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 you owe me one ø DAYA

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MessageSujet: Re: you owe me one ø DAYA Jeu 12 Oct - 17:27




you owe me one

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Lorsque je relève la tête c’est pour constater que Daya est loin d’accuser le coup. Je fronce les sourcils mais n’ai pas le temps de finir la question semblait vouloir s’échapper de ma bouche ouverte que, comme une flèche, l’indienne se lève et se précipite dans ce qui doit être la salle de bain. Je reste un instant figée par le geste, les yeux ronds. Qu’est-ce que j’ai dis ? Qu’est-ce que j’aurais du taire, cette fois ? Je suis immobile, fixée dans l’incertitude, le regard dans le vide et le silence maintenant, seulement interrompu par le bruit de l’eau qui me parvient de la salle d’eau. Je réfléchis à plein ménage, encore à moitié prise par le sentiment d’angoisse de mon cauchemar. C’est bien trop étrange pour être normal, je me suis dis qu’j’allais avoir le droit à un regard horrifié/peiné/piteux et puis un « désolé » un « ça passera », peu importe les mêmes rituels des gens qui ne sont pas en mesure de comprendre que ces mots ne changent rien et ajoutent plutôt à la peine qu’on peut ressentir dans ce genre de situation. Un truc cloche dans cette histoire, je ne sais pas si c’est sa manière de formuler si distinctement ce que je peux ressentir ou uniquement cette envolée d’émotion qui l’ont faite s’éloigner à toute vitesse mais des questions se forment dans mon petit esprit malhabile. « Daya ? » Je reste assise puis me saisis de ma fichue béquille et m’efforce dans un souffle pénible de me redresser avec l’appui de l’accoudoir de l’autre côté. Des petites étoiles se forment devant mes yeux mais je bats des paupières et me dirige vers la salle de bain en respectant le rythme imposé par mon corps. Je pose une main sur la porte et tape en douceur. « Daya, est-ce que ça va ? »

C’est le silence qui me répond, peut-être ne m’entend-elle même pas. Je reste un long moment là, impuissante, frustrée. Je n’ose pas essayer d’ouvrir la porte, puis la douleur se rappelle à mon esprit focus sur Daya et je décide de l’attendre sur le canapé, retourne à la place où j’étais, la tête occupée à faire des liens, à poser des questions sans réponses. Pourquoi ? Est-ce qu’un jour elle a vécu une situation similaire ? Est-ce que quelqu’un autour d’elle a déjà été victime ? Je ne sais pas si je suis légitime dans le fait de me poser ces questions, je ne sais pas si je me plante carrément, mais je n’ai pas perdu en perspicacité avec le temps et je sais pas, ça me semble étrange. Elle n’a pas réagi comme la plupart des gens avec moi, m’a laissée dans mon silence, regarder dans le vide des heures durant sans chercher à m’interrompre, elle m’a entourée de banalités du quotidien qui en ces temps noirs sont des repères, sont rassurants. Comme si elle savait. Je ne comprends pas un traitre mot à ce qui se passe dans mon cerveau.

La porte finit par s’ouvrir et m’arrache à mes pensées, Daya arrive finalement dans le salon et son visage a changé de ton. Il y a quelque chose de triste dans ses yeux, qu’elle s’efforce de garder loin des miens dans un premier temps, quelque chose de grave. L’indienne semble troublée, soudain fatiguée, je ne sais pas trop comment expliquer mais je ne dis rien, en tout cas, la laisse revenir à où elle était plus tôt, ne cherche pas à la brusquer. Je suis pleine d’inquiétude et de questions mais je sais ce que provoque le trop-plein de questions d’un coup, alors je la laisse faire et quand son regard revient s’accrocher au mien je sais qu’elle va parler.

« Je suis désolée Judith. Je fronce les sourcils, un peu plus perdue que je ne l’étais quelques minutes plus tôt. Je suis vraiment désolée…pour ce qu'ils t'ont fait, mais aussi pour ce que moi…je t'ai fait, parce qu'au final ce n'est pas si différent, je ne suis pas si différente de ces types qui t'ont blessé sous couvert de vengeance.
— Hein ? Je ne peux m’empêcher de laisser échapper une expression interrogative, je l’observe, elle paraît vraiment secouée, sa voix tremble et elle respire une sincérité particulièrement douloureuse.
— et je ne m'en étais pas rendu compte. Je n'aurais jamais du t'utiliser comme je l'ai fait, ce n'était pas juste, ça ne te concernait pas et je n'aurai pas dû te mêler à ce foutoir que je ne contrôle même pas. Je ne te demande pas d'accepter mes excuses parce que tu n'as pas la moindre raison de le faire, pas plus que tu n'aurais à le faire avec eux, mais pour ce que ça vaut que je suis vraiment désolée… »

Je me redresse, mes yeux s’ouvrent tandis que je comprends ce qu’elle est en train de me dire. Je reste un moment silencieuse, garde mon regard fixé au-dessus d’elle alors que je digère chacun de ses mots, analyse la tournure de ses phrases. Ça ne m’interpelle que trop et honnêtement, je n’avais même pas besoin de ses excuses. J’étais bien au-dessus de ça mais la corrélation qu’elle fait entre elle et mes agresseurs me tue. Mon cœur s’emballe un peu, se serre puis bat plus vite. Ça me peine qu’elle se voie comme une actrice similaire au groupe de pères endeuillés.
D’un autre côté, ses paroles sont réellement révélatrices et à travers ses excuses, je sens qu’il y a autre chose, une histoire sombre qui la secoue, qu’elle ne contrôle pas comme elle le dit. Je m’interroge encore quelques longues secondes avant de me dire que peut-être, mon silence la frustre.

« Je… reste là un moment, repose mon regard dans le sien à mon tour, l’observe, elle me fait de la peine. A mon tour de glisser une main dans son dos, rassurante. Tu n’as rien à voir avec ces types Daya, rien. J’ai pas besoin de tes excuses, quoi que tu penses, je veux vraiment que tu entendes ça. Tout le monde fait des erreurs, crois-moi, je suis loin d’être blanche. Et c’est une erreur qui ne m’a pas envoyée à l’hosto et dont je ne te tiens absolument pas rigueur, c’est oublié ; c’est rien et ce depuis des mois. T’en as surement plus souffert que moi au final. Et par là j’entends surement la culpabilité qui la ronge actuellement, sans parler des difficultés qu’elle a rencontré avec Josef dont on a longuement discuté avec ce dernier. J’ai rarement vu le pompier si triste, puis si heureux que depuis qu’ils avaient décidé de se redonner une chance. S’il te plait ne te flagelle pas pour ça. Mes mains glissent vers les siennes et je les attrape, les serre, tente de passer par mes gestes un truc plus solide que mes mots, cherche à attirer son attention. Je t’assure. Si t’as besoin d’entendre que je les accepte pour te sentir mieux, j’accepte tes excuses, j’accepte tout ce qui te ferait repenser cette idée complètement saugrenue. Tu m’offres un toit, un refuge, un endroit pour me reposer. Tu ne me bouscules pas et tu comprends. C’est bien plus que toutes les choses qu’on a essayé de faire pour moi et qui ne m’ont laissé que de la colère. Je tente comme je peux de la dévier de cette voie dangereuse que celle de s’imaginer similaire à mes agresseurs. J’ai quand même une ou deux questions, je suis pas sure de vouloir les poser mais je m’en voudrais de ne pas le faire. Je serre les lèvres un instant. Est-ce que ça va ? Vraiment, je veux dire. Je reste un instant silencieuse. J’ai l’impression qu’il y a plus. Plus que tes excuses, plus qu’un simple effort de compréhension. Je marche avec prudence sur ce terrain, ne désirant pas la brusquer, pas la fermer. Je le sens. Je ne veux rien t’imposer évidemment, et je ne sais pas sur quoi je mets le doigt, Daya, mais quoi que ce soit : je t’entends. »

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MessageSujet: Re: you owe me one ø DAYA Dim 29 Oct - 16:28



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Daya and Judith



You owe me one


Pour seule réponse le silence. Elle ne peut le lui reprocher, ce sont-là des excuses qui se sont fait attendre, qui auraient dû être prononcées il y a des mois de cela, mais comme pour bien des choses elle s'était dit que ca pouvait attendre. Peut-être était-ce une façon pour elle d'occulter la bassesse du jeu auquel elle s'était adonné et qui n'avait eu pour finalité que de blesser plus d'une personne dans son sillage et pour quoi ? Rien…pas la moindre miette, juste des remords et des blessures supplémentaires qu'elle ne s'était cette fois pas contenter de s'imposer, mais avait sciemment infligée. C ‘était le genre de choses que l'on préférait ranger quelque part dans son esprit plutôt que de leur donner une réalité qu'on ne saurait assumer. Cela faisait maintenant des mois qu'elle s'était mise en tête de se faire vengeance, omettant le manque de logique et l'aspect complètement irrationnel de son plan, mais aujourd'hui, aujourd'hui il venait la frapper en pleine face, la mettant devant ses erreurs et ses démons. Un début de phrase vient percer ce silence lourd de sens et auquel elle a déjà donné le sens qui lui semblait le plus solide, mais il s'éteint et elle secoue la tête en silence, Judith n'a pas besoin de répondre, elle sait déjà ce qu'il en est et elle n'est finalement pas sûre de vouloir entendre ce dont elle est déjà convaincue. Les yeux rivés sur les lattes inégales du parquet, elle s'accroche à un défaut, minuscule, presque invisible si l'on n'y prêtait pas attention, mais pourtant bien réel, elle sait qu'elle doit se reprendre, qu'elle ne peut pas se laisser aller dans cette direction, parce qu'elle devrait alors faire avec toute la réalité et la souffrance de ses blessures encore ouvertes. La chaleur de la main de Judith qui vient de se poser dans son dos la surprend et la pousse à machinalement se redresser un peu, à rencontrer son regard qui présente une expression sincèrement inquiète et ce serait mentir de dire que ca ne la surprend pas, elle ne s'était pas rendu compte de l'image qu'elle venait de dévoiler, pire de clairement afficher devant cette femme qu'elle ne connaît que trop peu finalement. Ainsi elle finit de se redresser et reprend un peu d'aplomb, feint bien évidemment, mais on ne peut plus nécessaire, selon elle en tout cas.

