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 Everybody leaves one day

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MessageSujet: Everybody leaves one day Sam 27 Jan - 23:35

Everybody leaves one day
Saoirse & Ethan
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••••

Le liquide ambré me brûle désagréablement la gorge quand il pénètre mon organisme. Je repose le verre d'un coup sec sur le comptoir dans une grimace écœurée, me passant une main sur le visage dans l'espoir de faire passer plus aisément le coup. C'est vraiment dégueulasse et je me demande comment font certains pour en apprécier la saveur.  Je ne sais même pas pourquoi j'en ai commandé un. En fait si...je sais précisément pourquoi, parmi toutes les bouteilles rangées en des lignes parfaites derrière le bar, c'est sur le Scotch que mon choix s'est porté. C'est la drogue légal et lentement létale que mon paternel s'est choisi le jour où ma mère s'est fait la malle. C'est avec cette bouteille et ses nombreux clones qu'il a choisi d'oublier, d'atténuer, d'anesthésier la douleur. C'est avec elle qu'il s'est éloigné de ses amis, de sa famille, de son fils. C'est avec elle qu'il m'a oublié et à cause d'elle que je suis devenue un fantôme. Invisible. Étranger dans sa propre demeure. Le Scotch est comme une belle mère qui n'aurait pas voulu de moi et aurait tout fait pour se débarrasser du cafard encombrant.
Je ferme les yeux quelques secondes, las. Quand je les rouvre je croise mon reflet dans la ligne juste au-dessus de bar face à moi le long de laquelle court un long miroir. Mes yeux sont cernés, une barbe de quatre jours cache des joues quelques peu creusées. Mes cheveux en bataille ont repris leur droit sans que je ne cherche à les dompter aujourd'hui. Je détourne les yeux dans une grimace où se mélange la colère et le dégoût. Puis je fais signe au barman de me resservir. « T'es sûr ? » Je lui adresse un regard noir, le défie de réitérer sa question d'une mine agressive. « Fais pas chier » Il lève les mains en signe de reddition et remplit à nouveau mon verre presque à contre cœur. Faut dire que ça fait des années que je viens ici. Et que durant tout ce temps je me suis toujours contenté de deux bière. Seulement deux. Aucun alcool plus fort n'a passé la barrière de mes lèvres. Parce que je ne voulais pas être comme lui. Samuel Moore. Alcoolique notoire. Père à chier ! Je retiens les larmes qui menacent de poindre d'un reniflement, enchaînant cul sec mon second verre. Je ferme les yeux, retiens quelques secondes ma respiration et expire enfin dans une nouvelle grimace. Un peu moins coriace que le premier verre, toujours aussi écœurant. Et la facilité avec laquelle je m'habitue à ça ne me déconcerte pas. Après tout, c'est inscrit dans mes gènes.  « Tu fêtes quelque chose ? » Je tourne le visage en direction de la voix féminine qui vient de s'adresser à moi, tombant nez-à-nez sur une rousse plutôt charmante. Certains la diraient un peu forte, d'autres voluptueuses. Je dirais qu'elle a ce qu'il faut où il faut et a l'air drôlement consciente de ses atouts. « Trente-deux ans de sobriété. » Oui, c'est le temps qu'il m'a fallut pour m'initier à un autre alcool que la bière. « T'es du genre gentil garçon ? » « Outch ! » Elle frappe juste, et inconsciemment, ça fait mal. C'est exactement ce que je suis. Un gentil. Le gendre idéal – excepté pour des irlandais allergiques aux flics – le mec bien sous tout rapport dont tout le monde se fout de la gueule. Que tout le monde laisse tomber. Qui finira tout seul. Elle s'assoit à mes côtés sans demander l'autorisation, commandant deux nouveaux verres. « Tu sais quoi hum.... » « Jodie »  « Jodie. J'en ai marre d'être un gentil garçon » Elle sourit, de manière clairement intéressée, et nous trinquons finalement à ça, buvant cul sec.


Quelques verres plus tard et parce que je suis puceau dans le domaine, je peux déjà dire que je suis alcoolisé. Pas assez pour être malade mais sans doute déjà trop pour ne pas regretter certaines choses demain. Et je me sens léger. Sur un petit nuage. Oubliés les ennuis. L'enfance pourrie. Les abandons. Oubliés les morts et les absents. Je ne sais même plus pourquoi je voulais essayer l'alcool ce soir mais je me sens bien. Comme je ne l'ai pas été depuis plus d'un mois maintenant. Un nouveau rire sonore passe mes lèvres à une énième blague de la jolie rousse à mes côtés, dont la main s'aventure sur ma cuisse sans que je ne la chasse. « Et si on partait d'ici beau brun ? Je vis pas très loin d'ici. »  J'arque un sourcil intéressé, hochant la tête à l'affirmative. Quand je descends du tabouret et manque de m'écrouler, titubant pour retrouver mon équilibre de manière peu gracieuse, j'éclate de rire sous les yeux moqueurs et emplis de jugement des autres clients. Mais je ne les vois pas. Pas plus que celui attristé du barman. Aidé par ma camarade de beuverie je me remets droit et après avoir payé les consommations nous nous éclipsons peu discrètement vers la sortie. Le froid est saisissant mais bienfaiteur. J'inspire une grande goulée d'air pendant que Jodie s'occupe de héler un taxi, mes yeux se rouvrant sur l'enseigne de Maureen's. Un sourire benêt étire mes lèvres. C'est ici que j'ai rencontré Saoirse. Et mon regard se porte au-delà de la vitre, sur les tabourets que nous occupions ce soir là. C'était avant que je m'attache, avant qu'elle se fasse tirer dessus et que....non ! Je ne veux pas penser à ça !
Un sifflement me fait faire volte face et la rouquine grimpe dans le taxi, attendant que je la rejoigne. Je m'approche jusqu'à la portière, l'attrape dans une main, soudain hésitant. « Alors qu'est-ce que tu attends ? Je croyais que tu ne voulais plus être un gentil garçon ? » Et c'est vrai. C'est usant. Ça ne rapporte rien. On se moque des gentils garçons. Ils finissent seuls.
Les pourris aussi...

Vingt minutes plus tard je suis devant la porte d'un appartement mais pas celui de Jodie. J'ai finalement claquer la portière et pris un autre taxi en direction du North Side. D'une allure incertaine je suis parvenu jusqu'à la bonne porte et mes doigts viennent rencontrer le bois trois fois. Une seconde. Trois nouveaux coups frappés. Une seconde. Trois coups. Une seconde. Trois coups. Jusqu'à ce que la porte s'ouvre enfin sur une jolie blonde au visage agacé. Je me redresse, me calant contre le chambranle de la porte, fronçant les sourcils, un peu perdu. « Ça c'est vachement bizarre.... » Je pointe la jeune femme du doigt, la scrutant en plissant un peu les yeux, comme lorsqu'on essaie de voir l'illusion d'optique dans une image contenant plein de dessins. « T'es pas comme d'habitude. T'es un peu comme d'habitude mais sans être vraiment comme d'habitude. » J'acquiesce lentement à mes propos, me faisant perdre tout seul l'équilibre et je me rattrape au chambranle, pouffant tout seule de ma maladresse. « Je veux dire t'es toi mais sans être toi tu vois ? » Apparemment pas puisqu'elle me dévisage en secouant la tête. Et soudain je l'entends prononcer mon prénom, sauf que ses lèvres n'ont pas bougé et que son visage est tourné sur le côté. Je suis donc la direction de son regard pour tomber sur une autre jeune fille qui ressemble davantage à celle que je suis venue voir. Saoirse. « Bah voilààà c'est pour ça ! En fait t'étais pas vraiment toi ! Enfin...pas vraiment elle. » Trisha...non Tarkan.............Troian ! « Hey, vous voulez pas me laisser entrer parce que ça tourne vachement dans ce couloir.... »

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MessageSujet: Re: Everybody leaves one day Dim 28 Jan - 9:14


La jeune femme fixe l’écran de son téléviseur sans vraiment le voir. Pour ne pas changer, c’est sa sœur qui a choisi le film, après lui avoir fait croire que ce serait à son tour de le faire. Tellement typique… Ca fait partie des petits détails de son nouveau quotidien qui l’agace de plus en plus à chaque journée écoulée. Il y a aussi les bruits de mastications de sa sœur, la façon qu’elle a de se raser les jambes à sec, au beau milieu de la salle de bain sans nettoyer derrière elle, sa voix de nez, divine quand elle se met à chanter à tue-tête… Bon OK, ça c’est de la jalousie pure et simple mais ça reste très irritant de n’avoir qu’un quart de son talent !
Saoirse n’arrive plus tout à fait à se sentir chez elle ici. Il lui a fallut une éternité pour y arriver après avoir quitté son Irlande natale et, maintenant que l’Irlande est venue à elle sous la forme de sa famille…elle déchante un peu. Mais elle n’a pas le cœur à s’en plaindre. Justement à cause de son cœur qui a pris un sacré coup récemment. Une balle, pour être plus précise. Sa mère a sauté dans le premier avion pour la rejoindre à Chicago et Troian et son père n’ont pas tardé à suivre, une fois toutes les dispositions prises chez eux. Ca fait des semaines maintenant. Ca fait trop longtemps à son goût.
Pourtant Dieu sait qu’ils lui manquaient, tous autant qu’ils étaient ! Mais maintenant qu’elle les a à ses côtés, Saoirse se souvient pourquoi elle avait tellement envie de mettre les voile et de vivre sa vie à quelques milliers de kilomètres… C’est l’idée d’eux qui lui manquait en fin de compte, le fait d’avoir un repas tout prêt qui l’attendait chaque soir et des vêtements propres et repassés à disposition, bien rangés dans ses placards.
Le rire de sa sœur s’élève et la reconnecte doucement à la réalité. La petite blonde la fixe un instant et, malgré tout, se laisse aller à sourire lorsque leurs regards se croisent.
« Ca va ? »
Elle acquiesce. Oui ça va. Enfin non, pas tellement, mais elle fait avec. Elle a de la chance d’être encore là et elle le sait… Elle est passée à huit millimètres de la Mort… Si la balle avait dévié d’autant, Saoirse serait six-pieds sous terre à l’heure actuelle. Au lieu de ça, elle est installée dans son canapé, un plaid sur les genoux, une tisane digestive à la main, en train de se plaindre parce que son appartement est envahi par une sœur qui l’aime et a traversés un océan pour la rejoindre.
La petite blonde prend une inspiration, soupir et tâche de se concentrer un peu sur le film à l’eau de rose que sa sœur leur a choisi. Un prince pour Noël… Tout un programme.
everybody leaves
Ethan - Troian - Saoirse

