquement. Le moment est passé. La magie n'est plus. Comment oublier maintenant qu'Elle m'est apparue en chair et en os. « Désolée je dois y aller » Et je descends de mon tabouret. Il me retient par les hanches, et prend une voix qui soudain, m'insupporte. « Tu ne peux pas me laisser dans cet état » J'arque un sourcil à son intention et le repousse une seconde fois. « Ah ouais ? Bah regarde bien » Et je prends la direction de la sortie pour atterrir dans la rue.

Ma tête va de gauche à droite pour repérer où se trouve Taylor et je l'aperçois au loin, sur le trottoir d'en face, prête à bifurquer dans une rue adjacente, le pas rapide. Je me lance à sa poursuite aussi vite que mon cœur et surtout mon souffle me le permettent. Quand je passe l'angle de la rue la distance qui nous sépare est moindre mais quand je l'interpelle par son nom elle continue, accélérant même le pas me semble-t-il. Elle est sérieuse ? Continuant ma course improvisée, je réitère mon appel. Impossible qu'elle ne m'ait pas entendu à cette distance. Un brin agacé, il me faut encore trente secondes pour la rattraper par le bras et la forcer à se retourner. « Bordel Taylor je peux savoir ce que tu fous ? » Mais mon agacement est de courte durée quand mes yeux vérifient à la lumière d'un lampadaire qu'elle porte bel et bien des straps sur un arcade violacée, que sa lèvre est fendue et que ses lunettes ne couvrent pas entièrement une pommette visiblement tuméfiée. Mon visage se couvre d'un masque d'inquiétude et j'oublie un instant sa réaction, sa fuite, le fait qu'elle m'ait surpris avec un homme. « Qu'est-ce qui t'est arrivée ? C'est quoi tout ça ? » Et pourquoi je ne suis pas au courant merde. Je l'aurais su si elle avait eu un accident alors quoi ? Je m'approche et tends la main dans l'intention de lui retirer les lunettes pour voir l'ampleur des dégâts mais elle s'écarte, refusant le contact. Surprise et quelque peu blessée, je reste une nouvelle fois interdite, étrangère à ce comportement que je ne lui connais pas. « Taylor... » Ma voix trahit mon incompréhension.

••••

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MessageSujet: Re: Last Chance - ft Maeve Mer 12 Juil - 1:37

Ces putains d’images ne cessent de revenir comme une pluie de couteau entre les côtes alors que je rencontre de nouveau l’air frais, poussant rageusement la porte du bar qui tombe lourdement derrière moi. J’inspire une grosse bouffée, espérant y trouver un souffle mais ça n’est que la douleur que je rencontre suivit d’un élan de haine, de colère et de frustration. Leur baiser échangé a été bien plus violent que je n’aurai pu l’imaginer et si ma fierté en carton essayait encore de me faire croire que je ne ressentais plus une once de sentiments pour cette femme, je venais alors de me rétamer gueule la première dans l’erreur et le mensonge. Et c’est bien ça qui me pose problème. Et alors que je tourne les talons pour me tirer loi de ce lieu maudit, j’ai une pensée pour Ryan que j’ai, finalement, bien fait de quitter, lui évitant maintes douleurs supplémentaires.

Pas rapide, souffle court, j’ai la tête qui va exploser. Mon cœur en tachycardie, j’ai envie de hurler, de frapper, de faire demi-tour pour aller cogner ce putain d’inconnu qui s’approprie ce que j’ai tout simplement laisser tomber, celle que j’ai perdu une bonne fois pour toute. Une Maeve accueillant avec un plaisir non dissimulé le toucher, cet échange buccal qu’ils se sont donnés à cœur joie.
Qu’ils aillent se faire foutre, putain.
Mains enfoncées dans les poches de ma veste, je trace sans réfléchir, aveuglée par la colère, ne prêtant aucune intention au monde qui m’entoure puisque ce dernier n’a plus aucune importance. Qu’est-ce que je fous encore ici ? J’ferais mieux d’appeler un taxi, de rentrer directement chez moi plutôt que d’emprunter des rues que je n’connais même pas.
Tu parles ; Appeler un taxi avec quelle thune comme un connard t’as foutu la tête droit dans la merde ? Je lutte et tente de garder le moindre centime pour ces enfoirés de bikers à la con pour éviter de me retrouver éventrer dans un caniveau… Mais peut-être que ça serait une bien meilleure fin et solution.

Mon prénom retentit en écho dans la rue, prononcé par cette voix que je hais en cette seconde. Injustement et égoïstement, mais je suis bien trop en colère pour faire quelconque différence. Est-ce qu’elle m’a piquée un scandale quand elle a su pour Ryan ? Non. Alors de quel droit je me permets de venir de jouer un drama lors de son rancard ? l’égoïsme, encore. Un art que je manipule visiblement plutôt bien.
Maeve continue de m’appeler et je ne réponds pas. Pire, j’accélère le pas pour la distancer. J’ai plus aucune envie de la voir, de l’entendre, de lui faire face. Parce que je n’suis plus capable d’encaisser la moindre douleur supplémentaire, encore moins lorsqu’elle est commise par ma simple faute.
Et pourtant, elle persiste et insiste. Une part de moi s’éveille, sonne l’alarme. J’devrais pas la laisser faire dans son état, je n’sais pas ce qu’ont donné ces derniers examens mais j’devrais au moins l’envoyer se faire foutre une bonne fois pour toute, éviter à ce qu’elle ne s’épuise et de mettre un peu plus son cœur à rude épreuve.
C’est pas comme si je ne l’avais pas piétiné comme une vieille salope.

- Bordel Taylor je peux savoir ce que tu fous ?

Ce que JE fous ? Putain, ça c'est la blague de la soirée merde !
Je n’l’ai pas senti venir mais à la seconde où sa main se pose sur mon bras pour me forcer à me retourner, je me dégage brutalement, dents serrées.

- Lâche moi.

Face à face, je me trouve obligée de la regarder au travers mes verres teintés, reculant d’un pas. Souffle court, cœur battant, je serre les phalanges, enragée. Une colère et une violence presque incontrôlable boue dans mes veines, résultat sans surprise de toutes ces mois de malheurs cumulés.
Quand le visage de Maeve m’apparait, mon estomac se retourne un peu plus de frustration, de peine. J’ai absolument tout perdue et si ça n’est pourtant pas réellement vrai, c’est ce que mon état du moment me laisse croire. La solitude pour seule compagnie, pour seule alliée. L’inquiétude se lit sur ses traits et l’espace d’une seconde, je me demande pourquoi… jusqu’à ce que la réalité me revienne.

- Qu'est-ce qui t'est arrivée ? C'est quoi tout ça ?

Elle s’approche et tend sa main vers mes lunettes pour les retirer. Geste instinctif de protection, je m’écarte brutalement, n’écoutant même pas sa voix prononçant mon prénom.

- Me touche pas putain ! Qu’est-ce que ça peut te foutre de savoir ce qui est arrivé ou non ?

C’est injuste, sale de ma part. Et ça, je l’accuserais bien plus tard dans la nuit mais pas maintenant. Pas en cet instant où je la revois parfaitement embrasser ce type à pleine bouche. Je lutte contre ce que je veux et ne veux pas. Sa présence et sa fuite. Violente, intransigeante.

- Pourquoi t’irai pas continuer de sauter ton mec dans ce bar de merde plutôt que de foutre ton nez là où il faut pas ? T’inquiète pas, il doit encore t’attendre la queue entre les jambes, t’as encore le temps de rattraper le coup.

Les larmes sont absentes, pourtant j’ai le cœur au bord des lèvres, les oreilles qui sifflent et un profond dégoût pour moi-même. Je me comporte comme la pire des connes, mauvaise comme la gale à lui balancer ce genre de chose droit dans la gueule, sans l’ombre d’un tremblement dans la voix.
Si je peux être adorable, je me connais aussi l’autre facette bien plus sombre, sournoise et amère lorsque je suis plongé dans une colère si noire. Lorsque la plaie, béante, continue de suinter malgré cette rage qui devrait pourtant panser la brèche. Mais cette dernière ne fait que s’accroitre, s’agrandir.

- Remballe ta bonne conscience, pas la peine de venir jouer les enfants de cœur. T’as parfaitement su prendre le large depuis quelques semaines alors je t’en prie, tu peux continuer. Je vois que ça t’réussis plutôt bien d’ailleurs.

Je fais référence à l’épisode de l’ascenseur où, depuis, c’est presque un silence radio que j’ai dû côtoyer. Silence qui n’a fait que me mettre la vérité en face.
Si j’étais elle, ce n’est pas une gifle que je me foutrais mais une véritable droite dans la gueule. Histoire de parfaire l’œuvre de Picasso que l’on m’a donné la chance d’être. Je suis d’une injustice profondément dégueulasse de lui balancer tout ça en pleine gueule alors qu’elle ne le mérite absolument pas. J’aurai pu prétendre à cette colère il y a quelques années où elle m’a lamentablement largué… Mais pas aujourd’hui où elle essaie elle-même de se reconstruire, de retrouver le bonheur qu’elle mérite pourtant. Et si en cette seconde, je n’avoue rien, lui sortir toutes ces horreurs en pleine face ne fait qu’agrandir la plaie, me collant une violente nausée de lui faire consciemment du mal, de faire face à cette réalité que, désormais, elle m’échappe pour de bon.