C'est le moment que choisie la serveuse pour reprendre ce qu'elle avait entamée et la gratifier de mots rassurants, elle essaye de tempérer ses propos, la raison même de ses excuses et quand bien même Daya apprécie l'effort et l'indulgence dont elle fait preuve, ca ne l'empêche pourtant pas de se sentir fautive et impardonnable, elle n'arrive pas à trouver une seule raison pour laquelle Judith lui offrirait cela en tout état de cause. La vérité c'est qu'elle était plus semblable à ces types que la blonde ne voulait bien le reconnaître et si certes elle ne l'avait pas envoyé à l'hôpital, rien ne dit que tout ca n'aurait pas pu mal finir pour elle et c'était un scénario qu'elle avait délibérément étouffée. Alors, si c'était une erreur, elle était tout de même considérable. Un profond soupir s'échappe de sa gorge et ses mains viennent se poser sur son visage, comme pour le retenir, soulager le poids que ses méninges qui tournent en boucle dans un sens, puis dans un autre appose à son esprit, puis elle les laisse retomber sur ses genoux. « S’il te plait ne te flagelle pas pour ça. » Les mains de son invitée se saisissent des siennes et Daya réalise alors le cent-quatre-vingts qu'a pris la situation et c'est là quelque chose de parfaitement injuste, encore une fois elle s'est arrangée pour que le monde entier tourne de nouveau autour d'elle, comme elle a désormais l'habitude de le faire, comme elle ne l'aurait jamais fait avant.

« Arrête. Arrête Judith ! Elle se dégage de ses mains dans un geste rapide et les ramène contre elle avant de les laisser retomber. Ca t'es pas venue à l'esprit que peut-être que justement je devrais me sentir coupable, qui sait peut-être que je ne fais pas tout ca pour toi, peut-être que je le fais pour ma conscience, pour ME sentir mieux avec ce que je t'ai fait, avec ce que je continue de faire…

Je…blesse…les gens, c'est ce que je fais parce que je suis cinglé, parce que j'essaye de me persuader que tout va bien, que je suis forte, que je peux tout gérer et que tout est justifiable, mais ca ne l'est pas et tu n'as pas la moindre raison d'être aussi gentille et concernée ou de t'inquiéter pour moi et encore moins de me pardonner. AUCUNE ! Elle laisse échapper une exclamation agacée avant de finalement continuer. On est même pas supposé parler de moi, mais de toi. L'indienne finit par se lever. Tu vois ca. Elle laisse vaguer sa main devant elle, se désignant consciemment, avant de reprendre d'une voix bien plus calme, presque fatiguée. C'est l'exacte raison pour laquelle tu ne dois pas garder tout ca pour toi Judith, parce que crois moi, tu ne veux pas finir comme moi, parce que je sais que ca peux paraître facile d'enfermer tout ca, de tout garder à l'intérieur, de faire comme si, mais ca n'est pas la solution, crois moi ca ne l'est pas au contraire…parce que même si ca ne partira pas, même si ca va rester, même si ca va tout changer…l'admettre c'est ce qui te permettra de vivre avec… de passer à autre chose…Sa gorge se serre un peu, c'est la première fois qu'elle admet, pas seulement à quelqu'un, mais aussi à elle-même, les limites de ce qu'était devenue sa vie. Misérable et pathétique sauf en apparences, parce que si il y avait bien quelque chose qu'elle savait faire c'était les maintenir. Elle finit par revenir s'asseoir à côté de la jeune femme et prend à son tour ses mains dans les siennes. Ne fait pas les mêmes erreurs que moi Judith… ne laisse pas ca devenir le centre de ta vie, ca n'en vaut pas la peine. » Elle le savait, en avait conscience au fond, mais la vérité c'est que c'était trop tard, elle avait besoin de ca, c'est ce qui lui permettait de se maintenir en fonction et si c'était affligeant, elle n'arrivait pas à juste se faire une raison, il fallait qu'elle fasse quelque chose…cette fois.

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MessageSujet: Re: you owe me one ø DAYA Jeu 2 Nov - 20:37




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J’émets un geste de recul alors que Daya dégage ses mains des mains pour les laisser retomber ensuite, geste trop rapide pour être naturel. Je fronce les sourcils alors qu’elle élève à nouveau la voix. Je dois le dire, enfin le penser, si jusque-là ses propos m’alarmaient ce n’est rien en comparaison alors l’étrange sensation qui me saisit à l’instant, sans compter que je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine contrariété face à la tournure des choses. Je n’aime pas ce qu’elle dit ni le ton qu’elle emprunte et mes bras se croisent. J’attends. J’attends qu’elle arrête de s’agiter comme un lion en cage. Je prends en note et je comprends à demi-mot ce que visiblement elle ne veut pas dire, n’a jamais dis, je ne sais pas. Ça ne peut pas venir de nul part, ce comportement, cette manière tout à fait naturelle de comprendre ce que j’ai vécu et à la fois cette manière de se flageller. « On est même pas supposé parler de moi, mais de toi. » Je lève les yeux au ciel, et attend, alors que Daya se redresse et m’interpelle à nouveau en se désignant. Son ton s’éteint alors qu’elle prend la parole à nouveau. Et merde quoi, c’est un aveu qu’elle me balance à la tronche, ni plus ni moins ! Je suis censée faire quoi à ce moment-là, ignorer alors qu’on est « censés parler de moi » ? Elle me demande clairement de ne pas me laisser me ronger, mais est-ce que ce n’est pas exactement ce que l’indienne est en train de faire ? Je sais pas, et je déteste ne pas savoir, je ne comprends pas. Et oui, ok, peut-être qu’on est pas bien parti que notre relation était un tissu de mensonge qu’elle a mis en place mais, je ne suis pas un monstre. Je ne peux décemment pas laisser passer une telle occasion, de lui tendre une main et… je ne sais pas.

Alors qu’elle se rassoit enfin à côté de moi et saisit mes mains, je réfléchis, le regard dans le vide. J’essaie d’analyser ce qu’il vient de se passer. J’attends un truc, je ne sais pas, un déclic de ma part, j’aimerais tout savoir et deviner ce qu’il s’est passé pour qu’elle agisse de la sorte. Ou même sans savoir, pouvoir apporter quelque chose, un repose que visiblement elle n’a pas su trouver.

« Ne fait pas les mêmes erreurs que moi Judith… ne laisse pas ca devenir le centre de ta vie, ca n'en vaut pas la peine. »

Mon regard finit par se planter dans celui de Daya et je reste silencieuse, quelques instants, je réfléchis ; puis secoue la tête de gauche à droite. Je refuse.

« Tu me demandes de me mettre à parler, là maintenant, après ce que tu viens de me déballer Daya ? Surement pas. Mon ton n’est absolument pas agressif, un peu grave pour la forme surement mais si je compte la secouer un peu c’est surement pas en lui glissant un couteau sous la gorge. Je suis censée oublier toutes tes paroles et me recentrer sur moi, mais non, en fait. Daya, je sais pas ce que tu gardes pour toi mais va falloir en discuter. Et même avant ça, laisse moi te dire un truc, c’est pas à toi de me dire si je dois te pardonner ou pas, t’as aucun regard là-dessus, si je décide de te pardonner c’est moi qui décide. C’est peut-être égoïste et ça te plait surement pas mais c’est comme ça.

Pause. Je veux pas paraître trop dure ou quoi, c’est juste… non, je peux pas laisser les choses telles qu’elles sont, sans gratter la surface.

Écoute… Je vais être honnête avec toi, je vois pas pourquoi je le ferais pas. Je trouve ça bizarre, depuis le temps, toi, je te trouve bizarre. Quand je dis ça, c’est pas… enfin, je savais que t’allais pas me dire non quand j’ai débarqué, ou quoi, mais je m’attendais pas à ce que tu comprennes, t’as agis comme si tu savais ce qu’il fallait. Tu m’as laissé de la place, comme si tu savais. Et tu me laisses pas le choix penser autre chose que ce que j’ai vécu, tu l’as vécu aussi. Je te crois, que si j’en parle pas ça va me ronger, que ça deviendra le centre de ma vie et que c’est une erreur. J’te crois, je le vois, tu me le montres, en live. Et je vais pas ignorer ça, enfin… J’ai pas de raisons d’être gentille ou concernée mais honnêtement ? J’en ai pas besoin. Je vais pas te regarder t’agiter comme un lion en cage et t’ignorer. Alors va falloir t’y faire. Je soupire. Je sais que c’est dur, mais tu veux m’aider Daya ? Tu veux que je parle ? Alors va falloir parler aussi. C’est le deal que je te propose. C’est pas juste, surement, je veux pas non plus te forcer si tu ne veux vraiment pas mais… enfin tu vois. »

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MessageSujet: Re: you owe me one ø DAYA Lun 13 Nov - 4:56



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Daya and Judith



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C'était sans doute prévisible. Judith est loin d'être le genre de personne à se satisfaire d'un discours donné à demi-mots, de partielles vérités lancées sans contexte pour s'exprimer sans réelle intention de se dévoiler. Daya aurait dû le savoir ou peut-être qu'inconsciemment elle en avait connaissance, peut-être qu'inconsciemment elle voyait là une opportunité de se libérer de ce poids qui la retenait et empoisonnait non seulement ses pensées, mais aussi ses actions. Elle ne l'avait pas prévu, ne l'aurait jamais entrepris si elle avait pris le temps de réfléchir avant de laisser les mots s'échapper de ses lèvres de cette façon, mais il était désormais trop tard et elle n'avait plus cas faire avec les conséquences, les questions et…les silences. Elle secoue la tête à la négative et l'indienne ne sait dire en l'instant si c'est en réponse à ce qu'elle vient de dire ou à la situation dans son ensemble, alors elle ne dit rien, ne bouge à vrai dire même pas et attend un peu figée et tourmentée. « Tu me demandes de me mettre à parler, là maintenant, après ce que tu viens de me déballer Daya ? Surement pas. Et c'était exactement le contraire de ce qu'elle avait voulu et elle regrettait déjà de s'être laissée emporter, de s'être montrée si faible alors que la serveuse avait sans doute bien plus besoin d'une épaule qu'elle et c'était là ce qu'elle était censée lui offrir, ce qu'elle avait silencieusement promis lorsqu'elle lui avait ouvert la porte de son appartement il y a plus d'une semaine. Je suis censée oublier toutes tes paroles et me recentrer sur moi, mais non, en fait. Daya, je sais pas ce que tu gardes pour toi mais va falloir en discuter. C'était une parfaite diversion pour elle au final, une excuse derrière laquelle cachée ses propres émotions, elle le sait parce que c'est une occasion qu'elle n'aurait elle-même pas manqué de saisir, à laquelle elle se serait volontiers accroché tout comme le faisait la blondinette, parce qu'il était tellement plus facile de se préoccuper des problèmes des autres, d'oublier ce qui nous rongeait au profit de l'autre et de ses tourments, ca les faisaient disparaître au moins pendant un court moment. Elle s'apprête à répondre, à essayer comme elle le peux et dans une improvisation des plus totale de calmer les interrogations plus que compréhensibles de Judith, mais elle n'en a guère le temps et ses lèvres se scellent de nouveau dans le silence tandis que la voix à présent posée et ferme de son invitée s'élève encore. Et même avant ça, laisse moi te dire un truc, c’est pas à toi de me dire si je dois te pardonner ou pas, t’as aucun regard là-dessus, si je décide de te pardonner c’est moi qui décide. C’est peut-être égoïste et ça te plait surement pas mais c’est comme ça. » Que pouvait-elle vraiment répondre à ca mise a par acquiescer ? Ca avait bien trop de sens, le pardon n'est pas donné parce qu'on le mérite, mais parce qu'on en a besoin, c'est un geste altruiste et c'est ce dont elle faisait preuve, mettant l'Indienne encore plus mal si tant et bien qu'elle puisse l'être davantage. Elle pousse un soupir et baisse la tête, la femme de pouvoir à l'égo clairement assumé n'était plus, elle avait disparue au profit de cette femme blessée et vulnérable qui avait été laissé là dans cette ruelle, salie, souillée et brutalisée celle-là même dont elle essayait d'oublier l'image et la voix qui continuait de revenir la hanter et dont le reflet revenait prendre forme sur le canapé de son propre salon. A son tour elle secoue la tête à la négative, elle déteste l'endroit dans lequel elle vient de mettre les pieds et honnêtement elle n'a pas envie d'en parler, elle n'a pas envie d'en dire plus ou de s'étendre dans des détails glauques et avilissant, mais ca lui est difficile de se dire que cela implique laisser Judith dans un silence similaire et si au préalable il s'agissait de son choix, elle prenait à présent une part de responsabilité dans son éventuel silence.

