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 The Hollow - Leo

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MessageSujet: The Hollow - Leo Mer 27 Déc - 13:10

The Hollow
EXORDIUM.
J’ai le moral dans les chaussettes et ma gueule des mauvais jours. Visage fatigué dans la glace, je me passe un coup d’eau fraiche pour essayer de me réveiller, de me secouer un peu. Il est tôt, trop tôt et lorsque je passe devant ma chambre qui est devenue « notre » chambre, je peux voir le corps de Maeve encore profondément endormie. Je pénètre dans la pièce en silence, discrètement et vient m’assoir sur le bord du lit où mes doigts effleurent son dos nu. Sa respiration est lente, sereine, presque apaisée. Bien différente de ce qu’elle a pu connaitre il y a quelques semaines.
Ces derniers jours ont été compliqués pour toutes les deux. Sa maladie, son appartement brûlé et immeuble détruit, il m’a été spontané de lui proposer de venir vivre dans mon appartement, au moins un temps. Ou plus, si elle le souhaite. Je sais que ça l’emmerde, que même si l’assurance prendra en charge des frais ça ne change rien au fait que ça lui a foutu un sacré coup au moral. J’essaie au mieux de ne pas l’emmerder avec mes histoires. Notamment avec cette plainte qui a été déposée par Mme Leroy concernant la mort de son mari. Et c’est justement pour une convocation au commissariat que je termine de me préparer, la boule au ventre.

J’ai rien à me reprocher, j’ai fais le maximum et la mort de ce type me pèse suffisamment sur les épaules mais ce qui m’angoisse par-dessus tout le reste est la confrontation avec sa femme. J’ai formellement tenu à venir lui annoncer moi-même son décès et j’ai déjà fais ça plusieurs fois mais aujourd’hui, je n’assume plus autant. J’ai les jambes en coton, la gorge sèche, le cœur qui palpite contre mes côtes mais surtout, une horrible nausée qui ne me lâche pas. Je n’sais pas si j’ai envie de croiser son regard menaçant, plein de reproche, de colère, de haine.
Je dépose un baiser sur l’une de ses omoplates, m’y attarde, effleure sa nuque et dérive sur sa joue alors qu’elle bouge à peine, bien trop confortable dans un sommeil profond, à peine perturbé. Je finis par quitter la chambre, puis l’appartement, rencontrant la fraicheur brutale de l’extérieur, encore plongée dans le noir. Je rentre mon visage dans mon écharpe, râle contre le monde entier de nous coller un froid pareil et entame le chemin jusqu’au lieu de convocation. J’ai hésité une dizaine de fois à appeler Daya pour qu’elle m’accompagne. Elle connait ce milieu bien mieux que moi et la présence d’une amie n’aurait pas été de refus… J’en viens même à espérer la croiser par le plus brillant des hasards dans le coin même si, à mon avis elle n’a pas commencé son service et que de toute façon, je ne vais pas dans son département.

Portable en main, j’hésite tout le long du métro, du voyage, à me dire que si j’appelle si tôt je vais la réveiller. Maeve dans tout ça ? Je lui ai fais comprendre que tout allait bien avec un air assuré sur la gueule, comme quoi ça serait l’affaire d’une heure et que ça n’était pas la peine à ce qu’elle se lève aussi tôt.
Pour la persuader, j’ai dû user de mille stratagèmes.

J’arrive devant le commissariat plus vite que je ne l’aurai pensé, me crispant sous mon manteau et c’est la boule au ventre que je passe les portes du lieu, avec pour seule envie d’en finir au plus vite.

¥

La seule raison qui ne me fait pas chialer, c’est le sms que j’ai reçu de Leo et qu’il ne me répond toujours pas.
J’ai croisé Leroy, j’ai croisé son regard assassin, je l’ai entendu hurler, gueuler que je n’étais qu’une petite conne qui allait le payer et qu’elle espérait que je croupirais en taule pour avoir tuer son mari. Mais elle ne sait pas encore que justement, non. Je ne risque rien. Pas d’erreur médicale, j’ai fait mon boulot, j’ai fait ce que j’ai pu pour ne pas qu’il nous claque entre les doigts. Mais j’peux pas en vouloir à cette femme d’être en colère, j’peux pas lui en vouloir d’avoir envie de hurler au monde entier que c’est la faute de quelqu’un puisque c’est ce qui lui permettra certainement de faire son deuil : Avoir un coupable.
Je suis en chemin, pas chez moi mais chez Leo. J’ai besoin de le voir et que même s’il y a Daniel, rien à foutre. J’suis pas obligé de lui parler, encore moins de le regarder. La rancune ne m’a pas quittée et n’est pas prête à le faire. Allez savoir pourquoi j’ai cette boule amère au fond de la gorge le concernant et qui se refuse de se décoincer.

