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 landing | judith&jade

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quartier : west side, l'appartement au-dessus du Penitent ; possède une maison isolée aux abords de Chicago légalement grâce à sa fausse identité (David Castle), retapée entièrement par ses soins
physique : il a le dos lacéré, seul et unique cadeau de sa génitrice lorsqu'il était plus jeune. il a également quelques cicatrices de blessures par balle, dont l'une se trouve à sa clavicule suite aux tirs portés par les serbes lors des attentats de noël. mais aussi une cicatrice à la cuisse droite d'un coup de couteau. ses bras sont remplis de tatouages, sa main gauche porte encore fièrement la croix celtique, allégeance à l'irish mob faite à new-york, ainsi qu'un petit coeur sur l'intérieur du poignet, similaire à celui que Jade s'est fait en même temps

MessageSujet: landing | judith&jade   Jeu 2 Nov - 18:34



« It's not the fall that kills you. Of all
people, you should know that, it's not
the fall, it's never the fall.
It's the landing! »
EXORDIUM.

Le verre se dépose, lentement, caressant le bois verni qui reflète presque cette envie de sang. Celle qui hante, qui frappe, qui vient s'immiscer jusqu'aux abords d'un cœur noirci. Et quand ses doigts s'en séparent, quand l'air vient flirter avec la peau pâle et tatouée du mercenaire qui s’égare, les tremblements reprennent, réaction défaite de tout hasard. Alors il ferme les yeux un moment, rien qu'un instant au cours duquel le téléphone de celle qui attend dans son appartement irait presque se fracturer contre la paume d'une main un peu trop serrée. Il essaie de se rendre à l'évidence même des choses, il essaie de chasser les douces images qu'il s'était ancré dans son esprit malmené. Il y a tant de choses qui auraient pu être, tant de choses qu'il aurait pu épargner pour pouvoir les voir naître. Un haut-le-cœur, des battements qui se ratent tandis que l'azur de ses prunelles en revient à la lumière cassée des lieux silencieux. Et un soupire qui vient se perdre, briser le silence apaisant, ou lourd finalement, qui règne sur l'arrière du Penitent. Rien, rien ne vient rendre les choses plus claires, plus concevables. Rien ne vient rappeler à Elijah qu'il commet un erreur, qu'il s'enfonce, seul, dans des profondeurs dont on ne viendra peut-être pas le tirer, pas cette fois, pas en sachant ce qu'il devra essuyer. Il suit le mauvais chemin, pense pouvoir préserver la jeune femme d'un extérieur qu'il craint, loin d'être à même de voir que ça ne sert à rien. Évidemment. Aveugle, faible, stupide quand il s'agit de son seul lien à une certaine réconciliation avec son humanité, chaîne tenace entre lui et la raison, celle qui l'empêche une nouvelle remontée vers ceux qui ont tout brisé ; peu à même d'admettre qu'il est la cause première. Ça le tuerait, que de le savoir, que de l'admettre. Ça le tuerait, quoi qu'en vérité, ça le tue déjà à petit feu, le menant à ces choix dangereux.
Ceux qui l'amène à s'animer quand il commence à entendre, à comprendre. Ceux qui lui font perdre toute conscience, toute retenue. Parce qu'il s'élance, Elijah, au-travers du bar, de la salle, sous les yeux perplexes d'un Shawn surpris et d'un Esras inquiet. Il sort de ses ombres, de son antre, bravant les quelques mètres qui le tenait à distance de celle qui vient d'entrer, qui commençait déjà à se faire remarquer, qui devine aisément qui il est. Bien-sûr. Ça lui arrache un sourire, un rictus teinté d'une rage qu'il n'a jamais su contrôler, pas quand elle vient concerner sa bien-aimée, celle qu'elle est venue lui arracher, celle qu'elle est venue à nouveau faire plonger. Et se le dire, rien qu'y penser l'amène déjà à la bousculer, contre le mur l'a coller, sa main contre sa gorge bloquée. Et Shawn qui s'anime, Esras qui le retient, qui sait. Rien ne lui fera entendre raison, rien. Peut-être rien. « Je pensais avoir été clair quand je te disais de rester loin. » Il souffle, vient perdre ses mots presque contre l'oreille de la jeune femme contre qui il se tient, celle qu'il tient à briser pour s'assurer qu'on ne puisse pas lui enlever ce qui est sien.

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« My mercy prevailed over my wrath. »
They took everything from us. Then they call me a monster? The moment I sign that pardon, I proclaim the world that they were right. This ends when I grant them my forgiveness.


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MessageSujet: Re: landing | judith&jade   Jeu 2 Nov - 19:24




landing

Marla... the little scratch on the roof of your mouth that would heal if only you could stop tonguing it, but you can't.

J’arrive pas à y croire. Putain de dégénéré à la con. Je regarde l’heure, claque une porte, me rend compte qu’il est tard, bien trop tard et que j’aurais surement pas le temps mais peu importe, j’ouvre mon armoire avec fracas, prend mon short, mes talons, toutes mes merdes de serveuse à la con. Guess what, je finis par la refermer avec le geste le plus violent possible. J’ai besoin de claquer des trucs à défaut d’avoir sa sale gueule sous la main, mais ça va pas tarder, je vais me faire un plaisir de redescendre monsieur de son putain de trône. J’enfile des chaussures plates parce que j’compte pas conduire en talons aiguilles, glisse mes dernières affaires dans un sac de sport, pose les lunettes soleil rétro de Jade sur mes yeux (celles qu’elle m’a filé en juin) et sors de ma chambre — en claquant la porte.
Et lui là, il est là, comme un couillon, je m’arrête devant lui et claque des doigts pour avoir son attention. « A 18h si je t’envoie pas un texto, fais quelque chose. Ok ? » J’attends pas, je sais pas s’il m’a écouté ou non, ou si j’ai à nouveau le même rôle dans la pièce qu’un ottoman ou un ballon ou n’importe quel autre objet dont il s’en fout mais heyyyy c’est pas comme si j’en avais quelque chose à foutre non plus à cet instant précis. Je claque la porte du salon, claque un tiroir, claque la porte d’entrée, toutes les portes ! J’glisse l’adresse du Penitent dans mon GPS et m’engage sur la route vers la suite de mes aventures.
Je me disais qu’il y avait un truc, que Jade me réponde pas, ça me paraît pas normal, pas de nouvelles, pas d’appel, j’en sais rien, rien de nos trucs habituels quoi. Au début je me suis dis que comme d’hab elle était plantée au pieu avec Mister mais hey, ma gueule quand j’ai vu qu’il me répondait À SA PLACE ?!?! Whaaaaaaaat ? Pour me menacer, hahahah, ça me rend dingue.
Je sais pas ce qu’il cherche mais il va me trouver, d’ailleurs, j’arrive, me gare à l’arrache sur un parking vide (j’espère que tu vas faire faillite enfoiré), attrape mon sac à main dans lequel j’ai, évidemment, une lame, on sait jamais moi j’dis, j’ai pas le droit de manipuler un putain de gun mais ça ça peut toujours servir ; et finis par passer les portes du bar. J’ai même pas eu le temps de prévenir Natalia.

