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 Unprepared. [Saoirse]

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MessageSujet: Unprepared. [Saoirse]   Lun 12 Fév - 12:18

UNPREPARED.



December, 2017

Porte claquée brutalement. Je m'adosse contre la porte et observe mes mains. Elles tremblent les chiennes. Beaucoup trop. J'y vois encore le sang dessus. Je ferme les yeux, prends une profonde inspiration par le nez pour tenter de me calmer. En vain. C'est trop puissant. Trop violent. Trop oppressant. Quelques instants et je rouvre les yeux, m'approche de la table basse du salon sur laquelle trône une bouteille de whisky et un verre sale dont je ne me sers même pas, non. J'ouvre la bouteille et m'y abreuve directement. Un râle après avoir avalé la première gorgée de ce malt plutôt corsé. Une autre gorgée et je me laisse tomber dans le canapé, le regard se fixe dans le vide alors que les doigts se resserrent autour de la bouteille. C'est fini. Il est mort. Et pas de mes mains. C'est fini. Au-delà de la frustration d'avoir été privé des réponses que je cherche depuis un moment, c'est la colère qui m'anime. Colère de n'avoir pas pu lui dire en face à quel point je le haïssais. Colère de n'avoir pas pu lui tirer moi-même une balle entre les deux yeux en lui disant juste avant qu'il devait son exécution à sa trahison, au meurtre de mon père. Mais rien. Rien de tout ça ne pourra se produire parce que ces enfoirés de serbes ont voulu donner une leçon et qu'ils ont assassiné Caleb pour la donner. On m'a pris ma vengeance. Troisième gorgée, un regard à la bouteille et je l'envoie s'écraser contre le mur, répandant ce qu'il restait de whisky sur le mur et au sol. Elle n'est pas la seule à subir mon courroux. La table basse est retournée, le cran d'arrêt sorti et le canapé déchiqueté, les chaises renversées, certaines terminent avec des pieds cassés et un miroir y passe également. Le souffle court, quand le salon est enfin à l'image du chaos dans mon esprit, je m'arrête. Je m'adosse contre le bord du canapé totalement foutu et attrape mon crâne avec mes mains tremblantes. J'en chiale. De rage. J'en chiale. Je ne sais pas combien de temps je reste là à ruminer ma rage, ma colère. Je ne sais pas. Je termine cependant par me lever et c'est habillé, sans avoir pris la peine de me laver que je m'écroule sur mon lit que je ne défais même pas.

Putain de merde.

Le sommeil est agité, rempli de cauchemars où je vois Caleb tuer mon père avec un sourire mauvais aux lèvres, où je meurs moi aussi sous ses balles à lui. Et finalement, lorsque je m'éveille à l'aube, je me sens encore plus fatigué, épuisé même. La douche semble être la meilleure solution pour tenter de m'apporter un semblant d'énergie alors j'y vais. J'y reste un moment. Je tente de me détendre sous l'eau chaude mais c'est peine perdue. Si je parviens à me décrasser, je ne parviens à me débarrasser de ma colère. Et je commence à craindre qu'elle ne me colle à la peau de façon définitive. Ce n'est qu'une fois habillé que je jette un coup d'oeil à mon téléphone que je n'ai pas regardé depuis que je suis rentré, dans l'espoir que la réunion d'aujourd'hui va être annulée mais non, aucun message d'un membre du MC. Par contre, j'ai plusieurs appels en absence d'Ethan. Froncement de sourcils : je ne comprends pas. Est-ce que c'est par rapport à ce qu'il s'est passé à l'entrepôt ? Est-ce qu'il a eu vent de quelque chose ? Ou alors ?... Mes entrailles se tordent à cette pensée : il est peut-être arrivé quelque chose à Saoirse. Mais non, qu'est-ce qui aurait pu lui arriver ? C'est juste tellement curieux qu'il ait insisté comme ça sans laisser de message... Un soupir et je me décide à le rappeler et il ne suffit que de quelques mots de sa part pour que je me décompose, pour que les jambes me lâchent et que je me retrouve assis au bord de mon lit, incapable de bouger. Saoirse s'est faite tirer dessus. Hier. A l'hôpital. Quoi ? Les explications viennent et il me dit tout. Tout ce que j'ignore et pour cause, hier, j'ai passé la journée avec les KOS, coupé de tout. Je n'ai pas eu vent de cette folle furieuse qui a fait feu à l'hôpital. Cette folle furieuse qui est morte et qui a bien failli emporter Saoirse avec elle. Et si Ethan m'a appelé, c'est parce qu'il s'est étonné de ne pas me voir à l'hôpital. Je ne peux que lui dire que j'ai passé la journée avec les membres du MC, que ça, je ne peux rien dire d'autre. Il est flic, je ne l'oublie pas et il est des choses qu'il ne peut pas savoir. Je parviens à reprendre mes esprits assez pour le remercier de m'avoir tenu et au courant et quelques minutes plus tard, je suis sur ma moto, fonçant jusqu'à l'hôpital. Une fois sur place, je fonce jusqu'aux soins intensifs, là où est hospitalisée Saoirse. Sauf qu'on m'interdit l'entrée. Pas de visites pour le moment. J'enrage. La pauvre infirmière n'y est pour rien mais je lui hurle dessus. Et elle finit par me dire de patienter pour que je puisse rencontrer le chirurgien qui s'est occupé de Saoirse. Alors je m'exécute. Je m'installe. J'attends. J'attends. Longtemps. Les minutes défilent et quand le chirurgien arrive enfin, je me retrouve à être obligé de lui expliquer en long, en large et en travers qui je suis. Pourquoi nous ne portons pas le même nom. Je n'ai franchement pas la tête à m'étendre là-dessus mais je n'ai pas le choix. Et il finit par accepter de me donner des nouvelles. Une balle en pleine poitrine. Elle a dû subir une opération à cœur ouvert. Choc. Les yeux me piquent. Je prends sur moi pour ne pas me laisser aller. Et je réitère ma demande pour la voir et il m'explique qu'elle est pour le moment encore inconsciente et qu'il faudra que j'essaye de repasser en fin de journée.

Il a beau me dire qu'elle est hors de danger, tant que je ne la verrai pas...

|-|-|

Je m'avance avec prudence dans le couloir du service de cardiologie. Saoirse n'est plus en soins intensifs mais elle est encore hospitalisée pour plusieurs jours. Je ne sais pas combien exactement. Il m'est difficile de parler au cardiologue puisque je dois ruser. Je n'ai même pas pu encore voir Saoirse depuis qu'elle est réveillée. Je l'ai aperçue mais je n'ai pas été lui parler parce qu'elle n'est pas seule. Sa mère a été la première à arriver. Et puis ensuite Troian et son père sont arrivés également. Notre père. Et je les ai vus. De loin, du fond du couloir, je les ai vus alors je suis reparti. Le voir, lui, même de loin, ça a été... Disons que je n'avais sincèrement pas besoin de ça en ce moment. Putain de karma.. J'avais pourtant envie de le voir, de le rencontrer, de lui parler, d'essayer de comprendre... Pour Troian c'est différent parce que je sais qu'elle n'a pas plus envie que ça de me rencontrer pour le moment. Saoirse a été claire à ce sujet. Le peu de fois où nous nous sommes vus, trop peu à mon goût d'ailleurs, la réponse de Troian n'a pas changé. Et maintenant qu'ils sont là... C'est bien plus difficile que je le pensais. Parce que je ne suis qu'une pièce rapportée, c'est la réalité. Je ne suis que le fruit d'un adultère et ça fait plus mal que je ne l'aurais cru, de les voir là, former une famille et de ne pas en faire partie. C'est pour ça que je n'ai pas encore pu voir Saoirse, parce que je ne supporte pas de les voir tous ensemble à son chevet. Entre leur présence et ce qu'il se passe au club... J'espère pouvoir changer ça aujourd'hui. J'espère pouvoir enfin la voir. Alors j'avance, doucement, les yeux partout pour m'assurer qu'ils ne sont pas là et je ne les vois pas près du distributeur ni dans le couloir. Bon. Bien. Il n'y a plus qu'à vérifier qu'ils ne soient pas dans la chambre. Sauf qu'avant de pouvoir vérifier, la porte de la chambre s'ouvre alors que je ne suis plus qu'à quelques pas et ça me prend de court. Et je me fige tandis que je me retrouve nez à nez avec ceux que je voulais éviter. Troian est là. Sa mère aussi. Et lui. Lui.

Putain de karma.



