Partagez | 
 

 Look at me standing... | thomas

Aller en bas 
avatar


ADMIN ٩(◍•ᴗ•◍)۶❤
crédits : schizophrenic | tumblr | weheartit
messages : 508
quartier : west side
physique : tatouage représentant son allégeance aux kings sur le bras gauche, quelques cicatrices de guerre ici et là, une plus accentuée à la jambe droite qui lui a valu son retour au pays et une entaille mal cicatrisée au ventre suite au coup de couteau de sa maitresse, Mia

MessageSujet: Look at me standing... | thomas   Dim 11 Fév - 21:02



...here on my own again.
EXORDIUM.

« Pas comme ça, putain ! » Ça résonne encore dans sa tête, ça vient se perdre dans les couloirs de son âme comme pour ne plus rien laisser que ce souvenir, que ces images. Et elles hantent, ces pourritures, elles ne font même que cela, errer avec pour seule compagnie cette douleur fouineuse qui, dans chaque recoin de sa tête chancelante, commence à prendre ses aises et lentement s'ancre. Il n'entend plus que sa voix qui hurle, ces frères qui tentent de vaincre leurs liens dans l'espoir de pleinement s'en défaire. Mais aucun d'eux, aucun d'eux n'est parvenu à le faire. S'en suit alors la rage, cette colère qui monte, qui se matérialise en un pied un peu plus lourd, une main un peu plus lasse, sur la vitesse peu regardante. Celle qui vient rendre l'instant plus flou qu'il ne l'est déjà. Devant lui, maintenant, s'étend une route encore paisible, un axe d'ordinaire bien fréquenté qui ce soir n'appartient qu'à lui et ces choses qui n'en finissent plus de le tourmenter. Tant de non-dits qui s'imposent à son esprit, tant de solutions qu'il n'a pas su trouver au bon moment par manque de raison, de réflexion. Sebastian secoue brièvement la tête, baissant un instant les yeux, laissant l'azur de ses prunelles se poser sur l'engin métallique qu'il chevauche, cette même montagne de fer qui revient à chaque seconde depuis sa sortie d'entrepôt. Parce qu'elle était là, actrice première de cette scène d'horreur qui n'en finit plus de se jouer. Ça revient, encore, encore et encore. Un léger « stop » se laisse entendre à l'intérieur de son casque tandis que, lentement, le vent frais qu'il brave se met à frapper, toujours plus violemment, toujours plus fort. Plus insistant. De plus en plus présent. Sebastian s'expose à ces rafales, à ces murs immatériels éparpillés sur cette route qu'il ne contemple même plus. Il n'est plus rien dans sa tête si ce n'est le souvenir de cette fameuse soirée, cette nuit où tout a dérapé, où tous ses sens lui ont échappés. Et la voix de Caleb, et cette expression le long de ses traits, et ses membres accrochés à ce qu'il conduit encore comme si de rien n'était. C'est cette pensée qui l'amène à finalement relever la tête, essayer de se remettre de tout ce qui est en train de le hanter. En vain, en vain. Parce que tout se fait plus net que ça n'avait pu l'être, plus net que lorsque les choses s'inscrivaient dans sa tête. Un nouveau mouvement de la tête et l'équilibre qui se perd, la raison qui se terre.

Une heure, peut-être deux. L'obscurité s'est installée, déterminée. Et il l'a laissé, il l'a laissé prendre d'assaut cet horizon qu'il n'a cessé de guetter ; alors savoir pourquoi, quelle raison dans sa tête pour palier à cet air aliéné. L'azur de ses prunelles semblent se rafraîchir aussi certainement que l'air autour de lui. Et il attend, le Sergent d'Armes. Il attend parce qu'il n'a plus que cette motivation étrange pour apaiser cette culpabilité d'être présent. Lui, lui et pas un autre. Un autre qu'il aurait peut-être pu sauver, qui sait. Non, bien-sûr que non mais O'Malley ne l'admettra pas, jamais, pas avec ce fardeau désormais posé sur ses bras. C'est souffrir pour celui qui ne le pourra plus, souffrir parce qu'ils n'ont pas su être à la hauteur de tout ce qui commençait à leur tomber dessus. Souffrir parce qu'on l'a mit à l'écart quand, rien qu'à lui seul, il aurait pu au moins les débarrasser d'une bonne poignée de ses enfoirés. Peut-être à tord, en risquant sa vie, celle qu'il va pourtant devoir reprendre en main pour cette petite fille à peine née. Mais la conscience ne vient pas encore, la conscience ne parvient pas à se faire entendre. Parce qu'il reste, en ce cœur, une bonne part de malheur. Quelque-chose qu'il va lui falloir contrôler, quelque-chose qu'il va lui falloir apprivoisé. Mais là, là, non. Défait, exténué, Sebastian erre là où de nombreuses de ses soirées se sont déjà passées, là où sa moto a accepté de le traîner du mieux qu'elle a pu malgré leur dernière chute, tout juste arrivée. Il l'a laissé s'écraser, contre le sol le traîner. Sebastian n'a rien fait, rien si ce n'est finalement se relever, marcher jusque là où il s'est échoué, le dos contre un mur aujourd'hui délavé. Au loin, le lac Michigan laisse s'écraser ses vagues contre la berge, là où autrefois jouait Irene, comme dans ses souvenirs ; ceux qu'il préférait s'offrir. Mais ce soir, ce soir ne semble flotter à la surface que le cadavre d'un homme aux traits familiers, d'un fils abandonné, tous deux rattrapés par les rapaces. Un haut le cœur et cette douleur toujours plus vive, plus dure, plus brutale. Un haut le cœur et l'impression que le monde chancelle sous ses pieds tandis qu'il essaie de rester éveiller ; ça avant que ses tripes ne tentent d'évacuer tout ce qu'il avait pu avaler, tout l'alcool jusqu'alors consommé. Il a laissé sa perdition le tenir, jusque dans ses tréfonds le bannir et Sebastian s'est laissé pourrir. Deux jours ont passé, peut-être trois. Ou quatre et, cette fois, son estomac ne suit pas. Son corps ne tient pas. Pourtant il s'élève, Sebastian, il s'élève pour avancer, vers l'eau se diriger, poussé par une envie qu'il ne pourrait même pas expliquer.      

_________________


runaway
As I walk along I wonder a-what went wrong with our love, a love that was so strong. And as I still walk on, I think of the things we've done together, a-while our hearts were young.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



crédits : Me
messages : 305
quartier : West Side

MessageSujet: Re: Look at me standing... | thomas   Mar 13 Fév - 22:34

Look at me standing…
EXORDIUM.
Ce soir ne sera pas celui où il pourra cuver sa peine, chialer comme une merde, exploser de nouveau de rage. Ce soir, il devra oublier ses peines, ses propres frustrations et désillusions, oublier la douleur palpitante au creux du bide et de son crâne, au profit d’une autre souffrance qu’il va devoir gérer.
Pour Irène mais aussi pour cet abruti de Sébastian qui est partie il ne sait où. Thomas a deux choix qui se présentent à lui : Entrepôt ou la cabane. Fais chier putain. Il a l’impression de se retrouver face à un dilemme à la con dans ces jeux ou films où t’as une chance sur deux de faire le mauvais choix et d’être responsable malgré toi de la mort de quelqu’un. Et ici, en l’occurrence, d’un frère.
Thomas a beau le détester parfois, lui en vouloir à crever d’être qu’une putain d’ordure avec sa femme, il n’en reste pas qu’il fait partie de la famille, qu’il est un membre à part entière, un frère. Et malgré toute la frustration que ça lui apporte, le hacker s’inquiète pour cette tête de con qui ne répond plus à aucun message et encore moins au sien.

- ‘Chier, sont où les clés de cette putain de bagnole.

Celle qu’il n’utilise en principe jamais puisqu’il est censé avoir une moto. Cette dernière qu’il a démoli à coup de barre de fer et d’il ne sait quoi d’autre, de rage, d’une haine incontrôlable, révulsé à l’idée qu’elle ait pu aider au meurtre de Caleb. Le souvenir lui retourne le bide, les sons et odeurs lui reviennent brusquement, prêt à le faire gerber.
Le hacker prend une demi-seconde pour s’asperger le visage d’eau fraiche, histoire de se reprendre un peu avant de mettre la main sur ses putains de clés et de descendre son immeuble pour se mettre en route.