Il fait sombre dans le bar, je relève mes lunettes et fais un tour d’horizon après avoir fait claquer les portes du bordel (ÉVIDEMMENT) et je le vois, en tout cas, il me semble que c’est lui, et mon intuition est confirmée alors que je le vois s’approcher de moi, directement. Je compte pas me démonter, en tout cas jusqu’à ce qu’il se décide à me saisir la gorge et me planter contre le mur.
C’est évident, je suis sonnée quelques secondes et puis, un souffle chaud contre mon oreille : « Je pensais avoir été clair quand je te disais de rester loin. »

Ma colère se décuple, bien sur, je pourrais retomber dans les méandres de mes souvenirs, Kurtis puis la bande de types éméchés qui se sont décidés à m’agresser mais pas là, pas cette fois, ma colère est pure, intacte, et je sais qu’il est retenu par les deux types derrière lui.
Je remercie Madmax d’avoir pris le temps de m’instruire sur des techniques de self-défense, je me remercie d’avoir bien écouté car même si je m’y reprends à deux fois, je me dégage de son emprise, défais sa main de ma gorge et oui, c’est vrai, les deux types qui le retiennent facilitent le mouvement. C’est plus fort que moi au moment où je retrouve l’air qui passe dans mes poumons, ma main s’abat sur sa joue.

« Et moi je t’ai dis que je viendrais et que tes menaces ne font rien mais apparemment t’as pas non plus décidé d’écouter. Tu te prends pour qui au juste pour te permettre d’agir comme un putain de demeuré ? Je veux lui parler. »


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Dernière édition par Judith C. Williams le Ven 19 Jan - 10:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: landing | judith&jade   Jeu 2 Nov - 21:26

Landing
Elijah, Jade & Judith

With my face against the floor, I can’t see who knocked me out of the way

Agonie. Agonie chérie. Agonie pensée, agonie vécue. Jade n'est qu'un amas de douleur et de torpeur. Là, repliée sur elle même dans les coussins moues et crades d'un vieux canapé, elle suffoque. Tout danse. Le salon s'agite, vacille et oscille dans sa tête. Elle a les mains qui tremblent. Elle a les dents qui claquent et dépassent le rythme du tic-tac lent de l'horloge. Quelle heure il est déjà ? Ça fait combien d'heures, de jours ou de mois qu'elle est dans cet état ? Une traînée de sueur s'immisce dans son dos, parcourt doucement les creux de son échine pour ne lui laisser qu'un bref répit dans toute cette chaleur. Autour, les bestioles ont cessé de grouiller le long des murs quand elle lève les yeux ; ça la rassure, un peu, mais pas longtemps. Les rires joyeux des adolescents qui rentrent chez eux en bas de la fenêtre à peine ouverte lui laissent allègrement penser qu'on est entrain de se moquer. D'elle, évidemment. Alors d'un geste un peu fou, un peu décousu, elle décroche son bras de sa prison de couvertures pour se gratter la joue et leur tendre son doigts pour qu'ils aillent tous se faire enculer. De quelques coups de langue, elle rappe ensuite sa bouche pâteuse, celle qui la démange autant que ces grosses gouttes qui perlent autour de ses tempes et qu'elle fait disparaître dans le creux de ses paumes moites, abîmées. Quelle heure il est déjà ?
-
En bas. Esras n'en mène pas large. En bas, l'irlandais de souche passe du clair à l'obscur. En bas, il reniflait bruyamment en se remontant l'une de ses deux baloches quand il a vu débarquer la jolie blonde. Démarche assurée, pas marqué et cadence martelée il allait déjà pour s'avancer, se présenter, faire son petit air de canaille qui fonctionne souvent assez lorsque le patron lui est passé sous le nez. Il a tiqué. Une micro seconde, il a tiqué, il a froncé un sourcil et puis deux. Il s'est arrêté, s'est interrogé ; il a tenté d'analyser la scène avec la panoplie de neurones qu'il possède dans le cerveau du haut. Il a d'abord cru que le boss était attiré lui aussi, peut être avec pour raison le déchet qu'il se traîne en ce moment là haut ; mais il a feulé, il a fait ce mouvement particulier qui fendille ses mâchoires et lui donne l'air de grogner. C'est allé vite. Trop vite. La nana s'est retrouvée plaquée contre le mur, la gorge enlacée par une poigne d'acier. « Cac*... » Le mot guttural a traversé sa gorge aussi vite que ses bras ont pu choper le mercenaire d'une quarantaine d'années. Il a crispé, serré, soufflé pour, de force, le reculer. Et là, ouais, là, Esras n'en mène pas large. Pour la première fois il n'y parvient pas. Pour la première fois sa puissance ne suffit pas. Elijah grommelle, murmure, ou plutôt déclame des vers sataniques, ce genre de phrases apocalyptiques, susurrées à l'envers, des REDRUM déclamées dans un gros dégueulis vert. Oui, là, Esras n'en mène vraiment pas large.

*Merde

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Dernière édition par Jade Lincoln le Jeu 2 Nov - 21:33, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: landing | judith&jade   Jeu 2 Nov - 21:31



« It's not the fall that kills you. Of all
people, you should know that, it's not
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It's the landing! »
EXORDIUM.

Elle lutte, se débat. Elle vient raviver l'instinct animal du loup qui grogne, qui appuie, chaque seconde un peu plus. Elijah guette, se perd. Elijah sent cette colère remontée avec cette crainte de tout voir basculer, toutes ces images, tous ces rêves, toutes ces possibilités offertes à l'esprit le moins à même de le mériter. Tout ne tient qu'à un fil, d'une fragilité déconcertante qui attise cette folie, les névroses qu'il laisse s'installer en lui. Ça, tandis qu'il sent quelques mains dans son dos, sur des épaules qu'on tente de tirer, qu'on essaie de faire vriller tandis qu'elle s'en défait de son étreinte, elle vient se dégager de sa main sans qu'il ne puisse pleinement l'en empêcher, la rattraper. Elle lui échappe, aussi certainement que tout ce pour quoi il en arrive là, fin filet qui s'estompe entre ses doigts. Elijah ne mesure pas encore l'étendu de son faux-pas, pas même quand la main de la jeune femme vient s'abattre contre sa joue dans un bruit sourd qui ne l'arrange pas. Les veines battantes, bouillantes, l'azur de ses prunelles qui perd de son éclat, de cette clarté d'ordinaire plus ou moins là. Elijah tremble, Elijah tente de canaliser ce qui vient faire écho au plus profond de lui, tous ses réflexes sanglants qui lui viennent en tête tandis que, par habitude, ses doigts viennent caresser le côté de ses jambes à la recherche d'une extension métallique qui n'y réside pas, pas ici, pas quand il se tient là. Une grimace, les fossettes qui se creusent et le regard qui vient la toiser tandis qu'elle parle, vient cracher ce qu'elle est venue énoncer. « Et moi je t’ai dis que je viendrais et que tes menaces ne font rien mais apparemment t’as pas non plus décidé d’écouter. Tu te prends pour qui au juste pour te permettre d’agir comme un putain de demeuré ? Je veux lui parler. » Il entend, n'écoute pas. Il entend mais les mots ne lui parviennent pas, ne se démarquant pas. Tout ce qu'il parvient à voir, ce sont ses traits, cette manière qu'elle peut avoir de venir réclamer une présence qu'il refuse à lui faire voir.

