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 narrow world | justin

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MessageSujet: narrow world | justin   Mar 12 Déc - 14:46



narrow world
EXORDIUM.
Il a vu le temps se défaire de sa chaleur, de toute cette agréable stabilité. Ce sont installés bien des vents glacials, un verglas des plus épais devant l’hôpital, longeant toutes ses dalles. Et, pourtant, il ne peut s'empêcher d'esquisser un sourire, quelque-chose d'apaiser. Parce que ces temps de fêtes sont ainsi, capables de restaurer toute l'humanité d'un seul homme dans son entièreté. Il n'en a jamais douté, enfouissant un léger pincement qui, malgré tout, parvient tout de même à le troubler. Aussi, l'espace d'un instant ses songes se sont tournés vers cette fillette arrachée, celle qu'il aurait au moins voulu voir profiter ne serait-ce que d'une partie de cette existence écourtée. Et finalement, il n'y tient pas. Ce rictus se fane, cette presque joie s'éteint aussi simplement que les quelques lumières des couloirs voisins. Il en revient à lui, à cette réalité compliquée, à cette fin d'après-midi où tout semble plus ou moins se calmer. Plus ou moins. Des temps plus durs sont à prévoir, à venir. Parce qu'il sait désormais comment Chicago fonctionne, parce qu'il se souvient de toutes ces atrocités, toutes ces choses qui pouvaient si rapidement arriver. Un soupire et les talons qui se tournent, quelques-pas qui s'abandonnent dans ses locaux comme pour s'assurer que tout est désormais installé. Il reste des enfants qui nécessitent d'un peu de magie, il reste des enfants dont l'enthousiasme n'a pas été détruit. Et il le sait, il ne le sait que trop. Raison pour laquelle il s'est assuré de pouvoir au mieux décorer les lieux désolés. Raison pour laquelle il a mit une certaine importance dans la préparation de ce noël-ci, de cette nouvelle année à passer ici. Une légère grimace, un regard qui se porte sur son téléphone comme dans l'espoir – nouveau – d'un bref message d'une femme laissée là où les paysages sont pour lui les plus beaux. Mais rien, pas un mot, pas un signe, pas même une remarque aux photos qu'il lui a envoyé il y a maintenant quelques semaines. Eleanore reste aussi silencieuse qu'elle n'avait pu l'être durant des mois et des mois après l'enterrement de leur enfant. Et, aussi égoïste qu'il puisse être, aussi salaud qu'il n'ait pu l'être, Andrew s'en attriste. Silencieusement, reprenant son errance dans les couloirs silencieux ; chose rare par le passé, habitude avec lui instauré. Attendre sagement que les choses ne se fassent, attendre bêtement que le temps ne passe ; il n'en ait pas capable, n'a jamais su se tenir pleinement derrière un bureau que lorsque la nécessité se fait. C'est ce qui lui vaut peut-être certaines amitiés ici, certains liens aisément tissés. Andrew a su rapidement se faire une place de choix autrement que par son poste, autrement que par sa supériorité hiérarchique au sein de l'édifice. Derrière son comportement agaçant n'en demeure pas moins un homme charmant.

Et là, dans un recoin du bâtiment où traîne encore quelques décorations fatiguées, plus ou moins abîmées, il la voit cette silhouette qu'il a sollicité, au moins jusqu'en début de soirée. Un bref geste de bras pour s'assurer qu'il ne s'est pas perdu dans son travail, percevant l'heure comme encore raisonnable. Raison pour laquelle il s'élance, osant l'intrusion dans son champ de vision, un bref sourire accroché à ses lèvres. Andrew reste accueillant. Et tandis qu'il s'avance, il guette ses traits, il guette cette impression de déjà-vu qu'il n'arrive pas à vaincre, celle qui le suit depuis certaines de ses sorties. Et s'il se fait d'ordinaire observateur, Andrew s'avoue vaincu par cette manque d'attention. Néanmoins, il choisit de ne pas se perdre là-dessus, s'évitant un agacement qu'il ne tient pas à essuyer, pas aujourd'hui. « Monsieur Flanagan, c'est gentil d'avoir accepté de venir malgré vos horaires décalés. » Une franche poignet de main, une légère pause dans ce qu'il était en train de faire. Andrew le coupe dans son élan, Andrew vient rendre cet instant possiblement un peu plus intéressant. Ça, parce qu'il voit rarement cet homme s'offrir un peu de discussion, parce qu'il le croise rarement à lambiner dans un coin en attendant que les minutes ne s'écoulent. Et c'est en soit ce qu'il apprécie chez lui, cette volonté de travailler, de gagner ce qui lui ait du pour probablement rentrer s'offrir une tranquillité méritée. Une vie des plus paisibles, loin de l'agitation que d'autres mènent, loin de la monstruosité de sa propre expérience. C'est en tout cas l'image qu'il se fait de son nouvel interlocuteur, de cet espèce de fantôme qui rôde parfois ici sans que personne n'ait la volonté de le remarquer. « Je pense que ça suffira pour ce soir, j'aspirais seulement à ce que les débris soient enlevés parce qu'ils savent décorer mais pas ramasser. Offrez-vous une pause. Et un geste de main l'invitant à passer devant, à rejoindre la grande salle qui règne au cœur de l'enceinte, là où quelques âmes éperdues viennent se reposer. Un café, autre chose ? » Et c'est une invitation qu'il tient à tenir tandis qu'il attend une réponse de la part du plus jeune, se faisant davantage un peu plus avenant. « Il doit rester de quoi manger derrière. Certaines choses convenables, j'ose espérer. » Plaisanterie à part, lui qui prend l'habitude de sortir manger plutôt que de rester enfermé ici. L'habitude de mieux, l'habitude de fréquenter des établissements où il se sent à sa place, bien plus que professionnellement parlant en tout cas. Chose qu'il tait néanmoins, osant l'effort pour cette fois. « N'hésitez pas, vraiment. Beaucoup plus de nos résidents prévus pour les semaines à venir sont finalement rentrés chez eux ; comme une partie du personnel que je n'ai pas eu le cœur à bloquer ici d'ailleurs. »    

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MessageSujet: Re: narrow world | justin   Mer 13 Déc - 11:48

~Lundi 27 novembre – Fin de journée ~

Justin venait de sortir de chez Mme Adler et, grimpant sur son vélo, il pédalait à vive allure dans les rues de Chicago. Le froid ne l’avait pas encore arrêté. Habituellement, il prenait la direction du centre pour se rendre au département de Police et finir sa journée là-bas. Ce lundi était cependant un peu particulier. Il avait été contacté par son entreprise de nettoyage pour lui dire que son programme allait légèrement différer. Le Chicago Med entreprenait de revêtir ses couleurs de festives de Noël mais avec toutes les installations, ils avaient besoin d’un renfort en ménage. Justin était donc détaché et il rattraperait ses heures au département de police le lendemain. Comme à son habitude, le technicien de surface n’avait pas protesté pour un sou. Cela lui ferait des heures comptées en plus et donc un peu plus de sous à la fin du mois. Aux vues de son budget, il ne rechignait jamais face à ce genre de petit arrangement. C’était donc décontracté et jovial qu’il était grimpé sur son vélo et qu’il fonçait à vive allure pour ne pas être en retard.

