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 alone in a room | joan

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MessageSujet: alone in a room | joan   Lun 5 Fév - 22:43



Acte I ; Scene I - Joan
EXORDIUM.


Pour cette énième virée au cœur de la cité des Vents, il s'était persuadé que les rafales pourraient tourner, peut-être se calmer. Il avait espéré un temps calme, quelque-chose de simple, de discret, quelque-chose qui pourrait l'apaiser ; métaphoriquement parlant. Ses pas les ont mené – parce qu'elle est venue avec lui, son Emy – jusqu'au centre de repos qu'il côtoie, parfois. Là où se tient depuis longtemps étendu un être cher à son sang, un être à qui il aurait tout pardonné si tant est que ça ait pu l'aider. Mais ces faits-là ne prospèrent que sous le joug d'une vanité qu'il ne pourrait défaire. Le jeune homme s'est fait à cette idée, ressassant pourtant bien des bon-temps ; ces instants où tout semblait pouvoir rentrer dans l'ordre, avant que tous ces progrès ne viennent se tordre. Comme souvent, comme toujours. Et ce n'est qu'un soupire qui termine par franchir la barrière de ses lèvres, mélancolique, un peu froid. Quelque-chose qui vient érafler sa trachée comme dans l'espoir d'y apaiser un passage bien marqué. Une douleur d'aucune nécessité au vu de celles qui ornent déjà ses pensées. Alors il secoue la tête, le roux, écrasant sa cigarette contre l'un des murs qu'il longe avant que le filtre ne rejoigne l'humidité d'un sol fatigué, chaque jour un peu plus sollicité. Davantage ce soir alors qu'ils errent, essayant de se trouver un but pour ne pas voir ses esprits à lui perdre de leur état prospère. Ronnie s'éloigne et Emy suit, ils déambulent là où ses pas les mènent, loin de là où ses seuls et quelques démons se traînent. Sur son trajet, il en oublie presque le vent glacial qui vient se perdre sous son t-shirt peut-être trop ouvert, cette maigre veste qu'il ne porte qu'à moitié puisque, derrière lui, elle continue de voler. Il n'en ressent que les quelques brides glaciales de ces filets d'air jusque contre lui abandonnés, il n'en ressent que cette désagréable sensation, loin d'être à même de se rendre compte que s'est tu brutalement son peu de raison. Et puis, finalement, il ose. Il ose jeter un coup d’œil à son téléphone, fouiller son répertoire à la recherche d'un numéro qu'il n'a guère l'habitude de contacter. Pourtant, il est là, noir sur blanc, écrit comme attendant depuis longtemps patiemment. Et il hésite, le roux, il hésite à s'en servir avant de relever l'azur presque translucide de ses prunelles sur le boulevard au cœur duquel il se tient, les rues qui s'offrent à lui, la destination qui, immédiatement, vient se proposer. Alors il s'en défait, de cette précédente idée. Il s'en défait et s'en remet à de nouveau l'éviter, convaincu que l'aide nécessaire viendra d'ailleurs. D'ailleurs qu'en ce cœur dont, en vérité, il a peur.

Les mains dans les poches, la laisse de sa Belle autour du poignet, cet air débrayé auquel beaucoup sont désormais habitués, il sait où aller. Ronnie s'offre le culot de braver le froid, les rires, les propositions douteuses de quelques hommes au manteau long. Il se donne la volonté de faire les quelques kilomètres qui le séparent de cette maison en bord de plage, de ce petit refuge dont il cru avoir entendu que la porte leur serait ouverte. Pour tout, pour le moindre souci, le moindre sourire. Pour tout ce qu'il pourrait avoir à porter sur ses larges épaules, sur ce dos déjà courbé par un passé qu'il ne peut pas forcément oublier. Pas aujourd'hui, en tout cas, pas en sachant l'endroit où sont restées momentanément toutes ses réserves de joie. Et il essaie d'en épargner ses songes, toutes ces réflexions qui dansent au milieu des couloirs de son âme qu'elles longent. Tenaces, coriaces. Il essaie de s'en défaire jusqu'à parvenir loin de ses enfers. Un peu plus loin dans la rue rattrapée, il sait que des murs sauront aisément l'apaiser autant que le regard de sa peluche sur lui. Un repère sécurisant pour l'esprit du roux qui, mine de rien essoufflé, s'épargnera le vice de devenir fou. De ceux dont fait désormais partie une mère qu'il n'a pas oublié malgré cette nouvelle vie accordée, ce nouveau départ auquel il s'est tant accroché. Ronnie a tiré un trait sur son passé à un détail près, ce détail près. Son trop grand cœur, cette volonté de toujours offrir le meilleur de lui-même à ceux qui pourraient en avoir besoin parmi ceux qui lui sont chers, ceux qui le furent un jour et qui, malgré leurs erreurs, soient toujours de cette importance pour celui qui, enfin, parvient sur le pas de la porte. Fatigué, lassé d'une douleur qu'il n'a jamais su gérer, celle qu'il s’évertue tellement à cacher, secret bien gardé ; puis physiquement parlant, azuré par le froid qui s'est installé, cette fraîcheur bravé avec des vêtements trop peu adaptés. Dawson se risque à quelques coups contre la porte, quelques coups peut-être trop léger mais les forces lui manquent et les sensations dans les mains également. Chose qu'il n'arrivera pas forcément à lui cacher, lui qui aime faire bonne impression, lui qui aime à préserver le monde plutôt que de prendre quelques instants pour que ce traitement lui soit également attribué. Un soupire, la tête qui finalement se baisse, peut-être de honte, de gêne. L'impression de déjà faire une erreur ; parce qu'il n'a pas à la déranger, parce qu'il n'a pas à venir lui imposer ses démons. Et il va pour faire demi-tour, finalement, le regard tourné vers un océan finalement trop attrayant ; trop attrayant pour celui qui, voulant partir avant que la porte ne s'ouvre, n'en a pas eut le temps.    
 

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MessageSujet: Re: alone in a room | joan   Sam 10 Fév - 16:30

Alone in a room
EXORDIUM.
Faire bonne figure devant les parents. Faire bonne figure devant les collègues. Les amis. Leur assurer que tout va bien, que le plus difficile fut les deux premières semaines mais que maintenant, les choses se tassent.
Un terriblement mensonge savamment mener par la psychiatre qui, ce soir, ressent plus que jamais le poids d’une solitude.

Un mois qu’elle avait foutue Howard dehors et elle n’arrivait toujours pas à faire avec. Les fêtes n’ont rien arrangé, elle qui était habitué à jongler entre sa famille et la belle-famille, d’avoir la présence de son fils, d’avoir au moins la prétention de baigner dans une ambiance joviale et festive. Cette année a certainement été le pire Noël qui soit. Un aller-retour chez ses parents qui n’ont cessé de lui poser une vingtaine de question sur le pourquoi du comment de cette rupture si soudaine avec « un homme bien et avec une situation stable » puis la présence éclair de Dereck avant de s’évader elle ne sait où.
Et le premier de l’an, n’en parlons même pas. Joan a préféré noyer tout ça dans le boulot, optant pour une nuit de garde à l’hôpital où au moins, elle n’a pas chômé entre les suicidaires et les psychotiques se baladant à poil dans la rue en jurant de tuer le prochain hérétique.

Mais ce soir, l’ombre de l’absence pèse un peu plus alors qu’elle rédige son dernier rapport de la soirée, emmitouflé dans un gros gilet d’hiver.
Nous ne pouvons pas oublier vingt ans de mariage d’un claquement de doigts et même si Joan sait qu’elle ne fléchira pas, qu’elle n’ira pas supplier son ex-mari de revenir et de lui donner une deuxième chance, ça ne change rien à la profonde tristesse qui s’étale chez elle. Elle a perdu un meilleur ami, un mari et même si leurs dernières années d’union n’a pas été exemplaire, elle pouvait au moins se consoler d’une présence rassurante le soir, d’une discussion feinte, d’une animation.
Joan termine de taper ses derniers mots et enregistre le fichier, poussant un lourd soupire avant de fermer son ordinateur. La psychiatre quitte son bureau qu’elle ferme toujours à double tour avant de glisser la clé dans un pot dissimulé dans la cuisine. Une précaution qu’elle s’est toujours évertuer de prendre, sans raison apparente.