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MessageSujet: Re: Last Chance - ft Maeve Mer 12 Juil - 2:58

Last chance
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La violence de ses gestes, la violence de son rejet physique me paralysent. Plantée là au milieu de la rue, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte, je suis médusée par sa réaction. Jamais encore je ne l'ai vu ainsi et quelque part ça me fait peur. Plus que l'incompréhension, plus que l'inquiétude de savoir ce qui lui est arrivée. Pourtant nous en avons eu des engueulades, de trop nombreuses. Au milieu de tous ces moments de bonheur et de plénitude, de complicité et de rires. Deux sanguines comme nous trop longtemps dans la même pièce, ça fait forcément des étincelles. Et il en fallait parfois peu. Un regard appuyé sur une autre personne, une mauvaise journée au travail, les exemples ne manquent pas. Il y a eu des cris, parfois même de la vaisselle cassée, des portes claquées et des reproches crachés comme du venin. Mais ça, cette animosité, cette haine née d'un simple contact, ça ne lui ressemble pas. Et je ne comprends pas. Parce qu'il n'y a pas eu de disputes, que nous ne sommes plus ensemble assez souvent pour que le mot « supporter » soit de mise. Je suis perdue. Totalement perdue. Je n'ai ni le comment, ni le pourquoi et je reste interdite face à cette boule de colère vive qui me fait face.
Ce que ça peut me foutre ? Elle est sérieuse ? Comment peut-elle penser que je peux rester indifférente à son état après tout ce que nous avons vécu ensemble, avec tout ce qu'elle représente pour moi ? Bordel qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez elle ? Parce que clairement quelque chose ne va pas. Et vu sa réaction, vu ce regard haineux que je devine même caché derrière des verres teintés, ça a l'air plutôt grave. Mais je ne sais absolument pas comment réagir. J'ai toujours su répondre à ses comportements, qu'ils soient bons ou mauvais, su m'adapter à son hyperacousie. Mais pas ce soir. Pas maintenant alors que je ne la reconnais pas.

Je tente de me rapprocher, avec lenteur, comme tentant d'apprivoiser un animal sauvage qui se sent acculé et prêt à bondir. Parce que c'est exactement ce que je ressens. Que si je m'approche trop vite, si je tente de renouer un contact physique trop tôt, elle me rejettera encore une fois. Et ça fait mal, bien plus que je ne pourrais l'admettre. Ce rejet. Une vive douleur irradie mon cœur mais cette fois-ci non physique. Ça fait juste mal parce que c'est elle. Qui ne veut pas de ma présence ici. Qui ne veut pas de moi. Parce qu'elle a quelqu'un d'autre maintenant. Même pour ça, elle n'a plus besoin de moi. Et ça aussi, ça fait mal à en crever. Plus que tout le reste. Elle n'a besoin ni de mon réconfort, ni de mon inquiétude, encore mois que je me sente concernée.
Je persiste néanmoins, fais un pas dans sa direction avant que ses mots ne coupent brutalement mon élan. Les sourcils froncés je dois me répéter sa phrase plusieurs fois dans ma tête pour être certaine d'en avoir compris et le sens, et les sous entendus. Parce que ça ne peut pas être ça. Taylor ne peut pas être jalouse de ce type qu'elle m'a vu embrasser. Elle ne peut pas me faire ça, me dire ça ! Et à la blessure cuisante de son rejet vient s'ajouter la colère. Elle n'a pas le droit, elle n'a aucun droit de me balancer tout ça en pleine gueule putain ! C'est elle est tombée amoureuse d'une autre, qui partage son corps et ses draps avec Ryan depuis tout ce temps pendant que je me fais douloureusement à l'idée de l'avoir perdue pour de bon. Quelle connerie ! Je ne me fais à rien. Je mange le revers de la médaille depuis des mois, depuis cette nuit que nous avons partagé et qui m'a fait croire à....putain elle n'a pas le droit !  Je sens mes deux poings se fermer et mon cœur tambouriner contre ma poitrine à m'en faire mal. Pour le sprint qu'elle m'a forcé à faire, pour la rancune et la colère que je ressens contre elle à cet instant.

Et c'est ces derniers mots qui me font perdre tout contrôle. Oui j'ai pris mes distances, oui je me suis faite moins présente dans sa vie et pourquoi ? Pourquoi ? Pour ne pas montrer au nouveau couple du moment à quel point je souffrais de les voir ensemble. Parce que je savais que je ne pourrais pas faire semblant d'être heureuse pour elles éternellement. Parce que ça faisait mal à en crever et qu'il me fallait me préserver. Et pourtant elle ose me reprocher mon absence. Et elle alors, où était-elle il y a deux jours quand je déprimais sur cette morbide date d'anniversaire. Pourtant elle sait, a toujours su à quel point je me sentais vidée ce jour là. A t-elle seulement pris la peine de ma téléphoner, de m'envoyer un message pour savoir si je tenais le coup. Que dalle ! Probablement trop occupée à batifoler avec la nouvelle femme de sa vie. Je m'en veux d'être si méprisante pour Ryan. Je ne m'en veux pas de l'être pour elle.
Et je ne contrôle plus rien. Le regard durci, les mâchoires serrées à l'extrême, je tends mes bras vers l'avant et mes mains viennent rencontrer ses épaules, la faisant percuter le mur de briques juste derrière elle plutôt violemment. « Espèce de salope d'hypocrite ! »

Je lui crache les mots en plein visage et fais tomber les lunettes qui lui couvraient jusque là le visage. Je vois enfin les bleus dans leur intégralité mais ne m'attarde pas dessus. Plus tard, quand la colère qu'elle a fait naître se sera estompée. Je veux affronter son regard maintenant qu'elle m'a balancé toutes les saloperies qu'elle contenait depuis visiblement un moment. « Tu me fais ça à moi ? Toi ? C'est quoi, une crise de jalousie ? Tu te fous de ma gueule Taylor ? Tu te fous de ma gueule ! » Je crie la dernière partie de ma phrase, me moquant éperdument de la douleur qu'elle pourra en ressentir. « TU as quelqu'un putain !! Tu as Ryan » Et aussi vite qu'elle est montée, malgré le degré de colère qui m'habitait une seconde plus tôt, je la sens s'évacuer encore plus rapidement. Parce que c'est dit. Parce que je mets le doigt précisément là où ça fait mal, sur tout ce qui nous sépare. « Le soir où je t'ai avoué être malade, où je t'ai dit pourquoi j'étais partie tu aurais pu me balancer les pires saloperies qui soient. Tu aurais pu me traiter de tous les noms. Mais tu ne l'as pas fait. Tu m'as embrassé, tu m'as dit que tu serais là et on a fait l'amour. L'amour putain ! Et j'ai cru que...peut-être...toi et moi... » Je marque une pause, retenant une larme qui menace de perler. Pas maintenant. « J'ai cru que tu m'offrais une seconde chance. Tu sais ce que j'aurais donné pour que tu me demandes de rester plus qu'une nuit ? Pour que tu me demandes de rester tout court ? » Je plante mes prunelles dans les siennes, les yeux embués. Mais je ne pleurerai pas. « Mais tu ne l'as pas fait. Tu es tombée amoureuse. J'ai cru à une seconde chance et tu es tombée amoureuse. Et ce n'était pas moi. Alors je t'interdis de me balancer tout ça aujourd'hui. Je t'aimais espèce de sale conne ! » Et je la pousse une fois de plus contre le mur, finissant par me reculer de quelques pas, soudainement épuisée.

La colère s'efface complètement alors que je lui fais face. Comment ose-t-elle seulement me dire autant d'horreur ? Je la déteste d'avoir été si cruelle envers moi en cet instant mais je n'y peux rien. Je regarde son visage tuméfié, repense à ma rencontre avec Daniel quelques semaines plus tôt qui me poussait vers elle, à la jalousie de Taylor ce soir totalement illégitime, à tout ce que je retiens depuis un an et demi et qui me ronge littéralement de l'intérieur. Je la regarde, me mordant la lèvre inférieure pour retenir les mots que je sais ne pas avoir le droit de prononcer. Pour Ryan. Pour tout un tas d'autres raisons. Parce qu'il est trop tard.

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MessageSujet: Re: Last Chance - ft Maeve Sam 15 Juil - 23:34

- Espèce de salope d'hypocrite !

La voilà enfin, cette violence. Cette colère. Cette guerre qui se déclare à voix haute, à force d’insultes, à force de gestes. Mon corps percute violemment le mur derrière moi et la douleur se répand en écho jusqu’à l’intérieur de mon crâne. Au creux de ma poitrine éclot la plaisir d’une souffrance, d’une violence. Presque satisfaite d’en arriver enfin à cette explosion qui me pendait au nez depuis que j’ai déversé ma haine comme une « espèce de salope d’hypocrite ». Puisque c’est ce que je suis ce soir, c’est ce que j’ai été durant tous ces mois à me dissimuler derrière ce masque de mensonges. Même face à celle qui me connait pourtant par cœur, qui sait de quel fer je suis forgé, qui sait quelles sont mes faiblesses ou qualités. Pourtant, c’est elle aujourd’hui dont je tranche le cœur déjà suffisamment malade.
Je ne cherche même pas à rattraper mes lunettes qui chutent au sol, laissant à vue ce bleu qui recouvre une partie de ma pommette et gonfle encore légèrement le dessous de mon œil. Je n’en ai plus rien à foutre à vrai dire, la seule chose que j’attends c’est sa haine à elle pour noyer la mienne. Ou pour l’exacerber pour égoïstement me soulager.

- Tu me fais ça à moi ? Toi ? C'est quoi, une crise de jalousie ? Tu te fous de ma gueule Taylor ? Tu te fous de ma gueule !

Ces cris me transpercent les tympans et une bile acide remonte le long de ma gorge en même temps que ma propre colère. J’ai envie de lui dire de fermer sa gueule, de crier moins fort, de ne pas crier tout court mais je ne suis pas foutu d’articuler le moindre mot, prise de court par cette souffrance subite. D’autant plus que ses mots se répercutent en écho comme une vérité qu’elle énonce à ma place.
Non, je ne me fous pas de ta gueule mais ça pourrait être le cas vu le scandale que je créer injustement. Je suis parfaitement conscience de mes erreurs, de cette injustice que je lui claque à la gueule. Qu’elle soit coupable ou non des deux êtres déchirés que nous sommes ce soir, elle ne l’est pas de ma colère, de vouloir être heureuse, de vouloir passer à autre chose quand j’ai moi-même merdé et ouvert les yeux bien trop tard visiblement.

