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 (-18) Life, changes in an instant. Turns on a dime. [Leo]

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MessageSujet: (-18) Life, changes in an instant. Turns on a dime. [Leo]   Lun 25 Sep - 18:53

Life, changes in an instant. Turns on a dime.



Une once de nervosité alors que j’appuie sur le petit bouton pour lancer le facetime avec Jess. Cela fait un long moment que nous n’en avons pas fait, parce que je ne préférais pas qu’elle me voit dans l’état dans lequel j’étais. Les choses se sont dégradées, j’avais une mine horrible et je ne voulais pas qu’elle me voit comme ça. Elle aurait été trop inquiète et puis elle aurait posé tout un tas de questions auxquelles je ne voulais pas répondre. Mais ça va mieux. En trois semaines, je me suis vu retrouver des couleurs, reprendre un peu de poids. Je me suis vu revivre et j’ai conscience qu’elle va s’en rendre compte. J’ai conscience qu’il va y avoir des questions mais je suis enfin prêt à lui répondre. Enfin. Alors mon doigt appuie sur la petite icône et je prends une profonde inspiration alors que le petit bip d’attente retentit. J’aperçois mon propre visage dans le petit rectangle et ça va, j’ai bonne mine. J’attends la connexion qui ne vient pas. Peut-être qu’elle est occupée, qu’elle ne va p… Ah. Si. La voilà. Je souris.

« Salut papa !
- Bonjour ma grande.
- C’est une bonne surprise. D’habitude c’est moi qui appelle.
- Je sais. Désolé.
- Non pas grave ! Je suis contente de te voir ! Tu as l’air en forme papa.
- Oui, ça va. Et toi ?
- Oui bien. Mais t’es où là ? C’est pas ta vieille chambre d’hôtel là si ? »

Bien sûr qu’elle remarque. Les murs de l’appartement de Leo n’ont rien à voir avec la miteuse chambre d’hôtel dans laquelle j’ai vécu pendant plusieurs mois.

« Non. Je n’y vis plus.
- Quoi ? Mais tu as déménagé quand ?
- Y’a trois semaines.
- Tu aurais pu me le dire ! En plus ça a l’air sympa. Tu me montres ? »

Et sur quoi je lui fais faire un petit tour du propriétaire avant de me réinstaller sur le canapé.

« C’est chouette. Je vais pouvoir venir te voir du coup !
- Faudra que je pose la question à la personne avec laquelle je vis d’abord mais je pense que la réponse sera que tu peux venir quand tu veux. »

Voilà une première bombe lâchée. Je sais qu’elle va comprendre. Les informations vont faire leur chemin et elle va comprendre. Le petit sourire que j’affiche va l’y aider.

« Comment ça la personne avec laquelle tu vis ? Tu veux dire que t’as pris une coloc’ ? »

Je ne réponds rien, me contente de sourire, affichant et j’en ai conscience, un air quelque peu béat.

« Oh ! OH ! Tu vis avec quelqu’un ! Tu as rencontré quelqu’un ! Papa c’est génial ! Je suis super contente pour toi !
- Merci ma grande.
- Mais pourquoi tu m’as rien dit ?!
- Parce que ça a été compliqué. Par ma faute. Et du coup ça a pris un peu de temps avant que ça ne devienne sérieux.
- Bon. Je veux tout savoir papa. Ou tu l’as rencontrée ? Comment elle s’appelle ? Ce qu’elle fait dans la vie ! Tout ! »

Elle est exctatique et mon sourire n’en est plus grand, bien que j’aie conscience que je suis sur le point de lâcher deux autres bombes et en même temps.

« Alors il s’appelle Leo et je l’ai rencontré dans un bar. Il était infirmier mais maintenant il travaille avec des personnes âgées. »

Le visage de Jess perd son sourire, elle fronce les sourcils.

« Quoi ? Tu as dit…
- Qu’il s’appelle Leo et qu…
- Oui déjà on s’arrête là. Quoi ? »

Silence. Nous nous fixons et elle éclate de rire.

« Très drôle ! Tu as failli m’avoir ! Bon, sérieusement papa !
- Je suis très sérieux Jess. »

Et ses yeux s’écarquillent.

« QUOI ?! » qu’elle hurle.

Bon, je m’y attendais. C’est surprenant c’est vrai.

« Mais tu… Hein ? Com… Attends… »

J’attends. Ne dis rien. Elle réfléchit.

« Hein ? » qu’elle répète et je ne peux m’empêcher de sourire parce que c’est drôle. Sa réaction est drôle. « Non mais depuis quand tu es gay papa ?! »

Une petite rectification s’impose.

« Alors je ne suis pas gay, je suis bisexuel.
- Ah oui et depuis quand ?
- Depuis toujours.
- PARDON ?!
- J’étais même en couple avec un homme juste avant de rencontrer ta mère en fait.
- Non mais j’hallucine ! Pourquoi tu ne m’as jamais rien dit ?
- Parce que je ne te parle pas de ma vie sexuelle comme tu ne me parles pas de ta vie sexuelle. »

Tout simplement. Elle en referme la bouche, reprend un air songeur.

« Oui. Pas faux. Mais quand même… Ouah… C’est...
- Oui ?...
- Je sais pas. C’est juste que ça me fait un peu bizarre, c’est tout. J’étais loin de m’imaginer… Mais bon… Leo tu as dit ?
- Oui. Leo. »

Je sais que mes yeux se remettent à pétiller. Je le sais. Elle s’en rend compte d’ailleurs. Elle sourit.

« Oh… T’es carrément raide dingue de ce gars en fait…
- Oui. Raide dingue.
- Tant mieux. Je suis contente pour toi. »

Elle est incroyable. Juste incroyable. Je souris de plus belle.

« Et donc vous vous êtes rencontrés dans un b… »

Elle s’arrête. Elle s’arrête parce que je sais qu’elle percute. Je perds mon sourire. Elle aussi d’ailleurs. Son visage se ferme.

« Tu rebois ?...
- Plus maintenant.
- Papa…
- Je suis sobre depuis trois semaines maintenant. »

Bien sûr, cela sous-entend qu’avant ces trois semaines j’avais repris ma consommation alcoolique. Je vois son regard changer. Je vois de la tristesse et ça me brise le cœur.

« Jess…
- Mais tu as réussi à rester sobre plus d’un an ! Pourquoi ? Quand ?
- Quand à ton avis ? »

Je réponds parce qu’elle n’est pas bête. Elle va forcément faire le rapprochement. Et elle le fait. Elle porte sa main à sa bouche, je la vois lutter contre des larmes. Je lutte moi aussi.

« Oh papa…
- J’ai craqué après la rupture avec Sav. J’ai fait que ce que je savais faire : j’ai bu pour oublier. Je t’ai rien dit parce que je ne voulais pas que tu t’inquiètes et aussi parce que je ne voulais pas que tu me fasses la morale. Ou qu’on se fache encore…
- Papa…
- Mais ça va maintenant. Je t’assure. Je gère.
- Sûr ?
- Oui. Sûr. Tout va bien.
- Grâce à Leo ?
- Oui… »

Nouveau sourire de ma part. Elle aussi.

« Je peux le rencontrer ? Il est là ? »

La question me surprend.

« Euh là non. Il est au travail.
- Ah…
- Demain ? On peut faire un facetime demain si tu veux.
- Ok ! Demain alors ! Et je viens vous voir dès que c’est possible, d’accord ?
- Oui. J’ai hâte. Tu m’as manquée.
- Toi aussi papa… Par contre, juste un truc.
- Oui ?
- Faut que tu arrêtes de m’éloigner, de me mettre à part. Tu sais, je peux être là pour toi, pour t’aider, d’accord ? »

Je hoche la tête, souris avec tendresse.

« Promis.
- Je dois te laisser.
- D’accord. A demain alors ?
- Oui à demain.
- Je t’aime Jess.
- Moi aussi je t’aime papa. »

|-|-|

Doigts entrelacés à ceux de Leo, nous nous avançons dans la rue assez calme en ce début de soirée. Il m’emmène dans un petit restaurant que je ne connais pas. Visiblement l’endroit est assez caché mais ils y font de l’excellente cuisine. Je fais confiance à Leo, je sais qu’il va forcément m’emmener dans un endroit que je vais aimer. Cette soirée à deux, nous l’attendons depuis un moment maintenant. Je ne me sentais pas assez bien pour sortir, pas assez prêt pour aller dans un restaurant où tout un tas d’alcool serait disponible mais je me sens prêt à présent. Et la conversation avec Jess ne fait que m’aider à me sentir encore plus prêt : je veux la rassurer et la rendre fière de son père. En parlant de Jess, j’explique à Leo la dite conversation.

« Tu aurais vu sa tête quand j’ai dit ton prénom. Elle a d’abord cru que je lui faisais une blague et après quand elle a réalisé que j’étais sérieux… J’avoue, c’était drôle. »

Je laisse d’ailleurs échapper un petit rire.

« Et finalement, elle a été incroyable. Elle s’est juste réjouie. »

Je souris en tournant mon regard vers Leo tout en continuant à marcher.

« Je suis tellement fier de la jeune femme qu’elle est… Trop fier. »

On ne peut plus fier oui.

« Du coup elle veut te voir. Je lui ai promis un facetime demain et elle viendra nous voir dès qu’elle pourra. »

Je dépasse Leo pour me mettre face à lui. Nous  nous arrêtons et je plonge mon regard dans le sien, toujours ce sourire aux lèvres.

« Je suis heureux. Tu vas rencontrer ma fille… »

Pour moi c’est merveilleux, qu’il la rencontre, qu’elle le rencontre, qu’ils se rencontrent, que ces deux personnes si importantes pour moi se connaissent enfin. Et doucement, tout doucement, mon cœur se serre parce que je réalise que ça ne me suffit pas. Mon sourire se fane, je sens mon regard se voiler. Mes deux mains viennent finalement prendre celles de Leo.

« Dis… J’aimerais bien… » Je déglutis. « J’aimerais bien qu’on aille, dès qu’on pourra, jusqu’à Wauwatosa. » Un silence. « J’aimerais bien te présenter Jason… »

Les larmes me montent, je ne les retiens pas. Devant Leo je ne retiens rien. Jamais. A travers mes larmes cependant, j’esquisse un petit sourire. Je veux juste l’emmener là-bas, près de mon fils. Je veux partager ça avec Leo. Je veux tout partager. Pour toute réponse, c’est sa main sur ma joue, un sourire et un baiser. Un baiser que j’accueille, goûte, savoure, en l’enlaçant lui.

« Hey les pédés, vous pourriez faire ça en privé ! »

Les mots claquent comme un fouet et je me fige au même moment que Leo. Un regard échangé et je me recule un peu pour tourner mon visage et regarder dans la direction d’où est venue la voix. Juste là, au coin de la ruelle, trois types. Trois types qui nous regardent avec mépris, je perçois même de la violence dans leurs regards. Oui, ils nous fusillent du regard. Et moi… Moi, mon sang commence déjà à bouillonner.

« Quoi ? Qu’est-ce que tu viens de dire ?
- Putain, pédé et sourd en plus. »

Et ça rigole. J’amorce un mouvement vers eux. Un mouvement que Leo freine en tirant sur mon poignet en me demandant de laisser courir.

« Non. »

Ah non, hors de question. Je m’approche des trois types, mâchoire crispée, poing serrés.

« J’ai pas bien compris. Répète.
- J’ai dit, que vous deux, les pédés, vous devriez faire ça en privé. J’ai pas envie de gerber mon dîner à cause de vous.
-Grave ! »

Le connard s’approche de moi, je ne cille pas, poings toujours serrés. Poings qui me démangent.

« Donc toi et ta petite salope, vous allez dégager. C’est clair ? »

Et ça me monte. Vraiment. J’en ai les poings qui tremblent. Je serre les dents.

« Excuse-toi…
- A toi ? Je crois pas non.
- Non à lui. » je réponds la voix sifflante en parlant de Leo. « Excuse-toi. »

Le connard me toise de haut, ses potes rient de nouveau.

« Va te faire enculer. T’aimes ça non ? »

Les mots de trop. J’envoie mon poing droit sur son nez et je le sens craquer sous le choc. Il hurle de douleur en portant ses mains à son visage. C’est là que je prends un coup sur la tempe, un coup que j’encaisse en secouant la tête avant de fondre sur le type qui vient de me frapper. Je sens brièvement des mains s’accrocher au col de ma veste en cuir puis plus rien. Je pousse le type contre le mur, le bloque, cogne dans ses côtes et ce n’est que quand il a le souffle presque totalement coupé que j’arrête. Je me retourne et vois Leo qui se bat avec le troisième. Là encore mon sang ne fait qu’un tour. Je m’avance pour aller l’aider et c’est là que je ressens le choc sur le côté de mon crâne et il est tel que je me retrouve projeté au sol, à genoux, à moitié sonné. La douleur est si vive, si forte, que je suis incapable de prononcer le moindre son. Je plisse les yeux, porte ma main à mon crâne et au-delà de la douleur, je sens le liquide poisseux sous ma main. Quand je bouge un peu ma tête au moment où j’aperçois une silhouette près de moi, j’ai l’impression de le faire au ralenti. A travers les points blancs qui dansent devant mes yeux, je vois le type. Je vois son nez en sang. Je vois la planche en bois qu’il tient et l’espace d’une seconde je me demande où il l’a prise. Juste une seconde. L’autre seconde elle me sert juste à réaliser qu’il va me frapper avec et que je ne suis pas en état de l’en empêcher. Mes épaules s’afaissent. Je pense à Leo. Je pense à Jess. Je repense à Leo. Et le coup tombe en plein visage. Je sens ma pommette craquer. Je sens mon nez craquer aussi. La force du coup est telle que je me retrouve sur le dos au sol. La tête me tourne, j’ai du mal à voir nettement ce qui se passe autour de moi.  Je roule sur le côté et le coup que je reçois dans le dos me coupe la respiration tant il est violent. Un deuxième coup suit le premier. J’attends le troisième qui ne vient pas. Plus aucun coup ne vient. La tête me tourne de plus en plus. J’ai mal.

Et Leo ?
Leo…




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MessageSujet: Re: (-18) Life, changes in an instant. Turns on a dime. [Leo]   Lun 25 Sep - 22:08

ft. Dany
Life, changes in an instant. Turns on a dime.

Il s'est contenté de le regarder, là, durant tout le trajet. Cette joie retrouvée, cette vitalité remontée. Leo s'en imprègne, Leo se réjouit de voir ses émotions-là prendre les rennes. Parce qu'il aurait pu lutter pour ça, lutter pour lui offrir bien plus que le réconfort de ses bras. Et il aura fallu du temps pour qu'ils parviennent à tous deux trouver leur véritable place, celle que Sanders accepte à bras ouvert, davantage quand cet homme-là vient lui faire face. Il lui rappelle qu'au-delà des ténèbres subsiste une luminosité dont il ne faut pas douter, dont il n'aurait pas du douter. Allégée fut la douleur de la disparition de sa sœur, oublié fut les dangers que son frère pouvait éventuellement représenter. Il en oublie tout, en vérité, tout ce qu'il a trop longtemps regretté pour finalement ne jamais parvenir à vivre, ne jamais réussir à profiter. Profiter de ces cadeaux posés là, malgré tout, malgré ses hauts et ses bas. Et c'est la raison pour laquelle il n'en cache pas son sourire, pas ce soir, pas après tout ce qu'ils sont parvenus à traverser, le pire du pire. Et cette nuit, cette soirée à proprement parler ; au final, il n'en a que trop rêvé. Alors il s'enivre de ce sourire donné, de cette voix qui vient tout lui raconter jusqu'à des présentations déjà faites bien qu'à moitié. Une once de gêne, de trac mais il ne s'y oppose pas et l'idée ne s'invite même pas. Pas une seule seconde, pas un seul instant, pas alors qu'il admire cette excitation qui s'installe lentement dans des yeux qui, dernièrement, ont retrouvé davantage d'éclat. En cette contemplation réside le plus beau présent qu'il puisse posséder, une réussite des plus douces pour laquelle il s'avoue plus qu'heureux d'avoir gagné. « Je suis heureux. Tu vas rencontrer ma fille… » Mais tout bonheur possède son malheur, toute ombre à sa lumière et c'est exactement cela qui vient entraver le sourire de Daniel, celui qui se fane le long de ses traits tandis qu'il s'empare des mains du blond, celles que ce dernier serre légèrement aussi, à son tour, se doutant de la suite pour déjà avoir perçu ces émotions au cœur même de ses prunelles. « Dis… J’aimerais bien… J’aimerais bien qu’on aille, dès qu’on pourra, jusqu’à Wauwatosa. J’aimerais bien te présenter Jason… » Et quoi faire d'autre qu'acquiescer ? Bien-sûr qu'il ira, bien-sûr qu'il le suivra, finalement où il le souhaite. Car Daniel s'est fait échappatoire, lueur éclatante dans une contrée autrefois si sombre. Alors, il lui fait comprendre que oui, il accepte, que oui, ils iront, tous deux, avant de déposer une légère caresse contre sa joue, savourant ce contact, perdant une énième fois ce soir ses lèvres contre les siennes. Et bordel qu'il ne s'en lasse pas de ces baisers-là, de ce contact qui n'en finit pas, de tout ce qu'il aurait voulu voir perdurer avant que ne vienne jusqu'à eux la cruelle réalité du monde dont ils se sont un instant émancipés.

Les mots qu'il entend, ceux qui viennent jusqu'à eux, durs mais pourtant si prévisibles, viennent ternir la chaleur qu'il commençait à peine à retrouver. Une légère distance et l'azur clair des yeux de Daniel qui lui échappe pour s'assombrir, se perdre sur un nouveau champ de tir. Et si lui soupire, il sait que son amant ne possédera pas ce même calme, cette même ignorance pour ceux qui n'ont plus vraiment de conscience, de décence. Parce qu'il parvient à poser son regard sur la voix qui s'est élevé, sur la présence plus très loin sur leur côté. Leo s'en défait, aussitôt, prêt à reprendre leur course que Daniel laisse finalement dans son dos ; malgré Leo, malgré le blond qui essaie de se convaincre que tout ce qu'il imagine pour la suite n'est que faux. Et pourtant. « Quoi ? Qu’est-ce que tu viens de dire ? » Ce ton, il aurait voulu ne jamais le connaître, ne jamais le voir naître. Et le voilà, grossissant jusqu'à lui faire perdre son peu de sang-froid. Et s'il n'avait pu se contenter que de cela, rire et puis partir, mais non. Les mots reviennent, les insultes, cette haine effroyable déversée gratuitement parce qu'ils leur ont offert cette opportunité. Leo voudrait partir, s'enfuir, laisser cet instant ternir. Et il s'y essaie, cherchant à retenir Daniel qui s'avance, qui s'élance, laissant ses doigts serrer son poignet avant que sa voix ne s'y essaie. Il lui dit d'abandonner, en vain, parce qu'il a toujours été ainsi, finalement, un peu trop protecteur envers ceux qui sont chers à son cœur. « Non. » Évidemment. Et il lui échappe, osant quelques pas dans leur direction, provoquant peut-être leur satisfaction. Alors il attend, il attend bêtement, imaginant la suite de ces malheureux événements, essayant de prendre sur lui bien qu'encore vainement. Leo ferme les yeux, rien qu'une seconde, une fraction de seconde comme dans l'espoir de pouvoir réfléchir. Et rien, rien si ce n'est un néant des plus horribles, des plus tenaces, l'impression que le sol se dérobe sous ses yeux, que l'air lui manque. Et puis plus rien, plus rien si ce n'est le fracas qu'il perçoit un peu plus loin, ce râle de douleur qui anime la ruelle dans laquelle il termine par s'engouffrer, instinctivement, suivant un réflexe qu'il ne contrôle pas. C'est dans leur direction qu'il ose quelques pas, vers eux qu'il s'abandonne, lui qui ne le voulait pas. Parce qu'il ne se connaît pas, pas comme ça. Et, malgré tout, malgré cette peur qui tente de se faire entendre, il subsiste en lui un besoin viscéral, une colère aveugle qui – paradoxalement – vient se faire des plus tendres. Elle berce et apaise, reposant les songes avant que les premiers coups ne pleuvent, contre lui, contre eux. A chacun d'entre eux, Leo sent cette soirée s'envoler, volatilisée là sous ses traits malmenés, ou presque. Parce qu'il lutte, parce qu'il renonce, délaissant ses codes, ses promesses, tout ce qui l'avait tenu hors de ses ombres depuis qu'on lui avait tout pris. Tout, jusqu'aux cheveux d'or de Claudia. Et c'est à elle qu'il pense, vers elle qu'il se tourne avant que la masse face à lui ne s'effondre, avant que le troisième homme ne flanche sous ses coups. « Te relève pas. » C'est un conseil, une menace, des mots qui lui échappent avant qu'il ne retrouve toute sa hauteur, avant que d'autres images ne brutalisent son cœur.