Elle jette un œil à son portable, hausse les sourcils devant l’heure tardive et hésite.
Verre de vin ou lit ? Lit ou verre de vin.
L’hésitation ne se fait pas tarder, attrapant une bouteille déjà entamer et se remplissant la moitié d’un verre. Elle n’ira pas jusqu’à noyer sa solitude dans l’alcool mais Joan estime qu’elle a tous les droits à un petit réconfort. La psychiatre croise sont reflet et détourne rapidement les yeux. La douleur est présente, la blessure encore béante. Elle qui a toujours été si affranchi, si libre, se retrouve aujourd’hui paumée, avec milles questions et doutes qui fulminent sous sa tête blonde. Quarante trois ans et elle n’a déjà plus rien d’enviable, plus rien de sexy, de désirable. Et ça lui en fout un coup au moral de voir que son mari n’a pas tardé à aller foutre son nez ailleurs.
Et pas que son nez …

Joan s’installe dans un fauteuil, près du feu de cheminée qu’elle a allumée un peu plus tôt et en qui elle trouve un bref réconfort. Elle aime cette maison plus que tout mais se demande s’il ne serait pas mieux de la vendre et de se mettre d’accord avec Howard là-dessus. Elle ne se voit pas y vivre seule, même avec son fils prenant un peu plus le large chaque jour.
La psychiatre tend l’oreille, redresse la tête, incertaine de ce qu’elle entend. Si ce sont bien de légers coups donnés à la porte ou simplement le fruit de son imagination. Elle laisse passer une poignée de seconde avant de se décider à se lever et vérifier, juste pour être sûre. Elle jette un bref coup d’œil au Judas et aperçoit des traits qu’elle ne connait que trop bien. Joan déverrouille la porte et l’ouvre sur un ami aux épaules las, lourdes mais surtout transit de froid.

- Ronnie ? Tout va bien ?

Ronnie Dawson n’est pas le genre d’homme à afficher cet air triste, à avoir l’air si abattue. Joan ne reconnait pas cet air perdu, paumé… Quoi qu’il lui ait arrivé quelques fois de le voir au plus mal. Plusieurs même. Entre les aller-retour au commissariat pour le sortir de ses gardes à vue et le ramasser sur un trottoir ivre mort, la psychiatre à on ne peut plus l’habitude de le voir dans un état désastreux. Mais cette fois, les choses semblent différentes.
Et ce n’est qu’à la lumière du perron qu’elle prend conscience à quel point cet idiot est à peine couvert alors qu’il caille comme pas permit. Début Janvier à Chicago, au bord de la plage et à cette heure là de surcroit, il y a de quoi attraper la mort !

- Bon sang ! Mais qu’est-ce que tu fiches habiller comme ça par ce temps ! Viens, rentre.

Elle le tire doucement par le bras, laisse entrée Emy sans hésitation. Joan adore cette chienne, une véritable boule d’amour qui ne quitte jamais son maitre.

- Viens t’assoir par là.

Elle dégage coussin et plaide et lui laisse la place dans ce fauteuil près du feu avant de s’agenouiller devant lui, ses yeux clairs posés dans les siens.

- Quelque chose ne va pas ?




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MessageSujet: Re: alone in a room | joan   Mar 13 Fév - 23:31



Acte I ; Scene I - Joan
EXORDIUM.


« Ronnie ? Tout va bien ? » Les sourcils froncés et cet air déjà inquiet. Ronnie regrette presque de venir lui imposer cette mine affreuse sur le devant de sa porte, davantage en sachant tout ce que ses épaules portent. Aussi, il en baisse instinctivement la tête, il la baisse parce qu'il peine à lui faire face ; contrairement à Emy qui tire avec un peu plus d'enclin pour pouvoir la saluer, sur elle presque se mettre à sauter. Et il craque, finalement. Il craque parce qu'il n'a nulle issue à cette situation, nul moyen de revenir sur des pas qui l'ont pourtant conduit là. « Bon sang ! Mais qu’est-ce que tu fiches habiller comme ça par ce temps ! Viens, rentre. » Habillé comment ? C'est à son tour d'avoir l'air un peu perdu, un peu paumé, l'azur de ses prunelles défaits glissant sur le léger t-shirt qu'il aborde, celui qui cache vainement le haut de son ventre qu'il sent se tordre. De douleur, peut-être, de honte aussi, certainement vu ce qu'il engendre, cet horrible tête à tête. Il aurait dû s'abstenir cette virée, il aurait dû lui épargner sa présence fatiguée, esquintée, lassée de tout ce qu'elle a à gérer en cette foutue journée. Désormais soirée. Il comprend alors, sa veste, il a dû l'oublier. Et, avant qu'il n'ait eu le temps de s'expliquer, avant qu'il n'ait pu lui faire entendre que ce n'était qu'une erreur de venir jusqu'à elle pour errer, Joan l'attrape, laissant ses doigts fins s'accrocher à son poignet qu'elle vient tirer pour le faire entrer. Et si cette légère poigne aurait pu être empêchée, c'était sans compter l'empressement de Emy à rejoindre la chaleur d'un refuge qu'elle aime à côtoyer et qu'elle connaît peut-être désormais par cœur. Alors il entre, à son tour, il vient sur les pas de sa boule de poils, suivant les directives silencieuses de celle qu'il est venu trouver tout de même de base inconsciemment. « Viens t’asseoir par là. » Il suit, silencieusement. Il suit après qu'elle lui ait fait une place dans le fauteuil qu'elle s'apprêtait probablement à occuper. Les coussins, les plaids, tout fini par rejoindre une des extrémités du canapé que Emy ne tarde pas à rejoindre à ses côtés, le museau venant déjà contre sa cuisse se poser ; là, juste à côtés des mains de celle chez qui il est désormais l'invité. Improvisé, certes, mais invité tout de même. « Quelque chose ne va pas ? » Et sa voix qui le rappelle pleinement à cet instant, la chaleur des lieux qui semble l'aider à se faire un peu plus présent. Doucement, Ronnie revient à lui. Il s'offre le luxe de souffler quelques secondes, il s'offre l'opportunité de la contempler, dans ses yeux se perdre durant un instant volé. Parce qu'il a besoin de ça pour se sentir en sécurité, loin de ce passé brisé qu'il est allé visiter. Bourde monumentale aux conséquences brutales, de celles qu'ils vont s'ancrer dans les ténèbres de son âme pour finalement remonter lorsque le climat de ses esprits se fera glacial.

Et tandis qu'il se perd, tandis qu'il laisse ses songes l'envahir, il en ressent de nouveau la présence de Joan contre lui se trahir. Parce que l'une de ses mains s'est abandonné sur la sienne, parce que l'une de ses mains est venue quérir un minimum de présence de sa part. Bordel ça n'est pas lui et il le sait, Ronnie commence à s'en rendre compte. Et pourtant, s'il est bien une personne qui puisse voir ce visage, elle réside en cet instant même devant lui, à l'écoute, inquiète, peut-être même un peu trop. « Je suis allée voir ma mère, aujourd'hui. Une petite pause tandis que l'azur de son regard s'est encore défilé, là, sur le sol il s'est arrêté avant de remonter, dans le regard de Joan comprendre qu'il n'a pas tout détaillé, toujours autant paumé que lorsqu'elle ouvrait la porte, un peu plus tôt, avant qu'il ne pense à s'échapper. Ma mère biologique, celle qu'est en psychiatrie. » Il ose, vient faire entendre ces mots qu'il n'apprécie pourtant pas. Parce qu'il se souvient de quelques choses, tout de même. Parce qu'il se souvient de la manière dont elle savait être douce, à leur écoute. Parce qu'il se souvient de tout ce qu'elle aurait pu faire pour les protéger, avant de ne même pas se rendre compte de ce qui leur est arrivé. Elle ne le saura probablement jamais ; grand bien lui fasse, à cette pauvre femme. Il soupire alors, passe une main hâtive contre ses yeux comme pour en éloigner la légère tristesse qu'il ressent pour celle dont il parle, celle qui n'apprendra jamais ô combien lui – en tout cas – s'en sort bien assez. Par lui-même, du mieux qu'il peut, mais de la manière dont il aurait pu le souhaiter. Ses parents adoptifs lui ayant tant donné. « Je ne sais pas vraiment pourtant je continue d'y aller. Je sais même pas si elle me reconnaît vraiment et c'est ça qui, dans le fond, est un peu bizarre. Tout est bizarre maintenant, tout est bizarre depuis longtemps en fait mais davantage dans ces moments. » Qu'il laisse lui échapper, qu'il vient confier tandis que ses mots rejoignent l'espace qu'ils sont en train d'animer, puis le feu qui continue de se consumer. « Je ne voulais pas te déranger, j'avais seulement besoin... d'autre chose en sortant de là-bas. D'autre chose que ce que j'aurais pu faire d'ordinaire en fait, si tu vois ce que je veux dire. » Un faible trait de honte qui vient se glisser le long de son faciès qui, de nouveau, de son regard se défait. Ronnie vient perdre sa main libre contre la cascade blonde de sa chienne, caressant comme pour faire passer une nervosité à laquelle il n'est pas habitué. Ça, tout en serrant la petite main qu'il garde encore entre ses doigts. Et, finalement, c'est un sourire triste qui s'affiche, quelque-chose qu'on ne pourrait pas croire sur lui aussi réaliste. Il est des bas qu'on ne lui connaît pas et Joan, malgré elle, en découvre une des plus profondes abysses qui y soient.     
 