- Allo ? Ca va ? Justement j’suis pas loin de chez toi.

Pas de réponse. J’ai décroché aussitôt après avoir vu le prénom de Léo s’afficher.

- Leo ?

L’espace d’une seconde je râle en pensant que c’est mon téléphone qui capte mal parce que j’entends un bordel de fond.
Puis un hurlement.

- LEO !

Il cri de nouveau, j’entends des coups ou plutôt un bordel monstrueux comme s’il y avait une lutte, comme si quelqu’un était avec lui. Mon sang ne fait qu’un tour, je garde le téléphone allumer alors que j’essaie de hurler pour faire décamper ce fils de pute qui est entrain de saccagé mon ami. Parce que c’est le premier film qui me vient à l’esprit alors que je détale comme un lapin en direction de son immeuble que je m’empresse de rejoindre au pas de course. J’ai les poumons en feu, des crampes dans les cuisses mais je force, boostée par l’adrénaline et surtout par la peur de le retrouver mort dans son appartement. A aucun moment j’me dis que j’devrais plutôt appeler les flics au risque de me faire buter en arrivant là-bas par je n’sais pas qui. J’ai un tas de scénarios dans la tête. Et si c’était Daniel qui lui faisait du mal après avoir replongé dans l’alcool ?
Non, connerie.
Je tape le code d’une main tremblante, n’attend pas l’ascenseur et grimpe les étages, souffle court avec l’impression que mon cœur va exploser. Arrivée devant sa porte d’entrée, je ne cherche pas plus loin lorsque j’entends des meubles brisés, du verre explosé. J’entre à la volée, prête à sauter à la gorge du premier qui osera toucher mon ami, prête à lui crever les yeux s’il le faut, j’en ai rien à foutre.

- Bordel… de merde…

Souffle court. J’ai l’impression de voir des petites étoiles dansées devant mes yeux.
Mais il n’y a ni cambrioleur, ni ennemi et encore moins Daniel. Juste un Leo, seul, entrain de péter les plombs, de tout détruire dans son environnement. J’ai un sursaut, rentre ma tête dans les épaules lorsqu’il envoi valser un autre objet contre le mur.
Je ne l’ai jamais vu dans un état pareil, entrain de gueuler, de tout détruire, comme une bombe qui exploserait enfin.

- LEO ! LEO ARRÊTE !

Je m’approche, me fait visible et surtout manifeste ma présence pour essayer de le raisonner. Je réussi enfin à croiser son regard fou et dresse mes mains devant lui pour l’arrêter, capter son regard. Je l'admets, il me fait presque flipper en cette seconde mais je prends sur moi, me montre douce, patiente. Ne surtout pas le brusquer.

- C’est moi, ok ? Calme-toi. Ce n’est que moi.

Il a le regard fou mais surtout, le regard humide. Ses yeux expriment une myriade d’émotions en cet instant, des choses qui me bousculent littéralement jusqu’à m’en faire oublier mes propres problèmes. Son appartement est devenu un véritable champ de bataille mais ce qui m’inquiète le plus pour l’instant, c’est lui. Lui et ce regard paumé, enragé, blessé.