- TU as quelqu'un putain !! Tu as Ryan

Toujours contre le mur, subissant les douleurs, les colères et les amertumes, je me fige avant de me redresser légèrement, lâchant un rire sec, bourré de cynisme. Mauvaise jusqu’aux bouts des ongles.
J’avais, Maeve. J’avais. Au passé, d’avoir pris conscience à quel point tu me bouffais le cerveau dans des instants qui ne t’appartenaient pas, d’avoir plusieurs fois effleuré le danger du bout des doigts avec une autre pour noyer mes propres douleurs pour ne pas éveiller celles de Ryan.
Oui, j’avais. Et maintenant, je n’ai plus. Même pas toi.
J’ai l’impression d’être prise au piège dans un tourbillon sombre et gluant, s’enroulant autour de ma gorge pour me tirer un peu plus bas. Respiration difficile, sourire narquois malgré moi sur les lèvres, je pète littéralement les plombs. Lâche prise. Accepte tout simplement que je ne suis l’ombre que de moi-même, que je suis entrain de toucher le bas et d’y creuser ma tombe. Face à moi se tient celle qui aurait peut-être pu me donner l’étincelle suffisante pour reprendre un semblant de courage, de chercher une raison valable pour ne pas me jeter tête la première dans un gouffre dont je n’arrive plus à sortir.
Et malgré ce sourire, mes yeux me brûlent de s’humidifier.

- Le soir où je t'ai avoué être malade, où je t'ai dit pourquoi j'étais partie tu aurais pu me balancer les pires saloperies qui soient. Tu aurais pu me traiter de tous les noms. Mais tu ne l'as pas fait. Tu m'as embrassé, tu m'as dit que tu serais là et on a fait l'amour. L'amour putain ! Et j'ai cru que...peut-être...toi et moi...

Maeve est le couteau que l’on remu dans mes plaies. Elle me ramène à un passé que je n’ai pas oublié malgré tous mes efforts pour en repousser les effluves agréables qui me revenaient lorsque je n’en avais pas le droit.

- Arrête. Ne t’aventures même pas sur ce terrain.

Dents et poings serrés, je ne veux pas y foutre les pieds parce que je n’suis tout simplement pas prête à en ressentir la douleur. Pas ce soir où je ne suis qu’un putain de déchet humain dans l’enveloppe d’une pauvre conne sans l’ombre d’une compassion.
Mais pourquoi elle s’arrêterait là ? Elle n’a aucune raison de le faire. Bien au contraire, elle a toutes les raisons de m’ouvrir le cœur en deux pour y déverser son flot d’acide. Elle a toutes les raisons de me cracher tout ça à la gueule avant d’aller retrouver ce pauvre connard qui sera bien trop content de rejoindre le creux de ses cuisses plus tard dans la nuit. Je l’ai mérité et l’accepterais presque sans broncher si je n’étais pas dans un état aussi pitoyable.

- Mais tu ne l'as pas fait. Tu es tombée amoureuse. J'ai cru à une seconde chance et tu es tombée amoureuse. Et ce n'était pas moi. Alors je t'interdis de me balancer tout ça aujourd'hui. Je t'aimais espèce de sale conne !
- FERME TA GUEULE !

J’explose de nouveau en même temps que mon corps percute de nouveau le mur, comme l’on marcherait sur une mine et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la douleur physique. Celle de mes tympans qui ne cessent de se prendre des décharges à chacun de ses mots depuis qu’elle s’est mise à gueuler un peu plus tôt, si bien que la moindre parole, murmuré ou non, représente pour moi une armée d’aiguille venant se loger dans mes tympans pour y rejoindre mon cerveau.
Puis, la souffrance morale. Le fait qu’elle appuie un peu plus fort sur la plaie, sur Ryan, sur la seconde chance que j’ai laissé filée, croyant que c’était certainement la meilleure décision à prendre pour finalement me rendre compte de l’inverse. Mais aussi parce qu’elle me rappelle des sentiments passés, certainement morts à présent et que je ne suis plus capable d’encaisser.

- Ferme ta PUTAIN de gueule !

Je renchéri, au bord de la crise de nerf, m’infligeant moi-même une souffrance auditive mais je n’en ai tout simplement plus rien à foutre désormais.

- Tu n’sais rien ! Tu n’sais foutrement rien bordel de merde !

Je reste contre le mur, droite, tendu par ma propre rage.
Non, elle ne sait rien de ce qui hante ma vie depuis trop longtemps maintenant, au point de me lancer droit dans ce mur en béton.

- Pourquoi tu m’rebalance tout ça à la gueule hein ? Ça t’fais bander d’en rajouter une couche histoire de bien me rappeler à côté de quoi j’suis passé maintenant que t’as l’autre pauvre connard pour te passer sur le corps ?

J’enrage un cran au-dessus, au bord du craquage, du pétage de plomb dans tous les sens du terme. A chaque mot, c’est l’image d’un enfant mort au cerveau éclaté par les balles qui me revient en mémoire. A chaque attaque, ce sont les poings de mon bourreau qui s’abattent de nouveau sur mon visage pour me rappeler ô combien je ne maitrise absolument rien.

- J’ai largué Ryan, Maeve. Je l’ai quitté parce que t’as raison, je n’suis qu’une espèce de salope hypocrite qui a failli la tromper un million de fois et qui pensais à une autre pendant qu’elle partageait son pieu, pendant qu’elle me tenait dans ses bras en pensant que j’allais lui apporter joie et bonheur dans sa vie déjà foutue en l’air !

L’autre, c’est elle. Celle qui se tient devant moi et que j’ai acculé pour mieux l’abandonner. Et je m’en veux plus que je ne pourrais l’admettre.
J’écarte les bras, le visage baigné de larmes, un sourire amère sur les lèvres.

- Tu vois, il est là le revers de la médaille. T’as même pas besoin de faire plus pour me faire comprendre que j’ai plus qu’à fermer ma gueule maintenant, que c’est trop tard, que j’ai merdé et que je n’suis qu’une petite pourriture qui n’est pas foutu de marcher droit plus de cinq minutes.

T’as pas besoin d’élargir un peu plus la plaie béante et suintante, je m’en suis chargé seule.
Je me penche, ramasse mes lunettes d’une main tremblante, retenant une grimace douloureuse. Mes côtes me lancent mais pas autant que mes oreilles qui sifflent, bien moins fort grâce aux cachetons prit un peu plus tôt. La tête me tourne malgré tout, à cause de toutes ces émotions, de ce que je lui lâche, de ce sanglot bloqué au creux de ma gorge et de toute ma haine qui flirt avec mes veines, mes nerfs.
Pas un regard ni un mot de plus, j’esquisse quelques pas vers ma gauche, bien décidé à me dérober de son regard, incapable d’en subir plus longtemps le poids.

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MessageSujet: Re: Last Chance - ft Maeve Dim 16 Juil - 21:41

Last chance
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 « Ferme ta PUTAIN de gueule ! »

Mon sang se glace dans mes veines et je sursaute, reculant d'un pas, mon corps tendu d'appréhension. J'entends vaguement quelqu'un râler au-dessus de nos têtes et refermer sa fenêtre pour ne plus entendre nos cris mais je n'en ai cure. Toute mon attention est focalisée sur cette colère et cette haine qui émanent de Taylor. Celles que je ne lui connais pas. Pas comme ça. Et tout ça va beaucoup trop loin. Je le sens. Ça va plus loin qu'une simple altercation, plus loin que cette dispute, que ces mots. Ça va plus loin que le fait qu'elle m'ait vu embrasser un inconnu dans un bar sordide. Mais je ne parviens pas à mettre le doigt dessus. Tout ça, cette situation, va également plus loin que les non dits de ces dix-huit derniers mois, que la rancune tenace que je lui ai laissée, comme un goût amer en souvenir de notre histoire.  
Quelque chose vient de lâcher et j'assiste, impuissante, au craquellement de la fine pellicule de vernis qui recouvrait des problèmes bien plus complexes qu'il n'y paraît. Parce que ça ne peut pas être seulement moi, ou nous. Je ne l'ai encore jamais vu ainsi. Si...emportée, si...blessante, si...usée ? Cette fatigue que je devine plus que je ne la vérifie derrière le masque et l'énergie de la colère. Et oui, elle a raison, je ne sais rien. Absolument rien. Je ne fais plus suffisamment partie de sa vie pour connaître ce qui ne tourne pas rond chez elle. En partie à cause d'elle, et en partie par ma faute. Parce que pour les préserver, elle et Ryan, j'ai choisi de ne jouer plus qu'un petit rôle dans leur vie. Quelques secondes à l'écran pour ne plus faire partie de l'intrigue principale. Et alors même que je n'ai plus ni l'envie, ni la force de crier, je me prépare psychologiquement à prendre de nouveaux coups.

Et malgré cette préparation mentale ça ne l'empêche pas de frapper là où ça fait mal. Encore. Je serre le poing jusqu'à sentir mes ongles s'enfoncer dans la paume de ma main et en écorcher les chairs. Faisant un pas en avant, seule la vision de ses bleus m'empêche de lui asséner une gifle cinglante. Parce que ses mots me font me sentir comme une vulgaire pute prête à se faire tringler par le premier venu. Et sous la colère qu'elle fait naître, sous la volonté de la faire taire par les coups, elle ne m'a jamais autant blessée que ce soir. Et ça fait mal. Un mal de chien. De voir que j'en suis réduite à ça pour elle maintenant. Parce qu'à mes yeux ce n'est plus une simple jalousie totalement déplacée mais une volonté de me rabaisser. Et je ne peux pas le tolérer. De personne et encore moins d'elle. Et alors que je m'apprête moi aussi à lui demander de bien gentiment fermer sa gueule. Au moment où je baisse les bras et m'apprête à tourner les talons pour la planter avec sa merde dans laquelle visiblement elle veut nager seule, elle lâche les derniers mots auxquels je m'attends à être confrontée présentement. « J’ai largué Ryan » Et tout s'emmêle, tout s'embrouille, se paralyse, se réveille. Les mots se répètent, percutant ma matière grise, et n'ont aucun mal à s'y forger une place, comme l'ancre d'un bateau lancée en plein milieu d'un océan de sensations toutes plus contradictoires les unes que les autres. Envolée la colère qui habitait chaque fibre de mon corps une seconde plus tôt. Parce que le reste de son discours pénètre mon cœur aussi sûrement que les coups qu'elle a porté auparavant. Je me maudis. Véritablement. Non pas pour la honte que cette révélation est censée m'apporter. Mais pour l'absence totale de culpabilité. Pas de gêne, pas de honte, pas de ressentiment envers ma propre personne. Rien sinon un soulagement véritable. Je suis aussi salope qu'elle en cet instant et doublement plus hypocrite. Elle a largué Ryan. Elles ne se sont pas séparées d'un accord mutuel ou parce que ça ne fonctionnait pas. Elle l'a quitté. Et je comprends la raison. Je la comprends parce que cette autre femme, celle dont elle parle, je n'ai aucun mal à comprendre que c'est moi. Et je ne me sens pas coupable. Je ne me sens pas mal d'avoir précipité la chute de leur relation, d'être la cause de la tristesse d'une amie. Je devrais me dégoûter mais je ne le peux pas. Pas alors que j'aperçois une infime quantité de lumière au bout d'un tunnel qui me semblait sans fin il y a encore peu. Parce que quelque part, au fond de moi, je perçois un espoir que j'avais enterré. Celui d'un nous. D'elle et moi, ensemble. De ma seconde chance. De notre seconde chance.

