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 First Impression ♦ Lloyd

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MessageSujet: First Impression ♦ Lloyd Sam 24 Sep - 5:45

First Impression
Lloyd & Felicity
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Ses talons claquaient contre le bitume brûlant alors qu’elle se dirigeait vers sa voiture, la fumée lui piquant encore les yeux de façon désagréable. Elle n’appréciait pas nécessairement ces papiers qu’on lui demandait d’écrire, où elle devait faire mine de s’intéresser au sort d’un bâtiment en flammes ou de ses habitants. Ici, personne n’avait trouvé de mort atroce, personne n’avait perdu un bras ou une jambe. Felicity ne pourrait même pas écrire en hommage à un pompier s’était lancé dans les flammes pour sauver un bébé coincé dans sa chambre. Il n’y aurait rien de tout ça. Juste un truc d’incendie, quelques lignes sur l’édifice, sur les causes de l’incendie, sur la difficulté qu’avaient eue les soldats du feu à l’éteindre à cause des vents violents. Ce ne sera pas l’article du siècle, même que la blondinette préférerait être chez elle, blotti devant la télé avec une tasse de thé et le chien, dans son pyjama à l’effigie de Mickey Mouse. À la place, elle était là, sous la pluie battante, les bourrasques de vent s’engouffrant dans ses vêtements et ses cheveux collant sur son visage angélique. Les pompiers allaient et venaient autour d’elle, rassemblant l’équipement qui avait servi à éteindre les flammes destructrices et personne ne semblaient faire attention à elle. Aucun d’entre eux n’avait paru vouloir lui faire le moindre témoignage et par manque d’informations, elle imaginait déjà le contenu de l’article. Il serait maigrelet, avec peu d’information, mais si son patron osait se plaindre, elle n’hésiterait pas à rétorquer. Elle n’avait pas plus envie de faire ce genre d’article que de coucher avec ce vieux bonhomme chauve et bedonnant qui lui servait de patron! Ils savaient tous que ce n’était pas ce qu’elle faisait, qu’elle n’aimait pas ce genre de journalisme insipide qui n’apporterait rien dans la vie des uns ou des autres. Ce n’est pas comme ça qu’elle changerait le monde.

Son supérieur ne cessait de lui dire que les gens n’en avaient rien à faire de ce qui pouvait se passer en Syrie ou en Afghanistan, que le commun des mortels voulait savoir ce qui se passait chez eux, dans leur ville, à quelques rues de leur maison. Ils voulaient connaître la dame qui s’était cassé la hanche en tombant de son balcon, ils voulaient savoir le nom de l’infirmière qui fumait en douce dans la salle des employés. Felicity, elle, ne voulait rien savoir de tout cela. Elle n’avait pas non plus envie de retourner au Moyen-Orient aussi tôt. Elle était revenue deux mois plutôt, cabossée et démoralisée. Là-bas, personne ne se souciait de voir des bleus sur son épiderme, personne ne faisait de commentaire si elle avait un œil au beurre noir ou une lèvre fendue. Ruben n’avait pas retenu ses coups dans un tel milieu. Il avait pris plaisir à la reprendre en public sous le regard indifférent des hommes et celui désolé des femmes. Elle avait vu ses mères de famille la regarder avec un mélange de désapprobation et de compassion alors que son petit ami lui assénait une gifle monumentale pour un oui ou un non. Ces quelques semaines dans ce pays étranger avaient été les plus pénibles qui soient, jamais elle n’aurait pu croire que les choses deviendraient encore plus terribles une fois de retour à la maison, dans ce pays qui protège les faibles et punit les injustices. Mais Ruben n’était plus maintenant. Son corps n’avait pas été retrouvé et elle espérait que ça reste comme ça, qu’on ne vienne pas cogner à sa porte un jour en lui posant mille et une questions auxquelles elle ne voudrait pas répondre. Alors, pour l’instant, elle se contentait d’article sans saveurs et sans couleurs, de truc ennuyant comme il n’était pas possible de le faire. Elle allait sans doute mourir d’ennui d’ici la fin de l’année.  

Un soupire excédé passa la barrière de ses lèvres alors qu’elle jeta son sac à main sur la banquette arrière de sa voiture avant de claquer la portière. Elle allait s’engouffrer dans sa voiture à son tour quand elle nota la silhouette qui s’approchait d’elle. Elle fit volte-face, notant l’homme qu’elle avait croisé un peu plus tôt sans vraiment lui adresser la parole ou plus qu’un simple regard. « Ne me dites pas que vous êtes venu m’annoncer que ce feu a été déclenché par un grille-pain dysfonctionnel, par pitié.» Il ne manquerait plus que ça. Après, elle devrait écrire un article sur la poursuite judiciaire du fabricant du grille-pain et elle songerait à se jeter en bas d’un toit. Et puis, ce n’était pas ce que les gens voulaient entendre. Ce n’était pas glamour. Ils voulaient des incendies criminels et des négligences provenant des propriétaires, ils voulaient  des larmes et du sang. «Pis, ne me dites pas que les seules victimes sont les chatons du 4B ou que la vieille dame du rez-de-chaussée est morte et qu’elle n’a aucune famille et toute et toute. Bref, je préférerais qu’on m’épargne les petits drames du genre!» Elle devait un peu avoir l’air insensible, mais elle s’en fichait un peu. Elle n’avait pas passé une belle journée, son article allait être nul et elle avait envie de se retrouver dans un bon bain chaud loin de toute cette fumée et cette suie qui faisait naître des larmes dans ses prunelles. Un nouveau soupir passa la barrière de ses lèvres, elle devait passer pour une sale petite peste, l’une de ces filles à papa qui n’avait pas l’habitude d’être négligé. «Désolée, je suis odieuse. C’n’est simplement pas le genre d’article que j’écris en général et ça me semble insipide.» Elle tendit la main vers lui. « Felicity»


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MessageSujet: Re: First Impression ♦ Lloyd Dim 25 Sep - 9:56

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Il pousse un énième soupir d’effort en aidant son collègue à enrouler la lance à incendie qu’ils viennent d’utiliser sur le vieil immeuble. Aucune perte humaine ou animal à déclarer à priori. C’est une bonne nouvelle. Mais ça ne fait pas de cette intervention une bonne intervention. Il leur a fallut un peu de temps pour venir à bout des flammes, renforcées par les vents violents qui se sont engouffrés dans la rue où s’est déclaré le sinistre, et à un moment ils ont bien cru que l’immeuble d’à côté allait en faire les frais. Mais heureusement, ça n’a pas été le cas. Les habitants de ces appartements – évacués en urgence – vont pouvoir regagner leur foyer aujourd’hui. Malheureusement, on ne peut pas en dire autant de ceux vivaient dans celui d’à côté… Lloyd s’est éloigné pour donner un coup de main à son collègue pour ne pas avoir à entendre les lamentations légitimes de certains habitants. D’autant que l’une d’elle lui rappelle un peu sa mère… Et l’idée qu’elle soit brutalement délogée de son appartement par une saloperie pareille et perdent ses biens, ses souvenirs et ses repères lui déchire le cœur. En même temps, peut-être que c’est de ça qu’elle aurait besoin… Mais le pompier en doute. Quelque chose lui dit que si un incendie venait à se déclarer dans l’immeuble où il s’est lui-même installé depuis quelques années : il faudrait en évacuer sa mère par la force. C’est effrayant.
La lance à incendie de nouveau en place, il s’éloigne et réceptionne la bouteille d’eau que lui envoie son chef. Il le remercie d’un geste du menton et en avale une longue gorgée avant de le rejoindre près du camion. « Beau boulot Cap. » Le grand blond se contente d’acquiescer et retourne la bouteille sur son crane pour en déverser une partie de son contenu et se rafraichir un peu. Refermant la bouteille et la calant dans une des poches de sa veste épaisse, il passe une main dans ses cheveux pour en évacuer quelques gouttelettes et frotter sommairement son visage. « Je crois que notre invitée de marque se fait la malle. » Lloyd cherche la journaliste du regard et voit qu’elle dirige en effet ses pas vers sa voiture. Une jolie nana. Mais qui exerce une profession qu’il a du mal à considérer sous un bon jour… Pour lui les journalistes sont tous des sensationnalistes, des vautours et des menteurs. « Va voir ce qu’elle a pensé de tout ça. » Lloyd sursaute et refait face au Chef Levitt, qui n’a pas perdu une seconde et est déjà en train de s’occuper de la paperasse. « Hein ? Mais pourquoi moi ? » « Parce que t’as la tête de l’emploi. » « Ca veut dire quoi ? » « Ca veut dire que tu vas voir ce qu’elle va écrire et que tu vas t’assurer que c’est positif. Et si elle a besoin d’une photo pour illustrer son article, ça donnera une meilleure image du service que si je lui envoie Elvis. » « Chef, si vous continuez à m’utiliser pour mon physique, va falloir commencer à m’appeler Brad Pitt et à aligner les billets » soupir le pompier qui se fait une raison et s’éloigne déjà pour obéir aux directives de son supérieur.

Passant à nouveau sa main dans ses cheveux détrempés, le pompier arrive sans tarder à hauteur de la jeune femme. Elle le voit arriver et relève le regard vers lui, suivant sa progression jusqu’à ce qu’il s’immobilise à ses côtés, le visage dénué de toute expression identifiable. Du moins jusqu’à ce qu’elle prenne la parole et lui parle des causes de l’incendie… Là, ses sourcils se froncent au-dessus de ses yeux clairs et un peu rougis par les fumées qui ont aussi un peu irrité sa gorge. « Pis, ne me dites pas que les seules victimes sont les chatons du 4B ou que la vieille dame du rez-de-chaussée est morte et qu’elle n’a aucune famille et toute et toute. Bref, je préférerais qu’on m’épargne les petits drames du genre ! » Il reste planté devant elle, ne sachant pas vraiment comment réagir face à ses propos. Qu’on lui épargne ces petits drames ? Parce que la mort d’un chat ou d’une vieille dame n’est qu’un petit drame sans importance ? Putain d’journaliste… Encore une jolie fille qui s’avère être laide et qui, subitement, perd tout intérêt à ses yeux. Et au lieu de se taire, elle en rajoute une couche après des excuses bidons. « Felicity » se présente-t-elle ensuite, tendant sa main vers lui. Il baisse les yeux dessus, l’observe longuement, les paroles de son chef lui revenant en tête. Lloyd sait ce qu’il doit faire. Il doit prendre sa main, la serrer vigoureusement pour l’impressionner, lui sourire, lui dire qu’il comprend parfaitement et être à la limite de s’excuser que plus de personnes ne soient pas mortes. Mais il en est incapable. Alors, sans lui avoir serré la main, il relève la tête pour croiser son regard aussi clair que le sien et se fend d’un sourire sarcastique. « C’est pas faute d’avoir essayé de convaincre le petit garçon du troisième de sauter par la fenêtre pour vous faire plaisir, Felicity » lui lance-t-il, prononçant le prénom qu’elle vient de lui donner avec un soupçon de mépris. « J’suis vraiment navré que vous vous soyez déplacé pour si peu. Mais si vous voulez faire dans le sentimentalisme, y a tout de même une dame là-bas qui pourrait vous satisfaire. Elle n’arrête pas de pleurer et de dire qu’elle n’a plus qu’à mourir maintenant que les souvenirs de toute sa vie sont partis en fumée où on été noyés par nos lances incendie. Si vous la travaillez bien comme il faut, elle vous parlera de son mari mort d’un cancer et de son fils unique tué en Afghanistan et ensuite, elle va peut-être aller se jeter sous un métro et vous aurez votre article ! Précisez bien que les pompiers sont en partie responsables de la destruction de son immeuble et passez sous silence le fait qu’on lui ait sauvé la vie. C’est tellement insipide ce genre de détails de toute façon… Vous pouvez même citer mon nom ! Lloyd Hatfield. Vous ne prenez pas de note ? » fait-il mine de s’étonner, avant de perdre le sourire faux qui étirait ses lèvres un instant plus tôt, pour la toiser en espérant qu’elle réplique. Maintenant qu’il est lancé, il irait bien encore un peu plus loin pour terminer de se défouler…  


