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 I will not repeat myself

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MessageSujet: I will not repeat myself   Mer 20 Sep - 17:50



i will not repeat myself.
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Il observe le décor d’un air rébarbatif, sa main compressant la plaie. Le sang qui a commencé à sécher craquèle et le tiraille un peu lorsqu’il remue les doigts. La sensation, bien qu’un peu étrange ne lui déplait pas. Ezra prend son mal en patience. Ce n’est pas un problème pour lui. Il en profite pour réfléchir une fois encore à son plan qui est merveilleusement bien ficelé. Il le sait. Il le sent. Jusque là, tous ses efforts ont portés leurs fruits. Il a voulu faire affaire avec les serbes et il est parvenu à obtenir une entrevue avec Cane Ivica et à présent, ils sont en affaire. il leur a promis Chicago en échange de la destruction du club de son géniteur et pour le moment, tout se passe pour le mieux. En tout cas pour lui, car ses supposés frères, les Kings of Speed, eux déchantent sérieusement. Et c’est un véritable régale… Ezra ne se lasse pas du spectacle de leurs mines déconfites. Il apprécie de les entendre grogner, de les voir s’emporter et espère très sincèrement que les choses vont très bientôt dégénérer. Il n’attend que ça.
Ca et, présentement, Taylor O’Brien. Il n’a pas eu beaucoup de mal à obtenir l’information qu’il souhaitait, à savoir : à quel moment la jeune femme serait de service au Chicago Médical Center. Il sait qu’elle ne travaille pas au service des urgences mais il lui a suffit de faire quelques ronds de jambes et autres grimaces pour obtenir que l’infirmière tente de la joindre. Les américains sont d’une crédulité presque insultante. Il suffit de s’humidifier un peu les yeux, de faire trembler un peu sa lèvre, d’évoquer Dieu et vous obtenez absolument tout ce que vous voulez. L’infirmière s’est éloigné il y a peu avec son message. Un message d’une simplicité enfantine mais qui devrait provoquer quelques sueurs froides à la jeune femme… « Dites-lui que Monsieur Cavanaugh l’attend » a-t-il conclut après son petit mensonge larmoyant à propos d’une longue et profonde amitié entre lui et le frère ainé de Taylor. Evoquer son frangin et le nom de Cavanaugh devrait immédiatement la mettre sur la piste et l’inciter à se déplacer en quatrième vitesse…  
Oh bien sûr, l’interne ne médecine a payé la dette de son imbécile de frère, mais si elle pensait s’en tirer à bon compte et disparaitre de leurs radars, c’était mal connaitre le club. Maintenant, ils feront appel à ses services à chaque fois que bon le leur semblera. Pute un jour, pute toujours… Et il est temps pour Taylor de se remettre à genoux et à l’oeuvre our eux. Enfin pour lui. Car la raison de sa présence n’est pas motivée par les intérêts du MC, tout au contraire. C’est bel et bine pour lui nuire qu’Ezra se trouve là.
Le banquier n’a pas hésité à se saisir d’une lame et à s’entailler méchamment l’avant-bras pour rendre crédible sa présence ici et s’arranger pour passer un petit moment en tête à tête avec Taylor. Jusque là, il ne l’a jamais rencontré et sait à quoi elle ressemble uniquement grâce à son fichier qu’il a consulté illégalement. Thomas n’est pas le seul à avoir ses accès à la vie de tout un chacun. Bref. Il ne la connait pas, mais il en a entendu parler via Kurtis, qui était chargé de récolter l’argent qu’elle devait au club chaque mois. Ezra ne pense pas qu’elle lui donnera beaucoup de fil à retordre.  

Lorsque la jeune femme débarque finalement dans le box qu’il occupe depuis près d’une vingtaine de minutes maintenant, Ezra la reconnait immédiatement. Il se force à lui sourire. Mais pas de ce sourire charmeur de banquier qu’il vend à ses clients ou à sa fiancée. C’est un sourire fielleux, mauvais, qui ne monte pas jusqu’à ses yeux et lui donne un air inquiétant. Le genre de sourire qui et mal l’aise son propre père et, il n’en doute pas, mettra son interlocutrice mal à l’aise.
« Prenez place, Mademoiselle O’Brien. J’ai deux mots à vous dire » lui lance-t-il sans perdre de temps. Il a envisagé une approche plus subtile mais y a renoncé. Pourquoi tourner autour du pot ? Pourquoi chercher à l’amadouer ? Elle lui doit obéissance. Elle n’est rien alors que lui est le fils du Président d’un gang local et en passe d’en prendre la tête… Ce qu’elle ignore, bien sûr, mais il lui fera vite comprendre ou est sa place et qui il est.
Comme il s’y attendait, la brune (bien plus petite qu’il ne l’avait imaginée) se montre méfiante, réticente. Elle pense être en règle avec les Kings et ne comprend sans doute pas la raison de sa venue ici, sur son lieu de travail.
« Je ne suis pas ici pour vous soutirer davantage d’argent, si c’est ce à quoi vous pensez. Je ne suis pas non plus réellement là pour des soins. Même si j’apprécierai que vous jetiez un oeil sur la plaie » lui explique Ezra en ôtant un instant la compresse de son avant-bras pour présenter sa chair meurtrie. « Prenez donc ce dont vous aurez besoin pour soigner ça et approchez-vous. Ce que j’ai à vous dire doit rester entre vous et moi, et je n’ai aucune intention de faire porter ma voix plus haut que cela » poursuit le banquier, sa voix ne portant effectivement pas bien Hat pour ne pas risquer d’être entendu par une oreille indiscrète… « J’aime autant vous prévenir dès le début de cet échange afin d’éviter tout incident fâcheux : je n’apprécie pas de me répéter. Bougez votre cul à présent, que nous puissions entrer dans le vif du sujet » conclut posément Ezra, sonr égard sombre braqué hostilement dans celui de l’interne.