Une fois arrivé au Med, Justin ne traîna pas. Il lâcha son vélo dans le local, l’attacha rapidement et grimpa ensuite les escaliers. Il trouva rapidement ses amis de toujours dans le placard habituel : balais et serpillère. Et sans plus attendre, il se mit au travail. Autant dire qu’à ses yeux ce n’était pas le plus pénible. Il devait ramasser des restes de décorations, de la poussière etc. Il y avait de la masse mais rien de spécialement agaçant à nettoyer. Comme il venait d’une entreprise extérieure, il ne s’attachait jamais à nettoyer les blocs opératoires, ce n’était pas son boulot, lui était plus dans le bâtiment en général. Il se demandait cependant sans cesse comment faisait ceux qui passaient après les opérations, face parfois à des flots de sang… Justin n’était pas particulièrement sensible mais il préférait la poussière, sincèrement.

Comme à son habitude, Justin s’était concentré sur son travail tout en relevant de temps à autre la tête pour saluer des visages connus, distribuer des sourires. Il n’avait plus trop conscience du temps qui défilait, sachant de toute façon qu’on l’avait réquisitionné pour un moment. Justin préférait donc oublier de regarder l’heure et être tout à son travail. Alors qu’il était en plein balayage près de la Grande Salle de l’hôpital, une voix le tira de ses pensées. Il se retrouva alors face au directeur de l’hôpital. Justin serra sa main manière chaleureuse et naturelle, sourire aux lèvres.

« Pas de souci Monsieur Linch ! »

Justin ne connaissait pas très bien le directeur du Med et s’il n’en restait pas moins simple et naturel, il donnait encore dans le monsieur. Chose qu’il avait vite abandonné avec pas mal d’autres de ses employeurs mais ça, ça ne plaisait pas forcément à tout le monde. Le jeune homme s’apprêtait donc à reprendre son travail lorsque le directeur lui signifia qu’il pouvait s’arrêter pour le moment. Surpris, Justin se redressa, son balai toujours à la main. Monsieur Linch l’invita alors à le suivre et lui proposa un café. Le jeune homme ne s’attendait clairement pas à ça mais ce n’était pas son genre de refuser de gentilles propositions.

« Un café c’est parfait. »

Justin sourit alors, ayant emmené son balai avec lui dans la grande salle. Il n’était plus l’heure raisonnable du café mais le technicien de surface n’avait jamais vraiment pris en compte ce genre de chose. Et même si balayer le tenait au chaud, il devait bien avouer qu’en cette saison, le café était toujours le bienvenu. Le directeur enchaîna alors, lui signifiant qu’il pouvait se servir à manger s’il le souhaitait. Justin le remercia avec son habituel sourire. L’homme le traitait avec égard et respect et cela touchait toujours Justin.

« Ça doit être une période assez étrange, les fêtes à l’hôpital. »

Justin faisait partie de ces gens qui, sans avoir peur de l’hôpital étaient bien contents de s’en tenir éloignés. Et ce, encore plus à l’approche des fêtes. Le mois de décembre était à leurs portes et avec lui, déjà une effervescence liée à Noël, aux fêtes, aux retrouvailles familiales. Les téléfilms dédiés à la période s’enchaînaient déjà la télévision. Justin avait dû mal à s’imaginer ce que ça devait être, pour les patients, comme pour les soignants d’être ici au lieu de célébrer avec leurs proches.

« Elles sont super les décorations que vous avez fait mettre ici en tout cas, j’suis certain que les gamins qui sont dans le coin vont adorer. »
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MessageSujet: Re: narrow world | justin   Ven 15 Déc - 17:00



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Moins timide qu'il ne l'avait imaginé, Andrew lui rend ses sourires, ses coups d’œil, essayant de se faire aussi accueillant qu'il puisse être pour le service qu'il lui rend à avoir accepté ces horaires improvisés. C'est le moindre qu'il puisse faire à défaut d'avoir autre chose à lui offrir, autre chose à lui proposer, là, dans cet élan de bonté ; les souvenirs de sa défunte fille l'y aidant de manière assez aisée. « Un café c’est parfait. » Un bref signe de tête pour lui faire voir qu'il prend en compte ce qu'il apprécierait, faisant quelques pas, tout au plus, pour pouvoir s'emparer de deux tasses, rassuré également de voir du café déjà fait. Ils ne sont pas les seuls à en avoir besoin pour ce début de soirée, à l'orée de ce crépuscule rapidement installé. « Ça doit être une période assez étrange, les fêtes à l’hôpital. » Et si jusqu'alors, ses sourires s'étaient faits avenants, celui-là se ternie un peu par ce qu'il vient énoncer. S'il savait, mais la cruauté du monde ne s'offre pas de pause. « En effet, c'est assez particulier. » Et il sait de quoi il parle pour l'avoir expérimenté de l'autre côté de la ligne, le corps frêle de sa petite fille étendue dans ses bras, peinant à respirer, à vivre complètement en vérité. Et il se souvient des maigres décorations qui ornaient les couloirs, des maigres festivités que l’hôpital avait mis en place pour contenter toutes ces jeunes personnes. Un battement qui se rate, sa respiration qui aurait pu s'en emballer, Andrew parvient à s'en raisonner, prêt à faire façade quant à ses souvenirs qui commencent à l'envahir au fur et à mesure que cette fin d'année approche. Un mal pour un bien, l'ambition de rendre ses fêtes plus satisfaisantes pour les personnes qui, ces soirs-là, seront coincés avec lui ici ; pas nécessité pour certains, sans aucune autre solution pour d'autres. Et pour rendre les lieux accueillants, un peu moins moroses, il n'avait pas hésité. « Elles sont super les décorations que vous avez fait mettre ici en tout cas, j’suis certain que les gamins qui sont dans le coin vont adorer. » Et ça, par contre, ces dires-là parviennent à lui mettre un peu de baume au cœur, là où beaucoup pensent que rien ne bat. Parce qu'il fait de son mieux pour cette fois, parce qu'il met de côté son égocentrisme, son égoïsme pour endosser pleinement son rôle au sein de ces lieux, de cette grande communauté que peut être le milieu médical en ces périodes plus que spéciales. Il est le premier avis qu'il possède sur la grande installation de cette journée, sur tout ce qu'il s'est démené à faire entrer. Et, en vérité, ça irait presque lui suffire parce qu'il n'en demande pas plus que cela, que de savoir qu'il a bien fait, qu'il a mit assez de son cœur d'ordinaire si fermé.