Les silhouettes dansent, balancent. L'océan autrefois si calme de ses yeux s'est agité, là, laissant l'homme se battre contre ses marées. Leo voit, Leo se broie. Et il sent son souffle se couper, quelque-chose le quitter. Durant un instant, un douloureux moment, les ténèbres s'imposent, enfer retrouvé d'un passé qu'il pensait envolé. Mais tout lui revient jusqu'à cette souffrance, lente, tortionnaire, joueuse de ses chaires. Éteint, plus rien n'a de sens, plus rien. Il s'éteint, autant que sa notion du « bien » parce qu'elle est fausse, dépassée et il le sait. Au fond de lui, derrière tout ce qu'il avait cru, Leo l'a toujours su. Les larmes montent, trompent. Ce n'est plus de la colère mais de la rage, de la haine qui recouvre leur première page. Alors il avance, lui aussi, s'élance vers ce qui touche vulgairement à sa vie. Malgré le sang, malgré les plaintes, c'est sur son nez qu'il frappe en premier, ravivant un traumatisme récemment causé par celui qui gît à leurs pieds. Celui sur qui Leo n'arrive pas à s'arrêter, pas encore. Au lieu de ça, il frappe jusqu'à s'en abîmer les phalanges, encore et encore, assez pour que le deuxième homme ne choisisse la distance, la retenue ; la raison, finalement. Parce qu'il s'emporte, frappe de manière toujours plus forte jusqu'à s'en saisir, jusqu'à ne plus pouvoir réfléchir. Car ses mains viennent rencontrer la nuque de celui qu'il a su faire reculer, l’entraînant à sa suite, venant faire épouser ses traits au mur tristement décoré d'un peu de craie. Une première fois, une deuxième. Et ces images qui n'en finissent plus de heurter, de fracasser, passant les remparts de son âme pour s'ancrer, le malmener, lui rappeler que tout ce qu'il possède n'a jamais été que fragilité. Ça l'agace, de façon peut-être trop tenace. Ça le perd, le ramenant six pieds sous terre, là, dans les profondeurs, les affres de ses peurs. Alors il continue, hargneux, laissant l'homme lui échapper, là, à même le sol délavé sur lequel il termine de le marteler. Son pied rencontre ses cottes, sa poitrine, cette cage thoracique qu'il explose peut-être malgré les prières, les supplications. Leo se fait sourd, ignorant des alentours. Il se déchaîne, déverse des années de haine jusqu'à cette goutte de trop, venue s'abattre contre le seul dont il n'aurait pas fallu toucher la peau, le seul pour qui, finalement, inconsciemment, il agit jusqu'à s'en être peut-être briser les os. Et là, tandis que tout lui échappe, seul subsiste le fracas de son pied contre la tempe de celui entraîné, une fois, une deuxième, peut-être trois ou quatre fois encore avant qu'on ne vienne tenter de bloquer son corps. Leo pleure, Leo grogne, sans même s'en rendre compte, finalement maîtrisé, d'abord à moitié puis dans son entièreté. Aussi il revient, lentement, bloqué par ce maintient. Et il lui faudra quelques secondes pour pleinement comprendre, pleinement entendre. Une seconde, peut-être deux, finalement trente. Ses yeux retrouvent Daniel, la ruelle pour finalement percevoir d'autres prunelles sur lesquelles il s'attarde pour s'extasier de la peur, de cette terreur qu'il parvient à y voir bien qu'ils ne partent pas, l'un des deux hommes encore debout peinant à soutenir son propre poids. Mais les questions ne viennent pas, Leo n'insiste pas, fermant simplement les yeux, laissant sa tête basculer un instant comme pour tenter de respirer, s'appuyant légèrement contre son pilier, celui qu'il aurait voulu davantage protéger. Celui vers qui il se tourne, celui à qui il vient faire face, loin d'être à même de comprendre, de remettre chacun de ses faits et gestes dans sa tête. « Regarde-moi, regarde-moi Daniel, ça va aller ? » Ses mains tentent de rejoindre ses joues, finalement hésitantes, tremblantes, sanglantes. « Il faut qu'on t'emmène aux urgences. » Et tandis qu'il se perd dans sa contemplation, tandis qu'il veut s'assurer qu'il ne court pas plus de danger, il sent un mouvement de la part des deux autres à leur côté. Ça lui arrache un sursaut, un frisson qui parcoure aussitôt tout son dos. Leo se redresse, venant se planter là, devant l'un des hommes qui commençait à s'avancer, les yeux davantage plus noirs, plus esquintés. « Tu recules. Tu recules, tu ramasses ta petite salope et tu dégages. T'as compris ? » Et il tremble, encore, plus que de raison.

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MessageSujet: Re: (-18) Life, changes in an instant. Turns on a dime. [Leo]   Lun 25 Sep - 23:44

Life, changes in an instant. Turns on a dime.


« Leo... »

Je ne parviens à dire que ça au cœur de la douleur au niveau de mon crâne, de ma joue, de mon nez. Je ne parviens à penser qu'à lui. Lui qui se retrouve seul face aux types. Parce qu'au milieu de la douleur, mon cerveau, petit à petit, parvient à recommencer à fonctionner. Et au fur et à mesure qu'il recommence à fonctionner, je me rends compte de la situation. De ce qui risque de lui arriver. Ils vont lui faire du mal et non... Non... Impossible. Il faut que je trouve la force. Je dois la trouver. Je grimace alors que je roule sur le côté tant mon dos me fait mal et je parviens à soulever mes paupières encore très, très lourdes. Les silhouettes sont d'abord totalement floues, impossible à reconnaître, impossible à distinguer. Doucement, elles prennent forme et je suis pris d'une nausée quand je vois qu'un type est en train d'envoyer la tête de Leo contre le mur. Non... Non... Pas lui. Non. Je rassemble mes forces, les silhouettes continuent à prendre forme et je réalise que ce que je croyais voir ne se produit pas. Je réalise que l'homme qui se fait frapper, ce n'est pas Leo, mais un des types. Je réalise, que l'homme en train de le frapper encore et encore, c'est Leo. Et non... Non il ne faut pas... Il ne faut pas qu'il fasse ça, qu'il vive ça. Pas lui. Recherche encore de forces et je parviens à me mettre sur le ventre pour finalement poser mes mains à plat au sol et me redresser dans un grognement de douleur. La première tentative pour me mettre debout est un échec. Les coups continuent de pleuvoir.

« Arrête-toi... » que je souffle la voix tremblante.

Mais il ne s'arrête pas. L'homme tombe au sol. Leo le martèle de coups de pieds. Je puise encore pour trouver des forces et la deuxième tentative pour me mettre debout est un succès. Mes jambes sont molles et je chancelle et tangue  mais je parviens à marcher. Je parviens à me traîner jusqu'à lui. Lui que j'entoure de mes bras qui manque d'abord de force.

« Arrête-toi... » je souffle à son oreille mais il m'ignore encore une fois. Alors, je cherche d'autres forces, je presse mes bras autour de lui, je serre, compresse même. « Arrête-toi Leo ! Arrête-toi ! » je parviens à dire avec plus de voix, plus de force. Mes lèvres sont proches de son oreille. « C'est bon, c'est fini. Arrête-toi putain... »

Et au milieu de ses pleurs et de ses grognement, il s'arrête enfin Leo. Je relâche un peu la pression de mes bras, pose mon front contre son épaule et laisse échapper un profond soupir, au bord des larmes. Je sens la tête de Leo bouger, je sens sa nuque se tendre et je glisse mon visage plein de sang dans son coup. Je savoure juste... Juste ce moment qui a bien failli ne plus jamais arriver. S'ils m'avaient tabassé à mort. S'ils l'avaient tabassé à mort. Mes doigts s'accrochent à lui, je laisse échapper un sanglot et quand je sens Leo se mouvoir, je rouvre les yeux, me détache un peu de lui juste pour le laisser se tourner vers moi. Et moi je m'accroche à ses épaules, mes prunelles allant chercher les siennes quand il m'ordonne de le regarder.Ma main droite vient frôler sa joue en tremblant. Une réponse à sa question dans un souffle.

« Je crois... »

Je crois que ça va aller. Je ne sais pas vraiment. Mon crâne me fait mal. Ma joue me fait mal. Mon nez me fait mal. Mon dos me fait mal. Je suis en miettes. A l'extérieur. A l'intérieur. Et lui... Ses mains... Je les vois ses mains abîmées et ça m'arrache une autre sanglot. Et s'il n'y avait que ses mains... Ce voile dans son regard, ce voile que je n'avais encore jamais vu, que j'aurais voulu ne jamais voir. Parce que je ne veux pas qu'il soit face à cette noirceur. Je ne veux pas qu'elle vienne assombrir sa lumière. Et ça fait son chemin dans ma tête. Sa lumière... Assombrie. Ce soir. A cause de moi. Son sursaut me fait sursauter aussi et mon regard reste fixe sur cette main ensanglantée, cette main tremblante, cette main qui a été l'actrice de tant de coups. Les coups... La voix de Leo me parvient, je l'entends leur parler comme je n'aurais jamais cru l'entendre parler mais je ne relève pas mon regard vers lui. Non. Mon regard dévie pour aller se poser pour celui qui gît au sol. Et je réalise pleinement. Vraiment. Mon cœur s'emballe mais pas pour le mêmes raisons qu'à l'accoutumée quand Leo est près de moi. Je vois un des types se pencher dans l'idée d'aider l'homme au sol mais...

« Le touche pas. » je dis tout bas mais assez fort pour que je sois entendu et de Leo et des deux hommes qui reportent leur regard effrayé sur moi. « Je suis sérieux. Le touchez pas. »

Je contourne Leo et d'un geste de la main, sans le regarder, je lui fais signe de ne pas bouger. Mes pas sont encore chancelants mais je tiens debout. Pour le moment en tout cas. Et alors que les deux types me fixent sans comprendre, je soulève ma veste en cuir juste assez pour révéler mon insigne accrochée à ma ceinture, là où elle est toujours même quand je ne bosse pas. Parce que je suis flic à plein temps. Parce qu'on n'est jamais à l'abri de rien. La peur s'intensifie dans leur regard.

« T'es flic... » dit l'un, la voix tremblante, si tremblante que je ne serais pas étonné qu'il mouille son pantalon. Parce qu'il réalise qu'il ont tabassés un flic. Parce qu'il réalise que ça va leur coûter tellement cher... D'ailleurs ils s'en vont. Ils partent en courant et je m'en contrefous. J'ai leurs visages dans ma tête, j'aurai aucun mal à les retrouver. Ils ne sont plus mon problème pour le moment. Pour le moment... Je pose un genou au sol, ma main gauche s'appuie sur le genou. L'autre main s'approche du cou de l'homme au sol. Mon regard s'attarde sur son visage qui n'est certes pas méconnaissable mais fortement amoché. Mes doigts se posent sur la peau. Un pouls... Il me faut un pouls... Mais pas de pouls. Mes yeux dévient sur sa cage thoracique. Elle va se soulever. Je ne capte pas le pouls, c'est tout. Elle va se soulever. Mais elle ne se soulève pas. Je ferme les yeux, baisse le visage et prends une profonde inspiration par la bouche avant de les rouvrir et tourner lentement mon visage vers Leo. Leo qui m'observe sans plus bouger. Trouver la force de prononcer les mots m'est difficile. Extrêmement difficile.

« Il es mort. » je finis malgré tout par réussir à lâcher.

Et ce qu'il me reste de force dans la jambe me lâche. Je me retrouve assis au sol et plaque mes mains pleines de sang contre mon visage. Je sais... Je sais ce que ça va impliquer pour sa lumière... Et c'est ma faute. Si seulement je l'avais écouté. Si seulement... Et puis ça me frappe de plein fouet. Il n'y a pas que sa lumière que ça implique mais sa liberté. Le flic pense. Le flic calcule. Et l'amoureux a peur. Peur qu'on lui enlève celui qu'il aime parce que même si c'était de la légitime défense et que le type m'aurait tué si Leo ne l'avait pas arrêté... Même en sachant ça... S'il terminait en prison ? S'il ?...

« On va dire que c'est moi. » je murmure entre mes mains avant de les retirer de mon visage que je relève vers Leo. Un mouvement qui me donne le vertige. Un vertige que j'ignore. « On va dire que c'est moi... Que je me suis défendu comme j'ai pu... On va... » Je m'arrête. Les mots me manquent. Ils me manquent à cause d'un autre vertige. « Leo... »

Et je tends les mains vers lui.
Peur de tomber à la renverse.
Peur de sombrer.



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MessageSujet: Re: (-18) Life, changes in an instant. Turns on a dime. [Leo]   Jeu 28 Sep - 21:36



ft. Dany
Life, changes in an instant. Turns on a dime.

Il a l'impression que son souffle caresse encore sa peau, que sa voix résonne encore dans sa tête comme dans l'espoir que les ombres ne s'estompent. Et ça ne devient qu'un murmure, un long chuchotement qui s'éternise, là, dans les recoins de sa tête, avant qu'il ne se brise. Les ténèbres ont raisons de ce qu'il a été, de ce qu'il a souhaité lui montrer. Leo s'était fait clarté là où la luminosité peinait à gagner, là où il lui disait voir ses rêves se briser. Il s'était fait frontière entre une vie à continuer et une mort à esquiver. Durant des jours, des semaines, il avait concentré corps et âme à cette bataille, menée dans l'ombre de ses dires comme par crainte du pire. Les mots de Daniel avaient été clairs sur ce sujet et pourtant, pourtant ça ne l'avait en rien empêché de tout réaliser. Jusqu'à ce soir. « Arrête-toi... » Ça revient s'imposer, ça revient frapper ses songes avec un peu plus de force, un peu plus de hargne et Leo s'en berce de cette voix-là, il s'enivre jusqu'à ne plus pouvoir suivre. Il aurait voulu fermer les yeux, prendre une fraction de seconde pour eux deux, réussir à faire disparaître tout ce qu'il sent lentement naître ; et ça, finalement, dans les tréfonds de sa personne. Il sait, il s'en doute. Tout peut changer, tout peut se terminer, là, en un claquement de doigts. Et ne serait-ce que supposer cette éventualité, un frisson vient arracher sa peau, torturer son dos. Une douleur des plus denses qui, finalement, vient se perdre jusqu'à son cœur qui se serre, qui se terre. C'est sulfureux, brûlant, venu le ronger dans son entièreté. Il était sa lumière. Il l'était, et ce soir, ce soir, tout a dérapé. Tout s'est dévoilé jusqu'à ses sursauts névrosés, ses nerfs exténués. Les jours ont été longs, les semaines déchirantes. Il l'a vu se battre pour offrir le meilleur de lui-même quand lui, Leo, s'est abandonné à la première occasion donnée, aux premiers coups échangés. Il avait été clarté avant de ne plus savoir laissé paraître autre chose que cette haine bien ancrée. Et les murmures reviennent, acharnés jusqu'à le dérouter. Le rire cristallin de Claudia jusqu'à la sensation de ses petits bras, là, autour de lui. Parce qu'il est ainsi, essayant de se reposer sur une histoire dont le deuil n'a pas encore été fait. Il s'adonne au contraire du répit, malmenant bien des instants de sa vie. Et, tandis qu'il se concentre sur ceux-là, sa mémoire lui rappelle une toute autre force récupérée bien moins bas. Et sa voix, rien que sa voix. « C'est bon, c'est fini. Arrête-toi putain... » C'est sur ces mots qu'il s'arrête, sur ce souvenir qu'il s'attarde parce qu'il n'a plus le choix, parce qu'il le doit, désormais, rien que dans l'espoir de taire la noirceur qui s'installe ; du mieux qu'il le peut tandis qu'il semble retrouver ses esprits, petit à petit. Il en revient à l'instant, quittant cette fraction de seconde éloignée du présent.

Et, tandis qu'il va pour s'avancer, tandis qu'il va pour le faire reculer, c'est à nouveau la voix de Daniel qui s'impose. « Le touche pas. » Et il n'a pas forcément l'envie de se retourner, pas encore, pas en sachant tout ce que ces syllabes peuvent supposer, davantage dites si bas. Alors il soupire, agacé plus qu'effrayé par ces derniers dires. « Je suis sérieux. Le touchez pas. » Et il lui échappe, cet homme-là, il vient s'éloigner et le laisser, ces mots résonnants dans la tête du blond comme de vulgaires coups profonds. Il veut s'en défaire, essayer de les faire taire. Leo lutte, contre lui-même, contre ce qu'il ignore de sa personne et qu'il découvre, finalement, en même temps. Son pilier se défait et son cœur bat, brutalement, contre une cage thoracique déjà abîmée. Il le sent se fracasser, se briser aussi certainement que Daniel s'essaie à marcher, ici, dans son dos pour rejoindre celui qui y gît. « T'es flic... » Et il ne leur faut pas plus de temps pour foutre le camp, les laisser là, eux, tous les deux, tous les trois : Daniel, Leo et ses faux-pas. Aussi il lève la tête, allant pour jurer avant que l'air frais ne vienne doucement le calmer. Pour ce qui est à venir, Leo n'est pas à même de réfléchir. Pas ici, pas alors qu'il sent encore son sang perler de son arcade avant que la douleur à ses mains ne s'éveille à son tour, braquant son âme et ses contours. Alors il souffle Leo, il souffle comme pour expier tout ce qui va désormais arriver, osant tourner les yeux, cherchant celui qui avait attisé ce feu en s'en prenant à la seule personne qu'il aurait fallu épargner, la seule qu'il n'aurait jamais dû toucher pour pouvoir survivre malgré sa stupidité. Il le cherche du regard avant de l'apercevoir, avant de dériver sur les traits de Daniel, avant de se perdre dans l'azur clair et prenant de ses prunelles. « Il est mort. » La sentence tombe, dure, claire, si simple. Durant de longues années, Leo s'est canalisé. Il était parvenu à faire de sa vie ce petit moulin tranquille, celui qu'on perçoit dans les prairies sans encombres, là où ne peut régner qu'une paix d'esprit, qu'un havre de répit. Il s'était défait de ces souvenirs, de ces sensations. Il s'était défait des profondeurs obscurs qui gémissaient toute cette détresse, tous ces tourments. Il avait cru pouvoir y échapper. Il avait cru que tout pourrait changer. En vain, ça n'a toujours été qu'en vain. Des mensonges imaginés comme pour pouvoir pleinement assumé le rôle qu'il s'était donné ; celui qu'il vient de perdre. Il le pense, malgré lui, malgré tout ce qui vient se tordre en son for intérieur, loin d'être à même de pouvoir voir qu'il fait erreur. Car son attention n'ira pas au défunt malmené, son attention ira ce soir à son bien-aimé qu'il n'a pas su pleinement protéger. « On va dire que c'est moi. » Leo revient à lui doucement, fronçant les sourcils tandis qu'il attend.