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MessageSujet: Re: alone in a room | joan   Mar 20 Fév - 0:05

Alone in a room
EXORDIUM.
Elle patiente, lui laisse le temps qu’il faut à Ronnie pour redescendre sur terre et ainsi confier ce qui le rend si éteint. Cet homme a toujours été un exemple de joie de vivre, de bonté et de générosité mais derrière cette façade lumineuse, Joan sait les ombres qui s’y cachent, les fissures qu’il tente de combler par des sourires et quelques fois, dans ses heures les plus sombres, d’alcool et d’ivresse, au point de se mettre dans un état plus que misérable sur un bord de trottoir.
La psychiatre le découvre sous une nouvelle facette ce soir et la flamme s’est éteinte dans ce regard habituellement pétillant de vie. Et en attendant une réponse, que Ronnie veuille bien confier ce qui semble le ronger, la quarantenaire caresse délicatement la tête d’Emy. Elle-même n’a pas de chien mais il faut admettre que lorsqu’il se ramène avec son animal, Ronnie lui donne sérieusement des envies d’adoptions canines.

- Je suis allée voir ma mère, aujourd'hui. Ma mère biologique, celle qu'est en psychiatrie.

Joan reste impassible, l’écoute en silence. Pourtant, elle n’en pense pas moins, sait à quel point ces visites sont destructrices, assassines pour cette part de lui, encore enfant. Mère internée, jugement psychiatrique plus que douteux où l’on gave cette femme de médicaments. Joan a beau être amoureuse de son métier, toujours attentive et ouverte à de nouvelle méthode, elle ne cautionne pas pour autant certaines pratique et décisions de ses confrères. La mère de Ronnie en fait partie, pas certaine que de l’avoir placé là-bas ait été la meilleure solution prise.

- Je ne sais pas vraiment pourtant je continue d'y aller. Je sais même pas si elle me reconnaît vraiment et c'est ça qui, dans le fond, est un peu bizarre. Tout est bizarre maintenant, tout est bizarre depuis longtemps en fait mais davantage dans ces moments.

De nouveau, elle le laisse parler sans l’interrompre, lui laisse le temps de vider son sac si besoin, de se confier. Elle imagine bien qu’une part de lui ne s’est jamais vraiment remit de cette séparation forcée et c’est certainement pour ça que Ronnie continue d’aller voir sa mère biologique. Il conserve de précieux souvenir avec cette dernière qui lui manque probablement et essaie avec ces quelques visites de se raccrocher à quelque chose qui semble pourtant ne plus exister.

- Je ne voulais pas te déranger, j'avais seulement besoin... d'autre chose en sortant de là-bas. D'autre chose que ce que j'aurais pu faire d'ordinaire en fait, si tu vois ce que je veux dire.
- Et tu as bien fait. Je te l’ai déjà répété un nombre incalculable de fois Ronnie : Tu ne me déranges jamais. Quelque soit le jour ou l’heure, si tu as besoin, ma porte t’es grande ouverte.

Et jamais elle ne lui fera défaut. Il peut compter sur elle, les yeux fermés mais Joan sait qu’il est toujours bon de le lui rappeler quelque fois. Elle lui passe une main dans les cheveux, avec tendresse, affichant un sourire tranquille et apaisant. Histoire de réchauffer ce cœur froid ce soir.

- Je suis contente que tu n’aies pas fait cette « autre chose ».

Pour ne pas ainsi dire, « fière » de lui. La psychiatre sait à quel point il peut parfois – souvent … - se laisser aller à l’alcool, préférant s’y plonger à cœur perdu dans ces trop nombreux verres qui le perdent dans des états pas possibles et bien trop souvent dangereux pour lui, voir pour les autres.
Joan se redresse, délaissant le pelage d’Emy et la main de son ami.

- Reste ici, je vais te préparer une boisson chaude. En attendant, détends-toi et réchauffe-toi. Elle dépose un baiser affectueux sur le crâne de l’animal, ébouriffant le poil de son cou. Et toi je te ramène gamelle d’eau. J’arrive.

La psychiatre les laisse tous les deux dans le salon et rejoint sa cuisine où elle fouine dans ses placards jusqu’à trouver la boite de chocolat en poudre qu’il lui reste. Ce genre d’envie se fait rare mais il lui arrive parfois, certains soirs d’hiver notamment, de se laisser aller à cette douceur. Elle sort tout l’attirail pour lui faire une boisson digne de ce nom qui sera bien plus réconfortante que ses 3g/litre de sang habituel et n’oublie pas non plus la gamelle pour Emy qu’elle dépose près de son coussin. Oui bon… en vu du nombre de fois où elle en a été la baby-sitter, Joan avait finit par lui acheter son propre « dodo » pour que la chienne puisse se sentir comme chez elle ou presque. Et a peine la quarantenaire a déposé la gamelle que l’animal vient aussitôt se désaltérer.

- Tiens, ça va te faire du bien. Le chocolat remonte toujours le moral.

Peut-être pas aussi vite qu’une bouteille de rhum mais il y a ce côté réconfortant et presque enfantin qui apaise les cœurs les plus durs.
Joan s’installe dans le fauteuil à ses côtés, ramène ses jambes contre elle pour s’assoir plus confortablement.

- Je suis désolée pour ta mère, c’est compréhensible que tu veuilles continuer d’aller la voir.

Puisqu’au-delà de la douleur il y a ce besoin de renouer avec elle. Juste une petite étincelle.

- Comment se porte-t-elle ? Où ils en sont dans ses traitements ?


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MessageSujet: Re: alone in a room | joan   Ven 2 Mar - 20:28



Acte I ; Scene I - Joan
EXORDIUM.


« Et tu as bien fait ; il se doutait de ces mots, il savait qu'ils s'imposeraient. Refrain éternel qu'il ne de cesse d'entendre ; que ce soit de sa part à elle, Joan, ou bien de la part des autres. Ils sont nombreux ceux à savoir sa perdition, tout ce qui hante ses songes pour le mener jusqu'à ces retranchements-là. Ils sont nombreux à connaître son passif, l’hôpital dans lequel il s'était trouvé pour ce dernier. Il soupire alors, laissant – comme toujours – cette remarque sous-entendue se perdre dans les limbes de son monde intérieur. Mais, contrairement à d'ordinaire, Joan se risque à les alimenter, ses reproches. Elle vient les agrémenter, les rendre un peu plus tenaces, un peu plus durs, sa voix s'élevant à nouveau jusqu'au roux qui en relève brièvement la tête. Et s'il s'attendait alors à une continuation sur cette addiction dont il peinera à se défaire, les mots qui s'élèvent enfin se font tout autre. Une pointe de culpabilité et l'attention pleinement retrouvé, il écoute, entend, imprime chaque syllabe dans un recoin de sa tête ; de ceux encore aisément éclairé, là où se rangent ses pensées qu'il n'a pas à effacer. Je te l’ai déjà répété un nombre incalculable de fois Ronnie : Tu ne me déranges jamais. Quelque soit le jour ou l’heure, si tu as besoin, ma porte t’es grande ouverte. » Il acquiesce alors, un peu penaud, essayant de fuir son regard comme pour ne pas se trahir sur ce qu'il pensait entendre. Médisant, légèrement, et pourtant. « Je suis contente que tu n’aies pas fait cette « autre chose ». » Il laisse un rire lui échapper quand, enfin, sa voix lui parvient. Peut-être aurait-il dû parier, finalement ? C'est une question qu'il laisse en suspens quand la main de celle qu'il est venu trouver s’appose contre la sienne, encore bien fraîche de cette dernière marche improvisée jusqu'en ces quartiers. « Reste ici, je vais te préparer une boisson chaude. En attendant, détends-toi et réchauffe-toi. » Un bref geste de la tête et sa main, à lui, qui rejoint la place de la sienne contre le pelage de sa chienne déjà bien installée. Il en tire un sourire, quelque-chose de rassuré qui s'installe avec facilité. Il aime à la savoir loin de tout inconfort, loin de tout danger et Joan s'est toujours faite aux petits soins depuis qu'il lui avait présenté. Encore maintenant, promettant sa gamelle à Emy qui s'en réjouit, quittant finalement la pièce pour s'adonner à ce qu'elle vient de leur annoncer. Et, à peine hors de portée que Ronnie laisse un long soupire s'extirper d'entre ses lèvres quelque peu gercées. Il lui faut quelques secondes, peut-être quelques minutes pour pleinement ressentir les bienfaits de la chaleur des lieux, les sensations qui lui manquaient à cause du froid essuyé depuis l’hôpital jusqu'à ce canapé. « Tiens, ça va te faire du bien. Le chocolat remonte toujours le moral. » Un haussement d'épaule comme pour dire qu'il en doute mais il l'accepte, aussi rapidement que Emy se jette sur la gamelle tout juste ramenée. Il aurait dû faire attention avant de la faire marcher jusqu'entre ces murs, loin de tout regret. Ce n'est que lorsqu'elle s'installe à ses côtés, que lorsqu'elle vient réamorcer le sujet de sa mère internée qu'il perd son rictus tout juste trouvé.