J'ai envie de lui demander pourquoi. Pourquoi n'a-t-elle rien dit ? Pourquoi nous infliger ça, cette dispute, ce ressentiment, cette vague de colère et de haine retenue depuis trop longtemps. Pourquoi maintenant alors qu'elle a eu tant d'opportunités pour ma balancer toutes ces saloperies à la gueule ? Mais les mots se meurent, les interrogations aussi. Je n'ai pas le temps pour ça maintenant. Je n'ai le temps pour rien. Pas pour laisser passer ma chance en tout cas. Ça a été longtemps ma philosophie. La vie est trop courte, la mienne encore plus. Et je n'ai pas le temps pour avoir peur, pour regretter, pour la laisser partir à nouveau. Ces idées n'auraient jamais dû me quitter. Je n'aurais jamais dû la quitter. Alors quand elle fait quelques pas sur le côté pour se dérober je sais que ce n'est plus le moment pour jouer les fortes têtes, pour jouer tout court. « Je t'interdis de partir »

Les mots sonnent comme un ordre, comme une nouvelle attaque mais le ton de ma voix est redevenu calme et résonne plus comme une supplique. « Tu ne peux pas me dire tout ça et t'en aller comme si de rien n'était » Ma main trouve la sienne et quand je la sens tenter de se dérober mes doigts resserrent leur étreinte, la forçant à me faire face. « Tu te rends compte à quel point tout ça est ridicule ? Merde on est en train de se déchirer au beau milieu de la rue alors qu'on...qu'on... » Qu'on s'aime putain ! C'est évident ! C'est une putain d'évidence ! Et si j'avais encore des doutes ils viennent de s'envoler. J'attrape son menton entre mon pouce et mon index, la forçant à me regarder dans les yeux. « La seule raison qui m'a poussé à m'éloigner de toi ces derniers mois est que je voulais vous laisser une chance. » Je tais volontairement le nom de mon amie pour ne pas la trahir davantage. « Je voulais être heureuse pour vous, sincèrement. Mais je ne pouvais pas te voir avec elle. Je ne peux te voir avec personne d'autre tu comprends ? » Parce que c'est avec moi que je veux que tu sois. Avec moi et personne d'autre. Parce que je t'aime merde !  « Comment tu peux être jalouse de ce type ? Comment tu peux être jalouse de qui que ce soit alors qu'il n'y a toujours eu que toi ! Taylor...personne n'a compté avant toi et certainement pas après toi. Je voulais juste oublier. Oublier le fait que tu avais tourné la page, oublier que je t'avais perdu, oublier le vide béant que tu as laissé. Si j'avais su... » Je me serai battu pour toi. Non, en fait, j'aurais dû me battre pour elle comme bon nombre de personnes me l'ont dit. Mais je ne voulais pas être égoïste. Maintenant je ne veux qu'être égoïste. Pour elle, pour moi, pour nous. « Je n'aurais jamais dû te quitter. Ça a été la plus grosse connerie de toute ma vie. Et je sais que tu n'as aucune raison de me faire confiance à nouveau mais... » Bordel pourquoi est-ce que c'est si difficile à dire ? « Vivre sans toi j'peux pas. T'imaginer avec une autre, j'peux pas. Être seulement ton amie j'peux plus. » Je plonge mes yeux dans les siens et je ne me suis jamais sentie aussi vulnérable qu'à cet instant. « C'est toi que je veux » Je finis par lâcher son menton pour glisser ma main sur sa joue, celle qui n'est pas tuméfiée. « Je t'aime »

Pendant de longues secondes je ne lâche pas son regard, le cœur tambourinant dans ma poitrine. Puis craignant un autre accès de rage, qu'elle me repousse et brise une nouvelle fois tout espoir d'un avenir commun, je ferme les yeux, posant mon front contre le sien, attendant sans réellement m'en rendre compte le moment où elle se dégagera brutalement de mon étreinte.

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MessageSujet: Re: Last Chance - ft Maeve Mer 19 Juil - 14:51

Je n’aspire qu’au calme, au silence le plus profond, au noir complet. Une perte de connaissance qui me fera oublier ce qui m’étouffe, ce qui me remu le cœur et me le broie à chaque pulsation. Je veux tout oublier, ne plus rien ressentir.

- Je t'interdis de partir.

Non, tu ne m’interdiras de rien du tout. Ni toi, ni personne d’autres sur cette putain de planète. Parce que j’arrive à bout de la soumission, que j’en ai ras le cul de me foutre à genoux devant la volonté de tous, me penchant bien gentiment tout en fermant ma gueule. La colère à son point culminant, je ne fais plus de différence, n’arrive plus à faire le tri de ceux qui me sont bienfaiteurs ou non.
Alors je continue de me dérober, de fuir, tout simplement. De fermer les yeux, de lui tourner le dos à elle, celle qui serait encore capable de me ramener à bon port mais dont je refuse consciemment l’aide et la présence.

- Tu ne peux pas me dire tout ça et t'en aller comme si de rien n'était

Je le pourrais mais elle m’en empêche, glissant sa main dans la mienne. L’effet du contact est immédiat. Douce chaleur qui se propage dans le creux de ma paume et qui m’atteint en plein cœur, me faisant monter les larmes aux yeux. Une douceur, une tendresse que je n’ai plus connu depuis ce qui me semble être une éternité et que, surtout, je n’attendais plus. Pas après tout ce que j’ai fait. Parce que je ne le mérite tout simplement pas, que je ne suis plus quelqu’un de bien.
Ce n’est pas du drama, c’est une putain de vérité.
Je tente de dégager ma main à contrecoeur mais Maeve insiste, resserre son emprise et me force à lui faire face. La simple vue de son visage, de son regard brutalement attendri et suppliant me fout un coup de poignard dans le bide, propageant en moi une douleur silencieuse.

- Tu te rends compte à quel point tout ça est ridicule ? Merde on est en train de se déchirer au beau milieu de la rue alors qu'on...qu'on...

Je serre les dents, retiens mes larmes parce qu’elle ne comprend pas, ne sait pas. Si pour elle tout ça semble être une simple crise de jalousie de ma part, il est en réalité question de bien plus que ça.
Et puis qu’on quoi ? Qu’on pourrait s’entendre ? Qu’on pourrait renouer une amitié parce que nous ne savons visiblement pas nous éviter ? J’en suis foutrement incapable parce que je sais d’ores et déjà que si je la revois se coller à ce gros connard du bar, je n’le supporterais pas.
Alors putain, laisse-moi partir. J’ai été bien trop conne de sortir, bien trop conne de venir me perdre par ici par le plus grand des hasards.
Maeve saisit mon menton entre ses doigts et de nouveau, mon cœur fait une embardé. Elle complique les choses, verse un flacon d’acide sur mon myocarde et finalement, je ne me dérobe pas. Parce que cette douleur, je la mérite amplement pour ce que je lui ai foutu dans la gueule, pour avoir gâcher sa partie de jambe en l’air, pour avoir tout gâcher tout court. Pour avoir mis le cœur de Ryan en miette. Alors vas-y, balance moi le reste de tes mots dans la gueule, fais-moi comprendre qu’on va s’arrêter là avec un regard de pitié, un désolé, que tout est trop tard.

- La seule raison qui m'a poussé à m'éloigner de toi ces derniers mois est que je voulais vous laisser une chance. Je voulais être heureuse pour vous, sincèrement. Mais je ne pouvais pas te voir avec elle. Je ne peux te voir avec personne d'autre tu comprends ?

Je mets quelques secondes à entendre, à comprendre justement. Je suis larguée, paumée. Pas sûre de saisir ce qu’elle me raconte, exact opposé de ce que je m’imaginais.

- Comment tu peux être jalouse de ce type ? Comment tu peux être jalouse de qui que ce soit alors qu'il n'y a toujours eu que toi ! Taylor...personne n'a compté avant toi et certainement pas après toi. Je voulais juste oublier. Oublier le fait que tu avais tourné la page, oublier que je t'avais perdu, oublier le vide béant que tu as laissé. Si j'avais su...

Ses mots se poursuivent, entre douleur et soulagement, comprenant enfin que je me suis planté en beauté, que dans ma propre douleur je suis partie dans une paranoïa profonde, persuadée qu’encore une fois je me suis foirée, que je suis passée à côté de quelque chose qui aurait pu m’être bénéfique.
Une part de moi refuse en bloc tout ce que Maeve me dit, par instinct de préservation, de protection. Que tout ça est bien trop simple pour être vrai.
Et il y a l’autre, meurtri, qui n’attendait que ça, que cette douceur, cette facilité à s’abandonner à celle qui se tient en face de moi et qui me donne l’impression que pour une fois, je pourrais lâcher prise. Me l’autoriser…

- Je n'aurais jamais dû te quitter. Ça a été la plus grosse connerie de toute ma vie. Et je sais que tu n'as aucune raison de me faire confiance à nouveau mais...