Elle en est là lorsque quelques coups sont frappés à la porte de son appartement du North Side. Ses sourcils se froncent en même temps que ceux de Troian, tandis qu’elles s’entreregardent.
« T’attends quelq… »
« Non. Personne. »
Troian est la première à se lever alors que les coups recommencent à pleuvoir, insistants. Elle laisse tomber son plaid sur le sol et réajuste un peu son pull avant d’aller ouvrir la porte pendant que Saoirse se met en mouvement elle aussi. Faites que ce ne soit pas une énième mauvaise nouvelle… J’ai eu mon lot Petit Jésus, tu crois pas ? Elle reconnaît la voix d’Ethan après quelques secondes. Elle n’est pas comme d’habitude. Plus trainante, moins articulée. Quelque chose cloche. Et ses propos ne sont pas ce qu’il y a de plus cohérents… La jeune femme referme son gilet et croise les bras sur sa poitrine en venant rejoindre sa sœur dans l’entrée.  
« Ethan ? »
C’est lui, bien entendu. Sauf que c’est une version…non mise à jour de son Ethan. Il a une barbe de quelques jours, le regard vitreux, fatigué, les cheveux en bataille et sa tenue est négligée.
Il est rond, comprend-t-elle, ce fait lui sautant aux yeux sans qu’elle n’ait besoin de recevoir son haleine au visage.
« Qu’est-ce que tu veux faire ? » la questionne Troian, vraisemblablement prête à lui refermer la porte au nez alors qu’il demande à entrer.
Saoirse secoue la tête pour lui faire comprendre que le faire entrer ne la dérange pas et sa sœur pousse un soupir dépité et ouvre un peu plus la porte pour laisser passer l’officier de police éméché. L’interne le voit tituber maladroitement et décide d’intervenir pour lui éviter de chuter. Elle ne pense pas qu’il en soit à ce stade mais mieux vaut être prudent…    

« Qu’est-ce qui t’arrive ? » lui demande-t-elle en passant un bras autour de sa taille, alors qu’il passe naturellement son bras autour de ses épaules.
« C’est ça, fait comme si tout ça était très mystérieux » ironise Troian en refermant la porte sur le passage d’Ethan que sa cadette guide vers le canapé qu’elles viennent de quitter.
Saoirse lui jette un regard courroucé qu’elle soutient sans gêne. Elle ne peut pas vraiment lui en vouloir d’adopter cette posture et de juger son petit ami. Mais le fait est qu’ELLE le connaît et sait que c’est loin d’être un état habituel chez lui. Quelque chose cloche vraiment et pour être honnête, elle est un peu inquiète. Bon et peut-être un peu contrariée aussi… Tout le monde autour d’elle semble trouver normal de se laisser aller et de partir en vrille. Taylor a tenté de mettre fin à ses jours il y a peu et maintenant Ethan se met minable avant de venir frapper à sa porte.
« Assieds-toi. »
« J’vais lui chercher un verre d’eau. »

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MessageSujet: Re: Everybody leaves one day Dim 28 Jan - 19:11

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«  Qu’est-ce qui t’arrive ? »
Je tente sincèrement de répondre à cette question mais les rouages de mon cerveau semblent tourner au ralenti et ne pas s'imbriquer les uns avec les autres comme d'habitude. Je me perds d'ailleurs dans mes pensées et en oublie jusqu'à la question alors que Saoirse vient supporter mon poids en passant son bras autour de ma taille. Et quelque part, loin au-delà de la brume épaisse qui trouble mes pensées, une petite sonnette d'alarme tinte pour me rappeler son état de santé. Je fais donc très attention de ne pas me laisser aller contre elle de mon poids, me contentant de me laisser guider jusqu'au canapé où je tombe peu gracieusement. Je ne suis plus vraiment à ça près de toute façon. Levant un pouce en direction de Troian pour approuver le verre d'eau, je la regard s'éloigner alors qu'elle marmonne sans se donner la peine d'être discrète. « Si tu mon veux mon avis, je la trouve très très très très très très négative » Je me tourne vers la sœur qui m'intéresse, réfléchissant à ma phrase et tentant, aidé de mes doigts, de compter de nombre de fois que j'ai prononcé le mot 'très' mais j'abandonne quand mon majeur vient rejoindre le pouce et l'index et que je perds le fil.
Elle finit d'ailleurs par revenir en me tendant le fameux verre rempli que je réceptionne sans me préoccuper de son regard désapprobateur et je bois à petites gorgées d'abord, puis, me rendant compte que j'ai beaucoup plus soif que je le pensais, le termine d'une traite en le lui rendant. « Merci » Je lui adresse un sourire qui doit me faire paraître stupide et encore plus pathétique que je le suis mais je me sens bien, toujours sur mon petit nuage. Je sens les regards peser sur moi mais je me sens encore léger. Encore dans la phase ascendante de mon alcoolémie avancée. Techniquement je n'ai pas bu tant que ça mais mon inexpérience dans le domaine a eu rapidement raison de moi.

Mon visage jongle d'une sœur à l'autre, m'arrêtant néanmoins rapidement quand ce simple geste me donne le tournis et que leur visage commence à se confondre l'un l'autre. C'est qu'elles se ressemblent vachement, surtout ce soir. Me concentrant uniquement sur Saoirse, je la détaille quelques instants sans prononcer le moindre mot, sérieux, du moins seulement en apparence. « Je pense.... » Et je stoppe mon discours ici, fronçant les sourcils et prenant un air méditatif, en pleine réflexion. « Putain la vache, c'est dur. Attends » Je lève mon index, semble frapper la mesure à plusieurs reprises dans l'air, puis au dernier coup reprends. « Je pense....que pour la première fois de ma vie.....je suis......bourré » Et je pouffe à cette simple constatation sans me rendre compte que l'évidence navrante de mon état rompt tout suspens sur ma déclaration.  J'ouvre tout de même les bras de façon théâtrale, continuant de rire pendant encore quelques secondes avant de retirer la veste que je porte. « Qu'est-ce qui fait chaud ici. » Je secoue le col de mon pull pour me faire de l'air, mon regard se portant sur la télévision et le film qui y passe. « C'est quoi cette merde ? La fille est canon... » Et je me tourne vers Saoirse. « Elle te ressemble un peu. Mais c'est toi la plus jolie. » J'acquiesce pour souligner mes propres propos mais arrête rapidement, ma tête semblant peser plus lourd qu'elle ne le devrait. Ce qui est assez paradoxal puisque le reste de mon corps semble lui flotter sans que j'en ai vraiment le contrôle.

Bourreau des cœurs au sang rempli de Scotch, je ressemble, sans m'en rendre compte, à tous les crétins que je méprise en temps normal. Un crétin qui se laisse porter et parle trop sans pouvoir plus s'arrêter, focalisé sur Saoirse en oubliant complètement la présence de la sœur. « J'étais au Maureen's et j'ai bu quelques verres. Un peu trop... » Je laisse un mince espace entre mon pouce et l'index pour mimer ce 'peu' un brin minimiser. « J'étais dehors, en train de regarder nos tabourets et puis y'avait un taxi....je te laisse faire l'asso....l'associ...l'association d'idées qui s'impose » Et je lui adresse un sourire charmeur. Du moins de mon strict point de vue. C'est avec elle que je me suis envoyé en l'air à l'arrière d'un taxi pour notre premier soir ensemble. Puis chez moi. « Et me voilà ici. Tadaaaam » Un nouveau rire et je me laisse tomber au fond du canapé, perdant de ma superbe, et de mon sourire alors que mes sourcils se froncent. « Et après tu t'es tirée.... »

Je deviens soudain muet, réfléchissant à ces derniers mots. Ma bonne humeur retombe comme un soufflé et la légèreté s'effrite peu à peu. Merde c'est déjà fini ? Ce sentiment de plénitude ? Cet oubli total ? Je veux le garder encore un peu. Juste un peu. Oublier la réalité et tout ce qui me mine depuis quelques temps. Je ne veux pas affronter mes craintes et mes peurs. Pas encore. Deux heures de répit ce n'est pas suffisant. Pas pour une première tentative. Pourtant je la sens à nouveau, cette pesanteur sur mes épaules, ces mots que je retiens depuis trop longtemps et qui me nouent l'estomac. À moins que ce soit la quantité d'alcool ingurgitée ce soir ? Putain c'est quoi ces états d'âme à la con. Je veux retrouver la légèreté. Je veux m'en fiche encore un peu. Juste un tout petit peu.