Et pendant qu’il actionne les clés, Thomas est entrain de souhaité que toute cette situation n’est qu’une fausse alerte, qu’il n’est pas entrain de vivre ce merdier sans nom. Que cet abruti n’a pas essayé de se foutre en l’air parce que si c’est le cas et qu’il s’est loupé, il peut dire adieu au club et Thomas n’est pas certain que c’est la meilleure chose qu’ils puissent leur arriver en ce moment. Pas un membre aussi important que Seb.
Il ne saurait pas dire pourquoi son dévolu ce jette sur le trajet de la cabane, peut-être parce qu’il connait déjà l’itinéraire et qu’il ne perdra pas de temps avec un GPS approximatif… reste plus qu’à souhaité qu’il ait fait le bon choix maintenant. Et Thomas n’hésite pas à accélérer, se foutant des limitations de vitesse ou de se faire flasher puisque dans ce genre de situation, chaque seconde compte. Ca lui fout une pression monstre sur les épaules.
Comme s’il avait besoin de ça. Putain.

Ses mains tremblent, ses nerfs sont à vif. Il n’a pas ou à peine dormi depuis ce soir-là, le peu de fois où il a réussi à trouver le sommeil étant pour faire face à des cauchemars immondes qu’il n’a pas envie d’affronter. Sans compter les doutes qui lui rongent la conscience.
Thomas se concentre de nouveau sur la route, tente de rester le plus alerte possible et de ne pas se laisser bercer vers l’horreur des souvenirs, entrain de souhaiter que Sébastian n’ait pas fait cette connerie. Pas lui. La route continue de s’étendre devant lui, les minutes défilent et chacune d’elle est peut-être une chance en moins d’arriver à temps.

- Putain…


Il ne tarde pas à apercevoir la moto au sol, dans un sale état.
Thomas freine sèchement, coupe le contacte et sort rapidement de sa bagnole, manquant de se péter la gueule en se prenant les pieds dans il ne sait quoi. Le hacker se précipite vers le deux roues cabossés et son estomac fait de nouveau un 180°. Pas de Seb aux alentours, pas de cadavre. Mais vu l’état de la moto, il ne serait pas surprenant de le retrouver à une trentaine de mètre de là.

- SEB !

Il avance vers la cabane, plisse les yeux et aperçoit une silhouette qui tangue légèrement vers le lac Michigan mais qui avance malgré tout.
D’abord, le soulagement. Parce que ce con est toujours en vie, debout et que s’il comptait se foutre en l’air, il n’y était pas parvenu. Hunt accourt jusqu’à lui, ne traine pas.

- Putain mais qu’est-ce que tu fous merde !

Il le tourne vers lui, brusquement, certes, mais rien à foutre. Il l’a fait flipper mais surtout Irène est entrain de crever d’inquiétude alors qu’elle vient d’accoucher de leur gamine. Merde.

- Qu'est-ce que tu branles ici ? Irène crève d'inquiétude à l'hosto et toi tu viens faire trempette dans le lac ? Tu déconnes putain !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


ADMIN ٩(◍•ᴗ•◍)۶❤
crédits : schizophrenic | tumblr | weheartit
messages : 508
quartier : west side
physique : tatouage représentant son allégeance aux kings sur le bras gauche, quelques cicatrices de guerre ici et là, une plus accentuée à la jambe droite qui lui a valu son retour au pays et une entaille mal cicatrisée au ventre suite au coup de couteau de sa maitresse, Mia

MessageSujet: Re: Look at me standing... | thomas   Jeu 22 Fév - 1:40



...here on my own again.
EXORDIUM.

L'air froid rappelle à ses songes toute l'horreur qui s'est installée, tout ce qu'il a du surmonter. Et tout lui revient, tout. La douleur quand James rendait son dernier souffle, le cri de Caleb qui résonne comme un glas possiblement trop lourd pour ses épaules déjà bien chargées. C'est un tout, une combinaison de fardeaux qui se dépose le long de ces dernières, fardeaux dont il aimerait se défaire. Alors il continue, puisant dans son dernier élan avant que les échos de ses souvenirs ne soient surpassés. La voix qu'il perçoit, il ne l'entend pratiquement pas mais elle est là, bien présente derrière lui, reprenant certainement ses pas. Et si sa raison lui fait entendre de faire demi-tour, son cœur n'en chante que le contraire depuis quelques jours. Avancer, se perdre dans des horizons qu'il ne pensait pas pouvoir approcher. Et au-loin, James semble lui tendre la main, ce sourire qu'il aimait à lui procurer d'accrocher le long de ses lèvres rosées. Un haut le cœur plus brutal, quelque-chose qui rend son approche de cette baie un peu plus vitale. Ça malgré l'estomac qui commence à brûler, ça malgré sa tête qui commencer à tourner, les douleurs bénignes à ses membres éraflés qui commencent à s'éveiller. Sebastian tente de continuer, lutte contre sa propre personne pour instaurer cette nouvelle volonté. Celle qu'on vient lui arracher, celle qu'on vient rendre inachevée. « Putain mais qu’est-ce que tu fous merde ! » Et cette voix bien plus forte, ces souffles qui viennent se briser dans son dos avant qu'une main ne l'amène à s'arrêter, vers cette nouvelle silhouette se tourner. Envolé, l'apaisant souvenir d'un James souriant. Brisé, le silence à peine instauré dans sa tête malmenée, les râles de Caleb jusqu'alors effacés. Puis retrouvés. Tout comme la souffrance des pertes à essuyer. « Qu'est-ce que tu branles ici ? Irène crève d'inquiétude à l'hosto et toi tu viens faire trempette dans le lac ? Tu déconnes putain ! » Il n'assimile pas tous ses mots, ne parvient pas à ancrer son regard dans le sien, pas même sur le peu de traits qu'il croit lui distinguer. Mais il le reconnaît, enfin, il parvient à voir et le remet. Thomas, évidemment. Qui d'autre. Qui d'autre pour savoir où sa route pourrait le mener, qui d'autre que lui pour entendre ce que Irene pourrait avoir à confier quant aux perditions du roux qui sent de nouveau sa tête tourner. Il soupire, s'essaie à bien respirer, sentant ses poumons le surmener et la parole lui manquer. Tout semble si loin, si défait. Tout lui semble hors de porter. Et pourtant, pourtant tout est là, sous ses yeux, en quelques mots envolés. Des mots qu'il commence à comprendre, à pleinement encaisser.