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MessageSujet: Re: The Hollow - Leo Dim 31 Déc - 14:56



the hollow
EXORDIUM.
L'obscurité s'étend, vient gagner davantage de terrain dans cet appartement une fois de plus délaissé par celui qui s'y est installé. Daniel manque à l'appel, comme souvent désormais, comme toujours depuis qu'il a reprit une place qui – finalement – ne cesse plus de l'inquiéter. Parce qu'il imagine le pire, parce qu'il se souvient des regards de ses collègues, des préjugés, des idées que beaucoup se sont faits en apprenant ce qu'il pouvait être. A savoir un monstre pour eux, une bête de foire, un homme peut-être paumé faisant une erreur qui n'arrive que trop tard pour être pleinement assumée. Et si on lui faisait regretté, si finalement tout n'était plus qu'à enterrer. C'est la raison pour laquelle il s'est risqué à un message envers la seule qui pourrait pleinement l'aider ; celle qui, pourtant, ne répond pas encore. Un soupire, un haut-le-cœur et le corps lassé du blond qui se redresse des draps froissés. Il n'a rien mangé, n'a pas trouvé le sommeil nécessaire à faire disparaître ses attraits névrosés, ses yeux cernés. Non, Leo erre finalement dans l'appartement à la recherche d'une occupation quelconque, d'un moyen efficace pour retrouver un semblant de raison. Son regard va, vient, cherche, tente de se défaire des spectres de son passé qu'il croit percevoir, ceux que la psychologue s'amuse à faire remonter, ceux qu'elle vient raviver à sa conscience pour les laisser le hanter. Leo s'en défait, venant retrouver la présence chaleureuse d'un piano qu'il frôle à peine, de quelques notes, de quelques supplices égarés, transformés en une mélodie qu'il n'a que trop répété. Et elle s'impose à lui, cette silhouette, cette ombre fatiguée qui se tient à ses côtés. Celle sur laquelle l'azur de ses prunelles se pose, celle sur laquelle il s'attarde avant d'en ressentir une trop grosse douleur, une trop grosse souffrance ; un vide incommensurable qui semble encore se creuser, cette fois avec un peu plus de brutalité. Et il la sent, cette perle salée s'abandonner le long de sa joue, cette douleur matérialisée en une goutte argentée, traçant un sillon irrégulier. Et ce regard qui se voile, qui se clos. Ces paupières qui se ferment pour ne pas avoir à en imaginer davantage pour, finalement, se rouvrir sur sa solitude, sur cet instant perdu où rien ne subsiste si ce n'est ses pertes et ses erreurs. Leo en cède, se relevant, jetant le verre qui s'était trouvé à ses côtés contre l'un des murs de l'appartement, tout comme son téléphone, puis son assise, tout ce qui pourrait venir gêner ses pas, sa folie réveillée. Parce qu'il perd pied, parce qu'il perd toute raison depuis qu'il s'est vu entamer ce qu'ils appellent « guérison ». Et la bombe éclate, les profondeurs se creusent tandis qu'il s'anime, encore et encore, tandis qu'il réduit à néant toutes ces années à rester fort. Leo ne l'est plus, plus maintenant, pas alors que tout lui échappe, pas alors qu'on rouvre bien de profondes trappes. Et il hurle, et il frappe, laissant s'abattre contre un sol fragile bien plus que de l'argile. Quelques meubles, quelques ustensiles. Leo se perd, Leo s'effondre, Leo se noie jusqu'à pourtant l'entendre, cette voix-là.

Il entend son prénom, il distingue cette panique, cette détresse dans une tonalité qu'il s'est toujours tenu à ne pas briser. Leo en ressent cette douleur, Leo la sent s'immiscer un peu plus tandis qu'il soupire, essayant de rependre un minimum de conscience, essayant de se redresser malgré la chute endurée. Et, finalement, son prénom revient accompagné d'une supplication, d'une demande qui, en vérité, n'a l'air que d'un ordre. Parce qu'il faut qu'il arrête, parce qu'il doit s'arrêter, les mains déjà abîmées, l'être déchiré et le regard qui vient enfin se tourner. Il distingue sa personne, sa silhouette, il croit la reconnaître malgré les ombres épaisses qui règnent. La petite brune en lève ses yeux dans sa direction, osant un pas, puis deux, lentement. Trop doucement. Leo en a le vertige, des nausées habituelles avec cette stabilité qui – chaque jour un peu plus – lui échappe. « C’est moi, ok ? Calme-toi. Ce n’est que moi. » Rien qu'elle. Elle et lui. Elle, ses démons et sa misérable personne qui tangue légèrement, le blond essayant de fermer les yeux comme pour se défaire de tout ce qui semble grogner en lui. Tout est différent, tout est... loin de ce qu'il croyait être. Parce qu'il manque depuis trop longtemps un canalisateur à sa haine, parce qu'il s'enterre silencieusement sous une culpabilité que des réponses ne sont pas venues apaiser. Parce qu'il ne sait rien, n'a jamais su. Parce qu'il ne peut blâmer que sa personne et cette inattention aujourd'hui regrettée. Il aurait dû la protéger. C'est cette dernière pensée qui vient frapper, s'ancrer en lui comme unique et dernière vérité. Leo s'en ranime, légèrement. Leo ose quelques pas encore tremblants, les prunelles qui guettent les alentours, qui jonchent les murs. Les prunelles qui voient ces fantômes un peu trop insistants, ceux qui ne lui offrent pas l'occasion de trouver un quelconque raisonnement.