••••

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MessageSujet: Re: Everybody leaves one day Sam 3 Fév - 12:04


L’état d’Ethan la préoccupe sincèrement. Pas qu’elle s’en fasse véritablement pour son état physique, dans le pire des cas, il aura mal au crâne et se sentira nauséeux pour plusieurs heures, mais ce sera tout. Non, ce qui l’inquiète, c’est qu’il se soit mis dans un état pareil, sciemment. Ca ne lui ressemble pas. Chaque fois qu’ils ont survolé le sujet de son père et sa relation avec la boisson – il n’aime pas franchement s’appesantir là-dessus, ce qu’elle comprend et respecte – il n’a fait qu’exprimer déception et mépris. Le voir dans cet état l’interpelle donc vraiment…
Bien sûr, il a des raisons de vouloir s’enivrer. Il vient de perdre sa meilleure amie dans la fusillade qui a failli lui être fatale, à elle. Saoirse sait ce qu’il traverse, Sidney comptait aussi pour elle et elle partage sa peine, mais…mais elle pensait que s’il n’allait pas bien, il viendrait la trouver pour en parler et s’épancher. Qu’il ait préféré rester dans son coin et boire jusqu’à se retrouver comme ça la contrarie. OK, pour être tout à fait honnête, ça la blesse un peu et ça l’oblige à se remettre en question. Est-ce qu’il ne lui fait pas confiance ? Est-ce qu’elle n’a pas su trouver les mots ? Est-ce qu’il lui a tendu une perche dans la journée qu’elle n’a pas su saisir ? En même temps, elle n’est pas au mieux de sa forme ! Est-ce que qui que ce soit peut lui reprocher de ne pas avoir su voir que quelque chose clochait chez son petit ami ? Est-ce qu’essayer de se dédouaner de cette manière fait ‘elle une personne abominable ? Une petite amie lamentable sans doute en tout cas…et ça l’agace un peu.
Elle l’écoute lui exposer son avis éméché sur l’attitude de sa sœur et ne relève pas. A quoi bon argumenter avec un homme ivre ? Elle se contente donc de passer une main dans les cheveux sombres de son petit ami, laissant ses doigts pâles et fins se perdre dans ce qui, s’il se laissait pousser les cheveux, se transformeraient certainement en véritables bouclettes.
Troian revient avec son verre d’eau et le lui tend. L’interne en médecine le regarde l’avaler goulument avant de sourire niaisement en la remerciement. Elle soupire discrètement et échange un regard entendu avec sa sœur, pendant qu’Ethan les observe tour à tour. A-t-il conscience de ce qu’elles échangent muettement ? Comprend-t-il vraiment ce qui se trame ?
Sans doute pas. Les mots qui sortent, difficilement, de sa bouche sont cohérents mais pas franchement pertinents. Saoirse se demande si elle aura la patience de l’entendre déblatérer des bêtises pendant longtemps… Sans doute pas, parce qu’elle est fatiguée et s’apprêtait à abandonner sa sœur au salon pour aller rejoindre son lit. Sans doute aurait-elle envoyé un sms à son petit ami pour lui souhaiter une bonne nuit avant de sombrer. Une habitude qu’elle commence à prendre et n’a pas l’air de déranger Ethan.  

Les deux sœurs l’observe se débarrasser de sa veste.
everybody leaves
Ethan - Troian - Saoirse
Là encore, ça a l’air compliqué pour lui. Saoirse finit par lui venir en aide, sans qu’il ne s’en rende compte certainement. Troian lève les yeux au ciel, blasée, et Saoirs elui jette un regard courroucé. « Laisse-le tranquille, OK, il traverse un truc pas cool » semble-t-elle lui dire. « Si tu l’dis », lui répond silencieusement sa sœur en jetant un œil sur l’écran quand Ethan y fait référence.  
« Merci. Je suppose… » marmonne-t-elle en recevant le compliment de son petit ami imbibé.
« J'étais au Maureen's et j'ai bu quelques verres. Un peu trop... » leur explique l’officier en imageant bien inutilement ses propos, sous le regard méprisant de Troian qui marmonne entre ses dents.  Saoirse tique, la fusille encore du regard, puis redonne son attention à Ethan qui continue de discourir de manière un peu décousue.
La petite blonde lui adresse un sourire encourageant, qui se meurt sitôt qu’elle voit celui de son petit ami s’effriter puis disparaître totalement de ses traits tirés par la fatigue. Elle passe une main qui se veut réconfortante dans son dos, puis dépose un baiser sur sa joue.
« Bouge pas, je reviens. Je dois dire un truc à Troian. J’te laisse avec ma pâle copie une seconde » ajoute-t-elle en désignant l’écran de télévision, avant de se redresser et de faire signe à sa sœur de la suivre dans le coin cuisine.
Une fois à l’écart, elle lui fait savoir qu’elle aimerait être seule avec lui et se heurte à un mur.
« Hors de question. Je vais le mettre dans un taxi et… »
« S’il te plait, laisse-moi gérer ça. »
« Non, t’es pas en état. »
« Je ne suis pas en sucre. Je me sens un peu mieux chaque jour et il a besoin de moi. »    
« Non, il a besoin d’une aspirine et de treize heures de sommeil, après ça ira mieux. Te fais pas chier So, sérieux ! »
« Ca ne me fait pas chier. Il a besoin de moi et je compte être disponible pour lui. Je me suis fait chouchouter pendant des jours et des jours, et il a été là pour moi alors qu’il vient de perdre sa meilleure amie. »
« Je sais tout ça mais… J’ai pas envie qu’il te pompe ton énergie. »
Non, tu préfères te charger de ça toi-même… pense très fort Saoirse qui se garde de formuler ça à voix haute, bien entendu.
« Ca ira. S’il me soule, je l’assomme. Allez, s’te plait… »
« Les parents vont pas aimer que je t’abandonne. »
« Leur parle pas de ça surtout ! »
« Tu me prends pour une bleue ? Si je leur dit que je t’ai laissée avec un type alcoolisée dans ton état, je vais me faire déshériter et devoir effectuer la marche de la honte, Cersei Lannister style. Très peu pour moi. Mais j’te préviens, je vais utiliser ton Netflix ! »
« Si tu veux, c’est cadeau » lui sourit sa cadette en l’enlaçant un instant pour la remercier, avant de lui souhaiter bon vent.

Troian se permet d’aller sermonner un peu Ethan avant de mettre les voiles et le prévient que s’il déconne, elle ira le trouver pour le castrer. Sur ces mots, elle s’éclipse en claquant la porte de l’appartement sur son passage. Saoirse prend une grande inspiration, pour se donner un peu de courage, et ouvre un tiroir pour y prendre de l’aspirine avant de mettre la main sur quelques crackers.  
Elle revient aux côtés d’Ethan et lui tend les gâteaux salés.
« Tiens. Pour éponger un peu ce que tu as avalé. J’ai toujours envie de salé quand je suis pompette » lui confie-t-elle en se réinstallant à ses côtés. Elle attrape sa tisane à peine tiède maintenant et la tend ensuite à son petit ami. « Pour faire passer l’aspirine. Tu vas en avoir besoin… »  
Il a dû mal à tout gérer visiblement et elle le débarrasse des crackers pour qu’il puisse prendre le médicament. Elle se rapproche de lui, s’installant sur ses talons, appuyant son coude sur le dossier de son canapé pour observer le profil d’Ethan.
« Pourquoi t’as été là-bas tout seul ? Pourquoi tu m’as pas appelée ? »


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MessageSujet: Re: Everybody leaves one day Mer 7 Fév - 15:47

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Une main dans mon dos, un baiser sur ma joue et le temps que je réagisse Saoirse s'est déjà levée pour rejoindre sa sœur. Je relève mon regard dans leur direction et devine un débat agité, sans comprendre le sens de leurs paroles, qu'elles conservent à un niveau sonore trop bas. C'est comme regarder un film sans le son et un sourire amusé étire mes lèvres à cette constatation. Avachi dans le canapé je les observe, m'attardant sur l'expression de leur visage respectif et le mouvement de leur corps puisque les mots ne peuvent m'atteindre. Mon corps, si léger il y a encore quelques minutes me semble soudain peser une tonne et je ne rêve que d'une chose, m'affaler pour de bon sur ce sofa et dormir trois jours durant pour tout oublier. Elles finissent par s'enlacer et Troian revient vers moi, un doigt menaçant dans ma direction. Je me recule par réflexe, méfiant, et l'écoute sans vraiment avoir le temps d'assimiler tout ce qui sort de sa bouche à une vitesse hallucinante. « Wow, tu parles vachement vite » Je fronce les sourcils alors qu'elle marque un temps d'arrêt, levant les bras au ciel. « Et tu me fais un peu peur... » Elle me lance une dernière remarque qui ne percute pas davantage la masse épaisse de brouillard dans laquelle je suis enveloppé et finit par sortir de mon champ de vision. Las, je me passe une main sur le visage, tentant de me redresser en position assise, celle semi allongée commençant à me donner la nausée.
Les coudes sur les cuisses et la tête dans les mains, il me faut deux bonnes secondes pour comprendre que Saoirse s'adresse à moi et encore deux autres pour tendre la main sur les crackers, froissant le papier pour en attraper un et le fourrer dans ma bouche. C'est sec et ma bouche pâteuse en manque de salive n'aide pas vraiment à résoudre le problème. Mon estomac se crispe dès que j'avale une première bouchée et je grimace alors qu'un verre d'eau et un cachet apparaissent déjà devant mes yeux, me faisant baisser le regard sur mes deux mains, puis sur la seule libre et l'impossibilité mathématique de tout récupérer. Merde pourquoi le monde va si vite tout à coup ? Les crackers envolés et remplacés par une aspirine, je gobe le médicament et le fait glisser à l'aide d'un breuvage au goût étrange. Je le tends d'ailleurs à la jeune femme pour qu'elle l'éloigne de moi et refuse les gâteaux salés qu'elle me tend à nouveau. « Mauvaise idée » Visiblement ce qui fonctionne pour elle ne fonctionne pas pour moi.