Parce qu'il ne comprend pas, parce qu'il n'est pas encore pleinement là. Leo se tait alors, encore, retrouvant cette vue sur les plaies du quadragénaire quand ses mains quittent enfin ses traits. Comme à chaque fois depuis qu'il s'est tourné, c'est un haut-le-cœur que ça vient lui arracher ; ça et des regrets, la culpabilité de ne pas avoir pu l'épargner de ces atrocités. « On va dire que c'est moi... Que je me suis défendu comme j'ai pu... On va... » Et il baisse simplement la tête, laissant un léger rire – pourtant triste – s'extirper d'entre ses lèvres. Leo contemple le sol fatigué, usé sous les nombreux pas qui l'ont foulé, les leurs ce soir, malgré eux peut-être. Il espérait tellement mieux pour cette nouvelle soirée, tellement mieux pour celui qu'il accompagnait. Et c'est ce que ses larmes trahissent tandis qu'il s'attarde sur ses chaussures, sur ce qui a causé bien plus que des blessures. De longs filets de sang viennent en souiller le revêtement blanc et ça lui arrache une nouvelle grimace, un nouveau sanglot malgré tout ce qu'il sent bouillir à nouveau en lui. Parce qu'il ne le perd pas, non. Il ne le perdra jamais, pas de cette manière-là, de façon bien plus horrible encore. Et il sait, il sait ce que ça ira impliquer s'il choisit de l'écouter. Il ne le permettra pas. Pas cette fois. Non, pas cette fois. « Leo... » Il ravale sa hargne, comprenant cette dernière complainte qui l'amène à courber le dos. Mais il ne le relève pas, pas encore, venant simplement s'accroupir devant lui, ne détournant pas ses prunelles assombries en sachant cette mascarade enfin finie. Ses secrets, toutes les vérités l'ont finalement rattrapé. Il aurait voulu lui épargner, rien que ça, les séquelles d'une existence amochée par le passé.

Mais aucune lumière n'existe sans obscurité.

« Je suis désolé de ne pas avoir insister... ; il souffle contre ses lèvres, n'osant pas s'y risquer à cette trêve. Non, au lieu de ça, il le contemple, perdant son regard sur chaque parcelle de sa personne, sur chaque centimètre de sa présence comme dans l'espoir de pouvoir associer la réalité et ses nombreux souvenirs gardés. Il vient caresser sa joue, faire grimacer Daniel malgré lui, laissant ses doigts l'effleurer de bout à bout. Les larmes terminent par le rattraper, enfin, la revoilà cette once de clarté, de lucidité. Ou presque. Ou de ne pas l'avoir plus tôt tué. » Il n'en ressent pas le moindre remord, pas la moindre honte tandis qu'il garde les yeux rivés sur son aimé, peu enclin à changer de discours. Il n'en a pas le droit, là n'est pas son choix. Et, finalement, il l'embrasse, il l'embrasse parce qu'il pourrait ne plus pouvoir le faire, parce qu'il veut pouvoir croire qu'il n'aura pas à s'en défaire. Mais c'est se torturer, se perdre, s'abandonner dans les enchantements de ce qu'ils étaient parvenus à créer, s'enivrer d'une dernière facilité. Car tout a toujours été facile avec lui. « J'aurais voulu que ça reste pour toujours ainsi. » Des mots qu'il répète en fermant les yeux, laissant son souffle se perdre contre la commissure de ses lèvres, faille tentante qu'il essaie de ne pas prendre d'assaut, pas encore, pas alors que le temps presse, pas alors que les ombres ne les protégeront pas des curieux éloignés encore dans l'attente. « Mais je ne te laisserais pas faire ça ; les mots s'imposent et il ne lui laisse pas vraiment le choix de pouvoir revenir sur cette décision. C'est moi qui ai fait ça et je suis désolé que tu l'ais vu. J'ai... Je veux pas qu'on s'en prenne à toi. Je veux pas que... » Les mots lui manquent alors qu'il laisse son visage s'enfouir dans le creux de son cou, alors qu'il essaie de lutter, là contre toutes ses émotions déchaînées. Rien que d'y penser, ce qui bat douloureusement sous sa poitrine se serre, de manière plus dur, plus téméraire. Il imagine, il s'imagine là, sans lui, sans sa respiration pour donner une toute autre tendresse à ses nuits. Il s'imagine ce qu'auraient pu être ces derniers temps sans sa présence, avec pour seule compagnie une longue absence. Et les sanglots reprennent, prenant d'assaut sa gorge dans laquelle sa rancœur se traîne, celle contre laquelle il se démène. Des heures sombres sont à venir et, malgré tout, Leo n'arrive pas encore à craindre ce qui pourrait advenir. En cela ne réside pas sa priorité, en cela ne réside pas ce qui pourrait le rassurer. Alors il se calme, prenant sur lui, contemplant les traits de l'homme qui partage sa vie qu'il termine par caresser, ça avant de fouiller ses poches à la recherche de son téléphone rangé. Il ne laisse pas le choix à Daniel, prévenant les secours de lui-même pour ensuite se terrer dans un silence des plus complets. Son cœur bat, le corps chancelle quand il ose quelques pas. Rien que quelques pas. « Promets moi de ne pas leur dire ça. » Lui demande-t-il finalement, de l'empressement dans la voix alors qu'il y revient, dans ses bras. « Ne m'enlève pas ça, d'avoir au moins essayé de te protéger à défaut d'avoir complètement foiré. »

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MessageSujet: Re: (-18) Life, changes in an instant. Turns on a dime. [Leo]   Ven 29 Sep - 17:01

Life, changes in an instant. Turns on a dime.



Crainte de partir. De retrouver le néant. Parce que les coups ont été violents, que le sang coule, que je me sens affaibli. Peur. Très peur. Et je ne peux pas partir, pas maintenant. Je dois d’abord dire ce qu’il s’est passé ou, plus exactement, donner ma version de la vérité aux autorités quand elles arriveront. Je dois tenir jusque là mais pour tenir je vais avoir besoin de lui. Tant pour ne pas partir que… Je veux juste qu’il soit près de moi. Je ne supporte pas la distance entre lui et moi. Je la supporte déjà mal au quotidien mais là je la supporte encore moins. Non en fait je ne la supporte pas du tout. Qu’il revienne à mes côtés. Vite. Et il vient. Heureusement il vient. Je tends les mains vers lui et voilà qu’il vient s’accroupir en face de moi. Il approche son visage du mien, plonge son regard dans le mien et le voile que j’y vois me serre le cœur. C’est un voile que j’aurais tant voulu qu’il évite. Tant voulu… Et il s’excuse. « Chut… » que je lui murmure en réponse tout doucement en secouant tout doucement la tête. Non. Pas besoin de s’excuser. Aucune raison d’être désolé. C’est plutôt à moi de m’excuser d’avoir été impulsif, de ne pas avoir réussi à pendre sur moi. Rien de tout ceci ne serait arrivé si j’avais su me contrôler… Si seulement j’avais su… Ses mains sur ma peau, ses doigts sur ma joue et une grimace quand il s’approche de l’entaille. C’est douloureux. Très douloureux. Et à travers mes yeux plissés par la douleur je vois ses larmes. Ses larmes qui me brisent le cœur. Mes mains s’accrochent à ses épaules. Les mots qu’il prononce ensuite font naître des larmes dans mes propres yeux. Il aurait voulu le tuer plus tôt, pour m’éviter les blessures. Et je suis à la fois touché, reconnaissant et glacé qu’il ait cette pensée. Glacé parce qu’en pensant ainsi, c’est sa lumière qui s’efface un peu plus. Sa si belle lumière… J’ai toujours dit que j’étais un trou noir qui allait aspirer l’étoile qu’il était et ce soir, c’est bien ce qu’il s’est passé.

Sombre pensée oubliée quand ses lèvres retrouvent les miennes et qu’il m’embrasse. Je m’accroche à ce baiser, m’y perds, en oublie de respirer. Et puis des mots qui me font fermer les yeux en étouffant un sanglot. « J’aurais voulu que ça reste pour toujours ainsi. » Mes doigts qui s’accrochent encore plus, gorge qui se noue, entrailles qui se tordent. Mais pourquoi parle-t-il comme ça ? Pourquoi ? Cela va rester pour toujours ainsi. Je vais prendre la responsabilité de mes actes, de ce que ça a entraîné. Je vais m’accuser et ce sera pour le mieux. Oui, tout sera pour le mieux. Sauf que Leo refuse. Il me dit qu’il ne me laissera pas faire ça. Il me dit que c’est lui qui a fait ça et c’est vrai mais il ne l’aurait pas fait si moi je n’avais pas réagi violemment, si moi je n’avais pas donné le premier coup. Et au-delà de la culpabilité qui m’étreint, au-delà de cette horreur qui s’impose à moi puisque Leo ne veut pas me laisser m’accuser à sa place, il y a l’incompréhension : pourquoi est-il désolé que je l’aie vu faire ? Pense-t-il que cela va changer quoi que ce soit à ce que je ressens ? Pense-t-il qu’il va me répugner ? Parce que non. Je l’aime pour le meilleur, pour le pire, dans les bons, dans les mauvais moments. Je l’aime dans son entièreté. Je l’aime quoi qu’il fasse. Ce qu’il a fait, il l’a fait pour me protéger, pour se protéger, pour nous protéger. Et s’il ne veut pas qu’on s’en prenne à moi, moi non plus je ne veux pas qu’on s'en prenne à lui. Et lorsqu’il enfouit son visage dans mon cou, lorsque mes mains viennent se perdre sur sa nuque pour le serrer avec force contre moi je rouvre les yeux, les lève vers le ciel, pris de larmes silencieuses. Puis ses sanglots à lui. Je me crispe. Et l’idée germe. Elle germe parce que c’est la seule solution pour que nous ne risquions rien, l’un comme l’autre.

Il faut se débarrasser du corps.

Une autre limite franchie mais tant pis. J’ai déjà les mains sales, je peux les avoir un peu plus parce que pour lui, je suis prêt à tout. A tout. Alors… Alors je vais appeler, je vais demander un autre service et tant pis si ça me rattrape un jour. Tant pis. On doit faire en sorte de faire comme si tout ce qu’il vient de se passer n’a jamais existé. Jamais. Les sanglots de Leo se calment, je me calme moi-même au fur et à mesure. Je réfléchis, mon cerveau malgré le choc travaille vite, pour tout mettre en place. Lorsque Leo se recule un peu et caresse mon visage, ma bouche s’ouvre. L’idée doit sortir. L’idée doit être partagée. Nous devons vite mettre tout ceci en place. Je dois passer ce coup de fil. Maintenant. Mais Leo sort son propre téléphone. « Non at… » et je suis arrêté net dans ma phrase. Il ne me laisse pas le choix. Je pourrais lui arracher le téléphone des mains, lui expliquer mon plan mais… Mais je réalise que l’idée ne lui conviendra pas. Elle ne lui conviendra pas parce qu’il n’est pas cet homme-là. Il ne le supporterait pas. Se débarrasser du corps, vivre avec ça… Alors je le laisse appeler le 911 et expliquer la situation. Mon regard se perd dans le vide et se fige alors que Leo se relève pour faire quelques pas. Pourquoi nous ? Pourquoi ? Nous ne demandions rien à personne, juste à être heureux. Est-ce que c’est trop demander ? Nous voulons juste… « Promets-moi de ne pas leur dire ça. » La voix me tire de mes pensées, du vide dans lequel j’étais doucement aspiré et je relève mon regard vers lui. Il se rapproche soudainement de moi, revient à mes bras et mes mains les retrouvent alors que je ne dis rien. Lui promettre ça ? J’en suis incapable, c’est pour cela que je reste muet. Et puis ses mots ensuite… Ses mots qui font encore plus serrer mon cœur. Il dit que si je m’accuse à sa place, je vais lui enlever ce qu’il a fait : me protéger. Mais il ne s’agit pas de ça, il s’agit juste de le protéger en retour. Ce sont ses derniers mots qui me font froncer les sourcils et oublier ce que je veux faire pour lui. Mes mains trouvent ses joues, encadrent son visage alors que mes prunelles se fixent aux siennes.

« Tu n’as rien foiré Leo tu m’étends ? Rien du tout. Tu m’as sauvé la vie ce soir. Encore une fois… » Quelques tremblements dans la voix en prononçant ces mots-là parce que cela me renvoie, nous renvoie à cette nuit tragique qui a pourtant terminé de manière merveilleuse mais il a fallu plonger dans les abysses avant de pouvoir en sortir. « Tu m’as protégé. Tu m’as sauvé. Sans toi il m’aurait tué. Et tout ça c’est ma faute… Si, c’est ma faute. » j’ajoute rapidement avant qu’il ne tente de m’interrompre. « J’aurais dû garder mon calme, j’aurais dû t’écouter. Je te demande pardon… » Mes lèvres tremblent. « Je te demande pardon… » Et je l’embrasse avec urgence, avec fougue, répétant cette supplique entre deux baiser avant d’aller enfouir mon visage dans le creux de son cou, mes bras entourant sa taille, mon corps se collant et s’accrochant au sien.

Je m’en veux tellement… Et c’est parce que je suis responsable que je veux m’accuser à sa place. Mais est-ce que je peux aller contre sa volonté ? Est-ce que j’ai le droit de lui faire plus de mal en voulant le protéger ? Est-ce que j’ai le droit de retirer du sens à ce qu’il a fait ? Non. Je n’ai pas le droit. Parce que… Parce que si je m’accuse à sa place, s’il n’assume pas son acte, ça va le détruire. Je le sais. Je le sais alors…

« Je te le promets… Je leur dirai la vérité Leo. » Même si ça me fait mal, même si je crève de peur. Un silence. Je reste ainsi, contre lui, visage dans son cou, et un nouveau vertige me prend. « J’ai besoin de m’allonger… » j’avoue à mi-voix.

Et je termine finalement allongé au sol, ma tête posée sur ses cuisses, ses mains qui caressent mes cheveux en attendant l’arrivée des secours et des autorités. Je l’entends m’intimer de ne pas m’endormir et je souffle un « Ne t’en fais pas. ». Oui mes yeux sont fermés, oui je me laisse bercer par la tendresse de ses gestes mais non, je ne m’endors pas. Trop alerte malgré mon état pour ça. Trop craintif de ce qui va arriver ensuite. Et les sirènes sont soudain audibles. Je rouvre les yeux, soupire et me redresse pour m’asseoir à côté de Leo. Leo dont je cherche le regard et quand je le trouve, je colle mon front au sien. Les sirènes se rapprochent.

« Tout ira bien. » Un baiser. Les sirènes sont très proches. « Je t’aime. Et ce sera pour toujours ainsi. Rien ne va changer. Tout ira bien. » je répète finalement une seconde fois. Je dois y croire. Il doit y croire aussi.

Et les ambulances s’arrêtent dans la rue perpendiculaire à la ruelle où nous nous trouvons. Deux ambulances. Les secouristes sont les premiers. La police ne va pas tarder, je le sais. Les secouristes nous rejoignent, une femme commence à s’occuper de Leo, une autre se met à genou en face de moi et commence à me poser des questions. Du coin de l’œil je distingue un autre secouriste s’approcher du type au sol. J’ai envie de lui dire que ce n’est pas la peine mais me retiens. J’essaye de me concentrer sur ce que la secouriste me demande mais quand je vois Leo se redresser et s’éloigner en compagnie de l’autre secouriste, je tourne mon regard vers lui, inquiet.

« J’ai besoin que vous me regardiez.
- Elle l’emmène où ?
- A l’ambulance. Regardez-moi. »

Je m’exécute. Elle me fait suivre son index, contrôle mes pupilles, regarde mon crâne, ma joue, et touche mon nez. Je grimace.

« Désolée mais je vérifie. »

Et elle vérifie oui. Un peu trop…

« Il n’est pas cassé.
- C’est vrai ?
- Il faudra une radio mais je ne pense pas. Il a pris un bon choc.
- Ouais…
- Avec quoi on vous a frappé ?
- Une planche en bois.
- Ok. Ailleurs qu’à la tête ?
- Le dos.
- Voyons… »

Elle soulève ma veste, voit la plaque, l’arme, se fige et fronce les sourcils. Il me semble voir son visage se fermer.

« Ils ont voulu casser du flic alors…
- Non, ils ont voulu casser de l’homosexuel. »

Elle relève son regard vers moi. Elle m’apparaît à la fois choquée, en colère, et désolée.

« Connards…
- Oui… »

J’esquisse bien malgré moi un léger sourire. De la gentillesse ne fait pas de mal en fait…

« Il n’y a pas été de main morte… » qu’elle dit finalement en regardant mon dos. « On va aller jusqu’à l’ambulance. Venez. »

Je la suis sans discuter. Je me redresse et suis rassuré en m’apercevant que mes jambes me tiennent mieux que tout à l’heure. Je récupère. Je suis amoché mais je récupère. Elle me tient par la taille pour m’aider malgré tout à avancer et c’est en nous éloignant vers les ambulances que je croise deux de mes collègues qui me lancent des regards écarquillés en me reconnaissant. Je passe devant l’ambulance où la secouriste est en train de s’occuper des mains de Leo, lui adresse à lui un sourire tendre quand je croise son regard et m’installe finalement dans l’autre ambulance.

« Je peux savoir comment il va ? S’il vous plaît ?
- Je vais voir. Ne bougez pas. »

Je ne bouge pas. Je reste assis. J’attends. Pas longtemps. Elle revient vite et s’assoit en face de moi avant d’ouvrir son sac.

« Il va bien. Elle va lui recoudre l’arcade.
- Et ses mains ?
- Visiblement rien de cassé même si elles sont bien abimées. Il lui faudra des radios pour contrôler mais ça devrait aller.
- D’accord.
- Je vais nettoyer tout ça et ensuite on vous emmène.
- Les deux ambulances partent en même temps ? Je ne veux pas partir sans lui.
- Votre compagnon ne va pas y aller tout de suite. Puisque ses blessures sont moins graves que les vôtres, vos collègues vont l’emmener au poste tout de suite puisque… En fait...
- Puisque l’autre est mort. Je sais. Je l’ai su avant qu’on vous appelle.
- Pour ça oui.
- Alors je n’y vais pas. A l’hosto.
- Vous n’avez pas le choix.
- Oh que si. Je suis en pleine possession de mes moyens. Je peux décider. Je décide d’aller avec lui au poste.
- Vous avez besoin de soins !
- Vous n’avez qu’à me rafistoler ici ! Quelques sutures et ça ira très bien.
- Vous n’avez pas vu l’état de votre dos. Il vous faut des radios et un scanner cérébral aussi vu les coups que vous avez pris !
- J’irai plus tard.
- Vous ne vous rendez pas compte…
- Je me rends compte. J’irai plus tard. Recousez-moi. »

Et elle s’exécute. Je serre les dents et quand je vois mes collègues passer, pour très certainement aller parler à Leo je les interpelle.

« Hey ! Peterson ! Jimeno ! »

Ils s’arrêtent et s’approchent.

« Putain Mills, ils t’ont pas raté…
- Je sais. Attendez-moi. Je veux aller au poste aussi.
- Tu vas pas à l’hosto là ?
- Il refuse.
- Je veux aller avec mon compagnon au poste. Alors ne l’embarquez pas sans moi, c’est clair ? »

Je ne sais pas ce qui les étonne le plus : le fait que je choisisse de ne pas aller à l’hosto vu mon état ou le fait que je viens de dire « mon compagnon ». Ils écarquillent les yeux puis terminent par hocher la tête avant de s’éloigner.

« Vous êtes cinglé…
- Non, juste amoureux. Je ne le laisse pas. »

Et je le vois son petit sourire bien qu’elle soit contrariée par mon attitude. Les sutures terminées, elle me donne tout un tas de conseils pour les prochaines 48 heures, me donne un papier que je devrai transmettre à l’hôpital quand je vais y aller pour mes radios et mon scanner et me libère. Je lui demande son nom avant de descendre de l’ambulance : je la recontacterai. Je le ferai. Mes collègues m’attendent déjà. Leo avec eux, déjà installé dans la voiture à l’arrière.

« Allons-y. »

Plus vite on y sera, plus vite on repartira. Je m’installe à l’arrière et laisse mes collègues s’installer devant. Je ne m’occupe plus d’eux, je n’ai d’yeux que pour Leo. Ma main survole les points qu’il a à l’arcade, puis mon regard se porte sur ses mains. Je ne cherche même pas à les frôler car il doit avoir mal. Alors c’est sur son poignet que ma main se referme.