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MessageSujet: Re: First Impression ♦ Lloyd Mer 28 Sep - 4:41

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Elle grimaça, l’impétueuse créature à la chevelure dorée, consciente du genre d’image qu’elle projetait avec ses mots impitoyables. Felicity n’avait jamais été reconnue pour sa délicatesse dans la vie de tous les jours, même quand cela semblait être de mise, même dans les moments les plus délicats. Même quand sa vie avait semblé en danger. Elle ne s’était pas retenue pour insulter Ruben dans ce pays où les femmes n’avaient pas le droit de prononcer un mot sans risquer d’être lapidées sur la place publique. Elle n’avait pas hésité à se prendre une gifle pour défendre une fillette dans un marché quand bien même cela risquait de lui côté cher. Elle n’était pas dépourvue de bon sens pour autant. La blonde savait où était son intérêt et tenait trop à la vie pour savoir où étaient les limites. Elle n’était pas de ces idiotes qui osaient se balader dans les rues de Kaboul la tête nue, affichant avec fierté sa blondeur. Elle savait ce qu’elle risquait. Elle savait aussi que les gens seraient plus ouverts envers elle si elle portait sa burka, si elle se mêlait à la foule et respectait ces coutumes qui n’étaient pas les siennes. Ici, la situation était différente. C’était une affaire sans lendemain, quelque chose qui serait oublié dans quelques semaines, une affaire qui ne l’intéressait pas réellement. Oui, c’était triste que ces gens n’aient plus de domiciles, c’était triste de devoir tout recommencer à neuf, mais combien de gens devaient-ils faire la même chose tous les jours? Combien de personnes n’avait même pas la chance de respirer de nouveau? La petite blonde avait une vision différente du monde, ayant vu tellement d’horreurs sans nom qu’elle ne sourcillait plus réellement devant les petits drames de la vie. Non qu’elle était devenue insensible, mais elle savait qu’il y avait bien pire ailleurs. Elle réalisait aussi que les gens qui l’entouraient étaient trop sentimentaux, trop faibles. Combien de gens avait-elle vu pleurer pour une petite chose aussi ridicule qu’une mauvaise note à l’école alors que des centaines d’enfants n’avaient même pas le droit à l’éducation dans d’autres pays? Alors que des fillettes se faisaient fusillées pour vouloir apprendre à écrire? Bien entendu, le pompier devant elle ne se gêna surtout pas pour lui cracher des paroles insipides au visage d’un ton méprisant.

Felicity glissa un coup d’œil vers la dame en question, l’observant de loin. Son visage était souillé de larmes et de suie, ces cheveux translucides étaient une masse informe sur ses épaules qui se secouaient au fil des sanglots. Elle se sentait mal pour elle, sincèrement, plus que le blondinet devant elle ne semblait le croire. Elle savait ce que c’était que de perdre sa vie. Probablement pas de la même façon, pas dans un incendie, pas avec une mémoire défaillante, mais elle avait perdu ce qui lui restait d’estime de soi sous des coups violents, elle avait perdu son enfance dans les trous de mémoire de sa mère, elle avait perdu son innocence dans les images de guerre dont elle rêvait encore parfois. «C’est triste, oui, mais elle a quand même eu une belle vie.» Elle fait une pause, plante son regard dans celui du pompier devant elle. «Une plus belle vie que cette fillette de sept ans morte après sa nuit de noces, il y a de ça trois semaines. Son père voulant punir sa mère de ne pas lui avoir donné de fils, il a marié sa fille à un homme de cinquante ans. La gamine n’avait aucune chance de s’en sortir. La mère fut punie pour sa mort. Cette dame a encore une plus belle vie aujourd’hui que  Strika. Ce gamin a vu ses parents mourir devant lui à l’âge de cinq ans avant de voir sa sœur être violée devant lui jusqu’à ce que mort s’ensuive. Puis on le traîna d’un bout à l’autre du pays, drogué et obligé de tuer et de violer à son tour. Il s’est suicidé, deux jours après l’interview. » Felicity se tue, gardant le silence un moment pour le laisser digérer la chose, pour que l’information pénètre son crâne épais et qu’il puisse procéder à décortiquer où elle voulait en venir. Son ton n’avait pas été aussi détaché qu’elle l’aurait souhaité, il y avait eu certaines fêlures dans son discours. Strika avait été d’une gentillesse inouïe avec elle, il lui avait parlé avec douceur, avec une tristesse infinie dans ses traits et dans ses yeux. Sa peau marquée de rides prématurées dues à une vie d’esclavage, de dureté, remplie de sang et de morts. Jamila, la mère de la petite Shekiba, avait été d’une douceur maternelle qui lui avait déchiré le cœur, supportant les coups de son mari sans broncher, sachant que c’était pour sa fille, qu’elle n’avait plus le droit de pleurer les quarante jours de deuil terminés.

La journaliste croisa les bras sur sa poitrine dans un geste protecteur, l’odeur de la fumée lui soulevant le cœur, lui rappelant ces cigares cubains que lui écrasait Ruben sur la nuque lorsqu’il lui prenait l’envie. «Je ne voulais pas manquer de respect pour ces familles, vous savez, Monsieur Hatfield. Mais vous l’aurez sans doute compris, ce n’est pas ce genre de drame que je raconte en général.» Elle le faisait simplement parce qu’on lui avait demandé, parce que son psy refusait de la renvoyer à l’étranger avant que son choc post-traumatique ne soit passé. On lui parlait de soigner son esprit avant d’essayer de réparer le monde entier avec ses mots, mais elle savait que ça ne fonctionnerait pas. Elle préférerait de loin retourner dans ces endroits où tout sentait la poussière et tout était de cette même teinte beige entre les bombes et les missiles. «Je voulais devenir journaliste pour ouvrir les yeux à l’homme moyen et lui faire comprendre que le monde ne s’arrêtait pas au bout de son nez, qu’il y avait bien pire ailleurs et qu’on ne faisait rien. Et sauf votre respect, je ne crois pas que c’est en couvrant des incendies et en parlant de souvenirs envolés en fumée que les gens comprendront. Ils n’en ont rien à faire de toute façon, tant que ce ne sera pas leur maison qui brûlera.» Son ton s’était adouci. De nouveau, elle glissa un regard vers la vieille dame qui semblait maintenant prier entre deux sanglots, comme si elle espérait se réveiller d’un nouveau cauchemar. Felicity inclina doucement la tête avant de jeter un coup d’œil au pompier à travers ses cils. «Elle a un endroit où rester pour les prochains jours? Une sœur, un neveu, un cousin quelconque?» Parce que oui, ça l’intéressait vraiment, oui, elle s’en souciait vraiment.


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MessageSujet: Re: First Impression ♦ Lloyd Mer 28 Sep - 19:59

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Et voilà qu'elle remet ça. La jeune femme admet que l'histoire de la sexagénaire est triste, mais ajoute qu'elle a eu une belle vie au moins. Qu'est-ce qu'elle peut bien en savoir ? N'a-t-elle pas écouté un mot de ce que je viens de lui dire ? Son mari est mort dans la souffrance et son fils unique a sacrifié sa vie pour un pays qui l'a déjà oublié et ne vas sans doute rien faire pour sa mère éplorée. Lloyd a été témoin des retombées que la mort d'un enfant peuvent avoir sur des parents. Peut-être qu'il manque d'objectivité en la matière du coup, mais l'histoire de cette vieille femme aujourd'hui à la rue le remue particulièrement... Et entendre la journaliste minimiser ses malheurs le met hors de lui. Il le prend presque comme un affront personnel.
Mais avant qu'il ait pu répliquer quoi que ce soit, la journaliste enchaîne en faisant étalage de ses propres expériences en matière de détresse humaine et d'injustices. Ce que Lloyd entend est bien évidemment à glacer le sang. Et quelque chose lui dit que Felicity le sait et veut le choquer. Elle joue là journalistes sensationnaliste. Mais elle ne s'adresse pas au bon interlocuteur. Le pompier ne va pas tomber des nus en entendant tout cela, il ne va pas en perdre l'appétit ou avoir la nausée en imaginant les faits. Parce que des horreurs, il en a vu. Il en a vu au coeur même de Chicago.
Ce qui le touche, c'est plutôt l'émotion qui étreint la jeune femme pendant qu'elle en parle. C'est le tremblement dans sa voix qui l'amène à se radoucir un peu. Parce que même s'il estime qu'elle lui raconte ça pour justifier son attitude et qu'il continue de ne pas cautionner ses propos, il constate qu'elle ne manque finalement pas d'humanité. Elle en a simplement trop vu et n'est pas capable, comme lui l'est de continuer à être touchée par ce qu'elle qualifie de "petits drames". Est-ce qu'il est en droite la juger pour ça ? Non. Bien sûr que non. Mais il aimerait malgré tout partager son point de vue avec elle.

Felicity ne tarde d'ailleurs pas à lui en laisser l'occasion, marquant un petit temps de pause après son récit pour le moins poignant. Lloyd prend une inspiration et, d'un ton plus posé que précédemment, saisi la balle au bond et partage son opinion sur la question.
« Je suis sincèrement désolé pour ces gens. Et pour vous, qui avez dû recueillir ces informations et voir des choses que la plupart des gens sont incapables de voir et d'affronter. Mais je ne peux pas vous laisser tenir des propos pareils sans réagir » lui dit-il, essayant de ne pas se laisser amadouer par son minois, alors qu'elle tente visiblement de se ressaisir après ses révélations. « Parce que pour moi, il n'a pas de degré de souffrances. Il n'a pas de comparaison possible entre deux interventions. Parce que tous ces gens sont uniques et ont chacun leur seuil de tolérance à la souffrance. Les gens n'endurent pas les mêmes choses de la même façon et j'entends leur souffrance avec la même attention. Peut-être que ça tient du fait que vous relater ces histoires alors que moi je vie ces moments de l'intérieur. »
« Je ne voulais pas manquer de respect pour ces familles, vous savez, Monsieur Hatfield. Mais vous l’aurez sans doute compris, ce n’est pas ce genre de drame que je raconte en général. »
Il acquiesce, appréciant qu'elle le formule à haute voix. Il passe une main dans ses cheveux blondins détrempés, les plaquant un peu mieux sur son crâne, avant de chasser quelques gouttes qui ont coulées sur son visage. Une douche lui ferait le plus grand bien... Mais pour l'heure, Lloyd est contraint de redonner sa pleine attention à Felicity qui s'exprime de nouveau.
« Je voulais devenir journaliste pour ouvrir les yeux à l’homme moyen et lui faire comprendre que le monde ne s’arrêtait pas au bout de son nez, qu’il y avait bien pire ailleurs et qu’on ne faisait rien… »
Il ne répond rien dans l'immédiat, mais sa langue le démange sérieusement. Elle a vraiment cru qu'elle parviendrait à changer les choses ? À changer, grâce à quelques articles, la nature même de l'homme ? C’est un projet trop ambitieux, utopique, irréalisable. Malheureusement... Le pompier essaie de réfléchir à une manière diplomatique de le lui dire. Même si ses propos et sont attitudes ne lui ont pas plu, il commence à réaliser qu'elle n'est sans doute pas si inhumaine que cela... Sans doute maladroite et désillusionnée. Il continue de penser qu'elle ne réagit pas de la bonne manière mais ignore comment tacher de lui faire comprendre son point de vue.
Et le temps que Lloyd pense à quelque chose de pertinent, la grande blonde est déjà passée à autre chose. Enfin elle est revenue à la femme qui continue de pleurer tout son soule et qu'un de ses collègues vient de couvrir d'une couverture de survie.

