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 blood on my name | jade

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MessageSujet: blood on my name | jade Jeu 13 Juil - 16:24



blood on my name
ft. jade


Le calme avant la tempête, c'est ce qu'ils disent, ce qu'ils prônent et il commencerait presque à y croire. La nuit s'est affalée, opaque, couverte, menaçante pour les âmes paranoïaques, effrayées du monde et de ses hasards violents, effrayées des temps et des conséquences qu'il peut avoir sur chacun. Lui esquisse un sourire en constatant que l'éclairage fait encore des siennes, là, au-dehors d'un bar qu'il prend plaisir à faire tourner ; plus qu'il n'aurait pu l'imaginer, fut un temps, lorsque seul l'exil n'était à envisager. Pour lui, les ténèbres se sont défaites, malgré elles, malgré le Loup qui grogne en son sommeil là dans les profondeurs d'un être qui commence à se comprendre, à se connaître ; pleinement, enfin. Il n'y aura pas de tempête pour son univers, pour cette vie qu'il commence à mener au mieux, doucement, apprenant à faire avec ce qu'il n'a jamais su, ce qu'il sait désormais, ce qu'il doit assumer malgré ce manque évident de savoir faire. Un soupire, un dernier regard vers l'extérieur qu'il fait disparaître derrière un épais rideau de fer, délaissant l'ouverture sur une société qu'il n'arrive cependant pas encore à intégrer. Il lui faudra du temps, de l'adaptation. Il lui faudra du courage et de la maîtrise. Il lui faudra bien du savoir vivre. Il le sait, s'en doute, commence même à l’appréhender bien qu'un salut soit à envisager. Il y croit, en tout cas, laissant cette part de lui se reposer dans les tréfonds d'une conscience brisée et affamée qui remonte ; comme quoi, rien ne se perd jamais vraiment. Maîtrise, disions-nous. En vérité, l'escalier remonté, il se sent lutter, faiblir. Elle est là, l'envie. Il est là, le besoin. Et ça heurte, ça prend aux tripes comme jamais. Elijah s'en laisse tomber sur son sofa, soupirant tous ces tourments dans une respiration qui se brise lentement. S'en relève ses perles claires, l'azur agité de ses prunelles qui viennent se perdre sur l'unique cliché qui règne désormais sur son mur, les fantômes d'autres photos retirées hantant encore le papier sali par l'humidité. Ça vient offrir un sourire au mercenaire, ça vient lui rappeler que rien, jamais, ô grand jamais, n'est complètement perdu. Parce qu'elle est revenue, parce qu'elle a choisi d'ignorer les conventions stupides du quadragénaire, parce qu'elle a choisi que rien ne devrait entraver ce qu'ils n'avaient que peu commencé. Parce qu'elle est sa rédemption, finalement ; la nouvelle voie à suivre, l'unique chemin vers ce qui pourrait apaiser cette douleur portée durant trop d'années. Convaincu qu'il finirait par la briser, il l'avait fait bien que d'une manière qu'il n'aurait pas supposer. Partir avait été une erreur et il le comprend, maintenant. Il aurait péri. Sans ça, sans elle, Elijah n'aurait pas su comment pleinement se relever. Pas après ce qu'il avait pu voir, entreprendre. Pas après les horreurs commises et cette folie meurtrière installée, pas après avoir été jusqu'à tuer sa chair, son sang, finalement son propre père parce qu'il s'était tenu là, devant des souffrances dont il ne pouvait se défaire. Névrosé, il l'a toujours été.