« Tout va bien. » que mes lèvres forment silencieusement.

Et le silence s’installe définitivement dans la voiture sur la route jusqu’au poste. Lorsque nous arrivons, nous suivons mes collègues mais si à moi ils me demandent de m’asseoir pour les attendre, et pas à mon bureau bien sûr, ils emmènent tout de suite Leo en salle d’interrogatoire. Il n’y a plus beaucoup de monde à cette heure-ci, juste ceux qui sont d’astreinte cette nuit. Un seul tente de m’approcher en me demandant ce qui m’est arrivé. Un seul que je renvoie d’où il vient avec un regard assassin. Qu’on me foute la paix. Je veux juste qu’on vienne pour m’interroger, qu’on en finisse, que je retrouve Leo et que nous rentrions à la maison.

Je veux juste… Rentrer avec lui.




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MessageSujet: Re: (-18) Life, changes in an instant. Turns on a dime. [Leo]   Sam 30 Sep - 15:25



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Life, changes in an instant. Turns on a dime.

Il vient le rassurer, essayer en tout cas. Les mots s'ancrent et se perdent, apaisant finalement cette colère, celle qui s'estompe au fur et à mesure que les ombres se dissipent. Il ne reste plus rien, pour l'instant, plus rien si ce n'est sa voix, sa présence, les brises légères qui refroidissent ses nerfs. Leo s'en berce, silencieusement, faisant jouer les mots de Daniel dans son esprit jusqu'à s'en repasser des moments, de longs instants où ne subsistaient que son rire prenant. Il en grimace, souriant tristement en imaginant le pire, tout ce qui pourrait désormais advenir. C'est dur, finalement, de se rendre compte à quel point l'on peut tenir à une personne, l'importance qu'elle peut prendre après le premier baiser qu'elle nous donne. Il se souvient de la première fois qu'il l'a vu, cette première soirée à jouer au plus doué jusqu'à ce soir, incapable de pleinement le protéger. Un soupire et l'azur de ses prunelles qui se baisse avant que sa mélodie ne l'atteigne, avant que son attention ne lui revienne. « Je te le promets… Je leur dirai la vérité Leo. » Ce à quoi il acquiesce, reconnaissant à l'égard de celui qui se niche une énième fois dans son cou tandis qu'ils attendent, qu'ils attendent de se rendre. « J’ai besoin de m’allonger… » Requête à laquelle il accède, du mieux qu'il le peut. La tête de Daniel déposée sur ses cuisses, Leo le laisse s'apaiser, se calmer, laissant son regard se perdre d'abord sur l'autre homme qui gît, un peu plus loin. Il semble que son sang s'est arrêté de couler, que le temps lui-même se soit arrêté. Parce qu'il s'y perd, peut-être sans s'en rendre compte, il contemple la manière dont il s'est emporté, la manière dont tout s'est déroulé. Et les souffles lui reviennent, les supplices, les demandes ignorées avant que tout ne vienne déraper. Leo secoue la tête, choisissant de s'en défaire malgré les douloureux rappels qui ornent la peau de son amant. Il s'y risque, caressant du bout des doigts là où les plaies ne s'étendent pas, ça jusqu'à terminer dans ses cheveux, parfois le long de ses bras. Et les sirènes s'invitent, venir réveiller les ruelles qu'elles envahissent. Ça lui arrache un soupire tandis que Daniel lui échappe, se redresse, prêt à faire face. « Dany... » Mais ses réprimandes ne serviront à rien et il ne le sait que trop pour insister, davantage quand il vient le regarder malgré ses yeux abîmés, fatigués. « Tout ira bien. » Les mots n'ont pas raison de sa confiance mais le baiser qu'il vient faire traîner, lui, l'amène à croire en ses moindres syllabes. « Je t’aime. Et ce sera pour toujours ainsi. Rien ne va changer. Tout ira bien. » Il a noté, bien-sûr qu'il a noté. Ça lui arracherait presque un rire triste qui s'étouffe néanmoins derrière ses lèvres qui ne s'entrouvrent pas, pas cette fois, les secouristes enfin là. On l'arrache à ses songes, à ses bras. Leo perd son regard dans un néant qui n'appartient qu'à lui, celui qui continue finalement de détruire sa petite vie.

Et dans sa courte absence, coupé dans tout ce à quoi il pense, on l'invite à se lever, à quitter sa position à ses côtés. Nouveau coup au cœur, nouvelle douleur. Quelque-chose se brise, là, derrière ses prunelles qui s'attardent sur Daniel. C'est comme lui couper le souffle, comme le priver du seul air qui soit à même de respirer. Il n'aurait pas dû le quitter, il n'aurait pas dû l'éloigner. Parce qu'il se ferme, lentement Leo s'éteint, laissant malgré lui l'accès à ses mains. Car on ne lui laisse pas le choix, l'amenant à s'asseoir, là, dans l'ambulance qui brise la beauté de ce soir. Il entend qu'on lui parle, il croit entendre les questions qu'on lui pose mais rien, rien ne vient le sortir de sa légère torpeur, de la manière dont s'immisce en lui cette drôle de peur. Et elle ne le concerne en rien, ses pensées ne sont pas tournées vers sa propre personne mais plutôt sur celui qu'est aujourd'hui sien, âme délaissée qui finit par passer. Instinctivement, Leo lève le regard, revenant à lui l'espace d'un court instant. Et il l'imprime ce petit sourire, celui qui vient silencieusement tout lui dire ; « tout ira bien ». Ça résonne, ça ronge jusqu'à s'ancrer douloureusement et même malgré ça, malgré tous ces mots, la conscience de Sanders s'estompe aussi tôt qu'il disparaît, aussitôt qu'on ne l'en éloigne, à nouveau. Un soupire et les traits qui se baissent, l'azur de ses yeux perdu sur les craquelures qui ornent ses mains, celles encore souillées d'un sang qu'il ne regrette pas d'avoir versé. Et le souci est peut-être là, le problème réside sûrement en cela : parce qu'il n'y voit aucun mal. Aucun, bien que ce ne soit pas l'avis de chacun. Et tandis qu'il se perd, tandis qu'il grimace quand la jeune femme s'affaire, on vient s'imposer à lui, à cette lucidité affaiblie. « On va vous emmener au poste monsieur, on a quelques questions à vous poser. » Un rire presque étouffé vient franchir la barrière tenace de ses lèvres tandis qu'il se lève seulement, sans un mot, dirigeant ses pas vers la voiture concernée, laissant les agents dans son dos sans vraiment s'y intéresser. Éperdu dans des contrées immatérielles abandonnées, Leo culpabilise lentement de ne pas avoir fait assez. Toute cette situation, la manière dont ils pourraient désormais toucher le fond ; ça n'est pas lui et il aurait voulu qu'il sache, Daniel, il aurait voulu que ce soit dit. Un énième souffle et le regard qui se perd sur les alentours, sur les attentions qu'il croise, sur les maigres paysages avant qu'on ne vienne le réveiller et de la meilleure des manières à n'en pas douter. La porte s'ouvre sur celui dont on l'avait arraché, celui qui n'a pas quitté son esprit attristé. Et l'air lui revient, cette vitalité craquelée à peine présente, desséchée. Leo en suffoquerait presque, soufflant comme pour vaincre les sanglots qu'il sent monter à chaque fois qu'il entraperçoit ses plaies, finalement apaiser par les caresses qu'il vient apposer. « Tout va bien. » Inaudible et pourtant si perceptible. « Je t'aime. »

La route traversée, le silence bravé et les couloirs passés, de nouveau leur chemin se sépare. Il voit Daniel s'asseoir, peut-être un peu trop tard. Car si sa volonté n'est nulle autre que de le rattraper, ses collègues ne lui laissent pas le choix que d'avancer, rejoindre les ténèbres d'une salle bien fermée. Celle dans laquelle il s'engouffre, celle dans laquelle il se perd, imite son amant un peu plus loin en gagnant l'une des chaises. Et, au cours d'une fraction de seconde, rien qu'une, Leo ferme les yeux. Dans sa tête subsiste les brides d'un ciel bleu, la symphonie distrayante d'un vent peu violent, le bien-être salvateur des rafales de plus en plus glaciales. Et derrière elles, Daniel. Daniel. Il ne pense qu'à cet homme-là, celui pour qui ses mains ont cet aspect-là. Celui dont les mots, les rires, les promesses, dont tout réside, dans les profondeurs de son cœur, inscrit en lui. Parce qu'il est devenu la source de ses forces, la raison pour laquelle son monde semble avoir retrouvé de ses couleurs, la raison pour laquelle il choisit de se fier à son cœur. Aussi, il en revient à ces hommes, à ceux qui le guettent avant de s'installer, de lui faire face, avant de lui demander des explications quant à tout ce qui orne sa peau, toutes ces traces. « Qu'est-ce qui s'est passé, monsieur Sanders ? » Les prunelles qui se lèvent, un soupire des plus frêles tandis qu'il passe ses mains contre ses traits, tandis qu'il s'y essaie. Mais les images restent brutales, violentes, positivement comme négativement. « On sortait pour aller au restaurant, Daniel me parlait de sa fille donc on s'est arrêté. Ça a pas plus duré que ça, c'était seulement le temps de parler... ; il s'abstient l'autre partie de la conversation, se faisant une raison. La vérité, c'est bien, mais il n'ira pas tout leur donner sans l'avis de son bien-aimé. Ça a été suffisant pour que ces trois hommes nous remarque, ça leur a pas plus qu'on s'embrasse et du coup, ils nous ont insulté. Il sent les regards peser sur lui, il les sent comme pour ne rien changer, bien que leurs pensées n'aillent possiblement pas vers lui mais un tout autre intéressé. Leo choisit de ne pas y songer, pas autant qu'il le devrait. Parce qu'il ne laissera pas Daniel s'accuser à sa place. Daniel n'était pas très bien ces derniers temps donc il s'est emporté parce qu'ils insistaient, j'avais les deux autres derrières moi quand ça a dégénéré. » Souffle-t-il difficilement en essayant de rejouer la scène, en essayant d'être le plus précis possible malgré tout ce qu'il comprend comme lui ayant échappé. C'est ça qui lui fait le plus mal, ne pas être en mesure de se souvenir de ce moment, de cet instant. « L'un d'eux m'a frappé, j'ai essayé de répliquer et quand j'ai réussi à m'éloigner, j'ai vu ce type... » Et malgré tout, malgré la force qu'il tente de puiser en lui, les larmes montent, tracent leur sillon le long de ses joues. Leo lutte, Leo tente mais elles restent, ces scènes, elles ne le quittent pas. Il lui faut se reprendre, il lui faut seulement leur faire entendre. C'était pour lui, pour sa vie. « Quand je l'ai vu, il venait de le frapper une première fois avec un morceau de bois et il recommençait. J'ai... Je pouvais pas... » Non, ça n'excuse rien mais pour lui, elle réside en ses actes la notion de bien. « Je l'ai frappé aussi après, je sais plus trop. Il s'est débattu et j'ai continué, je l'ai arrêté. » Et, dans son récit, c'est sur son poignet que se perdent le bout de ses doigts. Là où la main de Daniel s'est fermé dans la voiture, là où se dévoile finalement l'un des bracelets qu'il s'est permis de lui emprunter. « Daniel aurait pu y rester. » C'est tout ce qu'il lui fallait dire, tout ce qu'il espérait leur faire entendre. Il l'a fait parce qu'il n'avait pas d'autres choix que celui-là, parce qu'il se serait relevé sans ça. La suite des mots qui lui sont adressés, Leo ne les a pas écouté. Pas autant qu'il l'aurait dû, le regard plutôt braqué sur cette porte qui s'ouvre enfin pour le laisser passer. Et quand il sort, c'est vers celui qui l'attend qu'il vient se perdre, choisissant d'omettre les consignes de ceux qui se tiennent derrière, ceux qui ne s'interposent pas, finalement, quand il vient perdre l'un de ses mains contre ses traits malmenés. « On peut l'emmener à l’hôpital maintenant que c'est fait ? » Une question qui reste sans réponse parce qu'il sait, il sait très bien que ce ne sera pas fait. Daniel doit y passer et il espère, du plus profond de son être, qu'il saura résister à l'envie de tout inverser. Il l'espèce, demande silencieuse qu'il laisse se trahir quand ses perles claires rencontrent l'azur des siennes, ce qu'il a de plus cher.

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MessageSujet: Re: (-18) Life, changes in an instant. Turns on a dime. [Leo]   Sam 30 Sep - 17:49

Life, changes in an instant. Turns on a dime.



L'attente est longue. Terriblement longue. Je jette de temps en temps un coup d'oeil en direction de la salle d'interrogatoire. Détourne de nouveau mon regard pour regarder droit devant moi. Deux/trois regards des collègues d'astreinte se posent sur moi, je les ignore. Tout simplement. Ils doivent se poser des questions mais n'osent pas venir les poser et il vaut mieux pour eux. Le seul qui s'est approché je lui envoyé chier. Je ne veux parler à personne. Pas parce que j'aie honte de quoi que ce soit mais parce que satisfaire leur curiosité mal placée ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse c'est Leo. Ce qu'il se passe dans cette salle. Ce qu'ils vont lui dire. Ce qu'ils vont décider. Mon cerveau fonctionne vite, très vite. Les informations se mêlent et s'entrechoquent. Je sais qu'il ne vont pas le mettre en garde à vue ni en détention. Légitime défense. Ces deux mots suffisent à faire en sorte qu'il soit libre et puisse rentrer à la maison. Ce sera le juge d'instruction qui décidera une fois le dossier en main. D'ici quelques semaines tout au plus. Peut-être qu'ils iront plus vite vu que je suis de la maison. Je l'espère. Que tout soit fini. Que ce soit réglé. Que l'on passe à autre chose. Et que cette soirée ne devienne plus avec le temps qu'un lointain, très lointain souvenir. Je m'adosse contre la chaise et me reprends tout de suite en grimaçant : trop mal pour ça, beaucoup trop mal. Je ne sais pas à quoi ressemble mon dos mais ça ne doit pas être beau à voir vu la réaction de la secouriste. Je frissonne en repensant aux coups. A l'horreur d'être une victime. Je suis toujours de l'autre côté de la barrière et les quelques coups que j'ai reçus pour mon téléphone portable la veille de ma tentative de suicide ne sont rien comparés aux coups reçus ce soir. Rien du tout. Parce qu'il y avait de la haine pure derrière ces coups. Tant de haine... Un bruit de porte et je tourne mon visage en direction de la salle d'interrogatoire d'où sort Leo accompagné de mes deux collègues. A peine je pose mon regard sur lui que je soupire de soulagement. J'avais beau être persuadé qu'il allait sortir libre ce soir, le voir s'avancer vers moi sans avoir les menottes aux poignets me rassure, c'est indéniable. Il s'arrête près de moi, ma main passe autour de sa cuisse alors que sa main à lui glisse sur mon visage.

Ce simple contact est tellement bon...

Et c'est là que Leo demande s'il est possible de m'emmener à l'hôpital maintenant. Non. Pas d'hôpital. Pas ce soir. Pas envie. Je veux juste rentrer à la maison mais avant d'en arriver là... Mes collègues échangent un regard avant de porter leur attention sur moi et je hoche la tête. Une pression avec mes doigts sur la cuisse de Leo et je me redresse, là encore en grimaçant. Je plante mon regard dans celui de Leo.

« Je vais juste répondre à leurs questions et après on rentre. On ira à l'hôpital demain. S'il te plaît. » j'ajoute plus bas alors que je sais qu'il est sur le point de protester. Il finit par céder. Je souris. Ma main vient trouver son poignet, touche sa peau, glisse sur mon bracelet qu'il porte et que je ne cherche même pas à récupérer depuis le temps qu'il s'en est emparé tant j'aime le voir sur lui. Et j'en avais deux. Nous portons le même. J'aime ça. J'aime vraiment ça. « A tout de suite. »

Et sur quoi je m'éloigne de lui, à contre cœur tant j'aimerais juste rester à ses côtés et quitter cet endroit que pourtant j'affectionne d'ordinaire. Jimeno me propose de m'aider à marcher mais je refuse son aide. Je peux marcher. J'ai mal au dos et à la tête mais je peux marcher. Et c'est ainsi que je disparais en premier dans la salle d'interrogatoire, non sans avoir un dernier regard pour Leo avant que la porte ne soit refermée. Je m'installe sur la chaise où Leo était assis il y a encore quelques minutes et soupire. Je n'ose même pas essayer de m'adosser : j'ai bien compris la leçon tout à l'heure. Jimeno et Peterson s'installent en face de moi, l'air grave. C est Peterson qui attrape le stylo pour prendre des notes. Donc Jimeno va mener.

« T'es sûr que ça va aller ?
- Oui, c'est bon. On fait ça et après je rentre chez moi. Allons-y. »

Pas de détour. Pas dans la dentelle. Je n'ai pas envie de ça. Pas le temps pour ça.

« Ok. On t'écoute. »

Puisqu'il faut tout revivre...

« On était dans la rue avec Leo. On allait au restaurant et on s'est arrêté. On s'est embrassé et puis j'ai entendu un type nous insulter. De pédé. » Je n'hésite pas à employer les mots et je n'hésiterai pas pour la suite non plus car même si revivre ces moments fait mal, c'est essentiel pour que Leo n'ait aucune poursuite. Aucune. Je ne m'occupe pas de l'air gêné de Peterson sans doute de me voir parler de ma relation avec Leo avec autant d'aisance. Je soupçonne une pointe d'homophobie. N'en dis rien. Je poursuis. « J'ai tout de suite voulu m'approcher de lui et de ses deux potes. Leo a essayé de m'en empêcher. Il m'a dit de laisser courir mais je pouvais pas laisser courir. Vous me connaissez... » C'est un fait. Mon impulsivité et mon mauvais caractère sont connus de tous ici. Ils hochent la tête. « Je lui ai demandé de répéter, il nous a encore insultés mais il a répété. Il a ajouté qu'il voulait pas gerber son dîner à cause de nous. Après ça il a insulté Leo. Il m'a dit qu'il fallait que j'emmène ma petite salope avec moi. » Je déglutis difficilement car prononcer ces mots me met hors de moi. La rage revient au point que j'en serre les poings sur la table et que ma mâchoire se crispe. « Je lui ordonné de s'excuser. Il a refusé. Il a dit, et je le cite « va te faire enculé, t'aimes ça non ». » Mes collègues écarquillent les yeux. Visiblement, Leo n'a pas été à ce point-là dans le détail. « J'ai vu rouge et je l'ai frappé. »

Ils échangent un regard.

« Tu l'as frappé en premier ?
- Oui. Sans hésiter. Une bonne droite en plein visage. Droit sur son nez histoire de lui faire passer l'envie de recommencer. »

Je reste droit. Ne cille pas. Leur fait face. Ils ont quelque chose à redire peut-être ? Non. Peterson note et se contente de ça.

« Ok et après ? »

Je lève les yeux vers le plafond un instant, prends une profonde inspiration par le nez qui me fait un mal de chien. J'ai besoin de ces quelques instants pour trouver la force de passer à la seconde partie du récit.