Enfin sa langue se délie, mais pas de la façon qu'elle aurait voulue, là encore il s'agit d'elle encore et encore, mais à sa grande surprise, pas seulement aujourd'hui, elle lui fait part d'interrogation qui finalement se sont imposées à elle bien avant son petit spectacle de ce matin. Parce qu'elle a été trop compréhensive ? trop aligner avec ses émotions ? Et tu me laisses pas le choix de penser autre chose que ce que j’ai vécu, tu l’as vécu aussi. Sa gorge se sert un peu et elle peine à déglutir, puis elle réagit presque instantanément et respire de façon invisible, mais plus accéléré que d’habitude, pour se recentrer sur l’instant et ne pas laisser le reste l’emporter ailleurs. Je sais que c’est dur, mais tu veux m’aider Daya ? Tu veux que je parle ? Alors va falloir parler aussi... »  Finalement, elle se lève de nouveau, plus calmement cette fois-ci et elle fait quelques pas dans le salon, le contact du sol contre ses pieds nus, est d'abord ce sur quoi elle se concentre, les yeux rivés sur le sol qu'elle semble analyser sans aucune raison apparente. Elle se prend à regretter que tout cela ne soit pas arrivé la veille au soir, histoire de pouvoir boire un verre, faire passer la pilule à grand coup d'anesthésiant, ce qu'elle ne se permettra pas à une heure si matinale, il lui faudra donc affronter ses démons, seule et sans aucune aide quelle qu'elle soit. L'indienne réalise soudainement que Judith attend, une réponse, une réaction, quelque chose et qu'elle doit lui donner…même si elle ne sait pas encore quoi exactement. « Il n'y a pas beaucoup plus à dire que ce que tu as pu toi-même en déduire Judith (Mensonge) j'essaye juste de t'expliquer que la façon dont j'ai réagi n'était pas la bonne et je veux juste que ca se passe différemment pour toi tu comprends ? Pas parce que je suis coupable, pas pour que tu choisisses de me pardonner, ce que tu as apparemment déjà fait et que j'apprécie, même si ce n'est pas forcément l'impression que j'ai pu te donner. Elle soupire. Je suis désolée de m'être emporter, je sais pas ce qui m'a pris… Elle parle désormais sur un ton bien plus calme, bien plus pondéré, elle n'a plus rien à voir avec celle qui s'agitait encore quelques minutes auparavant et cela peut clairement être assez déstabilisant pour son interlocutrice. J'ai parfois du mal à contenir mes émotions, quelles qu'elles soient…Elle laisse échapper un gloussement mélancolique. C'est quelque chose qui ne serait jamais arrivé auparavant[…] Je dois en avoir un peu trop là-dedans maintenant. Elle donne deux légers coups avec son index et son majeur contre sa tempe et offre à la jeune femme qui lui fait face un sourire triste. Si ce sont des détails que tu veux et si c’est la seule façon de t’aider à extérioriser tout ça alors d’accord…je te parlerais, mais ce n’est pas moi qui vais commencer. Elle plante son regard dans le sien non pas avec provocation, mais avec fermeté. Elle voulait qu’elle parle d’accord, mais pas au détriment de sa propre histoire. Je crois qu’il va nous falloir un peu de café…ca risque d’être long. » A moins que les esprits ne se libèrent plus facilement que prévus, mais rien n’était moins sûr.
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MessageSujet: Re: you owe me one ø DAYA Dim 3 Déc - 16:04




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Daya se lève et réfléchit. Je sais bien qui est cette fille, sans prétendre la connaître, mais j’ai compris qu’elle était loin d’être stupide et surtout, animée d’un désir particulier, un but à atteindre, dont je n’ai aucune conscience mais il suffit de plonger dans son regard. Je suis surement chiante et parfois un peu bavarde, un peu trop sarcastique un peu trop ce qu’on veut, mais je me sers de mon instinct pour avancer. C’est cet instinct qui m’a poussé à protéger mon frère, cet instinct encore qui me pousse à avancer ou à me reculer pour éviter les impacts et les dommages collatéraux. J’ai quelques facilités à lire les autres et c’est pratique, sans prétendre tout savoir encore une fois, je sais que je me trompe rarement. Cette nana d’apparence plus ou moins lisse, nette, sans craquelures et pas dans le sens boring du terme j’entends par là, a ce truc en plus que les gens qui ont vécu des choses terribles possèdent. C’est tout. Ça ne me laisse pas deviner plus que ça mais c’est déjà bien assez pour aller creuser alors qu’elle me ment, encore, effrontément, me donnant l’impression de réduire l’expérience qu’elle s’efforce de cacher. J’essaie juste, je veux juste… je l’entends et je l’observe, la voit se défaire de cette attitude de tout-contrôle qu’elle veut afficher. Son ton est beaucoup plus calme que son dialogue précédent, je ne sais pas trop sur quel pied danser mais je la laisse faire tranquillement, ne l’interromps pas, ne la brusque certainement pas non plus.

« J'ai parfois du mal à contenir mes émotions, quelles qu'elles soient…C'est quelque chose qui ne serait jamais arrivé auparavant […] Je dois en avoir un peu trop là-dedans maintenant. Je lui rends son sourire. Le sien est triste, le mien se veut réconfortant. Je ne la juge pas, ce n’est pas mon travail ni celui de personne d’ailleurs et je ne lui en veux pas non plus. Si ce sont des détails que tu veux et si c’est la seule façon de t’aider à extérioriser tout ça alors d’accord…je te parlerais, mais ce n’est pas moi qui vais commencer. Évidemment, je me doutais que ça prendrait une tournure pareille et je n’ai visiblement rien à lui opposer, le ton qu’elle emploie est ferme. Je sais que je n’aurais mes révélations autrement qu’en lui donnant les miennes. Il est bien plus facile de pousser son interlocuteur à parler de ses traumatismes que d’avouer les siens. Jusque-là, jusqu’aujourd’hui, je n’en ai parlé à personne qu’à moi-même, me refaisant la scène en boucle, essayer d’en comprendre la logique en sachant pertinemment qu’il n’y en a aucune. J’ai peur d’en faire trop. Peur d’être accusée de mélodramatiser l’ensemble. J’ai peur de déraper, de m’énerver, de pleurer encore et d’apparaître encore plus misérable encore que je ne le suis déjà avec ma sale tronche, ma béquille et mon air d’enterrement. J’ai peur de tout, de mon ombre, que ça recommence, que je ne réussisse pas à me démerder pour m’échapper de cette situation. Je crois qu’il va nous falloir un peu de café…ca risque d’être long.
— Je crois aussi. » Je pousse un long soupir, baisse mes yeux sur le sol, passe une main sur mon visage. Ce n’est certainement pas le moment que je préfère, je n’ai pas envie. Mais une minute plus tôt je lui disais qu’elle n’aurait rien sans rien. Elle a retourné le processus avec la même fermeté que j’ai pu avoir et je sais bien que je ne pourrais me défaire de ça. Le temps s’écoule lentement le temps qu’elle fasse le café et je ne me prépare pas vraiment, je sens mon cœur s’accélérer au fur et à mesure, bêtement surement.

Elle arrive bien vite, me tend une tasse fumante et je m’empresse de la porter à mes lèvres pour souffler sur le liquide brulant. J’ai froid, je remonte la couverture sur mes genoux, me replace avec une grimace au fond du sofa. Elle revient s’asseoir et je sens qu’elle attend quelque chose, mais je ne peux pas tout de suite lui donner alors je reste un moment silencieuse.

