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 911 What's your emergency?

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PRINCESSE DE LA CB ✩◝(◍⌣̎◍)◜✩
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MessageSujet: 911 What's your emergency? Mer 20 Sep - 22:20

911 What's your emergency ?
Taylor & Maeve
••••




Lincoln Park.
Septembre 2017.

Boum....boum....boum.
Quelque chose cloche. Quelque chose d'anormal. Je l'ai senti au réveil ce matin. Mais je ne parviens pas à mettre le doigt dessus. Je me suis sentie nauséeuse presque toute la journée et ai été incapable d'avaler quoi que ce soit de consistant de toute la matinée. Un malaise qui s'est prolongé au travail jusqu'au milieu de l'après midi. Une fatigue extrême qui ne me ressemble pas, des bouffées de chaleur et l'impression d'étouffer dans la boutique dans laquelle pourtant, d'ordinaire, je me sens tout à mon aise. J'ai mis mes quelques étourdissements sur le compte de mon estomac vide et ai continué comme si de rien n'était. Mais je sais que quelque chose ne va pas. Au-delà des nausées et de cette difficulté croissante à respirer. Mes inspirations sont plus profondes, je le sens, comme s'il me fallait faire plus d'effort pour emmagasiner assez d'oxygène, et plus je force pour prendre l'air et le stocker dans mes poumons, plus cela devient physique, et plus la sensation de fatigue grimpe en flèche.
Pourtant, je continue à fermer les yeux, fais ma forte tête et prétends que tout va bien comme si ce simple paraître avait le pouvoir d'annihiler le mal être qui me ronge.

Boum...........boum............boum.
Je serre la main qui se trouve dans la mienne un peu plus fort, entrelace nos doigts avant de fermer les yeux et de défier le soleil de mes paupières closes, sourire aux lèvres. Je stoppe notre marche, profitant des derniers rayons de soleil de cette arrière saison avant que le froid ne s'installe. Rouvrant les yeux, je les pose d'abord un peu plus loin sur les bords du lac Michigan, détaillant un instant les reflets sur l'eau encore claire en cette saison, avant de les poser sur ma petite amie, vers laquelle je me penche pour lui voler un baiser. Un sifflement masculin se fait entendre à nos côtés et sans quitter Taylor des yeux je lève mon majeur dans sa direction, laissant un rire discret passer la barrière de mes lèvres. Un crétin ne peut pas gâcher ce moment, pas plus que la sensation étrange qui ne me quitte jamais vraiment aujourd'hui.
Je suis bien. Je vais bien. Je suis avec la femme que j'aime, dans l'un de mes endroits préférés de la ville. Je suis heureuse comme je ne l'ai plus été depuis ma première séparation avec Taylor et je veux profiter de chaque secondes en sa compagnie.

Boum......................boum........................boum.
Nous reprenons notre marche, en silence. C'est ce que j'aime aussi avec elle. Parfois, il nous arrive de parler des heures entières de tout et de rien, de débattre farouchement sur des sujets de société ou d'autres qui n'ont ni queue ni tête. Et parfois, nous n'avons pas besoin de parler. Nous n'avons pas besoin de mot pour profiter l'une de l'autre.  Juste un contact, comme pour se rassurer de la réelle présence de l'autre, quelques regards et sourires échangés, et ça nous suffit. Ça me rappelle ses longues soirées passées à lire pour moi et à étudier pour elle, chacune à un bout du canapé, avec seulement nos jambes entrelacées et quelques regards par dessus nos bouquins de temps à autres. Juste ça. Et ça me suffit. Je ne demande pas plus.
Je finis par pointer du doigt un banc non loin de nous. J'ai besoin de faire une pause. Maintenant. La tête me tourne quelque peu et je ne veux pas que Taylor s'en aperçoive et se fasse du soucis pour rien. Prenant place sur ce dernier, je me laisse aller contre elle, joue contre son épaule, dérivant vers un stand de friandises diverses et variées. Maintenant que mon estomac ne joue plus du yo-yo dans mon ventre il serait sans doute temps de donner un peu de sucre à mon sang. Assez pour ne pas risquer l'hypoglycémie en tout cas.

« Tu veux me faire plaisir ? » Je relève mon regard vers elle. Le regard auquel je sais, il lui est difficile de résister. « Je pourrais tuer pour une crème glacée, tu veux bien aller m'en chercher une ? S'il te plaît ? » Petit sourire mutin. « Je t'en serai très...très reconnaissante » Je fouille dans mon sac pour y trouver mon porte monnaie et en extirper quelques billets. « Et comme je suis d'une générosité sans limite, tu peux même te prendre ce qui te fait plaisir. » Je lui tends les billets, déposant un baiser au coin de ses lèvres, tout sourire.

Sourire qui se fane quand elle s'éloigne de moi et que je prends une longue et profonde respiration, presque douloureuse tant l'effort me semble intense. Je grimace, fronce les sourcils, présageant tout sauf le meilleur.
Boum...........boum.............................boum.


••••

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MessageSujet: Re: 911 What's your emergency? Ven 6 Oct - 21:15

Un des rares jours où nous réussissons à nous voir en journée sans que ni l’une ni l’autre ne travaille. Sa main dans la mienne, le visage tourné vers le soleil dont j’apprécie les lueurs chaudes, je réajuste sensiblement le boule quies dans mon oreille alors que les jappements d’un chiot me crispent.
Mais je ne bronche pas parce qu’aujourd’hui, rien ne m’enlèvera ce moment de tranquillité et tendresse. Ni mon hyperacousie, ni Cavanaugh qui hante encore parfois mes cauchemars. Auteur de ma liberté évanouie, ce connard m’a littéralement pompée tous espoirs de pouvoir de nouveau vivre en paix. Maintenant, plus de tranquillité, plus de sérénité, juste la crainte qu’un KoS débarque un jour chez moi ou à l’hosto pour me faire de nouveau comprendre que maintenant que j’avais eu à faire à eux, je n’avais plus qu’à me pencher et à bien fermer ma gueule.
Ce sont les lèvres de Maeve qui me ramène à la réalité, celle où j’y suis bien, au moins pour quelques heures. Je ne fais ni attention au sifflement que j’entends, ni à cette honte qui stagne sur mes épaules, celle de n’avoir encore rien dit à Maeve, profitant simplement de ce contact, glissant ma main sur sa hanche.

Pas un mot n’est échangé, juste un regard, un sourire et c’est amplement suffisant. Pas besoin de longs discours, de longues déclarations mielleuses à gerber, nous nous connaissons suffisamment pour nous comprendre et savoir comment l’autre fonctionne. Je crois que de reprendre notre relation a certainement été la meilleure décision prise depuis des mois.
Mes yeux se perdent sur le lac Michigan jusqu’à ce que Maeve me fasse signe de nous arrêter à un banc non très loin de nous.

- Bah alors mamie, on fatigue déjà ?

Je me moque gentiment d’elle-même si ça pourrait être mal placé vu sa condition de santé mais elle me connait suffisamment pour savoir que ça n’a rien de déplacé avec moi. J’effleure ses lèvres des miennes avant de prendre place sur ce banc, ramenant une jambe vers moi. Ma main glisse dans la sienne et je la pose sur ma cuisse, mon doigt effectuant quelques arabesques discrètes sur le dos de sa main, regard perdu sur les autres êtres vivants de ce parc.
Sa tête contre mon épaule, j’inspire profondément, essayant de détendre ce nœud permanent à l’estomac. Je ne peux pas rêver mieux pour cette journée alors merde, profites un peu.

- Tu veux me faire plaisir ?
- Hm ? Je tourne mon visage vers elle. Ça dépend pour quoi !

Mais avec le regard qu’elle me sort, autant dire que j’vais pas résister bien longtemps…

- Je pourrais tuer pour une crème glacée, tu veux bien aller m'en chercher une ? S'il te plaît ?
- Tuer ? Rien que ça ? Alors si tu pouvais te charger du gamin qui n’arrête pas de chialer un peu plus loin, tu me rendrais un très très lourd service…

Non promis, je ne rajouterais pas un meurtre à ma liste de « Case Prison ».

- Je t'en serai très...très reconnaissante
- Si tu me prends par les sentiments.

