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 funny little brains ø matthew

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MessageSujet: funny little brains ø matthew   Sam 13 Jan - 1:55

FUNNY LITTLE BRAINS

another boring dinner, thank whatever is up there you’re here


« … C’est pour cela que j’aimerais remercier notre généreux donateur, ce soir : Mr Richardson. Je lève un bras et présente d’un geste de main gantée un vieil homme riche, blanc évidemment, au milieu d’autres vieux hommes riches et toujours blancs, qui se tiennent devant l’estrade sur laquelle j’officie mon discours. Je ne suis pas très à l’aise, je ne me sens pas dans mon assiette. J’aurais du décommander ce gala, ce soir, malgré mon statut d’oratrice invitée. J’ai bien senti en partant que je n’étais pas assez en forme. Il y a des jours avec et des jours sans. Aujourd’hui est un jour sans, mais avec Emilio qui se tient d’ailleurs en retrait à ma droite, incapable de me lâcher une seconde. Il a fallu quasiment me trainer sur scène, après m’avoir trainée de petits groupes en petits groupes. Je nourris une haine toute particulière  à mon manager ce soir, parce que je suis épuisée et que mon corps n’a pas décidé de me soutenir. Mais je tiens bon, je souris, repose ma main sur le pupitre et reprend mon discours après avoir laissé un petit temps réservé aux applaudissements de ce cher monsieur Richardson. La Réserve d’Art de Chicago va pouvoir ouvrir une deuxième galerie et exposer les œuvres que vous pouvez admirer ce soir, jusque-là gardées par la fondation et le reste de leur collection. Sur ces mots, je vous laisse profiter de la soirée en compagnie de notre quatuor de ce soir. Merci. »

Dès la fin de mon speech, la lumière se tamise du côté de l’estrade et se braque sur le quatuor. Je m’éloigne du pupitre et Emilio revient à la charge, se donne pour tâche de me donner la suite du planning mais je l’interromps assez rapidement  « Lâche-moi un peu Emilio, tu commences à me gonfler, t’es à deux doigts de perdre ton putain de boulot. Je serre les dents et lui parle à voix basse tandis que le quatuor s’est mis à jouer. Mes jambes tremblent et je m’appuie avec force sur ma canne pour tâcher de descendre un peu plus dignement les marches de l’estrade. Et donne-moi ton bras, enfin ! Tu vois pas que j’ai l’air d’une abrutie là ? »

Ce qu’il fait évidemment en se taisant, finalement. Je souffle, descend les marches et reviens à mon poste de départ : le bar. Le silence d’Emilio ne dure que quelques minutes avant qu’il ne se remette à piapiater sur la suite des opérations, il me montre qui je dois aller voir et quand et leur dire quoi mais je ne regarde pas plus dans sa direction que je ne l’écoute. Mon oreille et mon regard trainent du côté du quatuor, au milieu duquel joue un violoniste que j’ai déjà croisé à plusieurs galas et qui a su m’intriguer, et à qui je vais jusqu’à accorder un geste de la main pour me signifier.

ø

Je voudrais glisser de l’eau sur mon visage pâle mais mon maquillage n’est pas waterproof et si je ne ressemble plus à rien, mon manager va me hurler dessus. Je ne me sens pas bien, mon corps entier tremble, je me sens épuisée, les nerfs à vif. Ce n’est vraiment pas une bonne soirée pour sortir, je devrais être chez moi, je devrais peut-être même appeler Irène pour savoir quoi faire. Je n’ai pas Addison avec moi pour me rassurer, pour m’aider comme elle sait le faire ou me distraire de cette soirée plus qu’ennuyeuse. Je déteste faire ces galas sans elle.
Les douleurs sonnent à différents endroits de mon corps et à la hanche principalement. Mes jambes ne tiennent pas bien debout et je suis incapable de garder un verre en main. C’est comme ça, parfois, mes muscles ne sont plus capables de faire leur boulot. La reconstruction est difficile, la rééducation est longue et ma forme est loin d’être spectaculaire. Je dois me faire violence pour me maintenir debout, me repose au maximum sur ma canne, ce qui n’est pas simple quand mon bras qui est l’intermédiaire est tout aussi faible que le reste. Je respire profondément, compte de un à cinq pour me concentrer. Il reste quelques heures, je peux tenir quelques heures n’est-ce pas ? Je dois le faire. Je ne peux quitter maintenant.

« Maxime, est-ce que ça va ? Je lève les yeux au ciel. Il ne lui a pas fallu longtemps pour remarquer mon absence. Ça devient du harcèlement limite. J’ai envie de le virer sur le champ, mais l’inquiétude de ne pas trouver quelqu’un qui voudrait gérer les cendres de ma carrière m’empêche de faire ce pas.
— Oui, oui, j’arrive dans une minute. »

Concentration. Je récupère mon sac dont je pose la lanière sur mon épaule, puis ma canne que je serre comme je peux après avoir correctement remonté les gants, replacé mon châle, cacher les parties méchamment brûlées qui peuvent être les plus visibles.
Une fois à l’extérieur, je subis un examen. Si je ne me sens pas bien il peut bien trouver un moyen de me congédier, bla bla, Un geste de main, mou, pour lui signifier qu’il me gonfle — ce dont il ne tient pas compte. Mais moi, j’en ai terminé avec lui pour le moment, entendre son affreuse voix pincée me donne la nausée, alors j’avance sans faire attention, zigzague entre les différents participants, m’efforce de sourire, refuse l’avance d’un serveur au plateau plein de coups de champagnes et, au bout d’un certain temps, je reconnais le visage particulier du violoniste au milieu des autres. Je décide d’en faire mon point de repère et m’avance vers lui, tâchant de garder l’air digne.

« Monsieur Goodwin, bonsoir. Je m’arrête à ses côtés, place la canne devant moi pour venir m’y appuyer, attire son attention et lui souris en m’efforçant d’avoir l’air tranquille. J’espère ne pas vous déranger ? Je venais simplement aux nouvelles et vous dire que j’ai beaucoup aimé votre interprétation. L’homme est grand, fin, a une certaine prestance et surtout ne ressemble pas le moins du monde à tous les autres membres de la haute, ici. Plus intéressant… particulier, avec une manière bien à lui d’échanger. Comment allez-vous depuis notre dernière rencontre ? »

 

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MessageSujet: Re: funny little brains ø matthew   Mar 16 Jan - 16:09



funny little brains
EXORDIUM.
Il attend, il ne fait que ça d'attendre désormais et s'il s'était risqué à s'intéresser à ce pourquoi il devait jouer, Matthew se serait abstenu d'acquiescer. Parce que les minutes deviennent longues et que sa solitude commence à lui manquer. Tous ces rires, toutes ces conversations, toute cette paix feinte tandis qu'ailleurs, on pourrait avoir besoin d'hommes dans son genre. Il soupire alors, passant une main délicate le long de l'instrument qu'il tient, qu'il chérie, plus qu'il ne pourrait l'avouer en vérité : Matthew ne s'en est jamais caché. C'est un trésor à ses yeux, quelque-chose d'unique qui pourrait sauver – si elles le voulaient – bon nombre de personnes. C'est son moyen de communication, la seule vraie parole qui lui ait été un jour donné. La seule dont il aimerait user ; bien qu'à l'écart de ces personnes désintéressées. Il soupire de nouveau, s'agace seul dans son coin avant de ranger ce qu'il avait déjà préparé, avant de prendre soin à le cacher comme dans l'espoir que personne ne puisse le trouver ; ça, avant de sortir fumer, avant de sortir ne serait-ce que quelques minutes. Et là, il croit respirer. Il sent un léger vent s'immiscer jusqu'à lui, parcourir ses traits, se perdre dans ses boucles ; Matthew s'en enivre avant que la nicotine ne réveille ses envies. C'est sur ce trait de tabac qu'il se concentre, sur cet échappatoire éphémère et les quelques sons qu'il parvient à deviner des rues voisines quand eux se tiennent ici assez reculer. Un parmi tant d'autres ; c'est ce qu'il est, ce qu'il essaie de se dire tandis que Chicago s'est presque endormie, tandis qu'elle se laisse bercer par les démons de ses nuits. Quatre minutes et trente-six secondes exactement, les prunelles claires qui quittent le cadran de l'horloge pour se poser sur cette porte qu'il revient franchir, cette porte qu'il entrouvre pour entendre qu'on parle, qu'on invite au divertissement. Son tour est à venir et, lancé, Goodwin se retrouve à devoir s'arrêter. Parce qu'il reconnaît ces traits, parce qu'il aime à les admirer en sachant les souvenirs qu'ils évoquent, la gloire qu'ils ont passé. Un sourire, sincère, rare et tellement instinctif. Matthew revient sur les appréhensions de sa soirée, Matthew revient sur l'idée qu'il serait peut-être mieux chez lui. Non, pas cette fois, pas en sachant qu'elle est également là. Intéressante et douée, aussi raffinée que ce qu'elle aurait pu jouer. Des songes qui viennent s'inviter tandis qu'on l'appelle pour le presser, lui rappeler que le temps n'est pas à consacrer uniquement qu'aux idées ; c'est à lui de jouer. Aussi, Goodwin s'active, Goodwin retrouve ce cœur qu'il aime à mettre dans ses notes, offrant un bref geste de la tête à la jeune femme éloquente qui – un peu plus tôt – se tenait à sa place. Il apprécie à savoir son attention sur ce qu'il est ; à savoir un amateur à ses côtés, bien que du temps se soit déjà écoulé.