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MessageSujet: Re: I will not repeat myself   Ven 6 Oct - 1:08

- Et moi tu crois que j’aurai pu être un bibi boss ?
- Baby Boss. Je le reprends, sourire aux lèvres en tenant bien fermement sa petite main. Et j’suis certaine que tu aurais été un excellent bébé.
- Peut-être que si papa et maman font un autre enfant, ça sera un VRAI Biba Boss.

J’éclate de rire, lui rendant sa glace après avoir donné mon billet à la vendeuse.

- Tiens, fais attention à ne pas tâcher ton tee-shirt.
- Merci Taylor !
- Et en attendant, c’est toi le seul enfant donc t’es le seul chef de la maison !
- Ouais ! Il brandit son poing, tel un vainqueur avant de déguster sa glace. Mais si j’ai un frère ou une sœur, j’vais l’protéger et pas le commander. Papa et maman disent que la famille c’est important.
- Ils ont raison.
- T’as une sœur ou un frère toi ?
- Un frère, oui. Plus grand que moi.
- Han ! Et il te protégeait et tout ?
- On peut dire ça oui.

Ou peut-être, l’inverse. Comme réparer ses conneries avec un gang de motard, par exemple.

- Est-ce que tu veux bien qu’on lave Fish tous les deux en rentrant ?
- Oui, si tu veux !

Je crois qu’aujourd’hui, j’lui dirais oui à tout. Il fait beau, j’ai eu le temps de l’amener au cinoche voir un dessin animé rediffusé pour je ne sais plus quelle occasion, lui faire prendre une glace et maintenant laver son chien. Et ce gosse est tellement adorable que j’ai de toute façon pas envie de lui refuser quoi que ce soit.
Dans la limite de ce que Maman Manning a imposé, ça va de soi.

La matinée passe rapidement, sans accroche jusqu’à ce que je prenne le chemin du taff, laissant le relai à James Manning.
Membre des KoS que j’évite au maximum, lui accordant le strict minimum des politesses sans me montrer trop bavardes. La peur s’est évaporée et je crois que je n’ai jamais vécu aussi librement et aussi bien depuis des mois. J’essaie simplement de me faire oublier de son existence un maximum et donc, de celle des KoS par la même occasion. Je ne veux plus entendre parler, ni les voir – Bon sauf Manning par obligation professionnel – et continuer ma vie comme je l’ai commencé depuis que j’ai enfin pu verser les derniers centimes que je leur devais.
Deux mois se sont écoulés.
Deux mois de liberté.

Je dégaine mon portable sur le chemin, envoi un texto à Milo pour lui proposer de faire une soirée film d’horreur à l’appartement demain soir, bière et pizza à la clé. Le genre de soirée idéale pour bitcher sur les clients/patients rencontrés ou sur tout autre chose qui nous emmerde. J’avais presque oublié ce que c’était de vivre « libre », sans cette pression mortuaire sur la tronche, la boule au ventre de me faire choper par un de mes supérieurs, sac rempli de médicaments de l’hôpital.
Ouais. Liberté complète, définitive et inespérée.

- O’brien, téléphone pour toi !
- Deux minutes.

Je referme minutieusement le cadavre dans un geste que je connais désormais absolument par cœur avant de poser les instruments sur la table en Inox et de me nettoyer les mains. La transition est étrange quand vous passez la matinée avec un gamin plein de vie pour finir ici, à la morgue, à recoudre un jeune homme décédé d’un accident de bagnole.

- Quelle ligne ?
- Les Urgences !

J’appuie sur la touche, étonnée, m’attendant surtout à ce que ça soit Fuller au bout du fil. Au lieu de ça, une infirmière qu’elle connaissait rapidement pour avoir déjà bosser avec elle.

- Un monsieur insiste vraiment pour vous voir.
- Je ne travaille pas aux urgences et …
- Je sais bien, j’ai essayé de le lui expliquer mais il insiste vraiment pour que ça soit vous qui aille le soigner. Elle marque une pause, cherchant visiblement un papier dans sa poche.Il dit que c’est un ami proche de longue date de votre frère.
- Vous avez son nom ?
- Mr Cavanaugh.

Mon sang se glace, mon cœur manque un battement. Mes jambes perdent en tonus et m’appuie en douceur sur la surface plane qui sert de petit bureau, de petites lueurs dansantes devant mes yeux.

- O’brien ?

La voix, lointaine, me ramène à la réalité. Je cligne des yeux, prend conscience que ces derniers me brûlent.

- Cava quoi ?
- Cavanaugh. Tu le connais ?

Ami de longue date de mon frère.
Cavanaugh.
Le lien ne tarde pas à se mettre en place, la menace sous-jacente aussi.

- J’arrive.

Je raccroche et me rattrape de justesse sur le bord du bureau.
Respire. A fond. Inspire. Expire.
Bordel de merde. Je tremble des jambes, des mains, j’ai brutalement froid à la seconde où je ressens de longues sueurs chaudes le long de ma colonne vertébrale. Inutile de paniquer tout de suite, inutile de s’affoler pour rien. Peut-être qu’il est juste là pour régler un truc, s’informer rapidement d’un détail manqué par rapport aux derniers paiements.
Ça n’a absolument aucun sens. Je m’en souviens comme si c’était hier où l’un des membres m’a confirmés, droit dans les yeux, que tout était réglé et que j’étais désormais tranquille.
Libre.
L’espace d’une seconde, j’imagine mon crétin de frère avoir refait une connerie mais là aussi, ça n’aurait aucun sens. Impossible de savoir si c’est un black out, une preuve que mon cerveau et esprit cherche à tout prix à fuir la situation mais je ne me souviens plus comment je suis arrivée aux Urgences, ni combien de temps que j’ai pris pour faire le chemin de la morgue jusqu’ici. Seule ma respirations courte me traduit que j’ai emprunté les escaliers plutôt que l’ascenseur, fuyant tout endroit trop étroit, prise d’une forme de claustrophobie subite.