Je suis une faible personne. Surtout face à ce regard tendre et humide qu’elle me sert puisqu’elle sait que je cèderais. Elle est d’ailleurs l’une de ses seules personnes qui réussit à me faire ployer si rapidement. Elle et Milo sont clairement mes deux talons d’Achille.
Je la laisse fouiller dans son sac et me sortir quelques billets.

- Et comme je suis d'une générosité sans limite, tu peux même te prendre ce qui te fait plaisir.
- Oh mais Madame est bien généreuse. Est-ce que tu es entrain d’insinuer que ma maigre paie d’interne ne me suffit pas pour me payer ma propre glace ?

Et elle n’aurait pas tors puisqu’entre sa paie et la mienne, il y a une bonne différence. J’aurai pu continuer de vendre des médocs pendant un temps, histoire de me faire peu d’argent, de quoi mettre de côté et pour être honnête, j’y ai pensé lorsque j’étais dans la merde jusqu’au coup. Mais lorsque Kurtis m’a annoncé cette liberté – qui n’existe déjà plus… -, ça m’a fait l’effet d’un coup de pieds au cul. Suffisamment pour ne pas continuer mes conneries et ne pas retourner dans la merde.
Et visiblement, j’avais pas besoin de ça pour y retourner à pied joint…

- Je reviens.


Baiser sur le coin des lèvres et je me dirige vers le stand de crème glacée. Certainement l’une des dernières que l’on mangera en vue de l’automne qui se profile. Je scrute le panneau des saveurs, choisi menthe chocolat pour moi et une aux noisette pour Maeve, me faisant tenir la jambe par la vieille femme qui me les prépare soigneusement.
Et je trouve la patience de lui faire la conversation même si je n’suis pas de nature à causer avec les gens pendant 1000 ans, vite ennuyée par leur blabla pour me raconter leur vie. J’en vois déjà suffisamment passer à l’hôpital alors ouais, on peut dire que je réserve toute cette énergie pour ce moment là. Mais aujourd’hui, je suis d’une humeur différente ; Peut-être parce que cette femme m’aide à ne plus voir le pire dans ma vie, peut-être parce que je passe tout simplement un bon moment avec ma petite amie et que tout se passe bien, sans pression, sans ombre au tableau autre que ce KoS qui me hante silencieusement.

- Et bonne journée à vous jeune fille !
- Vous de même, au revoir !

Je marche d’un pas rapide vers Maeve que je retrouve sur le banc où je m’y laisse tomber, lâchant un soupir de soulagement.

- Bah putain, elle en avait des choses à raconter cette dame. En cinq minutes j’ai eu le temps de comprendre qu’elle était divorcée mais qu’elle venait de rencontrer un autre homme qui lui rappelle sa jeunesse un peu aventurière.
Je me tourne vers Maeve et lui tend sa glace. Tiens, goût Noisette pour mademoiselle avec des petits morceaux de biscuits croustillants.

Je marque une pause et fronce les sourcils.

- Mae, ça va pas ?

Je redresse son visage livide d’une main douce mais ferme et constate le tremblement de ses mains.

- Tu n’te sens pas bien ?

Je dépose aussitôt ma glace sur le banc, auscultant d’un œil entrainer les moindres symptômes qui pourraient m’aiguiller, cherchant son regard terni.

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MessageSujet: Re: 911 What's your emergency? Sam 7 Oct - 21:56

911 What's your emergency ?
Taylor & Maeve
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Je la regarde s'éloigner et ferme les yeux, prenant une nouvelle inspiration douloureuse. Tant d'efforts pour un geste normalement si naturel, si inconscient. 'Anormalement normal'. Mes yeux se portent à nouveau sur Taylor qui a atteint le stand et une vague de tristesse m'envahit. De la culpabilité aussi. Je m'en veux de lui faire ça. Je m'en veux de lui faire ça aujourd'hui, de gâcher ce moment de répit que l'on a pourtant dûment mérité. Je m'en veux d'être revenue dans sa vie juste pour lui infliger ça. Et pendant une seconde, une seule unique et petite seconde, je regrette de n'avoir pas disparu entièrement de sa vie pour lui épargner la tristesse de cet instant. Je ferme les yeux et une larme coule le long de ma joue. De peine, de colère aussi. Contre le système de santé américain, contre mon corps défaillant, contre moi-même pour avoir abandonné trop vite, trop tôt. Pour ne pas avoir voulu savoir. D'un geste rageur j'efface cette larme, symbole de tous mes regrets et remords et serre les dents tandis que je cherche l'air dans une profonde inspiration. Plus difficile, plus inutile.
Et j'ai la trouille. Les « peut-être » et les « si » se succèdent dans ma tête et c'est une doucereuse torture dans un futur déjà incertain et dont la brume s'épaissit encore un peu plus.

J'ai peur parce que je sais.

J'ai eu beau fermer les yeux sur ce quelque chose d'anormal toute la journée, je savais. Que ce n'était pas un manque d'appétit seulement causé par un état nauséeux. Que l'état nauséeux n'était pas le résultat d'une indigestion ou d'un quelconque virus en circulation. Que je ne suis pas malade au sens commun du terme comme un rhume ou une grippe. Que ma tête ne me tourne pas à cause d'une banale hypoglycémie. Que cette crème glacée ne changera rien. Bon sang ce que j'aimerais être ignorante en cet instant, ne jamais avoir étudié le corps humain et ses mécanismes, ne pas savoir ce qui est en train de se produire dans mon corps et les conséquences.
Je jette un nouveau coup d'oeil à Taylor, toujours au stand et visiblement en pleine conversation avec une femme. J'en profite pour sortir mon portable de mon sac, tape quelques touches pour activer le compte à rebours sur soixante secondes. Au moment où il démarre, je laisse mon index et mon majeur glisser sur mon poignet et commence à compter chaque fois que je sens pulser contre mes doigts. Un pouls bien trop lent je le sens au fur et à mesure que le temps défile et que je dénombre oralement, en murmurant. Quand mon téléphone sonne pour me signaler la fin de la minute écoulée, je ferme les yeux et retiens un juron. Merde ! C'est trop peu.

Je sais.

Depuis combien de temps mon cœur ne bat pas assez ? Depuis ce matin ? depuis plus longtemps ? Cette fatigue chronique qui semble ne jamais me quitter, depuis combien de temps ? Quelques jours ? Une semaine ? Merde ! Pas maintenant. Pas alors que ma vie prend enfin un tournant qui me plaît, que je me suis faite une raison sur le passé et envisage un avenir. Un avenir à deux. Pas maintenant que j'ai retrouvé Taylor. Si elle savait à quel point je suis désolée. Si elle savait à quel point je peux l'aimer.

Taylor....

Je l'entends revenir à mes côtés mais n'ai pas la force de relever mes yeux vers elle. J'entends qu'elle me parle mais sa voix me paraît lointaine, les mots n'ont pas de sens et ne sont que des bourdonnements inaudibles. Même mon champ de vision semble se restreindre. Une brume noire apparaît en place de ma vision périphérique et je sens mes mains commencer à trembler. Ma respiration s'accélère dans une dernière tentative de relancer la machine, j'ai chaud et froid en même temps et il m'est de plus en plus difficile de rester connectée au monde qui m'entoure, de me souvenir du lieu où je me trouve, où nous nous trouvons. Une main sous mon menton, un visage devant moi dont je ne vois pas les traits, pas précisément. Ma tête est lourde, j'ai envie de dormir, et dans un dernier accès de lucidité, je baisse les yeux sur l'écran de mon téléphone. Je ne vois pas ce qu'il y est écrit mais je n'ai pas besoin de savoir. Mes doigts connaissent le chemin, ils connaissent les touches, savent inconsciemment où taper. Trois chiffres, c'est tout ce qu'il faut. Trois chiffres. 9.......1............1

Je sais.

Je pousse le téléphone sur le banc en direction de la jeune femme, certaine qu'elle comprendra. Au moment où je veux redresser le visage vers elle.....plus rien.

Son corps chute et l'arrière de sa tête vient violemment percuter le bitume, laissant la jeune femme inconsciente.