« Hm… Je glisse une main dans mes cheveux, dès lors que je décide de m’y mettre j’ai l’impression que mes lèvres s’assèchent, que je m’attèle à quelque chose d’impossible. Je m’efforce de trouver le bon ton pour ne pas paraître au bord du précipice. D’abord je me réhydrate avec un peu de café. Bon. J’en ai déjà assez, d’avance. Y’a une des serveuses qui s’est barrée au Crash. Comme je te disais, j’attendais mon amie qui bosse dans un autre truc mais qui était libre pour remplacer l’absente ce soir-là. Y’avait Kurtis. La manœuvre que j’entreprends me permet à la fois de repousser l’inévitable et aussi de me replacer moi-même dans le contexte. Ça me file l’impression de sueurs froides. Le boss était dans son bureau. Franchement y’a rien d’autre à dire sur cette soirée à part que c’était banal, j’étais juste contente de bosser avec ma pote. J’ai finis par dire à Kurtis que j’allais fumer une clope, j’ai pris mon manteau et j’suis sortie par la porte de service. J’ai pris mon temps pour fumer. Puis je les ai vu arriver. Des types, un groupe, je ne saurais te dire combien. Juste bien assez et bien assez éméchés pour que je me dise qu’il faudrait que je rentre maintenant. C’est exactement ce que je me suis dis. Ta pause est finie, on va s’rentrer maintenant Judith. Ils m’ont dit un truc en s’approchant et j’ai répondu par un sourire en me disant qu’ils seraient contents, l’espèce de connasse du Crashdown nourrissant leur fantasme éthyliques dégueulasses. J’ai fais demi-tour pour m’en aller mais y’en a un qui m’a retenu. Je hausse les épaules. Il puait l’alcool à dix kilomètres. Tous en fait. Alors j’ai retiré mon bras mais ça a été trop vite. Avant que je le décide ils m’avaient encerclés et en moins de deux ils m’ont mis KO. Je vais au plus vite pour cette partie, je sens que ça me froisse le cœur comme si je manquais d’air. J’ai à peine eu le temps d’appeler à l’aide. J’ai juste… senti des coups puis la chute provoquée par l’un d’eux et plus rien. Dieu merci. Je hausse les sourcils cette fois, j’ai pas l’habitude de conjurer le seigneur mais pour une fois il a surement été clément en me poussant à m’évanouir. J’me suis réveillée à l’hosto avec un putain de mal de chien. Mâchoire, côtes, trauma crânien, les hanches, le dos, la batterie totale et encore, apparemment je suis chanceuse de m’en sortir avec si peu. J’ai appris que c’était un groupe de soutien de pères qui ont perdu leur gamin à Noël et j’ai pas pu m’empêcher de les haïr quand même. Ils voulaient se venger, simplement, de ceux pour qui je bosse. Mes mains se serrent autour de ma tasse, j’ai la haine qui pointe son nez. Moi, j’ai rien à voir avec eux, d’accord, et pourtant, voilà. Ils m’ont vue là, bossant pour le club et ils se sont dits surement de s’approcher au max de l’œil pour œil, dent pour dent. C’est tout. Juste une meuf random, c’était moi où n’importe qu’elle serveuse. Parce que des connards roulent en harley dans la ville je me suis faite défoncée. Et ces mêmes connards étaient là à mon réveil, l’un à m’envoyer des fleurs et l’autre ? À payer ma facture d’hôpital ? Mais quoi ? Une douleur me notifie que j’étais en train de m’agiter alors j’arrête de bouger, d’un coup, laisse retomber ma main sur ma cuisse puis dépose mon coude contre le dossier, laisse retomber mon visage sur ma main, essaie d’arborer un air normal, presque un sourire. Voilà de quoi je fais tout un scandale. »

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MessageSujet: Re: you owe me one ø DAYA Dim 17 Déc - 18:00



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You owe me one


Elle n'attend pas vraiment de réponse, elle n'a plus vraiment le coeur à rester là et à essayer de faire bonne figure, de donner le change après s'être donné en spectacle de cette façon. Elle a bien du mal à croire qu'elle ait pu perdre le contrôle aussi facilement et aussi soudainement…elle qui s'efforce de toujours enfermer cette partie fragile et brisée d'elle-même loin de la surface à bien du mal à la contenir face à cette réflexion qu'elle observe depuis maintenant plusieurs jours et ne fait que ressurgir les démons qu'elle croyait endormis. Dans la cuisine, Daya essaye de se reprendre, de respirer à allure régulière pour se calmer, reprendre un peu de contenance et être capable d'entendre ce qu'elle essaye de faire dire à la serveuse et qu'elle imagine sans mal être aussi difficile à exprimer qu'à entendre, elle sait que cette fois, elle ne peut pas se permettre de perdre la face et de s'enfermer dans son propre malheurs, pas à défaut de celui de Judith qu'elle l'oblige en l'instant à matérialiser. Elle fait couler le café en silence, essaye de jouer dans son esprit froissé une litanie apaisante qu'elle a appris par coeur, des idées rassurantes qu'elle se force à se ressasser derrière ses yeux clos et ses efforts de respiration et ca semble marché, du moins un petit peu et si les quelques minutes qui s'écoulent peuvent sembler longue et réservée, elles lui sont nécessaires pour se recentrer et en quelque sorte se préparer à mettre en mot les horreurs qu'elle essayait si fort d'oublier. L'indienne sort deux tasses du placard qui surplombe l'évier et jette un sucre dans la sienne avant de le faire disparaître dans le liquide noirâtre et fumant et de répéter l'opération dans celle de Judith et pendant un court instant son regard se perd dans le vide, mais Judith bouge ou en tout cas fait du bruit, un bruit quelconque, un bruit du quotidien auquel elle n'aurait sans doute pas prêté attention, mais qui cette fois la sort de ses pensées. Elle prend donc une inspiration, attrape les deux tasses et rejoint la blondinette qui est toujours assise sur le bord du canapé déplié. La jeune femme lui tend une tasse et vient s'asseoir à proximité d'elle, en tailleur sur les draps défaits elle plonge son regard puis ses lèvres dans la tasse qui lui brûle les doigts et attend patiemment que Judith se sente prête à parler…peut-être a-t-elle changé d'avis, quelque part elle l'espère un peu, elle n'est pas sûre d'être prête à déverser les vérités qu'elle ignore malgré le deal qu'elle avait bien pu lui proposer quelques dizaines de minutes auparavant…bêtement et sans réfléchir.

« Hm » Le son qu'émet Judith ne lui laisse guère le temps (et fort heureusement) de se laisser effrayer par l'échange qu'elle avait initié et auquel elle n'était pas plus préparée qu'elle n'avait envie de le voir se réaliser. Elle lève les yeux vers elle et observe son désarroi, son manque d'assurance et l'envie certainement de disparaître et d'oublier tout ce qu'elles venaient de se dire. Puis elle se lance, replace le contexte citant des gens dont elle ignore totalement l'identité, bon en vérité elle est censée ignorée leur identité, mais elle sait par exemple de par ses recherches que le Kurtis en question est un prospect du club…le silence pour seule réponse, elle ne veut pas l'interrompre, n'en a pas la moindre intention, imaginant sans aucun mal qu'il lui sera plus facile de tout débiter en un bloc entier. « Puis je les ai vu arriver. Des types, un groupe… et le flash qui vient s'imposer à ses yeux, ne fait pas partie de l'histoire de Judith qu'elle visualisait jusque là, mais de la sienne, elle les revoit, distingue encore sans mal jusqu'à leurs ombres qui se reflétaient contre les murs de briques de cette ruelle et son coeur manque un battement. Ses doigts se referment avec force autour de la tasse et la sensation de brûlure contre sa peau lui semble presque salvatrice, la replaçant dans l'instant présent. La suite dresse son triste portrait et elle en reconnaît quelques similitudes, d'abord ce cri intérieur, cet instinct qui vous souffle soudainement et avant que le moindre geste ne soit effectué que le danger guette, que la situation est critique et vous hurle de partir…puis vient ensuite le côté pragmatique ou en tout cas ce moment ou l'on essaye de minimiser cet instinct, de se dire que non…puis la réalité qui vous frappe aussi sûrement que les poings qui s'abattent sur vous…Elle ne s'était donc pas tromper, elle avait su percevoir que ce qui était arrivé à Judith n'était pas anodin, son instinct ne l'avait malheureusement pas trompé.  J’ai appris que c’était un groupe de soutien de pères qui ont perdu leur gamin à Noël…Aoutch voilà une information qui fait mal, parce que ce sont des gens qu’elle aurait de prime abord envie de plaindre, pour qui elle aurait toute la peine du monde, mais la vérité c’est qu’elle comprenait en un sens un peu étrange et distordu. et j’ai pas pu m’empêcher de les haïr quand même. Ils voulaient se venger, simplement, de ceux pour qui je bosse… » Evidemment. Encore et toujours les Kings of Speed au même titre que tous ces gangs qui arpentaient les rues de Chicago venaient briser des vies, laissaient dans leur sillage des victimes collatéral innocentes… ca la rendaient malade et c'était exactement le genre d'histoire qui lui faisait croire que ce qu'elle faisait était juste et justifié, mais ca ne l'était pas, pas comme ca en tout cas. Judith à mesure qu'elle s'exprime, s'agite, se réveille et sort de l'espèce de torpeur dans laquelle elle était plongée depuis qu'elle s'était installée chez la flic et Daya se dit que c'est sûrement une bonne chose…mais elle n'en avait pas la moindre certitude, elle était loin d'être psychologue.

C'était épuisant à entendre et sans doute encore plus éreintant à prononcer et Daya pousse un soupir, laisse son regard divagué dans son café pour laisser à sa compagne une seconde de répit. « Je suis désolée Judith. Son regard est planté dans le sien et il ne la noie pas dans un air plein de pitié au contraire, il est ferme, presque en colère d'entendre ce qu'elle avait subi à ses dépends et sans justification aucune. Je suis désolée que tu te sois trouvé sur le chemin de ces types aveuglés par leur deuil, désolé que tu ais été la victime d'une vengeance qui te concernait pas. Elle secoue la tête, les sourcils froncés par la frustration. mais t'as tous les droits d'être en colère, t'aurais tous les droits de faire scandale ! Son ton monte, mais elle s'en rend compte et tâche de le réguler pour ne pas que Judith se sente plus encore accablée. parce que t'as subit tout ca pour le compte de connards qui ne savent rien faire d'autre que ca…remuer la merde et laisser les autres ramasser les pots cassés. Dieu qu'elle pouvait être en colère en l'instant contre ces types dont les gueules étaient affichées sur les murs de son atelier. et c'est pas des fleurs ou de l'argent qui vont changer quoi que ce soit ou réparé ce que t'a subi…rien de tout ca n'est de ta faute, rien…tu t'es juste retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment, ton seul tort est quoi ? de gagner ta vie ? Il n'y a rien que tu aurais pu faire d'autre jt'assure, tu as eu le bon réflexe en cherchant à éviter le conflit. L'indienne se penche et vient déposer sa main libre sur celle de Judith et l'enserre de ses doigts. Je sais que ca paraît surfait, mais j'ai entendu suffisamment d'histoire dans mon boulot pour te dire que c'est pas des conneries qui se veulent juste rassurante. C'était pas de ta faute Judith et aucune tragédie aussi difficile soit celle de Noël ne leur donnait le droit de te faire ça et ils ne devraient pas s'en sortir aussi facilement… » Elle imagine que Judith n’a sans doute pas envie de déposer plainte et pourtant si c’était le prix à payer pour qu’elle puisse de nouveau se sentir en sécurité alors Daya était prête à appuyer cette possibilité et à la soutenir dans son cheminement, mais surtout la tout de suite elle voulait que cette dernière entende et reconnaisse qu’elle n’était en aucun cas fautive et que rien n’aurait pu changer cette triste soirée car la culpabilité était sans aucun doute le fardeau le plus lourd à porter.
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MessageSujet: Re: you owe me one ø DAYA Lun 8 Jan - 18:51




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« Je suis désolée Judith. »

Son regard reflète mille choses mais pas une once de pitié et ça me soulage quelque part. J’ai voulu m’isoler pour ne pas avoir à subir ça, ce même regard que tu vois parfois dans celui des médecins, des gens qui viennent te voir ou essaient de venir. Franchement y’a rien de pire que de se sentir victime dans le regard de l’autre. Malgré la douleur des coups, la fatigue, le trauma. Alors le mieux pour moi était de les éviter, et j’ai trouvé un refuge, une place et quelqu’un pour éviter de me regarder avec un air de pitié. Alors maintenant ça ne me dérange pas d’y laisser mon regard, elle a la force d’être en colère et j’imagine que c’est aussi parce que quelque ça résonne surement en elle. Je sais pas encore ce qu’elle a vécu mais à ce stade je peux imaginer plein de choses pas spécialement joyeuses.