« C'est gentil de votre part, on essaie de faire au mieux. » Il reste modeste, s'y essaie avec une certaine volonté en tout cas. Parce que là n'est pas son habitude de discuter avec le personnel de la sorte, de manière aussi directe en tout cas. Non pas que ça ne lui arrive pas mais le jeune homme à qui il fait face n'est là que très rarement ; dans les mêmes parages que les siens, en tout cas. « J'ai passé quelques soirées de Noël dans des hôpitaux, par chez moi, pour ma fille. Ils ne semblaient pas trop vouloir arranger les humeurs de leurs patients. » Il se fait honnête, au moins, sans trop aller trop loin. Parce qu'énoncer la petite fille qu'il a pu perdre par le passé lui écorche déjà bien assez la trachée, laissant son regard se faire fuyant malgré l'assurance dont il regorge d'ordinaire. Une faiblesse qu'il n'est pas habitué à montrer, Andrew aussitôt s'en défait. « Et j'ai tendance à voir très gros, un peu friand des grandes choses. » Des paroles qu'il laisse s'énoncer tandis qu'il revient à ses côtés s'installer, déposant devant lui l'une des deux tasses de cafés. Un bref silence, ses prunelles qui vont et viennent sur les alentours, sur le peu de personnel qui hante encore les couloirs silencieux des lieux ; ou presque, désireux de ne pas accorder d'importance aux urgences pour cette idée-là, il sait que tout le monde ne fait que courir là-bas. Il choisit de ne pas s'en soucier, pas encore, revenant sur cet homme qu'il vient d'inviter ; bien que ce qu'il vient lui offrir ne soit pas d'une très grande qualité. « Alors dîtes-moi, jeune homme, pourquoi partir sur ce petit travail-là ? » Il pose la question, n'y voit au départ aucun double sens qui puisse être prit en compte mais sa posture, sa présence, son rang, tout lui revient en tête comme si sa conscience s'était mise à chercher la petite bête. Andrew s'en redresse, s'offrant une gorgée de son café pour finalement rattraper une conversation qui n'a pas encore mal tournée et qui aurait pu se passer de ses nouveaux dires lancés. « Ni voyez aucune hostilité, j'ai tendance à être admiratif des âmes qui se contentent de peu. » Et peut-être qu'il s'enfonce, finalement, doté d'une pitoyable éloquence quand il s'agit de faire de banales conversations, de rendre à sa sociabilité un peu plus d'activité. « Si j'ai bien compris, vous vous occupez de nos locaux mais aussi de ceux des forces de l'ordre. » Et, à force de contempler ses traits, il peut désormais affirmer qu'il est sûr de l'avoir déjà croisé hors des murs qu'ils animent ici. « Nul part ailleurs ? » Finement amené, comme pour ne rien changer. Andrew a toujours su mener les choses à son avantage malgré son incapacité à paraître entièrement naturel. Il est de ceux qui aime briller, en soit, de ceux qui aime à se faire remarquer quand il en vienne à parler. Là, tout est différent, nouveau en soit puisque peu habitué à prendre du temps pour s'offrir de la discussion avec qui que ce soit. Une première, vraiment.     

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MessageSujet: Re: narrow world | justin   Lun 18 Déc - 14:30

Justin regardait, sourire toujours dessiné sur les lèvres, M. Linch s’attachait à leur servir du café. Autant dire que ce n’était pas dans les habitudes du jeune homme de se faire servir et certainement pas par un supérieur hiérarchique. Ce n’était pourtant pas le genre de choses qui le mettait mal à l’aise, bien au contraire. A ses yeux, ils étaient tous des êtres humains et pouvaient bien échanger les rôles de temps en temps, il n’y avait aucune raison pour que cela n’aille que dans un sens. Le technicien de surface laissa donc le directeur faire sans oublier de poursuivre la conversation et notamment de le féliciter sur la décoration qu’il venait de mettre en place au sein de l’hôpital. C’était on ne peut plus sincère de sa part. Justin appréciait l’ambiance de Noël, lui qui avait malgré tout une famille assez soudée. Il appréciait de voir la bonne humeur que cela dégageait chez les gens et considéraient que personne ne devait être privé de ça, surtout pas ceux qui malheureusement devaient passer cette période dans un hôpital… Le directeur le remercia alors de son compliment et Justin lui adressa un sourire. Il lui expliquant ensuite qu’il avait lui-même dû côtoyer un hôpital, pour sa fille, pendant les fêtes. Justin ne cacha pas son trouble et son sourire s’effaça l’espace de quelques instants. Il cherchait un mot réconfortant à dire mais le directeur enchaîna, parlant cette fois de sa tendance à voir les choses en grand. Tout en s’installant et alors que le directeur ramenait les tasses de café, Justin lui adressa un sourire.

« Pour les décorations en tout cas, vous avez eu bien raison ! »

Justin sourit et remercia le directeur qui venait de déposer une tasse de café devant lui et de s’installer à ses côtés. Autant dire ce que n’était pas habituel comme situation mais le jeune homme ne s’en formalisait pas. Alors qu’un léger silence s’installait, le technicien de surface attrapa sa tasse et but une gorgée. Il ne pouvait nier que cela faisait du bien, surtout après une journée de travail. D’autant que ce n’était pas comme s’il craignait de ne pas dormir à cause de ça. Le directeur, qui avait laissé son regard se perdre sur les lieux alentours, avait finalement repris la parole. Autant dire que la question qu’il venait de poser était assez étrange et Justin fronça légèrement les sourcils, sans même s’en rendre compte. « Petit » travail ? Est-ce que ça voulait dire quelque chose de précis ? Justin ne voulait pas se vexer pour rien et tenta de se raisonner, se disant que ce devait plus être une maladresse qu’autre chose. Le directeur enchaîna alors, lui expliquant qu’il admirait les gens qui se contentaient de peu.

« Ah oui ? »

Ok, c’était sorti tout seul. Justin, se sentant un peu con d’avoir réagi aussi vivement et naturellement se cacha dans sa tasse de café, prenant une nouvelle gorgée. Il lança un regard discret vers le directeur qui ne semblait pas s’être formalisé, du moins en apparence, et qui continua le questionnant sur son métier. Se raclant la gorge, Justin tenta de reprendre la parole sur le ton le plus naturel possible.


« Je travaille aussi à la caserne des pompiers et pour des particuliers. »


Le regard tourné sur sa tasse de café, Justin jouait nerveusement avec la hanse, faisant tourner la tasse sur la table. Il se rendait compte que le directeur cherchait à discuter avec lui et lui avait faillit tout gâcher en réagissant trop vivement, se faisant des idées. Oui il avait cru voir de la condescendance mais il n’en avait pour le moment aucune preuve et ce serait idiot de créer un climat hostile alors que la conversation avait bien commencé. Poussant un soupir, Justin releva finalement les yeux vers M. Linch.

« J’voulais pas vous paraître agressif simplement j’ai pas choisi ce métier par grandeur d’âme. C’est tout ce que j’pouvais faire avec mon niveau d’études. Mais c’pas pour autant que je considère que c’est un petit métier… »

Justin avala alors une nouvelle gorgée de café. Il avait conscience qu’il avait un niveau d’éducation limité et que clairement, il n’était pas bien placé sur l’échelle sociale. Pour autant, il n’aimait pas qu’on évoque cela sur un ton dédaigneux. C’était un fait et il l’acceptait parfaitement. Il faisait un métier simple, ne demandant pas de grands efforts intellectuels mais cela ne le rendait pas plus idiot qu’un autre. Justin n’était juste pas scolaire mais il n’aimait pas qu’on le résume à son travail et qu’on cherche à le rabaisser par ce dernier. Ce n’était sans doute pas l’intention du directeur de l’hôpital et c’était donc pour cela qu’il avait expliqué sa réaction en toute sincérité, espérant arrondir les angles.

« Au moins, avec ce travail, j’ai du temps pour moi. »

Justin haussa alors les épaules. Il était content de sa situation, de pouvoir passer du temps avec ses amis et sa famille et ne pas se sentir enfermé dans son travail. Il ne se contentait pas de peu non, il trouvait un équilibre, un rythme de vie qui lui convenait parfaitement. A l’opposé, il ne comprenait pas forcément ceux qui sacrifiaient tout pour leur travail, oubliant famille et amis sur le bas-côté.

« Et si vous avez b’soin d’un coup de ménage chez vous, hésitez pas à passer par l’agence et à demander le meilleur technicien de surface, Justin Flanagan. »

Justin afficha alors un sourire franc. Cette touche d’humour c’était sa façon à lui de prouver que l’incident était passé. Le jeune homme était franc et direct mais cela ne l’empêchait pas d’effacer vite les choses.
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MessageSujet: Re: narrow world | justin   Ven 22 Déc - 0:46



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« Je travaille aussi à la caserne des pompiers et pour des particuliers. » Ce à quoi il acquiesce simplement, venant un peu mieux lui faire face. Andrew n'a pas conscience de la portée de ses mots, de la portée de sa tenue. Parce qu'il fut habitué à ce monde, à cette luxure qui ne touche pas forcément tout le monde. Et, égoïste, égocentrique, la manière de vivre du reste du monde ne le touche pas plus que ça ne le devrait. Raison pour laquelle il ne s'est pas arrêté, raison pour laquelle il ne s'est pas soucié de l'impact que ça pourrait avoir sur son nouvel invité. Et tandis qu'il essaie de voir comment rebondir, comme essayer de ne pas le coincer, Andrew se fait devancer, laissant le petit jeune s'exprimer. « J’voulais pas vous paraître agressif simplement j’ai pas choisi ce métier par grandeur d’âme. C’est tout ce que j’pouvais faire avec mon niveau d’études. Mais c’pas pour autant que je considère que c’est un petit métier… » Et il n'aura fallu que de ces précisions pour comprendre qu'un faux-pas fut fait. Linch plisse les yeux, fronçant les sourcils jusqu'à pleinement comprendre, jusqu'à voir la portée colossale que pourraient avoir ses derniers dires. Un soupire à son tour et son regard qui, néanmoins, ne s'en défait pas de sa présence. Andrew cherche ses mots, ne serait-ce qu'une phrase pour remettre en place les pensées qu'il pouvait avoir à cet instant-là. Non, bien-sûr que non, rien de négatif, rien qui soit à prendre trop mal. Et, finalement, son interlocuteur ne paraît pas plus outré qu'il n'aurait pu l'être, réajustant peut-être les choses ; en tout cas, Andrew choisit de le voir ainsi. « Au moins, avec ce travail, j’ai du temps pour moi. » Bon point, vision tout à fait honorable. Quelque-chose qu'il aurait aimé pouvoir prôner, dans un sens. Parce qu'il en manque, de temps pour lui, parce qu'il lui arrive d'imaginer comment aurait été les choses s'il avait choisi cette route malgré la présence de sa fille ; si tout avait été différent. Si tout était différent. Tout aurait dû l'être. Un maigre sourire et une attention qui se défait quelques secondes le temps qu'il y songe à ce temps qu'il n'aura plus, ce temps sur lequel il s'est risqué à faire une croix ; en connaissance de cause. Parce qu'il relève ses traits, parce qu'il laisse cette brève étincelle de regret s'éteindre dans son coin, le regard de nouveau sur sa compagnie dont la voix retentit. « Et si vous avez b’soin d’un coup de ménage chez vous, hésitez pas à passer par l’agence et à demander le meilleur technicien de surface, Justin Flanagan. » Ah, oui, voilà, Justin. Il savait bien que son nom n'était pas des plus compliqués à retenir ; même si ce n'est pas forcément son truc.

Un sourire s'offre finalement au jeune homme, à celui qui laisse son trait d'humour apaiser les erreurs tout juste commises. Et Andrew le saisit, cet instant précis, laissant sa présence se faire un peu plus accessible, un peu plus ouverte, sa personne un  peu plus tournée vers lui maintenant qu'il sait que cette âme-là soit si approchable. « J'y manquerai pas, du coup. Je n'ai entendu personne se plaindre de vous jusqu'à maintenant. J'avoue que c'est encourageant et que ça mérite réflexion. » Parce qu'il n'a pas forcément le temps d'être chez lui, parce qu'il y songe et que cette initiative pourrait être, en soit, une bonne chose. Pour un potentiel temps libre, qui sait. Un sourire, une idée qui s'estompe quand ses pensées se tournent vers une toute autre personne qui, peut-être, pourrait en avoir besoin. Car cette femme-là, oh cette femme-là ; Andrew en possède déjà un sourire sincère et délicat, plus sympathique qu'il n'avait pu l'être jusqu'à ce moment-là. « Je connais peut-être une amie que ça intéresserait, en tout cas. » Il s'y risque, il vient oser ce sujet, cette pente-ci malgré sa manière de parler dérangeante d'un peu plus tôt. Décidé à ne pas s'en formaliser, à suivre cette légère discussion, première également, avec celui qui, aussitôt, semble relever les yeux vers lui. « Disons qu'elle a eut quelques soucis, par le passé ; une pause, une pensée, le rappel constant qu'il faudrait qu'il lui accorde également un peu plus de temps. Et elle a de la surface à s'occuper. Je lui en parlerai, à l'occasion. C'est une très bonne amie. » Vient-il confier, aussi sûr qu'il puisse l'être d'ordinaire. Aider Maxime tout en offrant un peu plus d'heures payées à celui dont il vient d'en parler, ce ne serait qu'une bonne chose, une bonne action faite sans avoir à pleinement y réfléchir, sans avoir à – cette fois – user de ses mains jusqu'à se les salir. « Vous souhaitez que je vous note son nom, si jamais on vous appelle ? » Et il ne lui laisse pas vraiment le temps d'accepter, s'élevant déjà pour récupérer du papier, sortant l'un de ses stylos de ses poches pour inscrire le nom de Mlle Maxime Adler sur ce qu'il termine par lui tendre. « Je pourrais lui passer le mot. » Parce qu'il est encore loin d'imaginer que, parfois, le monde peut être petit ; que parfois, il ne suffit que de quelques rues pour retrouver des visages familiers. Il ne se souvient pas de l'avoir vu quelque part et pourtant, pourtant Justin lui rappelle quelques vagues souvenirs différents de ces lieux, différent de sa prison. Comme lorsqu'il se risquait à s'offrir quelques heures de répit, rien qu'un semblant de vraie vie. Ce dont il manque affreusement, ce qui ici, sans qu'il ne soit encore à même de le savoir, lui fait défaut. Trop loin des autres, de ceux dont il appréciait la compagnie.      

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MessageSujet: Re: narrow world | justin   Mer 27 Déc - 14:53

S’il y avait eu quelques secondes un peu plus tendues dans l’échange avec M. Linch, la pression était vite redescendue, pour le plus grand plaisir de Justin. Il n’aimait pas spécialement les conflits et encore moins avec ses employeurs. Le jeune homme n’avait pas envie de s’emporter et de se retrouver dans une situation qu’il pourrait regretter par la suite. Son travail, il en avait besoin et si l’hôpital n’était pas son seul lieu d’action, l’entreprise qui l’employait pourrait très bien sévir s’il gâchait leur relation avec un si bon client. Justin avait donc tenté de se reprendre et ça fonctionnait. D’autant qu’il devait être honnête, cela se sentait que l’homme qu’il avait en face de lui n’avait pas vraiment cherché à entrer en conflit ou à le dévaloriser. De la maladresse sans doute, en tout cas, c’était ce qu’il préférait se figurer. Le technicien de surface avait donc enchaîné, vantant avec humour ses qualités professionnelles. Le directeur de l’hôpital retrouva le sourire et lui répondit avec douceur, signalant au passage que personne ne s’était jamais plaint du travail de Justin. Ce dernier afficha alors un sourire franc.

« Ah ça, j’suis bien content de l’entendre ! »

M. Linch ne s’arrêta cependant pas là, se mettant apparemment à réfléchir à la proposition de Justin avec plus de sérieux. Il commença alors à évoquer une de ses amies ayant de l’espace à nettoyer et ayant apparemment eu des soucis par le passé, sans qu’il n’en donne plus de détails. Le jeune homme l’écoutait avec attention et alors qu’il lui proposait de noter le nom de la personne, il s’apprêtait à le remercier et lui dire que ça l’intéressait de manière diplomate mais il n’eut même pas le temps de le faire. Le directeur était déjà en train de sortir un bout de papier et un stylo de sa poche et de griffonner un nom. Justin sentit alors son rythme cardiaque s’accélérer. Il attrapa fébrilement le morceau de papier que l’homme lui tendait et son regard se posa dessus. Il déglutit. Il avait envisagé de ranger le papier rapidement, ça aurait été le mieux à faire mais maintenant qu’il avait posé ses yeux sur les lettres dessinées sur le papier… Il pouvait encore faire semblant de l’avoir lu, le remercier et passer à autre chose. Oui, c’était la meilleure solution. Pourtant, quelque chose l’intriguait dans les formes qu’il avait sous les yeux. Il fronça alors les sourcils, faisant mine de réfléchir alors qu’en réalité, il se concentrait intensément pour réussir à lire. Enfin, les lettres prirent du sens dans son esprit, il n’avait décrypté que le nom de famille mais cela avait suffit pour que la connexion se fasse dans son esprit.

« S’cusez moi, ce nom me disait quelque chose. »

Comment justifier le laps de temps qui s’était écoulé. Le cœur de Justin battait toujours vite, il détestait ce genre de situations, il détestait se retrouver à devoir lire devant les autres mais sur le coup, il pensait réussir à s’en sortir. Il embraya donc pour ne pas laisser le temps à M. Linch de se poser trop de questions et surtout, de les formuler à voix haute.

« Je connais Mme Adler, je travaille déjà pour elle. »

Justin reprenait alors petit à petit son calme et le dessus sur ses émotions. Le moment de gêne était passé et il arrivait à se convaincre que le directeur de l’hôpital n’avait pas compris ce qu’il se passait. Il avait juste dû penser qu’il était un peu étourdi et qu’il lui arrivait d’oublier le nom de ses employeurs. Cela ne le faisait certes pas passer pour une flèche mais c’était toujours mieux que d’exposer à la face du monde son souci avec les mots. Justin ne voulait surtout pas que ça se sache et il craignait aussi ses réactions si on le mettait face à la vérité. C’était son secret, sa plus grande faiblesse aussi en un sens.

« C’est vrai qu’elle a une sacrée surface à entretenir. »

Justin n’était pas le seul à travailler là-bas, M. Adler avait des domestiques personnels et il avait l’impression d’être projeté dans un monde parallèle quand il allait là-bas. Ca n’avait clairement rien à voir avec ce que lui connaissait, la comparaison des milieux était assez rude. Le fait que M. Linch et Mme Adler soient amis éclairait mieux les choses. Justin comprenait alors plus logiquement les propos que le directeur lui avait tenus auparavant. Ils n’étaient pas du même monde, c’était certain à présent.
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MessageSujet: Re: narrow world | justin   Lun 1 Jan - 16:16



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EXORDIUM.
C'est dans ses pensées qu'il se perd un instant, un court instant. C'est vers celles-ci qu'il se risque à réfléchir, se souvenant de la dernière fois qu'il se soit autorisé à sortir, à parler, à rire ; à tout laisser pour ne s'occuper que de sa santé. Et Andrew en sourit presque de nostalgie avant d'en revenir au songeur qui lui fait face, à celui dont les sourcils se sont froncés un fois le nom délivré. « S’cusez moi, ce nom me disait quelque chose. » Il lève l'une de ses mains comme pour lui faire entendre que ce n'est rien, comme pour lui faire savoir qu'il n'attend pas à ce qu'il n'en vienne à sauter de joie. Il connaît le domaine Adler et sait ce que ça représente, assez pour pardonner au jeune homme son manque possible d'enthousiasme s'il y travaille déjà ; bien qu'il n'y soit pas le seul. Et, finalement. « Je connais Mme Adler, je travaille déjà pour elle. » Un peu de surprise, tout de même, parce qu'il s'y attendait à sa tête bien que sans pleinement se l'imaginer. Et là, enfin, ces idées concernant un monde rétrécie se fait plus vives qu'alors, plus sûres, plus vraies ; plus qu'il ne pouvait l'imaginer, songeant à Maxime et les heures, les jours qui se sont écoulées depuis la dernière fois qu'il s'y soit risqué. Il n'a passé que trop de temps enfermé, à errer dans ces couloirs décolorés. Tout est à rattraper, tout est à réarranger. « C’est vrai qu’elle a une sacrée surface à entretenir. » Un rire, une approbation. Andrew acquiesce dans la foulée parce qu'il sait de quoi ils sont en train de parler pour y avoir souvent été. Maxime a toujours été une amie chère à son cœur, à ses yeux, à son être tout entier. Parce qu'ils ont été élevé ensemble fut un temps, parce qu'ils ont appris à vivre dans un monde qui leur semblait parfois bien trop décalé. Il l'apprécie parce qu'elle est la seule qui soit à même de comprendre ce dans quoi il s'enterre depuis la disparition de sa fille, depuis les obsèques, depuis que la vie a reprit sans qu'elle n'en fasse encore partie. C'est une nouvelle nostalgie qui vient s'imprimer le long de ses traits, une nouvelle dose de tristesse qui emplie ses traits. Andrew se laisse aisément submergé, fatigué, pris de court par tout ce qu'il doit encore préparer. Les fêtes approchent et le pire est à prévoir. C'est finalement sur cette note bien moins jolie qu'il s'arrête, sur cette note-là qu'il décide de faire abstraction de tous ces mots, tous ces maux, qui pouvaient jusqu'alors se balader librement dans son esprit. Non, son attention ne s'en retourne qu'au jeune homme, qu'à sa présence, qu'à ce qu'il vient de dire, qu'à ce point qu'ils ont finalement en commun.

« Eh bien, je ne m'inquiète plus pour vous, alors. » Qu'il vient souffler, qu'il vient faire entendre tandis qu'il se redresse un peu, osant tester son café bien qu'il ne soit légèrement passé. Linch s'essaie à réprimer quelques manières, Andrew s'essaie à faire taire tout ce qu'il pourrait avoir à redire sur les qualités de ce qu'ils viennent servir ici. Mais tout lui rappelle que ses deux vies, celles qu'il mène à intervalle de temps n'ont rien à voir l'une et l'autre. Tout n'a jamais coïncidé, tout n'a jamais vraiment fonctionné ensemble. Il est habitué à son luxe, avare de ce qu'il gagne, de ce qu'il possède, de ce titre qu'il chérit et qui ne fait que renforcer son égocentrisme. Non, Andrew fait au mieux pour ne pas se faire désagréable, pour ne pas s'attirer le méprit du plus jeune qu'il en vient à respecter, un peu plus. Celui à qui il offre davantage d'estime maintenant qu'il sait où ses pas le conduisent parfois. « Je saurai lui faire remarquer que vous êtes bien plus agréable qu'il n'y paraît. » Et il le pense, sincèrement, même malgré la faille qui les sépare, toutes ces choses qui leur sont propres et qui, en soit, sont encore loin d'être similaires. Parler ainsi, le plus naturellement du monde, lui avait manqué. Parce qu'il s'est passé bien des choses, bien des souvenirs, parce qu'il a eut a essuyer une année de plus sans une petite partie de lui, sans toutes les images qu'il s'était imaginé quant à cet avenir entrepris. Tout est différent et, cette infirme partie de sociabilité parvient à lui rappeler qu'il ne fait pour l'instant qu'errer ; bêtement, vraiment. « Et, du coup, vous y travaillez depuis longtemps ? » Parce qu'il s'y intéresse désormais, parce qu'il pourrait avoir quelques nouvelles au-travers lui. Il connaît le caractère de Maxime, il sait les piques qu'elle n'hésite pas à lancer, à ancrer en ceux qui se risquent jusqu'à elle après quelques instants de silence. Bien-sûr, il le sait pour faire de même. Mais les rôles, là, le mettent lui en tord. Néanmoins, il s'y risque. Il ose, Andrew s'en redresse. « Vous la voyez assez pour me dire comment elle se porte, ou pas ? » La voix qui vient trahir un intérêt un peu gêné, quelque-chose qui se fait rare mais ça vient impliquer une personne qui lui est cher alors Andrew s'attendrit, Andrew perd de cet orgueil d'ordinaire si visible, de cette assurance toute aussi voyante. C'est pouvoir jauger à quel point l'accueil pourrait être piquant, à quel point Maxime pourrait lui en vouloir au vu de son absence néanmoins légitime. Les personnes en ces lieux ont également besoin de lui, parce qu'en sa gestion réside leur misérable vie ; celles qu'il se doit de faire tenir, celles qu'il se doit de faire perdurer parce qu'elles importent, tout autant que la sienne.       

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MessageSujet: Re: narrow world | justin   Mar 9 Jan - 21:57

Le rire de M. Linch à sa remarque sur la surface possédée par Mme Adler avait légèrement surpris Justin. C’était sans doute idiot et c’était à son tour de se monter des films et d’avoir d’énormes préjugés mais il ne l’imaginait que difficilement rire, avoir un comportement simple… Il sentait bien que cet homme n’était pas dans le même monde que le sien et si cela ne l’avait nullement empêché d’entamer cette conversation, oui, il s’était fait surprendre. Il n’était cependant pas du genre à s’attarder sur ce genre de détails et le jeune homme avait donc sourit généreusement en réponse. Le directeur de l’hôpital avait alors déclaré qu’il ne s’inquiétait plus pour lui et Justin s’était contenté d’hausser les épaules. Oui, Mme Adler proposait une somme tout à fait respectable pour les ménages chez elle et le fait d’avoir obtenu cette mission était plutôt un avantage pour Justin. Il n’avait pas non plus pour autant un train de vie luxueux mais clairement, il ne se considérait pas comme à plaindre. Des gens dans la merde, il en voyait régulièrement, il en connaissait même pas mal. Lui avait un toit sur la tête et de quoi se nourrir tous les jours, à partir de là en effet, il jugeait que personne n’avait à s’en faire pour lui.

M. Linch continua alors sur sa lancée, expliquant qu’il communiquerait à Mme Adler, qui était son amie, qu’il était plus agréable qu’il n’y paraissait. Autant dire que cette phrase interpella Justin. Qu’est-ce qu’il entendait par là ? Est-ce que ça voulait dire qu’il n’avait pas l’air agréable ? Justin était du genre à sourire et à être toujours poli, était-ce son rang social qui le rendait en apparence peu sympathique ? Ne voulant cependant pas se monter la tête et ne surtout pas transformer cette conversation en cauchemar, il sourit.

« Merci. »

L’important c’était que le directeur de l’hôpital l’apprécie et qu’il le fasse savoir à son amie, c’était toujours bon à prendre. D’autant que si Mme Adler s’était toujours bien comportée avec lui, il y avait quelque chose chez elle qui le dérangeait. Elle l’inquiétait ou plutôt, elle l’impressionnait. Cette femme dégageait quelque chose qu’il n’arrivait pas à qualifier. Il essayait la plupart du temps de ne pas trop être confronté à elle et surtout, de répondre à ses exigences. Il craignait toujours qu’elle ne l’observe en train de travailler, se demandant si elle n’allait pas trouver quelque chose à redire… Oui pour être honnête, ce n’était pas durant ces heures là qu’il était le plus détendu. Justin se reconcentra cependant sur l’instant présent. M. Linch lui demanda alors depuis combien de temps il travaillait pour Mme Adler et il se mit à réfléchir.

« Ça doit faire un an, je crois, à peu près… »

A vrai dire, il ne se souvenait pas parfaitement, vivant les jours un par un. La question que le directeur lui posa ensuite le surprit. Ce dernier lui demandait s’il pouvait lui dire comment se portait son amie. Si elle était bien son amie, il pouvait lui demander lui-même, non ? Aux yeux de Justin cela semblait parfaitement logique il se garda cependant de faire le moindre commentaire.

« J’la croise régulièrement oui et elle m’a l’air… Normale enfin comme d’habitude. »

Justin haussa alors les épaules. Il n’était pas spécialement doué pour déceler les humeurs des gens lorsque ces derniers cherchaient à les cacher. Pire, comme il fuyait plus Mme Adler qu’autre chose, il aurait été incapable de dire ce qu’elle pouvait bien ressentir. Il ne put alors s’empêcher de se demander ce à quoi pouvaient ressembler les conversations entre le directeur de l’hôpital et son autre employeur. Est-ce qu’ils avaient de longues discussions sur des sujets savants et peu compréhensibles pour le commun des mortels ? Oui, il les voyait bien discuter en buvant du thé, levant le petit doigt et sortant des mots dont il ignorait parfaitement l’existence. Cette image mentale avait d’ailleurs quelque chose d’assez amusant mais il se retint cependant de rire ou de signifier à son interlocuteur qu’il était en train d’imaginer une scène farfelue dans sa tête. Justin n’oubliait pas qu’il parlait avec son supérieur et qu’il y avait certaines choses qui avaient tout intérêt à rester secrètes.

« J’vous avoue que déceler les humeurs c’est pas mon fort et elle ne se confie pas vraiment à moi. »

Justin sourit alors, affichant un air légèrement amusé. Imaginer qu’une femme comme Mme Adler puisse se confier à lui… Cela paraissait complètement improbable. Elle avait l’air bien trop fière bien trop… Différente de lui. Le monde qu’il y avait entre eux ne tenait pas seulement au côté un peu impressionnable de Justin. En tout cas, il était désolé de décevoir le directeur mais il ne voyait pas trop ce qu’il pouvait lui apporter comme information. Il avait hésité à ajouter qu’il pouvait tout à fait l’appeler pour savoir, prendre de ses nouvelles ou aller la voir mais il craignait que cela soit mal pris. Le jeune homme s’était donc contenté d’un sourire.
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MessageSujet: Re: narrow world | justin   Dim 14 Jan - 13:30



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« Ça doit faire un an, je crois, à peu près… » Un an, déjà. Il soupire en y songeant, conscient du peu de temps qu'il est en mesure d'accorder à ses amis ; même les plus proches. Durant quelques secondes, quelques fractions de temps, Andrew s'en sent coupable. Parce qu'il l'aurait su s'il ne s'était pas autant perdu dans son travail, dans tout ce qu'il doit rattraper, tout ce qu'il doit désormais faire fonctionner. Et, finalement, le petit jeune auquel il fait face se fait d'un intérêt plus grand. Parce qu'il l'écoute désormais avec attention, parce qu'il l'écoute avec beaucoup de soin en sachant tout ce qu'il pourrait savoir à défaut d'aller la voir. Et, en un sens, Linch s'avoue rassurer de voir des employés motivés pour cette amie ravagée. « J’la croise régulièrement oui et elle m’a l’air… Normale enfin comme d’habitude. » Comme d'habitude, c'est déjà une précision importante dans l'idée qu'Andrew s'en était fait. Elle a cette force qu'on ne pourrait lui nier, cette incroyable détermination à se relever. Et Linch en sourie, silencieusement, acquiesçant aux dires de Justin qui, il le comprend, ne s'étale pas plus que ça. « J’vous avoue que déceler les humeurs c’est pas mon fort et elle ne se confie pas vraiment à moi. » Et en ça, il la reconnaît bien. C'est ce qui permet à son sourire de s’accroître légèrement, peut-être autant que celui que son interlocuteur vient lui offrir, quelque-chose de sincère et d'efficace. Non, il n'irait pas se faire de fausses idées en disant qu'il lui paraît bien sympathique, bien agréable à côtoyer. Il n'a pas cet air mesquin que beaucoup peuvent avoir à son égard, tout comme à celui de Maxime ou Irene par exemple. Non, c'est différent, à la limite de l'insolence. Parce qu'il ne s'en soucie que peu, parce qu'il n'y prête pas une attention particulière comme dans l'espoir d'éblouir. Des mondes à part, une vie qu'Andrew irait presque envier, parfois, quand les rendez-vous se font nombreux et que les sorties n'en finissent pas, que les donations se font nécessaires et les apparences publiques également. Un soupire, un sourire et des commentaires qu'il garde pour lui, des commentaires qu'il ne fera pas parce qu'il n'en a pas le droit, pas ici, pas de cette manière en sachant l'impression que ça pourrait venir donner. Aussi, comme rarement, Andrew bataille contre ses habitudes, contre tout ce qui pourrait lui échapper, cherchant à ne pas rendre les choses plus bizarres à gérer, toutes ces nouvelles tout juste données.

« Ça me rassure de savoir quelqu'un comme vous chez elle. » Ose-t-il néanmoins faire entendre, offrant un sourire, une attention particulière à celui qu'il désigne en même temps que ses mots ne s'estompent. Et, dans un bref élan de conscience, il se rend compte du double-sens de ses mots, une fois de plus. Andrew en grimace, se réinstallant à sa place en levant déjà l'une de ses mains comme pour prévenir qu'il a encore certaines choses à dire, certaines choses à faire savoir histoire que rien ne soit pris méchamment ; là n'est pas le but, bien au contraire. « Je veux dire, vous m'avez l'air sympathique, très agréable. Vous ne semblez pas être l'un de ces employés que l'on garde pour son efficacité mais dont on se passerait bien question amabilité. » Qu'il vient faire entendre, désireux d'ajouter ces détails à ses songes parce qu'il tient à ce qu'il les entende, parce qu'il tient à ce que rien ne soit gardé ; du moins, pas les plus simples banalités. Et ça a le mérite d'être clair, d'offrir un sourire à celui qui écoute, qui se fait attentif à ce qu'il entend et qui, en soit, procure un sentiment satisfaisant à Linch qui ne s'en cache pas ; comme toujours, en fait, malgré lui. « Comptez sur moi pour le lui faire passer ces mots, d'ailleurs. Vous m'avez l'air d'un brave type. » Sa voix s'élance dans l'espace qu'ils animent tous deux tandis qu'Andrew se laisse, tandis qu'il se sert de nouveau de quoi grignoter en sachant que la soirée pourrait – pour lui – ne pas de suite se terminer. « Et si je peux faire quoi que ce soit pour vous arranger, il ne faut pas hésiter. » Parce qu'il y tient à son image, parce qu'il tient à faire entendre qu'il peut être comme tant d'autres ; bien que ce ne soit pas aussi aisé qu'il ne le pensait. Car faire attention à ses mots, à ses gestes, à ses remarques ; tout ça lui paraît si loin. Trop loin. Habitué à faire comme bon lui semble, à faire entendre ce qu'il souhaite faire comprendre. Mais pas là, pas comme il avait pu le faire d'autres fois. « Car sachant désormais vos déplacements là-bas, j'imagine que nous serons amené à davantage nous croiser. » Ou peut-être pas, qui sait. Mais Linch a toujours aimé faire valoir sa présence et il ne reviendra jamais sur ces habitudes tenaces. C'est plus fort que lui, là à ronger chacune de ses envies. Andrew s'y est plié, rapidement, assez pour finalement dire qu'à l'encontre de ce mode de vie, il se soit fait bien accueillant. « Néanmoins, quoi que vous souhaitiez, je saurais vous rendre la vie plus facile. » C'est, sans s'en rendre compte, sa manière de se mettre le plus jeune dans la poche, sa manière de s'assurer qu'il puisse être davantage efficace, davantage observateur à l'encontre d'une amie pour qui il n'a pas encore le loisir d'offrir quelques heures. C'est le prendre sous son aile, en soit, d'une façon ou d'une autre.        

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MessageSujet: Re: narrow world | justin   Sam 20 Jan - 17:13

C’était comme si de seconde en seconde, la différence qui existait entre M. Linch et lui se faisait plus voyante, plus présente. Le fait qu’il soit ami avec Mme Adler n’y était peut-être pas pour rien. Justin savait bien que cette femme était dans un autre monde que le sien, qu’ils n’avaient pas connu les mêmes préoccupations, le même quotidien. Le directeur de l’hôpital était donc plus de cet ailleurs que de son quotidien et en soit, cela n’avait rien de très étonnant. Pour autant, les mots employés par son supérieur ne faisaient que le mettre davantage en lumière, de manière parfois assez maladroite. Justin n’avait pas retenu une grimace alors que M. Linch déclarait qu’il était appréciable de savoir quelqu’un comme lui aux côtés de son ami. Quelqu’un comme lui ? Une fois de plus, le technicien de surface n’était pas certain de savoir comment il devait interpréter ces mots. Quelqu’un comme lui ? Quelqu’un de simplet et de bonhomme, c’était ça qu’il sous-entendait ? Cette fois encore, Justin ne voulait pas se braquer trop vite et ne répondit pas du tac au tac comme il en avait pourtant l’habitude. Le directeur de l’hôpital avait d’ailleurs levé les mains, comme pour lui montrer qu’effectivement, il ne fallait pas s’arrêter au double sens étrange que pouvaient avoir ses propos. Le directeur finit donc par enchaîner, expliquant un peu plus ses propos et cette fois, le technicien de surface ne put retenir un léger rire. Plus aucun doute n’était possible. Il avait l’impression que l’homme en face de lui parlait des employés comme des petits chiens qui se devaient d’être bien gentils, bien aimables, bien souriants. Justin avait toujours le sourire aux lèvres et était toujours aimable avec ses employeurs mais parce qu’il était bien dans sa tête. Il savait ce que vivaient certains de ses collègues, les situations difficiles auxquelles ils étaient confrontés et il comprenait bien que parfois, le sourire reste dans leur poche. Mais ça, M. Linch pouvait-il le comprendre ? Ce que c’était que d’être regardé de haut, qu’on vous demande de faire votre travail « et avec le sourire s’il vous plait » pour un salaire de misère ? Justin n’avait cependant pas les mots justes pour défendre la cause de ses collègues, simplement des réactions sourdes, un peu violentes. Quelque chose qui lui venait des tripes et qu’il aurait été incapable d’exprimer autrement. M. Linch cependant avait désamorcé la bombe en enchaînant de nouveau et en expliquant qu’il avait l’intention de transmettre le fond de sa pensée à Mme Adler et qu’il était prêt à l’aider s’il avait besoin de quelque chose.


« C’est gentil, merci. »


Justin avait alors hoché la tête, comme pour compléter ses propos. M. Linch lui soulignait le fait qu’ils seraient désormais peut-être à même de se faire plus souvent. Justin en sont for intérieur ne voyait pas en quoi le fait qu’il soit au courant qu’il travaillait chez Mme Adler changerait la fréquence de leurs rencontres mais il se garda bien de tout commentaire, sentant bien une certaine amertume chez lui qui ne devait pas être exprimée. Pas maintenant et pas comme ça en tout cas. D’autant que le directeur de l’hôpital réaffirmait une fois de plus son envie de l’aider au besoin. Justin afficha un sourire qui cette fois était profondément amusé. Sans aucun arrière pensé cependant l’espace de quelques secondes il avait eu l’impression d’être dans un vrai film de mafieux et l’image l’avait amusé.

« Ce café était déjà un bon moyen de rendre ma journée plus sympathique ! »

Justin sourit en montrant le gobelet désormais vide. Il se leva alors, le gobelet à la main avec l’intention d’aller le jeter dans une poubelle. Il aurait été profondément ironique qu’il se mette à laisser traîner ce genre de déchets. Jetant un regard aux alentours, il revint finalement vers le directeur.

« J’vais retourner passer un dernier coup dans le couloir, encore merci pour le café. »

Justin tendit alors sa main libre à M. Linch pour la serrer avant de se détourner et de prendre la direction du couloir. Cette entrevue l’avait légèrement déstabilisé. Il avait trouvé le directeur sincèrement agréable avec lui et il lui semblait qu’il cherchait sincèrement à être sympathique pour autant… Pour autant il lui restait un petit goût amer, l’impression étrange que cet homme lui parlait comme s’il était un spécimen rare, une sorte d’indigène qu’il trouvait bien brave mais qu’au fond, il ne respectait que de manière biaisée. Pensant le connaître, pensant savoir comment il fonctionnait… C’était étrange et clairement, le jeune homme n’avait pas envie de se pourrir la tête avec ça. Il chassa donc ces idées de son esprit et se mit à fredonner, retournant à son balai le sourire aux lèvres, comme toujours.
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MessageSujet: Re: narrow world | justin   Dim 21 Jan - 15:52



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« C’est gentil, merci. »  Des mots auxquels il ne rend qu'un simple sourire, cette crainte d'en faire peut-être un peu trop à l'esprit. Parce qu'il sait les circonstances, la raison pour laquelle il agit un peu différemment. L'esprit de noël n'a pas forcément un bon impact sur sa misérable personne en ces instants. Néanmoins, il essaie de passer au dessus, venant perdre son regard sur le jeune homme qui, de nouveau, s'anime un peu plus. Il n'en dit rien, ne le retient pas, sachant qu'il ne peut pas non plus abuser des bonnes choses. Il sait se faire assidu, concentré, prêt à tout pour ne rien louper ; de ce qu'il a su remarquer, une qualité honorable qu'il a su lui flatter. « Ce café était déjà un bon moyen de rendre ma journée plus sympathique ! » Ce qu'il désigne, le gobelet désormais vide. Andrew lui adresse un geste poli de la tête comme pour lui faire entendre que ce n'est rien, ou du moins la moindre des choses. Il apprécie à rendre son image plus sympathique, il apprécie à faire entendre qu'il n'est pas forcément le tyran qu'on peint parfois dans quelques discussions trop ouvertes. Alors Linch laisse faire, retrouvant sa hauteur comme le jeune homme retrouve la sienne, se débarrassant de son verre dans la foulée. « J’vais retourner passer un dernier coup dans le couloir, encore merci pour le café. » Et cette main qui se lève à son encontre, celle que Andrew vient serrer aussitôt en l'écoutant simplement le remercier ; chose qu'il n'attend pas forcément, pensant seulement à bien faire. « C'était avec plaisir. » Qu'il répond simplement, le laissant se détourner de sa personne qui, quant à lui, retrouve les couloirs opposés à ceux que Justin était en train de balayer. Il arpente les couloirs, se souvenant des compliments de ce dernier concernant ses efforts à rendre l'endroit un peu plus accueillant, un peu plus festif. Il est parvenu à lui offrir une certaine assurance concernant ces choix-là et c'est la raison pour laquelle il laisse un sourire s'activer contre ses traits en regagnant son bureau. Et il y songe, à cette amie chez qui il gagne également sa vie. Il y songe, se souvenant qu'il lui serait peut-être temps de s'offrir le luxe d'une visite. Une petite heure, si ce n'est pas plus. Les soirées en sa compagnie se sont faites un peu plus rares dernièrement et il fera au mieux pour réparer cela, sachant que deux à trois mots sont à dire sur ceux qui arpentent les couloirs de son immeuble propriété. Il saura rendre la vie de Flanagan un peu plus aisée, il essaiera en tout cas ; parce qu'il ne lui inspire que confiance, que bon sens et, en ce moment, ces âmes-là commencent à se faire rares. Alors il mettra du cœur à cet ouvrage, il fera en sorte que tout aille en son sens concernant ce qu'il aimerait pour ce jeune homme-là. On ne peut que récompenser le courage et, lui, en est plus que doté.

END.
       

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