••••

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MessageSujet: Re: 911 What's your emergency? Mer 18 Oct - 14:51

Je crois que j’ai toujours redoutée ce moment et que quelque part, au fond, je savais qu’il me tomberait sur le .
coin de la gueule. Peut-être pas si vite et pas tout de suite mais un jour. Je n’étais pas non plus dans le déni, je n’ai pas juste pris conscience du temps qui passe. Et cette journée me rappellera autant de fois qu’il le faudra que tout peut vous claquer entre les paumes d’un moment à l’autre.
Comme en cette minute précise de notre vie où je pensais avoir toucher le fond du fond, qu’il ne pouvait rien de m’arriver réellement de pire que de devoir être forcée de faire affaire avec ces enfoirés de KoS.
Oui, jusqu’à cette minute.

Quelque chose ne va pas et je peux simplement le lire dans son regard sans qu’elle n’ait à me le dire clairement. Elle me fixe, n’articule aucun mot, comme perdue dans le vague. Je lui parle, attire son attention mais il y a un truc qui déconne et qui fait qu’elle ne capte pas un seul mot que je lui adresse.

- Maeve ? Je claque des doigts devant ses yeux absents. Putain réponds, qu’est-ce qu’il y a ?

Sa respiration s’accélère et je me redresse légèrement, gardant son menton entre mes doigts.
Crise d’angoisse ? Son cœur qui déraille ?
Mon regard suit ses gestes, celui dans sa main droite où elle tient son téléphone et l’espace d’une seconde, j’en viens à me dire que le temps de chercher nos glaces, juste cinq petites minutes, à suffit pour que quelqu’un lui passe un coup de fil avec une nouvelle suffisamment costaude pour la foutre dans un état pareil.
Jusqu’à ce que je vois « 911 ».
Jusqu’à ce que son corps tombe sur le côté alors que j’essaie de la rattraper en hurlant son nom, emporté dans sa chute. Je heurte le sol sur les genoux, retenant à peine Maeve qui chute, l’arrière de sa tête heurtant le bitume à son tour.

- Merde ! Maeve, tu m’entends ?

Personne proche ou non, mes automatismes de secours se présentent aussi vite que l’adrénaline dans mes veines.
Surtout parce que c’est une personne proche. Comme si l’urgence prenait une ampleur différente, qu’en plus de la vie d’un autre, c’était la vôtre que vous jouiez en cet instant. Mon cœur bat furieusement contre ma poitrine, mon souffle s’écourte alors que ma main se glisse dans la sienne pour savoir si oui ou non elle peut répondre à ma question.
Rien.
Je vérifie aussitôt sa respiration, son cœur qui bat, tous deux présents sans pour autant d’une vaillance extrême.

Position Latérale de Sécurité.
Lui parler, même inconsciente.
911 contacter, déblatérant mon discours comme si j’étais en situation de terrain avec les Ambulanciers. Mon esprit se cloitre dans une bulle de déni, refusant la réalité qui se présente sous mes yeux.
La patiente que les Ambulanciers embarquent n’est pas Maeve, elle n’est pas l’une des personnes qui comptent le plus dans ma vie. Non, ce n’est pas Maeve et son cœur malade et défaillant, qui pourrait à tout moment lâcher.

- Vous êtes une proche ?
- Sa petite amie.

Ce n’est ni ma voix, ni ma propre personne qui les suive. Parce que c’est tout bonnement impossible. Tout le reste de la situation se déroule dans une étrange ambiance, un film sourd et muet, avec un blackout du trajet jusqu’à ce que je foute un pieds à l’hôpital, ma seconde maison.
Toujours un déni des plus complets où par réflexe, je sors les constantes à mon collègue, Thomas, devançant méchamment les ambulanciers mais surtout faisant comme si j’avais trouvé une patiente quelconque en détresse en pleine rue…

… Jusqu’à ce que Thomas me pousse légèrement.

- Ok, merci. On prend la relève Taylor.
- Qu’est-ce que tu fous ? Je m’agrippe aux barreaux du lit, lui lançant un regard noir. Hors de question que j’te laisse l’ausculter. Je m’en charge.
- Tu la connais ?
- Non.
- Donc tu la connais.
- Ecoute, c’est pas le moment de débattre pour savoir si oui ou non j’dois m’en charger ok ? J’connais son dossier médical par cœur alors fais pas chier Thomas.

Il lève les mains en signe de reddition. C’est peut-être à ce moment-là que je commence à comprendre les enjeux, l’angoisse et que la jeune femme encore inconsciente sur le lit que nous plaçons dans un box fermé est ma petite amie. Le choc est violent et la panique commence à s’insinuer là où il ne faut pas, entre les failles de ma conscience déjà fragilisée.
Thomas a raison, je devrais laisser la main à des personnes lucides et surtout neutre pour éviter toutes conneries mais il est hors de question que je me résigne à ne pas au moins assister les examens, quitte à les faire moi-même.

Thomas est toujours là, m’accompagne dans l’examen alors que je lui récite le dossier de Maeve sans rien omettre. Antécédents, examens, chirurgie, maladie. Tout y passe et mon collègue acquiesce, fait la liste en même temps que moi de tous les examens que nous devons lui faire.
Prise de sang, ECG, température, tension.

Entre chaque décision, une inspiration pour éloigner le tsunami d’angoisse qui menace de me submerger. Je ne peux que remercier mes instincts de médecin qui m’aide à garder un œil lucide et un esprit clair sur la situation alors que je n’ai qu’une envie : de gueuler, sur tout le monde, pour n’importe quoi. Sur cette infirmière qui pique un peu trop vite Maeve alors qu’elle fait seulement son job, sur Thomas qui me donne l’impression de mettre 100 ans avant de réussir à me ramener l’ECG alors qu’il ne fait que se presser comme un fou furieux depuis que nous sommes arrivés.
Et Maeve qui ne se réveille toujours pas, comme plongée dans un sommeil éternel, le visage presque paisible.
Je ne me fais pas d’illusion quant à la cause de son malaise et l’idée même que son cœur malade ait pu faire un bond en avant me tétanise. Parce que je n’supporterais pas de la perdre. Pas elle. Pas quand je commence à la retrouver, que nous commençons à construire quelque chose de stable.

Le résultat de l’ECG est limpide et les choses se mettent en place avec évidence. Son cœur bat trop lentement, ce qui entraine une plus faible oxygénation du cerveau et l’effet domino se produit. Fatigue, pâleur, malaise. Maeve en ressentait certainement les effets depuis déjà plusieurs jours sans que je n’en sache rien.

- Taylor, je crois qu’elle se réveille. J’vais chercher le chef.

Un rappel à la réalité aussi efficace qu’un coup de jus dans les mains. Je lâche l’ECG sur la table et me précipite vers elle, glissant aussitôt mes doigts autour de sa paume. Maeve cligne des yeux, reprenant peu à peu conscience, de tout.

- Hey, comment tu te sens.

Mal. Certainement. J’ai la boule au ventre mais ne me défait pas de mon sourire alors que je crève d’inquiétude.

- Tu m’as foutue une de ses peurs. Je caresse tendrement ses cheveux sans la lâcher des yeux. Me refais plus jamais un truc pareil.

Et pourtant, ça arrivera. Encore. Parfois plus sérieusement puisque tant qu’elle n’aura pas un traitement adéquate, Maeve vivra avec une épée de Damoclès au-dessus du crâne.
Et moi avec.

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MessageSujet: Re: 911 What's your emergency? Dim 5 Nov - 4:03

911 What's your emergency ?

Taylor & Maeve
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Et soudain le noir, l'obscurité absolue, le néant le plus ultime. La douleur n'existe plus ici. « Ici » est d'ailleurs un concept abstrait. Il n'y a pas d'ici. Le temps n'a plus d'importance. Il n'est plus palpable. Une seconde, une minute, une heure, comment faire la différence. La conscience n'est plus, les idées se sont envolées, la pensée même n'existe pas. Elle ne sait pas où elle est, n'a plus aucune notion du monde qui l'entoure, qui continue de tourner, immuable, sans se soucier plus de ce qu'il peut advenir de sa personne. Elle n'a plus conscience de rien. Arrêt brutal. Stand by. La machinerie si bien huilée a freiné sa mécanique. Dernier rempart contre l'ennemi cœur mortel.  Système défensif pour se laisser un temps de récupération. Court circuit dans la matrice où l'empereur cerveau n'a plus à diriger. Alors le reste fait son œuvre plus efficacement, machinalement, sans se soucier de déranger le grand manitou. Dame oxygène prend des ailes et s'engouffre dans les tunnels qu'elle a trop longtemps délaissés, ou plus précisément, trop peu empruntés.
Parfois des voix, des échos, un contact contre son front, contre sa joue, contre sa poitrine et son cœur. Puis le noir à nouveau, total. Black out général. L'impression de flotter (ou d'être conduite en ambulance à l'hôpital le plus proche). Et puis de nouveau plus rien. Le noir, l'obscurité absolue, le néant le plus ultime.