Je me fracture, ma forteresse s’effondre. Elle est loin la grande gueule, celle qui pensait pouvoir tout contrôler dans son accès de rage et de violence.

- Vivre sans toi j'peux pas. T'imaginer avec une autre, j'peux pas. Être seulement ton amie j'peux plus. C'est toi que je veux.

Il faut qu’elle s’arrête. Maintenant. Qu’elle se taise, qu’elle ne prononce plus un seul mot, qu’elle ne foute pas un pied de plus en enfer. Le danger est là, tout proche. Il suffit de plonger son regard dans le sien, de sentir cette main sur soi pour comprendre que ce qui va suivre, ne m’aidera pas. Ne NOUS aidera pas.

- Je t’aime.

Les larmes surgissent sans que je n’ai la force de les retenir, mon regard ancré dans le sien. Je serre les dents, souffle court et lutte contre toutes ces raisons qui me pousseraient à la rejeter.
J'ai envie de lui répondre, de les lui dire ces mots mais j'en suis incapable. Pas parce que je ne les penses pas mais parce qu'ils scelleraient son destin au mien qui est loin d'être glorifiant pour sa propre vie.
Ca n’est pas parce que je ne partage pas ces mots, parce que je ne veux pas de ce qu’elle m’offre, de Maeve tout court. Mais bien parce que je veux la préserver de ce que je suis, de ce qui l’attend si j’ose lui infliger la prison de ma propre vie. Dans un autre contexte, j’aurai cédé, ployé aussitôt sous le poids de mon amour pour elle puisque c’est une réalité. Mes sentiments pour la jeune femme n’ont jamais disparu, peu importe les mensonges que je me suis servi ou les persuasions que je me suis construites jusqu’ici, ils ont toujours été présents.
Mais aujourd’hui ? Je n’ai plus rien à lui offrir qu’un chaos et un désastre. J’ai quitté Ryan pour justement éviter de lui infliger tout ça… alors quel genre de nana je serais si je me jetais consciemment dans les bras de Maeve en sachant tout ça ?
Mais ce soir, je n’ai plus la force de rien, soudainement abattue et lassée de toutes ces conneries et de ces batailles à la con qui me tuent à petit feu. Elle est là, devant moi, presque contre moi.
A quoi bon résister ?
Je ramène mes deux bras contre sa poitrine, mes doigts s’accroche à sa veste. Une lutte vaine, inutile. Les sanglots dans la gorge, je cherche ses lèvres que je trouve sans difficulté, connaissant ce chemin par cœur. L’explosion de chaleur qui se manifeste au creux de ma poitrine me laisse échapper un léger soupir de soulagement. Le même qu’un marin pousserait de voir le port au loin, l’encrage de sa vie après s’être perdue des semaines en mer.
J’en oublie mon existence durant un bref instant, m’abreuvant de cette complémentarité qui m’avait tant manqué, ses aveux tournant en boucle dans ma tête, me poussant à l’agripper un peu plus contre moi. L’espoir d’un renouveau, de la retrouver chaque matin, de l’avoir auprès de soi. La possibilité de retrouver une part de soi que l’on pensait perdu. Et malgré la douleur lancinante de ma lèvre encore légèrement tuméfiée, je prolonge le baiser jusqu’à ne plus être capable de respirer, de retrouver un souffle.
Je finis par m’écarter, yeux clos, glissant mes doigts sur mes paupières puis mes tempes.
Perdue à nouveau. Brisée.

- J’devrais pas. Je prends une inspiration. Si tu considères que le fait de m’avoir quitté a été la plus grosse connerie de ta vie, te remettre avec moi sera pire.

Je lève de nouveau mon regard vers Maeve, luttant contre l’envie furieuse de fermer ma gueule, de taire tout ça et me laisser aller égoïstement au bonheur qu’elle peut m’offrir parce que je sais, je la connais, elle saura répondre à mes attentes puisqu’elle le faisait déjà à l’époque où nous étions ensemble. Et même aujourd’hui, je sais que ça sera le cas.

- Tu mérites cent fois mieux, t’as déjà suffisamment de merde à régler de ton côté et t’as certainement pas besoin des miennes. Parce que c’est tout ce que je vais t’apporter Maeve, des emmerdes.

Aux moindres faux pas, les KoS me tomberont sur la gueule et la première personne qu’ils viseront, ça ne sera pas moi mais mes proches. Et l’inclure de nouveau dans le lot est un risque que je n’ai pas le droit de prendre, que je n’ai pas le droit de lui infliger.
Et à côté de ça, l’idée même de devoir passer à côté de nous me parait insurmontable.

- Tu n’sais pas dans quoi tu t’embarques et j’ai pas le droit de… Ma main agrippe de nouveau sa veste. Fais chier bordel.

J’ai pas envie de la voir partir, pas envie que tout s’arrête et pas envie de la foutre dans la merde. Je lui ai déjà suffisamment infligée.

- J’ai plus rien à voir avec ce que j’étais il y a deux ans. Ma vie non plus.

Et ce que je porte sur la gueule n’est qu’un petit aperçu de ce qui pourrait m’attendre par la suite.

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MessageSujet: Re: Last Chance - ft Maeve Jeu 20 Juil - 0:56

Last chance
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••••

Je m'attendais à sa colère. À cette boule d'agressivité et de ressentiment qui m'a explosé en plein visage depuis que je l'ai rattrapée au beau milieu de la rue. Un rejet de plus dans cette longue liste sur laquelle je préfère ne plus m'appesantir. Je m'attendais à percuter à mon tour ce mur de briques sur lequel, par deux fois, je l'ai jeté ce soir, poussée à bout par ses propres mots. À ce regard noir emplit de haine qu'elle ne m'avait encore jamais adressé. Je m'attendais à la voir me repousser et partir en courant sans que je ne la rattrape cette fois, la tête remplie de questions sur les problèmes qui semblent l'habiter, le cœur en miettes. Et je m'étais préparé à tous ces scénarios, à encaisser un nouvel échec dans une vaine tentative de me préserver. Je m'attendais à tout ce qu'il y a de plus négatif entre nous. Là, ce moment où ses mains agrippent ma veste pour me repousser et creuser un fossé entre nous. Mon corps qui se tend par anticipation, mon visage qui se crispe sous la déception et cet instant manqué.

Alors quand ses lèvres rencontrent les miennes et que ses mains se resserrent sur le col de ma veste pour me rapprocher d'elle, c'est d'abord la surprise qui prend le pas sur tout le reste. J'ai entendu ses pleurs, je peux à présent sentir ses larmes sur mes propres joues. Il me faut quelques secondes pour m'assurer que je ne rêve pas, que mon cerveau ne me joue pas de tours. Quelques secondes, avant de m'abandonner pleinement à cette étreinte. Je sens mon corps se détendre face au soulagement que provoque ce geste, mes mains s'ancrer sur ses hanches pour ne pas la laisser partir, mon corps épouser le sien pour mieux me rappeler ce contact qui m'a tant manqué, mes lèvres répondre aux siennes pour lui transmettre tout ce qu'elle représente pour moi, combien j'ai besoin d'elle, combien je l'aime. Bordel ce que c'est bon...parce que c'est elle et que je ne veux personne d'autre. Parce que personne n'est capable de m'embraser comme elle le fait d'un simple baiser, même après toute cette violence, même après tous ces mots. Parce que je sais pertinemment que je ne suis heureuse que lorsque je suis avec elle. Et je ne veux plus perdre de temps en « peut-être », en hésitation, en regrets. Je ne sais pas ce que la vie me réserve mais le temps qu'elle m'accordera je veux le partager avec Taylor et personne d'autre. Au diable les conséquences, tant pis l'égoïsme. Je pense à nous et seulement à nous.
La jeune femme finit par s'écarter mais je garde mes mains sur ses hanches, encore trop craintive à l'idée qu'elle puisse me laisser ici, seule.

« J’devrais pas » Je retiens un léger rire moqueur. Mais seulement parce que je ne comprends pas. Se sent-elle coupable de retomber si rapidement dans mes bras après sa rupture trop récente ? Quelle autre raison pourrait expliquer tant d'hésitation alors que plus rien ne nous retient d'être enfin ensemble merde. La suite de son discours ne m'aide pas à y voir plus clair, bien au contraire. Mes sourcils se froncent de par la confusion qui naît de ses mots. Et bien que je n'en comprenne pas la raison je commence à percer ce mystère qui l'entoure soudain. Cette chose sur laquelle je ne parviens pas à mettre le doigt dessus depuis que je l'ai poursuivi dans ces ruelles, cette même chose qui l'a faite craquer plus tôt, cette chose que je devine en rapport avec les bleus sur son visage. Je comprends que c'est lié. Avec ce qu'elle dit, avec de tiraillement que je peux presque lire sur son visage et dans sa tête. Alors même si l'envie de faire taire ses doutes par un nouveau baiser se faire sentir plus urgemment que je ne l'aurais pensé je l'écoute, attentivement, avec cette légère peur de ce que Taylor pourrait dire. «  Tu n’sais pas dans quoi tu t’embarques et j’ai pas le droit de… » Mais elle en dit trop, et pas assez à la fois. Je sais exactement ce qu'elle n'a pas le droit de faire cependant, parce qu'elle me l'a reproché il y a quelques mois et qu'elle avait entièrement raison. Mon regard s'abaisse un instant sur sa main qui agrippe à nouveau ma veste et je laisse planer un silence qui s'installe et perdure, avant de planter à nouveau mes yeux dans les siens.