- Cavanaugh, quel box ?
- 13

Est-ce que je devrais voir ça comme un signe de malheur ?
Main tremblante, j’ouvre le rideau, n’attend pas une seconde de plus, voulant en finir avec ce suspens au plus vite. Le visage qui me fait face est inconnu mais pas son nom de famille.

- Mr Cavanaugh.
- Prenez place, Mademoiselle O’Brien. J’ai deux mots à vous dire.

Et il mène la danse à la seconde où j’ai foutu un pied dans ce putain de box. Suffit de voir son sourire, suffit d’entendre le timbre de sa voix, de regarder sa façon de me fixer. Il domine. Ce connard domine sur mon propre lieu de travail.
Mon œil balaie le corps de ce type et lorsque j’aperçois la compresse, je marque un moment d’arrêt.
Est-ce qu’il est seulement envisageable qu’il soit là uniquement pour obtenir des soins, insistant pour m’avoir moi parce qu’ils me connaissent plus ou moins ?
Espoir illusoire.
A moins que les infos aient mal circulées entre et qu’il pense que je leur dois encore de l’argent ?

- J’ai déjà tout payé depuis fin Juin et…
- Je ne suis pas ici pour vous soutirer davantage d’argent, si c’est ce à quoi vous pensez. Je ne suis pas non plus réellement là pour des soins. Même si j’apprécierai que vous jetiez un oeil sur la plaie

Il retire la compresse de son avant-bras où je peux observer une large entaille qui, effectivement, mérite des soins. Mais quoi d’autres ? Mon cœur s’emballe, mes mains tremblent de plus belle et s’il ne le voit pas c’est simplement parce que je les caches au fin fond de mes poches de ma blouse.

- Prenez donc ce dont vous aurez besoin pour soigner ça et approchez-vous. Ce que j’ai à vous dire doit rester entre vous et moi, et je n’ai aucune intention de faire porter ma voix plus haut que cela

Cavanaugh murmurait presque d’une voix basse, presque douce mais froide, glaciale. Comme le tranchant d’une lame sur ma gorge.
J’suis pas foutue de bouger, mes yeux rivés dans les siens que je soutiens à peine. J’comprends pas ce qu’il se passe, ce qu’il vient foutre ici, pourquoi est-ce qu’il a pris cette peine de venir jusqu’à mon lieu de travail pour me trouver. Sa blessure ? Mon cul. J’arrive pas à croire qu’il s’est qu’il profiterait de sa petite sauterie à l’hosto pour me voir et me parler d’un truc « qui doit rester entre lui et moi ». J’arrive plus à croire à grand-chose tant mon esprit se fige.

- J’aime autant vous prévenir dès le début de cet échange afin d’éviter tout incident fâcheux : je n’apprécie pas de me répéter. Bougez votre cul à présent, que nous puissions entrer dans le vif du sujet

Deux lames à la place des yeux qui se plantent comme des serres sur mes épaules, m’obligeant au mouvement. Raide comme une planche. Je sors un kit de suture, de quoi désinfecter et enfile des gants en latex, devant m’y reprendre à deux fois avant de réussir à les enfiler correctement.
Reprends-toi ma vieille. Sérieusement.

Je m’installe sur un tabouret que je fige à la bonne hauteur et ramène la table en inox près de moi, lampe allumée sur la plaie. Mes gestes sont mécaniques, presque maniaques. Une façon comme une autre d’avoir l’impression de détenir le moindre contrôle sur la situation.
Compresse en main je me charge de désinfecter.

- Qu’est-ce que vous me voulez ?

Encore ? Mais ce dernier mot ne franchit pas mes lèvres malgré la fureur et l’angoisse qui me ronge comme un fruit pourrie.
Je nettoie le sang, désinfecte la plaie tout en poursuivant.

- Kurtis m’a dit que ma dette étant payée je n’avais plus rien à voir avec vous à conditions de fermer ma gueule et de ne rien dire à personne.

Et même si deux personnes sont au courant, je leur fais suffisamment confiance pour savoir que ni l’un, ni l’autre n’a été me balancer à qui que ce soit ou en aurait parlé à la mauvaise personne qui me conduirait à cette situation de merde aujourd’hui.

- Et c’est ce que j’ai fait. Je pose le coton imbibé de sang plus loin avant d’observer minutieusement la plaie. Garder le contrôle. La main sur la situation. Donc, qu’est-ce que vous me voulez ?

Je n’ai plus RIEN à leur devoir. J’le sais, putain.
Alors quoi, encore ?
Je reprends de l’aplomb, me persuadant que je n’ai commis aucun faux pas, que je n’ai plus rien à me reprocher.
Si ce n’est peut-être d’avoir emprunter un ton bien trop sec pour cette

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MessageSujet: Re: I will not repeat myself   Sam 7 Oct - 12:41