[…]

Ma tête. Une douleur vive et soudaine à l'arrière de ma tête. C'est la première pensée qui pénètre ma cervelle alors que je sors peu à peu du brouillard dans lequel je suis plongée. Du moins c'est la sensation que je ressens. Comme un réveil après une nuit alcoolisée ou la redescente d'un très bon LSD. Sans la douleur qui irradie l'arrière de mon crâne et dont je n'identifie pas l'origine.
Allongée. C'est la seconde pensée qui se forme dans mon esprit embrumé. Je suis allongée, sans me rappeler de la façon dont je me suis retrouvée ainsi. Ça ne peut pas être l'alcool ou la drogue, je m'accorde une bière de temps à autres et ai complètement arrêté l'herbe depuis un bon mois. Mes paupières me semblent lourdes, impossibles encore à soulever mais je peux dire au travers de ces dernières qu'une fois ouvertes je rencontrerai une lumière bien trop vive à mon goût, bien trop pour être celle de mon appartement ou celui de Taylor.
Taylor....c'est avec elle que j'étais il y a....il y a combien de temps au juste ? Une heure ? Trois ? Est-ce qu'on est le matin ou le soir ? Je me suis endormie sans m'en rendre compte ? J'essaie de refaire ma journée dans ma tête, difficilement. Le parc, le soleil qui se reflète sur le lac, le bonheur, ma petite amie. Il y a eu l'arrêt sur le banc et la dégustation de glaces....ou alors...est-ce que j'ai mangé cette glace ? Je ne me souviens plus.
Et puis ces voix que je ne connais pas et qui ma paraissent lointaines, cette agitation que je sens. Je ne suis pas chez moi et je commence à angoisser, l'idée m'étant plus que désagréable. J'ai la sensation que mon corps pèse une tonne mais je me concentre sur mes yeux et l'effort considérable qu'il me faut fournir pour parvenir enfin à les ouvrir. Comme prévu c'est une lumière vive qui m'accueille et je les referme aussitôt. Deuxième essai, plus lentement, le temps de m'habituer à cette foutue clarté. Une voix masculine rompt le silence, inconnue, mais les mots sont distordus et je n'en comprends pas le sens. Une main dans la mienne et un corps qui fait légèrement s'affaisser l'endroit où je suis allongée. Je tourne légèrement mon visage vers cette présence rassurante et encore non identifiée. Jusqu'à ce que son odeur vienne chatouiller mon nez et que je reconnaisse Taylor avant même que mes yeux, après de nombreux clignements pour refaire surface complètement, ne rencontrent les siens. Son visage est un peu flou mais je sais que c'est elle.

« Hey, comment tu te sens. »
Ah. Apparemment je suis dans un état qui nécessite qu'on pose ce genre de questions. Sauf que je n'ai pas la réponse. Le reste de mon corps commence seulement à se réveiller et je ne sais toujours pas où je suis ni ce qui est en train de se passer. « Tu m’as foutue une de ses peurs. » Mes sourcils se froncent. Quoi ? Pourquoi ? Et comment ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
Désorientée et perdue, j'essaie alors de me concentrer sur ce qui m'entoure. Tournant mon visage, je retiens difficilement un gémissement de douleur quand l'arrière de mon crâne frotte contre l'oreiller, et quand je parviens enfin à soulever mon bras qui pèse dix fois plus qu'à l'accoutumée, c'est pour sentir un énorme bosse sur le côté gauche. Rouvrant les yeux, je distingue des murs clairs, blancs. La pièce est petite, comme un box d'hôpital. Non ! Pas ça.... je continue mon exploration visuelle lentement, et même sans mes lunettes je commence peu à peu à comprendre. Je vois les machines, je vois le tuyau qui part de mon bras et remonte jusqu'à une poche de liquide transparent. Une perfusion. Je vois un autre tuyau, reliée à une valve d'oxygène et qui va en direction de...je le suis des doigts de ma main libre jusqu'à mon nez où deux canules m'envoient une bonne rasade d'air pur. Et je ferme les yeux, cette fois-ci de frustration, de colère, d'abattement. Je sers un peu plus la main de Taylor dans la mienne. Fais chier. Pas aujourd'hui. Pas maintenant. «  Me refais plus jamais un truc pareil. » Je rouvre les yeux sur elle, sa main caresse mes cheveux et même si je n'ai plus la force de rien, je ne veux pas me montrer faible devant elle. « Je vais faire de mon mieux » Merde ce que ma voix est faible...Je laisse passer un ange, déglutissant avec difficulté. Maintenant que j'ai conscience de ce truc dans mon nez il me chatouille désagréablement. « Est-ce que je me suis.... ? Enfin...qu'est-ce qui s'est passé ? » J'ai besoin de savoir, de remplir les blancs et je me concentre sur sa réponse, acquiesçant silencieusement à ce qu'elle me dit. Je repense à la douleur constante ressentie depuis plusieurs jours, à cette fatigue chronique depuis une bonne semaine. Tout s'imbrique parfaitement pour forme le mur bancal de ma santé. J'aimerais que ce soit une mauvaise blague, un mauvais rêve duquel on se réveille mais il n'en est rien. C'est la réalité. Ma réalité maintenant. La roue tourne et je sais que je suis sur la pente glissante de ma maladie. Elle qui jusque là m'avait foutue la paix refait surface au moment même où ma vie reprenait un sens. Foutu timing. Foutu karma à la con ! Pas maintenant.

Mais même si je suis abattue je ne veux pas le montrer. Ni mon défaitisme croissant. Taylor doit être convaincue que j'y crois. Alors je tourne ça plus légèrement que mon actuel ressenti. « Ça explique l'énorme bosse à l'arrière de ma tête qui me fait un mal de chien » Bien plus que mon cœur dont la douleur s'est d'ailleurs mystérieusement envolée. Je m'en fais la réflexion alors que ma petite amie examine l'arrière de ma tête, m'arrachant une grimace de douleur. Nous sommes interrompues par un homme qui vient de l'autre côté de mon lit. « La belle au bois dormant est réveillée ? » La même voix que celle entendue précédemment et....attendez, la quoi ? Je le dévisage avec plus de mépris que nécessaire, arquant un sourcil vers Taylor qui sait à quel point je ne peux pas piffrer les princesses Disney. Se rendant probablement compte du malaise qu'il a créé il se racle la gorge et enchaîne. « Le docteur Linch est au bloc opératoire mais j'ai fait appeler le nouveau, le Docteur Larsen, il sera là bientôt. » Je fronce à nouveau les sourcils alors qu'il s'adresse à Taylor. Par nouveau j'espère qu'il entend dans cet hôpital, pas nouvellement diplômé. Je n'ai aucune envie d'être un cas d'études. « En attendant il va falloir que je place ces électrodes pour surveiller votre fréquence cardiaque sur une période donnée » Et tandis qu'il prépare le matériel, je commence à percuter que c'est lui qui va placer les électrodes sur moi. En résumé ses mains sur mon corps. « Il est hors de question que vous posiez vos mains sur moi » « Si ça peut vous rassurer je suis tout à fait en mesure de... » « Taylor est tout à fait en mesure de les poser et l'idée est beaucoup moins déplaisante » Je hausse le ton mais l'effort me cloue sur place et je ferme les yeux. Heureusement la petite brune à mes côtés prend le relais et elle a du être plus convaincante que moi car quand je les rouvre le garçon a disparu sans que j'ai réellement eu conscience de leur échange. « Maintenant que j'ai joué les peaux de vache je veux bien être une patiente docile. » Une chance que je porte un chemisier avec boutonnière, ce qui rend la tâche beaucoup plus aisée avec tous ces fils partout. Mon sourire se fane alors que la jeune femme m'aide à déboutonner mon vêtement et je ne peux m'empêcher de rire un peu. « C'est la première fois que tu me déshabilles et que ça ne m'excite même pas un peu » Et s'il faut rire de quelque chose aujourd'hui c'est bien de ça, à défaut d'autre chose.