« Après... » Je fronce les sourcils et reporte mon attention sur mes collègues. « Après ça, c'est parti en vrille. J'ai reçu un coup sur la tempe d'un autre type. Je me suis défendu, je l'ai calmé un peu et après je me suis rendu compte que Leo se défendait contre le troisième. J'ai voulu m'approcher et c'est là que j'ai reçu un coup violent derrière le crâne. Si violent que je me suis retrouvé au sol, à moitié assommé. Je me suis rendu compte que le coup m'avait ouvert le crâne et j'ai vu le type face à moi.  Le premier que j'avais frappé. Celui qui nous avait insultés. Il était debout, avec une planche en bois, celle avec laquelle il venait de me frapper. J'avais mal et je me sentais pas très bien mais j'ai compris quand même ce qu'il allait faire. Mais j'étais pas en état de l'arrêter. J'ai même pas eu le temps de montrer ma place ou de sortir mon arme. Il a cogné. En plein visage. » Je m'arrête, lève ma main jusqu'à mon visage pour montrer mon nez où trône déjà un bel hématome et ma pommette fraîchement recousue. Je les vois pâlir. Je ne m'arrête cependant pas. « Je me suis retrouvé au sol et après, ce dont je me souviens, c'est qu'il a cogné dans mon dos. Avec sa planche... » Et histoire qu'ils aient conscience des coups portés, je me redresse juste le temps de soulever ma veste et ma chemise pour leur montrer mon dos. Je ne sais pas à quoi il ressemble mais eux savent aussi maintenant. Et ils pâlissent encore plus. « Il a cogné encore et... Je pouvais pas me défendre. J'avais pas la force, j'étais sonné. Je pouvais rien faire. Il allait me tuer... » Je revis la peur de mourir, cette peur qui malgré la douleur et les vertiges m'a glacé le sang. « Puis plus rien. » Je ponctue finalement. « Plus aucun coup. Quand j'ai... » Nouvelle déglutition. « Quand j'ai réussi à reprendre un peu mes esprits et à rouler sur le dos, j'ai vu que c'était Leo. Que c'était Leo qui était en train de l'arrêter. Je suis allé le rejoindre comme j'ai pu. Le type était inconscient. »

Silence.

« Tu es sûr ?
- Oui. Il ne bougeait plus. A ce moment-là j'ai soufflé. J'ai soufflé parce que je savais qu'on ne risquait plus rien.
- Et les autres ?
- Les autres ? Ils ont voulu aider leur pote à se relever mais je leur ai interdit de le toucher. Vu son état...
- T'avais compris.
- Je m'en doutais mais j'étais pas sûr. Pour les convaincre de pas le toucher j'ai montré ma plaque. Et c'est là qu'ils ont pris la fuite.
- Ils se sont enfuis à ce moment-là ?
- Oui. Ils ont compris qu'ils avaient cogné un flic. Pas bêtes : ils savent ce qu'ils risquent mais j'ai leurs visages dans ma tête. Y'aura aucun problème pour un portrait robot. On leur mettra la main dessus.
- On va s'en occuper oui. Donc ils sont partis et ?
- Et je me suis approché du type. J'ai pris son pouls, y'en avait pas. C'était fini. Leo a appelé les secours après.
- C'est lui qui a appelé ?
- Oui. C'est lui. J'étais pas vraiment en état d'expliquer la situation au 911.
- Ok. Je pense qu'on a ce qu'il nous faut.
- Tu penses qu'il va se passer quoi maintenant ? »

La question sort toute seule. Jimeno et Peterson échangent un regard surpris. Jimeno reporte son attention sur moi.

« Mills, tu connais la procédure.
- Je parle pas de la procédure. Je parle... Pour lui. »

Ils échangent de nouveau un regard avant de me regarder à nouveau.

« Tu as vu l'état du type. Je pense qu'on peut dire que ton...
- Compagnon. »

Le mot semble difficile à prononcer pour lui alors je l'aide un peu.

« Oui, ton compagnon s'est laissé emporter. Il aurait pu s'arrêter avant mais les circonstances étaient telles que... C'était violent. Il a fait ce qu'il a pu.
- Il faut pas qu'il lui arrive quelque chose. » j'ajoute finalement les larmes me montant aux yeux.

Mes poings se crispent à nouveau sur la table alors que je secoue la tête.

« Il doit rien lui arriver.
- Il lui arrivera rien Mills. Je veux dire, je vois ton état, j'ai entendu ta déposition. Ce type allait te buter, ton compagnon avec. C'était de la légitime défense et n'importe quel juge va penser la même chose.
- Les gars vont récupérer la planche Mills. Y'aura ton sang dessus. Ce sera une preuve suffisante. Plus votre état à tous les deux... Y'aura pas de condamnation. Lui, s'il était encore vivant, il serait condamné. Mais certainement pas ton... Compagnon. »

Lui aussi a du mal.

« On va transmettre au juge d'instruction. Tu connais la chanson. Vous bougez pas de Chicago pendant l'enquête et jusqu'au jugement. D'ailleurs... Hum... »

Il me faut une seconde pour comprendre.

« Je suis suspendu, hein ?
- Tu connais les règles et malheureusement c'est moi qui les fais.
- Ouais... »

Les larmes aux yeux, le cœur serré, ma main vient se saisir de mon arme. Je retire la balle dans la chambre de tir, retire le chargeur et pose le tout sur la table. Il me faut prendre une profonde inspiration pour récupérer ma plaque, la décrocher de ma ceinture et la déposer sur la table à côté de mon arme et de mon chargeur. Je les observe, écoeuré. Véritablement écoeuré.

« Je suis désolé Mills... Que ça te soit arrivé.
- Merci. »

Je renifle, relève mon regard vers eux.

« Je peux y aller les gars ?
- Oui. Vas-y. On t'appelle un taxi  ou tu veux qu'une patrouille vous raccompagne ?
- Un taxi sera très bien. Merci.
- D'accord. On t'appelle dès qu'on a du nouveau.
- Ok. »

Sur quoi je me lève et quitte la salle d'interrogatoire. C'est fait et je devrais me sentir mieux. Je pourrais me sentir mieux si je n'avais pas laissé ma place et mon arme de service derrière moi. Je m'approche de Leo qui lui-même vient à ma rencontre. Je passe volontiers un bras autour de sa taille.

« Rentrons à la maison. » je souffle tout bas.

Un regard échangé et nous nous mettons en route, collé l'un à l'autre. Et je sens les regards. Je le sens. Alors je m'arrête et fais s'arrêter Leo. Je regarde mes collègues qui nous dévisagent.

« Est-ce que je dois comprendre que ça pose un problème à qui que ce soit ? » je demande d'une voix forte et froide. Parce que leurs regards... Leurs putains de regards... Ils terminent par tous secouer la tête. Je me fous qu'ils soient surpris de savoir que je suis en couple avec un homme, ça ne les regarde pas. Point. Ils n'ont droit d'émettre aucun jugement. Aucun. « Bien. On y va. »

Les choses mises au point, nous quittons le poste et c'est finalement sur un banc que nous prenons place en attendant le taxi. Je glisse ma main sur la cuisse de Leo, je plonge mon regard dans le sien alors que mon autre main vient caresser sa joue avec tendresse.

« Tu as beaucoup mal ? » je demande un observant son arcade. « Laisse-moi regarder... » j'ajoute en portant mon regard sur ses mains abîmées. Je les frôle du bout des doigts, le sens se raidir. Les larmes me remontent aux yeux. « Elle a dit que c'était pas cassé... » Je relève mon regard vers lui. « Je suis content que ce soit pas cassé. » Les mains ne sont pas cassées mais... Et lui ? « Est-ce que ça va aller ? »

J'ai tellement peur pour lui.
Tellement peur.




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MessageSujet: Re: (-18) Life, changes in an instant. Turns on a dime. [Leo]   Dim 1 Oct - 21:21



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Il s'empresse de constater tout ce qu'il n'a pas pu lui éviter. Et cette culpabilité, prenante, pleine d'un trop de volonté. Ça lui arrache un soupire, quelque-chose qui vient se briser aussi certainement qu'il presse un peu le bout de ses doigts contre sa cuisse. Leo en baisse simplement le regard, sachant pertinemment qu'il perdra, ce soir, qu'il n'aurait pas d'autres choix que de mettre de côté cette initiative-là. Alors il se tait, l'aidant à se redresser tandis que ses yeux cherchent à éviter ses collègues qui l'attendent derrière. Non, au lieu de ça, c'est sur lui qu'il se concentre, rien que sur sa présence. « Je vais juste répondre à leurs questions et après on rentre. On ira à l'hôpital demain. S'il te plaît. » Et comment lui refuser, Leo y cède exténué, puis finalement apaisé. La légère caresse qu'il vient exercer contre son poignet suffit à le lui faire oublier toutes les douleurs qu'ils ont eu à surmonter. Ça, durant à peine une seconde, un petit instant qui lui rappelle que malgré ça, malgré tout, ils sont vivants. « A tout de suite. » Et il s'éloigne, ne laissant que sa silhouette aux yeux du blond qui s'assoie, les batteries à plat. Il perd l'azur de ses prunelles sur cette ombre qu'il aime à côtoyer, sur cette personne qu'il aime à choyer, sur ce bracelet qu'il porte aussi après lui avoir emprunté. C'est sur ce dernier qu'il s'attarde, sur ce dernier qu'il pose les yeux avant de contempler son sourire qu'on lui retire. La porte passée et le silence retombé. Il sent les regards s'inviter, là, sur sa personne plus que fatiguée, tout de même assez abîmée. Et il s'en veut, il s'en veut que le monde soit à ce point dépassé par un écart de normalité. Ça l'épuise, ça vient rompre ses nerfs déjà trop futiles. Et les larmes montent, silencieuses mais bien présentes. Elles montent et se perdent, là, sur des joues qui ne se relèvent pas, pas encore, ou presque. Parce qu'il ose un coup d’œil en direction de la salle qu'il a quitté un peu plus tôt, cette même salle dans laquelle il s'est tout mit sur le dos. Il aimerait l'y rejoindre, seulement l'étreindre. Vraiment, ne pas le quitter, retrouver cette impression de vivre qui commence à lui manquer mais il n'a besoin que de lui à ses côtés pour pleinement y arriver. Et là, là sa respiration en pâtit, le laissant à souffler difficilement, le gardant finalement bien assit. Lui qui s'était imaginé sortir, prendre l'air, essayer de réfléchir à ce qui pourrait désormais advenir. Mais les mots de Daniel se sont fait sûrs et s'il est une âme en laquelle il se serait risqué à déposer sa confiance, elle réside en cet homme-là. Alors il s'abstient d'imaginer le pire, s'accrochant à ses dires. Ça pour enfin lever les yeux, ça pour enfin se rendre compte qu'il est encore parmi eux, tous ces facteurs de curiosité qui n'ont de yeux que pour ce qui est en train de possiblement se passer.

Ça lui arrache une énième grimace qui s'intensifie quand il sent son arcade bougée, la douleur renouée avec sa mémoire sensibilisée quant à ce qui lui est arrivé. Les images frappent et ornent chaque couloir de ses esprits, lui laissant comprendre qu'ils auront probablement encore – un jour – des ennuis. Et pourtant. Sa détermination à ne plus le quitter ne fait qu’accroître, promesse faite à ses songes quitte à devoir s'y plier en quatre. Leo songe à cela quand, enfin, il les entend ces pas. Une avancée hésitante, difficile, cruelle pour celui qui se doit de l'endurer de plus belle. Quand il pose les yeux sur le brun, son souffle semble se perdre dans les contemplations qu'il gardait en tête, cette ténacité à ne pas vouloir enregistrer cette version de ses traits amochés. Pourtant, il ne s'en recule pas pour autant, trop avide de son contact, de sa présence, de cette proximité dont il ne pourra sûrement plus se passer. « Rentrons à la maison. » Il acquiesce doucement, venant s'empresser de le soutenir au mieux, n'osant pas toucher son dos, les marques qui salissent sa peau. Raison pour laquelle Daniel s'accroche à sa taille, l’entraînant à sa suite avant qu'il ne se détourne de cette dernière porte de sortie, cette dernière faille. Leo fronce les sourcils, relevant enfin le regard pour finalement comprendre la raison pour laquelle il scille. Les regards, ceux qui guettent, qui murmurent, qui impriment des images auxquelles ils ne s'étaient pas attendus, chose que Daniel ne peut supporter bien entendu. Alors il s'abstient le moindre mot, la moindre remarque. Leo laisse faire, parce que c'est nécessaire ; au moins pour celui qu'il enserre. « Est-ce que je dois comprendre que ça pose un problème à qui que ce soit ? » Un petit sourire tout de même satisfait tandis qu'il guette à son tour le moindre retour. Mais rien, rien ne vient si ce n'est des hochements de tête. « Bien. On y va. » Des mots qui s'estompent dès lors qu'ils parviennent à sortir, retrouvant les vents frais et la douleur qu'ils viennent trahir. La caresse délicate des quelques brises parvient tout de même à faire taire tous les tourments du blond tandis qu'il entraîne avec lui son amant, l'incitant à s'asseoir avant de l'imiter, lui aussi. Et tandis qu'il soupire, c'est la main de Daniel qui le ramène à la réalité qui n'en finit plus de le faire pâlir. Une main sur sa cuisse, une main sur sa joue et son regard inquiet braqué comme pour – peut-être – s'assurer qu'elles sont bien là, ses blessures, qu'il n'est pas fou. « Tu as beaucoup mal ? Laisse-moi regarder... » Et il aurait voulu détourner son regard, lui épargner cette part. Pourtant, il ne bouge pas, laissant libre court à Daniel de poser ses yeux où bon lui semble ; ou presque. Parce qu'il les sent, ses légères caresses, celles qu'il vient offrir à ses mains avant qu'il n'en grimace, instinctivement plus que volontairement. « Elle a dit que c'était pas cassé... » A ça, il retrouve le regard du quadra, s'y attardant avec insistance, ça comme pour s’imprégner de son essence. « Je suis content que ce soit pas cassé. » Un sourire, un triste sourire en vérité. Il aurait voulu que rien de tout ceci ne vienne se passer. « Est-ce que ça va aller ? » Et cette question.

Les larmes lui montent tandis qu'il laisse un rire ironique franchir la barrière de ses lèvres, s’évanouir dans l'espace qu'il peine à animer tous deux, dans un état des plus piteux. Leo s'en défait alors, contemplant un peu plus loin, fermant un instant les yeux tandis qu'il enserre l'une de ses mains. Son souffle, putain, son souffle qui lui revient. Et cette impression que le monde s'arrête, qu'on lui enlève une partie de son être. Il en suffoque presque tandis qu'il secoue la tête, essayant de retrouver une raison décente, de ne pas s'abandonner à cette douloureuse pente. « J'ai... ; mais les mots ne viennent pas encore, bloqués dans sa gorge. Leo brise finalement le lien, venant enfouir son visage entre ses mains. Il s'en sent trembler que de se remémorer ces instants passés dans la crainte qu'ils puissent éventuellement y rester. J'ai tellement peur de te perdre ; qu'il laisse entendre avant de croiser son regard un peu plus tendre. Et je n'parle pas que de tout à l'heure ou de ce que j'ai fait, j'arrive pas à le regretter. Non. Non... C'est... tout le temps. Tout le temps. Depuis que je t'ai enfin avec moi, depuis que j'ai enfin la chance de t'avoir... ; et le cœur qui s'emballe, cette douleur qui a l'effet d'une balle. L'azur de ses yeux s'assombrit une énième fois tandis qu'il en revient à ses bras, à ses traits fatigués en plus d'être davantage déchirés. J'ai toujours perdu ce qui m'était cher et là, ce soir, c'est la deuxième fois que je crois mourir avant de réussir à intervenir. » Mais les larmes ont raisons de lui. Peut-être un peu trop. Raison pour laquelle il se lève, s'offrant la possibilité de faire quelques pas, désireux de pleinement se reprendre, rien que cette fois. La peur n'a jamais évité le danger, jamais. « Il suffit d'une fois, d'une seconde trop tard et... ; non, il n'ose pas dire la suite, pas maintenant, le cœur n'y est pas, la volonté non plus. Le courage ? Encore moins. Et pourtant. Et je te perdrais. Que ce soit par des gens comme les types de tout à l'heure, que ce soit à ton taf, que ce soit dans la rue en bas de chez moi, que ce soit... ; son souffle, il a besoin de récupérer son souffle parce qu'il pleure en parlant, parce qu'il craque difficilement. Parce que c'est toujours comme ça. Toujours. J'vais te perdre comme j'ai perdu Claudia et... et je peux pas. Je peux pas. » La fin de ses mots ne sont plus que des murmures tandis qu'il laisse ses perles salées se perdre contre ses traits, tandis qu'il va pour s'avancer avant qu'un taxi ne prenne enfin la peine de s'arrêter. « Laisse, je suis désolé. » Leo soupire, expire, trouvant la force nécessaire pour se retenir tandis qu'il en revient à Daniel qu'il aide à se lever, à rejoindre le taxi pour s'y engouffrer. Direction South Side et ses ruelles délaissées, là où les attende ces murs censés les protéger, ceux qu'ils n'auraient peut-être pas dû quitter. Durant le trajet, il n'énonce aucun mot, aucun autre maux, silencieux, le regard éperdu sur les paysages grisonnants qui défilent sans pour autant quitter sa main, sa présence, caressant du bout des doigts ce même bracelet qu'il porte désormais plus que parfois. Et il leur faudra un quart d'heure, peut-être une petite demi-heure pour enfin rejoindre l'appartement qu'ils avaient déserté. Leo s'empresse de venir l'aider, payant la course avant de se faire pilier. Quelques marches à monter, des portes à entrebâiller jusqu'au canapé dans lequel il parvient à l'installer. Une seconde, rien qu'un souffle pour finalement pleinement s'animer, retrouver tout un semblant de mobilité. Il en oublie les craquelures de ses mains, de mettre un léger coup de frein et ça suffit aux bandages qu'il porte pour être repeint. Aussi il revient, n'y voyant rien, déposant sur la table basse quelques affaires en plus de sa trousse de soin. « 'bé, je vais devoir voir ton dos, s'il te plaît. » Et il sait qu'il refusera, il ne le sait que trop bien. Mais pas ce soir, pas cette fois. Pas cette fois. Leo lutte, contre lui-même, contre tout ce qui le prend à la gorge à chaque fois qu'il y pense. Son souffle, rien que celui-ci. Lui qu'était parvenu à lui rendre le sien n'avait rien pu faire pour qu'on ne lui épargne. La culpabilité, dure, cruelle, tortionnaire. « Juste... Daniel, je t'en supplie, laisse moi au moins voir... »

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MessageSujet: Re: (-18) Life, changes in an instant. Turns on a dime. [Leo]   Lun 2 Oct - 18:46

Life, changes in an instant. Turns on a dime.



Inquiétude grandissante. Est-ce qu’il va bien ? Est-ce qu’il va réussir à gérer ? Parce que je sais ce que cela fait. Je le sais mieux que personne… Avoir du sang sur les mains… C’était de la légitime défense, ses mains sont donc bien moins sales que les miennes mais avant que je franchisse la ligne, quand j’ai moi-même abattu des hommes par le passé en légitime défense dans le cadre du travail, déjà à ce moment-là c’était difficile de vivre avec. On a toujours les images, on a toujours le souvenir, toujours. Et si ça me hante moi, lui aussi ça va le hanter mais je ne le veux pas, je ne veux pas qu’il souffre… L’inquiétude grandit encore quand je vois les larmes apparaître dans ses yeux. Non… Non, il ne va pas bien. Mes yeux se mettent à briller, mes larmes font écho aux siennes, et je le regarde détourner les yeux, je le regarde se défaire de ce contact. Je le regarde se battre contre la douleur et cela me brise un peu plus. Cela me brise. J’aimerais pouvoir l’envelopper tout entier de douceur, de tendresse, de bienveillance, j’aimerais être capable de lui retirer cette souffrance mais je ne le peux pas. Je le sais. Je peux l’aider à vivre avec, comme lui m’aide à vivre avec, mais je ne peux pas l’effacer. Si seulement… Il secoue la tête, cherche ses mots, s’enferme de nouveau dans le mutisme et lâche finalement ma main pour user des siennes afin d’y plonger son visage. Je vois ses épaules trembler et je ne peux que poser ma main sur son épaule, la pressant avec douceur. Je ne peux que… Surprise soudain. Quand il trouve enfin les mots. Des mots auxquels je ne m’attendais pas. Ce qui le fait souffrir n’est pas la vie qu’il a prise pour nous protéger. Ce qui le fait souffrir, c’est la peur de me perdre. Mes doigts serrent un peu plus son épaule alors qu’un élan de tendresse et d’amour m’enveloppe moi.

Parce que savoir qu’il m’aime à ce point…
Autant que je l’aime.