Je l’écoute tranquillement, tenter de me rassurer, de me dire que je ne pouvais rien y faire, que j’ai eu le bon réflexe. Elle dépose sa main sur la mienne et serre mes doigts, je lui adresse un sourire reconnaissant. Parce que je suis fatiguée et parce qu’elle a les bons gestes, les bons mots, qui peut-être s’effaceront de ma mémoire dans quelques heures une fois que je serais seule, mais en tout cas à l’instant T, là, maintenant : ça me fait du bien. Et depuis que toute cette histoire a commencé je peux aisément dire que c’est surement la première fois que j’ai l’impression que mon cœur s’allège. Ce qu’elle me dit, je l’entends bien et je l’imprime pour l’instant. « C'était pas de ta faute Judith et aucune tragédie aussi difficile soit celle de Noël ne leur donnait le droit de te faire ça et ils ne devraient pas s'en sortir aussi facilement…
— Ouais… ça… je sais pas. Je sais pas si je serais capable d’aller jusque-là. En tout cas pas maintenant. Une part de moi me dit qu’ils méritent de passer devant la justice, de purger une peine pour… tout ça. Mais une autre partie me rappelle qu’ils ont perdu un enfant, à un moment dans leur vie. Même si je les hais. Je hausse les épaules, signifie que je ne sais pas quoi penser. La situation n’est pas claire et je crois même que j’ai juste même pas envie de réfléchir autour de ça. Je glisse la tasse entre mes lèvres et laisse le liquide brûlant me réchauffer. La tasse redéposée sur la table, je remonte le plaid contre moi. Raconter, revivre, éprouver à nouveau : c’est compliqué, c’est fatiguant. Ça ne donne jamais envie. Mais je crois que quelque part ça aide. C’est mon esprit positif qui veut ça, je n’en ressens pas encore les effets, mais je pense, que ça viendra. En vérité, j’ai presque envie d’aller jusqu’au bout de ma pensée. Mon regard se relève vers celui de Daya puis retombe, je me tâte. Mais puisque j’y suis, autant continuer, non ? Autant aller jusqu’au bout, exorciser le tout. Je glisse ma lèvre entre mes dents, hésite un instant puis recroise le regard de Daya. Si je veux en parler c’est le moment. Je gonfle les joues, pousse un soupir, lève les épaules et tente une première fois de m’exprimer avant de renoncer. Attendre quelques instants et : « T’sais j’avais… enfin mon… mon père était du genre violent. Je n'ai pas peur de lui confier. Quand t’es gamin et qu’t’as peur que ça te tombe dessus à n’importe quel moment… c’est invivable. Ça te prend à la gorge et ça te coupe toute envie de bouger, comme si le moindre mouvement allait déclencher la vague, un effet papillon invisible. Je n’essaie même pas d’avoir l’air assurée parce que de toutes façons, mon corps parle pour moi. J’avais quitté ça, cette espèce de torpeur qui te paralyse dans toutes les choses de ton quotidien. Mais c’est revenu et j’ai l’impression que ça partira jamais. Quand je ferme les yeux je les revois et quand j’les ai ouvert, j’ai l’impression qu’ils vont revenir. Et je sais pas spécialement comment faire pour que ça s’arrête, parce que même si ça me ramène à des trucs d’enfance, c’est loin d’être la même chose. Loin d’être le même parcours et la même situation, j’ai réussi à m’en débarrasser une première fois mais… Je m’arrête un instant, fais mine de réfléchir. Comment… comment t’as fais ? »

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MessageSujet: Re: you owe me one ø DAYA Sam 13 Jan - 22:24



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Daya l'écoute attentivement et soudainement elle n'a plus vraiment l'impression que leurs situations sont aussi similaires qu'elle l'aurait tout d'abord penser, qu'elle en avait eu l'impression. Parce que si le traumatisme est certainement tout aussi réel pour l'une comme pour l'autre, le désir de vengeance n'était visiblement pas le même. C'était une bonne chose pour Judith finalement, si elle pouvait entrevoir la possibilité de se remettre sur les rails sans avoir ce besoin maladif d'obtenir un semblant de réparation, c'était sans doute la meilleure façon de voir les choses et peut-être que quelque part Daya l'envie un peu, parce qu'elle en est incapable et parce qu'elle sait au fond qu'elle n'a pas emprunté le bon chemin…Les choses ici c'est vrai étaient un tant soit peu différentes dans la mesure où la serveuse pouvait se raccrocher à cette excuse qui en soit pouvait peser lourd dans la balance, ils avaient une « raison », ils avaient perdu un enfant, mais l'Indienne avait beau essayer d'explorer tout comme sa comparse ce fil de pensée, elle finissait toujours par retomber sur la même conclusion…cela restait injuste. Elle n'avait rien demandé, rien fait à ces hommes qui avaient choisi de matérialiser leur colère contre une victime aussi innocente que leurs enfants. Daya ne dit rien en tous les cas pas dans l'immédiat, laissant planer un bref silence pendant lequel elle réfléchit à la position de Judith. « Ils le méritent parce qu'ils n'ont pas choisi la bonne cible Judith, ca n'aurait jamais dû être toi, CA n'aurait JAMAIS dû être toi. Elle secoue la tête et pousse un rapide soupir. Ses mains se rejoignent et elle les glisse le long de ses cuisses. Mais je comprends…peut-être que tu es en mesure de pardonner et si c'est le cas et que ca te permet d'aller de l'avant alors c'est ce qu'il faut suivre, c'est le chemin que tu dois emprunter. » Un sourire qui se veut réconfortant vient perler sur ses lèvres alors que son regard rencontre celui de la jeune femme qui s'enfonce dans le dossier du canapé et remonte sur elle la couverture de laine blanche qu'elle lui avait fournit. Elle a bien du mal à comprendre, mais elle est suffisamment intelligente pour reconnaître que tout le monde ne pouvait pas fonctionner de la même façon et heureusement…aussi elle prenait sur elle pour essayer d'en une certaine mesure de se mettre un instant à sa place et d'oublier la sienne (ce qu'elle avait bien trop de fois essayer de faire sans grand succès inutile de le préciser). Les minutes s'écoulent avant que Judith ne s'essaye à finalement ouvrir la bouche de nouveau, mais elle la referme sans que le moindre son n'ait le temps de s'en échapper, alors la flic porte sa tasse à ses lèvres et avale quelques gorgées réconfortantes. « T’sais j’avais… enfin mon… mon père était du genre violent. »  Oh…ce n'est pas vraiment la suite qu'elle avait imaginée cette conversation prendre, mais elle tâche de ne pas trop afficher sa surprise, même si celle-ci est sans doute déjà peinte sur son visage. Elle comprend la direction, mais n'identifie pas tellement le sentiment, elle n'a jamais grandi dans un foyer comme celui que la jeune femme décrit, le sien avait été tout ce qu'il y a de plus normal, de plus aimant, une famille unie et d'autant plus liée par cette idée de se raccrocher à l'autre contre le reste du monde pour parer au bouleversement qu'avait été leur expatriation…cela avait forgé une véritable unité entre eux, une unité qui avait perduré jusqu'à la mort de son père en tout cas.

« Quand je ferme les yeux je les revois et quand j’les ai ouvert, j’ai l’impression qu’ils vont revenir. Et je sais pas spécialement comment faire pour que ça s’arrête… Ca par contre c'est quelque chose qu'elle comprend. Les cauchemars se sont estompés et elle avait fini par retrouver un sommeil apaisé, mais cela n'avait pas été sans mal et contre cela il n'y avait malheureusement pas vraiment de miracle si ce n'est d'avaler de quoi s'endormir sans avoir le temps de penser à quoi que ce soit. En ce qui concernait le reste, c'était là, la partie la plus compliquée, la peur était un sentiment difficile à contrôler, difficile à parer et elle-même après autant de temps ne s'en était toujours pas débarrassé, il n'était plus aussi omniprésent parce qu'elle essayait comme elle le pouvait de l'enfermer aussi profondément que possible, parce qu'elle tentait de le noyer sous d'autres sentiments, d'autres occupations et c'est pour l'instant ce qui avait le mieux fonctionné pour elle. Comment… comment t’as fais ? » Un sourire un peu triste vient marquer ses traits, il n'y avait plus vraiment d'échappatoire, plus vraiment d'infirmation possible à ce stade, il était clair pour Judith que Daya parlait en connaissance de cause, elle ne pouvait plus se cacher derrière son travail et les expériences qui en découlaient, elle ne pouvait qu'admettre que cette situation elle la connaissait parfaitement et trop bien. Puis elle lui avait promis des réponses, un véritable échange contre son récit, il n'était plus question de revenir sur cet engagement et elle n'avait qu'une parole. « Humm…ses doigts se resserrent machinalement contre sa tasse de café dans lequel son regard est indubitablement plongé, elle ne peut pas décemment lui dire qu'elle n'y ait toujours pas arrivé, ce serait allé contre ce qu'elle essaye de faire ici, à savoir la rassurer et la réconforter quant à ce qui l'attendait dans le futur, l'Indienne ne veut pas biaiser les possibilités qui sont encore au choix de la blonde ainsi elle estime de son devoir de tempérer et de neutraliser ses propos. Les cauchemars sont difficiles à contrôler et le manque de sommeil sur le long terme n'aide franchement pas, mais les somnifères peuvent être d'une aide précieuse, en tout cas au début, juste le temps d'avoir la force de….d'aller de l'avant. Elle ponctue sa phrase d'un énième sourire réconfortant, ils se font légion et se perdent sur ses lèvres sans qu'elle ne les y commande, un automatisme curieux peut-être, défensive sans aucun doute. Pour le reste, je dirais qu'il faut trouver quelque chose de plus fort, de plus important, quelque chose à laquelle se raccrocher quand ca surgit, parce que ca surgira de nulle part, comme ca, sans raison et sans déclencheur…en ce qui me concerne ca tient en seulement deux choses : Une qui me rend heureuse et une qui m'occupe suffisamment pour m'empêcher de trop ruminer. Elle prend une inspiration avant de reporter son regard sur son invitée. En d'autres termes Josef et mon travail et jusqu'ici, ils se combinent suffisamment bien pour que je sois sur mes deux pieds et fonctionnelle. Elle pose sa tasse sur le sol passe une main sur sa nuque. Je ne sais pas si les choses redeviendront ce qu'elles étaient un jour, j'en doute en réalité, mais je crois que l'important c'est pas de chercher à retrouver ça, mais plutôt de chercher un nouveau normal, un qui vaille la peine. Peut-être qu'en attendant de te trouver un pompier sexy, tu peux toujours prendre un chien ou un chat. Elle pousse les genoux de la serveuse d'un geste plaisantin de la main, c'est vrai elle plaisante, mais sans réellement le faire, l'idée est là aussi naïve puisse-t-elle paraître. Avec ca prend des cours de poterie ou de salsa et le tour est joué. » Dédramatiser est tout aussi important, mais le dire ne sert à rien, c'est le faire qui importe.
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MessageSujet: Re: you owe me one ø DAYA Mar 23 Jan - 23:35