Le calme avant la tempête, disaient-ils. Le calme, le silence, les paupières qui se ferment comme pour laisser un peu de répit à l'esprit qui, finalement, se défait de ses défenses, de ses remparts, des alertes dont il pouvait si souvent user. Parce qu'il connaît ces murs, parce qu'il les arpente chaque jour en ayant appris toutes les failles, tous les détails, le moindre craquement, le moindre grincement. Et pourtant. On le tire de ses songes, brutalement, dans un mouvement qui manque de lui briser la nuque. Parce qu'il sursaute, parce qu'il va pour se débattre, pour user de cette force qu'il parvient à conserver mais qui, cette fois, sera inefficace. Il n'est pas seul, il est loin de l'être, celui-ci ne servant sûrement qu'à lui faire perdre le peu d'équilibre qu'il possède encore et pour cause cette surprise des plus horribles. Alors il titube, essayant de se redresser en vain puisque pleuvent les coups, ceux qui viennent s'abattre contre ses côtes, contre son dos. Ceux qui le forcent à rencontrer le sol de son propre appartement dans un dernier éclair de lucidité, une dernière lueur de clarté qui s'estompe lors d'une ultime frappe. Une minute de néant, peut-être deux, si ce n'est pas plus. Mais il parvient à rouvrir les yeux, à contempler la faible luminosité d'une pièce qu'il ne connaît que trop pour y être tombé un peu plus tôt. Ils sont toujours là, toujours au beau milieu de son séjour, assis là où il se tenait, à sa place, dans son espace, son royaume. Et cette rage si connue, cette haine qui le possède si aisément s'anime tandis qu'il reprend peu à peu conscience. Aussi, il se redresse, venant appuyer son dos malmené contre l'un des pans de mur de l'appartement malgré ses mains accrochées, constatant d'un rapide coup d’œil la photo qui règne au-dessus de lui avant de souffler, de cracher le sang qui hante l'intérieur de ses joues. De quoi attirer leur attention, de quoi parvenir à voir ces trois visages se tourner dans sa direction pour enfin les remettre. Des traits lointains, appartenant à un passé qu'il pensait ne plus croiser ; bêtement, après tout. Il aurait dû savoir que l'absence de son père, que sa disparation susciterait quelques vagues là où, fut un temps, il avait pu être tout aussi respecté. Mais ils sont là, trois des seuls qui aient eu assez de courage pour l'affronter, sûrement, tandis qu'il laisse un sourire s'installer contre ses lèvres amochées. Prévisible, oui, ça l'avait été et c'est cette absurdité qui l'amuse. Cette vie, ces habitudes, tout est venu lui donner l'illusion d'une sécurité enfin acquise qui se brise douloureusement et qui rappelle au mercenaire – plus qu'à l'homme – qu'il ne l'a jamais été, qu'il ne le sera jamais ; ça s'il parvient à en réchapper. L'espoir facile, les souvenirs tenaces d'un temps où on l'aurait dit increvable. Mais l'usure, les années, tout finit par s'imposer. « Vous en avez mis du temps pour comprendre, ils se font plus vieux que je l'imaginais. » Un nouveau coup de celui qui s'est approché pour le plonger quelques temps encore dans un silence qui leur laisseront le choix de la suite des événements. Peut-être un quart d'heure, une petite demi-heure, une notion du temps perdue tandis qu'il se réveille à nouveau, cette fois bâillonné.

Codage par Emi Burton

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MessageSujet: Re: blood on my name | jade Lun 24 Juil - 22:28