Lloyd jette un regard dans sa direction et pousse un soupir pour traduire tant sa lassitude que son impuissance.
« Pour être honnête, j'en ai pas la moindre idée. Notre travaille s'arrête là. C'est comme ça et on doit s'y faire. Elle va être conduite à l'hôpital par mes collègues secouristes et un service social quelconque tâchera de la prendre en charge. Mais peut-être qu'ils ne feront rien pour elle et qu'elle terminera à la rue. Ça arrive plus souvent qu'on ne le croit » lui fait-il savoir, plongeant son regard azuré dans le sien pour capter sa réaction face à ses propos. Elle a joué la provocation tout à l’heure et maintenant, c’est un peu à son tour. « C’est rare qu’on puisse avoir un suivi. Parfois on revoit les gens chez qui on est intervenu à la caserne. Ils viennent nous remercier, nous apportent des gâteaux, des dessins de leurs enfants, ce genre de truc. C'est génial quand ça se passe comme ça. Parfois, un coursier vient nous remettre un courrier qui nous informe qu'ils les personnes qu’on a voulu secourir ont porté plainte parce qu'ils nous tiennent pour responsables de leurs blessures, parce qu'ils auraient préférés y rester. Et d'autres fois encore on les retrouve en morceaux sous une rame ou sur le toit d'un building, prêt à sauter. J'ai déjà ramassé le corps de personne que je venais de sauver d'une mort certaine. Et pourtant j'habite en plein coeur de Chicago, aux Etats-Unis d'Amérique, Felicity. Vous voyez où je veux en venir ? » je lui demande, faisant référence à sa propre anecdote sur le suicide du dénommé Strika. « Le malheur n'a pas de frontière et la détresse ne se mesure pas. Pas selon moi en tout cas. Une personne en souffrance est une personne à soulager et écouter. Peu importe son histoire ou sa nationalité. Vous considérez cette intervention comme insipide ? Moi je la trouve miraculeuse parce qu'aucune famille n'aura à déplorer la mort d'un proche et aucun de mes collègues n'a été blessé. Et je trouve ce qui s'est passé triste... L'intérêt que les gens porteront à votre article dépendra de votre angle d'approche, non ? Vous avez parlé de Strika et de cette petite fille et sa mère : parlez donc de cette vieille dame et de tous les autres. Donnez leur une voix, une chance d'être entendus et d'obtenir de l'aide. »
Il ne pourra pas faire mieux. Si ses propos ne l'atteignent pas, Lloyd ne voit pas ce qu'il pourra faire de plus.
« Cap ! On va décoller ! » le hèle un de ses camarades.
Le pompier lui fait signe de patienter une seconde puis se retourne vers Felicity, appréhendant un peu sa réponse à son grand discours, un rien moralisateur…  



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MessageSujet: Re: First Impression ♦ Lloyd Jeu 29 Sep - 4:02

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Elle a conscience qu’il s’agit d’une méthode de protection plus ou moins efficace, comme lorsqu’elle prétendait que les poings de son petit-ami ne lui faisaient pas réellement mal. Comme lorsqu’elle prétendait que le fait que sa mère ne se souvienne plus de son nom ne lui donnait pas envie de pleurer. Elle s’était forgé une carapace plus ou moins efficace avec les années et elle n’était pas certaine que c’était une bonne chose. Elle savait juste qu’elle avait vu trop d’horreurs pour rester aussi sensible que jadis à la douleur des autres. Ce n’était pas nécessairement bien vu par les gens autour d’elle, elle savait qu’elle en faisait grimacer plus d’un dans les bureaux du Chicago Tribune. Sa méthode de travail était particulière, son manque de tact légendaire et elle voyait dans les yeux de son interlocuteur qu’il la prenait pour un de ces monstres sans cœur que l’on croise un peu trop souvent dans les parages. Elle resserra les pans de sa veste autour de sa silhouette, essayant tant bien que mal de se protéger des bourrasques de vent qui la font frissonner et qui lui rappellent que l’automne est à leur porte. Son regard balaya la scène une nouvelle fois, notant les pompiers qui s’affairaient derrière son interlocuteur qui était là, à lui parler plutôt que d’aider son équipe. Felicity se doutait que son patron lui avait envoyé afin de répondre aux questions qu’elle pourrait avoir sans pourtant savoir exactement ce qu’il lui voulait sinon lui faire la morale sur sa vision du monde distordu. Après tout, elle se demandait comment cela pourrait être différent avec l’éducation qu’elle avait reçue. Non qu’elle avait eu des mauvais parents, mais elle n’avait pas été élevée comme les autres gamines de son âge. Il suffisait de voir ce qu’était devenu son frère jumeau pour s’en rendre compte.

Le pompier devait il prend finalement la parole après son petit discours sur les histoires qu’elle avait pu raconter par le passé. Il lui dit qu’il ne peut la laisser prononcer de tel propos sans agir, qu’il ne peut pas la regarder minimiser la douleur de ces gens sans intervenir et la remettre sur le droit chemin. La sylphide se contenta de hocher délicatement la tête, ses boucles blondes s’agrippant à ses lèvres moites par la même occasion. Elle les éloigna d’un mouvement de main avant de reporter son attention sur lui. «Je peux comprendre. Comme vous devez comprendre que pour faire un métier comme le mien, il est parfois nécessaire de se forger une carapace pour ne pas se laisser submerger. Vous vivez ces histoires de l’intérieur, mais aucun d’entre eux ne vient s’asseoir devant vous pour vous parler en vous regardant dans les yeux pendant des heures.» La Blondinette finit par s’adosser à sa voiture, ses reins s’appuyant contre la portière alors qu’elle relève le menton pour mieux l’observer. «Vous êtes un soldat, Monsieur Hatflied, pas moi. Je n’ai jamais eu la prétention de croire que je pourrais en devenir un non plus. Par le fait même, je ne crois pas que nous voyons la souffrance humaine de la même façon.» Son ton est doux, presque enfantin, ayant perdu cette froideur professionnelle qui lui collait un peu trop à la peau ces derniers temps. Elle savait que ça avait un lien avec le fait qu’elle était obligée de rester au pays, que ça avait un lien avec les cauchemars qu’elle revivait sans cesse, que tout cela était lié et qu’elle refusait d’en accepter la source. Felicity se cachait derrière un masque, comme le faisaient des centaines de gens dans le monde, elle n’était pas une exception et avoir l’impression d’être comme les autres la réconfortait.

Malgré ses mots, la journaliste savait que sa vision de son travail était utopique, elle savait que ce n’était pas réalisable. Elle n’était pas idiote. Elle connaissait suffisamment bien l’homme pour savoir qu’il ne changerait pas pour quelques mots imprimés sur un bout de papier. Ce n’était pas faute d’essayer pour autant. Un soupir las s’échappa de sa poitrine, s’envolant dans l’air lourd et empesté de fumé qui lui piquait de plus en plus les yeux. Elle donnerait tout pour pouvoir s’éloigner de ce lieu, pour retrouver la sécurité de son appartement et la compagnie du chien qui lui sauterait au visage pour quémander des câlins. «Ne croyez pas que j’ignore que c’est réalisable, mais j’aimerais juste pouvoir changer la vision d’une personne, juste une, ce serait déjà suffisant.» Plus que suffisant. Son père lui disait toujours que changer une personne permettait à cette personne de faire la même chose avec une autre. C’était le début d’une chaîne. Bon, en même temps, son père croyait que la meilleure façon de plus se faire déranger par les colporteurs était d’accrocher des dents humaines à sa boîte aux lettres, donc elle doutait que ce soit l’exemple à suivre. Lloyd reprit la parole, lui disant que la dame finirait sans doute dans un organisme quelconque ou à la rue, chose qui n’était pas exceptionnelle dans un cas comme celui-là. Elle sentit son cœur s’enfoncer dans sa poitrine en un pincement  douloureux. Il enchaîna, parlant de ces gens qui les remerciaient comme de ceux qui finissaient par sauter devant le train, parlant de ces gens qui avaient besoin d’une voix pour être entendus, que cette voix pourrait être elle.

Elle pinça les lèvres, secoua légèrement la tête, les bras croisés sur sa poitrine. «Je suis bien consciente que ce genre de chose se passe aussi en Amérique, qu’on ne vit pas tous le rêve américain. C’est dommage pour ces gens, pour ceux qui croient en mourir est une solution envisageable, mais je ne crois pas que vous, ou quiconque aurait pu avoir une chance de les faire changer d’avis.» Elle jeta un coup d’œil à la vieille dame qui était guidé vers l’ambulance un peu plus loin, le secouriste lui murmurant des mots insipides à l’oreille qui n’avait aucun effet sur ses pleurs. «Que je leur donne une voix ou non n’aura pas grande importance. Ne le prenez pas mal. Il n’en reste pas moins que les gens lisent plus souvent la rubrique des sports que celle parlant réellement de la vraie vie. Ce n’est pas une plaisanterie, qu’on parle de Chicago ou de l’Équateur, personne n’y prête attention. Pas plus qu’ils ne le font avec les sans-abri qui leur demandent quelques pièces de monnaie devant le café du coin.»C’était la rude réalité d’une métropole, d’une société individualiste. Ça lui donnait la nausée. Ça lui donnait envie de prendre le prochain avion pour une destination inconnue et ne plus revenir ici. Ce n’était pas très patriotique, mais quand même. Elle grimaça un sourire en relevant les yeux vers lui. Elle ignora la voix venant de plus loin rappelant le pompier à eux. «Mais je le ferais. Non pour vos beaux yeux, mais parce que cette vieille femme mérite d’avoir une seconde chance. Je pourrai même glisser un mot ou deux au sujet de séduisant pompier blond dans l’article  si vous acceptez d’accompagner cette dame avec moi.» Oui, elle avait l’intention de se rendre à l’hôpital pour avoir un suivit quelconque, elle se fichait un peu que ce soit dans sa description de tâche ou pas.


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MessageSujet: Re: First Impression ♦ Lloyd Ven 30 Sep - 18:26

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Lloyd & Felicity

   
Se forger une carapace. Ne surtout pas se laisser submerger par ses émotions. Ce sont des termes qu'il a entendu maintes fois au cours de sa carrière de pompier. Le plupart du temps, mettre des barrières entre lui et la souffrance humaine dont il est témoin est en réalité plutôt simple. Il arrive à faire preuve d'empathie, à se mettre à la place de l'autre sans pour autant se laisser aller à essayer de vivre ce qu'il vit, sans se laisser envahir par les émotions de son interlocuteur. Et puis il y a ces journées où, pour une raison qui lui échappe totalement, Lloyd se sent tout à coup concerné. Trop concerné. Est-ce que c'est un trop plein, est-ce que c'est à mettre sur le compte de la fatigue ? Aucune idée. Mais parfois, le pompier ne parvient plus à gérer et doit prendre du recule. Soit il s'éloigne tout simplement en passant le relai à un collègue, soit il a la force de terminer sa garde mais demande des jours de congés, le temps de se ressourcer. Combien de fois a-t-il fondu en larmes après une intervention ? Combien de fois s'est-il isolé pour consoler un de ses camarades ayant atteint ses limites ? Ça arrive plus souvent que la population le pense... Ils ne doivent rien laisser paraître, doivent s'en cacher mais ils ne sont pas des surhommes... Juste des types qui se mettent corps et âme au service des autres.
Le jeune père ne sait rien du travail de Felicity. Il ne peut pas vraiment comparer ses expériences avec les siennes. Est-ce que soutenir un type qu'on vient soi-même d'amputer d'une jambe et l'entendre hurler est moins terrible que de l'entendre raconter ce que ce geste a eu comme conséquences sur son existence ? Lloyd n'en fait rien. Son interlocutrice a l'air de penser que oui en tout cas. Il trouve ça un peu présomptueux de sa part mais commence à la cerner et décide de ne pas s'en formaliser.
Comme elle le lui fait remarquer juste après : il est un soldat, formé pour ces choses et à droit à des aides. Son métier est difficile, la charge émotionnelle particulièrement intense à supporter... Mais la journaliste, de son côté, est-elle soutenue après un reportage particulièrement éprouvant émotionnellement ? S'attendait-elle à couvrir ce genre d'histoires ? À assister à des scènes de guerre ? Peut-être. Peut-être pas. Qu'est-ce qu'il en sait ?
Il se contente de soutenir son regard quand, d'un ton également radouci, négligemment appuyée sur sa voiture, elle lui confirme qu'ils ne vivent pas les choses de la même manière.

