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 (flashback) A guilty conscience never sleeps. || (Jakob)

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MessageSujet: (flashback) A guilty conscience never sleeps. || (Jakob)   Mar 26 Déc - 11:26

A guilty conscience never sleeps.



Comté de Dixmoor - 16 septembre 2017

Lumière éteinte, corps à moitié dénudé, puisque paré d'un simple shorty noir et d'un débardeur de la même couleur, glissé sous les draps. Les yeux de Rose fixent le plafond de cette chambre qu'elle tente de faire sienne depuis maintenant près de deux semaines. Une quinzaine de jours qui auraient pu être suffisants pour qu'elle se sente chez elle mais qui ne l'ont pas été. Peut-être parce qu'elle a besoin de beaucoup de temps. Peut-être parce que Jake n'est pas assez présent. Peut-être parce qu'elle s'est imaginée, à tort, qu'il allait mettre sa vie entre parenthèses à son retour à elle pour être à ses côtés, le temps qu'elle se remette, ou qu'elle commence à se remettre. Le temps qu'elle reprenne pieds, ou qu'elle commence à reprendre pieds. Alors, les moments partagés, bien qu'ils soient tout ce dont elle a besoin, ne sont pas assez nombreux. Il n'est cependant pas responsable. Non. Comment lui tenir rigueur de cela alors qu'il l'a déjà acceptée chez lui ? Alors qu'il fait tout ce qu'il peut ? Ce qui la ronge, ce qui lui fait tant de mal, elle en est responsable. Elle et d'autres mais certainement pas Jake. Elle ne peut nier penser à lui. Au fait qu'il soit dans la chambre juste à côté. Elle ne peut nier vouloir plus. Elle ne peut nier vouloir ses bras, pas forcément pour ce qui lui fait envie depuis des années maintenant, juste pour pouvoir... Ne plus être seule. Ne pas traverser ça seule. Et pourtant, il le faut, parce que se raccrocher à quelqu'un est sans doute la pire chose à faire car les démons seront toujours là même quand ce quelqu'un auquel elle se sera accrochée sera parti. Elle doit faire face seule ou ne pas faire face du tout. Et c'est sur cette pensée que les yeux se ferment et qu'elle trouve le sommeil.

Agité.

|-|-|

Un genou à terre, elle fait face à une petite fille. Fusil à l'épaule mais mains libres qui tiennent ce qui ressemble à une toute petite poupée de chiffon. La petite Naila sourit, visiblement ravie que le cadeau fait de ses petites mains plaise à Rose. Un merci de la part de Rose dans la langue natale de Naila qui vient se blottir dans les bras de la militaire. Elle range alors avec précaution la petite poupée de chiffon à l'intérieur de sa veste. Instant doux. Tendre. Brisé soudain par une explosion. Et c'est le néant. Jusqu'à ce que la voix de Naila lui parvienne au loin. Jusqu'à ce que la voix de la petite parvienne à surpasser le bourdonnement infernal de ses oreilles alors qu'elle reprend connaissance. Lorsqu'elle rouvre les yeux, à travers la poussière et la fumée, elle voit la petite Naila, mains accrochées au gilet pare-balle de la militaire, qui la secoue, qui lui intime à travers ses larmes de se réveiller. Quelques secondes encore pour que Rose reprenne pleinement conscience et elle se redresse doucement. Assise au sol, elle secoue la tête, passe sa main droite sur sa joue poisseuse de sang à cause d'une profonde coupure au coin de l'oeil qu'elle ne sent même pas en fait. Elle porte son regard sur Naila, s'assure qu'elle va bien et si ce n'est quelques écorchures, l'enfant va bien. Physiquement s'entend. Les larmes sont là. Le traumatisme est là. Un de plus. Elle s'accroche à Rose qu, elle, détourne son regard pour observer autour d'elle.

L'horreur.

« Non... Non... » elle souffle en tenant la petite contre elle.

De l'orphelinat, elle ne voit plus que des décombres. Certains murs ont tenu le coup mais... Les cris. Les pleurs. Il faut qu'elle y aille. Il faut qu'elle aille aider. Les enfants. Ses frères et sœurs d'armes qui se trouvaient là. Il faut qu'elle y aille. Alors elle se retourne vers Naila, la calme, lui explique qu'elle doit aller se mettre à l'abri, même si dans le fond Rose a bien conscience que nul abri n'est sûr ici, et lui promet de revenir la trouver quand elle aura fini d'aider. La petite proteste, s'accroche un peu plus mais finit par céder. C'est la peur au ventre qu'elle s'éloigne et Rose, elle, a le cœur serré parce qu'elle a peur. Peur de ne pas la revoir en vie. Elle a cependant conscience que d'autres ont besoin d'aide. Alors, elle s'avance. Au cœur de la fumée, au cœur des cris, au corps des corps, elle s'avance et plus ses pas la rapprochent, plus l'horreur lui glace le sang. Pourtant, elle en a vu beaucoup. Elle en a fait beaucoup. Mais là... Là... C'est pire que tout. Pire que tout ce qu'elle a pu voir depuis ses quinze années de service au sein de l'armée. Elle enjambe les corps des siens, des enfants, ou ce qu'il en reste plus exactement, le cœur battant, une effroyable nausée qui lui tord l'estomac. Elle cherche. Des survivants. Elle finit par en trouver un au cœur des décombres. Un petit garçon qui ne doit pas être âgé de plus de cinq ans. Ce sont les pleurs du petit qui lui permettent de le localiser et quand elle parvient enfin jusqu'à lui, elle se fige un bref instant en voyant son état. Elle veut y croire. Croire qu'il va s'en sortir. Croire que des secours vont arriver assez rapidement. Et c'est pour ça qu'elle se précipite vers lui, qu'elle tente de contenir les hémorragies comme elle le peut.  Mains plaquées sur le torse du petit garçon, elle garde son regard fixé sur le visage de l'enfant, se refusant de regarder le reste de son corps, se refusant de regarder à nouveau ses jambes en miettes. Les secondes passent, les pleurs finissent par cesser. Le rythme auquel le torse du petit se soulevait jusque là ralentit. Ralentit. Ralentit. Au moment où le torse cesse de bouger, au moment où le cœur s'arrête, elle le voit, ce voile, ce voile sombre, opaque, s'installer dans les prunelles jusque là brillantes de l'enfant.

Elle voit la mort cette fois encore.
Cette fois de trop.

|-|-|

Réveil en sursaut. Elle sent son cœur cogner contre ses côtes. Sa respiration est difficile. Quelques secondes sans bouger, juste à fixer le plafond. Quelques secondes pendant lesquelles tout ce qu'elle vient de revoir se refait une place dans son esprit. Quelques secondes avant qu'elle ne s'effondre, les mains plaquées contre son visage pour essayer de contenir des sanglots qu'elle ne parvient pas à rendre silencieux, consciente que Jake est à côté et qu'il risque de l'entendre. Elle ne veut pas qu'il l'entende. Elle ne veut pas qu'il la voit comme ça. Pourtant, ils ont déjà partagé des moments durs mais là c'est pire et elle ne veut pas. Cette faiblesse, elle ne veut pas la lui montrer. Alors les mains viennent se plaquer contre sa bouche tandis qu'elle roule en boule sur le côté, tandis que les larmes se déversent sur ses joues aussi sûrement que l'horreur se déverse au fil des secondes dans son cœur. Et elle les voit, à travers ses larmes, au milieu de la pénombre. Elle voit la poupée de chiffon posée sur la table de chevet. Le visage de Naila lui revient. Son visage souriant. Puis son visage sans vie. Parce qu'elle n'a pas survécu à l'horreur elle non plus. Et le regard remplit de larmes dévie sur l'arme de poing qui se trouve juste à côté. Habitude dont elle ne sait pas se défaire : avoir une arme à côté d'elle quand elle dort. Ses sanglots se calment. Faire face ou ne plus faire face du tout. D'un geste absent elle essuie ses larmes avant de pousser les draps et de se redresser. Les doigts glissent sur l'arme et s'en saisissent avant qu'elle ne vienne s'asseoir par terre, adossée au lit. Elle observe l'arme quelques instants et elle se demande comment elle peut espérer vivre avec ça ? Comment ? Elle pensait qu'en démissionnant, qu'en s'éloignant du terrain, de l'armée, elle pourrait tenter de se reconstruire mais force est de constater que cela ne fonctionne pas. Quinze jours déjà et aucune amélioration, c'est même de pire en pire. Chaque nuit c'est pire et elle ne peut plus. Elle ne peut tout simplement plus. Lorsque la décision est prise les gestes sont rapides. Le cran de sécurité est retiré, et l'arme est placée dans sa bouche. Ses dents touchent le métal froid et son doigt tremble sur la gâchette. Les larmes lui brouillent la vue et un sanglot plaintif s'échappe de ses lèvres entrouvertes. Un sanglot qui se transforme en cri de douleur, de rage alors que son doigt est figé, qu'elle ne parvient pas à tirer alors qu'elle ne voit plus que ça à faire. Elle a oublié Rose.

Oublié qu'elle n'est pas seule dans cette grande maison.