« Ils continuent d'en faire un putain de légume, ça doit être plus simple pour eux. Moins de travail, peut-être. » Sa voix laisse ces mots-là se perdre dans le séjour qu'ils animent désormais, à eux trois, sous la chaleur d'un feu plus tôt allumer, ce même feu qui ici commence à le réchauffer. Ronnie perd ses mains contre la tasse fumante, perdant celle-ci dans la gauche avant d'en revenir à la droite ; et ainsi de suite. Il laisse encore un instant ses perles claires posées à même le sol, essayant de songer à autre chose que l'horrible image qu'il porte de sa génitrice depuis qu'elle est enfermée là-bas ; il aspirait à mieux pour cette femme-là, celle que le monde n'a pas porté entre ses bras, celle qui – avec un peu plus de force – ne l'aurait pas laissé devenir cet homme-là. Puis, dans la fraction de seconde qui sépare ses paroles de ses pensées, Ronnie se souvient aussi que celle à qui il fait face exerce le même métier que ceux qui l'ont conduit, sa mère, dans ces tranchées profondément creusées. « Désolé, je... je voulais pas t'offenser ou quoi. » Il se rattrape, imagine déjà ce qu'elle pourrait penser, imaginer quant à ces dernières paroles. Il est loin de la considérer comme ces gens-là, convaincu – peut-être à tord – qu'elle n'aurait jamais laissé cette finalité arriver. Ronnie s'est persuadé que la confiance qu'il peut aujourd'hui lui attribuer soit méritée ; parce qu'elle a toujours su être présente, prête à lui offrir tout ce qui pourrait être en mesure de l'aider, de le faire remonter des abysses dans lesquelles, parfois, il fut tombé. « C'est juste que ça m'énerve de voir qu'ils ne font rien de plus que déposer un verre d'eau, quelques cachets, attendant comme des gros cons qu'elle les prenne pour s'assurer qu'elle reste bien amorphe et ne débite pas ses idées suicidaires habituelles. Un soupire, le regard qui se porte un peu plus loin, sur l'une des fenêtres donnant sur l'immensité du monde qui s'étend au-delà de Chicago, Chicago qu'il aurait peut-être dû quitter quand l'occasion s'était présentée. Mes parents ; une pause, sachant pertinemment que tout pourrait être pris de travers mais il sait, il sait qu'elle comprendra de qui il parle en usant de ces mots-là. Il sait que sa demande d'adoption complète il y a quelques années sait aisément aiguillé ceux à qui il peut parfois en parler de ces gens-là. Ces formidables âmes à qui, désormais, il doit tellement. Mes parents pensent que je devrais peut-être arrêter d'y aller. » Et, enfin, son regard se lève sur Joan dans l'attente d'une réponse à cela. Ronnie s'est toujours fait à l'écoute de ses jugements, à l'écoute de tout ce qu'elle pourrait avoir à dire sur ses choix, ses décisions, tous ces chemins qu'il suit parfois sans réellement voir au-delà. Elle est la main qui le retient, gardienne en soit de son maigre destin. « Avec un passé aussi merdique et une situation comme celle-ci, t'aurais fait quoi toi ? Parce que je t'avoue que j'suis franchement paumé avec toutes ces conneries. La voir comme ça, c'est juste horrible. Le peu de souvenirs que j'en garde, elle me paraissait tellement loin de toutes ces merdes et plus ça va, plus je galère à bien me la remémorer. » Et, à bien y penser, il craint également cette finalité quand il se risque jusqu'à son chevet. Dure réalité pour celui qui s'avérait composé que de jovialités.      
 

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MessageSujet: Re: alone in a room | joan   Mer 14 Mar - 23:10

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- Ils continuent d'en faire un putain de légume, ça doit être plus simple pour eux. Moins de travail, peut-être.

Joan pince les lèvres d’un air désolée. Elle n’est pas tellement friande des asiles psychiatres et tout autre institut où leur solution semble être d’une incroyable barbarie. La psychiatre ne dit pas qu’elles sont inutiles mais parfois elles semblent être un raccourcie bien trop facile. Elle est consciente que certains confrères – encore faut-il les considérer comme tel vu leurs méthodes – abusent, usent de leur pouvoir médicale afin de ne pas chercher plus loin, d’imposer une vision, un avis, sans chercher plus loin, sans laisser sa chance. De multitudes de manières existent pour traiter le cas d’un patient et de ce qu’elle connait de la mère de Ronnie, elle est presque certaine que cette méthode n’était pas la bonne… Reste à savoir si la situation est récupérable aujourd’hui.

- Désolé, je... je voulais pas t'offenser ou quoi.
- Dis pas de bêtise. Ca n’est pas parce que je fais le même job qu’eux, que je suis forcément d’accord avec toutes leurs méthodes. Il y a des bons et des mauvais, comme partout.

Mais lorsque la vie du patient, son bien être et son quotidien est en jeu, la marge d’erreur est minime si on prend en compte que cette dernière est humaine. Mais dans ces circonstances, Joan n’arrive pas à concevoir que l’on puisse en arriver là. Il lui est arrivé d’entendre des histoires sordides sur des psychiatres, des médecins, des histoires de manipulation, de viol, de surmédication et tant d’autres.

- C'est juste que ça m'énerve de voir qu'ils ne font rien de plus que déposer un verre d'eau, quelques cachets, attendant comme des gros cons qu'elle les prenne pour s'assurer qu'elle reste bien amorphe et ne débite pas ses idées suicidaires habituelles.

Joan sait se faire silencieuse, patiente, à l’écoute.
Elle est venue s’installer face à lui, le lâchant pas de son regard bleu.

- Mes parents. Mes parents pensent que je devrais peut-être arrêter d'y aller.

Encore une fois, elle ne dit rien. La psychiatre ne préfère pas l’interrompre pour qu’il se laisse aller aux confidences, à se soulager de tout ce qui pèsent actuellement sur ses épaules. Ronnie lui fait de la peine, le touche en plein cœur, elle déteste le voir si paumé, si triste. C’est un bon garçon, un homme avec du cœur, un bon fond et si cette déchéance si tenace ne l’emprisonnait pas, Joan est persuadé qu’il réussirait tout ce qu’il pourrait entreprendre.

- Avec un passé aussi merdique et une situation comme celle-ci, t'aurais fait quoi toi ? Parce que je t'avoue que j'suis franchement paumé avec toutes ces conneries. La voir comme ça, c'est juste horrible. Le peu de souvenirs que j'en garde, elle me paraissait tellement loin de toutes ces merdes et plus ça va, plus je galère à bien me la remémorer.


La question vient enfin et Joan se redresse, réfléchissant un instant. La réponse est une évidence, aussi tragique et blessante soit-elle parce que plusieurs facteurs entrent en compte et il ne s’agit pas uniquement de Ronnie. La psychiatre s’assoit dans le fond de son fauteuil.

- Je pense que je ne m’y rendrais plus. Au moins le temps de me reconstruire.

Parce que c’est dont il a besoin. Malgré cette carrure de nounours et cette assurance parfois déstabilisante, Ronnie n’est rien d’autre qu’un petit garçon paumé, qui ne sait plus vraiment où foutre ses pieds, ni comment marcher vraiment droit.
Mais ce qu’elle s’abstient de dire c’est que même pour cette femme prisonnière des murs blancs de cet institut, cette absence pourrait s’avérer négative. Joan se demande si cette femme en est à l’état de perdition totale où s’il réside encore chez elle des éclairs de lucidité lui faisant prendre conscience de l’horreur de cette situation qui la met hors d’elle. Elle prend généralement du recul sur ce genre de situation, de chose, consciente que l’on ne peut malheureusement pas sauver tout le monde mais cette fois il s’agit de la mère de Ronnie, de cette femme qui lui a fournit tendresse et amour malgré un passé lourd et douloureux, parsemé de drame.