Ils continuent pourtant de débattre plus ou moins sur la question. Lloyd tente de lui faire réaliser que, à son grand regret, le malheur est partout. Il touche tout le monde, partout, n'épargnant ni les riches, ni les pauvres. Il frappe sans distinction, au hasard, que vous viviez dans un village au coeur de l'Afrique ou soyez un citoyen américain soit disant pure souche. Felicity lui semble piquée au vif et lui fait très vite savoir qu'elle en est pleinement conscience.
Son regard clair se porte ensuite du côté de l'ambulance qui va entraîner la vieille dame à l'hôpital le plus proche, afin de s'assurer qu'elle va pour le mieux physiquement.
« Que je leur donne une voix ou non n’aura pas grande importance. Ne le prenez pas mal. Il n’en reste pas moins que les gens lisent plus souvent la rubrique des sports que celle parlant réellement de la vraie vie. »
Il ne peut qu'acquiescer.  Lloyd sait que les pages sports, l'actualité des people intéressent bien plus les gens que le sort d'une pauvre veuve qui vient de perdre tout ce qu'elle possédait... Mais est-ce que c'est une raison pour les oublier ? Est-ce que cet une raison pour se passer de relater leur histoire ? Non. Pas pour lui. S'il s'y met alors comment exiger des autres qu'ils se penchent sur ce genre de sujets ? S'il renonçait, il les trahirait lui aussi et Lloyd ne peut pas s'y résoudre. Et il ne comprend pas que la journaliste ne voit pas les choses comme lui en fait… Elle veut faire changer les choses mais elle se comporte comme les personnes qu’elle dénonce.
« Mais justement ! Est-ce qu’en ne leur servant que du sensationnalisme, vous n’entretenez pas cette spirale ? Plus vous les choquerez, moins ils le seront. Bientôt, un attentat à la bombe deviendra un simple fait divers pour eux et ne les intéressera même plus. Vous leur mâchez encore le travail… Enfin j’me comprends » soupire-t-il en haussant une épaule, conscient de ne plus avoir beaucoup de temps à consacrer à la jeune femme et donc pas celui de poursuivre son débat avec elle. Ce que Lloyd regrette un peu, il doit bien l’admettre.
D’autant que Felicity n’a pas l’air tout à fait hermétique à son discours et se propose même de suivre ses conseils en interviewant la femme qui a tant perdu dans l’incendie. Un sourire ne tarde pas à éclore sur son visage, qu’il tâche de ravaler lorsqu’elle lui fait savoir qu’elle ne compte pas le faire pour ses beaux yeux…

Cependant, la suite le fait un peu déchanter. A condition qu’il l’accompagne ? Ca va être plutôt compliqué.
« C’est à dire que je ne peux pas vraiment me permettre de déserter mon poste » lui fait-il savoir, frissonnant alors qu’un coup de vent vient balayer son visage détrempé. « Ma garde ne se termine que demain, à l’aube. » Il sent bien qu’elle va l’accuser de se dégonfler ou d’être un hypocrite. Et avant qu’elle ait pu le contrarier en formulant tout cela, le pompier reprend la parole. « Mais si vous pouvez faire preuve d’un minimum de patience et que votre éditeur vous autorise à le faire, je veux bien vous accompagner à ce moment-là. Et je vous offrirai un petit scoop au sujet du... Comment vous avez dit déjà ? Séduisant pompier blond ? » ironise Lloyd, son sourire lui montant jusqu'aux yeux.
Il pourrait toujours se reposer plus tard dans la journée et profiter de sa fille. Ce ne serait pas la première fois qu’il se verrait contraint d’enchainer une garde de vingt-quatre heures de service avec une journée lambda.
« Vous êtes partante ? »
« Cap ! Ramène ton p’tit cul blanc ici ! On doit bouger »
« J’arrive ! » s’agace-t-il, jetant un coup d’œil à son collègue qui s’impatiente. « Il me faut une réponse tout de suite Felicity » la relance le grand blond, sa main tendue vers elle, l’expression interrogatrice.
Il espère sincèrement qu’elle sera en mesure d’accepter. D’abord pour venir en aide à la femme qu’il a secouru aujourd’hui, ensuite pour continuer leur débat et…finalement… Parce qu’elle a ce petit quelque chose qui l’a immédiatement intrigué et qu’il veut la revoir. Tout bêtement.  





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Dernière édition par Lloyd Hatfield le Dim 23 Oct - 16:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: First Impression ♦ Lloyd Lun 3 Oct - 4:30

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Elle avait longtemps été en mesure de faire comme si le monde extérieur de la touchait pas, comme si elle n’avait pas envie d’être à la place de ces petites filles avec des parents normaux, d’être à la place de ces adolescentes que leur frère ne rêvait pas d’assassiner dans leur sommeil pour leur propre plaisir, elle avait voulu être de ces jeunes femmes qui n’avaient pas peur des coups violents de son petit ami. Mais elle n’était rien de tout cela et elle avait su s’en sortir la tête haute. Pour cela, elle avait construit des murs autour d’elle, hauts et épais, tellement solides qu’elle se demandait si elle pourrait un jour les abattre si elle le voulait. Pas facilement, c’était certain. Il lui faudrait une patience infinie pour en venir à bout et elle n’était pas certaine de vouloir laisser qui que ce soit pénétrer dans cette forteresse blindée qu’elle s’était construite. Bien évidemment, pour la construire, elle avait passé outre les sentiments des autres, pour faire son métier, elle avait ignoré la douleur qu’elle pouvait trop souvent lire dans les yeux de ces gens qu’elle croisait. Elle avait vu ces gens perdre leurs libertés, leurs maisons, leurs vies, leurs enfants pour une cause plus grande qu’eux, elle avait vu la colère épouser la résignation dans tellement de circonstances qu’elle ne bronchait plus lorsqu’elle entendait des histoires d’une tristesse absolue. Parce qu’elle n’avait pas le droit de pleurer. Par quand ces gens vivaient pires qu’elle. Elle n’avait pas le droit de sombrer dans la déprime alors qu’ils continuaient à avancer la tête haute. Oui, il y avait ces gens, comme Strika, qui ne s’en sortait pas, mais non par choix, plutôt par fatalité et elle le comprenait aussi. Les mots que prononce le pompier sur le fait que le sensationnalisme n’arrangeait rien à la chose n’étaient pas faux, mais avant qu’elle n’ait le temps d’ouvrir la bouche, une voix se fit entendre derrière le blondinet, plus pressante et impatiente que jamais. Elle résista à l’envie de relever les yeux au ciel, la voix lui rappelant son éditeur toujours trop agressif dans ses propos. Felicity enfonça sa main dans sa poche pour attraper ses clés, certaine qu’il allait disparaître sans un mot de plus et qu’elle n’aurait d’autre choix que de retourner chez elle. Mais il se retourna vers elle, tendant la main dans sa direction. «Je passerai vous prendre, Lloyd.» Lança-t-elle dans le boucan ambiant avant de lui tendre une carte d’affaires. En moins de deux minutes, il était hors de sa vue et elle s’enfonçait dans la circulation.

Elle ignorait pourquoi exactement, mais le pompier qu’elle avait rencontré ne quitta pas vraiment son esprit de la soirée. Une soirée longue et pénible qu’elle passa devant son ordinateur, une tasse de thé fumante à porter de main, à écrire et effacé sans cesse la même histoire. Elle trouvait cela suffisamment difficile décrire sur des sujets qui ne la touchaient pas réellement, sur des histoires différentes de celles qu’elle écrivait en général, au point qu’elle ignorait quel angle adopté. Ici, il n’y avait pas de méchants, juste une fatalité. Il n’y avait pas d’état en guerre, de gouvernement sans pitié, de talibans ou de terroristes, il y avait juste une maison en flamme, un incident tragique et des familles à la rue. Elle avait regagné son lit sans écrire un seul mot, découragé et lessivé, sachant que la rencontre avec l’homme n’arrangerait probablement rien à tout cela, mais pouvoir faire quelque chose pour la vieille dame qui avait tout perdu dans les flammes était une consolation qui mettait un peu de baume à son cœur inquiet. Elle ignorait encore comment s’y prendre, elle ne savait pas exactement comment elle pourrait l’aider. Rien ne lui garantissait non plus que la dame la laisse faire. Elle ne voudrait peut-être pas l’aide d’une journaliste, de la fille d’un motard, mais c’était exactement ça qui lui permettrait d’aider cette femme. Et doucement, alors qu’elle s’enfonçait dans l’inconscience, un plan germait dans son esprit fatigué.

Felicity se réveilla à l’aube, aussi fatiguée que si elle n’avait jamais dormi, mais elle allait faire avec. Il lui fallut que quelques minutes pour entreprendre sa routine matinale avant de repartir sur les routes bondes de Chicago. Un quart d’heure plus tard, elle se trouvait devant la caserne de pompier, des cafés à porter de main et des croissants chauds dans un sac de papier à l’effigie du café du coin. Elle espérait maintenant que le pompier se pointe et qu’elle ne se soit pas cassé la tête toute la nuit pour rien. La journaliste ne croyait pas que son plan bancal pourrait fonctionner sans son aide. Si elle était honnête avec elle-même, elle doutait même qu’il s’agisse réellement d’un plan. Elle gara sa voiture le long du trottoir et s’avança vers la caserne, ses talons claquant sur la chaussée. Malgré la présence de ces chaussures qui n’avaient rien de confortable, la tenue qu’elle abordait aujourd’hui était moins formelle que celle de la vieille, loin du tailleur hors prix que faisaient sourire les gens dans la rue quand elle le croisait. Non de ces sourires bienveillants, mais de ceux remplis de jugement qu’on servait aux gosses de riches. Elle n’avait pas fait trois pas dans la caserne qu’elle croisa l’homme qu’elle venait voir, avec un sourire, elle lui tendit un café dans un gobelet de carton ciré, arquant doucement un sourcil. «Bon matin. J’espère pour vous que la nuit a été un peu plus tranquille. Je ne suis pas là trop tôt, j’espère.» Elle tâcha d’ignorer les regards qui se posaient un peu trop sur elle, sans doute faisait-elle un peu tache dans un milieu comme celui-ci, mais elle ne s’en souciait guère. Elle faisait aussi tache dans le milieu des motards et pourtant elle y avait passé sa vie. «J’ai téléphoné à l’hôpital. La dame y est toujours, sous calmant. J’ai peut-être un plan qui pourrait marcher, mais nous devons faire vite, ils ne pourront pas la garder très longtemps, vous savez ce que c’est.» Elle laissa naître sur son visage un sourire un peu plus espiègle malgré les circonstances. C’était drôle de comment la fatigue rendait Lloyd adorablement attirant, si tôt le matin. C’était peut-être l’une des causes du manque de caféine dans son sang…



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MessageSujet: Re: First Impression ♦ Lloyd Mar 4 Oct - 19:08

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Lloyd & Felicity

   
Lloyd ne peut retenir son sourire lorsqu'elle lui signale qu'elle passera le prendre à la caserne. En même temps, elle lui tend une carte de visite sur laquelle il s'attarde une seconde, répétant mentalement son nom complet pour en savourer la musique. Felicity Blackwells. Il dispose à présent de son numéro professionnel. C'est mieux que rien... Mais il aurait bien aimé qu'elle griffonne son numéro de portable perso au dos de la carte. Et pourquoi pas un petit mot doux aussi, tant que tu y es, imbécile heureux ? Bon OK, peut-être qu'il en demande un peu trop, étant données les circonstances. Après tout, si elle veut le voir de nouveau, ce n'est pas pour flirter et faire plus ample connaissance, mais parce qu'elle l'a défié de l'aider avec son article et qu'il a accepté de le faire. Sans doute espérait-elle le voir se dégonfler et prouver que tout son beau discours n'était que ça... Peut-être même que la journaliste le méprise totalement en réalité. Mais quelque chose lui dit que ce n'est pas le cas.

« Parfait. » acquiesce le pompier en lui adressant un dernier sourire, s'éloignant à reculons sur quelques pas pour s'imprégner de la silhouette de la jeune femme et imprimer ses traits dans son esprit. Lloyd finit par se détourner pour rejoindre le camion des secours en trottinant. Il grimpe dedans et se laisse tomber sur son strapontin au moment où le véhicule s'élance, toute sirènes hurlantes. « Alors ? T'as réussi à la convaincre d'écrire ton autobiographie ? » cherche à se moquer Elvis. « Biographie. » « Hein ? » « Si elle écrit sur ma vie, ce sera une biographie, pas une autobiographie, Einstein » le corrige le pompier en passant une énième fois sa main dans ses cheveux blondins détrempés. « Ouais, peu importe. Ça restera qu'un ramassis de conneries. Tu vas la pécho alors ? » Lloyd se contente de répondre par un sourire énigmatique qui provoque l'excitation de ses camarades pompiers.