Je viens effacer les traces de ses dernières larmes, veillant à ne pas effleurer trop les contusions sur le côté de son visage. Prenant une grande inspiration parce que je sens que tout reste à faire, que rien n'est décidé de son côté, qu'elle est tiraillée entre divers sentiments que je ne comprends pas, je finis par reprendre la parole. « Je ne sais pas ce qu'il y a de si terrible dans ta vie pour que tu sois si...pour que tu sois comme ça mais je sais une chose Taylor. Tu n'as pas le droit de décider pour moi, pour nous. C'est ce que j'ai fait avec ma maladie et regarde où nous en sommes. » Non je ne sais pas ce qu'il y a de si terrible dans sa vie en ce moment pour que je ne la reconnaisse plus mais je sais que lorsque je lui ai avoué être malade elle est restée. Amicalement. Mais elle est restée. Et je sais que si j'avais brisé ce mur quelques années plus tôt elle serait restée à mes côtés. Pas par obligation ou pitié. Elle serait restée. Point. Comme je resterai. Je jette un coup d’œil à la rue qui nous entoure avant de reporter mon attention sur elle. Pas ici. Pas comme ça. « Rentre à la maison avec moi » Un murmure, presque une supplique. Pas juste mon appartement. La maison. Parce que bien que nous n'ayons jamais vécu officiellement ensemble dans un seul appartement, il a été un jour le nôtre. Parce qu'il pourrait le redevenir. Je ne la brusque pas mais glisse tout de même ma main dans la sienne, initiant le premier pas en direction de mon immeuble.

[…]

Quand je referme la porte derrière nous pas un seul mot n'a été prononcé. Je la sens fatiguée. Pire, usée. Et c'est toujours sans la brusquer que je lui retire sa veste, puis la mienne, les laissant tomber sur l'un des tabourets du coin cuisine. Reprenant sa main je nous conduis jusqu'au canapé, la laissant s'asseoir avant d'en faire de même. Je pourrais nous servir à boire mais je refuse que l'alcool vienne obscurcir notre jugement. Je laisse le silence qui s'est installé entre nous perdurer encore un peu, louchant sur ses hématomes qui m'apparaissent plus clairement à la lumière du salon et qui me soulèvent le cœur. Je souffle, pour me donner le courage nécessaire d'affronter une conversation que je devine délicate avant de me tourner vers elle, tentant de capter son regard. « Tu as dit toute à l'heure que tu n'avais que des emmerdes à m'offrir. Je sais que c'est faux. » Je lève ma main pour ne pas qu'elle m'interrompe. « Je ne sais pas dans quelle merdier tu t'es fourrée, je ne sais pas jusqu'à quel point c'est lié aux hématomes sur ton visage. Je ne sais pas en quoi ta vie a changé ou en quoi tu as changé. Je ne sais rien de tout ça alors je vais te dire ce que je sais. » J'attends qu'elle me regarde pour continuer. « Je sais que je veux partager ma vie avec toi. Et pas seulement les bons moments parce que soyons honnêtes, vu mon état de santé, il n'y aura pas que des bons moments. Je vais t'apporter autant d'emmerdes que tu peux m'en apporter Taylor. Mais je veux que tu sois là pour moi. Et je veux être là pour toi. » Je prends une de ses mains dans la mienne, entrelace nos doigts ensemble. « Parce que même dans la merde la plus noire, si tu es avec moi ça ira. » Je lève mon autre main vers son visage, frôle du pouce sa lèvre tuméfiée. « Dis-moi ce qui s'est passé. Dis-moi qui t'a fait ça et pourquoi. Ça ne m'empêchera pas de rester. Peu importe ce que tu peux me dire je resterai. Je serai là demain matin, et le jour suivant, et le jour après ça. Et ce sera ma décision. Pas la tienne. » Parce qu'on a toujours été plus fortes à deux.  

••••

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MessageSujet: Re: Last Chance - ft Maeve Ven 21 Juil - 2:21

Certainement une veine tentative face à la tigresse au sang chauf face à moi. J’dois sûrement m’estimer heureuse qu’elle ne m’ait pas rit à la gueule en me disant d’arrêter avec tout ce drama à un dollar cinquante. C’est vrai que quand on n’sait rien, j’dois avoir l’air pathétique avec mon visage tuméfié, les joues humides, les yeux explosés par on ne sait trop quoi. Pourtant, elle reste droite, tendre, présente. Mais surtout, ouais, elle reste

- Je ne sais pas ce qu'il y a de si terrible dans ta vie pour que tu sois si...pour que tu sois comme ça mais je sais une chose Taylor. Tu n'as pas le droit de décider pour moi, pour nous. C'est ce que j'ai fait avec ma maladie et regarde où nous en sommes.

Ces mots-là, fallait les attendre puisqu’ils sont justifiés. J’aurai beau lui dire qu’il faut certainement pas m’approcher au risque de finir le crâne en miette sur le bitume, si Maeve décide de rester, c’est son choix. Sa décision. Comme elle me le rappelle si bien je n’ai pas le droit de décider pour elle.
Seulement celui de la mettre en garde, de l’avertir.
Lorsqu’elle me rappelle sa maladie – si tant est que je l’ai oublié un jour -, une part de moi culpabilise aussitôt me rappelant une bonne raison de tout simplement fermer ma gueule et d’arrêter de chialer sur mon sort. Je sais qu’on a pas tous les mêmes problèmes mais… putain, c’est Maeve dont on parle. La réalité me frappe violemment la mémoire, ravivant les souvenirs les plus douloureux comme le fait que si son état se détériore, elle pourrait nous quitter du jour au lendemain.
Cette simple pensée suffit à me redonner la gerbe, me refaire naitre larmes aux yeux. Putain de bordel.

- Rentre à la maison avec moi

Quelques mots qui soulagent, qui apaisent. Je n’ai pas la force de lutter, ni l’envie, voulant seulement me laisser aller à ses bras et retrouver un endroit familier où je pourrais m’y fondre pour ne plus jamais me réveiller. Et surtout, l’idée même de rentrer « à la maison » comme elle le dit, me procure un nouveau sentiment de sécurité que je n’attendais plus.
J’acquiesce mollement, toujours accrochée à sa veste, pas foutu de dire un mot de plus, la laissant faire de moi son pantin si elle le veut.

¥

Assise sur le canapé, je renoue avec des sensations que je pensais oubliées. L’odeur des lieux, des murs, des tissus. Celle qui imprègne les vêtements de Maëve, qui lui donne une empreinte olfactive et qui a visiblement marqué mon cerveau à vif, suffisamment pour me ramener un tas de bons souvenirs. Puis, le décor qui n’a presque pas changé si ce n’est quelques meubles déplacés. Je capte à peine ce qu’il se passe, plonger dans une brume épaisse, me souvenant vaguement de Maeve enlevant ma veste et me dirigeant vers ce même canapé où je suis assise, bras sur les genoux, légèrement penchée en avant, épaules lourdes. Ces lieux me rendent nostalgiques, me ramènent à des souvenirs que je chérie en silence. Combien de fois suis-je venu ici passer des journées ? Des nuits ? Des semaines entières parfois ? J’y ai vécu un tas de chose allant de l’amour à la haine, du rire aux larmes mais surtout j’y ai vécu une véritable protection, bien logée dans un cocon de coton, de bonheur. Un cocon que je veux retrouver, presque viscéralement.

La voix de Maeve me fait légèrement sursauté, clouant mes deux pieds au présent, au réel.

- Tu as dit toute à l'heure que tu n'avais que des emmerdes à m'offrir. Je sais que c'est faux.
- Non, sérieux t…

Une main levée et je me tais. Encore une fois, pas la force de lutter, de contrer.

- Je ne sais pas dans quelle merdier tu t'es fourrée, je ne sais pas jusqu'à quel point c'est lié aux hématomes sur ton visage. Je ne sais pas en quoi ta vie a changé ou en quoi tu as changé. Je ne sais rien de tout ça alors je vais te dire ce que je sais.

Je détourne brièvement le regard, presque trop honteuse pour lui faire face. Parce que ce que je cache est moche. Sérieusement moche. Je finis par lui faire de nouveau face, luttant comme une forcenée pour ne pas regarder le bout de mes converses dégueulasses.

- Je sais que je veux partager ma vie avec toi. Et pas seulement les bons moments parce que soyons honnêtes, vu mon état de santé, il n'y aura pas que des bons moments. Je vais t'apporter autant d'emmerdes que tu peux m'en apporter Taylor. Mais je veux que tu sois là pour moi. Et je veux être là pour toi.

Impossible de savoir si ses mots me soulagent ou me torturent un peu plus. Entre le bon et le mauvais. Je laisse Maeve entralaçer ses doigts aux miens et les serre un peu plus, incapable de parler, boule de larmes et d’angoisses dans la gorge.
Parce que ouais, ses mots m’interpellent. Je sais qu’elle est malade et que ça n’est pas toujours rose mais jusqu’ici, tout allait bien. Tout du moins, je le pensais. Je n’sais pas si elle parle de façon générale ou si parce que ses résultats ont été chaotiques mais ça me suffit pour me dire qu’elle peut m’échapper du jour au lendemain, me rappelant la fragilité de sa propre vie.

- Parce que même dans la merde la plus noire, si tu es avec moi ça ira.

Son pouce effleure ma lèvre sans que je ne bronche, ravalant mes larmes. Ses mots sont le port que j'attendais, ce point d'ancrage. Des mots que j'ai envie de lui retourner, que j'ai envie de lui murmurer. Envie de lui dire que je veux la revoir chaque matin, grognon ou non. Que je veux retrouver le goût de nos soirées, celles où je la revois concentré sur son ordinateur, essayant de lutter contre je ne sais quelle force informatique tandis que je l'observe derrière mon bouquin de médecine. Que je veux retrouver ses soupirs lorsqu'en pleine nuit, je me glissais près d'elle, au retour d'une garde éreintante mais pas suffisamment pour faire taire toutes ces envies que la simple vue de son corps entre ces draps m'éveillaient.
Tout ça, j'ai envie de le formuler mais j'en suis incapable, encore une fois. Parce que je ne saurais pas par où commencer.

- Dis-moi ce qui s'est passé. Dis-moi qui t'a fait ça et pourquoi. Ça ne m'empêchera pas de rester. Peu importe ce que tu peux me dire je resterai. Je serai là demain matin, et le jour suivant, et le jour après ça. Et ce sera ma décision. Pas la tienne.