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« Les cauchemars sont difficiles à contrôler et le manque de sommeil sur le long terme n'aide franchement pas, mais les somnifères peuvent être d'une aide précieuse, en tout cas au début, juste le temps d'avoir la force de….d'aller de l'avant. Je l’écoute tranquillement. Même pour l’instant ses mots n’ont aucun écho chez moi dans le sens où je ne me sens pas encore capable de faire un pas en avant, je sais qu’il est important de comprendre les étapes éventuelles pour s’en sortir après un tel traumatisme. Elle sait de quoi elle parle, j’avais bien compris. Et parler avec quelqu’un qui sait… c’est autre chose que d’avoir les milles attentions de personnes qui ne savent rien de ça et qui en plus sont en partie coupables dans le lot. Certes, ce n’est ni Kurtis, ni Max, ni James ni n’importe lequel de ces connards qui m’a frappé mais ils ont leur rôle à jouer dans l’histoire. Je ne connais pas l’historique de leurs actions dans la ville de Chicago mais y’a un lien de cause à effet évident qu’il est inutile d’énoncer maintenant. Mais on voit le genre. Donc c’est pas une putain de facture ou des fleurs qui vont m’aider. J’ai rien contre les meufs du Crash, elles ont rien fais elles. Mais c’est un lot, un package, ça va pas. C’est tout. Daya continue de me donner ses conseils, sur comment sortir la tête de l’eau. Se concentrer sur autre chose, sur quelqu’un, je suis contente de savoir que Josef l’aide dans sa démarche. Peut-être qu’il n’en a même pas conscience. Je sais que c’est un bon type, il est impliqué et il est fou de Daya, c’en est presque désespérant. Je n’ai pas un travail qui requiert autant d’attention qu’elle mais… je vois où elle veut en venir. Je ne sais pas si les choses redeviendront ce qu'elles étaient un jour, j'en doute en réalité, mais je crois que l'important c'est pas de chercher à retrouver ça, mais plutôt de chercher un nouveau normal, un qui vaille la peine. Peut-être qu'en attendant de te trouver un pompier sexy, tu peux toujours prendre un chien ou un chat. Elle pousse doucement mes genoux dans un geste qui m’assure sa plaisanterie, je lui souris en retour, remonte une mèche derrière mon oreille. Ça paraît si simple expliqué comme ça, j’imagine que ça mérite beaucoup plus d’efforts qu’elle ne paraît m’en donner pour l’instant. Avec ca prend des cours de poterie ou de salsa et le tour est joué.
Hm, peut-être la salsa, ouais. Je prends un air faussement intrigué et lui souris à nouveau, amusée. C’est agréable. Cette soudaine et rapide légèreté. Que ça ne dure pas n’est pas un problème, mais je prends conscience que je peux encore en avoir. Si j’y mets du mien. Je comprends ce que tu veux dire. Je te remercie. D’ailleurs, oui, j’ai été ingrate de m’être imposée comme ça. Je voulais revenir là-dessus. Je fais de tes nuits un enfer, je me suis incrustée en réclamant remboursement d’une dette inexistante. Je prends de la place, enfin… je savais que t’allais pas dire non et j’en ai profité. Je cherche pas à me justifier, je savais juste pas où aller. J’aurais pu aller chez Josef… mais je savais qu’il aurait cherché à savoir, à aller au devant des problèmes, cet abruti. Je pousse un soupire, triture le morceau de couverture. Et honnêtement, je crois pas vraiment avoir la force de pardonner. Je suis pas faite de ce bois là, j’ai pas cette capacité. C’est juste ma culpabilité de savoir que mes actes impacteront leur famille également. Enfin peu importe. Je balaie d’un geste de main mes dires. Juste merci, quoi. J’imagine que c’est pas facile de me voir débarquer, je peux comprendre que ça ait pu ramener des choses. Je récupère ma tasse de café dans lequel je laisse tomber mon regard, fait tourner entre mes mains la céramique, joue avec le liquide, garde le silence quelques instants. Tu me disais que Josef t’aidais, est-ce qu’il sait ? Ce que t’as vécu je veux dire. Ce dont d’ailleurs tu dois me parler, parce que j’ai fais omission sur le « il n’y a pas beaucoup à dire de plus que ce que tu as pu toi-même en déduire Judith » mais j’achète pas ça aussi facilement, by the way. Mais, si je te pose la question, c’est surtout pour pas faire d’éventuelle bourde. Je suis plutôt une tombe dans mon genre mais on sait jamais, un truc mal interprété, tu vois… ça arrive tout le temps. Je glisse le reste du liquide entre mes lèvres et achève de le boire. Et si tu veux t’ouvrir à moi… tu peux. Je veux dire même si c’est pas maintenant ou quoi. On a fait un deal. »


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MessageSujet: Re: you owe me one ø DAYA Dim 28 Jan - 6:34



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Daya and Judith



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Elle acquiesce à l'idée avec un léger sourire et si Daya s'en gorge, elle sait qu'il y a une nette différence entre ce que l'on est prêt à dire et ce qu'on peut réellement faire. Parce que ce n'est pas si facile, parce que prendre la décision d'avancer, de reprendre un quotidien dans une vie qui s'est éteinte est une chose, mais le faire et s'y accrocher se révèle bien plus difficile, parce que la volonté est un pas, mais les souvenirs qui nous hantent sont pourtant toujours là pour nous retenir et nous garder profondément ancré dans une réalité qui ne saurait être tolérée. Judith reprend la parole, semble finalement laissé sa réflexion de côté pour exprimer ce qui lui trotte dans la tête et l'Indienne espère que même si elle le fait sans doute maladroitement, elle réussit ne serait ce qu'un peu à lui donner une perspective pour se tirer de ce néant qui lui a été imposé. Elle lui intime qu'elle comprend, la remercie même, ce qui est totalement inutile aux yeux de la jeune femme, elle ne le fait pas pour recevoir quelconque gratifications, Daya secoue immédiatement la tête à la négative , mais la blondinette continue son oraison. « D’ailleurs, oui, j’ai été ingrate de m’être imposée comme ça. Je voulais revenir là-dessus. Je fais de tes nuits un enfer, je me suis incrustée en réclamant remboursement d’une dette inexistante. Elle ouvre la bouche pour lui dire qu’elle se trompe et que cette dette était…est existante et qu’elle est contente de pouvoir finalement la payer, mais là encore elle n’en a pas vraiment le temps ou en tout cas ne le saisit pas. Elle n’est de toute façon pas d’accord, elle ne le voit pas comme ca, certes elle ne lui aurait surement pas dit non, mais elle n’a pas eu l’impression à quelconque instant que Judith s’était imposé au contraire.  J’aurais pu aller chez Josef… mais je savais qu’il aurait cherché à savoir, à aller au devant des problèmes, cet abruti. » Evidemment qu'il l'aurait fait, un vague sourire empreint d'une certaine tristesse vient alimenter les traits de son visage, parce que ca reste triste de se dire qu'elle n'avait personne vers qui se tourner. Enfin elle imagine qu'en réalité il existe des personnes qui auraient pu l'épauler, mais les gens les plus proches de nous sont les derniers à qui l'on souhaite dévoiler cette version fragile et salie de nous-même. Elle sait de quoi elle parle, si Josef est certainement la personne qui lui est la plus proche, il est aussi celle qu'elle souhaite le plus protégé de la noirceur qui l'habite et pour cela elle sait qu'elle ne peut volontairement l'entacher d'idées aussi macabres. Ceci étant dit en venant ici, elle n'avait pas opté pour une solution très éloignée de la description qu'elle venait de monter.

« Et honnêtement, je crois pas vraiment avoir la force de pardonner. Je suis pas faite de ce bois là, j’ai pas cette capacité. C’est juste ma culpabilité de savoir que mes actes impacteront leur famille également.» Ses actes ? Non ce ne sont pas le siens qui sont a jugés, ce ne sont pas les siens qui auront des conséquences, ce sont les leurs et le simple fait qu'elle le présente de cette façon montre bien qu'elle se positionne comme une victime de sa propre bêtise, comme si elle avait provoqué tout ca, comme si elle s'était jetée au milieu de leurs coups. Ca lui paraît dénué de sens à l'entendre sortir de la bouche de quelqu'un d'autre, mais lorsqu'elle prend une seconde pour se rappeler, elle sait, qu'elle aussi s'était asséné ce genre de réflexion : Et si j'avais réalisé cette infiltration autrement ? Et si je ne m'étais pas sentie aussi invincible, poussé par cette gloire, cette réussite qui me revenait ? Et si j'étais restée avec elles ? Si je n'avais pas garé ma voiture dans cette allée….tous ces éléments qui l'avaient amenée à subir leurs assauts et qui n'avait dépendu que d'elle…mais la vérité c'est que même si elle avait fait les choses différemment, rien ne lui disait que ca ne serait pas arrivé, parce que quoi qu'elle ait pu faire, jamais elle n'aurait pu anticiper ce qui s'était passer ce soir-là…mais tout ca elle avait mis un certain temps avant de l'enregistrer et surtout de le comprendre.