Ce sont de nombreuses scènes imaginées qu'il sent se ressasser dans sa tête, toutes ces éventualités qu'il est en train de briser, ça sans même parvenir à y penser. Elijah les sent frapper, harceler, s'abattre contre la porte de son âme effacée derrière des instincts qu'il ne veut réprimer. Pas cette fois, pas en sachant qu'on vient essayer de la briser à nouveau, de les briser à nouveau. Et le poing qui se serre, les yeux qui se ferment. Rien qu'un moment, une fraction de seconde pour se faire de tout jusqu'au bruit qui brise son néant satisfaisant. « Lâche-moi. » Ce n'est qu'un murmure, qu'un souffle brisé dans l'espace qu'ils animent de manière enragée. Et il s'exécute, Esras, il vient défaire ses doigts, la pression contre son bras. Il sait, il n'a toujours que su, parce qu'il s'éloigne, parce qu'il disparaît aussi, peut-être. Tandis qu'Elijah reste là, essayant d'en revenir à lui, de faire perdurer ce qu'il lui reste d'humanité, cette dernière étincelle qui n'a de lien que celle que cette femme est venue voir, que celle qui pourrait lui échapper, que celle qu'on voudrait lui retirer. Et cette paranoïa termine par donner un peu plus de force à ses névroses, à cette partie de lui qui s'agite comme une bête sauvage en cage dans les limbes de sa personne. Cette part de lui qui se trahie quand il ouvre les yeux, quand il entend à nouveau sa voix qui ravive les hallucinations silencieuses d'un futur heureux qu'il sent déjà, très loin dans les précipices de son âme, lui échapper un peu. Alors il s'anime, le Loup. Il vient franchir les derniers mètres qu'elle était parvenue à réinstaurer pour laisser s'abattre sa main repliée contre sa tempe lissée, ses traits pâlis par sa gorge un peu plus tôt serrée. Un premier coup qui l'amène à secouer sa main, à accepter cette douleur habituelle qu'il sent s'immiscer jusque dans son avant-bras mais qu'importe. Qu'importe tandis qu'il s'apprête déjà à taper une nouvelle fois, tandis qu'il va pour continuer, perdre pied, avant que Shawn ne vienne entre eux deux s'interposer.

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MessageSujet: Re: landing | judith&jade   Ven 3 Nov - 10:38




landing

Marla... the little scratch on the roof of your mouth that would heal if only you could stop tonguing it, but you can't.

Il ne réagit pas à ce que je lui dis et ça m’énerve un peu plus encore, j’ai lai furieuse envie de prendre tout ce qui me tombe sous la main pour leur balancer à la gueule. Lui et ses chiens de gardes, qui n’essaient même pas vraiment de le retenir, c’est juste pour la forme, une petite main sur l’épaule « ça va aller buddy », mais putain quoi ! Ce type est taré, ses deux clebs ont visiblement moins de couiles que moi, mais qu’est-ce que t’es foutue faire là Jade ? D’un point de vue extérieur ça ressemble rien d’autre qu’à de la séquestration, avec Rimbaud des bas quartiers qui se prend pour Rambo cette fois, j’en ai rien à foutre maintenant — je partirais pas sans avoir le dernier mot.

La colère qui coule dans mes veines ne me laisse pas le temps d’avoir peur pour l’instant et pas même alors qu’il murmure un truc inaudible pour moi et qu’il se rapproche. Le mec à la gueule de travers le lâche, je serre mes poings, je n’ai certainement pas la force de cet animal bâté mais j’ai la rage. Je me prépare à tout,  ce qu’il me hurle au visage, à ce qu’il me balance à coup de pieds dehors mais pas à ce coup qui me vaciller et reculer de plusieurs pas. Je me rattrape plus par miracle que par vrai réflexe à une table haute, ait le visage en feu, la douleur qui descend le long de ma mâchoire et remonte s’incruster dans ma boite crânienne. Je douille, clairement, et reste KO quelques secondes, les mains sur la partie attaquée de mon visage, penchée sur la table.

Ce mec est taré. Il est juste taré. Y’a pas d’autres mots, y’a rien à dire de plus. Et si jusque-là ses petites menaces ne me faisaient rien, je comprends à cet instant que je me suis surement attaquée à un putain de requin mais… mais je compte pas m’arrêter là. La haine et la douleur s’entremêlent et mon corps se met à trembler. C’est le choc, le coup mais aussi la fureur parce que je me suis promise, que personne ne lèverait plus jamais la main sur moi. Plus un seul homme de cette planète n’a le droit de poser ses poings sur ma peau. Je peux le dire maintenant, j’ai peur, un peu, qu’à nouveau je finisse à terre et qu’il s’acharne, termine le boulot. Mais cette notion s’efface, fait croire la rage dans mon cœur qui bat bien trop vite. Je me baisse lentement et récupère mon sac qui m’a échappé des mains et me redresse. Mon corps encaisse, absorbe le coup, ça reviendra surement plus tard.

« T’es qu’un MALADE ! A mon tour de perdre pied, de crier à plein poumons et contrebalancer ses putain de murmures. J’ai compris maintenant, t’es juste… cinglé ! C’est ça en fait ! C’est ça que tu fais pour résoudre des problèmes : tu tapes ? C’est c’que tu lui fais aussi ? Je m’approche d’un pas, puis deux, le corps raide et tremblant. Le deuxième type fait enfin un boulot acceptable et réussit à le contenir. Peut-être que ça durera pas. Tu veux régler son problème ? COMMENCE PAR LES TIENS, ENFOIRÉ ! T’as cru que t’étais DIEU ou… bordel de merde m’approche pas toi non plus. Je m’adresse à l’autre à tête de travers, le poing tendu. Le prochain qui m’approche se récolte un coup de pied dans les couilles. T’as PAS le droit d’faire ça y’a pas plus simple ! Tu veux la faire arrêter de boire ? T’HABITES AU-DESSUS D’UN BAR ! Mon poing s’abat sur la table à côté de moi, je m’exhorte, j’ai mille choses à lui hurler au visage, Jade avait raison, il a l’air d’un loup ; mais je ne m’arrête pas à un chef de meute, elle ne l’a pas fait lorsque c’était moi sur le bitume du parking. C’est FINI le temps où t’as une emprise divine sur elle, t’es TOXIQUE, NOCIF et si jusque-là j’ai fermé ma putain de gueule c’est parce qu’elle est assez grande pour faire ses choix… mais c’en est putain de ta mère de trop, j’te le dis. C’est pas comme ça qu’on soigne son problème, et tu sais quoi le pire si tu m’avais juste laissé lui parler, la voir, constater que tout va bien je serais peut-être même pas là. Mais maintenant elle va dégager d’ici ET se soigner mais pas ici. Pas avec toi, espèce de tordu. »

J’ai envie de saccager son visage, son être tout entier, sans réfléchir, m’acharner mais non, non je ne suis pas là pour ça et pourtant il mériterait que j’arrache sa peau avec mes ongles, tout doucement. Mais j’ai autre chose à faire et il faudrait que je foute un truc sur mon visage avant que l’hématome apparaisse, plus tard dans la soirée, trop violent. Pas sur que Max apprécierait que sa serveuse se ramène avec cette gueule. Je pousse un soupir, et commence à chercher une issue vers les étages supérieures sans jamais lui tourner le dos.