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MessageSujet: Re: (flashback) A guilty conscience never sleeps. || (Jakob)   Dim 7 Jan - 14:09



A guilty conscience never sleeps.
EXORDIUM.







Septembre 2017.






Elle est venue, aussi brisée qu'il s'en doutait. Parce que le front ne laisse aucune chance à l'esprit, parce qu'il insiste, s'immisce jusqu'au cœur d'un inconscient déjà défait. Et il a croisé cette dernière étincelle dans le regard qu'il a retrouvé, cette même ombre qui parcourait le sien quand ses parents craignaient à l'approcher. Et qui aurait pu l'aider elle si ce n'est lui ? Lui qui l'a couvert, lui qui l'a sauvé, lui qui a tant pris soin d'elle quand tout, autour d'eux deux, commençaient à s'écrouler. Lui qui l'a pourtant aussi abandonné. Une pointe de culpabilité tandis qu'elle s'était chez lui réfugiée. Et il lui faut encore réapprendre à vivre. Il lui faut comprendre qu'elle est là, entièrement là. Jakob s'est tu, les premiers jours, pensant bien faire. Il faut s'habituer au silence, au calme ambiant, à l'absence des tirs, des explosions, des cris et de ce manque de raison. Il lui faut voir qu'ici, le monde continue de tourner sans qu'il n'est à craindre les vies arrachées parce qu'elles ne font que partir d'elles-même, sans y être obligées. Alors oui, il s'est tenu à ses côtés sans parler, unique enveloppe charnelle sur laquelle se décharger quand l'envie lui viendrait. Il aurait aimé qu'on puisse agir de la sorte à son égard, il aurait aimé que les choses soient différentes à son retour du front et ses quelques années chez Sebastian et Irene ne lui auront permis qu'à voir comment la guerre blesse les gens ; en particuliers ceux qu'on pensait si imperméables à ces horreurs. Conneries, du début à la fin. Alors il ne viendra pas lui mentir, Jake n'est pas fait pour ça, n'a pas le manque de valeur nécessaire pour s'y risquer. « Ce sera long, difficile. Ce serait aussi dégueulasse que là où l'on a été mais tu devras tenir. Elle est là, ta nouvelle mission. Tenir, survivre. Réapprendre à vivre. » Et elle a acquiescé, elle a supposé qu'elle serait en mesure d'y arriver. Rose reste l'une des personnes les plus fortes qui puissent exister en ce moment à ses yeux. Alors il y a cru, Jake. Il y a cru avant de déposer un baiser le long de son front, avant de lui faire entendre en un murmure qu'il serait là, tout le temps, même quand elle ne l'entendrait pas ; loin d'imaginer qu'il aurait à l'être davantage, loin d'imaginer que les semaines à venir seraient aussi violentes, aussi sombres. Loin d'imaginer que le pire trotte dans l'esprit de la Belle qu'il croit essayer de s'habituer. Elle ne s'habitue pas, elle se perd, lentement. Rose se défait de sa propre personne et il y assiste, cherchant parfois quelques moyens pour l'en empêcher avant que son métier ne vienne complètement l'occuper. Dire qu'il n'a pas vu venir cette soirée là serait un mensonge, et il le sait – au fond de lui, Jake l'a toujours su. Parce qu'il y a songé, quelques fois. Parce qu'il aurait voulu essayer avant de trouver une utilité à son existence brisée. Quelqu'un en qui compter, quelqu'un qu'il serait en mesure d'aider. Tout comme là, tout comme ce soir, les songes éperdus dans ce qui se rapproche le plus en lui d'un énorme foutoir.

Les ténèbres ont pris d'assaut Dixmoor, ses alentours, cette grande maison désormais rénovée, celle en laquelle il a mit un certain cœur à rendre sécurisée, éloignée de tout ce qui pourrait le briser. Jakob s'est perdu au large de ce compté comme dans l'espoir d'un peu de répit, d'un peu de tranquillité. Parce que c'est ce dont il a besoin, ce dont ils ont besoins ; lui et la Belle sur qui il a veillé peut-être une heure avant de se décider à la laisser se reposer. Possiblement s'enterrer, là où ses pensées sont restées. Il s'en doute, l'appréhende. Le calme est tendancieux, gangrenant la moindre idée, la moindre parcelle de raison retrouvée. Et il espère son combat concluant, il espère cette volonté de sa part tenace, vorace, avide de ne pas céder à ce carnage. Car la chute pourrait être dure, définitive. Parce qu'ils ont fait des choses, des choses qu'ils n'oseront jamais évoquer. Des choses que l'on pourrait aisément leur faire payer. Il tique en s'en souvenant, soupirant dans son lit avant de s'en retourner à sa lecture, avant d'en revenir aux lignes qu'il peine parfois à suivre mais c'est efficace, efficace pour celui dont la concentration se fait fragile, efficace pour celui qui doit encore vaincre les dernières craintes qu'amène le silence avec lui. Ces craintes et ce cri. Il sursaute, peine à remettre ses esprits en place, luttant contre les souvenirs qui frappent, qui hantent, qui remontent aussi instinctivement qu'il persiste, là, derrière des murs délaissés un peu plus tôt en les pensant pour elle sécurisants. Conneries, encore. Parce qu'il s'élève, revient sur ses pas jusqu'à entrer, jusqu'à s'effondrer, là, à ses côtés, jusqu'à récupérer cette arme déjà chargée. Il grogne, enserre les poignets de la Belle qu'il maîtrise, qu'il garde au mieux contre lui parce qu'il faut qu'il lui épargne cette finalité, parce qu'elle n'a pas le droit d'ainsi terminer. Ses projets, dans la tête du trentenaire, sont tout autre. Il laisse s'étioler quelques secondes, une légère minute avant que ses mains ne viennent encadrer son visage, avant que ses mains ne viennent abattre les quelques larmes qui perlaient sur ses joues. Non, il insiste, tient à établir ne serait-ce que ce regard, parce qu'il n'est pas du genre à la laisser ainsi flancher. Pas elle, pas comme ça. « Sh, regarde moi, Rosie ; une légère pause et ses yeux qui ne le trouvent pas, les paupières encore closes et les tremblements un peu plus pressants. REGARDE-MOI BORDEL. » Et ça suffit à la jeune femme pour qu'elle n'y revienne, à ce monde, à cette réalité, à tout ce qu'elle doit désormais adopter. Elle y revient à sa personne, à sa présence, à cette apparition entreprise de justesse. « T'as vraiment cru que je laisserai passer ça ? » Et il tient à ce qu'elle devine la détresse qui l'anime derrière cette légère colère, dernière cette haine qu'il porte encore en lui de tout ce qu'ils ont eu à affronter. Un court instant, une brève pause qu'il ne laisse pas s'étendre parce qu'il se risque à la porter, sur son lit de nouveau la déposer ; lui qui revient à ses côtés après avoir ramassé l'arme désengagée, se tenant là malgré sa presque nudité. « Respires, Rosie. Respires. »      

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MessageSujet: Re: (flashback) A guilty conscience never sleeps. || (Jakob)   Sam 13 Jan - 21:22

A guilty conscience never sleeps.




Pourquoi diable ne parvient-elle pas à tirer ? La peur sans doute. Parce que c'est brutal. Définitif et brutal. Très, très brutal. Et mine de rien, même si la décision est prise, elle a la trouille Rose. Elle a la trouille. Et cette trouille la fige totalement et définitivement quand  à travers ses larmes elle distingue soudain la silhouette de Jake à l'entrée de sa chambre qu'il vient d'ouvrir à la volée. L'armée est toujours dans sa main mais elle vient tout juste de la retirer de sa bouche et de la poser sur sa cuisse. Est-ce qu'il a vu l'arme dans sa bouche ? Est-ce qu'il a vu qu'elle allait le faire ? Qu'elle a voulu ? Qu'elle veut ? Parce que même si elle a la trouille, elle veut toujours. Mais elle a honte maintenant. Honte qu'il soit là, qu'il la voie dans cet état alors elle ferme les yeux Rose. Les larmes coulent, son corps tremblent, ses doigts serrent l'arme et elle ferme les yeux, se dérobant ainsi à la vue de celui qui est sa moitié d'âme en ce bas monde cruel, sombre et violent. Elle entend ses pas. Elle sent sa présence tout près. Elle sent sa main qui se referme sur la sienne et qui vient se saisir de l'arme, qui lui retire ainsi la possibilité d'en finir et derrière la honte, la colère qu'il lui retire l'instrument de sa délivrance. Mais une colère pas assez violente pour qu'elle prenne le pas sur le reste pour le moment. Beaucoup trop de honte pour ça. Beaucoup trop. Et Rose s'évertue à garder ses yeux fermés même quand il vient poser ses mains sur ses joues. Non. Non. Non. Elle se refuse à le regarder. Les secondes passent et elle se refuse, enfermée dans ce qu'elle désire faire, dans ce qu'elle a peur de faire, dans ce qu'elle ne veut pas qu'il voie. Enfermée dans sa douleur, dans l'horreur des souvenirs qui lui brûlent les entrailles aussi certainement que les larmes lui brûlent les yeux. Puis une sommation hurlée qui la fait sursauter et rouvrir les yeux. Enfin. Pour croiser son regard à lui et les larmes redoublent d'intensité. Parce qu'elle entend la douleur dans ses mots à lui. Et c'est tout ce qu'elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas de cette douleur en plus, de cette culpabilité supplémentaire. Elle, tout ce qu'elle voulait, c'était la paix.