« …Josef t’aidais, est-ce qu’il sait ? Ce que t’as vécu je veux dire. Ce dont d’ailleurs tu dois me parler…Elle revient à elle soudainement, sortie de l'endroit dans lequel elle s'était perdue, l'espace de quelques secondes. Une partie d'elle avait espérée qu'elle se contenterai de l'écoute et des conseils et oublierait la promesse d'entendre à son tour le récit divertissant de ce soir de juillet, mais bien évidemment elle n'en avait rien fait, qui l'aurait fait d'ailleurs? L'indienne n'en a pas vraiment envie et pourtant à mesure que cette conversation avance, elle se dit que ses propos aussi justifiés soit-ils n'auront vraiment de valeur que si la serveuse connaît toute l'histoire. Qui plus est, il était peut-être temps pour elle de mettre les choses en lumière au moins une fois. Je veux dire même si c’est pas maintenant ou quoi. On a fait un deal. »

« J'imagine que si je ne le fais pas maintenant, je ne tiendrais pas parole. Elle prend une profonde inspiration avant de poursuivre. Avant toute chose je voudrais rebondir sur quelque chose Judith. Tu ne t'imposes pas d'accord !? L'indienne cherche dans le regard de son invité une approbation. Cette dette elle existe et si tu la considère payée en repartant d'ici alors tant mieux, mais il n'y aucune ingratitude à ressentir. Un sourire amical vient s'afficher sur son visage, avant qu'elle ne se racle la gorge. Deuxio ce ne sont pas TES actes qui auront des conséquences ce sont les leurs, c'est eux qui ont choisie de faire ca avec ce que ca impliquait et si tu décides de les poursuivre, l'impact ils ne le devront qu'à eux et à leur mauvaise décision. Je sais que tout ca, c'est beaucoup à encaisser et ca prendra du temps pour que tu le voit comme une réalité, mais je suis sûr que tu le feras. Je peux voir que tu as de la ressources, je ne sais pas si tu réalises que tu as déjà fait beaucoup depuis que tu as franchie ma porte….et c'était une réalité, elle avait visiblement une résistance bien plus grande que celle dont Daya avait su faire preuve. Elle prend finalement une profonde inspiration. Josef n'est au courant de rien…enfin…elle fait une pause, comment expliquer ca. Il était au courant de la version « officielle » elle image d'un geste les guillemets qui sont censés s'intercaler autour de ce dernier mot, mais ca a disparu avec le reste de ses souvenirs et je ne tiens pas à ce qu'on le lui rappelle…Elle dépose sa tasse sur le sol et ramène ses jambes contre elle. Je suis sortie avec des copines ce soir-là. Un sourire vient se perdre un instant puis disparaît. Ca faisait que quelque mois que j'était rentrer d'une longue absence, une mission…il était tard et j'avais pas envie d'aller dans ce club alors je les aient laisser. Je me souviens même d'avoir dit à ma copine de pas s'inquiéter que tout irait bien. Elle laisse échapper un gloussement amer. C'était presque ironique au final. J'ai rejoint ma voiture que j'avais garé à quelques rues du bar, dans une ruelle évidemment, mais j'ai pas eu le temps d'arriver à ma caisse qu'ils ont surgit derrière moi. Elle déglutit difficilement, marque des pauses à des endroits complètement hasardeux, tâche de rester factuel pour ne pas se laisser submerger. Ils étaient trois et dès que je les ai vus j'ai su... Ils étaient là pour me faire payer ma trahison. Elle serre les dents, lutte contre la chaleur qu'elle sent remonter à ses tempes.En vain.Ils…ils ont pris leur temps, celui de me faire comprendre ce qui allait se passer, celui de jouer avec mes nerfs, de me faire peur avant de commencer à frapper. Je pouvais rien faire, ils m'avaient littéralement coincé, j'ai essayer de me défendre, mais je pouvais pas bouger et au bout d'un moment j'était juste pétrifiée de toute façon…Ses yeux s'embuent, mais de larmes elle n'est pas sûre d'en avoir encore à leur donner et ca depuis un moment maintenant. L'un d'eux a fait signe aux deux autres de s'arrêter avant que je sois trop abimée comme il l'a dit, parce que lui il avait d'autres idées en tête pour moi…Un soupir s'échappe de ses lèvres et elle vient enfermer son visage dans ses mains l'espace d'un instant, avant de repousser ses cheveux en arrière sur son crâne. Sa bouche s'entrouvre, mais aucun son n'en sort, alors elle recommence. J'étais déjà plus que sonné à ce moment-là, mais pas assez…Sa voix semble se morceler, elle est tremblante et peu assurée. Je peux encore sentir ses mains sur moi parfois, le bruit de mes fringues qui se déchirent. C'est vague, je ne sait plus ou s'arrêtait leur coups et ou commençait...Les yeux de la jeune femme se ferment un seconde, ca lui donne la nausée. Elle n'avait encore jamais mentionné cette partie à qui que ce soit auparavant. Jamais. C'est peut-être pourquoi elle met si difficilement des mots dessus. Je ne sais même pas si j'ai appelé à l'aide, j'arrive pas à m'en souvenir…je me souviens juste avoir fixé mon regard sur les chaussures d’un de ces types, le seul encore debout, je voulais plus être là, je voulais pas savoir, pas sentir ce qu'ils étaient entrain de me faire. C'était trop... Elle secoue la tête comme pour chasser l'image et le vide qui s'étaient répandus dans son regard perdu devant elle. Finalement, après avoir respiré et pris conscience de son environnement, de ce cocon qui était le sien et dans lequel elle se savait en sécurité, elle le retourne vers Judith. Un type est intervenu, je ne sais pas ce qu'il a fait ou dit, mais ils se sont arrêter avant de…ils m'ont laissé là sans finir le travail…je sais que c'était pas le plan. Dit-elle en hochant la tête, les lèvres pincées. Dans ce genre de milieu c'est généralement pas suffisant comme vengeance… L'indienne se racle une nouvelle fois la gorge, un peu perturbé par ses souvenirs pas si lointains que ca finalement. Elle a l'impression qu'elle va vomir et sans savoir pourquoi elle a soudainement envie d'une cigarette, ce qui n'arrive pas bien souvent. Tu peux en parler à personne Judith, ca ruinerait ma carrière et…je veut pas qu'il sache ca, je veut pas qu’il me vois comme ca. Jamais. » Elle vient planter un regard inquisiteur dans celui de la serveuse, c'est plus qu'important pour elle à ce stade.
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MessageSujet: Re: you owe me one ø DAYA Dim 25 Fév - 21:29




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 « J'imagine que si je ne le fais pas maintenant, je ne tiendrais pas parole. Sur ça, je ne peux qu’approuver. Le meilleur moment est parfois le pire, quand les souvenirs remontent et que le plus dur n’est pas encore passé, quoi que l’on en pense. Mais avant de commencer quoi que ce soit, l’indienne revient sur quelques uns de mes propos. D’abord sur cette histoire de dette, à laquelle je réponds par un mouvement de dette à la négative. Il n’y a rien de ça. C’est con —et horrible—mais se faire tabasser ça remet les choses en perspective, visiblement. Ensuite, Daya sur l’éventuelle plainte que j’aurais à déposer. Ce qu’elle dit a du sens évidemment et je comprends le point. Il y a peut-être une raison plus égoïste pour ma part de ne pas faire ça, je sais pas si j’ai envie de continuer à raconter et remuer ça pendant des mois. Je sais c’que c’est un tribunal, je connais la pression, en tant que coupable certes mais je suis pas sure que le traitement de la victime soit meilleur. Je sais pas… on verra bien. J’ai pas envie de me focus là-dessus mais je prends en compte son argument, c’est sur que ça a du bon sens. Quant à savoir si j’ai de la ressource… ça c’est moins sur. Je hausse les épaules, passe une main sur ma nuque et lui adresse un léger sourire.

Daya finit par prendre une inspiration et élève à nouveau la voix : Josef n'est au courant de rien…enfin… Il était au courant de la version « officielle ». Je note la présence du passé dans sa voix et la suite de ses mots ne m’étonne donc pas. Je trouve ça horrible qu’elle doive garder ça pour elle-même, toute seule. C’est ce que je déduis, je pense pas qu’elle en ait parlé à beaucoup de monde, enfin je m’avance peut-être après tout je la connais pas si bien que ça. Mais je peux facilement imaginer que t’aies pas envie que tout le monde sache. Elle finit par déposer sa tasse sur le sol et ramener ses jambes, et moi je replace encore une fois la couverture sur mes genoux. Je suis sortie avec des copines ce soir-là. Scénario jusque-là banal et malheureusement trop facilement imaginable. Elle me contextualise le tout, une soirée entre potes, une boite, pas envie d’y aller, juste de rentrer se coucher tranquillement. Ils étaient trois et dès que je les ai vus j'ai su... Ils étaient là pour me faire payer ma trahison. On commence à approcher les choses difficiles et je retiens un peu mon souffle, comme par réflexe. J’ai la stupide et égoïste impression rematérialiser la peur de se faire avoir, la peur de la douleur. Je glisse ma main sur la sienne, rassurante. Ils…ils ont pris leur temps, celui de me faire comprendre ce qui allait se passer, celui de jouer avec mes nerfs, de me faire peur avant de commencer à frapper. Je pouvais rien faire, ils m'avaient littéralement coincé, j'ai essayer de me défendre, mais je pouvais pas bouger et au bout d'un moment j'était juste pétrifiée de toute façon… Ça me serre le cœur, me file la nausée, clairement. L’envie de vomir et une colère toute à fait particulière. Je connais cette sensation horrible de paralysie, la peur qui empêche de crier, de bouger, de se défendre. Quelque chose que tout le monde se croit capable de faire et arrivé au moment fatidique, on se retrouve planté par son propre corps. Son propre cerveau qui n’est pas capable de dealer avec la situation. Elle continue son récit et je dois dire honnêtement que ça me brise le cœur, il cogne un peu plus vite dans ma poitrine. Parce que ça me perturbe et ça me rend malade de savoir de quoi est capable l’être humain. Et puis, c’est pas tout. C’est pas tout évidemment pourquoi s’arrêter à la violence physique gratuite, banale. Pourquoi ne pas aller plus loin, violer l’intimité de quelqu’un, lui enlever tout pouvoir de défense et en profiter lâchement, salement. Je peux encore sentir ses mains sur moi parfois, le bruit de mes fringues qui se déchirent. C'est vague, je ne sait plus ou s'arrêtait leur coups et ou commençait.. Je serre sa main dans la mienne, cherche à lui faire savoir qu’elle peut compter sur moi, que je suis là et que tout ça n’est malheureusement qu’un passé encore trop vif. Je ne l’interromps pas, cependant. Une part de moi culpabilise de la pousser à sortir tout ça et une autre se dit que c’est pour son bien. De partager, une bonne fois pour toute, la totalité d’un mal qui ronge. Elle achève son récit en exprimant son incapacité à regarder. Qui pourrait lui en vouloir. Je n’imagine pas ce qu’elle a vécu, je n’en ai pas eu la moitié et je suis déjà là à me plaindre. Au moins, moi, j’étais dans les pommes la plupart du temps. Le troisième coup m’a sonnée, je me suis explosée par terre et l’impact m’a réglé mon compte. La douleur que je ressens est ultérieure, je n’ai rien vécu comparé à Daya. Et c’est déjà bien assez horrible, bien trop tordu. Je suis incapable d’imaginer la douleur ou l’effet au-delà des coups portés. Un type est intervenu, je ne sais pas ce qu'il a fait ou dit, mais ils se sont arrêter avant de…ils m'ont laissé là sans finir le travail…je sais que c'était pas le plan. Dans ce genre de milieu c'est généralement pas suffisant comme vengeance… Je pince les lèvres par réflexe, secoue la tête à la négative. Tu peux en parler à personne Judith, ca ruinerait ma carrière et…je veux pas qu'il sache ca, je veux pas qu’il me vois comme ca. Jamais.
— Hey, t’inquiètes pas. Je t’ai dis, rien ne sortira de ma bouche, en ce qui concerne tout ce qui se passe ici, toute cette conversation. Je tente de lui sourire malgré l’horreur qui me serre la gorge, la détresse que toute cette histoire m’inspire. Je suis désolée que t’aies eu à vivre ça. Je sais que ça changera pas grand chose, mais je le suis quand même. C’est inhumain… et c’est admirable que tu sois « remise » comme ça. J’accentue les guillemets de ma main libre. Je peux pas imaginer ce que t’as vécu… J’espère qu’un jour t’arriveras à dépasser tout ça. Ça paraît idyllique et surement encore plus ridicule que mes excuses mais j’espère vraiment. Je pousse un soupir, c’est vrai la situation est compliquée. Et avant d’aborder le sujet de Josef je tiens à rajouter quelque chose. Si t’as besoin de quoi que ce soit, t’hésites pas ok ? Je sais qu’admettre avoir besoin d’aide pour quoi que ce soit c’est pas toujours facile mais pas avec moi, pas après cette conversation. Je me redresse un peu, me rapproche d’elle, laisse planer le silence quelques instants. J’imagine que t’as pas porté plainte… Est-ce que t’as trouvé un organisme, un thérapeute, n’importe quoi pour t’aider ? Parce que tu me dis que Josef qui ne savait pas tout a oublié, mais t’peux pas porter ça toute seule. J’veux dire c’est trop gros, c’est trop important et peu importe la force qu’on ait c’est important de laisser échapper. J’veux dire, j’espère que j’suis pas la seule personne au courant maintenant que Jo a oublié. Je l’interroge du regard. Et comment ça, « comme ça » ? Je veux dire, j’entends pour ta carrière, mais t’as rien à te reprocher, c’est pas toi qui doit avoir honte, ou quoi. »