Et les mots qu’il emploie sont d’une douceur infinie. Je crois qu’il ne se rend pas compte… Je crois qu’il ne réalise pas à quel point l’entendre parler de moi de cette façon remplit mon cœur de joie et de reconnaissance. A mon sens, je suis le plus chanceux des deux. Vraiment. Mais lui s’estime chanceux de m’avoir, moi, dans sa vie. Moi. Je ne l’en aime qu’encore plus. S’il savait à quel point… Je crois qu’il le sait, je n’en suis pas certain. Lui ai-je assez dit ? Lui ai-je assez prouvé ? La chaleur fraîchement née de ses mots se fait rattraper par la glace quand il mentionne la mauvaise nuit. De façon détournée, mais il la mentionne. Deux fois il a failli me perdre, deux fois. Mais la première fois c’était ma faute. J’ai pris les médocs. J’ai avalé cette boîte. J’ai failli entraîner ma propre fin. Et chaque jour je regrette de lui avoir fait tant de mal parce que la preuve : il en souffre toujours. Je baisse le visage, alors qu’il se lève, toujours honteux d’avoir eu ce geste, mon cœur se serrant en l’entendant me dire qu’il suffit d’une seconde. C’est valable pour lui aussi. Il suffit d’une seconde… On ne sait jamais ce qui nous attend, jamais. J’ai vu tellement rouge ce soir quand j’ai vu que ce type le frappait. Il aurait pu… Je frissonne à cette pensée. Mais d’autres mots de Leo m’éloignent de cette pensée justement. D’autres mots viennent apporter à un trouble supplémentaire à mon esprit. Parce qu’il m’entionne mon travail. Et ça… Ce n’est pas anodin. Il le glisse au milieu du reste mais ce n’est pas anodin. Et la culpabilité serre davantage mon cœur, parce qu’il souffre de cette peur viscérale de me perdre, et il est clair que mon travail n’arrange rien à cette peur. Et je l’imagine, alors qu’il parle de Claudia, la voix tremblante, le souffle court, en larmes, alors qu’il répète qu’il ne peux pas me perdre… Je l’imagine s’inquiéter quand je suis absent, je l’imagine s’imaginer des horreurs quand je pars au travail, je l’imagine vivre avec la peur au ventre de voir une voiture officielle débarquer en bas de l’immeuble.

Je l’imagine et j’en ai la nausée.

Il me demande finalement de laisser courir alors qu’il va chercher notre taxi. Il s’excuse. Et je ne dis rien. Plus rien. Je ne peux pas laisser… Je ne peux pas. Mais ça se bouscule dans ma tête : à quel point je l’aime ? A quel point ce qu’il ressent compte pour moi ? Plus que tout. Alors, je ne peux pas laisser et je vais devoir réfléchir. Je vais devoir… Il se rapproche de moi pour m’aider à me relever et m’emmener jusqu’au taxi. Et pendant le trajet, je ne cherche pas à briser le silence installé. Je regarde le défilé des rues, des réverbères et je réfléchis. Encore. Et encore. Et encore. Ce n’est que lorsque nous arrivons en bas de l’immeuble et que le taxi s’arrête que je sors enfin de mes réflexions. J’ouvre la porte mais Leo vient rapidement m’aider. Je ne dis rien. Je ne peux pas prétendre que le moindre mouvement ne me fait pas un mal de chien. C’est mon dos surtout qui est extrêmement douloureux. Ainsi, je laisse Leo nous ramener à la maison, je laisse Leo m’installer sur le canapé et je soupire une fois assis. Nous sommes rentrés. Nous sommes ensemble et en sécurité. Ensemble. Un soupir. De soulagement. De fatigue aussi. Savant mélange des deux. Et les pensées ne sont pour le moment plus tournées vers ce à quoi je dois songer pour son bien. Les pensées sont tournées vers mes blessures, vers ce qu’il me demande de faire et moi qui reste silencieux et immobile. Voir mon dos ? Je crains sa réaction parce que j’ai conscience que cela ne doit pas être beau à voir et il va se sentir encore plus mal… Je ne veux pas qu’il se sente encore plus mal. Alors il vaudrait mieux laisser ça au médecin que je verrai demain aux urgences. Mais Leo insiste. Leo supplie. Et je baisse la tête, laissant échapper un autre soupir. Je ne veux pas. Je ne veux pas mais…

« D’accord. » je souffle tout bas avant d’entreprendre de retirer ma veste en cuir que je pose sur le canapé à côté de moi. Mes mains trouvent rapidement les boutons de ma chemise noire mais Leo m’arrête dans mon geste en me demandant où sont passées mon arme de service et mon insigne. Oh… Ah oui… Je ne lui ai pas dit. Mon regard s’abaisse pour observer ma ceinture et ce vide me tord les entrailles. J’aime tellement mon travail… Je relève mon regard vers Leo en abaissant mes mains, laissant pour le moment ma chemise où elle est. « Il y a des règles à suivre… Au travail. » j’ajoute en voyant qu’il ne saisit pas. « Je suis suspendu le temps de l’enquête. Je ne pourrai exercer que quand le juge aura statué sur le dossier. » Et ce que je vois dans ses yeux me donne soudain envie de pleurer. Je le vois le soulagement. Je le vois nettement. Cette lumière, cette lueur d’espoir. Juste parce que je ne vais plus travailler pour le moment et cela ne fait que confirmer ce que craignais. Il se reprend rapidement, craignant sans doute que je m’en aperçoive mais c’est trop tard. J’ai vu. J’ai entendu. Je sais et je ne peux pas faire comme si je ne savais pas. Et il s’excuse. « Non. » je lui dis en posant ma main sur sa joue et en plantant mon regard dans le sien, me reprenant et laissant de côté mes propres pensées qui sont pour le moins difficiles à supporter. « Tu n’as pas à t’excuser. Ce n’est pas de ta faute. Ce sont les règles, elles sont les mêmes pour tous au poste. Ce n’est pas de ta faute. » je répète une seconde fois en esquissant l’ombre d’un sourire. Je lâche sa joue et commence à défaire les boutons de ma chemise. « De toute façon, je pense pas être en état de bosser là donc l’un dans l’autre… » j’ajoute en perdant mon sourire. La chemise est retirée, déposée par-dessus le blouson et je prends une profonde inspiration avant de me tourner un peu sur le canapé pour que Leo puisse voir mon dos. Silence. Lourd silence. « C’est moche hein ? » Toujours aucune réponse. Ce sont ses mains que je sens soudain, ses doigts qui effleurent délicatement la peau où les marques doivent se trouver. Vu la taille de la planche, vu la force avec laquelle il a cogné… J’imagine que les hématomes sont sombres, larges, autant qu’ils me font mal en fait. J’entends quelques bruits, je ne sais pas ce que Leo fait, jusqu’à ce qu’il me prévienne qu’il va me mettre de la pommade et que ça va être froid. C’est effectivement froid au point que je m’en raidis quand ses doigts imbibés de pommade rencontrent ma peau. Et je me crispe, serre les dents alors qu’il masse car cela fait très mal mais au final, cela me fera du bien. Alors je tiens. Je tiens tout le long, jusqu’à ce que les mains de Leo terminent sur mes épaules. Je ferme les yeux et me recule un peu pour me laisser aller contre lui, mon dos contre son torse, ma joue contre sa joue. Moment de paix. De douceur. Et les larmes me remontent aux yeux sous mes paupières fermées.

« Moi aussi j’ai peur… » je lui murmure tout bas en gardant les yeux fermés et en collant un peu plus ma joue contre la sienne. « J’ai failli te perdre aujourd’hui et rien que d’y penser… C’est pire que d’être tué. C’est pire que tout. »

Je rouvre les yeux et bouge légèrement pour pouvoir m’asseoir face à lui, plongeant mon regard dans le sien au moment où ma main vient se perdre sur sa joue. Mes yeux le couvent d’amour. De tant d’amour. Je souris.

« Qu’est-ce que je t’aime toi… » je souffle, mon visage proche du sien, si proche que mes lèvres viennent lui voler un baiser. Je retrouve finalement ses prunelles auxquelles j’accroche les miennes. « Tu sais, si je regrette tous les jours ce geste que j’ai eu et qui a bien failli nous séparer… Si je regrette ce geste parce qu’il t’a fait du mal et t’en fait encore, je ne regrette pas le reste. Je ne regrette pas d’où il est venu, je ne regrette pas ce qu’il a entraîné. Je ne regrette pas d’avoir touché le fond parce que si je n’avais pas été au plus bas, je ne t’aurais pas connu, pas aimé et je serais passé à côté de ma vie. Parce que… » Un sourire rempli d’amour. « T’es la rencontre de ma vie Leo. Et je ne veux pas que ça s’arrête. Nous… Jamais ça ne doit s’arrêter. Je te promets… Je te promets que je ferai tout pour ça ne s’arrête jamais. »

La décision a été prise au moment où je me suis posé la question. Je l’aime plus que tout, c’est suffisant pour choisir ce qui est le mieux pour lui, pour nous. Bien suffisant. Je ne sais pas encore comment je vais faire, comment je vais supporter de le faire mais je le ferai. En attendant… En attendant, je veux juste profiter de lui, de ses bras, de ses gestes, de ses lèvres. Je veux juste vivre en fait. Alors je retrouve ses lèvres dans un baiser qui s’anime de plus de fougue que celui partagé quelques instants plus tôt et mon corps meurtri se colle au sien tandis que mes mains se perdent dans son dos pour le coller contre moi.


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MessageSujet: Re: (-18) Life, changes in an instant. Turns on a dime. [Leo]   Ven 6 Oct - 0:22



ft. Dany
Life, changes in an instant. Turns on a dime.

Il doit comprendre, il doit avoir à quel point il s'est éveillé trop tard. Ça creuse son for intérieur avec avidité, ça vient construire une bulle de culpabilité qui n'est pas prête d'exploser. Et il la sent le prendre, il la sent défaire tout ce qu'il pourrait éventuellement entendre. Leo lutte contre ses démons, contre toutes ses pentes à rattraper, ses monts à monter. Un soupire, un peu de courage comme pour pouvoir encaisser ce que Daniel daigne enfin lui révéler ; ou presque. Le cuir se retire et les secondes d'ignorances restantes s'expirent. Là, plus de plaque, plus d'arme, plus rien de ce qu'il aimait à emporter d'un travail acharné. L'espace d'un instant, d'un court instant, Leo s'en inquiète, fronçant les sourcils, l'arrêtant dans ses gestes parce qu'il doit savoir, il doit comprendre. Il doit l'entendre pour renforcer le fait qu'il l'a aussi brisé ; d'une certaine manière, en tout cas. Parce qu'il a tué, sous ses yeux, sans qu'il ne puisse l'arrêter, lui, sa rage et ce feu. Il s'en veut. « Il y a des règles à suivre… Au travail. Je suis suspendu le temps de l’enquête. Je ne pourrai exercer que quand le juge aura statué sur le dossier. » Et, tandis que sa main traîne encore le long de sa peau, c'est un frisson de bien-être qui vient longer son dos. Une satisfaction malsaine, ou plus précisément, un poids qui s'enlève. Parce qu'il restera là, bloqué par ses bras. Parce qu'il restera au chaud, prêt à user de son temps pour un peu de repos. C'est ce qu'il voit pour la suite, ce qu'il s'imagine après cette révélation dite. Mais ce sentiment léger et cette impression de respirer ne perdurent pas, pas plus que ça. Parce qu'il sait l'amour que porte son amant à son métier, parce qu'il sait qu'il s'en sentira délaissé. Alors elle gonfle, sa bulle. Elle gagne en ampleur sous la culpabilité de son erreur qui, finalement, pâtisse à l'homme de son cœur. Alors son regard se baisse, retrouvant le sol morose de son séjour tandis qu'il s'excuse, une énième fois, d'avoir été aussi stupide que ça. Des excuses que Daniel n'accepte pas, pas cette fois-là. « Non. » Et sa main retrouve sa joue tandis qu'il peine à en défaire cette nouvelle moue. « Tu n’as pas à t’excuser. Ce n’est pas de ta faute. Ce sont les règles, elles sont les mêmes pour tous au poste. Ce n’est pas de ta faute. » Et il aimerait s'en convaincre, il aimerait pouvoir y croire, rien que ce soir. En vain. Alors il se tait, n'offrant qu'un léger rictus à celui qui, finalement, se redresse pour reprendre ce qu'il lui avait demandé d'entreprendre. « De toute façon, je pense pas être en état de bosser là donc l’un dans l’autre… » Et il comprend pourquoi quand le brun s'assoie de nouveau, se tournant légèrement comme le laisser percevoir l'horrible spectacle qu'il lui tend. Il comprend, maintenant. Son souffle s'en couperait presque et s'il aurait voulu s'animer pour essayer de tout arranger, ça ne vient pas. Pas encore. « C’est moche hein ? »

Il ne répondra pas, les mots ne viennent pas. Au lieu de ça, Leo contemple, se perd dans cette admiration des plus tortionnaires. Il aurait voulu que les choses soient toutes autres, il aurait voulu... bien des choses, au final. Mais les « si » n'ont jamais refait le monde et c'est ce qu'il tente de se faire entendre, d'inscrire en lui comme pour pouvoir à nouveau s'animer, rien que pour ne serait-ce que l'aider, légèrement le soigner. Un soupire, un fin filet d'air qui franchit ses lèvres tandis qu'il ose, déposant faiblement ses doigts le long des marques qu'il caresse sans encore trop insister. Oui, il aurait voulu lui épargner. Alors il retrouve un peu de mobilité, fouillant déjà dans la trousse qu'il a ramené jusqu'à le prévenir de ce qu'il compte entamer, de ce qu'il commence même déjà à faire aller contre son dos malmené. Et ça lui arracherait presque une grimace que de le voir se raidir de la sorte, l'incitant un court instant à détourner son regard vers la porte. Parce qu'il lui faut prendre sur lui, car ça n'a rien à voir avec ce qu'il peut voir d'ordinaire depuis quelques années de sa vie. Tout est différent. Différent parce que c'est lui, cet homme-là, le seul qu'il aurait voulu ne pas avoir dans cet état-là. Alors il fait au mieux, massant délicatement sur ses bleus jusqu'à abandonner, comprendre qu'il fait déjà assez ; bien que moins que ce qu'il aurait voulu essayer. Il ne faut que quelques secondes à Daniel pour se décontracter, se laisser aller contre le blond plus qu'attristé. Il la sent, cette colère gronder en lui, cette rage soudaine qui n'arrête plus de se faire entendre. Il aurait du faire plus, plus que ça. Il aurait fallu qu'il n'ait pas à abandonner, qu'il puisse à tous leur faire payer ; bien que davantage serait alors à réparer. Il secoue la tête, s'en défait légèrement pour ne songer plus qu'à la douceur de celui qui s'engouffre contre son torse, savourant son parfum au-delà de l'amertume du liquide pourpre qui le teint encore légèrement. Et sa voix, sa voix qui s'anime pour briser ce maigre silence-là. « Moi aussi j’ai peur… J’ai failli te perdre aujourd’hui et rien que d’y penser… C’est pire que d’être tué. C’est pire que tout. » Un coup au cœur qui frappe, qui tape. Parce que cette peur, il ne la côtoie que trop, de plus en plus sans qu'il ne puisse simplement lui tourner le dos. Non, il l'encaisse et regrette désormais que Daniel ait également à y faire face. Et s'il se serait bien contenter de ça, c'était sans compter son amant qui s'anime pour venir lui faire face de toute son entièreté. Et ce regard, et cette main qui, à nouveau, sait trouver son chemin. « Qu’est-ce que je t’aime toi… » Nouvelle mélodie, et son cœur qui frappe sa poitrine comme en pleine crise de frénésie. Ça avant qu'il ne l'embrasse, ça avant que Leo ne perde ce délicieux face à face. Parce qu'il se sent craquer, sa peur lourde venant s'estomper. Et ça fait un bien fou, malgré tout ça, oui, vraiment, malgré tout. Puis ses mots, puis son souffle. Rien que ça, son souffle. Différent, envoûtant.

« Tu sais, si je regrette tous les jours ce geste que j’ai eu et qui a bien failli nous séparer… Si je regrette ce geste parce qu’il t’a fait du mal et t’en fait encore, je ne regrette pas le reste ; les perles claires de Leo s'élèvent, regagnent ce regard un peu plus tôt délaissé le temps d'un maigre baiser. Leo s'en imprègne, Leo y cède au fur et à mesure que ces phrases l'atteignent. Je ne regrette pas d’où il est venu, je ne regrette pas ce qu’il a entraîné. Je ne regrette pas d’avoir touché le fond parce que si je n’avais pas été au plus bas, je ne t’aurais pas connu, pas aimé et je serais passé à côté de ma vie. Parce que… » Et ce sourire, ce sourire qui davantage lui fait entendre que tout ira pour le mieux parce qu'il respire, parce qu'ils respirent. « T’es la rencontre de ma vie Leo. Et je ne veux pas que ça s’arrête. Nous… Jamais ça ne doit s’arrêter. Je te promets… Je te promets que je ferai tout pour ça ne s’arrête jamais. » C'est une parole qui vient, s'ancre en plein cœur de leurs deux mains qui, à nouveau, retrouvent un semblant de lien. Quelque-chose de tremblant, d'hésitant bien qu'ils ne soient pas à même de s'en défaire totalement. Il a besoin de l'avoir, là au plus près de lui, davantage ce soir, davantage après ce qui s'est produit. Alors, durant un court instant, Leo s'enferme dans ce qui lui appartient, ce silence des plus sombres en plus d'être salvateur. Ce silence creusant les précipices de son âme pour y trouver ne serait-ce que la direction de ce qu'il sent comme naissant. Le début de tout. Daniel est le début de cette vie qu'il n'a que trop vécu. Et le baiser qu'il vient à nouveau lui voler, celui qu'il laisse traîner termine par aisément l'amadouer. Leo ne pourra jamais y résister. Plus maintenant, plus maintenant qu'il sait qu'il ne fera que l'aimer malgré ce qu'il a su voir de lui, cette noirceur logée là où la lumière n'a jamais su persister. Il le sait et fait comme si ça n'avait jamais existé sur ses traits.