blood on my name
Elijah & Jade

The time calls for dark men to do dark things

Le soleil a terminé sa course depuis un bon moment déjà. La nuit l'a avalé, bouffé tout entier derrière les dents rectilignes de son horizon doré. Chicago a perdu de son souffle, de sa superbe. Doucement, l'effervescence du jour s'en est allée pour ne laisser qu'un voile de brume humide sur la chaleur accablante de ce tout nouveau solstice. Doucement le manège s'est arrêté de tourner, fou furieux aux rouages impitoyables que seules les quelques heures nocturnes peuvent apaiser. Les rues désertes n’accueillent plus les remouds et les grouillements des travailleurs ; les routes ne regroupent plus la puanteur nauséabonde des bouchons de ces milliers de bagnoles bruyantes ; les pavillons n'entendent plus leurs gosses beugler et leurs clébards aboyer. Le calme s'est emparé d'une ville dont seuls les bas fonds bougent encore. A la lumière d'un néon qui grésille, les clochards et les alcoolos partagent le fond d'un cul de bouteille. A la lueur d'un lampadaire, les dépressifs et les putes monnaient un temps fugace qui s'écoulera derrière les carreaux crades d'une camionnette planquée. A la lumière des phares d'une Cadillac de 64, Jade, elle, fume sa clope. Le bar du Homewrecker ferme ses portes sur les multiples ébats des riches queutards du pays. Les gonds des portes rejoignent les soupires des chambres luxueuses et les clés tintent entre elles. « J'ai encore foutu deux dollars dans ce putain de pot ce soir ! Vous allez payer une toute nouvelle chambre à votre gosse à ce rythme là ! Avec écran plat et toutes ces conneries ! Faut sérieusement que j'arrête de parler comme ça ça en devient vital. » Natalia a le mérite de sourire tout en terminant de clôturer les lieux, laissant sans broncher les vulgarités s'amasser à nouveau derrière la langue pointue et acerbe de sa collègue et presque employée. « C'est mort, je met pas un cent' de plus dans cette putain d'boite cette semaine, j'vais plus avoir d'quoi payer mon loyer. » Les doigts farfouillant un chignon classieux, la tignasse ébène s'évapore le long des épaules, fracassant les volutes de fumée qui s'échappent d'une bouche bien bavarde et un peu trop maquillée. « Bon à d'main soir honey, rentre bien, fais gaffe sur la route. » Claquant une bise et un au revoir, elle sort son téléphone pour envoyer quelques messages : La robe verte est mieux, on voit plus tes seins. pour Judith ; T'as fermé ? Beaucoup de monde ce soir ?  Pour Lijouh et enfin Je suis sortie à la personne qu'elle attend. En face, du trottoir, une moto s'arrête dans un crissement aiguë ; le type la regarde monter dans sa voiture sans un mot, coupant presque aussitôt ses cylindres qui gémissent et résonnent, approchant à sa hauteur avant d'ôter son casque dans un mouvement de mèches trempées de sueur. « Il vient de m'dire qu'il avait fermé, en principe y'a pas besoin d'attendre des heures pour monter chez lui ; roh merde c'est bon t'inquiète pas elles craignent rien les bécanes dans c'quartier, ils ont une pétoche monstre des KOS on va pas t'la piquer ! Aller monte là ! » Marmonnant dans les trois pauvres poils qui gisent de son menton, le type fait le tour du véhicule et s'installe sur le siège passager, pas très rassuré. « Genre toi tu sais vraiment conduire maintenant ? C'est ta seule et unique bagnole ou t'en a déjà explosé d'autres avant ? » Les deux grands yeux gris fixent l'homme sans une once de sentiments. Pas de joie, pas de haine, juste le vide froid d'une certaine lassitude à l'égard de ces incessantes remarques concernant sa capacité à conduire sans provoquer de catastrophes. Elle pince son volant quelques secondes et tente de ravaler sa réponse acerbe dans un soupire tout en mettant le contact. « Sinon tu peux faire le chemin à pieds ou niquer la surprise en arrivant avec ta grosse bécane de kéké. Tu permets juste quelques secondes que je me change sinon il va criser en m'voyant habillée comme ça pour bosser. »
Passant un short en jean sous la soie de sa robe de soirée, Jade quitte son accoutrement pompeux. « J'te l'ai déjà dis mais j'préfère l'répéter. Il doit pas savoir que j'bosse dans un bar ou y'a des putes de luxe. Il va pas capter que j'fais que servir dans la partie publique et croire que j'fais l'tapin pour pas prendre son fric sale à lui. Et il hors de question que j'dépende de lui encore, l'jour où il va re-péter une durite je vais m'retrouver à la rue et c'est grave mort pour ça. Pigé ? » Le New-Yorkais acquiesce, évitant de poser ses yeux sur elle lorsqu'elle passe le haut. « C'est bon fait pas ton prude, c'est pas comme si on avait jamais rien fait ensemble. » Il soupire, grimaçant presque sous le souvenir qui s'impose à sa mémoire. « T'étais plus avec lui qu'avec moi donc j'considère ça comme caduc ma belle. Bon c'est bon on peut y aller là? La route a été longue j'suis claqué t'sais. » Elle essuie de plusieurs revers de manche le surplus de maquillage qui orne sa bouche tout en éclatant de rire. « Dis plutôt qu'c'est parce qu'à ton âge t'as plus d'énergie papy. »
Il ne leur faut qu'une dizaine de minutes pour rejoindre les abords du Penitent. Dexter est le premier à sortir de la boite de métal brun pour se poster comme un chien agité devant la porte d'entrée du bâtiment qui abrite l'homme qu'il n'a pas vu depuis plus d'une année. « Bon tu te magnes ? » qu'il beugle en chuchotant. « Ouais c'est bon, j'essaie juste d'lui faire croire que j'ai mes trucs pour pas qu'on l'retrouve à poil sur l'canapé entrain d'se la toucher en m'attendant. Tiens les clés, c'est qu'un escalier à monter y'a que sa porte d'entrée à lui en haut.» L'ancien lieutenant de police s'enfourne dans l'espace sombre d'une cage d'escalier étroite pour ses larges épaules. Lentement, les deux comparses entament une ascension brève jusqu'au domicile qu'ils désirent rejoindre avec impatience. « Eist suas ! » Une voix grave s'élève accompagnée d'un bruit sourd. Une masse, lourde, s'affale sur le sol derrière les murs. L'alerte éveille les sens et il ne faut que quelques secondes à Jade pour comprendre qui se trouve au delà de cette porte close tandis que le gaélique irlandais jette encore ses sonorités menaçantes.

Made by Neon Demon

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You have eyes that lead me on; and a body that shows me Death. Your lips look like they were made for something else but They just suck my breath. I want your pain yo taste why you're ashamed. You're so sudden. Fuck me until we know it's unsafe. And we'll paint over the evidence. I want you wanting me. I want what I see in your eyes so give me something to be scared of.
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