Et bien entendu, ils ne s'arrêtent pas là. Ils le taquinent toute la soirée et toute la nuit avec cette histoire. Les blagues salaces fusent, les moqueries bonnes enfants s'enchaînent et lorsque Lloyd termine son service et ouvre son casier, il y découvre une petite dizaine de préservatifs. Le jeune homme pousse un soupir faussement désabusé, un sourire trahissant cependant sa fatigue aux lèvres. Il récupère de quoi prendre sa douche et se dirige vers la salle d'eau, se demandant si Felicity va belle et bien tenir son engagement et venir le chercher à l'aube, comme elle le lui a dit. Acceptera-t-elle d'aller boire un café avec lui avant qu'ils ne se mettent au travail ? Un café lui ferait le plus grand bien mais, la vérité, c'est qu'il a très envie de passer un petit moment en tête à tête avec la grande blonde... Durant les rares moments où il a pu se poser durant sa garde, il n'a fait que penser à elle. Elle et ses grands yeux de poupées, son teint de pêche, son sourire empreint de mutinerie... Avec tout ça, il en oublierait presque la mauvaise impression qu'elle lui a faite au premier abord. Il faut dire que son apparente froideur a rapidement été décrédibilisée par l'éclat de son regard lorsqu'elle a évoqué l'histoire de ses deux protégés.

Requinqué par sa douche, Lloyd va s'habiller puis s'attarde devant l'un des miroirs pour contrôler son apparence. Ses dents sont brossées, des cheveux plus ou moins domptés, mais il ne peut pas faire grand chose de plus. Il tique en croisant son regard un peu éteint par l'accumulation de fatigue mais se fait une raison et retourne récupérer ses affaires pour aller attendre la journaliste. Évidemment, il a droit à un comité d'accueil et se rend rapidement compte que sa petite aventure a été racontée à la relève. « Allez-y, faites-vous plaisir » sourit-il tranquillement pendant qu'ils se lancent dans un jeu de rôle stupide. Le pompier sait bien qu'il doit en passer par-là et ça ne le dérange pas tant que ça. Il est le premier à s'adonner à ce genre de pratique pour taquiner des collègues et accepte donc d'être la cible de leurs bêtises. Et puis franchement, le jeu en vaut la chandelle ! Sans compter qu'au fond, ils sont simplement tous jaloux. Il le sait et ils le savent. Mais personne ne formulera ça à haute voix.
« C’est bon, vous avez terminé ? » leur lance le pompier après quelques instants.
Conscients qu’il n’est pas trop atteint par leurs moqueries, ses camarades se lassent. Les derniers à avoir partagés sa garde s’éclipsent et, après avoir terminé de saluer la relève, Lloyd leur emboite le pas. Alors qu’il vient de sortir du mess pour rejoindre le couloir de l’entrée, son sac reposant négligemment sur son épaule, il aperçoit la journaliste. Les battements de son cœur s’accélèrent un peu alors qu’il la détaille de haut en bas, essayant d’afficher un air parfaitement neutre. Ceci dit, à la vue des regards que ses collègues jettent sur la jeune femme, il ne dénoterait pas trop en la matant ouvertement…
« Bon matin. J’espère pour vous que la nuit a été un peu plus tranquille. Je ne suis pas là trop tôt, j’espère. »
« Non, c’est parfait. Merci » lui répond-t-il en attrapant le gobelet qu’elle lui tend. A l’odeur, il devine qu’il s’agit de café. Apparemment, elle a millimétré leur rencontre et n’as pas envie de perdre du temps… Ou alors elle a voulu se montrer aimable ? L’un dans l’autre, ça le prive du petit déjeuner en tête à tête auquel il aspirait et ça le chagrine un peu.
Lloyd tente vite de se consoler en se disant qu’au moins, elle est venue. Même si c’est uniquement pour des raisons professionnelles. D’ailleurs, elle ne tarde pas à aborder le sujet.
« Oui, bien sûr. Allons-y alors » l’incite Lloyd en lui présentant la sortie de son bras, essayant de s’interposer entre elle et ses collègues qui sont encore en train de le provoquer. L’un d’eux fait aller et venir sa langue contre sa joue pendant que son poing fait des allers retours vers sa bouche, dans un geste très équivoque… « Faites pas attention à eux. Ils sont puérils mais pas méchants » lui glisse le pompier alors qu’il sorte de la caserne. En tout cas, ils le sont beaucoup moins avec la gente féminine que dans une autre caserne que Lloyd a rapidement quittée… Mais la misogynie des sapeurs pompiers n’est pas un débat qu’il veut ouvrir avec elle maintenant.

Il repère sa voiture, garée devant son lieu de travail et s’y dirige aux côtés de la jeune femme.
« J’dois avouer que j’pensais que vous alliez me poser un lapin et boucler votre article comme vous l’entendiez dans la soirée. J’ai un peu cherché à lire votre travail entre deux interventions et, le moins que l’on puisse dire, c’est que vous avez une plume…disons incisive » lui sourit le jeune homme en partant son café à ses lèvres, grimaçant en réalisant qu’elle le lui a servi noir. Il n’a jamais été très fan du breuvage et ne le consomme qu’avec de la crème et du sucre. Essayant de ravaler son dégoût et de le lui dissimuler, il reprend la parole : « Et je vois ce que vous vouliez dire, par rapport à vos articles habituels. Vous avez couvert des sujets plutôt sombres… »
Il adopte une expression plus sérieuse de circonstances et la laisse déverrouiller sa portière pour lui permettre de s’installer sur le siège passager. Il dépose son sac dans ses jambes et s’installe, jetant un œil sur l’intérieur.
« Vous avez déjà entendu dire que l’intérieur d’une bagnole résume la façon dont une personne se considère ? » la questionne-t-il pendant qu’elle glisse ses longues jambes sous le volant.
Pendant qu’elle lui répond, il avale une nouvelle gorgée de son café. Il ne l’apprécie pas mais il a besoin d’un coup de fouet…
« Faites-moi donc part de ce plan brillant, Mademoiselle Blackwells. A moins que ce soit Madame ? » se renseigne-t-il, l’air de rien, commençant à tripoter son autoradio, par habitude… « J’peux aussi vous dire qui vous êtes selon ce que vous écoutez » enchaine-t-il, lui coupant l’herbe sous le pied alors qu'elle s'apprête à lui exposer son idée. « En tout cas, j’peux vous dire si vous avez bon goût ou pas. Selon mes propres critère bien sûr. »  



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MessageSujet: Re: First Impression ♦ Lloyd Mer 5 Oct - 3:21

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Jamais elle n’aurait cru qu’il avait eu dans l’idée de l’invité au restaurant aussi tôt le matin, jamais elle n’aurait pu croire qu’elle pouvait l’intéresser comme ça après la première impression qu’elle lui avait fait la vieille avec son air froid et blasé. C’était parce qu’elle croyait qu’il trouverait pénible d’être en sa compagnie qu’elle lui avait épargné toute cette mise en scène avec ses croissants et ses cafés portant l’insigne de Starbucks sur les gobelets de carton blanc. Son père disait toujours qu’un homme ne pouvait fonctionner avant d’avoir pris son petit déjeuner, elle ignorait exactement comme cela s’appliquait quand l’homme en question avait passé sa nuit à attendre qu’une sirène stridente lui vrille les tympans. Elle espérait simplement qu’il n’essaie pas de la convaincre d’aller manger un steak saignant avec lui aussi tôt le matin. Déjà peu fanatique de la chair animale, à six heures du matin, elle risquait d’avoir des hauts le cœur. La première chose qui la frappa lorsqu’elle mit les pieds dans la caserne était les regards inquisiteurs des hommes qui s’y trouvaient. On la déshabillait littéralement du regard. Ça fit naître un petit sourire sur ses lèvres vermeilles. Felicity ne faisait pas partie de ces gamines qui s’offusquent chaque fois qu’un homme pose le regard sur elle, elle en a l’habitude. Ayant grandi au milieu des motards, dans un monde d’hommes, elle avait subi ses regards longtemps, dès l’époque où ses premières formes s’étaient formées. Elle avait alors cessé d’être une petite fille pour devenir une femme, malgré son visage encore poupin et le fait qu’elle ne savait pas encore appliquer du mascara correctement. Par moment, elle avait l’impression de grandir dans l’un de ces livres moyenâgeux sur des gamines mariées trop jeunes à des princes en guise de symbole de paix ou dans ces pays où on était considérée comme une femme à quatorze ans, âge où on mariait sa fille sans un regard en arrière, sans lui téléphoner ou passer la voir. Comment lui avait-on dit ça déjà? Que les filles appartenaient aux familles de leurs époux? Heureusement pour elle, elle avait une place particulière dans ce monde d’hommes. Personne n’oserait la toucher, parce qu’elle était la fille d’un membre, parce qu’elle était la petite princesse délicate qu’on devait protéger. Personne ne lui ferait de mal. Elle l’avait cru, naïvement, avant que Ruben n’entre dans sa vie.

Elle réprima un frisson d’angoisse, soudainement moins à l’aise avec les regards qui pesaient sur elle alors que Lloyd s’approchait d’elle, un air neutre sur le visage. Elle lui en était reconnaissante. Reconnaissante et vexée. De tous ceux présents dans cette pièce, c’était son attention à lui qu’elle désirait attirée et c’était raté. Elle ignorait exactement pourquoi. Était-ce à cause de leur rencontre d’hier? Des vêtements peu révélateurs qu’elle portait? De la tresse qui battait son dos à chaque pas? Elle se maudit intérieurement, sachant qu’elle n’aurait pas dû adopter le look Lara Croft aujourd’hui. Tant pis. «Ils représentent bien le cliché du pompier macho, dans tous les cas.» Elle arqua un sourcil devant le geste suggestif de l’homme qui se trouvait à sa droite, une moue de dédain sur ses traits angéliques alors que ses doigts se crispaient un peu plus contre le carton de son propre gobelet. «Tout à fait charmant. J’ai vu des chimpanzés plus civilisés. Ça fonctionne ce genre d’avance chez les filles?» Elle en doutait fortement et à la vu du visage rougissant du pompier qui cessa son geste, elle ne conclut qu’elle n’avait pas tord. Elle lui offrit un sourire qui le fit davantage rougir avant de suivre Lloyd vers l’extérieur, ses talons claquant sèchement contre le parquet. Il y avait une époque pas si lointaine où elle aurait eu le droit à une raclé pour ça, simplement pour avoir attiré l’attention d’un homme sur elle, sans rien avoir faire de mal. À ce souvenir, elle glissa une main sur sa nuque, à l’endroit où Ruben avait pris un malin plaisir à la brûlé avec le bout de son cigare, laissant quelques cicatrices circulaires à la racine de ses cheveux. Lloyd ne la laissa pas s’enfoncer plus profondément dans ses pensées, il prit la parole, lui disant qu’il croyait qu’elle lui poserait un lapin. Elle lui sourit, amusée de cette idée. «J’ai beaucoup de défauts, je le reconnais, mais je tiens mes promesses, Monsieur Hartfield. » Elle déverrouilla les portières de sa voiture, notant la grimace cachée de Lloyd en prenant une gorgée de café. Incisive? Elle inclina doucement la tête sur le côté. «Incisive? Est-ce un compliment où je devrais me sentir offusquée?» Elle ne serait pas offusquée pour si peu. Elle se fichait généralement de ce que les gens pouvaient penser de sa plume, de son style. Elle ne le faisait pas pour eux, de toute façon.