Si seulement elle n'avait pas été si lâche, ce serait terminé maintenant.

Elle ne dit rien, muette qu'elle est en cet instant. Totalement muette. Incapable de prononcer le moindre mot. Et lui de se saisir d'elle, de la faire se soulever juste assez pour l'allonger sur le lit mais elle a tout en horreur Rose. Tout. Le matelas confortable, les draps doux, le calme de cette pièce et de cette maison. Elle a tout en horreur à un tel point qu'elle en a du mal à respirer. Et lui qui insiste, qui lui dit de respirer, qui l'appelle par ce surnom adorable qu'elle trouve cependant monstrueux en cet instant. Elle ne veut pas de sa douceur. Elle ne veut pas de sa gentillesse. Elle ne veut rien. Elle ne veut plus rien. Ou si, juste une chose qui mènera au plus rien. Et maintenant que cette chose n'est plus à sa portée, elle la veut véritablement. La peur est passée. Elle la ressent de nouveau cette détermination qui l'a poussée en premier lieu à se servir de l'arme alors elle s'anime enfin Rose. Elle se redresse pour s'asseoir sur le lit et jette un regard à Jake. Bien sûr qu'à travers ses larmes il doit voir ce qui anime son regard. Bien sûr qu'il doit voir la détermination.

« Elle est où mon arme ? » qu'elle lui dit d'une voix tremblante mais résolue. « Où ? Jake ! » Et le ton monte vite. Tout de suite. Et maintenant, au-delà de la détermination, il y a la colère. La colère parce qu'il a dit qu'il ne voulait pas la laisser faire ça mais ce n'est pas son choix. Tout ça, ça ne lui appartient pas à lui. Alors elle essuie brièvement ses larmes et s'approche du bord du lit, décidée à mettre la main sur son arme mais des mains l'en empêchent. Des mains se referment sur ses poignets. Les mains fermes et fortes de Jake. C'est là qu'elle se transforme en furie Rose. En une véritable furie qui se débat avec force alors qu'elle se fait plaquer sur le lit. Le corps se tortille, les jambes donnent des coups mais les bras ne peuvent rien faire car maîtrisés par Jake. « LÂCHE-MOI ! LAISSE-MOI ! » qu'elle hurle au visage de celui qu'elle déteste en cet instant. Juste en cet instant. Parce qu'il représente ce à quoi elle pourrait se raccrocher mais auquel elle ne veut justement pas se raccrocher. Et c'est pour ça qu'elle hurle, hurle à s'en faire mal à la gorge, tout en se débattant comme une diablesse alors que des larmes apparaissent de nouveaux dans ses yeux.



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MessageSujet: Re: (flashback) A guilty conscience never sleeps. || (Jakob)   Mer 17 Jan - 17:31



A guilty conscience never sleeps.
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Septembre 2017.






Un silence des plus denses. Il la voit se redresser, à ses côtés s'installer. Jake attend, patiemment, laissant ses mains se défaire de sa personne comme pour rien brusquer, rien envenimer. Pourtant il sait, il sait les envies qui s'ancrent dans l'esprit, il sait ce qu'elles poussent à faire, ce qu'elles viennent installer qu'on ne peut faire taire. C'est ce qui l'inquiète, ce qui l'amène à rester vigilant, le regard perdu sur la Belle dont un éclat se fissure à nouveau dans le sien. Et il aimerait pouvoir faire quelque-chose, il aimerait pouvoir lui faire entendre que ce n'est qu'une passade ; parce qu'en c'en est une, parce qu'ils y sont tous passés. Mais aucune raison n'est à entendre, aucun mot ne pourra excuser ce qu'elle a eut à vivre et, ces instants défaits, les lui rendre. C'est ce pourquoi, il s'abstient tout commentaire, priant silencieusement pour que l'orage ne passe ; mais il ne fait qu'arriver, les coinçant dans une impasse. « Elle est où mon arme ? » La détermination, la question qui se pose tandis qu'il n'en dit rien. Jakob reste silencieux, osant lui tenir tête, braquant ses perles noires dans les siennes comme pour lui rappeler qu'il lui en faudra plus que ça pour le faire parler ; elle sait de quel bois ils sont faits. Possible raison pour laquelle elle insiste, possible raison pour laquelle sa voix, à nouveau, résonne dans la pièce qu'il vient de rejoindre. « Où ? Jake ! » Il tique seulement, ne bronche pas. Hanson se fait silencieux une nouvelle fois, attendant qu'elle ne s'anime pour user de ses bras. Parce qu'elle s'en rapproche, parce qu'elle essaie de la récupérer, prête à lui imposer cette vue qui irait le briser. Non, il l'a dit, ne lui permettra pas. Parce qu'il l'imite, se redressant, venant s'emparer de ses poignets qu'il tient, serre, jusqu'à ce que la raison de la Belle ne vienne se défaire. Enfin l'orage. Il gronde et tonne, vient se stabiliser au-dessus d'eux comme pour marquer les risques du moment. Jake lutte, au mieux, se souvenant désormais de cette force qu'elle possédait. Mais il lui en faudra plus que ça, l'hispanique parvenant à la bloquer sous ses bras. « LÂCHE-MOI ! LAISSE-MOI ! » Il la laisse hurler, maintenant sa prise sur ce qu'elle essaie en vain de bouger. Hormis les coups, cette colère qui se trahie au cœur de ses prunelles, Jake en perçoit désormais les larmes, cette détresse inesquivable qui vient teinter ses traits. Il prend sur lui, baissant simplement la tête, fermant les yeux pour ne pas se faire en plus de tout ça gênant.

Et il attend, Jake, il attend qu'elle n'en vienne à se calmer ; même si ce n'est que feint. Parce qu'il n'a qu'une solution à cette situation, parce qu'il ne pourra pas rester éternellement à ses côtés et parce qu'il ne pourra pas vivre avec l'appréhension de rentrer et de ne plus jamais la voir éveillée. Il lui doit bien des choses jusqu'à sa résistance face au monde, jusqu'à cette vie qu'il peut désormais mener. Et c'est pour cette raison qu'il s'anime enfin, pour cette raison qu'il prend les devants, ne lui laissant pas l’occasion de pouvoir trop bouger. Jakob récupère l'arme, venant de nouveau la charger, venant de nouveau l'en approcher. Il ose, revient ; la force à s'élever, à retrouver sa hauteur sans vraiment faire attention à la manière dont il pourrait possiblement le brusquer. Elle n'est plus à ça près, il le sait, ils ont vécu bien pire que quelques bousculements. Mais il lui en faut davantage, il lui en faut encore. Il lui faut comprendre que les choses doivent changer, que l'esprit doit s'habituer. Elle doit comprendre que ce à quoi elle pense, que ce qu'elle pensait pouvoir lui imposer, là, n'est pas une possibilité à considérer. Alors il vient lui faire face, il vient prendre sa main, il vient l'y obliger, ne lui laissant pas l'opportunité de reculer. Et, en une fraction de seconde, en un bref instant, l'arme rejoint la tempe de Jake qui, dans la foulée, laisse la main de Rose la récupérer. Et il attend, fermement, il attend, son regard planté dans le sien malgré les larmes qui le jonchent. Il n'en démord pas, patient, son emprise sur le l’embout de l'arme se faisant assez efficace pour qu'elle ne puisse l'en enlever. « Alors quoi, ça t'manque à c'point-là ? ; la question se pose, presque crachée entre les dents serrés de celui qui vient la provoquer, essayer de la raisonner bien qu'à sa manière. Réfléchis deux secondes et repasse toi ta connerie en tête histoire que tu comprennes pourquoi on en est là ? Histoire qu'elle comprenne la douleur qu'il a senti s'immiscer en lui à l'instant même où il est parvenu à voir l'arme entre ses mains, à l'instant même où il a comprit ce qu'il aurait pu trouver cette nuit. T'as besoin de faire de la merde, tu veux continuer à obéir à des ordres qu'on a jamais entendu directement et t'en prendre peut-être aux mauvaises personnes ? Eh bien, vas-y. C'est la même idée-là, sauf que t'as le choix. T'as le choix d'essayer, de dépasser tout ce merdier et d'accepter d'être rentrée pour recommencer. Ou tu peux me buter ; parce que je ne te laisserai pas l'opportunité d'un autre choix que celui-là. » Mais aucune réponse. Rien. Aucune réponse ne vient briser le silence qui, finalement, s'installe. Alors il s'anime encore, Jake, il vient plaquer sa main contre celle de la Belle, il vient laisser son pouce rejoindre son index contre la gâchette. « Dépêche toi Rose, t'as un choix à faire et j'ai clairement pas envie de m'étaler sur ces conneries ce soir. » Une seconde, deux secondes, puis trois. « ROSE, PUTAIN ! »      

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MessageSujet: Re: (flashback) A guilty conscience never sleeps. || (Jakob)   Dim 21 Jan - 12:04

A guilty conscience never sleeps.