Raison pour laquelle il donne davantage de cœur à ce baiser, raison pour laquelle il vient à son tour l'enlacer. Leo s'abandonne à ses bras, à cette pression qui ne cesse pas. Et ça le consume, en une fraction de seconde, en un instant, son corps devenant de plus en plus brûlant. Parce qu'il est là, parce qu'ils sont là, parce qu'ils sont plus vivants qu'ils ne pourraient l'être après tous ces obstacles franchis, ceux délaissés sur leur chemin déjà bien branlant. Non, ils demeurent, un et entier, cœur contre cœur. Et Leo n'a de yeux que pour cela, cette finalité là. Alors il l'embrasse jusqu'à en perdre son souffle, il s'abandonne avec lui dans ce que d'autres iraient appeler un gouffre. C'est leur précipice, leurs affres, à tous les deux, univers défait qui n'appartient qu'à ces âmes-là. Ils en contemplent la noirceur, l'épaisseur avec l'espoir d'y passer plus d'une heure. Leo l'espèce, finalement, insistant. Parce qu'il vient caresser du bout des doigts son dos, celui qui l'amène à grimacer sous les maux. Mais rien, rien, pas même ça, ne vient entraver cette tension qui s'élève, qui s’entraîne. Alors, dans la précipitation, il imite celui dont le contact le brûle, se débattant avec les tissus qui ornent encore son torse jusqu'à la lisière de sa ceinture pour retrouver ces caresses des plus cruelles. Elles rongent, corrompent la peau avec une douceur des plus légendaires, les mains du blond venant capture le visage du lieutenant comme dans l'espoir de faire perdurer ce baiser extraordinaire. Parce qu'il n'aspire plus qu'à cela, l'avoir toujours au plus proche de lui, coincé entre ses bras. Ce qu'il tente de lui faire entendre, de lui faire comprendre, laissant son dos à lui se perdre contre le revêtement froid de son sofa, l’entraînant à sa suite pour qu'il vienne le surplomber, redevenir cette grandeur admirée. Le contact glacial du médaillon du brun arrache un soupire au trentenaire tandis qu'il s'empresse de le coller davantage contre lui, jusqu'à sentir le moindre centimètre de sa personne, le moindre contact jusqu'à la chaleur de ses derniers vêtements, le moindre pli. Ça n'a rien à voir avec leurs premières fois, toutes ces soirées à penser que se découvrir pouvait être assez. Non, ce soir c'est différent. Différent parce qu'il a vu, parce qu'il sait, parce qu'il a perçu les ténèbres qui peuvent finalement l'habiter ; autant qu'elles n'ont pu le faire sur son esprit torturé. Ils sont similaires, faits des mêmes envies, des mêmes besoins, des mêmes erreurs bien que les causes soient désordonnées, encore séparées, pas plus liées. Pas plus qu'ils ne peuvent l'être tandis que ses mains se perdent, là, à la lisière d'un jean qu'il ne maudit plus que trop. Parce qu'il a besoin de ça, de se sentir plus que vivant et parce qu'il a besoin de lui pour cela, de son parfum enivrant. Il en oublie le sang qui souille encore la peau de Daniel, celui qui s'immisce quelques fractions de seconde, par ci et par là, sous ses prunelles. Il en oublie la douleur à ses mains, celles qui peinent d'abord pour, au final, parvenir à leur fin. Mais, vraiment, cette simple distance parvient à faire remonter cette peur, cette douleur, cette colère qui gronde sans qu'il ne la gère. « Viens-là, viens-là. » Et son souffle se brise dans son cou, là, le nez caressé par les cheveux du quadragénaire quand sa langue parvient enfin à faire frissonner sa peau, frôlant la trachée d'un chemin délicat qui, malgré tout, laisse un goût amer. Du sang, Leo, ce n'est que du sang. Ce n'est que son sang. Et son cœur s'emballe et la pression renaît avec la violence d'une balle. Le besoin de plus, de toujours plus, le corps de son amant repoussé, délaissé sur l'autre partie du canapé avant qu'il ne vienne à nouveau l'emprisonner, à son tour de le surplomber. Et les baisers qui s'attardent, qui longent sa peau blafarde. Pour descendre, toujours plus bas, se délectant des murmures de sa voix.

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MessageSujet: Re: (-18) Life, changes in an instant. Turns on a dime. [Leo]   Lun 16 Oct - 17:36

Life, changes in an instant. Turns on a dime.



Perdition dans ce baiser. Perdition dans ses bras qui s'accrochent à moi alors qu'il apporte davantage d'ardeur à ce baiser, alors qu'il fait naître cette fièvre dont j'aime tant être la proie. Je l'amène encore plus à moi comme lui m'amène encore plus à lui, parce que j'ai besoin de le sentir tout contre moi, encore plus ce soir, encore plus maintenant que tout ça a bien failli voler en éclats. C'est passé tellement près... Si près... Trop près de nous. Le perdre lui, nous perdre nous, dire adieu à jamais à ce qui nous lie, à ce qui nous maintient en vie... Cette pensée me fait m'accrocher davantage à lui, mes doigts se crispant sur sa nuque, dans ses cheveux, alors que je cherche mon souffle entre deux baisers, brièvement, parce qu'être trop longtemps loin de ses lèvres est un véritable calvaire. Alors non, je ne cesse pas, je dévore ses lèvres malgré les grimaces que ses caresses dans mon dos m'arrachent, malgré la douleur de mon corps trop malmené ce soir. Je passe outre, je vais au-delà car ce qu'il éveille est bien plus puissant que la douleur de mon dos, la douleur de mon crâne. C'est si puissant, violent même, bien plus violent que les coups reçus ce soir mais je l'aime cette violence-là, la violence de notre amour, la violence de nos gestes parfois quand nous nous laissons totalement submergés par ce que nous ressentons l'un pour l'autre. Comme ce soir. Comme en cet instant. L'urgence de ses gestes, l'urgence des miens fait davantage monter la fièvre, fait s'embraser le brasier. C'est toujours avec cette urgence que mes mains viennent aider les siennes à se débarrasser de sa chemise et pendant une seconde, j'observe son torse, j'y perds mon regard pris d'une soudaine envie d'y enfouir mon visage, de le couvrir de baisers mais c'est sans compter sur les mains de Leo qui me rappellent à l'ordre, qui viennent encadrer mon visage pour me ramener à lui, pour capturer mes lèvres, ou est-ce moi qui capture les siennes ? Et les doigts qui viennent se crisper sur ses épaules avant de retrouver le chemin de son dos, mon ongles un peu trop long s'accrochant à sa peau dénudée avant de revenir se perdre sur ses épaules quand il nous fait basculer, quand il se retrouve sur le dos, moi le surplombant. Les lèvres se séparent, le temps d'un souffle, le temps d'un regard brûlant échangé, le temps que mes doigts viennent redessiner les contours de sa bouche dont je viens m'emparer de nouveau, frissonnant en sentant sa peau contre la mienne, soupirant en sentant ses mains qui s'activent entre nos corps. Le feu brûle. Le feu consume mais pas encore assez.

Pas encore assez.

Alors une séparation brève. Juste le temps de retirer ce qui fait rempart, ce qui nous empêche de savourer pleinement et totalement le contact de l'autre, ce que lui comme moi cherchons plus rapidement que nous ne l'avons jamais fait au cours des mois écoulés, au cours des nuits partagées. Encore et toujours cette urgence ce soir, parce que plus que jamais, nous avons conscience que tout pourrait s'arrêter subitement. Parce que nous savons que la vie peut changer en un bref instant, qu'elle peut basculer en une seconde à peine et qu'elle a bien failli définitivement basculer ce soir. Alors, quand il m'intime de revenir contre lui je m'exécute, me rapproche, m'accroche, lui offre mon cou quand il décide d'y jeter son dévolu. Soupir, frisson, alors que ma main presse contre l'arrière de sa tête. Je ne veux pas qu'il s'arrête. Jamais. Je veux que ses lèvres caressent ma peau, je veux qu'il me brûle vif, me consume, me possède tout entier. Et chaque geste, qu'il vienne de mes mains, ou d'un mouvement de mon corps contre le sien... Tout lui crie que c'est ce que je désire. Que je le désire lui. Le souffle me manque tant ma respiration s'emballe mais je veux plus encore, je veux perdre mon souffle au point d'en manquer d'oxygène, au point d'en avoir le vertige, au point d'en perdre pieds. Et un grognement quand il me repousse soudain et que je me retrouve dos contre le sofa. Grognement de douleur mélangé à de la frustration. Douleur du dos meurtri contre le soda, frustration du contact rompu. Mais brève la douleur. Aussi brève que la frustration car Leo m'enferme dans ses bras, me couvre de baisers qui transforment le brasier en une véritable fournaise eu fur à mesure que ses lèvres parcourent un chemin dont je connais la destination. Et les doigts qui s'accrochent avec force au sofa quand la destination est atteinte, quand ses baisers et ses gestes font naître un tel désir, un tel plaisir que je m'en cambre, laissant liberté à ma voix de s'élever, poussée à s'échapper d'entre mes lèvres tant par le plaisir et la douleur. Un savant mélange qui fait naître des sensations exquises, divines, mais pas encore assez.

Pas encore assez.

« Leo... »

Le doux prénom est murmuré d'une voix tremblante, rocailleuse, le souffle court. Visage qui s'abaisse alors que le sien s'élève, regards qui se croisent et ma main vient chercher son visage. Nul besoin de dire le moindre mot puisque nous nous comprenons. Dès la première seconde dans les draps du lit de cette chambre d'hôtel des mois auparavant nous nous sommes compris. Rien n'est ajouté et il revient à moi. Je goûte de nouveau à ses lèvres, brûle de sentir mon corps contre le sien. Et tandis que mes lèvres s'échappent pour aller se perdre dans son cou, tandis que je m'enivre bien volontiers de son odeur, je laisse ma main se perdre entre nous, je la laisse s'aventurer au sud de son ventre, je la laisse attiser son désir et esquisse un sourire au milieu des baisers déposés sur sa peau quand je le sens se raidir, quand je l'entends soupirer sous mes caresses comme je soupire sous les siennes alors que ses doigts se font sûrs, déterminés. Alors qu'il me donne de plus en plus envie, à chaque seconde, qu'il me fasse sien, qu'il me possède. Et vient ce moment où je ne peux plus attendre. Non, où je ne veux plus attendre. Alors mes lèvres reviennent posséder les siennes, ma main cesse son œuvre pour venir chercher le creux de ses reins et les baisers cessent lorsque je cambre de nouveau mon corps pour me coller contre lui. Les baisers cessent pour un nouveau regard échangé, pour une nouvelle pensée partagée. Les corps sont séparés quelques secondes, juste quelques secondes. Le temps que ma tête vienne se reposer sur l'accoudoir du sofa. Le temps de lui faire une place. Sa place. Le temps de le laisser se rapprocher de moi. Le temps d'une autre caresse. Le temps d'un autre frisson quand je sens ses doigts courir sur ma cuisse. Et les corps se retrouvent. Enfin. Ce moment. Juste ce moment où l'union se fait, où nous ne formons plus qu'un et que nos regards sont figés l'un dans l'autre. Ce moment est divin. Parfait. Un baiser et je le laisse me posséder. Au fil des secondes, je me perds dans les sensations somptueuses et délicieuses provoquées par chacun de ses mouvements, plus particulièrement quand il se laisse emporter par son propre désir mais c'est aussi là que la douleur me rappelle à l'ordre et m'arrache, au milieux des murmures de plaisir, une grimace de douleur. Puis une autre et l'arrêt de tout. Un arrêt soudain qui me fait rouvrir les yeux pour apercevoir le visage en sueur de Leo au-dessus du mien, un air soudain inquiet. Et c'est son souffle contre ma bouche qu'il me demande si ça va. Et moi de sourire et de trouver, entre deux respirations saccadées, la force de lui répondre.

« Tout va bien. Ne t'arrête pas. »

Car non, je refuse qu'il arrête. Je refuse qu'il cesse. Je veux qu'il me possède encore, et encore, jusqu'à ce que j'en perde pieds, jusqu'à ce que je me perde moi-même en lui. En nous. Sauf qu'il me semble hésitant alors...

« Redresse-toi... » je souffle dans un murmure.

Et il s'exécute docilement, alors que je glisse mes mains sur son torse avec douceur pour le faire s'asseoir sur le sofa. Ce bref moment où nous sommes séparés me fait mal parce que je ne veux que lui, rien que lui, rien que nous. Je me redresse à mon tour, viens me placer au-dessus de lui. Mes mains se posent sur ses épaules alors que je le surplombe de ma hauteur. Je rapproche mon visage du sien, glisse brièvement mes lèvres sur les siennes et le laisse reprendre son œuvre alors qu'il glisse ses mains dans mon dos, m'arrachant un nouveau soupir de plaisir quand nous nous retrouvons enfin. Mes mains quittent ses épaules pour que mes bras viennent l'enlacer avec force lui offrant cette fois encore mon cou pour qu'il vienne s'y perdre autant qu'il le désire. Les corps sont enlacés au point de n'en former plus qu'un seul tout comme nos voix qui s'élèvent n'en forment presque plus qu'une seule.



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MessageSujet: Re: (-18) Life, changes in an instant. Turns on a dime. [Leo]   Mar 24 Oct - 21:08



ft. Dany
Life, changes in an instant. Turns on a dime.

Ça frappe contre sa poitrine, ça vient heurter sa cage thoracique comme pour le faire flancher, comme pour lui rappeler qu'il est en train de tomber dans des profondeurs qu'il ne souhaite pas remonter, pas cette fois, pas à la douceur qu'elles viennent déposer entre ses bras. Leo s'en berce, envoûté, défait de tout ce qu'il s'était permis d'imaginer. Parce que ça n'a rien à voir, ça n'a rien à voir avec tout ce qu'il pensait connaître. La peur de ce soir, l'impression que tout pourrait s'éteindre sans qu'il n'ait le loisir de le savoir. Et cette crainte, cette hantise vient s'immiscer en lui avec plus de violence, plus de hargne, assez pour malmener le haut de son torse de plus en plus serré. Et son souffle qui continue d'insister, de se balader dans son cou découvert, accaparant l'attention de son bien-aimé. Un soupire, un frisson, quelque-chose qui vient se perdre le long de son dos tandis qu'il insiste, à son tour, laissant le bout de ses doigts explorer sa peau. Et plus les secondes se perdent, plus Sanders comprend. Il voit, finalement, que tout ne tient qu'à un fil déjà bien tremblant. Il l'a toujours su, ayant choisi l'obscurité, l'ignorance jusqu'à ce soir, jusqu'aux coups reçus au final par hasard. Parce qu'ils s'étaient trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment ; parce qu'ils auraient dû savoir que le monde n'a jamais été sûr au vu des monstres s'y abritant. Et ça frappe, de nouveau plus fort, à chaque caresse délaissée qui vient se perdre dans le creux des hanches qu'il vient cambrer. Daniel joue avec lui, avec sa folie, flirtant avec ce qu'il était parvenu à rendre dépendant au fur et à mesure de leurs nombreuses nuits. Un sourire qui se perd le long des lèvres et l'envie, le besoin presque vital de se perdre tout contre lui. Leo y cède, ne répondant plus qu'aux invitations silencieuses qu'il vient déverser tout contre sa personne, là où cet appel persiste et résonne. Jusqu'à ne plus faire qu'un, jusqu'à retrouver l'entièreté de sa présence, jusqu'à parvenir à mener cette énième danse. Celle dont il se laisse éprendre, celle qu'il laisse décider pour lui et toutes ses volontés, pour ce désir qu'il sent davantage monter. Jusqu'à ses souffles qui lui échappent malgré tout, jusqu'à cette impression défaite de devenir fou. Leo ralentit, Leo en revient à lui. Les perles qui retrouvent un minimum de vue, offrant à ce qu'il contemple davantage de sens. Et les traits que Daniel porte, ceux qui viennent ternir la lueur rougeâtre le long de ses joues l'interpellent aussi brutalement que la manière dont son cœur bat sous sa poitrine. Raison pour laquelle il fronce les sourcils, raison pour laquelle il tente de retrouver un minimum de respiration pour lui accorder presque toute son attention. Et le regard de Mills qui vient, qui caresse, qui envoûte jusqu'à ses songes les plus profonds tandis que sa voix termine de le gangrener. « Tout va bien. Ne t'arrête pas. » Des mots auxquels sa raison ne s'accroche pas et cette fois, usant de volonté, de puissance pour ne pas s'en détourner. Alors Leo insiste, laissant son regard sur lui se poser et chercher à trouver ne serait-ce qu'une once de vérité dans ses paroles tout juste prononcées.

Lueur qu'il ne lui laisse pas trouver, usant à nouveau de la mélodie de sa voix saccadée pour le faire plier. Et Leo y cède, à nouveau, corrompu par tout ce qu'il porte à son égard, toute cette attention particulière qu'il tient dès que s'éveille ce qu'il aurait voulu lui épargner, la brutalité de ses maux. « Redresse-toi... » Un murmure qui se perd dans les méandres de cet instant, là, venant briser le silence tout juste posé, l'absence de soupire qui s'extirpe pourtant encore d'entre les lèvres du blond. Ça, avant qu'il n'obéisse, avant qu'il ne vienne s'exécuter, s'asseoir à sa place retrouvée tandis que Daniel revient le surplomber. Ça a un effet électrique, quelque-chose de violent qui l'amène à tressaillir silencieusement, le regard venant se faire bien plus que brûlant. Et il le contemple, admirant chacun de ses traits malgré le sang, la douleur, la manière dont on a pu l’abîmer dans cette volonté de tout réduire à néant. Un instant, une fraction de seconde et la douceur de ses lèvres qui caresse les siennes jusqu'à ce que sa voix ne l'interpelle, jusqu'à ce que ses gémissements ne reprennent de plus belle. Assez pour lui faire perdre ce peu de raison tout juste retrouvée, assez pour qu'il ne vienne pleinement s'en défaire une fois son lieutenant enlacé. Leo vient s'imprégner de sa présence, de son parfum, de tout ce qu'il parvient à lui insuffler en sentant à peine la caresse de ses mains. Alors il serre, davantage, Leo vient perdre ses paumes contre ce qui l'avait poussé à se cambrer, un peu plus tôt, parcelles de peau malmenées ; puisque inapte à réfléchir une fois son souffle perdu dans ce cou offert avec volonté. Leo n'arrive plus à penser, ni même à complètement se contrôler. Il n'obéit qu'à cette envie, celle qui grogne au fond de lui après qu'il est failli perdre une nouvelle part de sa vie.

Un silence sourd et le cœur lourd. Un avenir incertain qu'il ne détient plus entre ses mains. Leo soupire, peinant à retrouver ses esprits, ne serait-ce que la moitié d'une conscience enfuie. Il y songe simplement, silencieusement, encore un peu perdu dans un néant des plus grands. Et sous ses doigts, sous les caresses qui font soulever lentement ses bras s'est endormi la raison des derniers pas entrepris. Ceux qui les ont conduit jusqu'ici, à cet instant précis. Dans une impasse des plus rudes, des plus froides, coincés entre suspens et doute, entre envie de vivre et d'abandonner, la vie d'un homme volé. Et pourquoi ? La question se pose, ravive le brasier qui s'est calmé. Pour lui, tout n'est plus qu'en fonction de celui contre qui il s'est blotti. Quelques heures ont passé, un temps qui s'est écoulé avant que son sommeil ne s'estompe bien que d'un rythme encore léger. Leo contemple, Leo attend en imprimant chacune de ses blessures, la moindre marque inscrite contre les traits de Daniel qui s'éveille, petit à petit, arrachant une grimace de culpabilité au blond qui se tient à ses côtés, encore dénudé. « J'aurais aimé faire plus. » Et il n'a pas la moindre idée de s'il l'entend déjà, ne sachant pas comment il réagira. Parce qu'il pense ces mots, parce qu'il aurait voulu leur faire la peau ; à tous, sans exception aucune. Il aurait voulu que les autres soient différentes, que rien de tout ceci ne se soit passé, ou qu'il ait assez de temps pour bien leur faire regretter. Un soupire qui s'extirpe d'entre ses lèvres qu'il pince, venant à son tour déposer son dos contre les draps refroidis, ceux auxquels ils sont parvenus à offrir un peu de répit. Ceux qu'il fuit en enfilant un maigre boxer, aussi. Leo se lève, Leo prend le risque de laisser une place vide aux côtés de celui encore prit par un petit sommeil. Quelques pas, la présence qui vient s'imposer dans un séjour baigné de pénombre. Il connaît l'endroit, n'a pas de mal à imaginer chacun des instants qui lui reviennent en tête jusqu'aux paroles de ce soir, jusqu'à certaines nouvelles qu'il a appris et qui lui rappelle brutalement ce à quoi il a nui. Et si c'était l'inverse de tout ce que Daniel lui avait promis une fois ses verres finis lors de leur première nuit, et si c'était lui le souci, celui qui le mènerait vers des ombres prête à rendre son potentiel futur un peu plus terni. L'hypothèse amène son cœur à manquer un battement tandis qu'il s'effondre contre à même le sol, laissant son dos heurter le sofa qu'il n'a pas rejoint, pas cette fois. Sa place est là, au plus bas. Parce qu'il comprend, maintenant, tout ce qui hante les précipices de son être, parce qu'il commence à voir à quel point tout pourrait ne pas se jouer de la meilleure des manières. Parce qu'il pourrait le briser, finalement, l'accompagner au-travers du néant qu'il tentait d'esquiver, celui qu'il n'a jamais vu comme s'étant pleinement installé ; jusqu'à ce soir, jusqu'à cet écart. Le besoin d'évacuer, cet instinct névrosé et la frustration de ne pas avoir pu terminer, de ne pas avoir su pleinement le protéger. La voilà enfin, affamée, l'entièreté de sa culpabilité.  

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MessageSujet: Re: (-18) Life, changes in an instant. Turns on a dime. [Leo]   Jeu 9 Nov - 18:28

Life, changes in an instant. Turns on a dime.