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MessageSujet: Re: Unprepared. [Saoirse]   Mar 13 Fév - 10:19


La jeune femme n’a jamais eu pour habitude de faire autre chose que travailler entre ces murs. Restée alitée n’est décidément pas pour elle et, savoir que ses collègues la prenne en charge la perturbe et l’agace un peu…beaucoup. Elle s’apprête à terminer ses études, bientôt elle distribuera des ordres, devra se faire respecter, et ils la reverront dans sa blouse, coincée sur son lit, en train de sonner pour recevoir son pot de chambre. Comment est-ce qu’ils pourront la respecter maintenant ? Saoirse a l’impression qu’ils la moquent déjà, que certains se disent que ça va peut-être lui donner une petite leçon d’humilité. Enfin ça du moins, c’est quand elle est dans un de ses mauvais jours, n’a rien d’autre à faire que broyer du noir. Et malheureusement en ce moment…c’est le cas.
A d’autres moments, elle ne pense qu’à a chance qu’elle a d’être encore en vie, capable d’appuyer sur cette maudite sonnette pour pouvoir s’adresser à quelqu’un. Elle a croisé la Faucheuse et si la balle avait déviée de quelques millimètres seulement, Elle l’aurait emportée…
« Nana a dit qu’il fallait que tu rentres au pays. Elle dit que les américains sont tous des fous et que tu dois, je cite : arrêtez tes conneries. »
Saoirse sourit en pensant au visage ridé de son arrière-grand-mère qui les enterrera tous. Troian lui rend son sourire puis, sans la consulter, tourne la page du magazine people qu’elles sont toutes deux installées dans son lit pour regarder. Si sa sœur prend la peine de lire les articles accompagnant les images soi-disant choc qui décorent les pages, sa cadette, se contente de vaguement les regarder au cas où une question fuserait. La vérité, c’est qu’elle pense à tout autre chose… A quelqu’un en particulier en fait.
Cillian.

Il n’est pas venu la voir. Pas une seule fois depuis que c’est arrivé. Ou peut-être qu’il est venu, à vu que toute sa famille avait débarquée et s’est dégonflé ? C’est tout à fait possible et cette perspective l’ennui profondément. Saoirse se dit que c’est sa faute. Parce qu’elle n’a toujours pas parlé de lui à son père et parce qu’en lui répétant les propos de Troian, elle lui a fait plus ou moins comprendre qu’il n’était pas le bienvenue dans sa vie… En même temps qu’était-elle supposée faire ? Lui mentir ? Inventer chaque fois des excuses pour els empêcher d’entrer en contact tout en lui disant que pourtant si, Troian avait hâte de le voir ? Non, ça n’aurait pas été correct, pour aucun d’eux.
Mais il lui manque. Plus cruellement que jamais… Pourtant, elle n’a pas eu le courage de lui demander de venir, de le contacter. Peut-être par fierté. Parce qu’après tout, à défaut de venir en personne, il aurait pu lui envoyer un message ou quelque chose ! Mais il ne l’a pas fait non plus… Alors elle a finit par passer par Ethan, qu’ils ont en commun, sauf que les résultats n’ont pas été plus probants que ça.  
« A quoi tu penses ma puce ? » lui demande sa mère en se levant du fauteuil où elle tricote (de la layette…toujours de la layette…) pour venir à sa rencontre. Ce mouvement tire son père de sa somnolence et il se redresse dans un raclement de gorge, l’air de dire que, non, il ne s’était pas endormi allons !
« Je pense à…à »
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Dis-le, triple andouille ! DIS-LE ! Tu viens de frôler la mort, ils seront prêts à t’écouter, à te pardonner, c’est le MEILLEUR moment ! Troian te soutiendra et si jamais ça porte un trop gros coup à ton père, il est au cœur d’un des meilleurs hôpitaux de la région ! …OK, c’est super glauque mais BREF : dis-le leur ! Parle-leur de Cillian !
« …à un milkshake. J’ai envie d’un milkshake. Et d’un bagel. »
Sa mère n’est pas dupe, mais elle ricane et caresse sa joue, replaçant une mèche de ses cheveux derrière son oreille.
« Ma petite américaine… Je crois qu’on peut aller te chercher ça si tu veux. »
« Vraiment ? Ce serait…super. »
Idiote… Triple idiote. Mauvaise fille !
« J’vais peut-être me rentrer à l’hôtel moi, faire une sieste. »
« Tu crois que je sais pas qu’il y a match ce soir ? » lui rétorque sa fille d’un air entendu. « Mais vas-y. Allez profiter un peu de votre journée. C’est votre premier séjour à Chicago, sortez un peu ! »
« Ne dis pas de bêtises, on ne va pas te laisser toute seule. »
« Vous me laissez avec les Kardashian » proteste l’interne en médecine, piquant le magazine des mains de sa sœur.
« J’avoue. Y a rien de mieux que les Karda-Chiantes m’man. Et je voulais faire un peu de shopping. »
Le débat se lance. Vont-ils abandonner leur pauvre fille à son triste sort pour une journée ou rester à son chevet, à ne rien faire une fois encore ? Finalement, Saoirse obtient gain de cause. Sa mère et sa sœur vont aller faire du shopping et son père va retourner à l’hôtel regarder le match de son équipe sur une chaine câblée. Elle, de son côté, va gagner quelques heures de paix…et de rumination. A moins qu’elle ne les mette à profit pour appeler Cillian et le faire venir ?

Sa bruyante petite famille lui fait ses adieux – comme s’ils n’allaient plus se revoir pour les dix prochaines années… - puis se rapproche de la porte. Troian l’ouvre, fait un pas et se fige. Son père, distrait, lui cogne dedans et commence à la disputer, avant de se figer à son tour. Une tension étrange et désagréable s’installe. De là où elle est, Saoirse ne comprend pas vraiment ce qui se passe, pourquoi tout le monde stagne à sa porte.
Alors elle se penche et peu et c’est là qu’elle le voit, par dessus l’épaule de sa mère. Cillian est là. Cillian est venu lui rendre visite, comme s’il avait pu lire ses pensées, comme si elle l’avait attiré.
Sauf qu’il arrive deux minutes trop tôt…
Saoirse, à son tour, retient son souffle, son cœur à peine remis s’accélérant brusquement dans sa poitrine.
« C’est pas vrai… » souffle-t-elle, alarmée.
Sa mère se tourne vers elle et lui jette un regard qu’elle ne lui avait jamais vu, emprunt de tristesse, résigné. Et c’est finalement elle qui rompt le silence et se remet la première en mouvement, s’approchant d’un pas sûr du motard.
« Vous devez être Cillian… Vous ressemblez beaucoup à votre père » lui lance-t-elle d’un ton mesuré, tendant sa main vers lui.


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Dernière édition par Saoirse Fuller le Sam 17 Fév - 12:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Unprepared. [Saoirse]   Mar 13 Fév - 13:19

UNPREPARED.



December, 2017

Impossible de bouger tant c'est violent. J'ai tout fait pour les éviter, tout fait pour ne pas me retrouver dans cette situation et pourtant, ça me frappe de plein fouet. Tous, ça nous frappe de plein fouet parce que, même si je ne peux pas avoir ma propre tête, j'imagine que nous avons tous la même en cet instant. Seuls mes yeux bougent. Ils vont de Troian, à sa mère, à son père, puis reviennent sur Troian. Et Saoirse que j'aperçois par-dessus l'épaule de sa mère. Pendant une seconde le reste est oublié tant je suis soulagé de la voir là, réveillée, hors de danger. Vivante. Juste une seconde. Ou deux. Et puis l'air qu'elle affiche me rappelle ce qu'il se passe, la situation dans laquelle nous nous trouvons et mes entrailles se tordent. Davantage encore quand je vois sa mère s'approcher de moi. J'ai soudain la crainte, et je ne sais pas pourquoi, qu'elle me colle une gifle. Je n'ai pourtant rien fait de mal. Mais j'existe. Et mon existence doit être un coup de poignard pour elle. Je suis le fruit d'un adultère et si elle n'était pas au courant, elle ne peut plus ne plus l'être à présent. Parce que je le vois, lui, de près maintenant. Et j'ai conscience que la ressemblance physique est frappante. Alors oui, je crains la gifle, je crains qu'elle ne me crache des horreurs au visage et qu'elle m'intime de partir dans la seconde. Je suis plus tendu que jamais lorsqu'elle s'arrête face à moi. Mon regard planté dans la sien, je ne bouge pas. Plus je l'observe, moins il me semble voir de colère ou de haine dans ses yeux. C'est autre chose. Peut-être un soupçon de tristesse, de résignation mais... Est-ce que c'est de la bienveillance ? J'ai cette impression, et je suis sans doute totalement à côté de mes pompes. Comment pourrait-elle se montrer bienveillante à mon égard alors que je suis le bâtard dont personne ne veut ? Sauf Saoirse. Lorsque la voix de la mère de Saoirse s'élève, elle est neutre. J'imagine qu'elle doit prendre sur elle et elle le fait très bien. Les premiers mots prononcés apportent une réponse au doute que j'avais : elle sait. Sinon elle ne connaîtrait pas mon prénom. Mais... Pourtant, Saoirse a dit le contraire. C'était entre autres pour cela qu'elle voulait attendre, parce qu'elle ne voulait pas faire de mal à sa mère. Depuis quand sait-elle ? Certainement pas le lieu ni le moment pour le lui demander. Puis viennent ces mots à propos de son époux, du père de mes demi-soeurs. De mon père mais qui ne l'est pas vraiment. Il n'est, à ce jour, qu'un géniteur. Mon père est mort lui et quand elle parle de la ressemblance, les mots me brûlent les lèvres. Ce n'est pas mon père. Ils ne sortent pourtant pas. J'ai cependant un regard pour lui, qui se trouve à côté. Qui est très pâle. Et qui s'assoit sur la première chaise qu'il trouve. Troian s'approche de lui et je reporte mon regard sur leur mère qui me tend toujours la main. Que je serre. D'une main tremblante mais je la serre.

« Et vous devez être Moira. » je réponds d'une voix peu assurée. « C'est... » Je déglutis. « J'aurais préféré vous rencontrer dans d'autres circonstances. » je termine par ajouter en récupérant ma main.