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Attentif, il l’observe se mouvoir dans la pièce pour se composer un stock et ne pas avoir à faire d’allers-retours par la suite. Ezra devine à sa posture qu’elle est impressionnée. Elle a la tête un peu rentrée dans les épaules, sa marche est rapide, raide. Elle essaie de se presser et en même temps, il voit qu’elle cherche à gagner du temps, à repousser au maximum l’inévitable ; le moment où elle devra se placer près de lui pour l’écouter. Taylor sait que ce qu’elle va entendre de la bouche du banquier des Kings of Speed ne va pas lui plaire. Mais elle n’a pas vraiment le choix. Elle n’a pas trente-six options et surtout pas celle de tourner les talons et de s’enfuir. Pas non plus celle de lui tenir tête et de l’envoyer se faire voir. Enfin techniquement, si, elle l’a, et possiblement qu’un autre qu’elle l’aurait tenté…  Mais l’interne n’ose pas. Et c’est une bonne chose pour elle car Ezra n’apprécie que très modérément l’insubordination.
Son matériel rassemblé, la brune vient s’asseoir sur un tabouret, face à lui, rapprochant une tablette en inox sur laquelle elle se décharge. Il ne cherche pas à rompre le silence qui s’installe, estimant avoir suffisamment pris la parole comme cela. Il attend qu’elle engage la conversation, qu’elle lui demande ce qu’elle doit faire pour lui, qu’elle se résigne à son sort et avoue sa faiblesse…en somme. Le motard lui offre son bras et après un instant, elle se met au travail et commence par désinfecter la plaie qu’il s’est auto infliger pour crédibiliser sa venue ici.  
« Qu’est-ce que vous me voulez ? » se lance-t-elle finalement, d’un ton un rien plus arrogant qu’il ne devrait l’être étant donnée sa position… Elle lui parle de Kurtis et Ezra esquisse un sourire en pensant à l’ancien Prospect qui devrait être mort. Il a eu de la chance qu’un secouriste soit présent le soir de la Saint Valentin et soit en mesure de lui prodiguer les premiers soins…
Il hoche doucement la tête pour prouver à l’interne qu’il l’écoute et entend bien ses propos, gardant le silence, laissant le malaise s’insinuer en elle, croitre lentement mais sûrement. Sauf que, bien que ce soit le cas, il la sent reprendre un peu d’assurance en entendant ses propres mots.  Parce qu’il est vrai qu’elle ne leur doit plus rien et que, de ce fait, il n’est pas censé se trouver là et exiger quoi que ce soit de sa part. En tout cas, c’est ce qu’elle pense.

« Vous attendez un remerciement ou des félicitations quelconque de ma part pour avoir su garder votre claque merde fermé, Mademoiselle O’Brien ? » la questionne calmement Ezra, sans s’être défait de son demi-sourire narquois. « J’espère bien que non, sans quoi vous serez amèrement déçue. Et je ne suis pas là pour ça. Je vais également passer outre le fait que vous décidiez de nous tourner le dos aussi cruellement. A croire que vous ne tiriez aucun plaisir à vos rencontres avec ce cher Kurtis ! Ca va lui briser le cœur, j’en suis certain… » minaude-t-il alors qu’elle appuie un rien trop fort sur la compresse qu’elle utilise sur sa plaie. « Doucement avec ça… Je crois que nous savons tous deux qu’il serait dans votre intérêt de me bichonner, si vous ne voulez pas que les choses tournent mal. A présent je vais mettre les choses au clair une fois de plus : votre dette envers les Kings of Speed est éternelle. Vous n’avez sans doute pas lu les petits caractères mais à présent que vous avez bossé pour nous, nous avons de quoi vous faire tomber. Certains de vos échanges ont été photographiés et nous avons chargé un de vos collègues, également redevable à notre cause, de vous prendre en flagrant délit de vol dans les réserves de l’hôpital. Ces preuves resteront enterrées tant que vous travaillerez pour nous sans rechigner. Compris ? »
Il attend qu’elle approuve pour enchainer.
« Venons-en aux faits à présent. Je ne vais pas vous demander quelque chose qui ne soit pas dans vos cordes Mademoiselle O’Brien. J’ai besoin de médicaments » énonce-t-il enfin, fouinant dans sa poche de sa main libre pour en tirer une ordonnance. « Il me faut une boite de ceci officiellement, et une seconde boite, officieusement donc, d’un médicament qui aura l’effet exactement inverse sur l’organisme de l’individu à qui ces pilules ont été prescrites. J’ai besoin de vous expliquer pour quoi ces pilules ont été prescrite ou vous êtes à un stage suffisamment avancé de votre formation ? » la prend-t-il de haut, lui confiant le document.
En vérité, il ignore si les pilules qui ont été prescrite à son père, contre la tachycardie, peuvent être utilisées dans un autre traitement, mais peu importe. Il lui faut une boite de ces médicaments là, et une autre boite trafiquée pour le bien de son plan.


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MessageSujet: Re: I will not repeat myself   Lun 16 Oct - 12:13

- Vous attendez un remerciement ou des félicitations quelconque de ma part pour avoir su garder votre claque merde fermé, Mademoiselle O’Brien ?

Ca me fait l’effet d’une gifle, me donnant aussitôt la gerbe alors que mon geste se suspend. Tout chez ce mec est flippant, de sa façon de me parler d’un ton doucereux, calme et presque froid à cette manière de me regarder comme si je pouvais mourir dans la seconde, carotide tranchée sans que je ne le vois venir.

- J’espère bien que non, sans quoi vous serez amèrement déçue. Et je ne suis pas là pour ça. Je vais également passer outre le fait que vous décidiez de nous tourner le dos aussi cruellement. A croire que vous ne tiriez aucun plaisir à vos rencontres avec ce cher Kurtis ! Ca va lui briser le cœur, j’en suis certain…

Il se fou ouvertement de ma gueule et cette part de moi rugit, cogne contre cette cage qui ne cèdera jamais face à ce type de peur de crever dans cette pièce. L’angoisse m’étreint la gorge, j’ai des sueurs froides, l’envie de gerber, voire de chialer selon la suite de cette conversation. Kurtis… Putain, j’pensais ne jamais le revoir et même s’il s’était montré un poil sympa quand il m’a annoncé que plus jamais je n’aurai à faire à eux, je lui en veux en cette seconde pour m’avoir menti comme un connard. Pour jouer avec moi comme un chat maltraiterait une souris entre ses grosses pattes. C’est donc ça leur kiff ? La torture psychologique en me faisant croire à la liberté pour ensuite me rappeler que je serais pour toujours leur petite pute ?
De colère, j’appuie un poil trop fort sur la compresse et me raidit.

- Doucement avec ça… Je crois que nous savons tous deux qu’il serait dans votre intérêt de me bichonner, si vous ne voulez pas que les choses tournent mal. A présent je vais mettre les choses au clair une fois de plus : votre dette envers les Kings of Speed est éternelle.
- Q… Quoi ? Ma…
- Vous n’avez sans doute pas lu les petits caractères mais à présent que vous avez bossé pour nous, nous avons de quoi vous faire tomber. Certains de vos échanges ont été photographiés et nous avons chargé un de vos collègues, également redevable à notre cause, de vous prendre en flagrant délit de vol dans les réserves de l’hôpital.

Un vertige violent et je me crispe.
Un collègue ? Une putain de taupe ? Je me raidis, le fixe, sonnée et choquée. Ils ont tout en main, absolument tout pour me foutre dans la merde, pour foutre ma carrière en l’air, ma vie entière à néant.

- Ces preuves resteront enterrées tant que vous travaillerez pour nous sans rechigner. Compris ?

J’acquiesce mollement, plus par réflexe qu’autre chose, trop occupé à faire la liste de tout ce que je risque si je fais un pas de travers, si je merde ne serait-ce qu’une seule fois. Ce connard détient toute ma vie entre ses mains et il le sait.
Je suis tout simplement foutu malgré tout ce que j’ai donné et fait pour arranger ma situation, je replonge la tête la première dans ma propre merde.

- Venons-en aux faits à présent. Je ne vais pas vous demander quelque chose qui ne soit pas dans vos cordes Mademoiselle O’Brien. J’ai besoin de médicaments. Il me faut une boite de ceci officiellement, et une seconde boite, officieusement donc, d’un médicament qui aura l’effet exactement inverse sur l’organisme de l’individu à qui ces pilules ont été prescrites. J’ai besoin de vous expliquer pour quoi ces pilules ont été prescrite ou vous êtes à un stage suffisamment avancé de votre formation ?

J’arrache un peu violemment l’ordonnance d’une main tremblante de celles d’Ezra. Espèce de gros con. J’écoute chacun de ses mots, les enregistre et je peine à croire ce que j’entends. Je ne suis pas conne et quand je lis l’intitulé des médicaments, mon cœur loupe un battement.
La boite officielle ? Un traitement contre la tachycardie.
L’officieuse ?
Je déglutis, mon regard passant de l’ordonnance à Ezra.

- Vous me demandez un traitement pour accroître une tachycardie déjà costaude. Si je fais ça, cette personne va tout simplement mourir d’un arrêt cardiaque.

Et mon regard glisse de nouveau sur l’ordonnance où je peux lire nom et prénom du patient. Caleb Cavanaugh.
Et les questions me brûlent les lèvres. Qu’est-ce que ce type veut foutre à quelqu’un de sa famille ? Le tuer ?

- Je n’suis pas une meurtrière. J’veux pas être responsable de ça.

Je tremble de plus belle en déposant l’ordonnance sur la table en inox à côté de moi. J’suis bien consciente que j’ai juste le droit de fermer ma gueule mais j’suis capable de dealer pour vendre des médocs et me faire de l’argent mais prescrire un traitement qui tuerait un inconnu ? Non. Hors de question que j’fasse ça. J’peux pas. Je n’peux juste pas…

- Et qu’est-ce qui me dit que tout ça ne va pas me retomber sur la gueule une fois que votre … frangin, père, cousin, ou je n’sais pas qui de votre famille aura passé l’arme à gauche ? Puisque visiblement toutes promesses venant de votre club ne sont que factices et que je me retrouve à être éternellement votre petite pute.

Je fais tout simplement référence à Kurtis qui m’avait certifié avec l’aplomb d’une vérité que j’étais désormais libre pour de bon, que je n’aurai plus à faire à eux… Mon cul putain. MON CUL. Je commence déjà à craquer, mains tremblantes accrochées à la compresse au-dessus de cette blessure que je n’touche plus depuis tout à l’heure, trop occupé à tenter de me défendre avec les maigres armes que j’ai.
Je n’me fais pas d’illusions sur le peu d’options que je possède.
Ou plutôt sur leur absence. Soit j’obéis, soit je refuse, je signe l’arrêt de ma carrière, de ma vie complète et la mort de mes proches.

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MessageSujet: Re: I will not repeat myself   Lun 23 Oct - 20:06



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Ezra ne retient pas le sourire fielleux qui étire ses lèvres lorsque l’interne lui précise bien inutilement que, s’il donne les mauvaises pilules au patient, ce dernier passera l’arme à gauche. C’est plus ou moins le plan… Encore qu’une simple attaque cardiaque serait une sortie bien trop douce pour son paternel. Caleb mérite de souffrir. Et s’il meurt aussi stupidement, avant d’avoir découvert ce que son propre fils a manigancé, qu’il est à l’origine de sa déchéance, ce sera un véritable gâchis… Pourtant, Ezra est prêt à prendre ce risque. Jusque là, la chance lui a souri et il veut croire qu’il peut compter encore un moment sur celle-ci, avant que la roue ne tourne.
Taylor lui fait savoir qu’elle n’est pas une meurtrière et ne souhaite pas être mêlée à ça. Alors le trésorier des Kings of Speed ravale son sourire et la fixe haineusement. Ce n’est pas tellement difficile. Elle ne lui inspire pas beaucoup de sympathie… Personne d’autre qu’Alma ne lui inspire quoi que ce soit d’autre que du mépris, du dégoût voir de la haine. Du moins c’est vrai depuis que sa mère, Meredith est morte, victime des coups de son géniteur.
L’interne dépose le papier sur la tablette roulante prêt d’elle, comme si la tenir entre ses mains allait la contaminer d’une façon ou d’une autre, la condamner. Idiote…
« Et qu’est-ce qui me dit que tout ça ne va pas me retomber sur la gueule une fois que votre … frangin, père, cousin, ou je n’sais pas qui de votre famille aura passé l’arme à gauche ? » se défend-t-elle, avant de lui rappeler qu’elle s’est déjà faite avoir une fois et qu’elle ne croit plus vraiment aux promesses du club.
Ezra réfléchi très vite. Doit-il fonctionner à nouveau à la menace et l’obliger à lui obéir ? Il en a les moyens. Mais est-ce que c’est ce qu’il veut faire ? Est-ce qu’il ne serait pas plus distrayant de jouer avec ses nerfs ? Bien évidemment que si…  Plus dangereux aussi mais depuis quand est-ce que ce genre de choses l’arrêtent ?
D’autant qu’encore une fois, depuis quelques temps, tout semble lui réussir… Et Ezra est gonflé de confiance en lui-même, en ses capacités intellectuelles et sa facilité à rebondir et manipuler son monde. Sa décision est vite prise et le motard choisi d’adopter une nouvelle stratégie.

« Vous savez à quel point il aurait été aisé pour moi de grimer le nom sur cette ordonnance ? » lui demande-t-il, son regard sombre et perçant plongé dans celui de son interlocutrice, déstabilisée par toute cette situation. « Très aisé. Pourtant je ne l’ai pas fait. Comme vous l’avez noté en parcourant l’ordonnance, la personne à qui sont destinées ces pilules est un membre de ma famille. Un homme cruel, violent, aussi avide de pouvoir que d’argent et de sang… Cet homme, en plus d’être mon géniteur, est le Président actuel des Kings of Speed. »
Cette révélation fait évidemment l’effet d’une bombe sur son interlocutrice. Ezra savoure l’expression qui se peint sur son visage de manière interne. Il doit faire attention, contrôler chacun des muscles de son propre visage pour ne pas se trahir. Il affiche donc une moue certes déterminée, mais un rien plus douce que depuis le début de leur échange. Comme si tout cela lui pesait mais qu’il n’avait pas d’autre choix… Il fait mine de se livrer, de révéler son véritable visage et de faire tomber le masque de dureté qu’il affichait jusqu’à présent pour asseoir son autorité. Alors que c’est tout à fait l’inverse qui est en train de se passer bien entendu.
« Si ce que je suis en train de faire venait à se savoir…c’est moi qui y passerai. Et croyez-moi, ma mort sera bien plus lente et douloureuse qu’un simple arrêt cardiaque. Mon père y veillera personnellement. Il n’a jamais eu beaucoup de patience ou d’affection pour sa progéniture…  Alors imaginez-le découvrir que son rejeton tente de mettre fin à son règne de terreur ? »
Il lui laisse quelques secondes pour digérer cette information, avant de reprendre.
« Je ne fais pas ça pour prendre sa relève. Vous l’ignorez mais le club ne fonctionne pas comme une monarchie et je ne serai pas nommé Président à sa suite. Je ne suis pas en train de monter un coup d’état… A vrai dire, l’homme qui prendra la relève de Caleb est un homme plus…disons cultivé et altruiste. »
Gabriel ? Cultivé et altruiste ? AH !
« Il ne raisonne pas de la même manière que l’homme à qui ces pilules ont été prescrites. Son but est de rendre notre business légitime et d’éradiquer la drogue de nos rues à nouveau… Mais je vais vous épargner les détails. Ce que vous avez besoin de savoir, c’est que votre geste permettra sans aucun doute d’éviter à un tas d’autres personnes de subir les agissements de notre Président actuel. Je prends un énorme risque en me présentant à vous. D'où toute cette mise en scène » précise Ezra en désignant son bras blessé. « Vous êtes familières, je suppose, avec le dilemme du tramway ou sa variante avec un chirurgien ? » lui demande-t-il, faisant référence aux célèbres expériences de pensée.  


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MessageSujet: Re: I will not repeat myself   Jeu 2 Nov - 14:31

Je joue peut-être gros. C’est même sûr. J’ai pas l’impression qu’Ezra soit du même acabit que Kurtis. Il me laisse une sale impression sans réussir à savoir laquelle précisément. Il me donne la sensation d’être ce scorpion qui frappera quand que je m’y attende.
Vaine tentative de rester droite, sûre de moi, ne serait-ce que quelques secondes pour donner l’impression que certes, il m’impressionne, mais que j’ai pas dit mon dernier mot parce que j’suis pas un putain de pantin et que je refuse d’en arriver à tuer quelqu’un. Indirectement ou non. Pourtant c’est évident je n’vais pas avoir le choix.

- Vous savez à quel point il aurait été aisé pour moi de grimer le nom sur cette ordonnance ?

Son regard sombre capte le mien, je déglutis.

- Très aisé. Pourtant je ne l’ai pas fait. Comme vous l’avez noté en parcourant l’ordonnance, la personne à qui sont destinées ces pilules est un membre de ma famille. Un homme cruel, violent, aussi avide de pouvoir que d’argent et de sang… Cet homme, en plus d’être mon géniteur, est le Président actuel des Kings of Speed

Mon visage marque la surprise, complètement déstabilisée par la situation. J’arrive pas à savoir s’il me mène en bateau ou non, si je dois le croire ou pas… Pourtant, le tableau qu’il peint de cet homme n’est peut-être pas si impossible que ça. Je ne les côtoie pas au jour le jour mais le peu que j’ai vu me suffit. Et par réflexe, je pense au mari de Natalia… Je crois que c’est la seule figure qui parfois, fait pencher la balance. Où j’me dis qu’ils ne sont peut-être pas tous des enfoirés. Quand je vois la gentillesse de sa femme, le caractère insoumis qu’elle a, est-ce qu’elle irait réellement se marier avec un enfoiré de première ? Je sais pas, j’suis paumée.
Ezra affiche un tout autre visage qui me déstabilise et me fout le doute. Profondément.

- Si ce que je suis en train de faire venait à se savoir…c’est moi qui y passerai. Et croyez-moi, ma mort sera bien plus lente et douloureuse qu’un simple arrêt cardiaque. Mon père y veillera personnellement. Il n’a jamais eu beaucoup de patience ou d’affection pour sa progéniture… Alors imaginez-le découvrir que son rejeton tente de mettre fin à son règne de terreur ?

Putain putain putain. Ca m’fout la trouille ce qu’il raconte, me colle une angoisse profonde. En vrai, qu’est-ce que j’en ai à foutre de savoir si son père et lui s’entendent mal au point de se vouloir la mort ? J’ai pas envie d’être impliquée dans cette merde, putain.

- Je ne fais pas ça pour prendre sa relève. Vous l’ignorez mais le club ne fonctionne pas comme une monarchie et je ne serai pas nommé Président à sa suite. Je ne suis pas en train de monter un coup d’état… A vrai dire, l’homme qui prendra la relève de Caleb est un homme plus…disons cultivé et altruiste.

Je l’ignorais ouais et j’aurai préféré continuer d’ignorer tout ce qui les concerne parce que plus j’en sais, plus j’suis coupable et complice.

- Il ne raisonne pas de la même manière que l’homme à qui ces pilules ont été prescrites. Son but est de rendre notre business légitime et d’éradiquer la drogue de nos rues à nouveau… Mais je vais vous épargner les détails. Ce que vous avez besoin de savoir, c’est que votre geste permettra sans aucun doute d’éviter à un tas d’autres personnes de subir les agissements de notre Président actuel. Je prends un énorme risque en me présentant à vous. D'où toute cette mise en scène. Vous êtes familières, je suppose, avec le dilemme du tramway ou sa variante avec un chirurgien ?

Le couperet tombe.
Non seulement je me retrouve mêler à son histoire de famille, mais en plus de ça il joue sur la carte de la culpabilité, essayant d’aiguiser mon devoir de citoyenne. Alors Taylor, es-tu prête à flinguer un vieux connard sadique pour permettre à toute une population de vivre mieux, de vivre correctement ? Est-ce que t’es prête à tuer un homme pour la survie de millier d’autres ?
Je déglutis, me recule légèrement pour le jauger. Tout en lui respire la sincérité, la vérité. Je ne le connais pas, c’est vrai, mais comment est-ce que je pourrais le juger menteur en cette seconde ? C’est un risque à prendre. Soit de l’envoyer se faire foutre et j’m’en mange plein la gueule au risque de laisser passer « la chance » à des milliers de citoyens de ne pas vivre un enfer… soit j’accepte au risque à ce qu’il me mente et de tuer un seul homme.
Voilà le vrai dilemme.

- Je connais oui.

Mots prononcés d’une voix blanche. Je me concentre sur son bras, mâchoire serrée. J’sais pas quoi lui dire, ni quoi faire. J’ai juste la peur au ventre parce que c’est pas le genre de décision qu’on prend à la légère, d’un claquement de doigts.

- J’suppose que quoi que j’fasse ou dise, j’ai pas le choix que d’être mêlée à vos histoires de famille.

J’vais pas commencer avec des pourquoi moi au risque de tourner en rond et de n’avoir de toute façon jamais aucune réponse. Je sens que j’essaie de gagner du temps. Sur quoi ? J’en sais rien parce que quoi que je dise, j’vais devoir le faire. Et c’est sûr que ça m’rassurerait de savoir que celui qui va claquer est de la pire espèce mais j’arrive pas à m’dire que j’vais contribuer à sa mort. J’suis pas une meurtrière…

- Je vais faire vos points de suture et j’irai chercher tout ça après.

Inutile de m’épancher plus sur le sujet, il sait ce que j’entends par là. Je me penche sur sa blessure que je continue de nettoyer puis d’anesthésier avant de le recoudre, sans un mot. J’ai pas envie de parler plus, pas envie de réfléchir à autre chose que ces points de sutures. Je veux pas me dire que le simple fait de donner une boite de médicament conduira un type à la mort parce que sinon je gerbe dans la minute sur son bras et mes baskets. Ça m’angoisse plus que je ne l’aie imaginé.
Les soins se font dans le silence le plus total, interrompu par une infirmière qui vient me demander où ça en est, si la salle est bientôt libre. Je lâche un « dans dix minutes » sans même la regarder tout en autant mes gants que je jette dans une poubelle.

- Je reviens.

Je prends sa putain d’ordonnance et me dirige vers la réserve que je connais désormais par cœur. J’hésite. Cinq longues minutes à rester planter devant le caisson bleu où se trouve la boite de médocs. Cinq minutes où j’me demande ce que je dois faire, si j’dois pas trafiquer le médicament, le remplacer par un autre. Est-ce qu’il y fera vraiment attention, sincèrement ? Et puis merde, s’il dit la vérité, est-ce que ça n’aiderait vraiment pas un peu tout le monde ? J’sais pas si j’suis prête à avoir ça sur la conscience… tout comme j’sais pas si j’suis prête à subir encore leur visite si j’obéis pas.
Je serre les dents, sors rageusement la boite en carton et reviens dans la salle improvisée.

- Est-ce que j’peux au moins oser demander à ce qu’on me foute vraiment la paix après ça ? J’ai pas envie de savoir la suite, pas envie de savoir… Bref, j’veux rien savoir. J’veux juste qu’on me laisse tranquille. J’ai fait ma part.

Je me rappelle parfaitement ce qu’il m’a dit, que j’aurai toujours une dette envers eux quoi que je fasse mais peut-être est-ce l’instinct de survie qui parle ou tout simplement l’espoir qui s’active, celui sincère de pouvoir enfin entrevoir la paix et de croire en ce visage qu’Erza m’a laissé en m’expliquant toute cette merde concernant son père. Me laissant l’espoir d’une bonté réelle.
Je jette le petit sachet en plastique sur la table, qui contient ses propres médicaments pour sa plaie en plus de ce qu’il m’a demandé. J’me sens pas tranquille mais j’essaie de garder un gramme de dignité en restant droite, les mains dans les poches de ma blouse. Je crois que j’ai jamais autant désirée rejoindre la morgue et la compagnie des morts.

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MessageSujet: Re: I will not repeat myself   Dim 5 Nov - 10:43



i will not repeat myself.
ft. Taylor
Il savait que ce genre de discours trouverait une raisonnante dans l’esprit de l’interne en médecine et a vu visiblement vu juste. Il peut voir les fragiles barrières qu’elle s’était construites s’effondrer une à une devant ses yeux. Son expression un peu butée s’évapore comme de la neige exposée à la lumière crue et chaude du soleil. Taylor O’Brien se laisse gagner par le doute maintenant qu’il a subtilement tiré sur quelques cordes sensibles et fait appel à son altruisme. SI certains épouse la vocation de médecin pour la gloire ou le profit, la majorité le font par envie/besoin de venir en aide à leur prochain et il n’a jamais douté que son interlocutrice fasse partie de ceux-là. Sinon pourquoi récupérer la dette de son frère, quitte à compromettre son propre avenir ?
Elle détourne le regard, se concentrant sur les soins qu’elle lui prodigue, malgré le dégoût qu’il lui inspire sans doute. Taylor se résigne. Il le devine avant que sa bouche s’ouvre pour prononcer quelques mots, traduisant son impuissance face à la situation. Ezra ne répond rien, jugeant qu’il est préférable de ne pas trop enfoncer le clou. Il parvient à retenir le sourire de satisfaction qui tente de poindre à ses lèvres finalement ciselées, préférant arborer une expression aussi grave que celle de son interlocutrice. C’est assurément plus approprié. Il ne doit pas avoir l’air de se réjouir de la future chute de son propre géniteur, aussi cruel l’ait-il décrit… Aussi cruel soit-il en vérité, car Caleb est en effet loin d’être un enfant de choeur.
Il ne la remercie pas non plus, jugeant que ce serait une réponse déplacée, sachant ce qu’il lui demande de faire et ce qu’elle éprouve face à tout cela. Donc il se tait et la laisse finir ses soins.
Ezra se détend un peu. Il sait qu’il devra garder la jeune femme à l’oeil, s’assure que l’idée ne lui vienne pas tout à coup d’aller prévenir son père de ses manigances… Mais il doute qu’elle agisse de cette façon. Selon lui, elle va se débarrasser de sa tache aujourd’hui et tenter d’enfouir toute cette sombre histoire très profondément, d’oublier sa part de responsabilité. En est-elle capable ? Il estime que oui. On ne choisit pas cette voie si l’on est une poule mouillée… On ne s’affilie pas à un gang de motard pour vendre des médicaments volés et ainsi éponger la dette d’un proche lorsque l’on n’a pas un minimum de courage. Ezra ne doute pas qu’elle en soit dotée d’une bonne dose. De courage et de bon sens. Parfait pour lui.

Les points posés, Ezra la laisse s’éloigner pour aller quérir ce qu’il l’a chargée de lui rapporter. Il en profite pour vérifier ses messages et s’assurer qu’il n’est pas attendu où que ce soit, puis envoie un SMS à son père pour le prévenir qu’il passera chez lui demain matin, avec son traitement. Les secondes s’écoulent, glissent sur le trentenaire qui ne s’impatiente pas le moins du monde.
Il envisage une seconde que Taylor se dégonfle, et puis se convainc que ça n’arrivera pas. Et ça n’arrive pas.
Elle reparait moins de dix minutes plus tard avec deux boites distinctes. Ce n’est qu’en les apercevant qu’il tique un peu et se fait la remarque qu’il n’a pas pensé à s’assurer de la forme identique ou du moins similaire des cachets. Si ce n’est pas le cas, il se chargera de broyer les pilules et les déplacer dans un autre contenant soluble. Ca lui prendra un peu de temps mais c’est tout à fait réalisable.
« Est-ce que j’peux au moins oser demander à ce qu’on me foute vraiment la paix après ça ? »
Cette fois, Ezra se permet un sourire, en renfilant sa veste, maintenant qu’il sait cette entrevue terminée. Il jette un oeil au contenu du sachet et l’attrape, se redressant face à la brune qui, pour être si petite, fait preuve d’un grand sang froid…
« Je ne peux rien promettre, mais dans la mesure du possible, je tâcherai de vous tenir à l’écart. Je vous l’ai dis plus tôt il me semble; une dette contractée envers les Kings est malheureusement éternelle. Peut-être que nous n’aurons plus jamais besoin de vos services mais…je ne suis pas assez haut placé pour vous le garantir » lui répond-t-il en toute honnêteté, jugeant qu’elle le mérite. « Je suis navré que ces faits ne vous aient pas été exposés clairement dès le départ, Docteur O’Brien. En tout cas, à titre personnel, je ne vous importunerai plus, vous avez ma parole. Du moins tant que vous garderez notre petit arrangement secret. Dans le cas contraire… Qui sait ce qui pourra se produire » termine-t-il dans un sourire énigmatique.
Là-dessus, le sachet en main, sa veste sur le dos, il quitte la pièce de soin sans plus se retourner.  


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