-

Quelques remerciements et les critiques défaites de certains qui pensent pouvoir le converser. Matthew acquiesce mais s'estompe, mentalement, perdu dans des notes qu'il aurait pu faire, des notes qu'il aurait dû taire. C'est un éternel combat que de savoir quoi faire entendre au-travers de paroles que peu sont à même de comprendre. Il ne le sait que trop mais, dans sa réflexion, il sait qu'il en est une qui soit à même d'écouter, d'apprécier. Une seule qui soit à même de réellement pouvoir en parler et, comme pour parfaire les idées qu'il se fait, c'est elle-même qui vient se présenter à lui. « Monsieur Goodwin, bonsoir. De la fierté dans le regard, de l'admiration peut-être, aussi, bien qu'encore bien caché, le quadragénaire peu habitué à trop en laisser deviner. Il tient sa place, inclinant brièvement la tête pour la saluer, cet espèce de sourire d'accroché le long de ses lèvres – par ses absences de douleur – malmenées. J’espère ne pas vous déranger ? Je venais simplement aux nouvelles et vous dire que j’ai beaucoup aimé votre interprétation. Comment allez-vous depuis notre dernière rencontre ? » Ceux qui s'étaient accaparés sa personne commencent à se taire, lentement, voyant le lieutenant leur tourner le dos sans vraiment se faire hésitant. C'est qu'il a oublié comment la haute peut être susceptible mais s'il ait de l'importance à donner à cette soirée, il choisie de la perdre dans la jeune femme qui vient de l'accoster. « Mademoiselle Adler ; parce qu'il se refuse à imaginer qu'une personne puisse lui retirer ce titre, une personne qui aurait bien moins de mérite que celle qu'il contemple en cet instant précis. Eh bien, bien mieux depuis que vous osez venir me déranger dans mes conversations inutiles et plaisantes que pour ceux qui les font avancer et auxquelles ils ne comprennent d'ailleurs rien ; sans vouloir vous vexer. Ses derniers mots se portent à l'attention d'un des vieux hommes arrogants qui s'était risqué jusqu'à lui, parlant jusqu'à ce que ses phrases n'aient plus aucun sens. Il tique mais Goodwin n'en tient pas rigueur, revenant à la Belle qu'il admire une fois de plus, se souvenant de ce qu'il avait pu entendre, de ce qu'il avait pu connaître de sa personne après s'être tout de même un minimum renseigné ; et Dieu sait qu'il avait aimé ce qu'elle avait pu créer. Et vous, alors ? De l’intérêt, vraiment, car là se présente le genre de questions qu'il n'a jamais su poser ; loin de l'hypocrisie d'autrui. Hormis le fait que vous êtes toute aussi ennuyée que moi de devoir vous tenir là pour des Hommes qui n'ont que faire de ce qui se passe tant qu'ils se font remarqué ; si ce n'est pas mousser pour certains. Un soupire et le regard qui balaie la salle pour s'assurer qu'il ne se trompe pas ; chose rare mais, qui sait. Ou lassée, peut-être, j'avoue que je pourrais aisément perdre ce soir. Puis-je vous proposer mon bras ? » Audacieux, comme toujours mais l'occasion est trop belle, trop grande. Elle vient le frapper de plein fouet comme pour lui faire comprendre qu'en cet instant même, sous ses yeux, réside l'une des musiciennes les plus profondes qu'il ait été à même d'entendre jusqu'alors. Et, il est de ceux qui ne plaisantent pas avec cela.     

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MessageSujet: Re: funny little brains ø matthew   Jeu 18 Jan - 12:59

FUNNY LITTLE BRAINS

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« Mademoiselle Adler ; Je plante mes yeux dans les siens et apprécie qu’il soutienne mon regard. Je n’aime pas les regards fuyants, lâches, qui ont quelque chose à cacher. On dit que les yeux sont des portes ouvertes sur l’âme, j’y crois. Beaucoup de choses peuvent se passer dans un regard, de l’un à l’autre, sans même que les traits du visage ne bouge. On peut difficilement maitriser ce qui se passe dans nos prunelles. C’est ce que je préfère dans les yeux : ils ne peuvent pas mentir. Eh bien, bien mieux depuis que vous osez venir me déranger dans mes conversations inutiles et plaisantes que pour ceux qui les font avancer et auxquelles ils ne comprennent d'ailleurs rien ; sans vouloir vous vexer. Ce qu’ils font, évidemment, afficher un air à moitié outré et moi, au contraire, ça me fait rire. Je penche la tête, glisse une main pour dissimuler le sourire qui s’étale sur mes lèvres. Si je suis censée respecter les injonctions de mon manager, lui n’a certainement pas besoin de se plier à ces règles stupides. Cet homme est particulier, intéressant, délivre des faits simples sur un ton tranquilles, que ceux-ci plaisent ou non. Il ne plaisante même pas, ce n’est pas une blague, j’ai bien compris qu’il n’était pas du genre à s’essayer à l’humour sur les peu de fois où je l’ai croisé. Mais moi, ça me fait rire quand même. Cette désinvolture tout à fait ancrée dans son comportement ne donne pas spécialement d’arguments à l’adversaire, stupéfait par le naturel des remarques. Et vous, alors ? Je l’observe, mon sourire s’est apaisé, s’est lissé mais il reste sincère en sa compagnie. Hormis le fait que vous êtes toute aussi ennuyée que moi de devoir vous tenir là pour des Hommes qui n'ont que faire de ce qui se passe tant qu'ils se font remarqué ; si ce n'est pas mousser pour certains. » Mes lèvres se pincent, je regarde autour de nous d’un coup d’œil rapide. Je m’en voudrais de ne pas lui donner raison, il est évident que je m’ennuie. Je n’ai jamais compris l’enthousiasme de notre mère pour ces réceptions mondaines où il n’est effectivement question que d’exhiber sa fortune, son rang, sa classe. Je viens de ce milieu, j’ai été bercée par des femmes trop jeunes et jugée par des vieux hommes fortunés de la même couleur, du même cercle, au même schéma de pensée.

Ma position, mes parents, ma couleur de peau, mon nom m’ont donné des avantages considérables. L’argent, la réputation, la facilité. Je ne sais par quel miracle j’ai réussi à ne pas tomber dans le piège des idées faciles qui règne dans nos cercles. Fortunés, influents mais pas toujours très intelligents. On entretient un système suranné, hypocrite. Et ça marche. J’ai toujours cherché à aller voir ailleurs, en restant sous la coupe de mes parents. Je me suis éduquée, seule, sur les vrais problèmes de notre société, jouant avec la pression des Adlers Senior et l’exclusion sociale faite aux gens de mon espèce. Nous sommes puissants mais minoritaires et je ne peux blâmer le reste du monde de nous mépriser.

C’est pourquoi je suis contente de l’entendre dire, ce que je dois me contenter de penser. Parce qu’ils ne sont là que pour ça. J’ai appris que si je voulais soutenir des causes qui m’importaient, je devais jouer le jeu des mondanités, les laisser se pavaner, sourire, récupérer les fonds et les distribuer aux associations. Ce n’est pas mon rôle de porte-drapeau en lui-même qui me dérange, c’est la façon dont je suis obligée de le porter, cet étendard, qui m’empêche d’être tranquille et d’apprécier. Cette société que l’homme aux cheveux bouclés et moi côtoyons n’est remplie que d’une élite factice qui n’a rien d’autre à faire que se vanter. Toute la soirée.