Oui, j'aurais préféré les rencontrer autour d'un dîner, pas dans un couloir d'hôpital alors que Saoirse a bien failli mourir. Je perçois de nouveau cette once de bienveillance de le regard de cette femme qui m'apparaît comme une femme forte, exemplaire. Elle impose le respect, quelques secondes suffisent. Et mon regard dévie finalement d'elle pour se poser sur Troian qui est debout près de son père. Les larmes me montent aux yeux et je dois prendre une profonde inspiration pour ne pas me mettre à chialer comme un con. Parce qu'en vérité, je suis si heureux de pouvoir la voir enfin. Enfin... Mais pas elle. Elle, elle est fermée. A peine ai-je contourné Moira que Troian croise les bras en me regardant d'un air... Je ne sais pas trop. Ce n'est pas de la haine, c'est autre chose que je n'arrive pas à définir. Alors je m'arrête sur ma lancée. Je m'arrête simplement. Je voudrais pouvoir la prendre dans mes bras mais ne le fais pas. Je l'observe et le sourire qui étire mes lèvres est sincère autant que l'est mon regard.

« Je suis content de te rencontrer. »

Même si toi non.

Je repense aux lettres. Je me dis soudain qu'elles ne doivent rien signifier pour elle contrairement à ce qu'elles signifient pour Saoirse. Et puis lui. Enfin lui. Je sais bien que Saoirse est dans mon dos, dans la chambre, bloquée dans ce lit et je suis venu pour la voir elle mais... Mais maintenant que je suis véritablement juste devant lui, je n'arrive plus à détacher mon regard du sien. Je lui ressemble. Elle a raison. Je lui ressemble tellement... Et alors que je le fixe, le chaos se réinstalle dans mon esprit et dans mon cœur. Je suis partagé entre l'envie de lui dire que c'est une enflure de nous avoir ainsi abandonnés moi et ma mère, mais j'ai en même temps envie de lui dire que je m'en suis très bien sorti sans lui. J'ai envie de lui dire que je ne serai jamais son fils, qu'il n'est qu'un géniteur et rien d'autre, mais j'ai en même temps envie de lui dire que j'aurais voulu qu'il soit là, même si peu, qu'il soit là. J'aurais pu avoir un père et un père adoptif. J'aurais pu avoir les deux et il m'a privé de ça.  J'ai envie de lui cracher dès à présent toute ma rancoeur en pleine face et pourtant... Je ne le fais pas. Pourtant, alors que je le vois, là, assis sur une chaise, de plus en plus pâle au fil des secondes, je n'ai pas envie de le haïr. Je n'ai pas envie de ça. J'ai déjà trop de haine dans ma vie. Alors... Alors je prends une profonde inspiration et, après ce qu'il me semble être une éternité, je tends enfin la main vers lui.

« Bonjour Dylan. »

Comment l'appeler autrement ? A ce jour, il n'est pas mon père. Il ne le sera peut-être jamais s'il ne m'en donne pas l'occasion. J'aimerais.

J'aimerais qu'il m'en donne l'occasion.



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MessageSujet: Re: Unprepared. [Saoirse]   Jeu 15 Fév - 18:52


Saoirse s’était toujours figuré que cette révélation provoquerait des cris, des disputes, que les reproches fuseraient. Elle ne s’attendait pas à ce silence pesant, à cette retenue de la part de sa mère qui, ça semble évident maintenant : était déjà au courant de l’existence de Cillian. Comment ? Est-ce que c’est sa mère à lui qui l’a prévenue ? Est-ce que son propre père a tout confessé un soir ? Saoirse n’a jamais remarqué de tensions entre ses parents, ne les a jamais entendu se disputer à ce sujet qui, selon elle aurait dû ressortir au moins une fois ou deux sur le tapis à l’occasion de quelques uns de leur plus sauvages accrochages… Mais non. A moins que ce soit Troian qui ait finalement parlé pendant qu’elle gisait, inconsciente sur son lit d’hôpital ? Est-ce que sa sœur a lâché sa bombe puis omis de lui en parler par la suite ?
Ce n’est pas le moment de poser la moindre question pourtant. Il ne lui revient pas de l’interrompre.
Cillian rencontre son père et sa demi-sœur pour la première fois et, même si tout un tas de questions lui brûlent les lèvres, elle les ravale. Au lieu de parasiter ce moment chargé d’émotions pour le motard, Saoirse se fait simple spectatrice.
Elle observe sa mère qui récupère sa main en hochant sobrement, dignement la tête lorsqu’il lui fait savoir qu’il aurait préféré la rencontrer dans d’autres circonstances. Elle sait à quel point ce qui lui est arrivé à affecté sa mère et l’affecte encore. Est-ce que pour ça que, même de là où elle est, Saoirse peut voir ses grands yeux briller d’un éclat un peu plus fort ? A moins que ce soit le simple fait de rencontrer le fruit de l’adultère de son mari qui lui serre la gorge ? L’interne aimerait être capable de se lever de son lit, de rejeter ses couvertures et de venir la prendre dans ses bras. La voir dans cet état lui fend le cœur…
Les deux femmes échangent un regard et, devinant que ses traits la trahissent, Moira détourne rapidement le sien. Ce qui déclenche une montée de larmes chez sa cadette, alors que Cilliant s’est déplacé vers Troian.

Troian semble avoir choisi son camp. Au lieu de venir à la rencontre de ce demi-frère dont elle a entendu parlé des années durant, dont elle a lu les lettres et appris l’existence tangible il y a peu : elle se tient, bien droite, auprès de son père. Comme si elle voulait lui servir de rempart, le protéger et empêcher Cillian de l’approcher. Elle le dévisage avec cet air bué que Saoirse lui a vu aborder des tas de fois au cours de leurs existences. Celui qu’elle affiche lorsqu’elle sait être en tort mais refuse de l’admettre, quand quelque chose la travaille mais qu’elle ne veut pas l’admettre et se mure obstinément dans le silence pour ne pas céder de terrain, ne pas avouer la moindre faiblesse.
Si Cillian sourit, ce n’est pas le cas de Troian. Elle se tient prête. Prête à prendre les armes et à l’éloigner de son père, de sa famille qu’il risque de briser. Le coup que Saoirse a reçu, en plein cœur, les a tous affaibli, marqués…et sa sœur est bien décidée à ne pas laisser les Fuller prendre un nouveau mauvais coup, qui pourrait leur être fatal.
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Saoirse est partagée entre son admiration pour elle et son chagrin… Pour elle comme pour Cillian qui se heurte à un mur, ne la connaît pas assez pour vraiment comprendre ses motivations, n’en a peut-être pas envie.  

Et puis Cillian se tourne finalement vers le père de Saoirse, qui est assis sur une chaise, les jambes sciées, le visage pâle mais les joues rougies. Par la honte ? Par la colère ?
L’interne alitée essuies les larmes qui ont commencées à envahir ses yeux clairs, ne désirant rien manquer de cette scène. Elle voit la main de son demi-frère se tendre et doit se mordre l’intérieur de la bouche pour ne pas céder à son impulsion et crier à son père (leur père !) de la prendre. Au-delà de la pitié qu’elle prouve à le voir dans cet état, la colère s’ajoute. Elle craint qu’il n’adopte la même posture défensive que sa fille et refuse en bloc tout ce qui pourrait venir de Cillian, cet étranger qui vient faire voler sa vie déjà mouvementée en éclats…  
« Papa… » ne peut-elle s’empêcher de murmurer, alors qu’elle ne le voit pas réagir, ni répondre de vive voix à son fils, ni prendre sa main.
Il tourne son regard vers Saoirse. Un regard qu’elle ne lui a jamais vu exprimé auparavant. Un regard de reproche, comme si tout ceci était sa faute… Non…comme si tout ce qui allait suivre était sa faute. Parce qu’il a bien capté la réactions de ses filles. Pas vraiment de surprise dans leurs regards, pas de questions à poser… Dylan devine qu’elles savaient déjà toutes les deux, soupçonne qu’elle ait fomenté tout ça, provoqué cette rencontre. Elle lit de la résignation dans ses yeux, très similaires à ceux de son fils, de la honte aussi, d’être confronté publiquement à ses erreurs de jeunesse qui aujourd’hui le rattrape.
Alors finalement, elle le voit se redresser et attraper la main de Cillian. Mais ce n’est pas lui qu’il regarde, c’est Saoirse. La poignée de main est brève, froide. Il récupère ensuite sa main et, sans avoir prononcé le moindre mot, lui passe devant, dépasse sa femme et sort de la chambre pour s’éloigner dans le couloir.
« Papa attends ! »
C’est Troian bien sûr, qui les laisse à son tour en plan et part à sa poursuite.    

Ce ne sont surement pas les retrouvailles qu’espérait Cillian…
« Je suis désolé pour ça mon garçon. Mon mari est…un homme fier. Et vous devez comprendre qu’effectivement, les circonstances de notre rencontre… »
Mais Moira semble renoncer à l’idée de trouver des justifications à l’attitude de son mari. Alors elle se contente de poser une main maladroite sur l’épaule de Cillian.
« Je vous laisse un instant avec ma fille. »
Et là-dessus, elle s’éloigne à son tour, le laissant seul avec Saoirse. Son cœur cogne dans sa poitrine et elle a du mal à respirer. C’est parce qu’elle retient ses sanglots. Elle ne veut pas craquer. Il n’a pas besoin de ça. C’est lui qui est à consoler, pas elle. Donc elle lutte.
« Cillian ? » l’appelle-t-elle, espérant qu’il ne renoncera pas à venir la voir, qu’il ne partira pas comme il est venu. Parce qu’elle tient à lui, vraiment.    