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MessageSujet: Re: landing | judith&jade   Ven 3 Nov - 13:45

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Panique. Il a la panique qui lui sert les rouleaux. Son froc en lin frotte quand il entreprend sa course dans l'immense escalier de bois. Bordel, pourquoi est ce qu'ils l'ont lustré la semaine dernière ce truc là déjà ? Ses godasses en daim orange couinent et glissent contre le parquet et il se souvient brièvement que c'était pour ça : pour faire tomber les nanas afin qu'il puisse lui même les rattraper – ce qui n'avait pas encore marché. Il grimpe. Il s'élance à toutes jambes, il saute des marches, en loupe d'autres de peu. Et puis il jette soudainement un regard en bas, il longe la barrière du balcon des yeux pour les jeter par dessus. Un bruit sourd, un truc qui clac, qui fait tomber des chaises et bruisser de manière forte les pieds des tables contre le sol. Il vient de frapper la blonde. Comme prédit, il vient de foutre une sale mandale à cette nana. Pas de conscience de sexe, pas de conscience de force, de contexte, de pourquoi. Pas d'attention aux mots, juste ses maux à lui, ses propres maux qui vibrent, tournent, grouillent et ne s'entendent qu'à l'intérieur de sa tête. Il est le seul à les percevoir, à les capter, mais aussi à les comprendre. Schyzo, sado ou bien maso : ce mec est fou. Il le sait. Ce type est un malade et dans d'autres circonstances il trouve d'ailleurs que c'est ce qui fait son charme. Des fois il voudrait bien être comme lui, pour aider sa libido, avoir cette classe mystique dans le regard des gonzesses qu'il aimerait troncher, dégager autant de souffrance et d'assurance. Son intolérance, son regard de bête qui rompt, plus que la caverne de sa voix, son silence. Il en a chié, il en a bavé à mort dans sa chienne de vie et pour continuer il ne sait faire que ça : cogner, gueuler comme un animal enragé qu'on a trop maltraité. Il le voit tabasser en masse dans la salle de fight tout en bas ; il le voit se transformer en bête féroce, en bête atroce. Ce mec là est taré et il est vrai, qu'à la réflexion, il vaudrait mieux l'enfermer. Mais plus tard. Plus tard. Trop utile et surtout trop apprécié dans ses moments de lucidité, Esras ne se risquerait jamais à rameuter une milice pour voir son cul, toujours moulé dans un jean, vissé sur une chaise électrique. D'ailleurs, quand il se retrouve devant la porte blindée qui mène au couloir de cet appartement dont il squatte le canapé le soir, il tend l'oreille pour s'assurer que la pauvre victime ne les a pas encore appelés. Elle est encore entrain de beugler. Rassurant.
Il déverrouille la porte avec le digicode, traverse les cinq mètres de couloir et fonce. Au diable les serrures, il arrache le battant de bois pourris et s'écrase dans les copeaux pointus. Jade, sursaute, se redresse, sort d'un bond de son canapé, la tête angoissée. « Faut...Faut qu'tu descendes il...putain, il est entrain d'tabasser ta pote. » Elle fronce les sourcils, analysant dans les tourbillons de ses yeux et de l'horizon qui tangue la requête du roux qui frise son nez lorsqu'il sent l'odeur de gerbe ambiante lui emplir le nez. « Ta pote, ta pote là elle est en bas et Elijah vient d'la cogner comme une merde faut qu'tu descendes bordel, vite là ! » Il la chope par le poignet, la tire et évidemment elle tombe, mais ça ne l'empêche pas lui de se retourner, de la soulever et de la mettre sur l'une de ses épaules sans se soucier du plaid qui vole au vent derrière eux. Une fois en bas, il la dépose, la pousse sauvagement vers le mercenaire qui a déjà envoyé valser le petit vieux de Shawn contre le comptoir, choqué, sonné. Pas le temps de comprendre, pas le temps de réfléchir, l'alcoolique à peine sevrée, peine à tenir sur ses deux jambes mais avale tout de même la distance. Ses longs ongles crochus tirent les bouclettes brunes, quelques unes s'arrachent de la peau du crâne. Il fait volte face, lui fait face, et en quelques secondes une gifle, griffes tendues, retentit.
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physique : il a le dos lacéré, seul et unique cadeau de sa génitrice lorsqu'il était plus jeune. il a également quelques cicatrices de blessures par balle, dont l'une se trouve à sa clavicule suite aux tirs portés par les serbes lors des attentats de noël. mais aussi une cicatrice à la cuisse droite d'un coup de couteau. ses bras sont remplis de tatouages, sa main gauche porte encore fièrement la croix celtique, allégeance à l'irish mob faite à new-york, ainsi qu'un petit coeur sur l'intérieur du poignet, similaire à celui que Jade s'est fait en même temps

MessageSujet: Re: landing | judith&jade   Ven 3 Nov - 20:57



« It's not the fall that kills you. Of all
people, you should know that, it's not
the fall, it's never the fall.
It's the landing! »
EXORDIUM.