« Ou lassée, peut-être, j'avoue que je pourrais aisément perdre ce soir. Puis-je vous proposer mon bras ? Je lui souris, passe la canne dans ma main gauche et pour toute réponse, enroule mon bras autour du sien, ravie de pouvoir partager un moment avec un être intelligent et drôle, malgré lui. Plus intéressant que le reste des invités, et ainsi d’obtenir un soutien. Physiquement et moralement, évidemment. Il ne sait pas que me proposer son bras me permet de ne plus avoir à tout porter sur ma canne et mes jambes instable. Il a surement conscience en revanche de m’éviter la désagréable compagnie des autres, et c’est bien assez précieux. Nous commençons donc à marcher et je regrette de ne pouvoir me déplacer plus vite, mais je reste droite, digne, sourit à ceux qui s’arrêtent pour m’adresser un signe de tête. C’est vrai, vous avez raison, Matthew. Je peux vous appeler Matthew n’est-ce pas ? Je lève la tête et lui adresse un sourire tranquille. Les mêmes choses, les mêmes mensonges, les mêmes personnes toutes les semaines… Je suis contente d’avoir enfin au bras quelqu’un digne d’intérêt. Ces galas sont une vraie torture lorsque je suis seule, ma petite sœur n’est pas toujours avec moi, ni même notre Irène,… Bonsoir Mme Thompson ! Ravie de vous voir par ici. Je m’interromps, adresse un sourire à ladite femme venue nous interrompre dans notre marche et expédie les manières avant de me remettre à avancer aux côtés du violoniste. Evidemment je compte sur vous pour garder ça pour vous. Mais ces diners sont le moyen le plus sur de leur faire sortir leur portefeuille, vous savez. Je me sers de mon temps… libre, pour ça, maintenant. Mon ton est bas, seul lui peut m’entendre et c’est déjà bien assez comme ça. Ils se sentent flattés et sont davantage disposés à investir dans des causes importantes. Ce soir c’est l’art, dans une semaine peut-être réussirons nous à soulever des fonds pour supplanter la maladie dans tel pays. Ils se fichent de ce qui se déroulent ce soir, c’est vrai. Mais il nous faut être plus malins et savoir tirer du bon de la bêtise, non ? À nouveau, je lui adresse un sourire sincère. Nous continuons notre marche quelques temps et le temps passe avec une vitesse plus agréable. Je me surprends à me détendre, tâche de me défaire des vertiges et des faiblesses.

… Jusqu’à ce qu’Emilio apparaisse dans mon champs de vision. Au détour d’un couloir, je le vois débarquer, dans son immonde veste pourpre mal taillée (et il ose me dire que c’est « originale » alors que je n’en retire que des hauts le cœur, pure agression visuelle à chaque fois qu’il apparaît quelque part). Je sais qu’il me cherche, je le vois aux traits de son visage perplexe mais je n’ai pas envie. Je jette un coup d’œil à ma montre et remarque l’heure qu’il est, j’imagine qu’il est temps pour une nouvelle oraison, mais je ne veux pas. Ne peux pas. Je m’arrête donc dans ma marche et vient me placer face à l’homme, l’utilisant comme rempart visuel entre mon manager et moi-même.

« Est-ce que j’abuse si je vous demande votre aide… un service ? »

 

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MessageSujet: Re: funny little brains ø matthew   Ven 19 Jan - 18:40



funny little brains
EXORDIUM.
Il les sent les regards interrogateurs, ceux qui traînent comme dans l'espoir d'avoir le premier potin de la soirée. Ça l'amuse, ça l'agace, ça vient renforcer le paradoxe qu'il peut être à lui seul. Mais il n'en défait pas sa proposition, laissant la belle venant se perdre le long de son bras aux côtés duquel s'invite le sien. Et, en dehors de l'image que ça renvoie, Goodwin n'en cache pas une certaine fierté maintenant qu'il sait, qu'il sait tout ce qu'elle avait pu accomplir. Dieu sait qu'il n'aurait pu rêver mieux comme compagne de cette soirée, comme accompagnatrice plus que distinguée. Elle est une perle à elle seule, un diamant bien plus intéressant que ceux qu'on espère à la voir porter. Pensées qu'il tait, qu'il garde pour lui car très peu apte à les partager, manquant de ce vocabulaire-ci malgré les années. Et ils y gagnent, malgré tout. Parce qu'on ose les approcher, parce qu'on les laisse tranquillement vagabonder et, enfin, il en vient à apprécier cet instant redouté ; ces heures longues qui doivent encore s'écouler, bien plus attrayantes s'il peut avec elle les passer. Puis. « C’est vrai, vous avez raison, Matthew. Je peux vous appeler Matthew n’est-ce pas ? La question qui se pose, un bref geste de la tête de la part de celui que ça concerne. Matthew ne l'interrompt pas dans les aises qu'elle se prend parce qu'il y tient, pour ce soir en tout cas. Il y tient au vu de ce qu'elle représente pour lui, joyau d'une musique désormais endormie. Et le fait qu'elle en soit à penser comme lui, à venir évoquer tout ce qui l'ennui. Goodwin prend note, se contentant d'écouter tandis qu'on vient les interrompre, sur son chemin s'élancer. Il s'arrête, dans la foulée, voyant la Belle user de mots à l'encontre de celle qui s'est – près d'eux – inviter. Il soupire, contemple les alentours, lui qui pensait que sa présence en éloignerait ; pas assez, finalement. Mais elle ne demeure pas, la vieille dame s'éloigne, laissant le loisir à mademoiselle Adler de retrouver un semblant de sourire dont la sincérité le flatte plus qu'il ne le laisse à penser, à contempler. Évidemment je compte sur vous pour garder ça pour vous. Mais ces dîners sont le moyen le plus sur de leur faire sortir leur portefeuille, vous savez. Je me sers de mon temps… libre, pour ça, maintenant. » A l'écoute, attentif, quelques œillades parfois comme pour lui faire comprendre qu'il lui porte toujours son intérêt. Mais, contre ses traits, quelque-chose d'un peu plus fade, quelque-chose de maussade. Il aurait voulu que ses doigts puissent encore flirter avec quelques instruments plutôt que de devenir l’appât à tous ces gens ; de ceux qu'elle vient évoquer, ceux qu'elle accuse de stupidité. Chose sur laquelle il ne reviendra pas, convaincu qu'ils ne changeront pas. Alors oui, finalement, il se fait accordé à la jeune femme, sachant d'ors et déjà que ces âmes-là ne servent qu'à cela. Parce que s'en servir devient aisé, parce qu'il est simple de les manipuler.

Chose qu'il ne cache pas, continuant leur petite course au-travers d'une foule qui semble peu à peu les oublier. Matthew s'en surprend même à sourire, à se détendre plus qu'il n'aurait pu l'être à ce genre de soirées. Il en oublie les retenues, la barrière qu'il s'est imposé avec le monde, sa stupidité et ses atrocités. Il en oublie cette envie pressante que de fuir les lieux, rentrer chez lui et s'affaler dans un canapé qui se fait peut-être un peu vieux. Mais leur balade s'arrête, nette. Maxime y mets un terme en venant se perdre devant lui, délaissant son bras, sa personne, plantant ses grands yeux sur lui comme dans l'espoir qu'il comprenne mais non, tout ce qu'il parvient à faire, c'est lui rendre ce même regard, froncer les sourcils, se faire patient et à la fois plus qu'intrigué. Il va pour entrouvrir les lèvres, il va pour demander, essayer de comprendre ce qui est en train de se passer ; non pas que la vue qu'elle vient lui offrir ne soit désagréable mais un peu précipitée. Aurait-elle compris qu'il soit même de pouvoir déjà plus ou moins l'apprécier pour cette intelligence dont elle s’avère dotée ? « Est-ce que j’abuse si je vous demande votre aide… un service ? » Et c'est un chemin inattendu qui se fait dans sa tête. Matthew laisse des liens se faire, des liens qui ne devraient pas être ; et pourtant.