Moment exquis. Perdition ultime et totale dans ses bras et ce bien volontiers. Son corps contre le mien. Ses mains qui pressent ma peau. Ses lèvres qui m'embrassent. Son visage qui respire mon parfum et moi qui m'enivre du sien au point d'en perdre pieds. Totalement. Au point que la douleur de ses caresses dans mon dos en deviennent délicieuses. Au point que ma voix se fasse plus forte pour venir remplir la pièce au même titre que sa voix. Au point que le brasier qui me consume se face d'une violence inouïe à m'en faire crisper avec force mes doigts sur la peau de celui qui est mon tout, ma vie. Au point que je le veuille encore plus. Toujours plus. De lui. Et je l'obtiens. Tourbillon de plaisir et de sensations extatiques qui font tendre douloureusement mon corps qui se trouve au cœur d'une tempête divine. Et la tempête se calme. Toujours accroché à lui ceci dit. Toujours. Bras autour de lui, joue qui vient se perdre contre son crâne alors que mon torse se soulève au rythme d'une respiration qu'il m'est difficile de retrouver. Et mes doigts qui viennent glisser sur sa nuque et tordre quelques cheveux alors que mes yeux se ferment et que mes lèvres s'étirent en un sourire. Moment parfait entre ses bras. Finalement, je recule à peine mon visage pour pouvoir le regarder après avoir rouvert les yeux. Délicatement, mes doigts viennent caresser sa joue, redessiner le contour de ses lèvres. Des lèvres que je reviens cueillir avec les miennes non sans lui avoir murmuré avant à quel point je l'aime. Et qu'il est bon de pouvoir s'allonger contre lui dans le lit quelques instants plus tard. Qu'il est bon de pouvoir se laisser aller à la douceur et à la tendresse de ses bras. Qu'il est bon de pouvoir s'endormir contre lui en oubliant l'horreur de la soirée écoulée. Qu'il est bon d'être sien. Ici et dans mes songes où il n'y a que lui qui subsiste. Rien que lui. Des songes qui me ramène ça et là dans la ruelle, dans l'horreur, pour finalement terminer dans la douceur. Quelques réveils de temps à autres mais le sommeil toujours retrouvé. Douleurs présentes cependant à chaque réveil, qui ramènent à ce qui est arrivé.

Un réveil parmi tant d'autres au cours de cette nuit. Et la conscience de la douleur tant au visage que dans le dos. Des traits qui tirent et un froncement de sourcils, désireux de me rendormir pour faire disparaître la douleur. Mais sa voix me parvient soudain, alors que je suis en train de glisser de nouveau vers le sommeil tant recherché. « J'aurais aimé faire plus. » qu'il murmure. Mon esprit embrumé qui à présent lutte contre le sommeil essaye de comprendre le sens des mots. Mais trop fatigué. Bien trop fatigué. Doucement je glisse, je sombre. Lorsque je le réveil s'impose une nouvelle fois à moi, le manque se fait vite sentir. Les draps vides ne m'échappent pas et aussitôt j'ouvre les yeux. Aussitôt je suis alerte. Aussitôt je me redresse. Et aussitôt je grimace, ayant oublié l'espace d'une seconde les blessures et la douleur qu'elles engendrent. Ayant oublié l'espace d'une seconde ce qui est arrivé la veille au soir. Juste une seconde. Rappelé à l'ordre de façon brutale et doublement lorsque je me souviens des mots prononcés par Leo. Quand ? Durant la nuit ? Il y a quelques minutes seulement ? Je ne saurais dire. Je ne sais pas. Mais il n'est pas là. Il n'est plus à mes côtés. Le cœur qui s'emballe. Frayeur. Terrible frayeur. Tout un tas d'idées folles, tordues et sombres qui me passent par la tête parce que j'ai peur. Pour lui. Peur qu'il ne se sente trop accablé par l'horreur de ce qu'il a fait. Peur qu'il ne choisisse mal, comme j'ai moi mal choisi il y a des semaines de cela. Je me relève, enfile à la va vite un bas de pyjama noir et me redresse non sans laisser échapper un juron à cause de la douleur. C'est bien pire qu'hier au soir. Bien pire. Peu importe. Peu importe la douleur. Il n'y a que lui qui m'importe. Je laisse mes yeux s'habituer à l'obscurité et quitte la chambre. Le regard cherche, fouille. Et je le vois finalement là, dans le salon. Et si je suis soulagé de le voir vivant, mon cœur se brise en voyant ses épaules avachies. Et c'est pire quand je m'approche et que je commence à distinguer son visage. C'est pire. Je ne supporte pas de le voir dans cet état. Je ne le supporte pas et je m'en veux. Je m'en veux de ne pas avoir réussi à me contrôler. Je m'en veux de ne pas avoir réussi à sortir mon arme. Je m'en veux de ne pas avoir réussi à le protéger, lui de cette noirceur qui le ronge à présent. Il me faut le protéger maintenant.

Il me faut être fort pour lui.

Alors je termine de laisser mes pas m'amener jusqu'à lui et je viens finalement me mettre à genoux face à lui, venant chercher son regard en glissant ma main sur sa joue.

« Leo... Mon amour... » Mots soufflés tout bas avec tendresse. « Regarde-moi. » Ordre imposé car échange visuel recherché et essentiel. Dans la pénombre, ses prunelles viennent enfin retrouver les miennes et si mon cœur se serre douloureusement, je parviens à ne pas craquer. Je ne peux plus me le permettre. « Tout ça... » je dis en venant poser mon autre main sur sa joue pour désormais encadrer son visage. « On va réussir à le laisser derrière nous. On va s'en sortir. » Un sourire tendre mais assuré. Force puisée au plus profond de moi pour devenir ce roc dont il va avoir besoin. Et les mots prononcés alors que j'étais dans un demi sommeil me reviennent. Le sourire s'efface, le regard se fait plus dure alors que je rapproche mon visage du sien. Front posé contre le front de Leo. « Tu as fait tout ce que tu pouvais. Tu m'as sauvé. » Un silence. Et ça me prend, ça emplit soudain mon cœur. « Merci. Merci... » je souffle une seconde fois avant de venir de nouveau chercher ses lèvres avant que mon visage n'aille se perdre dans le creux de son cou.

Que mes mots et mes gestes le soulagent. Qu'il parvienne à surmonter ce qui le hante.
Qu'il ne souffre pas.
Qu'il ne souffre plus.



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MessageSujet: Re: (-18) Life, changes in an instant. Turns on a dime. [Leo]   Jeu 16 Nov - 21:02



ft. Dany
Life, changes in an instant. Turns on a dime.

Ça vient s'abattre contre ses épaules, ça appuie d'une force qu'il n'est pas en mesure de combattre. Et Leo le sait, Leo l'a toujours su. Il est des choses qu'il ne pourra pas lui épargner, des précipices dans lesquels il pourrait aisément tomber. Et pourtant, pourtant rien ne vient apaiser les maux qui s'immiscent jusqu'en haut, là, au-travers d'un cœur qui manque de mot pour décrire cette douleur qui ronge les dessous de sa peau. Leo, c'est cet homme empli d'une lumière constante, une clarté décidée à masquer toutes ces ombres brutales. Il est cet homme qu'on aime à côtoyer, cette âme qu'on aimerait chaque jour de sa vie remercier mais ce soir, ce soir il n'est rien d'autre que le spectre de lui-même, à moitié rongé par cette noirceur, affalé dans le noir. Il erre dans les limbes de ses songes, ressassant cette horrible scène jusqu'à ne se souvenir que des traits de celui qu'il n'a pas osé réveiller, celui qu'il ne voit même pas s'avancer. Leo s'y perd, pleinement, jusqu'à ne noter que son souffle. Ce souffle irrégulier, bref, abîmé. Ce souffle qui aurait pu lui être arraché. Un nouveau haut-le-cœur, un sursaut douloureux quand il perçoit enfin la silhouette de celui pour qui s'est déployée toute cette peur. Et les prunelles qui se lèvent, ce regard assombrit qui vient se perdre sur le sien, sur cette douleur différente qu'il se doit de porter à son égard. Elle revient alors, plus vive que jamais, plus dure que toutes les images qu'il s'est créé ; cette foutue culpabilité. Il n'a pas le droit de lui imposer ça et, malgré ça, ce n'est pas de l’amertume, ni de la colère, qu'il aperçoit. Non, c'est toute autre chose, une chose qu'il aurait faire taire, une chose qu'il aurait dû enterrer six pieds sous terre. L'inquiétude. Leo grimace, Leo baisse simplement la tête pour ne pas avoir à lui faire face. Mais rien, rien ne pourrait ralentir la ténacité d'un Daniel décidé. Parce qu'il risque à rencontrer le sol de ses genoux, parce qu'il risque une main délicate le long de sa joue ; et le soupire qui s'extirpe de la gorge du blond semble l'apaiser de bien des réflexions. « Leo... Mon amour... Regarde-moi. » Il hésite un instant, rien qu'un court instant. Leo songe, réfléchit, Leo essaie de trouver une parade à ce qui sait comme devant être dit. Il ne veut pas l'entendre lui rappeler que ce n'est rien, qu'il a usé de tous les pouvoirs qu'il possédait entre ses mains. Ce n'est pas vrai, il aurait dû faire davantage, dès le départ ; agir ou bien s'enfuir. Néanmoins, Leo vient s'y risquer, son regard à peine relevé que les mains masculines contre son visage viennent l'encadrer. « Tout ça... On va réussir à le laisser derrière nous. On va s'en sortir. » Si son sourire, à Daniel, se fait sincère, celui de Leo devient un peu plus ironique tandis que ses prunelles retrouvent l'obscurité installée. Parce qu'il l'a malheureusement privé d'une grande partie chérie de sa vie, un métier qu'il aime par dessus tout exercer. Leo l'en a privé, bêtement, trop acharné. Oui, il aurait voulu faire plus.

Et ils regrettent de ne pas l'avoir fait. Il le regrette là comme il le regrettait un peu plus tôt, murmurant ces mots dans un sommeil profitant à cet homme, un peu plus tôt les yeux encore clos. C'est quand il s'apprête à lui faire entendre qu'il n'est peut-être pas l'homme qu'il connaît, qu'il n'est pas complètement celui qu'il pensait aimer que le front de Daniel vient s'apposer contre le sien, contact nécessaire qui vient apaiser ses songes, et peut-être également les siens, Leo en ressentant enfin les quelques tremblements qui animent ses mains. Et cette proximité qui lui brûle les lèvres, le corps, tout ce qu'il pourrait être en mesure de lui offrir pour qu'il accepte de le pardonner de ne pas avoir assez bataillé pour tout lui épargner, jusqu'à cette douleur qu'il sait comme s'était très certainement propagée. « Tu as fait tout ce que tu pouvais. Tu m'as sauvé. » Un faible rire, quelque-chose de triste, d'amer. Quelque-chose qui vient trahir ce chagrin qui a hanté sa nuit jusqu'à ce moment précis, avant que les mots de Daniel ne vienne pleinement s'ancrer en lui. « Merci. Merci... » Et ce baiser, et cette perdition nouvelle, dure, cruelle. Il la sent se propager en lui, venin délicieux d'une culpabilité aux abords épineux. Parce qu'elle lui rappelle ô combien il a appris à l'aimer, lui et toute sa complexité, tous ses secrets qu'il était venu lui confier, finalement toutes ses similarités. Leo s'en berce, s'en apaise. Leo vient cueillir ce nouveau contact avec un peu plus de volonté, un peu plus de dureté, comme par nécessité de pleinement s'en imprégner. Et c'est grâce à ça qu'il retrouve son souffle, grâce à sa présence qu'il parvient à offrir un peu de clarté à ce misérable gouffre.

Et finalement, ses mains se risquent contre lui, là, nichées au creux de son ventre, le bout des doigts effleurant probablement les abords d'un médaillon que son brun n'a jamais quitter. Il vient s'y perdre, un court instant, recherchant cette sécurité qui – contre lui – ne l'a jamais quitté, pas ici, pas même hier soir. Non, rien ne parvient à défaire ce sentiment, ce trop-plein d'émotions dérangeant. Il le sent s'immiscer, en son cœur se réfugier. Et ça l'emballe, manquant quelques battements, le trentenaire luttant contre son subconscient. Il veut faire taire toute cette culpabilité, toute son entièreté malgré tout ce qu'elle vient lui rappeler, tout ce qu'elle peut aussi apaiser. Leo veut s'en séparer. Leo se bat, plus que déterminé mais rapidement rattrapé, les souvenirs d'un léger rire arraché. Un premier coup et l'impression que son monde bascule, que son univers paisible vers lequel il s'élançait, petit à petit, recule. Alors il les lève, ses bras, il vient enserrer un cou comme par peur d'un potentiel trépas. Et la voix de Claudia, cette vérité qui s'immisce douloureusement comme pour lui rappeler que dans d'autres circonstances, elle aurait pu être là, leur épargnant peut-être de sombrer aussi bas, lui épargnant – à lui surtout – toutes ces circonstances-là. « Ne me laisse pas, jamais. » Une supplice, un tremblement un peu plus régulier au fond de sa voix. Leo s'y attache, redressé comme pour ne pas avoir à le lâcher. Pas encore, ses songes trop peu apaisés, pas assez. « Parce que je n'y arriverai pas. J'y arriverai pas. » Parce qu'il n'est pas fait pour tout ça, pour toutes ces douleurs qu'il ne contrôle pas. « Sans Claudia, sans toi... ; et la suite, elle, ne vient pas. Elle se bloque au-travers de sa gorge, cachée derrière des soupires, des sanglots qu'il peine à contenir, cette volonté tenace que de se lever pour aller terminer ceux à qui ils ont dû faire face. C'est une tempête émotionnelle qui vient s'abattre en lui, quelque-chose qui – non-contenue – pourrait, qui sait, ravager toute sa vie ; finalement, celle de Daniel y comprit. Et devoir l'admettre, devoir le voir, même silencieusement, ça vient le perdre, plus qu'il n'aurait pu l'imaginer, plus qu'il n'aurait pu l'envisager, hier soir, la vérité concernant l'état de cet homme révélé. Et bien qu'il l'est tué, ce n'est pas de ça que Leo vient encore se blâmer. Il lui faudra du temps, un long moment pour enfin se résigner à accepter qu'il ne peut pas tout guider selon comment il les aurait souhaité. Sans elle et toi... ; non, toujours pas. Leo déglutit, Leo s'en défait, essayant de réfléchir, de trouver les mots, essayant de calmer un esprit désormais tourmenté. Je ne veux pas te perdre à cause de ça, je... C'est pas moi. Tout ça, c'est pas moi. Je sais pas pourquoi je tourne comme ça, je sais pas ce que j'ai mais Daniel, je te jure, c'est pas moi... » Ou peut-être que si, finalement. Peut-être que si. Parce qu'il ne s'est jamais senti aussi vivant qu'en agissant, qu'en le protégeant en luttant, qu'en se perdant contre lui encore immaculé de sang. C'est sa lumière qui s'endommage, sa clarté qui ternie, cette promesse de pleine et constante luminosité qui s’évanouit et qui, malgré tout, vient lui assurer ce qu'ils s'étaient, quant à eux, promis, cette possibilité de petite vie. Il le sait, le voit, là, en levant son regard sur celui qui n'entreprend pas un seul écart, entré dans sa vie et déterminé à y prendre part.   

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MessageSujet: Re: (-18) Life, changes in an instant. Turns on a dime. [Leo]   Mar 28 Nov - 18:56

Life, changes in an instant. Turns on a dime.



J'ai tant mal qu'il ait mal. Je voudrais tant pouvoir tout effacer. Tout rendre plus doux. Moins sombre... Cette noirceur qui nous a rattrapés bien malgré nous, sans crier gare. Jusqu'à croire que le répit nous est interdit. Ou peut-être est-ce simplement une épreuve de plus pour nous rapprocher, nous lier, nous prouver que nous sommes faits pour être ensemble, quoi qu'il advienne. J'ai bien envie de m'accrocher à ça, à cette idée, à cette quasi certitude que tout ça n'arrive pas sans raison, que derrière tout ce mal, toute cette douleur, il y a forcément autre chose. Pour lui. Pour moi. Pour nous. Ce nous auquel je m'accroche, auquel il s'accroche aussi sans doute plus que de raison mais qu'y pouvons-nous ? C'est là. C'est en nous. C'est comme ça. Alors son baiser je l'accueille. Je le savoure. Chaque geste. Et un petit sourire quand les doigts de Leo vienne effleurer le médaillon de Jason. Cela représente tant pour moi. Un geste qui peut paraître simple, banal même pour certains mais pour moi cela compte tellement... Parce que c'est comme si le lien existait entre mon fils et Leo, bien qu'un des deux soit à tout jamais arraché à ce monde. Le regard qui se voile en y songeant. J'apprends à vivre avec à présent. J'ai mal. Toujours. Mais j'apprends à vivre avec. J'apprends à faire cette place à mon fils, à ne plus lui donner ce rôle de générateur de douleur et doucement, j'apprends à sourire quand je pense à lui. J'apprends à me souvenir des bons moments même si cette saloperie d'image de lui à la morgue me collera toujours à la peau. J'apprends. Grâce à Leo. Leo que j'accueille dans mes bras, que je sers contre moi, dont je respire le parfum, dont je délecte. Mes doigts qui caressent ses cheveux avec douceur pour tenter de calmer ce tourment intérieur que je devine. Non, ce tourment intérieur que je sais. Que je ne connais que trop bien. Lorsque ses bras m'entourent, mon étreinte se resserre parce que je la sens l'urgence de son geste. Et je ferme les yeux quand sa voix s'élève de nouveau et qu'il me supplie de ne jamais le laisser. Il tremble. Son corps. Sa voix.

« Jamais. » je souffle tout bas.

Promesse.

Et mes mains de se crisper plus contre sa peau, mon cœur de se serrer quand je l'entends me dire qu'il n'y arrivera pas sinon. Ce tremblent dans sa voix me fait mal, me donne envie de pleurer, de hurler, de ravager tout ce qui lui fait du mal, d'effacer toutes les pensées qui l'accablent de manière si brutale et terrible. Il mentionne Claudia, là mon cœur se serre encore plus, et il me mentionne. Moi.

« Chut... » je murmure au creux de son oreille, espérant ainsi le calmer.

Mais c'est vain. Si vain. Impossible à calmer Leo. Mon Leo. Il ne parvient plus à cacher ses sanglots, il ne parvient plus à cacher sa détresse, et moi de le serrer encore plus fort contre moi quand les autres mots s'échappent de ses lèvres, lorsqu'il laisse parler son cœur, ses peurs, lorsqu'il laisse sortir les craintes et leur donne une forme bien précise et réelle. Et si au départ j'ai le cœur contracté par sa douleur à lui, vient ensuite l'envie de lui retirer ces idées de la tête parce qu'il se fourvoie. Parce qu'il est en train de rentrer dans une spirale qui ne lui fera que du mal. Parce qu'il essaye de se justifier. Parce qu'il essaye de me dire que ce qu'il s'est passé ce soir n'a rien à voir avec lui. Mais je ne lui demande pas cela. Pas du tout. Je ne lui demande pas de se détacher de ce qu'il s'est passé ni de prétendre que ce qu'il a fait n'était pas de sa volonté. Il n'a rien programmé, prémédité, il a juste agi en fonction de ce que son instinct lui disait de faire, voilà tout. Il a agi pour moi, pour nous, et je veux qu'il s'accroche à ça. Je veux qu'il cesse de se torturer.

« Tu ne vas pas me perdre Leo. » je lui affirme, mes doigts pressant avec force contre sa nuque pour le garder tout contre moi. Pas besoin de croiser son regard. Nos prunelles se sont déjà tout dit. Tout. Corps contre corps avec force, pour le rassurer, pour le maintenir à la surface de ces eaux trop sombres. « Ni pour ça. Ni pour autre chose. Tu ne me perdras pas, tu m'entends ? Je t'aime. »

Cela suffit.
Je l'aime oui. Quoi qu'il advienne. Quoi qu'il fasse.

Sans aucune limite.



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