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MessageSujet: Re: 911 What's your emergency? Lun 13 Nov - 13:53

- Je vais faire de mon mieux

Je la laisse reprendre doucement ses esprits, inquiète certes, mais dissimule mes propres ressentis pour me concentrer uniquement sur elle pour l’instant. Chaque chose en son temps.

-  Est-ce que je me suis.... ? Enfin...qu'est-ce qui s'est passé ?

Je reste assise sur le bord du lit, glisse ma main dans la sienne durant tout ce temps où elle me parle, où je lui parle. Un geste qui se veut rassurant.

- Tu te rappelles que tu m’as demandée de la glace ? J’attends son approbation et poursuis. Je suis partie t’en chercher une et quand je suis revenue, tu étais complètement déconnectée et tu t’es évanouie. J’ai même pas eu le temps de te rattraper. Je grimace en signe d’excuse. Tu n’envoyais plus assez d’oxygène au cerveau du coup il a complètement décroché.

Et nous savons toutes les deux ce que ça implique, ce que cela traduit. Par contre, la question que je me pose est : depuis quand ? Je ne suis pas stupide, elle sait que j’ai dû faire le rapprochement maintenant que j’ai les résultats en main. Depuis quand avait-elle des symptômes ? Ceux que je n’ai pas détecté ? Depuis quand passe-t-elle sous silence des signes avant-coureurs ? Je ne saurais pas dire si je lui en veux parce que je la connais. Au-delà du fait qu’elle n’ait pas voulu m’inquiéter, je mettrais ma main au feu qu’elle  n’ait tout simplement pas eu l’envie de voir la réalité en face, préférant ignorer ces symptômes qui pouvaient peut-être totalement banales. Peut-être que je suis entrain de totalement me planter mais cette vérité ne me parait pas si improbable que ça.

-  Ça explique l'énorme bosse à l'arrière de ma tête qui me fait un mal de chien
- Désolée. Laisse-moi regarder ça.

Que je puisse au moins être utile quelque part. Je me redresse et glisse mes mains derrière sa tête, en douceur, et palpe pour trouver effectivement une grosse bosse.

- Tu ne t’es pas loupée… J’avais oublié que tu ne faisais jamais les choses à moitié.

Tentative d’humour alors que je la sens grimacer sous mes doigts.

- La belle au bois dormant est réveillée ?

HAHA. Un regard vers Maeve et je comprends qu’elle prend au mot ce qu’il vient de lui dire. Je lui affiche un sourire et un regard qui sous-entendent que Thomas plaisante parce que… c’est Thomas. Qui se rend d’ailleurs compte de sa boulette avant de se tourner vers moi.

- Le docteur Linch est au bloc opératoire mais j'ai fait appeler le nouveau, le Docteur Larsen, il sera là bientôt.
- Ca marche.

Dr Lynch n’est peut-être pas le toubib que je porte le plus dans mon cœur mais il est extrêmement doué et j’ai déjà eu la chance de pouvoir bosser à ses côtés durant un stage. Par contre, concernant Larsen, j’connais absolument rien mais j’ai confiance en Thomas pour savoir qu’il ne parlerait pas à n’importe qui du cas de Maeve. Il sait ce qu’il risque s’il la fout entre les mains d’un incompétent : Mon poing dans sa gueule.

- En attendant il va falloir que je place ces électrodes pour surveiller votre fréquence cardiaque sur une période donnée
- Il est hors de question que vous posiez vos mains sur moi

J’aurai peut-être dû prévoir cette réaction alors que Maeve se redresse légèrement, percutant que je suis plus ou moins forcée de rester là en tant qu’accompagnante et non qu’interne.

- Si ça peut vous rassurer je suis tout à fait en mesure de...
- Maeve, il..
- Taylor est tout à fait en mesure de les poser et l'idée est beaucoup moins déplaisante

Elle hausse le ton et je comprends rapidement que ça n’sert absolument à rien d’insister. Et rien que par ça, elle trahit une part d’inquiétude, tout du moins c’est l’impression que j’en ai en cette seconde. Je n’attends pas plus longtemps, laisse Maeve se remettre doucement de cette soudaine émotion sortie de nulle part, comme un élan d’énergie et me dirige vers Thomas.

- Laisse, je m’en charge.
- Mais bordel, j’suis apte à…
- Je t’assure que c’est mieux pour toi comme pour elle. Je sais que t’es apte mais… ça ira plus vite si je m’en occupe.

Il abdique, lève les yeux au ciel et fait demi-tour. J’vais pas lui dire que j’préfère aussi que ça soit moi qui m’en charge parce que je n’veux pas détruire son égo, Thomas ne le mérite pas. C’est un bon interne, il sait ce qu’il fait, j’ai totalement confiance en lui… mais je suis psychologiquement rassurée de me dire que je peux moi-même effectuer ces examens sur ma petite-amie.

-  Maintenant que j'ai joué les peaux de vache je veux bien être une patiente docile.

J’approche la machine et tous ses fils près de son lit, lâchant un rire amusé.

- Tu leur ferais vivre un putain d’enfer, avoue le.

Je déboutonne son chemisier en douceur, sans me défaire de mon sourire.

- C'est la première fois que tu me déshabilles et que ça ne m'excite même pas un peu
- Désolée, c’est pas que le côté patient ne t’aille pas mais idem…

Je lâche un rire en écho au sien, choisissant l’humour et l’ambiance plus détendu pour éviter d’ajouter une couche à ce qu’il s’est passé et se passe actuellement. Nous savons toutes les deux que cet électrocardiogramme ne va pas être brillant et qu’il risque de révéler des failles que nous espérions voir le plus tard possible. J’applique les électrodes de chaque côté de sa poitrine, en douceur même si je ne risque pas de lui faire grand mal avec seulement ça comme outils.
L’installation se fait en silence et une fois terminé, mon regard glisse vers le sien. L’une de mes mains glissent sur sa joue et je viens capturer ses lèvres en douceur, pour un échange tendre et tranquille avant de m’écarter et de retrouver son regard pour me diriger ensuite ver l’appareil que je lance en silence pour surveiller sa fréquence cardiaque sur un temps donné.

Je réceptionne au fur et à mesure l’ECG qui s’étale sous mes yeux et si je ne montre rien pour l’instant, ça ne veut pas dire que l’examen se déroule bien. Non. Sa fréquence cardiaque présente plusieurs anomalies que je détecte au premier coup d’œil et même si une part de moi s’y attendait, je ne peux m’empêcher de sentir une bulle d’angoisse au creux de ma gorge.
Je sens son regard sur moi et je n’compte pas jouer le suspens plus longtemps.

- C’est ce qu’on imaginait. Ta fréquence cardiaque n’est pas assez élevée, tu oxygènes mal ton cerveau et le reste.

Inutile de passer par 150 chemins différents même si ça me tue de lui lâcher ça, comme ça. Même si au fin fond de mon esprit, j’ai la trouille de la suite parce que je suis parfaitement consciente de cette dernière. Il faut envisager une solution, un traitement. Je ne veux pas prendre le risque de la perdre. Je ne veux même pas l’envisager.
L’ECG se poursuit, le résultat reste le même. En soit, ça pourrait être pire mais ce qui m’alarme en cette seconde est qu’à mes yeux, c’est un élément déclencheur de plusieurs autres qui suivront derrière. Le début de la déchéance de sa maladie.

- Il va falloir qu’on te fasse une écho du cœur.

L’examen se termine et j’en retire le papier, continuant d’examiner le tout avant de déposer le résultat sur la machine. Le Dr Larsen examinera tout ça de nouveau et dira probablement la même chose mais une part de moi souhaite en silence que tout ça ne soit qu’un mirage, que la machine déconne ou quoi que ce soit d’autre qui pourrait nous éviter de mettre les deux pieds dans la merde à partir de maintenant.

- Il va surtout te falloir un traitement. Je sais combien il coûte et je me fous de ce que je devrais faire pour t’aider à le payer mais il est hors de question que tu continues de vivre sans le prendre.