Sebastian sent ses forces de nouveau lui manquer, en venant à poser ses mains contre ses genoux comme dans l'espoir de trouver un minimum de stabilité. L'air devient lourd, pesant, et cette douleur sur son cœur redouble aussitôt d'effort. L'alcool, la fatigue, le chagrin, le tout cumulé et recraché, là, devant Thomas, juste à ses pieds. Il laisse le liquide chaud et amer de tout ce qu'il a consumé se perdre sur le sol qui, sous ses yeux, semble éternellement danser. Et il lui faut quelques secondes, quelques minutes même pour pleinement parvenir à se redresser, vers un ciel pollué lever ses yeux embrumés. « Elle est la prochaine. » Qu'il laisse entendre dans un murmure qui semble lui écorcher bien plus que la gueule au vu de la souffrance qui s'installe sur ses traits, au vu des larmes qui – de nouveau – retrouvent le chemin jusqu'à ceux-là. Exténué, il l'est. « James, Caleb, les autres. » Parce qu'ils ont perdus tellement de monde à cause de ces pourritures-là, parce qu'ils ont tant encore à perdre à cause de cette voie-là. Et il n'est pas sûr d'être à même de les surmonter, les prochaines. Non, Sebastian n'est pas sûr d'être à même de se sentir aussi impuissant qu'en cet instant, que précédemment quand son cœur se brisait à voir Caleb sous ses yeux s'arracher, quand James peinait à respirer malgré tout ce qu'il essayait d'accomplir pour le sauver. « C'est un putain de jeu de dominos, Thomas. » Qu'il laisse simplement entendre, reculant de quelques pas, titubant encore avant de chercher un minimum d'équilibre avec ses bras. Bras qu'il lève seulement quelques secondes avant d'y voir ses quelques plaies, les légères blessures qu'il porte de cette chute à moto dont il s'est pourtant relevé. Et l'une de ses mains qui vient se perdre contre ses traits, contre ses yeux, parcourant son faciès comme dans l'espoir que ce simple geste puisse l'aider à mieux se sentir. Naïf, pour cette nuit ; loin de comprendre que là n'est pas la fin de sa vie. Très loin. « James, Caleb, les autres. Et puis elles. » Il crache ce qu'il considère comme une vérité en un sourire ironique, quelque-chose qui trahi tant de douleur, tout ce qui hante ce soir ce cœur. « Elles, parce que c'est comme ça que ça fonctionne. On perd, on se relève et on recommence. Inlassablement. C'est un putain de cycle et j'peux pas laisser quoi que ce soit leur arriver. » Et les confidences alcoolisées, la montée d'une culpabilité injustifiée, d'un égocentrisme démesuré. « Je peux pas. » Qu'il répète en continuant de reculer, cherchant d'abord à fuir la confrontation, fuir aussi loin qu'humainement possible. Réfléchir, surtout, plus qu'autre chose. Mais Thomas suit, Thomas à cela nuit. Alors il s'arrête, dans son élan. Il s'arrête, venant lui faire pleinement face. « Alors tu vas faire quoi ? Me traîner là-bas, tenter de me prouver que j'ai tord jusqu'à ce qu'elles crèvent elles-aussi dans mes bras ? Hm ? » Fatiguant ? Oui, il l'a toujours été.       

_________________


runaway
As I walk along I wonder a-what went wrong with our love, a love that was so strong. And as I still walk on, I think of the things we've done together, a-while our hearts were young.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



crédits : Me
messages : 305
quartier : West Side

MessageSujet: Re: Look at me standing... | thomas   Mer 28 Fév - 0:24

Look at me standing…
EXORDIUM.
Remonté et inquiet, j’ai envie de lui coller une gifle en pleine gueule pour le réveil. Ce con m’a foutu la trouille, je m’attendais à le voir mort en trois morceaux après avoir vu l’état de sa moto. Mais passé le stress, la colère grimpe en flèche. Je sais pas ce qu’il est venu foutre ici, ce qu’il comptait faire mais j’aime pas ça, pas quand j’comprends que Seb présentait un risque de suicide.
Putain, il sait pourtant ce que ça pourrait lui coûter aux yeux du club s’il tentait un geste aussi stupide. Et puis merde, il a une femme et une fille maintenant, il a toutes les raisons de se raccrocher à quelque chose contrairement à certains d’entre nous.

J’ai l’impression qu’il ne m’entend pas vraiment, jusqu’à ce qu’il se plie en deux, mains sur les genoux et qu’il commence à gerber.

- Putaiiiin…

Je m’écarte mais pas suffisamment rapidement pour ne pas voir que le liquide gifle sur mes baskets et le bas de mon jean.
Soirée de merde. Semaine de merde. Fais chier. L’odeur acre et alcoolisé me parvient et je secoue la tête, sentant mon estomac se retourner. J’suis pas en meilleur forme que lui – quoi que… - et j’ai pas tellement envie de l’accompagner.
Je soupire, me passe une main sur le visage et viens lui tapoter le dos.

- Allez, ça sera mieux dehors que dedans.

En temps normal, on aurait sorti une vieille blague graveleuse mais l’ambiance ne s’y prête pas et même moi qui suis le premier pour ce genre de chose, j’en ai pas envie, trop blasé, trop crevé pour ça. Je lui laisse le temps qu’il lui faut pour se reprendre, comprenant que s’il s’est viandé comme un sac c’est parce qu’il n’doit pas être tout frais. Suffit de sentir l’odeur de son dégueulis pour se donner une petite idée du gramme d’alcool qu’il a dans le sang.

-  Elle est la prochaine.
- Hein ?
- James, Caleb, les autres. C'est un putain de jeu de dominos, Thomas.

J’suis censé lu dire quoi à ça moi ? J’suis pas venue ici pour jouer les psys mais pour le ramener à sa femme… Mais j’peux pas non plus être insensible à ce qu’il me dit alors qu’il essaie de se redresser, titubant légèrement. Seb a toutes les raisons que d’être flingué et de se demander si les prochains sur la liste ne seront pas sa femme ou même sa fille. Je sais que Caleb et lui se connaissaient depuis des années avec Gab, je sais que ça les touche certainement plus que nous mais on n’peut pas s’arrêter là, à « ça ».

- James, Caleb, les autres. Et puis elles. Elles, parce que c'est comme ça que ça fonctionne. On perd, on se relève et on recommence. Inlassablement. C'est un putain de cycle et j'peux pas laisser quoi que ce soit leur arriver. Je peux pas.

J’le laisse déblatérer ce qu’il a à cracher, sans le lâcher des yeux. Certes, Sebastian n’est peut-être pas celui que je préfère, n’est pas celui avec qui je m’entends le mieux mais il reste un frangin, un membre du club et j’le laisserais pas là à chialer sur son sort parce que ce dont il a besoin, c’est pas qu’on aille lui faire un gros câlin et qu’on chiale avec lui mais qu’on lui foute deux trois claques dans la gueule pour qu’il se réveille, pour qu’il nous revienne. Parce que putain, on a besoin de lui. De Gab. Ils sont nos piliers, les plus anciens mais aussi ceux qui nous ont éduqués, qui ont fait des KoS ce qu’ils sont aujourd’hui. On va faire quoi si tout se casse la gueule comme ça ? James lui-même à l’air d’avoir laisser son âme là-bas, près des membres déchiquetés de Caleb.
Et quand j’vois ça, ça me fout les nerfs parce que tout ça c’est la faute de serbes et de cette petite salope de taupe. Plus que jamais, mon besoin presque obsessif de le coincé se manifeste. Le jour où je lui tomberais dessus, il comprendra ce que Félix faisait dans les salles obscures du club lorsqu’on entendait le gars hurler le nom de sa mère.

-  Alors tu vas faire quoi ? Me traîner là-bas, tenter de me prouver que j'ai tord jusqu'à ce qu'elles crèvent elles-aussi dans mes bras ? Hm ?

Mains sur les hanches, je plante mon regard dans le sien.

- Ca y est, t’as fini de chialer ? Depuis quand tu nous joues les pleureuses, Seb ? Aux dernières nouvelles, les serbes ne t’ont pas coupé les couilles à c’que je sache.

Il a besoin à ce qu’on lui remette les pendules à l’heure ou à ce qu’on le ramène à nous, très bien. Quitte à ce qu’il me foute une droite dans la gueule, tant pis, mais au moins il aura une réaction et un élan de vie. Je le pointe du doigts d’un geste rageur.

- Alors tu vas m’faire le plaisir d’arrêter ça et te reprendre un peu. Tu comptais faire quoi pour pas que ton « cycle de la vie et de la mort » de merde continue sa philosophie à la con, te foutre en l’air ? Jouer les gros lâches et les laisser dans la merde ? Je marque une pause histoire que tout s’imprime en gros dans sa tête de rouquin. Tu veux pas qu’Irène et la p’tite te claque entre les doigts ? Alors bouge toi le cul, rentre chez toi et va protéger ta famille, merde.

D’une main sur l’épaule je le pousse d’un geste sec pour qu’il se réveille un peu et qu’il se redresse, qu’il arrête d’avoir ses épaules affaissées, abattues. C’est un peu dur, un peu brutale voir même prématuré mais on n’peut pas se permettre de cuver notre deuil plus longtemps. On n’en a pas le temps et les Serbes ne nous lâcheront pas, s’attendant visiblement à une faiblesse de notre part. Et j’préfère crever que de leur laisser une énième occasion que de nous la mettre bien profond.