Je soupire, fermant les yeux quelques secondes avant que sa question ne m'oblige à réfléchir à nouveau. Dans une direction que je n'ai pas envie de prendre. Pourquoi je suis allé seul là-bas ? Et puis je n'étais pas seul. Je crois. Cette rousse, c'était quoi son nom déjà ? Aucune importance. Je suis allé là-bas tout seul. Tout seul. « Je crois pas que j'avais tant d'options que ça..... » Mon regard se perd devant moi un long moment avant que je reprenne la parole alors que différents visages se succèdent dans mon esprit. « J'aurais pu appeler quelques amis mais, voyons voir...l'un deux a perdu son fils aîné à la guerre et n'a probablement pas envie de s'occuper de mes petits problèmes existentiels. Oh et puis il y a mon amie flic, qui doit gérer son copain amnésique, qui est, soit dit en passant, l'un de mes très bons amis aussi, et qui vient de perdre sa meilleure amie, pompier elle aussi, lors d'une intervention. Ça va tu suis ? » Je ne tourne pas le visage dans sa direction, continuant sur ma lancée. « J'aurais pu appeler Jo, mais un ivrogne a tué sa femme et sa fille dans un accident de voiture alors j'suis pas certain qu'il apprécierait de me voir comme ça. » Ou comment décevoir mon père de substitution. « Peut-être que j'aurais du embarquer mon géniteur. On aurait enfin partagé un truc. Il aurait pu être fier de moi pour quelque chose cet enfoiré » Je déglutis péniblement, ravalant les sentiments qui commencent à poindre. Puis je me marre, moqueur, cruel et réaliste sur tout ce que je viens de dire. « On a des putain de vies de merde » Et mon rire se prolonge un peu, tristement, avant de se rompre net. J'omets volontairement l'une d'entre eux, la plus importante.

« Et toi...t'es pas un pote de beuverie. J'voulais pas que tu vois ça, que tu me vois comme ça. Ce qui n'a finalement aucun sens puisque j'ai pris un taxi et que j'ai atterri ici. » Je ris à nouveau. « Et tu sais pourquoi j'suis venu chez toi ? Parce que tu peux pas te tirer. Si je t'avais appelé tu aurais finis par partir. Mais là tu peux pas. T'es obligée de rester. » Je relève quelques secondes les yeux sur elle. « Parce que tout le monde finit par se tirer... » Je détourne à nouveau les yeux et le fixe à nouveau droit devant moi. La nausée s'en est allée mais je n'aime pas ce flot d'émotions qui menacent de me submerger d'une seconde à l'autre. Ça ne me ressemble pas. Je ne parle pas de mes problèmes, les garde pour moi et les gère comme je peux. C'est ce que je fais, ai toujours fait. Mais j'ai la sensation de ne plus rien contrôler et je sais que l'alcool en est la cause. Et je me sens minable. À la fois vide et noyé par une multitude de sentiments contradictoires. La tristesse en avant plan. Non, décidément, je ne comprends pas pourquoi les gens se laissent aller dans l'alcool. Une petite heure de légèreté ne vaut pas tout ce qui suit derrière. Absolument pas.



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MessageSujet: Re: Everybody leaves one day Mer 7 Fév - 16:45


La jeune femme tique en le voyant refuser son offre de manger quelque chose. Quand elle-même a trop bu, elle apprécie de manger (dévorer) et ça l’agace qu’il ne veuille pas faire la même chose. Ca épongerait un peu tout cet alcool qu’il semble avoir englouti ce soir. Qu’il ne vienne pas se plaindre de sa gueule de bois dans quelques heures s’il refuse son aide !
Mais Saoirse prend une longue inspiration et chasse rapidement ces pensées. Elle sait que le fond du problème n’est pas là, ne réside pas dans le fait qu’il repousse les crackers qu’elle lui tend et qui, visiblement, ne passeront pas. Le souci, c’est qu’il n’ait pas fait appel à elle plus tôt. Alors, plutôt que de se torturer l’esprit et le maudire silencieusement, elle lui demande pourquoi.
« Je crois pas que j'avais tant d'options que ça... » lui rétorque Ethan, son regard un peu vitreux se perdant dans le décor alors qu’il rumine visiblement.
Saoirse ne sait pas trop de quelle manière enchainer et sent qu’il vaut mieux qu’elle le laisse vider un peu son sac de toute façon. De son point de vue, il avait beaucoup d’options, c’est un garçon plutôt populaire de ce qu’elle en sait. Il a toujours des anecdotes marrantes à raconter à propos de ses amis et de leurs sorties. Est-ce qu’il broie du noir à ce point ? Au point de penser qu’il ne peut compter sur personne ?
Pour commencer, il l’avait elle de toute façon. Pourquoi est-ce qu’il ne l’a pas appelée ? Parce qu’il craignait qu’elle ne vienne avec sa sœur ? Parce qu’il ne voulait pas la fatiguer ? Parce qu’il savait qu’il allait se mettre mal et ne voulait pas qu’elle assiste à une scène de ce genre ? Bon sang, il l’a vue boire des tas de cocktails, pourquoi est-ce que les rôles n’auraient pas pu s’inverser ? Parce qu’il veut garder son image de genre idéal ?
La voilà qui redevient un peu médisante, amère. Sans doute parce qu’elle pense à son propre cercle d’amis qui s’est désagrégé depuis que Taylor a tenté de mettre fin à ses jours et qu’elle n’a pas rejoint sa team directement…  

Ethan ne lui laisse pas le temps de continuer à s’agacer de toute façon. Il reprend la parole mais sa frustration est loin de disparaître, au contraire, elle croît encore un peu pendant qu’il commence à énumérer les difficultés que rencontrent ses proches et l’empêchent selon lui de les déranger… Elle est au courant pour le fils de Tito qu’elle connaît vaguement par le biais de son travail. Elle est au courant pour l’accident qui a eu lieu le jour de la fusillade et a coûté la vie à un pompier volontaire.  
everybody leaves
Ethan - Saoirse

Mais en quoi est-ce que tout ça les empêche de sortir et de venir soutenir Ethan ? Lui aussi a perdu un proche ! Lui aussi a perdu sa meilleure amie ! Et elle sait de source sûre que sa petite amie s’est pris une balle en plein cœur le même jour… Est-ce que ça ne mérite pas qu’une épaule se dévoue pour lui permettre de s’épancher ?
La réflexion sur son père, en revanche, la refroidi un peu et fait affluer son sang à ses joues pâles. Le sujet la met un peu mal à l’aise, pour être tout à fait honnête… Elle sait à quel point ce sujet touche Ethan et ne l’aborde, en conséquence jamais. A tort sans doute.
Le rire qu’il laisse échapper termine de la mettre mal à l’aise et Saoirse détourne un instant le regard, pendant que son petit ami laisse échapper un rire chargé de sarcasme, froid. Elle le déteste immédiatement. Elle lui redonne son attention, observant les lèvres d’Ethan qu’elle aime tant embrasser et qui ont laissé échapper ce son tellement peu familier, tellement peu…lui. L’interne décide à cet instant qu’elle n’aime pas (qu’elle déteste) le Ethan éméché.

Avant qu’elle ait pu chercher à répondre quelque chose, il enchaine pour lui expliquer enfin pourquoi il ne l’a pas contactée ce soir. Et ça tient la route… Ca la frustre malgré tout mais elle comprend.
Quand elle devine qu’il a terminé, la jeune femme s’autorise un soupir. Elle étend ensuite sa main pour attraper celle d’Ethan et la maintenir fermement pendant qu’elle attrape son menton de l’autre et le contraint à se tourner vers elle.
« Regarde-moi bien Ethan. Je ne vais nul part » articule la petite blonde. « Je suis là et j’ai la très ferme intention d’y rester, tu peux me croire ! Si tu m’avais appelé, je n’aurai pas pris la fuite en te voyant t’enfiler deux ou trois bières. J’ai vécu en Irlande et tous les clichés sur les irlandais son vrais, tu peux me croire ! J’en ai vu d’autres. J’ai tenu les cheveux de mes potes quand ils vomissaient leur pizza sur mes godasses, je les ai aidés à marcher et border une fois chez eux. Je les ai entendu pleurer sur leurs copines parties ou sur la perte d’un match quelconque. C’est du sérieux chez moi ces choses là, tu peux me croire ! » tente-t-elle de le dérider, relâchant son menton pour venir caresser son avant bras pendant qu’elle tient toujours sa main dans la sienne. « Je suis moins impressionnables que tu as l’air de le croire. Plus fortes que tu ne m’en donnes le crédit. Ceci étant dit… Si tu as un problème Ethan, je préfère que tu viennes me voir plutôt que d’aller dans le bar le plus proche pour essayer de le noyer. T’es le mieux placé pour savoir que ça ne marche pas… Si t’avais besoin de le tester, tu l’as fais et ça te servira de leçon » ajoute Saoirse sur le ton de la réprimande. « On est ensemble toi et moi… Enfin j’espère… Moi je pars du principe qu’on est ensemble maintenant et ça sous-entends un tas de trucs mon vieux ! Comme le fait que tes problèmes deviennent les miens et vice versa. Alors je t’écoute Ethan : quel est le problème ? Et ne me parle pas de ceux de tes amis, je les connais et ce n’est pas ce qui m’intéresse, là, tout de suite. Je veux qu’on parle de toi. »