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MessageSujet: Re: you owe me one ø DAYA Lun 26 Fév - 23:59



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Elle ne guette pas vraiment les réactions qui s'imposent sur le visage de Judith, elle est trop prise par son histoire et par les images qui viennent se réafficher à elle, celles-là même qu'elle essaye d'enterrer aussi profondément que possible au fin fond de son esprit et en toute honnêteté elle n'a pas vraiment envie de voir de la pitié ou l'apitoiement que cela lui suscite lui être maladroitement jetée au visage. Lorsque les grandes lignes sont posées et sans doute un tantinet plus détaillées qu'elle ne l'avait envisagé avant de commencer, elle finit par déporter son regard qui jusque là était resté fermement focaliser sur la main rassurante de Judith qui enserre la sienne, pour finalement la regarder directement dans les yeux. Il est important pour elle à ce stade de bien lui faire comprendre que les confidences qu'elle vient de lui faire ne peuvent être révélé à quiconque et surtout pas à Josef. Il avait su pour son agression et même si sa réaction avait été tout à fait honorable et compréhensive, tout était différent à l'époque, ils n'étaient pas ensemble pour commencer et venait seulement de recommencer à se parler, il s'était montré désolé pour elle, en colère aussi, mais il avait respecté son intimité et son besoin de solitude, tout comme il avait su faire avec son refus de s'étendre sur le sujet…puis quelques mois après il avait oublié et jusqu'ici elle n'avait pas vu l'intérêt de rappeler tout cela à lui, parce qu'il la voyait comme cette nana forte et incassable qu'elle n'était pas et quelque part la simple idée que cette version d'elle puisse exister, même si ce n'était que dans ses yeux à lui était réconfortant et attrayant et elle n'avait pas envie que ca change.

Judith la rassure immédiatement sur le sujet, lui assurant que rien ne sortirait de cette pièce, que tout ce qu'elles se racontaient là, resteraient entre elle et elle lui en est reconnaissante. Dans l'instant elle ne saurait dire si dire tout cela à voix haute est plus un bien qu'un mal, ca lui semble difficile de se dire que de ressortir tout ca après autant de temps ne puisse lui apporter quoi que ce soit. Elle ne se sent pas soulagé, elle ne se sent pas libéré d'un quelconque poids, elle se sent juste rabaisser à ce statut de victime auquelle elle essaye d'échapper, mais elle avait fait une promesse à Judith et l'avait tenu, parce qu'elle savait l'importance de parler, d'exorciser dans la foulée de ce qui s'était passé, donner une réalité verbale, reconnaître la chose, c'était s'accordé la possibilité d'avancer et parce qu'elle ne l'avait que partiellement fait lorsqu'elle en avait subi les affres, elle était bien placée pour savoir ce que ca lui avait coûté. Le dire cependant après tant de temps, n'avait rien d'utile lui semblait-il si ce n'est de permettre à la serveuse de réaliser qu'elle n'était pas toute seule et que l'Indienne était en mesure de comprendre ses tourments. « Je suis désolée que t’aies eu à vivre ça. Je sais que ça changera pas grand chose, mais je le suis quand même. C’est inhumain… et c’est admirable que tu sois « remise » comme ça. Ca ne change rien, mais ca la touche quand même en quelque sorte et en même temps c'est tout ce qu'elle ne veut pas entendre, tout ce qu'elle redoute d'être réduite à…la fin lui arrache un sourire bien triste, elle ne pourrait être plus loin de la vérité, mais ce n'est pas quelque chose qu'elle compte partager avec elle, c'est une réalité qu'elle ne peut et ne pourra partager avec personne. Jamais. Elle hausse une épaule et hoche la tête avant de resserrer ses doigts autour de ceux de Judith, dernière vague étreinte avant de relâcher sa main et d’en défaire la sienne pour venir passer ses deux mains dans ses cheveux qu’elle ramène en arrière. Si t’as besoin de quoi que ce soit, t’hésites pas ok ? Je sais qu’admettre avoir besoin d’aide pour quoi que ce soit c’est pas toujours facile mais pas avec moi, pas après cette conversation. C’est gentil. Ca ne l’étonne pas vraiment à dire vrai, c’est comme a qu’elle avait cerner Judith dès les premiers instants, non pas comme une nana stupide ou facilement embobinable, mais comme une personne ouverte et sympathique, le genre qui ne s’encombre pas avec des milliers de faux-semblants, quelqu’un de gentil simplement et elle venait prouver que cette première impression était la bonne. – Merci, je m’en souviendrais. C’est gentil. Elle lui adresse un sourire et vient appuyer ses lèvres l’une contre l’autre. La réciproque est la même d’accord. J’ai eu plus de temps qu’il n’en faut pour avancer et j’y suis encore…doucement mais sûrement comme on dit. Bullshit. Mais toi c’est maintenant que tu vas avoir besoin de tout ça et si jamais tu as besoin d’extérioriser ou juste de penser à autre chose, n’hésite pas d’accord…je risque pas de te juger… » La blondinette se redresse un peu et se rapproche de son hôte, visiblement l’intérêt pour son histoire ne s’arrête pas là, il n’est pas encore temps pour Daya de passer à autre chose et elle le comprend, non seulement c’est une façon pour Judith de se concentrer sur autre chose que ses propres malheurs, mais en plus elle doit sûrement inconsciemment être prise de curiosité, leurs histoires se rejoignent en un sens, leur façon de gérer l’incident le pourrait lui aussi en tout cas dans la vision qu’elle puisse en avoir sans connaître la terrible vérité qui permettait à Daya de continuer. J’imagine que t’as pas porté plainte… Est-ce que t’as trouvé un organisme, un thérapeute, n’importe quoi pour t’aider ? Parce que tu me dis que Josef qui ne savait pas tout a oublié, mais t’peux pas porter ça toute seule…. Et comment ça, « comme ça » ? Je veux dire, j’entends pour ta carrière, mais t’as rien à te reprocher, c’est pas toi qui doit avoir honte, ou quoi. » Daya vient entremêler ses doigts et se redresse un peu plus. – En réalité j'ai porté plainte. Bon elle n'avait pas eu le choix en réalité, vu que non seulement le type qui l'avait sauvé avait appelé les flics, mais qu'en plus vu l'état dans lequel elle avait finie, elle n'avait pas été en mesure de travailler pendant un certain temps. J'ai juste omis une partie dans ma déclaration. Les nouvelles vont vite entre les services et j'avais pas forcément envie de voir ce genre d'informations arriver aux oreilles de tous les gens avec qui je travaille. C'était pas vraiment envisageable pour elle. C'est un monde difficile, je suis pas blanche et je suis une nana et crois moi c'est déjà suffisant comme étiquette à se trimballer dans ce milieu, alors ajouter celle de la victime….non. J'aurai plus jamais pu être prise au sérieux. Ca aurait briser ma carrière. L'indienne pousse un soupir. Et oui du coup c'était passage obligatoire chez la psy, ca faisait partie des conditions pour pouvoir récupérer mes accréditations, tu vois ne t'en fait pas j'ai eu l'occasion d'en parler et c'est pas nécessairement quelque chose que j'ai envie de continuer à faire…après tout ce temps…et pour Josef. Machinalement elle vient se mordre la lèvre inférieure, elle cherche comment lui expliquer, c'est une situation un peu bizarre après tout, ce n'est pas tous les jours que son ex-actuel copain perd complètement la mémoire. Quand tout ca s'est passé on était plus ensemble et pas encore…ensemble, je veux dire on étaient juste des ex qui essayaient d'être amis, enfin tu vois le tableau quoi ! Elle secoue légèrement sa main dans le vent tu parles d'un micmac. Sa réaction évidemment à pas été la plus calme du monde et je m'y attendais, mais il a pris sur lui et s'est montré compatissant, présent et tout le tintouin, mais maintenant tout est différent entre lui et moi et il ne s'en souvient pas et ca me va, parce que j'aime bien ce que je vois quand il me regarde et je sais que ca disparaîtra s'il venait à connaître la vérité, surtout s'il savait tout….j'ai juste pas envie que ca change. Je veux pas qu'il me voit comme une victime, je veux pas qu'il pense à ca à chaque fois qu'il me regarde ou qu’il me touche. Elle hausse une épaule avant de tourner son regard vers sa comparse. J'essaye d'aller de l'avant et lui dire ne ferait que me ramener en arrière… Un peu émue et peut –être aussi un peu mal à l'aise à présent, Daya se racle légèrement la gorge avant d'attraper la tasse de café qu'elle avait déposé sur le sol. Je vais aller me resservir ! T'en veux ? »

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