Folie furieuse qui habite son cœur et son âme. Au bout du rouleau que disent certains. Elle a atteint ce qu'elle pouvait supporter. Elle atteint le bout du bout. Le bout de ce tunnel sombre dont la finalité n'est pas la lumière mais un putain de mur dans lequel elle s'est encastrée et dont elle ne peut pas s'échapper. Voilà la façon dont elle se sent. Voilà à quel point elle n'en peut plus Rose. Et c'est pour ça qu'elle hurle comme une démente sur l'homme qui pourtant a été son roc et son repère pendant des années. Sur l'homme qui est sa moitié, son âme sœur, son double. Jusqu'à ce double ne ferme les yeux et baisse la tête tout en la maintenant. Ce geste, ce simple geste, fait taire Rose et la laisse baigner dans ses larmes silencieuses. Elle a conscience, Rose, qu'elle lui fait du mal et qu'il doit se sentir impuissant face à sa douleur. Mais elle sait aussi qu'il la comprend mieux que personne, alors il doit accepter, non ? Il doit la laisser choisir ce qui sera  le plus facile pour elle et même si le geste est difficile, ça rendra les choses bien plus faciles. Tellement plus faciles... Quand tout sera terminée. Arrêté. Elle ferme les yeux Rose, se laisse emporter par cette idée que bientôt tout ne sera plus que néant et non plus la souffrance et l'horreur des souvenirs qui collent à la peau et à l'esprit. C'est là qu'elle sent Jake s'animer, se mouvoir. Alors elle rouvre les yeux Rose. Elle les rouvre pour voir qu'il se saisit de l'arme. Il a donc bien compris et il prêt à la laisser faire. Et Rose ça lui arrache un sanglot à la fois de tristesse à l'idée de le quitter, de quitter ceux qui comptent, et de soulagement de mettre un terme à sa souffrance. Mais le gestes de Jake sont trop brusques. Bien trop brusques. Il revient près d'elle et la force à se relever sans douceur aucune. Et ça la perturbe, Rose, ce comportement à son égard qui ne lui ressemble pas. Elle se retrouve finalement debout, face à Jake et ce qu'elle voit dans le regard de son double la fait frissonner car c'est là une chose qu'elle n'a jamais et qu'elle ne saurait même pas définir en réalité. De la colère ? Oui, il lui semble bien que c'est cela. De la détermination aussi. Beaucoup, beaucoup de détermination alors qu'il flanque l'arme dans la main de Rose. Un geste qui surprend la métisse car si elle a compris que Jake est prêt à aller dans son sens, elle s'attendait à ce qu'il lui tende l'arme, pas qu'il la mette ainsi de force dans sa main.

Le fait est que Rose a faux sur toute la ligne.
Toute la ligne.

Parce que l'instant d'après, le canon froid de l'arme ne se retrouve pas contre sa tempe à elle mais contre la tempe de Jake. Elle se crispe automatiquement Rose, son visage se tordant sous l'horreur de ce qu'elle voit, de ce que lui, est en train de la forcer à faire.

« Jake ! » qu'elle parvient à presque crier entre deux sanglots mais lui de parler, de la couper, de lui balancer des horreurs. De véritables horreurs. Et voilà qu'elle secoue la tête droite à gauche Rose, à la négative car non, ça ne lui manque pas. Ce n'est pas ça. Ce n'est pas... Et lui de presser un peu plus sur sa main alors qu'elle, elle essaye de la retirer. Tenir en joug ainsi son ami, celui qui compte plus que de raison, la fait trembler, lui donne la nausée. Il lui intime de réfléchir à pourquoi ils en sont arrivés là et ça la frappe de plein fouet, en plein cœur, à tel point que ça lui coupe le souffle un instant. Le message elle le reçoit cinq sur cinq. C'est clair. C'est limpide : vouloir se tuer elle, c'est le tuer lui. C'est lui faire ça à lui aussi. C'est pour ça qu'il fait ça. C'est pour ça qu'il tient avec fermeté la main de Rose sur l'arme qui le menace lui. Une arme chargée. Une arme prête à déverser son feu sur lui. Sur elle. Et les mots qui fusent une nouvelle fois, qui touchent en plein cœur par le vérité et leur férocité. Parce qu'il sait, Jake, ce qu'ils ont fait. Les horreurs commises parce qu'ils devaient obéir. C'est là que ça frappe Rose. Lui aussi. Si elle a vécu des horreurs sans lui, une fois qu'il est parti, elle en a vécu avant, avec lui. Il a les mains aussi sales que celles de Rose à n'en pas douter, et ça doit le bouffer autant que ça la bouffe elle, et pourtant il est là. Il est vivant. Il n'a pas abandonné. Est-ce qu'il a failli à un moment ? Est-ce qu'il a eu ce geste lui aussi et a reculé ? Pendant une seconde elle se le demande Rose. Juste une seconde parce que l'ultimatum soufflé ensuite lui arrache un gémissement de douleur. Elle doit choisir. Le tuer lui et se tuer elle. Se tuer elle et le tuer lui. Ou ne pas le tuer et ne pas se tuer. Tenter de survivre pour que lui survive aussi. Le doigt de Jake presse sur la gâchette et les lèvres de Rose se tordent en une grimace.

« Arrête... » qu'elle intime la voix tremblante, dans un murmure. Peut-être qu'il entend. Peut-être qu'il n'entend pas. En tout cas il poursuit et se met à hurler alors elle fait pareil Rose. Elle fait pareil. « ARRÊTE JAKE ! STOP ! » qu'elle lui hurle alors qu'elle s'effondre, alors que le visage s'abaisse pour aller se planquer contre le torse de son ami. Alors qu'elle puise dans ses force pour repousser sa main qui tient toujours l'arme. Sauf que Jake ne lâche pas. « Je t'en prie arrête... » qu'elle supplie maintenant. « Je veux pas que tu meurs Jake. Arrête... Je t'en supplie... J'ai compris... J'ai compris, arrête... » Oui elle a compris. Elle a véritablement compris. Mais elle n'a pas prononcé les mots qu'il attend en réalité. C'est ça le problème. C'est qu'elle a beau lui dire qu'elle ne veut pas que lui meurt, elle n'a rien à son propos à elle. Et le cœur se serre alors qu'elle réalise ce qu'elle doit dire, ce qu'elle doit faire : pour lui. « Je me ferai rien. Je te promets que je me ferai rien Jake. Je te jure. » Elle est faite la promesse et au moment où elle est faite quelque chose se brise un peu plus en elle parce qu'elle sait que jamais elle ne viendra la rompre sa promesse. Elle sait que jamais elle ne se fera du mal par respect pour cette promesse, par respect pour lui, et ça veut dire qu'elle va devoir vivre avec tout ça. Elle n'aura pas le choix. Et quand Jake relâche finalement sa prise pour retirer l'arme de la main de Rose, elle le laisse faire. Quand elle retrouve sa main, et seulement à ce moment-là, c'est pour s'accrocher à Jake avec force, pour se blottir là, dans ses bras, avant de pleurer sans retenue. Avant de laisser un nouveau gémissement de douleur et d'horreur s'échapper de ses lèvres au cœur de cette nuit sombre et froide.

Elle doit accepter sa douleur, la vivre pleinement, y faire face pour pouvoir espérer un jour la surmonter.



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MessageSujet: Re: (flashback) A guilty conscience never sleeps. || (Jakob)   Dim 21 Jan - 21:02



A guilty conscience never sleeps.
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Septembre 2017.






« Arrête... » Supplice qu'il n'entend pas, auquel il ne prête aucune attention. Ce n'est pas ce qu'il tient à entendre, ce qu'il essaie de lui arracher. Jakob persiste, maintenant la pression contre sa propre tempe, réprimant tout ce qui pourrait advenir si elle ne se décide pas. Mais c'est un risque à prendre, un essaie à s'offrir. Il veut la voir prendre conscience du monde dans lequel elle va devoir vivre, il veut qu'elle comprenne que ces décisions-là, désormais, ne sont plus à prendre à la légère. Et c'est cet éclat-là qu'il tient à percevoir dans son regard. Alors il attend, Hanson, il attend que la machine se mette en marche. Il attend, laissant sa voix lui échapper, ses hurlements contre le calme s'inviter. « ARRÊTE JAKE ! STOP ! » Et il tient sa position, il tient toujours cette main qu'il ne lâchera pas, pas tant qu'il n'aurait pas ce qui doit désormais se faire entendre. Jakob se fait de marbre, statue de pierre plantée là qui n'en démord pas. Parce qu'il tient malgré les larmes de la Belle, parce qu'il tient malgré les supplications qui, cette fois, se laissent aisément entendre. « Je t'en prie arrête... Je veux pas que tu meurs Jake. Arrête... Je t'en supplie... J'ai compris... J'ai compris, arrête... » Il pourrait s'en contenter. Jakob pourrait relâcher, finalement abandonner, ayant au moins une moitié de conscience. Mais la voix est encore glissante et il le sait, il ne le sait que trop. Le gouffre dans lequel elle se laisse tomber, ces profondeurs qu'elle manque de rejoindre depuis que, contre elle, il s'est imposé ; il veut les lui épargner. Il veut la sortir de cette perdition, il veut voir cet ancien éclat revenir au cœur de ses prunelles fatiguées, celles qui ont vu passer trop d'atrocités. Et, finalement, tandis que son cœur vient frapper comme un dément contre sa cage thoracique, il l'entend de nouveau s'exprimer, essayer de le freiner dans ses idées complètement barrées. Mais néanmoins efficaces. Efficaces pour qu'elle parvienne à voir ô combien ici les choses changent, ô combien tous les repères furent perdus dès lors où leurs pas là-bas s'étaient portés. « Je me ferai rien. Je te promets que je me ferai rien Jake. Je te jure. » Un instant de battement, un court instant avant que la pression ne se relâche, avant que les choses ne soient un peu plus délicates. Il abandonne la peau de la Belle, vient défaire l'arme de son contact avant de réenclencher sa sécurité, un peu plus loin la balancer. Il sait qu'il pourra compter sur cette parole, sur cette promesse qu'elle vient de lui faire ; celle qu'elle ne se risquera pas à briser, pas en sachant qu'elle le concerne désormais. Raison pour laquelle il s'en détend malgré les larmes et la douleur qu'il vient percevoir le long de ses traits, malgré la manière dont elle s'effondre quand cette nouvelle plaie vient se faire bien plus profonde.

Il vient la serrer, là, contre lui. L'une de ses mains qui la bloque comme dans l'espoir qu'elle ne lui échappe pas, l'autre dans ses cheveux osant quelques gestes comme pour tenter de l'apaiser. Mais rien. Rien ne vient faire taire les sanglots qui l'amène elle à trembler. Et Jakob sait qu'il n'y pourra rien parce que c'est à passer, parce qu'il faut qu'elle parvienne à surmonter toutes les horreurs qui, en elle, se sont ancrées. « Shh, shh, c'est bon. Ça va aller. » Parce qu'il faut qu'elle le sache, parce qu'il faut qu'elle comprenne qu'il sera là pour aider. Tout est désormais à construire, à braver. « Je sais qu'on dirait pas comme ça, mais va falloir apprendre à faire avec. » Il ne viendra pas lui mentir, il ne viendra pas lui faire entendre que le temps échappe certaines horreurs parce que c'est faux, parce que tout ce qu'ils ont vécus là-bas sera ressasser à chaque seconde encore à passer jusqu'à ce que la folie n'est raison de leurs idées, ou que la vieillesse n'ait réussi à régner. « Rien ne va passer, il va juste falloir que t'accepte que ce soit arrivé pour Dieu seul sait quelle raison, Rose » qu'il essaie de lui faire entendre, la voix qui vient se perdre – tout de même désormais un peu essoufflée par toutes ces émotions qui viennent à se bousculer – contre son oreille, contre ses traits défaits. Et il la serre un peu plus, tente d'insuffler ce courage dont elle va avoir besoin ; celui que lui, par le passé, a du faire sien par ses propres moyens. Là, il lui offre un atout considérable, une aide de taille en sachant ce qu'ils portent tous deux, ce qu'ils ont en commun. « Mais on va y arriver, tu le sais ? ; il relève sa tête, cherche son regard malgré les complaintes inaudibles et ces larmes qui n'en peuvent plus de tomber. Tous les deux, on va y arriver. Il essaie d'imprimer ces mots-là dans son esprit, il essaie de faire en sorte que ses paroles ne soient pas vaines, faibles chuchotements emportés par le vent. Toi et moi on s'en est toujours sorti et c'est encore ce qu'on va faire. » Il insiste, garde ses doigts contre les jours féminines qui peinent à esquisser ne serait-ce qu'une attention à son égard. Mais il y tient, Jakob se fait patient. Il garde espoir quant à la manière dont les choses pourraient désormais se passer. C'est sa manière à lui d'avancer, de se trouver un nouveau but pour pouvoir continuer, perdurer sur cette lancée encore faiblarde malgré toute cette volonté. Et il parvient finalement à la ramener contre ses draps défaits, il parvient à la hisser sur le lit plutôt qu'à même le sol, sachant cette habitude comme devant être prise. « Bouge pas de là. » Et il ose, Jake ose venir franchir la porte de la chambre durant peut-être une minute avant d'y revenir, bouteille en main, la sensation qu'elle pourrait – ce soir – en avoir bien besoin.      

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MessageSujet: Re: (flashback) A guilty conscience never sleeps. || (Jakob)   Sam 27 Jan - 17:40

A guilty conscience never sleeps.




Elle n'a jamais eu aussi mal Rose. Jamais. C'est tellement douloureux qu'elle a l'impression de se briser de l'intérieur, de brûler de l'intérieur, d'être consumée par la douleur. Elle sait que si elle lâche Jake ou que si lui la lâche, elle va tomber. Elle sait que ses jambes je pourront pas la porter. Pas pour le moment. Alors elle s'accroche à lui avec force. Avec beaucoup de force, la plainte continuant de s'échapper d'entre ses lèvres, de façon qui semble interminable. Comme la douleur semble l'être : interminable. Elle ne s'accroche pas qu'à son corps, elle s'accroche aussi à ses mots, aux syllabes qui font sens et dont elle a terriblement besoin. Elle veut le croire quand il lui dit que ça va aller. Elle veut le croire oui. Et puis, elle enfonce un peu plus son visage dans son cou à lui quand il lui dit qu'elle va devoir apprendre à faire avec. Elle sait Rose. Elle sait. Maintenant elle sait qu'il va falloir. Elle ne sait juste pas comment tant que ça lui semble impossible mais s'il le dit, c'est qu'elle doit être capable d'y arriver. Parce qu'elle veut croire Rose, que Jake ne tenterait pas de la sortie de trou profond si c'est pour qu'elle ait mal, pour qu'elle ne s'en sorte pas véritablement, pour qu'elle ne soit jamais plus que l'ombre d'elle-même. Elle veut croire, Rose, qu'elle va pouvoir s'en sortir. Et Jake trouve les mots parfaits. Les mots durs, douloureux mais parfaits. Parce qu'elle ne veut pas de mensonges Rose. Elle ne veut pas qu'il lui raconte des choses qui ne sont pas vraies, des choses qui au final ne l'aideront pas. Alors, la plainte, doucement, s'atténue pour qu'il ne reste plus que des sanglots un peu plus silencieux. Les mains de Rose, par contre, continue de s'accrocher avec force alors qu'elle l'écoute lui dire qu'elle va devoir apprendre à accepter que tout ceci est bien arrivé pour une raison qu'ils ne connaissent au fond pas véritablement. Ils ont suivi les ordres, ont juste voulu, à l'origine, servir leur pays, le protéger, protéger aussi ceux qui en avaient besoin là-bas mais le bilan fait, c'est plus de mal que de bien au final.

Plus de mal que de bien.

Et c'est ça qui les bouffe. Tous les deux. Il la comprend mieux que personne. Elle le comprend mieux que personne et ça, personne ne pourra jamais le leur enlever. Tant qu'ils seront là l'un pour l'autre, ils s'en sortiront. Et les mots de Jake font écho aux pensées de Rose. Âme-sœur, encore et toujours. Il relève sa tête et Rose pose son regard voilé et brouillé sur lui, ses doigts s’agrippant toujours avec force aux épaules de son double. Elle parvient, au cœur de la douleur, au cœur de l'horreur, à hocher presque imperceptiblement la tête, à esquisser l'ombre d'un sourire, même, au milieu de s larmes qui ne cessent de couler. Elle revient finalement, après un instant à observer Jake, poser son visage dans son cou, venant y rechercher une fois encore le soutien, la tendresse dont elle a besoin. Et quand Jake amorce le mouvement pour la faire bouger elle se laisse faire, va même jusqu'à le laisser la porter sur le lit et si elle ne dit rien, si elle a peur d'ouvrir la bouche et que la plainte ne recommence à se faire entendre, elle est reconnaissante : elle n'aurait pas tenu debout. Pas maintenant. Pas dans cet état. Elle hoche finalement la tête à la positive quand il lui intime de ne pas bouger de là. Rose se contente d'aller fouiller dans le tiroir de la table de chevet pour trouver des mouchoirs. L'idée est de sécher son visage, au moins un maximum, tout en tant de se calmer un peu. Il lui faut près de quatre mouchoirs pour enfin ressembler de nouveau un peu à ce qu'elle était avant cette crise. Les larmes continuent de couler mais sont moins violentes. La respirations s'est calmée mais la douleur, elle, par contre, est toujours là. Violente. Très violente. Trop. Pourtant elle fait avec. C'est ce qu'elle doit apprendre à faire après tout. Elle a ce bref regard pour la fameuse petite poupée de chiffon dont elle se saisit et qu'elle vient poser sur ses cuisses après s'être assise près de la tête de lit. Ses doigts redessinent la poupée quand Jake fait son retour dans la chambre. Elle relève son regard toujours voilé de larmes vers lui et quand elle aperçoit la bouteille, un sourire étire ses lèvres.

« Bien vu... » qu'elle souffle, et si sa voix est tremblante, elle est cependant calme.

Elle laisse Jake venir s'installer à ses côtés et se saisit bien volontiers de la bouteille quand il la lui tend. Elle avale une bonne gorgée, grimace sous l'effet brûlant et trop soudain du liquide avant de souffler parce que ça fait du bien. Vraiment. Puis, elle vient poser sa joue contre l'épaule de Jake, gardant la bouteille en main, son regard déviant de nouveau sur la petite poupée de chiffon toujours posée sur ses cuisses.

« Comment tu fais ? » qu'elle se risque finalement à demander en restant ainsi contre Jake. « Comment tu fais pour faire avec ? Comment t'as appris ? J'imagine que ça peut pas se résumer à quelques bouteilles d'alcool. » qu'elle ajoute avant de doucement reculer son visage pour observer Jake, essuyant du dos de sa main une nouvelle larme au passage. Et c'est alors qu'elle plante son regard dans le sien que la question lui vient brutalement. Elle s'échappe de ses lèvres tout aussi brutalement qu'elle lui est venue. « T'es passé par là avant d'apprendre ? T'as voulu le faire ? »

Est-ce qu'elle voudrait qu'il réponde oui ? Qu'il ait été aussi faible qu'elle ? Ou au contraire qu'il ait été plus fort. Les deux. Malheureusement et tristement les deux.



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MessageSujet: Re: (flashback) A guilty conscience never sleeps. || (Jakob)   Jeu 8 Fév - 20:33



A guilty conscience never sleeps.
EXORDIUM.







Septembre 2017.






La respiration calme, ce presque sourire qui vient se perdre sur les lèvres de la Belle quand elle se risque à lever les yeux. Jake se concentre là-dessus pour tenter d'apaiser une conscience qui s'alarme désormais à la moindre larme. Parce qu'il connaît les tranchées qu'ils gardent en tête, l'horreur et la peur d'un honneur cher au cœur. Foutaise, lui le sait, elle non. Pas encore. Il va lui falloir du temps. Beaucoup de temps. Il lui faudra comprendre que les choses qui ont été faites n'étaient que vaines et qu'à part passer au-dessus, vivre avec, il n'existe rien qui puisse la faire avancer que la volonté. La volonté de vouloir rattraper toutes ces années perdues, déjà bien passées. « Bien vu... » Voix tremblante mais bien plus calme qu'elle n'avait pu l'être un peu plus tôt. Bien plus calme que les sanglots essuyés tantôt. Raison pour laquelle il vient s'approcher, raison pour laquelle il ose de nouveau venir la retrouver, lui demander en un geste si il peut s'installer. Une réponse en un bref coup de tête, une réponse à laquelle il n'offre qu'un sourire en prenant ses aises avant de lui donner ce qu'il s'en était allé chercher. Un silence, léger, puisé dans les retranchements d'une détresse désormais à contrôler. Jakob s'en berce quelques secondes, Jakob essaie d'y retrouver le peu de sécurité qu'il essaie d'instaurer dans cette absence de toute sonorité. Ça avant que la voix de la Belle, tout juste abandonnée contre lui, sa joue contre son épaule qu'il tient fièrement droite pour la laisser s'y reposer, ne vienne une fois encore résonner. « Comment tu fais ? » Il fronce les sourcils, demeure de marbre tandis qu'il sent la respiration de Rose se prendre comme pour continuer sur sa lancée, fait avéré. « Comment tu fais pour faire avec ? Comment t'as appris ? J'imagine que ça peut pas se résumer à quelques bouteilles d'alcool. » Et elle s'en défait de sa personne, elle vient prendre un peu de distance pour contempler ses traits, son regard, toute la vérité qui y règne tandis qu'il vient soutenir ses prunelles. Il n'a pas la moindre idée de ce qu'il devrait dire, de ce qu'il devrait raconter ou taire. Jake se contente seulement de laisser les mots de Rose se perdre dans la chambre qu'ils animent tous deux, se perdre tandis qu'un peu de dureté bien emplir de nouveau son faciès à elle. « T'es passé par là avant d'apprendre ? T'as voulu le faire ? » La voilà enfin, cette question. Elle vient, s'impose là parce qu'elle sait, elle, dans le fond, qu'ils sont assez similaires. Elle sait les tourments qui les animent, tous deux, elle sait le sang-froid qu'il ne possède pas toujours, cette imprévisibilité dont il peut être doté. Parce qu'il s'est passé certaines choses dont il ne parlera pas, certaines choses qui hantent encore ses songes comme dans l'espoir de lui rappeler comment sont apparues certaines de ses cicatrices le long de ses bras.

Il soupire alors, baissant un instant la tête comme pour tenter de réfléchir, tenter de trouver les mots adéquates à la question qui fut posée. Mais rien n'est approprié à ce sujet, rien si ce n'est ce silence qui perdure, qui s'installe, qui vient prendre son règne entre les deux protagonistes qui, pourtant, attendent encore l'un de l'autre. « J'aurais pu. » Qu'il vient faire entendre, les mots qui s'extirpent d'entre ses lèvres tandis qu'il n'en relève pas le regard, qu'il fuit celui de la Belle plutôt. Comment faire face à celle qu'on tente de relever en venant lui faire entendre qu'un jour, la faiblesse s'est faite plus forte que ce qu'il cherche à instaurer. Paradoxale, toujours. Mais il joue l’honnêteté, il joue cartes sur table, ne sachant pas faire le contraire. Pas habitué, loin de tout ce qui pourrait le ramener à ce qu'il doit faire chaque jour de sa vie depuis son retour de front, depuis son alliance avec l'anti-gang. Mentir. Mentir, il ne le fait que trop alors dans cette vie-là, dans ce qui reste de sa réalité, Jakob n'ose l'utiliser. « Quand je suis rentré, Maria avait refait sa vie, mes parents me regardaient comme s'ils ne m'connaissaient pas. J'étais pas forcément le bienvenue à Detroit ; en tout cas dans la rue où j'm'étais installé avec elle... parce qu'ils se sont habitués à l'autre mec, tu vois ? Ils se sont habitués à lui quand moi j'ai pas pu être là et de devoir l'admettre, ça a été dur. Un peu lourd surtout ; laisse-t-il d'abord entendre avant d'en faire une pause, avant d'oser couper court à son récit pour récupérer la bouteille amenée, s'en offrir une brève gorgée. Un peu de courage pour raconter ce qu'il avait pu taire jusqu'alors, un peu de courage pour rappeler à sa mémoire ô combien cette période de sa vie fut exténuante. Période de sa vie tue aux oreilles de quiconque hormis celles d'Irene, hormis celles de Rose ce soir. Deux des cœurs en lesquels sa confiance s'est placée si vite. Il en rigole presque, un peu gêné en vérité. Il prend conscience de l'ampleur de cette soirée, de tout ce qu'elle pourrait engendrer ; qui sait. C'est un vieil ami qui m'a recueilli chez lui. Sebastian. Lui et sa femme ont été parfait et plus patient que quiconque. Ils m'ont aidé à me relever en attendant que je trouve du taf, une situation plus régulière et cette baraque. Et heureusement que j'me suis bougé, on a eut quelques différents avec lui et ça s'est mal passé. Quant à sa femme, elle est juste... ; il cherche ses mots, puise un peu en lui pour en trouver qui seraient à la hauteur de ce qu'il porte à l'égard de cette dernière mais rien, rien ne lui paraît égalitaire à ses pensées. Elle est juste divine malgré tout ce qu'elle supporte. Elle a un courage monstre et une force qu'elle semble même pas voir elle-même. C'est elle qui m'a donné l'élan pour me lever. » Il confie, sait que Rose saura comprendre. Parce qu'elle a toujours su le comprendre, à l'instar d'autres plus fermés, moins réfléchis que celle qui se tient à ses côtés, celle qu'il essaie de sauver. « Et je ferai c'que j'peux pour t'aider maintenant. » L'une de ses mains qui vient trouver l'une des siennes tandis qu'il lui rappelle l'existence de la bouteille ; à défaut de s'y risquer lui-même.     

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MessageSujet: Re: (flashback) A guilty conscience never sleeps. || (Jakob)   Mar 13 Fév - 12:03

A guilty conscience never sleeps.




Une question peut-être trop personnelle mais elle n'a pas l'habitude de ne pas l'être avec Jake. Jamais elle ne lui a menti, jamais. Cette relation qui est la leur est trop fusionnelle pour cela. Ils ont chacun vu le pire et le meilleure de l'autre. Alors non, rien n'est trop personnel entre eux. Rien. Pas de réponse sur le moment. Jake semble avoir besoin d'un instant et Rose se demande si c'est parce qu'il a tenté de mettre fin à ses jours et qu'il ne sait comment le lui avouer. Le silence s'installe. Dure. Longtemps. Et elle continue de le fixer en silence, le laissant donner forme aux mots qu'il doit prononcer et quand enfin il vient rompre le silence, c'est pour lui dire qu'il aurait pu. Donc cela veut dire qu'il ne l'a pas fait. Et qu'est-ce que ça lui fait, à Rose, de savoir qu'il n'a pas eu cette faiblesse ? Elle en est à la fois soulagée et écœurée. Soulagée parce qu'il n'a rien fait pour nuire à sa propre personne. Ecoeurée parce qu'elle n'a pas eu sa force à lui. Ecoeurée d'elle-même. Un peu plus. Mais s'il n'a rien fait, pourquoi s'évertue-t-il à fuir le regard de Rose ? Pourquoi garde-t-il ainsi le visage baissé ? Les sourcils de la métisse se froncent au fil des secondes et quand Jake reprend enfin la parole, les entrailles de Rose se tordent de douleur. De douleur pour lui. Et pour elle en écho parce que ses mots, elle pourrait parfaitement les prononcer tant c'est ce qu'elle ressent. Le peu qu'elle a vu de ses parents depuis son retour lui a suffi. Ce regard qu'ils ont sur elle c'est le regard dont Jake parle et bon sang qu'il est difficile à supporter ce regard... Si difficile. Mais comme ça a dû être encore plus difficile pour Jake qui est rentré pour se rendre compte que sa femme était passée à autre chose, qu'il n'avait plus sa place. Certes, Rose ne sait pas où est sa place ici mais oui, pour lui ça devait être bien pire et pourtant... Pourtant il est encore là. Alors comment ? Comment a-t-il tenu ? Comment a-t-il pu se soustraire à cette envie d'en terminer pour de bon ? Pas de réponse à cette question pour le moment, Jake se contente de poursuivre sa confession à Rose non sans récupérer la bouteille au passage pour en boire une brève gorgée. Un autre silence. Et le récit reprend.

Les explications viennent enfin à elle.

Il mentionne un vieil ami. Sebastian. Un ami dont Jake a déjà parlé à Rose par le passé. Il mentionne également sa femme, la façon dont ils ont été parfaits et patients avec lui, la façon dont il l'ont aidé à se relever en attendant qu'il puisse retrouver un semblant de stabilité, un semblant de vie. Ils ont fait, en réalité, ce que Jake fait pour Rose depuis qu'elle est rentrée. Et pourtant, elle, ce soir, elle a essayé de se tuer. Alors où est la différence ? Simplement dans leurs caractères pourtant semblables à bien des égards ? Rose est perdue, ne saisit pas. Elle saisit encore moins quand il explique qu'il a eu des différends avec son ami. Mais il suffit d'une seconde pour qu'elle comprenne Rose. Qu'elle comprenne enfin ce qui a permis à Jake de tenir : la femme de son ami. Le visage de Rose se détend au fur et à mesure qu'elle l'entend parler de la dite femme. Les mots qu'il emploie, le ton qu'il emploie... Si elle était amoureuse de lui, elle serait jalouse. Et elle l'est un peu mais pour d'autres raisons. Et à cela s'ajoute la résignation parce que oui, elle aurait voulu... Jake. Une fois. Elle aurait voulu. Ce désir qu'elle a tenté de taire elle va devoir le faire disparaître totalement et définitivement mais ce n'est sans doute pas plus mal. Leur relation aurait pu en être affectée. Peut-être qu'il ne s'agit pas d'un hasard. Peut-être... Et elle termine par sourire Rose quand Jake lui annonce qu'il fera ce qu'il pourra pour l'aider à présent.

« Je sais que je peux compter sur toi. » qu'elle répond à voix basse en caressant la main qui vient trouver la sienne. L'autre main vient se saisir de la bouteille et elle boit une nouvelle gorgée. Puis un silence. Le temps qu'elle remette tout les mots en place, ses propres pensées en place également. Et un soupir finalement alors qu'elle observe le vide droit devant elle. « Je t'envie. » C'est avoué dans un souffle avant d'oser relever son regard vers le visage de son ami. « De l'avoir trouvée. D'avoir trouvé la personne qui t'a donné une véritable raison de te battre, de continuer. » Le regard qui se détourne de nouveau alors qu'il se voile et qu'elle boit une nouvelle gorgée. « Aujourd'hui c'est toi qui me donne cette force. Je sais que c'est dur de dire ça pour mes parents parce qu'ils sont toujours là et ils font ce qu'ils peuvent mais... C'est toi qui vient de m'empêcher de de faire une irrémédiable connerie et c'est toi qui réussit à me faire tenir. Et hum... » Elle ferme les yeux. « J'espère que je réussirai à trouver ce que tu as trouvé chez elle. » Les yeux se rouvrent, les prunelles viennent retrouver celles de Jake. « J'espère trouver ça. » C'est sans doute idiot mais oui, elle en vient à l'espérer. Un autre soupir. « Tu en es où ? Avec la femme de ton ami ? Est-ce que... Est-ce qu'elle ressent la même chose pour toi Jake ? »

Puisqu'ils en sont aux confidences...
Peut-être que ça pourra lui permettre à lui de se sentir mieux.
Un peu.



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MessageSujet: Re: (flashback) A guilty conscience never sleeps. || (Jakob)   Jeu 22 Fév - 0:44



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EXORDIUM.







Septembre 2017.






Il s'y accroche, à son sourire. Il s'y accroche autant que possible parce qu'il n'a plus que ça, ce soir. Parce qu'il n'a plus que cet indice-là pour se faire entendre qu'il réussit au moins quelque-chose, à défaut de ne pas avoir su la garder loin de cette idée-là. Rien qu'un signe destiné à lui faire comprendre qu'ils sont peut-être sur la bonne voie. Peut-être, en tout cas. Alors oui, il s'y accroche, laissant sa main reposer quelques instants sur la sienne avant que la voix de la Belle ne lui reviennent, avant que ses mots ne l'atteignent. « Je sais que je peux compter sur toi. » Il offre un maigre sourire, il ose venir s'emparer de ses doigts en une étreinte légère, frêle ; quelque-chose qu'il contrôle au mieux comme pour ne pas abuser. Ne pas abuser de cette proximité retrouvée. Non, Jake se contente seulement de la laisser se perdre, avec la bouteille tendue de nouveau essayer d'apaiser ses nerfs. Puis, finalement, ce sont des syllabes auxquelles il ne s'attendait pas, des syllabes qui viennent briser le silence et toute la faible sérénité qui régnait ici. « Je t'envie. » Il fronce les sourcils, essaie d'en trouver la raison, le sens, le pourquoi du comment finalement. Parce qu'elle n'a rien à lui envier, pas même ces sentiments qui, un jour, lui porteront probablement préjudices. Parce que c'est ça, qu'elle lui envie. C'est ça qu'elle vient pointer du doigts quand son regard se relève, quand de nouvelles phrases viennent franchir la barrière de ses lèvres. « De l'avoir trouvée. D'avoir trouvé la personne qui t'a donné une véritable raison de te battre, de continuer. » Il ose un léger rire, quelque-chose de bloquer dans le creux de sa gorge néanmoins. Parce qu'ils sont loin, très loin, du conte de fée. Pourtant, il ne dit rien. Jakob se tait, sachant que l'instant n'est pas aux complaintes, pas aux siennes ; et ce style-là n'est pas le sien. Pas là, en tout cas. « Aujourd'hui c'est toi qui me donne cette force. Je sais que c'est dur de dire ça pour mes parents parce qu'ils sont toujours là et ils font ce qu'ils peuvent mais... C'est toi qui vient de m'empêcher de faire une irrémédiable connerie et c'est toi qui réussit à me faire tenir. Et hum... J'espère que je réussirai à trouver ce que tu as trouvé chez elle. » Il va pour baisser le regard mais Rose s'y perd avant, avant qu'il ne s'y risque finalement. Et ce qu'il lit au cœur de ses prunelles, ce qu'il vient trouver l'angoisse légèrement. Parce qu'il a l'impression d'avoir été idiot que de se risquer sur ces dires, sur ces révélations. Peut-être aurait-il fallu qu'il attende, qu'il attende simplement que les choses ne soient pas aussi compliquées. Bête, il croit l'avoir été tandis que les mots de la jeune femme se répètent, une deuxième fois, appuyant le pincement de cœur qu'il porte déjà. « J'espère trouver ça. » Il acquiesce seulement, venant lui faire entendre par un murmure qu'elle finira par trouver. Parce qu'il commence à croire en le monde, parce qu'il croit surtout en elle. Chose que laquelle il va pour partir, changer de sujet pour ne pas engendrer le pire. Mais elle lui coupe l'herbe sous le pied, vient rapidement le devancer. « Tu en es où ? Avec la femme de ton ami ? Est-ce que... Est-ce qu'elle ressent la même chose pour toi Jake ? »

Et là, les mots se bloquent, se perdent. La gorge brûlante, le cœur battant, Jake cherche ses mots, n'ayant pas la moindre idée de la manière dont les choses pourraient être abordées. Et, en vérité et à bien y réfléchir, il n'a aucune idée de ce qu'il en est vraiment concernant la jeune femme qu'il s'est permis d'évoquer. Il y songe, finalement, il y songe, tente de se souvenir de ses regards, de ses attentions, de tous ces instants qu'ils ont pu passer ensemble depuis la première fois qu'il a posé son regard sur elle. Loin d'imaginer, tellement loin d'imaginer tout ce qui pourrait finalement en découler. C'est plus fort que lui, ça le ronge de l'intérieur avec une telle violence, avec une telle brutalité. C'est inconscient et à la fois tellement réconfortant. Parce qu'elle est là, la preuve qu'il est encore vivant. Elle est là, et c'est pour cela qu'il donnerait tout, n'importe quoi. Jake en laisse un rire s'extraire d'entre ses lèvres, un léger rire qui s'estompe aussi certainement que ce dernier quand ses prunelles viennent parcourir les lieux, les murs assombris par une nuit encore pleine d'ennuis. Il essaie de se faire raison, essaie de rester objectif quant à ce dont il se souvient, ce qu'il parvenait à posséder sous ses mains. Mais, maintenant qu'ils en sont là, maintenant qu'il se doit de poser des mots sur ce cas ; ils ne viennent pas. Ils ne viennent pas parce qu'il peine à se souvenir d'à peu près toutes ces fois-là. Il en oublie les soupires, son faible rire. Il en oublie ses attentions, toutes ces choses qui faisaient qu'il se perdait dans l'idée d'une relation. Tout s'échappe, chaque seconde un peu plus et ça le panique. Ça vient rendre les battements de son cœur plus fastidieux, donnant un peu de fil à retordre à ses nerfs qui tremblent, se tendent. Non, il n'a pas la moindre idée de ce qu'il devrait répondre à cela et c'est ça, c'est ça qui fait qu'il se met dans cet état-là. Le pitbull s'égare, le regard qui s'attarde dans le noir. « Nul part, je crois ; qu'il ose dire, tiquant en y songeant avant que l'éclat assombrit de ses prunelles ne viennent se perdre de nouveau sur Rose. Rose et son attention, Rose et cette écoute qu'il craint de ne pas pouvoir assouvir. Stupide, trop longtemps insensible. Et s'il se faisait simplement des idées, et si tout ça n'était pas finalement qu'un mensonge qu'il se serait inventé. Penser qu'une femme comme elle puisse s'intéresser à lui, il pourrait en rire ce soir, parce que fatigué, parce que loin de penser que tel bonheur puisse lui être accordé. Je crois, je crois que j'aimerai que ce soit le cas alors je serai capable d'inventer une réponse juste pour me satisfaire plutôt que de te rassurer sur le fait que je fais pas une erreur. Il se fait honnête comme toujours, peut-être pas forcement avec les bons mots mais il le fait. Parce qu'ils sont deux, à être dans cette situation, parce qu'ils sont deux à savoir que peut-être ce monde n'est pas fait pour eux. Deux à savoir les horreurs commises et à se douter que les choses finissent toujours par revenir. Je sais que c'était une erreur dès le départ. Pour elle, pour Seb, pour moi. Tu vois ? C'est... c'est compliqué, tout l'est dans le sens où tout semble ne pas l'être. Tu vois ? Il essaie, il essaie de trouver les mots adéquates, d'expliquer la manière dont lui voit les choses mais ça ne vient pas, les phrases ne se formulent pas. Et l'agacement, et l'angoisse. Et Jakob qui s'en redresse, passant ses mains contre ses traits comme dans l'espoir que ça puisse l'aider à taire et cette culpabilité naissante d'en arriver à parler de lui, et cette idée qui commence à germer quant au fait qu'il se détruit probablement au fur et à mesure des instants avec elle, comme ceux déjà passés. J'en viens à espérer que ce n'soit pas l'cas. Il faut pas que ça soit l'cas parce qu'à partir du moment où ça le sera, j'ruinerai sa vie. C'est pas c'que je veux. » Qu'il laisse entendre, terminant sur cette confession-là, laissant à sa vue la possibilité de se retrouver, là, sur les ombres toujours plus marquées. « Ne m'envie pas de possiblement me foutre en l'air, tu mérites bien mieux que ça. Tu mérites que ça fonctionne. » Des mots qui se laissent bien entendre, marqué dans le temps par l'intonation prise à son égard. Jake retrouve la bouteille du regard puis s'en empare, laissant le liquide ambre retrouver la lisière de ses lèvres.     

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MessageSujet: Re: (flashback) A guilty conscience never sleeps. || (Jakob)   Dim 11 Mar - 19:07

A guilty conscience never sleeps.




Son « nul part je crois » arrache le cœur de Rose. Parce qu'elle la voit sa détresse. Parce qu'elle sent sa douleur. Comme elle voudrait pouvoir l'en débarrasser mais si elle peut le soutenir pour le reste, enfin quand elle en sera capable puisqu'en cet instant elle n'est pas réellement capable d'apporter le moindre soutien puisque c'est elle qui se repose sur lui, elle ne peut rien pour le soulager de cette douleur-là. C'est triste. Les mots de Jake. C'est triste. Cette résignation dans ses paroles, dans le ton qu'il emploie. Elle reste silencieuse, le laisse faire son chemin, le laisse poursuivre. Et il finit par admettre qu'il a conscience que ce qu'il a fait, ce qu'il ressent, c'était une erreur dès le départ. Pour elle. Pour seb. Pour lui également. Les sourcils de Rose se froncent un peu à l'évocation de Seb. Celui-là même dont Jake lui a tant parlé. Son ami. Son compagnon d'armes avant qu'il ne la rencontre elle. C'est donc de sa femme qu'il s'agit. Quelle situation compliquée. Elle n'ose même pas imaginer... Elle hoche donc simplement la tête quand il lui demande si elle voit ce qu'il veut dire car oui, elle saisit pleinement. Qu'elle saisisse ne semble cependant pas soulager Jake qui se défait un peu d'elle pour passer ses mains sur son visage alors que Rose continue de le fixer. Elle passe une main tendre et réconfortant sur son ventre. Juste pour lui montrer qu'elle est là. Puis, doucement, elle vient poser son front contre l'épaule de Jake quand il poursuit, quand il prononce des mots qui doivent lui faire beaucoup de mal. Parce qu'il est un homme bien. Parce qu'il a beau ressentir ce qu'il ressent, il ne veut pas faire de mal. Et il préférera avoir mal, lui, plutôt que d'en faire. Elle le sait. La suite fait relever le visage de Rose pour que son regard revienne se perdre sur son ami qui ne lui souhaite pas de se retrouver dans une situation similaire, qui lui dit qu'elle mérite mieux que ça. Parce que lui non ? Alors les sourcils de Rose se froncent de nouveau tandis que Jake boit de nouveau une gorgée à la bouteille. La main de Rose vient se poser ensuite sur sa joue et elle le force à tourner son visage vers lui.

« Toi aussi tu mérites que ça fonctionne. » qu'elle lui dit, droit dans les yeux, le visage on ne peut plus résolu. « Toi aussi. » Elle caresse sa barbe avec son pouce et esquisse un petit sourire. « Tu mérites d'être heureux et je te le souhaite. Vraiment. »

Un silence alors qu'elle le fixe. La proximité est là. Ils sont si proches et ça réveille le désir que Rose tente de garder enfoui depuis si longtemps. Elle pourrait là... Juste... Elle pourrait approcher son visage et l'embrasser. Elle en crève d'envie. Elle en crève tellement d'envie... Pourquoi pas ? Après tout... Peut-être est-ce l'alcool ingurgité qui lui donne le courage. Peut-être est-ce le fait qu'il lui ait sauvé la vie. Peut-être est-ce parce qu'en cet instant, il est sa raison de vivre. Peut-être. En tout cas, elle approche son visage, elle réduit la si petite distance entre eux pour venir poser ses lèvres sur les siennes. Un contact qui l'électrise à l'instant où leurs bouches se rencontrent. Le cœur qui s'emballe dans l'instant. Il est cependant bref le contact car sous sa main toujours posées sur la joue de Jake, elle le sent se tendre. Puis il recule le visage, et c'est dans un souffle contre les lèvres de la métisse qu'il murmure son prénom. Le ton, bien que sa voix ne soit que murmure est clair et Rose a beau être grisée par ce qu'elle vient de faire elle comprend. Le message est là. Silencieux mais il est là. Non. Et il a raison. Non. Elle soupire, se recule un peu, caresse l'épaule de Jake du bout de son nez avant de hocher la tête.

« Désolée... » qu'elle murmure tout bas.

Elle l'est. Parce qu'elle n'aurait pas dû. Mais il ne lui en veut pas non. Parce qu'il reste là, que son bras vient l'entourer et elle sourit. Elle sourit Rose.

« Tu restes avec moi ? » Une demande faite dans un murmure là encore. « Je saurai me tenir. » qu'elle ajoute avec un petit sourire en relevant son regard vers lui. C'est entendu. Elle ne fera plus rien de ce genre. Et bientôt, la bouteille est délaissée, les deux corps sont allongés et Rose se blottit dans les bras de Jake. Ce n'est que là, bercée par sa respiration à lui, au plus près de lui, qu'elle parviendra à trouver le sommeil. Un sommeil ponctué de cauchemars qui entraîneront des réveils brutaux tous calmés par Jake.

Tous.


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MessageSujet: Re: (flashback) A guilty conscience never sleeps. || (Jakob)   

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