Elle se glissa à son tour dans l’habitacle de la voiture, derrière le volant, avant de tourner la tête vers le blondinet qui reprenait une gorgée de café. Cette fois-ci elle dut se mordre la lèvre pour ne pas éclater de rire. « J’ignorais que les pompiers avaient les papilles gustatives aussi sensibles. Si vous voulez, il y a du sucre et du lait dans là, avec des croissants, je me suis dit que vous auriez faim.» Elle désigna le sac d’un mouvement de menton tout en bouclant sa ceinture de sécurité. Elle pouvait bien rire, son propre café était en réalité une de ces boissons chaudes caloriques au lait de soja arrosé d’une épaisse couche de caramel. «Disons que je n’ai pas voyagé dans les coins les plus paisibles de la planète. C’était ce que je  voulais faire, parler de la réalité d’ailleurs, celles trop lointaines et déformées par les médias d’aujourd’hui. Vous seriez étonné de connaître l’opinion publique sur les réfugiés de guerre que l’on accueille ici, principalement dû aux médias qui ne prennent pas le temps de s’informer correctement. Bref, il y a eu un souci en Afghanistan et j’ai été mandaté aux articles sur les incendies et le problème des chats errants.» il s’en fichait sans doute, mais au moins ça meublait le silence, c’était venu comme ça aussi facilement que si elle avait parlé de la pluie et du beau temps. Son travail était un terrain glissant, elle le savait, mais c’était aussi quelque chose de rassurant sans qu’elle ne sache exactement comment l’expliquer. «Et que dit l’intérieur de ma voiture, exactement?» Qu’elle était psychorigide, probablement. Il n’y avait pas de papier de bonbon traînant sur le sol, pas de vestige de repas sur la banquette arrière et pas de déodorant en forme ringarde accroché au rétroviseur. Il y avait une couverture sur la banquette arrière, couverte de poils de chien, qu’elle n’avait pas encore retirés, par manque de temps ou par paresse. Elle allait ouvrir la bouche pour exposer son plan quand elle fut interrompue de nouveau alors qu’il jouait avec le bouton de la radio qui, à peine actionné, fit entendre un des classiques des Beatles. «Mademoiselle, je ne suis pas mariée et je n’ai pas non plus l’âge vénérable de quatre-vingts ans. Mes parents m’ont appris à apprécier les classiques, vous voyez?» Elle sourit avant de démarrer la voiture, se faufilant dans le trafic matinal avec douceur, ce n’est que lorsqu’elle passa le premier feu rouge qu’elle consentit à parler de son ébauche de plan. «Ma mère était assistante sociale. Ça date un peu, mais elle a encore des contacts, enfin, plus ou moins. Je me suis débrouillé pour dégotter un appartement dans l’un de ces centres pour personnes dans le besoin. C’est petit et pas très chic, mais au moins, cette dame ne sera pas dans la rue. On va juste devoir la convaincre que c’est la solution idéale pour elle.» Elle lui jeta un coup d’œil en coin en pinçant les lèvres, sachant que la suite serait le plus difficile. «Elle ne veut pas d’aide, Lloyd. Elle la clairement dit à son médecin. » Devant le regard inquisiteur du pompier, elle haussa les épaules, les deux mains sur le volant, sachant que les médecins n’auraient pas fourni cette information à qui que ce soit en dehors de la famille. «J’ai prétendu être sa nièce. Je sais que c’est mal, mais c’était l’unique façon de savoir comment elle allait… Si vous ne hurlez pas, je vous offre le petit-déjeuner, un vrai, cette fois…»




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MessageSujet: Re: First Impression ♦ Lloyd Sam 8 Oct - 9:37

first impression

Lloyd & Felicity

   
Il est plutôt satisfait de constater que la jeune femme ne prend pas trop la mouche en voyant faire ses collègues. S’il a l’habitude des blagues potaches et des gestes obscènes, il a tendance à oublier que ce n’est pas le cas de la majorité des gens. Surtout des femmes qui sont malheureusement le plus souvent la cible des plaisanteries salaces et totalement puériles de ses collègues. Il les connaît suffisamment pour savoir qu’ils sont inoffensifs et préféreraient s’immoler plutôt que de faire le moindre mal à qui que ce soit, mais Felicity et les autres membres de la gente féminine ne le savent pas. Heureusement donc, elle ne s’offusque pas trop et se contente de remettre son collègue à sa place, sans davantage s’appesantir sur le sujet. Elle doit avoir entendu son lot de remarques de ce genre au cours de son existence. C’est malheureusement le cas de beaucoup de jeunes femmes… Et c’est d’autant plus vrai quand elles sont jolies. Et même si elle peut paraître froide, voire hautaine au premier abord : la journaliste est assurément jolie.
Et ce matin, avec ses longs cheveux négligemment tressés et son allure plus décontractée que la veille, Lloyd la trouve d’autant plus attirante. Ce qu’il tente de garder pour lui, en évitant donc de trop laisser son regard se promener sur le visage ou les formes de la jeune femme. Elle a l’air d’être là pour des raisons purement professionnelles et il ne veut pas créer de malaise en commençant à la dévorer du regard… Il ne veut surtout pas qu’elle le remette à sa place ce matin. Son niveau de susceptibilité déjà plutôt élevé a la fâcheuse tendance à prendre encore en ampleur lorsqu’il est fatigué et, après une garde de vingt-quatre heures… Disons qu’il risque fort d’être à fleur de peau.
Et elle aussi semple plutôt du genre irritable et susceptible de bon matin… « Incisive? Est-ce un compliment où je devrais me sentir offusquée ? »
« C’est un compliment » confirme-t-il en se fendant d’un petit sourire amusé. Le fait qu’elle paraisse porter un petit intérêt à ce qu’il pense de son travail lui plait. Enfin peut-être que ce n’est pas le souci… Mais le pompier a envie de croire que c’est le cas. Il espère qu’elle est flattée qu’il se soit renseigné sur son compte durant la nuit… « J’veux dire que vous frappez pile poil là où ça fait mal, vous en vous embarrassez pas des fioritures habituelles et allez droit au but. C’est un peu cru et ça doit provoquer des ulcères à deux ou trois personnes qui le méritent, mais le message passe. En tout cas, si votre objectif en rédigeant vos articles est de créer une réaction chez vos lecteurs : il est certainement atteint » continue de lui sourire le jeune homme en prenant place dans l’auto. « Par moments ça a un peu  manqué de gris à mon goût, vos avis sont généralement bien tranché, mais j’y ai quand même trouvé mon compte. Et puis comme l’a dit je ne sais plus quel gangster : on obtient plus avec un s’il vous plait et un flingue qu’avec un s’il vous plait tout court » conclut le pompier en espérant qu’elle comprenne son idée et qu’il n’ait pas dit quelque chose de vexant. Parce qu’il a réellement été agréablement surpris par la qualité de sa plume.

Mais s’il se fait à la pique qu’elle lui envoie juste derrière, quelque chose dit à Lloyd que, si, il l’a vexée… Heureusement qu’elle ajoute qu’il peut se servir en lait, sucre et croissant juste après, sinon il se serait simplement vexé. Il se contente de se retourner pour attraper le sachet contenant les promesses sucrées de la conductrice, avant de reprendre la parole, comme si de rien était. Même s’il est un peu frustré de ne pas avoir fait suffisamment preuve de discrétion, il continue de s’intéresser à la jeune femme.
Elle répond d’ailleurs sans le vouloir à une des questions qu’il s’est mis à se poser à la suite de ses lectures nocturnes. Pourquoi a-t-elle arrêté de couvrir le genre d’affaires pour lesquelles elle semble faite ? Et qu’elle lui a très nettement fait savoir préférer couvrir la veille… Il s’est demandé s’il n’y avait pas eu un homme dans cette histoire, ou une femme. Il s’est demandé si elle avait atteint sa limite, n’avait tout à coup pu été capable d’en supporter davantage ou si quelque chose de particulier était arrivé.
Son petit égo froissé lui paraît tout à coup bien dérisoire et il fronce les sourcils, accordant toute son attention à la journaliste qui manœuvre pour les éloigner de la caserne.
« J’suis désolé d’entendre ça » lui répond-t-il, parfaitement sincère. « Ca ne doit pas être simple. J’sais pas c’que j’ferai si on me collait tout à coup derrière un bureau… »
Et c’est vrai. Au cours de sa carrière, il a malheureusement côtoyé pas mal de pompiers qui ont du renoncer pour une raison ou l’autre à leur carrière. Un bon quart de ces hommes et femmes ont mis fin à leurs jours, ne supportant pas leur nouvelle vie. Lloyd ne les a jamais blâmé pour ça. Il s’est souvent demandé s’il ferait partie de ce quart s’il devait raccrocher son uniforme pour de bon…
Et parce qu’il connaît la réponse à cette question et qu’elle le culpabilise par rapport à Merrin et sa mère, le jeune homme préfère enchainer et changer complètement de sujet. Tant pis pour Felicity, si elle espérait qu’il se montre plus curieux par rapport à son histoire en Afghanistan. De toute manière, s’il passe la matinée en sa compagnie, il aura tout le temps de revenir sur le sujet quand il se sentira un peu plus éveillé et plus à même d’encaisser certaines choses.  

« Et que dit l’intérieur de ma voiture, exactement ? » lui demande la jeune femme, entrant dans son jeu.
« Que vous faites attention à votre image. Ou bien que vous avez cherchez à m’impressionner en passant votre soirée à mettre de l’ordre ici » lui sourit-il, avant de désigner la banquette arrière et sa couverture pleine de poils. « Et aussi que vous êtes une amie des bêtes. Ce qui nous fait au moins un point commun. Chien ? Chat ? »  
Là-dessus, il sucre son café et commence à jouer avec l’autoradio, à la recherche de quelque chose de sympa à écouter. Et il tombe directement sur l’album rouge des Beatles. Son sourire s’élargit alors qu’il verse un peu de lait en acquiescent aux remarques de la jeune femme. Mademoiselle, c’est noté. Et elle n’est pas mariée…ça aussi c’est enregistré, plutôt deux fois qu’une. Se retenant d’accompagner McCartney, il écoute le plan de Felicity, revenant à la dure réalité de leur entrevue, purement professionnelle.
« Ma mère était assistante sociale. Ça date un peu, mais elle a encore des contacts, enfin, plus ou moins. Je me suis débrouillé pour dégotter un appartement dans l’un de ces centres pour personnes dans le besoin. C’est petit et pas très chic, mais au moins, cette dame ne sera pas dans la rue. On va juste devoir la convaincre que c’est la solution idéale pour elle. »
Lloyd écarquille les yeux, franchement impressionné par les agissements de la journaliste. Il espérait qu’elle pourrait rédiger un article qui permettrait de rendre public le sort de la pauvre femme et des autres habitants de l’immeuble et amèneraient les gens à remuer un peu dans les brancards, mais elle pris des mesures qui pourraient faire bien plus pour la veuve.
« Elle ne veut pas d’aide, Lloyd. Elle la clairement dit à son médecin » lui confie Felicity, lui arrachant cette fois un soupir alors que, ayant terminé de se préparer un café, il en avale une gorgée, bien plus satisfaisante que les précédentes.
« Je m’y attendais » lui glisse-t-il, pensant à sa mère qui, elle aussi, refuse toute aide extérieur et continue de faire croire que tout va bien dans le meilleur des mondes. Alors même que son monde se limite aux quelques mètres carrés de son appartement depuis des années maintenant…
Il lui faut un temps infini pour réaliser qu’elle n’est pas censé être au courant de ça. Elle n’est pas supposée pouvoir s’entretenir avec le médecin traitant de la vieille femme et il en déduit rapidement qu’elle a du utiliser un moyen de pression quelconque sur le médecin… A moins que ce dernier soit simplement du genre à ne pas vraiment respecter le principe de confidentialité.
« J’ai prétendu être sa nièce » s’explique-t-elle en captant son regard intrigué. « Je sais que c’est mal, mais c’était l’unique façon de savoir comment elle allait… Si vous ne hurlez pas, je vous offre le petit-déjeuner, un vrai, cette fois… »
« Vu la manière dont vous vous êtes démenée pour elle, je ne vais certainement pas hurler. Et pour être tout à fait honnête avec vous… Il m’est arrivé de devenir l’oncle, le cousin ou le neveu de quelques personnes » lui sourit le jeune homme, avant de lui adresser un clin d’œil. « Et puis si vous m’amadouer avec la promesse d’un vrai petit-déjeuner… Parce que pour être tout à fait honnête, je ne suis pas un grand fan du café, comme vous avez pu le constater. »
Certains de ses collègues considèrent comme un sacrilège le fait qu’il noie son café sous une tonne de lait ou de sucre.