- Tu continueras de sortir de là-bas toujours un peu plus brisé Ronnie, même si je sais que l’idée de ne plus aller lui rendre visite te bouffe déjà.

Et ça n’est pas la solution définitive qu’elle lui propose, loin de là.

- Il faut aussi que tu songes à ton propre bien être, à ton avenir et au reste. Je ne te dis pas de ne plus aller la voir e manière définitive mais peut-être que tout cela serait plus simple si tu arrivais déjà toi-même à te sentir mieux dans ta tête.

Ses jovialités taille pour lui cette apparence d’homme heureux sous tout rapport. Pourtant, Irène et Joan, connaissent toutes deux cette sombre facette qu’il noie sous l’alcool à n’en plus pouvoir, à en dégueuler dans les caniveaux. Tout ça ne vient pas de nulle part, n’a pas éclot par le plus grand des hasards.
Et si Joan en arrive à ce genre de discours, c’est surtout pour mieux le préparer à la suite. Parce que l’état de sa mère ne changera malheureusement jamais. Quoi qu’ils disent, quoi qu’ils fassent, elle restera toujours entre deux états de lucidité ou vaseux, comateux, le cerveau complètement flingué et grillé par les électrochocs censé la rétablir et ramener une harmonie qui aurait pu être possible. Avant.
Oui, avant qu’on ne vienne la réduire à l’état d’aujourd’hui.


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MessageSujet: Re: alone in a room | joan   Mer 21 Mar - 15:49



Acte I ; Scene I - Joan
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Il pose la question parce qu'il n'a plus aucun autre choix que celui-là. Et il sait, il sait qu'il aurait pu se tourner vers Irene, vers cette sœur qui tente de renouer, qui essaie de s'élever de tout ce qu'elle a du essuyer. Mais, par bonté, il n'a pas eut le courage d'aller la trouver. Parce qu'il sait ses démons, parce qu'il sait ses ténèbres et parce qu'il refuse d'avoir à lui faire endosser les siens, parce qu'il refuse de la voir se perdre sous tout ce qu'il traîne, tout ce qu'elle n'a peut-être pas vu quand Joan, quant à elle, ne les a que trop aperçu. Un soupire, les paumes moites qui viennent tenter de faire abattre ses traits teintés d'une certaine détresse. En vain, comme souvent, ne possédant aucune magie entre ses mains ; Ronnie doit faire avec, prendre sur lui pour continuer à faire face, entendre ce qu'elle pourrait avoir à lui dire, ce conseil avisé qu'elle pourrait avoir à lui offrir. Il doit l'entendre, l'écouter, l'accepter ; bien que plus sûr, plus vraiment sûr d'en être en mesure. « Je pense que je ne m’y rendrais plus. Au moins le temps de me reconstruire. » Il laisse un maigre rire lui échapper, quelque-chose de briser qui sort de sa gorge abîmée. Parce que « se reconstruire » lui paraît tellement miraculeux maintenant que les années ont passé, maintenant que la douleur s'est installée. Il défait alors son regard de la présence rassurante de Joan, essayant de ne pas avoir à trahir tout ce qui se joue en lui, tout ce qu'il sent déjà remonter jusqu'au-travers de sa trachée encore brûlée. « Tu continueras de sortir de là-bas toujours un peu plus brisé Ronnie, même si je sais que l’idée de ne plus aller lui rendre visite te bouffe déjà. » Et c'est peu dire ; parce qu'il l'imagine déjà seule, au quotidien. Parce qu'il sait que les visites ne se bousculent pas, parce qu'il n'a pas la moindre idée de ce qui advient de ses autres frères, de tous ceux qui auraient pu faire l'effort de se rendre jusqu'à elle. Et dans sa réflexion, dans ses songes un peu brouillon, Ronnie s'imagine déjà être le seul à s'y rendre, malgré lui, malgré la déchéance tenace de sa petite vie. « Il faut aussi que tu songes à ton propre bien être, à ton avenir et au reste. Je ne te dis pas de ne plus aller la voir de manière définitive mais peut-être que tout cela serait plus simple si tu arrivais déjà toi-même à te sentir mieux dans ta tête. » Et, tandis que tout s'impose là, en cet instant précis, il sait déjà ce qu'elle vise derrière la plupart de ses mots, derrière la plupart de ses conseils ; il sait ce qu'elle lui reproche, ce qu'elle aimerait lui épargner. Ce qu'ils voudraient tous lui enlever quand lui tient à s'en bercer. Alors il se redresse, légèrement, Ronnie. Il vient simplement s'installer contre l'abord du canapé, baissant la tête, plus fatigué qu'il ne le pensait. C'est en train de l'affaiblir, de le ronger en essayant de lui faire imaginer le pire. Il n'a pas la force nécessaire à tout ça, pas ce soir.

Pourtant il essaie, le rouquin. Il essaie, laissant l'azur de ses prunelles se perdre un peu partout jusqu'à Emy qui commence à s'endormir, qui trône déjà sur son panier tout juste retrouvé ; se souvenant, par sa présence, ce pourquoi il tient. Un soupire, un énième souffle qui s'extirpe d'entre ses lèvres avant que celles-ci ne s'autorisent une perdition sur ce qu'elle lui a offert. Remède miracle, dit-elle, à ses vices coriaces. Et quand bien des questions auraient pu se poser, quand tout aurait pu être reconsidéré, Ronnie fait encore impasse dessus, choisissant la facilité ; probablement la lâcheté. « Je vais bien, en soit. » Mensonge qu'il a apprit à croire, mensonge qu'il se répète bien trop souvent dans le noir. Il s'en est convaincu avec le temps, s'est éprit de désastre évident. Parce que les choses sont plus simples de cette manière, elles l'ont toujours été dès lors qu'il n'y voyait plus très clair. « Et pour la suite, j'ai plus ou moins ce qu'il me faut Joan ; une pause, l'azur de ses prunelles qui vient enfin trouver le visage de la femme qui le recueille pour ce soir, la seule qui soit à même de faire face à toutes ses détresses, tout ce qui le ronge sans qu'il ne soit à même de s'en rendre compte par lui-même. J'peux toujours trouver des gens à tatouer, Gustave a besoin de moi parfois pour la librairie. De simples boulots, en soit, qui prouvent aisément qu'il ne va nul part, qu'il n'irait jamais bien loin parce qu'il se coince, seul, dans cette idée ; celle qui – malgré tout – continue de lui faire entendre qu'il n'en mérite pas plus et qu'il ne pourra pas forcement y arriver. Parce qu'il n'est pas Irene ou ses frères. Non, il n'est rien. Rien comparé à eux. En vrai, je m'en fous un peu. Tant que Emy a ce qu'il faut, ça me suffit. Tant qu'elle va bien, ça va pour moi. C'est con hein, mais c'est vrai. » Qu'il laisse entendre, rappelant à cette fidèle amie qu'il ne vit plus vraiment pour lui. Et la vision inquiète qu'elle lui laisse percevoir, cette tristesse qui semble s'installer contre ses traits à elle, ça vient écœurer Ronnie, ça vient lui rappeler qu'il n'a jamais souhaité ça, qu'il n'aurait pas du lui imposer cette vision-là. Alors il prend sur lui, il prend sur lui et se redresse un peu plus, cessant de donner l'impression de porter le monde sur ses épaules. « Hey, t'inquiète pas, ça va aller. J'suis juste claqué. » Il se rattrape, tente de réparer l'erreur commise par stupidité ; lui qui s'affaire d'ordinaire à tout cacher.      
 

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MessageSujet: Re: alone in a room | joan   Mer 4 Avr - 23:03

Alone in a room
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- Je vais bien en soi.

Joan essaie d’y déceler un mensonge, d’y percevoir la faille derrière ces mots dont elle ne connait pas la réelle sincérité. Elle connait par cœur ceux qui essaie de noyer le poisson pour ne pas avoir à exposer leur blessure. Parfois par fierté, d’autres par pudeur. Du côté de Ronnie, elle se dit que c’est un petit mélange des deux. Et l’une des raisons qui la pousse à ne pas vraiment le croire sont les nombreuses fois où elle la ramassé ivre mort sur un trottoir humide.

- Et pour la suite, j'ai plus ou moins ce qu'il me faut Joan. J'peux toujours trouver des gens à tatouer, Gustave a besoin de moi parfois pour la librairie.