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MessageSujet: Re: Everybody leaves one day Mer 7 Fév - 20:04

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Tous ses mots pénètrent trop violemment ma matière grise. Sa douceur m'apparaît comme brutale. Son soutien comme sournois. Son regard concerné et l'assurance de ses propos aussi. Parce qu'ils sont éphémères. Je le sais. Là, au fond de moi. Je le sais. Je connais ça. Ce schéma tant de fois répété, cette confiance aveugle éclatée en un millier de morceaux. Un jour, elle partira, comme les autres. C'est une putain de certitude. Du moins la partie alcoolisée de mon cerveau en est convaincue. Celle qui transmet mes plus viles pensées et met également à jour mes peurs les plus anciennes, les plus enfouies. Celle du gamin que j'ai été et l'adulte qui s'est construit comme il a pu dans un environnement chaotique. Et je ne peux pas supporter cette main dans la mienne pas plus que celle qui me force à soutenir ces deux prunelles claires braquées sur moi. J'ai conscience de ne pas être dans mon état normal mais je ne peux empêcher cette colère sourde trop longtemps retenue de remonter à la surface. J'essaie, tente de me focaliser sur tout ce qu'il y a de positif dans le discours de Saoirse. Sur ce qui concerne notre relation. Et ça devrait me rassurer, moi qui marche sur des œufs depuis que je l'ai rencontrée. Mais mon avis est altéré. J'essaie vraiment de renvoyer la colère là d'où elle vient mais je n'y parviens pas. Et je n'ai pas envie de parler de moi, même si elle le demande, si elle attend de connaître la vraie raison qui m'a poussé à me mettre minable à ce point. Je n'ai pas envie de mettre des mots sur ce que je ressens. Je veux pouvoir prétendre pendant encore quelques temps que rien n'est arrivé. Me bercer de cette douce illusion. Mais c'est trop tard, l'alcool ne fait déjà plus son œuvre. Alors doucement je repousse sa main et détourne le regard. « Tout ça c'est des conneries » Le ton est neutre et je me lève, cherchant quelques secondes mon équilibre avant de m'éloigner du canapé, commençant à faire les cent pas.

Les mains sur le visage, j'essaie de me calmer, de remettre de l'ordre dans mes idées mais rien n'y fais. Toujours cette colère et juste en dessous, un vide abyssal. La tristesse. « Tu ne comprends pas. Ça a toujours été comme ça. À chaque fois ! Pour chaque personne que j'ai aimé. » Je continue de faire les cent pas, me laissant emporter par ce flot que je ne maîtrise plus. « Ma mère ? Partie, envolée, sans se retourner. Est-ce qu'elle s'est encombrée de son fils ? Est-ce qu'elle s'est demandée ce que ça me ferait de rester avec lui ? Mon père ? J'aurais préféré qu'il se tire au lieu de m'infliger sa... présence fantomatique. Jamais un regard, jamais une parole, comme si j'étais un putain d'homme invisible ! Ils étaient censés être mes parents merde, les deux personnes supposés m'aimer inconditionnellement malgré toutes mes conneries. Et ils se sont soit tirés, soit n'ont jamais existé. » Le sang afflue dans mes veines, me monte à la tête et j'ai la sensation que mon cœur va exploser dans ma poitrine mais je m'en moque. « J'ai failli perdre toutes les personnes auxquelles je me suis attaché ces dernières années. Toutes ! » Et c'est vrai. Un putain de carnage. Un cercle de malchance dans lequel quasiment chacun de mes amis a vu la mort de près. Parfois trop. Sidney....

Je me stoppe au milieu du salon, tente de retenir les larmes qui remontent dangereusement et menacent de perler. Je ne veux pas penser à elle. Je ne veux pas penser à ce que j'ai perdu. Ai failli perdre ce jour là. Mais un regard sur Saoirse, sur l'endroit où la balle a traversé son corps, son cœur, et la réalité me frappe à nouveau de plein fouet, trop brutalement. « Elle était pas censée partir Saoirse. Elle avait encore plein de choses à vivre. ON avait encore plein de choses à vivre tous les deux. Et il a fallu une seconde » Je claque des doigts pour la symboliser. « Une balle en pleine tête et c'était fini. Et tu sais quoi ? Je lui en ai voulu. Tu te rends compte à quel point je suis horrible ? Je lui en ai voulu pour m'avoir laissé ici, dans cette vie, dans tout ce chaos ! Comme si c'était sa faute et... » Un silence et j'efface une larme d'un geste rageur. Je ne pleure jamais. Strictement jamais. « Elle est morte putain...Sidney est morte....et toi.... » Je plante enfin mon regard dans le sien. « Je voulais pas m'attacher à quelqu'un. Je voulais ressentir ça pour personne. Et tu es revenue. Et je me suis attaché à toi. Bien plus que je veux l'admettre. J'ai craqué pour toi et quand j'ai commencé à envisager un 'nous' tu as pris une balle ! Et j'ai failli te perdre toi aussi. » Et je ne veux pas que ça arrive. Pas alors que je suis en train de tomber pour elle. Pas alors que je prends conscience que je l'aime bien plus que je veux l'admettre à voix haute. « Je voulais juste oublier Saoirse. Oublier que j'avais perdu ma meilleure amie et oublier que j'ai failli perdre la fille que j'aime. » Oublier cette peur persistante qu'un jour, elle aussi partira, et que je me retrouverai tout seul. « J'suis désolé. » Et je ne me suis jamais senti aussi minable de toute ma vie.


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MessageSujet: Re: Everybody leaves one day Jeu 8 Fév - 13:24


Il repousse sa main et Saoirse n’a même pas besoin d’entendre sa réplique pour deviner qu’il ne croit pas un traitre mot de ce qu’elle vient de lui débiter, pourtant en toute sincérité. En même temps, à quoi est-ce qu’elle s’attendait ? Elle fait face à un homme éméché, déprimé et, de fait, bien plus buté que d’ordinaire. Ethan va certainement lui donner du fil à retordre, s’obstiner dans ses pensées vraisemblablement sombres ce soir.
Le tout est de savoir si elle aura la patience de le supporter ou pas. Elle espère que ce sera le cas et va tenter de prendre sur elle, mais il n’y a aucune garantie qu’elle ne finisse pas par simplement l’envoyé au lit en lui disant qu’ils en reparleront de tout ça quand il sera apte à le faire. Mais une petite voix lui souffle que si elle fait ça, Ethan en profitera pour la pointer du doigt et lui siffler perfidement qu’elle illustre ses propos et se débine ! Agaçant...
L’interne le regarde se lever –maladroitement – pour poursuivre sur sa lancée et lui faire savoir que tout le monde l’abandonne, à chaque fois. Et l’irlandaise est forcée de reconnaître qu’il ne dit pas ça en l’air et a de l’argument. Inutile de se voiler la face : elle ne pourra jamais rien contrer concernant la manière dont ses parents se sont comportés avec lui. Le fait d’avoir été délaissé par sa mère a provoqué des dommages irréparables, profondément ancrés en lui. Ila  dû se construire seul, sans l’amour d’une mère qui l’a lamentablement rejeté pour des raisons qui lui échappent. Quant à son père, comme il le dit lui-même il aurait sans doute mieux valut qu’il soit véritablement absent…  
Saoirse ne peut pas lutter contre tout ça.  Elle ne peut pas lui rendre son enfance et changer quoi que ce soit. Le mal est bel et bien fait. Ce qu’elle peut essayer de faire à présent, c’est lui prouver que tout le monde n’est pas comme eux.
Mais le peut-elle réellement ? Non. Bien sûr que non. Et ça la contrarie beaucoup. Ca l’agace de ne pas pouvoir lui prouver par A+B qu’elle a raison et qu’il a tort sur ce point. Parce qu’elle ne peut pas deviner de quoi l’avenir sera fait… La fusillade du mois dernier le lui a cruellement rappelé.

Ethan fait d’ailleurs référence à cet épisode sombre de leur existence respective. Elle a failli perdre la vie, a perdu des collègues, une amie et lui a perdu sa meilleure amie…
Des images remontent et lui glacent le sang. Sidney étendue sur le sol, ses yeux ouverts, son regard voilé, ses traits figés… Elle revoit le sang commencer à coaguler sous son crâne morcelé… Sa chevelure rousse s’imbiber de son propre sang, mêlé à la matière grise et aux éclats d’os…
everybody leaves
Ethan - Saoirse

Saoirse revoit le regard froid, mort lui aussi, de la veuve Leroy lui faisant face. Elle entend la tonalité glaciale de sa voix, voit l’arme se lever vers elle, le canon comme une bouche souhaitant l’engloutir.
Elle entend la détonation…
L’irlandaise sursaute presque alors qu’Ethan continue d’évacuer sa frustration, des larmes commençant à brouiller sa vue. Elle le voit les effacer avant qu’elle n’ait le temps de sillonner ses joues.
La jeune femme sent ses yeux la picoter à son tour alors que l’émotion la saisit. Elle comprend ce qu’il peut éprouver. En partie seulement. Sidney était une amie, mais pas sa meilleure amie. Non, sa meilleure amie est encore en vie…grâce à l’intervention miraculeuse d’un bon samaritain qui l’a empêchée de mettre fin à ses jours. Le résultat reste le même : elle a perdu Taylor. Alors elle peut comprendre Ethan, sa frustration, sa colère, son incompréhension.