- T’as pas le droit de les abandonnés comme ça, c’est pas ta mort ou ta disparition qui changera quoi que ce soit et tu l’sais. Et t’as pensé à nous ? Au club ? On a besoin de vous les gars, va falloir penser à reprendre vos balls et revenir parce qu’on va pas remonter la pente tous seuls. Je sais que t’es flingué par la mort de Caleb, que t’es complètement paumé mais on l’est tous un peu et le MC sert à quoi si tu ne nous laisse pas t’aider ?  

C’est foutrement hypocrite de ma part, moi qui compte mettre sous surveillance l’ensemble du club mais ça ne change rien aux faits. Nous sommes une fratrie et je n’ai jamais lâché un de mes frères.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


ADMIN ٩(◍•ᴗ•◍)۶❤
crédits : schizophrenic | tumblr | weheartit
messages : 508
quartier : west side
physique : tatouage représentant son allégeance aux kings sur le bras gauche, quelques cicatrices de guerre ici et là, une plus accentuée à la jambe droite qui lui a valu son retour au pays et une entaille mal cicatrisée au ventre suite au coup de couteau de sa maitresse, Mia

MessageSujet: Re: Look at me standing... | thomas   Mar 6 Mar - 21:10



...here on my own again.
EXORDIUM.

« Ça y est, t’as fini de chialer ? ; question dure, brutale, directe. Parce qu'il n'a rien écouté, parce qu'il ne comprend rien de ce qui est en train de le tourmenter. C'est ce qu'il se dit, ce qu'il vient penser tandis que ses songes s'entremêlent, tandis que son monde de nouveau commence à tourner. C'est prenant, envoûtant, déstabilisant. C'est coriace, peut-être aussi tenace que toutes les images qu'il s'imagine déjà bêtement dans un recoin de sa tête. Sebastian laisse une toute nouvelle phase descendante s'installer, là, depuis que Caleb a été arraché sous ses yeux embrumés. Et plus les secondes passent, plus le temps s'estompe, plus le reste devient illusoire. Il n'a pas la force d'endurer la même faiblesse que lorsque James rendait son dernier souffle. Pas encore une fois, pas en sachant que ce sont les mêmes à lui avoir causé ce tord. Ces mêmes âmes qu'il n'a pas su réduire à néant quand l'occasion fut à portée de main. Des pensées que Thomas n'entend pas, continuant sur sa lancée, laissant sa voix venir tout empirer. Depuis quand tu nous joues les pleureuses, Seb ? Aux dernières nouvelles, les serbes ne t’ont pas coupé les couilles à c’que je sache. » Il fronce les sourcils, cherche à comprendre où il veut en venir sans en être capable. Et dans sa réflexion, dans tout ce qu'il essaie de se faire entendre, la colère peine à monter parce qu'il n'a même pas la foi de venir se défendre contre ses insultes finalement laissées. Celles qu'il laisse planer en venant oser quelques pas, rien que quelques pas comme dans l'espoir de pouvoir réfléchir. En vain. En vain car le souvenir de l'horreur infligé reste intact. « Alors tu vas m’faire le plaisir d’arrêter ça et te reprendre un peu. Tu comptais faire quoi pour pas que ton « cycle de la vie et de la mort » de merde continue sa philosophie à la con, te foutre en l’air ? Jouer les gros lâches et les laisser dans la merde ? Néanmoins, cette fois, il s'en redresse. Sebastian use des derniers instants de lucidité qui semble lui rester pour venir retrouver sa hauteur, devant lui s'imposer comme pour lui faire entendre que de telles paroles n'ont pas à être dites. Parce qu'il n'en est pas là, parce qu'il n'a pas encore ces pensées-là et qu'en cet instant même, il les trouve ridicules. Tu veux pas qu’Irène et la p’tite te claque entre les doigts ? Alors bouge toi le cul, rentre chez toi et va protéger ta famille, merde. » Quelques larmes parviennent à perler le long de ses joues, de nouvelles venues qui peinaient à se montrer depuis ce qu'ils ont eu à endurer. Et les voilà, directes, acides contre sa peau rougie par le froid et les sanglots. Sebastian en baisse le regard, Sebastian termine par lâcher prise, les épaules qui s'affaissent à nouveau avant que Thomas ne s'en mêle, avant qu'il ne le reprenne. Un sursaut, un râle de douleur qui s'extirpe du tréfonds de sa gorge tant la souffrance morale est vivace, davantage maintenant, davantage maintenant que celui tout juste arrivé lui rappelle qu'en cet instant, oui, tout pourrait être de sa faute.

Et il voudrait lui dire de partir, de dégager, de le laisser pourrir là où personne ne pourrait le trouver parce que c'est ce qu'il mérite en entendant cela, en comprenant qu'il n'a fait que les abandonner quand tous ceux qu'il se doit de protéger sont encore en danger. Caleb a eut la chance du répit, James aussi. Mais eux, eux peuvent encore tant endurer et lui est là, avec sa stupidité. Drama-queen, dans sa tête Sebastian ne mérite que la solitude. Cette solitude qui ne s'offre pas à lui, Hunt revenant jouer de son timbre de voix. « T’as pas le droit de les abandonnés comme ça, c’est pas ta mort ou ta disparition qui changera quoi que ce soit et tu l’sais ; une envie de lui hurler de la fermer, de fermer sa grande gueule et de rejoindre la route même qui l'a mené jusqu'ici. Il n'a pas la force d'en entendre davantage. Parce que bourré, parce que bipolaire, parce qu'endeuillé. Comme eux... Et t’as pensé à nous ? Au club ? On a besoin de vous les gars, va falloir penser à reprendre vos balls et revenir parce qu’on va pas remonter la pente tous seuls. Oui, ceux-là même que Thomas vient rappeler à sa mémoire un peu abîmée, plutôt embrumée. Je sais que t’es flingué par la mort de Caleb, que t’es complètement paumé mais on l’est tous un peu et le MC sert à quoi si tu ne nous laisse pas t’aider ? » Et la lame s'enfonce profondément, creusant un peu plus le néant qui s'est installé contre sa poitrine. Ça vient rendre sa chair un peu plus fragile, ses membres bien moins solides.

Sebastian en vient à lever son regard sur cet homme venu jusqu'ici, le seul qui aurait pu finalement l'approcher dans les ténèbres qu'il laisse s'installer. Parce qu'il connaît cette perdition pour l'avoir déjà bravé, parce qu'il se souvient des tourments qui le guettaient à la moindre de ses approches, la moindre présence qui – trop près de lui – finissait également par ternir. C'est la raison des larmes qui perlent encore le long de ses traits défaits, là, contre cette neutralité qui recommence à s'installer. Il aimerait pouvoir se battre, se relever, rendosser un rôle qu'il n'avait que réussit jusqu'à ce que les choses ne parviennent à le dépasser. Et pourtant, pourtant c'est sur lui qu'on compte encore, sur lui qu'on doit encore compter. C'est à lui de se relever avant que les autres n'y parviennent, à lui de faire entendre qu'une force est à cueillir quand l'opacité tente son règne. Une force qu'il n'arrive pas à puiser dans le peu de ressources qu'il croit encore posséder. Stupide, téméraire. L'alcool et le deuil n'ont jamais fait bon ménage ; davantage si la mémoire s'en mêle malgré tout ce qui s'est déjà passé, tous ces âges. Tous ces souvenirs, tous ces souvenirs. Et ce haut le cœur qui remonte, cette pâleur qui – de nouveau – s'installe contre son faciès ; celui qui porte désormais la marque d'une fatigue prenante, d'une douleur envahissante malgré sa femme et leur fille à peine naissante. C'est à lui qu'il songe, à elles qu'il songe avant de sentir son cœur s'emballer, dans ses limbes doucement se noyer. « Je vais y retourner... ; une pause, quelques pas qu'il ose franchir encore en direction d'un océan un peu plus calme. Ou peut-être que son esprit lui joue des tours. Ce même esprit qui, un peu plus tôt, lui donnait l'impression d'y voir James et Caleb dans un santé qu'il aurait voulu voir perdurer. Je vais essayer. Qu'il essaie à nouveau de dire, s'adressant à Thomas bien que ses propres mots lui soient entièrement destinés, Sebastian essayant de s'en persuader. Je vais essayer de les protéger mais... ; parce qu'il demeure toujours un « mais » dans les complaintes de ceux dont l'âme n'a point de juste milieu. J'n'ai pas su protéger James quand c'est arrivé, et je n'ai rien pu faire pour Caleb encore. Qu'est-ce que ça changera que je sois là ou pas quand ces fils de pute décideront de faire de nouveaux exemples pour des conneries qu'on décidera devant le premier vendu venu, Thomas ? Qu'est-ce que j'y pourrais ? Je peux essayer de relever tout le monde, je peux faire comme si de rien n'était mais j'aurais cette idée, là ; une pause, quelques pas en direction du brun à l'égard de qui il colle la pulpe de son index contre sa tempe, insistant sur ses derniers mots histoire de lui faire entendre que rien ne le sauvera de cette haine qui naîtra. Elle sera là et elle partira pas tant qu'on en aura pas fini avec eux. » Et c'est pour cette même colère qu'on avait choisi de le laisser de côté, de lui épargner une présence prolongée à leur côté. « Sauf qu'en finir avec eux, c'est prendre le risque d'en voir d'autres prendre pour nos sales gueules. » Qu'il termine par rajouter, titubant encore à moitié, laissant son instabilité s'allier avec ce besoin de sommeil qu'il devrait essayer d'assouvir ne serait-ce qu'un temps léger. Mais pas là, pas en cet instant-là, la colère grondante et le chagrin tenace. « Qu'est-ce que tu ferais toi ? »       