« Je doute d'être en mesure de pouvoir accepter. » Il laisse la surprise s'installer le long des traits féminins, s'en retrouve un peu prit de court, loin d'imaginer que ça puisse lui tenir à cœur. Parce qu'il n'est pas de ce monde, parce que la moindre émotion dénote de sa neutralité légendaire. Il parvient tout de même à comprendre qu'une explication s'impose, qu'il ne peut la laisser ainsi avec un simple refus en guise de réponse à une question posée plutôt hâtivement. « Ne le prenez pas mal, mademoiselle, mais je doute de pouvoir donner beaucoup pour cette cause. Je ne suis pas aussi aisé que les personnes que vous côtoyez d'ordinaire. » Il se fait sincère, essayant de paraître pas trop associable qu'il ne l'est. Parce qu'il apprécie à l'avoir à ces côtés, ce modèle de créativité ; mais mentir n'a jamais été son point fort, ni même une habitude qui lui ait été donné. Aussi, il maintient sa position, gardant son calme, son flegme, laissant ses perles claires de nouveau se perdre sur la jeune femme qui ne semble pas vraiment savoir où il veut en venir ; ou si, seulement ne voit-elle pas le rapport aux choses. Et il soupire, conscient de s'être trompé. Ça l'agace, de passer pour cet idiot-là. « Pardonnez-moi. Ce service n'a rien à voir avec la cause pour laquelle on vous a mené ici ? » En effet, et il s'en retrouve légèrement ridicule que d'avoir supposé qu'elle puisse ainsi l'utiliser ; pourvu qu'elle n'ait pas cette idée. Parce qu'il ne la voit pas jouer de ses talents pour en approcher certains clients ; d'autant qu'il n'en est pas un, uniquement convié pour un divertissement auquel beaucoup ne comprennent rien. Il grimace légèrement, en revenant à la Belle qui continue de lui faire face, celle même qui tente de se faire ombre plus qu’interlocutrice enthousiasme ; comme il s'était mit à le penser en la voyant ainsi se positionner. « Dites-moi, en tout cas, j'essaierai de faire au mieux. » Il s'y risque, ne sait pas vraiment à quoi s'attendre parce qu'il n'a pas l'habitude de ce genre de situations. Parce qu'il n'a pas l'habitude qu'on puisse avoir recours à lui dans d'autres circonstances que celles qu'amène son métier. Aussi, il se fait à l'écoute, attentif, essayant de comprendre ce qui pourrait motiver une femme comme Adler à soudainement le prendre de court. « Et avant toute chose, sachez que je suis un bien piètre comédien. Mes talents ne sont pas ceux que j'espérais en la matière. » Et il se souvient de la visite de ses parents et des simulations médiocres entreprises avec Jade dans sa chambre, à l'époque où sa présence rendait l'appartement un peu plus bruyant qu'il ne le soit ici. Ça, comme dans l'espoir que ses parents n'en viennent pas à poser trop de questions, comme dans l'espoir qu'ils n'en viennent pas à – de nouveau – se mettre en tête de lui trouver une prétendante. Non, vraiment, il n'était pas fait pour la comédie et s'en souvient bien aisément. « Quoi que vous vouliez, si c'est pour jouer quoi que ce soit, vous serez perdante. Ceci dit, désormais, je vous écoute. »     

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MessageSujet: Re: funny little brains ø matthew   Dim 21 Jan - 12:32

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« Je doute d'être en mesure de pouvoir accepter. O…k. Je ne cache pas ma surprise. En voilà une manière assez claire de me refuser de l’aider, moi qui n’ai pas l’habitude de la chercher, qui avait maintes fois assuré à Addison que j’allais très bien avant qu’elle ne prenne elle-même la décision de débarquer à la maison… me voilà servie. Rassurée. Je ne sais pas si je dois me sentir stupéfaite ou vexée, les deux sentiments se pointent mais mon visage reste désormais impassible alors que j’en lisse les traits. Je me heurte à un mur et je dois dire que j’en suis plutôt étonnée. Ne le prenez pas mal, mademoiselle, mais je doute de pouvoir donner beaucoup pour cette cause. Je ne suis pas aussi aisé que les personnes que vous côtoyez d'ordinaire. »

Et puis, un sourire, un éclair dans le regard, je n’ose pas l’interrompre, lui dire tout de suite qu’il a tort. Que je ne suis pas une femme qui cherche à tirer de l’argent au premier venu après quelques minutes de discussion. Je l’ai presque pris de cette manière, heureusement il vient s’expliquer assez rapidement. Et non, pas tout de suite, je le laisse terminer avant de vouloir lui expliquer son erreur. Il ne bouge pas, me regarde dans les yeux, encore, et je reste désormais impassible, patiente, un léger sourire au coin des lèvres. Je le laisse dans sa sincérité. Parce que ce n’est même pas à mal, je le vois bien. Mais bientôt son refus prend une autre teinte, son regard change et il soupire. Moi, je retiens un sourire un peu plus prononcé.

« Pardonnez-moi. Ce service n'a rien à voir avec la cause pour laquelle on vous a mené ici ? Je secoue la tête à la négative, n’oubliant pas qu’Emilio peut débarquer à l’improviste, s’il bouge, je bouge, reste dans son ombre et par chance, il est grand et moi, relativement petite. Un millième de seconde, j’oublie « l’urgence » de la situation, parce qu’une fois de plus Matthew me fait rire, et ce encore à ses dépens. Dites-moi, en tout cas, j'essaierai de faire au mieux. Je vais donc pour ouvrir la bouche, lui exposer mes motivations à lui demander son aide, à lui plutôt qu’un autre, plutôt qu’à personne d’ailleurs mais il reprend la parole. Peut-être est-ce stupide. Je n’ai vraiment pas l’habitude de faire ce genre de choses, j’aime être spontanée mais ce genre de réceptions ne me le permet pas vraiment. Toujours garder le dos droit, le sourire, les apparences. Alors cette fois, pourquoi pas ? Quoi que vous vouliez, si c'est pour jouer quoi que ce soit, vous serez perdante. Ceci dit, désormais, je vous écoute.
— Je peux avoir tout l’argent du monde, Matthew, le vôtre ne m’intéresse pas. Ma requête va vous sembler un peu étrange, mais soit. Je fais une pause, cherche mes mots, regarde autour de moi si je n’aperçois pas mon manager. J’imagine que vous avez remarqué le petit homme brun qui me suit partout comme un caniche perdu, n’est-ce pas ? Affublé d’une horrible veste pourpre ? Et bien, cet homme est mon manager. Je pousse un soupire, me replace sur ma canne. Le pire dans cette histoire c’est de rester debout, pas de marcher malgré ma condition. Emilio est particulièrement exigeant, voyez-vous. Et je ne suis pas… en forme, si on peut dire ça. J’ai besoin de repos, ne serait-ce qu’une demie heure, mais il ne me lâche pas, et je ne peux m’évader de cette soirée maintenant. Je l’ai vu au coin du couloir, là-bas et je sais qu’il est en train de me chercher pour la phase 3 de son programme en 9 étapes de soirée. Je plaisante un peu mais c’est quasiment ça. Il a une horloge dans la tête et une âme elle-même programmée à ce stade. Est-ce que vous pourriez…
— Maxime ? Un grognement m’échappe, je m’appuie mieux sur ma canne, prête à partir. Il a fait le tour et est à plusieurs mètres dans mon dos maintenant.
— Est-ce que vous pourriez, s’il vous plait, juste… le détourner de sa mission, quelques secondes, juste assez pour que je me faufile dans une des pièces. Je l’entends m’appeler de nouveau dans mon dos, mais je glisse sur le côté et me met à marcher, le plus vite possible. « Le plus vite possible » étant une vaste blague, évidemment, dans l’espoir de trouver une pièce ouverte et tranquille. Une petite bibliothèque, n’importe quoi avec des fauteuils, s’asseoir, détendre mes jambes. Je me retourne avant de disparaître au coin d’un couloir, le laissant seul, au milieu de mon piège. Je l’ai abandonné lâchement, l’obligeant à accéder à ma requête tout à fait étrange. Et rejoignez-moi, d’accord ? »


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MessageSujet: Re: funny little brains ø matthew   Lun 22 Jan - 23:16



funny little brains
EXORDIUM.
« Je peux avoir tout l’argent du monde, Matthew, le vôtre ne m’intéresse pas. » Peut-être aurait-il dû parier mais déjà passe l'idée, parce qu'il s'est rattrapé, s'est excusé. Aussi, à ces mots, le bouclé ne vient offrir à la jeune femme qui le contemple ce même sourire qu'un peu plus tôt ; dérangeant pour certains alors qu'il n'est que sincère, comme rarement il se risque à en faire. Et il s'imagine déjà toute autre suggestion, il essaie de deviner ce qu'elle pourrait bien vouloir de lui et, l'espace d'un court instant, ses songes vont se perdre sur l'instrument qu'il avait pu manier ; peut-être sous son nez. Il tique, continue de soutenir ce regard qu'elle lui porte, laissant les secondes reprendre le cours de leur lancée, la voix de la jeune femme lui revenant, amusée. « Ma requête va vous sembler un peu étrange, mais soit. » Oui, soit. L'étrange ne l'effraie pas, l'étrange l'attire, comme sa présence à ses côtés alors qu'il se pourrait qu'un prétendant bien mieux à marier soit à l'attendre quelque-part dans cette soirée. Non, il chasse cette idée, foutaise, il n'est d'âme qui puisse lui convenir. Il n'est nul autre âme comme la sienne ; bien qu'il soit encore loin de se vanter qu'il pourrait être cet homme recherché. Ça ne lui vient pas à l'esprit, pas encore. Puis. « J’imagine que vous avez remarqué le petit homme brun qui me suit partout comme un caniche perdu, n’est-ce pas ? Affublé d’une horrible veste pourpre ? Et bien, cet homme est mon manager. » Et comment ne pas le remarquer ? Cette fois, c'est un rire audible qui s'échappe d'entre ses lèvres, quelque-chose qui semble si inconnu chez lui. Et ses perles claires qui viennent se perdre sur les alentours, cherchant au mieux celui qu'elle vient de présenter d'une manière tout à fait correcte et vraie. Il acquiesce alors simplement, taisant ses moqueries ouvertes quant au ridicule de cet homme et en revient à la Belle qui, quant à elle, parvient plus ou moins à garder son calme ; réaction honorable, vraiment, avant qu'elle ne vienne lui en dire un peu plus, avant qu'elle ne vienne expliquer – en soit – les raisons qui l'ont poussé jusqu'au devant de son être. S'en cacher, l'esquiver ? Ça lui paraît être les possibilités à pleinement imaginer. Et, en soit, il en devine aisément la requête de la jeune femme maintenant qu'elle vient lui donner un sens à cette drôle de situation. Et elle va pour énoncer les mots auxquels il s'attend déjà mais, elle n'en devient que prise de court. Les yeux clairs de Matthew se lève en direction de la voix qui vient de s'élever, là, en provenance d'une immondice violacée qu'il n'ose plus vraiment contempler. « Est-ce que vous pourriez, s’il vous plaît, juste… le détourner de sa mission, quelques secondes, juste assez pour que je me faufile dans une des pièces : il fronce les sourcils et ne réagit néanmoins pas assez rapidement. Parce qu'elle s'enfuie, la Belle, parce qu'elle se faufile dans son dos pour disparaître dans la foule qui s'est légèrement estompée, dispersée, laissant ses derniers mots jusqu'à lui s'envoler. Et rejoignez-moi, d’accord ? »

Et on ne lui laisse qu'une fraction de seconde pour assimiler cette mission rapidement donnée. On ne lui laisse qu'une fraction de seconde pour, immédiatement, trouver une idée. Une idée qui ne vient pas, qui peine à s'ancrer, peut-être présente mais loin d'être peaufinée. Il essaie, creuse avec hargne dans les songes qui se présentent à lui avant que le contact ne se fasse, avant que la veste violette ne vienne flirter avec l'une de ses manches ; avant que son bras ne vienne se perdre contre le poignet de l'homme en question. Ce dernier s'en retourne, surpris, attendant une explication qui ne vient pas, non, pas encore. Matthew se saisit d'un verre au passage, décalant la trajectoire d'un des serveurs quand il vient se risquer à monter sur l'une des chaises vides de la grande salle. « Mesdames, messieurs, quelques mots. » Il parle aussi fort qu'il le peut, s'assure d'avoir l'attention de toutes ces personnes dont la soif d'attention devient de plus en plus insatiable. Il sait qu'il peut le faire, il sait qu'il peut aider parce qu'il s'apprête à fermer un piège des plus odieux sur celui qui en fronce les sourcils, celui qui – malgré la recherche qu'il doit encore faire – se retrouve bloqué avec lui. « S'il vous plaît, il me faut l'attention de tout le monde pour mon ami, juste ici. » Il voit l'homme reculer, essayer de se soustraire à ce qu'il croit être une erreur. Non, pas cette fois. Il joue, malgré tout, et cette fois s'en sort plutôt bien. Matthew y met du cœur, cherchant chacun des regards, cherchant la moindre petite attention qu'on puisse oublier de lui donner. « Voilà, merci ; un sourire, le verre qui se pose après qu'il l'est gentiment tapoté du dos de cette bague qu'il porte à l'auriculaire. Je viens d'apprendre une très bonne nouvelle pour mon ami... Cherche Matthew, cherche, son nom vient seulement d'être prononcé. La voix de la Belle, son sourire, son regard, chacun de ses traits jusqu'à ce mouvement de ses lèvres. Emilio. Il va pour la deuxième fois... ; courte pause, l'attention d'autrui toujours en halène sur celui qui s'exprime, qui feint l’engouement ; qui, vraiment, s'y essaie avec autant de cœur qu'il soit capable d'user. Être papa ! On l'applaudit bien fort et on vient le féliciter. » Et, déjà, le mouvement se fait. Il les voit approcher, tous, toute cette horde d'hypocrites qui, pour leur image, s'essaie à lui serrer la main avec ces sourires qui – à lui – ne lui donne qu'envie de vomir. Puis la voilà, l'échappatoire, l'issue. Il s'y faufile, cherchant une faille dans les mouvements pour rejoindre le couloir emprunter plus tôt par mademoiselle Adler, celle qu'il vient rejoindre après avoir lissé de nouveau le haut de son costume, réinstallant cette neutralité accablante le long de ses traits. Puis, au milieu du couloir : « Efficace, selon vous ? » Une question qui se pose comme dans l'espoir qu'elle ne se dévoile, rien qu'une seconde. Parce qu'il y tient, à sa compagnie, parce qu'il a tant à connaître, tant à vouloir savoir aussi, surtout. Elle s'est faite digne d’intérêt, véritable mystère pour celui qui s'était persuadé de la connaître en écoutant simplement quelques morceaux terminés dès lors qu'elle avait choisi de ce milieu se retirer. Il avait tord, le conçoit aisément, prêt à revenir sur des idées qu'il s'était fait.      

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MessageSujet: Re: funny little brains ø matthew   Ven 26 Jan - 22:32

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Je le laisse, c’est vrai, l’abandonne, j’espère qu’il ne m’en voudra pas mais je ne me retourne pas plus après l’avoir invité à me rejoindre. Je m’engage dans le couloir, teste les portes tandis que j’entends en arrière-plan la voix de Matthew qui s’élève et me tire un sourire. Il le fait vraiment, il me gagne du temps. C’est parfait, ça me laisse des secondes supplémentaires pour tester les portes et finir par pouvoir ouvrir celle d’une pièce de taille moyenne, que je ne me mets à observer une fois seulement que j’y suis entrée, la porte refermée dans mon dos. Dès que les éclats de voix se tarissent, dès que je me retrouve seule, je pousse un long soupir, laisse mon dos tomber contre le bois hors-de-prix de la pièce et passe mes mains gantées dans mes cheveux, puis sur mon visage, fais attention à ne pas trop appuyer sur ma peau pour ne pas en défaire le maquillage. Je récupère ma canne posée jusque-là à ma gauche et m’approche du premier fauteuil en cuir marron, qui fait face à un bureau, entouré de larges bibliothèques en bois remplies de bouquins d’art. Je dépose mon châle sur l’accoudoir, contourne l’obstacle puis m’efforce de m’asseoir sans me plaindre de la douleur qui démarre dans ma hanche et se diffuse dans mon dos. Je souffle, pose la canne et me laisse « tomber » dans le fond du fauteuil, profitant du relatif silence dans la pièce. La lumière est tamisée, provient d’un halogène. La pièce est suffisamment insonorisée pour faire des discussions bruyantes des invités de simples murmures, parfois des éclats de rire perce la couche insonorisée mais ce n’est plus aussi désagréable que ça l’était. Je respire enfin.

Je passe quelques secondes à profiter de cet instant tranquille, puis me redresse, récupère ma pochette de laquelle je sors un flacon d’antidouleurs et glisse les cachets entre mes lèvres. C’est ce moment-là que choisi mon nouvel ami pour se manifester dans le couloir. « Efficace, selon vous ? » Cachets avalés, je souris seule dans ma pièce. Il a joué le jeu et a rempli sa mission. Je n’étais pas sure de pouvoir attendre cela de lui, après tout, pourquoi aurait-il fait ça pour moi ? Il est dans le couloir et attend surement que je me manifeste, alors je me redresse et récupère mon châle, puis mon appui pour avancer vers la porte que je finis par entrouvrir. « Plus qu’efficace je crois. Je me pousse, le laisse entrer et ferme la porte derrière lui, tout sourire. Les bruits s’éteignent à nouveau et je reviens m’asseoir dans le large fauteuil, tâche de faire bonne figure, retient une grimace et un souffle alors que je plie mon corps fragile. Je pose ensuite une main sur les bords de mon châle, l’empêcher de s’éloigner de ma peau brûlée, puis relève la tête vers Matthew toujours debout. Ce n’est pas chez moi mais… je vous en prie, asseyez-vous ? Enfin, si vous souhaitez continuer à partager ma compagnie après ce petit tour que je vous ai joué. Je souris avec un peu de malice, lui montre de l’autre main le siège en face de moi. C’était malin, votre petit tour de magie. Un nouvel enfant n’est-ce pas… Ce pauvre homme est célibataire depuis des lustres, ça a du remuer ses petits sentiments de célibataire blessé ! Je me réajuste dans mon siège, pousse un soupir, et profite du silence de longues secondes. N’est-ce pas plus agréable que leurs babillages inutiles ? Je lui souris tranquillement, plus à l’aise que dans la grande salle, remonte une mèche de ma main gantée que je reviens poser sagement sur ma jambe. Je voulais vous remercier d’ailleurs, pour votre aide. Et m’excuser de vous avoir planté. »

 

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MessageSujet: Re: funny little brains ø matthew   Mer 7 Fév - 14:17



funny little brains
EXORDIUM.
« Plus qu’efficace je crois. Une voix mélodieuse qui s'échappe d'une brève ouverture et le regard de Matthew n'en est qu'attiré. Aussi, c'est vers elle qui s'élance, qu'il se retrouve le temps qu'elle ne lui offre l'espace nécessaire pour à son tour, dans cette pièce, s'inviter. Il la laisse prendre place tandis qu'il va, vient, parcourt la petite pièce qu'ils animent désormais qu'à deux. Et l’intérêt ne s'en fait que plus fort, que plus attrayant. Parce qu'elle est sienne, pour quelques instants, un moment dont il saura user en osant jouer l'impatient. C'est ce qu'il est, en soit, cet homme : admiratif d'un travail à la fin définitive. Il n'en oublie pas ce qu'il a entendu, tout ce qu'il a su entendre. Il n'en oublie rien et les notes sembleraient presque résonner dans sa tête tandis qu'il ose encore quelques pas, rien que quelques uns lorsque la voix de la Belle lui revient. Ce n’est pas chez moi mais… je vous en prie, asseyez-vous ? Enfin, si vous souhaitez continuer à partager ma compagnie après ce petit tour que je vous ai joué. Un sourire qui se dessine au coin de ses lèvres quand il perd l'azur clair de son regard sur mademoiselle Adler qui, également, aspire à s'attirer son attention. Ou peut-être n'est-ce qu'une idée qu'il se fasse, aussi surprenant que ça puisse paraître ; ça malgré cette main qui désigne une assise à ses côtés. Celle vers laquelle il se décide à s'installer, celle qu'il vient rejoindre tandis qu'il laisse la Belle méditer sur ce qu'il s'est surpris à faire pour la défaire de ce qu'elle semble vivre comme enfer. C’était malin, votre petit tour de magie. Un nouvel enfant n’est-ce pas… Ce pauvre homme est célibataire depuis des lustres, ça a du remuer ses petits sentiments de célibataire blessé ! De nouveau ce sourire, cette neutralité quant à des sentiments blessés. Ça ne le concerne pas, Matthew n'est pas à même de comprendre ces choses-là, dépourvu de ces futilités, dépourvu peut-être de ce qui semble à leurs yeux être tourment et, paradoxalement, beauté. N’est-ce pas plus agréable que leurs babillages inutiles ? » Suite à ces mots s'imposent un bref silence, quelques secondes sans que rien ne vienne déranger leur satisfaction d'échapper au commun des mortels. Goodwin en soupire presque, laissant sa voix néanmoins lui échapper, grave et à la fois apaisante. « La question est-elle vraiment à poser ? » Son sourire entraîne le sien, miraculeusement. Et il se risque à cette question rhétorique parce qu'il sait qu'ils sont deux à percevoir que leur parole ne se résume qu'à quelques notes qu'ils sont les seuls à pouvoir pleinement lire. « Je voulais vous remercier d’ailleurs, pour votre aide. Et m’excuser de vous avoir planté. »
Enfin, son attention se détourne complètement des alentours, de la pièce qu'ils ont rejoint peut-être à tord. Mais cette ambiance rend les choses encore plus intéressantes. Parce qu'elle est pleine de surprise, parce qu'elle est loin d'être aussi lisible qu'on voudrait qu'elle soit et ça, il ne le loupe pas. Alors Matthew perd toute sa curiosité sur la jeune femme qui se tient avec lui, celle qui vient s'excuser d'avoir trouvé un moyen de les éloigner. « Je suis un homme de risque, ne vous excusez pas d'en avoir pris pour me faire venir ici. » Un clin d’œil, cet éternel sourire qui, depuis la porte passée, ne semble pas se défaire. Parce qu'il voit en cet instant une occasion particulière de s'offrir un temps qu'il saura apprécier. Et pourtant, paradoxalement, ce qui l'a tant attiré chez elle ne serait pas à évoquer. Ça ne l'empêche pas de profiter de chacune des secondes qui, malgré tout, continuent leur course. « Je regrette néanmoins de ne pas avoir su vous sauver une petite coupe de l'euphorie, là-bas. Au moins pour rendre cet instant un peu plus agréable qu'il ne pourrait désormais l'être pour vous. J'ai appris, avec le temps, que les jolies femmes apprécient à bien boire. » Un compliment qu'il glisse, peut-être sans vraiment s'en rendre compte. Parce qu'il défait son regard de la Belle en question, cherchant quelque-chose qui pourrait possiblement les intéresser entre les murs au cœur desquels ils se sont réfugiés. Mais rien, rien ne vient s'imposer à son regard. Il n'y a qu'elle. Qu'elle et lui. Alors, il s'assoie désormais un peu plus confortablement sur la place offerte, il vient s'ancrer dans cette bulle qu'ils construisent silencieux, cachés au monde pathétique qui se tient derrière une simple porte. Elle et lui. Elle dont les traits, parfois, semblent se tirer et il sait, il sait pourquoi. Curieux, toujours à vouloir en savoir plus qu'il ne le devrait. Goodwin s'est fait un dossier complet sur la jeune femme qui lui consacre enfin un peu plus qu'une simple œillade, que de simples pas parmi des esprits qu'il méprise par leur idiotie ; ça par envie, par volonté. Observateur, ces émotions là n'ont pas été assez cachées. Alors oui, il en profite, il en joue, partant parfois sur des terrains qui ne sont pas forcément son fort ; comme les compliments, cette pente glissante qu'il a entamé instinctivement plus que raisonnablement. « Que puis-je faire pour vous soustraire à ce malaise qui vous tient, au moins ce soir j'entends ? » Gentleman.       

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MessageSujet: Re: funny little brains ø matthew   Mar 20 Fév - 10:05

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« Je suis un homme de risque, ne vous excusez pas d'en avoir pris pour me faire venir ici. J’accueille le clin d’œil avec un léger rire qui s’échappe de mes lèvres, tranquillement. J’aime l’assurance qu’il dégage, que j’avais déjà remarquée chez lui à plusieurs occasions, n’hésitant pas à l’agiter sous le nez des autres invités de la soirée. Très peu d’entre eux sont réellement intéressants, ce qui rend la situation encore plus comique. Je regrette néanmoins de ne pas avoir su vous sauver une petite coupe de l'euphorie, là-bas. Au moins pour rendre cet instant un peu plus agréable qu'il ne pourrait désormais l'être pour vous. J'ai appris, avec le temps, que les jolies femmes apprécient à bien boire. » Je lui souris, plus largement encore, me saisis de ce compliment sans l’ombre d’une honte, je n’ai pas à rougir des traits que la nature m’a donné, je ne m’en vante pas pour autant mais il est vrai que j’apprécie qu’il remarque et me fasse ce compliment. Pourquoi lui ? Je ne suis pas dupe, évidemment qu’il m’intéresse. C’est évident, je n’accorde pas d’attention à quelqu’un qui n’en mérite pas à mon goût. Je ne m’isole pas avec un homme qui n’a aucun intérêt à mes yeux. Lui, en a. Je suis curieuse, de cette intelligence que je lis dans ses yeux, de cette arrogante assurance qu’il exhibe sans aucun problème, se refusant de se plier aux principes stupides des soirées mondaines.
Je dépose mon visage au creux de ma main et lui sourit tranquillement, les jambes croisées, pliées dans l’angle habituel. Conséquence de longues années de travail des apparences. Ce silence me ravit et je suis contente de le partager avec lui, dans ce monde de bruits constants on oublie la valeur certaine d’une note de silence entre les deux. C’est un musicien, j’imagine qu’il a conscience de l’importante de cette pause entre deux notes. J’en profite pour observer la pièce et l’observer lui, détaillant les traits de son visage, le dessin de ses boucles ou ses pommettes dans la lumière orangée du bureau.

« Que puis-je faire pour vous soustraire à ce malaise qui vous tient, au moins ce soir j'entends ? Je lui accorde un autre sourire, me replace avec lenteur dans le fond du fauteuil, imprime la tonalité grave et calme de sa voix. Je fais mine de réfléchir, sachant pertinemment ce qui me détendrait à cet instant précis, un acte tout particulier qui relève d’une certaine maitrise. Ce n’est pas donné à tout le monde mais je sais qu’il sait y faire. Un autre moment, je vous aurais surement demandé de me jouer un air, petite session privée d’un violoniste que j’ai remarqué. J’ai l’oreille, encore, évidemment, vous jouez bien. Mais rien n’est plus révélateur qu’une composition et je serais ravie, à l’occasion d’écouter une des vôtres si tenté que vous composiez. J’ose espérer que c’est le cas. Mes traits sont figés dans un mince sourire. Il n’y a rien de plus beau, de plus complet, profond et complexe qu’une composition inachevée, qu’un travail de note sur lequel on se perd encore et encore. J’ai toujours détesté achevé le travail de fabrication d’un air au violon, je préférais largement ces moments de recherches, aussi valorisants que frustrants, il n’y a rien de naturel ou d’évident. C’est une tâche ardue, que de trouver la note qui plaira à celle d’avant et celle d’après. C’est quelque chose qui me manque, évidemment. Passer de jouer de l’instrument tous les jours à plus rien, du tout. J’ai perdu toutes mes capacités, toujours en train de réapprendre à écrire. Les lignes que je trace sont toutes tremblantes, alors je ne serais certainement pas capable de rattraper plus de vingt ans de pratique en quelques mois, surement jamais. Je n’excellerais plus. Mais ressortir de cette pièce vous exposerais aux recherches d’Emilio, puisqu’il n’y a pas d’instrument pour parler de vous, je pense que vous pouvez le faire, en quelques mots, non ? Je suspens ma phrase un instant, fais mine de chercher la solution dans les airs. Faites-moi simplement penser à autre chose que cette ennuyeuse soirée, faites-moi voir quand vous abaissez votre niveau d’arrogance, d’égal à égal l’espace de quelques minutes. Oui ? »


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MessageSujet: Re: funny little brains ø matthew   Dim 4 Mar - 17:43



funny little brains
EXORDIUM.
Son sourire, son intérêt, il n'a fait que le remarquer, là, au cours des maigres instants déjà passés à ses côtés. Parce qu'il apprécie à lire ses traits, toutes ces émotions qu'il croit percevoir dans son regard ; si loin du peu qu'il en ressent d'ordinaire. C'est nouveau, attractif, similaire au regard que Ayleen pouvait avoir par le passé mais cette fois, cette fois c'est au-delà de ça. Parce qu'il partagerait presque cet élan, cette envie d'en voir toujours un peu plus. Elle est l’énigme et il est celui qui pourrait la résoudre, celui qui a su entendre les dires cachées entre deux notes délaissées. Il est en mesure d'en entendre davantage, il est en mesure d'aller un peu plus profondément dans ce qu'elle lui laisse voir. Et c'est la raison pour laquelle ses perles claires, bleutées bien assez, restent ancrées dans celles de la jeune femme, celle qu'il essaie de percer à jouer tout en sachant qu'il n'y parviendra probablement jamais. C'est ce qu'il aime, ce qui lui plaît, l’inatteignable portant à portée de main. « Un autre moment, je vous aurais sûrement demandé de me jouer un air, petite session privée d’un violoniste que j’ai remarqué. Un sourire, quelque-chose qui l'amène à lui offrir ce qu'elle s'évertue à lui donner ; ce rictus radieux plein d'une arrogance qu'il n'a jamais fait qu'apprécier, là, dans des paroles qu'elle vient continuer d'énoncer. J’ai l’oreille, encore, évidemment, vous jouez bien. Mais rien n’est plus révélateur qu’une composition et je serais ravie, à l’occasion d’écouter une des vôtres si tenté que vous composiez. J’ose espérer que c’est le cas. » Il acquiesce simplement, toute son attention portée sur cette femme qui a su voir, entendre, reconnaître un talent qu'il cache encore derrière des notes qui ne sont pas les siennes. Mais ces soirées n'offrent que peu de possibilité en terme de choix musicaux et, malgré son détachement aux choses, Matthew tient à la légère bourse que sa présence ce soir fait grossir. Divertir par de l'intelligence des âmes incapables d'en comprendre le sens ; il est en mesure de le faire, friand de cette réalité qui continue sa lancée sous son regard bien souvent lassé. « Mais ressortir de cette pièce vous exposerais aux recherches d’Emilio, puisqu’il n’y a pas d’instrument pour parler de vous, je pense que vous pouvez le faire, en quelques mots, non ? » Et cette question, cette question-là l'amène à laisser un maigre rire s'extirper d'entre ses lèvres, quelque-chose qui trahie aisément une réponse qu'il ne prononce pas encore. Non, pas en sachant qu'elle est à même de comprendre qu'il en est incapable. « Faites-moi simplement penser à autre chose que cette ennuyeuse soirée, faites-moi voir quand vous abaissez votre niveau d’arrogance, d’égal à égal l’espace de quelques minutes. Oui ? » C'est direct et sans détour, c'est posé là, à son attention, comme dans l'espoir qu'il y soit réceptif et, pour la première fois depuis des années, depuis toujours sûrement, Matthew parvient cette fois, devant elle, à possiblement l'être.

Il guette pourtant un instant son regard, cette attention qu'elle lui porte jusqu'à terminer par comprendre qu'elle ne reviendra pas sur cette demande ; femme de caractère et pleine d'attente, pour une raison qu'il croit ignorer alors qu'il l'a saisit, dès lors qu'elle s'était mise à lui parler, lui faire entendre qu'il puisse l'intéresser. Mais, aussi rare que ça puisse paraître, Matthew ne croit pas le mériter. Parce qu'elle est placée bien trop haute dans son esprit, dans l'idée qu'il se fait d'autrui ; bien qu'elle ne le soit pas, à ses yeux, comme tous ces autres. Matthew en baisse alors un instant les traits, pressant simplement la pulpe de ses doigts contre sa veste comme à la recherche d'une éventuelle aide ; nicotine, flasque, cachet, peu importe. Mais rien, rien si ce n'est ce devoir d'avoir à admettre qu'il n'a nul autre choix que celui de s'y risquer ; au moins pour la faire demeurer dans cet instant volé, rapidement apprivoisé. Elle lui offre la possibilité de s'ouvrir, la possibilité de lui en retourner ensuite la politesse et c'est sur ça qu'il termine par se concentrer, cette volonté de vouloir voir l'attention se porter sur elle plutôt que sur lui. Lui, ce soir, n'importe finalement pas tant que ça. « Il n'y a pas d'égal, miss Adler. Si je cesse cela, je perdrais le peu que je m'accorde déjà à votre égard. » Il ose, vient se faire sincère, laissant son regard se perdre sur la jeune femme qui, malgré son sourire, il le devine, cherche à comprendre. Comprendre alors que tout est si simple bien que douloureux à admettre ; il n'est qu'un homme parmi tant d'autres, peut-être un peu plus torturé, peut-être un peu plus aliéné. Il n'est pas si différent des autres, vivant de la même manière, à se perdre dans les mêmes rues, à vivre les mêmes horreurs, à supporter ce même rythme de battements de cœur. « Il n'y a malheureusement rien à dire de moi, contrairement à vous. Je ne suis rien, rien si ce n'est ce que vous voulez voir. » Et, il y croit à ces dires-là, car personne n'a jamais su entendre ce qu'il pourrait être, car personne n'a jamais vraiment su tout ce qu'il pouvait être. Ça l'a conforté dans cette idée, celle qui vient chanter que le monde n'aura peut-être jamais de place pour celui qu'il tente de faire persister. Tout n'est que prétexte à être une personne qu'on ne sera jamais. Matthew n'existe que par ses notes, ses musiques et sans elles, sans elles eh bien, le quadragénaire perd de cette essence qu'il aime à sentir entre ses mains. Pourtant, il cherche en cet instant précis ce qu'il pourrait avoir à dire, ce qu'il pourrait avoir à lui offrir pour satisfaire ce besoin d'en savoir davantage, ce banal désir. Un effort, Matthew. Un effort. Parce qu'il est des choses qu'il pourrait lui faire entendre, des choses qui pourraient lui faire voir qu'en effet, au-delà de cette façade, de ce faciès, il est des choses qui puissent le rendre aussi intéressant qu'en ces instants. Des choses auxquelles il ne pense pas spécialement, des choses qu'il omet inconsciemment jusqu'à ce que ses prunelles ne se posent le long de sa peau, longeant quelques marques à peine visibles. « Je ne ressens pas la douleur. » Sujet sensible pour ce qu'il sait de celle qui lui fait face mais il ose, Goodwin, il ose.        