Et les larmes qui s'invitent, cette impression qu'il peut s'effondrer, perdre pleinement pied. Leo s'en rattrape de justesse à l'un des meubles effondrés, là où gisent bien des débris de verre cassé. Les mains tremblantes, le pouls trop lourd. Il suffoquerait presque, essayant de se rendre à l'évidence même des choses ; ils sont en train de le rendre plus fou qu'il n'avait pu l'être. Ils le brisent, doucement et de manière trop efficace. Leur jugement n'aura que plus d'impact à l'avenir, Leo regorge de noirceur parce qu'ils l'entretiennent, parce qu'ils la renfoncent avec autant de malheureux souvenirs qu'ils sont en mesure de faire revenir. Un nouveau soupire, les doigts qui se perdent sur l'un des verres encore intacts qui, néanmoins, termine par se fendre au creux de sa main. Et cette douleur, et ce chagrin, cette perdition sans fin. « Tu ne devrais pas être là. » Ça ressemble à un murmure, des mots égarés qui se sont échappés. Leo reste dans son coin, Leo attend, laissant le verre lui couper la main sans même y prêter la moindre attention, sans même en grimacer. Pas ici, pas maintenant, pas alors que la douleur aux abords de son cœur se fait aussi dense. Elle est violente, tenace, sans faille. Et ces mots restent en suspens, cherchant un destinataire à atteindre, Claudia assombrie dans un recoin de l'appartement ou Taylor et sa présence soudaine, l'idée même que son téléphone ait encore pu être allumé ne lui venant pas à l'esprit. Non, au lieu de ça, il s'enfonce un peu plus, s'assurant que tout ne résulte encore que de ses névroses, que de tout ce qui s'invite à sa vue fatiguée comme pour davantage le blesser. Et de nouveau le rire de Claudia, cette impression qu'elle puisse être là, cette idée qu'elle aurait dû être à portée de ses bras. Sanders en hurle encore, la suppliant de se taire. Rien que de se taire alors que son monde flanche, que sa personne enfin s'effondre, à bout de force, déjà aux abords de sa survie. Il faut qu'on le laisse, il faut qu'on abrège toutes ces voix, ces présentes, tous ces spectres qui viennent danser, dévaler des murs bourrés d'un trop plein d'obscurité. Parce qu'il est en train de tout perdre, parce qu'il est en train de se laisser aller ; et dans le mauvais sens du terme concerné. Leo dépérit, tout doucement, tandis que ses prunelles en reviennent à ce qu'il s'est persuadé d'être une autre de ses hallucinations, croisant le regard d'une Taylor tout de même horrifiée ; tout ce qu'il a toujours craint sans jamais l'avouer. Il failli à ses promesses, à cette parole faite que de toujours la protéger, se faire assez fort pour qu'elle puisse contre lui se reposer. Ce sont ses cauchemars qui se matérialisent autour de lui, toutes ses craintes, ses peurs les plus efficaces. « Tu... ; les mots qui peinent à sortir, cette respiration qui se fait brève, trop sollicitée derrière des sanglots incontrôlés. Tu n'dois pas me regarder comme ça... » Et la peine, ce réflexe que de plaider coupable. Tout est de sa faute, tout. C'est ce qu'il se dit, ce qu'il vient ancrer en lui avec une volonté des plus brutales. « Taylor me regarde pas comme ça alors dégage toi aussi ! » Convaincu qu'elle n'est pas vraiment là, luttant pour faire disparaître ce qu'il croit n'être qu'une image de plus parmi ses autres tourments.    