Les traits disparaissent, les ombres dansent et la folie devient un peu plus intense. Ça ressemble au début de sa descente, la chute brutale vers des profondeurs dont il pourrait ne pas remonter. Elijah grogne, souffle, feule comme un chien enragé tandis qu'on le pousse, de deux mains tremblantes, de quelques mots qui peine à venir vu la maladie que porte le petit vieux qui tente de le raisonner, affolé, surpris, attristé de voir cet homme admiré perdre à ce point sa capacité à se relever. Pourtant il sait, Elijah lui a dit, lui a laisser entendre cette vérité qu'il ne pensait pas avoir à surmonter, les spectres sanglants qui hantent ses songes tandis qu'il contemple l'azur sombre des prunelles du quadragénaire qui tremblent, qui guettent, qui cherchent à retrouver une vue correcte ; qui ne vient pas, qui ne s'impose pas. Son sang bouillonne, ses idées deviennent un peu moins claires et déjà, bêtement, illogiquement, Haynes s'imagine sa Belle lui échapper. Et les images reviennent, dures, violentes, sa voix qui hurle, qui supplie, qui l'appelle tandis qu'il fuit, tandis qu'il rejoint ses ombres pour prendre la route jusqu'ici. Tout se joue, tout vient se répéter en vitesse grand V dans sa tête. Jessie, Erin, Shawn, Esras et Jade. Jade qui erre dans les ténèbres de ses esprits, qui s'éloigne tandis qu'il est celui qui supplie. Le cœur qui bat, l'impression que le monde s'écroule, que son univers s'effondre. Et son souffle qui peine à franchir sa gorge brûlante, cette soif de sang qui s'étend jusque dans les catacombes de son subconscient, réveillant bien plus que cette rage animale qui règne dans l'obscurité de sa personne. C'est personnel, c'est plus violent, plus tortionnaire. Parce que ça vient concerner la seule chose qui ait été assez puissante pour l'imprégner tout entier, la seule chose qui soit encore à même de pouvoir le ramener à cette vérité oubliée. La seule chose sur laquelle il se concentre tandis qu'il secoue sa main, tandis qu'il essaie de remettre ses os en place alors qu'elle se relève, qu'elle revient lui faire face, alors que cette ombre fine vient s'agiter sous ses yeux comme pour rendre ce vertige plus dangereux. C'est à peine un soupire qui s'extirpe du plus profond de sa gueule, un peu un souffle brisé qui vient se matérialiser en une satisfaction morbide. Et Shawn qui comprend, qui s'anime, que Haynes abîme. Parce qu'il le pousse, l'envoie valser un peu plus loin, retrouvant la légère silhouette un peu plus flou de celle qu'est venue prétendre avoir le moindre droit sur celle qu'il garde précieusement à l’abri d'autrui, à l’abri de tout ce qui pourrait corrompre leur petite vie, celle qu'il détruit, petit à petit, sans même en voir le dépôt sur ses mains de ses débris. Et ses cris, ses cris qui reviennent et s'intensifient. On ne lui arrachera pas, pas en sachant qu'elle a besoin de lui, pas cette fois. Alors il s'élance, Elijah s'avance, une fois encore, gonflée d'une assurance qu'on vient défaire, qu'on vient faire taire. Une main qui l'attrape, qui le force à détourner son attention de la blonde venue rompre les vestiges de son havre de paix, antre calme et sécurisante qu'il aurait pu épargner. On tire sur ses cheveux, on l'amène à grogner, à se retourner avant qu'on ne vienne le gifler. C'est soudain, surprenant, ça vient raviver les sens, l'esprit, la conscience endormie. Ça vient offrir une nouvelle vision à celui qui comprend, qui voit, qui perd presque son souffle en posant son regard encore noir sur celle qui vient de d'autres couloirs. Il fronce les sourcils, tente de comprendre, d'en revenir pleinement à tout ce qui vient de lui échapper, comme si son humanité s'était vu bannie vers d'autres contrées, loin de cette horrible réalité. Celle qu'il comprend, qu'il commence doucement à ressasser avant qu'un bruit sourd ne vienne retentir, avant qu'il ne constate qu'un sifflement parvient à trouver refuge dans sa tête quand il commence à le sentir, ce sang qui perle contre sa nuque quand un maigre filet d'air s'extirpe d'entre ses lèvres. Un peu d'air, un peu de voix. « Jade. » Sonné, fatigué, surmené ; par tout ce qu'il a su, tout ce qu'il a perdu sans avoir su, tout ce qui aurait pu faire de son existence autre chose qu'une histoire farfelue. Ses genoux rencontrent le sol, il tique tandis que Esras vient tout de même le rattraper pour qu'il n'en vienne pas à tomber, poussant doucement Shawn et la bouteille qu'il vient de briser contre le frisé. « Ok, j'crois qu'il est calmé. »

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MessageSujet: Re: landing | judith&jade   Sam 4 Nov - 11:13




landing

Marla... the little scratch on the roof of your mouth that would heal if only you could stop tonguing it, but you can't.

Je ne l’ai pas vue venir, pas vu débouler dans son ensemble médiocre, juste un plaid qui est arrivé au milieu de la pièce et l’a attrapé d’un geste sec. J’étais prête à me défendre à nouveau malgré l’aide du type, celui qui essaie visiblement plus fort que l’autre d’arrêter l’animal enragé qui leur fait office de boss. Surement. J’avais mes poings brandis bien que consciente du peu d’impact qu’ils auraient sur lui, au pire, un coup de bien placé. Et Jade a débarqué, pas spécialement sure d’elle, je ne sais même pas si elle a compris l’étendue de son geste, j’ai vu sur son visage les marques d’un désintox brutale. Les cheveux d’abord, puis la gifle, qui claque, résonne dans le bar qui est vide à cette heure-ci et je reste scotchée quelques secondes, avant le sursaut final, le rebondissement ultime : une bouteille fracassé sur le type. Mon corps est tremblant, toujours et je pousse un bref soupir, contrit et marquant ma surprise alors que le proprio du Pénitent s’éclate les genoux au sol pour être rattrapé par le type à gueule de travers. « Ok, j'crois qu'il est calmé. »

Je relève mon regard vers lui, le bar est soudainement calme, plus de grognements et je me sens incapable de crier. « M…Merci ? » Je ne sais pas ce qu’il faut dire dans ce genre de circonstances et à vrai dire… c’est le moment où je dois me réveiller pour récupérer ma copine à moitié branlante.
Mon corps secoué se remet en mouvement, je fais fi de la douleur pour l’instant et parcours les quelques petits mètres qui me séparent de Jade, la récupère, pose mes mains sur son visage, écarte les mèches de cheveux. « T’as une sale gueule, babe. » Je lui souris, je suis soulagée, elle est mal en point mais encore assez elle-même, assez tarée pour sauter sur un type en pleine crise de rage.

« Allez, je t’emmène, sans négociations, on va faire ça correctement, ok ?
— Ouais, allez, barrez-vous, on s’occupe de lui.
— T’écroules pas, ma caisse est pas loin. Allez. Laisse-le. »

Je la préviens, je sais, je ne veux pas qu’elle s’en retourne vers lui, pas maintenant, ça n’a aucun sens. Il va réfléchir dans son coin un moment, et Jade fera le choix qu’elle fera une fois qu’elle sera capable d’en prendre pleinement, consciemment la décision. Je rêve. Mais pas le temps de penser à ça, je me glisse sous le bras de mon amie pour l’accompagner dans son chemin, il fait pas vraiment chaud à l’extérieur et je sais qu’elle doit souffrir de multiples changements de température. J’ai assisté à deux trois tentatives de desintox de mon père qui n’a jamais réussi à s’en sortir, c’était toujours la même merde, le même schéma. Je ne me retourne pas pour remercier ou que sais-je les deux types et mène Jade à ma voiture. Je l’installe siège passager et rejoins ma partie, ferme les portières, à clef. Bon. « Ok si t’as besoin de gerber, mon sac est là. J’en extrais juste les clefs de l’appartement et mon permis, lui pose mon sac sur les genoux, défais mon manteau que je lui cale sur l’épaule, monte le chauffage et m’arrête ensuite une seconde. Je pose les mains sur mon volant, prends une longue inspiration, tâche maintenant de me calmer, je vais pas risquer de nous tuer au volant. Je descends mon rétroviseur pour observer une minute ma gueule dans le petit miroir et dépose mes doigts sur la partie rouge et gonflée qui deviendra colorée dans la soirée, surement. « Fais chier. » Je remonte le rétro, pousse un soupir, fais démarrer le moteur et c’est parti. Faut que j’passe quand même à l’appart pour prendre un peu de fond de teint et poser un truc là-dessus, je sais pas comment je vais me démerder. Je réfléchis si y’a de l’alcool dans la maison mais y me semble pas, de toutes façons elle est trop morte. Nan, ne pas sous-estimer une addiction, je sais bien ça. Je lui jette des coups d’œil durant le trajet, elle comate et tant mieux, on aura des explications plus tard pour l’instant il faut qu’elle se repose, dans un endroit sain. Je vais être en retard pour le taff, je vais prévenir Kurtis, trop de trucs à faire alors qu’on arrive à l’appart, enfin.

« J’vais pas pouvoir rester longtemps avant de partir au taff, mais j’vais te coucher, te filer un truc pour dormir et je reviens aussi vite que possible. Je lui cause tandis qu’on monte. J’ai oublié de prévenir Matthew mais quand j’arrive dans l’appart il n’est plus là, j’lui dirais plus tard. Il m’en voudra pas. Il est pas encore 18h je lui enverrais un texto à ce moment là. J’ai des fringues à toi si tu veux te changer, mettre un autre pyj, demain on discutera mais pour l’instant, repos. »


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Dernière édition par Judith C. Williams le Ven 19 Jan - 10:36, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: landing | judith&jade   Mer 20 Déc - 17:18

Landing
Elijah, Jade & Judith

With my face against the floor, I can’t see who knocked me out of the way

La Bonnie vient de désarmer son Clyde. Le mercenaire tombe, cesse son escalade, son ascension sur cette montagne enragée, roc de délires en défense et de mépris pour les autres complet. Ses doigts viennent de ripper, sa tête vient de cogner contre les éclats de verre qui s'arrachent à la volée. Ils tombent, s'écrasent. Avec eux, ils entraînent dans leur chute les morceaux de l'être masculin, défait dans sa défaite de maniaque enfin lucide. Le sang coule le long de sa nuque, s'emmêle dans le tourbillon des boucles de ses cheveux, encre indélébile de ses actes stupides, puérils. Et elle, elle attend. Jade laisse un nombre incalculable de secondes s'écouler avant de pleinement réaliser tout ce qu'il vient de se passer. Elle attend de pouvoir bouger, de pouvoir réagir, d'avoir une lueur, un truc, un quelconque élan qui la pousserait à tout au moins laisser échapper un souffle, un soupir, ne serait-ce qu'une parole ou une idée. Bloquée, elle reste muette, figée comme une pauvre statuette que l'on tire en arrière. Judith ne lui laisse pas le temps d'encaisser, le temps de comprendre, d'analyser ce qui s'est déroulé entre ce qu'elle considère - à juste titre - comme étant sa meilleure amie et cet être un peu trop aimé. Elle la prend avec elle, par le bras, juste dans le creux, alors que son esprit reste encore prêt de lui, à ses côtés, là bas contre le bar, paumé. Elle la tire, son regard croise rapidement celui des deux compagnons de l'irlandais quand elle est emportée dans la pâleur de la nuit, dans le froid et toute cette habituelle fanfare nocturne de multiples bruits. La lumière des lampadaires bouffe son visage émacié, elle luit contre ses cheveux gras, contre la puanteur invisible de son grand corps malade qui commence déjà à avoir bien froid en ce mois de novembre pluvieux.
Et soudain, elle a sa main qui lui fait mal. Elle a une douleur dont elle ne parvient pas à se délester, qui n'arrive pas à la quitter malgré les coups de doigts qui se projettent d'eux même en l'air, violents, machinalement, robotiques, mécaniques. Le coup qu'elle lui a mis n'était vraisemblablement en rien mesuré. Elle a ses lèvres irritées et entaillées qui baillent, qui laissent échapper un large filet d'air entre-coupé de déglutissements à la recherche d'un peu de salive, d'un baume sur la sécheresse immonde de son gosier serré. A partir de là, elle constate enfin qu'elle est installée dans un véhicule qu'elle a souvent arpenté, le sac à main de Judith sur ses genoux écartés, vide, prêt à être jeté au cas où elle se mettrait à déconner, à gerber la bile jaunâtre que peuvent parfois vomir les drogués. Le moteur est en marche et les paysages des ruelles habitées, des quartiers animés ne font que défiler à sa vue jusqu'à l'arrêt. Emportée, elle est extirpée de la bagnole par des mains douces, par une poigne sûre qui la pousse en avant, qui la fait traverser entre les passants avec son plaid, le manteau et ses chaussons qui se trempent par l'humidité du sol. Dans l'immeuble étroit du rayonnant Downtown rien n'a bougé depuis la dernière fois. La lumière de l’ascenseur qu'elle ne connaît que trop bien semble toujours déconner à plein tubes, à clignoter comme un vieux atteint d'une maladie, un truc du style de Parkinson ou tout simplement la vieillerie. L'appartement ne semble pas non plus avoir changé, le même bordel de paperasses de tasses de café et d'assiettes non lavées est de façon résiduelle logé à côté d'un fauteuil en cuir, là où ce lieutenant qui sert de colocataire à pour habitude de méditer. Les mégots froids de ses cigarettes traînent, les vêtements s'entassent, jamais rangés, jamais repassés, peut être même plus jamais lavés s'il a le malheur de ne pas y penser.
Dans sa contemplation un peu désuète sur son passage, elle se souvient que le ménage n'a jamais été non plus son fort mais les parties organisées des pièces réservées à Judith lui laissent le loisir de constater le contraste de ces moments où elle se sentait dans un espace propre et ordonné. Emmenée dans ce qui est désormais sa chambre à elle, Jade se cale contre le battant en bois de la porte, fermant quelques secondes les yeux lorsqu'un vertige menace de la faire tomber « Je. Ouais j'veux bien m'doucher, j'dois puer la mort j'vais pas en plus t'imposer ce genre d'odeur. » Elle a l'impression que ça fait une éternité qu'elle n'a pas parlé, que rien dans sa bouche n'a été prononcé depuis des années. Sa voix se barre, s'éraille dans une sorte de rocaille de glaires qu'elle avale quand elle ose enfin se débarrasser de son châle crade qui glisse le long du lit de son amie. Une discrète ébauche de sourire se loge contre son visage fatiguée, un peu nerveux et surtout bien honteux tandis que la serveuse lui sort un T-Shirt au bas troué par quelques clopes fumées, et un ancien caleçon d'Elijah qu'elle avait laissé là il y maintenant plus de deux mois. De ses longs doigts elle capture les tissus sombres, limite les mouvements pour ne pas lui refiler la nausée et s'éloigne de quelques pas pour la laisser passer, se préparer. Dans le miroir, la blonde consolide les dégâts, elle dévoile un œil gonflé mais pas encore violacé ; une boursouflure rouge, un trait de sang dans le blanc. « J'suis désolée darling» Impression croissante d’être une merde ambulante, un mal-être dont elle pense ne jamais pouvoir se débarrasser, Jade a du mal à accepter ce qui loge sur le côté de ce petit nez renfrogné. « J'pensais pas qu'il s'rait capable d'te cogner... J'peux envoyer un sms à Max pour m'excuser et expliquer ton retard s'tu veux. T'façons vu mes absences James va bien finir par m'virer, j'pense que ça f'ra une punition assez grosse dans sa tête pour pas qu'il t'fasse chier et te décompte ça d'ta journée. T'as pas à plus payer pour ce genre d'histoire d'cassos. »
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MessageSujet: Re: landing | judith&jade   Lun 8 Jan - 0:55




landing

Marla... the little scratch on the roof of your mouth that would heal if only you could stop tonguing it, but you can't.

« J'suis désolée darling. »

Je lève une main au ciel, comme pour balayer ses mots, le regard toujours fixé sur la partie rouge et gonflée de mon visage. Fais chier. Fais réellement chier. Je suis furieuse, encore, pleine de colère, je vogue entre plusieurs états en réalité. Cette haine, ce mépris de l’être le plus… débile ? Arriéré ? Improbable de la planète, la peur des coups pris sur la gueule et enfin, l’inquiétude pour mon amie. Jade, qui reste là, plantée dans l’encadrement de la porte ou devrais-je dire, affalée contre le bois de meilleure qualité que mon ancien appart. Ça me gonfle parce que je sais qu’en sortant elle va surement aller le revoir cet espèce de connard, un animal stupide, bâté. Et ça m’énerve aussi parce que maintenant comment je vais justifier ma gueule à Max ? C’est certes pas le plus important mais j’ai pas envie qu’on me regarde de travers et puis merde, qu’est-ce que j’essaie d’arranger ce que je pourrais pas camoufler d’abord, hm ? Ça sert à rien. « J'pensais pas qu'il s'rait capable d'te cogner... J'peux envoyer un sms à Max pour m'excuser et expliquer ton retard s'tu veux. T'façons vu mes absences James va bien finir par m'virer, j'pense que ça f'ra une punition assez grosse dans sa tête pour pas qu'il t'fasse chier et te décompte ça d'ta journée. T'as pas à plus payer pour ce genre d'histoire d'cassos.
— Et moi je pensais pas qu’il était aussi… grave pour te garder comme un putain de trophée, enfin la séquestration ça lui dis quelque chose, bordel ?! Je me retourne d’un geste sec et me rends compte de la hauteur de ton prise. Je pousse un soupir, abandonne l’espèce de houpette dont je me servais pour tenter vainement de camoufler la rougeur qui se transformera en truc violet à un moment donné et me rapproche de Jade. Désolée babe. Tu sais quoi, foutue pour foutue, autant que j’m’occupe de toi, c’est plus important. Allez viens. Je saisis les fringues que je balance sur la commode et l’incite à venir avec moi. Enlève tes chaussons là. Je tique, ouvre le rideau de ma douche et l’aide à y rentrer. Passe-moi tes fringues au fur et à mesure je vais laver tout ça. Je reste là pour me changer alors t’affoles pas, ok ? J’reviens. » Hop, demi-tour après avoir récupéré les fringues. J’attends que l’eau se mette à couler et balance le tout dans le tambour de la machine puis vais chercher mes fringues pour ce soir. Je vais gagner du temps en mettant d’ores et déjà mon magnifique short à paillettes. Je reviens me poster rapidement devant la glace pour espérer arranger le tout, tout en demandant de temps en temps à Jade si tout va bien.

Je la laisse deux secondes pour lui préparer mon lit, je change les draps, rajoute un plaid et laisse rejoindre le sien dans la machine puis vais chercher une bouteille d’eau, un verre avec un cachet d’aspirine. J’envoie ensuite un message à Kurtis, puis à Matthew pour lui dire que je suis en vie et reviens dans la salle de bain achever de mettre la couche de fond de teint. Je balance la poudre dans mon sac en prévision de la soirée, file une serviette à Jade et l’aide ensuite à s’extirper de la douche. J’attire un tabouret à moi et la force à s’asseoir, j’ai pas besoin de beaucoup de force. Je sèche un peu ses cheveux, les peigne puis les tresse et « J’t’attends. »

Je sors de la chambre et, comme promis, l’attends assise sur le lit. Dès qu’elle sort, je l’invite à venir s’installer dans le lit. « Est-ce que ça va aller si je me casse ma biche ? J’peux rester et d’ailleurs, t’envoies rien à personne, je me débrouille. Et j’intercèderais auprès de James, peut-être qu’il sera sensible à mon charme de déesse. Tu me bois ça et tu t’occupes de dormir. Tu m’expliqueras tout ça plus tard, ok ? »


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MessageSujet: Re: landing | judith&jade   Sam 20 Jan - 0:03

Landing
Elijah, Jade & Judith

With my face against the floor, I can’t see who knocked me out of the way

De l'eau. Encore et toujours de l'eau. Au dehors sous la pluie, au dedans sous la douche. De l'eau, que de l'eau à porter à la soif intarissable de sa bouche. Insipide, transparente elle est entrain de couler le long des carreaux, des vitres embuées par la chaleur de cet appartement. Elle emporte avec elle la crasse de la ville, la pollution des carrefours, les merdes pendues aux toits hauts. De l'eau, chaude, insipide transparente entrain de couler sur le coin de sa gueule, le long de ses cheveux, des morceaux de son être défait dans la torpeur de ses tourments. Elle s'est désapée, elle s'est laissée entraîner dans une salle de bain déjà maintes et maintes fois arpentée, toujours à la recherche d'une quelconque beauté exacerbée, masque hypocrite d'un « tout va bien » à gerber. De l'eau, de la putain de flotte partout, sans couleur, sans odeur, sans fantaisie. De la flotte prosaïque, sans effets secondaires qui peuvent la sauver, ne serait-ce qu'un peu l'aider à accepter durant des heures sans occupation, sans valeur. Rien pour faire taire ses névroses, rien pour arrêter comme un barrage le coucou qui tape fort dans sa tête. De l'eau, qui se précipite contre ses épaules nues, contre sa carcasse vide encore bien en chaire malgré le manque de nourriture. L'épiderme brûle au contact du liquide, vampire arraché contre le bénitier d'une baignoire qui se remplie. Assise, les genoux contre ses seins, leur arrondie compressé, elle n'a même pas la force de choper le gant que Judith a déposé pour se laver. Elle n'a même pas la force d'y foutre du gel, de le faire mousser et de se l'étaler. Elle n'a même pas la force de frotter, de surpasser de ses gestes le clapotis léger qui se laisse tomber à ses pieds aux orteils crispés, recroquevillés. Les paupières se ferment, fatiguées, éreintées tandis que le torrent du jet s’immisce dans son dos lacéré, jusqu'au creux profonds de ses multiples cicatrices, origines, déclencheurs, mères de ce putain de vice.
Au final les moyens lui importaient peu pour se satisfaire, pour se contenter. Peu lui importait ce qu'elle pouvait bien acheter, ce qu'elle pourrait bien donner pour ne serait-ce qu'une dernière gorgée ; juste pour dire adieu à une seule lampée. Elle pourrait prendre ne serait-ce qu'un cocktail, quelque chose de sucré avec un simple arrière goût, un fond légèrement ambré. Elle pourrait grappiller vingt dollars dans la soupière de l'entrée qui n'a pas bouger. Elle pourrait descendre une fois Judith partie, elle pourrait aller chez l'arabe du coin, toujours ouvert, sans horaires, pour se prendre une bouteille de whisky bon marché. Elle pourrait au pire chercher dans les placards, tout retourner pour le cul d'un tesson d'une piquette de mauvaise qualité, bas de gamme qui rend les joues lourdes et cotonneuses, qui donne la gerbe et la nausée une fois une certaine limite dépassée, ingérée. Au final peut lui importait. Elle pouvait prendre n'importe quoi pour recommencer, pour faire comme ces taulards infâmes en sursis, pour récidiver.
Oublier, oublier ce qui depuis plus d'une année la rend cinglée. Oublier, oublier cet enlèvement, ces sévices corporels infligés. Oublier, oublier ce gang dans lequel ils sont entrain de refoutre un pied, ces membres du passés qui l'ont exclue elle en la tabassant, en la rouant de coups, en lui faisant perdre ce bébé. C'est tout ce dont elle a besoin, oublier. Plus on l'empêche de picoler plus on la force à y penser. Plus on croit la soigner plus on la rend malade, terrifiée. Comme si ils savaient, comme si ils pouvaient même imaginer. Là, pliée, elle n'a qu'une envie c'est de pleurer, c'est de crier, c'est d'arracher le plastique de ce rideau de douche, le mordre, hurler et en lambeaux le déchirer. Là, pliée, tout ce qu'elle fait c'est finir par se savonner, par se relever et sortir de la douche quand la main de Judith vient de force tout écarter, comme le signal qu'elle aurait déjà dû terminer. Une serviette autour d'elle enroulée, Jade se fige, se mure telle une poupée assise sur un tabouret dans un goutte à goutte sur le sol trempé. Les doigts fins aux ongles longs et colorés dans ses cheveux mouillés, elle contemple l’auréole d'humidité contre le plafond, appréciant les petites fourmis contre son crânes qu'elle procure quand elle la peigne et la coiffe. Elle a une dextérité pour parvenir à ainsi tout démêler. Elle a l'impression qu'on ne lui avait pas fait ça depuis des années, depuis que sa tante avait décrété qu'elle était assez grande pour s'en occuper seule de cette longueur, de cette tignasse qu'elle n'a jamais voulu couper. Elle était encore rousse à l'époque, avec des reflets cuivrés, ces mêmes qui ressortent quand la teinture de son noir s'estompe. « Tu sais que normalement je suis rousse. » Elle lâche ça comme ça, déjà consciente qu'elle s'en doutait un peu mais que le reste des confidences devrait bientôt arriver.
Emportée ensuite dans la chambre, elle se laisse aller contre le lit, sans même remarquer que les draps ont été changés. « Ouais. Ouais vas y, vas bosser t'inquiètes pas j'crois que ça d'vrait aller ...'fin si y'a rien dans l'appart'. J'voudrais pas finir par péter un fus' et fouiller comme une droguée et t'voir dégoûtée en rentrant. » Dégoûtée de réaliser qu'elle n'est qu'une daube, qu'une petite merdeuse d'accroc, de lâche, de faible incapable d'assumer, de bien se comporter dans l'adversité. Évitant son regard, elle avale le cachet, en profite par la même occasion pour demander un somnifère, un truc pour se tenir tranquille, pour sagement rester alitée à ne pas prendre un quelconque téléphone, appeler Elijah, sortir de l'appartement une fois libérée de toute pression, de tout jugement de proche qui accepte de bien vouloir s'en occuper. Après avoir avalé plusieurs cachetons d'un blanc immaculé, elle décide d'éteindre d'elle même la lampe de chevet et se glisse sous les couvertures, les yeux rougis, gonflés. « Hey ? » Dans l'encadrement, les paillettes éclatantes dans la courbures de ses reins, la blonde se retourne, la poignée de la porte entre les mains. « Merci babe. Puis t'prends pas la tête pour James, il préfère qu'on soit franc du collier, j'irais moi même lui parler. » Elle hausse les épaules, balance un truc qu'elle n'entend pas vraiment se sentant déjà partir avec la pression accumulée qui redescend. « Bonne nuit sweetie. »
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MessageSujet: Re: landing | judith&jade   Dim 21 Jan - 13:13




landing

Marla... the little scratch on the roof of your mouth that would heal if only you could stop tonguing it, but you can't.

« Hey ? Je m’arrête dans l’encadrement de la porte, hésite à partir, à a laisser seule. J’ai l’impression que je manque à mon devoir en allant bosser. Je devrais peut-être attendre qu’elle dorme. En même temps elle a pris un somnifère, ça devrait aller, et avec mes dernières conneries les semaines qui ont précédé pas sur que Max kiffe mon absence. Mais ceci dit… ceci dit est-ce que j’en ai quelque chose à foutre à partir du moment où ma nana est dans cet état ? J’hésite encore, attend ses mots pour me décider, pour prendre la décision. Merci babe. Puis t'prends pas la tête pour James, il préfère qu'on soit franc du collier, j'irais moi même lui parler.
— J’me prends pas la tête, t’inquiètes. Mais elle ne m’entend pas, ou à peine je crois, s’enroule sous la couette, appuie sa position dans mon lit, les somnifères font leur effet bien rapidement. Elle doit être dans un état de fatigue déjà suffisamment avancé de toutes façons.
— Bonne nuit sweetie.
— Bonne nuit babe. » Elle est endormie.

ø

J’avais zappé dans toute cette confusion que Max n’était pas là ce soir… toujours occupé chez lui avec sa « grippe ». Je n’achète toujours pas cette histoire mais peu importe. Du coup personne ne m’a fait chier sur le retard, de toutes façons j’étais pas dans le monde de me faire emmerder honnêtement, le pire moment pour me casser les burnes. Je me suis surtout inquiétée, j’ai beaucoup réfléchis. Maintenant que le service est devenu est habitude, je peux me permettre de me concentrer sur mes pensées au passage. C’est étrange mais le taff me permet de faire ça, de penser longtemps, longuement, sur plein de sujet. Jade au centre de mes pensées ce soir. J’ai souvent regardé mon portable, attendu l’heure, ai fais mon maximum pour faire passer le temps qui m’a semblé excessivement long. Je suis en route pour rentrer, enfin, crevée, je baille, le coude calé sur le rebord de ma fenêtre de portière. Je garde les yeux ouverts, je fais attention et roule doucement. Manquerait plus que ça, que j’me tue au volant.
Je remonte les quartiers tranquillement, il est passé 5h du mat. Lorsque j’arrive à la maison, évidemment, c’est le calme plat. Je pousse un soupir, balance mes fringues dans l’entrée (oui bah je rangerais demain hein, de toutes façons c’est moi qui le fais d’habitude le rangement) et remonte jusque ma chambre de laquelle j’ouvre la porte en douceur. Jade est profondément endormie. Je passe à la salle de bain me désaper, me démaquiller tout ça. Avant de me coucher aux côtés de ma miss, je vérifie que tout va bien. Je vérifie rapidement sa température, remonte la couette et me glisse bientôt à ses côtés.

ø

« Hello sunshine. Je pousse la porte du pied, un plateau dans les mains, entre dans la chambre et interpelle l’endormie en douceur. Je ne compte pas hurler. Elle bouge dans le lit et met un moment à se « remettre en route ». Je dépose le plateau en bout de lit, jus d’oranges, café, viennoiseries, aspirine, et autres conneries à manger. Mais ça peut faire plaisir, je pense, c’est agréable de déjeuner au lit quelque chose de bon. Est-ce que ça va ce matin… midi ? Tu t’sens pas trop vaseuse ? Je lui laisse le temps de se réveiller tranquillement, ouvre les volets avec prudence, établit un climat confortable, tout simplement. On va discuter ce matin et je compte bien commencer par lui expliquer deux trois trucs, je ne veux pas qu’elle se sente jugée ici. Pas avec moi, pas dans cette chambre, surement pas. J’ai déconné avec l’alcool mais je n’ai pas vécu ce qu’elle est en train de vivre, je ne me permettrais pas. Mais si je peux faire quelque chose pour l’aider je ne vais certainement pas reculer. Je finis par revenir m’installer dans le lit et recommence la manipulation de cette nuit, glisse une main sur son front, constate, me replace sous la couette puis amène le plateau vers nous. Te force pas si t’as pas faim, ou quoi. Mais un aspirine tout de suite par contre. »


© TITANIA


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i guess that no one ever really made me feel that much higher
boy, it's you I desire
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