Et puis il enchaine pour parler de son cas à elle… Là encore, l’irlandaise se sent démunie. Parce que cette balle, elle l’a bien prise. Elle est passée à quelques millimètres de la mort, littéralement. La balle s’est logée "au bon endroit" et lui a évité d’y rester. La présence d’Andrew et d’une équipe de médecins aussi, sans quoi l’histoire se serait terminée bien différemment...  
« Je voulais juste oublier Saoirse. Oublier que j'avais perdu ma meilleure amie et oublier que j'ai failli perdre la fille que j'aime. »
Ses sourcils se froncent, ses lèvres se pincent alors qu’elle arbore une expression désolée, contrariée. Pourtant c’est lui qui s’excuse. Elle soupire et se lève à son tour pour le rejoindre maintenant qu’il a terminé de dire ce qu’il avait à dire.
« Tu n’as pas à t’excuser Ethan. N’importe quoi à ta place craquerait et voudrait oublier… C’est déjà un miracle que tu ais tenu si longtemps… Et je sais que tu l’as fait pour moi, pour me permettre de me remettre, alors je t’en remercie » lui glisse-t-elle en se plantant devant lui, n’osant pas encore entrer en contact, par peur d’être repoussée. « Mais je vais mieux maintenant, alors tu as le droit de te laisser aller et de t’appuyer sur moi… Je te l’ai dis, je ne vais nul part » lui répète Saoirse, son regard plongé dans le sien. Elle le voit ouvrir la bouche et s’empresse de lui couper l’herbe sous le pied, avant qu’il recommence à protester. « Je ne peux pas contrôler tous les dingues de cette fichue planète Ethan. Peut-être que demain, je traverserai la rue et me prendrai une lunette de chiotte venue de l’espace sur le coin de la tronche ! Peut-être que c’est toi qui me sera arraché demain en allant bosser ! On en sait rien, c’est comme ça. Ca craint, je suis la première à le reconnaître, mais c’est comme ça. Et puis peut-être que tu vas rencontrer une autre belle blonde plantureuse et que tu décideras de partir avec elle, peut-être que nous deux, ça ne fonctionnera pas ! Mais alors quoi ? On ne doit pas essayer ? On doit s’arrêter de vivre ? J’suis pas d’accord avec cette idée. J’ai survécu à un crash d’avion, survécu à ça » ajoute-t-elle en désignant la cicatrice sur sa poitrine « et je survivrai à un tas d’autres choses. Tout ce que je peux te garantir pour le moment, c’est que je serai à tes côtés pour affronter ce qu’il y aura à affronter. »
Cette fois, elle s’autorise à attraper ses deux mains dans les siennes, ne le lâchant pas du regard.
« Je suis désolée pour Sidney. Si j’avais pu… Ce qui lui est arrivé est innommable, c’est affreux… Et je comprends que tu lui en ait voulu. Je lui en ait voulu aussi tu sais… De ne pas avoir compris, de ne pas avoir réagit à temps, tenté quelque chose pour sauver sa peau… J’en veux encore à Taylor pour ce qu’elle a fait. Tout le monde me prend pour un monstre sans cœur, mais je m’en fiche. Je ressens ce que je ressens et c’est tout. C’est humain. Autorise-toi à faire de même. Ce que je veux te dire…c’est que tu n’es pas tout seul. Je suis là Ethan. »
Là-dessus, elle essaie de l’étreindre, en espérant ne pas être repoussée une seconde fois.    




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MessageSujet: Re: Everybody leaves one day Lun 12 Fév - 19:54

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« Et je sais que tu l’as fait pour moi »

Vraiment ? Est-ce que c'est réellement pour elle que je l'ai fait ou le déni dans lequel je me suis plongé durant tout ce temps n'était-il destiné qu'à me préserver ? Certes j'ai mis de côté mes problèmes pour lui permettre de se remettre de sa blessure. Caché ma tristesse pour ne pas lui rappeler ce traumatisme dès qu'elle posait les yeux sur moi. Souris devant ses parents et sa sœur alors que je n'avais qu'une envie, hurler. Oui, tout ça, quelque part, je l'ai fait pour elle. Mais ce serait hypocrite de nier que j'ai trouvé mon compte dans ces mensonges de façade et d'apparence. Parce que j'étais bien dans ce déni. Dans cette non réalité des choses. Continuer à avancer en faisant comme si rien n'était arrivé. Prétendre que cette journée n'avait pas eu lieu, que cette folle n'avait pas pénétré dans l'enceinte de l'hôpital dans la ferme intention de se venger du Docteur Fuller. Que dans ce périple macabre de vengeance maritale, elle n'avait pas explosé froidement la cervelle de ma meilleure amie. Oui, c'était facile de continuer à vivre en omettant volontairement tout ça. En baissant le volume, le plaçant en sourdine pour se concentrer sur autre chose. Jusqu'à ce soir. Jusqu'à cette minuscule goutte faisant déborder la coupe déjà pleine. Et avec elle la culpabilité d'avoir voulu effacer ce souvenir pour que ce soit plus facile. D'avoir voulu effacer Sidney parce que c'était plus facile pour moi de continuer sans son image persistante dans mon esprit. Ou, au contraire, de me dire que je la verrai prochainement, qu'elle viendrait sonner à ma porte les mains remplies de plats du traiteur du coin, cheveux flamboyants passant le pas de ma porte.
Mais je ne verrai plus jamais ses cheveux couleur de feu. Plus jamais l'un de ses sourires ne me sera adressé. Je n'entendrai plus le son de sa voix, son rire ou ses reproches. Elle ne m'épaulera plus, ne me complétera plus. Ne resteront que les souvenirs qui, comme le reste, s'étioleront avec les années. Et je me sens aussi coupable pour ça. Pathétique !

« Mais je vais mieux maintenant, alors tu as le droit de te laisser aller et de t’appuyer sur moi » Je redresse mes yeux sur elle, juste quelques secondes avant de me dérober à nouveau, passant une main dans mes cheveux et sur mon visage. Et comment je fais ça ? Tout ça, Saoirse, nous, c'est tellement nouveau pour moi. Je me suis toujours débrouillé seul d'aussi loin que je m'en souvienne. Combien de gamins savent se préparer à manger à seulement huit ans ? Combien font leur propre machine en mettant trop de lessive à s'en irriter la peau ? Combien aspirent et nettoient les sols pour ne pas vivre dans une porcherie ? Combien bordent leur père ivre et vident sa consommation journalière dans la poubelle ? J'ai toujours été seul et même si Jo a comblé un manque affectif énorme il n'était pas là dans le quotidien, avec lui, à le regarder se détruire peu à peu. Et les filles....je les ai connues trop jeunes. Je les ai connues un peu trop...mais jamais aucune n'est restée bien longtemps. J'ai essayé. Pas beaucoup mais quelques fois. Avec certaines qui en valaient la peine. De cuisants échecs. Parfois un peu douloureux. Pour elles surtout. Compter sur quelqu'un, je ne sais pas faire, pas dans l'intimité en tout cas. Rien que l'idée d'être en couple me semble encore incongrue.
Pourtant ce n'est pas faute de vouloir essayer, je le sais à chaque fois que mon regard se pose sur ce petit bout de femme qui me fait face. Elle est différente des autres. L'a toujours été, et ce depuis notre première rencontre. Et j'entends tout ce qu'elle me dit présentement. Sur les risques. Sur la fatalité. Sur cet avenir incertain. Sur pourquoi ne pas essayer malgré tout ça. J'entends tout et imprime, incapable de débattre avec tous les arguments mis en avant. Je suis trop las pour ça, vidé maintenant que j'ai extériorisé une partie de ma colère, de mes démons.

Alors quand Saoirse prend mes mains dans les siennes je ne lutte pas, me confrontant à son regard clair alors qu'elle évoque Sidney. Mon cœur se serre à la simple évocation de son nom mais j'acquiesce à ses propos. J'en ai presque oublié qu'au-delà de sa blessure elle aussi avait perdu quelqu'un. La rouquine n'était pas aussi importante à ses yeux qu'aux miens mais ça reste une perte. Et la tentative de suicide....je comprends sa colère. Sans la connaître je la méprise. C'est cruel, gratuit, mais c'est un fait. J'ai perdu un être cher dans cette vendetta. Et cette fille s'en est sortie pour mieux tenter de se tuer après. Alors oui, je la méprise. Et comme le dis ma petite amie, je ressens ce que je ressens. C'est humain.
Je la laisse se frayer un chemin dans mes bras que je referme doucement sur elle, posant mon visage sur le sommet de son crâne. Je ferme les yeux et reste ainsi de longues minutes, dans le silence de son appartement, m'apaisant contre elle. « Merci.... » Un simple mot qui résonne. « Pour tout. » Je me détache seulement pour lui faire face, la gardant dans mes bras. « Je n'ai pas envie de te perdre. Je sais que c'est en partie l'alcool qui parle ou peut-être qu'il me donne juste le courage de dire tout haut ce que je garde d'habitude tout bas je sais pas mais... » Je marque une pause, cherchant mes mots dans le brouillard épais qui continue d'alourdir mon cerveau et son fil de pensées. « Je ne sais pas ce que ça donnera nous deux. Et comme tu l'as dit je sais pas si ça fonctionnera. Peut-être qu'on finira par se détester et qu'on aura envie de s'entre tuer mais....ça vaut la peine d'essayer. TU vaux la peine qu'on prenne des risques. J'ai besoin de toi. Pas seulement comme la fille que je vois de temps en temps pour passer du bon temps. » Je repense à ce qu'elle a dit plus tôt, sur le fait qu'elle considérait qu'on soit ensemble de son côté. Je crois que ce sont les mots qu'elle a employés. « Je considère aussi qu'on est ensemble. Et cette idée me plaît. » Je l'étreins à nouveau, embrassant ses cheveux à défaut d'autre chose pour des raisons évidentes d'alcool. « Et l'idée d'une douche ou d'un bain me plaît tout autant » Pour effacer les effets de cette journée, pour évacuer un peu les tensions, pour tenter d'alléger un esprit encore embrumé, et surtout pour effacer l'odeur persistante du whisky.