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« You. »
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MessageSujet: Re: The Hollow - Leo Sam 6 Jan - 15:20

The Hollow
EXORDIUM.
Il a l’air d’un fou, d’un mec qui a complètement pété les plombs sans prévenir, sans mise en garde. Le genre de type qui va bien la veille et qui le lendemain vrille complètement sans que nous ne sachions réellement pourquoi. Je ne reconnais pas Léo en cette seconde, je ne reconnais pas cet homme aux cheveux défaits, au regard fou, rougit, aux cernes creusés et aux traits visage tendu, crispés. Je sens mon rythme cardiaque grimper en flèche alors que je tiens devant lui, à une distance raisonnable mais surtout, sur mes gardes, mains tendues en avant pour lui montrer qu’il ne risque rien, que j’suis pas là pour le faire chier mais surtout pour lui montrer que je suis là, pour manifester en douceur ma présence.
J’ai la sensation de me retrouver face à un animal furieux, prit au piège, prêt à se jeter sur celui ou celle qui oserait le retenir prisonnier.

- Leo ?

Il ne répond pas, se contente de me regarder, verre à la main. L’objet se fissure, se brise entre ses doigts et je conserve mon calme, celui qui se manifeste en situation d’urgence, comme cette fois où on a dû couper la jambe d’un type dans un jardin, par exemple. Est-ce que tout vient de là ? J’le sentais pas bien, certes, mais pas au point de me péter les plombs comme ça.

- Tu ne devrais pas être là.
- Qu’est-ce qu’il se passe, dis-moi.

Une demande, douce, qui ne le presse pas, ni ne le brusque. Je ne dis pas que je ne suis pas flippé, c’est faux mais je sais aussi qu’il n’oserait jamais me faire mal, ni me lever la main dessus. Ce type est le plus doux que je connaisse, le plus gentil et le plus tendre alors bordel, qu’est-ce qu’il lui est arrivé pour qu’il en arrive à cet état ? Si c’est Daniel le responsable, je ne répondrais plus de rien. Putain, si jamais c’est lui qui l’a foutu aussi mal, j’le retrouve et j’m’en occupe personnellement. Je le lui ai dit la dernière fois et ma menace n’était pas pour faire jolie ou pour faire genre, j’me soucie de mon ami. Non, elle était réelle et je n’hésiterais pas à la mettre à exécution, flic ou non.
Un filet de sang s’échappe de sa paume et je serre les dents.

- Calme toi maintenant, ok ? On va s’assoir et discuter tous les deux, tranquillement.

J’ai à peine le temps d’achever ma phrase que Leo hurle. Ce n’est pas le cri d’un fou mais d’un homme désespéré, blessé au plus profond au point de vous en foutre la chair de poule. Ça me transperce les entrailles, me fait reculer d’un pas sous la surprise et la peur alors qu’il implore à ce que je me taise. A moins qu’il ne s’adresse à quelqu’un que je ne peux ni voir, ni entendre.
Une longue seconde, j’hésite à composer le 911 pour faire rappliquer les secours, pour qu’on vienne lui injecter de quoi le calmer, de quoi le tranquilliser avant qu’il ne commette l’irréparable, que toute cette situation ne tourne à la catastrophe. Peut-être qu’il m’en voudra, peut-être qu’il ne me le pardonnera pas, mais j’ai pas envie qu’il se fasse du mal, j’ai pas envie que ça tourne au cauchemar parce que oui, putain, il m’fout la trouille puisque pour la première fois, Leo me semble complètement imprévisible.
Il s’écroule sur le sol, tombe à genoux, la main en sang et sanglote comme un gamin qui aurait tout perdu. Ce n’est que maintenant que le calme est - presque – revenu que je prends conscience de la cadence de ma propre respiration, de mes mains qui tremblent, de cette sensation de froid qui prend possession du moindre millilitre de sang qui parcoure mes veines. Sa douleur me frappe de plein fouet et j’ai envie de le prendre dans mes bras, de lui dire que tout ira bien, que j’suis là et que j’le lâcherais pas. Mais encore une fois, c’est un risque. Celui à ce que l’animal en lui ne s’éveille de nouveau pour détruire un peu plus cet appartement chaotique.

Je croise son regard alors que je n’ai pas bougé de place, toujours sur mes gardes, un regard horrifié.

- Tu… Tu n’dois pas me regarder comme ça…

Je ne bronche pas, m’approche d’un pas. En douceur.

- Taylor me regarde pas comme ça alors dégage toi aussi !

Moi aussi ? Je ne pige rien et me prend sa violence en plein cœur. C’est ce qu’il me faut pour me secouer, pour faire ressurgir mon caractère de merde alors que je me redresse et me tend. Il est en plein délire, j’ai l’impression qu’il n’a même pas réellement conscience de ma présence à en voir son regard hagard et j’arrive pas à voir si ses pupilles sont dilatées ou non.
La drogue ? Je ne l’exclue plus en vue des circonstances.

- ça suffit les conneries.

Je franchis le peu de distance qui nous sépare, m’approche et la gifle part aussi sec sur sa joue teintée d’une barbe naissante. Un élan d’inconscience alors que je n’sais même pas s’il a consommé un truc qui pourrait le rendre potentiellement dangereux mais je veux le ramener à la réalité, parmi nous, qu’il m’arrête son délire de fou furieux et qu’il m’explique ce qui le rend dans cet état de fracture, d’homme au bord du gouffre où seule la douleur et la haine semble l’animer.

- Putain mais qu’est-ce que tu me fais Leo ?! Qu’est-ce qu’il se passe bordel !

Je le prends par les épaule et l’oblige à me faire face, à ce qu’il me regarde en attrapant son menton entre mes doigts fins et froids. Je scrute son visage et surtout son regard.

- T’as pris quelque chose ? C’est Daniel ?


Je capte ses pupilles qui semblent pourtant normales ou en tout cas, ne portant aucun signe de stupéfiant ou autres. Ma voix se fait plus douce, plus posée, à genoux devant lui sans le lâcher des yeux, mes mains toujours posées sur lui, comme un contact avec la réalité.
J’ai la gerbe, la gorge nouée parce que j’ai presque envie de chialer de le voir dans cet état.


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MessageSujet: Re: The Hollow - Leo Jeu 11 Jan - 18:29



the hollow
EXORDIUM.
Elle est intense, la douleur. Elle vient se frayer un chemin jusqu'aux abords de son cœur qui bat, qui bat avec tellement de hargne, avec tellement de difficulté tant la peine est grande et lourde. C'est ce pourquoi il essaie de se raisonner sans y parvenir, ce pourquoi il essaie de vaincre ses démons qui viennent et se matérialisent comme ici, comme en cet instant, comme le regard apeuré de celle qu'il n'oserait jamais toucher. Bordel que c'est douloureux, et terrifiant. Parce que ce n'est pas lui. Ça n'était pas lui. Elle n'a fait que le briser, elle n'a fait que raviver cette part d'ombre qu'il était parvenu à évincer. La psychiatre qui devait l'aider n'en vient qu'à le tuer. Et cette réalité, cette vérité-là, il la laisse s'immiscer en lui comme un venin imparable, de ceux qui ne peuvent se guérir, de ceux qu'il n'a jamais su faire disparaître. Il le laisse imprégner chacun de ses membres jusqu'à ses poumons qui commencent à manquer d'air, jusqu'à cette trachée qui commence à le brûler, jusque cette conscience qui ne fait que renforcer l'hallucination jusqu'alors guettée. Celle qui s'avance, qui s'élance, qui vient franchir le peu de distance qui demeurait entre eux deux pour abattre sa présence contre sa joue. Ça résonne, ça vient se perdre au creux de son ventre tant la surprise est immédiate. Leo suffoque, Leo s'en redresse, laissant l'une de ses mains venir se perdre contre sa joue tandis que Taylor lui revient, que ses traits lui parviennent. Il la contemple, apeuré, défait, vidé. Il la contemple parce qu'elle est vraiment là, contrairement à toutes les autres âmes qui errent là. Et la douleur s'emballe, enflamme, le bref souvenir de son regard et de cette culpabilité retrouvée, empalée dans sa personne déjà bien brisée. « Putain mais qu’est-ce que tu me fais Leo ?! » Il voudrait s'en détourner, lui échapper, réinstaurer le fossé qui s'était creusé. Mais le temps n'est plus sien, ses volontés également. Parce qu'elle insiste, déposant ses mains contre ses épaules, l'amenant à devoir pleinement lui faire face malgré la honte, la colère, la tristesse, cette tornade émotionnelle qui prend d'assaut son for intérieur pour ne rien laisser. « Qu’est-ce qu’il se passe bordel ! T’as pris quelque chose ? C’est Daniel ? » Il les sent, ses petits doigts insister contre son menton, ses petits doigts qui l'amènent à devoir perdre ses perles claires dans les siennes. Et elle saura lire que rien, rien n'est plus dévastateur que tout ce qu'il porte, que tout ce qu'il se doit de surmonter. Elle le connaît assez pour pouvoir s'en faire son idée, comprendre qu'aucune des propositions évoquées ne soient responsables de ces ténèbres installées. Et il aimerait pouvoir lui dire, lui faire entendre ne serait-ce que des excuses mais rien, rien ne vient. Rien si ce n'est l'impression de tout gâcher, de l'enterrer, là, avec lui et ses folies.