« Ca vous dérange si je passe un rapide coup de téléphone ? » lui demande-t-il ensuite, attendant qu’elle lui donne son feu vert pour fouiller ses poches, à la recherche de son Blackberry. Il a l’intention de prévenir sa mère, pour qu’elle ne s’inquiète pas mais pas que… Le pompier porte le téléphone à son oreille pendant que la conductrice se charge de mettre la musique en sourdine.
Après quelques sonneries, sa mère décroche enfin, d’une voix encore empreinte de fatigue. « Bonjour mon cœur ? Tout va bien ? Tu es en chemin ? » « Oui, tout va bien mais non, j’suis pas sur le retour. J’ai une petite course à faire. » « Quel genre ? Tu es sûr que tout va bien ? » « Oui, oui. J’ai juste besoin de vérifier quelque chose. Je serai certainement revenu pour le déjeuner » lui annonce-t-il après avoir jeté un coup d’œil interrogateur en direction de Felicity. « J’voulais pas que tu t’inquiètes. » « Bon… D’accord. La petite a bien dormi, elle a bu son biberon à l’instant. » « C’est super » sourit-il, se sentant un peu coupable de ne pas s’être immédiatement enquit de ce genre d’information. Ses reflexes de père ne sont décidément pas encore mis en place… « J’te rappelle si y a du changement. A plus tard. » « Je t’aime. Sois prudent. » « Toujours. J’t’aime aussi. Bye. »
Satisfait, il raccroche et range le téléphone dans sa poche, avant de remonter lui-même le volume de l’autoradio. Il fait mine de s’intéresser au décor qui défile, mais en réalité, c’est à Felicity qu’il pense. Elle n’a pu entendre que ses répliques à lui, et la voix d’une femme à l’autre bout de la ligne. Se pose-t-elle des questions à son propos ? Se demande-t-elle s’il est marié ? Est-elle déçue à l’idée qu’il le soit peut-être ? Va-t-elle lui demander si c’est le cas ? Elle est journaliste après tout…poser des questions est un peu son gagne pain…
« Je connais un petit resto familiale sympa qui propose des pancakes à tomber » relance-t-il la conversation, son estomac grognant pour approuver son choix. Pour le faire taire – même s’il sait maintenant qu’il va manger autre chose dans peu de temps – Lloyd  s’empare malgré tout d’un croissant et mord dedans à pleines dents.
Il connaît très bien le propriétaire des lieux, pour lui avoir sauvé la vie il y a de cela six ans. L’homme a eu le dos gravement brûlé dans l’incendie de son précédent établissement et il boite un peu mais il est en vie et pas du genre à se lamenter. Il croque la vie à pleines dents et Lloyd espère que voir Harry ce matin leur portera chance. Bon et bien sûr, il espère un peu impressionner Felicity, puisqu’il sait que son vieil ami ne tarira pas d’éloge sur son compte et adore raconter le récit de son sauvetage à tous ses clients.    



   (c) chaotic evil

_________________
 
Wherever you go You know I'll be there
If you go far You know I'll be there
I'll go anywhere So I'll see you there



Dernière édition par Lloyd Hatfield le Dim 23 Oct - 16:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: First Impression ♦ Lloyd Mar 18 Oct - 3:30

First Impression
Lloyd & Felicity
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La blondinette fit jouer ses doigts sur le volant, geste empreint d’une certaine impatience, sans savoir si cela venait de cette discussion qui ne menait à rien ou encore de la circulation qui aurait pu être un peu plus fluide si tôt le matin. Ou peut-être n’aimait-elle pas parler de ces articles qui faisaient maintenant partie du passé et qui lui rappelaient les horreurs qu’elle avait retranscrites autant que l’origine de ses propres cauchemars.  Felicity avait peur que les questions suivent, qu’il lui pose des questions sur son métier, sur la vie qu’elle pouvait avoir dans ces endroits terribles dont on entendait parler que pour annoncer une nouvelle attaque terroriste ou un nouveau bombardement qui ne visait que les innocents. Elle lui en ait reconnaissante de rester sur son style d’écriture, sur comment elle travail, sans poser plus de questions que nécessaire. Elle ne sait pas trop quoi dire en réalité. Généralement, les critiques sont dures, son père lui hurlait à la tête qu’elle devait changer de métier, devenir dentiste ou secrétaire et qu’elle cesse de mettre sa vie en danger. Sa mère ne se souvenait plus d’elle, mais elle dirait probablement la même chose si elle avait encore toute sa tête. Elle savait qu’elle jouait avec le feu, mais c’était ce qu’elle aimait faire, c’était ce qui lui donnait un but dans la vie, et elle en avait cruellement besoin, surtout ces derniers temps. «Merci. J’image qu’il est difficile de faire dans le gris lorsqu’on est dans le feu de l’action, quand on est au milieu des bombardements et de la violence.» C’était plus difficile d’être nuancé quand de l’autre côté de la médaille, on avait le blanc riche qui commandait depuis son bureau à Washington. Quand d’un côté on avait l’enfant défiguré par l’acide et de l’autre le taliban qui avait passé une mauvaise journée et qui voulait le faire payer à quelqu’un. Elle esquissa un léger sourire amusé, lui lançant un regard en coin avant de reporter son attention sur la route. «Disons que ça ne fait pas plaisir à tout le monde. C’est quand même un peu plus violent que les résultats du dernier concurrent au concours de chant à la mode. Les gens ne veulent pas savoir, ça dérange, ça chicote et ce n’est pas agréable de se poser des questions sur la blancheur de sa patrie.  L’Amérique, c’est les gentils, le Moyen-Orient le mal incarné. » Pourtant, c’était ce premier qui avait tout commencé avec l’URSS. Tout ça pourquoi exactement? Quelques litres d’essences? Ça valait la peine peut-être?

La journaliste était tout de même flattée de voir qu’il avait pris le temps de se renseigner un peu sur elle, bien qu’elle se demandait à quoi cela pouvait bien lui servir. Avait-il été curieux ou simplement ennuyé? Elle n’osa pas poser la question, se contentant de redémarrer la voiture après un feu rouge. «Au début, ça ne me dérangeait pas trop. Dans le sens qu’il y avait encore trop de trucs à régler, trop de… bref, les premières semaines, ça allait. C’est maintenant que c’est plus dur. J’ai l’impression de répéter toujours les mêmes articles en boucle avec quelques nuances ci et là. Comme si on vous forçait toujours à éteindre le même bâtiment en feu pendant des semaines.» Elle comprenait le point de vue de son patron, elle savait qu’elle n’était probablement pas assez stable pour repartir sur le terrain avec toutes ces images qui lui rappellerait sa propre expérience. On la confinait ici en croyant que c’était mieux. Elle se demandait en quoi. Ici aussi, elle les voyait, ces marques de violences. Plus cachées, certes, mais toujours présentes. La mère qui rudoyait son enfant en rentrant à la maison, le mari hurlant au visage de sa femme au supermarché, l’inconnu accostant une gamine de façon déplacée dans un bar, ses doigts s’agrippant à son bras alors qu’elle essayait de s’éloigner. Felicity préféra changer de sujet, entrant dans le jeu de la voiture trop propre. Elle rit doucement devant le portrait qu’elle faisait d’elle. «Vous avez du flair, Sherlock.» Elle lui offrit un nouveau sourire. «Un chien. Chucky. Ouais, comme la poupée diabolique, il est aussi détestable quand il s’y met. », Mais la bestiole à poil mettait de la vie dans ses journées monotones et grignotait ses chaussures à un tel point qu’elle avait  fini par les ranger en hauteur. «Vous avez des animaux? Chat, chien, lapin ? » S’il disait que c’était une tarentule, elle le foutait à la porte de sa voiture sans même couper le moteur. Elle avait eu sa dose d’aventure avec les arachnides dans le désert et elle n’était pas prête à en revoir une de si tôt, surtout pas entre les draps de son lit.

Elle enchaîna sur le sujet de la vieille dame qui se trouvait encore à l’hôpital. Elle avait fait des recherches, elle avait fait le nécessaire pour l’aider, mais si elle continuait à se démener pour ne pas avoir d’aide, la tâche serait bien difficile. Elle ne nota pas vraiment le regard étonné que lui lance Lloyd, trop occuper à manœuvrer la voiture dans le trafic matinal. Quand il lui dit qu’il n’est pas étonné, elle ne peut retenir une moue agacée. Non par sa réponse, mais par la situation en soi. Sa moue devient un petit sourire amusé lorsqu’il lui dit qu’il s’est également déjà fait passé pour un proche d’un patient. «Vous avez peut-être la fibre d’un journaliste, finalement.» Elle éloigna une mèche de cheveux qui s’était échappée de sa tresse d’un mouvement de main et soupira. «Vous avez une idée de comment on doit s’y prendre avec elle? Je me vois mal la forcer ou quoi que ce soit, après tout, elle reste maîtresse d’elle-même et on m’a dit qu’elle avait toute sa tête. Elle ne voulait pas de charité. J’ai essayé de téléphoner à la veuve de son fils, mais sans résultat. Je me disais qu’elle pourrait peut-être aider, d’une façon ou d’une autre. » La journaliste n’avait aucune preuve que les deux veuves se parlaient encore ni qu’elles s’étaient bien entendues à une époque. Mais ça valait la peine d’essayer. «En même temps, si elle avait la même relation que la mienne avec mon ex-belle-mère, on va juste se récolter quelques insultes et bleus de plus.»Grimaça-t-elle. La mère de Ruben avait toujours cru que son fils était un ange, qu’elle méritait ses bleus et ses coups, qu’elle était la pire copine du monde pour son fils. Elle-même était l’esclave de son mari, pas étonnant de voir comment Ruben a tourné. Elle haussa les épaules devant sa question, lui permettant de passer son coup de fil.

Silencieuse, elle n’eut d’autre choix que d’écouter les mots échangés entre Lloyd et son interlocuteur. Ou en l’occurrence, son interlocutrice. Sans pouvoir entendre les mots que prononçait la personne à l’autre bout du fil, elle pouvait entendre des tonalités féminines. Une sœur? Sa mère? Sa femme? Elle porta son propre café à ses lèvres, manquant de s’étouffer lorsqu’il prononça ce «je t’aime» dit d’une façon si naturelle qu’elle avait du mal à le croire. Elle le laissa couper la communication et monter le son de l’autoradio sans un mot, observant les piétons passer devant la voiture sans lui jeter un coup d’œil. Ce fut lui qui brisa le silence en premier. «Va pour les pancakes.» Elle suivit les directives qu’il lui donna. «Enfin, si votre femme est d’accord. Je n’aimerais pas être le centre de votre prochaine dispute de couple et l’insulte «blondasse» ça manque trop de classe pour que je risque de le voir associé à mon nom.» Elle espérait qu’elle était la seule à entendre la trace de jalousie qui teintait sa voix présentement, rendant son timbre un peu moins mélodieux alors qu’elle finit par garer la voiture devant ledit restaurant après quelques minutes de silence.