Nous y sommes et je me referme aussi brutalement qu’une huitre face au danger. Pitoyable comparaison, j’le sais mais j’avais que ça en tête. Vous m’excuserez.
Mais le fait est que c’est là, la meilleure représentation de mon état d’esprit en cette seconde. Pas parce que ses promesses m’effraient, bien au contraire, mais parce que j’suis pas capable de lui raconter ce qu’il s’est passé, pourquoi et par qui. Parce que la simple évocation des coups pleuvant en cascade sur ma tronche suffit à me bloquer et à me tétaniser. J’ai mis des jours avant de réussir à sortir de chez moi sans me chier dessus, sans frôler la crise d’angoisse et d’un coup, tout me parait de nouveau vivace, récent.

Je déglutis difficilement, ferme les yeux et m’écarte légèrement. Pas pour fuir son geste mais pour prendre cette même main entre mes paumes, la serrant doucement, tendrement.

- Ca va sûrement te foutre en boule mais j’peux rien te dire. J’peux pas et je n’veux pas pour plusieurs raisons. Je la regarde de nouveau, clignant légèrement des yeux sous la douleur qui me cogne encore aux tempes. C’est ta décision de rester malgré tout, ton choix mais c’est aussi le mien que de vouloir te préserver. Et n’va pas croire que j’me la joue mélodrame pour faire chialer dans les chaumières, si j’pouvais m’éviter toute cette merde, j’le ferais.

Je marque une pause, serrant un peu plus sa main entre les miennes. Quelque part mal à l’aise parce que j’aurai préféré que l’on en arrive jamais à cette partie de la discussion.

- Fais-moi juste confiance, s’il te plait. Je sais que c’est beaucoup demander en voyant ma sale gueule, que tu dois t’poser un million de question mais… ouais, fais-moi confiance. J’te promet de t’en parler un jour mais pas maintenant, pas tout de suite.

J’ai l’impression de lui servir le même discours qu’à Milo il y a quelques semaines lorsque l’on se crachait notre haine à la gueule, lorsque j’étais à deux doigts de lâcher le morceau. J’me fous pas de leur gueule mais j’me vois mal leur dire : Coucou les copains, je vole des médocs à l’hosto pour les revendre dans des ruelles craignos, à des gens craignons, pour rembourser une dette que mon frère doit à une bande de motard dégénéré qui n’hésiteront pas à m’exploser la gueule si je tente la moindre résistance.
Autant dire que ça serait la plus grosse connerie de ma vie que de les foutre dans la confidence. Encore plus concernant Maeve. Il suffit de la connaitre un minimum pour savoir qu’elle va péter les plombs, gueuler, entamer des procédures et des tentatives qui risquent de lui coûter cher.

- A chaque fois que je ferme les yeux, je les revois, tous. S’écrouler un par un. Je les revois au marché de Noël et je les revois à la morgue quand il a fallu les ouvrir pour les autopsies et les embaumés pour les rendre à leurs parents.

Je n’sais même pas si elle comprend de quoi je parle tant tout ça doit paraitre décousue, sans aucun sens. Puisque ce qui est clair dans ma tête ne l’est peut-être pas forcément pour elle. Mais si je ne peux pas lui parler de la came, je peux au moins lui avouer la mort de ces gamins qui restent là, partout autour de moi.

- J’ai l’impression de péter les plombs Maeve, que tout part en couille. Dès que j’perds le fil de mes pensées, dès que je m’endors, t’as tous ces gamins qui me reviennent, mes potes que j’essaie de réanimer les mains pleines de sangs, ces parents qui viennent pleurer et hurler à la morgue de reconnaitre leurs enfants qu’ils pensaient juste perdu dans la foule affolée. Putain. Je pousse un soupire tremblant entre mes mains, me mordant la lèvre malgré la douleur déjà présente. Parfois j’ai juste envie… que tout s’arrête. De mettre sur pause. D’oublier. De me fracasser le crane contre un mur, j’en sais foutrement rien mais que ça s’arrête. Juste pour une heure.

Je serre les dents avant de me redresser, secouant la tête. J’vais pas non plus chialer cinquante ans sur le sujet et elle a certainement autre chose à penser qu’à mes petits états d’âmes à la con.

- J’suis désolée de t’avoir gueulé dessus comme ça. J’ai été une vraie pourriture… Je me retourne cette fois vers elle, sans vraiment réussir à la regarder dans les yeux. C’était injuste et malvenue, te connaissant, je n’sais même pas comment tu as fait pour ne pas m’en coller une en pleine gueule.

Ca aurait été mille fois mérité. Sérieusement. J’ai été une vraie garce, une petite pute à la langue bien pendue et particulièrement acide ce soir.
Je pose une main tremblante sur sa joue, osant cette fois la regarder dans les yeux, laissant planer un court silence avant de retrouver le goût de ses lèvres. Certainement la seule chose avec ses bras qui réussissent ce soir à m’alléger le cœur.

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MessageSujet: Re: Last Chance - ft Maeve Ven 21 Juil - 22:41

Last chance
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«  Ça va sûrement te foutre en boule mais j’peux rien te dire. »
La déception. Je la sens s'insinuer par chaque pore de ma peau. Contrairement à ce que Taylor pense aucune colère  ne revient me hanter présentement. Et bien que je tente de ne rien montrer je ne peux empêcher mon regard de glisser sur la main qu'elle tient solidement entre ses paumes, ne voulant pas affronter son regard dans les secondes qui suivent. Peut-être que je ne m'attendais pas à son silence après l'explosion à laquelle j'ai fait face une heure auparavant. Mais surtout, c'est comme une écorchure sur le cœur, pour le peu de confiance qu'elle place en moi. Du moins c'est là mon ressenti. Qu'elle n'a pas assez confiance en moi pour me dire ce qui lui est arrivé, pour se confier sur cette souffrance physique et surtout morale qui semble la consumer à petit feu. Et quelque part ça fait mal. Après tout ce qu'on a vécu, tout ce qu'on perdu.
Me préserver. Je me sens tout sauf préservée pour reprendre ses mots. Je ne me sens aucunement préservée d'être mise ainsi à l'écart de ses problèmes. Parce que je suis prête à tout entendre, à tout accepter pour que l'on reprenne à zéro, que l'on recommence ce qui n'aurait jamais dû être stoppé.
À côté de ça je me sens à nouveau égoïste et hypocrite. N'est-ce pas pour les mêmes raisons que je lui ai caché ma maladie pendant tout ce temps ? Celle-ci parmi une multitude d'autres. Ça ne me paraissait pas primordial quand je l'ai rencontré il y a presque trois ans. Et oui, j'ai souhaité la préserver durant les deux années qu'a duré notre relation. Mais pas que. La peur a également contrôlé mon silence, mes mensonges. Pour ne pas qu'elle parte. Pour ne pas qu'elle reste par devoir ou obligation. Prisonnière de non dits que j'avais moi-même initiés. Ça n'avait rien à voir avec un manque de confiance la concernant. C'est pourtant ce qu'elle a dû ressentir quand je lui ai avoué pour ma cardiomyopathie. Que je n'avais pas eu assez confiance en elle pour tout lui avouer. Que je ne l'aimais pas assez pour tout lui dire. Que je n'avais pas assez confiance en nous.

Me remémorer mes propres secrets m'aide au moins à ne pas juger trop sévèrement les siens. À ne pas me focaliser uniquement sur les aspects négatifs que son silence représente. Alors quand elle me demande de lui faire confiance, après toutes ces pensées, je ne trouve pas ça inconcevable ni même inenvisageable. Je relève mes yeux vers son visage, caressant du pouce l'une de ses mains. Et tandis que le silence plane quelques instants, que je m'apprête à acquiescer sans trouver les mots parce qu'une petite voix persistante me souffle d'insister un peu plus pour lui tirer les vers du nez, Taylor reprend la parole.

Il me faut quelques secondes pour dissiper le brouillard qui vient de se former par les mots de la jeune femme, pour remettre les événements dans leur contexte et comprendre ce dont elle parle. Et quand je percute enfin, je ne peux que serrer un peu plus ses mains dans la mienne. Sans trouver les mots justes pour la réconforter. Possiblement parce qu'il n'en existe aucun. Tout ce qu'elle évoque, tout ce qu'elle ressent, sont toutes les causes qui m'ont empêché un jour de vouloir me tourner vers la médecine. Je me connais trop bien. Je connais trop mon investissement personnel dans le travail, dans mes recherches à l'époque. Jamais je n'aurais pu encaisser de voir autant de morts, d'être confrontée à tous ces gens malades au quotidien. Je ne me serai pas relevée de perdre un patient, deux patients, dix patients, même en sauvant cinquante vies à côté. Je n'aurais retenu que ça. Les pertes, les échecs. Je n'ai jamais eu de mal à tester des sérums sur des cobayes comme des rats ou des souris. Parce qu'il faut malheureusement ça pour faire avancer les choses. Sauver des vies oui, contribuer au progrès de la médecine oui mais en amont. Sans contact avec les patients. Sans avoir à affronter leur déception, leur angoisse, leur peur, leur désillusion. Et je ne peux que comprendre ce que Taylor ressent présentement sans pourtant en saisir toute l'essence. Parce que je n'étais pas là, je n'ai vu ce qu'elle a vu, subi ce qu'elle a subi, et je n'étais même pas là pour l'aider après ça. Quelque part je m'en veux, mais je ne peux pas revenir dessus. Et je ne trouve pas les mots pour la faire se sentir mieux, me faisant me sentir plus qu'inutile.
Je pourrais lui conseiller d'avoir voir une professionnelle mais elle sait ce que je pense des thérapeutes et ça sonnerait forcément faux.