_________________


runaway
As I walk along I wonder a-what went wrong with our love, a love that was so strong. And as I still walk on, I think of the things we've done together, a-while our hearts were young.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



crédits : Me
messages : 305
quartier : West Side

MessageSujet: Re: Look at me standing... | thomas   Jeu 22 Mar - 14:18

Look at me standing…
EXORDIUM.
- Je vais y retourner... Je vais essayer.

Paroles inespérées, que je n’attendais plus.

- Non vieux, t’essaie pas. Tu FAIS.


C’est presque un ordre qui franchit mes lèvres même si ça n’est pas tellement ma place face au sergent d’armes. Mais c’est pas comme si j’avais dix choix devant moi pour lui secouer le prunier. Nous n’en sommes plus là, nous n’en sommes plus à ce stade, pas à l’heure actuelle où la situation n’est qu’un foutoir sans nom qui semble vouloir s’éterniser, s’étirer dans le temps.

- Je vais essayer de les protéger mais...

Y a toujours un « mais » pour ce genre de connerie, pour ces discours que l’on essaie toujours d’embellir et de dorés de belles paroles, de jolis morts pour donner au tout quelque chose de plus solide. Mon cul. Ce n’est que de la poudre aux yeux jetés à la gueule et si ce con se prête à cet exercice, j’le gifle.

- J'n'ai pas su protéger James quand c'est arrivé, et je n'ai rien pu faire pour Caleb encore. Qu'est-ce que ça changera que je sois là ou pas quand ces fils de pute décideront de faire de nouveaux exemples pour des conneries qu'on décidera devant le premier vendu venu, Thomas ? Qu'est-ce que j'y pourrais ? Je peux essayer de relever tout le monde, je peux faire comme si de rien n'était mais j'aurais cette idée, là. Elle sera là et elle partira pas tant qu'on en aura pas fini avec eux.

Il me pointe sa tempe de son index et je ne le lâche pas des yeux.
Je n’sais pas si c’est de la colère ou de la déception qui se faufile sous mes côtes. Peut-être les deux. Quand j’entends son discours j’ai envie de lui gueuler dessus qu’il savait pourquoi il a signé en venant s’engager dans le club, qu’il savait que ça ne sera JAMAIS de tout repos et que nous n’sommes pas un putain de gang de bicyclette à turbans roses à se pavaner le cul dans Chicago pour faire les belles. Qu’un jour où l’autre, ce genre de fils de pute allait nous tomber sur le coin de la gueule. A quoi il faut s’attendre avec tous les trafics qu’on branle ?
J’peux pas dire que j’le comprend. J’ai pas de gamin, pas de femme, juste moi et mon indépendance. Mais au-delà de la déception, Seb me mène vers d’autres questions.
Comment en vouloir à des types comme lui de se chier dessus à l’idée de perdre leur gamins ou leurs nanas ? J’pense à James, aussi. Et à tous ceux qui vivent leur petite idylle en marge du club, histoire d’avoir un point de chute après ce genre de merde. D’avoir des bras où se réfugier quand on a la gueule explosée d’incompréhension, de questions, d’angoisse.

- Sauf qu'en finir avec eux, c'est prendre le risque d'en voir d'autres prendre pour nos sales gueules.

Là encore, je serre les dents. Forcément que rien ne se finira avant la fin des serbes, avant la mort de ces enculés. Mais est-ce que la meilleure façon est vraiment de se pencher, tousser bien fort et de se laisser enfiler sans rien dire ?

- Qu'est-ce que tu ferais toi ?

Sourcils froncés, j’le regarde sans rien dire un instant, le jauge quelques secondes.

- J’me bougerais le cul.

Les mots fusent, sans surprise, sans filtre.

- Parce que je sais pourquoi j’ai signé en venant dans ce club. Parce que je sais pourquoi j’hésiterais pas une seconde à aller plomber ces connards pour mes frères.

On ne veut pas de lâches, on ne veut pas de chialeuses dans le club et Seb le sait. Il a l’air complètement paumé ce soir, perdant ces traits froids qu’il nous affiche parfois, cette stature qui impose le respect. Là, maintenant, il a l’air d’un type perdu, qui se sent incapable de remonter la pente et de faire face à ce qui nous attends.

- T’as une famille à protéger mais crois-moi Seb, c’est pas en jouant les fuyards que tu y arriveras. Si tu veux les garder en vie, reste auprès d’eux, assume ton rôle de mari et de père. Tu crois que James n’angoisse pas tous les jours à l’idée que ces enculés s’en prenne à sa famille ? Tu l’as vu chialer et se tirer on n’sait où ? C’est pas à lui de donner l’exemple mais à toi, à Gab et maintenant, à Ezra.

J’lui fais comprendre qu’on compte sur eux pour garder le club debout et souder, parce que ces putains de fils de pute de serbe nous ont donné un bon gros coup de coude dans la gueule avec Caleb, au point de nous fracturer, de tenter de nous diviser. Nous avons tous le moral au cimetière, l’âme en berne mais le club, c’est toute notre vie, notre famille… Ils me foutent les boules de les voir dans un état comme ça.

- Personne t’en voudras de flipper pour ta famille Seb’, par contre, compte pas sur nous pour te remonter si tu nous lâches. Mais c’est pas c’que tu vas faire hein ?


J’lui balance ça comme une recommandation, pas une menace.

- C’est exactement ce que les serbes cherchent, de nous voir tous démolis pour mieux nous enfiler derrière. T’as envie de leur donner raison toi ? Pas moi.





_________________

   
The atom will implode
The fragile kingdom fold. The tremor becomes a quake. And there's a body in the lake and as the two of us rebel, and damn you all to Hell I wonder: is this all there is?

   
©️BESIDETHECROCODILE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


ADMIN ٩(◍•ᴗ•◍)۶❤
crédits : schizophrenic | tumblr | weheartit
messages : 508
quartier : west side
physique : tatouage représentant son allégeance aux kings sur le bras gauche, quelques cicatrices de guerre ici et là, une plus accentuée à la jambe droite qui lui a valu son retour au pays et une entaille mal cicatrisée au ventre suite au coup de couteau de sa maitresse, Mia

MessageSujet: Re: Look at me standing... | thomas   Jeu 29 Mar - 14:56



...here on my own again.
EXORDIUM.