Et, dans un dernier élan de la part de sa conscience, Leo voit vraiment les choses, le chaos qui règne, la présence de la Belle, les débris de ses propres meubles éparpillés à ses pieds. La panique s'invite, s'ancre en lui avec férocité à tel point qu'il vient céder, craquer, sangloter contre des bras dans lesquels il se laisse tomber. Leo s'accroche au petit bout de femme venu le trouver, ce cœur qu'il ne pourra jamais assez remercier pour toute sa bonté, tout ce qu'elle avait pu faire à son égard pour l'aider. Il le sait et c'est ce qui le blesse un peu plus tandis qu'il peine à se calmer, laissant son corps s'effondrer. Il n'est plus lui. Il n'est plus lui depuis cette fameuse nuit. Et l'admettre, ô l'admettre devient de plus en plus compliqué. « Je... ; une pause, des mots qui ne viennent pas, une voix qui se ne manifeste pas. Leo lutte, contre lui, ses démons, contre le tonnerre qui ravage les horizons de ses réflexions. Je n'y arriverai pas. » C'est plus une supplice qu'une affirmation, complainte délaissée aux oreilles attentives de son invitée improvisée. Parce qu'elle est la seule à avoir compris, la seule à voir ô combien ses sentiments furent détruits. « Plus je la vois et plus... plus j'ai l'impression que ; le voilà, l'instant de vérité, là où tous les dires doivent se faire entendre. Le voilà cet instant qu'il n'a pas su consacrer à la jeune femme, ce moment qu'il n'aurait pas dû retarder. Plus j'ai l'impression qu'elle est en train de me tuer. Parce que j'en ai envie, j'en peux plus. Je ne peux plus... » Parce qu'il est seul entre ces murs, seul à devoir vaincre toutes ces idées, tous ces faits qu'il n'est plus à même de gérer. Leo s'effondre une énième fois, Leo laisse ses traits se perdre contre la poitrine de Taylor. « Depuis que j'ai tué ce gars, depuis qu'ils m'ont obligé à ces rendez-vous... j'ai l'impression de devenir cinglé. J'ai l'impression de ne plus exister, Tay. Je... Je ne sais juste plus quoi faire. » Et peut-être qu'il aurait fallu qu'il puisse en parler, peut-être aurait-il fallu qu'il soit à même de se livrer. Leo s'est enfermé dans des idées, dans des souvenirs revisités. Leo n'a fait qu'attendre que les choses ne s'aggravent jusqu'à ne plus rien pouvoir en tirer. Et il les paye, ces erreurs. Il les paye au prix fort, là dans les bras de Taylor. « Et Daniel... ; ça lui arrache un sanglot, ça lui arrache une pointe de colère que de le savoir de nouveau dans ces locaux, là où le monde le juge pour ce qu'il est, ce qu'il a choisi, là où tout pourrait l'arracher à lui. Parce qu'il connaît le monde et ses préjugés, parce qu'il connaît le monde et ses idées. Parce qu'il sait, au final, qu'il est aisé de tout renverser ; le blond ayant succombé à une paranoïa par la fatigue invitée. Je crois qu'il m'échappe. J'ai... l'impression de tout perdre parce que j'arrive pas à remonter. J'arrive pas. J'arrive pas.... » Et ses mains qui s'accrochent aux épaules de la jeune femme, cette pression qui s'exerce comme par peur qu'elle ne disparaisse à son tour.    

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