Encore une fois, elle ne fait qu’écouter, jauger la véracité de ses mots en silence. Il ne sait peut-être pas mais ses yeux aiguisés de psychiatre note tout comportement, toute façon de se tenir, de faire un geste de la main. Elle n’irait pas jusqu’à dire qu’elle interprète tout mais elle sait se faire attentive. Joan sait qu’il est bien entouré, qu’avec Irène dans les parages, il y a peu de chance pour qu’il manque de quelque chose. Mais ça n’est pas de ça dont elle parle et c’est bien pour cette raison qu’elle le soupçonne de dévier la conversation de sa personne, de ce qui pourrait le travailler, du pourquoi il est venu jusqu’à elle.
Joan sait déjà depuis quelques temps ce qui pourrait être le fond du problème.

- En vrai, je m'en fous un peu. Tant que Emy a ce qu'il faut, ça me suffit. Tant qu'elle va bien, ça va pour moi. C'est con hein, mais c'est vrai.

Elle lache un rire à la fois amusé et attendri.

- Ca n’est pas con. Certains ont leur gamin, d’autres leurs animaux de compagnie. Chacun trouve son affection là où il peut ou veut.

Combien de personne trouve un réconfort auprès de la présence d’un chien ou d’un chat ? Ca n’a rien de stupide aux yeux de Joan de voir en la présence d’un animal quelque chose d’apaisant, de presque rassurant quand à la solitude vécue. Et c’est ce qu’il se passe certainement chez Ronnie qui malgré son entourage, malgré ses soirées passées à boire à outrance, se sent terriblement seul et inutile. Là est tout le problème du jeune homme qui se persuade qu’il n’est rien d’autre qu’un déchet. Elle le sait par le biais des paroles délirantes qu’il peut parfois lui sortir lorsqu’il est totalement bourré et à peine conscient de ce qu’il articule. C’est ce qui la rend triste en cet instant, où elle l’imagine se regarder dans la glace à se considérer comme la pire des merdes et des déchets alors qu’elle le sait, putain, qu’il a un bon fond et qu’il est capable de bien des choses. Même s’il ne devient pas chirurgien réputé comme sa talentueuse sœur – ça lui arrache la cervelle que de constater l’évidence -, il n’en reste pas moins une fabuleuse personne.

- Hey, t'inquiète pas, ça va aller. J'suis juste claqué.

Elle lâche un soupire, secouant la tête à la négative, léger sourire aux lèvres. Celui qui qui traduit clairement ses pensées.

- Arrête ton petit manège, on ne me l’a fait pas à moi et tu le sais.

Pas qu’il ne peut rien lui cacher mais effectivement, il est claqué. Suffisamment pour que son corps cesse de lutter et n’ait plus l’once d’un courage de réussir à dissimuler la lassitude qui s’amplifie sur ses épaules et les écrase.

- Quand je te parlais de songer à ton propre bien être, je ne faisais pas référence à tes jobs et au fait que tu as peut-être effectivement tout ce qu’il faut. L’un n’empêche pas l’autre et ce que j’entends par là c’est que tu pourrais bien avoir amour, argent et succès que ça ne suffirait peut-être pas à te rendre réellement heureux.

Et elle pourrait aisément se servir d’Irène pour en établir l’exemple mais ne se le permettrait pas, d’autant plus que la situation est plus complexe qu’elle ne pourrait laisser paraitre. Toujours assise dans son siège, elle lui adresse un sourire apaisant, réconfortant.

- Tu es quelqu’un d’incroyable Ronnie. De généreux, de bon et surtout de talentueux, quoi que tu en penses. Je veux simplement que tu gardes ça à l’esprit.

Elle adore cet homme qui se tient face à elle, adore le voir complètement fou de sa chienne à la protéger comme si elle était sa gamine, adore l’avoir ici pour discuter de tout et de rien ou pour tout simplement sentir sa présence évoluer dans cette maison devenue bien trop grande désormais pour elle.

- Emy et toi allez rester ici pour la nuit. Et demain je vous fais un brunch de champion pour démarrer une nouvelle journée dans de meilleurs conditions. Mais en attendant, tu vas prendre une bonne douche chaude, te reposer et dormir. Je ne travaille pas demain.

En somme, il peut rester autant de temps qu’il le souhaite.

- Et ça n’est non négociable jeune homme.

« Jeune homme »… Comme si elle avait cinquante piges.
Avant de se rappeler qu’elle n’est pas loin du compte, finalement.


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MessageSujet: Re: alone in a room | joan   Ven 6 Avr - 22:26



Acte I ; Scene I - Joan
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Il sait ce qu'elle pense, il sait ce qu'elle imagine. Parce qu'elle le connaît autant qu'il commence à la connaître, à savoir comment elle fonctionne. Joan, elle fait partie de ceux qui voient tout, chez lui. Elle fait partie de ceux qui pourraient l'élever plus qu'il ne croit pouvoir l'être. Et pourtant, pourtant il essaie. Il essaie de tout esquiver, de lui faire entendre qu'elle n'a pas à inquiéter quand tout vient trahir qu'elle le devrait. Ronnie s'en sent déjà stupide. « Arrête ton petit manège, on ne me l’a fait pas à moi et tu le sais. » Oui, en effet. Parce qu'il y songeait. Un maigre rire, quelque-chose qui se perd rapidement dans le séjour déjà un peu chaud qu'il n'avait pu l'être en entrant ; ou peut-être est-ce lui, lui qui vient en ces lieux retrouver un semblant de véritable vie. Lui qui, enfin, depuis sa sortie de l’hôpital se sent enfin respirer sans en avoir du mal. Et la voix de Joan qui revient, qui vient se perdre jusqu'à sa personne qui tente encore – métaphoriquement – de se relever de ses propres mains. Elle sait ce qui pèse sur son dos, sait user des mots. C'est la raison inconsciente qui l'a mené là, vers cette personne qui – avec le temps – s'est faite chère à sa vie, celle qui parfois, vraiment, en dépend. « Quand je te parlais de songer à ton propre bien être, je ne faisais pas référence à tes jobs et au fait que tu as peut-être effectivement tout ce qu’il faut. L’un n’empêche pas l’autre et ce que j’entends par là c’est que tu pourrais bien avoir amour, argent et succès que ça ne suffirait peut-être pas à te rendre réellement heureux. » Il pouffe mais dévie le regard, il pouffe parce qu'il n'a aucune parole à laisser entendre pour contrer cette vérité. Encore faudrait-il qu'il le veuille, car la volonté ne se présente pas. Celui qui, souvent, trouve les mots ne les trouve pas. Non, Ronnie s'abstient de commentaire, Ronnie persiste à se faire. Tout est différent ce soir, tout est différent quand il se sent patauger dans le noir. Et, malgré tout, elle demeure cette lueur éclatante au bout du couloir. L'azur pâle de ses prunelles en vient à la retrouver, ce sourire réconfortant dessiné qui lui est adressé. Ronnie laisse le sien s'avancer, maigrement s'imposer. Il se sent honteux, bien trop miteux. « Tu es quelqu’un d’incroyable Ronnie. De généreux, de bon et surtout de talentueux, quoi que tu en penses. Je veux simplement que tu gardes ça à l’esprit. » Et ces mots-là viennent frapper, ils heurtent son cœur pour bien s'y encastrer. Il va pour la remercier, se relever, fuir cette pièce qui n'a pourtant que du bon à lui apporter. En vérité, il craint de ne pas pouvoir les honorer ces mots tout juste énoncés. Et il craint de la voir comprendre, prendre conscience qu'il n'est rien à en tirer de sa personne. Un soupire mais elle le coupe, comme toujours. Elle prend les devants avant qu'il ne joue son tour. « Emy et toi allez rester ici pour la nuit. Et demain je vous fais un brunch de champion pour démarrer une nouvelle journée dans de meilleurs conditions. Mais en attendant, tu vas prendre une bonne douche chaude, te reposer et dormir. Je ne travaille pas demain. Et ça n’est non négociable jeune homme. »

Il fronce les sourcils, prend conscience de la manière dont il s'est fait doublé ; Joan l'a piégé. Ils n'auraient pas dû venir, Emy n'aurait pas dû le traîner jusqu'à ses côtés. Il s'en sent déjà gêné, ressentant de nouveau toute sa honte sur son dos se déposer. Ronnie en baisse la tête, le regard, trahissant un malaise des plus complets qu'elle saura ne pas louper. Et il le sait, il ne le sait que trop et ça ne vient que tout aggraver. Bordel qu'il est con. « Le prend pas mal mais j'suis pas sûr de vouloir rester pour que tu vois à quel point j'suis vraiment un déchet. » Première phrase, première vérité. Il joue la carte pleine d’honnêteté. Il le lui doit. Il lui doit tout ce qu'il est derrière ce qu'elle pense qu'il puisse être. Non, Ronnie n'a rien d'un homme bon, d'un homme saint, de l'homme qu'elle vient de décrire. Il n'est rien, rien qu'un bon à rien. On le lui a assez dit, il en a fait les maîtres mots de sa misérable petite vie. « Parce que j'suis rien d'tout ça, en fait. J'suis rien tout court. » Il défait les mots qu'il avait pu lui faire entendre, il vient lui faire voir – finalement et connement – que rien n'ira par la suite. Pas de suite, en tout cas. Pas aussi aisément que les autres fois. C'était une erreur que de venir jusque-là. « J'veux pas rester et détruire tout c'que tu penses de moi parce que j'avoue que ça fait du bien d'entendre ça mais moi, bah j'sais que c'est faux et j'aimerai juste que pour une fois, t'sois fière au moins ; il se rend compte du ridicule de la conversation, du bazar que deviennent ses réflexions. Ronnie s'affole, en vérité, Ronnie vient trahir tout ce qu'il n'a que trop gardé, une opinion de soi-même dégradée. Enfin c'est con, j'sais pas comment dire. J'suis un peu abruti, j'sais pas forcément parler mais, t'es la seule avec Irene à voir autre chose de moi que c'que mes potes voient et ça fait toujours bizarre. Eux ils me voient tout le temps, ils savent. Et j'pourrais te laisser penser d'la merde comme ça mais ce serait égoïste d'ma part et j'veux pas que tu sois déçue, ouais, voilà. J'veux juste pas ça. » Il termine là-dessus, vient faire taire sa voix un peu tremblante, se sentant con, le regard posé sur elle avant qu'il ne vienne le fuir de nouveau, songeant à ce qu'elle a dit, au baume que c'est venu déposer contre son palpitant malmené. Non, il n'a pas le droit de regretté d'avoir énoncé sa vérité. Et, avant qu'elle ne parle, avant qu'elle n'ose venir détruite tout son plaidoyer inversé, Ronnie s'élève, Ronnie se redresse pour rapidement l'enlacer, la prendre de court comme elle avait pu le faire avant qu'il ne vienne craquer. Il l'étreint, autant qu'il peut. Il vient puiser dans cette force qu'elle sait lui insuffler.      
 

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MessageSujet: Re: alone in a room | joan   Mer 18 Avr - 0:34

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- Le prend pas mal mais j'suis pas sûr de vouloir rester pour que tu vois à quel point j'suis vraiment un déchet. Parce que j'suis rien d'tout ça, en fait. J'suis rien tout court.

Ca lui fait de la peine de l’entendre de voir à quel point il n’a aucune considération pour lui-même, à quel point il se voit comme un moins que rien, une chose bonne à oublier, à jeter à la casse. Pour le moment Joan ne bronche pas, accuse le coup des mots qu’ils lui procurent. Une sorte de gifle invisible de constater à quel point Ronnie se voit comme une petite raclure sans avenir.

- J'veux pas rester et détruire tout c'que tu penses de moi parce que j'avoue que ça fait du bien d'entendre ça mais moi, bah j'sais que c'est faux et j'aimerai juste que pour une fois, t'sois fière au moins

Il la touche en plein cœur. Joan regarde ce nounours s’exprimer avec ses mots, sa pudeur et sa tendresse et elle se dit qu’elle ne peut pas continuer à mener sa vie un jour de plus à le laisser penser ce genre d’absurdité de sa personne. Le pire est peut-être de se dire que c’est un processus normal lorsque l’on a vécu une vie comme la sienne, avec des instabilités et son lot d’absence de confiance, de repère, d’ambition. Et si pour un patient il est plus facile de faire la part des choses, de le guider sereinement vers d’autres voie, ça l’est bien moins lorsque vous êtes émotionnellement compliquée.

- Enfin c'est con, j'sais pas comment dire. J'suis un peu abruti, j'sais pas forcément parler mais, t'es la seule avec Irene à voir autre chose de moi que c'que mes potes voient et ça fait toujours bizarre. Eux ils me voient tout le temps, ils savent. Et j'pourrais te laisser penser d'la merde comme ça mais ce serait égoïste d'ma part et j'veux pas que tu sois déçue, ouais, voilà. J'veux juste pas ça.

Il finit par l’achever de ses mots, de ses phrases qu’il pense dur comme fer. Et c’est finalement le pire dans tout ça. Qu’il y croit comme si c’était l’unique et seule vérité. Joan le scrute en silence quelques secondes, le regarde et percute sans réelle surprise la raison de sa venue : Un besoin de réconfort. Un besoin de ce regard fier, qui ne le sous-estime pas, qui le fait se sentir « quelqu’un » même si ça ne dure qu’une heure. Et c’est d’une tristesse lourde, imposante.
Elle va lui dire deux trois mots, lui remettre les idées en place pour lui faire comprendre que tout ce qu’il lui raconte là, c’est faux. Une putain de série de mensonge. Mais elle n’en a pas le temps, Ronnie se redresse et l’enlace. Tout simplement.
Une étreinte chaude, tendre, qui traduit un million de chose avec pour principal idée, le besoin de réconfort. Joan ne tarde pas à passer ses bras autour de cette stature qui fait bien deux fois sa propre personne et ne le lâche pas. Elle veut lui faire sentir qu’elle est là, qu’elle le soutient, qu’elle ne l’abandonnera pas même si les gestes ne sont parfois pas aussi expressifs que des mots. La psychiatre laisse le silence s’installer, laisse cette étreinte s’éterniser parce qu’au fond, à elle aussi, ça lui fait du bien. Ne serait-ce que d’avoir une présence, d’avoir autre chose à penser que sa propre vie qui vole en éclat à cause d’un mari bien trop con. Mais un mari qu’elle a aimé pendant vingt ans.

Joan finit par s’écarter et de prendre ce visage hirsute entre ses longs doigts fins.

- Tu n’es pas qu’un moins que rien, tu n’es ni un paumé, ni une épave et encore moins un déchet. Ca te semble peut-être complètement erroné là, maintenant, mais tu es bien plus que ce type que tu te persuades d’être.

La psychiatre ne lâche pas son regard de celui qu’elle tient en face.

- Tu es quelqu’un de bien, d’adorable, un type qui est plein de ressource malgré ce qu’il pense. Ce qu’il te faut, c’est prendre confiance en toi. Tu es une belle personne ok ? T’es pleins de capacités et ça, un jour tu t’en rendras compte et crois moi mon grand que je serais là pour t’y pousser.

Elle essaie de lui faire entendre toutes ces choses positives, bien consciente que ce chemin à entreprendre ne se fera pas en seulement quelques mots. Elle cible ce qui le ronge, songe à trouver une solution. Une thérapie n’est clairement pas envisageable, pas en vue de leur relation et elle doute que Ronnie accepte de voir qui que ce soit pour parler avec le passif médical de sa mère avec les psychologues. En revanche, il y a peut-être à faire de son côté, subtilement, pour l’aider à remonter vers le haut, à reprendre confiance en lui.

- Je suis fière de toi quoi que tu fasses comme job ou comme chemin de vie. Irène aussi.

Joan parle pour sa sœur mais il ne faut pas être clairvoyant pour comprendre l’amour qui la lie à ce nounours.

- Alors tu vas rester ici cette nuit, ça n’est pas une question mais un ordre.

Elle finit par lâcher son visage et déposer un baiser sur son front, tel un enfant.


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MessageSujet: Re: alone in a room | joan   Lun 21 Mai - 18:30



Acte I ; Scene I - Joan
EXORDIUM.


Il semble s'écouler quelques minutes qui, en lui, se sont écoulées de manière tellement rapide qu'il n'en ressent plus le temps. Non, pas depuis qu'il s'est extirpé de l’hôpital, pas depuis qu'il a quitté cette femme qui, par le passé, lui avait tant apporté ; comme Joan aujourd'hui, depuis un temps qu'il n'a jamais vraiment compté. Et s'il aurait pu s'y éterniser, l'étreinte se brise sous la distance que Joan revient instaurer ; doucement, tendrement, sans vraiment l'en brusquer. Le regard qui se perd sur elle tandis que les mains féminines s'emparent de ses joues, de ses traits, de toute cette déchéance qui s'est ancrée sur son âme, sur son être, sur toute son entièreté. « Tu n’es pas qu’un moins que rien, tu n’es ni un paumé, ni une épave et encore moins un déchet. Ça te semble peut-être complètement erroné là, maintenant, mais tu es bien plus que ce type que tu te persuades d’être. » Il ose un maigre sourire, quelque-chose qui se défait néanmoins trop facilement. Parce qu'il pourrait s'en enivrer de ces mots mais ne s'en donne pas le droit, pas en sachant ce qu'il croit du chemin vers lequel l'ont mené ses pas. Alors il soupire, Ronnie. Il soupire en venant déposer ses mains contre celles de la femme chez qui il se trouve, cherchant un peu de force en usant de ce contact, de cette présence qu'elle lui offre sans ménagement. Mais elle le rappelle à elle, elle cherche son regard et s'y accroche, bien décidé à lui faire entendre tout ce qu'elle pourrait avoir à lui faire imprimer ; et il sait d'expérience qu'elle ne lâche rien facilement. « Tu es quelqu’un de bien, d’adorable, un type qui est plein de ressources malgré ce qu’il pense. Ce qu’il te faut, c’est prendre confiance en toi. Tu es une belle personne ok ? T’es plein de capacités et ça, un jour tu t’en rendras compte et crois moi mon grand que je serais là pour t’y pousser. » Une promesse dissimulée, la parole même qu'elle ne se risquera jamais à le lâcher. Et c'est peut-être ce dont il a besoin, dans le fond, qu'on puisse entrelacer ses mains pour l'aider à franchir ses lendemains. « Je suis fière de toi quoi que tu fasses comme job ou comme chemin de vie. Irène aussi. » Un rire, bref mais sincère, un maigre éclat qui vient rappeler qu'il subsiste tout de même un peu de clarté dans les profondeurs de son être ; et non pas l'inverse. La noirceur règne, depuis bien longtemps, et ça même derrière ce qu'il prétend à ressentir, cette façade à constamment sourire. « Alors tu vas rester ici cette nuit, ça n’est pas une question mais un ordre. » Et il l'aurait parié, en vérité, Ronnie s'en était douté. C'est la raison de son sourire, la raison pour laquelle ses pas ne le mènent pas jusqu'à la porte franchie un peu plus tôt en arrivant là.

« Tu ne lâches jamais rien. » Qu'il ose faire entendre après qu'elle soit venue déposer un baiser contre son front, après qu'elle se soit risquée à lui faire savoir qu'il s'était fait prisonnier. Prisonnier de cette tendre prison, de ce réconfort qui lui manque tant. Le cœur qui s'apaise, l'impression que la chaleur des lieux parvient enfin à jouer sur son esprit, Ronnie cède sans vraiment y avoir réfléchi. Parce qu'il revient, fait quelques pas en direction du séjour qu'il balaie du regard jusqu'à tomber sur son reflet que la fenêtre dévoile à l'aide de l'obscurité du soir. Le teint pâle et la lassitude creusant ses yeux. Il comprend maintenant l'inquiétude perçue dans le regard de son hôte un peu plus tôt et s'il était parvenu à la contrôler jusqu'alors, sa culpabilité en renaît. « Tu m'autorises à prendre une douche puisque je dois rester ? Je t'avoue que j'm'en veux un peu de t'imposer ma gueule dans cet état-là. » C'est honnête et direct. Il préfère lui faire savoir que ses idées quant à ce qu'il pense de lui ne s'envoleront pas aussi aisément que de lui mentir pour la contenter. « J'nous fait même à manger après si tu veux, Emy peut témoigner que j'm'en sors pas trop mal de ce point de vue-là. » Un clin d’œil qu'il lui offre pour tenter de faire passer son embarras, parce qu'il sait qu'elle saura voir, remarquer qu'il joue pour essayer de coller à tout ce qu'elle lui a énoncé. Ronnie aimerait pouvoir être l'homme qu'elle est venue décrire, il aurait voulu que les choses soient toute autre que celles jusqu'alors vécues mais force est de constater qu'il ne peut y parer, qu'il lui faudra passer au-dessus et, avec de la volonté, leur faire oublier ô combien il avait pu être paumé. La route sera longue et certainement fastidieuse mais au regard qu'elle avait pu posé sur lui, il sait qu'au moins une main viendra tenir la sienne pour sa nouvelle vie.       
 

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MessageSujet: Re: alone in a room | joan   Ven 8 Juin - 20:21

Alone in a room
EXORDIUM.
- Tu ne lâches jamais rien.
- Jamais, tu le sais bien.

Clin d’œil accompagné d’un sourire, cette phrase est certainement ce qui la définit le plus. Ne jamais rien lâché. Comme un chien sur son os. Une détermination sans faille et sans borne qui s’est forgé au rythme des années, des rencontres effectuées qui, parfois, l’ont mise à rude épreuve il faut bien l’admettre. Mais Joan est une femme de caractère, déterminée et qui n’hésite certainement pas à taper du poing sur la table si elle juge cela nécessaire. Sa jeunesse est parsemée de coup de tête, d’insolence aussi parfois, à vouloir tester de nouvelles expériences mais surtout se tester elle. Et désormais que son mari a mit les voiles, elle se demande si elle ne devrait pas renouée avec celle qu’elle était. Cette fraicheur qu’elle savait installée dans son quotidien toujours différent, parsemé de surprise, de décision prise au pieds levé.

Joan se lève et se dirige vers la cuisine, entendant les pas lourds de Ronnie derrière elle. Ceux de la solitude, de la tristesse.

- Tu m'autorises à prendre une douche puisque je dois rester ? Je t'avoue que j'm'en veux un peu de t'imposer ma gueule dans cet état-là.
- Dis pas de bêtise… C’est cette même gueule qui attire autant de femmes dans ton lit. Espèce de vieux crooner.

Elle lui adresse un clin d’œil taquin, le charrie un peu pour redonner un sourire à cette carrure un peu bourrine mais si attendrissante.

- Bien évidemment que tu prendre une douche. Fais comme chez toi Ronnie.

Elle aura beau lui répété à chaque fois qu’il viendra mettre un pied ici, il n’ose pourtant toujours pas à s’imposer. Elle peut clairement lui reconnaitre cette politesse qu’Irène doit se charger de lui maintenir à flot, en ordre. D’ailleurs, elle hésite un instant à contacter cette dernière pour l’avertir que son amour de petit frère est ici, au chaud et en bonne santé mais se ravis. Ca ne servirait qu’à foutre le feu au poudre de sa jalousie.

- J'nous fait même à manger après si tu veux, Emy peut témoigner que j'm'en sors pas trop mal de ce point de vue-là.
- T-t-t-t ! Elle agite l’index. Ce soir, tu te reposes et tu me laisses me charger du repas. Va prendre une bonne douche, je m’occupe du reste, compris ?

Elle se comporte comme une mère, c’est affligeant. Mais c’est un instinct qui ressort aussitôt que Ronnie vient à elle… Difficile à ce que ça ne soit pas le cas quand il se ramène avec sa bouille de gamin perdu. Joan est déjà entrain de fouiller dans le frigo, sort deux trois trucs avec déjà une idée en tête de ce qu’elle fera ce soir. De quoi faire un plat copieux, facile et rapide à faire.

- Et je suis certaine qu’Emy ne se plaigne pas de ta nourriture… Cette chienne est loin d’être malheureuse. Elle claque lentement la porte du frigo pour se tourner vers l’animal qui redresse son museau vers eux, bien consciente qu’on parle actuellement d’elle. Hein ma belle ?

Peut-être qu’elle devrait songer à avoir son propre chien, pour lui tenir compagnie et parce que Joan a toujours aimé les animaux. En particulier les chiens. La psychiatre balaie cette idée bien vite de son esprit, se tournant vers Ronnie.

- Je dois bien avoir quelque chose pour elle dans le frigo. Allez, à la douche. Tu trouveras des affaires propres dans le placard de droite, ce sont des fringues à toi que j’ai laver.

Elle ne lui rappelle pas d’où elle les sorts, n’apporte pas plus de précision. Ne lui raconte pas que ce sont des fringues qu’elle a récupérer au fur et à mesure de l’avoir ramassé complètement bourrer sur un morceau de trottoir, dans un bar, dans un square. Vêtements qu’elle lui a défait comme un enfant, qu’elle a lavé pour les remplacer par d’autre. Une boucle éternelle mais qui pourtant ne lui pose pas forcément de problème. Loin de là. Elle préfère ça plutôt que de le laisser croupir dans son coin.
Joan se charge de préparer une bonne omelette agrémenté de bacon sans manquer d’en donner quelques morceaux à Emy qui n’a pas loupé l’occasion de se présenter à la psychiatre, queue remuante, truffe en l’air.

- Toi. Avec ta bouille à croquer, je n’serais pas étonner de me retrouver avec un copain de jeu d’ici quelques mois.

Elle l’affuble d’une caresse, lui donne un énième morceau de bacon avant de retourner à sa tâche et poursuivre cette soirée en offrant à Ronnie une ambiance plus douce et apaisée.



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