Quand elle finit par s'excuser je secoue la tête de gauche à droite comme pour lui signifier que c'est oublié. C'est évidemment faux. Il me faudra un peu de temps pour digérer tout ça, pour comprendre. Mais tant qu'elle ne m'aura pas parlé, il restera cette boule d'inquiétude coincée au fond de ma gorge. Et quand sa main vient trouver ma joue et que ses lèvres couvrent les miennes, je réponds à son baiser avec toute la douceur dont je suis capable, enroulant mes bras autour d'elle pour la maintenir contre moi. Je mets fin au baiser sans la lâcher. « J'ai bien failli » Je colle mon front contre le sien. « T'en coller une » Je laisse un sourire étirer mes lèvres et le silence s'installer de nouveau. Et je repense à ce qu'elle a dit plus tôt : « Parfois j’ai juste envie… que tout s’arrête. De mettre sur pause. D’oublier. De me fracasser le crane contre un mur, j’en sais foutrement rien mais que ça s’arrête. Juste pour une heure. » J'écarte mon visage du sien, caressant sa joue. « Je ne peux pas lutter contre tous les fantômes qui te hantent, seul le temps le pourra. Je ne vais pas te dire que tout ira pour le mieux dès demain. Ça prendra du temps, ça ne sera pas facile. Mais je serai là. » Un rapide baiser. « Mais il y a une chose que je peux faire pour t'aider. »

Je me relève doucement, tendant une main dans sa direction. « Suis-moi » J'attends qu'elle obtempère et sa main dans la mienne, je prends la direction de la salle de bains. Refermant la porte derrière nous, je lâche sa main pour actionner le jet d'eau chaude au-dessus de ma baignoire, me tournant vers elle. « Approche » Un murmure, intime, et dans une lenteur calculée, dans une douceur qui ne me ressemble qu'à moitié je retire le haut qu'elle porte. Mes yeux se posent instantanément sur ses côtes bleuies, et si mes mâchoires se serrent et que mon regard se durci durant quelques secondes aucun mot, aucune question ne passe la barrière de mes lèvres. Quand elle sera prête. Pas maintenant. Du bout des doigts je frôle son hématome et me penche pour poser mes lèvres sur ce dernier, déboutonnant dans un deuxième temps son pantalon que je fais glisser le long de ses jambes. Je l'ai rarement vu aussi docile mais il ne reste plus de place pour le conflit ce soir. Je fais de même pour ma personne, nous mettant sur un pied d'égalité avant de continuer mon effeuillage jusqu'à être nues toutes les deux. Je reprends finalement sa main, nous conduisant toutes les deux dans la baignoire et tire le rideau pour nous enfermer dans une bulle qui n'appartient désormais qu'à nous. La laissant profiter du jet d'eau chaude je viens me caler dans son dos, ma bouche près de son oreille. « Je peux t'aider à oublier. » Un souffle, un murmure tandis que mes mains glissent sur ses hanches et finalement sur son ventre pour l'entourer de mes bras. « Pour une heure. Pour une nuit. » Je pose mes lèvres dans son cou, descends sur son épaule. « Il n'y a que toi et moi Taylor. Tu n'as plus à penser à rien d'autre. » Un nouveau baiser, plus appuyé. « Juste à toi et moi, ici, maintenant. Tu peux tout oublier ici. Tout oublier. »  

••••

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MessageSujet: Re: Last Chance - ft Maeve Lun 24 Juil - 0:34

- Je ne peux pas lutter contre tous les fantômes qui te hantent, seul le temps le pourra. Je ne vais pas te dire que tout ira pour le mieux dès demain. Ça prendra du temps, ça ne sera pas facile. Mais je serai là.

Je ne suis pas convaincu sur le fait que le temps fera son œuvre, qu’il m’aidera à lutter contre mes fantômes, mes démons, parce que tant que les KoS seront derrière mon cul, je ne pourrais rien faire d’autre que de craindre pour ma vie et de réussir à marcher droit, de ne pas me retourner à chaque coin de rue comme une parano.
En revanche, s’il y a bien une chose en laquelle je crois dans ce que Maeve me dit, c’est sa présence. Je la connais par cœur mais il suffit de croiser son regard pour savoir à quel point elle est sincère et elle ne s’imagine pas tout le bien que cela me procure en cette seconde, de l’avoir là, face à moi et de l’entendre dire encore une fois qu’elle ne compte pas me lâcher. Et ses lèvres sont le sanctuaire d’un repos tant attendu.

- Mais il y a une chose que je peux faire pour t'aider.  Suis-moi

Malgré la surprise, je la suis sans broncher, top épuisée pour lutter et surtout parce que je ne demande que ça : la suivre. La laisser faire et la laisser me guider tant que c’est elle qui le fait. Nous entrons dans sa salle de bain, énième endroit de cet appartement où je n’y ai pas mis les pieds depuis ce qui me semble être une éternité. Et pourtant, j’en reconnais chaque coin, chaque produits qu’elle utilise que ça soit pour sa peau, son dentifrice ou même son shampooing dont je visualise spontanément l’odeur.

- Approche.

Une fois porte close, je m’exécute vers Maeve qui, très lentement, me retire le haut qui recouvre d’autres hématomes qu’elle ne tarde pas à découvrir par elle-même. Encore une fois, je me laisse faire, taisant au fond de moi la pudeur qui me pousserais à dissimuler ces bleus, nouveau témoin d’une violence à laquelle j’ai fait face et dont elle ne connait pas l’origine. Et si Maeve ne dit rien, je reconnais sans peine sa colère sous ses mâchoires qui se contractent de frustration. L’espace d’une seconde, je me mets à sa place, m’imagine en situation inversée. Me connaissant, j’aurai certainement péter les plombs en la voyant dans cet état, jurant de tuer le fils de chien qui a osé éclater ses phalanges sur son visage. J’aurai même donné ma main au feu qu’elle réagisse elle aussi de la sorte… pourtant, rien ne franchit la barrière de ses lèvres. Luttant probablement contre le Vésuve entre ses côtes pour ne pas lâcher prise.
Je sens le bout de ses doigts effleurer l’un de mes bleus, réprime un frisson sous le geste, à la fois agréable et douloureux et ne peux m’empêcher de me crisper sous ses lèvres avant de me détendre, lâchant un soupire d’aise. Presque apaisée. Un sentiment que je n’avais pas connu depuis ce qui me semble être une putain d’éternité.
Et l’effeuillage se poursuit sans que je ne résiste un seul instant, inhabituellement docile ou plutôt, inhabituellement vaincue. Encore une fois, je détiens face à moi l’esquisse d’une preuve qu’elle peut tant m’apporter, peut-être m’aider à guérir, à y voir plus clair… à voir une lumière au bout du tunnel. Même si tout me parait pitoyablement sombre ce soir, embourbée dans épaisse pâte qui me retiens cloué au fond du trou, en cette seconde j’entrevoie quelque chose de meilleur.
Elle se déshabille à son tour, j’observe à la dérobée les formes d’un corps que je connais par cœur et que je n’ai plus touché depuis des semaines, des mois. Un corps que j’ai retrouvé une fois depuis notre séparation, après l’aveu de sa maladie.

Mes pensées sont brutalement repoussées par le jet d’eau chaude qui ruisselle sur ma peau, lâchant un soupir de soulagement face à cette sensation agréable. Je me détends au fur et à mesure des secondes qui s’écoule jusqu’à sentir la présence de Maeve derrière mon dos.

- Je peux t'aider à oublier.

Ses mains glissent sur mes hanches, puis sur mon ventre et j’accompagne son geste, venant me caler contre son torse, levant légèrement le visage vers le jet pour l’accueillir malgré la légère douleur sur mes ecchymoses.
J’aimerais resté ainsi des heures entières, dans ses bras, sous ce jet où tout disparait autour de nous un peu plus que les secondes s’écoulent, oubliant ce qui m’a amené à péter une crise de nerfs, oubliant ce qui m’a amené à porter ces marques sur ma peau. Je me concentre uniquement sur la présence de Maeve derrière moi et sur le bien-être que cela me procure.

- Pour une heure. Pour une nuit.

Mon cou se tend sous ses lèvres et je l’écoute, yeux fermés.

- Il n'y a que toi et moi Taylor. Tu n'as plus à penser à rien d'autre. Juste à toi et moi, ici, maintenant. Tu peux tout oublier ici. Tout oublier.

Elle pose les mots là où il faut, formule mon vœu le plus cher alors que je m’abandonne un peu plus à ses bras, serrant les dents. Je sens les larmes me monter aux yeux, les laisse ruisseler sur mes joues tandis qu’elles se mêlent aux gouttes d’eau qui s’éparpillent sur mon visage. Mes mains posées sur les siennes, je reste un instant silencieuse. Luttant contre l’angoisse qui me monte à la gorge à force de me rappeler que tout ça aura forcément une fin, que tout finira par me revenir comme un boomerang en pleine gueule, inévitablement.

- Je n’veux plus pour une heure ou pour une nuit Maeve.

Les mots murmurés m’échappent, mon visage légèrement appuyé contre le sien. Peut-être qu’il serait temps de lâcher prise, d’assumer ce qu’il y a au moins de bon chez moi.
Je finis par me retourner et lui faire face, mon regard planté dans le sien, résolu malgré le million d’émotions qui y passent.

- Je n’veux plus que tu m’échappes à cause de mes conneries, j’ai assez donné et je t’en ai assez fais baver.

Mes mots sont assez clairs comme à chaque fois, je n’suis pas le genre à prendre des pincettes ou à tourner quinze ans autour du pot. Mes lèvres trouvent les siennes pour un contact tendre que je prolonge en douceur, sentant une étincelle germée au creux de ma poitrine. Je m’écarte légèrement, sans ouvrir les yeux, mon visage toujours à quelques millimètres du sien.

- Je t’aime.

Et ça a toujours été le cas, quelque part au fond de moi. Mes lèvres reprennent les siennes en otage, ne lui laissant pas l’occasion de répondre, de réagir à quoi que ce soit. Puisque l’étincelle qui germe se propage en un feu ardent et ça n’est pas seulement une vague de désir brutale qui m’englobe mais il y a aussi autre chose de plus vif, de plus animal. Un besoin presque viscéral qui se manifeste sans préavis, par surprise au détour d’un contact qui se voulait au départ uniquement tendre.
Mais comment l’être lorsque vous êtes tout simplement bousillé de l’intérieur ? Comment lutter contre ce besoin profond et impérieux de posséder celle qui se tient face à vous après des mois sans avoir pu ne serait-ce que l’effleurer, la respirer ?


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MessageSujet: Re: Last Chance - ft Maeve Sam 5 Aoû - 2:09


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