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MessageSujet: Re: Unprepared. [Saoirse]   Sam 17 Fév - 11:48

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Rien. Aucune réaction. Et au fil des secondes, je sens naître quelque chose dans mes entrailles. Je ne sais pas encore bien ce que c'est. Je fronce les sourcils alors que ma mâchoire se crispe. Il va faire ça ? Il va vraiment faire ça ? M'ignorer ? Me repousser de cette manière ? Il me semble entendre la voix de Saoirse et quand il détourne son regard de moi pour l'observer, je comprends qu'elle s'est effectivement bien adressée à lui, je ne l'ai pas inventé. Je reste pourtant là, main tendue, attendant qu'il daigne l'accepter, faire au moins ça, la serrer, me regarder, me saluer en retour même s'il n'est pas capable de faire plus. Juste ça. Je reste là à observer son regard trop courroucé dirigé vers ma sœur. Il lui en veut ? De m'avoir retrouvé ? Sauf qu'il n'a pas à lui en vouloir. S'il a choisi de me rayer de sa vie, elle n'était pas obligée de faire pareil. En quoi est-ce mal ? Et puis elle ne leur a rien imposé, à aucun d'entre eux. Elle gardé ces retrouvailles secrètes justement pour les protéger et il la regarde de cette façon ? Je saisis enfin ce qui a commencé à naître en le voyant ne pas réagir à ma main tendue : de la colère. Et cette colère fait que je me ferme au fil des secondes si bien que quand il se redresse brutalement pour serrer ma main, j'ai déjà presque envie de lui en coller une en fait. Juste parce qu'il ose regarder Saoirse de cette manière. Juste parce qu'il continue et qu'il n'a même pas la correction de me regarder dans les yeux. Même pas ça. Une poignée de main sans même m'accorder un regard. Et elle est brève la poignée de main. Très brève. Il me passe ensuite devant, sans un mot et quitte la chambre, là encore sans le moindre mot. Troian s'en va elle aussi à la suite de son père, sans un regard pour moi non plus. Et putain ça fait mal bordel. Trop mal. Je ne devrais pas y accorder autant d'importance et pourtant. Pourtant... S'ajoute bientôt à la colère cette saloperie de tristesse. Mes poings se crispent et je cligne des yeux pour ne pas me mettre à chialer comme un con.

Ce sentiment de rejet est abominable, pire que ce que j'avais pu imaginer.

La voix de Moira me sort de mes pensées et je me tourne lentement vers elle, ressentant tout à coup, au-delà de la colère et de la tristesse, un profond élan de reconnaissance pour cette femme qui, finalement, devrait être la plus en colère et qui pourtant me traite bien, avec humanité, avec gentillesse. Son « mon garçon » me fait quelque chose. Vraiment. Et je pourrais, par égard pour son comportement à mon égard aller dans son sens mais je ne peux pas, parce que rien ne peut justifier un tel comportement de la part de mon... De Dylan. Si elle, elle est capable de faire un effort, il devrait pouvoir aussi, parce que sa réaction, dans le fond, n'a strictement rien à voir avec l'état de Saoirse, non. C'est juste qu'il me cherchait du regard tant que je n'existais pas vraiment. Maintenant je suis devenu réel et ça ne l'intéresse pas, voilà tout. Je parviens ceci dit à esquisser un petit sourire à l'attention de Moira quand elle pose sa main sur mon épaule. Cette femme est tellement incroyable...

« Merci. » je souffle tout bas quand elle m'annonce qu'elle va me laisser un instant avec Saoirse.

Et quand elle a quitté la pièce, c'est seulement là que je m'autorise à fermer les yeux et à laisser couler les larmes. Des larmes qui redoublent quand j'entends la voix de Saoirse m'appeler. Au bout de quelques instants de larmes silencieuses, je rouvre les yeux pour les poser sur Saoirse.

« C'est pas grave... » que je lui dis dans un murmure avant de m'approcher de son lit, mes jambes étant tout à coup plus molles. « C'est pas grave. » je répète en prenant place au bord du lit. Si c'est grave mais je ne veux pas qu'elle s'inquiète de ça. Je viens glisser ma main sur sa joue et mes larmes redoublent, pas à cause de ce qu'il vient de se passer avec Dylan non. « J'ai eu tellement peur quand j'ai appris. Faut plus jamais me refaire ça hein, plus jamais... » Je secoue la tête de droite à gauche avant de me pencher sur elle et de déposer un baiser sur son front avant de plonger mon regard dans le sien, mes mains encadrant ses joues qui me semblent bien trop pâles. « Je suis désolé de pas être venu avant mais quand je suis venu et que je les ai vus... Je voulais les éviter pour pas que... Enfin je voulais pas faire d'histoire. Je suis désolé. » D'avoir fait des histoires au final... « Tu vas bien toi ? Hein ? T'es totalement hors de danger ? Tu risques plus rien ? »

Que Dylan aille au diable. Et Troian aussi tant pis. Oui j'ai mal mais j'ai une sœur et je ne l'oublie pas. Une sœur qui m'aime, une sœur qui m'a fait de la place dans sa vie même si elle est toute petite et c'est déjà beaucoup. Et j'ai bien failli la perdre...



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MessageSujet: Re: Unprepared. [Saoirse]   Sam 24 Fév - 9:52


Le voir dans cet état lui fend le cœur. Un cœur fragilisé qui s’emballe un peu. Mais aucune sonnerie ne vient trahir son état. L’une des premières choses qu’elle a faite en réussissant à se lever, a été de couper le son du moniteur auquel elle a été reliée et qui la rendait dingue.
Saoirse espère que Cillian viendra la voir, qu’il ne choisira pas la fuite à cause de l’attitude de son père. Elle a envie de lui dire qu’elle l’avait prévenu, qu’elle a essayé de le préserver et de lui faire comprendre que les choses ne seraient pas aussi simples avec sa famille qu’avec elle. Mais ce n’est pas le moment, c’est même stupide et cruel. Alors elle ne dit rien, garde ses lèvres scellées, attendant qu’il approche pour pouvoir lui témoigner son amour à elle. Pas parce qu’il n’en obtiendra jamais des autres, de son propre père, de Troian, mais parce que ça prendra du temps et qu’il en a visiblement besoin MAINTENANT.
« C'est pas grave... »
Comme si elle allait y croire. Il a espéré ce moment toute sa vie probablement… Cillian voulait être attendu de cet homme qui lui a donné la vie et réaliser que ce n’était pas le cas doit lui faire mal. Affreusement mal… Saoirse en est désolée, mais elle sait que ce n’est qu’une question de temps. Son père est buté, fier, mais il a du cœur et Cillian finira par le découvrir. L’irlandaise veut y croire.  Tout ce qu’elle espère c’est qu’il se décidera vite à changer d’attitude parce que s’il tarde trop, il n’aura peut-être pas la chance d’apprendre à connaître Cillian. Peut-être que son fils ne voudra plus rien avoir à faire avec lui… Et Saoirse ne le blâmera certainement pas pour ça.
La jeune femme chercher à attraper sa main sitôt qu’il s’installe au bord de son lit, ses yeux larmoyants faisant écho au regard humide du garçon qui se tient près d’elle et dont la ressemble avec son père lui paraît maintenant si évidente… Il a pratiquement tout pris de lui… Elle aurait du le reconnaître dès la première fois qu’elle a mis les pieds au Maureen’s.
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Elle serre ses doigts avec force alors qu’il vient caresser sa joue et effacer la larme qui vient d’y glisser. Elle n’est pour le moment pas capable de prendre la parole et se contente de hocher la tête quand il lui dit qu’elle lui a fait peur, qu’elle ne doit plus jamais lui faire ça. Ce n’est pas le premier à le lui dire, même si bien sûr, elle n’a rien cherché à faire à qui que ce soit. Certes, elle a couru après la veuve, mais pas dans l’intention d’être blessée… Elle voulait éviter qu’elle frappe encore, qu’elle blesse qui que ce soit à cause d’elle.
Il relâche sa main et vient encadrer ses joues, l’obligeant à soutenir son regard avant de reprendre la parole. Saoirse comprend parfaitement. Elle s’imagine à sa place, partagé entre l’envie pressente de la voir (elle sait à quel point il l’affectionne) et l’angoisse d’une rencontre forcée avec les siens…
« C’est moi qui suis désolée Cillian… » souffle-t-elle quand il lui présente des excuses injustifiées.
« Tu vas bien toi ? Hein ? T'es totalement hors de danger ? Tu risques plus rien ? »
« Ne t’en fais pas pour moi » lui assure-t-elle, ne souhaitant pas entrer dans les détails et faire encore tout tourner autour d’elle. Tout le monde la chouchoute depuis des jours et elle en a assez d’être traitée comme si elle était en sucre. Elle a tout le soutien dont elle a besoin mais ce n’est possiblement pas le cas de son demi-frère. Ses frères de club vont-ils le soutenir quand il quittera cette chambre ? Il faudra qu’elle prévienne Ethan, lui demande d’être disponible pour lui mais… Pourra-t-il le faire ? Son petit ami a suffisamment à gérer lui-même. Il doit faire face à la mort de sa meilleure amie, la gérer elle et il a un travail prenant.
« Je me sens bien. Et je suis contente de te voir, ça me fait du bien » s’essaie-t-elle à sourire en apposant ses mains contre les siennes, avant de passer ses bras autour de son cou pour lui réclamer une étreinte qu’il lui accorde volontiers, se montrant prudent. Elle sent qu’il ne veut pas lui faire de mal. Alors elle donne plus de force ) cette étreinte elle-même, pour lui montrer qu’elle est là, bel et bien là, pour lui…

Après de longues secondes, à l’initiative du barman, ils se séparent et Saoirse se laisse retomber contre ses oreillers.
« Tu restes un peu hein ? » lui demande la jeune femme en essuyant ses joues pour faire disparaître toute trace de ses larmes, même si ses yeux restent encore rougis et trahissent sa peine. « J’ai envie que tu restes. Que tu me racontes un peu ce que tu deviens. On n’a pas eu beaucoup d’occasions de se croiser avant…tout ça. »
Elle s’est laissé déborder par le boulot, privilégiant les soirées avec Ethan plutôt qu’avec Cillian…
Elle voudrait aborder le sujet de ce qu’il vient de se passer mais n’est pas certaine qu’il veuille le faire et ne souhaite pas précipiter les choses, lui forcer la main.



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MessageSujet: Re: Unprepared. [Saoirse]   Sam 10 Mar - 17:00

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December, 2017

Ne pas m'inquiéter pour elle ? Impossible. Totalement impossible.Elle compte beaucoup trop pour que je reste de marbre, impassible. Beaucoup trop. Alors oui je m'en fais. Oui je m'inquiète. Oui j'ai cru crever pendant un instant quand l'horrible nouvelle m'a été annoncée par Ethan. L'entendre me dire qu'elle me sent bien me rassure. Je doute un peu cependant, de la véracité de ses propres : est-ce qu'elle se sent réellement bien ou est-ce qu'elle me dit ça pour me rassurer, pour faire cesser mon inquiétude ? Impossible à savoir. Alors je doute un peu oui. Le doute ne m'empêche cependant pas d'esquisser un sourire quand elle assure que me voir lui fait du bien. A moi aussi. Si elle savait à quel point... Parce qu'au milieu du chaos qu'est devenue ma vie, Saoirse a été et est toujours une lumière, un soleil. Mon soleil. Mon soleil dont les bras s'accroche autour de mon cou et  je vais au contact, je ne le refuse nullement, même si c'est un peu surprenant venant d'elle car elle n'a encore jamais été ainsi avec moi. Enfin si, le jour de notre « vraie » rencontre mais par la suite, elle n'a pas été tactile, pas si proche alors que dans le fond je ne voulais que ça. De sa tendresse, de ses étreintes. Alors je glisse avec précaution mes bras autour d'elle et la serre contre moi doucement, tout doucement. Peur de lui faire mal en réalité mais peur ou pas, je savoure cette étreinte, je savoure ce moment de tendresse. Je sens les mains de Saoirse s'accrocher un peu plus, ses bras se serrer un peu plus alors je me laisse aller à donner un peu plus de force à l'étreinte à mon tour. Et c'est terrible comme ce contact, comme ce moment partagé avec elle me donne une envie soudaine de pleurer. De joie de la retrouver ? De douleur de la perdre dans quelques instants quand sa famille reviendra ? D'horreur de devoir faire face à ma propre situation quand j'aurai de nouveau quitté l'hôpital ? Les trois à la fois sans doute. Et parce que je crains de craquer, je presse un peu mes mains contre Saoirse avant de me détacher doucement d'elle : si on poursuit, c'est mort. Je le sais. Alors mieux vaut arrêter là. Je me recule donc, la laissant retomber dans ses oreillers et à sa question, je hoche la tête à la positive. Oui, je vais rester autant que je le peux. Pour elle. C'est là qu'elle se décide à prendre de mes nouvelles, à ma demander ce que je deviens puisqu'elle n'a pas eu l'occasion de me croiser beaucoup avant tout ça. Non. Effectivement. Nous ne nous sommes pas beaucoup vus après nos retrouvailles. J'ai été demandeur bien souvent en vain et je n'ai pas su pourquoi. Peut-être ne voulait-elle pas me voir, peut-être que le peu de fois où l'on se voyait était suffisant pour elle. Je ne sais pas et je ne suis pas certain de vouloir savoir. Elle est là. Je suis là. Elle est contente de me voir. Inutile de s'ajouter des questionnements supplémentaires.

C'est déjà assez le bordel dans mon esprit comme ça sans en rajouter une couche.

Ce que je deviens... J'y réfléchis silencieusement quelques secondes. Qu'est-ce que je peux lui dire ? La vérité ? Certainement pas.

« Tu sais, la routine. » que je réponds finalement au bout de quelques instants en esquissant un sourire qui, je le sais, me trahit. Parce qu'il est arraché ce sourire, forcé, monté de toutes pièces. Car non, ce n'est pas « la routine », loin de là. Et plus j'y pense, plus ça me serre les entrailles. Plus j'y pense, plus j'ai ce besoin de lui en parler parce qu'à part à elle, à qui pourrais-je en parler ? Ethan ? Certainement pas non... Elle est, en réalité, la personne la plus proche de moi, même si nous ne nous sommes que trop peu vus. Elle est ma plus proche famille quand bien même sa propre famille ne veut sans doute pas de moi. Elle est tout ce qu'il me reste. Alors oui, au fil des secondes, le besoin de me confier devient de plus en plus pressant. Trop pressant. Oppressant même. Au point que le sourire fraîchement construit disparaît au fil des secondes pour n'être plus qu'un vague souvenir. Au point que je sens mon regard se voiler de larmes. Un regard que je détourne quelques secondes en soupirant. Elle est dans un lit d'hôpital là. Elle se remet d'une blessure par balle. Je ne peux pas lui parler de tout ça maintenant. Je ne peux pas. Pourtant... « En fait... » Je déglutis. « C'est devenu un petit peu hum... Compliqué ces derniers temps. » Un silence. « Avec le club. » J'ose reporter mon regard sur elle. « Il s'est passé des choses et je sais plus trop... » Je ne termine pas ma phrase car je réalise au moment où je prononce les mots que ce n'est pas vrai. Je sais. Je sais très bien même. Je sais que je ne veux rien lâcher mais j'ai peur de ne plus pouvoir obtenir la moindre réponse à présent. J'ai peur que Caleb ait été le seul et qu'il n'y ait plus rien à obtenir, plus rien. Si c'est le cas, qu'est-ce que je vais faire ? Je secoue la tête en soupirant à nouveau, décidant de ne pas poursuivre sur ma lancée. J'ai beau avoir envie de tout lui dire, c'est impossible. Je ne peux pas la mettre dans la confidence. J'essuie brièvement le coin de mes yeux avant de reposer mes mains sur celles de Saoirse. « C'est pas bien important. Ce qui compte c'est toi. Tu dois être contente qu'ils soient tous venus. » je décide d'enchaîner, essayant de noyer le poisson. « Ta mère est fantastique... » j'ajoute rapidement avec un petit sourire cette fois-ci on ne peut plus sincère. Oui, sa mère est incroyable. Elle devrait me détester plus que n'importe qui d'autre dans cette famille et pourtant, c'est elle qui s'est montrée la plus humaine avec moi. « Tu vas repartir avec eux ? » La question sort soudainement, sans que je ne puisse véritablement le contrôler, comme si mon cerveau avait soudain fonctionné trop vite, parce que l'idée est apparue très subitement en fait.

Est-ce qu'ils vont la ramener en Irlande ?
Est-ce que je vais la perdre elle aussi ?




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MessageSujet: Re: Unprepared. [Saoirse]   Lun 19 Mar - 10:57


Le sourire que Cillian lui sert en répondant à sa question est clairement feint, forcé. Mais Saoirse ne peut pas lui en vouloir après ce qu’il vient de vivre et va certainement le travailler encore un moment. Et puis elle sait bien que, dans l’état où il la trouve, même si quelque chose le chagrine, il n’osera pas lui en toucher un mot. Voir quelqu’un qui a pris une balle en pleine poitrine, en plein cœur, et s’en est miraculeusement sortie a tendance à remettre les choses en perspectives… Tout  coup, les contrariétés du quotidien vous paraissent bien plus dérisoires. C’est presque de la magie.  
Et puis, qu’est-ce qu’elle connaît au juste de sa routine ? Saoirse sait où il vit pour avoir visité son logement il y a de cela des semaines, sait qu’il travaille comme serveur dans un bar du South Side où elle s’est plusieurs fois rendue mais… Qu’est-ce qu’elle connaît de l’autre pan de sa vie ? Pas grand chose, pour être tout à fait honnête. Elle sait qu’il appartient à un gang local un des plus puissants de la Ville à l’heure actuelle mais l’interne n’a aucune idée de son rôle au sein de celui-ci, des tâches qu’il est contraint d’accomplir. Ou qu’il accomplit de bon cœur, pour ce qu’elle en sait…
Est-ce qu’il distribue quotidiennement des pilule de DUST, cette nouvelle drogue de synthèse qui fait des ravages en ville ? Est-ce qu’il est chargé de la surveillance de laboratoire produisant cette saloperie ? Est-ce qu’il tabasse parfois des hommes, des femmes pour le compte de son club ? Est-ce qu’il a déjà tué pour eux… ? Est-ce que c’est grâce à un crime qu’il a été promu membre ?
A quoi ressemble son quotidien au sein des Kings of Speed ? Saoirse n’est pas convaincue d’avoir VRAIMENT envie de le savoir.
L’expression qu’affiche à présent son demi-frère termine de la refroidir et de la conforter dans cette idée qu’elle préfère rester dans l’ignorance. Et quand il ouvre la bouche pour se reprendre, pour se confier, elle est tentée de lui hurler de la fermer… Mais à la place, elle se mord l’intérieur de la bouche quand il évoque son club, sentant son cœur s’emballer un peu dans sa poitrine.

Et s’il lui confiait quelque chose d’énorme ? Quelque chose d’illégal, de terrible… Pourrait-elle faire l’impasse dessus, garder ça pour elle ? Elle s’est juré de protéger les citoyens de Chicago et travaille en ce sens. Elle fréquente un officier de police, pour l’amour de Dieu ! Si Cillian lui avoue quelque chose, que fera-t-elle de cette information ?
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Cette idée l’angoisse tout à coup terriblement. Serait-elle prête à dénoncer son propre demi-frère pour rester droite dans ses bottes ? Serait-elle prête à le faire arrêter pour que la violence diminue au moins un peu dans les rues de sa ville d’adoption ? Comment pourrait-elle se regarder dans une glace si elle le faisait ? Et si elle ne le faisait pas ? Et comment pourrait-elle regarder Ethan dans les yeux et continuer à le fréquenter en sachant des choses de cette trempe ?
Mais Ethan et lui sont amis… Ils sont amis malgré ça alors…peut-être que ça n’a pas tant d’importance ? Peut-être que je me fais des idées et que les Kings ne sont pas si terribles… Peut-être qu’ils ne sont qu’un club d’amateurs de mécaniques, comme ils se plaisent fréquemment à le dire…
Mouais, c’est ça, tu peux toujours essayer de t’en convaincre et jouer les autruches !


« C'est pas bien important » enchaine tout à coup son demi-frère, chassant ses pensées sombres et renonçant visiblement à lui dire ce qu’il a sur le cœur. Saoirse en éprouvant un culpabilisant soulagement… « Ce qui compte c'est toi. Tu dois être contente qu'ils soient tous venus. »
Elle voit bien que quelque chose lui pèse, lui pèse terriblement, et elle fait le choix de ne pas lui permettre de se soulager. Elle saisit la perche qu’il lui tend à la place et se fend d’un sourire au moins aussi forcé que celui du serveur.
« Oui, c’est bien… Même si j’aurai préféré les retrouver à la maison, à Noël, comme c’était initialement prévu. »
Cillian complimente alors sa mère, qui est la seule à l’avoir plus ou moins soutenu pendant son face à face avec leur père…
« Oui, elle l’est… » reconnaît Saoirse, avec un pincement, se demandant si elle devrait ajouter quelque chose à propos de la mère de Cillian. Du genre qu’elle aurait aimé la connaître, qu’elle devait elle aussi avoir été quelqu’un de bien pour avoir fait de lui l’homme qu’il est… Mais elle voit son blouson de cuir et ça la dissuade de faire le moindre commentaire.
Parce qu’elle n’approuve pas la vie qu’elle lui a fait mener.

« Tu vas repartir avec eux ? » lui demande-t-il brusquement. Et elle sent à son ton qu’il espère qu’elle n’en fasse rien, mais se prépare psychologiquement à cette perspective.
« Non » lui sourit-elle un peu plus sincèrement, heureuse de pouvoir le réconforter au moins sur un point. « J’étais supposée les retrouver à Noël, comme je te le disais, mais je serai encore un peu trop fragile pour faire un voyage comme celui-ci dans les semaines à venir. Du coup ce sont eux qui vont rester. Pour une durée…encore indéterminée » grimace l’irlandaise, comme si cette perspective ne l’enchantait pas des masses. Et puis elle réalise que Cillian n’a plus sa famille, personne avec qui passer les fêtes de fin d’année et elle ravale son air d’adolescente rebelle et blasée. « Je ne te promets rien mais…peut-être que ça vous laissera le temps de… Je vais lui parler, d’accord ? Il faut juste qu’il digère l’information. Il est fier et il vient d’être confronté au fruit de ce qu’il considère sans doute comme… »
Elle se tait un instant, réalisant qu’elle était sur le point de qualifier la venue au monde de Cillian comme la plus grosse erreur de l’existence de son père…
« …la trahison des promesses d’amour faites à ma mère. Tu vois ce que je veux dire ? Je ne sais pas dans quelles circonstances il a rencontré ta mère et à quel point il l’a aimée et désirée… Ce que je sais c’est qu’il aime ma mère. Sincèrement. Profondément. Et il l’a déçue, trahie… Je pense qu’il est plus en colère contre lui-même que contre toi. Tu comprends ? »  





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MessageSujet: Re: Unprepared. [Saoirse]   Ven 6 Avr - 21:32

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La perdre maintenant serait... Pire que tout en réalité. Parce que maintenant que je suis là, à ses côtés, après avoir eu si peur qu'elle ne survive pas, je réalise pleinement à quel point j'ai besoin d'elle. C'est parfaitement égoïste mais même si nous ne nous sommes que peu vus, j'ai cette sensation que c'est bel et bien Saoirse qui me fait tenir, qui me permet de ne pas franchir la limite que je suis censée franchir, la limite que je dois dépasser et pour laquelle je suis revenu à Chicago à l'origine. Mais Saoirse calme la haine, la colère, l'envie de vengeance. Elle ne l'efface pas totalement mais elle la calme et me fait douter. Je doute oui. Sur ce que je dois faire. Sur ce que je vais faire. J'ai à la fois terriblement envie de mener ma vengeance jusqu'au bout et j'ai en même temps envie de rendre ce foutu cuir pour ne plus être qu'un serveur, pour ne plus être que son frère. Une vie normale... Elle l'a été à une époque, avant que tout ne foute le camp. Avant... Avant le meurtre de mon père. On y revient inévitablement et l'envie de vengeance avec. Alors oui, si Saoirse s'en va, je vais sombrer. J'irai jusqu'au bout, je le sais parce que je n'aurai plus rien à quoi me raccrocher. Rien. Peut-être serait-ce mieux... Peut-être aurait-il mieux valu qu'on ne découvre pas la vérité d'ailleurs... Je doute de ça aussi, de ce que je peux lui apporter. Partagé. Coupé en deux. Tiraillé encore et toujours entre la vengeance et cette vie qui pourrait être la mienne si je décidais d'abandonner. Son « non » me fait sourire. C'est automatique. Je souris à l'idée qu'elle ne reparte pas en Irlande en salopard d'égoïste que je suis. Je l'écoute ensuite m'expliquer qu'elle aurait dû y aller pour Noël mais qu'à cause de tout ça, ils vont rester pour les fêtes. Elle précise qu'ils vont rester pour une durée indéterminée et c'est idiot mais je sens soudain un poids tomber dans mon estomac. Il ne me faut pas longtemps pour comprendre pourquoi. Comme un idiot, je m'étais imaginé passer les fêtes avec elle, sans même lui en avoir parlé, sans même lui avoir demandé mais... Mais oui, j'allais le faire. J'allais finir par prendre mon courage à deux mains et par lui demander d'au moins venir dîner à la maison pour le réveillon. Je n'ai pas été en famille depuis... Depuis la mort de mon père. J'y reviens. Encore et encore et encore. Mais bien sûr qu'elle allait repartir en Irlande. Bien sûr et j'ai été idiot de penser le contraire seulement voilà, la déception est là car s'ils restent, c'est bien pour elle, c'est même très bien, mais je ne pourrai donc pas être avec elle ce soir-là. Et s'ils restent longtemps, nous voir va être compliqué vu la façon dont ça s'est passé. Alors elle va rester mais...

Loin de moi.

Je détourne le regard et me ferme bien malgré moi à cette idée qui ne ne m'enchante pas du tout. Mon attention est cependant vite reportée sur Saorise quand elle reparle de sa famille, de son père plus particulièrement. Est-ce que je comprends bien ce dont elle parle ? Est-ce qu'elle est en train d'émettre la possibilité que je passe les fêtes de fin d'année avec... Eux ? Tous ? C'est bien ainsi que je comprends la chose et cela se confirme quand elle essaye d'expliquer la réaction de son père. De notre père. C'est tellement difficile... Plus que je ne l'aurais cru. Je me crispe un peu quand elle cherche ses mots pour me qualifier. Je m'attends au pire, à ce qu'elle me sorte que je suis la preuve d'une terrible erreur. Ce n'est pas totalement faux mais ce n'est pas pour ça que j'ai envie de l'entendre. Elle parvient cependant à trouver des mots qui ne sont pas blessants et je hoche doucement la tête. Je peux essayer de comprendre oui, que je lui rappelle la trahison faite à la mère de Saoirse mais... Non en fait. Non. Parce que sa mère, celle qui a été trahie, elle, elle a été capable de me parler, de ne pas m'ignorer, de faire un effort, de me considérer comme... Pas comme quelqu'un de la famille mais en tout cas elle m'a traité avec respect. Lui il a juste... Alors non en fait, je ne parviens pas à comprendre. Il a eu plus de trente ans pour accepter son erreur et ma mère ne lui a jamais rien demandé... Je fronce les sourcils et soupire. Je ne vais pas lui mentir. Pas à elle. Peut-être que ça va lui faire mal, peut-être que je devrais prendre sur moi mais j'ai essayé. J'y suis parvenu mais je n'y arrive plus.