« J’me bougerais le cul. » Nouvelle claque, violente, le rappel incessant qu'il plonge, tête la première, dans les affres d'une maladie qu'il ne soigne pas encore tout à fait. Il soupire, prend sur lui, tente de remonter malgré le néant qui aspire, qui draine chaque partie de cette lucidité affaiblie. Bordel qu'il aimerait un peu de paix, rien qu'un peu de paix, de celle que James lui susurrait à l'oreille dans ses rêves dénués de couleurs et de réalités. Et, dans le souvenir de ces mots s'imposent ceux de ce frère venu le chercher, ce frère dont les dires se font d'une brutalité sans merci. Un haut le cœur, la culpabilité qui s'ancre avec la douleur, la colère, la fatigue ; tous ces traits néfastes qui demeurent et restent, bien coriaces. « Parce que je sais pourquoi j’ai signé en venant dans ce club. Parce que je sais pourquoi j’hésiterais pas une seconde à aller plomber ces connards pour mes frères. » Aussi, son regard se pose sur lui, enfin. Il semble retrouver de sa conscience, de sa raison. Sebastian semble retrouver toute sa contenance parce qu'il croit percevoir les mots qu'il sous-entend, il croit les entendre, poison sulfureux qui s'infiltre jusqu'au cœur de ses veines, de son cœur qui pompe et pompe encore. « T’as une famille à protéger mais crois-moi Seb, c’est pas en jouant les fuyards que tu y arriveras. Si tu veux les garder en vie, reste auprès d’eux, assume ton rôle de mari et de père. Tu crois que James n’angoisse pas tous les jours à l’idée que ces enculés s’en prenne à sa famille ? Tu l’as vu chialer et se tirer on n’sait où ? C’est pas à lui de donner l’exemple mais à toi, à Gab et maintenant, à Ezra. » Et le regard qui ne s'en défait pas, qui continue d'imposer toute cette réflexion intérieur derrière les larmes récemment tombées. Il doit remonter. Rien que sous ces yeux-là, il devrait prétendre y arriver ; peut-être même s'en persuader. Parce qu'il est à la lisière de tout perdre. Famille comme amis, frères comme rang gagné. Sebastian est en train de chuter et avec lui, toute cette loyauté qu'on pourrait lui attribuer. Ça suffit à le réveiller, secouer le tacticien qu'il avait pu être pour ne serait-ce que se mettre à jouer. Et tandis qu'il demeure silencieux, tandis qu'il assimile le tout, tandis qu'il continue de perdre ce regard encore légèrement vitreux sur l'homme qui se tient là, les paroles continuent, s'imposent. Elles reviennent à la charge comme pour continuer de le mener sur cette voie, la seule qui puisse préserver ce qui reste encore entre ses bras. « Personne t’en voudras de flipper pour ta famille Seb’, par contre, compte pas sur nous pour te remonter si tu nous lâches. Mais c’est pas c’que tu vas faire hein ? C’est exactement ce que les serbes cherchent, de nous voir tous démolis pour mieux nous enfiler derrière. T’as envie de leur donner raison toi ? Pas moi. » Et, enfin, son attention décroit, se défait de ces traits-là. Sebastian soupire, passant ses paumes moites contre ses traits comme pour en défaire tout ce qui y traîne, cette descente aux enfers aisément perceptible. Ils n'ont pas à la voir, personne n'a à la voir.

C'est derrière sa douleur, derrière cette souffrance qui continue à gagner du terrain, qui continue à prendre d'assaut chaque millimètre de royaume qu'il s'était fait sien, qu'il se relève, le Sergent d'Armes. Il s'en redresse, soufflant légèrement, tentant à vaincre l'alcool, le sommeil en moins, cette impression de flou installée contre sa vue. Il prétend le pouvoir, le laisse à penser ce soir. Parce qu'en cela se trouve son devoir ; pas celui qu'il s'imagine derrière ses idées noires, celui qu'il devrait un jour peut-être pleinement percevoir. « J'les laisserai pas avoir raison. » Qu'il souffle enfin, en une voix abîmée, encore tremblante mais résignée. C'est sa manière de jouer, de faire entendre qu'une potentielle remontée est entreprise. C'est sa manière de préserver tout ce qu'il lui a été de gagner, tout ce qu'il aurait pu perdre par son instabilité, celle qu'il ne doit pas laisser gagner. Pas cette fois, pas ici, pas comme ça. Pas même malgré Caleb et les images qu'ils leur ont laissé, cette atrocité pour très longtemps ancrée. Mais il avait raison sur un point, Thomas. Ils ont signé pour ça, ils savaient ce qu'ils encouraient, et Sebastian par le front mieux que quiconque. La cruauté du monde n'a jamais été une surprise et ce monde qu'ils ont choisi de suivre, il n'en a toujours été que jonché. Et il ose quelques pas, il ose remonter, là, sans un mot, sans une attention, parvenant jusqu'à hauteur d'un Thomas encore planté là et il sait, il sait ce qu'il doit penser, il se l'imagine même sérieusement. Ils ne doivent pas savoir, jamais, sa bipolarité restera à jamais cachée. Ça n'est pas l'image qu'il doit donné, ça n'est pas ce qu'il doit laisser percevoir à ceux qu'ils devraient en effet protéger. « Fallait pas qu'elle en fasse des tonnes, par contre. Fallait juste que j'prenne l'air et conduire cette merde ; un geste en direction de sa moto, un geste en direction de ce qu'ils ont souillé du sang d'un ami arraché, d'un presque père envolé. Conduire cette connerie, ça m'a fait perdre un peu le fil. Un coup de mou, Thomas. C'était rien de plus que ça. » Qu'il laisse entendre, venant perdre une main dure contre son épaule, un bref geste comme pour lui faire entendre que non, tout ira bien. Tout ira bien. Des mots qu'il pensera vain.        

_________________


runaway
As I walk along I wonder a-what went wrong with our love, a love that was so strong. And as I still walk on, I think of the things we've done together, a-while our hearts were young.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



crédits : Me
messages : 305
quartier : West Side

MessageSujet: Re: Look at me standing... | thomas   Lun 9 Avr - 17:26

Look at me standing…
EXORDIUM.
Il tarde à répondre, tarde à me lâcher quelques mots. Une seconde j’imagine qu’il va m’envoyer chier, qu’il va me dire d’aller me faire enfiler par ces cons de serbes et qu’il fait bien ce qu’il veut de sa vie de famille, de sa vie tout court. Mais cette vérité l’était lorsqu’il ne faisait pas partie des Kings. Désormais, c’est nous et lui, on forme une fratrie. Ce qui le concerne, nous concerne surtout lorsque son intégrité est en jeu. J’lui en veux déjà à mort qu’il ait pu un jour lever la main sur Irene mais si en plus ce grand con va pour les abandonner ? C’est ma main dans sa gueule qu’il va prendre.

- J'les laisserai pas avoir raison.

C’est imperceptible mais je me relâche un peu. J’ai cru qu’il n’allait jamais me les sortir, qu’il n’allait jamais me cracher ces quelques mots qui m’assure qu’au moins ses idées reviennent à leur place. Il n’a pas l’air sûr de lui mais ça, c’est pas grave. Le principal c’est qu’il se sorte les doigts du cul.
Il se redresse un peu, se ramène vers moi d’un pas un poil plus assuré.

- Fallait pas qu'elle en fasse des tonnes, par contre. Fallait juste que j'prenne l'air et conduire cette merde

Il me désigne sa moto, celle-là même qui a aidé à la mort de Caleb. Tout comme la mienne que j’ai détruit à coup de pieds de biche, comme un enragé, incontrôlable. Cet air de dégoût, cette amertume, je les connais par cœur, m’habitent encore le crâne.

- Conduire cette connerie, ça m'a fait perdre un peu le fil. Un coup de mou, Thomas. C'était rien de plus que ça.

Je recentre mon regard clair dans le sien, détournant mon attention de l’engin encore sur le côté, dans un sale état.

- J’comprends. J’ai bousillé la mienne peu après. Hors de question que je remonte sur ce qui l’a tué.

J’ai encore cette impression que la lave s’étend dans mes veines, m’emplissant le thorax d’une rage ardente, prêt à dégommer tout et n’importe quoi. Je n’suis pas le seul à avoir des nuits blanches au compteur, tout comme je n’suis pas le seul à n’avoir qu’une envie : Dégommer ce fils de pute. Mais je sais aussi que ça serait là, la connerie de ma vie. Et ça n’est pas la mort qui m’effraie, mais celle de tout le club et des familles concernées.