Je la connais pratiquement par cœur depuis le temps et j’imagine déjà le discours qu’elle va me sortir, qu’elle ne veut pas que je l’aide à payer, que je l’aide peut-être tout court mais je suis sa nana et plutôt crever que de rester les bras croisés sans rien faire. J’en serais de toute façon incapable donc soit c’est ça, soit j’agis dans son dos et j’ai franchement pas envie d’en arriver là. Nous parlons de sa survie que j’aimerais maintenir au maximum. Quitte à repartir vendre des médocs, tant pis.  
Je m’assoie de nouveau sur le matelas, à côté d’elle tout en prenant tendrement sa main entre les miennes.

- Je ne veux pas prendre le risque de te voir refaire un malaise cardiaque ou pire encore.

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MessageSujet: Re: 911 What's your emergency? Dim 19 Nov - 19:45

911 What's your emergency ?
Taylor & Maeve
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«  Désolée, c’est pas que le côté patient ne t’aille pas mais idem… »
J'arque un sourcil, faussement vexée, mais laisse pourtant un léger rire passer la barrière de mes lèvres tandis qu'elle applique soigneusement les électrodes sur ma poitrine et une partie de mes côtes. J'étudie chacun de ses gestes avec minutie, intéressée de la voir dans son élément. Certes, être la patiente n'a jamais fait partie du tableau quand je l'imaginais avec sa blouse blanche déambuler dans les couloirs de l'hôpital. Et elle n'a même pas sa blouse blanche. Mais je n'en reste pas moins curieuse de connaître cette facette de sa personnalité. Celle que j'ai abandonné plusieurs années auparavant et qui me manque presque tous les jours. Mais j'ai sans doute bien fait. À peine diplômée et officiellement déclarée Docteur, je me serai retrouvée dans un lit d'hôpital, incertaine de passer la trentaine...
Je sors de ces tristes pensées quand la main de Taylor caresse ma joue et réponds tout aussi tendrement au baiser qu'elle m'offre, me forçant à sourire du mieux possible pour donner le change. La machine est lancée, et le suspens n'est pas vraiment au rendez-vous. Ce n'est pas comme si j'étais étrangère à tout ça. Je sais comment fonctionne le corps humain. À l'état moléculaire certes, mais je le connais. La seule différence est que j'étudiais les causes, maintenant je subis les conséquences. Les feuilles sortent et je garde le regard fixé au plafond, ne voulant pas voir les tracés incertains que forme mon cœur. J'acquiesce de façon muette aux paroles de ma petite amie promue nouvellement médecin personnalisé. C'est plutôt ironique dans le fond. J'ai un cœur plus gros que la normale mais qui fonctionne moins bien. Parce que je sais exactement comment évolue la maladie. Que l'hypertrophie du ventricule gauche ne fait qu'augmenter la quantité de tissu obstructif. C'est la raison pour laquelle mon cœur doit fournir plus d'efforts pour jouer son rôle de pompe, jusqu'à l'épuisement. Au moins jusqu'à la première sonnette d'alarme. Peut-être que je devrais personnellement remercier mon cerveau pour avoir éteint la machine afin de mieux relancer le moteur. Je regarde Taylor mettre les résultats sur la machine et me force à ne pas lui demander de jeter un œil. Premièrement parce que je ne veux pas empiéter sur son domaine de compétence. Deuxièmement parce que ce n'est plus mon job. Et enfin parce que je n'ai toujours pas récupéré mes lunettes et que je vois toujours toujours flou passé trente centimètres. J'acquiesce une nouvelle fois quand elle parle d'une écho du cœur. « Tant que tous tes collègues ne voient pas mes nichons... » Jouer la carte de l'humour pour ne pas montrer à quel point ça me touche, à quel point ça m'anéantit un peu plus. Je tourne à nouveau la tête vers elle. « Il va surtout te falloir un traitement. Je sais combien il coûte et je me fous de ce que je devrais faire pour t’aider à le payer mais il est hors de question que tu continues de vivre sans le prendre. » Je ferme les yeux et serre les dents, retirant les électrodes encore sur ma peau avant de les lui tendre, reboutonnant mon chemisier. Je n'ai pas envie d'entendre ça. Pas maintenant. Pas venant d'elle. « Je ne veux pas prendre le risque de te voir refaire un malaise cardiaque ou pire encore. » Sa main dans la mienne. Je n'ai pas la force de lutter, de la contredire ou de me disputer. Parce que je lis sa peur, son appréhension quant aux risques. Parce que je réagirais de la même façon si les rôles étaient inversés. Alors je capitule. « Okay. On fera comme tu veux. » Et je porte sa main à mes lèvres pour y déposer un baiser. « Tout ce que tu veux. » Un léger sourire alors qu'un raclement de gorge nous interrompt.

Je tourne lentement mon visage vers la porte du box où un homme vient d'entrer. Grand, élancé, brun aux yeux marrons et d'une élégance peu commune, il fait quelques pas dans la pièce. « Mademoiselle Wheelan ? » J'acquiesce, méfiante par nature de tout ce qui porte une blouse et un stéthoscope. Même quand ils sont charismatiques et, je dois l'avouer, plutôt séduisants pour....une fin de quarantaine je dirais. « Je suis le docteur Larsen. » Il me laisse un temps mais je ne me perds pas en formule de politesse. « J'aimerais vous poser quelques questions complémentaires auxquelles mademoiselle Obrien » Il relève rapidement son visage vers elle sans visiblement percuter qu'elle travaille  dans le même hôpital que lui « n'a pas pu répondre. » « Elle me connaît par cœur si elle n'a pas pu répondre c'est que je ne peux pas y répondre moi-même. » Mais elle me secoue subtilement le bras pour faire taire mon agressivité et je finis par céder, encourageant le Docteur Larsen et son accent irlandais – à croire que tous les expatriés de cette île se sont donnés rendez-vous ici – à continuer. « Je ne sais pas si vous le savez mais la cause la plus courante pour une CHM (CardioMyopathie Hypertrophique) est » « L'hérédité » Je le coupe histoire que l'échange ne dure pas plus que nécessaire. Il ne se laisse pas démonter pour autant, soutenant mon regard. « Exact. » « J'en sais rien. » Cette fois-ci je le perds. « Vous allez me demander les antécédents médicaux de ma famille. Rien du côté de ma mère. Elle est morte d'une rupture d'anévrisme il y a huit ans mais personne n'avait un cœur aussi solide qu'elle. Quant à mes grands parents maternels ils ont presque quatre vingts ans et se portent très bien. Alors si c'est héréditaire ça vient du côté de mon père, sauf que je ne sais pas qui il est. » Il acquiesce, note les informations sur le dossier qu'il tient en main, sans montrer aucune émotion particulière. « Diagnostiquée il y a six ans ? » « Oui » « D'autres symptômes avant votre malaise ?» « Une douleur à la poitrine il y a quelques mois. Autrement rien. » Je le laisse noter. Il est plutôt direct, ne fait pas dans le sentimentalisme ou la douceur. J'aime plutôt ça à dire vrai. La pitié et la condescendance me donnent envie de gerber en temps normal. « Aucun traitement ? » « Non. » « Pas d'assurance ? » Je fais non de la tête et il acquiesce à nouveau, ses yeux louchant sur les résultats de l'ECG. Pensant probablement qu'un autre interne me l'a fait il nie complètement Taylor et étudie les différentes feuilles pendant une bonne minute, avant de revenir au pied de mon lit pour noter à nouveau. Relevant les yeux sur moi avec ce même détachement presque surjoué, il me fixe durant quelques secondes et tandis que j'étudie moi-même ses traits, un sentiment familier vient me troubler. « Vous voulez la version compatissante et plein de bons sentiments ou la version directe et honnête ? » Bah merde, pourquoi les toubibs ne sont pas tous comme lui ? « Version numéro 2 » « C'est plutôt mauvais. Votre cœur bat trop lentement et il y a trop d'irrégularités dans une mesure de temps aussi courte. Votre cœur fournit trop d'efforts au travail, pour un travail sans trop de résultats. Il oxygène mal votre sang, qui arrive à votre cerveau appauvrit. D'où votre malaise. Mais...ça pourrait être pire. Pour quelqu'un qui ne prend aucun traitement, qui ne se nourrit pas vraiment de manière saine et qui prend régulièrement de l'herbe... » Mes yeux s'ouvrent comme des soucoupes avant de tourner mon visage vers Taylor, qui a du fournir ces informations pendant que j'étais encore endormie. « Vous vous en sortez pas trop mal mademoiselle Wheelan. Pour le moment. Mais il va falloir faire mieux. »

Je serre les dents, faisant signe à ma petite amie de m'aider à me redresser dans le lit, m'adossant contre l'oreiller. Il ne mentait pas quand il disait être direct mais c'était mon choix. Et puis je préfère ça plutôt que tourner autour du pot. Je prends une profonde inspiration, douloureuse, avant de relever à nouveau mes yeux vers lui. « C'est à dire ? » Il attend quelques secondes. « Une nutritionniste va venir vous voir demain pour mettre au point un régime alimentaire plus sain. Il va falloir dire adieu à certains lipides j'en ai bien peur. Je vais vous prescrire un médicament pour maîtriser votre pression artérielle et tenter de réduire l'hypertrophie de vote ventricule gauche. Il n'est pas très cher si ça peut vous rassurer. Plus d'alcool, évidemment plus d'herbe ni autre drogue sauf celle que je vous prescrirai. Et je vous garde en observation ici une semaine. » « Une semaine ? » Je m'apprête à protester mais Taylor m'en empêche. « Oh j'oubliais. Pas de sexe pendant un mois ? » « Quoi ? » J'ouvre à nouveau grand les yeux. « Un mois ? » « A moins que vous vouliez risquer un infarctus, oui, un mois. » Je serre les dents, frustrée de cet entretien. Enfin, niveau frustration, je n'en suis visiblement qu'au début. « Je vous déteste ! » Il se permet un petit rire discret. Quel con ! « Vous m'aimerez davantage quand j'aurais contribué à vous sauver la vie. Et j'imagine que votre amie s'assurera que vous tenez vos engagements ? » Et nous tournons tous les deux notre visage vers Taylor, moi avec ma tête des mauvais jours.

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MessageSujet: Re: 911 What's your emergency? Ven 8 Déc - 12:19

Je m’attends à ce qu’elle gueule, à ce qu’elle se rebelle un minimum mais il n’en est rien. Je fais clairement face à une Maeve épuisée, abattue. Ca ne fait que grossir ma propre peur et angoisse que je dissimule pourtant derrière un visage rassurant. La dernière chose dont elle a besoin c’est à ce qu’on lui rajoute une couche sur tout.

- Okay. On fera comme tu veux. Je la regarde embrasser ma main, lui offrant un sourire tranquille. Tout ce que tu veux.

Et tout ce que je veux, c’est que tu t’en sortes. Peu importe le prix que ça me coûtera.
Un raclement de gorge me fait sursautée et je me tourne vers l’origine du bruit pour faire face à un toubib. Grand, brun, yeux foncés, avec une certaine classe… Nous faisons visiblement face à ce fameux Larsen.

- Mademoiselle Wheelan ? Je suis le docteur Larsen. J'aimerais vous poser quelques questions complémentaires auxquelles mademoiselle Obrien n'a pas pu répondre.

Il ne me connait visiblement pas mais c’est pas comme si nous avions grand espoir, nous interne, que nos chefs nous connaissent tous par cœur.  Je m’installe aux côtés de ma petite amie, refusant de la lâcher un seul instant, tout aussi prête qu’elle à entendre ce qu’il a à lui dire.

-  Elle me connaît par cœur si elle n'a pas pu répondre c'est que je ne peux pas y répondre moi-même.

Légère secousse du bras, l’air de rien. Message codé, traduction : on se la joue cool chérie, il n’est pas là pour que tu lui arraches la jugulaire dès la première question…
Et la discussion entre eux deux s’enclanche. D’actrice je passe à spectatrice et les contemples entrain d’échanger sans intervenir mais ça n’est pas pour autant que je ne prête pas attention à ce qu’il se dit. Au contraire, je prends note de tout nouvel élément même si, effectivement, je connais déjà le dossier de ma petite amie par cœur pour l’avoir lu et relu un million de fois. Et pendant tout ce temps, Larsen ne s’adresse qu’à Maeve, ignorant totalement mon existence, comme un élément secondaire du décor de cette foutue chambre. Je ne dis rien, observe alors que les yeux du Chef parcoure les résultats de l’ECG que nous connaissons déjà.
L’échange reprend, ma main glissant dans celle de Maeve, toujours silencieuse. Elle choisit l’option la moins tendre, sans surprise et même si je me doute grandement du résultat, l’entendre de la bouche de quelqu’un d’autre ne fait que renforcer l’angoisse silencieuse qui grandit un peu plus à chaque seconde où les pires scénarios se profilent. Je ne peux me résoudre de la perdre. Il aborde le sujet de son hygiène de vie qui est, pour ainsi dire, chaotique.

Les yeux de Maeve se braque sur moi et je la regarde, sans culpabiliser un seul instant d’avoir fait part de toutes ces informations puisqu’il en va de sa santé voir, à ce stade, de sa survie. Je hausse les épaules, sans vraiment être désolée. Elle a voulu une petite amie toubib, non ?
Je l’aide à se redresser contre son oreiller pour qu’elle soit plus à l’aise avant de me tourner de nouveau vers le Dr Larsen qui est d’une franchise à toute épreuve tout en gardant un certain tact. Sa manière de s’y prendre est tout aussi classe que lui. Larsen énumère les solutions, un médoc qui aiderait en attendant de mieux, une meilleure hygiène de vie et bien évidemment…

- Et je vous garde en observation ici une semaine.
- Une semaine ?

Si Maeve est surprise, moi non. Il leur faut au moins ça pour vérifier ses constantes sur le long terme, voir l’amélioration avec un régime sain et un vrai repos.

- Oh j'oubliais. Pas de sexe pendant un mois ?
- Quoi ? Un mois ?
-  A moins que vous vouliez risquer un infarctus, oui, un mois.

Génial… C’est pas comme si la situation était déjà moyenne, angoissante et triste. Et si moi je suis déjà assez demandeuse dans l’intimité, ça se voit que Larsen ne connait pas encore Maeve.

- Je vous déteste

Moi aussi, mais je me contente de rester silencieuse.

- Vous m'aimerez davantage quand j'aurais contribué à vous sauver la vie. Et j'imagine que votre amie s'assurera que vous tenez vos engagements ?

Ah, ç a y est, Monsieur le Chef se souvient que j’existe.
Bonsoir.

- Etant donné que je ne tiens pas à voir ma petite amie mourir, je pense que c’est faisable.

Et ils comprennent bien tous les deux que le « je pense » est en réalité un « elle n’a pas le choix » parce que je peux aussi me trouver être douce qu’exigeante même si tout ça nous promet de longue journée de frustration, de bouderie à la voir râler et d’agacement à la chaine. Je connais Maeve, s’il y a bien une chose qu’elle ne supporte pas ce sont les restrictions. Plus vous la brider, plus elle vous enverra vous faire foutre pour faire tout l’inverse.
Mais cette fois, c’est de sa vie que l’on parle et quitte à ce qu’elle m’envoie chier, oui, elle se maintiendra aussi bien au régime alimentaire que physique.

- Parfait. Je crois que j’ai fais le tour. Nous allons démarrer le traitement dès maintenant, vous devriez en sentir les effets d’ici demain. Je repasserais en fin de journée pour reprendre vos constantes et vérifier que tout va bien. D’ici là, reposez-vous.

Il nous salut d’un bref sourire et prend la porte de la sortie, nous laissant de nouveau seules dans la chambre. Un bref silence s’installe, je pousse un soupire.

- Bon… Je me tourne vers Maeve, sourire en coin. Prête pour une nouvelle vie plus saine avec pleins de légumes à  la vapeur et du poisson ?

Adieu les graisses malsaines et bonjour les produits pleins de bonnes choses qu’on n’mange jamais parce que rien qu’à en voir la gueule, on se fait déjà chier. Mais je sais que ça n’est certainement pas cet aspect du « régime » qui la fait le plus chier…

- Tu penses que tu vas survivre sans devoir passer de nuits endiablées ? Je m’assoie à ses côtés, garde sa main dans la mienne et dépose un baiser furtif sur ses lèvres. Dis-toi que ça n’en sera que meilleur quand tu seras de nouveau d’attaque.

Nouveau baiser alors que je me redresse pour lui faire face, sourire en coin. Elle fait déjà certainement la gueule mais c’est pour son bien, encore une fois et honnêtement, j’ai pas envie qu’elle me fasse un arrêt cardiaque en plein action même si pour certain, c’est là l’une des plus belles morts que l’on puisse avoir… Personnellement, je préfère sincèrement éviter ce traumatisme.

- Et ne rêve pas, ça sera régime pour toutes les deux, hors de question que l’on prenne le moindre risque. Ne m’oblige pas à ne plus passer une seule nuit chez toi.

Suffit de la connaitre pour savoir qu’elle trouvera un stratagème pour contourner la règle parce qu’elle est terriblement têtue et que quand madame a décidée que… Il va de soit que je grossis le trait et l’emmerde un peu histoire de dédramatiser un peu la situation, pour rendre tout ça moins dramatique même si ça ne change ni le fond, ni la forme. L’inquiétude plane, reste, s’accroche mais je me focalise sur ma petite amie pour lui apporter le soutient dont elle a besoin.

- Je ramènerai Einstein chez moi histoire qu’il ne soit pas tout seul et qu’il ne meurt pas de faim. Mon regard glisse vers le sien, rassurant, tranquille. En attendant, toi tu vas te reposer, reprendre des forces et essayer de ne traumatiser aucune infirmière et aucun interne. Je marque une pause, mes doigts esquissant quelques arabesques sur le dos de sa main jusqu’à son poignet. Est-ce que ça va aller ? Tu veux que j’te ramène des bouquins ou quelque chose d’autres histoire de pas trop t’emmerder ?

L’idée qu’elle passe la semaine ici ne m’enchante pas des masses mais j’aurai au moins la sécurité de me dire qu’elle est entourée d’un personnel compétant qui saura la prendre en charge si jamais ça ne va pas. Mais à en croire Larsen, tout porte à espérer que si Maeve suit ses directives à la lettre, elle pourrait aller un poil mieux. La question du traitement reste toujours présente et ça me laisse au moins 7 jours pour prévoir une solution qui m’aidera à lui fournir ce dont elle a besoin. Peut importe la manière, il est hors de question que je reste les bras croisés à la regarder s’affaiblir sans agir.

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MessageSujet: Re: 911 What's your emergency? Lun 25 Déc - 0:25

911 What's your emergency ?
Taylor & Maeve
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« Étant donné que je ne tiens pas à voir ma petite amie mourir, je pense que c’est faisable. »

J'ouvre la bouche pour protester mais aucun son ne passe la barrière de mes lèvres, préférant finalement serrer les mâchoires à l'extrême. Faisable ? Faisable ? Et bien non, je ne crois pas que ce soit faisable. Cette maladie m'a déjà pris assez de choses. Des études passionnantes, un métier dont j'ai toujours rêvé. Elle a salopé une première fois ma relation avec Taylor. Plus ce qui est arrivé aujourd'hui. Et maintenant elle veut aussi me retirer ma vie sexuelle active ? Ma vie sexuelle plus qu'active ! Un mois. Trente putain de jours. Je ne suis jamais restée aussi longtemps sans sexe depuis.....bah depuis que je pratique. Et même ma petite amie, pourtant demandeuse, balance tout haut que c'est rideau, ceinture, chasteté et compagnie. Et la frustration prend le pas sur la douleur, sur la fatigue, sur la colère d'être prise au piège ici. La frustration de me dire que je ne suis maintenant plus libre de faire ce que je veux. Au-delà même de mes nuits acrobatiques avec  Tay' ou du régime alimentaire qui m'est imposé. Ces consignes, ces interdits, sont un nouveau pas vers une vie à laquelle je ne suis pas prête de participer, à laquelle je ne veux pas être actrice. Je n'ai pas envie de faire attention, je n'ai pas envie de me priver, pas envie de m'inquiéter à tout bout de champ ou de sentir que l'on s'inquiète pour moi. Mais ça y est. J'y suis. Sans le vouloir, j'ai glissé un peu plus vers cette vie et ça me frustre. Ce n'est pas comme ça que j'ai envie de vivre. Et pourtant c'est ce que je m'apprête à faire. Pour elle. Pour Taylor. J'aimerais dire pour moi en premier lieu mais c'est faux. C'est pour elle que je me battrai, pour elle que j'essaierai.

Je laisse le docteur quitter le box dans lequel je suis installée sans plus lui adresser le moindre mot ni le moindre regard, tentant de digérer progressivement tout ce qui vient d'être dit. « Prête pour une nouvelle vie plus saine avec pleins de légumes à  la vapeur et du poisson ? » Je lui lance un regard noir. « Haha , vachement drôle. Tu sais que je déteste le poisson, ils pissent dans la mer c'est dégueulasse » Oui, une excuse sans fondement mais je reste une carnassière, une vraie. Le poisson blanc vapeur et les légumes verts, très peu pour moi. Jusqu'à aujourd'hui apparemment. Ô joie ! Mais cette garce ne s'arrête pas là. Elle continue sur sa lancée et me nargue ouvertement sur mon gros appétit – et on ne parle plus de poisson – apparemment très fière de son petit effet. « Boucle là Obrien ! » Mais je suis faible et j'accepte quand même son baiser, me disant que c'est tout ce dont je peux encore profiter. Ses lèvres sur les miennes, et nul part ailleurs avant un très, très long moment. Un interminable moment. « Et ne rêve pas, ça sera régime pour toutes les deux, hors de question que l’on prenne le moindre risque. Ne m’oblige pas à ne plus passer une seule nuit chez toi. » « Quoi j'ai même pas le droit de te tripoter ou... » Je laisse mes doigts dériver sur sa cuisse. « Jouer ma meilleure partition dans ta petite culotte ? » Mais elle a l'air décidé et j'abandonne, soufflant comme une gosse qu'on a privé de dessert, ce qui d'ailleurs est le cas. Des légumes vapeurs et pas de dessert. Et on verra si elle tiendra. Au bout d'un certain temps, avec une approche subtile....je masque le sourire qui menace de percer et garde mon sérieux, laissant un bâillement trahir mon état de fatigue. Personne ne soupçonne à quel point il est épuisement de tomber dans les pommes.

J'acquiesce quand elle m'informe de ses intentions envers mon rat. C'est pas l'animal le plus chiant ou le plus encombrant du monde. Et un sourire pervers naît sur mes lèvres à sa seconde requête sur ne pas traumatiser le personnel soignant. « Ils vont tellement se souvenir de moi » Et pas pour de bonnes raisons. Je suis une patiente tellement horrible. « Hum ouais ramène-moi mon lecteur DVD portable avec la housse qui contient les films évidemment, les trois derniers bouquins que j'ai achetés qui sont sur ma table de nuit. Mes affaires de toilettes, le savon des hôpitaux arrache la peau et j'ai pas envie de sentir comme cet endroit. Mon Mp3, je peux pas survivre sans musique, et le dernier magasine de sciences que j'ai pas fini, il traîne dans mon salon. Et des autres fringues, tu sais où elles sont. Et un paquet de cookies double pépites de chocolat. Non ? » Je hausse les épaules. « J'avais le droit d'essayer. » Je marque une pause. Je n'ai aucune envie de me retrouver seule ici, dans cet endroit. Mais je suis épuisée, stockant dans mes dernières réserves. « Mais oui, ça va aller. Je te promets. Je vais me reposer j'en ai besoin » et comme pour me trahir un peu plus je baille une seconde fois, un peu trop longuement, ce qui me fait sourire. Je n'ai pas réellement d'autres options de toute façon. « Allez approche Obrien ! Embrasse-moi. Et t'as intérêt d'être convaincante, je n'ai droit qu'à ça pendant un mois. » Un défi pour la plaisanterie mais je savoure ce baiser, la retenant volontairement contre moi par le col de son t-shirt, prenant le temps, m'enivrant de son contact et de son odeur. Je la libère enfin, la laissant se redresser. « Allez file d'ici, j'ai besoin de dormir » Et probablement de chialer. Mais c'est un sourire qui accompagne mes derniers mots, plutôt convaincant pour la circonstance.




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by Wiise

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Tell me, sister Morphine, when are you coming round again?
Oh, I don't think I can wait that long
Oh, you see that I'm not that strong
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