« Non, je ne comprends pas. » je termine donc par lui dire la voix quelque peu éteinte bien qu'habitée d'une certaine rancœur. « S'il y a une personne qui devrait me détester pour ce que je représente, ça devrait être ta mère parce que tu as raison, je suis la preuve de sa trahison à lui. Elle devrait me détester mais au lieu de ça... Enfin, peut-être qu'elle me déteste mais en tout cas, elle n'a rien montré. Au contraire, elle a été adorable. Tellement adorable alors que lui... » Je me tais, déglutis avant de renifler, cherchant à combattre des foutues larmes qui reviennent me faire chier. « Je ne lui demandais pas grand chose juste... Je sais pas. Je sais que je lui rappelle son erreur mais je suis son fils. » J'ai une soudaine assurance en prononçant ces mots alors que je me considère pas véritablement comme tel. Et pourtant... « J'ai son sang et il peut pas me traiter comme ça. Il a pas le droit. Pas après plus de trente ans... Pas alors que je lui ai jamais rien demandé... Pas... »

Je secoue la tête et me tais, incapable de poursuivre. Je lâche Saoirse pour me frotter le visage, essayant du mieux que je peux de ne pas me mettre à pleurer mais c'est compliqué parce que j'ai beau avoir aimé celui qui m'a élevé, j'ai beau le considérer encore et toujours comme mon père... J'en ai un autre de père. Je pourrais en avoir un autre...

« Je m'attends pas un miracle... » que je parviens finalement à reprendre en reportant mon regard brillant dans celui de ma sœur. « Je sais bien que je peux pas m'imposer dans votre vie, dans sa vie mais juste... » Un autre soupir et je n'insiste pas. « Ne lui parle pas. » que j'ajoute soudain en esquissant un petit sourire, ma main venant caresser délicatement la joue de Saoirse dans un geste tendre. « Je ne veux pas que ça fasse des histoires entre vous, d'accord ? Je veux que tu profites de leur présence à tes côtés parce que je sais qu'ils ont dû te manquer même si tu fais ta vie ici... Et ils sont là alors je veux surtout pas être une ombre au tableau. Je veux juste... Enfin, je voudrais bien que toi et moi on se voit plus souvent si tu veux bien. Tu m'as manquée. »

Cœur à nu. Je ne pourrais pas être plus honnête.
A quelques détails près.



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MessageSujet: Re: Unprepared. [Saoirse]   Dim 29 Avr - 12:34


Cillian ne comprend pas. Ne veut sans doute pas essayer de comprendre. Saoirse ne peut pas franchement lui en vouloir et pourtant…c’est un peu le cas. Elle connaît son père, mieux qu’elle ne connaît le motard qui lui fait face, mais elle a beau tenter de lui expliquer comment raisonner son père – leur père – il ne veut rien entendre. Elle a pourtant tenté de le prévenir à plusieurs occasions, de le mettre en garde, lui faire comprendre qu’il ne fallait rien attendre de lui dans un premier temps.
La jeune femme pousse un discret soupir fatigué alors que son demi-frère s’entête et lui parle de sa mère. Sa mère qui pourrait effectivement le détester d’exister, le considérer comme un parasite mais n’en a rien fait. L’irlandaise lui en est reconnaissante, sans quoi cette rencontre aurait vraiment été insupportable pour Cillian…
Tout ce que peut faire Saoirse à ce stade, c’est prêter une oreille attentive à son interlocuteur, écouter son mal être, sa déception suite à ces retrouvailles. Elle ne va plus argumenter, ne va plus chercher à le persuader de quoi que ce soit ou essayer de l’apaiser. Ca ne servirait à rien, elle le comprend. Tout comme son père, Cillian a besoin de temps pour digérer la chose, revoir ses envies à la baisse peut-être. Avec un peu de temps, peut-être verra-t-il les choses sous un autre jour, sera-t-il en mesure de se mettre à la place de leur père ? Saoirse l’espère vraiment. Elle espère que l’un comme l’autre parviendront un jour à se parler et à mettre les choses à plat pour construire une relation, apprendre à se connaître sans qu’un sentiment de rancœur ne vienne tout gâcher… Seul le temps parviendra à apaiser les tensions entre eux, elle en est convaincue.

Cillian s’est éloigné et lui demande à présent de ne pas s’en mêler, de ne pas parler à son père comme elle lui proposait de le faire. Il se justifie en lui disant qu’il ne veut pas entraver leur relation et elle secoue doucement la tête. A une époque pas si lointaine, peut-être que ça aurait pu être le cas parce qu’elle aurait élevé la voix, tenté d’acculer leur père et de le mettre face à ses responsabilités, mais à présent, elle n’a pas envie de ça. Elle n’a pas envie d’un conflit, d’une guerre ouverte.
fuller house
cillian & the fuller family

« J’aimerai beaucoup ça » lui répond-t-elle en attrapant sa main dans la sienne, lui rendant son sourire. « Je ne peux pas parler au nom du reste de ma famille mais je veux de toi dans ma vie. Il faudra qu’ils fassent avec. Il est hors de question que je renonce à toi. »
Elle plonge son regard dans le sien pour lui montrer qu’elle ne dit pas ça en l’air, que c’est une promesse.
« Je ne tenterai pas de le convaincre de faire quoi que ce soit, mais nous en parlerons lui et moi. Tu n’es pas le seul affecté par tout ça Cillian et le sujet ne pourra pas être évité entre nous tous » lui explique ensuite l’irlandaise, tenant toujours sa main dans la sienne, fermement. « Mais je n’essaierai pas de provoquer la moindre rencontre avant que tout le monde n’y soit préparé. Je ne te piègerai pas et je ne lui forcerai pas la main, ça je peux te le promettre. Et ceci étant dit, je vais ruiner toute la magie et te demander de m’aider à me lever pour que je puisse aller vider ma vessie qui est sur le point d’imploser » ajoute Saoirse très vite, avant de pouffer. Cillian l’imite, surpris par sa requête, puis elle voit un doute apparaître sur son visage. « Ne t’en fais pas, tu n’auras pas à m’accompagner jusqu’au bout. L’époque où j’avais envie que tu me vois dans mon plus simple appareil est largement révolu frérot ! »
Elle lui adresse un clin d’œil taquin, faisant référence à l’époque où, ignorant tout de leur lien de parentés, ils se tournaient autour et flirtaient ensemble au Maureen’s Tavern.
Elle dégage sa couverture de sa main libre et, tenant l’autre, CIllian l’aide à se mettre debout et enfiler ses chaussons pour se rendre dans la pièce d’eau de sa chambre d’hôpital.
« Je t’interdis de filer à l’anglaise pendant que je fais ma petite affaire » le prévient Saoirse en refermant la porte derrière elle, avant d’utiliser les cabinets. « Sauf si c’est pour aller me chercher un truc non gélifié à manger. Ils essaient de m’affamer ici ! Tout ce qu’on dit que les plateaux repas des hôpitaux est vrai. »
Elle continue de plaisanter sur le sujet, profitant en même temps de ce petit moment d’intimité pour se laisser un peu aller. Elle s’est maitrisée en présence de Cillian pour faire bonne figure mais maintenant, elle peut laisser un air soucieux apparaître sur son visage.
Et si son père refusait d’accepter Cillian dans sa vie ? Si effectivement sa mère n’avait fait que feindre et détestait en réalité son demi-frère ? S’ils lui posaient un genre d’ultimatum et exigeaient son retour en Irlande ? Après tout, c’est grâce à leur financement qu’elle peut se permettre de rester vivre ici… S’ils décidaient de lui couper les vivres en apprenant son désir de rester en contact avec son demi-frère ? Et s’ils jugeaient Chicago trop dangereux et se servait de la présence de Cillian pour exiger son retour à la maison ?
Toutes ces questions lui tournent en tête et la contrarient.
Après s’être lavées les mains, consciente qu’elle ne peut pas trop s’attarder ici sans éveiller de soupçons chez son demi-frère, elle le rejoint, un sourire fatigué aux lèvres. Elle craignait qu’il ne se soit défilé et soit parti durant son absence, mais non. Il lui propose son aide pour se réinstaller dans son lit, mais elle lui propose de faire un tour dans les couloirs de l’hôpital à la place.
« Tu as déjà eu des hémorroïdes ? Non ? Eh bien moi non plus et je n’ai pas envie de commencer aujourd’hui alors allons marcher. Tu me raconteras un peu ce que tu fais en ce moment, OK ? Et je t’autorise à me parler d’Ethan et à me confier tous les dossiers que tu possèdes sur son compte » plaisante encore la petite blonde en accrochant son bras à celui de son demi-frère pour l’entrainer hors de sa chambre.  


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MessageSujet: Re: Unprepared. [Saoirse]   Ven 11 Mai - 14:07

UNPREPARED.