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MessageSujet: Re: funny little brains ø matthew   Sam 24 Mar - 12:34

FUNNY LITTLE BRAINS

another boring dinner, thank whatever is up there you’re here



Je remarque ses doigts qui glissent sur le tissu, le silence qui semble chercher ce qui pourrait lui succéder et je souris. Un homme de risque, peut-être, mais jusqu’à s’exprimer sur sa petite existence ? Pas sure. Cela me fait sourire évidemment, ne laisse pas passer sur mon visage autre chose qu’une certaine assurance tranquille pour autant. « Il n'y a pas d'égal, miss Adler. Si je cesse cela, je perdrais le peu que je m'accorde déjà à votre égard. Je laisse échapper un léger rire, évidemment, secoue la tête à la négative. Très bien. Cela me conviens — pour l’instant néanmoins. J’ai toujours aimé avoir une certaine emprise sur mon interlocuteur, haute estime de moi-même certes mais j’ai sacrifié ma vie pour atteindre l’excellence, je peux m’en récompenser aujourd’hui. Je ne veux pour autant pas de mensonge, pas de flatteries sans fondement, sinon autrement je peux retourner au milieu de tous, de l’autre côté de la porte et en entendre toute la soirée. Ça ne m’intéresse pas. J’aime la franchise, l’honnêteté, brute, celle qui ne se pare pas de bijoux hors de prix et de sourires botoxés. C’est tout ce que je recherche en vérité et c’est peut-être pour cela que cet homme-là en particulier est sorti du lot et a attiré mon attention. Parce qu’il n’a fait qu’être brutalement franc avec le reste de son audience. J’aimerais qu’il en fasse de même avec moi. Il n'y a malheureusement rien à dire de moi, contrairement à vous. Je ne suis rien, rien si ce n'est ce que vous voulez voir.
— Ou entendre, j’insiste. Nouveau sourire, je le laisse à nouveau à ses pensées tandis que je récupère mon sac et défait de la pochette intérieur une boite métallique gravée, que j’ouvre, pour en découvrir quelques cigarettes au papier blanc, alignées. Je défais l’une d’entre elles que je garde entre mes mains gantées, puis extrais mon briquet de ma pochette, maintenant reposée à mes pieds.
— Je ne ressens pas la douleur. Je marque un temps de pause, enfoncée dans mon fauteuil, la cigarette encore placée entre mes doigts et l’objet métallique posé sur l’accoudoir en cuir. La surprise marque mon visage l’espace d’une seconde avant que je ne revienne en modeler les traits, pour les lisser et glisser à nouveau un mince sourire sur mes lèvres. Je voulais de la franchise, me voilà servie. J’imagine que ces mots ne sont pas dénués d’historique derrière, je ne connais pas son histoire mais il connaît surement la mienne.
— Cigarette ? Je lui tends l’objet renfermant la nicotine, brillant, mon nom et prénom gravés et qui m’a été offert par ma petite sœur évidemment. J’imagine que ce n’est pas permis mais vous êtes un homme risque, non ? Mon regard est éloquent. Il se risque, en effet, à s’avancer sur un tel sujet. Je laisse la flamme de mon briquet allumer mon moment d’addiction et laisse un silence planer dans la pièce, entre nous deux. C’est vrai que cela m’intrigue. À mon tour de garder les mots derrière mes lèvres closes, me contente de glisser le bâton de nicotine entre mes lèvres, expirer la fumée, ressentir l’effet au sein même de mes battements de cœur. J’attire au bord du bureau un cendrier en verre parfaitement clair, transparent. Moi non plus, seulement sur certaines parties du corps. Je garde mes yeux braqués dans les siens. Chaque fois que j’aborde le sujet, mon cœur bat plus vite. Mais je reste immobile, me contente de me mouvoir avec la même aisance qu’il me reste alors que mon corps est devenu un réceptacle de douleur. Les nerfs ont été atteints. Je déglutis, c’est pénible. Sans prétention aucune, j’imagine que vous connaissez mon histoire et je n’ai pas particulièrement envie de la raconter. Mais vous, quelle est la vôtre ? »


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MessageSujet: Re: funny little brains ø matthew   Jeu 5 Avr - 16:31



funny little brains
EXORDIUM.
« Cigarette ? » C'est tout ce qui vient ponctuer son annonce, les seules syllabes qui pour l'instant s'imposent. Il joue la franchise, il teste l'instant, cherche dans son regard la moindre étincelle d’intérêt qui puisse se mêler à la sienne. Parce qu'il tient à en savoir, davantage. C'est ce pourquoi il se risque sur ce chemin, ce pourquoi il ose quand tout lui interdit, tout au fond de lui en vient à lui faire entendre que ce genre de confessions lui est interdit. Tout comme ce qu'il s'apprête à accepter, un maigre sourire d'accroché le long des lèvres. Parce qu'il s'en saisit, de l'étui. Parce qu'il vient en sortir une dose de ce qu'il aime à user, dès lors que ses perditions prennent le risque de commencer. J’imagine que ce n’est pas permis mais vous êtes un homme risque, non ? Et elle marque un point, sait retenir tout ce qui est dit, elle est de ceux qui parviennent rapidement à faire le lien entre tout ce qui se divulgue. Et c'est en cela qu'elle trouve grâce à ses yeux, elle est une lumière que d'autres n'ont pas. La première a satisfaire les songes du bouclé qui en vient à l'imiter. Moi non plus, seulement sur certaines parties du corps. Et le sujet qui revient, qui se laisse reposer entre eux deux tandis que ses prunelles claires n'en quittent plus les siennes. Il attend, écoute, découvre. Il découvre au-delà des lignes lues par le passé, il découvre d'entre les lèvres même de l'intéressée. Et c'est plus intéressant que jamais, plus prenant encore que les sons qu'il avait pu écouter, imaginer entre ses mains ce soir encore gantées. Il acquiesce alors, n'en affiche pas plus encore. Parce qu'il n'est pas en droit d'en dire quoi que ce soit, parce qu'en cet instant réside les seuls mots de la jeune femme qui, finalement, revient à la prise de parole. Chose qu'elle sait faire et qu'elle lui offre, en ce moment même, tête à tête privilégié avec probablement l'une des seules âmes qui soient à même de l'écouter. Complètement l'écouter. Sans prétention aucune, j’imagine que vous connaissez mon histoire et je n’ai pas particulièrement envie de la raconter. Mais vous, quelle est la vôtre ? » Enfin, elle se pose, s'impose. Elle vient se perdre jusqu'à lui qui n'en défait plus son attention du centre de ses réflexions. « J'ose avoir la prétention de dire que, en effet, je la connais. Peut-être mieux que quiconque ; et, en cela, il laisse sous-entendre cette passion commune, pour l'une terminée, pour l'autre, en plein essor. Et, quant à la mienne, mademoiselle Adler... » Il ose néanmoins un sourire, quelque-chose de bref mais de bien présent, à la lisière de ses lèvres, des mots à peine tremblant. Parce qu'il s'apprête à admettre que rien, rien ne pourra l'élever, que rien si ce n'est ses tares ne l'ont forgé. « J'en suis navré ; une première pause avant que la cigarette ne soit entamée, première inspiration destinée à l'aider sur son récit en une excuse à peine commencé. Mais il ne réside aucune histoire derrière cela. Rien qui puisse en être la cause ; pas que je m'en souvienne. » Et, dans le fond, il ne se souvient que trop peu du passé, éperdu sur des choses bien plus importantes. Il est de ceux qui effacent le superflu, qui ne s'encombre pas de ce qui fut inutilement vécu. « J'ai toujours été ainsi et je m'y suis habitué ; jusqu'à ne plus m'en soucier. » Et, en cela, il sait qu'y réside tout le danger de cette révélation jusqu'alors jamais énoncée. Parce qu'il s'en sent intouchable, impossible à tomber. La douleur ne pourra jamais le faire tomber. Et si les émotions, les sentiments puissent néanmoins en être affectés, il n'aura aucune honte à faire entendre qu'il s'en croit dénué. S'il savait que, rien que par sa présence à ses côtés, cet intérêt bien moins caché à vouloir en apprendre d'elle plus qu'il n'en sait, Matthew défait déjà cette simple idée ; la chassant aussitôt invitée, en revenant à sa réalité, à la Belle qu'il a aidé à se cacher. « Vous apprendrez ; une pause, il sent son regard se porter un peu plus sur lui. Parce qu'il ose ses mots, parce qu'il les dit avec une telle sincérité. Vous saurez ne plus vous en soucier. Aurais-je de nouveau la prétention de vous faire savoir que je l'ai entendu de votre part ? Non, je ne me le permettrais pas et, pourtant, je le sais. Vous le saurez, mademoiselle. »        

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