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MessageSujet: Re: Everybody leaves one day Mar 13 Fév - 11:12


Elle espère que ce qu’elle lui dit trouvera un écho en lui, malgré l’alcool, malgré les sentiments qui l’assaillent et qu’Ethan semble peiner à gérer. Saoirse trouvait étrange qu’il se montre si calme après ce qu’il venait de vivre… Elle s’était figuré qu’une fois chez lui, il craquait de manière tout à fait saine. Parce qu’Ethan est un garçon bien sous tout rapport, le gendre idéal, l’ami sur qui on peut toujours compter, le petit ami prévenant et présent en toutes circonstances… Elle espérait qu’en dehors du temps qu’ils passaient ensemble, il voyait ses amis et parlait avec eux de ce qui lui pesait, sans jamais avoir osé le questionner à ce propos.
Visiblement, elle s’est trompée. Elle a joué les autruches à la perfection et Ethan le paie aujourd’hui.  L’irlandaise n’a pas été assez attentive et s’en veut un peu. En même temps, comme souvent, elle se trouve immédiatement des excuses assez rapidement, se souvient qu’elle avait un tas de choses à gérer de son côté, comme se remettre d’avoir pris une balle en pleine poitrine. Mais la vérité, c’est qu’elle n’avait sûrement pas envie de s’embarrasser avec la peine de l’agent de police… Parce que ça aurait été trop difficile ? Parce qu’elle se serait sentie impuissante et aurait détesté ça ?
Et partant de ce principe : qu’en était-il du cas de Taylor ?  
 
Elle chasse ces pensées aussi rapidement qu’elles lui sont venues. Saoirse ne veut pas penser à ça maintenant. Pas ce soir. Parce que ce soir Ethan a besoin d’elle et elle veut être présente à 100%, physiquement et émotionnellement. Il en a besoin, plus encore qu’elle ne se le figurait…
Le jeune homme accepte son rapprochement et Saoirse l’étreint délicatement, se lovant contre lui, humant son parfum, différent de d’habitude. Il sent l’alcool. Ce n’est pas une odeur qui lui plait. Elle ne peut pas l’associer à son petit ami et ça la dérange. Elle ne l’enserre pas avec moins de force pour autant, désireuse de mettre en pratique els promesses qu’elle vient de lui faire, celle d’être là pour lui notamment.
Les secondes s’égrainent, se transforment en minutes qu’ils passent, entrelacés, dans un silence quasi-religieux. C’est Ethan qui finit par le rompre pour la remercier. Elle ne voit pas vraiment pour quoi au juste, parce qu’on ne peut pas dire qu’elle est vraiment assuré ces derniers temps… Si elle l’avait fait : ils ne seraient pas dans cette posture ce soir ; Ethan ne serait pas dans cet état.
everybody leaves
Ethan - Saoirse

L’irlandaise ne fait pourtant pas de commentaire et le laisse vider son sac. Et ce qu’elle entend lui fait un bien fou, réveille les petits papillons qui, souvent, s’agitent au creux de son ventre quand ils sont ensemble ou quand elle pense à lui…
Saoirse lui sourit, satisfaite, un peu émue aussi. Ethan n’a pas vraiment pour habitude de se livrer, surtout pas sur ce sujet et elle est contente qu’il le fasse. Soulagée d’entendre qu’elle ne s’est pas montée la tête et que, même si elle n’est pas la petite amie idéale ou de l’année, il tient tout de même à elle. Quand il aborde le sujet d’une douche ou d’un bain, elle éclate carrément de rire.
« Tu ne perds pas le nord hein » lui lance-t-elle en le bousculant gentiment, pour mieux le ramener à elle et déposer un baiser sur ses lèvres. Elle se recule ensuite, une moue contrite affichée. « Mais avant toutes ces choses, tu vas commencer par te rincer la bouche, OK ? J’ai l’impression d’embrasser un bar… Je sais de quoi je parle, je l’ai déjà fait. Pas mon heure la plus glorieuse mais j’assume ! »

Là-dessus, elle entraine son petit ami au travers son loft pour le guider vers sa salle de bain et commence à faire couler l’eau dans la baignoire spacieuse. C’était une des conditions laissées à l’agence immobilière. Saoirse et les bains : une grande histoire d’amour…
Elle fouine ensuite dans son armoire à pharmacie et en sort la brosse à dent du jeune homme, déjà utilisée une fois ou deux lorsqu’il est venu chez elle.
« Oui, j’étais sérieuse » lui lance-t-elle en le laissant faire pendant qu’elle retourne s’occuper du bain. Elle y verse de quoi le faire mousser, le parfumer et allume quelques bougies pour créer une certaine ambiance et pouvoir éteindre l’éclairage artificiel et trop lumineux de la pièce.
Le temps qu’elle ait terminé, Ethan aussi a terminé. La jeune femme passe dans son dos et l’enlace par derrière, observant leur reflet dans le miroir quelques instants. Et puis elle l’incite à se retourner et l’aide à se débarrasser de ses vêtements pendant que, seul le bruit de l’eau vient rompre le silence appréciable qui règne. Elle le gratifie de quelques baisers tendres pendant qu’elle le met à nu, littéralement.
Mais quand il commence à vouloir l’imiter, elle se raidit et il le remarque.
« Ma…ma cicatrice » souffle-t-elle, soudain mal à l’aise, sentant malgré elle les larmes lui monter aux yeux. Elle essaie de ne pas y penser, de la voir comme la preuve d’un miracle, le gage de sa lutte acharnée pour rester en vie… Mais la plupart du temps, elle la voit surtout comme un amas de chair boursoufflée et laid qui traverse sa poitrine et la défigure.
« Je suis désolée, c’est stupide » bredouille-t-elle en essuyant les quelques larmes qui tentent de s’échapper, avant de croiser nerveusement ses bras sur sa poitrine.  


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MessageSujet: Re: Everybody leaves one day Lun 19 Fév - 19:34

Everybody leaves one day
Saoirse & Ethan
In the end we're left infinitely and utterly alone
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« T'as déjà embrassé un bar ? » Une question qui ne trouve pas de réponse alors que je me laisse entraîner en direction de la salle de bains. Le cerveau en pilotage automatique mes jambes s'actionnent sans que je ne les contrôle vraiment et je la suis jusqu'à bon port, me retrouvant avec une brosse à dents dans les mains. Nullement vexé, je me contente de hausser les épaules et me tourne en direction du lavabo pour attraper le tube de dentifrice et remplir généreusement la brosse avant de la mouiller et de me la coller dans la bouche. Relevant le regard sur le miroir qui me fait face, je bloque de longues secondes sur le reflet qu'il me renvoie. Un étranger. Le regard vide et rougi alourdi par des cernes violacées, le teint pâle et des joues creusées par les kilos perdus récemment dissimulées sous une fine barbe de quelques jours. Mais ce n'est pas ça qui me fait le plus mal. Ce face à face briseur d'ego. C'est la ressemblance frappante avec mon paternel. Je sais que je lui ressemble, physiquement au moins. La seule photo de nous trois encore existante trône toujours sur le meuble du salon. La seule photo où il a l'air un tant soit peu heureux. Elle aussi d'ailleurs. Et je sais à quel point nous sommes similaires. Mais cette ressemblance me frappe d'autant plus que je me suis laissé aller ces dernières semaines.
Je baisse les yeux, honteux de m'être rabaissé à son niveau juste pour goûter au fruit que je m'interdisais depuis toujours. Simplement pour tenter de comprendre ce que tout le monde trouvait de si extraordinaire à l'enivrement. Simplement pour oublier. Oui j'oublie. Sam. Il n'a rien à faire ici. Je finis donc par sortir de ma torpeur, m'activant avec la brosse à dents en prenant soin d'éviter de croiser à nouveau mon reflet. Ce n'est que plusieurs minutes plus tard que je termine, en profitant pour me passer de l'eau fraîche sur le visage avant de m'essuyer.