Me séparer d’elle ? Tirer un trait sur ce « nous » ? Non. Je ne le veux pas. C’est même la dernière chose que je veuille. Elle m’a manquée ces dernières semaines. Elle m’a manquée parce que nous ne nous sommes pas assez vus, pas à mon goût en tout cas. Elle est ma sœur. Elle est mon sang. Elle est ma famille.  Elle est littéralement devenue un pilier de mon existence et rien n’aurait de sens sans elle. C’est une vérité. Ma vérité. Alors oui, je fais savoir que je veux la voir plus souvent. Je fais savoir que je veux faire partie de sa vie, rien que de la sienne si personne d’autre ne veut de moi, et ce sera déjà très bien. Tant que je l’ai, elle… Bien sûr que je voudrais pouvoir m’entendre avec Troian et apprendre à la connaître, bien sûr que je voudrais pouvoir tenter de me rapprocher de mon père mais si ça ne doit pas se faire, je m’en remettrai. Ce sera difficile mais je m’en remettrai. Si Saoirse reste à mes côtés et pour mon plus grand bonheur, elle semble vouloir la même chose que moi puisqu’elle m’avoue qu’elle aussi aimerait beaucoup que l’on se voit plus souvent en attrapant ma main. Son sourire me réchauffe le cœur, le répare aussi un peu. Alors mon sourire à moi s’élargit quand elle insiste, quand elle mentionne brièvement le reste de sa famille et qu’elle m’affirme qu’elle veut de moi dans sa vie. J’en pleurerais… Puis soudain la mention de son père. De notre père. De la discussion qu’elle compte avoir avec lui et j’en perds mon sourire parce que cela me met vraiment mal à l’aise. Je crains qu’elle ne finisse par se disputer avec lui et je ne le souhaite pas. Je ne veux surtout pas qu’à cause de moi elle se brouille avec sa famille. Je ne le supporterais pas. Mais je peux comprendre sa décision car elle a raison : nous sommes tous affectés par cette histoire. Tous. Alors je hoche la tête tandis qu’elle raffermit sa prise sur ma main et que je fais de même. Ses mots me rassurent.. Je la crois quand elle m’affirme qu’elle ne forcera personne, qu’elle ne provoquera rien. Je la crois. J’ai confiance en elle.

Tellement que je pourrais lui confier ma vie.

Le changement soudain de sujet me prend de court si bien que j’écarquille les yeux. Quand je l’accompagne aux toilettes ? Euh… Comment lui dire ça ? Comment lui dire que je préférerais ne pas assister à ce genre de… Enfin… C’est personnel. Trop. Même si je suis son frère. Cette petite panique soudain doit se voir sur mon visage puisque Saoirse s’empresse de me dire que je n’aurai pas à l’accompagner et je finis même par laisser échapper un petit rire quand elle mentionne que l’époque où elle voulait que je la voie nue est révolue. J’en rougis un peu. Je me suis vite remis de ce flirt entre nous, je suis vite passé à autre chose mais il est vrai que j’ai eu des pensées… Les images sont encore là et je doute un jour jamais oublier avoir pensé à ma sœur de cette façon mais bon. On ne savait pas et heureusement on a su avant que… Avant. Je me redresse donc avant de me pencher l’aider à s’asseoir au bord du lit puis je me mets à genoux pour l’aider à enfiler ses chaussons. Et vient le moment où je dois l’aider à se lever et j’ai en fait la trouille. Une grosse trouille qu’elle fasse soudain un malaise, pas que je sois incapable de gérer puisque j’ai été pompier dans une autre vie mais il s’agit de Saoirse alors oui, j’ai la frousse. Heureusement, pas de malaise. Nous parvenons jusqu’à la salle de bain dans laquelle je la laisse avant de sortir et Saoirse ne manque pas de m’interdire de filer.

« Je ne bouge pas. » je lui assure.

Ce qui est vrai. N’importe qui peut bien m’appeler que je ne bougerai pas d’ici. Puis elle ajoute quelques mots sur de possibles grignotages et j’esquisse un petit sourire alors que je prends appui contre le mur à côté de la porte tout juste refermée. Et au fil des secondes, bien malgré moi, mon sourire se fane. Trop de pensées. Beaucoup trop. Et pas les plus agréables. J’ai un regard en biais en direction de la porte, repense à notre père et mes entrailles se nouent. Je me fourvoie quand j’affirme que Saoirse sera suffisante. Il est mon père. Je veux lui parler, je veux qu’il m’explique sa décision même si je sais déjà pourquoi, je veux l’entendre de sa bouche. Je veux qu’il me parle de ma mère. Je veux savoir ce qu’elle a été pour lui, si elle a compté ne serait-ce qu’un peu. Et je veux savoir si moi je compte ne serait-ce qu’un peu. Et je ne crois pas que ce soit trop demander… Non, je ne crois pas. Je dois lui parler. Et pas pour lui cracher ma haine au visage. J’en ai assez comme ça de haine en moi envers Caleb même s’il n’est plus là, envers les KOS… J’en ai assez et j’en ai assez  de n’avoir que ça. Je voudrais autre chose dans ma vie. Tellement d’autres choses… La porte s’ouvre et j’essuie mon visage à la va-vite, réalisant à ce moment-là que je me suis remis à chialer comme un con. J’affiche un sourire avant de me tourner vers Saoirse dont le sourire me semble plus… Moins… Ce n’est plus le même sourire. Peut-être est-elle juste fatiguée, il faut dire qu’elle ne se repose pas avec moi dans le coin.

« Viens, je te remets au lit. »

Et soudain la question sur les hémorroïdes.

« Euh… »

Là encore mes yeux s’écarquillent et j’arque un sourcil. C’est une question piège ? La suite arrive assez vite pour que j’aie des explications : elle ne veut pas avoir des hémorroïdes à force de rester allongée et veut aller marcher. Le grand frère que je suis n’est pas très favorable à cette idée. Mieux vaudrait qu’elle se repose mais je connais Saoirse, je sais à quel point elle peut se montrer têtue et j’opte donc plutôt pour la solution qui lui sera la plus bénéfique au final : aller dans son sens pour qu’elle réalise d’elle-même que ce n’était pas une bonne idée. Alors je la laisse me prendre par le bras, glisse ma main sur son poignet pour bien la maintenir près de moi et la laisse m’entraîner hors de la chambre alors que Saoirse exprime son envie de savoir ce que je fais en ce moment non sans ajouter qu’elle m’autorise à lui confier les dossiers sur Ethan que je peux avoir à ma disposition ce qui me fait sourire alors que nous commençons à marcher doucement dans le couloir.

« Tu vas être déçue petite sœur, je n’ai aucun dossier sur lui. Vraiment. Je ne dis pas ça dans l’esprit d’une sorte de solidarité masculine ou autre chose dans ce genre. Tout ce que j’ai vu de lui n’était que du bon. C’est vraiment quelqu’un de bien. Je suis content que vous vous soyez trouvés, c’est vraiment bien. »

Sincère. Comme l’est mon sourire. Et histoire de prouver à Saoirse que ce ne sont pas des paroles en l’air, je me décide à lui en dire en plus.

« Tu sais, quand on s’est connus lui et moi, je ne savais pas qu’il était flic et il ne savait pas que je faisais partie du club. Et quand on l’a découvert, au départ on a été un peu hésitants et finalement, on a continué à se parler, à sympathiser. Je l’ai pas jugé pour son travail et lui ne m’a pas jugé pour les personnes que je fréquentais. Si ça, c’est pas un mec bien… »

Je pourrais en dire plus. Je pourrais lui dire qu’Ethan a continué à vouloir me fréquenter en sachant que j’avais fait sept ans de prison pour le casse d’un musée mais je ne le dis pas. C’est une partie de ma vie que je ne suis pas encore prêt à partager avec elle. Trop peur que ça la refroidisse de trop même si j’ai confiance en elle et que je pense qu’elle ne m’en aimerait pas moins. C’est juste un risque que je ne suis pas prêt à prendre pour le moment. Nous continuons à marcher dans le couloir et je repère le distributeur un peu plus loin. Je n’en dis rien, me contente de continuer de marcher dans cette direction-là.

« Et sinon, je n’ai pas grand-chose à te raconter sur moi tu sais. Comme je t’ai dit, la routine. » J’ai juste assisté à l’horrible assassinat du président du club qu’ils ont démembré sous mes yeux alors que je voulais le tuer moi mais sinon oui, la routine. Je ne peux pas lui parler de ça mais un peu du reste ? Je ne tiens pas à la mêler à tout ça mais peut-être qu’en parler un peu me fera du bien, peut-être que ça ne la dérangera pas d’en parler. Peut-être.. « J’ai juste quelques doutes sur le club. Sur mon avenir dans le club. » Je termine. « Et je ne sais pas trop ce que ça donnerai si je décide d’en sortir. On verra bien. » Mensonge. J'ai conscience de ce que je risque mais parce que je ne veux pas l’inquiéter je n’insiste pas plus. De toutes les façons, nous voilà arrivés non loin du distributeur. « Oh mais quelle coïncidence je lui dis avec un petit sourire en coin. « T’as le droit à tout ou pas ? »

Parce que je ne voudrais pas lui offrir un excellente barre de chocolat si elle n’a pas le droit d’en manger suite à sa chirurgie. Elle a heureusement le droit et peut donc savourer sa barre de céréales. Le club ne sera plus mentionné après ça, notre père non plus. Et je la quitterai un peu trop rapidement à mon goût quand sa mère reviendra, notre père et Troian attendant un peu plus loin que je m'en aille, visiblement pas prêts à me recroiser tout de suite. Alors c'est là-dessus que je laisserai Saoirse. Avec les siens.

Dont je ferai peut-être un jour réellement et totalement partie.


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