- Elle n’en a pas fait des tonnes, Seb. Elle s’est simplement inquiétée et franchement, vu le message que tu lui as envoyé, y avait de quoi flipper. Tu décrochais à aucun appel vieux, tu veux qu’elle réagisse comment ?

J’me retiens de lui dire qu’il n’a plutôt pas intérêt à lui frapper sur la gueule pour ça parce que frère ou pas, j’hésiterais pas à lui coller une droite en retour. S’il croit que personne ne veille, il se trompe. Je ne sais pas où ils en sont et je ne fourrerais pas ma gueule là où il ne faut pas mais l’un n’empêche pas l’autre.

- Bon, bouge-toi le cul j’vais te ramener chez toi. Pas sûr que ta bécane soit encore utilisable. Tu veux qu’on fasse un aller-retour au garage pour prendre de quoi la ramener ?

Hors de question que j’le laisse errer tout seul ici.
Je glisse la main dans la poche de mon jean et en ressors mon téléphone. Ouais je sais, y a plein d’étude qui disent que de porter ça près des bourses, ça file le cancer ou ça rend stérile. Ça tombe bien, j’compte pas engendrer. Je pianote rapidement, envoie un texto à Irene pour la rassure parce qu’elle doit crever d’angoisse de son côté avant de reporter mon attention sur Seb dont j’attends une réponse.




_________________

   
The atom will implode
The fragile kingdom fold. The tremor becomes a quake. And there's a body in the lake and as the two of us rebel, and damn you all to Hell I wonder: is this all there is?

   
©️BESIDETHECROCODILE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


ADMIN ٩(◍•ᴗ•◍)۶❤
crédits : schizophrenic | tumblr | weheartit
messages : 508
quartier : west side
physique : tatouage représentant son allégeance aux kings sur le bras gauche, quelques cicatrices de guerre ici et là, une plus accentuée à la jambe droite qui lui a valu son retour au pays et une entaille mal cicatrisée au ventre suite au coup de couteau de sa maitresse, Mia

MessageSujet: Re: Look at me standing... | thomas   Mar 17 Avr - 21:34



...here on my own again.
EXORDIUM.

« J’comprends. J’ai bousillé la mienne peu après. Hors de question que je remonte sur ce qui l’a tué. » Détournement fait, le regard qui s'était posé sur sa moto lui revient. Il le contemple, appuie cette presque vérité à l'aide d'une étincelle de volonté. Sebastian, derrière l'écran noir qui s'impose à ses songes, sait qu'il n'agit qu'en fonction de sa maladie ; que dans les tréfonds de son existence réside cette envie de continuer à poursuivre, à élever sa vie. Au moins en l’honneur de son fils, de cet ami perdu récemment. Il soupire, le Sergent d'Armes, pour l'instant aveuglé mais prêt à jouer, à jouer le jeu autant qu'il le faudrait. Et, alors qu'il va pour s'animer, il l'entend lui répondre, revenir sur ce qu'il a pu énoncer. Bordel, il aurait pu laisser tomber. Il aurait fallu qu'il laisse tomber. Les forces lui manquent et s'il se sent capable d'endosser son masque, il n'est pas sûr de sa complète tenue le long de ses traits. « Elle n’en a pas fait des tonnes, Seb. Elle s’est simplement inquiétée et franchement, vu le message que tu lui as envoyé, y avait de quoi flipper. Tu décrochais à aucun appel vieux, tu veux qu’elle réagisse comment ? » Un bref rire s'ose depuis sa gorge dénouée, quelque-chose d'ironique tandis qu'il essaie néanmoins de se contenir, davantage face au regard qu'il perçoit de la part de Thomas ; évidemment. Il sait, l'a vu ; ils sont assez proches pour qu'il fasse attention, possédant à cela toutes les raisons. Ça lui arrache une légère chaleur le long des veines, l'alcool qui parle, la mélancolie qui agit, la perdition qui lui fait perdre le ton. « Bon, bouge-toi le cul j’vais te ramener chez toi. Pas sûr que ta bécane soit encore utilisable. Tu veux qu’on fasse un aller-retour au garage pour prendre de quoi la ramener ? » Le temps à manquer pour qu'il puisse répondre, Thomas qui, déjà, s'accroche à son téléphone quand Seb, quant à lui, détourne brièvement le regard. C'est vers l'horizon et l'étendu du lac qu'il pose ses prunelles, James et Caleb ont disparu. Envolés, suivant le vent de leur plein gré, jusqu'à revenir quand la raison commencera à lui manquer. Il soupire, se frotte un peu les yeux comme dans l'espoir que ça puisse arranger son cas. En vain, il le sait, mais s'essaie tout de même à faire disparaître cet état d'un léger coup de main. Stupide, ivre, fatigué. Il s'est perdu dans les corridors de son âme quand Thomas en revient à lui faire savoir qu'il l'attend et qu'ils doivent se décider.

« J'préfère qu'on la ramène. Si quelqu'un doit s'occuper d'son cas, faut que ce soit moi. » Des mots qui parviennent à les mettre en route, Sebastian qui s'élance vers l'auto de son frère sans aucun regard en arrière. Il se défait de la volonté de revoir ces deux spectres, il se défait de l'envie qu'il pourrait avoir à leur confier sa vie. Il ne doit pas céder, pas de manière aussi aisé. Il a raison, ils ont raison. Et Irene s'est inquiétée, celle qui espérait le quitter n'a pas voulu savoir qu'il puisse être blessé. Un bon point, une nouvelle accroche à laquelle se suspendre. Et, tandis qu'il s'assoie côté passager, il lui faut quelques secondes pour de nouveau y penser, vers Thomas qui les met en route se tourner. « Elle aurait pu simplement attendre que je revienne. Les mots s'extirpent de sa gorge de manière un peu tremblante et pourtant assez durement. Parce qu'il doit défaire l'image que cet homme-là se fait peut-être déjà, celle d'une épave qui peine à se redresser, à user de ses bras. Elle m'fait passer pour une espèce de petite merde suicidaire alors que j'avais juste besoin d'un peu de temps pour souffler. Quand elle nous a fait son truc à être retrouvée au milieu de nul part par les gardes côtes et qu'elle nous disait que c'était pas ce qu'on croyait, j'l'ai pas fait chier avec des conneries comme ça. » Il joue, continue, fait valoir un exemple qu'il sait comme ne pouvait pas être touché. Il assure ses arrières, protège sa réputation, son titre acquis par le passé pour cet homme qu'ils doivent désormais venger. « Bref, on va pas s'éterniser sur cette connerie mais fallait pas qu'elle pense d'la merde comme ça. J'suis d'accord que mon message était un peu con mais j'venais de me casser la gueule, j'étais sonné, c'est tout. » Qu'il laisse entendre avant de faire dévier son regard sur les alentours, sur le maigre paysage qui désormais défile derrière la vitre. « J'te filerai c'qu'il faut pour l'essence ; vu les aller-retour qu'on va faire là. Désolé que ce soit tombé sur toi, mec. » La voix désormais un peu plus calme, la voix qui se tait enfin, laissant un bref silence s'installer. Il sait que Thomas n'est pas du genre à se taire, il sait qu'il n'est pas du genre à laisser dire, laisser faire s'il estime que certaines choses soient à taire. Pourtant, il a osé, Sebastian aurait réinstaller une toute autre vérité sur ce qui s'est réellement passé aux abords de ce lac auprès duquel il est venu le trouver.         