Quand je me redresse deux bras fins me ceinturent et c'est sur le reflet de Saoirse que mes yeux se posent, puis sur nous. Une vision qui me plaît davantage que la précédente et je nous adresse un léger sourire alors qu'elle m'incite à lui faire face, retirant les vêtements que je porte un à un. Ça n'a rien de sexuel. C'est intime mais pas dans le sens où nous sommes habitués à l'être. C'est tendre. Différent. Quelque chose à laquelle je pourrais aisément m'habituer. Sa présence. Plus souvent. Je réponds à ses baisers, m'enivrant cette fois-ci d'elle et du réconfort que je trouve dans ces gestes simples. Je me suis mis à nu émotionnellement plus tôt dans la soirée, me voilà nu dans un sens moins métaphorique. Mais quand je désire faire de même avec Saoirse elle m'en empêche. « Ma…ma cicatrice » Mes yeux se posent instinctivement là où elle doit se situer, encore couverte par les vêtements de la jeune femme. Je ne l'ai pas encore vu. Nous n'avons pas eu vraiment l'occasion de partager un moment charnel elle et moi depuis la balle qu'elle a reçue. Comme un rappel vicieux de ce qui s'est passé ce jour là. Un rappel également que j'ai j'ai failli la perdre. « Je suis désolée, c’est stupide » « Shhht... » Je pose mes lèvres sur son front, mes mains de chaque côté de son visage, la forçant à me regarder alors qu'elle croise les bras sur sa poitrine. « Je m'en fiche d'accord ? Pas de ce qu'elle représente évidemment. Et je suis désolé que tu ais cette marque pour te rappeler ce jour. Mais elle fait partie de toi et elle ne me gène pas. » Je décroise doucement ses bras. « Je t'assure. » Patient, dans des gestes lents, je m'assure de ne pas outrepasser les limites qu'elle pourrait fixer. Je retire doucement le vêtement qu'elle porte et quand elle tente de se cacher à nouveau je l'en empêche doucement. « Je me suis brossé les dents pour toi... » Une tentative de détendre l'ambiance alors que mes yeux se posent sur la fameuse cicatrice. Je déglutis, non pas pour la marque en elle-même mais parce que je prends encore davantage conscience de sa proximité avec son cœur. L'une de mes mains vient se poser sur celle-ci, l'autre venant sous le menton de ma petite amie. « Tu es magnifique. » Et ce n'est pas seulement pour la rassurer. Elle l'est. Vraiment. « Magnifique » Un souffle et je capture ses lèvres, la serrant dans mes bras avant de continuer à lentement la déshabiller pour nous mettre sur un pied d'égalité. Quand elle est aussi nue, je prends sa main pour la conduire jusqu'à la baignoire, me stoppant face à celle-ci. « Waow, tu fais pas semblant quand tu prépares un bain toi... » Ce n'était pas l'idée de départ quand je disais vouloir une douche ou un bain mais c'est sans conteste dix fois mieux. Remarquant seulement les bougies je vais éteindre la lumière et reviens vers elle, l'incitant à monter à l'intérieur. Coupant l'eau, je la rejoins, me plaçant derrière elle avant de l'étreindre pour la ramener contre moi, déposant un baiser sur son épaule humide. « C'est parfait. Merci. »




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MessageSujet: Re: Everybody leaves one day Mer 21 Fév - 18:29


Saoirse aimerait être forte pour lui, au moins ce soir. Elle a essayé de l’être depuis la fusillade, pour ne pas accabler ses proches, rassurer les siens. Mais il y a des moments comme celui-ci où la jeune femme ne contrôle plus rien du tout. Elle devient incapable de se raisonner et de calmer le flot d’émotion qui l’assaille. Son corps est marqué à jamais. L’irlandaise estime avoir toujours eu un regard objectif sur son corps. Quand elle se laisse trop aller, ne surveille plus son alimentation parce qu’elle se laisse dépasser avec ses shifts à l’hôpital, elle a tendance à forcir comme toutes les femmes au niveau des hanches, des cuisses, mais le plus souvent elle est assez fière de ce que son miroir lui renvoie. Elle a toujours aimé sa poitrine, ni trop imposante, ni trop petite et s’est toujours entendu dire qu’elle avait un "beau petit cul"… Si sa chevelure argentée ne laisse pas indifférent et attire l’œil, elle voit bien que celui de ces messieurs s’attarde un peu sur ses formes et ne s’ne est jamais offusqué.
Mais maintenant, son corps a changé. Après son agression, l’an passé, elle a eu du mal à se refamiliariser avec son corps, touché par un inconnu. Mais c’était encore différent. Le braqueur a laissé une trace invisible mais Mme Leroy, elle, lui a laissé une cicatrice parfaitement visible, qui selon Saoirse, la défigure.  
S’en plaindre auprès d’Ethan qui a perdu sa meilleure amie est presque insultant et elle s’en veut terriblement de lui faire ça. Mais loin de s’énerver, de lui faire remarquer qu’elle a un culot monstrueux d’oser se plaindre de quelque chose d’aussi futile, superficiel, il cherche à la rassurer. Et ça lui fait un bien fou.
Parce que depuis que c’est arrivé, que son regard s’est posé sur la cicatrice de son opération à cœur ouvert : la petite blonde décolorée n’a pas cessé de penser à la réaction qu’il pourrait avoir. Une réaction de dégoût s’est)elle immédiatement imaginé, semblable à celle qu’elle ressent elle-même pour le moment vis-à-vis de sa cicatrice.
Ce rappel constant, laid et indélébile de cette terrible journée et de ses conséquences…

Le corps de la jeune femme se raidit un peu à mesure que son petit ami tente de la déshabiller. Il a beau dire que ça ne le dérange pas, la vérité c’est qu’il ne peut pas le savoir, parce qu’il ne l’a pas vue. Pas vraiment… Il l’a peut-être aperçue depuis qu’elle a retiré son pansement, à cause de certains tee-shirts qu’elle a pu porter, mais c’est tout. Il ne l’a jamais contemplée dans son intégralité. Il n’a jamais vu l’étendue des dégâts.    
« Ethan, je… »
« Je me suis brossé les dents pour toi... »
Saoirse rit à travers ses larmes. Elle prend une longue inspiration et ose enfin lever les yeux vers l’agent de police pour observer l’éclat de son regard. Elle s’attend encore à lire de l’écoeurement dans ses yeux. Elle se dit qu’il va continuer de sourire pour ne pas la vexer mais en regardant ses pupilles : elle saura. Elle saura qu’elle le dégoute, qu’il n’est plus intéressé et il disparaitra petit à petit de son existence.
everybody leaves
Ethan - Saoirse

Mais il ne flanche pas, ne laisse rien paraître sur ses traits. En tout cas pas ce qu’elle s’attendait à voir, ce qu’une part d’elle espérait presque voir apparaître… Elle voit sa main approcher et retient son souffle. Elle voudrait le repousser, lui interdire cette zone d’accès, mais Saoirse le laisse faire, continuant de l’observer à travers le voile brumeux de ses larmes.
« Tu es magnifique. Magnifique » souffle-t-il avant de l’embrasser.
Et Saoirse s’abandonne à cette étreinte. Elle veut y croire. Elle s’imaginait déjà finir vieille fille à cause de cette fichue marque sur son torse. Elle était certaine qu’Ethan allait l’abandonner et s’était déjà joué le film de sa vie. Un film déprimant, la transformant en une chirurgienne aigrie, détestée de tous…
Elle est tellement émue, qu’elle est sur le point d’ouvrir la bouche pour prononcer les fameux mots. L’irlandaise doit se mordre l’intérieur de la bouche alors que leur baiser prend fin pour ne pas les prononcer. Parce qu’il est ivre, parce que ça pourrait le faire fuir, parce que…ça pourrait la faire fuir elle-même. Ca lui fait drôle d’y avoir pensé, d’avoir eu envie de les prononcer ces trois petits mots. Ca lui fait drôle d’éprouver tout ça, d’être sûre d’elle de cette manière. Ca n’est pas dans ses habitudes, loin de là.
Bien sûr, elle a déjà été amoureuse une fois ou deux dans sa vie, mais il s’agissait d’amourettes plus qu’autre chose… De petites passions adolescentes vite étouffées. Là, elle sent quelque chose de plus solide, de plus stable, de plus assuré et rassurant.
Saoirse se laisse déshabiller par son partenaire, le souffle un peu court, bouleversée, son cœur fraichement opérée battant un peu plus vite dans sa poitrine balafrée.

L’interne se laisse guider par le grand brun jusqu’à sa propre baignoire et lui sourit lorsqu’il lui fait remarquer qu’elle n’a pas fait semblant en préparant leur bain.
« Je ne mets les petits plats dans les grands seulement en cuisine, Monsieur l’Agent » minaude-t-elle alors qu’il s’éloigne pour aller éteindre l’unique ampoule de la pièce.
C’est vrai qu’elle a fait ça bien. L’endroit est romantique à souhait, la lumière tamisée y est pour beaucoup et le produit qu’elle a laissé se répandre dans l’eau parfume l’endroit.
Ethan lui fait signe d’entrer dans l’eau et Saoirse s’exécute sans se faire prier, savourant la chaleur de l’eau sur sa peau diaphane totalement nue. Elle savoure plus encore la présence de son petit ami qui vient s’installer dans son dos.
Malgré elle cependant, alors qu’elle vient se lover contre lui, elle ramène de la mousse sur sa poitrine, pour faire disparaître la cicatrice qui s’y trouve.
« C'est parfait. Merci. »  
« Merci à toi… Pour ce que tu viens de dire et…de me faire confiance. D’avoir été là quand j’en avais besoin, de l’être encore et…de ne pas avoir demandé une seule fois à mon insupportable frangine de fermer sa gueule par respect pour moi » plaisante la jeune femme en se tordant la nuque pour venir l’embrasser, avant de revenir s’appuyer contre son torse.
Elle se tait ensuite, profitant de ce plaisir simple auquel elle aurait pu ne plus jamais goûter. Saoirse ferme ses paupières et attrape les mains de son petit ami pour jouer distraitement avec ses doigts. S’oubliant dans ses bras, elle commence à fredonner l’air d’une chanson qu’elle écoute souvent en pensant à lui. Il la fréquente depuis assez longtemps pour savoir qu’elle adore chanter et le fait très souvent. Tout comme c’était le cas pour son corps, l’irlandaise a toujours été plutôt fière de son timbre de voix et n’hésite jamais à se servir de ses cordes vocales en public. Elle lui a après tout proposé une soirée karaoké pour leur vrai premier rendez-vous…
Parce qu’il est un gentil garçon, que sa voix le berce peut-être ou que l’ambiance s’y prête, il la laisse dans son délire. Et quand elle a terminé, après quelques secondes de flottement, elle reprend la parole, normalement.
« Donc…nous deux…? T’as une idée de ce qu’on est ? » lui demande-t-elle, retenant son souffle, n’osant pas vraiment le regarder. Mais seul le silence lui répond et elle en vient à se demander si sa voix ne l’a pas un peu trop bercé… Sa voix ou l’alcool combiné à l’ambiance qu’elle a créée avec ses bougies.  




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