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MessageSujet: Re: First Impression ♦ Lloyd Jeu 20 Oct - 19:14

first impression

Lloyd & Felicity

   
Lloyd essaie de ne pas prendre les remarques de la journaliste pour lui mais ce n'est pas forcément évident. Il est fatigué et, encore une fois, plus susceptible que d'ordinaire. Par moment, il a l'impression qu'elle lui fait la leçon et tente de l'instruire, comme elle le ferait avec un gosse. Pourtant, son ton n'est pas condescendant mais, puisqu'elle garde ses yeux clairs en direction de la route, le pompier ne peut pas réellement s'apaiser en observant les expressions de son visage. Sans doute aurait-il dû attendre d'être installé quelque part et de pouvoir lui faire face avant de se lancer dans ce genre d'échanges. Ou au moins aurait-il dû patienter jusqu'à ce que la caféine ait fait son œuvre et l'ait correctement réveillé...
Mais trop tard. Lloyd ne souhaitant pas envenimer là situation, préfère donc s'abstenir de rebondir pour l'instant face à certains propos de Felicity. Et puis une part de lui a malgré tout conscience que, ce qui le dérange avant tout là-dedans, c'est surtout le fait qu'il n'ait pas vraiment pris en compte tous les éléments. Il s'est fié à son expérience et a négligé de prendre en compte l'environnement hostile dans lequel a été contrainte de travailler la journaliste durant cette période. Dans son propre cas, le danger de limite à ses lieux d'intervention, pendant les quelques heures où il est sur le terrain, dans le feu de l'action. Évidemment, il pourrait se faire renverser par une voiture, être la victime hasardeuse d'une attaque, de nature terroriste ou non. Mais c'est à peu près tout. Sur place, quand elle interviewait ces gens dont elle lui a parlé, Felicity n'évoluait pas du tout dans les mêmes conditions... Et le grand blond commence à prendre conscience de la naïveté (pour ne pas dire la bêtise) de ses grands discours.
Puisque son but est tout de même d'impressionner la jeune femme, ça l'agace prodigieusement de s'en rendre compte.

Il s'arrache à ses ruminations pour lui répondre lorsqu'elle lui fait part de sa frustration. Comme il le lui a signalé, le pompier n'a aucune idée de ce qu'il pourrait faire de lui-même si par malheur un jour, il devait raccrocher l'uniforme. Rien que d'y songer fait naître de l'angoisse chez lui...
Felicity est en train d'en passer plus ou moins par là et il comprend un peu mieux ses réactions et propos. Auparavant, elle devait être constamment sur le qui-vive, sur ses gardes, devait se blinder pour affronter chaque journée et à présent... Eh bien à présent elle est à Chicago, aux Etats-Unis d'Amérique. Certes, la vie n'est pas rose, il y a des meurtres, des incendies, la pauvreté, le racisme, mais il n'y a pas de guerre sur le territoire. Pas de décor chaotique, de cadavres au coin de chaque rue, de sirènes annonçant un bombardement hurlant de jour comme de nuit. La vie est parfois dure mais ils s'en tirent bien. La guerre, c'est pour la majorité des citoyens l'affaire des autres... Cette pensée attriste un peu Lloyd et lui fait ressentir de la culpabilité. Il sait que c'est stupide, que ça ne change rien. Il sait qu'il ne peut pas résoudre quoi que ce soit à lui tout seul et sauver le monde. Il fait déjà sa part, à sa manière. Mais ça a un goût de trop peu. Felicity doit ressentir la même chose. Culpabilité, colère, frustration et un sentiment de profonde injustice.
« Je vois » lâche-t-il sobrement, alors qu'elle fait un parallèle avec son job pour illustrer ses propos. Il décide cependant de ne pas s'appesantir davantage sur le sujet. Il lui semble trop lourd. La matinée va sûrement être suffisamment pénible comme cela, sans qu'ils en rajoutent.

Ils rebondissent cependant plutôt bien tous les deux. D'abord en parlant de l'intérieur de la voiture de la jeune femme, puis de leurs goûts respectifs en matière de musique. Le seul détail qui chagrine un peu le pompier, c'est cette question que Felicity lui pose à propos d'animaux... Il n'en a plus. Il a longtemps eu un chien mais quelques temps après son décès, il a appris la grossesse de sa petite amie et a préféré ne pas en reprendre un. Devenir père promettait déjà de suffisamment l'accaparer sans prendre un chiot à éduquer en prime... Pas que les deux soient comparables mais tout de même. Bref, il n'en a pas mais il se garde de lui expliquer pourquoi. Il a bien failli, l'espace de quelques secondes mais s'est abstenu. Pourquoi ? Aucune idée. Il n'a pas honte de Merrin. Il est un père comblé. Mais il n'a pas envie d'évoquer son statut de jeune père avec la journaliste. Il a peur que ça lui ferme une porte... Celle qu'il aimerait bien laisser entrouverte avec elle. Parce qu'elle est jolie, intéressante et qu'il doit bien l'avouer : il se sent un peu seul ces derniers temps.
La plupart du temps, Lloyd tente de ne pas y penser, de se concentrer sur ses responsabilités, sur Merrin. Sa mère est une excellente baby-sitter mais il sait qu'il ne doit pas entièrement se reposer sur elle et assumer son rôle. Et puis la petite est adorable, il l'aime profondément et est en admiration devant chacun de ses gestes, seulement elle a dix mois et sa compagnie n'est pas exactement celle dont a besoin un trentenaire dans son genre... Il aime parler, bouger, rire, se sentir utile et apprécié. Merrin a besoin de lui, est plutôt bon public et applaudi toutes ses bêtises mais ce n'est pas suffisant. Il lui faut une femme dans sa vie. Lloyd n'a jamais trop supporté le célibat... Donc tout ce qu'il répond c'est : « J'ai eu un chien mais il a développé une saloperie de cancer l'an denier et j'ai été obligé de le laisser partir. Il s'appelait Petit Niouf. Ne me demandez pas d'où ça sort » conclut le pompier dans un sourire un peu nostalgique.

Vient ensuite le sujet de la vieille femme qui les a réuni ce matin. Rien que pour ça, Lloyd est bien décidé à faire de son mieux pour lui être utile... Son espèce de rencard avec Felicity n'est évidemment pas la seule raison et il lui plait de pouvoir rendre service à la veuve, mais ce détail entre définitivement en ligne de compte. Le pompier se montre donc attentif à ce que lui propose la conductrice, sans rebondir autrement que par un sourire à sa remarque sur le fait qu'il a peut-être la fibre journalistique... C'est qu'il ne veut pas la vexer en lui faisant savoir tout le bien qu'il continue de penser de sa profession.
Lloyd médite quelques instants, cherchant une solution à leur problème. Mais pour le moment, il a du mal à réfléchir. Le café ne fait pas encore tout à fait son effet et ses méninges tournent au ralenti. C'est toujours comme ça après une garde de vingt-quatre heures à la caserne. S'il avait été contraint de la prolonger, le pompier serait certainement plus alerte à cet instant mais, dès l'instant où il raccrochait son uniforme, il relâchait la pression et se laissait engourdir par la fatigue accumulée.
« Ben je suppose qu'il va falloir la jouer fine. »
Mais au moment où le jeune homme s'apprête à lui rappeler que c'est elle l'experte en communication de leur duo, Felicity évoque sa relation houleuse avec...sa belle-mère. Et vu qu'elle vient de parler de la veuve du fils de la vieille dame, il n'y a malheureusement pas à espérer qu'elle évoque sa relation avec la nouvelle femme de son paternel. Il ne s'agit pas de ce genre de belle-mère là...
L'important, c'est qu'elle ait dit "ex belle-mère".
Il essaie de se reprendre très vite, de se raisonner, mais il reste un peu contrarié par l'idée qu'elle ait déjà été mariée. A moins qu'elle qualifie la mère de son ex comme ça mais qu'ils n'aient pas été aussi loin ?
Arrête un peu de te prendre la tête et réponds lui quelque chose, crétin !
« J'ai généralement un bon contact avec les personnes de son âge » répond-t-il finalement « De mon côté, j'ai toujours été le gendre idéal. Et puis j'ai eu un bon contact avec elle hier. Enfin je crois... Si vous voulez, on peut tenter le coup du bon et du mauvais flic ? J'ai toujours rêvé de faire ça ! » s'exclame Lloyd en souriant, avant de réaliser que ce n'est pas tout à fait le moment... « Désolé. C'était pas drôle. On fera au mieux et puis voilà » enchaîne le pompier en haussant une épaule, avant d'étouffer un bâillement derrière sa main. « J’pense pas qu’il faille millimétré tout ça… J’suis plutôt du genre à improviser de toute manière. »

L'idée de passer un coup de téléphone à sa mère pour la prévenir de son retard est motivée par son envie de piquer la curiosité de Felicity et le fait qu'évoquer la vieille dame lui fasse penser à elle. Il essaie de guetter les réactions de la journaliste, l'air de rien, mais est rapidement déçu. Elle ne laisse rien paraître. Son regard reste obstinément braqué sur la circulation et elle se contente de remonter le son lorsqu'il a raccroché. Ravalant sa fierté une fois encore un peu froissée, Lloyd lui donne quelques instructions pour la guider vers l'établissement où il compte l'inviter à petit-déjeuner. Hors de question de la laisser payer, sa mère l'a convenablement éduqué à ce niveau là. En tout cas, elle s'y est évertuée.
« Enfin, si votre femme est d’accord. Je n’aimerais pas être le centre de votre prochaine dispute de couple et l’insulte «blondasse» ça manque trop de classe pour que je risque de le voir associé à mon nom. »
Un sourire satisfait étire doucement les lèvres de Lloyd qui détourne son visage pour ne pas permettre à la conductrice de le voir. Bingo ! Il mettrait sa main à couper qu'elle a mordu à l'hameçon et ressent une pointe de jalousie. Sinon pourquoi tenir ce genre de propos ?
« C'est vrai, vous valez mieux que ça. Mais vous pouvez être rassurée ça n'arrivera pas. Enfin peut-être que mon absence générera un conflit, mais ma mère n'utiliserait jamais ce genre de termes » lui révèle le pompier après avoir tergiversé quelques secondes pour savoir s'il ne pourrait pas laisser planer le doute encore un moment... « Je sais ce que vous êtes en train de vous dire et ce n'est pas bien de juger les gens Mademoiselle Blackwells » fait mine de la sermonner Lloyd, avant de lui indiquer de tourner à droite et de commencer à chercher une place où stationner. « Je ne suis pas un fils à sa maman, qui réclame son avis sur tous les sujets, lui laisse repasser ses chemises et lui permet de s'immiscer dans ses histoires de coeur. »
Là encore, il hésite sur la marche à suivre. Doit-il lui en dire un peu plus ? Se justifier ? L'air de rien, la journaliste lui a confié déjà pas mal d'informations sur elle. Il sait qu'elle a été mariée (ou quelque chose d'approchant), que son chien s'appelle Chucky, qu'elle aime la bonne musique, qu'elle a séjourné un moment en Afghanistan et à mal vécu son retour... Bref, il commence à accumuler les données alors que de son côté, il n'a pas lâché grand chose. Pas grand chose d'intime en tout cas. Alors il va le faire.
« Mon père est décédé il y a quelques années et elle... Disons que la vie ne l'a pas spécialement épargnée et elle n'est pas autonome. Du coup je vis dans l'appartement à côté du sien et je m’occupe d’elle quand je peux. Comme vous pouvez sans doute l’imaginer : elle s'inquiète toujours quand je suis de service. Je veux lui éviter de se faire du mouron... »
Sale petit menteur...
« Bon, OK, peut-être qu'elle repasse quand même mes chemises » ajoute Lloyd pour dédramatiser la situation. Parler de lui ou de sa mère ne l'enchante pas des masses et il préfère toujours changer rapidement de sujets.

Là dessus, Felicity entame ses manœuvres pour se garer et ils quittent son véhicule. Sans beaucoup d'états d'âme, le pompier jette son gobelet de café à peine entamé dans la poubelle la plus proche. Il retrouve ensuite la journaliste au niveau du passage clouté, les mains enfoncées dans les poches de son pantalon. Il frissonne. Certes il fait froid, mais c'est surtout la fatigue qui est à blâmer pour ça. D'ailleurs, il recommence à bailler.
« Désolé. La nuit a été longue. D'habitude je suis le roi de la micro sieste mais là j'ai pas réussi à fermer l'œil une seconde. J'crois que j'attendais notre rendez-vous un peu trop impatiemment » lui avoue sans gêne le jeune homme, juste avant qu'ils ne traversent la voie pour rejoindre le café juste en face.
En parfait gentleman qu'il est, il lui ouvre ensuite la porte et l'invite à pénétrer la première dans l'établissement. Il ne voit son ami nul part, mais il traîne peut-être simplement du côté de la cuisine... Quoi qu'il en soit, une serveuse vient rapidement à leur rencontre pour leur proposer une table puis des menus.
« Prenez ce qui vous fait envie. Tout est bon ici » lui sourit-il en se mettant à l'aise sur sa banquette. « Au fait... Ça vous dérange si on passe au tutoiement ? »
   



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