_________________


runaway
As I walk along I wonder a-what went wrong with our love, a love that was so strong. And as I still walk on, I think of the things we've done together, a-while our hearts were young.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



crédits : Me
messages : 305
quartier : West Side

MessageSujet: Re: Look at me standing... | thomas   Sam 12 Mai - 14:06

Look at me standing…
EXORDIUM.
- J'préfère qu'on la ramène. Si quelqu'un doit s'occuper d'son cas, faut que ce soit moi.
- Ok

On se met en route vers ma bagnole et avant d’entrer dans l’habitacle, je traine la moto à l’écart, la cache histoire que personne ne vienne lui voler le temps qu’on fasse l’aller-retour.
Seb s’installe côté passager et j’reprends le volant, ferme la porte pour enclencher le contact. J’suis pas mécontent qu’on se tire d’ici et qu’on passe aussi à autre chose qu’à cette suspicion de suicide.

- Elle aurait pu simplement attendre que je revienne.

- Bah justement, avec ton message on n’savait pas tellement si t’allais revenir.

Je suis un peu moins dur, moins froid, j’lui balance même ça avec un sourire en coin. Du genre le type qui rigole d’une mauvaise blague qu’il a maintenant digérer.

- Elle m'fait passer pour une espèce de petite merde suicidaire alors que j'avais juste besoin d'un peu de temps pour souffler. Quand elle nous a fait son truc à être retrouvée au milieu de nul part par les gardes côtes et qu'elle nous disait que c'était pas ce qu'on croyait, j'l'ai pas fait chier avec des conneries comme ça.


La route commence déjà à défiler sous nos yeux et je jette un bref regard vers Seb.
J’aime pas quand il parle comme ça d’Irène et surtout j’oublie pas ce qu’il lui a fait subir et ce qu’il lui fait peut-être encore aujourd’hui. Il y a des trucs qui m’échappent mais le ton qu’il emploi me fait douter. Est-ce que c’est une bonne idée d’le ramener chez lui, auprès d’Irène ? J’ai pas envie qu’il aille jouer les connards avec la main leste.

- Bref, on va pas s'éterniser sur cette connerie mais fallait pas qu'elle pense d'la merde comme ça. J'suis d'accord que mon message était un peu con mais j'venais de me casser la gueule, j'étais sonné, c'est tout. J'te filerai c'qu'il faut pour l'essence ; vu les aller-retour qu'on va faire là. Désolé que ce soit tombé sur toi, mec.

Je lâche un rire amusé, secouant légèrement la tête, toujours le regard rivé sur la route.

- Tsss. Raconte pas d’connerie. J’en veux pas de ton fric. Pas d’ça entre frères.

J’m’en branle de son fric, j’avais surtout peur que ce con fasse une connerie.

- Et lui en veut pas trop, tu sais comment elles sont à toujours s’affoler pour rien. C’était un malentendu, un quiproquo, elle a flipper. Y a pas mort d’homme, t’es toujours entier c’est le principal.

Je temporise la situation, j’ai pas envie qui s’emballe pour si peu, pas maintenant que tout est mit à plat, qu’on a discuté.

- Temps que ton anaconda est toujours en vie, ça devrait aller nan ?

Ouais j’fais référence à son gros engin hors norme où on s’est certainement tous dit que valait mieux pas que les nanas qu’il s’est tapé soient vierges…

HRP:
 


_________________

   
The atom will implode
The fragile kingdom fold. The tremor becomes a quake. And there's a body in the lake and as the two of us rebel, and damn you all to Hell I wonder: is this all there is?

   
©️BESIDETHECROCODILE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


ADMIN ٩(◍•ᴗ•◍)۶❤
crédits : schizophrenic | tumblr | weheartit
messages : 508
quartier : west side
physique : tatouage représentant son allégeance aux kings sur le bras gauche, quelques cicatrices de guerre ici et là, une plus accentuée à la jambe droite qui lui a valu son retour au pays et une entaille mal cicatrisée au ventre suite au coup de couteau de sa maitresse, Mia

MessageSujet: Re: Look at me standing... | thomas   Jeu 14 Juin - 22:27



...here on my own again.
EXORDIUM.

« Tsss. Raconte pas d’connerie. J’en veux pas de ton fric. Pas d’ça entre frères. » La réponse est immédiate, loin de se faire attendre et Sebastian, en seule réponse qu'il puisse donner, se contente d'en baisser la tête. Parce qu'il sent cette espèce de culpabilité lui monter, là, le long de sa gorge serrée. Tout est si confus, si déphasé. Et il se serait contenté de ça, le rouquin. Il aurait pu s'en rassasier de cette réponse mais d'autres mots, d'autres phrases parviennent à se frayer un chemin, une petite voie jusqu'à lui, lui et sa présence à moitié effacée par les événements tout juste passés. « Et lui en veut pas trop, tu sais comment elles sont à toujours s’affoler pour rien. C’était un malentendu, un quiproquo, elle a flippé. Y a pas mort d’homme, t’es toujours entier c’est le principal. » Sur cela, ses prunelles se perdent sur le paysage qui défile derrière la vitre, ces kilomètres passés qui l'éloignent pour un moment de l'objet de sa souffrance effrénée. Ne pas lui en vouloir, ne rien dire quant à la manière dont le temps s'estompe sur des réalités qu'elle laisse presque se révéler ; il soupire, silencieusement, n'en dit rien. Les forces commencent à manquer et la parole aussi. Que dire quand bien des mots n'ont pas eu le temps d'être prononcé. « Temps que ton anaconda est toujours en vie, ça devrait aller nan ? » Un maigre sourire qui se fane aussi certainement que l'horizon. Sebastian se perd dans ses songes, dans ses pensées, aussi noires soient-elles depuis ces horreurs en lui bien ancrées. La douleur continue son avancée, cette ascension jusque dans les limbes de son âme. C'est inscrire l’événement, l'ajouter aux tragédies qu'il se doit d'essuyer depuis désormais trop longtemps. Les années passent, courent, s'étiolent sans jamais vraiment perdre de cette brutalité dont elles furent déjà dotées par le passé. Le front apposé contre la fenêtre toujours fermée, O'Malley s'offre une pause, une légère pause pour cette conscience fatiguée, finalement trop sollicitée. Le néant qui s'immisce, les voix qui s'estompent. Sebastian se laisse bercer par la conduite de cet ami, de cet homme venu le sauver, en vérité, de ses eaux profondes et tourmentées. Il est venu tout lui épargner, cette véritable finalité qu'il a tenté de faire s'effacer de ce qu'il aurait pu imaginer. Le cœur qui s'en apaise, cette noirceur qui pour l'espace d'un instant ne se fait pas éternel tourment. Il a le loisir de fermer les yeux sans craindre l'obscurité, les précipices de son être parfois trop sombre, ou trop doré. Non, durant tout le trajet jusqu'au lieu indiqué, rien n'est venu le défaire de son maigre sommeil, ni même le troubler. Et c'est sans un mot qu'il s'est animé, ne répondant que brièvement aux paroles énoncées. Que ce soit au garage, en voiture, le long des trajets. Il n'a pas eu la force de s'exprimer, Sebastian peine encore à s'y résoudre, à ne serait-ce qu'admettre tout ce qui fut perdu il y a quelques nuits déjà passées. Une heure, peut-être deux finissent par passé, là sous ses yeux de plus en plus esquintés. Sebastian sait tout ce qui commence à se jouer, cette pression imaginaire qui s'instaure déjà en lui sans même prendre en compte tous les efforts dont il avait pu user pour la minimiser. Faible, stupide, éperdu en vérité. O'Malley a vu se briser toutes ses barrières, s'arracher tous ses repères. « Merci vieux pour le coup de main. » Une tape sur l'épaule et le regard qui peine à se relever, une poigne légère à peine accordée, les membres eux-même fatigués. Sebastian a terminé par s'en retourner, là, enfoui dans la sombreur de sa triste demeure.

_________________


runaway
As I walk along I wonder a-what went wrong with our love, a love that was so strong. And as I still walk on, I think of the things we've done together, a-while our hearts were young.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Look at me standing... | thomas   

Revenir en haut Aller en bas
 
Look at me standing... | thomas
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Tim Thomas
» Derrière le masque... (Thomas et Victoire of Norfolk)
» Your guardian angel {pv Thomas of Norfolk}
» Tim Thomas sur le marché des transaction !
» Mélanie quitte le bar du mistral [PV Thomas]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Windy City 911 :: THE WINDY CITY :: North Side-
Sauter vers: